Règlement (UE) n o 549/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans l'Union européenne (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
CELEX
02013R0549-20150824
Type
Règlement (consolidé)
Date
lundi 24 août 2015
Résumé IA
Ce règlement établit le Système européen des comptes (SEC 2010), une méthodologie comptable harmonisée obligatoire pour tous les États membres de l'UE. Il définit les normes de classification, de mesure et de transmission des données macroéconomiques (PIB, emploi, finances publiques) nécessaires à la surveillance budgétaire et aux politiques économiques de l'Union. Pour un professionnel du droit français, ce texte est fondamental car il conditionne les obligations statistiques de la France et sert de référence pour l'interprétation des critères de Maastricht et des procédures de déficit excessif.
Texte intégral
26.6.2013
FR
Journal officiel de l'Union européenne
L 174/1
RÈGLEMENT (UE) N o 549/2013 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
du 21 mai 2013
relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans l'Union européenne
(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L'UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, et notamment son article 338, paragraphe 1,
vu la proposition de la Commission européenne,
après transmission du projet d'acte législatif aux parlements nationaux,
statuant conformément à la procédure législative ordinaire (2),
considérant ce qui suit:
(1)
Des informations comparables, à jour et fiables sur la structure de l'économie et l'évolution de la situation économique de chaque État membre ou région sont nécessaires aux fins de l'élaboration des politiques de l'Union et du suivi des économies des États membres ainsi que de l'Union économique et monétaire (UEM).
(2)
Il convient que la Commission contribue au suivi des économies des États membres ainsi que de l'UEM et, en particulier, qu'elle rende compte régulièrement au Conseil des progrès réalisés par les États membres dans l'accomplissement de leurs obligations au titre de l'UEM.
(3)
Les citoyens de l'Union ont besoin des comptes économiques, qui constituent un outil fondamental pour analyser la situation économique d'un État membre ou d'une région. Par souci de comparabilité, il convient que ces comptes soient élaborés sur la base de principes uniques et non diversement interprétables. Les informations devraient être fournies dans les meilleurs délais et être aussi précises et complètes que possible afin de garantir une transparence maximale dans tous les secteurs.
(4)
Il convient que la Commission utilise des agrégats des comptes nationaux et régionaux pour les besoins administratifs de l'Union et, en particulier, pour les calculs budgétaires.
(5)
En 1970 a été publié un document administratif intitulé «Système européen de comptes économiques intégrés (SEC)», qui couvrait le domaine régi par le présent règlement. Ce document a été établi par les seuls soins et sous la seule responsabilité de l'Office statistique des Communautés européennes et était l'aboutissement des travaux menés depuis plusieurs années par ledit Office, en collaboration avec les instituts nationaux de statistique des États membres, en vue d''élaborer un système de comptabilité nationale répondant aux besoins de la politique économique et sociale des Communautés européennes. Il représentait la version communautaire du système de comptabilité nationale des Nations unies, lequel avait été utilisé jusque-là par les Communautés. Une deuxième édition, mettant à jour le texte initial, a été publiée en 1979 (3).
(6)
Le règlement (CE) no 2223/96 du Conseil du 25 juin 1996 relatif au système européen des comptes nationaux et régionaux dans la Communauté (4) a instauré un système de comptes nationaux répondant aux besoins des politiques économiques, sociales et régionales de la Communauté. Ce système est, dans une large mesure, conforme à ce qui était alors le nouveau système de comptabilité nationale (SCN 1993) qui a été adopté en février 1993 par la Commission de statistique des Nations unies, afin d'assurer dans tous les pays membres des Nations unies la comparabilité des résultats au niveau mondial.
(7)
Le SCN 1993 a été actualisé, donnant lieu à l'adoption du nouveau système de comptabilité nationale (SCN 2008), en février 2009, par la Commission de statistique des Nations unies, dans le but d'assurer une meilleure adéquation entre la comptabilité nationale, d'une part, et le nouvel environnement économique, les progrès de la recherche méthodologique et les besoins des utilisateurs, d'autre part.
(8)
Il est nécessaire de procéder à la révision du système européen de comptes instauré par le règlement (CE) no 2223/96 (SEC 95) pour tenir compte des évolutions du SCN et faire du système européen de comptes révisé, tel qu'il est instauré par le présent règlement, une version du SCN 2008 qui soit adaptée aux structures économiques des États membres, afin que les données de l'Union soient comparables à celles établies par ses principaux partenaires internationaux.
(9)
Dans la perspective de la mise en place de comptes économiques de l'environnement en tant que comptes satellites du système européen de comptes révisé, le règlement (UE) no 691/2011 du Parlement européen et du Conseil du 6 juillet 2011 relatif aux comptes économiques européens de l'environnement (5) a établi un cadre commun pour la collecte, l'élaboration, la transmission et l'évaluation des comptes économiques européens de l'environnement.
(10)
En ce qui concerne les comptes sociaux et environnementaux, il convient également de prendre pleinement en compte la communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 20 août 2009 intitulée «Le PIB et au-delà – mesurer le progrès dans un monde en mutation». Il est nécessaire de poursuivre avec fermeté les études méthodologiques et les tests sur les données, en particulier sur les questions concernant le «PIB et au-delà» ainsi que la stratégie Europe 2020, dans le but d'élaborer une approche plus globale de la mesure du bien-être et du progrès, de manière à contribuer à la mise en place d'une croissance intelligente, durable et inclusive. Il y a lieu, à cet égard, de prendre en compte les questions relatives aux externalités environnementales et aux inégalités sociales, tout comme celle concernant l'évolution de la productivité. Cela devrait permettre de disposer dans les meilleurs délais de données complétant les agrégats du PIB. En 2013, la Commission devrait présenter au Parlement européen et au Conseil une communication faisant suite à celle intitulée «Le PIB et au-delà» et, le cas échéant, des propositions législatives en 2014. Les données relatives aux comptes nationaux et régionaux devraient être considérées comme un moyen d'atteindre ces objectifs.
(11)
Il convient d'étudier la possibilité d'utiliser de nouvelles méthodes automatisées de collecte des données en temps réel.
(12)
Le système européen de comptes révisé instauré par le présent règlement (ci-après dénommé «SEC 2010») comporte une partie méthodologique ainsi qu'un programme de transmission qui détermine les comptes et les tableaux à communiquer par tous les États membres dans des délais déterminés. La Commission devrait mettre ces comptes et tableaux à la disposition des utilisateurs à des dates déterminées et, le cas échéant, conformément à un calendrier de diffusion préalablement annoncé, en particulier en ce qui concerne le suivi de la convergence économique et la coordination des politiques économiques des États membres.
(13)
Lors de la publication des données, il convient d'adopter une approche axée sur l'utilisateur, en fournissant des informations accessibles et utiles aux citoyens et aux autres parties concernées de l'Union.
(14)
Le SEC 2010 est appelé à se substituer graduellement à tout autre système en tant que cadre de référence des normes, définitions, nomenclatures et règles comptables communes destiné à l'élaboration des comptes des États membres pour les besoins de l'Union, permettant ainsi d'obtenir des résultats comparables entre les États membres.
(15)
Conformément au règlement (CE) no 1059/2003 du Parlement européen et du Conseil du 26 mai 2003 relatif à l'établissement d'une nomenclature commune des unités territoriales statistiques (NUTS) (6), toutes les statistiques des États membres transmises à la Commission, qui doivent être ventilées par unités territoriales, devraient être fondées sur la nomenclature NUTS. En conséquence, afin d'établir des statistiques régionales comparables, il convient de définir les unités territoriales conformément à la nomenclature NUTS.
(16)
La transmission de données par les États membres, y compris la transmission de données confidentielles, est régie par les règles établies par le règlement (CE) no 223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2009 relatif aux statistiques européennes (7). Dans le cadre des mesures prises conformément audit règlement, il convient donc aussi d'assurer la protection des données confidentielles et d'éviter tout risque de divulgation illicite ou d'utilisation à des fins autres que statistiques lors de la production et de la diffusion des statistiques européennes.
(17)
Un groupe de travail a été constitué pour examiner plus avant la question du traitement des services d'intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM) dans les comptes nationaux, et notamment une méthode adaptée au risque qui exclut le risque lié au calcul des SIFIM afin de refléter le coût futur attendu du risque réalisé. En fonction des résultats des travaux de ce groupe de travail, il pourrait être nécessaire de modifier la méthode de calcul et de répartition des SIFIM au moyen d'un acte délégué, de manière à produire des résultats améliorés.
(18)
Les dépenses de recherche et développement constituent un investissement et devraient être enregistrées en tant que formation brute de capital fixe. Il est cependant nécessaire de définir, au moyen d'un acte délégué, le format des données des dépenses de recherche et développement à enregistrer en tant que formation brute de capital fixe, une fois que la fiabilité et la comparabilité des données seront jugées suffisantes à l'issue des tests statistiques fondés sur l'élaboration de tableaux supplémentaires.
(19)
La directive 2011/85/UE du Conseil du 8 novembre 2011 sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (8) requiert la publication d'informations pertinentes sur les engagements conditionnels susceptibles d'avoir un impact élevé sur les budgets publics, y compris les garanties publiques, les prêts improductifs et les passifs découlant de l'activité d'entreprises publiques, y compris leur étendue. Ces exigences requièrent une publication supplémentaire par rapport aux exigences du présent règlement.
(20)
En juin 2012, la Commission (Eurostat) a mis sur pied un groupe de travail chargé d'étudier les incidences de la directive 2011/85/UE sur la collecte et la diffusion des données budgétaires, lequel s'est penché sur la mise en œuvre des exigences en matière d'engagements conditionnels et d'autres informations pertinentes susceptibles d'indiquer un impact potentiellement élevé sur les budgets publics, y compris les garanties publiques, les passifs des entreprises publiques, les partenariats public-privé (PPP), les prêts improductifs et la participation des pouvoirs publics au capital de sociétés. La mise en œuvre intégrale du résultat des travaux de ce groupe de travail contribuerait à analyser correctement les relations économiques qui sous-tendent les contrats de PPP, notamment, le cas échéant, les risques liés à la construction, à la disponibilité et à la demande, et à la prise en compte des dettes implicites des PPP hors bilan, en renforçant ainsi la transparence et la fiabilité des statistiques sur la dette.
(21)
Les travaux du comité de politique économique (CPE) institué par la décision 74/122/CEE du Conseil (9) se sont concentrés sur la viabilité des retraites et la réforme des retraites. Il convient de coordonner étroitement, tant au niveau national qu'au niveau européen, les travaux des statisticiens, d'une part, et ceux réalisés par les experts en matière de vieillissement de la population sous les auspices du CPE, d'autre part, en ce qui concerne les hypothèses macroéconomiques et d'autres paramètres actuariels afin de garantir une cohérence et une comparabilité des résultats entre les pays ainsi qu'une communication efficace des données et des informations concernant les retraites aux utilisateurs et aux parties concernées. Il y a lieu de préciser également que les droits à pension acquis à une date donnée au titre de la sécurité sociale ne constituent pas en tant que tels une mesure de la viabilité des finances publiques.
(22)
Les données et les informations concernant les engagements conditionnels des États membres sont communiquées dans le cadre des travaux portant sur la procédure de surveillance multilatérale du pacte de stabilité et de croissance. D'ici à juillet 2018, la Commission devrait publier un rapport évaluant si ces données devraient être mises à disposition dans le cadre du SEC 2010.
(23)
Il convient de souligner l'importance des comptes régionaux des États membres pour les politiques régionale, économique et de cohésion sociale de l'Union ainsi que pour l'analyse des interdépendances économiques. En outre, la nécessité de rendre les comptes plus transparents au niveau régional, y compris les comptes publics, est admise. La Commission (Eurostat) devrait accorder une attention particulière aux données budgétaires des régions dans les États membres qui comportent des régions ou des gouvernements autonomes.
(24)
Afin de modifier l'annexe A du présent règlement de manière à assurer l'harmonisation de son interprétation ou sa comparabilité internationale, il convient de déléguer à la Commission le pouvoir d'adopter des actes conformément à l'article 290 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il importe particulièrement que la Commission procède aux consultations appropriées durant son travail préparatoire, y compris à celle du comité du système statistique européen institué par le règlement (CE) no 223/2009. De plus, en conformité avec l'article 127, paragraphe 4, et l'article 282, paragraphe 5, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, il importe que la Commission procède, durant son travail préparatoire, le cas échéant, à des consultations de la Banque centrale européenne dans les domaines relevant de sa compétence. Il convient que, lorsqu'elle prépare et élabore des actes délégués, la Commission veille à ce que les documents pertinents soient transmis simultanément, en temps utile et de façon appropriée, au Parlement européen et au Conseil.
(25)
La plupart des agrégats statistiques utilisés dans le cadre de la gouvernance économique de l'Union, en particulier la procédure concernant les déficits excessifs et la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques, sont définis en référence au SEC. Lorsqu'elle transmet des données et des rapports au titre de ces procédures, la Commission devrait fournir des informations appropriées concernant les incidences, sur les agrégats concernés, des changements méthodologiques du SEC 2010 introduits par la voie d'actes délégués conformément aux dispositions du présent règlement.
(26)
La Commission procédera, d'ici à la fin de mai 2013, à une évaluation visant à déterminer si les données de recherche et développement ont atteint un niveau de qualité suffisant à la fois à prix courants et en volume aux fins des comptes nationaux, en étroite coopération avec les États membres, afin d'assurer la fiabilité et la comparabilité des données de recherche et développement du SEC.
(27)
La mise en œuvre du présent règlement nécessitant d'importantes adaptations des systèmes statistiques nationaux, la Commission accordera des dérogations aux États membres. En particulier, le programme de transmission des données de comptabilité nationale devrait prendre en considération les mutations politiques et statistiques fondamentales qui sont intervenues dans certains États membres durant les périodes de référence du programme. Les dérogations accordées par la Commission devraient être temporaires et soumises à réexamen. La Commission devrait soutenir les efforts déployés par les États membres concernés pour procéder aux adaptations requises de leurs systèmes statistiques, afin de pouvoir mettre un terme à ces dérogations dès que possible.
(28)
Une réduction des délais de transmission pourrait accentuer sensiblement la pression sur les répondants et les instituts nationaux de statistique dans l'Union et augmenter sensiblement les coûts qu'ils supportent, ce qui pourrait amener à produire des données de moins bonne qualité. C'est pourquoi il y a lieu, lors de la fixation des délais de transmission des données, de veiller à ce que les avantages et les inconvénients s'équilibrent.
(29)
Afin d'assurer des conditions uniformes d'exécution du présent règlement, il convient de conférer des compétences d'exécution à la Commission. Ces compétences d'exécution devraient être exercées en conformité avec le règlement (UE) no 182/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 février 2011 établissant les règles et principes généraux relatifs aux modalités de contrôle par les États membres de l'exercice des compétences d'exécution par la Commission (10).
(30)
Étant donné que l'objectif du présent règlement, à savoir l'établissement d'un système européen de comptes révisé, ne peut pas être atteint de manière suffisante par les États membres et peut donc être mieux atteint au niveau de l'Union, celle-ci peut prendre des mesures, conformément au principe de subsidiarité consacré à l'article 5 du traité sur l'Union européenne. Conformément au principe de proportionnalité tel qu'il est énoncé audit article, le présent règlement n'excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif.
(31)
Le comité du système statistique européen a été consulté.
(32)
Le comité des statistiques monétaires, financières et de balance des paiements institué par la décision 2006/856/CE du Conseil du 13 novembre 2006 instituant un comité des statistiques monétaires, financières et de balance des paiements (11) et le comité du revenu national brut (ci-après dénommé «comité RNB») institué par le règlement (CE, Euratom) no 1287/2003 du Conseil du 15 juillet 2003 relatif à l'harmonisation du revenu national brut aux prix du marché («règlement RNB») (12) ont été consultés,
ONT ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
Objet
1. Le présent règlement établit le système européen de comptes 2010 (ci-après dénommé «SEC 2010» ou «SEC»).
2. Le SEC 2010 prévoit:
a)
une méthodologie (annexe A) relative aux normes, définitions, nomenclatures et règles comptables communes, destinée à permettre l'élaboration de comptes et de tableaux sur des bases comparables pour les besoins de l'Union, ainsi que des résultats selon les modalités prévues à l'article 3;
b)
un programme (annexe B) définissant les délais dans lesquels les États membres doivent transmettre à la Commission (Eurostat) les comptes et tableaux à élaborer en conformité avec la méthodologie visée au point a).
3. Le présent règlement s'applique, sans préjudice des articles 5 et 10, à tous les actes de l'Union où il est fait référence au SEC ou à ses définitions.
4. Le présent règlement n'oblige aucun État membre à utiliser le SEC 2010 pour élaborer des comptes pour ses propres besoins.
Article 2
Méthodologie
1. La méthodologie du SEC 2010, visée à l'article 1er, paragraphe 2, point a), figure à l'annexe A.
2. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués en conformité avec l'article 7, en ce qui concerne les modifications de la méthodologie du SEC 2010, pour préciser et améliorer le contenu de la méthodologie aux fins d'assurer une interprétation harmonisée ou une comparabilité internationale, à condition qu'elles n'en modifient pas les concepts de base, que leur mise en œuvre n'exige pas de ressources supplémentaires de la part des producteurs au sein du système statistique européen et que leur application n'engendre aucune modification des ressources propres.
3. En cas de doute concernant l'application correcte des règles comptables du SEC 2010, l'État membre concerné s'adresse à la Commission (Eurostat) pour obtenir des clarifications. Sans tarder, la Commission (Eurostat) examine la demande et communique son avis sur la clarification demandée à l'État membre concerné et à tous les autres États membres.
4. Les États membres effectuent les calculs et la répartition des services d'intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM) dans les comptes nationaux conformément à la méthodologie décrite à l'annexe A. La Commission est habilitée à adopter, avant le 17 septembre 2013, des actes délégués en conformité avec l'article 7, établissant une méthode de calcul et de répartition des SIFIM révisée. Lorsqu'elle exerce ses compétences conformément au présent paragraphe, la Commission veille à ce que les actes délégués n'imposent pas un surcroît important de charge administrative aux États membres ou aux unités répondantes.
