Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500193
Le Tribunal administratif de la Polynésie française a été saisi par M. D..., instructeur pompier d'aérodromes, d'une demande d'indemnisation pour le non-versement des indemnités de sujétions spéciales (ISS) au titre de ses missions de pompier itinérant entre 2016 et 2024. La Polynésie française a soulevé des fins de non-recevoir tirées de la prescription quadriennale pour la période antérieure au 27 décembre 2020 et de l'absence de liaison partielle du contentieux. Le tribunal a fait droit à ces exceptions, jugeant irrecevables les conclusions relatives à la période prescrite et à la partie de la demande non précédée d'une réclamation préalable. Sur le fond, pour la période recevable, le tribunal a estimé que le requérant n'établissait pas avoir exercé des fonctions itinérantes distinctes de son poste principal d'instructeur, pour lequel il percevait déjà des ISS, et a rejeté sa demande.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500194
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a été saisi par M. C..., pompier itinérant, d'une demande d'indemnisation pour le non-versement des indemnités de sujétions spéciales (ISS) liées à ses fonctions d'agent SSLIA et SPPA entre 2016 et 2024. La Polynésie française a soulevé des fins de non-recevoir, notamment la prescription partielle pour la période antérieure à 2019. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les fonctions de pompier itinérant exercées par M. C... ne constituaient pas des fonctions accessoires distinctes ouvrant droit au cumul d'ISS, mais relevaient de ses fonctions principales d'instructeur déjà indemnisées. La solution s'appuie sur la délibération n° 2016-16 APF du 18 février 2016 et la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription quadriennale.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500195
Le Tribunal administratif de la Polynésie française a rejeté la requête de M. A..., pompier itinérant, qui demandait la condamnation de la Polynésie française à lui verser 5 173 779 F CFP pour non-versement d'indemnités de sujétions spéciales (ISS) entre 2016 et 2024. Le tribunal a jugé que le requérant ne justifiait pas avoir exercé des fonctions itinérantes distinctes de son emploi principal d'instructeur pompier, pour lequel il percevait déjà des ISS. En conséquence, aucune illégalité fautive n'a été retenue, et la demande a été rejetée, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision s'appuie notamment sur la délibération n° 2016-16 APF du 18 février 2016 relative aux ISS.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500197
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a rejeté la requête de M. A..., pompier itinérant, qui demandait la condamnation de la Polynésie française à lui verser 5 637 521 F CFP pour le non-versement d'indemnités de sujétions spéciales (ISS) entre 2016 et 2021. Le tribunal a jugé que la demande était partiellement irrecevable, car les sommes antérieures au 27 décembre 2019 étaient prescrites en application de la loi du 31 décembre 1968. Sur le fond, il a estimé que M. A... ne justifiait pas avoir exercé les fonctions ouvrant droit aux ISS réclamées pour la période non prescrite, et que l'administration avait régulièrement régularisé sa situation à compter de 2022.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500243
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a rejeté la requête de Mme B..., qui demandait la condamnation de l’État à l’indemniser des préjudices résultant des essais nucléaires. La requête a été jugée irrecevable en raison de sa tardiveté, conformément aux dispositions de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 modifiée. Le tribunal a relevé que la décision de rejet du CIVEN datait du 7 janvier 2025 et que la requête n’avait été enregistrée que le 2 juin 2025, soit au-delà du délai de recours contentieux de deux mois. Aucun examen au fond n’a donc été effectué.
Avocat : FIDELE
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500262
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a examiné le recours de Mme C... contestant le refus du CIVEN de l’indemniser pour un cancer du sein qu’elle attribue aux essais nucléaires. Le tribunal a rappelé le régime de présomption de causalité prévu par la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010, qui bénéficie au demandeur s’il remplit les conditions de temps, de lieu et de pathologie. Cette présomption ne peut être renversée que si l’administration prouve que la dose annuelle reçue par l’intéressé était inférieure à 1 mSv, en utilisant des mesures de surveillance suffisantes au regard de ses conditions concrètes d’exposition. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais le jugement s’appuie sur les dispositions des lois de 2010, 2017 et 2018 relatives à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires.
