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AccueilDroit européen22024A01414
Accord international22024A01414

Accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République de Côte d’Ivoire sur l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT)

CELEX22024A01414
TypeAccord international
Datelundi 19 février 2024

Résumé IA

Cet accord établit un cadre juridique contraignant pour garantir que les bois et produits dérivés exportés de Côte d'Ivoire vers l'UE sont issus de sources légales, via un système d'autorisation FLEGT. Il impose à la Côte d'Ivoire de mettre en place un système de traçabilité et de vérification de la légalité, dont le respect conditionne l'accès au marché européen. Pour le professionnel français, cet accord renforce les obligations de diligence raisonnée des opérateurs importateurs, qui devront vérifier la validité des autorisations FLEGT ivoiriennes pour se conformer au règlement bois de l'UE.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/1414

27.5.2024

Accord de partenariat volontaire entre l’Union européenne et la République de Côte d’Ivoire sur l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux des bois et produits dérivés vers l’Union européenne (FLEGT)

L’UNION EUROPÉENNE, ci-après dénommée «Union»,

et

LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, ci-après dénommée «Côte d’Ivoire»,

ci-après dénommées individuellement «Partie» et conjointement «Parties»,

CONSIDÉRANT les relations étroites de coopération entre l’Union et la Côte d’Ivoire, notamment dans le cadre de l’accord de partenariat entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, signé à Cotonou le 23 juin 2000 et révisé à Luxembourg le 25 juin 2005, ainsi que dans le cadre de l’accord de partenariat économique d’étape entre la Côte d’Ivoire, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, signé à Abidjan le 26 novembre 2008 et à Bruxelles le 22 janvier 2009;

CONSIDÉRANT que la communication de la Commission européenne au Conseil de l’Union européenne et au Parlement européen intitulée «Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux (FLEGT) — Proposition relative à un plan d’action de l’Union européenne» du 21 mai 2003 constitue une première étape dans la lutte contre le problème urgent de l’exploitation forestière illégale et le commerce qui y est associé;

CONSCIENTES de l’importance des principes définis dans la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, adoptée par la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement du 3 au 14 juin 1992, notamment de son principe 10 concernant l’importance de l’accès à l’information, de la sensibilisation du public et de sa participation au traitement des questions environnementales, et de son principe 20 concernant le rôle vital des femmes dans la gestion de l’environnement et le développement, ainsi que de son principe 22 concernant le rôle vital des populations et communautés autochtones et des autres collectivités locales dans la gestion de l’environnement et le développement;

CONSIDÉRANT la déclaration de principes, non juridiquement contraignante mais faisant autorité, pour un consensus mondial sur la gestion, la conservation et l’exploitation écologiquement viable de tous les types de forêts, également adoptée par la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement du 3 au 14 juin 1992 et la résolution, instrument juridiquement non contraignant, concernant tous les types de forêts, adoptée le 17 décembre 2007 par l’Assemblée générale des Nations unies;

VU la convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles, adoptée le 11 juillet 2003 à Maputo;

VU la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), notamment la nécessité de disposer de permis d’exportation CITES ou de certificats d’origine, délivrés par les parties à la CITES, pour des spécimens d’essences forestières énumérées dans ses annexes II ou III;

RÉAFFIRMANT l’importance accordée par les Parties aux principes et aux règles qui régissent les échanges commerciaux multilatéraux, en particulier les droits et obligations prévus par l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 et par les autres accords multilatéraux énumérés à l’annexe 1A de l’accord instituant l’Organisation mondiale du commerce signé à Marrakech le 15 avril 1994, ainsi que la nécessité de les appliquer de manière transparente et non discriminatoire;

VU le règlement (CE) no 2173/2005 du Conseil du 20 décembre 2005 concernant la mise en place d’un régime d’autorisation FLEGT relatif aux importations de bois dans la Communauté européenne (1);

RECONNAISSANT la contribution apportée par la mise en œuvre d’un accord de partenariat volontaire FLEGT à la lutte contre le changement climatique, aux efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de la déforestation et de la dégradation des forêts incluant la conservation, l’augmentation des stocks de carbone et la gestion durable des forêts (REDD+);

