Règlement32023R1647

Règlement (UE) 2023/1647

CELEX32023R1647
TypeRèglement
Datelundi 21 août 2023

Texte intégral

22.8.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 207/1


RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2023/1647 DE LA COMMISSION

du 21 août 2023

instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains types de papier fin couché originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,

vu le règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet de subventions de la part de pays non membres de l’Union européenne (1), et notamment son article 18,

considérant ce qui suit:

1. PROCÉDURE

1.1. Enquêtes précédentes et mesures en vigueur

(1)

Les mesures antisubvention sur les importations de certains types de papier fin couché (ci-après le «PFC») originaires de la République populaire de Chine (ci-après la «RPC», la «Chine» ou le «pays concerné») ont été initialement instituées en 2011 par le règlement d’exécution (UE) no 425/2011 du Conseil (2) (ci-après les «mesures initiales»). L’enquête qui a conduit à l’adoption des mesures initiales est dénommée ci-après l’«enquête initiale».

(2)

Les mesures initiales ont pris la forme d’un droit ad valorem allant de 4 % à 12 % pour les importations provenant des exportateurs nommés individuellement, le taux de droit résiduel à l’échelle nationale s’établissant à 12 %.

(3)

À la suite d’une enquête antidumping, le Conseil a également institué, par le règlement d’exécution (UE) no 451/2011 (3), un droit antidumping définitif sur les importations de certains types de papier fin couché originaires de la RPC.

(4)

Le 4 juillet 2017, à la suite d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures (ci-après le «réexamen au titre de l’expiration des mesures») conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 (ci-après le «règlement de base»), la Commission a, par le règlement d’exécution (UE) 2017/1187 (4) (ci-après le «règlement de réexamen au titre de l’expiration des mesures»), prorogé pour une période de cinq ans les mesures établies lors de l’enquête initiale.

(5)

Les droits compensateurs actuellement en vigueur sont compris entre 4 % et 12 %.

1.2. Demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures

(6)

À la suite de la publication d’un avis d’expiration prochaine (5) des mesures compensatoires applicables aux importations de certains types de papier fin couché originaires de la RPC, la Commission européenne (ci-après la «Commission») a reçu une demande d’ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures, conformément à l’article 18 du règlement de base.

(7)

La demande a été déposée le 31 mars 2022 par cinq producteurs de l’Union européenne (Arctic Paper Grycksbo AB, Burgo Group SpA, Fedrigoni SpA, Lecta Group et Sappi Europe SA) (ci-après conjointement les «requérants»), représentant plus de 50 % de la production totale de l’Union de certains types de papier fin couché.

(8)

La demande de réexamen faisait valoir que l’expiration des mesures entraînerait probablement la continuation ou la réapparition des subventions et la réapparition du préjudice causé à l’industrie de l’Union.

1.3. Ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures

(9)

Ayant déterminé qu’il existait des éléments de preuve suffisants pour justifier l’ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures, la Commission a ouvert, le 30 juin 2022, un réexamen au titre de l’expiration des mesures en vigueur sur les importations dans l’Union de certains types de papier fin couché originaires de la République populaire de Chine, conformément à l’article 18 du règlement de base. Elle a publié un avis d’ouverture au Journal officiel de l’Union européenne (6) (ci-après l’«avis d’ouverture»). Compte tenu de l’article 18, paragraphe 2, du règlement de base, la Commission a établi une note relative au caractère suffisant des éléments de preuve qui contient une analyse de l’ensemble des éléments dont dispose la Commission et sur la base desquels l’enquête a été ouverte. Cette note figure dans le dossier consultable par les parties intéressées.

(10)

Avant l’ouverture du réexamen au titre de l’expiration des mesures et conformément à l’article 10, paragraphe 7, du règlement de base, la Commission a informé les pouvoirs publics chinois qu’elle avait été saisie d’une demande de réexamen dûment étayée. Elle les a également invités à engager des consultations dans le but de clarifier la situation à ce sujet et de trouver une solution convenue mutuellement. Toutefois, aucune réponse n’a été reçue des pouvoirs publics chinois.

1.4. Enquête de réexamen des mesures antidumping distincte

(11)

Par la publication d’un avis au Journal officiel de l’Union européenne le 30 juin 2022 (7), la Commission a également annoncé, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 (8), l’ouverture d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures antidumping définitives en vigueur sur les importations dans l’Union de certains types de papier fin couché originaires de la RPC.

1.5. Période d’enquête de réexamen et période considérée

(12)

L’enquête relative à la probabilité d’une continuation ou d’une réapparition des subventions a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021 (ci-après la «période d’enquête de réexamen»). L’analyse des tendances utiles à l’évaluation de la probabilité d’une réapparition du préjudice a porté sur la période comprise entre le 1er janvier 2018 et la fin de la période d’enquête de réexamen (ci-après la «période considérée»).

1.6. Parties intéressées

(13)

Dans l’avis d’ouverture, les parties intéressées ont été invitées à prendre contact avec la Commission en vue de participer à l’enquête. En outre, la Commission a expressément informé l’industrie de l’Union, les producteurs-exportateurs connus et les pouvoirs publics de la République populaire de Chine de l’ouverture de l’enquête, et elle les a invités à y participer.

(14)

Parallèlement, lors de l’ouverture de la procédure, la Commission a mis en ligne les questionnaires destinés aux producteurs-exportateurs, aux importateurs indépendants, aux utilisateurs et aux producteurs de l’Union. Elle a également envoyé le questionnaire sur les données macroéconomiques aux plaignants. Les questionnaires ont également été mis à la disposition des importateurs indépendants et des utilisateurs sur le même site web de la DG Commerce (9).

(15)

Toutes les parties ont été invitées à faire connaître leur point de vue, à communiquer des informations et à fournir des éléments de preuve à l’appui dans le délai fixé dans l’avis d’ouverture. Les parties intéressées ont également eu la possibilité de présenter leurs observations sur l’ouverture de l’enquête et de demander à être entendues par la Commission et/ou le conseiller-auditeur chargé des procédures commerciales.

1.7. Échantillonnage

1.7.1. Échantillonnage des producteurs-exportateurs de la RPC

(16)

Dans l’avis d’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures, la Commission a indiqué qu’elle était susceptible de procéder à un échantillonnage des producteurs-exportateurs conformément à l’article 27 du règlement de base.

(17)

Afin de décider s’il était nécessaire de procéder par échantillonnage et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a invité tous les producteurs-exportateurs en RPC à fournir les informations demandées dans l’avis d’ouverture. Aucun producteur-exportateur ne s’est manifesté.

(18)

En outre, la Commission a demandé à la mission de la RPC auprès de l’Union européenne d’identifier et/ou de contacter d’autres producteurs-exportateurs éventuels qui seraient prêts à participer à l’enquête. Cependant, aucune réponse n’a été reçue.

(19)

Par conséquent, la Commission a informé les autorités chinoises qu’en cas d’absence de coopération, elle avait l’intention de faire usage des données disponibles, conformément à l’article 28 du règlement de base, lors de l’examen de la continuation ou la réapparition des subventions. Les autorités de la RPC n’ont pas répondu.

1.7.2. Échantillonnage des producteurs de l’Union

(20)

Dans l’avis d’ouverture de l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures (ci-après l’«enquête de réexamen»), la Commission a annoncé qu’elle avait sélectionné un échantillon provisoire de producteurs de l’Union. La Commission a sélectionné l’échantillon sur la base de la représentativité du volume de production et des ventes du produit similaire dans l’UE entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021. Cet échantillon se composait de trois producteurs de l’Union. Les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon représentaient environ 41 % du volume total estimé de la production et 37 % des ventes estimées du produit similaire au sein de l’Union. La Commission a invité les parties intéressées à communiquer leurs observations sur l’échantillon provisoire. Aucune observation n’ayant été reçue concernant l’échantillon provisoire, celui-ci a donc été confirmé. L’échantillon est représentatif de l’industrie de l’Union.

1.7.3. Échantillonnage des importateurs indépendants

(21)

Afin de décider s’il était nécessaire de procéder par échantillonnage et, dans l’affirmative, de sélectionner un échantillon, la Commission a invité tous les importateurs indépendants connus à communiquer les informations demandées dans l’avis d’ouverture. Toutefois, aucun importateur n’a coopéré avec la Commission ni n’a fourni les informations demandées.

1.8. Questionnaires et visites de vérification

(22)

La Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics de la RPC (ci-après les «pouvoirs publics chinois»). Elle n’a reçu aucune réponse.

(23)

La Commission a adressé des questionnaires aux trois producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Le jour de l’ouverture de l’enquête, les mêmes questionnaires ont été mis à disposition en ligne sur le site web de la DG Commerce (10). En outre, la Commission a envoyé un questionnaire aux requérants concernant les données macroéconomiques. Les questionnaires ont également été mis à la disposition des importateurs indépendants et des utilisateurs sur le même site web de la DG Commerce (11).

(24)

Des réponses au questionnaire ont été reçues des trois producteurs de l’Union inclus dans l’échantillon. Les requérants ont également fourni des données macroéconomiques à la Commission. Aucun importateur indépendant n’a répondu. Aucun utilisateur n’a répondu au questionnaire ni ne s’est manifesté au cours de l’enquête.

(25)

La Commission a vérifié toutes les informations jugées nécessaires pour déterminer, d’une part, la probabilité de continuation ou de réapparition des subventions et du préjudice et, d’autre part, l’intérêt de l’Union. Des visites de vérification ont été effectuées dans les locaux des sociétés de l’Union suivantes:

Producteurs de l’Union

Sappi Europe SA, Bruxelles (Belgique), pour Sappi Gratkorn GmbH (Autriche)

Burgo Group S.p.A. (Italie)

Condat SAS (membre du groupe Lecta) (France)

1.9. Information des parties

(26)

Le 14 juin 2023, la Commission a divulgué les faits et considérations essentiels sur la base desquels elle envisageait d’instituer des droits compensateurs. Un délai a été accordé à l’ensemble des parties pour leur permettre de présenter leurs observations sur ces informations communiquées.

2. PRODUIT FAISANT L’OBJET DU RÉEXAMEN, PRODUIT CONCERNÉ ET PRODUIT SIMILAIRE

2.1. Produit faisant l’objet du réexamen

(27)

Le produit faisant l’objet du réexamen est le même que dans l’enquête initiale et dans la précédente enquête de réexamen, à savoir le papier fin couché, qui est un papier ou un carton couché sur une ou deux faces (à l’exclusion du papier ou carton kraft), en feuilles ou en rouleaux, d’un poids supérieur ou égal à 70 g/m2 et inférieur ou égal à 400 g/m2 et d’un degré de blancheur supérieur à 84 (mesuré selon la norme ISO 2470-1).

(28)

Le produit faisant l’objet du réexamen n’inclut pas:

les rouleaux pour presses à bobines. Les rouleaux pour presses à bobines sont des rouleaux qui, lorsqu’ils sont testés conformément à la norme d’essai ISO 3783:2006 concernant la détermination de la résistance à l’arrachage – méthode d’impression à vitesse accélérée avec l’appareil de type IGT (modèle électrique), obtiennent un résultat inférieur à 30 N/m lors d’une mesure dans le sens travers du papier et inférieur à 50 N/m lors d’une mesure dans le sens machine,

le papier multicouches et le carton multicouches.

2.2. Produit concerné

(29)

Le produit faisant l’objet du réexamen au titre de l’expiration des mesures est le produit faisant l’objet du réexamen originaire de Chine relevant actuellement des codes NC 4810 13 00, ex 4810 14 00, ex 4810 19 00, ex 4810 22 00, ex 4810 29 30, ex 4810 29 80, ex 4810 99 10 et ex 4810 99 80 (codes TARIC 4810130020, 4810140020, 4810190020, 4810220020, 4810293020, 4810298020, 4810991020 et 4810998020).

2.3. Produits similaires

(30)

Comme établi par l’enquête initiale et par le précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures, la présente enquête de réexamen a confirmé que les produits suivants présentaient les mêmes caractéristiques physiques et techniques essentielles et étaient destinés aux mêmes usages de base:

le produit concerné exporté vers l’Union,

le produit faisant l’objet du réexamen fabriqué et vendu par les producteurs-exportateurs sur le marché national de la RPC,

le produit faisant l’objet du réexamen fabriqué et vendu par les producteurs-exportateurs au reste du monde, et

le produit faisant l’objet du réexamen fabriqué et vendu dans l’Union par l’industrie de l’Union.

(31)

La Commission a conclu que ces produits étaient similaires au sens de l’article 2, point c), du règlement de base.

3. PROBABILITÉ D’UNE CONTINUATION DES SUBVENTIONS

(32)

Conformément à l’article 18 du règlement de base, et comme indiqué dans l’avis d’ouverture, la Commission a examiné si l’expiration des droits existants était susceptible d’entraîner la continuation des subventions.

3.1. Non-coopération et utilisation des données disponibles conformément à l’article 28, paragraphe 1, du règlement de base

(33)

Le 29 septembre 2022, la Commission a envoyé un questionnaire aux pouvoirs publics chinois. Il a également été demandé à ces derniers de transmettre un questionnaire aux banques et autres établissements financiers qui, à leur connaissance, ont accordé des prêts à l’industrie concernée ou aux producteurs, aux distributeurs et autres fournisseurs de ressources à la production du produit concerné. La Commission n’a reçu aucune réponse de la part des pouvoirs publics chinois ni d’aucune institution financière à laquelle les pouvoirs publics chinois ont été invités à transmettre un questionnaire.

(34)

En outre, aucun producteur chinois de PFC n’a coopéré avec la Commission dans le cadre de la présente enquête.

(35)

Par note verbale du 18 janvier 2023, la Commission a informé les autorités chinoises des conséquences d’un refus de coopération et leur a donné la possibilité de présenter leurs observations. Aucune observation n’a été reçue. Conformément à l’article 28 du règlement de base, la Commission a estimé qu’il était nécessaire d’utiliser les données disponibles afin d’examiner la continuation des pratiques de subventions de la RPC dans l’industrie du papier de manière générale et dans celle du papier fin couché en particulier.

(36)

En ce qui concerne l’utilisation des données disponibles, la Commission a fait observer que l’article 28 du règlement de base était semblable à l’article 12.7 de l’accord SMC (12). L’Organe d’appel a rappelé que l’article 12.7 de l’accord SMC permet l’utilisation des données de fait versées au dossier uniquement si celles-ci servent de remplacement pour les renseignements qui pourraient manquer, afin de parvenir à une détermination exacte concernant le subventionnement ou le dommage. Ainsi, l’Organe d’appel a expliqué qu’«il doit y avoir un lien entre les “renseignements nécessaires” qui sont manquants et les “données de fait disponibles” particulières sur lesquelles est fondée une détermination au titre de l’article 12.7». Par conséquent, «l’autorité chargée de l’enquête devait utiliser les “données de fait disponibles” qui “remplacent raisonnablement les renseignements qu’une partie intéressée n’a pas communiqués”, en vue de parvenir à une détermination exacte». L’Organe d’appel a expliqué en outre que les «données de fait disponibles» désignaient les données de fait qui étaient en la possession de l’autorité chargée de l’enquête et figuraient au dossier de cette autorité. Étant donné que les déterminations établies au titre de l’article 12.7 doivent être établies sur la base des «données de fait disponibles», «elles ne peuvent pas être établies sur la base d’hypothèses ou de spéculations non factuelles». En outre, dans le cadre du processus de raisonnement et d’évaluation sur le point de savoir quelles sont les données de fait disponibles qui remplacent raisonnablement les renseignements manquants, «toutes les données de fait étayées figurant au dossier doivent être prises en compte» par l’autorité chargée de l’enquête. L’Organe d’appel a expliqué que la détermination des «éléments qui remplacent raisonnablement les “renseignements nécessaires” manquants faisait intervenir un processus de raisonnement et d’évaluation» de la part de l’autorité chargée de l’enquête. Dans les cas où il y a plusieurs données de fait disponibles parmi lesquelles celle-ci doit opérer un choix, «il semblerait s’ensuivre naturellement de cela que le processus de raisonnement et d’évaluation ferait intervenir un certain degré de comparaison» en vue de parvenir à une détermination exacte. L’évaluation des «données de fait disponibles» qui est requise et la forme qu’elle peut prendre dépendent des circonstances propres à une affaire donnée, y compris la nature, la qualité et le volume des éléments de preuve versés au dossier, ainsi que des déterminations particulières devant être établies. La nature et la portée de l’explication et de l’analyse requises varieront nécessairement d’une détermination à l’autre (13).

(37)

En conséquence, la Commission a utilisé pour son analyse toutes les données de fait dont elle disposait, notamment:

la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures en vertu de l’article 18 du règlement de base concernant les mesures antisubvention sur les importations de papier fin couché en provenance originaires de la RPC,

les conclusions de l’enquête initiale (14) et de la précédente enquête de réexamen (15) menée par la Commission concernant le même produit,

les conclusions des enquêtes antisubventions les plus récentes menées par la Commission en ce qui concerne les industries «à encourager» en RPC, telles que les enquêtes sur les pneumatiques (16), les bicyclettes électriques (17), les produits en acier à revêtement organique (18), les câbles de fibres optiques (19), les feuilles et bandes minces en aluminium (20), les tissus en fibres de verre (21), et l’enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures compensatoires sur les produits de fibre de verre à filament continu (22) originaires de la RPC dans le cadre desquelles différents régimes de subventions pertinents aux fins de la présente enquête de réexamen ont été examinés.

