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AccueilDroit européen22024A02589
Accord international22024A02589

Protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Guinée-Bissau (2024-2029)

CELEX22024A02589
TypeAccord international
Datemercredi 18 septembre 2024

Résumé IA

Ce protocole fixe les conditions techniques et financières de l'accès des navires de l'Union européenne aux eaux guinéennes pour la période 2024-2029. Il prévoit une contrepartie financière de l'UE, des contributions sectorielles pour soutenir la pêche durable locale, et les possibilités de pêche pour les thoniers et chalutiers. Pour un professionnel du droit français, il constitue le cadre juridique contraignant pour les armateurs français souhaitant opérer dans cette zone.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/2589

3.10.2024

Protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Guinée-Bissau (2024-2029)

ARTICLE 1

Objectif

L’objectif du présent protocole est de mettre en œuvre les dispositions de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la Communauté européenne et la République de Guinée-Bissau (1) (ci-après dénommé «accord») en précisant notamment les conditions régissant l’accès des navires de l’Union européenne (ci-après dénommée «Union») à la zone de pêche de la République de Guinée-Bissau (ci-après dénommée «Guinée-Bissau») et en énonçant les dispositions de mise en œuvre du partenariat en matière de pêche durable.

Le présent protocole est interprété et appliqué dans le contexte de l’accord et d’une manière compatible avec celui-ci.

ARTICLE 2

Relation entre le protocole et d’autres accords et instruments juridiques

Le présent protocole est interprété et appliqué dans le respect:

a)

de la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM);

b)

des recommandations et résolutions de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) ou d’autres organisations régionales de pêche pertinentes, telles que la Copace (Commission des pêches de l’Atlantique Centre Est);

c)

de l’accord des Nations unies sur les stocks de poissons de 1995;

d)

du code de conduite pour une pêche responsable de 1995 (FAO);

e)

de l’accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port de 2009 (FAO);

f)

des directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté publiées en 2015 (FAO),

et d’une manière compatible avec ceux-ci.

ARTICLE 3

Principes

1. En application du principe de transparence, les parties s’engagent à rendre publiques et à échanger les informations relatives à tout accord autorisant l’accès de navires étrangers à la zone de pêche de Guinée-Bissau, et l’effort de pêche qui en résulte, en particulier le nombre d’autorisations délivrées et les captures réalisées.

2. Les parties s’engagent à promouvoir une pêche responsable dans la zone de pêche de la Guinée-Bissau sur la base du principe de non-discrimination. La Guinée-Bissau s’engage à ne pas accorder de conditions techniques plus favorables que celles contenues dans le présent protocole à d’autres flottes étrangères opérant dans sa zone de pêche et ayant les mêmes caractéristiques et ciblant les mêmes espèces. Les conditions en question portent sur la conservation, l’exploitation durable, le développement et la gestion des ressources, ainsi que les redevances et les droits relatifs à la délivrance d’autorisations de pêche opérant dans sa zone de pêche.

3. En ce qui concerne les stocks chevauchants ou les stocks de poissons grands migrateurs, les parties prennent dûment en compte, pour la détermination des ressources accessibles, les évaluations scientifiques réalisées au niveau national et régional ainsi que les mesures de conservation et de gestion adoptées au niveau national et par les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) compétentes.

4. Les parties s’engagent à assurer la mise en œuvre du présent protocole conformément à l’article 9 de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (2) (ci-après dénommé «accord de Samoa»), sur les éléments essentiels concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’état de droit, et les éléments fondamentaux concernant la bonne gouvernance, le développement durable et une gestion écologiquement rationnelle.

5. Les conditions d’emploi et de travail des pêcheurs embarqués sur les navires de l’Union ne doivent pas être contraires aux instruments applicables aux pêcheurs de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), notamment la déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998), telle qu’amendée en 2022, et la convention no 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche. Cela inclut notamment le respect de la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit des travailleurs à la négociation collective, l’élimination du travail forcé et du travail des enfants, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession, ainsi qu’un environnement de travail sûr et sain et des conditions de vie et de travail décentes à bord des navires de pêche de l’Union.