RECONNAISSANT le rôle des forêts pour atténuer les effets du changement climatique et rappelant dans ce contexte l’accord de Paris adopté le 12 décembre 2015 au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en particulier son article 5 sur la prise de mesures pour conserver et, le cas échéant, renforcer les puits et réservoirs de gaz à effet de serre, notamment les forêts;

RÉAFFIRMANT les engagements à stopper et à inverser la déforestation et la dégradation des sols d’ici à 2030, contenus dans la déclaration des dirigeants à Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres, signée par les Parties à l’occasion du sommet mondial sur le climat (COP26) tenu en Écosse du 31 octobre au 13 novembre 2021;

RÉAFFIRMANT l’engagement et la détermination des Parties en faveur des objectifs de développement durable des Nations unies énoncés dans le programme 2030, et en particulier la contribution que la mise en œuvre d’un accord de partenariat volontaire FLEGT apportera à la réalisation des objectifs 5 et 15 visant, respectivement, à réaliser l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes et des filles, ainsi qu’à promouvoir la gestion durable des forêts, à mettre un terme à la déforestation et à prendre des mesures pour s’attaquer au problème du trafic de produits illicites issus d’espèces sauvages;

RECONNAISSANT les efforts déployés par la Côte d’Ivoire pour mettre en place un système de vérification de la légalité ayant pour objectif de garantir que tous les bois et produits dérivés soient conformes au cadre juridique et s’appliquant au marché national et aux exportations de bois et de produits dérivés provenant de la Côte d’Ivoire;

CONSIDÉRANT l’importance accordée par les Parties à la participation de l’ensemble des parties prenantes concernées, sans discrimination, notamment la société civile, le secteur privé ainsi que la population locale, et à la réussite des politiques de gouvernance forestière, en particulier par des consultations et l’information du public;

CONSIDÉRANT la Politique de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts de la Côte d’Ivoire et la règlementation forestière ivoirienne qui visent à préserver la biodiversité, atteindre un couvert forestier de 20 % à l’horizon de 2030, maintenir un climat favorable au développement des activités socio-économiques et agricoles et respecter les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire;

CONSIDÉRANT que le présent Accord constitue un des piliers centraux du programme d’amélioration de la gouvernance forestière en Côte d’Ivoire, principalement en ce qui concerne l’application des dispositions du Code Forestier, de la loi relative au domaine foncier rural, du Code du Travail, du Code de l’Environnement, de la règlementation douanière et de la règlementation sur le commerce ainsi que des autres dispositions règlementaires nationales et internationales en matière de gestion durable des forêts et du commerce de bois;

CONSIDÉRANT que la législation forestière de la Côte d’Ivoire fixe les règles relatives à la gestion durable des forêts et définit un cadre favorable à la mise en œuvre de la Politique de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts;

CONSIDÉRANT que les traités internationaux sur l’environnement et la foresterie ratifiés par la Côte d’Ivoire font partie de la législation nationale, laquelle à son tour sert de base à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique forestière du pays;

RÉAFFIRMANT les principes du respect mutuel, de la souveraineté, de l’égalité et de la non-discrimination des Parties et reconnaissant les avantages découlant du présent Accord,

SONT CONVENUES DE CE QUI SUIT:

Article 1

Définitions

Aux fins du présent Accord, on entend par:

a)

«autorité de délivrance des autorisations», l’organe désigné ou créé par la Côte d’Ivoire pour émettre et valider les autorisations FLEGT;

b)

«autorisation FLEGT», un document émis par la Côte d’Ivoire, sur support papier ou électronique, qui atteste que les bois ou produits dérivés d’une expédition destinée à l’exportation vers l’Union sont produits et vérifiés conformément à la règlementation en vigueur et au présent Accord;

c)

«autorités compétentes», les autorités désignées par les États membres de l’Union pour recevoir, vérifier et accepter les autorisations FLEGT;

d)

