Protocole relatif à la mise en œuvre de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la République de Côte d’Ivoire et la Communauté européenne (2025-2029)
| CELEX | 22025A01195 |
| Type | Accord international |
| Date | vendredi 6 juin 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série L |
| 2025/1195 | 2.7.2025 |
PROTOCOLE RELATIF À LA MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD DE PARTENARIAT DANS LE SECTEUR DE LA PÊCHE ENTRE LA RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE ET LA COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE (2025-2029)
CONSIDÉRANT la coopération étroite entre les parties, notamment dans le cadre des relations entre l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et l’Union européenne, ainsi que leur désir commun d’intensifier cette relation,
CONSIDÉRANT l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la République de Côte d’Ivoire et la Communauté européenne (1),
LES PARTIES AU PRÉSENT PROTOCOLE CONVIENNENT DE CE QUI SUIT:
Article 1
Définitions
Aux fins du présent protocole, les définitions énoncées à l’article 2 de l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la République de Côte d’Ivoire et la Communauté européenne, ci-après dénommées ensemble «parties» et individuellement «partie», sont applicables. En outre, on entend par:
| 1) | «accord»: l’accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre la République de Côte d’Ivoire et la Communauté européenne; |
| 2) | «accord de Samoa»: l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part (2); |
| 3) | «autorités de l’Union»: la Commission européenne, le cas échéant par l’entremise de la délégation de l’Union en Côte d’Ivoire, équivalant aux termes «autorités communautaires» définis à l’article 2 de l’accord; |
| 4) | «autorités de la Côte d’Ivoire»: le ministère chargé des ressources halieutiques; |
| 5) | «appui sectoriel»: appui financier de l’Union apporté pour la mise en œuvre de la politique sectorielle des pêches et de l’aquaculture de la Côte d’Ivoire; |
| 6) | «captures»: espèces aquatiques marines prises par un engin de pêche déployé par un navire de pêche; |
| 7) | «débarquement»: le déchargement de toute quantité de produits de la pêche d’un navire de pêche à terre; |
| 8) | «délégation»: la délégation de l’Union européenne en Côte d’Ivoire; |
| 9) | «dispositifs de concentration de poissons»: objets artificiels ou naturels à la surface sous lesquels se regroupent diverses espèces qu’ils attirent, accroissant ainsi la capturabilité de ces espèces; |
| 10) | «Côte d’Ivoire»: la République de Côte d’Ivoire; |
| 11) | «législation de la Côte d’Ivoire»: la législation relative aux activités de pêche de la Côte d’Ivoire; |
| 12) | «licence de pêche»: une autorisation administrative délivrée par les autorités de la Côte d’Ivoire à un opérateur pour un navire de l’Union et donnant le droit à cet opérateur de mener des opérations de pêche dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire pendant une période définie; ces termes équivalent aux termes «autorisation de pêche» définis dans la législation de l’Union; |
| 13) | «navire de l’Union»: un navire de pêche battant pavillon d’un État membre de l’Union et immatriculé dans l’Union; |
| 14) | «navire d’appui»: navire, autre qu’une embarcation transportée à bord, qui n’est pas équipé d’engins de pêche opérationnels conçus pour capturer ou attirer des poissons et qui facilite, assiste ou prépare les opérations de pêche; |
| 15) | «observateur»: toute personne habilitée par une autorité nationale chargée, conformément à l’annexe, d’observer la mise en œuvre des règles s’appliquant aux opérations de pêche ou d’observer ces opérations à des fins scientifiques; |
| 16) | «opérateur»: toute personne physique ou morale qui gère ou détient une entreprise exerçant une activité liée à n’importe quelle étape des chaînes de production, de transformation, de commercialisation, de distribution et de vente au détail des produits de la pêche et de l’aquaculture; |
| 17) | «opération de pêche»: toutes les activités en relation avec la localisation de poisson, la mise à l’eau, le déploiement et la remontée d’engins actifs, le placement, l’immersion, le retrait ou la remise en place d’engins dormants et l’enlèvement des captures éventuelles de l’engin, des filets ou d’une cage de transport vers des cages d’engraissement et d’élevage; |
| 18) | «pêche durable»: la pêche conforme aux objectifs et principes consacrés par le Code de conduite pour une pêche responsable adopté lors de la conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 1995; |
| 19) | «marin pêcheur»: toute personne employée ou engagée à quelque titre que ce soit ou exerçant une activité professionnelle à bord d’un navire de pêche, y compris les personnes travaillant à bord qui sont rémunérées à la part, mais à l’exclusion des pilotes, des équipages de la flotte de guerre, des autres personnes au service permanent du gouvernement, des personnes basées à terre chargées d’effectuer des travaux à bord d’un navire de pêche et des observateurs; les marins ACP tels que définis dans l’accord s’entendent comme étant des marins pêcheurs au sens de la présente définition; |
| 20) | «possibilités de pêche»: droit de pêche quantifié, exprimé en termes de captures ou d’effort de pêche; |
| 21) | «présent protocole»: le présent protocole de mise en œuvre de l’accord, ainsi que son annexe et ses appendices; |
