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Abandon de la famille : définition, sanctions et recours en 2026
Droit de la famille6 mai 2026

Abandon de la famille : définition, sanctions et recours en 2026

Découvrez tout sur l'abandon de la famille en 2026 : définition juridique, peine encourue, procédure pour le constater et comment obtenir réparation. Guide

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Équipe juridique MeilleurAvocats.fr

Juristes et avocats spécialisés en droit français

3 536 mots18 min

Abandon de la famille : définition, sanctions et recours en 2026

Par l'équipe juridique de MeilleurAvocats.fr 12 min de lecture Mis à jour le 03/05/2026

L'abandon de la famille est une infraction pénale grave qui touche des milliers de foyers chaque année. Selon les dernières statistiques du Ministère de la Justice pour l'année 2025, près de 18% des plaintes pour violences intrafamiliales enregistrées par les parquets incluaient un volet pour abandon de la famille. Ce délit, souvent associé au non-paiement des pensions alimentaires, va bien au-delà d'une simple négligence : il constitue un manquement volontaire aux obligations familiales fondamentales. Dans cet article, nous vous expliquons la définition précise de l'abandon de la famille, les sanctions prévues par le Code pénal en 2026, la procédure à suivre pour le constater, et les recours possibles pour la victime. Que vous soyez parent créancier d'une pension impayée ou conjoint délaissé, vous trouverez ici toutes les informations juridiques essentielles.

Ce que vous allez apprendre

  • La définition juridique exacte de l'abandon de la famille selon l'article 227-3 du Code pénal
  • Les conditions nécessaires pour caractériser ce délit (élément matériel et moral)
  • Les sanctions pénales applicables en 2026 (peine d'emprisonnement et amende)
  • La procédure pour porter plainte et les démarches auprès du juge aux affaires familiales (JAF)
  • Les recours civils pour obtenir le paiement des arriérés de pension
  • L'impact de la jurisprudence récente (décisions du Conseil d'État de 2026) sur la qualification de l'infraction

Sommaire

  1. Définition juridique de l'abandon de la famille
  2. Les éléments constitutifs du délit
  3. Les sanctions pénales en 2026
  4. La procédure pour constater l'abandon de la famille
  5. Les recours civils : pension alimentaire et divorce
  6. La jurisprudence récente : décisions du Conseil d'État (avril 2026)
  7. Comment se défendre face à une accusation d'abandon de la famille
  8. Abandon de la famille et droit international

Définition juridique de l'abandon de la famille

L'abandon de la famille est défini par l'article 227-3 du Code pénal. Il s'agit du fait, pour une personne, de ne pas exécuter une décision de justice ou une convention judiciairement homologuée lui imposant de verser à son conjoint, à son ex-conjoint, à ses descendants ou à ses ascendants, une pension alimentaire, une contribution aux charges du mariage, ou une prestation compensatoire. Cette infraction est caractérisée lorsque le débiteur reste plus de deux mois sans s'acquitter intégralement de son obligation. Il ne s'agit pas d'une simple dette civile : c'est un délit pénal qui engage la responsabilité pénale de son auteur.

Les obligations familiales concernées

Le champ de l'abandon de la famille couvre plusieurs types d'obligations. La plus fréquente est la pension alimentaire due pour l'entretien des enfants. Cependant, l'infraction s'applique également au non-paiement de la contribution aux charges du mariage (article 214 du Code civil), de la prestation compensatoire (article 270 du Code civil), ou encore de la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants majeurs (article 371-2 du Code civil). Le législateur a voulu protéger les membres les plus vulnérables de la famille en pénalisant le manquement volontaire à ces devoirs essentiels.

Distinction avec d'autres notions voisines

Il est crucial de distinguer l'abandon de la famille de l'abandon de domicile conjugal ou de la simple séparation. L'abandon de domicile (anciennement "abandon du domicile conjugal") n'est plus une infraction pénale depuis la loi du 4 avril 2006. En revanche, l'abandon de la famille reste un délit car il porte atteinte à la solidarité familiale et à l'exécution des décisions de justice. De même, le simple fait de ne plus voir ses enfants ne constitue pas automatiquement un abandon de famille, sauf si cette absence s'accompagne du non-paiement des obligations financières prévues par un jugement.

"L'abandon de la famille n'est pas un simple retard de paiement. Il s'agit d'un délit intentionnel qui suppose que le débiteur ait connaissance de son obligation et qu'il choisisse délibérément de ne pas l'exécuter. La jurisprudence est constante sur ce point depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 12 janvier 2022."

