| CELEX | 02008D0616-20240425 |
| Type | Décision (consolidé) |
| Date | jeudi 25 avril 2024 |
| 6.8.2008 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | L 210/12 |
DÉCISION 2008/616/JAI DU CONSEIL
du 23 juin 2008
concernant la mise en œuvre de la décision 2008/615/JAI relative à l'approfondissement de la coopération transfrontalière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière
LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,
vu l'article 33 de la décision 2008/615/JAI du Conseil (1),
vu l'initiative de la République fédérale d'Allemagne,
vu l'avis du Parlement européen (2),
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 23 juin 2008, le Conseil a adopté la décision 2008/615/JAI relative à l'approfondissement de la coopération transfrontalière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. |
| (2) | Par la décision 2008/615/JAI, les éléments fondamentaux du traité du 27 mai 2005 entre le Royaume de Belgique, la République fédérale d'Allemagne, le Royaume d'Espagne, la République française, le Grand-Duché de Luxembourg, le Royaume des Pays-Bas et la République d'Autriche relatif à l'approfondissement de la coopération transfrontalière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et la migration illégale (ci-après dénommé «traité de Prüm») ont été transposés dans le cadre juridique de l'Union européenne. |
| (3) | L'article 33 de la décision 2008/615/JAI dispose que le Conseil doit arrêter les mesures nécessaires pour mettre en œuvre la décision 2008/615/JAI au niveau de l'Union, conformément à la procédure prévue à l'article 34, paragraphe 2, point c), deuxième phrase, du traité sur l'Union européenne. Il y a lieu que ces mesures se fondent sur l'accord d'exécution du 5 décembre 2006 concernant la mise en œuvre administrative et technique et l'exécution du traité de Prüm. |
| (4) | La présente décision établit les dispositions normatives communes qui sont indispensables à la mise en œuvre administrative et technique des formes de coopération prévues dans la décision 2008/615/JAI. L'annexe de la présente décision contient les dispositions d'exécution à caractère technique. En outre, un manuel distinct, comprenant exclusivement les informations factuelles que les États membres fourniront, sera élaboré et tenu à jour par le secrétariat général du Conseil. |
| (5) | Compte tenu des capacités techniques, la recherche de nouveaux profils ADN à caractère routinier sera en principe effectuée au moyen de consultations spécifiques, et il conviendra de trouver au niveau technique les solutions adéquates à cette fin, |
DÉCIDE:
CHAPITRE I
GÉNÉRALITÉS
Article premier
Objet
La présente décision a pour objet d'établir les dispositions administratives et techniques nécessaires à la mise en œuvre de la décision 2008/615/JAI, en particulier en ce qui concerne les échanges automatisés des données ADN, des données dactyloscopiques et des données relatives à l'immatriculation des véhicules prévus au chapitre 2 de la présente décision, ainsi que pour les autres formes de coopération visées au chapitre 5 de la présente décision.
Article 2
Définitions
Aux fins de la présente décision, on entend par:
| a) | «consultation» et «comparaison» telles que visées aux articles 3, 4 et 9 de la décision 2008/615/JAI, les procédures par lesquelles il est établi qu'il y a une concordance entre, respectivement, des données ADN ou des données dactyloscopiques communiquées par un État membre et des données ADN ou des données dactyloscopiques contenues dans les bases de données d'un, de plusieurs, ou de tous les États membres; |
| b) | «consultation automatisée» telle que visée à l'article 12 de la décision 2008/615/JAI, l'accès en ligne permettant de consulter les bases de données d'un, de plusieurs, ou de tous les États membres; |
| c) | «profil ADN», un code alphanumérique qui représente un ensemble de caractéristiques d'identification de la partie non codante d'un échantillon d'ADN humain analysé, c'est-à-dire la structure moléculaire particulière issue de divers segments d'ADN (loci); |
| d) | «partie non codante de l'ADN», les régions chromosomiques non génétiquement exprimées, c'est-à-dire non connues pour fournir des propriétés fonctionnelles d'un organisme; |
| e) | «données indexées ADN», un profil ADN et une référence; |
| f) | «profil ADN de référence», le profil ADN d'une personne identifiée; |
| g) | «profil ADN non identifié», le profil ADN obtenu à partir de traces recueillies lors d'une enquête pénale et appartenant à une personne non encore identifiée; |
| h) | «annotation», une marque insérée par un État membre sur un profil ADN contenu dans sa base de données nationale afin d'indiquer que ce profil ADN a déjà fait l'objet d'une concordance lors d'une consultation ou d'une comparaison effectuée par un autre État membre; |
| i) | «données dactyloscopiques», les images d'empreintes digitales, images d'empreintes digitales latentes, d'empreintes de paumes de mains, d'empreintes de paumes de mains latentes, ainsi que des modèles de telles images (points caractéristiques codés), lorsqu'ils sont stockés et traités dans une base de données automatisée; |
| j) | «données relatives à l'immatriculation des véhicules», l'ensemble des données visé au chapitre 3 de l'annexe; |
| k) | «cas par cas», par référence à l'article 3, paragraphe 1, deuxième phrase, à l'article 9, paragraphe 1, deuxième phrase, et à l'article 12, paragraphe 1, de la décision 2008/615/JAI, une seule enquête ou un seul dossier de poursuites pénales. Si ce dossier concerne plus d'un profil ADN, d'une donnée dactyloscopique ou d'une donnée relative à l'immatriculation des véhicules, ces profils ou ces données peuvent être transmis ensemble en une seule demande. |
CHAPITRE 2
DISPOSITIONS COMMUNES EN MATIÈRE D'ÉCHANGE DE DONNÉES
Article 3
Spécifications techniques
Les États membres observent les spécifications techniques communes dans le cadre de toutes les demandes et réponses liées aux consultations et comparaisons de profils ADN, de données dactyloscopiques et de données relatives à l'immatriculation des véhicules. Ces spécifications techniques sont définies à l'annexe de la présente décision.
Article 4
Réseau de communication
L'échange électronique de données ADN, de données dactyloscopiques et de données relatives à l'immatriculation des véhicules entre les États membres s'effectue via le réseau de communication «Services télématiques transeuropéens sécurisés entre administrations (TESTA II)» et ses nouvelles versions.
