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AccueilDroit européen22024A02151
Accord international22024A02151

Protocole (2024-2029) relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Cabo Verde

CELEX22024A02151
TypeAccord international
Datemardi 23 juillet 2024

Résumé IA

Ce protocole fixe pour la période 2024-2029 les possibilités de pêche accordées aux navires de l'Union européenne dans les eaux de Cabo Verde, ainsi que la contrepartie financière correspondante. Il définit les conditions d'accès, les catégories de pêche autorisées (thoniers, palangriers) et les obligations en matière de contribution au développement durable du secteur local. Pour le professionnel français, ce texte constitue le cadre juridique applicable pour l'exploitation des ressources halieutiques de Cabo Verde par les armements européens.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/2151

21.8.2024

Protocole (2024-2029) relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Cabo Verde

Article 1

Définitions

Aux fins du présent protocole, les définitions énoncées à l’article 2 de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Cabo Verde (1) (ci-après dénommée «l’accord») sont applicables.

De plus, on entend par:

a)

l’Union européenne, autrefois la Communauté européenne: ci-après dénommée «l’Union»;

b)

la République de Cabo Verde: ci-après dénommée «Cabo Verde»;

ci-après dénommées conjointement les «parties»;

c)

«zone de pêche de Cabo Verde»: les eaux de Cabo Verde auxquelles les navires de pêche de l’Union peuvent accéder pour y mener leurs activités;

d)

«captures»: les espèces aquatiques marines prises par un engin de pêche déployé par un navire de pêche;

e)

«débarquement»: le déchargement de toute quantité de produits de la pêche d’un navire de pêche à terre;

f)

«délégation»: la délégation de l’Union européenne à Cabo Verde;

g)

«licence de pêche»: le droit ou la licence d’exercer des activités de pêche, pour certaines espèces, avec certains engins de pêche, dans les zones de pêche spécifiées et durant une période spécifique; équivaut aux termes «autorisation de pêche» en droit de l’Union;

h)

«pêche durable»: la pêche conforme aux objectifs et principes consacrés par le Code de conduite pour une pêche responsable adopté lors de la conférence de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 1995;

i)

«navire de l’Union»: tout navire de pêche battant pavillon d’un État membre de l’Union et immatriculé dans l’Union;

j)

«pêcheur»: toute personne employée ou engagée à quelque titre que ce soit ou exerçant une activité professionnelle à bord d’un navire de pêche, y compris les personnes travaillant à bord qui sont rémunérées à la part, mais à l’exclusion des pilotes, des équipages de la flotte de guerre, des autres personnes au service permanent du gouvernement, des personnes basées à terre chargées d’effectuer des travaux à bord d’un navire de pêche et des observateurs des pêches. Les marins ACP tels qu’ils sont définis dans l’accord doivent être entendus comme des pêcheurs au sens de la présente définition;

k)

«opérateur»: toute personne physique ou morale qui gère ou détient une entreprise exerçant une activité liée à n’importe quelle étape des chaînes de production, transformation, commercialisation, distribution et vente au détail des produits de la pêche et de l’aquaculture;

l)

«protocole»: le présent protocole de mise en œuvre de l’accord, ainsi que son annexe et les appendices de cette dernière;

m)

«circonstances anormales»: circonstances autres que des phénomènes naturels, qui échappent au contrôle raisonnable d’une des parties, de nature à empêcher l’exercice de l’activité de pêche dans les eaux de Cabo Verde;

n)

«possibilités de pêche»: droit de pêche quantifié exprimé en termes de captures ou en nombre de navires;

o)

«navire d’appui»: tout navire de l’Union, autre qu’une embarcation transportée à bord, qui facilite, assiste ou prépare les opérations de pêche, n’étant pas équipé pour la capture de poisson et n’étant pas utilisé pour des opérations de transbordement;

p)

«produits de la pêche»: les organismes aquatiques résultants d’une activité de pêche;

q)

«produits de l’aquaculture»: les organismes aquatiques résultant d’une activité aquacole, quel que soit le stade de leur cycle de vie, ou des produits qui en sont issus;

r)

«secteur de la pêche»: le secteur économique qui couvre toutes les activités de production, de transformation et de commercialisation des produits de la pêche et de l’aquaculture.

