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AccueilDroit européen22024P03823
Accord international22024P03823

Résolution de l’Assemblée parlementaire Euronest sur le soutien social et l’intégration, dans l’Union européenne et dans la région du Partenariat oriental, des mineurs fuyant la guerre, telle qu’adoptée le 20 mars 2024

CELEX22024P03823
TypeAccord international
Datemercredi 20 mars 2024

Résumé IA

Cette résolution de l'Assemblée parlementaire Euronest, adoptée le 20 mars 2024, appelle à renforcer le soutien social et l'intégration des mineurs fuyant la guerre, tant au sein de l'Union européenne que dans les pays du Partenariat oriental. Elle préconise des mesures concrètes pour garantir l'accès à l'éducation, aux soins de santé et à une protection juridique adaptée à ces enfants déplacés, tout en soulignant la nécessité d'une coordination renforcée entre les États membres et les pays partenaires.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/3823

19.6.2024

Résolution de l’Assemblée parlementaire Euronest sur le soutien social et l’intégration, dans l’Union européenne et dans la région du Partenariat oriental, des mineurs fuyant la guerre, telle qu’adoptée le 20 mars 2024

(C/2024/3823)

L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE EURONEST,

—

vu la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant du 24 mars 2021,

—

vu la garantie européenne pour l’enfance établie par la recommandation (UE) 2021/1004 du Conseil du 14 juin 2021 (1),

—

vu les conclusions du Conseil du 9 juin 2022 sur la stratégie de l’UE sur les droits de l’enfant,

—

vu la convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967, la convention de 1954 relative au statut des apatrides et la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie,

—

vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant de 1989 et ses protocoles facultatifs de 2000 concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés et concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, ainsi que son protocole facultatif de 2011 établissant une procédure de présentation de communications,

—

vu les réunions du Conseil de sécurité des Nations unies du 7 septembre 2022 et du 10 janvier 2024, qui mettent particulièrement l’accent sur les enfants ukrainiens,

—

vu la résolution du Parlement européen du 1er mars 2022 sur l’agression russe contre l’Ukraine (2),

—

vu la résolution du Parlement européen du 7 avril 2022 sur la protection accordée par l’Union européenne aux enfants et aux jeunes qui fuient en raison de la guerre en Ukraine (3),

—

vu la résolution du Parlement européen du 15 septembre 2022 sur les violations des droits de l’homme dans le contexte de la déportation forcée de civils ukrainiens et de l’adoption forcée d’enfants ukrainiens en Russie (4),

—

vu la stratégie du Conseil de l’Europe du 23 février 2022 pour les droits de l’enfant (2022-2027),

—

vu le plan d’action du Conseil de l’Europe du 5 mai 2021 sur la protection des personnes vulnérables dans le contexte des migrations et de l’asile en Europe (2021-2025),

—

vu le rapport sur les tendances à mi-année du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) (5),

—

vu le rapport de la Commission intitulé «Intégration des personnes fuyant l’Ukraine dans l’UE – Note à la Commission européenne» de mai 2023 (6);

—

vu la résolution du Parlement européen du 5 octobre 2023 sur la situation au Haut-Karabakh après l’attaque menée par l’Azerbaïdjan et la persistance des menaces contre l’Arménie (7),

A.

considérant que l’enfance est la période la plus vulnérable de la vie humaine, même en temps de paix, et plus encore en temps de guerre; qu’en temps de guerre, les enfants sont souvent exposés à des risques physiologiques et psychologiques irréversibles et qu’ils méritent donc une attention, une protection et des soins particuliers en tout temps, d’autant plus en temps de guerre;

B.

considérant qu’une longue période sans scolarisation peut avoir un effet encore plus néfaste sur le bien-être, les compétences sociales et la santé mentale des enfants déplacés, d’où la plus grande nécessité d’intensifier les initiatives d’intégration dans les systèmes éducatifs des pays d’accueil;

C.

considérant qu’en raison des conflits armés, au moins un tiers voire, parfois, la moitié des personnes déplacées sont des mineurs;

D.

considérant que, selon les données du HCR, à la mi-2023, l’Arménie accueillait 35 916 personnes protégées et/ou prises en charge par le HCR; qu’en septembre 2023, l’Arménie a également accueilli 101 000 personnes supplémentaires déplacées de force du Haut-Karabakh, lorsque la totalité des habitants de la région ont fui leur domicile après une nouvelle attaque menée par l’Azerbaïdjan contre le Haut-Karabakh, qui faisait suite à un blocus de neuf mois du corridor de Latchine;