«bois et produits dérivés», les produits énumérés à l’annexe I;

e)

«bois et produits dérivés en transit», tous bois et produits dérivés originaires d’un pays tiers qui entrent sur le territoire de la Côte d’Ivoire sous contrôle douanier et le quittent sous la même forme tout en conservant leur pays d’origine et sans avoir été transformés ou commercialisés;

f)

«bois produit légalement», les bois et produits dérivés récoltés ou importés et produits conformément à la législation de la Côte d’Ivoire figurant à l’annexe II; dans le cas du bois importé, il s’agit de produits des bois récoltés, produits et exportés conformément à la législation du pays de récolte et aux procédures décrites à l’annexe III;

g)

«code SH», un code d’un maximum de six chiffres figurant dans la nomenclature du système harmonisé de désignation et de codification des marchandises établi par la convention internationale sur le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises de l’Organisation mondiale des douanes faite à Bruxelles le 14 juin 1983, et ses amendements subséquents;

h)

«expédition», une quantité de bois et de produits dérivés couverte par une autorisation FLEGT, envoyée au départ de la Côte d’Ivoire par un expéditeur et présentée à un bureau de douane de l’Union en vue de sa mise en libre pratique;

i)

«exportation», l’action de sortir ou de faire sortir du territoire douanier de la Côte d’Ivoire des bois et produits dérivés;

j)

«importation dans l’Union», la mise en libre pratique dans l’Union, au sens de l’article 201 du règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil du 9 octobre 2013 établissant le code des douanes de l’Union (2), de bois et produits dérivés qui ne peuvent être qualifiés de «marchandises dépourvues de tout caractère commercial» selon la définition figurant à l’article 1, point 21), du règlement délégué (UE) 2015/2446 de la Commission du 28 juillet 2015 complétant le règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les règles détaillées relatives à certaines dispositions du code des douanes de l’Union (3);

k)

«mise en libre pratique», une procédure douanière de l’Union qui confère le statut douanier de marchandises de l’Union à des marchandises qui ne sont pas de l’Union conformément à l’article 201 du règlement (UE) no 952/2013.

Article 2

Objet

1. L’objet du présent Accord, conformément à l’engagement commun des Parties à gérer durablement tous les types de forêts, est, d’une part, de fournir un cadre juridique pour assurer que tous les bois et produits dérivés tels que définis à l’article 1, point d), et importés dans l’Union à partir de la Côte d’Ivoire ont été produits légalement et, d’autre part, de promouvoir le commerce de ces bois et produits dérivés ainsi que la mise en œuvre du principe de durabilité.

2. Le présent Accord fournit également une base pour le dialogue et la coopération entre les Parties afin de faciliter et de promouvoir sa mise en œuvre intégrale, ainsi que de renforcer l’application des règlementations forestières et la gouvernance.

Article 3

Régime d’autorisation FLEGT

1. Un régime d’autorisation FLEGT est institué entre les Parties. Ce régime instaure un ensemble de procédures et d’exigences pour vérifier et attester, au moyen d’autorisations FLEGT, que les bois et produits dérivés expédiés vers l’Union ont été produits légalement. Conformément au règlement (CE) no 2173/2005 et au présent Accord, l’Union n’accepte de telles expéditions en provenance de la Côte d’Ivoire pour importation dans l’Union que si elles sont couvertes par des autorisations FLEGT.

2. Le régime d’autorisation FLEGT s’applique aux bois et produits dérivés tels que définis à l’article 1, point d).

3. Les Parties conviennent de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre le régime d’autorisation FLEGT.

Article 4

Autorité de délivrance des autorisations

1. La Côte d’Ivoire désigne l’autorité de délivrance des autorisations et communique ses coordonnées à la Commission européenne. Les Parties rendent ces informations publiques.

2. L’autorité de délivrance des autorisations délivre des autorisations FLEGT couvrant les expéditions de bois produit légalement en Côte d’Ivoire et destiné à l’exportation vers l’Union, suivant les procédures décrites à l’annexe V.