Avocat : SEP USANG CERAN-JERUSALEMY
Tribunal Administratif de la Polynésie française — N° TA103-2500269
Le Tribunal Administratif de la Polynésie française a rejeté la requête de Mme B... C..., qui contestait le refus du Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) de l'indemniser pour un cancer du côlon qu'elle attribuait aux essais nucléaires. La requérante invoquait une contamination indirecte par son père, travailleur sur les sites d'essais, et la consommation d'aliments rapportés. Le tribunal a appliqué les dispositions de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 modifiée, qui instaure une présomption de causalité sous conditions de temps, de lieu et de pathologie. Il a estimé que Mme C... ne remplissait pas les conditions légales pour bénéficier de cette présomption, notamment en raison de l'absence de démonstration d'une exposition directe aux rayonnements ionisants dans les zones et périodes définies par les textes. La demande d'indemnisation a donc été rejetée.
Avocat : SEP USANG CERAN-JERUSALEMY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2108321
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la demande de la SARL Méditerranée aménagement promotion (MAP) visant à engager la responsabilité de la commune d’Embrun pour l’abandon d’un projet d’écoquartier. La société invoquait une faute de la commune, mais le tribunal a estimé que les conditions suspensives de la promesse de vente n’avaient pas été réalisées dans les délais et que la suspension du projet était justifiée par un motif d’intérêt général lié aux risques de glissement de terrain, confirmés par un arrêté de catastrophe naturelle. La requête a donc été rejetée, sans condamnation de la commune. Les textes appliqués incluent le code de l’urbanisme et le code de justice administrative.
Avocat : AARPI CARBONE AVOCATS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2407801
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme G..., aide-soignante, qui sollicitait le versement d'une provision de 16 939,23 euros correspondant à la différence entre son plein traitement et le demi-traitement perçu depuis février 2024. La requérante invoquait le bénéfice de l'article L. 822-22 du code général de la fonction publique, estimant que ses arrêts de travail étaient liés à une maladie professionnelle reconnue. Le tribunal a toutefois jugé que l'obligation de l'employeur n'était pas suffisamment certaine, en raison d'éléments médicaux contestant le lien entre l'arrêt de travail et la maladie professionnelle.
Avocat : SELARL WALGENWITZ AVOCATS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2412003
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi en référé provision par M. B... et Mme C... afin d’obtenir une avance sur l’indemnisation de leurs préjudices, imputés à une intervention au centre hospitalier de Martigues. Les requérants se sont désistés de leur action après la conclusion d’un protocole transactionnel, désistement dont le juge des référés lui a donné acte. La caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui entendait faire valoir ses droits subrogatoires sur le fondement de l’article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, a vu ses conclusions rejetées faute d’avoir produit les éléments justifiant le montant de ses débours.
Avocat : SCP BBLM & ASSOCIÉS
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2303466
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. et Mme C... tendant à la décharge de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires à laquelle ils ont été assujettis en 2023 pour un studio à Saint-Georges-de-Didonne. Les requérants soutenaient que ce bien, destiné à la location saisonnière via des plateformes en ligne, ne constituait pas leur habitation personnelle. Le tribunal a jugé qu'en gérant eux-mêmes la location et en se réservant la possibilité d'occuper le logement une partie de l'année, ils en conservaient la disposition, le rendant imposable à la taxe d'habitation en application des articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts. La solution retenue est le rejet de la requête.
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2400194
Le Tribunal Administratif de Poitiers a été saisi par M. A... d'une demande de condamnation du département de la Charente-Maritime à lui verser deux euros en réparation des préjudices moraux subis par lui et son fils mineur, en raison de dysfonctionnements des services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) lors de l'évaluation d'une information préoccupante. Le tribunal a relevé d'office un moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du litige, considérant que l'appréciation par le département du danger ou risque de danger encouru par le mineur relève de l'autorité judiciaire. En conséquence, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente, sans qu'il soit besoin de statuer sur le fond, en application des principes de séparation des autorités administratives et judiciaires.
Avocat : GOMEZ
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2400228
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour l'année 2023, concernant des appartements meublés loués en courte durée à Rochefort. Le juge a estimé que, malgré l'activité de location saisonnière via des plateformes en ligne, le propriétaire conserve juridiquement la possibilité d'occuper le bien ou de le faire occuper gracieusement, ce qui le rend redevable de la taxe. La solution s'appuie sur les articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts, qui imposent les locaux meublés non affectés à l'habitation principale dont le propriétaire se réserve la jouissance une partie de l'année.