| 22) | «rejets»: captures non retenues à bord; |
| 23) | «transbordement»: le transfert direct d’une quantité quelconque de poisson détenue à bord d’un navire vers un autre navire, quel que soit le lieu de la manœuvre, sans que le poisson ne soit enregistré comme ayant été débarqué; |
| 24) | «l’Union»: l’Union européenne, qui se substitue et succède à la Communauté européenne. |
Article 2
Objectif
L’objectif du présent protocole est de mettre en œuvre les dispositions de l’accord en précisant notamment les conditions d’accès des navires de l’Union à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire, ainsi que les dispositions de mise en œuvre du partenariat en matière de pêche durable.
Article 3
Période d’application
Le présent protocole s’applique pour une période de quatre ans, à partir de la date de sa signature, conformément à l’article 20.
Article 4
Relation entre le présent protocole et l’accord
Le présent protocole est interprété et appliqué dans le contexte de l’accord et d’une manière compatible avec celui-ci.
Dans le cas où un nouvel accord viendrait à éteindre l’accord et s’y substituer, ou à le modifier, les parties conviennent de la possibilité, à la demande de l’une d’entre elles, d’amender le présent protocole autant que nécessaire pour le mettre en conformité avec le nouvel accord ou l’accord modifié.
Article 5
Principes
Les parties agissent et mettent en œuvre le présent protocole en conformité avec les principes suivants:
| 1) | la mise en œuvre du présent protocole, notamment l’exercice des activités de pêche, se fait de façon à assurer une répartition équitable des bénéfices qui en découlent; |
| 2) | les parties mettent en œuvre le présent protocole conformément à l’article 9 de l’accord de Samoa; |
| 3) | en application du principe de transparence, la Côte d’Ivoire met à disposition de l’Union, dans le cadre de la commission mixte prévue à l’article 9 de l’accord (ci-après dénommée «commission mixte»), les informations relatives à tout accord autorisant l’accès des navires thoniers étrangers à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire ainsi que la liste des navires thoniers autorisés dans ce cadre; |
| 4) | en application du principe de non-discrimination, la Côte d’Ivoire s’engage à appliquer les mêmes mesures techniques et de conservation à toutes les flottes thonières industrielles étrangères opérant dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire qui présenteraient les mêmes caractéristiques que celles couvertes par le présent protocole; |
| 5) | en ce qui concerne les stocks chevauchants ou les stocks de poissons grands migrateurs, les parties prendront dûment en compte, pour la détermination des ressources accessibles, les évaluations scientifiques réalisées au niveau régional ainsi que les mesures de conservation et de gestion adoptées par les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) compétentes; |
| 6) | les conditions d’emploi et de travail des marins pêcheurs embarqués sur les navires de l’Union ne doivent pas être contraires aux instruments applicables aux marins pêcheurs de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), notamment la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998), telle qu’amendée en 2022, et la Convention no 188 de l’OIT sur le travail dans la pêche. Cela inclut notamment le respect de la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit des travailleurs à la négociation collective, l’élimination du travail forcé et du travail des enfants, l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession, ainsi qu’un environnement de travail sûr et sain et des conditions de vie et de travail décentes à bord des navires de l’Union; |
| 7) | les parties s’engagent à promouvoir la ratification des conventions applicables aux marins pêcheurs de l’OIT et de l’OMI. Elles s’engagent également à promouvoir une formation adéquate des marins pêcheurs, notamment celle prévue par la convention internationale sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (convention STCW-F) de l’OMI. |
Article 6
Relation entre le présent protocole et d’autres accords et instruments juridiques relatifs à la pêche
Le présent protocole est interprété et appliqué dans le respect des actes suivants et d’une manière compatible avec ceux-ci:
| a) | les recommandations et résolutions de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) ou d’autres organisations régionales de pêche pertinentes, telles que le Comité des pêches de l’Atlantique Centre-Est (COPACE) et le Comité des pêches du Centre-Ouest du Golfe de Guinée (CPCO); |
| b) | l’Accord des Nations unies sur les stocks de poissons de 1995; |
| c) | le Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO de 1995; |
| d) | l’Accord sur les mesures du ressort de l’État du Port de la FAO de 2009; |
| e) | les directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté de la FAO, publiées en 2015. |
Article 7
Accès des navires de l’Union à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire
1. L’accès à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire au titre de l’article 5 de l’accord est possible pour les navires de l’Union dans la limite de:
| a) | thoniers senneurs congélateurs: 25 navires; |
| b) | palangriers de surface: 7 navires. |
Les navires d’appui sont autorisés dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire dans les conditions définies à l’annexe et conformément aux résolutions et recommandations de la CICTA y afférentes.