5. Les dépenses de recherche et développement sont enregistrées en formation brute de capital fixe par les États membres. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués en conformité avec l'article 7, afin d'assurer la fiabilité et la comparabilité des données SEC 2010 des États membres sur la recherche et le développement. Lorsqu'elle exerce ses compétences conformément au présent paragraphe, la Commission veille à ce que les actes délégués n'imposent pas un surcroît important de charge administrative aux États membres ou aux unités répondantes.
Article 3
Transmission des données à la Commission
1. Les États membres transmettent à la Commission (Eurostat) les comptes et tableaux qui figurent à l'annexe B dans les délais prescrits pour chaque tableau.
2. Les États membres transmettent à la Commission les données et métadonnées requises par le présent règlement selon une norme d'échange définie et d'autres modalités.
Les données sont transmises ou téléchargées, par voie électronique, au point de réception unique des données à la Commission. La norme d'échange et les autres modalités de transmission des données sont établies par la Commission par la voie d'actes d'exécution. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 8, paragraphe 2.
Article 4
Évaluation de la qualité
1. Aux fins du présent règlement, les critères de qualité énoncés à l'article 12, paragraphe 1, du règlement (CE) no 223/2009 s'appliquent aux données à transmettre conformément à l'article 3 du présent règlement.
2. Les États membres communiquent à la Commission (Eurostat) un rapport sur la qualité des données à transmettre conformément à l'article 3.
3. Dans le contexte de l'application des critères de qualité visés au paragraphe 1 aux données couvertes par le présent règlement, les modalités, la structure, la périodicité et les indicateurs d'évaluation des rapports sur la qualité sont définis par la Commission par la voie d'actes d'exécution. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 8, paragraphe 2.
4. La Commission (Eurostat) évalue la qualité des données transmises.
Article 5
Date de mise en application et de première transmission des données
1. Le SEC 2010 est appliqué pour la première fois aux données établies conformément à l'annexe B et qui sont à communiquer à partir du 1er septembre 2014.
2. Les données sont transmises à la Commission (Eurostat) conformément aux délais fixés à l'annexe B.
3. Conformément au paragraphe 1, avant la première transmission de données suivant le SEC 2010, les États membres continuent à communiquer à la Commission (Eurostat) les comptes et les tableaux établis en application du SEC 95.
4. Sans préjudice de l'article 19 du règlement (CE, Euratom) no 1150/2000 du Conseil du 22 mai 2000 portant application de la décision 2007/436/CE, Euratom relative au système des ressources propres des Communautés européennes (13), la Commission et l'État membre concerné vérifient l'application correcte du présent règlement et soumettent les résultats de ces vérifications au comité visé à l'article 8, paragraphe 1, du présent règlement.
Article 6
Dérogations
1. Dès lors qu'un système statistique national nécessite des adaptations de grande ampleur pour permettre l'application du présent règlement, la Commission accorde des dérogations temporaires aux États membres par la voie d'actes d'exécution. Ces dérogations expirent au plus tard le 1er janvier 2020. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 8, paragraphe 2.
2. La Commission accorde une dérogation en vertu du paragraphe 1 uniquement pendant la durée nécessaire aux États membres concernés pour adapter leur système statistique. La part du PIB d'un État membre au sein de l'Union ou de la zone euro ne justifie pas en soi l'octroi d'une dérogation. Le cas échéant, la Commission soutient les efforts déployés par les États membres concernés pour procéder aux adaptations requises de leur système statistique.
3. Aux fins des paragraphes 1 et 2, l'État membre concerné présente une demande dûment justifiée à la Commission, au plus tard le 17 octobre 2013.
La Commission, après avoir consulté le comité du système statistique européen, rend compte au Parlement européen et au Conseil, au plus tard le 1er juillet 2018, de l'application des dérogations accordées afin de vérifier si celles-ci sont toujours justifiées.
Article 7
Exercice de la délégation
1. Le pouvoir d'adopter les actes délégués conféré à la Commission est soumis aux conditions fixées au présent article.
2. Le pouvoir d'adopter des actes délégués visé à l'article 2, paragraphes 2 et 5, est conféré à la Commission pour une période de cinq ans à compter du 16 juillet 2013. Le pouvoir d'adopter des actes délégués visé à l'article 2, paragraphe 4, est conféré à la Commission pour une période de deux mois à compter du 16 juillet 2013. La Commission élabore un rapport relatif à la délégation de pouvoir, au plus tard neuf mois avant la fin de la période de cinq ans. La délégation de pouvoir est tacitement prorogée pour des périodes d'une durée identique, sauf si le Parlement européen ou le Conseil s'oppose à cette prorogation trois mois au plus tard avant la fin de chaque période.
3. La délégation de pouvoir visée à l'article 2, paragraphes 2, 4 et 5, peut être révoquée à tout moment par le Parlement européen ou le Conseil.
La décision de révocation met fin à la délégation de pouvoir qui y est précisée. La révocation prend effet le jour suivant celui de la publication de ladite décision au Journal officiel de l'Union européenne ou à une date ultérieure qui est précisée dans ladite décision. Elle ne porte pas atteinte à la validité des actes délégués déjà en vigueur.
4. Aussitôt qu'elle adopte un acte délégué, la Commission le notifie au Parlement européen et au Conseil simultanément.
5. Un acte délégué adopté en vertu de l'article 2, paragraphes 2, 4, et 5, n'entre en vigueur que si le Parlement européen ou le Conseil n'a pas exprimé d'objections dans un délai de trois mois à compter de la notification de cet acte au Parlement européen et au Conseil ou si, avant l'expiration de ce délai, le Parlement européen et le Conseil ont tous deux informé la Commission de leur intention de ne pas exprimer d'objections. Ce délai est prolongé de trois mois à l'initiative du Parlement européen ou du Conseil.
Article 8
Comité
1. La Commission est assistée par le comité du système statistique européen institué par le règlement (CE) no 223/2009. Ledit comité est un comité au sens du règlement (UE) no 182/2011.
2. Lorsqu'il est fait référence au présent paragraphe, l'article 5 du règlement (UE) no 182/2011 s'applique.
Article 9
Coopération avec d'autres comités
1. Pour toutes les questions relevant de la compétence du comité des statistiques monétaires, financières et de balance des paiements institué par la décision 2006/856/CE, la Commission demande l'avis de ce comité conformément à l'article 2 de ladite décision.
2. La Commission transmet au comité du revenu national brut (ci-après dénommé «comité RNB») institué par le règlement (CE, Euratom) no 1287/2003 toute information relative à la mise en œuvre du présent règlement nécessaire pour l'exécution du mandat du comité RNB.
Article 10
Dispositions transitoires
1. Pour les besoins du budget et des ressources propres, le système européen des comptes visé à l'article 1er, paragraphe 1, du règlement (CE, Euratom) no 1287/2003 et dans les actes juridiques qui s'y rapportent, en particulier le règlement (CE, Euratom) no 1150/2000 et le règlement (CEE, Euratom) no 1553/89 du Conseil du 29 mai 1989 concernant le régime uniforme définitif de perception des ressources propres provenant de la taxe sur la valeur ajoutée (14), continue d'être le SEC 95 tant que la décision 2007/436/CE, Euratom du Conseil du 7 juin 2007 relative au système des ressources propres des Communautés européennes (15) est en vigueur.
2. Aux fins de la détermination de la ressource propre fondée sur la TVA et par dérogation au paragraphe 1, les États membres peuvent utiliser les données fondées sur le SEC 2010 tant que la décision 2007/436/CE, Euratom est en vigueur, lorsque les données détaillées requises ne sont pas disponibles selon le SEC 95.
Article 11
Rapport sur les passifs implicites
D'ici à 2014, la Commission soumet un rapport au Parlement européen et au Conseil, contenant des informations disponibles concernant les partenariats public-privé et les autres passifs implicites, y compris les engagements conditionnels, hors administrations publiques.
D'ici à 2018, la Commission soumet un autre rapport au Parlement européen et au Conseil évaluant la mesure dans laquelle les informations concernant les passifs publiées par la Commission (Eurostat) couvrent la totalité des passifs implicites, y compris les engagements conditionnels, hors administrations publiques.
Article 12
Réexamen
D'ici au 1er juillet 2018 et ensuite tous les cinq ans, la Commission soumet un rapport sur l'application du présent règlement au Parlement européen et au Conseil.
Ce rapport évalue, notamment:
a)
la qualité des données relatives aux comptes nationaux et régionaux;
b)
l'efficacité du présent règlement et la procédure de suivi du SEC 2010; et
c)
les progrès en matière d'engagements conditionnels et de disponibilité des données selon le SEC 2010.
Article 13
Entrée en vigueur
Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l'Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Unités d'activité économique au niveau local et branches d'activité
45
Unités résidentes et non résidentes; économie totale et reste du monde
45
Les flux et les stocks
46
Flux
46
Opérations
46
Propriétés des opérations
46
Opérations entre unités institutionnelles et opérations internes
46
Opérations monétaires et opérations non monétaires
46
Opérations avec et sans contrepartie
47
Modification du traitement de certaines opérations
47
Reclassement d'opérations
47
Éclatement d'opérations
47
Identification de la partie principale à une opération
47
Cas particuliers
48
Autres changements d'actifs
48
Autres changements de volume des actifs et des passifs
48
Gains et pertes de détention
48
Stocks
48
Le système de comptes et les agrégats
49
Règles comptables
49
Terminologie relative aux deux parties des comptes
49
Comptabilité en partie double/en partie quadruple
49
Évaluation
49
Règles particulières d'évaluation des produits
50
Évaluation à prix constants
50
Moment d'enregistrement
50
Consolidation et enregistrement net
50
Consolidation
50
Enregistrement net
51
Comptes, soldes comptables et agrégats
51
La séquence des comptes
51
Le compte de biens et services
51
Le compte du reste du monde
51
Soldes comptables
52
Agrégats
54
Le PIB: un agrégat clé
54
Le cadre entrées-sorties
54
Tableaux des ressources et des emplois
55
Les tableaux entrées-sorties symétriques
55
CHAPITRE 2
LES UNITÉS ET LEURS REGROUPEMENTS
56
DÉLIMITATION DE L'ÉCONOMIE NATIONALE
56
LES UNITÉS INSTITUTIONNELLES
58
Les sièges sociaux et les sociétés holding
59
Les groupes de sociétés
59
Les entités à vocation spéciale
60
Les institutions financières captives
60
Les filiales artificielles
60
Les unités des administrations publiques à vocation spéciale
61
LES SECTEURS INSTITUTIONNELS
61
Sociétés non financières (S.11)
65
Sous-secteur: sociétés non financières publiques (S.11001)
66
Sous-secteur: sociétés non financières privées nationales (S.11002)
66
Sous-secteur: sociétés non financières sous contrôle étranger (S.11003)
66
Sociétés financières (S.12)
67
Intermédiaires financiers
67
Auxiliaires financiers
68
Sociétés financières autres que les intermédiaires financiers et les auxiliaires financiers
68
Unités institutionnelles incluses dans le secteur des sociétés financières
68
Les neuf sous-secteurs des sociétés financières
68
Combinaison des sous-secteurs des sociétés financières
69
Ventilation des sous-secteurs des sociétés financières selon qu'elles sont sous contrôle public, privé national ou étranger
69
Banque centrale (S.121)
70
Institutions de dépôt, à l'exclusion de la banque centrale (S.122)
70
Fonds d'investissement monétaires (S.123)
71
Fonds d'investissement non monétaires (S.124)
71
Autres intermédiaires financiers, à l'exclusion des sociétés d'assurance et des fonds de pension (S.125)
72
Véhicules financiers effectuant des opérations de titrisation (VFT)
72
Courtiers en valeurs mobilières et produits financiers dérivés, sociétés financières accordant des prêts et sociétés financières spécialisées
72
Auxiliaires financiers (S.126)
73
Institutions financières captives et prêteurs non institutionnels (S.127)
73
Sociétés d'assurance (S.128)
74
Fonds de pension (S.129)
75
Administrations publiques (S.13)
76
Administration centrale (à l'exclusion des administrations de sécurité sociale) (S.1311)
76
Administrations d'États fédérés (à l'exclusion des administrations de sécurité sociale) (S.1312)
76
Administrations locales (à l'exclusion des administrations de sécurité sociale) (S.1313)
77
Administrations de sécurité sociale (S.1314)
77
Ménages (S.14)
77
Employeurs et travailleurs indépendants (S.141 et S.142)
78
Salariés (S.143)
78
Bénéficiaires de revenus de la propriété (S.1441)
78
Bénéficiaires de pensions (S.1442)
78
Bénéficiaires d'autres transferts (S.1443)
78
Institutions sans but lucratif au service des ménages (S.15)
79
Reste du monde (S.2)
79
Classement sectoriel des unités productrices suivant les principales dénominations juridiques courantes
80
UNITÉS D'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE AU NIVEAU LOCAL ET BRANCHES D'ACTIVITÉ
82
L'unité d'activité économique au niveau local
82
Branches d'activité
83
Nomenclature des branches d'activité
83
UNITÉS DE PRODUCTION HOMOGÈNE ET BRANCHES HOMOGÈNES
83
L'unité de production homogène
83
La branche homogène
83
CHAPITRE 3
LES OPÉRATIONS SUR PRODUITS ET ACTIFS NON PRODUITS
84
OPÉRATIONS SUR PRODUITS EN GÉNÉRAL
84
PRODUCTION
85
Activités principales, secondaires et auxiliaires
86
Production (P.1)
87
Unités institutionnelles: distinction marchand/pour usage final propre/non marchand
89
Moment d'enregistrement et évaluation de la production
92
Produits de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche (section A)
93
Produits manufacturés (section C); travaux de construction (section F)
93
Commerce; réparation d'automobiles et de motocycles (section G)
93
Transports et entreposage (section H)
94
Services d'hébergement et services de restauration (section I)
95
Services financiers et assurances (section K): production de la banque centrale
95
Services financiers et assurances (section K): services financiers en général
95
Services financiers fournis pour paiement direct
95
Services financiers rémunérés par facturation de charges d'intérêts
96
Services financiers liés à l'acquisition et à la cession d'actifs et de passifs financiers sur des marchés financiers
96
Services financiers fournis dans le cadre de régimes d'assurance et de pension, dont l'activité est financée par facturation de cotisations d'assurance et par les revenus de l'épargne
96
Services immobiliers (section L)
98
Services professionnels, scientifiques et techniques (section M); services administratifs et d'assistance (section N)
98
Services d'administration publique et de défense; services de sécurité sociale obligatoire (section O)
99
Services de l'enseignement (section P); services de santé humaine et d'action sociale (section Q)
99
Services créatifs, artistiques et récréatifs (section R); autres services (section S)
99
Services des ménages en tant qu'employeurs (section T)
99
CONSOMMATION INTERMÉDIAIRE (P.2)
99
Moment d'enregistrement et évaluation de la consommation intermédiaire
101
CONSOMMATION FINALE (P.3 et P.4)
101
Dépense de consommation finale (P.3)
101
Consommation finale effective (P.4)
103
Moment d'enregistrement et évaluation de la dépense de consommation finale
105
Moment d'enregistrement et évaluation de la consommation finale effective
106
FORMATION BRUTE DE CAPITAL (P.5)
106
Formation brute de capital fixe (P.51g)
106
Moment d'enregistrement et évaluation de la formation brute de capital fixe
109
Consommation de capital fixe (P.51c)
110
Variation des stocks (P.52)
110
Moment d'enregistrement et évaluation de la variation des stocks
111
Acquisitions moins cessions d'objets de valeur (P.53)
112
EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS DE BIENS ET DE SERVICES (P.6 ET P.7)
113
Exportations et importations de biens (P.61 et P.71)
113
Exportations et importations de services (P.62 et P.72)
115
OPÉRATIONS SUR BIENS EXISTANTS
118
ACQUISITIONS MOINS CESSIONS D'ACTIFS NON PRODUITS (NP)
119
CHAPITRE 4
LES OPÉRATIONS DE RÉPARTITION
121
RÉMUNÉRATION DES SALARIÉS (D.1)
121
Salaires et traitements bruts (D.11)
121
Salaires et traitements en espèces
121
Salaires et traitements en nature
122
Cotisations sociales à la charge des employeurs (D.12)
123
Cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D.121)
123
Cotisations sociales imputées à la charge des employeurs (D.122)
124
IMPÔTS SUR LA PRODUCTION ET LES IMPORTATIONS (D.2)
126
Impôts sur les produits (D.21)