6. Les parties s’engagent à promouvoir la ratification des conventions de l’OIT et de l’OMI applicables aux pêcheurs. Elles s’engagent également à promouvoir une formation adéquate des pêcheurs, notamment celle prévue par la convention internationale de l’OMI sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (STCW-F).

7. Conformément à l’article 5 de l’accord, les navires de l’Union ne peuvent exercer des activités de pêche dans la zone de pêche de Guinée-Bissau que s’ils détiennent une autorisation de pêche délivrée dans le cadre du présent protocole et selon les modalités décrites dans son annexe. La délivrance de toute licence de pêche aux navires de l’Union en dehors du cadre du présent protocole, notamment sous la forme de licence de pêche directe, est interdite.

ARTICLE 4

Possibilités de pêche

Les possibilités de pêche accordées aux navires de l’Union au titre de l’article 5 de l’accord sont fixées conformément au présent article:

1.

Les possibilités de pêche sont exprimées en termes d’effort de pêche, sur la base du tonnage de jauge brute (TJB), ou sur la base du total admissible des captures (TAC), selon les modalités suivantes:

a)

espèces démersales (crustacés, céphalopodes et poissons) et petits pélagiques:

i)

chalutiers congélateurs, poissonniers et céphalopodiers: 3 500 TJB par an;

ii)

chalutiers crevettiers congélateurs: 3 700 TJB par an;

iii)

chalutiers pour petits pélagiques: 0 tonne par an;

b)

espèces hautement migratoires (espèces énumérées à l’annexe I de la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982), à l’exception de la famille des Alopiidae, de la famille des Sphyrnidae, ainsi que les espèces suivantes: Cetorhinus maximus, Rhincodon typus, Carcharodon carcharias, Carcharinus falciformis, Carcharinus longimanus:

i)

thoniers senneurs congélateurs et palangriers: 28 navires;

ii)

thoniers canneurs: 13 navires.

2.

Les navires d’appui sont autorisés sous réserve du respect des conditions définies dans la présente annexe et conformément aux résolutions et recommandations de la CICTA y pertinentes.

3.

Les parties réaffirment leur engagement en faveur d’une transition d’un système de gestion par l’effort à un système par limite de captures sur la base du TAC, qui pourra intervenir lorsque les conditions techniques et juridiques sont remplies, ce qui implique en particulier l’utilisation effective d’un système de communication électronique de capture (Electronic Reporting System, ERS) et de traitement des données de capture, conformément aux dispositions figurant dans l’annexe. La commission mixte prévue à l’article 10 de l’accord (ci-après dénommée «commission mixte») se prononce sur la réalisation des conditions et modalités rendant possible cette transition.

4.

Le paragraphe 1 du présent article s’applique sous réserve des articles 10 et 11.

ARTICLE 5

Durée

Le présent protocole et son annexe s’appliquent pour une période de cinq années à partir du premier jour de son application provisoire, conformément à l’article 19, sauf en cas de dénonciation telle que prévue à l’article 18.

ARTICLE 6

Contrepartie financière

1. Pour la période visée à l’article 5 du présent protocole, la contrepartie financière visée à l’article 7 de l’accord est fixée à 17 000 000 EUR par an.

2. Cette contrepartie financière comprend:

a)

un montant annuel de 12 500 000 EUR pour l’accès aux ressources halieutiques dans la zone de pêche de Guinée-Bissau; et

b)

un montant spécifique de 4 500 000 EUR par an pour l’appui à la politique sectorielle de la pêche de Guinée-Bissau.

3. Le paragraphe 1 du présent article s’applique sous réserve des articles 10, 11, 17 et 18.

4. Le paiement de la contrepartie financière au titre du paragraphe 2, point a), intervient au plus tard 90 jours après la date d’application provisoire du présent protocole et au plus tard 30 jours après la date anniversaire de l’application provisoire du présent protocole pour les années suivantes.

5. L’affectation de la contrepartie financière visée au paragraphe 2, point a), relève de la compétence exclusive des autorités de Guinée-Bissau.

