Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2202072
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté les requêtes de M. et Mme C... contestant les rehaussements d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2015 à 2017. Les requérants contestaient l’imposition dans la catégorie des bénéfices non commerciaux de sommes détournées, invoquant notamment le principe non bis in idem et la déduction des remboursements effectués. Le tribunal a jugé que l’administration avait correctement appliqué l’article 92 du code général des impôts pour imposer ces revenus, et que les moyens soulevés, y compris ceux relatifs au coefficient multiplicateur de 1,25 et au régime du quotient, n’étaient pas fondés.
Avocat : C&B AVOCATS
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2518957
Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé provision sur le fondement de l’article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné l’État à verser à Mme B..., professeure des écoles, une provision de 95 000 euros. Cette somme répare le déficit fonctionnel permanent (38,6 %) résultant d’une infection au SARS-CoV-2 reconnue imputable au service, engageant la responsabilité sans faute de l’employeur public. Le juge a estimé que l’obligation de réparer les préjudices personnels n’était pas sérieusement contestable, en application des principes issus du code général de la fonction publique. L’État a également été condamné à payer 1 500 euros au titre des frais de justice.
Avocat : GALY
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2203381
Le Tribunal Administratif d'Orléans a été saisi par M. A..., technicien géomètre, d'une demande de remboursement de frais médicaux et connexes (8 120,30 euros) consécutifs à trois accidents de service reconnus imputables. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que l'administration n'avait pas commis d'erreur de droit en subordonnant le remboursement à un avis de la commission de réforme, et que le requérant n'établissait pas le lien direct entre les frais exposés et les accidents. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux accidents de service.
Avocat : CABINET GARTNER ET ASSOCIES
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2302489
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. A..., qui contestait le montant de son augmentation de rémunération et de sa part variable pour 2021, estimant qu'ils étaient entachés de discrimination syndicale. Le tribunal a jugé que le requérant n'apportait aucun élément probant à l'appui de son allégation de discrimination liée à son mandat de représentant du personnel au CHSCT. La décision initiale du 10 mai 2022 et le rejet du recours gracieux du 3 juillet 2022 ont été confirmés.
Avocat : HMS AVOCATS
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2208451
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en plein contentieux, était saisi par la société Actimage Consulting d’une demande de condamnation de l’association Moselle Attractivité au paiement de factures impayées dans le cadre d’un marché de création et maintenance d’un portail d’attractivité. La juridiction a rejeté l’exception d’incompétence soulevée par l’association, estimant que le contrat relevait du droit administratif en raison de la mission de service public confiée à l’association transparente. Le tribunal a jugé que la résiliation du contrat était intervenue régulièrement et que le décompte de résiliation, non contesté dans les formes et délais prévus par le CCAG-TIC, était devenu définitif, rendant irrecevables les demandes de la société Actimage Consulting. Par conséquent, la requête de la société a été rejetée, de même que la demande reconventionnelle de l’association Moselle Attractivité.
Avocat : SELARL PAREYDT-GOHON
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2400716
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. B..., détenu à la maison centrale d'Ensisheim, qui contestait une décision du 18 janvier 2023 ordonnant une retenue de douze euros sur son compte nominatif pour réparation d'un dommage matériel. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence, jugeant que la signataire, directrice adjointe, bénéficiait d'une délégation de signature régulièrement publiée. Il a également rejeté le moyen tiré du défaut de motivation, estimant que la décision de retenue n'entrait pas dans le champ des décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. La solution s'appuie sur les articles L. 332-3 et R. 332-18 du code pénitentiaire.
Avocat : SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317546
Cette décision du Tribunal Administratif de Paris, statuant après renvoi du Conseil d'État, concerne le refus d'attribution d'un logement social opposé par Paris Habitat OPH à Mme B.... Le tribunal rejette la requête de Mme B... tendant à l'annulation des décisions de la commission d'attribution des logements des 27 avril et 21 décembre 2022. Il écarte les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'irrégularité de la composition de la commission et de l'incompétence de l'auteur des décisions, en application des dispositions du code de la construction et de l'habitation. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requérante.