2. Les opérations de pêche menées par les navires visés au paragraphe 1 concernent les espèces de grands migrateurs (espèces énumérées à l’annexe 1 de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982) à l’exclusion des espèces protégées ou dont la capture est interdite dans le cadre de la CICTA ou d’autres conventions internationales ou de la législation de la Côte d’Ivoire, notamment les espèces énumérées à l’appendice 2 de l’annexe au présent protocole.
3. Le paragraphe 1 du présent article s’applique sous réserve des articles 11 et 12.
4. Les navires de l’Union ne peuvent exercer des opérations de pêche dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire que s’ils détiennent une licence de pêche dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire dans le cadre du présent protocole.
5. Les autorités de la Côte d’Ivoire ne délivrent de licence de pêche aux navires de l’Union que dans le cadre du présent protocole. La délivrance de toute licence de pêche aux navires de l’Union en dehors du cadre du présent protocole, notamment sous la forme de licence de pêche directe, est interdite.
6. Les coordonnées géographiques de la zone de pêche de la Côte d’Ivoire figurent à l’appendice1 de l’annexe.
Article 8
Contrepartie financière – modalités de paiement
1. La contrepartie financière prévue à l’article 7 de l’accord est fixée à 740 000 EUR par an, soit un montant global de 2 960 000 EUR pour la période d’application visée à l’article 3 du présent protocole.
2. La contrepartie financière est composée:
| a) | d’un montant annuel pour l’accès à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire de 305 000 EUR correspondant à un tonnage de référence de 6 100 tonnes par an; et |
| b) | d’un montant spécifique annuel de 435 000 EUR destiné à contribuer à la mise en œuvre de la politique sectorielle de pêche de la Côte d’Ivoire. |
3. En outre, les opérateurs versent une contribution financière annuelle pour l’accès de leurs navires à la zone de pêche de la Côte d’Ivoire conformément au chapitre II de l’annexe.
4. Le paragraphe 2 s’applique sous réserve des articles 9, 11, 12, 17 et 18 du présent protocole et des articles 12 et 13 de l’accord.
5. Si les captures des navires de l’Union au cours d’une année dépassent le tonnage de référence annuel, le montant de la contrepartie financière annuelle est complété par un paiement de 50 EUR par tonne supplémentaire capturée. Le paiement de ces captures additionnelles intervient une fois les captures de l’année agréées par les parties conformément au chapitre II de l’annexe. Toutefois, lorsque les quantités capturées par les navires de l’Union excèdent le double du tonnage de référence annuel, le paiement du montant dû pour les captures excédant ce seuil est reporté d’une année.
6. La contrepartie financière prévue au paragraphe 2, point a), est payée au plus tard quatre-vingt-dix jours après la date d’application provisoire du présent protocole pour la première année et au plus tard à la date anniversaire du présent protocole pour les années suivantes.
7. La contrepartie financière est versée au Trésor public de la Côte d’Ivoire.
8. La contrepartie financière prévue au paragraphe 2, point b), est versée sur un compte du Trésor public dédié à la mise en œuvre de l’appui sectoriel. Le versement est effectué conformément à l’article 9, paragraphe 10.
9. La Côte d’Ivoire communique chaque année à l’Union les références du ou des comptes à utiliser pour les paiements prévus aux paragraphes 7 et 8.
