Décision32016D1840

Décision d'exécution (UE) 2016/1840 de la Commission du 14 octobre 2016 modifiant l'annexe IV de la directive 2009/156/CE du Conseil en ce qui concerne les techniques de diagnostic de la peste équine [notifiée sous le numéro C(2016) 6509] (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)

CELEX32016D1840
TypeDécision
Datevendredi 14 octobre 2016

Résumé IA

Cette décision d'exécution de la Commission met à jour les techniques de diagnostic de la peste équine figurant à l'annexe IV de la directive 2009/156/CE, relative aux conditions de police sanitaire régissant les mouvements d'équidés. Elle adapte les méthodes de laboratoire aux avancées scientifiques, notamment en intégrant des tests de dépistage plus précis et standardisés pour cette maladie animale. Pour un professionnel du droit français, ce texte impose une mise en conformité des contrôles vétérinaires aux frontières et des certificats sanitaires lors des échanges d'équidés au sein de l'UE.

Texte intégral

18.10.2016

FR

Journal officiel de l'Union européenne

L 280/33


DÉCISION D'EXÉCUTION (UE) 2016/1840 DE LA COMMISSION

du 14 octobre 2016

modifiant l'annexe IV de la directive 2009/156/CE du Conseil en ce qui concerne les techniques de diagnostic de la peste équine

[notifiée sous le numéro C(2016) 6509]

(Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne,

vu la directive 2009/156/CE du Conseil du 30 novembre 2009 relative aux conditions de police sanitaire régissant les mouvements d'équidés et les importations d'équidés en provenance des pays tiers (1), et notamment son article 20,

considérant ce qui suit:

(1)

L'annexe IV de la directive 2009/156/CE décrit les tests de diagnostic de la peste équine auxquels, le cas échéant, les équidés peuvent être soumis avant leur déplacement dans l'Union ou leur importation en provenance de pays tiers.

(2)

Depuis l'adoption de la directive 2009/156/CE, les capacités dont disposent les laboratoires pour réaliser des tests de diagnostic de la peste équine avancés, extrêmement sensibles et efficaces se sont développées. En parallèle, le chapitre relatif au diagnostic de la peste équine du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) (2) a été modifié pour tenir compte de cette évolution.

(3)

Dans le cadre de son programme de travail 2014, le laboratoire de référence de l'Union européenne pour la peste équine (3) a produit un rapport sur l'évaluation technique des tests de diagnostic décrits à l'annexe IV de la directive 2009/156/CE. Il est ressorti de l'évaluation, présentée à la Commission en mai 2015, que le test d'immuno-absorption enzymatique (ELISA) de compétition n'était plus disponible, que le test ELISA indirect n'était pas d'usage courant mais qu'il pouvait être fourni dans un délai de quatre à six mois suivant la demande et que le test ELISA bloquant était disponible dans le commerce et couramment utilisé pour analyser des échantillons pendant les exercices du contrôle de compétence organisé par le laboratoire de référence de l'Union européenne pour la peste équine.

(4)

En outre, le rapport souligne que les méthodes de reconnaissance de l'acide nucléique par réaction en chaîne par polymérase après transcription inverse (RT-PCR) comportent des avantages par rapport aux méthodes de diagnostic sérologique, car elles permettent la détection de la maladie à un stade précoce de l'infection. De plus, la plupart des laboratoires de référence nationaux des États membres de l'Union européenne utilisent des méthodes de RT-PCR en temps réel, notamment pour le diagnostic de la peste équine, qui se sont révélées adaptées aux fins des exercices annuels du contrôle de compétence réalisés entre 2009 et 2014. Le rapport indique également qu'à l'extérieur de l'Union, un certain nombre de laboratoires de référence de l'OIE et d'autres laboratoires disposant de compétences spécifiques en matière de peste équine ont mis en œuvre au moins l'une des méthodes de RT-PCR en temps réel pour la détection du génome du virus de la peste équine.

(5)

À l'occasion de l'atelier réunissant les laboratoires de référence de l'Union européenne et les laboratoires de référence nationaux pour la peste équine et la fièvre catarrhale du mouton, organisé les 24 et 25 novembre 2015 à Ascot, au Royaume-Uni, il a été recommandé d'intégrer à l'annexe IV de la directive 2009/156/CE les méthodes de réaction en chaîne par polymérase en temps réel après transcription inverse (RT-PCR en temps réel) pour la détection du virus de la peste équine.