3.2. Subventions et programmes de subvention examinés lors du réexamen au titre de l’expiration des mesures

(38)

Compte tenu de l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs chinois, la Commission a décidé d’évaluer l’existence d’une continuation des subventions, conformément à l’article 28 du règlement de base, de la manière suivante. Premièrement, la Commission a examiné si les subventions ayant fait l’objet de mesures compensatoires dans l’enquête initiale et dans la précédente enquête de réexamen au titre de l’expiration des mesures (ci-après la «précédente enquête de réexamen») continuaient de conférer un avantage à l’industrie du PFC en RPC. Deuxièmement, la Commission a analysé si cette industrie bénéficiait de subventions qui n’avaient pas fait l’objet de mesures compensatoires à l’issue de l’enquête initiale ou de la précédente enquête de réexamen (ci-après les «subventions supplémentaires» ou les «nouvelles subventions»), comme le faisaient valoir les requérants dans leur demande.

(39)

À la lumière des conclusions exposées ci-dessous confirmant l’existence d’une continuation des subventions concernant la plupart des subventions ayant fait l’objet de mesures compensatoires à l’issue de l’enquête initiale et de la précédente enquête de réexamen, ainsi que l’existence de certaines nouvelles subventions supplémentaires, la Commission a décidé qu’il n’était pas nécessaire de réaliser une enquête sur toutes les subventions invoquées par les requérants. En effet, conformément à l’article 18 du règlement de base, la Commission doit examiner s’il existe des preuves de la continuation des subventions, quel qu’en soit le montant.

3.3. Subventions ayant fait l’objet de mesures compensatoires dans le cadre de l’enquête initiale et de la précédente enquête de réexamen

3.3.1. Octroi de prêts préférentiels

(40)

Dans l’enquête initiale (23), la Commission avait établi que le montant ad valorem des subventions concernant cette mesure était de 5,37 % pour le groupe APP (24) et de 1,26 % pour le groupe Chenming (25).

3.3.1.1. Intervention des pouvoirs publics en faveur de l’industrie du papier fin couché

(41)

Lors de l’enquête initiale et de la précédente enquête de réexamen, la Commission a tout d’abord examiné si les prêts préférentiels faisaient partie de la mise en œuvre de la planification centrale des pouvoirs publics chinois, qui vise à encourager le développement de l’industrie papetière.

(42)

L’industrie du papier fin couché faisant l’objet de l’enquête de la Commission appartient à la catégorie plus large de l’industrie du papier, également dénommée industrie papetière. Les requérants ont fait valoir que les pouvoirs publics chinois continuaient de subventionner son industrie papetière et ont renvoyé à plusieurs documents de stratégie et de planification ainsi qu’à la législation, qui constituent la base de la continuation de l’aide publique à cette industrie.

(43)

Dans l’enquête initiale et la précédente enquête de réexamen, la Commission a démontré l’existence de plans stratégiques spécifiques en faveur de l’industrie du papier. Ces plans prévoient que les pouvoirs publics assurent un suivi étroit des performances de l’industrie du papier et mettent en œuvre des politiques spéciales (par exemple, décrets d’application) pour la réalisation des objectifs des plans stratégiques. En outre, l’enquête a également révélé que ces plans stratégiques spécifiques prévoient l’octroi de prêts préférentiels à l’industrie papetière.

(44)

Lors de la précédente enquête de réexamen, la Commission avait également établi que le marché financier de la RPC subissait toujours une distorsion due aux interventions des pouvoirs publics chinois. Les conclusions de l’enquête initiale reposant sur les plans des pouvoirs publics en vigueur à cette époque sont maintenues dans la présente enquête pour le réexamen au titre de l’expiration des mesures. Le 14e plan quinquennal (26) en vigueur lors de la période d’enquête de réexamen, à l’instar des 11e, 12e et 13e plans quinquennaux précédents, continue de désigner l’industrie du papier comme une «industrie à encourager».

(45)

Le 13e plan quinquennal (2016-2020) confirmait la continuation des subventions, puisqu’il mentionnait l’industrie du papier comme étant une «industrie à encourager».

(46)

Le 14e plan quinquennal (2021-2025) (27) vise à accélérer la transformation et la modernisation des entreprises d’industries clés telles que l’industrie chimique et l’industrie papetière, ainsi qu’à améliorer le système de production écologique.

(47)

Dans le cadre de l’initiative «Made in China 2025», l’industrie légère chinoise, dont fait partie l’industrie du papier, peut bénéficier d’un soutien pour financer sa modernisation technologique, l’acquisition d’équipements de production modernes et l’accélération de sa transformation écologique. Les producteurs de PFC chinois tels que le groupe Chemning font expressément référence, dans leurs états financiers (28), à la réalisation des objectifs définis dans le plan «Made in China 2025».

(48)

Dans l’enquête initiale, concernant la «décision no 40 du Conseil des affaires de l’État» (29) (ci-après la «décision no 40»), la Commission a établi que cet acte était une ordonnance du Conseil des affaires de l’État, à savoir l’organe administratif le plus haut placé en RPC, et qu’il demeurait donc juridiquement contraignant pour les autres instances publiques et les opérateurs économiques. Il classait les secteurs industriels en «projets à encourager», «projets à limiter» ou «projets à supprimer». Cet acte constitue un document de stratégie contraignant qui montre que les pouvoirs publics chinois appliquent une politique de soutien en direction de groupes d’entreprises ou d’industries, à l’exemple de l’industrie du papier, classée comme une «industrie à encourager». Se fondant sur la demande des requérants, la Commission a confirmé que la décision no 40 était toujours en vigueur au cours de la période d’enquête de réexamen (30).

(49)

S’agissant du nombre d’industries répertoriées comme devant être encouragées, le chiffre total est de 26, ce qui ne représente qu’une part de l’économie chinoise. De plus, seules certaines activités relevant de ces 26 secteurs bénéficient du statut «à encourager». L’article 17 de la décision no 40 dispose également que «les projets d’investissement à encourager» bénéficient de privilèges et d’incitations spécifiques (soutien financier, exonération de droits à l’importation, exonération de TVA et exonération fiscale). En ce qui concerne les «projets à limiter» et les «projets à supprimer», la décision no 40 donne compétence aux pouvoirs publics pour intervenir directement afin de réguler le marché. En effet, les articles 18 et 19 demandent à l’autorité compétente de veiller à ce que les institutions financières cessent l’octroi de prêts; ils obligent également le bureau de fixation des prix à augmenter le prix de l’électricité, tandis que les entreprises de fourniture d’électricité doivent cesser l’approvisionnement en électricité des «projets à limiter» et «projets à supprimer». Il est évident que la décision no 40 susmentionnée contient des règles et des instructions contraignantes à l’intention de toutes les institutions et entités économiques, sous la forme de directives concernant la promotion et le soutien des industries à encourager, dont fait partie l’industrie papetière (31).

(50)

Lors de l’enquête de réexamen, la Commission a démontré qu’un certain nombre de documents politiques faisaient explicitement référence à l’industrie du papier en tant qu’«industrie à encourager». Il s’agit notamment du 14e plan quinquennal pour l’industrie du papier. Ce plan est mis en œuvre dans le cadre du 14e programme quinquennal d’innovation en technologie industrielle, préparé par le ministère de l’industrie et des technologies de l’information. Le programme fait également référence à la promotion de «la restructuration industrielle et de l’amélioration […] de l’industrie du papier et de ses industries connexes». De même, la décision no 40 susmentionnée affirme son soutien au développement et à la modernisation de l’industrie du papier. Par conséquent, ces plans politiques constituent des instructions enjoignant aux entités de se conformer à l’objectif de politique publique visant à soutenir le développement de l’industrie du papier fin couché plutôt que des déclarations générales d’encouragement.

(51)

De plus l’article 34 de la loi sur les services bancaires commerciaux (2015), qui s’applique à toutes les institutions financières actives en Chine, prévoit que «[l]es banques commerciales mènent leurs activités de prêt en fonction des besoins de l’économie nationale et du développement social, dans le respect de la politique industrielle de l’État». (32) Cela indique que les décisions sont prises par les banques et par d’autres institutions financières conformément aux directives des pouvoirs publics et aux objectifs publics.

(52)

Enfin, la Commission a rappelé les conclusions auxquelles elle était parvenue lors de l’enquête initiale et de la précédente enquête de réexamen concernant le rôle de la Commission nationale pour le développement et la réforme (ci-après la «CNDR»). La CNDR est une agence du Conseil des affaires de l’État chargée de coordonner la politique macroéconomique et de gérer les investissements du secteur public. Le Conseil des affaires de l’État, la plus haute autorité administrative publique, a entre autres publié le plan papetier 2007, que la CNDR doit respecter. L’enquête initiale a également établi que la CNDR recueille, de façon permanente, des informations détaillées auprès des entreprises. L’existence d’un mécanisme de collecte systématique de données relatives aux entreprises et destinées à être utilisées dans les plans et projets des pouvoirs publics atteste l’importance de ces derniers dans la politique industrielle de l’État.

(53)

Il s’ensuit que les décisions prises par les institutions financières à l’égard de l’industrie du papier (et donc de l’industrie du papier fin couché) continuent de prendre en considération la nécessité de réaliser les objectifs fixés par les plans stratégiques pertinents.

(54)

En tenant compte des documents mentionnés ci-dessus et de leur contenu, pour lesquels il n’existe aucun élément de preuve ni indice laissant entendre qu’ils ne sont plus en vigueur, la Commission a réaffirmé sa conclusion de l’enquête initiale et de la précédente enquête de réexamen, à savoir que l’industrie chinoise du papier fin couché restait une industrie clé au cours de la période d’enquête de réexamen et que son développement continuait d’être activement mis en œuvre et orienté par les pouvoirs publics chinois en tant qu’objectif stratégique de leur politique.

3.3.1.2. Les banques d’État chinoises agissant en tant qu’organismes publics

(55)

Dans l’enquête initiale et l’enquête de réexamen (33), la Commission a conclu que le marché financier chinois était faussé du fait de l’intervention des pouvoirs publics et que les taux d’intérêt pratiqués par les banques privées et les autres institutions financières étaient susceptibles de s’aligner sur les taux pratiqués par les pouvoirs publics. L’enquête n’a pas mis en lumière un quelconque élément contredisant la conclusion précédente, pas plus que les pouvoirs publics chinois n’ont fourni de preuve d’un changement de situation au cours de l’enquête actuelle.

(56)

En outre, sur la base des informations contenues dans la demande de réexamen, plusieurs plans nationaux et régionaux, généraux et sectoriels encouragent les autorités publiques à tous les niveaux et les institutions financières appartenant à l’État à promouvoir l’industrie du papier en général et l’industrie du PFC en particulier.

(57)

En plus de la loi sur les services bancaires commerciaux, l’article 15 des règles générales relatives aux prêts, mises en œuvre par la Banque populaire de Chine, dispose que «[c]onformément à la politique de l’État, les départements concernés peuvent subventionner les intérêts sur les prêts afin de promouvoir la croissance de certaines industries et le développement économique dans certains domaines» (34).

(58)

Le soutien des pouvoirs publics chinois à leur industrie du papier a été et continue d’être axé sur le financement de sa transformation énergétique et sur la réduction des incidences négatives de ses activités de production sur l’environnement. Il n’est donc pas surprenant que les producteurs de PFC chinois aient bénéficié de prêts préférentiels accordés par des banques détenues par l’État chinois.

(59)

La Commission, sur la base des informations disponibles mentionnées au considérant 37, a établi que la plupart des grandes banques restent la propriété de l’État. Les pouvoirs publics chinois sont l'actionnaire principal des quatre plus grandes banques de la RPC: la Banque du commerce et de l'industrie de Chine (ci-après l'«ICBC»), la Banque de Chine (ci-après la «BOC»), la Banque de la construction de Chine (ci-après la «CCB») et la Banque agricole de Chine (ci-après l'«ABC»). Lors des précédentes enquêtes (35), les pouvoirs publics chinois avaient déclaré détenir moins de 50 % des actions de la Banque des communications. Toutefois, dans les mêmes enquêtes, la Commission a établi que les banques suivantes appartenaient en totalité ou en partie à l’État lui-même ou à des personnes morales détenues par l’État: Agricultural Bank of China, Bank of Beijing, Bank of China, Bank of Communications, Bank of Jiangsu, Bank of Kunlun, Bank of Nanjing, Bank of Ningbo, Bank of Qingdao, Bank of Shanghai, Bank of Tianjin, Bank of Yantai, CCB, China Bohai Bank, China CITIC Bank, China Construction Bank, China Development Bank, China Everbright Bank, China Guangfa Bank, China Industrial Bank, China Industrial International Trust Limited, China Merchants Bank, China Merchants Bank Financial Leasing Co., Ltd., China Minsheng Bank, Chongqing Rural Commercial Bank, Daye Trust Co., Ltd., Dongying Bank, EverGrowing Bank, Fudian Bank, Guangdong Development Bank, Guosen Securities Co., Hang Fung Bank, Ltd., Hangzhou Bank, Hankou Bank, Hengfeng Bank Co., Ltd., Huaxia Bank, Hubei Bank, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), Minsheng Securities Co.,Ltd., Postal Savings Bank, Qilu Bank, Shanghai Pudong Development Bank, Shanghai Rural Commercial Bank, Shenyang Rural Commercial Bank, Sinotruk Finance Co. Ltd. et Zheshang Bank. La Commission a en outre conclu sur cette même base que des éléments de preuves montrent l’existence d’indices formels du contrôle exercé par les pouvoirs publics sur les banques d’État. Par exemple, en ce qui concerne l’EXIM, sa mission d’application des politiques publiques est prévue par l’«avis de création de la Banque d’import/export de Chine», publié par le Conseil des affaires de l’État, et par les statuts de l’EXIM. L’État chinois, en tant qu’actionnaire unique de l’EXIM, contrôle l’EXIM en nommant les membres de son conseil des autorités de surveillance. Ces membres défendent l’intérêt de l’État, y compris du point de vue stratégique, dans les réunions de l’établissement. Il n’existe pas de conseil d’administration. L’État nomme directement le personnel d’encadrement de l’EXIM (36). D’après son site internet (37), l’EXIM «se consacre au soutien du commerce extérieur, des investissements et de la coopération économique internationale de la Chine» et «s’engage à renforcer le soutien financier apporté aux secteurs clés et points faibles de l’économie chinoise afin de garantir un développement économique et social durable et sain».

(60)

Aucun élément de preuve n’a été fourni, au cours de la présente enquête, qui démontrerait que les prêts sont accordés aux entreprises sur la base d’évaluations de solvabilité adéquates. Par conséquent, la Commission ne dispose d’aucune information venant contredire les conclusions précédentes selon lesquelles les banques publiques soutiennent les industries à encourager et/ou mettent en œuvre les politiques nationales, comme mentionné plus haut aux considérants 58 et 59.

(61)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que les banques publiques, dans l’exercice de leurs fonctions gouvernementales, mettent en œuvre les objectifs de politique publique spécifiques, tels que prévus par le cadre juridique défini plus haut, à l’égard de l’industrie du papier. Ces banques publiques agissent donc en tant qu’organismes publics au sens de l’article 2, point b), du règlement de base, lu en liaison avec l’article 3, paragraphe 1, point a) i), du règlement de base.

(62)

En résumé, les institutions financières en Chine agissent dans un environnement juridique général qui les oblige à s’aligner sur les objectifs de politique industrielle des pouvoirs publics chinois lorsqu’elles prennent des décisions financières (38).

(63)

De plus, même si les banques détenues par l’État ne devaient pas être considérées comme des organismes publics, la Commission a conclu que ces banques, de même que les banques privées, seraient également considérées comme étant chargées par les pouvoirs publics chinois d’exercer des fonctions normalement confiées aux pouvoirs publics (39), au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) iv), du règlement de base, vu le cadre législatif décrit plus haut aux considérants 51 et 52. Dès lors, leur comportement serait en tout état de cause imputé aux pouvoirs publics chinois. Pour ces mêmes raisons, les prêts octroyés par d’autres institutions financières aux entreprises de l’industrie du papier seraient attribués aux pouvoirs publics chinois.

3.3.1.3. Avantage

(64)

En l’absence de coopération de la part des producteurs chinois, la Commission ne disposait d’aucune donnée spécifique aux entreprises lui permettant de calculer le montant de la subvention conférée au cours de la période d’enquête de réexamen.

(65)

Dans l’enquête initiale et l’enquête de réexamen, la Commission a établi que l’industrie du papier bénéficie de prêts préférentiels. La Commission a établi que le montant de l’avantage correspondait à la différence entre le montant que l’entreprise bénéficiaire payait sur le prêt des pouvoirs publics et le montant qu’elle aurait payé sur un prêt commercial comparable qu’elle aurait pu effectivement obtenir sur le marché. Ce montant a ensuite été réparti sur le chiffre d’affaires total des producteurs-exportateurs ayant coopéré. Le montant ad valorem des subventions accordées en vertu de cette mesure était de 5,37 % pour le groupe APP et de 1,26 % pour le groupe Chenming.

(66)

Dans l’enquête actuelle, la Commission, sur la base des informations disponibles, n’a relevé aucun indice montrant que l’octroi de prêts préférentiels aux producteurs de papier fin couché en RPC avait cessé.

(67)

La Commission note que les requérants, dans leur demande et leurs observations ultérieures, ont fourni des exemples de prêts supplémentaires accordés aux producteurs-exportateurs, notamment au cours de la période d’enquête de réexamen; en particulier:

le groupe APP a bénéficié d’un soutien sous la forme d’un financement préférentiel de la part des banques chinoises. En mai 2018, Gold East Paper (Jiangsu) a publié le «Plan spécial soutenu par des actifs “une ceinture, une route” de l’IFC-Singuang». Les créances correspondantes sont utilisées comme actifs de base. Au 31 décembre 2018, des fonds monétaires d’une valeur comptable de 114 608 963 CNY avaient été déposés sur le compte du Plan spécial soutenu par des actifs «une ceinture, une route» de la Chine pour les valeurs financières nationales (40). À la fin de 2019 et de 2020, ces fonds s’élevaient à 2 659 400 562 CNY et à 86 455 882 CNY respectivement (41), soit 0,01 %, 26 % et 0,01 % du chiffre d’affaires annuel de Gold East Paper (9 100 000 000 CNY en 2018, 10 000 000 000 CNY en 2019 et 9 100 000 000 CNY en 2020).