Article 2

Principes

1. Les parties s’engagent à promouvoir une pêche responsable dans la zone de pêche de Cabo Verde sur la base du principe de non-discrimination. Cabo Verde s’engage à appliquer les mêmes mesures techniques et de conservation à toutes les flottes thonières industrielles opérant dans sa zone de pêche dans le but de contribuer à la bonne gouvernance des pêches.

2. Les parties s’engagent à assurer la mise en œuvre de l’accordconformément aux articles 8 et 9 de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique,, d’autre part (2), (ci-après dénommé «l’accord de Samoa»), sur les éléments essentiels concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’état de droit, et l’élément fondamental concernant la bonne gestion des affaires publiques, le développement durable et la gestion durable et saine de l’environnement.

3. Les conditions d’emploi et de travail des pêcheurs embarqués sur les navires de l’Union ne doivent pas être contraires aux instruments applicables aux pêcheurs de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), notamment la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998), telle qu’elle a été amendée en 2022, et la convention no 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche. Cela inclut notamment le respect de la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit des travailleurs à la négociation collective, l’élimination du travail forcé et du travail des enfants, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession, ainsi qu’un environnement de travail sûr et sain et des conditions de vie et de travail décentes à bord des navires de pêche de l’Union.

4. Les parties s’engagent à promouvoir la ratification des conventions applicables aux pêcheurs de l’OIT et de l’OMI. Elles s’engagent également à promouvoir une formation adéquate des pêcheurs, notamment celle prévue par la convention internationale de l’OMI sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (STCW-F).

5. Les parties s’engagent à rendre publiques et à échanger les informations relatives à tout accord autorisant l’accès de navires étrangers dans la zone de pêche et à l’effort de pêche qui en résulte, en particulier le nombre de licences délivrées et les captures réalisées, sans préjudice de l’article 14.

6. En application de l’article 6 de l’accord, les navires de l’Union ne peuvent exercer des activités de pêche dans la zone de pêche de Cabo Verde que s’ils détiennent une licence de pêche valide délivrée par Cabo Verde dans le cadre du présent protocole.

7. Les autorités cap-verdiennes s’assurent que les pêcheurs cap-verdiens jouissent de l’exclusivité des zones de pêche en-deçà des limites prévues dans le présent protocole.

Article 3

Période d’application

Le présent protocole et son annexe s’appliquent pour une période de cinq années à partir du premier jour de l’application provisoire conformément à l’article 17, sauf dénonciation conformément à l’article 16.

Article 4

Possibilités de pêche

1. Cabo Verde délivre des autorisations de pêche aux navires de l’Union conformément à l’article 6 de l’accord dans les limites suivantes:

a)

thoniers senneurs congélateurs: 24 navires;

b)

thoniers canneurs: 10 navires;

c)

palangriers de surface: 22 navires.

Ces possibilités de pêche concernent la pêche des espèces hautement migratoires listées à l’annexe I de la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, dans les limites fixées à l’appendice 2 du présent protocole et à l’exclusion des espèces protégées ou interdites dans le cadre de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) ou d’autres conventions internationales.

2. En application des recommandations de la CICTA, les parties s’engagent à coopérer en faveur de la réduction des captures accidentelles des espèces protégées d’oiseaux marins, de tortues marines, de requins et de mammifères marins. À cette fin, les navires de l’Union veillent à appliquer des mesures techniques scientifiquement avérées permettant d’améliorer la sélectivité des engins de pêche et de réduire la capture accidentelle d’espèces non ciblées.

3. L’accès à l’appât vivant est autorisé aux canneurs de l’Union, selon les conditions fixées par la législation nationale.

4. Le paragraphe 1 s’applique sous réserve des articles 7 et 9.

Article 5

Contrepartie financière

1. La contrepartie financière totale visée à l’article 7 de l’accord est fixée, pour la période visée à l’article 3, à 3 900 000 EUR. En outre, une contrepartie financière est versée par les armateurs comme cela est prévu à l’annexe.