10. Chaque composante de la contrepartie financière fait l’objet d’une inscription au budget de l’État et est soumise aux règles et procédures de gestion des finances publiques de la Côte d’Ivoire.
Article 9
Appui sectoriel
1. Un programme d’appui sectoriel est défini dans le cadre du présent protocole. Il contribue à la mise en œuvre de la politique des pêches et de l’aquaculture de la Côte d’Ivoire en soutenant notamment:
| a) | l’amélioration des connaissances et des capacités scientifiques sur les ressources halieutiques; |
| b) | des mesures de gestion et de développement d’une pêche et d’une aquaculture artisanales durables; |
| c) | les communautés de pêche, notamment via l’aide à l’emploi et la formation professionnelle, avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes; |
| d) | la définition et la mise en œuvre de politiques de contrôle et d’inspection des activités de pêche visant notamment à lutter contre la pêche illicite, non reportée et non règlementée (INN), à dissuader et sanctionner les infractions liées à la pêche INN. |
2. L’Union et la Côte d’Ivoire s’accordent au sein de la commission mixte, au plus tard trois mois suivant le début de l’application provisoire du présent protocole, sur le programme d’appui sectoriel pluriannuel comprenant notamment:
| a) | les orientations pour lesquelles la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point b), est utilisée; |
| b) | les objectifs à atteindre afin de promouvoir une pêche durable et responsable; |
| c) | les critères d’évaluation des résultats et les conditions auxquelles les paiements sont effectués (lignes directrices). |
3. Le programme d’appui sectoriel fait l’objet de consultations avec les parties prenantes en Côte d’Ivoire est rendu public.
4. Un programme annuel est établi, présentant pour chaque projet ou activité:
| a) | les besoins auxquels ces projets ou activités visent à répondre; |
| b) | les objectifs; |
| c) | les résultats attendus et les indicateurs mesurables; |
| d) | les estimations de coûts; |
| e) | le calendrier prévisionnel des réalisations; ce calendrier peut prévoir que les réalisations du programme d’appui sectoriel s’étalent sur plusieurs années. |
5. Les parties assurent la visibilité des actions financées par l’appui sectoriel et de l’intervention de l’Union dans le partenariat avec la Côte d’Ivoire. Cette visibilité fait partie des objectifs visés au paragraphe 4.
6. Toute modification substantielle proposée du programme d’appui sectoriel ou des montants spécifiques alloués aux projets à mener doit être préalablement notifiée à l’Union et être approuvée par les parties au sein de la commission mixte.
7. Chaque année, la Côte d’Ivoire présente un rapport écrit de réalisation des activités du programme d’appui sectoriel et un bilan d’exécution financière à la commission mixte qui évalue les résultats de mise en œuvre du programme sectoriel pluriannuel. La commission mixte statue sur le versement d’une tranche ultérieure en fonction de la réalisation des objectifs visés au paragraphe 4 lors de l’exécution du programme d’appui sectoriel.
8. Un rapport final couvrant l’ensemble du programme pluriannuel est également présenté au plus tard six mois après le dernier paiement du montant spécifique prévu à l’article 8, paragraphe 2, point b). Il présente un bilan de la mise en œuvre du programme pour l’ensemble des versements effectués au titre du présent protocole.
9. Les parties poursuivent le suivi du programme d’appui sectoriel jusqu’à l’utilisation complète de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point b), le cas échéant au-delà de l’expiration du présent protocole.
10. Le paiement de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point b), du présent protocole est effectué:
| a) | pour la première tranche après validation par la commission mixte sur le programme d’appui sectoriel, selon les dispositions du paragraphe 2; |
| b) | pour les tranches suivantes, à l’issue de l’évaluation des résultats visée au paragraphe 4, en fonction des progrès dans la mise en œuvre des activités à évaluer par la commission mixte. |
Sauf en cas de force majeure, le paiement de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point b), ne peut être versé au-delà d’une période de douze mois après l’expiration du présent protocole.
11. Les parties conviennent d’établir des lignes directrices relatives aux modalités de mise en œuvre et de suivi de l’appui sectoriel. Ces lignes directrices sont validées au cours de la première commission mixte et révisables autant que nécessaire.
12. Les vérifications et contrôles relatifs à l’utilisation des fonds de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point b), peuvent être menés par les instances d’audit et de contrôle de chaque partie, y inclus la Cour des comptes européenne et l’Office européen de lutte antifraude. Cela inclut un droit d’accès aux informations, documents, sites et installations bénéficiaires.