E.

considérant que, selon les données du HCR, à la mi-2023, l’Azerbaïdjan accueillait 668 817 personnes protégées et/ou prises en charge par le HCR;

F.

considérant que, selon les données du HCR, à la mi-2023, la Géorgie accueillait 321 984 personnes protégées et/ou prises en charge par le HCR;

G.

considérant que, selon les données du HCR, à la mi-2023, la Moldavie accueillait 112 047 personnes protégées et/ou prises en charge par le HCR;

H.

considérant que, selon les données du HCR, à la mi-2023, l’Ukraine accueillait 6 748 413 personnes protégées et/ou prises en charge par le HCR;

I.

considérant que les enfants ukrainiens paient le prix fort de la guerre, puisque 528 enfants ukrainiens ont été tués et 1 226 blessés, que 1,8 million d’entre eux ont dû se réfugier dans les pays voisins et que 2,5 millions d’autres sont déplacés à l’intérieur de l’Ukraine;

J.

considérant que, selon les données du HCR, 30 % à 50 % des quelque 5,9 millions de réfugiés ukrainiens en Europe sont des enfants, et qu’environ la moitié seulement d’entre eux étaient scolarisés dans leur pays d’accueil pour l’année scolaire 2022-2023 (8);

K.

considérant que la grande majorité des réfugiés d’Ukraine sont restés en Europe, en particulier dans les pays de l’Union et du Partenariat oriental; que certains États membres de l’Union accueillent un nombre important de réfugiés en provenance d’Ukraine, tant en chiffres absolus que proportionnellement à la population du pays d’accueil;

L.

considérant que les voisins directs de l’Ukraine et ceux qui en sont plus proches géographiquement ont accueilli un nombre très important d’enfants ukrainiens et mobilisé des ressources considérables en matière de logements, d’aides sociales et d’éducation, y compris au niveau local et avec la participation de la société civile;

M.

considérant que, depuis le début de la guerre d’agression à grande échelle, environ 20 000 enfants ukrainiens ont été déportés de force en Russie et en Biélorussie ou sont détenus dans les territoires occupés; que la Cour pénale internationale a délivré des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de Vladimir Poutine et de Maria Lvova-Belova pour leur responsabilité dans le crime de guerre que constituent les déportations illégales et le transfert illégal d’enfants depuis les territoires occupés de l’Ukraine vers la Russie; que moins de 400 enfants déportés sont rentrés en Ukraine et ont retrouvé leur famille;

N.

considérant que le transfert et l’adoption forcés d’enfants ukrainiens vers la Russie constituent une injustice intolérable qui risque de devenir irréversible si l’on n’y remédie pas de toute urgence; que l’accès limité des organisations humanitaires internationales aux enfants transférés de force et le manque de coopération de la Russie empêchent d’obtenir des informations sur ces enfants;

O.

considérant que dans son rapport sur l’intégration des personnes fuyant l’Ukraine dans l’Union européenne, Lodewijk Asscher, conseiller spécial pour l’Ukraine, a formulé certaines orientations qui sont également valables pour l’intégration des enfants et a recommandé de mieux intégrer les enfants, notamment en les inscrivant en plus grand nombre dans les écoles locales afin de surmonter le «dilemme de l’attente»;

P.

considérant qu’en période de conflit, la protection de l’identité juridique des enfants est davantage compromise en raison de leur vulnérabilité même, en particulier dans le cas des mineurs non accompagnés;

Q.

considérant que dans la région du Partenariat oriental, le placement en institution des enfants ayant besoin d’une famille est un héritage du passé qu’il convient de corriger en encourageant autant que possible leurs prises en charge par des familles;

R.

considérant que la convention des Nations unies relative au statut des réfugiés oblige les États à accorder «aux réfugiés le même traitement qu’aux nationaux en ce qui concerne l’enseignement primaire» et à accorder «aux réfugiés traitement aussi favorable que possible, et en tout cas non moins favorable que celui qui est accordé aux étrangers en général dans les mêmes circonstances quant aux catégories d’enseignement autre que l’enseignement primaire»;

S.

considérant que la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant oblige les États à accorder les droits prévus par la Convention à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans et relevant de leur juridiction, sans discrimination, et que ses trois protocoles facultatifs prévoient des protections supplémentaires pour tous les enfants, y compris les mineurs fuyant les conflits armés;