3. L’autorité de délivrance des autorisations ne délivre des autorisations FLEGT que pour des expéditions de bois et produits dérivés qui ont fait l’objet d’une vérification qui a confirmé leur légalité comme prévu à l’article 8.

4. Conformément au principe de transparence, l’autorité de délivrance des autorisations conserve et rend publiques ses procédures de délivrance des autorisations FLEGT. Elle tient également à jour les registres de toutes les expéditions couvertes par des autorisations FLEGT et, dans le respect de la législation nationale relative à la protection des données, les rend accessibles, aux fins des audits indépendants comme prévu à l’article 10 du présent Accord et de l’observation indépendante comme prévu à l’annexe III.

Article 5

Autorités compétentes

1. La Commission européenne communique à la Côte d’Ivoire les coordonnées des autorités compétentes. Les Parties rendent ces informations publiques.

2. Les autorités compétentes vérifient que chaque expédition est couverte par une autorisation FLEGT en cours de validité avant de la mettre en libre pratique dans l’Union. Cette mise en libre pratique peut être suspendue et l’expédition peut être retenue en cas de doute quant à la validité de l’autorisation FLEGT.

3. Les autorités compétentes tiennent à jour et publient annuellement un relevé des autorisations FLEGT reçues.

4. Conformément à la législation nationale relative à la protection des données, les autorités compétentes accordent à l’auditeur indépendant désigné par la Côte d’Ivoire l’accès aux données et aux documents pertinents.

5. Le bois et les produits dérivés issus des essences énumérées dans les annexes de la convention CITES et couverts par une autorisation FLEGT ne sont soumis, à leur entrée dans l’Union, qu’à la seule vérification prescrite par le règlement (CE) no 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce (4). En toute hypothèse, l’autorisation FLEGT fournit l’assurance d’une récolte légale desdits produits.

Article 6

Autorisations FLEGT

1. Les autorisations FLEGT sont émises par l’autorité de délivrance des autorisations pour attester que les bois et produits dérivés ont été produits légalement.

2. Les autorisations FLEGT sont établies suivant le modèle figurant à l’appendice 1 de l’annexe V. Elles sont rédigées en français.

3. Les Parties peuvent, d’un commun accord, établir un système électronique pour l’émission, la transmission et la réception des autorisations FLEGT.

4. La procédure d’émission des autorisations FLEGT ainsi que les spécifications techniques des autorisations FLEGT sont décrites à l’annexe V.

Article 7

Bois produit légalement

Aux fins du présent Accord, une définition du «bois produit légalement» est donnée à l’article 1, point f), et précisée à l’annexe II. Cette annexe décrit la législation ivoirienne à respecter pour que les bois et produits dérivés puissent être couverts par une autorisation FLEGT. Cette annexe comprend également une documentation comportant les principes, critères et indicateurs servant à prouver le respect de cette législation.

Article 8

Vérification de la légalité du bois et produits dérivés

1. La Côte d’Ivoire met en place un système pour vérifier que les bois et produits dérivés destinés à être expédiés ont été produits légalement et que seules les expéditions vérifiées comme telles sont exportées vers l’Union (ci-après dénommé «système de vérification de la légalité» ou SVL). Le SVL prévoit des procédures et des contrôles de conformité pour s’assurer qu’aucun bois d’origine illégale ou inconnue n’entre dans la chaîne d’approvisionnement. En utilisant ce système, la Côte d’Ivoire vérifie également la légalité du bois et des produits dérivés importés.

2. Le SVL est décrit à l’annexe III.

Article 9

Mise en libre pratique des expéditions couvertes par une autorisation FLEGT

1. Les procédures régissant la mise en libre pratique dans l’Union d’expéditions couvertes par une autorisation FLEGT sont décrites à l’annexe IV.

2. Lorsque les autorités compétentes ont des motifs valables de soupçonner qu’une autorisation FLEGT n’est pas en cours de validité ou authentique ou ne correspond pas à l’expédition qu’elle prétend couvrir, l’autorité compétente applique les procédures prévues à l’annexe IV.