126
Taxes du type TVA (D.211)
126
Impôts et droits sur les importations, à l'exclusion de la TVA (D.212)
127
Impôts sur les produits, à l'exclusion de la TVA et des impôts sur les importations (D.214)
127
Autres impôts sur la production (D.29)
128
Impôts sur la production et les importations versés aux institutions de l'Union européenne
128
Impôts sur la production et les importations: moment d'enregistrement et montants à enregistrer
129
SUBVENTIONS (D.3)
129
Subventions sur les produits (D.31)
130
Subventions sur les importations (D.311)
130
Autres subventions sur les produits (D.319)
130
Autres subventions sur la production (D.39)
131
REVENUS DE LA PROPRIÉTÉ (D.4)
132
Intérêts (D.41)
133
Intérêts sur les dépôts et crédits
133
Intérêts sur les titres de créance
133
Intérêts sur les effets et instruments similaires à court terme
133
Intérêts sur les obligations
133
Contrats d'échange de taux d'intérêt et contrats de garantie de taux
134
Intérêts sur les opérations de crédit-bail
134
Autres intérêts
134
Moment d'enregistrement
134
Revenus distribués des sociétés (D.42)
135
Dividendes (D.421)
135
Prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés (D.422)
Revenus d'investissements attribués aux assurés (D.441)
137
Revenus d'investissements à payer sur des droits à pension (D.442)
138
Revenus d'investissements attribués aux détenteurs de parts de fonds d'investissement (D.443)
138
Loyers (D.45)
139
Loyers des terrains
139
Loyers des gisements
139
IMPÔTS COURANTS SUR LE REVENU, LE PATRIMOINE, etc. (D.5)
139
Impôts sur le revenu (D.51)
139
Autres impôts courants (D.59)
140
COTISATIONS ET PRESTATIONS SOCIALES (D.6)
141
Cotisations sociales nettes (D.61)
143
Cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D.611)
143
Cotisations sociales imputées à la charge des employeurs (D.612)
144
Cotisations sociales effectives à la charge des ménages (D.613)
145
Suppléments de cotisations sociales à la charge des ménages (D.614)
145
Prestations sociales autres que transferts sociaux en nature (D.62)
146
Prestations de sécurité sociale en espèces (D.621)
146
Autres prestations d'assurance sociale (D.622)
146
Prestations d'assistance sociale en espèces (D.623)
146
Transferts sociaux en nature (D.63)
147
Transferts sociaux en nature – production non marchande des administrations publiques et des ISBLSM (D.631)
147
Transferts sociaux en nature – production marchande achetée par les administrations publiques et les ISBLSM (D.632)
147
AUTRES TRANSFERTS COURANTS (D.7)
148
Primes nettes d'assurance-dommages (D.71)
148
Indemnités d'assurance-dommages (D.72)
149
Transferts courants entre administrations publiques (D.73)
150
Coopération internationale courante (D.74)
150
Transferts courants divers (D.75)
151
Transferts courants aux ISBLSM (D.751)
151
Transferts courants entre ménages (D.752)
151
Autres transferts courants divers (D.759)
151
Amendes et pénalités
151
Loteries et paris
152
Indemnités compensatoires
152
Ressources propres de l'UE fondées sur la TVA et le RNB (D.76)
153
AJUSTEMENT POUR VARIATION DES DROITS À PENSION (D.8)
153
TRANSFERTS EN CAPITAL (D.9)
154
Impôts en capital (D.91)
154
Aides à l'investissement (D.92)
155
Autres transferts en capital (D.99)
156
OPTIONS SUR TITRES DES SALARIÉS (OTS)
157
CHAPITRE 5
LES OPÉRATIONS FINANCIÈRES
159
ARCHITECTURE GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES
159
Actifs financiers, créances financières et passifs
159
Actifs et passifs conditionnels
159
Catégories d'actifs et de passifs financiers
160
Compte de patrimoine, compte financier et autres changements d'actifs et de passifs financiers
161
Évaluation
161
Enregistrement net et enregistrement brut
162
Consolidation
162
Enregistrement net
162
Règles de comptabilisation des opérations financières
163
Opération financière ayant pour contrepartie un transfert courant ou un transfert en capital
163
Opération financière ayant pour contrepartie des revenus de la propriété
164
Moment d'enregistrement
164
Compte financier «de qui à qui»
165
NOMENCLATURE DÉTAILLÉE DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES PAR CATÉGORIE
166
Or monétaire et droits de tirage spéciaux (F.1)
166
Or monétaire (F.11)
166
DTS (F.12)
167
Numéraire et dépôts (F.2)
168
Numéraire (F.21)
168
Dépôts (F.22 et F.29)
168
Dépôts transférables (F.22)
168
Autres dépôts (F.29)
169
Titres de créance (F.3)
169
Principales caractéristiques des titres de créance
170
Classement par échéance initiale et par monnaie
170
Classement par type de taux d'intérêt
170
Titres de créance à taux d'intérêt fixe
171
Titres de créance à taux d'intérêt variable
171
Titres de créance à taux d'intérêt mixte
171
Placements privés
172
Titrisation
172
Obligations sécurisées
172
Crédits (F.4)
173
Principales caractéristiques des crédits
173
Classement des crédits par échéance initiale, par monnaie et par destination
173
Distinction entre les opérations de crédit et les opérations sur dépôts
173
Distinction entre les opérations de crédit et les opérations sur titres de créance
173
Distinction entre les opérations de crédit, les crédits commerciaux et les effets de commerce
174
Prêts de titres et accords de réméré
174
Crédit-bail
175
Autres types de crédits
175
Actifs financiers exclus des crédits
175
Actions et parts de fonds d'investissement (F.5)
176
Actions (F.51)
176
Certificats représentatifs de titres
176
Actions cotées (F.511)
176
Actions non cotées (F.512)
176
Introduction en Bourse, cotation, radiation et rachat d'actions
177
Actifs financiers exclus des titres de participation au capital
177
Autres participations (F.519)
177
Évaluation des opérations sur participations
178
Parts de fonds d'investissement (F.52)
178
Parts de fonds d'investissement monétaires (F.521)
178
Parts de fonds d'investissement non monétaires (F.522)
179
Évaluation des opérations sur parts de fonds d'investissement
179
Droits sur les provisions techniques d'assurance, sur les fonds de pension et sur les réserves de garanties standard (F.6)
179
Provisions techniques d'assurance-dommages (F.61)
179
Droits sur les assurances-vie et rentes (F.62)
179
Droits à pension (F.63)
180
Droits à pension conditionnels
180
Droits des fonds de pension sur les gérants des systèmes de pension (F.64)
180
Droits à des prestations autres que de pension (F.65)
181
Réserves pour appels dans le cadre de garanties standard (F.66)
181
Garanties standard et garanties ponctuelles
181
Produits financiers dérivés et options sur titres des salariés (F.7)
182
Produits financiers dérivés (F.71)
182
Options
182
Contrats à terme
182
Options et contrats à terme
183
Contrats d'échange («swaps»)
183
Contrats de garantie de taux (FRA)
183
Dérivés de crédit
183
Contrats d'échange sur le risque de défaut
184
Instruments financiers non inclus dans les produits financiers dérivés
184
Options sur titres des salariés (F.72)
184
Évaluation des opérations sur produits financiers dérivés et options sur titres des salariés
185
Autres comptes à recevoir/à payer (F.8)
185
Crédits commerciaux et avances (F.81)
186
Autres comptes à recevoir/à payer, à l'exclusion des crédits commerciaux et avances (F.89)
186
ANNEXE 5.1 —
NOMENCLATURES DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES
187
Nomenclature des opérations financières par catégorie
187
Nomenclature des opérations financières par négociabilité
188
Titres structurés
189
Nomenclature des opérations financières par type de revenu
189
Nomenclature des opérations financières par type de taux d'intérêt
189
Nomenclature des opérations financières par échéance
190
Échéance à court terme et à long terme
190
Échéance initiale et échéance résiduelle
190
Nomenclature des opérations financières par monnaie
190
Agrégats monétaires
190
CHAPITRE 6
LES AUTRES FLUX
191
INTRODUCTION
191
AUTRES CHANGEMENTS D'ACTIFS ET DE PASSIFS
191
Autres changements de volume d'actifs et de passifs (K.1 à K.6)
191
Apparition économique d'actifs (K.1)
191
Disparition économique d'actifs non produits (K.2)
192
Destructions d'actifs dues à des catastrophes (K.3)
192
Saisies sans compensation (K.4)
193
Autres changements de volume non classés ailleurs (K.5)
193
Changements de classement (K.6)
194
Changements de classement sectoriel ou de structure des unités institutionnelles (K.61)
194
Changements de classement d'actifs et de passifs (K.62)
194
Gains/Pertes nominaux de détention (K.7)
195
Gains/Pertes neutres de détention (K.71)
196
Gains/Pertes réels de détention (K.72)
196
Gains et pertes de détention par type d'actif ou de passif financier
197
Or monétaire et DTS (AF.1)
197
Numéraire et dépôts (AF.2)
197
Titres de créance (AF.3)
197
Crédits (AF.4)
198
Actions et parts de fonds d'investissement (AF.5)
198
Droits sur les provisions techniques d'assurance, sur les fonds de pension et sur les réserves de garanties standard (AF.6)
198
Produits financiers dérivés et options sur titres des salariés (AF.7)
198
Autres comptes à recevoir/à payer (AF.8)
198
Actifs libellés en devises
199
CHAPITRE 7
LES COMPTES DE PATRIMOINE
200
TYPES D'ACTIFS ET DE PASSIFS
201
Définition d'un actif
201
EXCLUSIONS DES ACTIFS ET DES PASSIFS
201
TYPES D'ACTIFS ET DE PASSIFS
201
Actifs non financiers produits (AN.1)
201
Actifs non financiers non produits (AN.2)
202
Actifs et passifs financiers (AF)
202
ÉVALUATION DES ENREGISTREMENTS DANS LES COMPTES DE PATRIMOINE
205
Principes généraux d'évaluation
205
ACTIFS NON FINANCIERS (AN)
206
Actifs non financiers produits (AN.1)
206
Actifs fixes (AN.11)
206
Droits de propriété intellectuelle (AN.117)
206
Coûts du transfert de propriété d'actifs non produits (AN.116)
207
Stocks (AN.12)
207
Objets de valeur (AN.13)
207
Actifs non financiers non produits (AN.2)
207
Ressources naturelles (AN.21)
207
Terrains (AN.211)
207
Réserves de minerais et de produits énergétiques (AN.212)
207
Autres actifs naturels (AN.213, AN.214 et AN.215)
207
Contrats, baux et licences (AN.22)
208
Achats moins ventes de fonds commerciaux et d'autres actifs commerciaux (AN.23)
208
ACTIFS ET PASSIFS FINANCIERS (AF)
208
Or monétaire et DTS (AF.1)
208
Numéraire et dépôts (AF.2)
208
Titres de créance (AF.3)
208
Crédits (AF.4)
209
Actions et parts de fonds d'investissement (AF.5)
209
Droits sur les provisions techniques d'assurance, sur les fonds de pension et sur les réserves de garanties standard (AF.6)
210
Produits financiers dérivés et options sur titres des salariés (AF.7)
210
Autres comptes à recevoir/à payer (AF.8)
210
COMPTES DE PATRIMOINE FINANCIER
210
POSTES POUR MÉMOIRE
211
Biens de consommation durables (AN.m)
211
Investissements directs étrangers (AF.m1)
211
Crédits non performants (AF.m2)
211
Enregistrement des crédits non performants
212
ANNEXE 7.1
RÉSUMÉ DES DIFFÉRENTES CATÉGORIES D'ACTIFS
213
ANNEXE 7.2
SÉQUENCE DES ENREGISTREMENTS ENTRE LE COMPTE DE PATRIMOINE D'OUVERTURE ET LE COMPTE DE PATRIMOINE DE CLÔTURE
222
CHAPITRE 8
LA SÉQUENCE DES COMPTES
226
INTRODUCTION
226
La séquence des comptes
226
LA SÉQUENCE DES COMPTES
230
Les comptes des opérations courantes
230
Le compte de production (I)
230
Les comptes de distribution et d'utilisation du revenu (II)
232
Les comptes de distribution primaire du revenu (II.1)
232
Le compte d'exploitation (II.1.1)
232
Le compte d'affectation des revenus primaires (II.1.2)
236
Le compte du revenu d'entreprise (II.1.2.1)
242
Le compte d'affectation des autres revenus primaires (II.1.2.2)
242
Le compte de distribution secondaire du revenu (II.2)
249
Le compte de redistribution du revenu en nature (II.3)
249
Le compte d'utilisation du revenu (II.4)
256
Le compte d'utilisation du revenu disponible (II.4.1)
256
Le compte d'utilisation du revenu disponible ajusté (II.4.2)
256
Les comptes d'accumulation (III)
259
Le compte de capital (III.1)
259
Le compte des variations de la valeur nette dues à l'épargne et aux transferts en capital (III.1.1)
259
Le compte des acquisitions d'actifs non financiers (III.1.2)
259
Le compte financier (III.2)
259
Le compte des autres changements d'actifs (III.3)
268
Le compte des autres changements de volume d'actifs (III.3.1)
268
Le compte de réévaluation (III.3.2)
268
Le compte des gains et pertes neutres de détention (III.3.2.1)
268
Le compte des gains et pertes réels de détention (III.3.2.2)
268
LES COMPTES DE PATRIMOINE (IV)
282
Le compte de patrimoine d'ouverture (IV.1)
282
Le compte des variations du patrimoine (IV.2)
282
Le compte de patrimoine de clôture (IV.3)
282
LES COMPTES DU RESTE DU MONDE (V)
290
Les comptes des opérations courantes
290
Le compte extérieur des opérations sur biens et services (V.I)
290
Le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants (V.II)
290
Les comptes extérieurs d'accumulation (V.III)
290
Le compte de capital (V.III.1)
290
Le compte financier (V.III.2)
291
Le compte des autres changements d'actifs (V.III.3)
291
Les comptes de patrimoine (V.IV)
291
LE COMPTE DE BIENS ET SERVICES (0)
303
LES COMPTES ÉCONOMIQUES INTÉGRÉS
303
LES AGRÉGATS
315
Produit intérieur brut (PIB) aux prix du marché
315
Excédent d'exploitation de l'économie totale
315
Revenu mixte de l'économie totale
315
Revenu d'entreprise de l'économie totale
315
Revenu national (aux prix du marché)
315
Revenu national disponible
315
Épargne
316
Solde des opérations courantes avec l'extérieur
316
Capacité (+)/besoin (–) de financement de l'économie totale
316
Valeur nette de l'économie totale
316
Dépenses et recettes des administrations publiques
316
CHAPITRE 9
LES TABLEAUX DES RESSOURCES ET DES EMPLOIS ET LE CADRE ENTRÉES-SORTIES
318
INTRODUCTION
318
DESCRIPTION
322
OUTIL STATISTIQUE
322
OUTIL D'ANALYSE
323
TABLEAUX DES RESSOURCES ET DES EMPLOIS DÉTAILLÉS
323
Nomenclatures
323
Principes d'évaluation
325
Marges commerciales et de transport
326
Impôts moins subventions sur la production et les importations
328
Autres notions fondamentales
330
Informations supplémentaires
331
SOURCES DES DONNÉES ET ÉQUILIBRAGE
331
OUTIL D'ANALYSE ET PROLONGEMENTS
332
CHAPITRE 10
MESURE DES PRIX ET DES VOLUMES
335
CHAMP D'APPLICATION DES INDICES DE PRIX ET DE VOLUME DANS LES COMPTES NATIONAUX
336
Le système intégré d'indices de prix et de volume
336
Autres indices de prix et de volume
337
PRINCIPES GÉNÉRAUX DE MESURE DES INDICES DE PRIX ET DE VOLUME
337
Définition des prix et des volumes des produits marchands
337
Qualité, prix et produits homogènes
338
Prix et volume
339
Nouveaux produits
340
Principes applicables aux services non marchands
341
Principes d'évaluation de la valeur ajoutée et du PIB
342
DIFFICULTÉS PARTICULIÈRES DE MISE EN ŒUVRE DES PRINCIPES GÉNÉRAUX
343
Impôts et subventions sur les produits et les importations
343
Autres impôts et subventions sur la production
344
Consommation de capital fixe
344
Rémunération des salariés
344
Stocks d'actifs fixes produits et variation des stocks
344
MESURES DU REVENU RÉEL DE L'ENSEMBLE DE L'ÉCONOMIE
345
COMPARABILITÉ INTERNATIONALE DES INDICES DE PRIX ET DE VOLUME
346
CHAPITRE 11
POPULATION ET EMPLOI
347
POPULATION TOTALE
347
POPULATION ACTIVE
348
EMPLOI
348
Salariés
349
Travailleurs indépendants
349
Emploi et résidence
350
CHÔMAGE
351
EMPLOIS
351
Emplois et résidence
352
L'ÉCONOMIE NON OBSERVÉE
352
TOTAL DES HEURES TRAVAILLÉES
352
Définition des heures réellement effectuées
352
ÉQUIVALENCE TEMPS PLEIN
354
VOLUME DU TRAVAIL SALARIÉ À RÉMUNÉRATION CONSTANTE
354
MESURES DE LA PRODUCTIVITÉ
354
CHAPITRE 12
LES COMPTES NATIONAUX TRIMESTRIELS
355
INTRODUCTION
355
CARACTÉRISTIQUES SPÉCIFIQUES DES COMPTES NATIONAUX TRIMESTRIELS
356
Moment d'enregistrement
356
Travaux en cours
356
Activités concentrées sur des périodes spécifiques au cours d'une année
357
Paiements peu fréquents
357
Estimations rapides
357
Équilibrage et évaluation comparative des comptes nationaux trimestriels
357
Équilibre
358
Cohérence entre comptes trimestriels et annuels – évaluation comparative
358
Mesures chaînées des variations de prix et de volume
358
Ajustements saisonniers et calendaires
359
Séquence de calcul des mesures de volume chaînées corrigées des variations saisonnières
360
CHAPITRE 13
LES COMPTES RÉGIONAUX
361
INTRODUCTION
361
TERRITOIRE RÉGIONAL
362
UNITÉS ET COMPTES RÉGIONAUX
362
Unités institutionnelles
362
Unités d'activité économique locales et activités de production régionales par branche
363
MÉTHODES DE RÉGIONALISATION
363
AGRÉGATS CORRESPONDANT AUX ACTIVITÉS DE PRODUCTION
365
Valeur ajoutée brute et produit intérieur brut par région
365
Répartition des SIFIM entre les branches d'activité utilisatrices
365
Emploi
365
Rémunération des salariés
365
Passage de la VAB régionale au PIB régional
365
Taux de croissance en volume de la VAB régionale
366
COMPTES RÉGIONAUX DE REVENU DES MÉNAGES
366
CHAPITRE 14
LES SERVICES D'INTERMÉDIATION FINANCIÈRE INDIRECTEMENT MESURÉS (SIFIM)
369
LE CONCEPT DE SIFIM ET L'INCIDENCE SUR LES PRINCIPAUX AGRÉGATS DE LEUR RÉPARTITION ENTRE LES SECTEURS UTILISATEURS
369
CALCUL DES SIFIM PRODUITS PAR LES SECTEURS S.122 ET S.125
370
Données statistiques nécessaires
370
Taux de référence
370
Taux de référence interne
371
Taux de référence externes
371
Décomposition détaillée des SIFIM par secteur institutionnel
371