T.

considérant que la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant met l’accent sur les concepts d’«intérêt supérieur» de l’enfant et de «participation» des enfants aux processus décisionnels qui les concernent, eu égard à leur âge et à leur degré de maturité;

U.

considérant que la convention des Nations unies prévoit que si les enfants ont des droits qui leur sont propres en tant qu’individus, ils les exercent souvent dans le cadre d’une relation, et que ladite convention met donc également l’accent sur la famille et la communauté;

V.

considérant que les politiques devraient avoir pour objectif de supprimer le deux poids deux mesures qui aggrave les disparités entre personnes déplacées, notamment les enfants issus de contextes différents, de prévenir et d’apaiser les tensions sociales dans les populations d’accueil et d’y remédier;

W.

considérant que l’Union et les pays du Partenariat oriental devraient tirer le bilan des expériences passées et partager les meilleures pratiques, tout en se préparant à répondre à un «affaiblissement de la solidarité» et au «dilemme de l’attente» pour les personnes déplacées qui envisagent soit une intégration à long terme au sein des populations d’accueil, soit un retour dès que l’occasion se présentera;

X.

considérant que le blocus de neuf mois du Haut-Karabakh et le déplacement forcé de sa population qui s’en est suivi ont particulièrement touché les groupes vulnérables, notamment les enfants;

1.

souligne les principes fondamentaux énoncés dans la convention relative aux droits de l’enfant qui devraient présider en permanence à toutes les politiques relatives aux enfants, notamment l’intérêt supérieur de l’enfant, la non-discrimination et la participation;

2.

reste convaincu qu’il est préférable qu’un enfant vive au sein d’une famille, à moins que les circonstances ne s’y opposent, par exemple en cas de maltraitance familiale; recommande donc à tous les intervenants de privilégier les solutions qui privilégient un cadre familial dans l’intérêt supérieur de l’enfant chaque fois que cela est possible, et notamment lorsqu’il s’agit de retrouver la famille d’un mineur non accompagné;

3.

demande que l’aide humanitaire et financière destinée à l’Ukraine soit augmentée afin de répondre aux besoins des enfants temporairement déplacés dans les pays de l’Union à la suite de l’invasion militaire de grande envergure menée par la Russie en Ukraine; demande que l’on facilite et accélère l’échange d’informations sur la situation des enfants temporairement déplacés hors d’Ukraine;

4.

souligne qu’il est nécessaire de dispenser des soins de qualité aux enfants évacués des établissements institutionnels en Ukraine, en particulier à ceux qui sont handicapés ou qui ont des besoins particuliers, dans le respect de leurs intérêts, tout en gardant d’étroites relations avec leurs représentants légaux ou les personnes qui les accompagnent depuis l’Ukraine;

5.

demande que les enfants évacués et les familles avec enfants soient informés des dispositions de la législation nationale du pays d’accueil sur les soins et l’éducation des enfants, dans une langue qu’ils comprennent et en fonction du degré de développement de l’enfant;

6.

souligne qu’en période d’application de la loi martiale en Ukraine, il est impossible aux autorités d’un État donné de prendre des décisions relatives à l’adoption illégale d’enfants de nationalité ukrainienne;

7.

invite tous les protagonistes à veiller tout particulièrement au respect du principe de non-discrimination afin d’éviter toute différenciation dans l’exercice des droits de l’enfant, quel que soit le motif, notamment le statut juridique de l’enfant, que celui-ci soit ressortissant national, étranger, réfugié, non-accompagné, apatride, etc.; recommande à tous les protagonistes d’élaborer et de mener des politiques axées tout particulièrement sur la suppression du deux poids deux mesures, et de ne pas faire de différence entre les groupes d’enfants déplacés ou entre les personnes déplacées en général lorsqu’il s’agit de leur accorder des droits, des services et des facilités;

8.

invite tous les protagonistes à poursuivre leurs initiatives afin que les enfants puissent participer aux processus de prise de décision dans les domaines qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur degré de maturité; souligne qu’il faut pour cela disposer de ressources et de capacités suffisantes, et notamment de professionnels spécialisés, par exemple pour interroger les mineurs et s’occuper d’eux en fonction de leur âge et de leur maturité avant de leur accorder le statut qui leur correspond;

9.