6. Les paiements prévus dans le présent article sont versés sur un compte unique du Trésor public ouvert auprès de la Banque centrale de Guinée-Bissau, dont les références sont communiquées annuellement par le ministère chargé de la pêche. La contrepartie financière visée au paragraphe 2, point b), destinée à l’appui sectoriel, est mise à la disposition de la Guinée-Bissau sur un compte public conjoint du Ministère chargé de la pêche et Ministère chargé des finances. Les coordonnées des comptes bancaires sont communiquées annuellement par les autorités de Guinée-Bissau à la Commission européenne.

7. Chaque composante de la contrepartie financière fait l’objet d’une inscription au budget de l’État et est soumise aux règles et procédures de gestion des finances publiques de Guinée-Bissau.

ARTICLE 7

Appui sectoriel

1. L’appui sectoriel, dans le cadre du présent protocole, contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la pêche et pour l’économie bleue. Il a pour objectif la gestion durable des ressources halieutiques et le développement du secteur en Guinée-Bissau, à travers notamment:

—

le renforcement du suivi, du contrôle et de la surveillance des activités de pêche (y compris à travers l’installation de l’ERS et en veillant à ce qu’il soit opérationnel);

—

le renforcement de la collecte et du traitement des données à des fins scientifiques et de la capacité d’analyse et d’évaluation des ressources halieutiques et des pêcheries;

—

le renforcement des capacités des acteurs dans le secteur de la pêche;

—

le soutien à la pêche artisanale;

—

le renforcement de la coopération internationale;

—

l’amélioration des conditions d’exportation des produits de la pêche et la promotion de l’investissement dans le secteur;

—

le développement d’infrastructures pertinentes pour la pêche;

—

le soutien à l’économie bleue et le développement de l’aquaculture.

2. La commission mixte arrête, au plus tard trois mois suivant le début de l’application provisoire du présent protocole, un programme sectoriel multi-annuel ainsi que ses modalités d’application, notamment:

a)

les orientations annuelles et pluriannuelles suivant lesquelles la contrepartie financière visée à l’article 6, paragraphe 2, point b), est utilisée;

b)

les objectifs, à la fois annuels et pluriannuels, à atteindre afin de promouvoir une pêche durable et responsable, compte tenu des priorités exprimées par la Guinée-Bissau dans sa politique nationale des pêches ou d’autres politiques pertinentes, notamment en matière de soutien aux pêcheries artisanales, de surveillance, de contrôle et de lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) ainsi que des priorités en matière de renforcement des capacités scientifiques de la Guinée-Bissau dans le secteur halieutique;

c)

les critères et les procédures, y compris, le cas échéant, les indicateurs budgétaires et financiers à utiliser pour permettre une évaluation des résultats obtenus chaque année.

3. Toute modification proposée du programme sectoriel doit être approuvée par les deux parties au sein de la commission mixte.

4. Chaque année, la Guinée-Bissau présente un rapport et des documents justificatifs sur l’état d’avancement des projets mis en œuvre avec le financement de l’appui sectoriel qui sera examiné par la commission mixte. Un rapport final est également présenté par la Guinée-Bissau avant l’expiration du présent protocole.

5. L’Union peut réviser ou suspendre, partiellement ou totalement, le paiement de la contrepartie financière spécifique prévue à l’article 6, paragraphe 2, point b), en cas de non-exécution de cette contrepartie financière, ou lorsque les résultats obtenus ne sont pas conformes à la programmation à la suite d’une évaluation menée par la commission mixte. Le paiement de la contrepartie financière reprend après consultation et accord des parties dès que les résultats de mise en œuvre le justifient.

6. Les parties poursuivent le suivi de l’appui sectoriel jusqu’à l’utilisation complète de la contrepartie financière spécifique prévue à l’article 6, paragraphe 2, point b), le cas échéant au-delà de l’expiration du présent protocole. Toutefois, le paiement de cette contrepartie ne peut intervenir plus de six mois après l’expiration du présent protocole.

7. Les parties assurent la visibilité des actions financées par l’appui sectoriel et de l’intervention de l’Union dans le partenariat avec la Guinée-Bissau. Cette visibilité fait partie des objectifs relevant du présent article.