3. En cas de désaccords ou de difficultés persistants dans les consultations relatives aux autorisations FLEGT, ces désaccords ou ces difficultés peuvent être soumis au Comité conjoint de mise en œuvre (CCMO) institué en vertu de l’article 19.

Article 10

Auditeur indépendant

1. Les Parties s’accordent sur la nécessité de recourir aux services d’un auditeur indépendant à intervalles fixés d’un commun accord pour s’assurer de la bonne exécution et de l’efficacité du SVL de la Côte d’Ivoire, comme défini à l’annexe VI.

2. La Côte d’Ivoire engage un auditeur indépendant, en consultation avec l’Union, pour les tâches énumérées à l’annexe VI.

3. L’auditeur indépendant communique ses observations aux Parties au moyen de rapports, selon la procédure décrite à l’annexe VI. Les rapports de l’auditeur indépendant sont publiés suivant les modalités prévues à l’annexe VI.

4. Les Parties facilitent le travail de l’auditeur indépendant, en veillant notamment à ce que celui-ci ait accès aux informations nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Toutefois, les Parties peuvent, conformément à leurs législations respectives sur la protection des données, s’abstenir de divulguer toute information qu’elles ne sont pas autorisées à communiquer.

Article 11

Irrégularités

Les Parties s’informent mutuellement par écrit, conformément à l’article 21 du présent Accord, de leurs soupçons ou constats de contournement ou d’irrégularités dans le régime d’autorisation FLEGT, notamment, en ce qui concerne:

a)

les échanges commerciaux frauduleux, notamment par la réorientation de flux commerciaux de la Côte d’Ivoire vers l’Union via un pays tiers lorsque l’opération vise vraisemblablement à éviter la demande d’autorisation;

b)

les autorisations FLEGT couvrant des bois et produits dérivés qui contiennent du bois provenant d’un pays tiers et suspecté d’être produit illégalement;

c)

la fraude dans l’obtention ou l’utilisation des autorisations FLEGT.

Article 12

Date de début de mise en œuvre du régime d’autorisation FLEGT

1. Les Parties s’informent mutuellement, dans le cadre du CCMO, dès lors qu’elles considèrent avoir accompli tous les préparatifs nécessaires pour une mise en œuvre complète du régime d’autorisation FLEGT.

2. Les Parties commandent une évaluation indépendante du régime d’autorisation FLEGT fondée sur les critères définis dans l’annexe VII. L’évaluation indépendante détermine si le SVL sur lequel repose le régime d’autorisation FLEGT remplit adéquatement ses fonctions.

3. Sur la base des recommandations du CCMO, les Parties conviennent d’une date de début de mise en œuvre du régime d’autorisation FLEGT.

4. Les Parties se notifient cette date par écrit conformément à l’article 21 du présent Accord.

Article 13

Application du SVL aux bois et produits dérivés non exportés vers l’Union

Au moyen du SVL, la Côte d’Ivoire vérifie la légalité du bois et des produits dérivés destinés tant à la consommation nationale qu’à l’exportation vers des marchés hors Union.

Article 14

Calendrier de mise en œuvre

1. Dans le cadre du CCMO, les Parties approuvent un calendrier pour la mise en œuvre du présent Accord.

2. Le CCMO évalue les progrès accomplis dans la mise en œuvre du présent Accord par rapport au calendrier approuvé.

Article 15

Mesures d’accompagnement

1. Les domaines dans lesquels des mesures d’accompagnement, notamment des ressources techniques et financières complémentaires, sont nécessaires pour la mise en œuvre du présent Accord et la lutte contre les causes et les facteurs de l’exploitation illégale des forêts sont mentionnés à l’annexe VIII.

2. La Côte d’Ivoire veille à ce que la mise en œuvre du présent Accord soit intégrée dans ses instruments nationaux de planification et son budget national.

3. Les Parties veillent à ce que les activités associées à la mise en œuvre du présent Accord soient menées en coordination avec les programmes et initiatives de développement existants ou à venir, en particulier ceux liés à la REDD+.