Article 5
Disponibilité des échanges de données automatisés
Les États membres prennent toutes les mesures nécessaires pour que la consultation ou la comparaison automatisée de données ADN, de données dactyloscopiques et de données relatives à l'immatriculation de véhicules soit possible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dans l'éventualité d'une défaillance technique, les points de contact nationaux des États membres s'en informent immédiatement et conviennent d'un autre système d'échange d'informations à titre temporaire, conformément aux dispositions juridiques applicables. L'échange automatisé des données est remis en service aussi rapidement que possible.
Article 6
Références des données ADN et des données dactyloscopiques
Les références visées à l'article 2 et à l'article 8 de la décision 2008/615/JAI consistent en la combinaison des éléments suivants:
| a) | un code permettant aux États membres, en cas de concordance, d'extraire des données à caractère personnel et d'autres informations de leur base de données afin de les transmettre à un, à plusieurs ou à tous les États membres, conformément à l'article 5 ou à l'article 10 de la décision 2008/615/JAI; |
| b) | un code pour indiquer l'origine nationale du profil ADN ou des données dactyloscopiques; et |
| c) | pour les données ADN, un code pour indiquer le type de profil ADN. |
CHAPITRE 3
DONNÉES ADN
Article 7
Principes régissant l'échange de données ADN
1. Les États membres utilisent les normes existantes en matière d'échange de données ADN, telles que l'ensemble européen de référence (European Standard Set, ESS) ou le groupe standard de loci d'Interpol (Interpol Standard Set of Loci, ISSOL).
2. La procédure de transmission, en cas de consultation et de comparaison automatisées de profils ADN, s'effectue dans le cadre d'une structure décentralisée.
3. Des mesures appropriées sont prises pour assurer la confidentialité et l'intégrité des données transmises aux autres États membres, notamment en matière de cryptage.
4. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour garantir l'intégrité des profils ADN mis à la disposition des autres États membres ou transmis pour comparaison et pour faire en sorte que ces mesures soient conformes aux normes internationales, telles que l'ISO 17025.
5. Les États membres utilisent les codes «États membres» selon la norme ISO 3166-1 alpha-2.
Article 8
Règles applicables aux demandes et réponses relatives aux données ADN
1. Une demande de consultation ou de comparaison automatisée telle que visée à l'article 3 ou à l'article 4 de la décision 2008/615/JAI inclut uniquement les informations suivantes:
| a) | le code «État membre» de l'État membre requérant; |
| b) | la date, l'heure et le numéro de référence de la demande; |
| c) | les profils ADN et leurs références; |
| d) | les types de profils ADN transmis (profils ADN non identifiés ou profils ADN de référence); et |
| e) | les informations requises pour contrôler les systèmes de bases de données et pour le contrôle de la qualité des procédures de consultation automatisée. |
2. La réponse (rapport de concordance) apportée à la demande visée au paragraphe 1 inclut uniquement les informations suivantes:
| a) | une indication précisant s'il y a eu une ou plusieurs concordances («hit») ou aucune concordance («no hit»); |
| b) | la date, l'heure et le numéro de référence de la demande; |
| c) | la date, l'heure et le numéro de référence de la réponse; |
| d) | le code «État membre» de l'État membre requérant et de l'État membre requis; |
| e) | le numéro de référence de l'État membre requérant et de l'État membre requis; |
| f) | le type de profils ADN transmis (profil ADN non identifié ou profil ADN de référence); |
| g) | les profils ADN demandés et ceux pour lesquels une concordance est établie; et |
| h) | les informations requises pour contrôler les systèmes de bases de données et pour le contrôle de la qualité des procédures de consultation automatisée. |
3. La notification automatisée d'une concordance est effectuée uniquement si la consultation ou la comparaison automatisée a mis en évidence une concordance fondée sur un nombre minimal de loci. Ce minimum est fixé au chapitre 1 de l'annexe de la présente décision.
4. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que les demandes soient conformes aux déclarations communiquées en vertu de l'article 2, paragraphe 3, de la décision 2008/615/JAI. Ces déclarations figurent dans le manuel visé à l'article 18, paragraphe 2, de la présente décision.
Article 9
Procédure de transmission applicable à la consultation automatisée de profils ADN non identifiés conformément à l'article 3 de la décision 2008/615/JAI
1. Si, en cas de consultation à partir d'un profil ADN non identifié, la base de données nationale n'a mis en évidence aucune concordance ou a mis en évidence une concordance avec un profil ADN non identifié, ce profil ADN non identifié peut être transmis aux bases de données de tous les autres États membres et si, en cas de consultation à partir du profil ADN susvisé, les bases de données des autres États membres mettent en évidence des concordances avec des profils ADN de référence et/ou des profils ADN non identifiés, ces concordances sont automatiquement communiquées et les données indexées ADN sont transmises à l'État membre requérant; si les bases de données des autres États membres ne mettent en évidence aucune concordance, l'État membre requérant en est automatiquement informé.
2. Si, en cas de consultation à partir d'un profil ADN non identifié, les bases de données des autres États membres mettent en évidence une concordance, chaque État membre concerné peut insérer une annotation dans ce sens dans sa base de données nationale.
Article 10
Procédure de transmission applicable à la consultation automatisée de profils ADN de référence conformément à l'article 3 de la décision 2008/615/JAI
Si, en cas de consultation à partir d'un profil ADN de référence, la base de données nationale n'a mis en évidence aucune concordance avec un profil ADN de référence ou a mis en évidence une concordance avec un profil ADN non identifié, le profil ADN de référence concerné peut être transmis aux bases de données de tous les autres États membres, et si, en cas de consultation à partir du profil ADN de référence susvisé, les bases de données des autres États membres mettent en évidence des concordances avec des profils ADN de référence et/ou des profils ADN non identifiés, ces concordances sont automatiquement communiquées et les données indexées ADN sont transmises à l'État membre requérant; si les bases de données des autres États membres ne mettent en évidence aucune concordance, l'État membre requérant en est automatiquement informé.
Article 11
Procédure de transmission applicable à la comparaison automatisée de profils ADN non identifiés conformément à l'article 4 de la décision 2008/615/JAI
1. Si, en cas de comparaison avec des profils ADN non identifiés, les bases de données des autres États membres mettent en évidence des concordances avec des profils ADN de référence et/ou des profils ADN non identifiés, ces concordances sont automatiquement communiquées et les données indexées ADN sont transmises à l'État membre requérant.