2. Cette contrepartie financière totale comprend:

a)

un montant annuel de 350 000 EUR correspondant à un tonnage de référence de 7 000 tonnes par an pour l’accès aux eaux et aux ressources halieutiques de Cabo Verde;

b)

un montant spécifique de 430 000 EUR par an, destiné au soutien et à la mise en œuvre de la politique sectorielle de la pêche de Cabo Verde.

3. La contrepartie financière visée au paragraphe 2, point a), du présent article est payée chaque année conformément au présent protocole et sous réserve des dispositions du présent protocole, en cas de modification du montant de la contrepartie du fait de l’application des articles 7, 9, 12 et 16 du présent protocole et des articles 7, 12 et 13 de l’accord.

4. Si la quantité globale des captures effectuées par les navires de l’Union dans la zone de pêche dépasse le tonnage de référence indiqué au paragraphe 2, point a), le montant de la contrepartie financière déterminé dans ladite disposition, sera augmenté, pour chaque tonne supplémentaire capturée, de 50 EUR. Toutefois, le montant annuel total payé par l’Union ne peut excéder le double du montant indiqué au paragraphe 2, point a). Lorsque les quantités capturées par les navires de l’Union excèdent les quantités correspondant au double du montant annuel total, le montant dû pour la quantité excédant cette limite est payé l’année suivante.

5. Le paiement de la contrepartie financière au titre du paragraphe 2, point a), intervient au plus tard quatre-vingt-dix jours après la date d’application provisoire du présent protocole pour la première année et au plus tard à la date anniversaire du présent protocole pour les années suivantes.

6. L’affectation de la contrepartie financière visée au paragraphe 2, point a), relève de la compétence exclusive des autorités cap-verdiennes.

7. Les contributions financières prévues au paragraphe 2, points a) et b), sont versées sur des comptes du Trésor public de Cabo Verde. Elles font l’objet d’une inscription au budget national. Les coordonnées bancaires des comptes sont communiquées annuellement par les autorités cap-verdiennes à la Commission européenne.

Article 6

Appui sectoriel

1. L’appui sectoriel, dans le cadre du présent protocole, contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la pêche et pour l’économie bleue. Il a pour objectif la gestion durable des ressources halieutiques et le développement du secteur, à travers notamment:

a)

le renforcement du suivi, du contrôle et de la surveillance des activités de pêche;

b)

le renforcement des connaissances scientifiques sur les ressources halieutiques;

c)

le renforcement des capacités de contrôle sanitaire pour les produits de la pêche;

d)

le soutien aux communautés côtières (activités de pêche, formation, emploi, sécurité des pêcheurs et développement économique) avec une attention particulière pour des actions destinées aux femmes et aux jeunes;

e)

le renforcement de la coopération internationale;

f)

le développement de l’aquaculture durable;

g)

le soutien à l’économie bleue.

2. Les parties s’accordent, au sein de la commission mixte prévue à l’article 9 de l’accord (ci-après dénommée «commission mixte»), au plus tard trois mois après l’entrée en vigueur du présent protocole, sur un programme sectoriel pluriannuel, et ses modalités d’application, notamment:

a)

les orientations sur une base annuelle et pluriannuelle suivant lesquelles la contrepartie financière visée à l’article 5, paragraphe 2, point b), du présent protocole, sera utilisée;

b)

les objectifs à atteindre, sur une base annuelle et pluriannuelle, afin de pouvoir arriver, à terme, à l’instauration d’une pêche responsable et durable, tenant compte des priorités de Cabo Verde au sein de la politique nationale des pêches ou des autres politiques ayant un lien ou un impact sur l’instauration d’une pêche responsable et durable;

c)

les critères et les procédures à utiliser pour permettre une évaluation des résultats obtenus, sur une base annuelle.

3. Le montant spécifique de la contrepartie financière destiné à l’appui sectoriel visé à l’article 5, paragraphe 2, point b), est versé chaque année en fonction des progrès accomplis.