Sur la base de ses rapports annuels, en 2018, Jiangxi Chenming Paper Co., Ltd., une filiale du groupe Chenming, a entamé une activité de conversion de dettes en actions légale et fondée sur le marché avec China Zheshang Bank, afin de réduire son ratio d’endettement, d’optimiser sa structure de fonds propres et de stimuler sa puissance financière globale. Le capital de Jinagxi Chenming a ainsi augmenté de 500 000 000 CNY (42). En 2020, le groupe Chenming a reçu un prêt à court terme de Guangdong Nanyue Bank d’un montant de 1 232 000 000 CNY (43).

Des banques privées ont également fourni des lignes de crédit aux producteurs de PFC au cours de la période considérée. Par exemple, en 2018, 2019 et 2020, le groupe Chenming a reçu des crédits bancaires s’élevant à 81 750 000 000 CNY, à 82 720 000 000 CNY et à 83 165 000 000 CNY respectivement (44).

(68)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant d’établir que les prêts indiqués par les requérants ont été fournis dans des conditions de marché normales. Toutefois, sur la base des informations disponibles, la Commission a conclu que les producteurs-exportateurs chinois continuaient de bénéficier de prêts préférentiels. En effet, l’industrie du papier continuait d’être définie comme une «industrie à encourager». De plus, dans le cadre d’enquêtes récentes, la Commission a établi que les prêts préférentiels octroyés aux entreprises à encourager ont été consentis à des taux d’intérêt bien inférieurs à ceux qui auraient été appliqués sans les distorsions du marché financier, notamment l’absence de notations de crédit valables (45).

(69)

Par conséquent, sans qu’il soit nécessaire de quantifier le montant exact des subventions accordées par l’octroi de prêts préférentiels, la Commission a conclu que les pouvoirs publics chinois avaient continué de fournir des prêts préférentiels à des taux d’intérêt favorables, conformément à la politique définie dans les plans et les directives spécifiques portant sur l’industrie du papier. Au cours de la période d’enquête de réexamen, les entreprises de l’industrie du papier ont continué d’avoir accès au transfert direct de fonds sous la forme de prêts préférentiels.

3.3.1.4. Spécificité

(70)

Ainsi qu’il a été montré plus haut aux considérants 66 à 69, plusieurs documents juridiques, visant spécifiquement les entreprises de l’industrie du papier, donnent des instructions aux institutions financières. Sur la base de ces documents, il est démontré que les institutions financières n’octroient des prêts préférentiels qu’à un nombre limité d’industries se conformant aux politiques applicables des pouvoirs publics chinois.

(71)

La Commission a dès lors conclu que les subventions sous la forme de prêts préférentiels ne sont pas disponibles de manière générale mais sont spécifiques au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base. Aucune des parties intéressées n’a, par ailleurs, soumis de preuves donnant à penser que l’octroi de prêts préférentiels reposait sur des critères ou conditions objectifs au sens de l’article 4, paragraphe 2, point b), du règlement de base.

3.3.1.5. Conclusion

(72)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme de prêts préférentiels au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.2. Programmes concernant l’impôt sur les bénéfices

3.3.2.1. Régime fiscal préférentiel pour les sociétés considérées comme des entreprises de hautes ou de nouvelles technologies

(73)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que le montant ad valorem des subventions concernant ce régime préférentiel était de 1,22 % pour le groupe APP et de 0,58 % pour le groupe Chenming.

(74)

Cette subvention permet à une entreprise qui parvient à obtenir le certificat d’entreprise de hautes et nouvelles technologies de bénéficier d’un taux réduit d’imposition sur les bénéfices de 15 %, par rapport au taux ordinaire de 25 %.

3.3.2.1.1. Base juridique

(75)

La subvention est accordée sous la forme d’un régime fiscal préférentiel en vertu de l’article 28 de la loi chinoise relative à l’impôt sur les bénéfices (no 63, promulguée le 16 mars 2007) (46), qui dispose que «le taux de l’impôt sur les bénéfices des entreprises de hautes et nouvelles technologies nécessitant un soutien particulier de l’État est ramené à 15 %». L’article 93 des modalités d’application de la loi relative à l’impôt sur le revenu des entreprises précise ce qui suit:

« Les entreprises importantes des technologies de pointe et des nouvelles technologies qui doivent être soutenues par l’État, visées à l’article 28, paragraphe 2, de la loi relative à l’impôt sur le revenu des entreprises, désignent les entreprises titulaires de droits de propriété intellectuelle essentiels qui remplissent les conditions suivantes:

1.

elles relèvent des domaines clés des technologies de pointe et des nouvelles technologies soutenus par l’État;

2.

la proportion des dépenses de recherche-développement par rapport au chiffre d’affaires ne peut être inférieure au pourcentage prescrit;

3.

la proportion des revenus provenant des technologies/produits/services de pointe par rapport au chiffre d’affaires total de l’entreprise ne peut être inférieure au pourcentage prescrit;

4.

la proportion du personnel technique dans l’effectif total de l’entreprise ne peut être inférieure au pourcentage prescrit;

5.

d’autres conditions prévues dans les mesures administratives pour déterminer les entreprises des technologies de pointe;

les mesures destinées à l’administration de la détermination des entreprises des technologies de pointe et des domaines clés des technologies de pointe et des nouvelles technologies soutenus par l’État sont élaborées conjointement par les départements de la technologie, des finances et des impôts sous l’autorité du Conseil des affaires de l’État et entrent en vigueur après avoir été approuvées par ce dernier » (47) (48).

3.3.2.1.2. Éligibilité

(76)

L’article 10 des mesures administratives sur l’identification des entreprises de hautes et nouvelles technologies énumère les critères d’éligibilité permettant aux entreprises de bénéficier de ce taux réduit d’imposition sur les bénéfices. Si l’entreprise remplit toutes les conditions fixées à l’article 10, elle doit soumettre une demande aux autorités compétentes, suivant la procédure définie à l’article 11 desdites mesures.

3.3.2.1.3. Mise en œuvre pratique

(77)

Toute entreprise entendant profiter de ce taux réduit d’imposition sur les bénéfices doit présenter une demande en ligne au bureau local des sciences et technologies, qui procédera à un examen préliminaire. Le bureau local des sciences et technologies présentera ensuite une recommandation au département provincial des sciences et technologies. Ce dernier pourra également choisir d’effectuer une enquête directement dans les locaux des demandeurs, avant de se prononcer sur la délivrance du certificat d’entreprise de hautes et nouvelles technologies.

3.3.2.1.4. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la présente enquête

(78)

Comme l’a déterminé l’enquête initiale, le taux réduit d’imposition sur les bénéfices devrait être considéré comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Cette subvention est spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, étant donné que la législation, en vertu de laquelle agit l’autorité compétente, a limité le bénéfice de ce taux réduit d’imposition sur les bénéfices à certaines entreprises et industries, classées comme devant être encouragées, telles que celles qui appartiennent à l’industrie du papier fin couché.

(79)

La Commission ne disposait d’aucun élément indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ce taux d’imposition réduit ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Dès lors, sur la base des informations fournies par les requérants (49) dans leur demande ainsi que des enquêtes récentes (50) et des informations accessibles au public (51), la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier du régime fiscal préférentiel pour les sociétés considérées comme des entreprises de hautes ou de nouvelles technologies (qui incluent donc l’industrie du papier fin couché).

(80)

La demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures contenait des éléments de preuve supplémentaires montrant que certains producteurs de PFC chinois continuaient de bénéficier de nombreuses exonérations et remboursements fiscaux.

(81)

En 2018, en 2020 et au premier semestre de 2021, le groupe Chenming a déclaré avoir reçu des abattements fiscaux s’élevant à environ 61 000 000 CNY, 111 000 000 CNY et 1 000 000 CNY respectivement (52).

(82)

En 2018, en 2019, en 2020 et au premier semestre de 2021, le groupe Chenming a déclaré, dans la section «Subventions publiques», des remboursements d’impôts s’élevant respectivement à 20 000 000 CNY, à 80 000 000 CNY, à 72 000 000 CNY et à 9 000 000 CNY (53).

(83)

La valeur combinée de ces abattements/remboursements d’impôt s’élève à environ 81 000 000 CNY, 192 000 000 CNY, 72 000 000 CNY et 10 000 000 CNY, soit 0,28 %, 0,63 %, 0,23 % et 0,06 % des recettes de la société et 3,32 %, 11,56 %, 4,19 % et 0,51 % de son bénéfice net pour les années 2018, 2019, 2020 et le premier semestre de 2021, respectivement (54). De même, en 2020, Gold East Paper (Jiangsu) a déclaré des remboursements et déductions d’impôts s’élevant à 68 000 000 CNY, ce qui représente 0,73 % de ses recettes et 2,18 % de ses bénéfices pour cette année (55). Par conséquent, bien qu’il ait été impossible de déterminer, sur la base des données accessibles au public, quelle était l’exonération ou quel était le remboursement fiscal exact ayant justifié ces avantages, il est clair que les avantages en question ont continué d’être accordés et étaient importants.

(84)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions des enquêtes précédentes mentionnées au considérant 78 et des informations figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures mentionnées aux considérants 79 à 83, et en l’absence de toute indication contraire, la Commission a conclu que les producteurs de PFC continuaient de bénéficier de subventions.

3.3.2.1.5. Conclusion

(85)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’un régime fiscal préférentiel pour les sociétés considérées comme des entreprises de hautes ou de nouvelles technologies au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.2.2. Régime fiscal préférentiel en matière de recherche et de développement

(86)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que le montant ad valorem des subventions concernant ce régime fiscal préférentiel était de 0,02 % pour le groupe APP et de 0,05 % pour le groupe Chenming.

(87)

La compensation fiscale au titre de la recherche et du développement permet aux entreprises de bénéficier d’un régime fiscal préférentiel pour leurs activités de R&D dans certains domaines prioritaires des technologies de pointe déterminés par l’État lorsque certains seuils de dépenses de R&D sont atteints.

(88)

Plus précisément, les dépenses de R&D engagées pour développer de nouvelles technologies, de nouveaux produits et de nouvelles techniques, qui ne constituent pas des immobilisations incorporelles et qui sont comptabilisées dans le compte de résultat actuel, sont soumises à un abattement supplémentaire de 75 % après déduction totale au regard de la situation réelle. Lorsque les dépenses de R&D susmentionnées forment des immobilisations incorporelles, elles sont soumises à un amortissement basé sur 175 % du coût des immobilisations incorporelles. Depuis janvier 2021, l’abattement supplémentaire avant impôt des dépenses de R&D a été revu à la hausse, à 100 % (56).

3.3.2.2.1. Base juridique

(89)

Ce régime fiscal préférentiel est prévu à l’article 30, paragraphe 1, de la loi chinoise relative à l’impôt sur les bénéfices (no 63, promulguée le 16 mars 2007), à l’article 95 du règlement d’exécution de ladite loi ainsi que dans les communications suivantes:

communication du ministère des finances, du Bureau national des taxes et du ministère des sciences et de la technologie sur l’amélioration de la politique de déduction avant impôt des dépenses de recherche-développement (Cai Shui [2015] no 119),

circulaire relative à l’augmentation de la proportion du super-abattement avant impôt des dépenses de recherche et de développement (Cai Shui [2018] no 99),

annonce no 97 de 2015 du Bureau national des taxes sur des questions pertinentes concernant les politiques d’abattement supplémentaire avant impôt des dépenses de recherche-développement des entreprises,

annonce no 40 de 2017 du Bureau national des taxes sur les questions concernant le champ d’application autorisé du calcul de l’abattement supplémentaire avant impôt des dépenses de recherche-développement, et

catalogue 2016 des domaines des technologies de pointe soutenus par l’État (57).

3.3.2.2.2. Éligibilité

(90)

Ce régime fiscal préférentiel confère un avantage aux sociétés reconnues comme menant des projets de R&D. Seuls les projets de R&D des entreprises de haute et nouvelle technologie recevant un soutien en première ligne de l’État ainsi que les projets répertoriés dans le guide des secteurs clés de l’industrie de haute technologie dans le cadre de l’initiative prioritaire de développement promulguée par la Commission nationale du développement et de la réforme peuvent bénéficier de ce régime.

3.3.2.2.3. Mise en œuvre pratique

(91)

Toute société entendant solliciter le bénéfice de ce régime fiscal préférentiel doit communiquer des informations détaillées sur ses projets de R&D au bureau local des sciences et technologies. Après examen, les services fiscaux délivrent l’avis d’approbation. Le montant soumis à l’impôt sur les bénéfices est alors réduit dans une proportion équivalente à 50 % des dépenses effectivement engagées dans le cadre des projets approuvés.

3.3.2.2.4. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la présente enquête

(92)

Comme l’ont déterminé l’enquête initiale (58) et la précédente enquête de réexamen (59), le régime fiscal préférentiel devrait être considéré comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Cette subvention est spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, étant donné que la législation, en vertu de laquelle agit l’autorité compétente, a limité le bénéfice de ce régime à certaines entreprises et industries, classées comme devant être encouragées, telles que celles qui appartiennent à l’industrie du papier fin couché.

(93)

Ni les pouvoirs publics chinois ni les producteurs-exportateurs n’ont fourni d’éléments indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ce régime fiscal préférentiel ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Sur la base des informations fournies par les requérants (60) dans leur demande, la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de politiques fiscales préférentielles pour la R&D au cours de la période d’enquête de réexamen. En effet, le régime fiscal préférentiel a continué de procurer un avantage aux entreprises officiellement reconnues comme entreprises de hautes et nouvelles technologies.

(94)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions formulées lors des enquêtes précédentes mentionnées au considérant 92, des avantages fiscaux généraux constatés par les requérants mentionnés aux considérants 79 à 83 et en l’absence de toute information contraire, la Commission a considéré que les producteurs de PFC avaient continué de bénéficier de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.2.2.5. Conclusion

(95)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’un régime fiscal préférentiel en matière de recherche et de développement au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.2.3. Exonération fiscale des dividendes versés aux entreprises résidentes

(96)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que le montant ad valorem des subventions concernant ce régime préférentiel était de 1,34 % pour le groupe APP et de 0,21 % pour le groupe Chenming.

(97)

L’exonération fiscale des dividendes concerne les entreprises résidentes en RPC qui sont actionnaires d’autres entreprises résidentes en RPC. Les premières bénéficient d’une exonération fiscale de certains dividendes versés par les secondes.

3.3.2.3.1. Base juridique

(98)

Cette exonération fiscale des dividendes est prévue par les articles 25 et 26 de la loi chinoise relative à l’impôt sur les bénéfices et précisée par l’article 83 du règlement d’exécution de ladite loi et le décret no 512 du Conseil des affaires de l’État, promulgué le 6 décembre 2007.

(99)

La base juridique de ce programme est l’article 26, paragraphe 2, de la loi sur l’IRE, ainsi que les modalités d’application de la loi relative à l’impôt sur le revenu des entreprises de la RPC.

(100)

L’article 25 de la loi sur l’IRE, qui fait office de chapeau pour le chapitre IV «Politiques fiscales préférentielles», dispose ce qui suit: «[l]’État offrira des avantages en matière d’impôt sur le revenu aux entreprises exerçant des activités dans des industries ou des projets dont le développement est spécifiquement soutenu et encouragé par l’État». En outre, l’article 26, paragraphe 2, précise que l’exonération fiscale est applicable aux revenus provenant de prises de participation entre «entreprises résidentes éligibles», ce qui semble limiter son champ d’application à certaines entreprises résidentes seulement.

3.3.2.3.2. Éligibilité

(101)

Cette exonération fiscale des dividendes confère un avantage à toutes les sociétés résidentes qui sont actionnaires d’autres sociétés résidentes en Chine.

(102)

Cette subvention présente une spécificité au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, car la législation elle-même limite l’application de cette exonération aux seules entreprises résidentes éligibles qui bénéficient d’un soutien majeur de l’État et dont le développement est encouragé par celui-ci.

3.3.2.3.3. Mise en œuvre pratique

(103)

Les sociétés peuvent faire directement usage de cette exonération fiscale des dividendes dans leur déclaration fiscale.

3.3.2.3.4. Conclusions de l’enquête actuelle

(104)

Comme l’ont déterminé l’enquête initiale (61) et la précédente enquête de réexamen (62), la Commission a conclu que cette exonération fiscale des dividendes devrait être considérée comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Cette subvention est spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, étant donné que la législation, en vertu de laquelle agit l’autorité compétente, a limité le bénéfice de ce régime aux sociétés résidentes en RPC, qui perçoivent des dividendes d’autres sociétés résidentes en RPC, par opposition aux sociétés qui investissent dans des sociétés étrangères.

(105)

La Commission n’a pu obtenir aucun élément indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de cette exonération fiscale des dividendes ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Sur la base des informations fournies par les requérants dans leur demande (63) et des enquêtes récentes (64), la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché continuait de bénéficier de l’exonération fiscale des dividendes.

(106)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions antérieures formulées lors des précédentes enquêtes mentionnées au considérant 104, des avantages fiscaux généraux constatés par les requérants mentionnés aux considérants 79 et 100 et en l’absence de toute information contraire, la Commission a considéré que les producteurs de PFC avaient continué de bénéficier de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.2.3.5. Conclusion

(107)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’une exonération fiscale des dividendes versés aux entreprises résidentes au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.3. programmes concernant la fiscalité indirecte et les droits à l’importation

3.3.3.1. Exonérations de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de droits de douane sur les importations d’équipements

(108)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que le montant ad valorem des subventions concernant cette mesure était de 1,17 % pour le groupe APP et de 0,61 % pour le groupe Chenming.