2. Si, en cas de comparaison avec des profils ADN non identifiés, les bases de données des autres États membres mettent en évidence des concordances avec des profils ADN non identifiés ou des profils ADN de référence, chaque État membre concerné peut insérer une annotation dans ce sens dans sa base de données nationale.
CHAPITRE 4
DONNÉES DACTYLOSCOPIQUES
Article 12
Principes régissant l'échange de données dactyloscopiques
1. La numérisation des données dactyloscopiques et leur transmission aux autres États membres s'effectuent selon un format de données uniforme, décrit au chapitre 2 de l'annexe.
2. Chaque État membre s'assure que les données dactyloscopiques qu'il transmet sont d'une qualité suffisante en vue d'une comparaison par les fichiers automatisés d'empreintes digitales (FAED).
3. La procédure de transmission applicable à l'échange de données dactyloscopiques est mise en œuvre dans le cadre d'une structure décentralisée.
4. Des mesures appropriées sont prises pour assurer la confidentialité et l'intégrité des données dactyloscopiques transmises aux autres États membres, notamment en matière de cryptage.
5. Les États membres utilisent les codes «États membres» selon la norme ISO 3166-1 alpha-2.
Article 13
Capacités de consultation pour les données dactyloscopiques
1. Chaque État membre veille à ce que ses demandes de consultation ne dépassent pas les capacités de consultation indiquées par l'État membre requis. Les États membres adressent au secrétariat général du Conseil les déclarations visées à l'article 18, paragraphe 2, indiquant leurs capacités maximales de consultation journalières pour les données dactyloscopiques de personnes identifiées ou pour les données dactyloscopiques de personnes non encore identifiées.
2. Le nombre maximal de candidats admis par transmission pour vérification est fixé au chapitre 2 de l'annexe.
Article 14
Règles applicables aux demandes et aux réponses relatives aux données dactyloscopiques
1. L'État membre requis contrôle sans tarder, par un procédé entièrement automatisé, la qualité des données dactyloscopiques transmises. Au cas où les données ne se prêtent pas à une comparaison automatisée, l'État membre requis en informe sans tarder l'État membre requérant.
2. L'État membre requis effectue les consultations dans l'ordre chronologique d'arrivée des demandes. Les demandes doivent être traitées dans les vingt-quatre heures par un procédé entièrement automatisé. L'État membre requérant peut, si sa législation nationale l'exige, demander le traitement accéléré de ses demandes et l'État membre requis effectue la consultation sans tarder. Si les délais ne peuvent pas être respectés pour des raisons de force majeure, la comparaison est effectuée sans tarder dès que les obstacles ont été levés.
CHAPITRE 5
DONNÉES RELATIVES À L'IMMATRICULATION DES VÉHICULES
Article 15
Principes régissant la consultation automatisée de données relatives à l'immatriculation des véhicules
1. Pour la consultation automatisée de données relatives à l'immatriculation des véhicules, les États membres utilisent une version de l'application informatique du système d'information européen concernant les véhicules et les permis de conduire (Eucaris) spécialement conçue aux fins de l'article 12 de la décision 2008/615/JAI, ainsi que les versions modifiées de cette application.
2. La consultation automatisée de données relatives à l'immatriculation des véhicules s'effectue dans le cadre d'une structure décentralisée.
3. Les informations échangées via le système Eucaris sont transmises sous une forme cryptée.
4. Les éléments de données relatives à l'immatriculation des véhicules qui doivent être échangées sont décrits au chapitre 3 de l'annexe.
5. Dans le cadre de la mise en œuvre de l'article 12 de la décision 2008/615/JAI, les États membres peuvent donner la priorité aux consultations liées à la lutte contre la grande criminalité.
Article 16
Coûts
Chaque État membre prend en charge les coûts afférents à la gestion, à l'utilisation et à la maintenance de l'application informatique Eucaris visée à l'article 15, paragraphe 1.
CHAPITRE 6
COOPÉRATION POLICIÈRE
Article 17
Patrouilles communes et autres opérations conjointes
1. Conformément au chapitre 5 de la décision 2008/615/JAI, et en particulier aux déclarations communiquées au titre de l'article 17, paragraphe 4, et de l'article 19, paragraphes 2 et 4, de la présente décision, chaque État membre désigne un ou plusieurs points de contact afin de permettre aux autres États membres de s'adresser aux autorités compétentes, et chaque État membre peut préciser ses procédures pour l'organisation de patrouilles communes ou d'autres opérations conjointes, ses procédures à l'égard des initiatives des autres États membres concernant ces opérations, ainsi que d'autres aspects pratiques, et les modalités opérationnelles applicables à ces opérations.
2. Le secrétariat général du Conseil établit et tient à jour une liste des points de contact et informe les autorités compétentes de toute modification de cette liste.
3. Les autorités compétentes de chaque État membre peuvent prendre une initiative visant à mettre en place une opération conjointe. Avant le commencement d'une opération donnée, les autorités compétentes visées au paragraphe 2, déterminent, verbalement ou par écrit, les dispositions relatives aux modalités telles que:
| a) | les autorités des États membres compétentes pour l'opération; |
| b) | le but précis de l'opération; |
| c) | l'État membre d'accueil où l'opération doit avoir lieu; |
| d) | la zone géographique de l'État membre d'accueil où l'opération doit avoir lieu; |
| e) | la période couverte par l'opération; |
| f) | l'assistance spécifique à fournir par le ou les États membres d'origine à l'État membre d'accueil, y compris des fonctionnaires ou d'autres agents de l'autorité publique, des éléments matériels ou financiers; |
| g) | les fonctionnaires participant à l'opération; |
| h) | le fonctionnaire responsable de l'opération; |
| i) | les attributions que les fonctionnaires et autres agents de l'autorité publique du ou des États membres d'origine peuvent exercer dans l'État membre d'accueil pendant l'opération; |
| j) | les armes, munitions et équipements particuliers que les fonctionnaires de l'État membre d'origine peuvent utiliser pendant l'opération conformément à la décision 2008/615/JAI; |
| k) | les modalités logistiques relatives au transport, à l'hébergement et à la sécurité; |
| l) | la répartition des coûts de l'opération conjointe, si elle diffère des dispositions prévues à l'article 34, première phrase, de la décision 2008/615/JAI; |
| m) | tout autre élément nécessaire, le cas échéant. |
4. Les déclarations, procédures et désignations prévues au présent article figurent dans le manuel visé à l'article 18, paragraphe 2.