4. Pour la première année d’application du présent protocole, la contrepartie financière est versée sur la base de la programmation pluriannuelle agréée par la commission mixte. Le versement par l’Union de ladite contrepartie financière ne peut intervenir qu’après exécution par Cabo Verde de ses obligations relatives à l’appui sectoriel dans le cadre de l’article 5 du protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République du Cap-Vert (2019-2024) (3) (ci-après dénommé «protocole 2019-2024»), et après exécution par l’Union des paiements y afférant relatifs à l’appui sectoriel dus au titre du protocole précédent.

5. Pour les années d’application suivantes du présent protocole, les contreparties financières sont versées sur la base des résultats obtenus dans la mise en œuvre du programme sectoriel conformément aux critères et procédures visés au paragraphe 2, point c), ainsi que des actions de visibilité sur les projets réalisés. Le paiement de la contrepartie financière intervient au plus tard quarant-cinq jours après la décision de la commission mixte sur les résultats obtenus.

6. Compte-tenu du retard accumulé dans la mise en œuvre de l’appui sectoriel dans le cadre du protocole 2019-2024, du fait notamment de la crise causée par la pandémie de COVID-19, il convient d’étendre de six mois supplémentaires le délai prévu à l’article 5, paragraphe 7, du protocole 2019-2024. Dès lors, le paiement de la contrepartie financière spécifique prévue à l’article 4, paragraphe 2, point b), du protocole 2019-2024, ne peut être versé au-delà d’une période de douze mois après l’expiration dudit protocole (4).

7. Toute modification proposée du programme sectoriel annuel ou pluriannuel est approuvée par la commission mixte, le cas échéant par échange de lettres.

8. Chaque année, Cabo Verde présente à la commission mixte un rapport exposant l’état d’avancement des projets mis en œuvre avec l’appui sectoriel. Ce rapport est examiné par la commission mixte qui procède à une évaluation des résultats.

9. Le paiement de l’appui sectoriel se fait par tranches en fonction des besoins identifiés dans la programmation et des résultats obtenus.

10. L’Union peut réviser ou suspendre, partiellement ou totalement, le paiement de la contrepartie financière spécifique prévue à l’article 5, paragraphe 2, point b), en cas de non-exécution de cette contrepartie financière ou lorsque les résultats obtenus ne sont pas conformes à la programmation, à la suite d’une évaluation menée par la commission mixte.

11. Le paiement de la contrepartie financière reprend après consultation et accord des deux parties lorsque les résultats de la mise en œuvre le justifient. Néanmoins, la contrepartie financière spécifique prévue à l’article 5, paragraphe 2, point b), ne peut être versée au-delà d’une période de six mois après l’expiration du présent protocole.

12. Les parties assurent la visibilité des actions financées par l’appui sectoriel. Cabo Verde présente annuellement à la commission mixte un rapport concernant ces actions de visibilité.

13. Les rapports visés au paragraphe 8 ainsi que les actions de visibilité visées au paragraphe 12 sont des conditions sine qua non au transfert par l’Union des tranches suivantes de l’appui financier indiqué au paragraphe 5.

14. La contrepartie financière spécifique prévue à l’article 5, paragraphe 2, point b), est soumise aux règles et procédures de gestion des finances publiques cap-verdiennes. Elle tient compte des principes de bonne gestion financière, en particulier du principe d’économie, d’efficience et d’efficacité, en respectant, en particulier, les principes de transparence, de proportionnalité, de non-discrimination et d’égalité de traitement.

15. Les actions et les projets financés par l’appui sectoriel peuvent faire l’objet d’audit de la part des services de la Commission européenne et de la Cour des comptes européenne et d’enquêtes de la part de l’Office européen de lutte antifraude.

Article 7

Coopération scientifique pour une pêche durable

1. Durant la période couverte par le présent protocole, l’Union et les autorités cap-verdiennes suivent l’évolution des captures, de l’effort de pêche et de l’état des ressources dans la zone de pêche de Cabo Verde pour l’ensemble des espèces couvertes par le présent protocole. En particulier, les parties conviennent de renforcer la collecte et l’analyse des données, permettant de développer un plan d’action national pour la conservation et la gestion des requins.