Décomposition des SIFIM attribués aux ménages entre consommation intermédiaire et consommation finale
372
CALCUL DES IMPORTATIONS DE SIFIM
373
LES SIFIM EXPRIMÉS EN VOLUME
373
CALCUL DES SIFIM PAR BRANCHE D'ACTIVITÉ
374
PRODUCTION DE LA BANQUE CENTRALE
374
CHAPITRE 15
CONTRATS, BAUX ET LICENCES
375
INTRODUCTION
375
DISTINCTION ENTRE LOCATION SIMPLE, LOCATION DE RESSOURCES ET CRÉDIT-BAIL
375
Location simple
377
Crédit-bail
377
Location de ressources
378
Permis d'utiliser des ressources naturelles
379
Permis d'entreprendre une activité particulière
380
Partenariats public-privé (PPP)
382
Contrats de concession de services
382
Licences d'exploitation transférables (AN.221)
382
Droits d'exclusivité sur des biens et services futurs (AN.224)
382
CHAPITRE 16
ASSURANCE
383
INTRODUCTION
383
Assurance directe
383
Réassurance
384
Les unités concernées
385
LA PRODUCTION DE L'ASSURANCE DIRECTE
385
Primes acquises
385
Suppléments de prime
386
Indemnités ajustées et prestations dues
386
Indemnités d'assurance-dommages ajustées
386
Prestations d'assurance-vie dues
387
Provisions techniques d'assurance
387
Définition de la production de l'assurance
388
Assurance-dommages
388
Assurance-vie
389
Réassurance
389
LES OPÉRATIONS ASSOCIÉES À L'ASSURANCE-DOMMAGES
389
Répartition de la production de l'assurance entre les utilisateurs
389
Services d'assurance fournis au reste du monde et services d'assurance fournis par le reste du monde
389
Les écritures comptables
390
LES OPÉRATIONS DE L'ASSURANCE-VIE
392
LES OPÉRATIONS DE LA RÉASSURANCE
394
Les opérations associées aux auxiliaires d'assurance
395
RENTES
395
ENREGISTREMENT DES INDEMNITÉS D'ASSURANCE-DOMMAGES
396
Traitement des indemnités ajustées
396
Traitement des destructions d'actifs dues à des catastrophes
396
CHAPITRE 17
ASSURANCE SOCIALE (Y COMPRIS LES PENSIONS)
397
INTRODUCTION
397
Les régimes d'assurance sociale, l'assistance sociale et les polices d'assurance individuelle
397
Prestations sociales
398
Les prestations sociales fournies par les administrations publiques
399
Les prestations sociales fournies par d'autres unités institutionnelles
399
Les pensions et les autres formes de prestations
399
PRESTATIONS D'ASSURANCE SOCIALE AUTRES QUE DE PENSION
399
Régimes de sécurité sociale autres que de pension
399
Autres régimes d'assurance sociale liés à l'emploi
400
Enregistrement des stocks et des flux par type de régime d'assurance sociale autre que de pension
400
Régimes de sécurité sociale
400
Autres régimes d'assurance sociale liés à l'emploi autres que de pension
400
PENSIONS
401
Types de régimes de pension
401
Régimes de pension de la sécurité sociale
402
Autres régimes de pension liés à l'emploi
402
Régimes à cotisations définies
403
Régimes à prestations définies
403
Régimes fictifs à cotisations définies et régimes hybrides
403
Comparaison entre les régimes à prestations définies et les régimes à cotisations définies
403
Gestionnaire du fonds de pension, gérant du système de pension, fonds de pension et régime de pension multiemployeur
404
Enregistrement des stocks et des flux par type de régime de pension dans le cadre de l'assurance sociale
405
Opérations liées aux régimes de pension de la sécurité sociale
405
Opérations liées aux autres régimes de pension liés à l'emploi
406
Opérations liées aux régimes de pension à cotisations définies
406
Autres flux relatifs aux régimes de pension à cotisations définies
408
Opérations liées aux régimes de pension à cotisations définies
409
TABLEAU SUPPLÉMENTAIRE POUR LES DROITS À PENSION ACQUIS À UNE DATE DONNEÉE DANS LE CADRE DE L'ASSURANCE SOCIALE
412
Conception du tableau supplémentaire
412
Les colonnes du tableau
414
Les lignes du tableau
415
Comptes de patrimoine d'ouverture et de clôture
416
Variations des droits à pension consécutifs à des opérations
416
Variations des droits à pension dues à d'autres flux économiques
418
Indicateurs connexes
419
Hypothèses actuarielles
420
Droits acquis à une date donnée
420
Taux d'actualisation
420
Croissance des salaires
420
Hypothèses démographiques
421
CHAPITRE 18
LES COMPTES DU RESTE DU MONDE
422
INTRODUCTION
422
TERRITOIRE ÉCONOMIQUE
423
Résidence
423
UNITÉS INSTITUTIONNELLES
423
LES SUCCURSALES DANS LES COMPTES INTERNATIONAUX DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
423
UNITÉS RÉSIDENTES FICTIVES
424
ENTREPRISES MULTITERRITORIALES
424
VENTILATION GÉOGRAPHIQUE
424
LES COMPTES INTERNATIONAUX DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
425
LES SOLDES DES COMPTES DES OPÉRATIONS COURANTES DANS LES COMPTES INTERNATIONAUX
425
LES COMPTES DU SECTEUR DU RESTE DU MONDE ET LEURS RELATIONS AVEC LES COMPTES INTERNATIONAUX DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
426
Compte extérieur des opérations sur biens et services
426
Évaluation
429
Biens destinés à la transformation
429
Négoce international
430
Négoce international de marchandises
430
Importations et exportations de SIFIM
431
Compte extérieur des revenus primaires et secondaires
432
Le compte des revenus primaires
433
Revenus des investissements directs
433
Le compte des revenus secondaires (transferts courants) du MBP6
433
Le compte de capital extérieur
434
Le compte financier extérieur et la position extérieure globale (PEG)
435
COMPTES DE PATRIMOINE POUR LE SECTEUR DU RESTE DU MONDE
437
CHAPITRE 19
LES COMPTES EUROPÉENS
439
INTRODUCTION
439
DES COMPTES NATIONAUX AUX COMPTES EUROPÉENS
439
Conversion de données exprimées dans différentes monnaies
440
Les institutions européennes
440
Le compte du reste du monde
441
Équilibrage des opérations
442
Mesure des prix et des volumes
442
Comptes de patrimoine
442
Matrices «de qui à qui»
442
ANNEXE 19.1 —
LES COMPTES DES INSTITUTIONS EUROPÉENNES
443
Ressources
443
Emplois
444
Consolidation
444
CHAPITRE 20
LES COMPTES DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
445
INTRODUCTION
445
DÉFINITION DU SECTEUR DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
445
Identification des unités au sein des administrations publiques
445
Unités d'administration publique
445
ISBL classées dans le secteur des administrations publiques
446
Autres unités des administration publiques
446
Contrôle public
447
Distinction entre marchand et non marchand
447
Notion de prix économiquement significatifs
447
Critères relatifs à l'acheteur de la production d'un producteur public
448
Production vendue principalement aux sociétés et aux ménages
448
Production vendue exclusivement aux administrations publiques
448
Production vendue aux administrations publiques et à des tiers
448
Le test marchand/non marchand
448
L'intermédiation financière et le domaine des administrations publiques
449
Cas particuliers
449
Têtes de groupe public
449
Fonds de pension
449
Quasi-sociétés
449
Agences de restructuration
450
Agences de privatisation
450
Structures de défaisance
450
Entités à vocation spéciale
451
Coentreprises («joint-ventures»)
451
Organismes régulateurs du marché
451
Autorités supranationales
452
Les sous-secteurs des administrations publiques
452
Administration centrale
452
Administrations d'États fédérés
452
Administrations locales
453
Administrations de sécurité sociale
453
PRÉSENTATION EN STATISTIQUES DE FINANCES PUBLIQUES
453
Cadre
453
Recettes
455
Impôts et cotisations sociales
455
Ventes
455
Autres recettes
458
Dépenses
458
Rémunération des salariés et consommation intermédiaire
458
Dépenses en prestations sociales
459
Intérêts
459
Autres dépenses courantes
459
Dépenses en capital
459
Lien avec la dépense de consommation finale des administrations publiques (P.3)
460
Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP)
460
Soldes comptables
461
Capacité/Besoin de financement (B.9)
461
Variations de la valeur nette dues à l'épargne et aux transferts en capital (B.101)
461
Financement
461
Opérations sur actifs
462
Opérations sur passifs
463
Autres flux économiques
463
Compte de réévaluation
463
Compte des autres changements de volume d'actifs
464
Comptes de patrimoine
464
Consolidation
465
QUESTIONS COMPTABLES CONCERNANT LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
466
Recettes fiscales
466
Nature des recettes fiscales
466
Crédits d'impôt
467
Montants à enregistrer
467
Montants irrécouvrables
467
Moment d'enregistrement
467
Enregistrement sur la base des droits constatés
467
Enregistrement des impôts sur la base des droits constatés
467
Intérêts
468
Obligations émises en dessous du pair et obligations à coupon zéro
469
Les titres indexés
469
Produits financiers dérivés
469
Décisions de justice
469
Dépenses militaires
469
Relations des administrations publiques avec les sociétés publiques
470
Prises de participation dans les sociétés publiques et distribution des bénéfices
470
Prises de participation
470
Injections de capital
470
Subventions et injections de capital
470
Règles applicables aux situations particulières
471
Opérations fiscales
471
Distributions des sociétés publiques
471
Dividendes et retraits de capital
471
Impôts et retraits de capital
472
Privatisation et nationalisation
472
Privatisation
472
Privatisations indirectes
472
Nationalisation
472
Opérations avec la banque centrale
473
Restructurations, fusions et reclassements
473
Opérations relatives à la dette
473
Reprise de dette, annulation de dette et abandons de créances
473
Reprise et annulation de dette
473
Reprise d'une dette impliquant un transfert d'actifs non financiers
474
Abandon de créance et réduction de la valeur des dettes
474
Autre type de restructuration de dette
475
Acquisition d'une dette au-dessus de la valeur marchande
475
Défaisance et renflouement
475
Garantie de dette
476
Garanties de type produits dérivés
476
Garanties standard
477
Garanties ponctuelles
477
Titrisation
477
Définition
477
Critères applicables à la reconnaissance d'une vente
477
Enregistrement des flux
478
Autres aspects
478
Obligations de retraite
478
Versements de sommes forfaitaires (soultes)
478
Partenariats public-privé
479
Champ d'action des PPP
479
Propriété économique et attribution de l'actif
479
Enregistrement des opérations
480
Opérations avec des organisations internationales et supranationales
481
Aide au développement
482
LE SECTEUR PUBLIC
483
Contrôle du secteur public
483
Banques centrales
484
Quasi-sociétés publiques
485
Entités à vocation spéciale et non-résidents
485
Coentreprises («joint-ventures»)
485
CHAPITRE 21
LES LIENS ENTRE COMPTABILITÉ D'ENTREPRISE ET COMPTABILITÉ NATIONALE ET LA MESURE DE L'ACTIVITÉ DES ENTREPRISES
486
QUELQUES RÈGLES ET MÉTHODES PROPRES À LA COMPTABILITÉ D'ENTREPRISE
486
Moment d'enregistrement
486
Comptabilité en partie double et quadruple
486
Évaluation
486
Compte de résultat et bilan
487
COMPTABILITÉ NATIONALE ET COMPTABILITÉ D'ENTREPRISE: ASPECTS PRATIQUES
487
LE PASSAGE DE LA COMPTABILITÉ D'ENTREPRISE À LA COMPTABILITÉ NATIONALE: L'EXEMPLE DES ENTREPRISES NON FINANCIÈRES
488
Corrections conceptuelles
488
Les corrections pour mise en cohérence avec les comptes des autres secteurs
488
Exemples de corrections pour exhaustivité
488
QUESTIONS SPÉCIFIQUES
488
Les gains et pertes de détention
488
Mondialisation
489
Les fusions et acquisitions
489
CHAPITRE 22
COMPTES SATELLITES
490
INTRODUCTION
490
Nomenclatures fonctionnelles
493
PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DES COMPTES SATELLITES
496
Comptes satellites fonctionnels
496
Comptes spécialisés
499
Inclusion de données non monétaires
503
Détails et concepts supplémentaires
503
Concepts de base différents
504
Utilisation de la modélisation et inclusion de résultats expérimentaux
504
Conception et établissement des comptes satellites
505
NEUF COMPTES SATELLITES SPÉCIFIQUES
506
Comptes de l'agriculture
507
Comptes de l'environnement
507
Comptes de la santé
518
Comptes de production des ménages
520
Comptes de l'emploi et matrice de comptabilité sociale
523
Comptes de productivité et de croissance
525
Comptes de recherche et développement
526
Comptes de la protection sociale
528
Comptes satellites du tourisme
531
CHAPITRE 23
NOMENCLATURES
533
INTRODUCTION
533
SECTEURS INSTITUTIONNELS (CODES S)
533
OPÉRATIONS ET AUTRES FLUX
535
Opérations sur produits (codes P)
535
Opérations sur actifs non financiers non produits (codes NP)
536
Opérations de répartition (codes D)
537
Transferts courants en espèces et en nature (D.5-D.8)
538
Opérations sur actifs et passifs financiers (codes F)
539
Autres changements d'actifs (codes K)
541
SOLDES COMPTABLES ET VALEUR NETTE (CODES B)
541
RUBRIQUES DES COMPTES DE PATRIMOINE (CODES L)
542
ACTIFS (CODES A)
542
Actifs non financiers (codes AN)
542
Actifs financiers (codes AF)
544
POSTES SUPPLÉMENTAIRES
545
Crédits non performants
545
Services du capital
546
Tableau des pensions
546
Biens de consommation durables
548
Investissements directs étrangers
548
Positions contingentes
548
Numéraire et dépôts
549
Classification des titres de créance par échéance
549
Titres de créance cotés et non cotés
549
Crédits à long terme à échéance inférieure à un an et crédits à long terme garantis par une hypothèque
549
Parts de fonds d'investissement cotées et non cotées
550
Arriérés d'intérêts et de remboursements
550
Transferts de fonds individuels et total des transferts de fonds
550
REGROUPEMENT ET CODIFICATION DES BRANCHES D'ACTIVITÉ (A) ET DES PRODUITS (P)
550
CLASSIFICATION DES FONCTIONS DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES (CFAP)
565
CLASSIFICATION DES FONCTIONS DE CONSOMMATION DES MÉNAGES (COICOP)
568
CLASSIFICATION DES FONCTIONS DES INSTITUTIONS SANS BUT LUCRATIF AU SERVICE DES MÉNAGES (COPNI)
570
CLASSIFICATION DES DÉPENSES DES PRODUCTEURS PAR FONCTION (COPP)
571
CHAPITRE 24
LES COMPTES
573
Tableau 24.1
Compte 0: compte de biens et services
573
Tableau 24.2
Séquence complète des comptes de l'économie totale
573
Tableau 24.3
Séquence complète des comptes des sociétés non financières
593
Tableau 24.4
Séquence complète des comptes des sociétés financières
607
Tableau 24.5
Séquence complète des comptes des administrations publiques
622
Tableau 24.6
Séquence complète des comptes des ménages
638
Tableau 24.7
Séquence complète des comptes des institutions sans but lucratif au service des ménages
654
CHAPITRE 1
ARCHITECTURE GÉNÉRALE ET PRINCIPES FONDAMENTAUX
ARCHITECTURE GÉNÉRALE
1.01
Le système européen des comptes («SEC 2010» ou simplement «SEC») est un cadre comptable, compatible au plan international, permettant de décrire de façon systématique et détaillée ce que l'on appelle une «économie totale» (c'est-à-dire une région, un pays ou un groupe de pays), ses composantes et ses relations avec d'autres économies totales.
1.02
Le prédécesseur du SEC 2010, le système européen des comptes 1995 (le SEC 95) a été publié en 1996 (1). Si la méthodologie du SEC 2010, figurant dans la présente annexe, comporte la même structure que le SEC 95 en ce qui concerne les treize premiers chapitres, il en comporte onze nouveaux portant sur des aspects du système qui reflètent l'évolution de la mesure des économies modernes ou de l'utilisation du SEC 95 dans l'Union européenne (UE).
1.03
Le présent manuel est structuré comme suit: le chapitre 1 présente les caractéristiques conceptuelles de base du système et en établit les principes. Il décrit les unités statistiques fondamentales et leurs regroupements et donne un aperçu de la séquence des comptes, ainsi qu'une brève description des principaux agrégats et du rôle des tableaux des ressources et des emplois et du cadre entrées-sorties. Le chapitre 2 définit les unités institutionnelles utilisées pour la mesure de l'économie et montre comment ces unités sont classées en secteurs et autres regroupements à des fins d'analyse. Le chapitre 3 traite de toutes les opérations qui concernent les produits (biens et services) ainsi que les actifs non produits. Le chapitre 4 décrit toutes les opérations réalisées au sein de l'économie qui ont pour effet de distribuer ou de redistribuer le revenu et la richesse. Le chapitre 5 porte sur les opérations financières au sein de l'économie. Le chapitre 6 décrit les changements – dus à des événements non économiques ou à des variations des prix – qui ont pour effet de modifier la valeur des actifs. Le chapitre 7 est consacré aux comptes de patrimoine et à la classification des actifs et des passifs. Le chapitre 8 détaille la séquence des comptes ainsi que les soldes comptables associés à chacun d'entre eux. Le chapitre 9 présente les tableaux des ressources et des emplois et montre comment ils permettent de réconcilier les mesures de la production, du revenu et des dépenses au sein de l'économie. Il décrit également les tableaux entrées-sorties qui peuvent être dérivés des tableaux des ressources et des emplois. Le chapitre 10 expose la base conceptuelle des mesures de prix et de volume associées aux valeurs nominales rencontrées dans les comptes. Le chapitre 11 montre les mesures de la population et du marché du travail qui peuvent être utilisées avec les données des comptes nationaux à des fins d'analyse économique. Le chapitre 12 offre une brève description des comptes nationaux trimestriels et explique comment, et sous quels aspects, ils diffèrent des comptes nationaux.