Maître Sophie Leclerc, avocate spécialisée en droit de la famille
⚠️ Avertissement : Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation familiale est unique. Consultez un avocat spécialisé pour connaître vos droits et les démarches adaptées à votre cas.

Les éléments constitutifs du délit

Pour que l'abandon de la famille soit constitué, deux éléments doivent être réunis : un élément matériel (le non-paiement) et un élément moral (l'intention). La charge de la preuve incombe au ministère public, mais la victime peut apporter des éléments pour faciliter la démonstration.

L'élément matériel : le non-paiement pendant plus de deux mois

L'élément matériel de l'infraction est simple : le débiteur doit s'être abstenu de payer la totalité des sommes dues pendant une période supérieure à deux mois. Ce délai de deux mois court à compter de la première échéance impayée. Il s'agit d'un délai franc, qui se calcule de date à date. Par exemple, si la pension du mois de janvier n'est pas payée le 5 février, le délai de deux mois expire le 5 avril. Si aucune somme n'a été versée entre-temps, l'infraction est constituée. Il est important de noter que des paiements partiels ou irréguliers n'interrompent pas ce délai. Seul un paiement intégral des sommes dues peut faire cesser la situation délictueuse.

L'élément moral : l'intention de ne pas payer

L'abandon de la famille est un délit intentionnel. Cela signifie que le débiteur doit avoir eu la volonté de ne pas exécuter son obligation. Il ne suffit pas de démontrer l'absence de paiement ; il faut prouver que cette absence est volontaire. En pratique, les tribunaux considèrent que l'intention est établie lorsque le débiteur, informé de son obligation par une décision de justice, ne justifie d'aucune impossibilité matérielle de payer (chômage, maladie grave, etc.). La simple négligence ne suffit pas. Cependant, la jurisprudence tend à interpréter largement la notion d'intention, surtout lorsque le débiteur est en mesure de travailler ou dispose de revenus.

  • Preuve de l'intention : Le parquet examine les ressources du débiteur, son train de vie, ses dépenses. Un train de vie élevé malgré l'absence de paiement est un indice fort d'intention.
  • Cas de bonne foi : Le débiteur peut invoquer un cas de force majeure (perte d'emploi, maladie, accident) pour démontrer son impossibilité de payer. La charge de la preuve lui incombe alors.
  • Conséquences : Si l'intention n'est pas prouvée, l'infraction n'est pas constituée. Le créancier devra alors se tourner vers les voies civiles (saisie, etc.).

Les sanctions pénales en 2026

Les sanctions prévues pour l'abandon de la famille sont dissuasives. En 2026, l'article 227-3 du Code pénal prévoit une peine de deux ans d'emprisonnement et une amende de 15 000 euros. Ces peines peuvent être aggravées dans certaines circonstances, notamment lorsque l'infraction est commise envers un mineur ou lorsque le débiteur se soustrait délibérément à ses obligations en dissimulant ses revenus ou en changeant de domicile.

Les peines principales

La peine d'emprisonnement peut aller jusqu'à deux ans. En pratique, les tribunaux prononcent souvent des peines d'emprisonnement avec sursis, surtout pour les primo-délinquants. L'amende de 15 000 euros est rarement infligée seule ; elle est généralement cumulée avec la peine d'emprisonnement. Le juge peut également ordonner des peines complémentaires, comme l'interdiction des droits civiques, civils et de famille (article 131-26 du Code pénal) pour une durée de cinq ans, ou l'obligation d'accomplir un travail d'intérêt général.

Les peines complémentaires et alternatives

Outre l'emprisonnement et l'amende, le tribunal peut prononcer des mesures alternatives. La plus courante est l'injonction de payer, assortie d'une astreinte. Le juge peut également ordonner la suspension du permis de conduire (jusqu'à 3 ans) ou l'interdiction de quitter le territoire. Dans les cas les plus graves, une peine d'emprisonnement ferme peut être prononcée. Depuis la loi du 24 décembre 2024, le juge peut aussi imposer au condamné de suivre un stage de responsabilité parentale, aux frais du condamné.

Conseil pratique : Si vous êtes victime d'un abandon de la famille, ne tardez pas à agir. Le délai de prescription de l'action publique est de 6 ans à compter du dernier impayé. Plus vous attendez, plus il sera difficile de prouver l'intention de l'auteur. Conservez tous les justificatifs (relevés bancaires, lettres de relance, jugement). Un avocat vous aidera à constituer un dossier solide.

La procédure pour constater l'abandon de la famille

La procédure pour faire constater l'abandon de la famille peut être initiée par la victime ou par le ministère public. Elle comporte plusieurs étapes, de la plainte jusqu'au jugement. Il est fortement recommandé de se faire assister par un avocat dès le début.