2. Les parties respectent les recommandations et les résolutions de la CICTA s’agissant de la gestion durable des pêcheries.

3. Conformément à l’article 4 de l’accord, sur la base des recommandations et des résolutions adoptées au sein de la CICTA et à la lumière des meilleurs avis scientifiques disponibles, les parties d’un commun accord peuvent convoquer une réunion scientifique conjointe afin d’examiner l’état des principales espèces ciblées par les navires de l’Union, notamment les requins pélagiques. Les résultats de la réunion scientifique sont soumis à la commission mixte. La commission mixte adopte, le cas échéant, des mesures additionnelles visant à une gestion durable des ressources halieutiques pêchées par les navires de l’Union.

4. Compte tenu du fait que les requins pélagiques font partie des espèces pouvant être capturées par les navires de l’Union en association avec les pêcheries thonières, et compte tenu de la vulnérabilité de ces espèces, tel que cela peut ressortir des avis scientifiques de la CICTA, les captures de ces espèces par les palangriers opérant dans le cadre du présent protocole font l’objet d’une attention particulière basée sur le principe de précaution. Les deux parties coopèrent de façon à améliorer la disponibilité et le suivi des données scientifiques relatives aux espèces pêchées.

5. À cette fin, les deux parties mettent en place un mécanisme de suivi étroit de cette pêcherie afin de garantir l’exploitation durable de cette ressource. Ce mécanisme de suivi s’appuie en particulier sur un échange trimestriel portant sur les données relatives aux captures des requins. Lorsque ces captures dépassent, sur une année, 20 % du tonnage de référence visé à l’article 5, paragraphe 2, point a), un suivi renforcé basé sur un échange mensuel de données se met en place ainsi qu’une concertation entre les parties. Dans le cas où ces captures atteignent, sur une année, 30 % du tonnage de référence visé ci-dessus, la commission mixte arrête, le cas échéant, des mesures additionnelles de gestion permettant de mieux encadrer l’activité de la flotte palangrière.

6. La commission mixte peut décider d’ajuster le mécanisme de suivi susmentionné sur la base des résultats des travaux de la réunion scientifique conjointe.

Article 8

Coopération dans le domaine du suivi, du contrôle et de la surveillance des pêches et dans la lutte contre la pêche INN

1. Les parties s’engagent à coopérer dans la lutte contre les activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) en vue d’instaurer une pêche durable.

2. Sur la base d’une consultation au sein de la commission mixte, les parties peuvent convenir de coopérer et de mener sur les navires de l’Union des programmes d’inspections conjointes fondées sur les risques destinés à renforcer l’application des dispositions du présent protocole ayant trait au suivi, au contrôle et à la surveillance des pêches, ainsi que celle des mesures correctives connexes.

Article 9

Révision d’un commun accord des possibilités de pêche et des mesures techniques

1. La commission mixte peut réviser les possibilités de pêche visées à l’article 4 et les ajuster d’un commun accord dans la mesure où les recommandations et les résolutions adoptées par la CICTA confirment que cet ajustement garantit la gestion durable des espèces halieutiques visées par le présent protocole. Dans un tel cas, la contrepartie financière visée à l’article 5, paragraphe 2, point a), est ajustée proportionnellement et prorata temporis et les amendements nécessaires sont apportés au présent protocole et à son annexe. Le cas échéant, Cabo Verde rembourse les sommes trop perçues.

2. La commission mixte peut, si nécessaire, examiner et adapter d’un commun accord les dispositions relatives aux conditions d’exercice de la pêche et les modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel prévues dans le présent protocole.

Article 10

Promotion de la coopération entre opérateurs économiques

1. Les parties coopèrent en vue d’améliorer les possibilités de débarquement dans les ports cap-verdiens.

2. Les parties s’efforcent de créer les conditions propices à la promotion des relations entre leurs entreprises, en matière technique, économique et commerciale, en favorisant l’instauration d’un environnement favorable au développement des affaires et des investissements.