8. Les vérifications et contrôles relatifs à l’utilisation des fonds de la contrepartie visée à l’article 6, paragraphe 2, point b), peuvent être menés par les instances d’audit et de contrôle de chaque partie, y compris la Cour des Comptes européenne et l’Office européen de lutte antifraude. Cela inclut l’accès aux informations, documents, sites et installations bénéficiaires.

ARTICLE 8

Coopération scientifique pour une pêche durable

1. Les parties s’engagent à promouvoir une pêche responsable et à lutter contre la pêche INN dans la zone de pêche de Guinée-Bissau, reposant sur le principe de non-discrimination entre les différentes flottes opérant dans ces eaux, et basée sur les principes d’une gestion durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins.

2. Durant la période couverte par le présent protocole, l’Union et la Guinée-Bissau coopèrent pour suivre l’évolution de l’état des ressources et des pêcheries dans la zone de pêche de Guinée-Bissau.

3. Les parties s’engagent à promouvoir le respect des recommandations de la CICTA et du Copace, ainsi que la coopération au niveau sous-régional relative à la gestion responsable des pêcheries, en particulier dans le cadre de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP).

4. Les parties se consultent au sein de la commission mixte pour adopter, le cas échéant et d’un commun accord, de nouvelles mesures visant à la gestion durable des ressources halieutiques.

ARTICLE 9

Comité scientifique conjoint

1. Le comité scientifique conjoint visé à l’article 4 de l’accord est composé de scientifiques nommés à part égale par chacune des parties. Avec l’accord des deux parties, la participation au comité scientifique conjoint peut être élargie à des observateurs, notamment des représentants d’organismes régionaux de gestion des pêches, tels que le Copace.

2. Le comité scientifique conjoint se réunit au moins une fois par an, conformément à l’article 4, paragraphe 1, de l’accord. En principe, les réunions se tiennent alternativement en Guinée-Bissau et dans l’Union. À la demande de l’une des parties, d’autres réunions peuvent également être convoquées. Les réunions sont présidées à tour de rôle par les parties.

3. Les missions du comité scientifique conjoint portent notamment sur les activités suivantes:

a)

compiler les données relatives aux efforts de pêche et aux captures des flottes nationales et étrangères, en activité dans la zone de pêche de Guinée-Bissau et pêchant des espèces couvertes par le présent protocole;

b)

proposer, suivre ou analyser les campagnes d’évaluation annuelles contribuant au processus d’évaluation des stocks et permettant de déterminer les possibilités de pêche et les options d’exploitation qui garantissent la conservation des ressources et de leur écosystème;

c)

sur cette base, élaborer un rapport scientifique annuel sur les pêcheries faisant l’objet du présent protocole;

d)

formuler, à son initiative propre ou en réponse à une sollicitation de la commission mixte ou de l’une des parties, tout avis scientifique portant sur les mesures de gestion qui sont jugées nécessaires à l’exploitation durable des stocks et des pêcheries faisant l’objet du présent protocole.

4. Sur la base des recommandations et des résolutions adoptées au sein de la CICTA et à la lumière des meilleurs avis scientifiques disponibles, tels ceux du Copace et, le cas échéant, des conclusions du comité scientifique conjoint, la commission mixte adopte des mesures visant une gestion durable des ressources halieutiques couvertes par le présent protocole et affectant les activités des navires l’Union.

ARTICLE 10

Révision des possibilités de pêche et des mesures techniques

1. Dans le cas où la Guinée-Bissau, sur base d’un avis du comité scientifique conjoint, décide de procéder à une fermeture spatiale ou temporelle d’une pêcherie au titre d’une mesure de conservation des ressources, la commission mixte se réunit pour analyser les bases de cette décision, évaluer l’impact de cette fermeture sur l’activité des navires de l’Union dans le cadre de l’accord et décider des mesures correctives éventuelles.

2. Dans les cas prévus au paragraphe 1, la commission mixte s’accorde sur une réduction proportionnelle de la contrepartie financière de l’accord à la charge de l’Union et, le cas échéant, sur une compensation offerte aux armateurs.

3. Toute fermeture d’une pêcherie décidée par la Guinée-Bissau suite à un avis scientifique est appliquée de manière non discriminatoire à tous les navires concernés par cette pêcherie, y compris les navires nationaux et ceux qui battent le pavillon d’un pays tiers.