CHAPITRE 7
DISPOSITIONS FINALES
Article 18
Annexe et manuel
1. L'annexe de la présente décision fixe les autres modalités applicables à la mise en œuvre technique et administrative de la décision 2008/615/JAI.
2. Un manuel est élaboré et tenu à jour par le secrétariat général du Conseil; il comprend exclusivement les informations factuelles fournies par les États membres, par le biais de déclarations faites conformément à la décision 2008/615/JAI ou à la présente décision ou de notifications faites au secrétariat général du Conseil. Ce manuel se présente sous la forme d'un document du Conseil.
Article 19
Autorités indépendantes compétentes en matière de protection des données
Conformément à l'article 18, paragraphe 2, les États membres communiquent au secrétariat général du Conseil le nom des autorités indépendantes compétentes en matière de protection des données ou des autorités judiciaires visées à l'article 30, paragraphe 5, de la décision 2008/615/JAI.
Article 20
Élaboration des décisions visées à l'article 25, paragraphe 2, de la décision 2008/615/JAI
1. Le Conseil prend la décision visée à l'article 25, paragraphe 2, de la décision 2008/615/JAI sur la base d'un rapport d'évaluation fondé sur un questionnaire.
2. En ce qui concerne l'échange automatisé de données visé au chapitre 2 de la décision 2008/615/JAI, le rapport d'évaluation est aussi fondé sur une visite d'évaluation et un essai pilote effectué lorsque l'État membre concerné a communiqué au secrétariat général du Conseil les informations visées à l'article 36, paragraphe 2, première phrase, de la décision 2008/615/JAI.
3. D'autres modalités pour cette procédure sont exposées au chapitre 4 de l'annexe.
Article 21
Évaluation de l'échange d'informations
1. L'application, d'un point de vue administratif, technique et financier, de l'échange d'informations au titre du chapitre 2 de la décision 2008/615/JAI, et notamment le recours au mécanisme prévu à l'article 15, paragraphe 5, fait l'objet d'une évaluation à intervalles réguliers. L'évaluation concerne les États membres qui appliquent déjà la décision 2008/615/JAI au moment de l'évaluation et porte sur les catégories de données pour lesquelles l'échange d'informations a commencé entre les États membres concernés. L'évaluation est fondée sur des rapports présentés par chacun de ces États membres.
2. D'autres modalités pour cette procédure sont exposées au chapitre 4 de l'annexe.
Article 22
Rapport avec l'accord d'exécution du traité de Prüm
Pour les États membres qui sont liés par le traité de Prüm, les dispositions concernées de la présente décision et de son annexe, lorsqu'elles seront pleinement en vigueur, s'appliquent en lieu et place des dispositions correspondantes contenues dans l'accord d'exécution du traité de Prüm. Toutes les autres dispositions de l'accord d'exécution restent applicables entre les parties contractantes au traité de Prüm.
Article 23
Mise en œuvre
Les États membres prennent les mesures nécessaires pour se conformer aux dispositions de la présente décision dans les délais prévus à l'article 36, paragraphe 1, de la décision 2008/615/JAI.
Article 24
Application
La présente décision prend effet vingt jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne.
Fait à Luxembourg, le 23 juin 2008.
Par le Conseil
Le président
I. JARC
(1) Voir page 1 du présent Journal officiel.
(2) Avis du 21 avril 2008 (non encore paru au Journal officiel).
ANNEXE
TABLE DES MATIÈRES
| CHAPITRE 1: | Échange de données ADN |
| 1. | Questions de criminalistique et règles et algorithmes de concordance dans le domaine génétique |
| 1.1. | Propriétés des profils ADN |
| 1.2. | Règles de concordance |
| 1.3. | Règles en matière de rapports |
| 2. | Tableau des codes des États membres |
| 3. | Analyse fonctionnelle |
| 3.1. | Disponibilité du système |
| 3.2. | Deuxième étape |
| 4. | Document de contrôle des interfaces ADN |
| 4.1. | Introduction |
| 4.2. | Définition de la structure XML |
| 5. | Application, sécurité et architecture de communication |
| 5.1. | Présentation |
| 5.2. | Architecture de haut niveau |
| 5.3. | Normes de sécurité et protection des données |
| 5.4. | Protocoles et normes à mettre en œuvre pour le cryptage: S/MIME et mécanismes connexes |
| 5.5. | Architecture de l'application |
| 5.6. | Protocoles et normes à utiliser dans l'architecture de l'application |
| 5.7. | Cadre de communication |
| CHAPITRE 2: | Échange de données dactyloscopiques (document de contrôle des interfaces) |
| 1. | Aperçu de la teneur des fichiers |
| 2. | Format des enregistrements |
| 3. | Enregistrement logique de type 1: en-tête de fichier |
| 4. | Enregistrement logique de type 2: descriptif |
| 5. | Enregistrement logique de type 4: image à haute résolution avec nuances de gris |
| 6. | Enregistrement logique de type 9: points caractéristiques |
| 7. | Enregistrement logique de type 13: image de trace latente à résolution variable |
| 8. | Enregistrement logique de type 15: images d'empreintes palmaires à résolution variable |
| 9. | Appendices au chapitre 2 (échange de données dactyloscopiques) |
| 9.1. | Codes de séparation ASCII |
| 9.2. | Calcul du caractère de contrôle alphanumérique |
| 9.3. | Codage de caractères |
| 9.4. | Résumé des opérations |
| 9.5. | Définition des enregistrements de type 1 |
| 9.6. | Définition des enregistrements de type 2 |
| 9.7. | Codes des algorithmes de compression (images à niveaux de gris) |
| 9.8. | Spécifications pour le courrier électronique |
| CHAPITRE 3: | Échange de données relatives à l'immatriculation des véhicules |
| 1. | Ensemble commun de données aux fins de la consultation automatisée de données relatives à l'immatriculation des véhicules |
| 1.1. | Définitions |
| 1.2. | Recherche concernant un véhicule, un propriétaire ou un détenteur |
| 2. | Sécurité des données |
| 2.1. | Aperçu |
| 2.2. | Caractéristiques de sécurité liées à l'échange de messages |