4. La mise à disposition de toutes ressources nécessaires pour la mise en œuvre du présent Accord se fait conformément aux procédures de l’Union et de ses États membres en matière de programmation de la coopération avec la Côte d’Ivoire, ainsi qu’aux procédures budgétaires de la Côte d’Ivoire.

Article 16

Implication des parties prenantes

1. La Côte d’Ivoire associe ses parties prenantes concernées à la mise en œuvre du présent Accord, notamment les organisations de la société civile, les entreprises et syndicats du secteur privé et les populations locales par le biais de la chefferie traditionnelle.

2. La Côte d’Ivoire veille à ce que la mise en œuvre et le suivi du présent Accord se déroulent de manière transparente avec la participation des parties prenantes concernées.

3. Les Parties veillent à la prise en compte du genre, particulièrement à une meilleure reconnaissance du rôle des femmes et des filles dans la gouvernance forestière et la mise en œuvre du présent Accord.

4. L’Union consulte régulièrement ses parties prenantes au sujet de la mise en œuvre du présent Accord, en tenant compte de ses obligations au titre de la convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, signée à Aarhus le 25 juin 1998.

Article 17

Protections sociales

1. Afin de minimiser les effets négatifs éventuels sur les parties prenantes identifiées à l’article 16, paragraphe 1, notamment les populations locales, les Parties conviennent d’évaluer l’incidence du présent Accord sur leurs modes et conditions de vie.

2. Les Parties surveillent les effets du présent Accord sur les parties prenantes identifiées à l’article 16, paragraphe 1, notamment les populations locales, et prennent des mesures appropriées en vue d’en atténuer les effets négatifs. Les Parties peuvent convenir de mesures supplémentaires pour faire face aux éventuels effets négatifs, sur la base d’une méthode d’évaluation du présent Accord à décider entre elles.

Article 18

Mesures incitatives relatives au marché

Compte tenu de ses obligations internationales, l’Union promeut un accès favorable à son marché des bois et produits dérivés, notamment à travers l’encouragement de politiques d’achat publiques et privées qui reconnaissent les efforts fournis pour assurer un approvisionnement en bois et produits dérivés produits légalement.

Article 19

Comité conjoint de mise en œuvre

1. Pour assurer la gouvernance du présent Accord, les Parties établissent un comité conjoint de mise en œuvre (CCMO). Les missions et les tâches spécifiques du CCMO incluent la gestion, le suivi et l’évaluation du présent Accord, le dialogue et l’échange d’informations entre les Parties. Ces missions et ces tâches sont décrites à l’annexe X.

2. Le CCMO est constitué dans les trois mois suivant l’entrée en vigueur du présent Accord. À cet effet, chaque Partie désigne ses représentants au CCMO. Le CCMO prend ses décisions par consensus. Il est co-présidé par deux hauts fonctionnaires désignés par chaque Partie, à raison d’un représentant par Partie.

3. Le CCMO établit son règlement intérieur.

4. Le CCMO se réunit au moins deux fois par an au cours des deux premières années et au moins une fois par an par la suite, à une date et avec un ordre du jour convenus à l’avance par les Parties. Des réunions complémentaires peuvent être convoquées à la demande de l’une ou l’autre des Parties.

5. Le CCMO veille à ce que ses travaux soient transparents et à ce que les informations concernant ses travaux et ses décisions soient accessibles au public.

6. Le CCMO publie un rapport annuel. Les informations à inclure dans ce rapport figurent à l’annexe IX.

Article 20

Transparence et accès aux informations publiques

1. Afin d’améliorer la gouvernance, la communication d’informations aux parties prenantes est au centre du présent Accord. Des informations sont régulièrement publiées pour faciliter la mise en œuvre et le suivi du régime d’autorisation FLEGT, accroître la transparence et améliorer la confiance des consommateurs et des parties prenantes, ainsi que pour assurer l’obligation pour les Parties de rendre des comptes. Les informations rendues publiques sont détaillées dans l’annexe IX.