(6)

Bien que toutes les méthodes de RT-PCR en temps réel disponibles aux fins de la détection du génome du virus de la peste équine soient suffisamment sensibles, la procédure décrite par Agüero et al. (2008) (4) est celle dont l'usage est le plus répandu au sein des laboratoires. La méthode décrite par Guthrie et al. (2013) (5) a été spécialement conçue pour garantir que les chevaux provenant de zones présentant des risques de peste équine peuvent être transportés en toute sécurité une fois écoulée la période de quarantaine minimale requise, telle que spécifiée dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres (6) de l'OIE.

(7)

Il convient donc d'intégrer à l'annexe IV de la directive 2009/156/CE des épreuves d'identification de l'agent pathogène et de détection des anticorps en tant que techniques complémentaires pour un diagnostic rapide de la peste équine.

(8)

L'annexe IV de la directive 2009/156/CE devrait dès lors être modifiée en supprimant le test ELISA de compétition et en mettant à jour les procédures relatives aux tests ELISA indirect et bloquant, conformément au chapitre 2.5.1 de l'édition 2016 du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres de l'OIE, sur la base de la version adoptée par l'Assemblée mondiale des délégués de l'OIE en mai 2012 (7). Parallèlement, les procédures de RT-PCR en temps réel, telles que décrites par Agüero et al. (2008) ainsi que par Guthrie et al. (2013), devraient être incluses dans ladite annexe de sorte que ces épreuves d'identification de l'agent pathogène soient mises à disposition aux fins des tests préalables au mouvement des équidés.

(9)

Il y a donc lieu de modifier la directive 2009/156/CE en conséquence.

(10)

Les mesures prévues à la présente décision sont conformes à l'avis du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux,

A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:

Article premier

L'annexe IV de la directive 2009/156/CE est remplacée par le texte figurant à l'annexe de la présente décision.

Article 2

Les États membres sont destinataires de la présente décision.

Fait à Bruxelles, le 14 octobre 2016.

Par la Commission

Vytenis ANDRIUKAITIS

Membre de la Commission


(1) JO L 192 du 23.7.2010, p. 1.

(2) http://www.oie.int/fileadmin/Home/eng/Health_standards/tahm/2.05.01_AHS.pdf.

(3) Directive 92/35/CEE du Conseil du 29 avril 1992 établissant les règles de contrôle et les mesures de lutte contre la peste équine (JO L 157 du 10.6.1992, p. 19).

(4) Agüero, M., Gomez-Tejedor, C., Angeles Cubillo, M., Rubio, C., Romero, E., et Jimenez-Clavero, A., «Real-time fluorogenic reverse transcription polymerase chain reaction assay for detection of African horse sickness virus», dans Journal of Veterinary Diagnostic Investigation, 2008, vol. 20, p. 325 à 328.

(5) Guthrie, A.J., MacLachlan, N.J., Joone, C., Lourens, C.W., Weyer, C.T., Quan, M., Monyai, M.S., Gardner, I.A., «Diagnostic accuracy of a duplex real-time reverse transcription quantitative PCR assay for detection of African horse sickness virus», dans Journal of Virological Methods, 2013, vol. 189, no 1, p. 30 à 35.

(6) http://www.oie.int/fileadmin/Home/eng/Health_standards/tahc/current/chapitre_ahs.pdf.

(7) Voir note 2.


ANNEXE

«ANNEXE IV

PESTE ÉQUINE

DIAGNOSTIC

PARTIE A

Tests sérologiques

Les méthodes sérologiques décrites ci-après sont des tests d'immuno-absorption enzymatique (ELISA) fondés sur le chapitre 2.5.1 de la section B, paragraphe 2, du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres, édition 2016, tel qu'adopté par l'Assemblée mondiale des délégués de l'OIE en mai 2012.

La protéine virale VP7 est un antigène majeur immunodominant du virus de la peste équine (VPE); elle est présente dans les neuf sérotypes du VPE. Il a été établi que la protéine recombinante VP7 du VPE était stable et inoffensive et qu'elle pouvait être utilisée en tant qu'antigène dans les procédés ELISA visant à détecter la présence d'anticorps dirigés contre le virus de la peste équine, dont le niveau de sensibilité et de spécificité est très élevé [Lavida et al. 1992b (1), Maree et Paweska, 2005]. Les tests ELISA indirect et bloquant utilisent la protéine VP7 du VPE et conviennent au diagnostic sérologique de la peste équine.