(109)

Cette mesure confère des avantages sous la forme d’une exonération de TVA et de droits sur les importations de biens d’équipement réalisées par les entreprises bénéficiant d’investissements étrangers (ci-après les «EIE») ou les entreprises nationales qui parviennent à obtenir des autorités chinoises le certificat attestant que leurs projets sont encouragés par l’État, conformément à la législation applicable en matière d’investissements, de fiscalité et de douanes.

3.3.3.1.1. Base juridique

(110)

Les exonérations de TVA et de droits s’appuient sur un ensemble de dispositions juridiques, à savoir la circulaire no 37/1997 du Conseil des affaires de l’État sur l’adaptation des régimes fiscaux applicables aux importations d’équipements, la communication no 43 [2008] du ministère des finances, de l’administration générale des douanes et de l’administration fiscale nationale, l’avis no 316/2006, du 22 février 2006, de la CNDR sur les questions concernant la gestion de la lettre de confirmation relative aux projets nationaux ou bénéficiant de financements étrangers dont le développement est encouragé par l’État, et le catalogue 2008 des articles d’importation pour lesquels les EIE ou les entreprises nationales ne peuvent bénéficier d’une exonération de droits.

3.3.3.1.2. Éligibilité

(111)

L’éligibilité est limitée aux sociétés, qu’il s’agisse d’EIE ou d’entreprises nationales, qui parviennent à obtenir le certificat attestant que leurs projets sont encouragés par l’État.

3.3.3.1.3. Mise en œuvre pratique

(112)

Dans l’avis no 316/2006, du 22 février 2006, de la CNDR sur les questions concernant la gestion de la lettre de confirmation relative aux projets nationaux ou bénéficiant de financements étrangers dont le développement est encouragé par l’État, l’article I.1. dispose que les projets d’investissements étrangers conformes «aux projets d’investissements étrangers à encourager prévoyant un transfert technologique et figurant dans le “catalogue d’orientation des investissements étrangers” et dans le “catalogue industriel pour les investissements étrangers dans les provinces du centre et de l’ouest de la Chine” bénéficient d’une exonération de droits et de TVA sur les équipements importés. Sont exclus les produits énumérés dans le “catalogue des produits de base non exonérés importés dans le cadre de projets d’investissements étrangers”». En ce qui concerne les projets d’investissements étrangers relevant de la catégorie «À encourager» et représentant un montant d’investissement total égal ou supérieur à 30 000 000 USD, la lettre de confirmation est délivrée par la CNDR. S’agissant des projets d’investissements étrangers relevant de la catégorie «À encourager» et représentant un montant d’investissement total inférieur à 30 000 000 USD, la lettre de confirmation est délivrée par les commissions ou les municipalités économiques au niveau des provinces. Une fois qu’elles ont reçu la lettre de confirmation attestant que leurs projets relèvent de la catégorie «À encourager», les entreprises présentent les certificats et autres dossiers de demande aux autorités douanières locales afin de pouvoir prétendre à l’exonération des droits de douane et de la TVA sur leurs importations d’équipements.

3.3.3.1.4. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la présente enquête

(113)

Dans l’enquête initiale (65), la précédente enquête de réexamen (66) et d’autres enquêtes (67), la Commission a conclu que les exonérations de TVA et de droits devraient être considérées comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Cette subvention est spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base, étant donné que la législation, en vertu de laquelle agit l’autorité compétente, a limité le bénéfice de la subvention aux seules entreprises dont les investissements relèvent de catégories d’activités particulières, définies de façon exclusive par la législation (c’est-à-dire par les lignes directrices à l’intention des industries en matière d’investissements étrangers et le catalogue des industries, produits et technologies clés dont le développement est encouragé par l’État).

(114)

Aucun élément n’a été fourni qui tendrait à indiquer que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ces exonérations de TVA et de droits ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Sur la base des données disponibles, notamment les conclusions auxquelles elle est parvenue concernant cette subvention dans de précédentes enquêtes (68), la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché continuait de bénéficier d’une exonération de TVA et de droits sur les importations d’équipements.

(115)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions formulées lors des enquêtes précédentes mentionnées au considérant 113, des avantages fiscaux généraux constatés par les requérants mentionnés au considérant 112 et en l’absence de toute information contraire, la Commission a considéré que les producteurs de PFC avaient continué de bénéficier de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.3.1.5. Conclusion

(116)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’exonérations de TVA et de droits sur les importations d’équipements au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.3.2. Remboursement de la TVA sur les équipements produits au niveau national

(117)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que le montant ad valorem des subventions concernant ce régime préférentiel était de 0,03 % pour le groupe APP et de 0,05 % pour le groupe Chenming.

(118)

Cette mesure confère des avantages sous la forme d’un remboursement de la TVA acquittée par les EIE à l’achat d’équipements produits au niveau national.

3.3.3.2.1. Base juridique

(119)

Le remboursement de TVA se base sur un ensemble de dispositions juridiques:

les mesures provisoires relatives à la gestion du remboursement de la taxe sur les achats d’équipements de fabrication nationale réalisés par les EIE,

les mesures expérimentales relatives à la gestion du remboursement de la taxe sur les achats d’équipements fabriqués en Chine pour les projets bénéficiant d’investissements étrangers, et

l’avis du ministère des finances et de l’administration fiscale nationale relatif à l’annulation de la politique de remboursement pour les achats d’équipements de fabrication nationale par les entreprises bénéficiant d’investissements étrangers.

3.3.3.2.2. Éligibilité

(120)

L’éligibilité est limitée aux EIE qui achètent des équipements de fabrication nationale et qui relèvent de la catégorie «à encourager».

3.3.3.2.3. Mise en œuvre pratique

(121)

Le programme permet de rembourser la TVA acquittée par les EIE à l’achat d’équipements produits au niveau national, pour autant que ces équipements ne soient pas couverts par le catalogue des articles ne pouvant bénéficier d’une exonération de droits et que la valeur des équipements ne dépasse pas la limite d’investissement totale d’une EIE conformément aux «mesures administratives expérimentales concernant l’achat d’équipements produits au niveau national».

(122)

Dans l’enquête initiale (69), tous les producteurs ayant coopéré bénéficiaient de cette mesure.

3.3.3.2.4. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la présente enquête

(123)

Comme l’ont déterminé l’enquête initiale et la précédente enquête de réexamen (70), la Commission a conclu que le remboursement de TVA devrait être considéré comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Le régime demeure spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 4, point b) du règlement de base étant donné que la subvention est subordonnée à l’utilisation de produits nationaux de préférence à des produits importés.

(124)

Dans l’enquête actuelle, les requérants ont fourni des éléments de preuve montrant que, selon la politique de subventions préférentielles pour l’entrepreneuriat et l’innovation de masse, les remboursements de TVA sur les achats d’équipements fabriqués en Chine par les EIE constituent l’une des 83 subventions disponibles pour les industries importantes (71).

(125)

Ni les pouvoirs publics chinois ni les producteurs-exportateurs n’ont fourni d’éléments indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ces remboursements de TVA ou exonérations de droits ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Sur la base des enquêtes récentes (72), la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché continuait de bénéficier du remboursement de la TVA pour l’achat d’équipements de fabrication nationale.

(126)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions antérieures formulées lors des enquêtes précédentes mentionnées au considérant 123, des avantages fiscaux généraux constatés par les requérants mentionnés au considérant 124 ci-dessus et en l’absence de toute information contraire, la Commission a considéré que les producteurs de PFC avaient continué de bénéficier de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.3.2.5. Conclusion

(127)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’un remboursement de la TVA sur les équipements produits au niveau national au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.4. Programmes de subventions

3.3.4.1. Introduction

(128)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché bénéficiait de plusieurs programmes d’aides. En particulier, dans l’enquête initiale, la Commission a évalué cinq programmes mentionnés par les producteurs-exportateurs ayant coopéré et a estimé qu’ils étaient tous passibles de mesures compensatoires. La Commission a également pris note de six programmes supplémentaires mentionnés par les producteurs-exportateurs ayant coopéré mais ne les a pas évalués vu les faibles montants d’aides impliqués.

3.3.4.2. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la présente enquête

(129)

Lors de l’enquête initiale (73), de la précédente enquête de réexamen (74) et d’autres enquêtes (75), la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait bénéficié de plusieurs aides dans le cadre des plans des pouvoirs publics chinois visant à soutenir l’industrie du papier, aides qui devraient être considérées comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) i), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Plus récemment, les autorités américaines ont confirmé, dans le cadre de leur réexamen au titre de l’expiration des mesures («Sunset Review») concernant les importations américaines de papier fin non couché (PFNC) (le «PFNC originaire de Chine»), que les subventions continuaient d’être octroyées (76).

(130)

Ni les pouvoirs publics chinois ni les producteurs-exportateurs n’ont fourni d’éléments indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ces subventions ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. Sur la base des informations fournies par les requérants (77) dans leur demande et des enquêtes récentes (78), la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché continue de bénéficier d’aides en sa qualité d’industrie à encourager.

(131)

Selon la demande des requérants, les producteurs de PFC chinois continuent de bénéficier de subventions. Par exemple, en 2019 et 2020, le groupe Chenming a reçu des subventions publiques pour des montants de 228 000 000 CNY et de 800 000 CNY, ce qui représente respectivement 0,75 % et 0,003 % des revenus du groupe, et 13,76 % et 0,05 % de ses bénéfices pour ces périodes (79).

(132)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que les pouvoirs publics chinois continuaient de fournir plusieurs aides à l’industrie du papier fin couché et que les producteurs de papier fin couché en RPC continuaient de bénéficier de ces aides, sans qu’il soit nécessaire de quantifier avec précision les montants des avantages accordés. Ces aides sont considérées comme spécifiques au sens de l’article 4, paragraphe 2, point a), du règlement de base et il semblerait également qu’elles ont été accordées sur une base ad hoc.

3.3.4.3. Conclusion

(133)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.5. Fourniture par l’État de biens et de services en échange d’une rémunération moins qu’adéquate: fourniture de terrains

(134)

Dans l’enquête initiale, la Commission a établi que l’industrie du papier fin couché en RPC bénéficiait de la mise à disposition de terrains, et plus précisément de droits d’utilisation des terrains, moyennant une rémunération moins qu’adéquate.

(135)

Le montant de subventions constaté lors de l’enquête initiale concernant cette mesure a été établi à 2,81 % pour le groupe APP et à 0,69 % pour le groupe Chenming.

3.3.5.1. Base juridique

(136)

Les requérants ont démontré dans leur demande que les pouvoirs publics chinois avaient continué d’accorder des droits d’utilisation de terrains à l’industrie du papier fin couché pour une rémunération moins qu’adéquate. La base juridique de cette allégation est constituée des documents suivants (80):

la loi sur la propriété,

la loi sur l’aménagement du territoire,

la loi sur la gestion immobilière en milieu urbain,

les règlements provisoires relatifs à la cession et au transfert du droit d’utilisation de terrains appartenant à l’État dans les zones urbaines,

le règlement relatif à la mise en œuvre de la loi sur l’aménagement du territoire, et

les dispositions no 39, du 28 septembre 2007, sur l’attribution, aux fins de construction, de droits d’utilisation de terrains appartenant à l’État dans le cadre d’appels d’offres et d’enchères statiques ou dynamiques.

3.3.5.2. Mise en œuvre pratique

(137)

L’article 2 de la loi sur l’administration des sols dispose que tous les terrains appartiennent à l’État, puisque, conformément à la constitution chinoise et aux dispositions juridiques applicables, la terre est la propriété collective du peuple chinois. Aucune parcelle ne peut être vendue, mais des droits d'utilisation du sol peuvent être octroyés conformément à la loi: les pouvoirs publics attribuent ces droits au moyen d'appels d'offres publics, de soumissions ou d'enchères.

3.3.5.3. Conclusions de l’enquête initiale, de la précédente enquête de réexamen et de la récente enquête

(138)

Dans l’enquête initiale (81), la Commission a conclu que l’attribution de droits d’utilisation des terrains par les pouvoirs publics chinois devait être considérée comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) iii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’une fourniture de biens qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires.

(139)

Ni les pouvoirs publics chinois ni les producteurs-exportateurs n’ont fourni d’éléments indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de droits d’utilisation de terrains pour une rémunération moins qu’adéquate ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche.

(140)

En outre, la Commission a récemment constaté, dans le cadre de plusieurs enquêtes, notamment celles relatives aux tissus en fibres de verre originaires de Chine (82) et aux feuilles et bandes minces en aluminium originaires de Chine (83), que les producteurs chinois pouvaient prétendre à des remboursements des autorités locales pour compenser les prix qu’ils payaient pour les droits d’utilisation des terrains. À cet égard, en 2019, le groupe Chenming a fait état d’une augmentation de ses droits d’utilisation des terrains de 163 000 000 CNY. En 2020, ce montant est passé à 219 000 000 CNY, soit une augmentation de 56 000 000 CNY (84).

(141)

Par conséquent, en se fondant sur les informations disponibles, la Commission a conclu que les prix payés pour l’utilisation de terrains continuaient de faire l’objet de subventions, car le système imposé par les pouvoirs publics chinois ne respecte pas les principes du marché. Dès lors que les 13e et 14e plans quinquennaux continuaient de classer l’industrie du papier comme une «industrie à encourager», la Commission a établi, sur la base des informations disponibles, que l’attribution préférentielle de sols continuait. L’attribution de droits d’utilisation de terrains par les pouvoirs publics chinois à l’industrie du papier en raison de sa qualification en tant qu’«industrie à encourager» démontre que la subvention est spécifique au sens de l’article 4, paragraphe 2 du règlement de base.

(142)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen. Toutefois, compte tenu des conclusions formulées lors des enquêtes précédentes mentionnées au considérant 138, des avantages fiscaux généraux constatés par les requérants mentionnés au considérant 136 et en l’absence de toute information contraire, la Commission a considéré que les producteurs de PFC avaient continué de bénéficier de subventions au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.5.4. Conclusion

(143)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’une fourniture de terrains moyennant une rémunération moins qu’adéquate au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.6. Programmes d’assurance des exportations pour l’industrie du papier fin couché

3.3.6.1. Base juridique

(144)

Les bases juridiques de ce programme sont les suivantes:

la communication sur la mise en œuvre de la stratégie de promotion du commerce par la science et la technologie, à l’aide de l’assurance du crédit à l’exportation (Shang Ji Fa [2004] no 368), publiée conjointement par le ministère du commerce et Sinosure,

le répertoire des exportations de produits chinois de hautes et nouvelles technologies de 2006,

le «plan 840», compris dans la communication du Conseil des affaires d’État du 27 mai 2009,

le «plan 421» compris dans la communication sur les aspects de la mise en œuvre d’arrangements spécifiques pour le financement d’assurances concernant l’exportation de grands ensembles complets d’équipements, publiée conjointement par le ministère du commerce et le ministère des finances le 22 juin 2009.

3.3.6.2. Sinosure est un organisme public

(145)

Dans la précédente enquête de réexamen (85) et au considérant 458 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission, la Commission a conclu que Sinosure était un organisme public au sens de l’article 2, point b), du règlement de base. Plus particulièrement, comme dans le cas de l’octroi de prêts préférentiels expliqué plus haut, la conclusion selon laquelle Sinosure est investie du pouvoir d’exercer des fonctions gouvernementales se fonde sur les données disponibles concernant la propriété publique, les indices formels de contrôle par les pouvoirs publics ainsi que les preuves montrant que les pouvoirs publics chinois continuent d’exercer un contrôle important sur le comportement de Sinosure.

(146)

Comme l’a confirmé dans la précédente enquête de réexamen ainsi que dans d’autres enquêtes récentes (86), le gouvernement exerce ses pleins droits de propriété et son contrôle financier sur Sinosure. L’État détient la pleine propriété de Sinosure, qui appartient à 100 % au Conseil des affaires d’État. Les statuts de la société établissent que le département compétent pour les affaires commerciales est le ministère des finances et disposent en outre que Sinosure doit remettre des états financiers et comptables ainsi que le rapport budgétaire au ministère des finances pour examen et approbation.

(147)

Pour ce qui est du contrôle exercé par les pouvoirs publics, Sinosure, en tant que société appartenant exclusivement à l’État, n’a pas de conseil d’administration. En ce qui concerne le conseil des autorités de surveillance, toutes ces autorités sont nommées par le Conseil des affaires d’État et exécutent leurs fonctions conformément au «règlement provisoire sur le conseil des autorités de surveillance des grands établissements financiers appartenant à l’État». Les membres de l’encadrement supérieur de Sinosure sont également nommés par les pouvoirs publics. Le site internet de Sinosure (87) montre que le président de Sinosure est le secrétaire du comité du parti et que la majorité des membres de l’encadrement supérieur sont également des membres du comité du parti.

(148)

La base juridique des subventions octroyées par Sinosure est la suivante:

la communication sur la mise en œuvre de la stratégie de promotion du commerce par la science et la technologie, à l’aide de l’assurance du crédit à l’exportation (Shang Ji Fa [2004] no 368), publiée conjointement par le ministère du commerce et Sinosure,

le répertoire des exportations de produits chinois de hautes et nouvelles technologies de 2006; le «plan 840», compris dans la communication du Conseil des affaires d’État du 27 mai 2009,

le «plan 421» compris dans la communication sur les aspects de la mise en œuvre d’arrangements spécifiques pour le financement d’assurances concernant l’exportation de grands ensembles complets d’équipements, publiée conjointement par le ministère du commerce et le ministère des finances le 22 juin 2009, et

la communication sur la culture et le développement du Conseil des affaires de l’État concernant la décision stratégique relative à l’accélération des industries émergentes [Guo Fa (2010) no 32 du 18 octobre 2010], publiée par le Conseil des affaires de l’État, et ses orientations d’application [Guo Fa (2011) no 310 du 21 octobre 2011] (88).