| 2.3. | Caractéristiques de sécurité non liées à l'échange de messages |
| 3. | Conditions techniques de l'échange de données |
| 3.1. | Description générale de l'application Eucaris |
| 3.2. | Exigences fonctionnelles et non fonctionnelles |
| CHAPITRE 4: | Évaluation |
| 1. | Procédure d'évaluation en vertu de l'article 20 (préparation des décisions conformément à l'article 25, paragraphe 2, de la décision 2008/615/JAI) |
| 1.1. | Questionnaire |
| 1.2. | Essai en conditions réelles |
| 1.3. | Visite d'évaluation |
| 1.4. | Rapport au Conseil |
| 2. | Procédure d'évaluation conformément à l'article 21 |
| 2.1. | Statistiques et rapport |
| 2.2. | Révision |
| 3. | Réunion d'experts |
CHAPITRE 1: Échange de données ADN
1. Questions de criminalistique et règles et algorithmes de concordance dans le domaine génétique
1.1. Propriétés des profils ADN
Le profil ADN peut comprendre 24 paires de nombres représentant les allèles des 24 loci également utilisés dans les procédures d'Interpol en la matière. Le nom de ces loci figure dans le tableau ci-après:
| VWA | TH01 | D21S11 | FGA | D8S1179 | D3S1358 | D18S51 | Amélogénine |
| TPOX | CSF1P0 | D13S317 | D7S820 | D5S818 | D16S539 | D2S1338 | D19S433 |
| Penta D | Penta E | FES | F13A1 | F13B | SE33 | CD4 | GABA |
Les 7 loci grisés, au premier rang, constituent à la fois l'actuel ensemble européen de référence (European Standard Set of Loci, ESS) et le groupe standard de loci d'Interpol (Interpol Standard Set of Loci, ISSOL).
Règles d'inclusion:
Les profils ADN mis à disposition par les États membres à des fins de consultation et de comparaison, ainsi que les profils ADN transmis aux mêmes fins, doivent comporter au moins 6 loci complètement renseignés (1) et peuvent en comprendre d'autres, ou des blancs, en fonction des disponibilités. Les profils ADN de référence doivent comporter au moins 6 des 7 loci de l'ESS. Pour affiner la précision des concordances, tous les allèles disponibles sont stockés dans la base de données des profils ADN indexés et exploités aux fins des consultations et des comparaisons. Il conviendrait que chaque État membre mette en œuvre, aussi rapidement que possible en pratique, tout nouvel ESS adopté par l'Union européenne.
Il est interdit d'inclure des profils obtenus à partir d'échantillons mélangés, de sorte que les valeurs alléliques de chaque locus consisteront en deux nombres seulement, lesquels peuvent d'ailleurs être identiques, en cas d'homozygotie sur un locus spécifique.
Les règles ci-après s'appliquent aux caractères de remplacement (ou joker) et aux microvariants:
| — | toute valeur non numérique figurant dans le profil (par exemple «o», «f», «r», «na», «nr» ou «un»), à l'exception de celle correspondant à l'amélogénine, doit être convertie automatiquement en un caractère de remplacement (*) pour l'exportation et faire l'objet d'une comparaison globale, |
| — | les valeurs numériques «0», «1» ou «99» contenues dans le profil doivent être converties automatiquement en un caractère de remplacement (*) pour l'exportation et faire l'objet d'une comparaison avec tous les autres, |
| — | si 3 allèles sont fournis pour un locus, le premier sera accepté et les deux autres devront être automatiquement convertis en un caractère générique (*) pour l'exportation et faire l'objet d'une comparaison globale, |
| — | lorsqu'une valeur de remplacement est fournie pour l'allèle 1 ou l'allèle 2, les deux permutations de la valeur numérique donnée pour le locus feront l'objet d'une recherche (par exemple 12, * pourrait concorder avec 12,14 ou 9,12), |
| — | les microvariants pentanucléotidiques (Penta D, Penta E et CD 4) seront comparés selon le schéma suivant:
|
| — | les microvariants tétranucléotidiques (le reste des loci sont des tétranucléotides) seront comparés selon le schéma suivant:
|
1.2. Règles de concordance
Deux profils génétiques seront comparés à partir des loci pour lesquels une paire de valeurs alléliques est disponible dans les deux profils. Il doit y avoir concordance entre au moins 6 loci complets désignés (à l'exclusion de l'amélogénine) des deux profils ADN pour qu'une réponse indiquant l'existence d'une concordance soit fournie.
Une concordance complète (qualité 1) est définie comme une concordance lorsque l'ensemble des valeurs alléliques des loci contenus à la fois dans le profil de question et le profil de comparaison sont les mêmes. Une quasi-concordance est définie comme une concordance lorsque la valeur d'un seul de tous les allèles comparés diffère entre les deux profils ADN (qualité 2, 3 et 4). Une quasi-concordance n'est acceptée qu'en cas de concordance entre au moins 6 loci complets désignés des deux profils ADN comparés.
Une telle quasi-concordance peut-être due à:
| — | une faute de frappe dans l'un des profils ADN, dans la demande de consultation ou dans la base de données ADN, |
| — | une erreur de détermination ou de désignation de l'allèle lors de l'établissement d'un profil ADN. |
1.3. Règles en matière de rapports
Tant les concordances complètes que les quasi-concordances et les cas où il n'y a «pas de concordance» devront faire l'objet d'un rapport.
Les rapports de concordance seront adressés au point de contact national requérant et mis à la disposition du point de contact national requis (afin qu'il puisse évaluer la nature et le nombre des éventuelles demandes de suivi visant à obtenir d'autres données à caractère personnel disponibles et d'autres informations relatives au profil ADN correspondant à la concordance, conformément aux articles 5 et 10 de la décision 2008/615/JAI).
2. Tableau des codes des États membres
Conformément à la décision 2008/615/JAI, les codes de la norme ISO 3166-1 alpha-2 sont utilisés pour attribuer les noms de domaine et définir les autres paramètres de configuration des applications d'échange de données ADN en réseau fermé créées en application du traité de Prüm.