1.04
Le chapitre 13 présente les objectifs et les concepts des comptes régionaux ainsi que les problèmes posés par leur établissement. Le chapitre 14 porte sur la mesure des services financiers fournis par les intermédiaires financiers et financés par les recettes d'intérêts nettes; il est le fruit d'années de recherche et de développement menés par les États membres afin de disposer d'une mesure robuste et harmonisée pour tous les États membres. Consacré aux contrats, baux et licences, le chapitre 15 s'avère nécessaire pour décrire un domaine prenant de plus en plus d'importance dans les comptes nationaux. Les chapitres 16 et 17, qui portent sur les assurances, l'assurance sociale et les pensions, décrivent la manière dont ces dispositifs sont traités dans les comptes nationaux, les questions de redistribution revêtant un intérêt croissant au fur et à mesure que les populations vieillissent. Le chapitre 18 couvre les comptes du reste du monde, qui sont l'équivalent, dans les comptes nationaux, du système de mesure des comptes de la balance des paiements. Le chapitre 19 sur les comptes européens est également nouveau et couvre des aspects des comptes nationaux pour lesquels des mesures institutionnelles et commerciales européennes soulèvent des questions requérant une approche harmonisée. Le chapitre 20 décrit les comptes du secteur des administrations publiques, un domaine présentant un intérêt tout particulier compte tenu du fait que la question de la prudence budgétaire des États membres continue d'être un aspect crucial de la conduite de la politique économique dans l'UE. Le chapitre 21 décrit les liens entre la comptabilité d'entreprise et la comptabilité nationale, une question dont l'intérêt va croissant dans la mesure où les sociétés multinationales représentent une part de plus en plus importante du produit intérieur brut (PIB) dans tous les pays. Le chapitre 22 décrit la relation entre les comptes satellites et les comptes nationaux principaux. Les chapitres 23 et 24 servent de référence: le premier définit les nomenclatures relatives aux secteurs, aux activités et aux produits utilisées dans le SEC 2010, tandis que le second détaille la séquence complète des comptes pour chaque secteur.
1.05
La structure du SEC 2010 est conforme aux lignes directrices internationales en matière de comptabilité nationale, énoncées dans le «Système de comptabilité nationale 2008» («SCN 2008»), à l'exception de certaines différences en ce qui concerne la présentation et le degré de précision plus élevé de certains des concepts du SEC 2010 qui sont utilisés à des fins spécifiques pour l'UE. Ces lignes directrices ont été établies conjointement par les Nations unies, le Fonds monétaire international (FMI), l'Office statistique des Communautés européennes (Eurostat), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale. La spécificité du SEC réside dans le fait qu'il se concentre sur la situation et les besoins de l'UE. Comme dans le SCN 2008, les concepts et nomenclatures utilisés dans le SEC sont harmonisés avec ceux de nombreuses statistiques économiques et sociales (par exemple, les statistiques de l'emploi, les statistiques de l'industrie et les statistiques du commerce extérieur). Le SEC 2010 sert dès lors de cadre central de référence pour les statistiques économiques et sociales de l'UE et de ses États membres.
1.06
Le SEC 2010 comprend deux grandes séries de tableaux:
a)
les comptes des secteurs institutionnels;
b)
le cadre entrées-sorties et les comptes des branches d'activité.
1.07
Les comptes des secteurs présentent, pour chaque secteur institutionnel, une description systématique des différentes étapes du processus économique: production; formation, distribution, redistribution et utilisation du revenu; accumulation financière et non financière. Les comptes des secteurs comprennent également des comptes de patrimoine qui renseignent sur les stocks d'actifs et de passifs ainsi que sur la valeur nette en début et en fin de période comptable.
1.08
À l'aide de tableaux des ressources et des emplois, le cadre entrées-sorties décrit de façon plus détaillée le processus de production (structure des coûts, revenu généré et emploi) et les flux de biens et de services (production, importations, exportations, consommation intermédiaire, consommation finale et formation de capital par groupe de produits). Ce cadre met en évidence deux identités comptables importantes, à savoir, d'une part, que la somme des revenus générés par une branche d'activité est égale à la valeur ajoutée produite par cette branche et, d'autre part, que pour chaque produit ou groupe de produits, l'offre équivaut à la demande.
1.09
Le SEC 2010 définit en outre les concepts de population et d'emploi qui intéressent à la fois les comptes des secteurs, les comptes des branches d'activité et le cadre des ressources et des emplois.
1.10
Le SEC 2010 ne se limite pas à l'établissement de comptes annuels mais prévoit également des comptes trimestriels ou pour des périodes comptables plus courtes ou plus longues. Il s'applique par ailleurs aux comptes régionaux.
1.11
Le SEC existe parallèlement au SCN 2008 en raison des utilisations qui sont faites des données des comptes nationaux dans l'UE. Les États membres sont responsables de la collecte et de la publication de leurs propres comptes nationaux aux fins de la description de la situation économique dans leurs pays respectifs. Ils établissent également un ensemble de comptes qu'ils doivent soumettre à la Commission (Eurostat) dans le cadre d'un programme obligatoire de transmission de données qui sont utilisées dans des domaines clés de la politique sociale, économique et budgétaire de l'Union. Parmi les utilisations de ces données, on relèvera la détermination de la contribution financière des États membres au budget de l'Union appelée «quatrième ressource», l'aide aux régions de l'UE par l'intermédiaire des fonds structurels et la surveillance des performances économiques des États membres dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs et du pacte de stabilité et de croissance.
1.12
Pour que les contributions et les subventions soient réparties en fonction d'agrégats établis et présentés d'une manière pleinement cohérente, les statistiques économiques utilisées doivent être élaborées selon des concepts et des règles identiques. Le SEC 2010 prend la forme d'un règlement fixant les règles, conventions, définitions et nomenclatures que doivent respecter les États membres pour la production des données de comptabilité nationale couvertes par le programme de transmission des données figurant à l'annexe B du présent règlement.
1.13
Eu égard aux montants très importants qui sont en jeu dans le mécanisme des contributions et subventions géré par l'UE, il est primordial que le système de mesure soit appliqué de façon cohérente dans chaque État membre. Dans ces conditions, il convient d'adopter une approche prudente à l'égard d'estimations qui ne peuvent pas être observées directement sur le marché, en évitant le recours à des procédures reposant sur la modélisation pour l'établissement des données des comptes nationaux.
1.14
Afin d'assurer une cohérence optimale entre les données des comptes nationaux des différents États membres, les concepts du SEC 2010 sont, à plusieurs égards, plus spécifiques et plus précis que ceux du SCN 2008. Cette exigence primordiale d'estimations cohérentes et robustes a débouché sur l'identification d'un cadre central de comptes de base pour l'UE. Lorsque la cohérence des mesures entre États membres est considérée comme insuffisante, les estimations concernées sont généralement reprises dans ce que l'on appelle les comptes «hors cadre central» qui regroupent des tableaux complémentaires et des comptes satellites.
1.15
Les engagements de retraite constituent un exemple de domaine pour lequel il a été jugé que la prudence était de mise dans la conception du SEC 2010. Les arguments en faveur de leur utilisation pour l'analyse économique sont de taille, mais l'exigence cruciale, dans l'UE, de produire des comptes cohérents dans le temps et dans l'espace a incité à la prudence.
Mondialisation
1.16
La mondialisation croissante de l'économie a pour corollaire l'intensification des échanges commerciaux internationaux sous toutes leurs formes et impose de nouveaux défis aux pays quand ils doivent enregistrer leurs activités économiques dans les comptes nationaux. La mondialisation est le processus dynamique et multidimensionnel par lequel les ressources nationales deviennent plus mobiles au niveau international, alors que les économies nationales deviennent de plus en plus interdépendantes. Un des aspects de cette mondialisation qui est potentiellement la source de la plupart des problèmes de mesure dans les comptes nationaux est la part croissante que représentent les opérations transfrontalières réalisées par les sociétés multinationales lorsque ces opérations ont lieu entre société mère, filiales et sociétés apparentées. Il existe cependant d'autres défis, et la liste ci-après présente un aperçu plus complet des problèmes qui se posent:
1)
les prix de transfert entre filiales (évaluation des importations et des exportations);
2)
l'augmentation du traitement à façon, qui permet le commerce transfrontalier de biens sans que ceux-ci changent de propriétaire (biens destinés à la transformation) et du courtage de marchandises;
3)
les échanges commerciaux internationaux via l'internet, tant en ce qui concerne les sociétés que les ménages;
4)
le commerce et l'utilisation d'actifs de propriété intellectuelle au niveau international;
5)
les transferts de fonds significatifs effectués par les travailleurs émigrés à destination de leur famille dans leur pays d'origine (envois de fonds des travailleurs migrants, partie des transferts personnels);
6)
la gestion de leurs affaires par les sociétés multinationales au-delà des frontières nationales afin d'améliorer l'efficacité de leur production et de réduire leur charge fiscale globale. Cela peut donner lieu à des structures d'entreprise artificielles qui ne reflètent pas forcément la réalité économique;
7)
l'utilisation de véhicules de financement «off-shore» (par exemple, les entités à vocation spéciale) pour organiser le financement des activités mondialisées;
8)
la réexportation de biens et, dans l'Union européenne, le transport de biens entre États membres après leur entrée dans l'Union (quasi-transit);
9)
l'augmentation des flux d'investissements directs étrangers et la nécessité d'identifier et de ventiler ces flux.
1.17
Tous ces aspects de plus en plus habituels de la mondialisation font que la description et la mesure précise des flux transfrontaliers représentent un défi accru pour les statisticiens nationaux. Même avec un système de collecte et de mesure robuste pour les enregistrements dans le secteur du «reste du monde» (et donc également des comptes internationaux de la balance des paiements), la mondialisation nécessitera des efforts supplémentaires pour maintenir la qualité des comptes nationaux de toutes les économies et de tous les groupes d'économies.
LES FONCTIONS DU SEC 2010
Cadre d'analyse et de définition des politiques
1.18
Le cadre comptable du SEC peut servir à analyser et évaluer:
a)
la structure d'une économie totale. Les mesures suivantes sont par exemple utilisées:
1)
la valeur ajoutée et l'emploi par branche d'activité;
2)
la valeur ajoutée et l'emploi par région;
3)
le revenu distribué par secteur;
4)
les importations et exportations par groupe de produits;
5)
la dépense de consommation finale par fonction et groupe de produits;
6)
la formation de capital fixe et le stock de capital fixe par branche d'activité;
7)
la composition des flux et des stocks d'actifs financiers par type d'actif et par secteur;
b)
des parties ou des aspects spécifiques d'une économie, notamment:
1)
la place du secteur bancaire et financier;
2)
le rôle des administrations publiques et l'état des finances publiques;
3)
la structure économique d'une région déterminée (par rapport au pays dans son ensemble);
4)
les niveaux d'épargne et d'endettement des ménages;
c)
l'évolution d'une économie dans le temps, et plus particulièrement:
1)
le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB);
2)
l'inflation;
3)
le caractère saisonnier des dépenses des ménages (sur la base des comptes trimestriels);
4)
l'importance relative de certains instruments financiers (notamment des produits financiers dérivés, dont l'importance ne cesse de croître);
5)
la comparaison des structures industrielles sur une longue période;
d)
les relations entre une économie totale et d'autres économies totales, et notamment:
1)
la comparaison des rôles et tailles des administrations publiques dans les États membres de l'UE;
2)
l'analyse des interdépendances entre les économies de l'UE, en tenant compte des États membres et de leurs régions;
3)
l'analyse de la composition et de la destination des exportations de l'UE;
4)
la comparaison des taux de croissance respectifs du PIB ou du revenu disponible par habitant dans l'UE, d'une part, et dans d'autres économies développées, d'autre part.
1.19
Les données obtenues dans le cadre du SEC sont essentielles pour la définition et le suivi des politiques économiques et sociales de l'UE et de ses États membres.
Les exemples qui suivent illustrent quelques applications spécifiques du SEC:
a)
suivi et orientation de la politique monétaire et de la politique macroéconomique de la zone euro; définition des critères de convergence utilisés dans le cadre de l'Union économique et monétaire (UEM) en termes d'agrégats de la comptabilité nationale (taux de croissance du PIB, par exemple);
b)
définition des critères de déficit public et de dette publique appliqués dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs;
c)
octroi de subventions aux régions de l'UE: la répartition des montants versés est fondée sur les statistiques des comptes régionaux;
d)
calcul des ressources propres du budget de l'UE qui dépendent des données de la comptabilité nationale à plusieurs titres:
1)
le total des ressources de l'UE est déterminé sous la forme d'un pourcentage de la somme des revenus nationaux bruts (RNB) des États membres;
2)
la contribution de chaque État membre à la troisième ressource propre de l'UE (dite «de la TVA») est largement déterminée par la comptabilité nationale puisqu'elle est fixée sur la base d'un taux moyen calculé à partir des données des comptes nationaux;
3)
la contribution relative de chaque État membre à la quatrième ressource propre de l'Union européenne est fondée sur des estimations de son revenu national brut. Ces estimations constituent la base de la majorité des versements des États membres.
Caractéristiques des concepts du SEC 2010
1.20
Pour garantir l'équilibre entre les besoins en données et les possibilités de collecte, les concepts utilisés dans le SEC présentent plusieurs caractéristiques essentielles. Les comptes sont donc:
a)
compatibles au plan international;
b)
harmonisés avec d'autres systèmes de statistiques économiques et sociales;
c)
cohérents;
d)
opérationnels en ce qu'ils peuvent être mesurés dans la pratique;
e)
différents de la plupart des concepts utilisés dans les sources de données administratives;
f)
reconnus et fixés pour une longue période;
g)
centrés sur la description du processus économique en termes monétaires et aisément observables;
h)
applicables dans différentes situations et à différentes fins.
1.21
Les concepts du SEC 2010 sont compatibles au plan international car:
a)
ils sont cohérents avec ceux édictés au plan mondial par le SCN 2008;
b)
pour les États membres, le SEC 2010 constitue la norme à appliquer pour la transmission des données de la comptabilité nationale à toutes les organisations internationales;
c)
cette compatibilité des concepts au plan international est essentielle pour les comparaisons statistiques entre pays.
1.22
Les concepts du SEC 2010 sont harmonisés avec ceux d'autres statistiques économiques et sociales car le SEC 2010 a recours à des concepts et nomenclatures [par exemple, la nomenclature statistique des activités économiques dans l'Union européenne NACE Rév. 2 (2)] qui sont également utilisés par les États membres pour élaborer d'autres statistiques économiques et sociales (emploi, industrie, commerce extérieur, etc.); les divergences conceptuelles sont relativement mineures. Par ailleurs, les concepts et nomenclatures précités du SEC 2010 sont également harmonisés avec ceux des Nations unies.
Cette harmonisation avec les statistiques économiques et sociales facilite le rapprochement et la comparaison des informations, garantissant ainsi la qualité des données des comptes nationaux. Elle permet en outre de meilleures comparaisons entre ces statistiques spécifiques et les statistiques générales de l'économie nationale.
1.23
L'utilisation systématique de ces concepts communs dans le cadre de la comptabilité nationale et des autres systèmes de statistiques économiques et sociales permet d'obtenir des mesures cohérentes. Elle autorise par exemple le calcul de divers ratios tels que:
a)
la productivité exprimée, par exemple, par la valeur ajoutée par heure travaillée (cet indicateur impose que les concepts de valeur ajoutée et d'heures travaillées soient cohérents);
b)
le revenu national disponible par habitant (ce ratio suppose que les concepts de revenu national disponible et de population soient cohérents);
c)
la formation de capital fixe en pourcentage du stock de capital fixe (ce ratio exige des définitions cohérentes de ce flux et de ce stock);
d)
le déficit public et la dette publique en pourcentage du produit intérieur brut (ce ratio impose que les concepts de déficit public, de dette publique et de produit intérieur brut soient cohérents).
La cohérence interne entre concepts permet de calculer des estimations par solde; ainsi, l'épargne correspond à la différence entre le revenu disponible et la dépense de consommation finale.
1.24
Les concepts utilisés dans le SEC 2010 sont conçus de façon à faciliter la collecte et les calculs. Ce caractère opérationnel se traduit de plusieurs manières dans les directives d'établissement des comptes:
a)
les postes ou activités ne doivent être décrits que si leur importance est significative. C'est le cas, par exemple, de la production de biens pour compte propre par les ménages. Ainsi, le tissage de vêtements ou la fabrication de poteries ne doivent pas être comptabilisés comme production parce que, dans les pays de l'UE, ces activités sont considérées comme non significatives;
b)
la procédure d'estimation de certains concepts est précisée. Ainsi, dans la définition de la consommation de capital fixe, il est fait explicitement référence à l'amortissement linéaire, tandis que pour l'estimation du stock de capital fixe, la méthode de l'inventaire permanent (MIP) doit être appliquée en l'absence d'informations directes sur le stock d'actifs fixes. Autre exemple, celui de l'évaluation de la production pour compte propre qui doit en principe avoir lieu aux prix de base; néanmoins, le cas échéant, il sera possible d'obtenir une bonne approximation de ceux-ci en sommant les différents coûts supportés;
c)
certaines conventions ont été adoptées. Ainsi, les services collectifs des administrations publiques sont tous classés en dépense de consommation finale.
1.25
Cependant, il peut être difficile de compiler directement les données nécessaires pour l'établissement des comptes nationaux, étant donné que les concepts qui les sous-tendent s'écartent généralement de ceux utilisés dans les sources de données administratives (comptes des entreprises, fichiers des différents types d'impôts – TVA, impôts sur le revenu, prélèvements sur les importations, etc. –, données de la sécurité sociale ou encore données émanant des organes de surveillance du secteur des banques et des assurances) qui sont souvent utilisées pour l'établissement des comptes nationaux et qu'il convient, en règle générale, de transformer pour les adapter aux exigences méthodologiques du SEC.
Les écarts entre les concepts du SEC et les concepts administratifs s'expliquent généralement par le fait que ces derniers:
a)
diffèrent d'un pays à l'autre, empêchant toute comparabilité au plan international;
b)
fluctuent avec le temps, rendant impossible les comparaisons entre périodes;
c)
ne sont généralement pas cohérents d'un système administratif à l'autre, alors que le rapprochement et la comparaison des données, éléments essentiels du processus d'établissement des comptes nationaux, ne sont possibles qu'à condition de travailler avec une série cohérente de concepts;
d)
ne sont généralement pas les mieux adaptés à l'analyse économique et à l'évaluation de la politique économique.