(149)

Sur son site internet, Sinosure déclare promouvoir les exportations chinoises de biens, en particulier les exportations de produits des technologies de pointe. Il ressort d’une étude menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) que l’industrie chinoise des technologies de pointe, dont l’industrie des feuilles et bandes minces en aluminium fait partie, a bénéficié de 21 % du total de l’assurance-crédit à l’exportation accordée par Sinosure (89). En outre, Sinosure a joué un rôle actif dans la mise en œuvre de l’initiative «Made in China 2025», en aidant les entreprises à utiliser les ressources de financement nationales, en favorisant les innovations scientifiques et technologiques et la modernisation technologique et en assistant les entreprises exportatrices afin qu’elles deviennent plus compétitives sur le marché mondial (90).

(150)

Le cadre institutionnel et d’autres documents publiés par les pouvoirs publics chinois sur lesquels repose le fonctionnement de Sinosure montrent que Sinosure est investie de l’autorité lui permettant d’exécuter des politiques gouvernementales. La communication sur la mise en œuvre de la stratégie de promotion du commerce par la science et la technologie, à l’aide de l’assurance du crédit à l’exportation (Shang Ji Fa [2004] no 368 du 26 juillet 2004) a été publiée conjointement par le ministère du commerce et Sinosure en 2004 et continue de régir les activités de Sinosure. L’un des objectifs de cette communication est de promouvoir les exportations de hautes et nouvelles technologies et de produits à haute valeur ajoutée grâce à un recours accru à l’assurance du crédit à l’exportation.

(151)

Comme expliqué aux considérants 46, 57 et 113, la Commission a établi que les pouvoirs publics chinois considèrent l’industrie du papier fin couché comme une industrie principale, dont le développement constitue un objectif de politique publique activement recherché par l’État. Il est rappelé que l’industrie du papier est l’une des 26 industries relevant de la catégorie «à encourager», comme indiqué aux considérants 46 et 57 ci-dessus. La Commission a noté que l’activité d’assurance du crédit à l’exportation réalisée par Sinosure fait partie intégrante du secteur financier au sens large, secteur dans lequel il est établi que l’intervention de l’État entrave directement et distord le fonctionnement normal du marché financier en RPC (voir également considérants 148 et 149).

(152)

La Commission a connaissance d’autres documents prouvant que Sinosure met directement en œuvre des politiques gouvernementales favorables notamment aux producteurs-exportateurs. Le «plan 840» est détaillé dans la communication du Conseil des affaires d’État du 27 mai 2009 (91). Le nom de ce plan évoque l’utilisation de 84 000 000 000 USD en tant qu’assurance du crédit à l’exportation et le plan fait partie des six mesures lancées par le Conseil des affaires d’État en 2009 pour stabiliser la demande à l’exportation du fait de la crise mondiale et de la demande accrue d’assurances du crédit à l’exportation qui a suivi. Les six mesures comprennent notamment une meilleure couverture de l’assurance du crédit à l’exportation, la fourniture d’une assurance du crédit à l’exportation à court terme à hauteur de 84 000 000 000 USD en 2009 et une réduction du taux de prime. En tant qu’unique institution politique pour la souscription d’une assurance du crédit à l’exportation, Sinosure s’impose naturellement comme l’exécuteur du plan. En ce qui concerne la réduction de la prime d’assurance, Sinosure était tenue de veiller à ce que le taux moyen à court terme de l’assurance du crédit à l’exportation soit réduit de 30 % sur la base du taux moyen global en 2008.

(153)

Le «plan 421» était compris dans la communication sur les aspects de la mise en œuvre d’arrangements spécifiques pour le financement d’assurances concernant l’exportation de grands ensembles complets d’équipements, publiée conjointement par le ministère du commerce et le ministère des finances le 22 juin 2009. Il s’agissait également d’une politique importante appuyant la politique «de conquête de marchés étrangers» en réponse à la crise financière mondiale de 2009; le plan a en effet fourni des assurances de financement à hauteur de 42 100 000 000 USD afin d’encourager l’exportation de grands ensembles complets d’équipements. Sinosure et certains autres établissements financiers étaient appelés à gérer et à fournir le financement. Les entreprises couvertes par ce document pouvaient bénéficier de mesures financières préférentielles, comme l’assurance du crédit à l’exportation. En raison de la non-coopération des pouvoirs publics chinois, la Commission n’a pas été en mesure d’obtenir des détails supplémentaires concernant la mise en œuvre de cette communication. En l’absence de preuve contraire, la Commission a estimé que l’industrie du papier était également couverte par ce document.

(154)

À la fin de 2019, le soutien apporté par Sinosure aux exportations, au commerce intérieur et aux investissements se chiffrait à 4 600 000 000 000 USD. Sinosure a également facilité un prêt de 3 600 000 000 000 CNY par plus de 200 banques (92).

(155)

Sinosure joue également un rôle très actif dans le soutien aux entreprises participant à l’initiative «une ceinture, une route», telles que le groupe APP. Il s’agit notamment d’introduire des mesures spéciales pour accélérer le règlement des affaires en ce qui concerne l’évaluation des dommages et d’aider les entreprises exportatrices à maîtriser au maximum les risques et à alléger efficacement la pression financière (93).

(156)

Sur la base des éléments susmentionnés, et en l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois, la Commission a conclu que Sinosure est un organisme public disposant de l’autorité nécessaire afin d’exercer des fonctions gouvernementales. De précédentes enquêtes antisubvention portant sur les industries à encourager en RPC sont parvenues aux mêmes conclusions (94).

(157)

Comme Sinosure est un organisme public investi du pouvoir gouvernemental qui applique les lois et plans des pouvoirs publics, la fourniture d’une assurance du crédit à l’exportation aux producteurs de papier fin couché constitue une contribution financière sous la forme d’un transfert direct de fonds potentiel des pouvoirs publics au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) i), du règlement de base.

3.3.6.3. Avantage

(158)

En l’absence de coopération de la part des pouvoirs publics chinois et des producteurs-exportateurs chinois, la Commission ne disposait pas d’informations spécifiques aux entreprises lui permettant de calculer le montant des subventions accordées au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.6.4. Sur la base des informations fournies dans la demande et des conclusions formulées dans les enquêtes récentes, la Commission a conclu qu’il existait un avantage au sens de l’article 3, paragraphe 2, et de l’article 6, point c), du règlement de base dans la mesure où Sinosure fournit, en tant que mission d’application des politiques, une assurance du crédit à l’exportation à des conditions plus favorables que celles que le bénéficiaire pourrait normalement obtenir sur le marché, ou fournit une couverture d’assurance qui ne serait pas disponible autrement sur le marché. Spécificité

(159)

Les subventions sont subordonnées aux résultats à l’exportation au sens de l’article 4, paragraphe 4, point a), du règlement de base et sont donc spécifiques.

3.3.6.5. Conclusion

(160)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de l’assurance du crédit à l’exportation fournie par Sinosure au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.3.7. Remboursement de TVA pour les produits comprenant au moins 70 % de fibres recyclées et de résidus agricoles

3.3.7.1. Base juridique

(161)

À compter du 1er juillet 2015, le régime de remboursement ou d’exonération de TVA pour les services de production et de main-d’œuvre qui utilisent pleinement les ressources est regroupé dans la «Communication du ministère des finances et de l’administration fiscale nationale concernant l’impression et la publication du catalogue des produits et des services de main-d’œuvre utilisant pleinement les ressources (CaiShui [2015] no 78)». Les ventes intérieures de papier fin couché sont soumises à un taux de TVA de 17 %. D’après la communication, les entreprises reçoivent un remboursement de la TVA à hauteur de 50 % pour les produits comprenant au moins 70 % de fibres recyclées et de résidus agricoles, comme par exemple la bagasse, le papier usagé et la paille.

3.3.7.2. Éligibilité

(162)

D’après les informations non vérifiées fournies par les pouvoirs publics chinois dans le cadre de la précédente enquête de réexamen (95), conformément à la communication susmentionnée, les politiques de remboursement de la TVA s’appliquent aux ventes de produits dont la production utilise les matériaux ou l’énergie recyclés, réutilisés ou superflus d’autres productions.

3.3.7.3. Mise en œuvre pratique

(163)

D’après les informations non vérifiées fournies par les pouvoirs publics chinois dans le cadre de la précédente enquête de réexamen (96), le programme est géré par l’administration fiscale nationale de la République populaire de Chine, assistée des autres autorités compétentes, et est mis en œuvre par les autorités fiscales locales dans leurs zones de compétence respectives. Les entreprises qui prétendent au remboursement de la TVA doivent présenter leur demande accompagnée des documents pertinents à l’autorité fiscale pour examen. Après approbation de la demande, les demandeurs peuvent recevoir cet avantage.

3.3.7.4. Conclusions de la précédente enquête de réexamen

(164)

Lors de la précédente enquête de réexamen (97), la Commission avait conclu que le remboursement de la TVA pour les produits comportant au moins 70 % de fibres recyclées et de résidus agricoles par les pouvoirs publics chinois doit être considéré comme une subvention au sens de l’article 3, paragraphe 1, point a) ii), et de l’article 3, paragraphe 2, du règlement de base, sous la forme d’un abandon de recettes publiques qui confère un avantage aux sociétés bénéficiaires. Sur la base des informations disponibles, la Commission a également conclu que la subvention était spécifique, au sens de l’article 4, paragraphe 2, du règlement de base.

(165)

Ni les pouvoirs publics chinois ni les producteurs-exportateurs n’ont fourni d’éléments indiquant que l’industrie du papier fin couché aurait cessé de bénéficier de ce remboursement de TVA ou que les subventions et les programmes de subventions en cause allaient prendre fin dans un avenir proche. En effet, la communication mentionnée aux considérants 161, 162 et 163 fait référence en particulier au papier en tant que produit qui utilise des ressources comme la bagasse, le papier usagé et la paille et déclare que les producteurs doivent se conformer aux règlements techniques spécifiques à l’industrie de la pulpe et du papier.

(166)

En outre, la Commission n’a pu obtenir aucun élément prouvant que ce régime avait été abandonné en ce qui concerne les producteurs de papier fin couché.

(167)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que les pouvoirs publics chinois fournissaient des subventions sous la forme de remboursement de la TVA pour les produits comportant au moins 70 % de fibres recyclées et de résidus agricoles à l’industrie du papier fin couché et que les producteurs de papier fin couché en RPC avaient continué de bénéficier de ce remboursement au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.3.7.5. Conclusion

(168)

À la lumière de ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie du papier fin couché avait continué de bénéficier de subventions sous la forme d’un remboursement de la TVA pour les produits comportant au moins 70 % de fibres recyclées et de résidus agricoles au cours de la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’existence de contributions financières, d’un avantage conféré aux producteurs-exportateurs et de la spécificité de la mesure, ce régime de subvention continue d’être considéré comme passible de mesures compensatoires.

3.4. Conclusion générale concernant la continuation des subventions

(169)

À la lumière de tous les éléments susmentionnés, la Commission a conclu que les producteurs de papier fin couché en RPC avaient continué de bénéficier de subventions passibles de mesures compensatoires au cours de la période d’enquête de réexamen.

3.5. Évolution des importations en cas d’abrogation des mesures

3.5.1. Capacités de production et capacités inutilisées de la RPC

(170)

Pour analyser les capacités de production et les capacités inutilisées en RPC et compte tenu de l’absence de coopération des pouvoirs publics chinois et de tout producteur-exportateur chinois, la Commission s’est appuyée sur les informations fournies par les requérants dans leur demande de réexamen, comme précisé aux considérants ci-dessous, concernant le PFC ainsi que l’industrie du papier couché sans bois, le secteur plus large auquel appartient le PFC.

(171)

Les données relatives au papier couché sans bois étant plus aisément disponibles, les requérants les ont utilisées pour calculer la part du PFC dans les chiffres de production et de capacité.

(172)

Selon la demande des requérants (98), en 2021, la demande mondiale de papier couché sans bois était d’environ 17,3 millions de tonnes et les capacités mondiales d’environ 20,7 millions de tonnes; les requérants avaient estimé à environ 12,1 millions de tonnes la demande mondiale de PFC et les capacités mondiales à environ 14,5 millions de tonnes.

(173)

En 2021, selon les requérants, la demande de papier couché sans bois de l’UE s’élevait à environ 3,2 millions de tonnes et les capacités de papier couché sans bois de l’Union à environ 5 millions de tonnes. La demande de PFC de l’UE a été estimée par la Commission à environ 2,64 millions de tonnes et les capacités de PFC de l’UE à un peu plus de 4 millions de tonnes.

(174)

Les capacités chinoises de papier couché sans bois en 2021 étaient d’environ 6,8 millions de tonnes et la demande chinoise s’élevait à 4,7 millions de tonnes. Les capacités chinoises de PFC s’élevaient donc à 4,8 millions de tonnes et la demande intérieure du produit concerné était d’environ 3,3 millions de tonnes (99).

(175)

Par conséquent, la Chine disposait de capacités inutilisées de PFC (100) d’au moins 0,9 million de tonnes et de surcapacités (101) d’environ 1,5 million de tonnes en 2021, ce qui correspond à environ 56 % de la demande totale de PFC de l’UE. Si l’on considère le papier couché sans bois dans sa globalité, les surcapacités chinoises dépassaient les 2 millions de tonnes en 2021 (soit plus de 80 % de la consommation de l’UE). Aucune réduction des surcapacités n’a été observée. Par conséquent, en cas d’expiration des mesures, on peut supposer que les capacités inutilisées encore plus élevées pourraient être facilement réorientées de la production de papier couché sans bois vers la production de PFC et vendues sur le marché de l’Union.

(176)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que les producteurs-exportateurs chinois disposent de capacités inutilisées importantes qu’ils pourraient utiliser afin de produire encore plus de PFC susceptible d’être exporté sur le marché de l’Union si les mesures étaient abrogées. La Commission a également conclu que ce potentiel d’exportation pourrait augmenter en raison du déclin prévu de la demande mondiale et de la demande intérieure en RPC, conformément à l’évolution constatée au cours de la dernière décennie, comme exposé à la section 5 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

3.5.2. Attrait du marché de l’Union

(177)

Comme indiqué aux considérants 172 à 175, l’enquête a montré que la demande de PFC dans l’Union demeurait importante. Bien que la consommation de l’Union ait connu un déclin au cours de la période considérée, le marché de l’Union reste le deuxième plus grand marché au monde (derrière le marché chinois), en représentant environ 20 % de la consommation mondiale. De plus, il est prévu que la demande intérieure en RPC diminue, ce qui inciterait fortement les producteurs chinois à trouver des marchés de remplacement capables d’absorber ces surcapacités chinoises.

(178)

En outre, plusieurs pays ont mis en place des mesures (102) à l’encontre de la Chine pour les produits du papier, y compris la Corée du Sud, l’Inde et les États-Unis, comme indiqué dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures.

(179)

En outre, sur la base des données disponibles et en particulier de la demande, la Commission a recensé 27 pays dans lesquels les exportateurs chinois vendaient le produit faisant l’objet du réexamen au cours de la période d’enquête de réexamen à des prix inférieurs aux prix cibles de l’industrie de l’Union. Les exportations chinoises vers ces pays représentaient, en volume, environ 10 % des exportations chinoises vers des pays tiers.

(180)

Par conséquent, compte tenu de l’ampleur des capacités inutilisées constatée, de la possibilité que ces capacités inutilisées continuent d’augmenter en raison de l’abandon d’autres types de papier au profit du papier fin couché, de l’accès limité des producteurs chinois de papier fin couché aux marchés importants de pays tiers, du prix auquel les producteurs-exportateurs chinois pourraient vendre sur le marché de l’Union ainsi que de la baisse attendue de la consommation intérieure en RPC, il est probable que les importations faisant l’objet de subventions soient réorientées vers l’Union en cas d’expiration des mesures. Dans ce cas, les importations faisant l’objet de subventions arriveront probablement dans l’Union dans des volumes plus élevés et à des prix sous-cotant ceux de l’industrie de l’Union.

(181)

Sur la base des considérations ci-dessus, la Commission a conclu que, si les mesures étaient abrogées, les exportations chinoises seraient probablement dirigées vers le marché de l’Union.

3.6. Conclusion sur la probabilité de continuation des subventions

(182)

Sur la base des données de fait disponibles, la Commission a conclu qu’il existe suffisamment d’éléments de preuve que les subventions dont fait l’objet l’industrie du PFC en RPC ont continué au cours de la période d’enquête de réexamen et qu’il est probable qu’elles continueront à l’avenir. Aucun élément de preuve n’a montré que les subventions et les programmes de subvention en cause seront supprimés dans un futur proche.

(183)

Les subventions dont bénéficie l’industrie du papier fin couché ont permis aux producteurs chinois de maintenir leurs capacités de production à un niveau largement supérieur à la demande intérieure, malgré le rétrécissement des marchés, en Chine et dans le monde.

(184)

Par conséquent, la Commission a estimé qu’il est probable que l’abrogation des mesures compensatoires se traduirait par d’importants volumes d’importations subventionnées du produit concerné dans le marché de l’Union. Les pouvoirs publics chinois ont continué de proposer plusieurs programmes de subvention à l’industrie du papier fin couché et la Commission dispose de preuves suffisantes montrant que l’industrie du papier fin couché a bénéficié d’un certain nombre d’entre eux au cours de la période d’enquête de réexamen.

4. PRÉJUDICE

4.1. Définition de l’industrie de l’Union et de la production de l’Union

(185)

Pendant la période d’enquête de réexamen, le produit similaire a été fabriqué par 17 producteurs dans l’Union. Ils constituent l’«industrie de l’Union» au sens de l’article 9, paragraphe 1, du règlement de base.

(186)

La production totale de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen a été établie à environ 3 700 000 tonnes. La Commission a établi ce chiffre sur la base de la réponse fournie par l’industrie de l’Union au questionnaire macroéconomique. Comme indiqué au considérant 20, trois producteurs de l’Union ont été sélectionnés dans l’échantillon; ils représentaient plus de 41 % de la production totale de l’Union du produit similaire au cours de la période d’enquête de réexamen.