2. Chaque Partie met en place les mécanismes de communication les plus appropriés (notamment via l’internet et les médias, en publiant des documents ou des rapports, en organisant des ateliers) pour divulguer les informations au public.

3. En particulier, les Parties s’engagent à mettre à disposition des différentes parties prenantes des informations fiables, pertinentes et actualisées.

4. Conformément à leur législation respective, les Parties conviennent de ne pas divulguer les informations confidentielles échangées dans le cadre du présent Accord. Les Parties s’abstiennent de divulguer au public les informations échangées dans le cadre du présent Accord qui concernent des secrets commerciaux et des informations commerciales confidentielles, et ne permettent pas non plus à leurs autorités respectives, leur personnel ou leurs contractants de divulguer ces informations.

Article 21

Communication relative à la mise en œuvre

1. Les représentants des Parties chargés des communications officielles concernant la mise en œuvre du présent Accord sont:

—

pour l’Union, le chef de la Délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire;

—

pour la Côte d’Ivoire, le ministre chargé des forêts.

2. Les Parties se communiquent en temps utile les informations nécessaires à la mise en œuvre du présent Accord.

3. Les Parties s’efforcent de communiquer avec le public de façon coordonnée et non contradictoire sur l’interprétation et la mise en œuvre du présent Accord.

Article 22

Application territoriale

Le présent Accord s’applique, d’une part, aux territoires où le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne sont applicables dans les conditions prévues par lesdits traités, et, d’autre part, au territoire de la Côte d’Ivoire.

Article 23

Concertation et médiation

1. En tout temps, les Parties s’efforcent de s’entendre sur l’interprétation et la mise en œuvre du présent Accord. En cas de désaccord ou conflit, les Parties s’efforcent de trouver des solutions par la concertation et la médiation.

2. Une Partie souhaitant initier la concertation notifie par écrit à l’autre Partie et au CCMO sa demande de concertation, en en précisant l’objet et en en résumant les raisons.

3. La concertation démarre dans les 40 jours et est présumée conclue dans les 90 jours à partir de la date de soumission de la demande de concertation, sauf si les Parties en conviennent différemment. Cependant, en cas d’urgence, chacune des deux Parties peut demander que la concertation soit initiée dans les 5 jours et conclue dans les 30 jours suivants la demande, sauf si les Parties en conviennent différemment.

4. Si la concertation ne conduit pas à une résolution de commun accord du désaccord ou du conflit, les Parties peuvent convenir d’avoir recours à un médiateur. Nonobstant ce recours, chacune des Parties peut soumettre l’affaire à l’arbitrage directement.

5. Les Parties s’accordent sur la sélection d’un médiateur dans les 15 jours après s’être mises d’accord sur la demande de médiation. Le médiateur reçoit les soumissions des Parties et convient d’une séance de médiation. Sauf si les Parties en conviennent différemment, dans les 60 jours à partir de sa sélection, le médiateur soumet aux deux Parties une opinion sur la résolution du désaccord ou du conflit conformément au présent Accord.

6. L’opinion du médiateur n’est pas juridiquement contraignante.

Article 24

Arbitrage

1. Au cas où la concertation et, le cas échéant, la médiation n’ont pas conduit à la résolution du désaccord ou du conflit telle que prévue à l’article 23, tout litige, différend ou réclamation né du présent Accord ou se rapportant au présent Accord, ou à son existence, à son interprétation, à sa mise en œuvre, à son inexécution, à sa résolution ou à sa nullité, est tranché par voie d’arbitrage conformément au règlement d’arbitrage de la Cour permanente d’arbitrage de 2012.

a)

Le nombre d’arbitres est fixé à trois.

b)

Le lieu d’arbitrage se situe à La Haye, aux Pays-Bas.

c)

La langue à utiliser pour la procédure arbitrale est le français.

2. Chacune des Parties peut demander la mise en place d’un tribunal arbitral en notifiant sa demande à l’autre Partie et à la Cour permanente d’arbitrage de 2012 par écrit.

3. Les décisions du tribunal arbitral sont juridiquement contraignantes pour les Parties qui prendront toute mesure nécessaire pour les mettre en œuvre de bonne foi.