observe que la question du déplacement des mineurs, comme tous les autres types de déplacement, devrait être traitée dans la région immédiatement voisine du pays d’origine; souligne toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les pays voisins supportent seuls ce fardeau;

10.

condamne toute exploitation ou instrumentalisation à des fins militaires des mineurs déplacés et des déplacements de population en général; souligne que le bien-être des personnes déplacées, notamment des enfants, doit être au cœur des politiques, en veillant à ce que tous puissent mener une vie digne et sûre et décider de préparer leur retour dans leur pays d’origine lorsque l’occasion se présentera;

11.

recommande aux États de se doter de procédures et de moyens administratifs suffisants et efficaces pour accorder un statut juridique à toutes les personnes déplacées relevant de leur juridiction et leur restituer ou leur délivrer des documents, et plus particulièrement aux enfants déplacés, car il s’agit là d’un préalable essentiel pour pouvoir leur accorder tous les droits, services et facilités qui dépendent d’un tel statut;

12.

souligne qu’il est important que les enfants non accompagnés reçoivent provisoirement une assistance professionnelle de la part de tous les intervenants, notamment des professionnels du placement familial, des assistants sociaux, des interprètes et des professionnels de la santé mentale qui soient tous dûment qualifiés;

13.

recommande à tous les intervenants de s’investir davantage en faveur des enfants déplacés afin de garantir leur sécurité face aux violences sexistes, à la traite et à l’exploitation, en particulier dans le cas des enfants non accompagnés et de ceux qui sont placés en institution; souligne la nécessité d’adopter de nouvelles politiques spécifiques pour éviter la séparation des familles, dont celle des frères et sœurs, et pour faire en sorte que les membres d’une même famille soient réunis et puissent tisser des liens affectifs;

14.

souligne l’importance d’apporter un soutien psychosocial adapté pour faire face aux cas de stress, de séparation, de deuil et de traumatisme causés par la guerre et les déplacements, ainsi qu’aux difficultés post-migratoires, notamment les éventuelles discriminations dans le pays d’accueil et la réorganisation de la vie familiale; souligne en outre l’importance de faire en sorte que les services de soutien et de conseil en matière de traumatismes soient plus accessibles et moins coûteux;

15.

souligne que parmi les droits, les services et les facilités dont bénéficient les enfants déplacés, l’accès aux soins de santé et à l’éducation revêt une importance primordiale; constate que l’éducation des enfants déplacés est perturbée et souligne la difficulté supplémentaire que représente l’acquisition de la langue, qui nécessite des ressources et des mesures pour des cours supplémentaires comme des cours de langue et l’accès à distance au système éducatif du pays d’origine, ainsi que la formation professionnelle des enseignants et du personnel scolaire afin de faciliter l’intégration des enfants déplacés dans les systèmes éducatifs du pays d’accueil; recommande à tous les intervenants d’accorder une attention particulière aux enfants handicapés déplacés et de garantir un soutien éducatif spécialisé à ceux qui ont des besoins supplémentaires;

16.

invite les États à soutenir toutes les initiatives qui offrent aux enfants et aux jeunes déplacés des possibilités d’interaction sociale, d’échange culturel et d’expression créative, dans le but d’améliorer leur intégration dans les pays d’accueil;

17.

recommande à tous les intervenants de chercher des solutions de logement permanent et des possibilités de générer des revenus dans le secteur formel pour toutes les personnes déplacées, en mettant l’accent sur les perspectives d’emploi dans le secteur formel pour les parents et les tuteurs légaux;

18.

invite les États à retenir l’hypothèse qu’il faudra encore s’occuper des enfants déplacés pendant un certain temps, et qu’il ne faudra donc pas créer d’infrastructures de garde d’enfants en supposant uniquement que la demande habituelle ne sera que temporairement modifiée;

19.

souligne l’importance cruciale de soutenir et de financer suffisamment les milieux d’accueil, dont les familles, les écoles et les collectivités; souligne qu’il faut allouer suffisamment de fonds au niveau municipal, car c’est là que doivent être mises en œuvre la plupart des mesures d’aide immédiates; souligne qu’il s’agit d’une condition préalable nécessaire pour prévenir et résoudre les tensions sociales et les griefs réels ou imaginaires qui peuvent être instrumentalisés par certains protagonistes, qu’ils soient locaux ou géopolitiques, dans le but d’accroître les tensions sociales et de désinformer;

20.