Article 11

Coopération dans le domaine de l’économie bleue

1. Les parties s’engagent à coopérer afin de promouvoir l’économie bleue, en particulier, dans les domaines de l’aquaculture, de l’aménagement des territoires maritimes, de l’énergie, des biotechnologies marines et de la protection des écosystèmes marins.

2. Les parties s’engagent à promouvoir les investissements dans le domaine de la pêche et de l’économie maritime, conformément aux objectifs du Partenariat spécial entre Cabo Verde et l’Union.

3. Les parties coopèrent afin de sensibiliser les opérateurs privés de l’Union aux opportunités commerciales et industrielles dans le secteur de la pêche et de l’économie maritime à Cabo Verde.

4. Les parties coopèrent en vue de développer des actions communes, d’échanger des informations et des bonnes pratiques. À cette fin, elles s’entendent sur des points focaux et des modalités de communication.

Article 12

Suspension de la mise en œuvre du présent protocole

1. La mise en œuvre du présent protocole, y compris le versement de la contribution financière, peut être suspendue sur l’initiative d’une des deux parties, si une ou plusieurs des conditions suivantes s’appliquent en cas de:

a)

force majeure ou de circonstances inattendues, empêchant le déroulement des activités de pêche dans la zone de pêche de Cabo Verde;

b)

changements significatifs dans la définition et la mise en œuvre de la politique de la pêche de l’une ou l’autre partie affectant le présent protocole;

c)

déclenchement des mécanismes de consultation prévus à l’article 101 de l’accord de Samoa relatifs à une violation des éléments essentiels et fondamentaux des droits de l’homme et des principes démocratiques tels qu’ils sont définis à l’article 9 dudit accord;

d)

défaut de paiement dû par l’Union, pour des raisons autres que celles prévues aux articles 5, 7, 9, 12 et 16 du présent protocole;

e)

différend grave et non résolu sur l’application ou l’interprétation du présent protocole entre les deux parties.

2. Lorsque la suspension de la mise en œuvre du présent protocole survient pour des raisons autres que celles mentionnées au paragraphe 1, point c), elle est subordonnée à la notification par la partie intéressée de son intention par écrit et au moins trois mois avant la date à laquelle cette suspension prendrait effet. La suspension du présent protocole pour des raisons exposées au paragraphe 1, point c), est appliquée immédiatement après notification de la décision de suspension.

3. En cas de suspension, les parties continuent de se consulter en vue de chercher une résolution à l’amiable du différend qui les oppose. Lorsqu’une telle résolution est obtenue, l’application du présent protocole reprend.

4. En cas de suspension, le paiement de la contribution financière visée à l’article 5 du présent protocole pour l’année au cours de laquelle la suspension prend effet est réduit proportionnellement et pro rata temporis. Le cas échéant, Cabo Verde rembourse les sommes trop perçues.

Article 13

Échange électronique des données

1. Cabo Verde et l’Union veillent à ce que des systèmes soient mis en place pour le suivi et l’échange électronique de toutes les informations et de tous les documents liés à la mise en œuvre du présent protocole en ce qui concerne les activités des navires de l’Union, comme indiqué à l’annexe.

2. La version électronique d’un document est en tout point considérée comme équivalente à sa version papier.

3. Cabo Verde et l’Union se notifient sans retard tout dysfonctionnement d’un système informatique. Les informations et documents liés à la mise en œuvre de l’accord sont alors automatiquement transmis par un mode de communication alternatif.

4. L’Union veille à la transmission régulière par les navires de l’Union à Cabo Verde des:

a)

données de positions des navires dans la zone économique exclusive (ZEE) de Cabo Verde;

b)

informations sur les captures quotidiennes des navires effectuée dans la ZEE de Cabo Verde;

c)

notifications d’entrée des navires dans la ZEE de Cabo Verde;

d)

notifications de sortie des navires de la ZEE de Cabo Verde;

e)

notifications préalables de transbordement et des déclarations de transbordement depuis un navire de l’Union, dans un port de Cabo Verde;

f)

notifications préalables de retour au port et des déclarations de débarquement des navires, dans un port de Cabo Verde.

Les modalités de la transmission des données, y compris les dispositions relatives à la continuité des activités, sont exposées à l’annexe.