4.2. Consommation de l’Union

(187)

La Commission a déterminé la consommation de l’Union sur la base du questionnaire relatif aux données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union et des données d’Eurostat.

(188)

La consommation de l’Union a évolué de la manière suivante:

Tableau 1

Consommation de l’Union (en tonnes)

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Consommation totale de l’Union

3 433 636

3 268 584

2 453 924

2 576 925

Indice

100

95

71

75

Source:

Questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union et données d’Eurostat.

(189)

La consommation de l’Union a diminué de 5 % en 2019, avant de connaître de nouveau une forte baisse de 24 points de pourcentage en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19. L’année 2021 a été marquée par une légère augmentation de 4 points de pourcentage, toutefois loin d’être suffisante pour revenir aux niveaux observés avant la crise, ce qui s’est traduit par une baisse globale de la consommation de l’Union de 25 % au cours de la période considérée. L’examen de la tendance à plus long terme montre que la consommation estimée de l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen était inférieure de 44 % à celle constatée lors de la période de l’enquête initiale (4 572 057 tonnes). Cette baisse de la consommation de l’Union reflète la baisse générale de la demande en papier graphique, provoquée principalement par le développement des supports numériques, qui remplacent les supports imprimés traditionnels.

4.3. Importations en provenance du pays concerné

4.3.1. Volume et part de marché des importations en provenance du pays concerné

(190)

La Commission a établi le volume des importations à partir des données d’Eurostat. La part de marché des importations a été déterminée à partir des réponses au questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union et des données d’Eurostat, ces dernières données ayant été auparavant comparées aux informations disponibles.

(191)

En ce qui concerne les exportateurs actuellement soumis aux droits, les importations dans l’Union en provenance du pays concerné ont évolué comme suit:

Tableau 2

Volume des importations (en tonnes) et part de marché

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Volume des importations en provenance du pays concerné (en tonnes)

232

242

127

197

Indice

100

104

54

85

Part de marché

0,007 %

0,007 %

0,005 %

0,008 %

Indice

100

109

76

113

Source:

Questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union et données d’Eurostat.

(192)

Au cours de la période considérée, le volume des importations dans l’Union en provenance de la RPC était négligeable. En réalité, depuis l’institution des mesures, en 2011, les importations dans l’Union en provenance de la RPC ont chuté, atteignant des niveaux négligeables.

4.3.2. Prix des importations en provenance du pays concerné

(193)

Comme indiqué au considérant ci-dessus, en raison du volume négligeable des importations de PFC en provenance de la RPC dans l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen, les prix de ces ventes n’ont pas été considérés comme représentatifs et n’ont pas pu être utilisés pour tirer des conclusions concernant les prix des importations en provenance de la RPC dans l’Union et la politique des producteurs-exportateurs en matière de prix.

4.4. Importations en provenance de pays tiers autres que la Chine

(194)

Les importations de papier fin couché en provenance de pays tiers autres que la Chine provenaient principalement de Corée du Sud et des États-Unis.

(195)

Le volume (agrégé) des importations dans l’Union ainsi que la part de marché et l’évolution des prix pour les importations de papier fin couché en provenance d’autres pays tiers ont évolué comme suit:

Tableau 3

Importations en provenance de pays tiers

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Volume (en tonnes)

7 500

6 065

35 584

24 398

Indice

100

81

474

325

Part de marché

0,22 %

0,19 %

1,45 %

0,95 %

Indice

100

85

664

433

Prix moyen (en EUR/tonne)

832

931

648

685

Indice

100

112

78

82

Source:

Eurostat.

(196)

Bien que le volume total des importations dans l’Union en provenance de pays autres que la RPC ait augmenté au cours de la période considérée, il est resté à un niveau très faible, comme en témoigne leur part de marché totale, qui est passée de 0,22 % à 0,95 % au cours de cette période. Les prix moyens de ces importations étaient inférieurs aux prix moyens de l’industrie de l’Union. Ces importations en provenance de pays tiers n’ont donc pas contribué à la situation de préjudice dans l’UE.

4.5. Situation économique de l’industrie de l’Union

4.5.1. Observations générales

(197)

Conformément à l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base, l’évaluation de la situation économique de l’industrie de l’Union a comporté une évaluation de tous les indicateurs économiques qui influent sur la situation de cette industrie durant la période considérée.

(198)

Comme indiqué au considérant 20, l’échantillonnage a été utilisé pour évaluer la situation économique de l’industrie de l’Union.

(199)

Aux fins de l’analyse du préjudice, la Commission a opéré une distinction entre les indicateurs macroéconomiques et microéconomiques du préjudice. La Commission a évalué les indicateurs macroéconomiques à partir des données relatives à tous les producteurs de l’Union figurant dans le questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union. La Commission a évalué les indicateurs microéconomiques à partir des données tirées des réponses au questionnaire transmises par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon. Les deux séries de données ont été examinées et sont apparues représentatives de la situation économique de l’industrie de l’Union.

(200)

Les indicateurs macroéconomiques sont les suivants: production, capacités de production, utilisation des capacités, volume des ventes, part de marché, croissance, emploi, productivité, ampleur du montant de la subvention et rétablissement à la suite de pratiques de subventions antérieures.

(201)

Les indicateurs microéconomiques sont les suivants: prix unitaires moyens, coûts unitaires, coûts de la main-d’œuvre, stocks, rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux.

4.5.2. Indicateurs macroéconomiques

4.5.2.1. Production, capacité de production et utilisation des capacités

(202)

Au cours de la période considérée, la production totale de l’Union, ses capacités de production et son utilisation des capacités ont évolué comme suit:

Tableau 4

Production, capacité de production et utilisation des capacités

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Volume de production (en tonnes)

4 968 337

4 582 940

3 300 705

3 703 442

Indice

100

92

66

75

Capacités de production (en tonnes)

5 451 528

5 121 138

4 595 798

4 044 648

Indice

100

94

84

74

Utilisation des capacités

91,1 %

89,5 %

71,8 %

91,6 %

Indice

100

98

79

100

Source:

Questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union.

(203)

La production et les capacités de production ont enregistré une baisse de 25 % et de 26 % respectivement au cours de la période considérée. Cette baisse de la production et des capacités de production est une tendance à long terme, corrélat des efforts d’adaptation de l’industrie à une baisse de la demande due à la numérisation de notre société.

(204)

Avant même la période considérée, les producteurs de l’Union avaient entamé des efforts de restructuration majeurs afin de régler la question de la surcapacité structurelle découlant de la numérisation et ces efforts se sont poursuivis au cours de la période considérée. À la suite tant de la fermeture de certaines usines de papier que de la conversion d’autres usines afin de produire des produits du papier autres que le PFC, l’industrie de l’Union a réduit sa capacité de production de PFC d’environ 1 400 000 tonnes au cours de la période considérée.

(205)

En réduisant constamment ses capacités de production, l’industrie de l’Union a pu maintenir une stabilité relative de l’utilisation de ses capacités au cours de la période considérée, excepté en 2020, année au cours de laquelle l’utilisation des capacités a été inférieure à celle des années précédentes et suivantes, principalement en raison de la réduction de la production à la suite de la pandémie de COVID-19 de 2020.

(206)

L’enquête a permis d’établir que le fort taux d’utilisation des capacités constitue un facteur important pour la viabilité à long terme de l’industrie du papier en raison des investissements élevés en actifs immobilisés et de l’incidence qui en résulte sur les coûts moyens de fabrication.

4.5.2.2. Volume des ventes et part de marché

(207)

Sur la période considérée, le volume des ventes et la part de marché de l’industrie de l’Union ont évolué comme suit:

Tableau 5

Volume des ventes et part de marché (en tonnes)

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Total du volume des ventes sur le marché de l’Union (en tonnes)

3 425 903

3 262 278

2 418 213

2 552 330

Indice

100

95

71

75

Part de marché

99,8 %

99,8 %

98,5 %

99,0 %

Indice

100

100

99

99

Source:

Questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union et données d’Eurostat.

(208)

Au cours de la période considérée, le volume des ventes dans l’Union a diminué de 25 %. Il a reculé de 5 % entre 2018 et 2019, et en 2020, en raison de la pandémie de COVID-19, les ventes ont fortement chuté, de 24 points de pourcentage supplémentaires. En 2021, il y a eu un léger rebond de 4 points de pourcentage, qui n’a toutefois pas permis de retrouver les niveaux de ventes observés en 2018. La baisse des ventes était liée à la baisse de la demande du produit concerné, qui pourrait être due à la numérisation de notre société.

(209)

Étant donné qu’il n’y a pratiquement pas eu d’importations du produit concerné au cours de la période considérée, la part de marché de l’industrie de l’Union est restée stable, aux alentours de 99 %.

4.5.2.3. Croissance

(210)

Pendant la période considérée, l’industrie de l’Union n’a augmenté ni sa production, ni ses ventes. Au contraire, ces indicateurs économiques ont suivi de près la tendance à la baisse de la consommation de l’Union.

4.5.2.4. Emploi et productivité

(211)

Sur la période considérée, l’emploi et la productivité ont évolué comme suit:

Tableau 6

Emploi et productivité

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Nombre de salariés

6 677

6 405

5 793

5 175

Indice

100

96

87

78

Productivité (en tonnes par salarié)

744

716

570

716

Indice

100

96

77

96

Source:

Questionnaire sur les données macroéconomiques fourni par l’industrie de l’Union.

(212)

Au cours de la période considérée, le nombre de salariés a diminué de 22 %, une baisse constante et régulière tout au long de la période. Elle reflète les efforts de restructuration à long terme entrepris par l’industrie de l’Union afin de remédier à sa surcapacité structurelle, comme expliqué au considérant 204.

(213)

Ces réductions significatives de la main-d’œuvre ont été compensées par des diminutions comparables de la production. En conséquence, la productivité, en quantité produite (en tonnes) par salarié par an, n’a enregistré qu’une légère baisse de 4 % au cours de la période considérée. En 2020, la productivité a fortement diminué, perdant 19 points de pourcentage, en raison de la chute soudaine de la demande causée par la pandémie de COVID-19. En conséquence, la productivité a atteint son niveau le plus bas en 2020.

4.5.2.5. Ampleur des subventions et rétablissement à la suite de pratiques de subvention antérieures

(214)

Comme indiqué au considérant 142, il n’a pas été possible d’établir de conclusion positive quant au montant des subventions au cours de la période d’enquête de réexamen. L’enquête s’est donc concentrée sur la probabilité d’une continuation des subventions en cas d’abrogation des mesures compensatoires (voir les considérants 182, 183 et 184).

(215)

Lors du précédent réexamen au titre de l’expiration des mesures, l’industrie de l’Union avait montré des signes de rétablissement des effets des subventions antérieures. Au cours de la période considérée de la présente enquête de réexamen, de tels signes de reprise n’ont pas été observés, étant donné que l’industrie de l’Union était confrontée à une situation difficile, la nécessité de restructurer s’ajoutant aux effets négatifs de la pandémie de COVID-19.

4.5.3. Indicateurs microéconomiques

4.5.3.1. Prix et facteurs influençant les prix

(216)

Les prix de vente unitaires moyens pondérés des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon qui ont été facturés à des acheteurs dans l’Union ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 7

Prix de vente et coût de production dans l’Union (en EUR/tonne)

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Prix de vente unitaire moyen dans l’Union

654

667

616

650

Indice

100

102

94

99

Coût de production unitaire

674

662

639

712

Indice

100

98

95

106

Source:

Réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(217)

Sur la période considérée, le prix de vente unitaire moyen de l’industrie de l’Union à des acheteurs indépendants dans l’Union est resté relativement stable et n’a reculé que de 1 %. Après une légère augmentation de 2 % en 2019, les prix ont diminué de 8 points de pourcentage en 2020, année du début de la pandémie de COVID-19, lorsque la baisse de la demande a entraîné une baisse des prix. Au cours de la période d’enquête de réexamen, les prix ont de nouveau augmenté de 5 points de pourcentage en raison d’une augmentation de la demande.

(218)

Le coût de production unitaire de l’industrie de l’Union a légèrement diminué de 2 % entre 2018 et 2019. La nouvelle baisse de 3 points de pourcentage enregistrée en 2020 était due à la baisse des prix des matières premières et de l’énergie. En 2021, les prix des matières premières et de l’énergie ont considérablement augmenté, entraînant une augmentation des coûts de production de 11 points de pourcentage, ce qui s’est traduit par une hausse globale de 6 % au cours de la période considérée.

4.5.3.2. Coût de la main-d’œuvre

(219)

Au cours de la période considérée, les coûts moyens de la main-d’œuvre des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit:

Tableau 8

Coût moyen de la main-d’œuvre par salarié

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Coûts de main-d’œuvre moyens par salarié (EUR)

72 907

72 704

68 780

76 280

Indice

100

100

94

105

Source:

Réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(220)

Le coût moyen de la main-d’œuvre par salarié a été stable au cours de la période 2018-2019. Il a diminué de 6 % en 2020 par rapport à 2019, avant de réaugmenter aussitôt au cours de la période d’enquête de réexamen, pour atteindre un niveau supérieur de 5 % à celui de 2018.

4.5.3.3. Stocks

(221)

Au cours de la période considérée, les niveaux de stocks des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit:

Tableau 9

Stocks

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Stocks de clôture (en tonnes)

151 882

139 168

122 377

107 146

Indice

100

92

81

71

Stocks de clôture en pourcentage de la production

3,06 %

3,04 %

3,71 %

2,89 %

Indice

100

99

121

95

Source:

Réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(222)

Les stocks de clôture de l’industrie de l’Union ont baissé de 29 % au cours de la période considérée. Cette évolution est conforme à la baisse de la production et des capacités de production.

(223)

En pourcentage de la production, le niveau des stocks de clôture a oscillé autour de 3 % au cours de la période.

4.5.3.4. Rentabilité, flux de liquidités, investissements, rendement des investissements et aptitude à mobiliser des capitaux

(224)

La rentabilité, les flux de liquidités, les investissements et le rendement des investissements des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon ont évolué comme suit au cours de la période considérée:

Tableau 10

Rentabilité, flux de liquidités, investissements et rendement des investissements

2018

2019

2020

Période d’enquête de réexamen

Rentabilité des ventes dans l’Union à des acheteurs indépendants (en % du chiffre d’affaires)

–3,6 %

–0,8 %

–5,6 %

–9,5 %

Indice

– 100

–24

– 158

– 267

Flux de liquidités (en EUR)

53 230 728

116 531 955

68 541 389

30 295 619

Indice

100

219

129

57

Investissements (en EUR)

21 327 970

39 328 573

20 843 097

32 601 304

Indice

100

184

98

153

Rendement des investissements

–7,2 %

–1,7 %

–8,7 %

–24,5 %

Indice

– 100

–23

– 122

– 341

Source:

Réponses vérifiées au questionnaire données par les producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(225)

La Commission a établi la rentabilité des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon en exprimant le bénéfice net avant impôts résultant des ventes du produit similaire à des clients indépendants dans l’Union sous forme de pourcentage du chiffre d’affaires généré par ces ventes. L’industrie de l’Union a été déficitaire durant l’ensemble de la période considérée. À titre de référence, il convient de noter que, dans l’enquête initiale, le bénéfice cible pour cette industrie avait été établi à 8 % (103). Au cours de la période considérée, la rentabilité de l’industrie de l’Union a diminué, passant de – 3,6 % à – 9,5 %. Par comparaison, l’année 2019 a été la meilleure année, avec une rentabilité de l’industrie de l’Union atteignant – 0,8 %, en raison d’une combinaison de coûts de production plus faibles et de prix de vente élevés. En 2020, la rentabilité a fortement chuté pour s’établir à – 5,6 %, avant de diminuer encore au cours de la période d’enquête de réexamen pour s’établir à – 9,5 %.

(226)

Les flux nets de liquidités représentent la capacité des producteurs de l’Union à autofinancer leurs activités. Au cours de la période considérée, les flux de liquidités étaient positifs et, dans une large mesure, leur tendance a reflété l’évolution de la rentabilité, la meilleure année étant 2019.

(227)

En raison de la baisse de la demande de PFC dans l’Union et dans les pays tiers, l’industrie de l’Union n’a pas investi dans de nouvelles capacités au cours de la période considérée. Les investissements réalisés se sont concentrés sur la maintenance, le remplacement des équipements, l’amélioration de l’efficacité énergétique et sur des mesures de restructuration et de mise en conformité avec les normes de protection de l’environnement.

(228)

Le rendement des investissements constitue le bénéfice exprimé en pourcentage de la valeur comptable nette des investissements. Il a évolué de la même manière que le bénéfice au cours de la période considérée.

(229)

Vu le coût des dettes existantes, la rentabilité de l’industrie de l’Union et la baisse continue de la demande de PFC, l’aptitude de l’industrie de l’Union à mobiliser des capitaux est restée limitée au cours de la période considérée.

4.6. Conclusion concernant le préjudice

(230)

Au cours de la période considérée, les indicateurs de préjudice ont permis de dresser un tableau négatif. Les capacités de production et la production ont diminué, de même que les ventes et l’emploi. Les bénéfices et le rendement des investissements ont été négatifs sur l’ensemble de la période concernée, les années 2020 et 2021 étant les pires années de la période.

(231)

Les tendances négatives de la production et des volumes de ventes sont la conséquence de la baisse continue de la demande de PFC dans l’Union et dans les pays tiers. Cette baisse a contraint l’industrie de l’Union à poursuivre sa restructuration, notamment à fermer des usines de papier et à en reconvertir d’autres afin de produire d’autres types de papier.

(232)

La demande future de PFC devrait diminuer et la situation de l’industrie de l’Union restera difficile, avec des réductions supplémentaires de la production et des capacités de production qui devront se produire.