1.26
Toutefois, les données administratives correspondent parfaitement aux besoins des comptes nationaux et d'autres statistiques car:
a)
les concepts et nomenclatures conçus à l'origine à des fins statistiques peuvent également être utilisés à des fins administratives (par exemple, le classement des dépenses des administrations publiques par type);
b)
elles prennent explicitement en compte certains besoins statistiques (spécifiques); ainsi, le système Intrastat fournit des informations sur les échanges de biens entre États membres.
1.27
Les principaux concepts du SEC sont reconnus et fixés pour une longue période; en effet:
a)
ils ont été adoptés comme normes internationales il y a de nombreuses années;
b)
dans les différentes méthodologies internationales en matière d'établissement des comptes nationaux qui se sont succédé, rares sont les concepts de base qui ont changé.
Du fait de cette continuité au plan conceptuel, il n'est que rarement nécessaire de rebaser des séries chronologiques. Elle rend, en outre, les concepts moins vulnérables aux pressions politiques, tant nationales qu'internationales. Grâce à elle, les données de la comptabilité nationale ont pu servir de base objective pour l'analyse et la politique économiques.
1.28
Les concepts du SEC 2010 sont centrés sur la description du processus économique en termes monétaires et aisément observables. Les flux et les stocks qui ne sont pas aisément observables en termes monétaires ou qui n'ont pas une contrepartie monétaire évidente ne sont pas enregistrés dans le SEC.
Ce principe n'est pas toujours appliqué strictement parce qu'il convient également de tenir compte des besoins des utilisateurs et de la nécessité de rester cohérent. C'est ainsi que pour garantir la cohérence, la valeur des services collectifs produits par les administrations publiques est considérée comme une production parce que le versement de la rémunération des salariés et l'achat de biens et de services, quels qu'ils soient, par ces administrations sont aisément observables en termes monétaires. En outre, la possibilité de situer les services collectifs des administrations publiques par rapport au reste de l'économie nationale ne fait que rendre plus précieuse la comptabilité nationale dans son ensemble pour les besoins de l'analyse et de la politique économiques.
1.29
Énumérer quelques cas limites significatifs permet de préciser la portée des concepts utilisés.
Rentrent, par exemple, dans la frontière de la production du SEC (points 3.07 à 3.09):
a)
la production de services individuels et collectifs par les administrations publiques;
b)
la production pour compte propre de services de logement par les propriétaires occupants;
c)
la production de biens pour consommation finale propre (par exemple, produits agricoles);
d)
les activités de construction pour compte propre, y compris celles exercées par les ménages;
e)
les services produits par le personnel domestique rémunéré;
f)
la pisciculture;
g)
les activités de production illégales, pour autant que toutes les unités associées aux opérations le soient volontairement;
h)
les activités de production dont les revenus ne sont pas entièrement déclarés au fisc (par exemple, la production clandestine de textiles).
1.30
Ne rentrent pas, en revanche, dans la frontière de la production et ne doivent pas être comptabilisés dans le SEC:
a)
les services personnels et domestiques produits et consommés au sein d'un même ménage (par exemple, le nettoyage, la cuisine ou les soins aux malades ou aux personnes âgées);
b)
les services bénévoles qui n'entraînent pas la production de biens (par exemple, les soins bénévoles aux personnes ou les activités de nettoyage non rémunérées);
c)
la croissance naturelle des ressources halieutiques.
1.31
Le SEC comptabilise toutes les productions qui ont lieu au sein de la frontière de la production. Toutefois, la production des activités auxiliaires ne doit pas être enregistrée. Tous les intrants consommés par une activité auxiliaire doivent être traités comme des intrants de l'activité qu'elle supporte. Si un établissement qui se livre uniquement à des activités auxiliaires peut être observé du point de vue statistique, c'est-à-dire si des comptes distincts relatifs à sa production sont aisément disponibles, ou s'il est situé à un endroit géographiquement différent de celui des établissements qu'il sert, il doit être considéré comme une unité distincte et être rattaché à la branche d'activité correspondant à son activité principale, aussi bien dans les comptes nationaux que régionaux. Si des données de base adaptées ne sont pas disponibles, la production des activités auxiliaires peut être estimée en sommant les coûts.
1.32
Toute comptabilisation en production du résultat d'une activité entraîne automatiquement un enregistrement de tous ses corollaires: revenus, emploi, consommation finale, etc. Si la production pour compte propre de services de logement par les propriétaires occupants est comptabilisée comme production, il faut également enregistrer les revenus et la dépense de consommation finale qui en résultent pour ceux-ci. Comme il n'y a, par définition, pas d'apport de main-d'œuvre dans la production de services de logement par les propriétaires occupants, il n'y a pas d'enregistrement de main-d'œuvre pour cette activité. Cela permet d'assurer la cohérence avec le système des statistiques de l'emploi qui ne prévoit pas d'enregistrement de main-d'œuvre pour cette activité. Le principe inverse est applicable lorsque des activités ne sont pas considérées comme production. Ainsi, les services domestiques produits et consommés au sein du même ménage ne génèrent ni revenu ni dépense de consommation finale et n'impliquent le recours à aucune main-d'œuvre.
1.33
Le SEC adopte également diverses conventions qui concernent notamment:
a)
l'évaluation de la production des administrations publiques;
b)
l'évaluation de la production des services d'assurance et des services d'intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM);
c)
l'enregistrement de tous les services collectifs fournis par les administrations publiques en dépense de consommation finale (et non en consommation intermédiaire).
Classement par secteur
1.34
Des comptes sectoriels sont établis en rattachant les unités aux secteurs, ce qui permet de présenter les opérations et les soldes comptables par secteur et ainsi de mettre en évidence de nombreuses valeurs clés pour la politique économique et la politique budgétaire. Les principaux secteurs sont les ménages, les administrations publiques, les sociétés (financières ou non financières), les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) et le reste du monde.
La distinction entre activité marchande et activité non marchande est importante. Une entité contrôlée par une administration publique, qui s'avère être une société «marchande», sera classée en dehors du secteur des administrations publiques, dans le secteur des sociétés. De cette façon, les niveaux de déficit et de dette de la société ne seront pas comptabilisés dans le déficit et la dette des administrations publiques.
1.35
Il est essentiel de définir des critères clairs et solides pour rattacher les entités aux secteurs.
Le secteur public comprend toutes les unités institutionnelles résidentes de l'économie nationale qui sont contrôlées par les administrations publiques. Le secteur privé comprend toutes les autres unités résidentes.
Le tableau 1.1 présente les critères utilisés pour établir la distinction entre secteur public et secteur privé et, au sein du secteur public, entre le secteur des administrations publiques et celui des sociétés publiques ainsi que, dans le secteur privé, entre les ISBLSM et les sociétés privées.
Tableau 1.1
Critères
Sous contrôle des administrations publiques
(secteur public)
Sous contrôle privé
(secteur privé)
Production non marchande
Administrations publiques
ISBLSM
Production marchande
Sociétés publiques
Sociétés privées
1.36
Le contrôle se définit comme la capacité de déterminer la politique générale ou la stratégie d'une unité institutionnelle. Une définition plus détaillée du contrôle est proposée aux points 2.35 à 2.39.
1.37
La distinction entre secteur marchand et secteur non marchand et, partant, pour les entités du secteur public, leur ventilation entre le secteur des administrations publiques et celui des sociétés, sont opérées sur la base de la règle suivante:
Une activité est considérée comme marchande si les biens et les services concernés sont échangés dans les conditions suivantes:
1)
les vendeurs s'efforcent de maximiser leurs bénéfices sur le long terme et, pour ce faire, vendent leurs biens et services librement sur le marché à quiconque accepte de payer le prix demandé;
2)
les acheteurs s'efforcent de maximiser leur utilité, compte tenu de leurs ressources limitées, en achetant uniquement les produits qui répondent le mieux à leurs besoins au prix proposé;
3)
il existe des marchés efficaces à propos desquels les vendeurs et les acheteurs disposent d'informations exhaustives et auxquels ils ont accès. Un marché peut fonctionner efficacement même si ces conditions ne sont pas entièrement remplies.
1.38
Le niveau de détail auquel est conçu le cadre du SEC assure une grande souplesse d'utilisation. Si certains concepts ne sont pas explicitement définis dans le SEC, ils peuvent aisément en être déduits. Un exemple en est la possibilité de créer de nouveaux secteurs en remaniant les sous-secteurs existants.
1.39
La souplesse du SEC se traduit également par la possibilité d'introduire des critères supplémentaires qui ne nuisent pas à sa logique. De tels critères peuvent, par exemple, permettre de définir des comptes de sous-secteurs d'après la classe de taille des effectifs pour les unités de production ou la tranche de revenus pour les ménages, ou encore le niveau d'éducation, l'âge et le sexe pour les personnes occupées.
Comptes satellites
1.40
Pour répondre à certains besoins en matière de données, il convient de construire des comptes satellites distincts.
Voici quelques exemples de sujets couverts par ce type de comptes:
a)
les matrices de comptabilité sociale (MCS);
b)
le rôle du tourisme dans l'économie nationale;
c)
le coût et le financement des soins de santé;
d)
la recherche et développement comme formation de capital intellectuel;
e)
le capital humain considéré comme un actif dans l'économie nationale;
f)
les revenus et les dépenses des ménages analysés sur la base de concepts microéconomiques;
g)
les interactions entre l'économie et l'environnement;
h)
la production des ménages;
i)
l'évolution du bien-être;
j)
les divergences entre les comptes nationaux et les comptes des entreprises et leur influence sur la Bourse et les marchés des changes;
k)
l'estimation des recettes fiscales.
1.41
Les comptes satellites répondent à ces besoins en matière de données car:
a)
ils négligent le superflu et fournissent si nécessaire des détails complémentaires;
b)
ils élargissent la portée du cadre comptable à des informations non monétaires (relatives, par exemple, à la pollution ou aux actifs environnementaux);
c)
ils modifient certains concepts de base (par exemple, en ajoutant à la formation de capital les dépenses consacrées à l'éducation).
1.42
Un exemple bien connu de compte satellite est représenté par les matrices de comptabilité sociale (MCS) qui permettent de relier les tableaux des ressources et des emplois aux comptes des secteurs. Les MCS fournissent des informations complémentaires sur le volume et la structure de l'emploi, par le biais d'une ventilation de la rémunération des salariés par catégorie de personnes occupées. Cette ventilation s'applique à la fois aux emplois de main-d'œuvre par branche d'activité tels qu'ils ressortent des tableaux des emplois et aux ressources de main-d'œuvre par sous-groupe socio-économique telles qu'elles apparaissent dans le compte d'affectation des revenus primaires des sous-secteurs du secteur des ménages. De la sorte, les ressources et emplois de différentes catégories de main-d'œuvre sont présentés systématiquement.
1.43
L'ensemble des concepts et nomenclatures de base du cadre central du SEC 2010 doivent être conservés dans les comptes satellites. Aucun changement de concept ne sera introduit, sauf si tel est l'objet du compte satellite concerné. Dans ce cas, ce dernier comprendra également un tableau présentant les liens entre ses principaux agrégats et ceux du cadre central. De la sorte, le cadre central conservera son rôle de cadre de référence, tout en permettant que des besoins plus spécifiques puissent être satisfaits.
1.44
Généralement, le cadre central n'inclut pas de mesure des flux et des stocks qui ne sont pas aisément observables en termes monétaires (ou qui n'ont pas une contrepartie monétaire évidente). La nature de ces flux et stocks fait que, en règle générale, il est également possible de les analyser en établissant des statistiques de type non monétaire. C'est ainsi, par exemple, que:
a)
la production des ménages peut être décrite en termes d'heures consacrées aux emplois alternatifs;
b)
l'éducation peut être décrite en termes de type d'enseignement, de nombre d'élèves ou de nombre moyen d'années d'études pour l'obtention d'un diplôme;
c)
les effets de la pollution peuvent être décrits sur la base d'éléments tels que la variation du nombre d'espèces vivantes, l'état des forêts, la quantité de déchets produits, le volume des émissions de monoxyde de carbone ou le volume des émissions radioactives.
1.45
Les comptes satellites offrent la possibilité de relier ces statistiques de type non monétaire au cadre central des comptes nationaux. Pour que de tels liens puissent être établis, il faut appliquer les mêmes nomenclatures que celles utilisées dans le cadre central pour ces statistiques de type non monétaire (par exemple, nomenclature par type de ménage ou par branche d'activité). En procédant de la sorte, on obtient un cadre élargi qui est cohérent et qui peut servir de base pour l'analyse et l'évaluation des interactions entre les variables de ce cadre élargi et celles du cadre central.
1.46
Le cadre central et ses principaux agrégats ne permettent pas d'analyser l'évolution du bien-être. Il est cependant possible de construire des comptes élargis qui intègrent des valeurs monétaires imputées, notamment pour:
a)
les services personnels et domestiques produits et consommés au sein d'un même ménage;
b)
la variation de la durée des loisirs;
c)
les avantages et inconvénients de la vie urbaine;
d)
les inégalités dans la distribution des revenus entre les personnes.
1.47
Les comptes élargis permettent également de reclasser en consommation intermédiaire, c'est-à-dire de considérer qu'elles ne contribuent pas au bien-être, les dépenses finales consacrées à des «maux nécessaires» (par exemple, la défense). De même, les dégâts dus à des tempêtes ou à d'autres catastrophes naturelles peuvent également être considérés comme faisant partie de la consommation intermédiaire puisqu'ils ont pour effet de réduire le bien-être (en termes absolus). De la sorte, il devient possible de construire un indicateur de l'évolution du bien-être, même si celui-ci reste encore très sommaire et relativement imparfait. Le bien-être présentant toutefois de multiples facettes qui ne sont pas toutes observables en termes monétaires, une solution plus appropriée pour le mesurer consiste à utiliser, pour chacune de ces facettes, des indicateurs et unités de mesure distincts. Comme indicateurs à incorporer dans un compte satellite, on peut par exemple songer à la mortalité infantile, à l'espérance de vie, au taux d'alphabétisation des adultes ou au revenu national par habitant.
1.48
Pour garantir la cohérence de son cadre comptable et sa compatibilité au plan international, le SEC n'a pas recours à des concepts administratifs. Pour de nombreux usages nationaux, il peut toutefois être utile de disposer de données établies sur la base de tels concepts. C'est ainsi que pour estimer les recettes fiscales, il est nécessaire de disposer de statistiques sur les revenus imposables. Semblables statistiques peuvent être obtenues en restructurant les données des comptes nationaux.
1.49
Une approche identique pourrait également être adoptée pour certains concepts utilisés dans le cadre de la politique économique nationale, et notamment:
a)
la notion d'inflation utilisée pour la péréquation des retraites, des prestations de chômage ou des rémunérations des fonctionnaires;
b)
les concepts d'impôts, de cotisations sociales, d'administrations publiques et de secteur collectif utilisés dans le débat sur la taille optimale du secteur public;
c)
les concepts de secteurs ou de branches d'activité «stratégiques» utilisés dans le cadre des politiques économiques nationales ou de la politique économique de l'UE;
d)
la notion d'«investissements des entreprises» utilisée dans le cadre des politiques économiques nationales;
e)
un tableau concernant l'enregistrement complet des pensions.
Des comptes satellites ou des tableaux complémentaires peuvent suffire pour satisfaire ces besoins en données.
Le SEC 2010 et le SCN 2008
1.50
Le SEC 2010 est fondé sur les concepts du SCN 2008 qui sert de référence au niveau mondial pour l'établissement des comptes nationaux. On note cependant quelques différences entre ces deux méthodologies; en effet:
a)
la présentation n'est pas toujours identique:
1)
le SEC 2010 consacre des chapitres distincts aux opérations sur produits, aux opérations de répartition et aux opérations financières, tandis que le SCN 2008 décrit ces opérations dans des chapitres qui traitent des différents comptes (par exemple, compte de production, compte de distribution primaire du revenu, compte de capital et compte du reste du monde);
2)
pour décrire un concept, le SEC 2010 présente d'abord sa définition et énumère ensuite les éléments qu'il inclut et exclut. Le SCN 2008 décrit habituellement les concepts de façon plus générale et explique la logique qui sous-tend les conventions adoptées;
b)
dans plusieurs cas, les concepts du SEC 2010 sont plus spécifiques et plus précis que ceux du SCN 2008; ainsi:
1)
le SCN 2008 ne contient pas de critères spécifiques permettant d'établir une distinction entre production marchande, non marchande et pour usage final propre. Le SEC a donc introduit des indications plus détaillées afin de garantir une approche uniforme;
2)
le SEC 2010 part du principe que plusieurs types de production de biens par les ménages (par exemple, le tissage de vêtements ou la fabrication de meubles) ne sont pas significatifs dans les États membres et ne doivent donc pas être comptabilisés;
3)
le SEC 2010 fait référence à des dispositions institutionnelles de l'UE, comme le système Intrastat d'enregistrement des flux de biens à l'intérieur de l'UE ou les contributions des États membres à l'UE;
4)
le SEC 2010 a recours à des nomenclatures propres à l'UE comme la classification statistique des produits associée aux activités (CPA) (3) pour les produits et la NACE Rév. 2 pour les branches d'activité (qui sont toutes deux harmonisées avec les nomenclatures correspondantes des Nations unies);
5)
le SEC 2010 utilise une nomenclature spécifique pour toutes les opérations avec l'extérieur qui sont ventilées entre celles qui ont lieu entre résidents de l'UE et celles qui ont lieu avec des résidents de pays tiers;
6)
le SEC 2010 procède à une réorganisation des sous-secteurs du secteur des «sociétés financières» figurant dans le SCN 2008 afin de répondre aux exigences de l'Union monétaire européenne. Le SEC 2010 peut être plus précis que le SCN 2008 parce qu'il s'applique avant tout aux États membres. Pour les besoins de données au niveau de l'Union, le SEC 2010 devrait également être plus précis.