Tribunal Administratif de Poitiers — N° TA86-2400246
Le Tribunal Administratif de Poitiers a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge partielle de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires pour l'année 2023. Le juge a considéré que le logement meublé loué à titre saisonnier, bien que géré par une agence, restait à la disposition personnelle du propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition, ce qui le rendait imposable. La solution retenue s'appuie sur les articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts, qui prévoient que la taxe est due pour les locaux meublés non affectés à l'habitation principale dont le propriétaire se réserve la jouissance.
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2300268
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par la société Prime Auto d’une demande de condamnation de l’Agence de services et de paiement (ASP) à lui verser 277 160 euros en remboursement d’avances consenties dans le cadre du dispositif d’aide à l’acquisition de véhicules peu polluants (article D. 251-11 du code de l’énergie). La société contestait la suspension des paiements par l’ASP à partir d’octobre 2021, invoquant l’absence de communication des résultats du contrôle et l’absence de faute de sa part. L’ASP justifiait cette suspension par des anomalies constatées et un faisceau d’indices de fraude ayant donné lieu à un dépôt de plainte. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la société ne démontrait pas avoir satisfait à ses obligations contractuelles et réglementaires, notamment en matière de justificatifs et d’éligibilité des dossiers.
Avocat : KOY ERIC
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2301712
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de la SAS ST, qui contestait des rappels de TVA au titre de l'année 2018 pour des opérations de sous-traitance. La société soutenait que la TVA, déjà acquittée par ses sous-traitants, était prescrite au profit de l'État. Le tribunal a jugé que ce moyen était inopérant, car la prescription évoquée concerne le droit des sous-traitants à réclamer un crédit de TVA, et non l'obligation légale du preneur (la SAS ST) d'acquitter la taxe en application de l'article 283-2 nonies du code général des impôts. La solution retenue est le rejet de la demande de décharge et des conclusions accessoires.
Avocat : POMEON
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2301992
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de l’EIRL Hugo Malaurie, qui contestait l’avis défavorable du collège territorial de Bordeaux concernant l’exonération d’impôt sur les bénéfices prévue à l’article 44 quindecies du code général des impôts. Le tribunal a relevé d’office que les conclusions à fin d’annulation étaient irrecevables, car la prise de position formelle de l’administration, bien que constituant une décision, n’est pas susceptible de recours pour excès de pouvoir en l’absence d’effets notables autres que fiscaux. La solution retenue est fondée sur les articles L. 80 A, L. 80 B et L. 80 CB du livre des procédures fiscales.
Avocat : JAMES
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2302163
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. C..., technicien supérieur de l’environnement à l’Office français de la biodiversité (OFB), qui demandait l’annulation du refus implicite de lui verser la prime de restructuration de service. Le tribunal a jugé que le requérant, dont la résidence administrative avait été maintenue et dont seul le contenu de la fiche de poste avait évolué dans le cadre d’une réorganisation interne, ne pouvait être regardé comme ayant été « muté ou déplacé » au sens de l’article 2 du décret n°2008-366 du 17 avril 2008. Par conséquent, les conditions d’attribution de la prime n’étaient pas remplies, rendant le moyen invoqué infondé.
Avocat : DOUNIES
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2400077
Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. C... contestant le refus du jury de validation des acquis de l’expérience (VAE) de l’université de Limoges de lui attribuer une licence professionnelle. Le requérant soutenait notamment que le jury n’avait pas respecté les formalités de l’article R. 613-37 du code de l’éducation en l’interrogeant sur des notions théoriques absentes de son dossier. Le tribunal a écarté ce moyen, jugeant que le requérant n’apportait pas la preuve de ses allégations et que ces dispositions n’interdisent pas au jury de poser des questions théoriques pour évaluer la correspondance des acquis. Il a également rappelé que l’appréciation des mérites d’un candidat par le jury relève de son pouvoir souverain et ne peut être discutée devant le juge de l’excès de pouvoir.
Tribunal Administratif de Limoges — N° TA87-2600062
Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par la commune d’Aubusson sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, afin de désigner un expert pour examiner un immeuble appartenant à la SCI Jumasawy, présentant des désordres (fissures, risques de chute d’éléments, planchers fragilisés) susceptibles de créer un danger pour les occupants et les usagers du domaine public. Le juge des référés a fait droit à cette demande et a désigné un expert avec pour mission de constater l’état du bâtiment, de déterminer s’il présente un danger grave et imminent, et de proposer les mesures nécessaires pour y remédier. L’expert devra accomplir sa mission dans les vingt-quatre heures suivant sa nomination, en présence des parties et de l’architecte des Bâtiments de France, conformément aux dispositions du code de justice administrative.