1. Test ELISA indirect visant à détecter la présence d'anticorps dirigés contre le virus de la peste équine (VPE)

Cette technique recourt à des anticorps anticheval conjugués à la peroxydase de raifort réagissant au sérum de cheval, de mule et d'âne. La méthode décrite par Maree et Paweska (2005) (2) utilise comme conjugué la protéine G qui réagit également au sérum de zèbre.

L'antigène peut être fourni par le Centro de Investigación en Sanidad Animal (CISA), en Espagne, dans un délai de quatre à six mois suivant la demande.

1.1. Description du test

1.1.1. Phase solide

1.1.1.1.

Déposer sur des plaques ELISA de la protéine recombinante VP7 du VPE de sérotype 4, diluée dans du tampon carbonate/bicarbonate de pH 9,6. Incuber les plaques pendant une nuit à 4 °C.

1.1.1.2.

Rincer les plaques cinq fois avec de l'eau distillée contenant 0,01 % (v/v) de Tween-20 (solution de lavage). Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

1.1.1.3.

Saturer les plaques avec une solution saline tamponnée au phosphate (SSTP) de pH 7,2 + 5 % (m/v) de lait écrémé en poudre (lait NestléTM), à raison de 200 μl par puits pendant une heure à 37 °C.

1.1.1.4.

Enlever la solution de saturation et tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant.

1.1.2. Échantillons

1.1.2.1.

Les sérums à tester et les sérums positif et négatif de contrôle sont dilués au 1/25 dans une SSTP + 5 % (m/v) de lait écrémé + 0,05 % (v/v) de Tween-20; ils sont ensuite déposés à raison de 100 μl par puits. Incuber pendant une heure à 37 °C.

Pour le titrage, réaliser des séries de dilution de 2 en 2 à partir du 1/25e (100 μl/puits), en utilisant une colonne de la plaque par sérum; réaliser la même opération avec les contrôles positif et négatif. Incuber pendant une heure à 37 °C.

1.1.2.2.

Rincer les plaques cinq fois avec de l'eau distillée contenant 0,01 % (v/v) de Tween-20 (solution de lavage). Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

1.1.3. Conjugué

1.1.3.1.

Déposer 100 μl/puits des anticorps anti-cheval conjugués à la peroxydase de raifort dilués dans une SSTP + 5 % de lait écrémé + 0,05 % de Tween-20 de pH 7,2. Incuber pendant une heure à 37 °C.

1.1.3.2.

Rincer les plaques cinq fois avec de l'eau distillée contenant 0,01 % (v/v) de Tween-20 (solution de lavage). Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

1.1.4. Chromogène/substrat

1.1.4.1.

Ajouter 200 μl/puits de la solution de chromogène/substrat [10 ml de 80,6 mM de DMAB (diméthylaminobenzaldéhyde) + 10 ml de 1,56 mM de MBTH (3-méthyl-2-benzothiazoline d'hydrochlorure d'hydrazone) + 5 μl de H2O2].

Bloquer après environ cinq à dix minutes (avant que le contrôle négatif ne commence à se colorer) la réaction colorimétrique en ajoutant 50 μl de H2SO4 3N.

D'autres chromogènes tels que le ABTS (2,2′-azino-bis-[3-éthylbenzothiazoline-6-acide sulphonique), le TMB (tétraméthyle de benzidine) ou l'OPD (ortho-phényldiamine) peuvent aussi être utilisés.

1.1.4.2.

Lire les plaques à 600 nm (ou 620 nm).

1.2. Interprétation des résultats

1.2.1.

Calculer la valeur du seuil en ajoutant 0,06 à la valeur du contrôle négatif (0,06 est l'écart type calculé à partir d'un groupe de 30 sérums négatifs).

1.2.2.

Les échantillons testés donnant une valeur d'absorbance inférieure au seuil sont considérés comme négatifs.

1.2.3.

Les échantillons testés donnant une valeur d'absorbance supérieure au seuil + 0,15 sont considérés comme positifs.

1.2.4.

Les échantillons testés donnant une valeur d'absorbance intermédiaire sont considérés comme non probants et une deuxième technique doit être employée pour confirmer le résultat.