Avocat : CABINET LHUMEAU, GIORGETTI, HENNEQUIN & ASSOCIES - LGH & ASSOCIES (SELAS)
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2313310
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A..., agent de maîtrise territorial jardinier à L'Haÿ-les-Roses, qui contestait une sanction disciplinaire de trois jours d'exclusion de fonctions. Le tribunal a jugé que les faits d'inactivité constatés pendant le service, dans un local non professionnel, constituaient un manquement aux obligations professionnelles et au devoir d'obéissance hiérarchique, justifiant une sanction. La sanction a été considérée comme proportionnée, compte tenu de l'absence de contestation des faits par l'agent et de ses antécédents disciplinaires. La décision s'appuie sur les articles L. 530-1, L. 533-1, L. 121-3, L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2309080
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de la SCI Castel, qui contestait des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et de contribution sur les revenus locatifs pour l’exercice 2017. La société invoquait une irrégularité de procédure, estimant que l’administration avait débuté l’examen de sa comptabilité de manière occulte avant l’envoi de l’avis d’examen, dans le cadre du contrôle fiscal de son gérant. Le tribunal a jugé que la simple consultation de déclarations fiscales ou la demande d’informations au gérant ne constituait pas le début d’un examen de comptabilité, et qu’aucune consultation des écritures comptables n’avait eu lieu avant l’avis. La solution retenue est le rejet de la requête, fondé sur les articles L. 47 du livre des procédures fiscales et les dispositions du code général des impôts.
Avocat : SELARL MBA & ASSOCIES
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2303661
Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en formation collégiale, a examiné les requêtes de Mme B... visant à engager la responsabilité du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer (CHITS) pour des fautes et une infection nosocomiale lors de prises en charge en 2013 et 2018. La requérante sollicitait une indemnisation de 60 000 euros et une expertise médicale. Le tribunal a ordonné une expertise avant dire droit sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, afin d'évaluer les préjudices allégués, sans se prononcer sur le fond de la responsabilité, qui sera examinée après dépôt du rapport d'expertise.
Avocat : HOFFMANN
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2302024
Le Tribunal Administratif de Poitiers a examiné la requête de Mme E... contre le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers pour défaut d'information sur les risques d'une opération d'hyperparathyroïdie, notamment le risque de dysphonie. Le tribunal a retenu la responsabilité du CHU pour manquement à son obligation d'information, mais a estimé que l'intervention était médicalement nécessaire, limitant l'indemnisation au préjudice d'impréparation. Il a condamné le CHU à verser à Mme E... une somme de 3 000 euros pour ce préjudice, avec intérêts au taux légal, et a rejeté les autres demandes indemnitaires. La décision s'appuie sur les articles L. 1111-2 du code de la santé publique relatifs à l'information du patient et L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour les débours de la caisse primaire d'assurance maladie.
Avocat : SCP DUFLOS - DE CAMBOURG
Conseil d'État — N° 494801
Avocat : SARL MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE, RAMEIX
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2212028
Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B..., qui demandait la condamnation de la commune de Bagneux à lui verser 3 443 euros au titre de l’allocation de retour à l’emploi (ARE) pour la période du 1er août 2021 au 1er août 2022. La requérante contestait le montant journalier retenu (3,37 euros brut au lieu de 7,16 euros) et la durée d’indemnisation. Le tribunal a estimé que Mme B... n’apportait aucun élément probant à l’appui de ses calculs, notamment les documents de Pôle Emploi invoqués. Sans qu’il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de l’absence d’avocat, les conclusions indemnitaires ont été rejetées comme non fondées.
Avocat : GAIA
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2519762
Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par le département de la Seine-Saint-Denis et l’établissement public territorial Plaine Commune d’une demande d’expertise, sur le fondement de l’article R. 531-1 du code de justice administrative, afin de constater les désordres causés par la rupture d’une canalisation d’eau potable gérée par la société Franciliane-Veolia à Saint-Denis le 6 avril 2025. Le juge des référés a fait droit à cette demande, considérant qu’elle présentait un caractère utile pour établir un constat contradictoire avant le début des travaux de réfection de la voie publique. Il a désigné un expert avec pour mission de décrire l’état des lieux et les dégradations, d’entendre les parties et de déposer un rapport sous deux mois. Les frais d’expertise seront ultérieurement liquidés et mis à la charge des parties désignées.