(233)

Les mesures en place ont assuré la protection de l’industrie de l’Union, en lui permettant de conserver une part de marché élevée au cours de la période considérée. L’industrie de l’Union n’a toutefois pas été en mesure d’augmenter les prix du PFC suffisamment au-dessus des niveaux permettant de couvrir les coûts pour générer des bénéfices. Cela était dû, en 2018-2019, à la hausse des prix des matières premières (en particulier de la pâte à papier) et à la difficulté de répercuter l’augmentation des prix sur les clients de l’industrie de l’Union. En 2020, la chute de la demande et des prix liée à la pandémie de COVID-19 a frappé l’industrie de l’Union, qui a enregistré des pertes importantes. L’année 2021, quant à elle, a été marquée par une hausse des prix des matières premières et de l’énergie, entraînant une augmentation des coûts de production de 11 % et une nouvelle détérioration des bénéfices nets. En outre, pendant toute la période considérée, l’industrie de l’Union a dû restructurer ses activités et ses capacités de production ont été réduites de 26 % au cours de la période considérée, ce qui s’est traduit par un coût supplémentaire.

(234)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a conclu que l’industrie de l’Union avait subi un préjudice important au sens de l’article 3, paragraphe 5, du règlement de base pendant la période d’enquête de réexamen. Le préjudice subi par l’industrie de l’Union observé au cours de cette période n’aurait toutefois pas pu être causé par les importations faisant l’objet de subventions en provenance de la RPC, en raison de leur volume très limité. Il a été principalement causé par la baisse de la demande de PFC et les coûts de restructuration élevés en découlant, qui ont conjointement exercé une influence importante sur la rentabilité de l’industrie de l’Union.

5. PROBABILITÉ DE RÉAPPARITION DU PRÉJUDICE

(235)

La Commission a conclu au considérant 234 que l’industrie de l’Union avait subi un préjudice important au cours de la période d’enquête de réexamen. Elle a également conclu au considérant 234 que le préjudice subi par l’industrie de l’Union observé au cours de la période d’enquête de réexamen ne pouvait pas avoir été causé par les importations faisant l’objet de subventions en provenance de la RPC en raison de leur volume très limité. En conséquence, la Commission a évalué, conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement de base, s’il existait une probabilité de réapparition du préjudice initialement causé par les importations faisant l’objet de subventions en provenance de la RPC si les mesures venaient à expirer.

(236)

Comme indiqué au considérant 177, le marché de l’Union est le deuxième plus grand marché de PFC dans le monde. En effet, sa taille globale et la présence de gros acheteurs de PFC le rendent très attractif aux yeux des producteurs chinois de PFC car de tels volumes de livraison leur permettraient d’utiliser leurs capacités de production inutilisées, ce qui entraînerait une diminution de leurs coûts de production unitaires. En conséquence, en cas d’expiration des mesures, vu les bénéfices qui résulteraient de l’utilisation des capacités de production inutilisées en RPC, il est probable que les producteurs-exportateurs chinois proposeraient du PFC à bas prix sur le marché de l’Union, exerçant ainsi une pression sur les prix et la rentabilité de l’industrie de l’Union.

(237)

La Commission a également analysé la politique des prix pratiquée par les producteurs-exportateurs chinois sur les marchés des pays tiers afin de déterminer les effets sur les prix de l’industrie de l’Union en cas d’expiration des mesures.

(238)

En l’absence de coopération de la part des producteurs-exportateurs chinois, la Commission a utilisé les données disponibles conformément à l’article 18 du règlement de base afin d’établir les prix à l’exportation chinois vers les pays tiers. À cette fin, les données contenues dans la demande de réexamen, basées sur les données transmises par Svan Data (104), ont été utilisées, en particulier les données relatives aux exportations chinoises relatives au code de marchandises 4810 19. La raison en est que les requérants ont expliqué dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures que les exportations du produit concerné étaient principalement effectuées sous le code de marchandises chinois 4810 19.

(239)

À des fins de comparaison, la Commission a déterminé les prix suivants:

le prix de vente moyen pondéré de l’industrie de l’Union facturé aux clients indépendants dans l’Union, ajusté au niveau départ usine: 661 EUR/tonne (105),

le prix cible de l’Union: 774 EUR/tonne (106), et

les prix à l’exportation chinois déclarés par les requérants dans la demande couvrant la même période que la période d’enquête de réexamen, ajustés au titre des coûts de fret maritime (107) afin d’obtenir un prix probable au débarquement dans l’Union (108).

(240)

Premièrement, la Commission a comparé le prix de vente moyen pondéré de l’industrie de l’Union facturé à des clients indépendants dans l’Union, ajusté au niveau départ usine, avec les prix à l’exportation chinois vers des pays tiers autres que l’Union, ajustés au niveau d’un prix au débarquement dans l’Union au cours de la période d’enquête de réexamen. La comparaison des prix fondée sur les données établies au considérant 239 a montré que les prix à l’exportation vers huit pays tiers étaient inférieurs aux prix de l’industrie de l’Union. Ces exportations représentaient environ 1 % des exportations chinoises en volume. Ce faible pourcentage est dû à la baisse des prix du PFC dans l’Union.

(241)

Deuxièmement, la Commission s’est également penchée sur la question de savoir si les prix à l’exportation pondérés chinois vers des pays tiers autres que l’Union, ajustés au niveau d’un prix au débarquement dans l’Union, étaient inférieurs au prix cible de l’industrie de l’Union pendant la période d’enquête de réexamen. Compte tenu de l’absence de coopération de la part des exportateurs chinois, la Commission a fondé son analyse sur les données figurant dans la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures. Cette analyse a permis de recenser 27 pays tiers dans lesquels les producteurs-exportateurs chinois ont vendu le produit concerné au cours de la période d’enquête de réexamen à des prix inférieurs au prix cible moyen de l’industrie de l’Union. Les exportations chinoises vers ces pays représentaient, en volume, environ 10 % des exportations chinoises totales vers d’autres pays tiers. En outre, comme indiqué au considérant 178, les principaux marchés de pays tiers sont fermés aux exportations en provenance de Chine en raison des droits en vigueur.

(242)

En conclusion, l’analyse a démontré – sur la base des données disponibles – que les producteurs-exportateurs chinois étaient en mesure de vendre à des prix inférieurs au prix cible de l’Union. Compte tenu des importantes capacités inutilisées disponibles en Chine, il a également été noté que de grandes quantités de PFC pourraient potentiellement être produites en vue d’être vendues sur le marché de l’Union. La Commission a donc conclu qu’en cas d’expiration des mesures, les exportateurs chinois seraient en mesure d’exercer une pression importante sur les prix et, partant, de causer un préjudice à l’industrie de l’Union.

(243)

L’enquête a également montré que l’industrie de l’Union avait subi un préjudice et était vulnérable. Il a également été noté que l’industrie était en cours de restructuration, comme en témoigne la diminution de ses capacités de production au cours de la période considérée, certaines sociétés ayant reconverti une partie de leurs chaînes de production afin de produire d’autres types de papier.

(244)

L’enquête a également confirmé les conclusions de l’enquête initiale selon lesquelles un taux élevé d’utilisation des capacités constitue un facteur important pour la viabilité à long terme des producteurs de papier car la production est un processus à forte intensité de capital. Toute réapparition d’importations subventionnées et la pression sur les prix qui en découlerait priveraient l’industrie de l’Union des flux de liquidités nécessaires au financement des efforts de restructuration visant à s’adapter à la baisse mondiale de la demande de PFC. Elles affecteraient également les effets positifs qu’ont eus les efforts de restructuration passés et entraîneraient une nouvelle détérioration de l’ensemble des indicateurs de préjudice.

(245)

Sur cette base, il est conclu que l’absence de mesures aboutirait probablement à une augmentation notable, à des prix défavorables, des importations en provenance de la RPC faisant l’objet de subventions, et le préjudice important serait susceptible de réapparaître.

6. INTÉRÊT DE L’UNION

(246)

Conformément à l’article 31 du règlement de base, la Commission a examiné si le maintien des mesures antisubvention existantes serait clairement contraire à l’intérêt de l’Union dans son ensemble. L’intérêt de l’Union a été apprécié sur la base d’une évaluation de tous les intérêts concernés, notamment ceux de l’industrie de l’Union, des importateurs indépendants, des négociants et des utilisateurs.

6.1. Intérêt de l’industrie de l’Union

(247)

L’enquête a établi que l’industrie de l’Union avait subi un préjudice et était vulnérable. Les défis posés par la baisse continue de la demande de PFC nécessiteront des plans de restructuration de longue durée, incluant notamment la fermeture d’usines de papier et la reconversion d’autres usines afin de produire d’autres types de papier.

(248)

Soumise à la pression sur les prix exercée par les importations subventionnées en provenance de la RPC, l’industrie de l’Union ne serait pas en mesure d’obtenir des prix du PFC au-dessus des niveaux permettant de couvrir les coûts, de générer les revenus nécessaires au financement de ses efforts de restructuration et de s’adapter aux défis créés par la baisse continue de la demande de PFC.

(249)

Sur cette base, la Commission a conclu qu’il était dans l’intérêt de l’industrie de l’Union de maintenir les mesures antisubvention en vigueur.

6.2. Intérêt des importateurs et négociants indépendants

(250)

Aucune coopération n’a été obtenue de la part des importateurs et des négociants indépendants. À partir du moment où il n’y a eu pratiquement aucune importation de PFC en provenance de la RPC au cours de la période considérée, la Commission a conclu que les importations du produit concerné ne représentaient pas une proportion majeure des activités commerciales des importateurs indépendants et des négociants et qu’il n’existait aucun facteur donnant à penser que ces derniers seraient touchés de manière disproportionnée si les mesures venaient à être prorogées.

6.3. Intérêt des utilisateurs

(251)

Aucun utilisateur individuel n’a coopéré et répondu au questionnaire.

(252)

La Commission a bien reçu deux observations écrites, l’une de Unitedprint.com, un utilisateur de PFC de l’Union, et l’autre d’une association du secteur de l’imprimerie, Intergraf (109) (soutenue par la Royal Dutch Association of Printing and Allied Industries).

(253)

Dans ses observations, Intergraf expliquait que l’industrie de l’impression de l’Union pâtissait du remplacement des supports papiers par des supports numériques, ainsi que des importations massives de produits imprimés, provenant en particulier de la RPC. Selon Intergraf, les mesures antidumping et antisubvention nuisent à la compétitivité des imprimeurs de l’Union, qui ne sont pas protégés par des mesures commerciales similaires et doivent respecter des normes environnementales strictes.

(254)

Intergraf a affirmé que plus de 700 000 000 EUR de papier imprimé étaient exportés de la Chine vers l’Union chaque année, dont une grande variété de produits d’impression qui ne sont pas imprimés sur du PFC. Sur la base des données disponibles, la Commission n’a pas été en mesure de déterminer quelle est la part des produits importés de la RPC imprimés sur du PFC et quelle est la part des produits imprimés sur d’autres types de papier.

(255)

L’enquête initiale a montré que la plupart des produits imprimés sur du PFC sont des produits sensibles au temps, comme des magazines, des brochures, du publipostage et des notices, qui sont moins susceptibles d’être importés depuis la RPC en raison du temps nécessaire à leur transport. Les informations fournies par les requérants dans cette enquête ont confirmé que les conclusions de l’enquête initiale étaient toujours valables.

(256)

En conséquence, la Commission a conclu que, bien qu’il soit probable que certains documents sont imprimés sur du PFC en dehors de l’Union en raison des droits antidumping et des droits compensateurs, leur incidence sur la situation économique de l’industrie de l’impression de l’Union est limitée.

(257)

Intergraf a également attiré l’attention sur des pénuries d’approvisionnement en PFC et sur une forte hausse des prix, en particulier depuis la mi-2021. Unitedprint.com a également souligné ces évolutions dans ses observations. Les informations fournies n’ont pas permis à la Commission d’évaluer les volumes respectifs de l’offre et de la demande, et, partant, le déséquilibre allégué sur le marché. La Commission n’a pas non plus pu déterminer si l’augmentation de prix mentionnée pouvait ou non être répercutée sur leurs clients. Elle observe également qu’en 2021, dans un contexte post-COVID-19, il y a eu des pénuries sur un certain nombre de marchés de matières premières.

6.4. Conclusion concernant l’intérêt de l’Union

(258)

Eu égard à ce qui précède, la Commission a estimé qu’il n’existait aucune raison impérieuse de conclure qu’il n’était pas dans l’intérêt de l’Union de maintenir les mesures existantes concernant les importations de PFC originaires de Chine.

7. MESURES ANTISUBVENTION

(259)

Sur la base des conclusions établies par la Commission concernant la continuation des subventions, la réapparition du préjudice et l’intérêt de l’Union, il convient de maintenir les mesures antisubvention applicables au PFC en provenance de Chine.

(260)

Afin de réduire autant que possible les risques de contournement liés aux différences entre les taux de droit, des mesures spéciales sont nécessaires pour garantir l’application des droits compensateurs individuels. Les sociétés soumises à des droits compensateurs individuels doivent présenter une facture commerciale en bonne et due forme aux autorités douanières des États membres. La facture doit être conforme aux exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement. Il convient que les importations non accompagnées d’une telle facture soient soumises au droit compensateur applicable à «toutes les autres sociétés».

(261)

Bien que la présentation de cette facture soit nécessaire pour que les autorités douanières des États membres appliquent aux importations les taux individuels de droit compensateur, elle n’est pas le seul élément que les autorités douanières doivent prendre en considération. De fait, même en présence d’une facture satisfaisant à toutes les exigences énoncées à l’article 1er, paragraphe 3, du présent règlement, les autorités douanières des États membres doivent effectuer leurs vérifications habituelles et peuvent, comme dans tous les autres cas, exiger des documents supplémentaires (documents d’expédition, etc.) afin de vérifier l’exactitude des renseignements contenus dans la déclaration et de garantir que l’application consécutive du taux de droit inférieur est justifiée, conformément à la législation douanière.

(262)

Si le volume des exportations de l’une des sociétés bénéficiant d’un taux de droit individuel plus bas devait augmenter de manière significative après l’institution des mesures concernées, cette augmentation de volume pourrait être considérée comme constituant en soi une modification dans les flux commerciaux du fait de l’imposition de mesures, au sens de l’article 23, paragraphe 1, du règlement de base. Dans de telles circonstances, et si les conditions nécessaires sont réunies, une enquête anticontournement peut être ouverte. Cette enquête pourrait notamment examiner la nécessité de supprimer le(s) taux de droit individuel(s) et d’imposer, par conséquent, un droit à l’échelle nationale.

(263)

Les taux individuels de droit compensateur par société visés dans le présent règlement s’appliquent exclusivement aux importations du produit faisant l’objet du réexamen originaire de Chine, fabriqué par les entités juridiques citées. Il convient que les importations du produit faisant l’objet du réexamen qui a été fabriqué par toute autre société dont le nom n’est pas spécifiquement mentionné dans le dispositif du présent règlement, y compris les entités liées aux sociétés spécifiquement mentionnées, soient soumises au taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés». Ces importations ne devraient pas être soumises à l’un des taux de droit compensateur individuels.

(264)

Les sociétés changeant ultérieurement de raison sociale peuvent solliciter l’application de ces taux de droit compensateur individuels. La demande doit être adressée à la Commission (110). Elle doit contenir toutes les informations nécessaires permettant de démontrer que ce changement n’a pas d’effet sur le droit de la société à bénéficier du taux qui lui est applicable. Si le changement de raison sociale de la société n’affecte pas le droit de celle-ci à bénéficier du taux de droit qui lui est applicable, un règlement signalant le changement de raison sociale sera publié au Journal officiel de l’Union européenne.

(265)

Toutes les parties intéressées ont été informées des faits et considérations essentiels sur la base desquels il était envisagé de recommander le maintien des mesures existantes. Un délai leur a également été accordé pour leur permettre de formuler des observations sur les informations ainsi communiquées.

(266)

La Commission a reçu des observations de l’industrie de l’Union qui étayaient également ses conclusions selon lesquelles les producteurs-exportateurs chinois étaient en mesure de vendre à des prix inférieurs au prix cible de l’Union. Il n’a donc pas été jugé nécessaire de modifier le texte du présent règlement.

(267)

Compte tenu de l’article 109 du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil (111), lorsqu’un montant doit être remboursé à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, le taux des intérêts à payer devrait être le taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement tel qu’il est publié dans la série C du Journal officiel de l’Union européenne le premier jour civil de chaque mois.

(268)

Les mesures prévues par le présent règlement sont conformes à l’avis du comité établi par l’article 15, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/1036,

A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:

Article premier

1. Un droit compensateur définitif est institué sur les importations de papier fin couché, qui est un papier ou un carton couché sur une ou deux faces (à l’exception du papier ou carton kraft), en feuilles ou en rouleaux, d’un poids supérieur ou égal à 70 g/m2 et inférieur ou égal à 400 g/m2 et d’un degré de blancheur supérieur à 84 (mesuré selon la norme ISO 2470-1), relevant actuellement des codes NC ex 4810 13 00, ex 4810 14 00, ex 4810 19 00, ex 4810 22 00, ex 4810 29 30, ex 4810 29 80, ex 4810 99 10 et ex 4810 99 80 (codes TARIC 4810130020, 4810140020, 4810190020, 4810220020, 4810293020, 4810298020, 4810991020 et 4810998020) et originaire de la République populaire de Chine.

Le droit antidumping définitif ne concerne pas les rouleaux pour presses à bobines. Les rouleaux pour presses à bobines sont des rouleaux qui, lorsqu’ils sont testés conformément à la norme d’essai ISO 3783 2006 concernant la détermination de la résistance à l’arrachage – méthode d’impression à vitesse accélérée avec l’appareil de type IGT (modèle électrique), obtiennent un résultat inférieur à 30 N/m lors d’une mesure dans le sens travers du papier et inférieur à 50 N/m lors d’une mesure dans le sens machine. Le droit antidumping définitif ne concerne pas non plus le papier multicouche ni le carton multicouche.