salue la décision du gouvernement géorgien de faciliter les inscriptions scolaires des élèves ukrainiens qui, en raison des hostilités en Ukraine, ne peuvent plus fréquenter l’école en Ukraine et expriment le souhait de poursuivre leur scolarité en Géorgie; précise que des filières de langue ukrainienne seront ouvertes dans les écoles de Tbilissi afin de permettre aux Ukrainiens d’étudier dans leur langue maternelle; se félicite que plusieurs aides aient été mises en place à Tbilissi pour les enfants ukrainiens déplacés; souligne la simplification des procédures d’inscription dans les jardins d’enfants et les universités, entre autres initiatives;

21.

recommande à tous les intervenants d’élaborer et d’appliquer des politiques attentives au dilemme que constituent l’intégration et l’attente d’un retour dans le pays d’origine; note que les enfants et les familles déplacés peuvent se heurter à des obstacles psychologiques supplémentaires pour pouvoir s’intégrer pleinement dans leur environnement d’accueil, car ils peuvent penser ou avoir le sentiment que leur intégration contrarie leurs espoirs de rentrer chez eux; souligne qu’il faut apporter un soutien supplémentaire, notamment social et psychologique, pour aider les enfants déplacés à acquérir toutes les compétences nécessaires, notamment linguistiques, pour pouvoir mener une vie sociale normale le plus rapidement possible;

22.

rappelle que le fait de continuer à déplacer et à expulser de force des enfants ukrainiens, y compris ceux placés en institution, vers la Russie et la Biélorussie et de les faire adopter de force par des familles russes constitue une violation du droit ukrainien et du droit international; souligne que le transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre relève du crime de génocide, conformément à l’article II de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide; exige que les autorités russes et biélorusses garantissent le retour immédiat de tous les enfants ukrainiens afin qu’ils retrouvent leurs familles; salue les efforts déployés par les organisations ukrainiennes locales qui, au cas par cas, aident les parents et les familles à rechercher leurs enfants et à se battre pour que ces derniers reviennent sains et saufs;

23.

invite la Russie à respecter pleinement les obligations qui lui incombent en vertu du droit international et du droit humanitaire international et à interrompre immédiatement les transferts forcés de mineurs de l’Ukraine vers la Russie et leurs adoptions; exige que la Russie révèle où se trouvent tous les mineurs transférés de force, qu’elle permette aux organisations humanitaires internationales de se rendre sur les lieux où sont détenus les mineurs transférés de force et qu’elle autorise et facilite leur transfert en toute sécurité vers l’Ukraine ou un pays tiers;

24.

se félicite de la déclaration commune de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan qui ont annoncé la libération réciproque de détenus et confirmé à nouveau leur intention de normaliser leurs relations et de conclure un traité de paix reposant sur le respect mutuel des principes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale;

25.

demande à l’Union européenne et aux États membres de renforcer toute aide humanitaire et financière nécessaire à l’Arménie, au moyen de crédits budgétaires directs et d’organisations internationales, afin de répondre aux besoins des mineurs qui font partie des populations du Haut-Karabakh qui ont été déplacées de force;

26.

charge ses coprésidents de transmettre la présente résolution à la Présidente du Parlement européen, au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission/haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au commissaire au voisinage et à l’élargissement et au Service européen pour l’action extérieure, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres de l’Union et des pays du Partenariat oriental.


(1) JO L 223 du 22.6.2021, p. 14.

(2) JO C 125 du 18.3.2022, p. 2.

(3) JO C 434 du 15.11.2022, p. 50.

(4) JO C 125 du 5.4.2023, p. 67.

(5) UNHCR, «Refugee Data Finder», https://www.unhcr.org/refugee-statistics/insights/annexes/trends-annexes.html?situation=1.

(6) Commission européenne, «EU Commissioners discuss the progress of the integration of people fleeing Russia’s invasion of Ukraine» (L’intégration des personnes fuyant l’invasion de l’Ukraine par la Russie fait l’objet d’une discussion entre les commissaires de l’UE», https://ec.europa.eu/social/main.jsp?langId=en&catId=89&furtherNews=yes&newsId=10589.

(7) JO C, C/2024/1188 du 23.2.2024 ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1188/oj

(8) UNHCR, «Education on hold» (Mise entre parenthèses de l’éducation), septembre 2023, https://data.unhcr.org/en/documents/download/103089.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3823/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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