2. Test ELISA bloquant visant à détecter la présence d'anticorps dirigés contre le virus de la peste équine (VPE)

Le test ELISA bloquant de compétition est destiné à déceler la présence d'anticorps spécifiques contre le virus de la peste équine dans les sérums de l'ensemble des animaux de l'espèce équine, à savoir les chevaux, les ânes, les zèbres et tout animal issu de leurs croisements, ce qui permet d'éviter le problème de la spécificité occasionnellement rencontré dans l'utilisation du test ELISA indirect.

Le principe du test est le blocage de la réaction entre la protéine recombinante VP7 absorbée par la plaque ELISA et un anticorps monoclonal conjugué spécifique de la protéine VP7 du VPE. Les anticorps dans les sérums à tester bloqueront la réaction entre l'antigène et l'anticorps monoclonal, entraînant une réduction de la couleur. L'anticorps monoclonal étant dirigé contre la protéine VP7, le test présentera un niveau élevé de sensibilité et de spécificité.

Le test ELISA bloquant est disponible dans le commerce.

2.1. Description du test

2.1.1. Phase solide

2.1.1.1.

Déposer sur des plaques ELISA 50 à 100 ng d'antigène du VPE de serotype 4 avec la protéine recombinante VP7, diluée dans un tampon carbonate/bicarbonate de pH 9,6. Incuber les plaques durant une nuit à 4 °C.

2.1.1.2.

Laver les plaques trois fois avec une solution saline tamponnée au phosphate (SSTP) 0,1 × contenant 0,135 M de NaCl et 0,05 % (v/v) de Tween-20. Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

2.1.2. Échantillons et contrôles

2.1.2.1.

Diluer les sérums à tester et les sérums positif et négatif de contrôle au 1/5 dans un diluant contenant 0,35 M de NaCl, 0,05 % (v/v) de Tween-20 et 0,1 % de Kathon, 100 μl par puits. Incuber pendant une heure à 37 °C.

Pour le titrage, réaliser une série de dilutions de 2 en 2 de sérums à tester de 1/10e à 1/280e à déposer dans huit puits (100 μl/puits), en utilisant une colonne de la plaque par sérum; réaliser la même opération avec les contrôles positif et négatif. Incuber pendant une heure à 37 °C.

2.1.2.2.

Laver les plaques cinq fois avec une solution saline tamponnée au phosphate (SSTP) 0,1 × contenant 0,135 M de NaCl et 0,05 % (v/v) de Tween-20. Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

2.1.3. Conjugué

2.1.3.1.

Déposer 100 μl/puits de l'anticorps monoclonal anti-VP7 conjugué à la peroxydase de raifort. Cet anticorps monoclonal a été préalablement dilué au 1/5 000-1/15 000 dans une solution 1/1 de StabiliZyme Select® Stabilizer (SurModics, référence: SZ03) dans de l'eau distillée. Incuber pendant 30 minutes à 37 °C.

2.1.3.2.

Laver les plaques cinq fois avec une solution saline tamponnée au phosphate (SSTP) 0,1× contenant 0,135 M de NaCl et 0,05 % (v/v) de Tween-20. Tapoter délicatement les plaques sur un matériau absorbant pour enlever toute trace de rinçage.

2.1.4. Chromogène/substrat

Ajouter 100 μl par puits de la solution suivante de chromogène/substrat: 1 ml de ABTS (2,2-azino-bis-[3-éthylbenzothiazoline-6-acide sulphonique]) à 5 mg/ml + 9 ml de tampon de substrat (0,1 M de tampon de phosphate-citrate de pH 4 contenant 0,03 % de H2O2), puis incuber pendant dix minutes à température ambiante. Le développement de la couleur est arrêté par l'addition de 100 μl par puits de SDS (sulfate de sodium dodécyl) à 2 % (m/v).

2.1.5. Lecture

Lire à 405 nm dans un lecteur ELISA.

2.2. Interprétation des résultats

2.2.1.

Déterminer le pourcentage de blocage (PB) de chaque échantillon en appliquant la formule suivante, où “Acs” représente les anticorps:

Formula

2.2.2.

Dans la recherche d'anticorps contre le VPE, les échantillons présentant un PB d'une valeur supérieure à 50 % doivent être considérés comme positifs.

2.2.3.

Dans la recherche d'anticorps contre le VPE, les échantillons présentant un PB d'une valeur inférieure à 45 % doivent être considérés comme négatifs.

2.2.4.