4. Les possibilités de pêche prévues à l’article 4 peuvent être révisées d’un commun accord par la commission mixte sur la base d’une recommandation du comité scientifique conjoint. Dans un tel cas, la contrepartie financière visée à l’article 6, paragraphe 2, point a), est ajustée proportionnellement et les modifications nécessaires sont apportés au présent protocole et à son annexe par la commission mixte.

5. La commission mixte peut, si nécessaire, examiner et adapter d’un commun accord les dispositions relatives aux conditions d’exercice de la pêche et les modalités d’application du présent protocole et de son annexe, y compris les modalités de suivi de l’appui sectoriel.

ARTICLE 11

Pêche expérimentale et nouvelles possibilités de pêche

1. Au cas où des navires de l’Union seraient intéressés par des activités de pêche qui ne sont pas prévues à l’article 4 et afin de tester la faisabilité technique et la rentabilité économique de nouvelles pêcheries, des licences pour un exercice expérimental de ces activités peuvent être attribuées, conformément à la législation de Guinée-Bissau en vigueur. Dans la mesure du possible, cette pêche expérimentale s’effectue avec le concours de l’expertise scientifique et technique locale disponible. Les campagnes de pêche expérimentale ont pour but de tester la faisabilité technique et la rentabilité économique de nouvelles pêcheries.

2. À cette fin, la Commission européenne communique aux autorités de Guinée-Bissau les demandes de licences de pêche expérimentale sur la base d’un dossier technique précisant:

a)

les espèces visées;

b)

les caractéristiques techniques du navire;

c)

l’expérience des officiers du navire par rapport aux activités la pêcherie concernée;

d)

la proposition relative aux paramètres techniques de la campagne (durée, engin, régions d’exploration, etc.);

e)

le type de données collectées pour assurer un suivi scientifique de l’impact de ces activités de pêche sur la ressource et sur les écosystèmes.

3. Les licences de pêche expérimentale sont accordées pour une période maximale de six mois. Elles sont assujetties au paiement d’une redevance fixée par les autorités de Guinée-Bissau.

4. Un observateur scientifique de l’État du pavillon et un observateur choisi par la Guinée-Bissau sont présents à bord durant toute la durée de la campagne.

5. Les captures autorisées au titre de la campagne de pêche expérimentale sont fixées par les autorités de Guinée-Bissau. Les captures effectuées au titre et au cours de la campagne de pêche expérimentale restent la propriété de l’armateur. Ne peuvent être retenus à bord ou commercialisés les poissons de taille non réglementaire ou dont la pêche n’est pas autorisée par la législation de Guinée-Bissau.

6. Les résultats détaillés de la campagne sont communiqués pour analyse à la commission mixte et au comité scientifique conjoint.

7. En fonction, notamment, des résultats de la campagne de pêche expérimentale et de l’avis du comité scientifique conjoint, les parties peuvent décider d’introduire de nouvelles possibilités de pêche qui ne figurent pas à l’article 4 du présent protocole. Les parties conviennent des conditions applicables à ces nouvelles possibilités de pêche et apportent des modifications au présent protocole et à son annexe jusqu’à l’expiration du présent protocole. La contrepartie financière visée à l’article 6, paragraphe 2, point a), du présent protocole est augmentée en conséquence. Les redevances et autres conditions applicables aux armateurs prévues à l’annexe sont définies en conséquence.

ARTICLE 12

Intégration économique des opérateurs de l’Union dans le secteur des pêches de Guinée-Bissau

1. Les parties s’engagent à promouvoir l’intégration économique des opérateurs de l’Union dans l’ensemble de la filière pêche de Guinée-Bissau, en particulier à travers la constitution d’entreprises conjointes et la réalisation d’infrastructures.

2. Les parties coopèrent afin de sensibiliser les opérateurs privés de l’Union aux opportunités commerciales et industrielles, notamment en matière d’investissements directs, dans l’ensemble du secteur des pêches de Guinée-Bissau.

3. Dans le même objectif, la Guinée-Bissau peut accorder des incitations aux opérateurs de l’Union s’engageant dans de tels investissements.