Le SEC 2010 et le SEC 95
1.51
Le SEC 2010 diffère du SEC 95 tant du point de vue du champ couvert que de celui des concepts utilisés. La plupart de ces différences correspondent à celles observées entre le SCN 1993 et le SCN 2008. Les principales sont décrites ci-après:
a)
la recherche et développement est maintenant reconnue comme formation de capital donnant lieu à des actifs de propriété intellectuelle. Cette modification sera enregistrée dans un compte satellite et incluse dans les comptes principaux si la robustesse et l'harmonisation des valeurs observées dans les différents États membres sont jugées suffisantes;
b)
les dépenses consacrées aux systèmes d'armes correspondant à la définition générale des actifs sont comptabilisées en formation de capital fixe plutôt qu'en dépenses de consommation intermédiaire;
c)
le concept analytique de «services du capital» est introduit pour la production marchande, afin de pouvoir élaborer un tableau complémentaire les faisant apparaître comme un élément de la valeur ajoutée;
d)
la frontière des actifs financiers est étendue afin de couvrir plus largement les produits financiers dérivés;
e)
de nouvelles règles pour l'enregistrement des droits à pension sont ajoutées. Un tableau complémentaire est introduit dans les comptes afin d'enregistrer des estimations pour tous les droits dans le cadre de l'assurance sociale, que des réserves aient été constituées ou non. La totalité des informations nécessaires à une analyse complète des pensions est fournie dans ce tableau qui indique les droits et les flux associés de l'ensemble des régimes de pension privés et publics, avec ou sans constitution de réserves, y compris ceux de la sécurité sociale;
f)
les règles relatives au transfert de la propriété des biens sont à présent universellement applicables, ce qui a pour effet de modifier l'enregistrement du courtage de marchandises et des biens envoyés pour transformation tant à l'étranger qu'à l'intérieur de l'économie nationale. Les biens envoyés pour transformation à l'étranger sont dorénavant enregistrés sur une base nette, alors qu'ils l'étaient sur une base brute dans le SCN 1993 et le SEC 95. Ce changement a des répercussions importantes sur l'enregistrement de ces activités dans le cadre des ressources et des emplois;
g)
des indications plus détaillées sont données pour les sociétés financières en général et pour les entités à vocation spéciale (EVS) en particulier. Le traitement des EVS contrôlées par les administrations publiques qui exercent des activités à l'étranger est modifié afin de garantir que les passifs encourus par ces EVS apparaissent dans les comptes des administrations publiques;
h)
le traitement des dividendes extraordinaires versés par les sociétés publiques est précisé, c'est-à-dire qu'ils doivent être considérés comme des paiements exceptionnels et être enregistrés comme des prélèvements sur le capital;
i)
les principes de traitement des partenariats public-privé sont définis, et le traitement des agences de restructuration est développé;
j)
le traitement des opérations réalisées entre les administrations publiques et les sociétés publiques, d'une part, et avec des véhicules de titrisation, d'autre part, est clarifié afin d'améliorer l'enregistrement des éléments qui pourraient influer de manière importante sur la dette publique;
k)
le traitement des garanties de prêts est clarifié, et un nouveau traitement est introduit pour les garanties standard, comme les garanties de crédit à l'exportation et les garanties de prêt étudiant: un actif et un passif financiers correspondant au montant de la garantie appelable doivent être enregistrés dans les comptes.
1.52
Les différences entre le SEC 2010 et le SEC 95 ne se limitent pas à des aspects conceptuels. Une différence majeure concerne le champ couvert, avec de nouveaux chapitres sur les comptes satellites, les comptes des administrations publiques et les comptes du reste du monde. Par ailleurs, les chapitres relatifs aux comptes trimestriels et aux comptes régionaux ont été considérablement développés.
LES PRINCIPES DE BASE DU SEC 2010 COMME SYSTÈME
1.53
Le système se caractérise principalement par:
a)
les unités statistiques et leurs regroupements;
b)
les flux et les stocks;
c)
le système de comptes et les agrégats;
d)
le cadre entrées-sorties.
Les unités statistiques et leurs regroupements
1.54
Le SEC 2010 a recours à deux types d'unité auxquels correspondent deux modes de découpage de l'économie qui sont sensiblement différents et qui répondent à des besoins analytiques propres.
1.55
Pour décrire les flux de revenus et de dépenses, les flux financiers et les comptes de patrimoine, le SEC regroupe les unités institutionnelles en secteurs sur la base de leurs fonctions, comportement et objectifs principaux.
1.56
Pour la représentation des processus de production, de même que pour l'analyse entrées-sorties, le SEC regroupe les unités d'activité économique au niveau local (UAE locales) en branches d'activité sur la base du type d'activité exercée. Toute activité est caractérisée par une entrée de produits, un processus de production et une sortie de produits.
Unités et secteurs institutionnels
1.57
Par unité institutionnelle, il faut entendre une entité économique qui a capacité pour détenir des biens et des actifs, souscrire des engagements, exercer des activités économiques et réaliser, en son nom propre, des opérations avec d'autres unités. Dans le SEC 2010, les unités institutionnelles sont regroupées en cinq secteurs institutionnels nationaux qui s'excluent mutuellement, à savoir:
a)
les sociétés non financières;
b)
les sociétés financières;
c)
les administrations publiques;
d)
les ménages;
e)
les institutions sans but lucratif au service des ménages.
Ensemble, ces cinq secteurs constituent l'économie nationale totale. Chaque secteur est en outre subdivisé en plusieurs sous-secteurs. Le SEC 2010 permet l'établissement d'un ensemble complet de comptes de flux et de patrimoine pour chaque secteur, pour chaque sous-secteur ainsi que pour l'économie totale. Les unités non résidentes peuvent interagir avec ces cinq secteurs nationaux, et les interactions sont présentées entre les cinq secteurs nationaux et un sixième secteur institutionnel, celui du «reste du monde».
Unités d'activité économique au niveau local et branches d'activité
1.58
Lorsqu'une unité institutionnelle exerce plus d'une activité, il convient de la scinder sur la base de ses différentes activités. Le concept d'unité d'activité économique (UAE) au niveau local permet de répondre à cette exigence.
Une UAE locale regroupe l'ensemble des parties d'une unité institutionnelle en sa qualité de producteur qui sont situées en un lieu unique ou sur plusieurs sites proches et qui concourent à l'exercice d'une activité du niveau «classe» (4 chiffres) de la NACE Rév. 2.
1.59
Une UAE locale est identifiée pour chaque activité secondaire; toutefois, en l'absence des documents comptables nécessaires pour décrire séparément chacune des activités secondaires, une même UAE locale pourra en exercer plusieurs. Toutes les UAE locales qui exercent la même activité ou des activités proches sont regroupées au sein d'une branche d'activité.
Chaque unité institutionnelle est composée d'une ou de plusieurs UAE locales et chaque UAE locale n'appartient qu'à une et une seule unité institutionnelle.
1.60
Pour l'analyse des processus de production, on a recours à une unité d'analyse. Cette unité n'est observable que si une UAE locale ne fabrique qu'un seul type de produit et n'exerce aucune activité secondaire. Elle est appelée unité de production homogène (UPH). Les regroupements d'unités de production homogènes constituent des branches homogènes.
Unités résidentes et non résidentes; économie totale et reste du monde
1.61
L'économie totale est définie en termes d'unités résidentes. Une unité est résidente d'un pays quand son centre d'intérêt économique prédominant est situé sur le territoire économique de ce pays, c'est-à-dire lorsqu'elle y exerce des activités économiques pendant une période relativement longue (une année ou plus). Les secteurs institutionnels distingués au point 1.57 regroupent donc des unités institutionnelles résidentes.
1.62
Des unités résidentes réalisent des opérations avec des unités non résidentes (c'est-à-dire des unités qui sont résidentes d'autres économies). Ces opérations de l'économie avec l'extérieur sont regroupées dans le compte du reste du monde. Le reste du monde joue un rôle identique à celui d'un secteur institutionnel, même si les unités non résidentes n'en font partie qu'à partir du moment où elles réalisent des opérations avec des unités institutionnelles résidentes.
1.63
Par unités résidentes fictives, traitées dans le SEC 2010 comme unités institutionnelles, il faut entendre:
a)
les parties d'unités non résidentes qui ont un centre d'intérêt économique prédominant sur le territoire économique du pays (c'est-à-dire, généralement, qui y effectuent des opérations économiques pendant une période d'un an ou plus);
b)
les unités non résidentes en leur qualité de propriétaires de terrains ou de bâtiments sur le territoire économique du pays, pour les seules opérations portant sur ces terrains et bâtiments.
Les flux et les stocks
1.64
Le système enregistre deux grands types d'informations: les flux et les stocks.
Les flux font référence à des actions et aux conséquences d'événements ayant lieu au cours d'une période déterminée, tandis que les stocks reflètent une situation à un moment précis dans le temps.
Flux
1.65
Un flux économique rend compte de la création, de la transformation, de l'échange, du transfert ou de la disparition d'une valeur économique. Il entraîne une variation de la valeur des actifs et passifs d'une unité institutionnelle. On distingue deux types de flux économiques: les opérations et les autres changements d'actifs.
Les opérations apparaissent dans tous les comptes et tableaux dans lesquels sont comptabilisés des flux, à l'exception du compte des autres changements de volume d'actifs et du compte de réévaluation. Les autres changements d'actifs sont enregistrés uniquement dans ces deux comptes.
Les opérations et autres flux élémentaires sont regroupés en un nombre relativement limité de catégories en fonction de leur nature.
Opérations
1.66
Par opération, il faut entendre soit un flux économique entre unités institutionnelles agissant de commun accord, soit un flux économique au sein même d'une unité institutionnelle qu'il est intéressant de traiter comme une opération parce que l'unité en question agit en deux qualités différentes. Les opérations sont classées en quatre catégories principales:
a)
les opérations sur produits, qui rendent compte de l'origine (production intérieure ou importation) et de l'emploi (consommation intermédiaire, consommation finale, formation de capital – englobant la consommation de capital fixe – ou exportation) des produits;
b)
les opérations de répartition, qui montrent comment la valeur ajoutée générée par la production est distribuée entre la main-d'œuvre, le capital et les administrations publiques et qui détaillent le processus de redistribution du revenu et de la richesse (impôts sur le revenu et le patrimoine et autres transferts);
c)
les opérations financières, qui concernent l'acquisition nette d'actifs financiers ou l'accroissement net des passifs par type d'instrument financier. Ces opérations sont soit la contrepartie d'opérations non financières, soit des opérations mettant en jeu uniquement des instruments financiers;
d)
les opérations ne relevant pas d'une des trois catégories précitées, qui concernent les acquisitions moins les cessions d'actifs non financiers non produits.
Propriétés des opérations
Opérations entre unités institutionnelles et opérations internes
1.67
Si la plupart des opérations impliquent une relation entre deux unités institutionnelles ou plus, le SEC 2010 enregistre aussi comme opérations certaines transactions qui ont lieu au sein même des unités institutionnelles. La prise en compte de ces opérations internes permet d'obtenir une description plus utile du point de vue analytique de la production, des emplois finals et des coûts.
1.68
La consommation de capital fixe, que le SEC 2010 comptabilise comme un coût, est une opération interne. La plupart des autres opérations internes sont des opérations sur produits, le cas le plus courant étant celui de l'unité institutionnelle qui, agissant simultanément en qualité de producteur et de consommateur final, choisit de consommer une partie de sa propre production, pratique fréquente parmi les ménages et les administrations publiques.
1.69
Le SEC 2010 enregistre la totalité de la production qu'une unité institutionnelle affecte à sa propre consommation finale. La production utilisée à des fins de consommation intermédiaire au sein d'une même unité institutionnelle n'est comptabilisée que si production et consommation intermédiaire ont lieu dans des UAE locales différentes de cette unité. La production d'une UAE locale que celle-ci destine à sa consommation intermédiaire n'est pas recensée.
Opérations monétaires et opérations non monétaires
1.70
Une opération est considérée comme monétaire quand les unités institutionnelles concernées effectuent (reçoivent) des paiements ou contractent des engagements (prennent possession d'actifs) exprimés en unités monétaires.
Les opérations qui ne donnent pas lieu à un règlement en numéraire ou à un échange d'actifs ou de passifs exprimés en unités monétaires constituent des opérations non monétaires. Les opérations internes sont de type non monétaire. On rencontre des opérations non monétaires impliquant plusieurs unités institutionnelles parmi les opérations sur produits (troc), les opérations de répartition (rémunération en nature, transferts en nature, etc.) et les autres opérations (troc d'actifs non financiers non produits). Le SEC 2010 enregistre toutes les opérations en termes monétaires. Les valeurs à comptabiliser pour les opérations non monétaires doivent donc être calculées indirectement ou estimées d'une autre façon.
Opérations avec et sans contrepartie
1.71
Les opérations impliquant plusieurs unités sont de deux types: «quelque chose contre quelque chose» (opérations avec contrepartie) ou «quelque chose contre rien» (opérations sans contrepartie). Les premières constituent des échanges entre unités institutionnelles (par exemple, la fourniture de biens, de services ou d'actifs moyennant une contrepartie, notamment des espèces). Les secondes comprennent pour l'essentiel des paiements en espèces ou en nature effectués par une unité institutionnelle à une autre sans contrepartie. Des opérations avec contrepartie se rencontrent dans les quatre catégories d'opérations retenues, tandis que les opérations sans contrepartie sont essentiellement des opérations de répartition (par exemple impôts, prestations d'assistance sociale ou dons), que l'on appelle «transferts».
Modification du traitement de certaines opérations
1.72
Les opérations sont comptabilisées de la manière dont elles sont perçues par les unités institutionnelles concernées. Il arrive cependant que le traitement de certaines opérations soit modifié pour faire ressortir plus clairement les relations économiques sous-jacentes. On distingue trois types de modifications: le reclassement d'opérations, l'éclatement d'opérations et l'identification de la partie principale à une opération.
Reclassement d'opérations
1.73
Une opération qui, pour les unités concernées, a lieu directement entre une unité A et une unité C peut être enregistrée dans les comptes comme se déroulant en fait indirectement par l'intermédiaire d'une troisième unité B. Une opération unique entre A et C est donc scindée en deux opérations, une entre A et B et une autre entre B et C. C'est ce que l'on appelle le reclassement d'opérations.
1.74
Un exemple de reclassement est celui de l'enregistrement dans les comptes des cotisations sociales à la charge des employeurs que ceux-ci versent directement aux administrations de sécurité sociale. Le système considère que ces versements donnent lieu à deux opérations, les employeurs versant d'abord les cotisations sociales à leurs salariés et ceux-ci les reversant ensuite aux administrations de sécurité sociale. La finalité des opérations de reclassement est de faire ressortir la réalité économique sous-jacente. Dans l'exemple choisi, il s'agit de montrer que les cotisations de sécurité sociale à la charge des employeurs sont en fait versées pour le compte des salariés.
1.75
Autre type de reclassement, celui des opérations que l'on comptabilise comme se déroulant entre deux unités institutionnelles ou plus, alors qu'à en croire les parties concernées, elles n'ont même pas lieu du tout. En guise d'exemple, on peut citer le traitement des revenus de la propriété qui sont tirés du placement de certaines provisions techniques d'assurance et qui sont conservés par les sociétés d'assurance. Le système considère que ces revenus de la propriété sont versés par les sociétés d'assurance à leurs assurés, qui les leur reversent ensuite intégralement sous la forme de suppléments de primes.
Éclatement d'opérations
1.76
Ce traitement consiste à scinder une opération perçue comme unique par les parties concernées en deux ou plusieurs opérations qui sont alors enregistrées de façon différente. La scission ne suppose pas l'intervention d'autres unités institutionnelles dans l'opération.
1.77
Un exemple classique d'opération scindée est celui du paiement des primes d'assurance-dommages. Alors que l'assuré et l'assureur considèrent un tel paiement comme une opération unique, le système du SEC 2010 la scinde en deux opérations totalement distinctes: d'une part, le service d'assurance-dommages fourni et, d'autre part, la prime nette d'assurance-dommages. Autre exemple d'éclatement d'opérations, celui qui consiste, dans le cadre de la vente d'un produit, à séparer la vente du produit proprement dite de la marge commerciale réalisée.
Identification de la partie principale à une opération
1.78
Lorsqu'une unité effectue une opération pour le compte d'une autre (l'unité principale) et est financée par celle-ci, l'opération est enregistrée uniquement dans les comptes de l'unité principale. En règle générale, il conviendrait de ne pas étendre ce principe à d'autres situations en essayant, par exemple, d'imputer des impôts ou des subventions aux débiteurs ou aux bénéficiaires finals sur la base d'hypothèses spécifiques.
Exemple: la collecte d'impôts par une unité des administrations publiques pour le compte d'une autre. Les recettes fiscales sont attribuées à l'administration qui est habilitée à lever l'impôt (soit en tant que partie principale, soit en vertu d'une délégation de pouvoir par la partie principale), et qui détient le pouvoir discrétionnaire de fixer et de faire varier le taux d'imposition.
Cas particuliers
1.79
La définition de l'opération précise qu'il doit y avoir commun accord entre les unités institutionnelles concernées. Lorsqu'une opération est menée de commun accord, la connaissance et le consentement préalables des unités institutionnelles sont implicites. Le paiement d'un impôt, d'une amende ou d'une pénalité a lieu de commun accord du fait que le débiteur est un citoyen soumis aux lois du pays. La saisie sans compensation d'actifs n'est toutefois pas considérée comme une opération, même dans les cas où elle est imposée par la loi.
Les activités économiques illégales ne sont considérées comme opération qu'à partir du moment où toutes les unités concernées y participent de commun accord. Dès lors, l'achat, la vente ou l'échange de drogues illicites ou d'objets volés constituent des opérations, alors que le vol n'en est pas une.
Autres changements d'actifs
1.80
Les autres changements d'actifs recensent les changements qui ne sont pas la conséquence d'opérations. Ils comprennent:
a)
les autres changements de volume des actifs et des passifs;
b)
les gains et pertes de détention.