Article 10
Coopération scientifique et technique pour une pêche durable
1. Les parties s’engagent dans une coopération scientifique et technique respectant les principes et visant les objectifs fixés à l’article 3 de l’accord.
2. Les parties s’engagent à promouvoir, au niveau de la sous-région, la coopération relative à la pêche durable, notamment dans le cadre de la CICTA et de toute autre organisation sous-régionale ou internationale compétente. Les parties respectent les recommandations de la CICTA.
3. Les parties coopèrent afin de renforcer les mécanismes de contrôle, d’inspection et de lutte contre la pêche INN en Côte d’Ivoire.
4. En application de l’article 4 de l’accord, les parties peuvent convoquer une réunion scientifique pour toute évaluation scientifique, pour préconiser des mesures visant à une gestion durable des ressources halieutiques, et la mise en œuvre de l’article 12 du présent protocole.
Article 11
Révision d’un commun accord des possibilités de pêche
1. Les possibilités de pêche visées à l’article 7, paragraphe 1, et à l’article 8, paragraphe 2, point a), du présent protocole peuvent être augmentées d’un commun accord à la suite des consultations prévues à l’article 4, paragraphe 2, de l’accord, à condition que cette augmentation ne porte pas atteinte à la gestion durable des ressources de la Côte d’Ivoire. Dans un tel cas, la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point a), du présent protocole est augmentée proportionnellement et pro rata temporis.
2. Au cas où, en revanche, les parties s’accordent sur l’adoption d’une réduction des possibilités de pêche visées à l’article 7, paragraphe 1, et à l’article 8, paragraphe 2, point a), la composante de la contrepartie financière correspondante est réduite proportionnellement et pro rata temporis.
Article 12
Nouvelles possibilités de pêche et pêche exploratoire
1. Si les opérateurs des navires de l’Union sont intéressés par des activités de pêche qui ne sont pas indiquées à l’article 7, paragraphe 1 ou 2, l’Union consulte la Côte d’Ivoire pour une éventuelle autorisation relative à ces nouvelles activités. Dans le cadre de ces consultations, les parties tiennent compte des avis scientifiques pertinents, en particulier ceux émis par les organisations régionales ou sous régionales de pêche.
2. La réunion scientifique prévue à l’article 10, paragraphe 4, peut être chargée par la commission mixte de formuler:
| a) | des recommandations pour explorer de nouvelles pêcheries, notamment sous forme de campagne de pêche exploratoire; |
| b) | des conditions applicables à ces nouvelles possibilités de pêche, telles que la mise en place de plans de gestion pluriannuelle. |
3. Les parties conviennent en commission mixte d’apporter des amendements nécessaires au présent protocole.
4. Si la réunion scientifique le recommande, les parties peuvent autoriser des campagnes de pêche exploratoire dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire afin de tester la faisabilité technique et la rentabilité économique de nouvelles pêcheries.
5. À cette fin, l’Union communique aux autorités de la Côte d’Ivoire les demandes de licences de pêche exploratoire sur la base d’un dossier technique précisant:
| a) | les caractéristiques techniques du navire; |
| b) | le niveau d’expertise des officiers du navire dans la pêcherie concernée; |
| c) | la proposition relative aux paramètres techniques de la campagne (durée, engin, régions d’exploration, etc.). |
6. Les campagnes de pêche exploratoire ont une durée qui suit les recommandations de la réunion scientifique et ne peut dépasser au total six mois. Elles sont assujetties au paiement d’une redevance fixée par les autorités de la Côte d’Ivoire.
7. Un observateur scientifique de l’État du pavillon et un observateur scientifique de la Côte d’Ivoire sont présents à bord durant toute la durée de la campagne. Leurs protocoles d’observation sont harmonisés selon les recommandations de la réunion scientifique.
8. Les captures effectuées au titre et au cours de la campagne d’exploration sont débarquées et vendues en Côte d’Ivoire.
9. Les résultats détaillés de la campagne sont analysés par la réunion scientifique et les conclusions sont fournies à la commission mixte pour examen.
Article 13
Législations applicables
1. Les activités des navires de l’Union opérant dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire sont régies par le présent protocole et, pour toute question non couverte par ce dernier, par la législation de la Côte d’Ivoire.