Les échantillons présentant un PB d'une valeur comprise entre 45 et 50 % doivent être considérés comme non probants et faire l'objet d'un nouveau test. Si le résultat est à nouveau non probant, il convient de soumettre les animaux à un nouveau test sur la base d'échantillons prélevés au plus tôt deux semaines après le prélèvement de l'échantillon jugé non probant.

PARTIE B

Identification de l'agent pathogène

Réaction en chaîne par polymérase en temps réel après transcription inverse (rRT-PCR)

Les épreuves d'identification de l'agent pathogène fondées sur les méthodes de détection d'acide nucléique doivent déceler les souches de référence des neuf sérotypes du virus de la peste équine.

La méthode décrite au point 2.1 se fonde sur le chapitre 2.5.1 de la section B, paragraphe 1.2, du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres, édition 2016, tel qu'adopté par l'Assemblée mondiale des délégués de l'OIE en mai 2012.

Toute méthode de détection RT-PCR utilisée pour tester des échantillons (de sang ou de rate), dans le cadre de la directive 2009/156/CE, doit obtenir des résultats d'une sensibilité égale ou supérieure à celle des méthodologies décrites au point 2.

Le virus inactivé des souches de référence des sérotypes 1 à 9 peut être obtenu auprès du laboratoire de référence de l'Union européenne ou du laboratoire de référence de l'OIE pour la peste équine à Algete, en Espagne.

1. Extraction de l'ARN viral

Pour assurer une bonne réaction, il est nécessaire d'extraire de l'échantillon un ARN du VPE d'excellente qualité. L'extraction des acides nucléiques à partir d'échantillons cliniques peut être réalisée au moyen de plusieurs méthodes internes et disponibles dans le commerce.

Les kits commerciaux utilisent des techniques différentes pour isoler l'ARN, la plupart reposant sur l'un des procédés suivants:

extraction au phénol-chloroforme des acides nucléiques,

adsorption des acides nucléiques sur la membrane filtrante,

adsorption des acides nucléiques sur un système de billes magnétiques.

Exemple d'extraction de l'ARN en interne:

1.1.

1 g d'échantillon de tissus est homogénéisé dans 1 ml de solution de dénaturation (4 M de thiocyanate de guanidinium, 25 mM de citrate de sodium, 0,1 M de 2-mercaptoéthanol, 0,5 % de Sarcosyl).

1.2.

Après centrifugation, 1 μg d'ARN de levure, 0,1 ml de 2 M d'acétate de sodium de pH 4, 1 ml de phénol et 0,2 ml d'un mélange de chloroforme et d'alcool isoamylique (au 49/1) sont ajoutés au surnageant.

1.3.

La suspension est agitée vigoureusement puis refroidie sur de la glace pendant 15 minutes.

1.4.

Après centrifugation, l'ARN présent dans la phase aqueuse est extrait au phénol, précipité à l'éthanol et remis en suspension dans de l'eau stérile.

2. Procédure RT-PCR en temps réel

2.1. RT-PCR en temps réel spécifique à un groupe, par Agüero et al., 2008 (3)

Cette procédure RT-PCR en temps réel spécifique à un groupe cible la VP7 du VPE et peut déceler l'ensemble des sérotypes et souches connus du VPE qui circulent actuellement. Elle a été utilisée par les laboratoires de référence nationaux participants des États membres de l'Union européenne dans le cadre des contrôles de compétence organisés tous les ans par le laboratoire de référence de l'Union européenne pour la période 2009-2015 et a permis d'obtenir de très bons résultats. En outre, lors d'un essai circulaire international organisé en 2015 dans le cadre du réseau de laboratoires de référence de l'OIE, ce protocole a figuré parmi les mieux classés.

Séquences des amorces et de la sonde pour la détection des virus de la peste équine:

amorce sens

5′-CCA-GTA-GGC-CAG-ATC-AAC-AG-3′

amorce antisens

5′-CTA-ATG-AAA-GCG-GTG-ACC-GT-3′

Sonde TaqMan MGB

5′-FAM-GCT-AGC-AGC-CTA-CCA-CTA-MGB-3′

2.1.1.