4. Les parties coopèrent pour identifier des opportunités d’investissement et des outils de financement pour la mise en œuvre des actions ou des projets identifiés, notamment dans le cadre des instruments de financement de l’Union existants.

5. Les parties coopèrent, une fois que toutes les conditions techniques nécessaires auront été remplies, pour promouvoir la commercialisation des captures réalisées par les navires de l’Union en Guinée-Bissau vers le marché de l’Union.

6. Les parties soutiennent la mise en place d’un groupe de travail dont l’objectif sera d’identifier et d’accompagner des projets d’investissements et de faciliter la recherche de financements, au niveau tant bilatéral que multilatéral.

7. La commission mixte fait rapport chaque année sur la mise en œuvre du présent article.

ARTICLE 13

Échange d’informations

1. Les parties s’engagent à privilégier les systèmes électroniques pour les échanges d’informations et documents liés à la mise en œuvre du présent protocole. Elles mettent en œuvre des systèmes informatiques sécurisés automatisant les échanges de données relatives aux autorisations et aux activités des navires de l’Union, ou des échanges par voie électronique selon les dispositions du présent protocole.

2. La version électronique des documents prévus par le présent protocole est en tout point considérée comme équivalente à sa version papier.

3. Les parties se notifient sans délai tout dysfonctionnement d’un système informatique. Les informations et documents liés à la mise en œuvre de l’accord sont alors automatiquement remplacés par leur version papier selon les modalités définies dans l’annexe du présent protocole.

4. Les modalités de transmission des données, y compris les dispositions relatives à la continuité des échanges d’information, sont établies dans l’annexe du présent protocole.

ARTICLE 14

Confidentialité des données

1. La Guinée-Bissau et l’Union veillent à ce que les données échangées dans le cadre de l’accord soient utilisées par l’autorité compétente exclusivement pour la mise en œuvre de l’accord et, en particulier, à des fins de gestion ainsi que pour le suivi, le contrôle et la surveillance de la pêche.

2. Les parties s’engagent à ce que toutes les données commercialement sensibles et à caractère personnel relatives aux navires de l’Union et à leurs activités de pêche obtenues dans le cadre de l’accord, ainsi que toutes les informations commercialement sensibles relatives aux systèmes de communication utilisés par l’Union, soient traitées de manière confidentielle. Les parties veillent à ce que seules les données agrégées relatives aux activités de pêche dans la zone de pêche soient rendues publiques.

3. Les données à caractère personnel doivent être traitées de manière licite, loyale et transparente au regard de la personne concernée.

4. Les données à caractère personnel échangées dans le cadre de l’accord sont traitées conformément aux dispositions figurant à l’appendice 3 de l’annexe au présent protocole. D’autres garanties et voies de recours en ce qui concerne les données à caractère personnel et les droits des personnes concernées peuvent être établies par la commission mixte.

5. Les données échangées dans le cadre de l’accord continuent d’être traitées conformément au présent article et à l’appendice 3 de l’annexe du présent protocole, ce même après l’expiration du présent protocole.

ARTICLE 15

Législation applicable

1. Les activités des navires de l’Union opérant dans les eaux de Guinée-Bissau sont régies par la législation applicable en Guinée-Bissau, sauf si l’accord ou le présent protocole, avec son annexe et ses appendices, en disposent autrement.

2. Les parties se notifient réciproquement par écrit tout changement dans leur politique et leur législation de pêche respectives. Ces changements de législation ou de réglementation ayant un impact de nature technique sur les activités de pêche sont applicables aux navires de l’Union à l’issue d’un délai de trois mois suivant leur notification officielle.

ARTICLE 16

Prérogatives de la commission mixte

1. La commission mixte peut délibérer ou statuer par échanges de lettres ou par réunion à distance.

2. La commission mixte adopte les modifications du présent protocole portant sur:

a)

les possibilités de pêche en application des articles 4 et 10, et si nécessaire de la contrepartie financière visée à l’article 6, paragraphe 2, point a);

b)

les modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel visées à l’article 7;

c)

les conditions et modalités techniques de l’exercice de la pêche par les navires de l’Union;

d)

les sauvegardes additionnelles visant à la protection des données personnelles prévues par l’article 14, paragraphe 4.