2. La Côte d’Ivoire fournit à l’Union la législation applicable avant l’application provisoire du présent protocole.
3. Les autorités de la Côte d’Ivoire informent dans les meilleurs délais l’Union de tout changement ou de toute nouvelle législation ayant trait au secteur de la pêche. Les modifications sont opposables aux navires de l’Union dans un délai de soixante jours à compter de cette notification.
4. L’Union informe les autorités de la Côte d’Ivoire de tout changement ou de toute nouvelle législation ayant trait aux activités de pêche de la flotte lointaine de l’Union.
Article 14
Échange électronique des données
1. La Côte d’Ivoire et l’Union mettent en œuvre des systèmes informatiques sécurisés automatisant les échanges en temps réel de données relatives aux autorisations et aux activités des navires de l’Union, ou des échanges par voie électronique selon le présent protocole.
2. L’Union veille à la transmission régulière à la Côte d’Ivoire des éléments suivants:
| a) | dès lors qu’ils concernent des activités des navires de l’Union dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire:
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| b) | lorsqu’il s’agit de ports de la Côte d’Ivoire:
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3. La version électronique d’un document échangé est en tout point considérée comme équivalente à sa version papier.
4. La Côte d’Ivoire et l’Union se notifient sans délai tout dysfonctionnement des systèmes informatiques visés au paragraphe 1 et mettent en œuvre les procédures nécessaires à la continuité des échanges d’information.
5. Les modalités de la transmission des données, y compris les dispositions relatives à la continuité des échanges d’information, sont établies à l’annexe.
6. Les parties s’efforcent de mettre en œuvre la transmission de données ERS, visées au chapitre III de l’annexe, au format UN/FLUX dans un délai maximum de douze mois à compter de la signature du présent protocole.
7. En cas de difficultés techniques, les parties conviennent de se concerter pour parvenir à une solution de remplacement et prendre des mesures pour atteindre l’objectif visé au paragraphe 6 dans les meilleurs délais.
Article 15
Protection des données
1. La Côte d’Ivoire et l’Union veillent à ce que les données échangées dans le cadre de l’accord soient utilisées par l’autorité compétente exclusivement pour la mise en œuvre de l’accord et, en particulier, à des fins de gestion ainsi que pour le suivi, le contrôle et la surveillance de la pêche.
2. Les parties s’engagent à ce que toutes les données commercialement sensibles et à caractère personnel relatives aux navires de l’Union et à leurs activités de pêche obtenues dans le cadre de l’accord, ainsi que toutes les informations commercialement sensibles relatives aux systèmes de communication utilisés par l’Union, soient traitées de manière confidentielle. Les parties veillent à ce que seules les données agrégées relatives aux activités de pêche dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire soient rendues publiques.
3. Les données à caractère personnel doivent être traitées de manière licite, loyale et transparente au regard de la personne concernée.
4. Les données à caractère personnel échangées dans le cadre de l’accord sont traitées conformément aux dispositions figurant à l’appendice 6 de l’annexe au présent protocole. D’autres garanties et voies de recours en ce qui concerne les données à caractère personnel et les droits des personnes concernées peuvent être établies par la commission mixte.
5. Les données échangées dans le cadre de l’accord continuent d’être traitées conformément au présent article et à l’appendice 6 de l’annexe, et ce même après l’expiration du présent protocole.
Article 16
Prérogatives de la commission mixte
1. La commission mixte peut délibérer ou statuer par échanges de lettres ou par réunion à distance.
2. Conformément aux procédures propres à chacune des parties, la commission mixte adopte les modifications du présent protocole portant sur:
| a) | les possibilités de pêche en application de l’article 7, paragraphe 1, et de l’article 8, paragraphe 1, et par conséquent de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point a); |
| b) | les modalités de mise en œuvre de l’appui sectoriel visées à l’article 9; |
| c) | les conditions et modalités techniques de l’exercice de la pêche par les navires de l’Union; |
| d) | les sauvegardes additionnelles visant à la protection des données personnelles prévues à l’article 15, paragraphe 4; |
| e) | la mise en œuvre de l’article 4. |
Les modifications ainsi apportées au présent protocole sont consignées dans un procès-verbal signé par les parties qui précise la date à laquelle ces modifications sont applicables.
Article 17
Révision à mi-parcours
Lors de sa réunion annuelle en 2026, la commission mixte examinera les dispositions techniques du présent protocole et de son annexe, conformément à l’article 4.