La concentration des stocks d'amorces est diluée à une concentration de travail de 8 μM (“stock de travail pour les amorces de 8 μM”), tandis que la sonde est diluée à une concentration de travail de 50 μM (“stock de travail pour la sonde de 50 μM”). Un plan de plaque d'essai devrait être conçu et chargé dans le logiciel de l'appareil de PCR en temps réel. En se servant du plan comme guide, 2,5 μl de chaque stock de travail pour les amorces de 8 μM sont ajoutés à chaque puits qui contiendra des échantillons d'ARN ainsi que des contrôles positifs et/ou négatifs (la concentration finale de l'amorce sera de 1 μM dans le mélange de la RT-PCR de 20 μl). La plaque est maintenue sur de la glace.

2.1.2.

2 μl d'ARN isolé (échantillons de test et contrôle positif), ou 2 μl d'eau exempte de RNase dans des contrôles à réaction négative sont mélangés avec des amorces sens et des amorces antisens. Ce mélange est dénaturé par un chauffage à 95 °C pendant 5 minutes, suivi d'un refroidissement rapide sur de la glace pendant au moins 5 minutes.

2.1.3.

Un volume du mélange réactionnel de la RT-PCR en temps réel en une étape adapté au nombre d'échantillons à tester est préparé en suivant les instructions du fabricant. 0,1 μl de stock de travail pour la sonde de 50 μM est ajouté à chaque puits contenant des échantillons d'ARN (la concentration finale de la sonde sera de 0,25 μM dans chaque puits contenant des échantillons d'ARN). 13 μl de mélange réactionnel de la RT-PCR en temps réel en une étape sont distribués dans chaque puits sur la plaque PCR contenant les amorces dénaturées et l'ARN.

2.1.4.

La plaque est placée dans un thermocycleur en temps réel programmé pour la transcription inverse et la détection de l'amplification/la fluorescence de l'ADNc. Les conditions d'amplification consistent en une première étape de transcription inverse de 25 minutes à 48 ƒC, puis d'une autre de 10 minutes à 95 °C (“démarrage à chaud”), et de 40 cycles de 15 secondes à 95 °C, 35 secondes à 55 °C et 30 secondes à 72 °C (ou 40 cycles à 97 °C pendant 2 secondes et 55 °C pendant 30 secondes si des réactifs et un thermocycleur permettant des réactions rapides sont utilisés). Les données de fluorescence sont acquises à la fin de l'étape à 55 °C.

2.1.5.

Le test est jugé non valide si les courbes d'amplification obtenues sont atypiques; il doit alors être répété.

Les échantillons sont considérés comme positifs si la valeur Ct (nombre de cycles pour que la fluorescence générée dans une réaction franchisse le seuil de fluorescence) est inférieure ou égale au seuil Ct défini (35) dans les 40 cycles de la PCR (Ct ≤ 35).

Les échantillons sont considérés comme non probants si la valeur Ct est supérieure au seuil Ct défini (35) dans les 40 cycles de la PCR (Ct ≥ 35).

Les échantillons sont considérés comme négatifs en cas d'obtention d'une courbe d'amplification horizontale qui ne franchit pas la ligne de seuil dans les 40 cycles de la PCR.

2.2. RT-PCR en temps réel spécifique à un groupe par Guthrie et al., 2013 (4)

La RT-PCR en temps réel réalisée à l'aide de sondes de transfert d'énergie par résonance en fluorescence (FRET) vise à déceler l'acide nucléique du VPE.

L'épreuve RT-PCR pour le virus de la peste équine décrite a été conçue à l'aide de séquences issues d'une grande variété de souches sauvages du VPE actuellement en circulation [Quan et al., 2010 (5)]. Elle comporte également un test de contrôle externe synthétique propriétaire visant à vérifier le bon fonctionnement des composants de l'essai.

Des kits pour la PCR en temps réel en une étape sont disponibles dans le commerce. Ci-après figurent certaines étapes de base, telles que décrites par Guthrie et al. (2013), susceptibles d'être modifiées en fonction des exigences locales/spécifiques à chaque cas, des kits utilisés et du matériel disponible.

Séquences des amorces et de la sonde pour la détection des virus de la peste équine:

amorce sens

5′-AGA-GCT-CTT-GTG-CTA-GCA-GCC-T-3′

amorce antisens

5′-GAA-CCG-ACG-CGA-CAC-TAA-TGA-3′

Sonde TaqMan MGB

5′-FAM-TGC-ACG-GTC-ACC-GCT-MGB-3′

2.2.1.