4. Chacune des Parties informe l’autre Partie et le CCMO des mesures prises pour mettre en œuvre la décision du tribunal arbitral. Le CCMO analyse les mesures prises et si nécessaire peut recommander la prise de mesures additionnelles ou correctives pour assurer le respect de la décision du tribunal arbitral. Chaque Partie peut demander au tribunal arbitral de se prononcer sur le respect de sa décision arbitrale originale.

5. Le CCMO établit les procédures d’arbitrage pour autant qu’elles diffèrent du règlement d’arbitrage de la Cour permanente d’arbitrage de 2012.

Article 25

Suspension

1. Une Partie souhaitant suspendre le présent Accord notifie par écrit à l’autre Partie son intention de le faire en précisant les raisons. La question est ensuite débattue par les Parties, en tenant compte des avis des parties prenantes concernées.

2. Chaque Partie peut suspendre la mise en œuvre du présent Accord dans l’un des cas suivants où l’autre Partie:

a)

ne remplit pas les obligations qui lui incombent en vertu du présent Accord;

b)

manque à son obligation de maintenir les mesures réglementaires et administratives, ainsi que les moyens nécessaires à la mise en œuvre du présent Accord;

c)

crée, par son action ou son inaction, des risques importants pour l’environnement, la santé ou la sécurité de la population de l’Union ou de la Côte d’Ivoire.

3. Les conditions du présent Accord cessent de s’appliquer 30 jours calendaires après la notification prévue au paragraphe 1.

4. L’application du présent Accord reprend 30 jours calendaires après que la Partie qui l’a suspendue informe l’autre Partie que les raisons de la suspension ne s’appliquent plus.

Article 26

Amendements

1. Une Partie qui souhaite modifier le présent Accord soumet une proposition à l’autre partie au moins 90 jours calendaires avant la prochaine réunion du CCMO. Ce dernier examine la proposition et, en cas de consensus, fait une recommandation. Chaque Partie examine la recommandation et, si elle l’agrée, en informe l’autre en vue de convenir d’une date pour la signature de l’amendement. À la suite de cette signature, chaque Partie l’adopte ou le ratifie selon ses propres procédures.

2. Tout amendement ainsi adopté ou ratifié par les Parties entre en vigueur le premier jour du mois suivant la date à laquelle les Parties se sont notifiées l’achèvement des procédures nécessaires à cet effet.

3. Par dérogation au paragraphe 1, après recommandation par le CCMO et approbation par les Parties, le CCMO peut adopter des amendements des annexes du présent Accord.

4. La notification de tout amendement est adressée au dépositaire du présent Accord.

Article 27

Durée

Le présent Accord a une durée de validité de 10 ans à partir de son entrée en vigueur. Il est prorogé de plein droit pour des périodes consécutives de 10 ans, à moins qu’une Partie ne le dénonce conformément à la procédure prévue par l’article 28.

Article 28

Dénonciation

Chaque Partie peut dénoncer le présent Accord par notification écrite à l’autre Partie. Le présent Accord cesse de s’appliquer 12 mois après la date de cette notification.

Article 29

Annexes

Les annexes au présent Accord font partie intégrante de celui-ci.

Article 30

Textes faisant foi

Le présent Accord est rédigé en double exemplaire en langues allemande, anglaise, bulgare, croate, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, grecque, hongroise, irlandaise, italienne, lettonne, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise et tchèque, tous les textes faisant également foi. En cas de divergence, la version française prévaut.

Article 31

Entrée en vigueur

1. Le présent Accord entre en vigueur le premier jour suivant le mois au cours duquel a été effectuée la dernière notification par les Parties, par écrit, de l’achèvement de leurs procédures respectives nécessaires à cette fin.

2. La notification est adressée au secrétaire général du Conseil de l’Union européenne, qui est le dépositaire du présent Accord.

EN FOI DE QUOI, les plénipotentiaires soussignés, dûment habilités à cet effet, ont signé le présent Accord.

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