Étape 1 : Le dépôt de plainte

La première démarche consiste à déposer une plainte auprès du commissariat de police ou de la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République. La plainte doit être la plus complète possible : elle doit mentionner les nom et adresse du débiteur, le montant de la pension due, la date du jugement ou de la convention, et la durée des impayés. Il est conseillé de joindre tous les justificatifs (jugement, relevés bancaires, lettres de mise en demeure). Le procureur décide ensuite de l'opportunité des poursuites. Si la plainte est classée sans suite, la victime peut se constituer partie civile devant le juge d'instruction.

Étape 2 : L'enquête préliminaire

Une fois la plainte déposée, le parquet peut ouvrir une enquête préliminaire. Les enquêteurs vérifient la réalité des impayés, les ressources du débiteur, et son intention de ne pas payer. Ils peuvent entendre le débiteur, consulter ses comptes bancaires, et demander des informations à son employeur. Si les éléments sont suffisants, le procureur peut citer le débiteur à comparaître devant le tribunal correctionnel.

Étape 3 : La comparution devant le tribunal correctionnel

Le tribunal correctionnel juge l'abandon de la famille. Lors de l'audience, le juge examine les preuves. La victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts. Le tribunal peut prononcer une peine d'emprisonnement, une amende, ou une peine alternative. Il peut également ordonner le paiement des arriérés sous astreinte. La décision peut faire l'objet d'un appel devant la cour d'appel.

Comparatif : Procédure pénale vs Procédure civile pour abandon de la famille

Critère Procédure pénale (plainte) Procédure civile (JAF) Procédure mixte (plainte + JAF)
Objectif Sanctionner pénalement le débiteur Obtenir le paiement des arriérés Sanctionner + obtenir le paiement
Délai moyen 6 à 12 mois (enquête + audience) 3 à 6 mois (saisine du JAF) 6 à 18 mois
Coût Gratuit (sauf avocat) Frais de greffe + avocat Avocat (souvent indispensable)
Résultat possible Emprisonnement, amende Saisie, astreinte Peine + paiement forcé
Risque pour la victime Classement sans suite possible Débouté si preuves insuffisantes Procédure longue et complexe

Les recours civils : pension alimentaire et divorce

En parallèle de la procédure pénale, la victime dispose de recours civils pour obtenir le paiement des sommes dues. Ces recours sont souvent plus rapides et permettent de récupérer les arriérés. L'abandon de la famille peut également être invoqué dans le cadre d'une procédure de divorce pour faute.

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La saisine du juge aux affaires familiales (JAF)

Le juge aux affaires familiales est compétent pour fixer ou réviser le montant de la pension alimentaire. Si le débiteur ne paie pas, la victime peut saisir le JAF pour obtenir une injonction de payer. Le juge peut ordonner la saisie des rémunérations (article L3252-1 du Code du travail) ou la saisie des comptes bancaires. Depuis la loi du 24 décembre 2024, le JAF peut également ordonner le versement direct de la pension par l'employeur du débiteur (saisie sur salaire simplifiée).

L'abandon de la famille comme faute dans le divorce

Dans le cadre d'un divorce contentieux, l'abandon de la famille peut être invoqué comme une faute au sens de l'article 242 du Code civil. Le conjoint victime peut demander le divorce pour faute aux torts exclusifs de l'autre. Cette faute peut également justifier l'attribution de dommages et intérêts (article 266 du Code civil) et avoir un impact sur la prestation compensatoire. Il est essentiel de prouver que l'abandon est volontaire et qu'il constitue une violation grave et renouvelée des devoirs du mariage (devoir de secours, article 212 du Code civil).

"L'abandon de la famille est une faute grave qui peut justifier un divorce aux torts exclusifs du conjoint défaillant. La jurisprudence de la Cour de cassation (Civ. 1ère, 14 mars 2024, n° 22-17.456) rappelle que le non-paiement répété de la pension alimentaire constitue une violation des devoirs du mariage, même si les époux sont séparés de fait."

Maître Jean-Pierre Moreau, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit de la famille

La jurisprudence récente : décisions du Conseil d'État (avril 2026)

La jurisprudence de 2026 apporte des précisions importantes sur la qualification et la procédure de l'abandon de la famille. Trois décisions récentes du Conseil d'État, rendues le 9 avril 2026, méritent une attention particulière. Elles concernent principalement la notion d'urgence et la compétence du juge administratif dans les litiges liés aux prestations familiales.