Autres changements de volume des actifs et des passifs
1.81
Il existe trois grandes catégories d'autres changements de volume d'actifs et de passifs:
a)
l'apparition et la disparition normales d'actifs autrement que par le fait d'opérations;
b)
les changements d'actifs et de passifs dus à des événements exceptionnels imprévus qui ne sont pas économiques par nature;
c)
les changements de classement ou de structure.
1.82
La première catégorie comprend, par exemple, les changements dus à la découverte ou à l'épuisement de gisements ou la croissance naturelle des ressources biologiques non cultivées. La deuxième couvre notamment les pertes d'actifs dues à des catastrophes naturelles, à des guerres ou à des délits majeurs ainsi que les annulations unilatérales de dettes et les saisies d'actifs sans compensation. La dernière catégorie couvre notamment le reclassement d'une unité institutionnelle d'un secteur vers un autre.
Gains et pertes de détention
1.83
Les gains et pertes de détention sont la conséquence des variations du prix des actifs. Ils concernent tous les types d'actifs financiers et non financiers ainsi que les passifs. Le seul facteur à l'origine des gains ou pertes de détention est la détention dans le temps des actifs et des passifs concernés, qui ne subissent donc aucune transformation, quelle qu'elle soit.
1.84
Les gains et pertes de détention mesurés sur la base des prix courants des actifs sur le marché sont appelés gains et pertes nominaux de détention. Ils peuvent être décomposés en gains et pertes neutres de détention, qui reflètent les variations du niveau général des prix, et en gains et pertes réels de détention, qui rendent compte des fluctuations des prix des actifs en dehors des variations du niveau général des prix.
Stocks
1.85
Par stocks, il faut entendre les actifs et les passifs détenus à un moment précis dans le temps. Les stocks sont enregistrés au début et à la fin de chaque période comptable. Ils sont détaillés dans les comptes de patrimoine.
1.86
Des stocks sont également comptabilisés pour la population et pour la main-d'œuvre. Dans ces cas toutefois, il s'agit de valeurs moyennes sur toute la période comptable. Des données sur les stocks sont comptabilisées pour tous les actifs définis dans le système, qu'il s'agisse des actifs et des passifs financiers ou des actifs non financiers produits ou non produits. La couverture est toutefois limitée aux seuls actifs qui sont utilisés dans le cadre d'activités économiques et sur lesquels des droits de propriété peuvent être exercés.
1.87
Aucune donnée n'est donc enregistrée pour des actifs tels que le capital humain ou les ressources naturelles qui n'ont pas de propriétaire.
Dans les limites du champ qu'il couvre, le système du SEC 2010 recense la totalité des flux et des stocks. Toutes les variations des stocks peuvent donc être entièrement expliquées par les flux enregistrés.
Le système de comptes et les agrégats
Règles comptables
1.88
Un compte enregistre les variations de la valeur d'une unité ou d'un secteur selon la nature des flux économiques sur lesquels il porte. Il se présente sous forme d'un tableau à deux colonnes. Il existe des comptes courants, à savoir le compte de production, les comptes d'exploitation et d'affectation du revenu ainsi que les comptes de distribution, de redistribution et d'utilisation du revenu, et des comptes d'accumulation, soit le compte de capital, le compte financier et le compte des autres changements de volume.
Terminologie relative aux deux parties des comptes
1.89
Le SEC 2010 enregistre les «ressources» dans la partie droite des comptes des opérations courantes dans laquelle sont enregistrées les opérations qui ont pour effet d'augmenter la valeur économique d'une unité ou d'un secteur. La partie gauche de ces comptes comptabilise les «emplois», soit les opérations qui ont pour effet de réduire la valeur économique d'une unité ou d'un secteur. Dans le cas précis des comptes d'accumulation, la partie droite est appelée «variations des passifs et de la valeur nette» et la partie gauche «variations des actifs». Les comptes de patrimoine enregistrent les passifs et la valeur nette (c'est-à-dire la différence entre actifs et passifs) dans leur partie droite et les actifs dans leur partie gauche. La confrontation de deux comptes de patrimoine successifs renseigne sur les variations des passifs et de la valeur nette ainsi que sur les variations des actifs.
1.90
Le SEC établit une distinction entre propriété légale et propriété économique. Le critère pour que le transfert d'un bien d'une unité à une autre soit comptabilisé est que la propriété économique de ce bien passe de la première unité à la deuxième. Le propriétaire légal est l'unité à laquelle reviennent, en vertu de la loi, les avantages découlant de la détention d'un bien. Cependant, un propriétaire légal peut conclure un contrat avec une autre unité pour que cette dernière accepte les risques et avantages liés à l'utilisation du bien dans le cadre d'une activité de production en contrepartie d'un paiement convenu. Ce contrat peut être considéré comme une location, les paiements effectués reflétant la mise à la disposition de l'emprunteur de l'actif fourni par le propriétaire. Par exemple, lorsqu'une banque est le propriétaire légal d'un avion et qu'elle conclut un contrat de location avec une compagnie aérienne permettant à celle-ci d'exploiter cet avion, c'est cette dernière qui est considérée comme propriétaire de l'avion quand il s'agit d'enregistrer l'opération dans les comptes. On considère que la compagnie aérienne a acheté l'avion et que la banque a consenti un prêt à la compagnie aérienne à hauteur des montants que celle-ci devra payer à l'avenir pour l'utilisation de l'avion.
Comptabilité en partie double/en partie quadruple
1.91
En comptabilité nationale, les opérations effectuées par une unité ou un secteur font l'objet d'une inscription en partie double, c'est-à-dire que chaque opération doit être enregistrée deux fois, une fois en ressources (ou en variation de passifs) et une fois en emplois (ou en variation d'actifs). Le total des opérations enregistrées en ressources ou en variations des passifs doit être égal à celui des opérations comptabilisées en emplois ou en variations des actifs, ce qui permet de vérifier la cohérence des comptes.
1.92
Les comptes nationaux – avec toutes leurs unités et tous leurs secteurs – sont fondés sur le principe de l'inscription en partie quadruple du fait que la plupart des opérations impliquent deux unités institutionnelles et doivent, par conséquent, être comptabilisées deux fois. Ainsi, une prestation sociale en espèces servie par une unité des administrations publiques à un ménage est comptabilisée dans les comptes de l'administration publique en emplois sous le poste «transferts» et en acquisition négative d'actifs sous le poste «numéraire et dépôts», tandis que dans les comptes du secteur des ménages, elle est enregistrée en ressources sous le poste «transferts» et en acquisition d'actifs sous le poste «numéraire et dépôts».
1.93
Les opérations qui ont lieu au sein de la même unité institutionnelle (cas de l'unité qui consomme sa propre production) ne nécessitent que deux entrées dont les valeurs doivent être estimées.
Évaluation
1.94
À l'exception de quelques variables relatives à la population et à la main-d'œuvre, tous les flux et stocks présentés dans le SEC 2010 sont exprimés en termes monétaires. Les flux et les stocks sont mesurés conformément à leur valeur d'échange, c'est-à-dire la valeur à laquelle ils sont ou pourraient être échangés contre des espèces. En matière d'évaluation, le concept retenu par le SEC est donc celui du prix du marché.
1.95
Pour les opérations monétaires et les actifs et passifs en espèces, les valeurs requises sont directement disponibles. Dans la plupart des autres cas, la meilleure méthode d'évaluation consiste à se référer aux prix pratiqués sur le marché pour des biens, services ou actifs analogues. Cette méthode est notamment utilisée pour les opérations de troc et les services de logement produits par les propriétaires occupants. Lorsque ce type d'information n'est pas disponible, par exemple dans le cas des services non marchands produits par les administrations publiques, l'évaluation doit être fondée sur la somme des coûts de production. Si les prix du marché ou les coûts de production ne sont pas connus, il est possible d'enregistrer les flux et les stocks à la valeur actualisée des rendements futurs escomptés. Cette méthode ne doit cependant être appliquée qu'en dernier ressort.
1.96
Les stocks doivent être évalués aux prix courants en vigueur à la date d'établissement du compte de patrimoine et non à celle de la production ou de l'acquisition des biens ou des actifs qui sont stockés. Il convient d'évaluer les stocks sur la base de leurs coûts de production ou d'une estimation comptable de leurs prix d'acquisition courants.
Règles particulières d'évaluation des produits
1.97
Les frais de transport, les marges commerciales et les impôts moins les subventions sur les produits font que, habituellement, le producteur et l'utilisateur d'un produit donné ont une perception différente de sa valeur. Pour coller le plus possible à la perception des choses qu'ont les agents économiques eux-mêmes, le SEC 2010 comptabilise tous les emplois aux prix d'acquisition, c'est-à-dire compte tenu des différents éléments précités, mais enregistre la production aux prix de base, qui excluent ces mêmes éléments.
1.98
Les importations et exportations de produits doivent être comptabilisées à la frontière. Les totaux des importations et des exportations sont évalués franco à bord (free on board, fob), c'est-à-dire à la frontière douanière de l'exportateur. Les services de transport et d'assurance fournis par des entreprises étrangères entre la frontière de l'exportateur et celle de l'importateur ne sont pas inclus dans la valeur des biens mais sont enregistrés comme services. Néanmoins, comme il n'est pas toujours possible, en ce qui concerne les importations, d'obtenir des valeurs fob pour toutes les subdivisions détaillées de produits, les tableaux détaillés du commerce extérieur présentent des valeurs à la frontière douanière de l'importateur (c'est-à-dire des valeurs cif). Tous les services de transport et d'assurance jusqu'à la frontière de l'importateur sont ainsi inclus dans la valeur des biens importés. Dans la mesure où ces services sont fournis par des entreprises nationales, un ajustement global fob/cif est apporté dans les comptes.
Évaluation à prix constants
1.99
Procéder à une évaluation à prix constants consiste à exprimer les flux et les stocks d'une période comptable aux prix d'une période antérieure, le but étant de décomposer les variations dans le temps des valeurs des flux et des stocks en un élément «variation du prix» et un élément «variation en volume». L'expression «en volume» est synonyme de «à prix constants».
1.100
De nombreux flux et stocks, par exemple les revenus, n'ont pas de dimension propre en termes de prix et de quantité. Le pouvoir d'achat de ces variables peut toutefois être calculé en déflatant les valeurs courantes au moyen d'un indice de prix ad hoc, par exemple celui des emplois finals nationaux, hors variation des stocks. Les flux et stocks ainsi déflatés sont aussi dits «en termes réels». À titre d'exemple, on peut citer le revenu disponible réel.
Moment d'enregistrement
1.101
Les flux doivent être comptabilisés sur la base des droits constatés, c'est-à-dire au moment de la naissance, de la transformation ou de la disparition/l'annulation d'une valeur économique, d'une créance ou d'une obligation.
1.102
La production est enregistrée au moment où elle a lieu et non au moment de son paiement par l'acheteur. La vente d'un actif est comptabilisée lorsque la propriété de l'actif est transférée et non lorsque le paiement correspondant est effectué. Les intérêts sont enregistrés au cours de la période comptable pendant laquelle ils sont dus, qu'ils soient versés ou non au cours de cette période. Le principe de l'enregistrement sur la base des droits constatés s'applique à tous les flux, qu'ils soient monétaires ou non monétaires, ou qu'ils aient lieu entre unités ou au sein de la même unité.
1.103
Une certaine souplesse peut s'avérer indispensable pour les impôts et les autres flux liés aux administrations publiques qui, dans les comptes de celles-ci, sont souvent enregistrés sur la base des encaissements. Le passage d'un enregistrement sur la base des encaissements à un enregistrement sur la base des droits constatés peut être un exercice particulièrement ardu. Dans ce cas, des méthodes d'approximation peuvent être utilisées.
1.104
Par dérogation au principe général d'enregistrement des opérations, la comptabilisation des impôts et cotisations sociales à payer aux administrations publiques peut soit exclure, soit inclure la partie non susceptible d'être perçue; dans le deuxième cas, la partie non susceptible d'être perçue sera neutralisée, dans la même période comptable, par un transfert en capital des administrations publiques vers les secteurs concernés.
1.105
Les flux doivent être enregistrés au même moment pour toutes les unités institutionnelles impliquées et dans tous les comptes concernés. Les unités institutionnelles n'appliquent pas toujours les mêmes règles comptables et, lorsqu'elles le font, des différences au niveau de l'enregistrement effectif peuvent se produire pour des raisons pratiques, comme des retards de communication. En conséquence, une opération peut être enregistrée à des moments différents par les parties concernées. Il existe donc des divergences qu'il convient d'éliminer en procédant à des ajustements appropriés.
Consolidation et enregistrement net
Consolidation
1.106
La consolidation consiste, en cas de regroupement d'unités, à annuler, tant en emplois qu'en ressources, d'une part, les opérations entre unités regroupées et, d'autre part, les actifs et passifs financiers réciproques. Cela est habituellement le cas lorsque les comptes des sous-secteurs des administrations publiques sont combinés.
1.107
Au niveau des secteurs et sous-secteurs, les flux et les stocks ne doivent, par principe, pas être consolidés entre unités.
1.108
Toutefois, des comptes consolidés peuvent être élaborés dans le cadre de descriptions ou d'analyses complémentaires. Les informations sur les opérations de chaque (sous-) secteur avec les autres et sur la position financière «extérieure» correspondante peuvent présenter davantage d'intérêt que les chiffres globaux bruts.
1.109
En outre, les comptes et tableaux présentant les relations créanciers/débiteurs fournissent un aperçu détaillé du financement de l'économie et sont particulièrement utiles pour connaître les canaux par lesquels les surplus financiers transitent des prêteurs finals vers les emprunteurs finals.
Enregistrement net
1.110
Toute opération réalisée par une unité ou un secteur peut être comptabilisée soit en emplois, soit en ressources (par exemple, payer des intérêts et en recevoir); de même, tout instrument financier peut être enregistré soit comme un actif, soit comme un passif. Abstraction faite du degré d'enregistrement net qui est inhérent aux nomenclatures elles-mêmes, le SEC retient le principe de l'enregistrement sur une base brute.
1.111
Pour de nombreuses catégories d'opérations, l'enregistrement net est implicite, le cas le plus connu étant celui de la variation des stocks qui, plutôt que de suivre les entrées et sorties quotidiennes, rend compte de façon globale de la formation de capital, aspect sensiblement plus intéressant pour l'analyse. De même, à quelques exceptions près, le compte financier et le compte des autres changements d'actifs enregistrent les augmentations d'actifs et de passifs sur une base nette, faisant ressortir le résultat final de ces flux à la fin de la période comptable.
Comptes, soldes comptables et agrégats
1.112
Pour chaque unité ou groupe d'unités, différents comptes enregistrent les opérations liées à un aspect spécifique de la vie économique (par exemple, la production). Dans le compte de production, les emplois et les ressources ne s'équilibreront pas sans l'ajout d'un solde comptable. De même, il conviendra d'introduire un solde comptable (valeur nette) entre le total des actifs et le total des passifs d'une unité ou d'un secteur institutionnels. Si les soldes comptables constituent déjà comme tels de précieux instruments de mesure des performances économiques, une fois totalisés à l'échelon de l'économie totale, ils s'avèrent être des agrégats particulièrement intéressants.
La séquence des comptes
1.113
Le SEC 2010 est articulé autour d'une séquence de comptes liés les uns aux autres. La séquence complète des comptes des unités et secteurs institutionnels comprend les comptes des opérations courantes, les comptes d'accumulation et les comptes de patrimoine.
1.114
Les comptes des opérations courantes traitent de la production, de la formation, de la distribution et de la redistribution du revenu, ainsi que de l'utilisation de celui-ci sous forme de consommation finale. Les comptes d'accumulation retracent toutes les variations des actifs, des passifs et de la valeur nette (c'est-à-dire, pour chaque unité ou groupe d'unités institutionnelles, la différence entre ses actifs et ses passifs). Les comptes de patrimoine s'intéressent aux stocks d'actifs et de passifs et à la valeur nette.
1.115
Pour les UAE locales et les branches d'activité, la séquence des comptes est limitée aux premiers comptes des opérations courantes, à savoir le compte de production et le compte d'exploitation, le solde comptable de ce dernier étant l'excédent d'exploitation.
Le compte de biens et services
1.116
Le compte de biens et services présente, pour l'économie totale ou pour des groupes de produits, le total des ressources (production et importations) et des emplois de biens et de services (consommation intermédiaire, consommation finale, variation des stocks, formation brute de capital fixe, acquisitions moins cessions d'objets de valeur et exportations). Il ne s'agit pas d'un compte comme les autres comptes de la séquence puisqu'il ne conduit pas à l'obtention d'un solde comptable à répercuter sur le compte suivant dans la séquence. Il s'agit plutôt de la présentation, sous forme de tableau, d'une identité comptable, selon laquelle, dans l'économie, les ressources sont égales aux emplois pour tous les produits et groupes de produits.
Le compte du reste du monde
1.117
Le compte du reste du monde couvre les opérations entre unités institutionnelles résidentes et non résidentes et les stocks d'actifs et de passifs correspondants.
Le reste du monde jouant dans la structure comptable un rôle identique à celui d'un secteur institutionnel, son compte est élaboré en se plaçant de son point de vue. Une ressource pour le reste du monde est donc un emploi pour l'économie totale et vice versa. Un solde comptable positif représente un excédent pour le reste du monde et un déficit pour l'économie totale et inversement.
Le compte du reste du monde se différencie des comptes des autres secteurs en ce qu'il ne fait pas apparaître toutes les opérations comptables dans le reste du monde, mais uniquement celles qui ont une contrepartie dans l'économie nationale observée.
Soldes comptables
1.118
Un solde comptable correspond à la différence entre les valeurs totales des entrées dans les deux parties d'un compte.
Les soldes comptables fournissent de nombreuses informations utiles et comprennent quelques-uns des enregistrements comptables les plus importants. Parmi les plus significatifs, on relèvera la valeur ajoutée, l'excédent d'exploitation, le revenu disponible, l'épargne et la capacité/le besoin de financement.
Le diagramme suivant montre la séquence des comptes en termes de flux (les soldes comptables figurent en caractères gras).