Article 14

Protection des données

1. Cabo Verde et l’Union veillent à ce que les données échangées dans le cadre de l’accord soient utilisées par l’autorité compétente exclusivement pour la mise en œuvre de l’accord de pêche et, en particulier, à des fins de gestion ainsi que pour le suivi, le contrôle et la surveillance de la pêche.

2. Les parties s’engagent à ce que toutes les données commercialement sensibles et à caractère personnel relatives aux navires de l’Union et à leurs activités de pêche obtenues dans le cadre de l’accord, ainsi que toutes les informations commercialement sensibles relatives aux systèmes de communication utilisés par l’Union, soient traitées de manière confidentielle. Les parties veillent à ce que seules les données agrégées relatives aux activités de pêche dans la zone de pêche soient rendues publiques.

3. Les données à caractère personnel doivent être traitées de manière licite, loyale et transparente au regard de la personne concernée.

4. Les données à caractère personnel échangées dans le cadre de l’accord sont traitées conformément aux dispositions figurant à l’appendice 6 de l’annexe du présent protocole. D’autres garanties et voies de recours en ce qui concerne les données à caractère personnel et les droits des personnes concernées peuvent être établies par la commission mixte.

5. Les données échangées dans le cadre de l’accord continuent d’être traitées conformément au présent article et à l’appendice 6 de l’annexe du présent protocole, ce même après l’expiration du présent protocole.

Article 15

Dispositions applicables de la loi nationale

1. Les activités des navires de l’Union opérant dans les eaux cap-verdiennes en vertu du présent protocole sont régies par la législation en vigueur à Cabo Verde, notamment le Plan de gestion des ressources halieutiques à Cabo Verde, sauf si l’accord ou le présent protocole avec son annexe et ses appendices en disposent autrement.

2. Les autorités de Cabo Verde informent la Commission européenne de tout changement ou de toute nouvelle législation ayant trait au secteur de la pêche.

Article 16

Dénonciation

1. Le présent protocole peut être résilié par l’une ou l’autre des parties en cas de circonstances inhabituelles telles que la dégradation des stocks concernés, la constatation d’un niveau réduit d’exploitation des possibilités de pêche accordées à l’Union, ou le non-respect des engagements pris par les parties en matière de lutte contre la pêche INN.

2. En cas de dénonciation du présent protocole, la partie concernée notifie par écrit à l’autre partie son intention de le dénoncer au moins six mois avant la date d’effet de la dénonciation.

3. L’envoi de la notification visée au paragraphe 2 ouvre les consultations entre les parties.

4. Le paiement de la contribution financière visée à l’article 5, paragraphe 2, point a), pour l’année au cours de laquelle la résiliation prend effet est réduit proportionnellement et pro rata temporis. Le cas échéant, Cabo Verde rembourse les sommes trop perçues.

Article 17

Application provisoire

Le présent protocole s’applique à titre provisoire à partir du 20 mai 2024, sous réserve de sa signature par les parties, ou à la date de sa signature s’il est signé après le 20 mai 2024.

Article 18

Entrée en vigueur

1. Le présent protocole entre en vigueur à la date à laquelle les parties se notifient réciproquement l’accomplissement des procédures nécessaires à cet effet.

2. La notification visée au paragraphe 1 est envoyée, en ce qui concerne l’Union, aux autorités de l’Union européenne.

Article 19

Textes faisant foi

Le présent protocole est établi en double exemplaire en langues allemande, anglaise, bulgare, croate, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, irlandaise, grecque, hongroise, italienne, lettonne, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise et tchèque, tous les textes faisant également foi.

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23/12/2024

Accord international22023A02862R(02)

Rectificatif à l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (JO L, 2023/2862, 28.12.2023)

23/12/2024

Accord international22025D0706

Recommandation no 1/2024 du comité spécialisé chargé de l’énergie institué en vertu de l’article 8, paragraphe 1, point l), de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part, du 19 décembre 2024 à chaque partie concernant l’élaboration de procédures techniques pour une utilisation efficace des interconnexions électriques [2025/706]

19/12/2024

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