La norme ISO 3166-1 alpha-2 prévoit les codes à deux lettres ci-après pour les États membres:
| État membre | Code | État membre | Code |
| Belgique | BE | Luxembourg | LU |
| Bulgarie | BG | Hongrie | HU |
| République tchèque | CZ | Malte | MT |
| Danemark | DK | Pays-Bas | NL |
| Allemagne | DE | Autriche | AT |
| Estonie | EE | Pologne | PL |
| Grèce | EL | Portugal | PT |
| Espagne | ES | Roumanie | RO |
| France | FR | Slovaquie | SK |
| Irlande | IE | Slovénie | SI |
| Italie | IT | Finlande | FI |
| Chypre | CY | Suède | SE |
| Lettonie | LV | Royaume-Uni | UK |
| Lituanie | LT |
|
|
3. Analyse fonctionnelle
3.1. Disponibilité du système
Il conviendrait que les demandes formulées conformément à l'article 3 de la décision 2008/615/JAI soient soumises à la base de données concernée dans l'ordre chronologique de l'envoi de chaque demande, alors que les réponses devraient être transmises de façon qu'elles parviennent à l'État membre requérant dans les quinze minutes qui suivent l'arrivée des demandes.
3.2. Deuxième étape
Lorsqu'un État membre reçoit un rapport indiquant l'existence d'une concordance, il incombe à son point de contact national de comparer les valeurs figurant dans le profil ayant fait l'objet de la demande et celles du ou des profils reçus en réponse, afin de valider et de vérifier la valeur probante du profil. Les points de contact nationaux peuvent entrer en communication les uns avec les autres aux fins de la validation.
Les procédures relatives à l'entraide judiciaire démarrent après la validation d'une concordance entre deux profils, sur la base d'un rapport de concordance complète ou de quasi-concordance obtenu pendant la phase de consultation automatisée.
4. Document de contrôle des interfaces ADN
4.1. Introduction
4.1.1.
La présente partie définit les prescriptions en matière d'échange d'informations relatives aux profils ADN entre les bases de données génétiques de l'ensemble des États membres. Les champs d'en-tête sont spécifiquement définis pour l'échange de données ADN en application du traité de Prüm, alors que les champs de données sont fondés sur la partie correspondant aux données du profil ADN, dans le schéma XML défini pour la passerelle ADN d'Interpol.
Les données sont échangées au moyen du protocole SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) ou d'autres techniques modernes, par l'intermédiaire d'un serveur central de messagerie électronique mis en place par le fournisseur de réseau. Le fichier XML est transmis dans le corps d'un message.
4.1.2.
Le présent document de contrôle des interfaces ne définit que le corps des messages électroniques. Tous les aspects qui concernent spécifiquement le réseau et la messagerie électronique sont définis d'une façon uniforme afin de prévoir une base technique commune pour l'échange de données ADN.
Ce cadre commun:
| — | prévoit une définition du format du champ «objet» du message, afin de permettre un traitement automatisé des messages, |
| — | précise s'il y a lieu de crypter le contenu et, le cas échéant, quelles méthodes doivent être utilisées, |
| — | fixe la longueur maximale des messages. |
4.1.3.
Le message XML est structuré comme suit:
| — | en-tête, contenant des informations sur la transmission, et |
| — | données, contenant des informations propres au profil, ainsi que le profil lui-même. |
Le même schéma XML est utilisé tant pour la demande que pour la réponse.
Pour pouvoir procéder à des vérifications complètes des profils ADN non identifiés (article 4 de la décision 2008/615/JAI), il doit être possible d'envoyer une série de profils dans un seul message. Il faut fixer un nombre maximal de profils pouvant être inclus dans un même message. Ce nombre dépend de la taille maximale autorisée des messages électroniques et sera fixé une fois que le serveur de messagerie électronique aura été sélectionné.
Exemple de code XML:
<?version="1.0" standalone="yes"?>
<PRUEMDNAx xmlns:msxsl="urn:schemas-microsoft-com:xslt"
xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance">
<header>
[…]
</header>
<datas>
[…]
</datas>
[<datas> structure «datas» répétée si plus d'un profil est envoyé (….) dans un même message SMTP, uniquement dans les cas visés à l'article 4
</datas>]
</PRUEMDNA>
4.2. Définition de la structure XML
Les définitions qui suivent sont présentées à titre documentaire et pour faciliter la lecture. Les informations réellement obligatoires sont définies dans un fichier de schéma XML (PRUEM DNA.xsd).
4.2.1.
Il comprend les champs ci-après:
| Champ | Type | Description |
| header | PRUEM_header | Nombre: 1 |
| datas | PRUEM_datas | Nombre: 1 … 500 |
4.2.2.
| 4.2.2.1. | PRUEM_header Il s'agit d'une structure décrivant l'en-tête du fichier XML. Elle comprend les champs ci-après:
|
| 4.2.2.2. | PRUEM_header dir Type des données contenues dans le message. La valeur peut être:
|
| 4.2.2.3. | PRUEM_header_info Structure permettant de décrire l'État membre ainsi que la date et l'heure de la création du message. Cette structure comprend les champs ci-après:
|
4.2.3.
| 4.2.3.1. | PRUEM_datas Il s'agit d'une structure décrivant la partie des données XML concernant le profil. Elle comprend les champs suivants:
|
| 4.2.3.2. | PRUEM_request_type Type de données contenues dans le message. Les valeurs peuvent être les suivantes:
|
| 4.2.3.3. | PRUEM_hitquality_type
|
| 4.2.3.4. | PRUEM_data_type Type de données contenues dans le message. Les valeurs peuvent être les suivantes:
|
| 4.2.2.5. | PRUEM_data_result Type de données contenues dans le message. Les valeurs peuvent être les suivantes:
|
| 4.2.3.6. | IPSG_DNA_profile Structure décrivant un profil ADN. Elle contient les champs suivants:
|
| 4.2.3.7. | IPSG_DNA_ISSOL Structure contenant les loci ISSOL (groupe standard de loci d'Interpol). Elle comporte les champs suivants:
|
| 4.2.3.8. | IPSG_DNA_additional_loci Structure contenant les autres loci. Elle comporte les champs suivants:
|
| 4.2.3.9. | IPSG_DNA_locus Structure décrivant un locus. Elle comporte les champs suivants:
|
5. Application, sécurité et architecture de communication
5.1. Présentation
Pour la mise en œuvre d'applications aux fins de l'échange de données ADN dans le cadre de la décision 2008/615/JAI, un réseau de communication fermé sera mis en place à l'usage exclusif des États membres. Pour tirer parti de cette infrastructure commune de communication et envoyer les demandes et recevoir les réponses d'une façon plus efficace, un mécanisme asynchrone a été retenu pour transmettre les demandes de données ADN et dactyloscopiques dans un message électronique transmis via le protocole SMTP. Pour des raisons de sécurité, on aura recours à la norme S/MIME (Secure Multipurpose Internet Mail Extensions, ou MIME sécurisé), qui étend les fonctionnalités du protocole SMTP, afin d'établir un véritable tunnel sécurisé de bout en bout sur le réseau.