Article 18
Suspension de l’application du présent protocole
1. L’application du présent protocole peut être suspendue à l’initiative d’une des parties après consultation au sein de la commission mixte, si une ou plusieurs des conditions suivantes sont constatées:
| a) | des circonstances anormales, au sens de l’article 2, point h), de l’accord, empêchant le déroulement des activités de pêche dans la zone de pêche de la Côte d’Ivoire; |
| b) | des changements significatifs dans la définition et la mise en œuvre de la politique de la pêche de l’une ou l’autre partie empêchant le déroulement de ces activités; |
| c) | en cas de déclenchement des mécanismes prévus à l’article 101, paragraphes 6 et 7, de l’accord de Samoa dans le cas d’une violation des éléments essentiels ou dans les cas graves de corruption comme définis par ledit accord; |
| d) | un défaut de paiement par l’Union de la contrepartie financière prévue à l’article 8, paragraphe 2, point a), en conformité avec au paragraphe 3 du présent article; |
| e) | un différend grave et non résolu au sein de la commission mixte sur une interprétation du présent protocole ou en cas de non-respect de ses dispositions constaté par l’une des parties. |
2. Lorsque la suspension de l’application du présent protocole survient pour des raisons autres que celles mentionnées au paragraphe 1, point c), elle est subordonnée à la notification, par la partie intéressée, de son intention par écrit et au moins trois mois avant la date à laquelle cette suspension prendrait effet.
3. Le défaut de paiement par l’Union visé au paragraphe 1, point d), ne peut être considéré comme tel qu’après l’écoulement d’un délai de 60 jours suivant la notification par les autorités de la Côte d’Ivoire aux autorités de l’Union constatant le défaut de paiement.
4. En cas de suspension, les parties continuent à se consulter en vue de chercher une résolution à l’amiable du différend qui les oppose. Lorsque ce différend est résolu, l’application du présent protocole reprend et les parties se concertent en vue d’identifier les montants et les modalités de la compensation.
Article 19
Dénonciation
1. En cas de dénonciation du présent protocole, la partie concernée notifie par écrit à l’autre partie son intention de dénoncer le présent protocole, au moins six mois avant la date d’effet de la dénonciation.
2. L’envoi de la notification visée au paragraphe 1 ouvre des consultations entre les parties.
Article 20
Application provisoire
Le présent protocole s’applique à titre provisoire à partir du 1er janvier 2025, sous réserve de sa signature par les parties ou à partir de la date de signature s’il est signé après le 1er janvier 2025.
Article 21
Entrée en vigueur
Le présent protocole entre en vigueur à la date à laquelle les parties se notifient l’accomplissement des procédures nécessaires à cet effet.
Article 22
Textes faisant foi
Le présent protocole est établi en double exemplaire en langues allemande, anglaise, bulgare, croate, danoise, espagnole, estonienne, finnoise, française, irlandaise, grecque, hongroise, italienne, lettone, lituanienne, maltaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, roumaine, slovaque, slovène, suédoise et tchèque, tous les textes faisant également foi.
Informations relatives à l’entrée en vigueur du protocole de modification de l’accord entre l’Union européenne et la Principauté de Liechtenstein sur l’échange automatique d’informations relatives aux comptes financiers en vue d’améliorer le respect des obligations fiscales au niveau international 23/12/2025 DÉCISION NO 1/2025 DU COMITÉ MIXTE UE-TURQUIE du 22 décembre 2025 modifiant l’accord entre la Communauté européenne du charbon et de l’acier et la République de Turquie sur le commerce des produits couverts par le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier, par le remplacement du protocole 1 relatif à la définition de la notion de produits originaires et aux méthodes de coopération administrative [2026/359] 22/12/2025 Décision n° 1/2025 du Conseil d’association UE-Turquie du 22 décembre 2025 modifiant la décision n° 1/98 du Conseil d’association CE-Turquie concernant le régime de commerce pour les produits agricoles par le remplacement de son protocole n° 3 relatif à la définition de la notion de «produits originaires» et aux méthodes de coopération administrative [2026/1903] 22/12/2025 Informations relatives à l’application provisoire du protocole de modification de l’accord entre l’Union européenne et la Confédération suisse sur l’échange automatique d’informations relatives aux comptes financiers en vue d’améliorer le respect des obligations fiscales au niveau international 17/12/2025Documents similaires