Avocat : ISRAEL
Tribunal Administratif de Montreuil — N° TA93-2507430
Cette décision du Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande de Mme E... d'ordonner une expertise médicale. La requérante, qui a subi une fracture de la cheville gauche en 2019 et une intervention à l'hôpital Delafontaine, se plaint de douleurs persistantes et cherche à déterminer si une faute a été commise lors de sa prise en charge. Le centre hospitalier de Saint-Denis ne s'oppose pas à la mesure, mais émet des réserves. Le juge des référés a désigné un expert pour décrire l'état de santé de la patiente, évaluer la conformité des soins aux données de la science, et chiffrer ses préjudices selon la nomenclature Dintilhac.
Avocat : CABINET ACLH AVOCATS
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2403436
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la demande de la SAS Sport Partenariat, qui contestait des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés pour les exercices 2017 et 2018. La société soutenait que le taux d’intérêt de l’emprunt consenti par sa société mère luxembourgeoise était conforme au principe de pleine concurrence prévu à l’article 212 du code général des impôts, en s’appuyant sur des méthodes de comparaison et des notations de crédit. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les éléments fournis par la société ne démontraient pas que le taux pratiqué était équivalent à celui du marché dans des conditions analogues. La solution retenue confirme le bien-fondé des redressements fiscaux et des pénalités appliqués par l’administration.
Avocat : CABINET ARSENE TAXAND (SELAS)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404314
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... qui demandait la réduction de son impôt sur le revenu pour 2022, à hauteur de 108 288 euros, en raison de saisies conservatoires opérées sur ses comptes. Le tribunal a jugé que ces saisies, ordonnées dans le cadre pénal, étaient sans lien avec les bénéfices déclarés de la société H Market, et que le contribuable n’apportait pas la preuve du caractère exagéré de ses revenus, conformément à l’article R. 194-1 du livre des procédures fiscales. La solution retenue s’appuie sur les articles 8 (6) et 39 (2) du code général des impôts, ainsi que sur le principe de l’imposition des seuls bénéfices sociaux effectivement réalisés.
Avocat : CABINET ACC (SELARL)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404395
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la demande de M. A... qui sollicitait la réduction de son impôt sur le revenu 2020 au titre de l'exonération pour activité à l'étranger prévue à l'article 81 A du code général des impôts. Le tribunal juge que le requérant, directeur des relations extérieures, n'établit pas avoir exercé une activité de prospection commerciale à l'étranger, ses missions de promotion et de lobbying ne relevant pas de cette qualification. En outre, même en incluant les jours de trajet et de récupération, il ne justifie que de 74 jours d'activité à l'étranger sur la période, soit un nombre insuffisant au regard du seuil de 120 jours exigé par la loi.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531779
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a été saisi par l'Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (OPPIC) d'une demande d'expertise préventive avant les travaux de rénovation du centre Georges Pompidou. Sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, le juge a fait droit à cette demande afin de constater l'état des immeubles et équipements voisins susceptibles d'être affectés par le chantier. La mission de l'expert désigné inclut un premier constat et pourra être prolongée, à l'initiative de l'OPPIC, pour rechercher les causes et l'étendue des éventuels dommages survenant pendant l'exécution des travaux.
Avocat : CABINET PREMISSE AVOCATS (AARPI)
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2537713
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la société Layher d’un recours en référé précontractuel, fondé sur l’article L. 551-1 du code de justice administrative, visant à contester la procédure de passation du lot n° 2 d’un marché d’échafaudages pour la rénovation du Centre Georges Pompidou. La société invoquait notamment l’incompétence de l’acheteur, le défaut de motivation du rejet de son offre, le caractère anormalement bas de l’offre retenue, et des erreurs manifestes d’appréciation dans la notation technique. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable, au motif que le contrat avait été signé avant l’introduction du recours, ce qui le prive de compétence pour statuer en application des dispositions précitées.
Avocat : CABINET JURIS