Le réseau de communication opérationnel TESTA (Services télématiques transeuropéens sécurisés entre administrations) est utilisé pour l'échange de données entre États membres. TESTA relève de la responsabilité de la Commission européenne. Comme les bases de données ADN nationales et les points d'accès nationaux actuels à TESTA peuvent se trouver sur différents sites dans les États membres, il peut exister deux modes d'accès à TESTA:
| 1) | soit en utilisant les points d'accès nationaux existants ou en établissant un nouveau point d'accès TESTA; |
| 2) | soit en créant un lien local sécurisé entre le site où se trouve la base de données ADN et le point d'accès national TESTA existant, ce lien étant administré par le service national compétent. |
Les protocoles et les normes utilisés pour la mise en œuvre des applications prévues dans le cadre de la décision 2008/615/JAI sont conformes aux standards ouverts et aux exigences imposées par les autorités chargées de l'élaboration de la politique des États membres en matière de sécurité.
5.2. Architecture de haut niveau
La décision 2008/615/JAI prévoit que chaque État membre met ses données ADN à disposition des autres États membres, conformément au format commun standardisé, à des fins d'échange et/ou de consultation. L'architecture se fonde sur le modèle de communication «de point à point». Il n'existe ni serveur informatique centralisé ni base de données unique contenant des profils ADN.
Figure 1: topologie de l'échange de données ADN
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Indexed
DNA DB
Closed Network
(VPN upon Open Standards)
Outre le respect des contraintes juridiques nationales, chaque État membre doit décider du type de matériel et de logiciel devant être déployé pour que la configuration mise en œuvre sur son site respecte les exigences de la décision 2008/615/JAI.
5.3. Normes de sécurité et protection des données
Trois niveaux de sécurité ont été envisagés et mis en œuvre.
5.3.1.
Les données relatives aux profils ADN fournies par chaque État membre doivent être préparées conformément à une norme commune de protection des données, de sorte qu'un État membre requérant reçoive une réponse indiquant essentiellement l'existence ou l'absence d'une concordance, ainsi qu'un numéro d'identification en cas de concordance, sans aucune information à caractère personnel. Les recherches complémentaires, après notification d'une concordance, seront menées au niveau bilatéral, conformément aux instruments nationaux applicables aux sites de chacun des États membres en matière juridique et organisationnelle.
5.3.2.
Avant d'être transmis vers les sites des autres États membres, les messages contenant des informations sur les profils ADN (demandes et réponses) seront cryptés au moyen d'un système moderne conforme aux standards ouverts, par exemple le protocole S/MIME.
5.3.3.
Tous les messages cryptés contenant des informations relatives à des profils ADN seront envoyés vers les sites des autres États membres via un système de réseau privé virtuel, administré par un fournisseur de réseau de confiance au niveau international. Les accès sécurisés à ce réseau privé relèveront de la responsabilité nationale. Ce système de réseau privé virtuel n'est pas relié à l'internet.
5.4. Protocoles et normes à mettre en œuvre pour le cryptage: S/MIME et mécanismes connexes
Le standard ouvert S/MIME, qui étend les fonctionnalités du protocole SMTP, norme de facto pour la messagerie électronique, sera déployé pour crypter les messages contenant des informations relatives à des profils ADN. Le protocole S/MIME (v. 3), qui prévoit des confirmations signées, des étiquettes de sécurité et des listes de diffusion sécurisées, est organisé en couches selon la spécification de l'Internet Engineering Task Force (IETF) pour la protection cryptographique des messages, à savoir la Cryptographic Message Syntax (CMS). Il peut être utilisé pour signer, résumer, authentifier ou crypter numériquement les données numériques sous toutes leurs formes.
Le certificat sous-jacent utilisé par le mécanisme S/MIME doit être conforme à la norme X.509. Pour garantir l'uniformité des normes et des procédures avec les autres applications déployées dans le cadre du traité de Prüm, les règles de traitement des opérations de cryptage S/MIME ou à appliquer par les diverses plates-formes du commerce sont les suivantes:
| — | la séquence des opérations est: d'abord cryptage, puis signature, |
| — | on appliquera les algorithmes de cryptage AES (Advanced Encryption Standard) avec une clé de 256 bits, et RSA (Rivest Shamir Adleman) avec une clé de 1 024 bits, respectivement aux cryptages symétriques et asymétriques, |
| — | la fonction de hachage cryptographique SHA-1 sera appliquée. |
La fonctionnalité S/MIME est intégrée dans la grande majorité des logiciels modernes de messagerie électronique, notamment Outlook, Mozilla Mail et Netscape Communicator 4.x, et est capable d'interopérer avec tous les principaux logiciels de messagerie.
Le protocole S/MIME pouvant être facilement intégré dans les infrastructures informatiques nationales, dans tous les sites des États membres, il a été choisi comme mécanisme viable de mise en œuvre de la sécurité au niveau de la communication. Pour valider cette approche d'une façon plus efficace et réduire les coûts, l'interface de programmation (API) JavaMail, qui est un standard ouvert, est retenue pour le prototypage de l'échange des données ADN. L'API JavaMail prévoit un processus simple de cryptage et de décryptage des courriels, grâce aux normes S/MIME et/ou OpenPGP. Le but est de disposer d'une interface de programmation unique et d'utilisation simple pour les clients de messagerie avec lesquels on souhaite envoyer et recevoir des messages cryptés avec les deux méthodes les plus utilisées. C'est pourquoi toute implémentation moderne de l'API JavaMail suffira pour satisfaire aux exigences visées par la décision 2008/615/JAI, par exemple, l'interface JCE (Java Cryptographic Extension) de BouncyCastle, qui sera utilisée pour la mise en œuvre du protocole S/MIME aux fins du prototypage de l'échange de données ADN entre l'ensemble des États membres.