2. Les taux du droit compensateur définitif applicable au prix net franco frontière de l’Union, avant dédouanement, s’établissent comme suit pour le produit décrit au paragraphe 1 et fabriqué par les sociétés énumérées ci-après:

Société

Droit compensateur (en %)

Code additionnel TARIC

Gold East Paper (Jiangsu) Co., Ltd, Zhenjiang, province du Jiangsu, RPC; Gold Huasheng Paper (Suzhou Industrial Park) Co., Ltd, Suzhou, province du Jiangsu, RPC

12 %

B001

Shangdong Chenming Paper Holdings Limited, Shouguang, province du Shandong, RPC; Shouguang Chenming Art Paper Co., Ltd, Shouguang, province du Shandong, RPC

4 %

B013

Toutes les autres sociétés

12 %

B999

3. L’application des taux de droit individuels précisés pour les sociétés mentionnées au paragraphe 2 est subordonnée à la présentation aux autorités douanières des États membres d’une facture commerciale en bonne et due forme, sur laquelle doit apparaître une déclaration datée et signée par un représentant de l’entité délivrant une telle facture, identifié par son nom et sa fonction, et rédigée comme suit: «Je soussigné(e) […] certifie que le (volume) de (produit faisant l’objet du réexamen) vendu à l’exportation vers l’Union européenne et visé par la présente facture a été produit par (nom et adresse de la société) (code additionnel TARIC) en/à/au(x) [pays concerné]. Je déclare que les informations fournies dans la présente facture sont complètes et correctes.» À défaut de présentation d’une telle facture, le taux de droit applicable à «toutes les autres sociétés» s’applique.

4. Sauf indication contraire, les dispositions en vigueur en matière de droits de douane sont applicables.

Article 2

Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Fait à Bruxelles, le 21 août 2023.

Par la Commission

La présidente

Ursula VON DER LEYEN


(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 55.

(2) JO L 128 du 14.5.2011, p. 18.

(3) Règlement d’exécution (UE) no 451/2011 du Conseil du 6 mai 2011 instituant un droit antidumping définitif et portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de papier fin couché originaire de la République populaire de Chine (JO L 128 du 14.5.2011, p. 1).

(4) Règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission du 3 juillet 2017 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains types de papier fin couché originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 171 du 4.7.2017, p. 134).

(5) JO C 398 du 1.10.2021, p. 18.

(6) JO C 248 du 30.6.2022, p. 119.

(7) JO C 248 du 30.6.2022, p. 130.

(8) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.

(9) https://tron.trade.ec.europa.eu/investigations/case-view?caseId=2616

(10) https://tron.trade.ec.europa.eu/investigations/case-view?caseId=2616

(11) https://tron.trade.ec.europa.eu/investigations/case-view?caseId=2616

(12) L’accord de l’OMC relatif aux subventions et aux mesures compensatoires.

(13) WT/DS437/AB/R, États-Unis – Mesures compensatoires visant certains produits en provenance de Chine, Rapport de l’organe d’appel du 18 décembre 2014, points 4.178 – 4.179. Ce rapport de l'organe d'appel cite le rapport de l'organe d'appel WT/DS295/AB/R, Mexique — Mesures antidumping définitives visant la viande de bœuf et le riz du 29 novembre 2005, point 293; et le rapport de l'organe d'appel WT/DS436/AB/R, États-Unis — Mesures compensatoires visant certains produits plats en acier au carbone laminés à chaud en provenance de l'Inde du 8 décembre 2014, points 4.416 à 4.421.

(14) Règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil du 6 mai 2011 instituant un droit antisubvention définitif sur les importations de papier fin couché originaire de la République populaire de Chine (JO L 128 du 14.5.2011, p. 18).

(15) Règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission du 3 juillet 2017 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains types de papier fin couché originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 171 du 4.7.2017, p. 134).

(16) Règlement d’exécution (UE) 2018/1690 de la Commission du 9 novembre 2018 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains pneumatiques neufs ou rechapés, en caoutchouc, du type utilisé pour les autobus ou camions, ayant un indice de charge supérieur à 121 et originaires de la République populaire de Chine (JO L 283 du 12.11.2018, p. 1).

(17) Règlement d’exécution (UE) 2019/72 du Conseil du 17 janvier 2019 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de bicyclettes électriques originaires de la République populaire de Chine (JO L 16 du 18.1.2019, p. 5).

(18) Règlement d’exécution (UE) 2019/688 de la Commission du 2 mai 2019 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains produits en acier à revêtement organique originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures conformément à l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 116 du 3.5.2019, p. 39).

(19) Règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission du 18 janvier 2022 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de câbles de fibres optiques originaires de la République populaire de Chine et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2021/2011 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de câbles de fibres optiques originaires de la République populaire de Chine (JO L 12 du 19.1.2022, p. 34).

(20) Règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission du 17 décembre 2021 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de feuilles et bandes minces en aluminium originaires de la République populaire de Chine et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2021/2170 instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de feuilles et bandes minces en aluminium originaires de la République populaire de Chine (JO L 458 du 22.12.2021, p.344).

(21) Règlement d’exécution (UE) 2020/776 de la Commission du 12 juin 2020 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2020/492 de la Commission instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte (JO L 189 du 15.6.2020, p. 1).

(22) Règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission du 24 février 2021 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de produits de fibre de verre à filament continu originaires de la République populaire de Chine à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué en vertu de l’article 18 du règlement (UE) 2016/1037 du Parlement européen et du Conseil (JO L 65 du 25.2.2021, p. 1).

(23) Voir le considérant 60 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011.

(24) Le groupe APP: Sinar Mas Paper (Chine) Investment Co., Ltd., Gold East Paper (Jiangsu) Co., Ltd., Gold Huasheng Paper (SuZhou Industrial Park) Co., Ltd., Ningbo Zhonghua Paper Industry Co., Ltd., Ningbo Asia Pulp & Paper Co., Ltd.

(25) Le groupe Chenming: Shandong Chenming Paper Holdings Limited, Shouguang Chenming Art Paper Co. Ltd.

(26) Le 12e plan quinquennal (2011-2015) de la Chine a été adopté le 14 mars 2011.

(27) 14e plan quinquennal, couvrant les années 2021-2025 et adopté par le parlement chinois, l’Assemblée populaire nationale, en mars 2021.

(28) http://file.finance.sina.com.cn/211.154.219.97:9494/MRGG/CNSESZ_STOCK/2019/2019-3/2019-03-30/5140126.PDF, p. 13 et 37.

http://file.finance.sina.com.cn/211.154.219.97:9494/MRGG/CNSESZ_STOCK/2020/2020-3/2020-03-28/5976095.PDF, p. 11 et 36.

(29) Décision no 40 du Conseil des affaires de l’État promulguant et mettant en œuvre les dispositions temporaires concernant le soutien à l’adaptation des structures industrielles.

(30) Voir annexe 19 de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures en ce qui concerne la décision du Conseil des affaires d’État promulguant et mettant en œuvre les «dispositions temporaires concernant le soutien à l’adaptation des structures industrielles».

(31) Pour une conclusion similaire, voir le règlement no 452/2011, considérant 76, et le règlement 2017/1187, considérant 45, qui indiquent que la décision no 40 est juridiquement contraignante à l’égard des instances publiques ainsi que pour les opérateurs économiques en Chine.

(32) Voir le règlement sur les produits de fibre de verre à filament continu, considérant 76.

(33) Voir les considérants 82 à 89 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 et les considérants 55 à 59 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187.

(34) Voir le considérant 100 du règlement d’exécution (UE) 2017/969.

(35) Règlement d’exécution (UE) 2017/969 de la Commission du 8 juin 2017 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés, originaires de la République populaire de Chine, et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2017/649 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de certains produits plats laminés à chaud en fer, en aciers non alliés ou en autres aciers alliés, originaires de la République populaire de Chine (JO L 146 du 9.6.2017, p. 17) (ci-après l’«affaire des produits plats laminés à chaud»), règlement d’exécution (UE) 2018/1690 de la Commission du 9 novembre 2018 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains pneumatiques neufs ou rechapés, en caoutchouc, du type utilisé pour les autobus ou camions, ayant un indice de charge supérieur à 121 et originaires de la République populaire de Chine et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2018/1579 instituant un droit antidumping définitif, portant perception définitive du droit provisoire institué sur les importations de certains pneumatiques neufs ou rechapés, en caoutchouc, du type utilisé pour les autobus ou camions, ayant un indice de charge supérieur à 121 et originaires de la République populaire de Chine, et abrogeant le règlement d’exécution (UE) 2018/163 (JO L 283 du 12.11.2018, p. 1) (ci-après l’«affaire des pneumatiques») et règlement d’exécution (UE) 2019/72 de la Commission du 17 janvier 2019 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de bicyclettes électriques originaires de la République populaire de Chine (JO L 16 du 18.1.2019, p. 5) (ci-après l’«affaire des bicyclettes électriques»), règlement d’exécution (UE) 2020/776 de la Commission du 12 juin 2020 instituant un droit compensateur définitif sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte et modifiant le règlement d’exécution (UE) 2020/492 de la Commission instituant des droits antidumping définitifs sur les importations de certains tissus en fibres de verre tissées et/ou cousues originaires de la République populaire de Chine et d’Égypte (JO L 189 du 15.6.2020, p. 33) (ci-après l’«affaire des tissus en fibres de verre»).

(36) Voir le considérant 226 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(37) Introduction _The Export-Import Bank of China (eximbank.gov.cn).

(38) Voir le considérant 75 du règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission.

(39) Voir le considérant 266 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(40) Voir l’annexe 20 de la demande des requérants.

(41) Voir l’annexe 20 de la demande des requérants.

(42) Voir l’annexe 16 de la demande des requérants.

(43) Voir l’annexe 16 de la demande des requérants.

(44) Voir l’annexe 16 de la demande des requérants.

(45) Voir le considérant 274 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(46) Règlement portant modalités d’application de la loi relative à l’impôt sur le revenu des entreprises de la République populaire de Chine — ordonnance no 714 du Conseil des affaires d’État de la République populaire de Chine.

(47) Voir le considérant 466 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(48) Voir le considérant 476 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission.

(49) Voir les points 221, 223 et 224 de la demande des requérants.

(50) Voir le considérant 503 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission et considérant 496 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(51) Rapport annuel 2015 du groupe Chenming, page 14.

(52) Rapport annuel 2018 du groupe Chenming, p. 157, rapport annuel 2019, p. 146, et rapport intermédiaire 2021, p. 159.

(53) Rapport annuel 2018 du groupe Chenming, p. 254, rapport annuel 2019, p. 253, rapport annuel 2020, p. 266, et rapport intermédiaire 2021, p. 160.

(54) Rapport annuel 2018 du groupe Chenming, p. 5, 157 et 254, rapport annuel 2019, p. 5, 146 et 253, rapport annuel 2020, p. 6 et 266, et rapport intermédiaire 2021, p. 6, 159 et 160.

(55) Rapport annuel 2020 de Gold East Paper (Jiangsu), p. 65, 69 et 97.

(56) Annonce (2021) no 13 du ministère des finances et de l’administration fiscale de l’État sur les nouvelles améliorations de la politique d’abattement pondéré avant impôt des dépenses de recherche et développement.

(57) Voir le considérant 487 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission.

(58) Voir le considérant 335 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(59) Voir le considérant 82 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(60) Voir le point 221 de la demande des requérants.

(61) Voir le considérant 129 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(62) Voir le considérant 91 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(63) Voir les points 211, 216, 233 et 235 de la demande des requérants.

(64) Voir le considérant 499 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission et considérant 571 du règlement d’exécution (UE) 2022/776 de la Commission.

(65) Voir le considérant 142 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(66) Voir le considérant 100 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(67) Voir le considérant 189 du règlement d’exécution (UE) 2019/688 de la Commission.

(68) Règlement d’exécution (UE) no 1239/2013 du Conseil du 2 décembre 2013, enquête initiale sur les panneaux solaires, considérants 336 à 342; règlement d’exécution (UE) no215/2013 du Conseil du 11 mars 2013, acier à revêtement organique, considérants 293 à 298.

(69) Voir le considérant 152 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(70) Voir le considérant 111 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(71) Voir la politique de subventions préférentielles pour l’entrepreneuriat et l’innovation de masse, subventions 47 à 49, demande des requérants, annexe 34, «Entrepreneuriat et innovation de masse».

(72) Règlement d’exécution (UE) no 1239/2013 du Conseil du 2 décembre 2013, réexamen au titre de l’expiration des mesures concernant les panneaux solaires, considérants 384 à 392; règlement d’exécution (UE) 2019/688 de la Commission, acier à revêtement organique, considérant 189.

(73) Voir le considérant 176 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(74) Voir le considérant 119 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(75) Voir le considérant 445 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission et considérant 192 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(76) Voir le réexamen au titre de l’expiration des mesures américaines sur le papier non couché originaire de Chine (2022), https://www.usitc.gov/publications/701_731/pub5275.pdf, p. 9.

(77) Voir les considérants 43, 46 et 56 de la demande des requérants.

(78) Voir le considérant 445 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission et considérant 192 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(79) Voir le rapport annuel 2019 du groupe Chenming, p. 5 et 253, et le rapport annuel 2020, p. 6 et 266.

(80) Voir le considérant 125 du règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission et considérant 539 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission.

(81) Voir le considérant 251 du règlement d’exécution (UE) no 452/2011 du Conseil.

(82) Voir le considérant 498 du règlement d’exécution (UE) 2020/776 de la Commission sur les tissus en fibres de verre.

(83) Considérant 544 du règlement d’exécution (UE) 2021/2287 de la Commission sur les feuilles et bandes minces en aluminium.

(84) Voir les rapports intermédiaires 2019 et 2020 du groupe Chenming, p. 217 et p. 229 respectivement.

(85) Voir le considérant 130 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(86) Voir règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission sur les câbles de fibres optiques, considérant 453, et règlement d’exécution (UE) 2018/1690 de la Commission sur les pneumatiques, considérant 429.

(87) https://www.sinosure.com.cn/en/Sinosure/Profile/index.shtml.

(88) Voir le considérant 105 du règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission.

(89) Étude de l’OCDE relative aux politiques et programmes chinois en matière de crédit à l’exportation, p. 7, point 32, disponible à l’adresse https://www.oecd.org/officialdocuments/publicdisplaydocumentpdf/?cote=TAD/ECG(2015)3&doclanguage=en, consultée pour la dernière fois le 18 août 2021.

(90) Voir le site web de Sinosure, Profil de la société, Soutien à l’initiative «Made in China», https://www.sinosure.com.cn/en/Resbonsiblity/smic/index.shtml, consulté pour la dernière fois le 17 août 2021.

(91) http://www.gov.cn/ldhd/2009-05/27/content_1326023.htm

(92) Voir le profil de Sinosure: https://www.sinosure.com.cn/en/Sinosure/Profile/index.shtml.

(93) China Credit Insurance Corporation (SINOSURE) Releases the National Risk Analysis Report for 2020: Axton Global

(94) Voir le considérant 112 du règlement d’exécution (UE) 2021/328 de la Commission et considérant 458 du règlement d’exécution (UE) 2022/72 de la Commission.

(95) Voir le considérant 148 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(96) Voir le considérant 149 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(97) Voir le considérant 150 du règlement d’exécution (UE) 2017/1187 de la Commission.

(98) Voir la demande des requérants, annexe 7, rapports de RISI sur les capacités et la demande de papier couché sans bois.

(99) Voir la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures, annexe 7, rapports de RISI sur les capacités et la demande de papier couché sans bois.

(100) Les capacités inutilisées sont considérées comme correspondant à la différence entre les capacités chinoises existantes de PFC, la demande chinoise de PFC et les exportations chinoises de PFC indiquées dans la demande (voir annexe 8, Svan Data).

(101) Les surcapacités sont considérées comme correspondant à la différence entre les capacités chinoises existantes de PFC et la demande intérieure chinoise de PFC.

(102) Voir annexe 10 de la demande des requérants.

(103) Considérant 158 du règlement d’exécution (UE) no 451/2011.

(104) Svan Data est une société de conseil en études de marché (https://svandata.com/).

(105) Sur la base des données des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon.

(106) Base: ibidem. Il s’agit des coûts de production des producteurs de l’Union retenus dans l’échantillon auxquels le bénéfice cible a été ajouté.

(107) Au cours de la période d’enquête de réexamen, les coûts de fret se situaient à des niveaux anormalement élevés. Par conséquent, la Commission a utilisé les coûts de fret de 2019 pour calculer les prix théoriques au débarquement chinois. Selon les données de la demande de réexamen au titre de l’expiration des mesures (annexe 28), les coûts de transport de la Chine vers l’UE en 2019 s’élevaient en moyenne à 63 EUR par tonne et les frais des formalités douanières à 8 EUR par tonne.

(108) Données issues de la demande des requérants. Le prix au débarquement dans l’UE a été calculé comme correspondant aux prix FOB chinois auxquels ont été ajoutés les coûts de fret maritime et les frais des formalités douanières.

(109) Intergraf représente 21 fédérations nationales d’imprimeries. Les imprimeurs européens représentés par Intergraf sont des utilisateurs de PFC et potentiellement des importateurs de PFC chinois.

(110) Commission européenne, direction générale du commerce, direction G, rue de la Loi 170, 1040 Bruxelles, Belgique.

(111) Règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) no 1296/2013, (UE) no 1301/2013, (UE) no 1303/2013, (UE) no 1304/2013, (UE) no 1309/2013, (UE) no 1316/2013, (UE) no 223/2014, (UE) no 283/2014 et la décision no 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) no 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1).