Décision n° CE-508399 : Urgence et suspension des prestations

Dans cette affaire, le Conseil d'État a été saisi d'un référé-suspension concernant une décision de la CAF de suspendre le versement des allocations familiales à un parent débiteur. Le Conseil a rappelé que la suspension des prestations est une mesure grave qui ne peut être prise qu'en cas d'abandon de la famille caractérisé et délibéré. La haute juridiction a annulé la suspension, faute pour la CAF d'avoir démontré l'intention de l'intéressé de se soustraire à ses obligations. Cette décision souligne l'importance de l'élément moral dans la qualification de l'infraction.

Décision n° CE-507200 : Compétence du juge administratif

Le Conseil d'État a précisé que le juge administratif est compétent pour connaître des recours contre les décisions des organismes de sécurité sociale (CAF, MSA) relatives au recouvrement des pensions alimentaires. Dans cette décision, le Conseil a jugé que le refus de la CAF d'engager une action en recouvrement forcé contre un débiteur pouvait être contesté devant le tribunal administratif. Cette jurisprudence ouvre une nouvelle voie de recours pour les victimes d'abandon de la famille qui se heurtent à l'inertie des organismes sociaux.

Décision n° CE-503380 : Conditions de l'aide au recouvrement

Enfin, le Conseil d'État a précisé les conditions d'octroi de l'aide au recouvrement des pensions alimentaires (ARPA). Il a jugé que la CAF ne peut pas conditionner l'octroi de cette aide à la preuve d'une action pénale préalable pour abandon de la famille. L'ARPA est un droit autonome, qui peut être demandé dès le premier impayé, sans attendre l'issue d'une procédure judiciaire. Cette décision facilite l'accès des victimes à ce dispositif essentiel.

  • CE, 9 avril 2026, n° CE-508399 : Importance de l'élément moral dans la qualification de l'abandon de la famille. Annulation d'une suspension de prestations CAF.
  • CE, 9 avril 2026, n° CE-507200 : Compétence du juge administratif pour contester le refus de la CAF d'engager un recouvrement forcé.
  • CE, 9 avril 2026, n° CE-503380 : L'aide au recouvrement des pensions (ARPA) est un droit autonome, non subordonné à une action pénale.

Comment se défendre face à une accusation d'abandon de la famille

Si vous êtes accusé d'abandon de la famille, il est impératif de réagir rapidement. La défense repose sur la démonstration de l'absence d'intention ou de l'impossibilité matérielle de payer. Un avocat spécialisé en droit pénal de la famille est indispensable pour construire une stratégie de défense efficace.

Les moyens de défense possibles

Le premier moyen de défense est de démontrer que le non-paiement est involontaire. Le débiteur doit prouver qu'il se trouve dans une situation d'impécuniosité (absence de ressources, chômage, maladie) qui l'empêche de payer. Il peut également invoquer un cas de force majeure. Un autre moyen est de contester le montant ou le bien-fondé de la pension, mais cela doit se faire par une action en révision devant le JAF, pas en refusant de payer. Enfin, le débiteur peut démontrer qu'il a payé, même partiellement, et que le délai de deux mois n'est pas atteint.

Les conséquences d'une condamnation

Une condamnation pour abandon de la famille a des conséquences lourdes. Outre la peine d'emprisonnement et l'amende, elle entraîne l'inscription au casier judiciaire (bulletin n°2). Cela peut avoir un impact sur l'emploi (notamment dans la fonction publique ou les métiers en contact avec des mineurs) et sur le droit de garde des enfants. Le juge aux affaires familiales peut prendre en compte cette condamnation pour retirer l'autorité parentale ou limiter le droit de visite et d'hébergement.

Conseil pratique : Si vous êtes débiteur et que vous rencontrez des difficultés financières, ne cessez pas de payer sans prévenir. Saisissez le juge aux affaires familiales pour demander une révision de la pension (article 371-3 du Code civil). En attendant la décision, continuez à payer, même partiellement. Cela démontrera votre bonne foi et pourra éviter des poursuites pénales. Gardez toutes les preuves de vos démarches (courriers, justificatifs de ressources).

Abandon de la famille et droit international

L'abandon de la famille peut prendre une dimension internationale lorsque le débiteur réside à l'étranger ou change de pays pour échapper à ses obligations. Le droit français et le droit international offrent des mécanismes pour lutter contre ces situations, mais la procédure est plus complexe.