5.5. Architecture de l'application
Chaque État membre fournira aux autres États membres un ensemble de données normalisées relatives à des profils ADN conformes à la version actuelle du document commun de contrôle des interfaces. Pour ce faire, on peut soit créer une vue logique à partir de la base de données nationale, soit créer une base de données alimentée par exports (base de données indexée).
Les quatre composantes principales (serveur de messagerie et protocole S/MIME, serveur d'applications, zone de structure des données pour extraire et ajouter des données et enregistrer les messages entrants et sortants, et moteur de concordance) appliquent l'ensemble de la logique de l'application indépendamment du produit.
Pour que tous les États membres puissent intégrer facilement les composantes dans leurs sites nationaux, la fonctionnalité commune spécifiée a été mise en œuvre au moyen de composantes de logiciels libres, qui pourraient être sélectionnées par chaque État membre en fonction de la politique et de la réglementation applicables au niveau national en matière informatique. Étant donné que des fonctions distinctes doivent être mises en œuvre pour accéder aux bases de données indexées contenant des profils ADN couverts par la décision 2008/615/JAI, il est loisible à chaque État membre de choisir sa plate-forme matérielle et logicielle, y compris la base de données et le système d'exploitation.
Un prototype pour l'échange de données ADN a été élaboré et testé avec succès sur le réseau commun existant. La version 1.0 a été déployée en production et est utilisée pour les opérations quotidiennes. Les États membres peuvent recourir au produit mis au point en commun mais peuvent aussi développer leurs propres produits. Les composantes du produit commun seront entretenues, adaptées et enrichies en fonction de l'évolution des besoins en matière informatique, criminalistique et/ou de police opérationnelle.
Figure 2: Aperçu topologique de l'application
Case 1
a logical view
National env.
Index Profile
National env.
Case 2
a physical DB
Index
DBMS
Email server/sMIME
Application server
Data Structure (protocol)
Match engine
TESTA II
5.6. Protocoles et normes à utiliser dans l'architecture de l'application
5.6.1.
L'échange de données ADN tirera pleinement parti d'un schéma XML en pièce jointe à des messages électroniques utilisant le protocole SMTP. Le XML (EXtensible Markup Language) est un langage de balisage polyvalent, recommandé par le Consortium World Wide Web (W3C) et utilisé pour créer des langages de balisage spécialisés permettant de décrire de nombreux types différents de données. La description d'un profil ADN susceptible d'être échangée entre l'ensemble des États membres repose sur le langage XML et sur un schéma XML figurant dans le document de contrôle des interfaces.
5.6.2.
La norme ODBC (Open DataBase Connectivity) propose une interface de programmation normalisée permettant d'accéder à des systèmes de gestion de bases de données (SGBD); l'interface est indépendante des langages de programmation, des bases de données et des systèmes d'exploitation. La norme ODBC a toutefois ses inconvénients. L'administration d'un grand nombre de clients peut nécessiter la mise en œuvre de pilotes et de bibliothèques de liens dynamiques (DLL) très divers. Cette complexité peut se traduire par des surcoûts en matière d'administration des systèmes.
5.6.3.
JDBC (Java DataBase Connectivity) est une interface de programmation pour le langage JAVA, qui définit de quelle manière un client accède à une base de données. Contrairement à la norme ODBC, l'API JDBC se passe de bibliothèques dynamiques locales installées sur l'ordinateur de bureau.
La logique du traitement des demandes et des réponses relatives aux profils ADN, dans les sites de chaque État membre, est décrite dans le diagramme ci-dessous. Les flux de demandes et de réponses interagissent avec une zone de données neutre comprenant divers ensembles de données partageant une même structure.
Figure 3: Aperçu du déroulement des opérations dans les sites des États membres
Request flow at each Member State site
DB/Tab
send
fetch
Protocol
Profile
Result
(HIT/NO-HIT)
fetch
send
Communication centre
fetch
Encrypted
message
Email server
send
send
send
TESTA II
Encrypted
network
Reply flow at each Member State site
National DNA
DB
Match engine
Indexed DNA
database
fetch
send
DB/Tab
Protocol
Profile
Result
(HIT/NO-HIT)
send
fetch
Communication centre
fetch
Encrypted message
Email server
send
5.7. Cadre de communication
5.7.1.
L'application d'échange des données ADN tirera parti de la messagerie électronique, un mécanisme asynchrone, pour l'envoi des demandes et la réception des réponses entre les États membres. Comme l'ensemble des États membres dispose d'au moins un point d'accès national au réseau TESTA, l'échange des données ADN passera par ce réseau. TESTA offre plusieurs services appréciables par le biais de son serveur de messagerie électronique. Outre qu'elle héberge les boîtes aux lettres électroniques spécifiques de TESTA, cette infrastructure permet de créer des listes de distribution de courrier électronique ainsi que des règles de routage. Il est ainsi possible de recourir à TESTA en tant que plaque tournante pour les messages adressés aux administrations reliées à des domaines couvrant l'ensemble de l'Union européenne. Il est également possible de mettre en place des mécanismes de protection contre les virus.
Le serveur de messagerie de TESTA repose sur une plate-forme matérielle à disponibilité élevée, qui est localisée dans les installations centrales du réseau et protégée par un pare-feu. Le système de noms de domaine (DNS, pour Domain Name System) de TESTA établit une correspondance entre les adresses universelles (URL) et les adresses IP et isole l'utilisateur et les applications des questions liées à la résolution des adresses.
5.7.2.
Le concept de réseau privé virtuel (VPN, pour Virtual Private Network) a été mis en œuvre dans le cadre de TESTA. La technologie de commutation de balises utilisée pour la mise en place de ce réseau privé virtuel sera mise en conformité avec la norme multiprotocoles de commutation d'étiquettes (MPLS, pour Multiprotocol Label Switching) conçue par l'IETF (Internet Engineering Task Force).