Les modifications ainsi apportées au présent protocole sont consignées dans un procès-verbal signé par les parties qui indique la date à laquelle ces modifications deviennent exécutoires.

ARTICLE 17

Suspension de la mise en œuvre du présent protocole

1. La mise en œuvre du présent protocole, y compris le paiement de la contrepartie financière telle que visée à l’article 6, paragraphe 2, points a) et b), peut-être suspendue, après consultation menée au sein de la commission mixte, si une ou plusieurs des conditions suivantes sont remplies:

a)

des circonstances anormales, autres que des phénomènes naturels, empêchent le déroulement des activités de pêche dans la zone de pêche de Guinée-Bissau;

b)

des changements significatifs dans la définition ou la mise en œuvre de la politique de la pêche de l’une ou l’autre partie affectant les dispositions du présent protocole;

c)

en cas de déclenchement des mécanismes de consultation prévus à l’article 96 de l’accord de Samoa relatif à une violation des éléments essentiels et fondamentaux des droits de l’homme, tels qu’ils sont définis à l’article 9 dudit accord;

d)

un défaut de paiement, par l’Union, de la contrepartie financière prévue à l’article 6, paragraphe 2, point a), pour des raisons autres que celles prévues au point c) du présent paragraphe;

e)

un différend grave et non résolu entre les parties sur l’interprétation et la mise en œuvre de l’accord ou du présent protocole.

2. Le paiement de la contrepartie financière reprend après consultation et accord des parties dès le rétablissement de la situation antérieure aux événements visés au paragraphe 1.

3. Les autorisations de pêche accordées aux navires de l’Union peuvent être suspendues concomitamment à la suspension du paiement de la contrepartie financière au titre de l’article 6, paragraphe 2, point a). En cas de reprise, la validité de ces autorisations de pêche est prolongée d’une durée égale à la période de suspension des activités de pêche. Toutes les activités des navires de l’Union dans la zone de pêche de Guinée-Bissau sont interrompues pendant la période de suspension.

4. La suspension de la mise en œuvre du présent protocole est subordonnée à la notification par la partie intéressée de son intention par écrit et au moins trois mois avant la date à laquelle cette suspension prendrait effet, à l’exception du cas prévu au paragraphe 1, point c), qui entraîne une suspension immédiate. Dans l’intervalle, les parties engagent des consultations au sein de la commission mixte.

5. En cas de suspension, les parties continuent à se consulter en vue de chercher une résolution à l’amiable du différend qui les oppose. Lorsqu’une telle résolution est achevée, la mise en œuvre du présent protocole reprend et le montant de la compensation financière est réduit proportionnellement et pro rata temporis en fonction de la durée pendant laquelle la mise en œuvre du présent protocole a été suspendue.

ARTICLE 18

Dénonciation

1. En cas de dénonciation du présent protocole, la partie concernée notifie par écrit à l’autre partie son intention de dénoncer le présent protocole au moins six mois avant la date d’effet de cette dénonciation.

2. L’envoi de la notification telle qu’elle est visée au paragraphe 1 ouvre des consultations entre les parties.

ARTICLE 19

Application provisoire

Le présent protocole s’applique de manière provisoire à partir de la date de sa signature.

ARTICLE 20

Entrée en vigueur

Le présent protocole entre en vigueur à la date à laquelle les parties se notifient réciproquement l’accomplissement des procédures nécessaires à cet effet.

ARTICLE 21

Textes faisant foi

Le présent protocole est établi en double exemplaire en langues allemande, anglaise, bulgare, croate, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, irlandaise, grecque, hongroise, italienne, lettone, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise et tchèque, tous les textes faisant également foi.

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23/12/2024

Accord international22023A02862R(02)

Rectificatif à l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (JO L, 2023/2862, 28.12.2023)

23/12/2024

Accord international22025D0706

Recommandation no 1/2024 du comité spécialisé chargé de l’énergie institué en vertu de l’article 8, paragraphe 1, point l), de l’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, d’autre part, du 19 décembre 2024 à chaque partie concernant l’élaboration de procédures techniques pour une utilisation efficace des interconnexions électriques [2025/706]

19/12/2024

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