Les solutions mères de mélange des amorces et de la sonde sont préparées dans une concentration 25 × à 5 μΜ pour les amorces sens et antisens et à 3 μΜ pour la sonde. Un plan de plaque d'essai devrait être conçu et chargé dans le logiciel de l'appareil PCR en temps réel. En se servant du plan comme guide, 5 μl d'échantillons d'ARN, comprenant des échantillons d'essai ainsi que les contrôles positif et négatif, sont ajoutés aux puits appropriés de la plaque suivant le plan.

2.2.2.

L'ARN est dénaturé par chauffage à 95 °C pendant 5 minutes, suivi d'un refroidissement rapide sur de la glace pendant au moins 3 minutes.

2.2.3.

Un volume du mélange réactionnel de la RT-PCR en temps réel en une étape adapté au nombre d'échantillons à tester est préparé en suivant les instructions du fabricant. 1 μl de solution mère de mélange des amorces et de la sonde 25 × (voir le point 2.2.1 ci-dessus) est incluse dans le mélange réactionnel afin d'obtenir une concentration finale dans chaque puits de 200 nM pour chaque amorce et de 120 nM pour la sonde. 20 μl du mélange réactionnel sont distribués dans chaque puits sur la plaque PCR contenant l'ARN dénaturé.

2.2.4.

La plaque est placée dans un thermocycleur en temps réel programmé pour la transcription inverse et la détection de l'amplification/la fluorescence de l'ADNc, conformément aux recommandations des fabricants. Les conditions d'amplification peuvent être les suivantes: une première étape de transcription inverse de 10 minutes à 48 °C, puis une autre de 10 minutes à 95 °C, et 40 cycles de 15 secondes à 95 °C et de 45 secondes à 60 °C.

2.2.5.

Les échantillons sont considérés comme positifs si la fluorescence normalisée pour l'épreuve RT-PCR pour le VPE dépasse un seuil de 0,1 dans les 36 cycles de la PCR dans tous les échantillons dupliqués.

Les échantillons sont considérés comme non concluants si la fluorescence normalisée pour l'épreuve RT-PCR pour le VPE dépasse un seuil de 0,1 entre 36 et 40 cycles de la PCR dans l'un des échantillons dupliqués.

Les échantillons sont considérés comme négatifs si la fluorescence normalisée pour l'épreuve RT-PCR pour le VPE ne dépasse pas un seuil de 0,1 dans les 40 cycles de la PCR dans tous les échantillons dupliqués et si la fluorescence normalisée pour le test de contrôle externe synthétique propriétaire dépasse un seuil de 0,1 dans les 33 cycles de la PCR.»


(1) Laviada, M.D., Roy, P., et Sanchez-Vizcaiono, J.M., “Adaptation and evaluation of an indirect ELISA and inmunoblotting test for African horse sickness antibody detection”, dans Bluetongue, African Horse Sickness and Related Orbiviruses: Proceedings of the Second International Symposium, Walton T.E. & Osburn B.l., Eds. CRC Press, Boca Raton, États-Unis, 1992b, p. 646 à 650.

(2) Maree, S., et Paweska, J.T., “Preparation of recombinant African horse sickness virus VP7 antigen via a simple method and validation of a VP7-based indirect ELISA for the detection of group-specific IgG antibodies in horse sera”, dans Journal of Virological Methods, 2005, vol. 125, no 1, p. 55 à 65.

(3) Agüero, M., Gomez-Tejedor, C., Angeles Cubillo, M., Rubio, C., Romero, E., et Jimenez-Clavero, A., “Real-time fluorogenic reverse transcription polymerase chain reaction assay for detection of African horse sickness virus”, dans Journal of Veterinary Diagnostic Investigation, 2008, vol. 20, p. 325 à 328.

(4) Guthrie, A.J., MacLachlan, N.J., Joone, C., Lourens, C.W., Weyer, C.T., Quan, M., Monyai, M.S., Gardner, I.A., “Diagnostic accuracy of a duplex real-time reverse transcription quantitative PCR assay for detection of African horse sickness virus”, dans Journal of Virological Methods, 2013, vol. 189, no 1, p. 30 à 35.

(5) Quan, M., Lourens, C.W., MacLachlan, N.J., Gardner, I.A., et Guthrie, A.J., “Development and optimisation of a duplex real-time reverse transcription quantitative PCR assay targeting the VP7 and NS2 genes of African horse sickness virus”, dans Journal of Virological Methods, 2010, vol. 167, p. 45 à 52.