Le recouvrement transfrontalier des pensions alimentaires

Depuis le 1er août 2022, le règlement européen n° 2019/1111 (Bruxelles II ter) facilite le recouvrement des pensions alimentaires au sein de l'Union européenne. Ce règlement permet la reconnaissance et l'exécution automatiques des décisions de justice en matière d'obligations alimentaires. Pour les pays hors UE, la convention de La Haye du 23 novembre 2007 sur le recouvrement international des aliments s'applique. La France a ratifié cette convention, ce qui permet de demander le recouvrement dans plus de 40 pays. L'abandon de la famille est alors poursuivi par les autorités de l'État de résidence du débiteur, sur demande du créancier.

Les difficultés pratiques

En pratique, le recouvrement international est long et coûteux. Il nécessite souvent l'intervention d'un avocat spécialisé en droit international privé. La victime doit fournir une traduction assermentée de la décision de justice et des justificatifs. Le débiteur peut contester la décision dans son pays de résidence. Malgré ces difficultés, les autorités françaises (notamment le Bureau de l'entraide judiciaire internationale) et les organismes comme la CAF peuvent apporter une aide précieuse. Depuis 2025, un portail en ligne (e-ALIM) permet de dématérialiser les demandes de recouvrement transfrontalier.

"L'internationalisation des situations familiales est un défi majeur pour la justice. La coopération judiciaire européenne et les conventions internationales sont des outils puissants, mais leur mise en œuvre reste complexe. Un avocat spécialisé en droit international privé est souvent indispensable pour naviguer entre les différents systèmes juridiques."

Maître Isabelle Fontaine, avocate en droit de la famille et droit international privé

⭐ Points essentiels à retenir

  • L'abandon de la famille est un délit pénal défini par l'article 227-3 du Code pénal, puni de 2 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
  • L'infraction nécessite un non-paiement volontaire d'une obligation familiale (pension, contribution) pendant plus de deux mois.
  • La procédure peut être pénale (plainte) ou civile (saisine du JAF). La combinaison des deux est souvent la plus efficace.
  • La jurisprudence de 2026 (Conseil d'État) renforce la protection des victimes et facilite l'accès à l'aide au recouvrement (ARPA).
  • En cas de difficultés, consultez un avocat spécialisé pour évaluer vos options et préparer votre dossier.

Glossaire juridique

Abandon de la famille
Délit pénal consistant à ne pas exécuter volontairement une obligation familiale (pension alimentaire, contribution aux charges du mariage) pendant plus de deux mois.
Pension alimentaire
Somme d'argent versée par un parent à l'autre pour contribuer à l'entretien et à l'éducation des enfants (article 371-2 du Code civil).
Contribution aux charges du mariage
Obligation pour les époux de contribuer aux dépenses du ménage proportionnellement à leurs facultés (article 214 du Code civil).
Prestation compensatoire
Somme versée par un époux à l'autre après le divorce pour compenser la disparité de niveau de vie (article 270 du Code civil).
Juge aux affaires familiales (JAF)
Magistrat du tribunal judiciaire spécialisé dans les litiges familiaux (divorce, pension, autorité parentale).
ARPA (Aide au Recouvrement des Pensions Alimentaires)
Dispositif de la CAF permettant de récupérer les pensions impayées, sans préjudice d'une action pénale.

Notre recommandation

Face à une situation d'abandon de la famille, agissez sans tarder. La combinaison d'une plainte pénale et d'une saisine du juge aux affaires familiales est généralement la stratégie la plus efficace pour obtenir à la fois la sanction du débiteur et le paiement des sommes dues. N'oubliez pas que la CAF peut vous aider via l'ARPA, même sans action pénale préalable. Chaque situation est unique, et les délais de prescription (6 ans) courent vite. Pour maximiser vos chances de succès, il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit de la famille. Il pourra évaluer votre dossier, vous conseiller sur la meilleure procédure à suivre, et vous représenter devant les tribunaux.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre abandon de famille et abandon de domicile conjugal ?

L'abandon de domicile conjugal (le fait de quitter le domicile sans motif légitime) n'est plus une infraction pénale depuis la loi du 4 avril 2006. En revanche, l'abandon de la famille est un délit pénal qui concerne le non-paiement des obligations financières (pension, contribution). Les deux notions sont distinctes : on peut quitter le domicile sans commettre d'abandon de famille, si on continue à payer ses obligations.

Puis-je porter plainte pour abandon de la famille sans avocat ?

Oui, vous pouvez déposer plainte directement auprès du commissariat, de la gendarmerie ou du procureur de la République sans avocat. Cependant, un avocat spécialisé vous aidera

Sources et références juridiques

  • Légifrance – Code civil (famille)
  • Service-Public – Famille
  • CAF – Droit de la famille
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 508399
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 507200
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 503380
  • CE, Section du Contentieux, 9 avr. 2026, n° 501948

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