| CELEX | 32024H03510 |
| Type | Recommandation |
| Date | jeudi 23 mai 2024 |
| Journal officiel | FR Série C |
| C/2024/3510 | 30.5.2024 |
RECOMMANDATION DU CONSEIL
du 23 mai 2024
sur le renforcement de la sécurité de la recherche
(C/2024/3510)
LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 292, en liaison avec l’article 182, paragraphe 5,
vu la proposition de la Commission européenne,
considérant ce qui suit:
| (1) | L’ouverture, la coopération internationale et la liberté académique occupent une place centrale dans la recherche et l’innovation d’envergure mondiale. Or, compte tenu des tensions internationales croissantes et du poids géopolitique grandissant de la recherche et de l’innovation, les chercheurs et universitaires de l’Union sont de plus en plus exposés à des risques en matière de sécurité de la recherche lorsqu’ils coopèrent au niveau international, de sorte que la recherche et l’innovation européennes sont confrontées à des influences malveillantes et font l’objet d’utilisations abusives nuisant à la sécurité de l’Union ou enfreignant les valeurs et les droits fondamentaux de l’Union définis dans le traité sur l’Union européenne (TUE) et dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après dénommée «Charte»). Il est donc essentiel que le secteur de la recherche et de l’innovation de l’Union soit soutenu et doté des moyens nécessaires pour faire face à ces risques. Des mesures de sauvegarde précises et proportionnées s’imposent pour préserver une coopération internationale ouverte et sûre. |
| (2) | Dans un contexte géopolitique en mutation, il est urgent d’apporter une réponse commune de tous les États membres et de la Commission pour renforcer et exploiter le potentiel de recherche et d’innovation dans l’ensemble de l’Union. Seuls des efforts collectifs peuvent garantir un renforcement de la sécurité en matière de recherche. Ce contexte requiert également un rééquilibrage de la coopération internationale en matière de recherche et d’innovation à la lumière des intérêts, des valeurs et des principes de l’Union afin de développer et de préserver l’autonomie stratégique de l’Union, tout en préservant une économie ouverte (1) et en poursuivant des conditions de concurrence équitables et une ouverture réciproque équilibrée. |
| (3) | La science ouverte garantit une accessibilité maximale de la recherche scientifique dans l’intérêt de la science elle-même, de l’économie et de la société dans son ensemble. La coopération internationale dans le domaine de la recherche et de l’innovation est essentielle pour trouver des solutions aux défis mondiaux urgents dans l’intérêt de nos sociétés et stimule l’excellence scientifique, tandis que la mobilité internationale des talents de la recherche enrichit les travaux scientifiques et est essentielle pour favoriser l’innovation et réaliser des avancées scientifiques. La liberté académique implique que les chercheurs sont libres de mener leurs recherches et de choisir des méthodes de recherche et des partenaires de recherche dans le monde entier, compte tenu du fait que la liberté académique implique une responsabilité académique. |
| (4) | La concurrence stratégique croissante et le retour à la politique des rapports de force conduisent à des relations internationales de plus en plus transactionnelles. Cette évolution crée des menaces diversifiées, imprévisibles et souvent hybrides (2). Compte tenu du rôle central des connaissances et des technologies critiques pour la prééminence politique, économique, militaire et du renseignement, certains concurrents de l’Union développent de plus en plus leurs capacités à cet égard ou mènent activement des stratégies de fusion entre les sphères civile et militaire. |
| (5) | Les menaces hybrides peuvent toucher tous les secteurs présentant un intérêt à cet égard; toutefois, en raison de ses caractéristiques d’ouverture, de liberté académique, d’autonomie institutionnelle et de collaboration à l’échelle mondiale, le secteur de la recherche et de l’innovation est particulièrement vulnérable. Les chercheurs et innovateurs travaillant dans l’Union peuvent être visés en vue d’obtenir des connaissances et technologies de pointe, parfois au moyen de méthodes trompeuses et dissimulées ou du vol pur et simple ou de la coercition, mais plus souvent par l’exploitation d’une coopération universitaire internationale en apparence loyale. Outre la mise en péril de la sécurité et du bien-être, les menaces hybrides pourraient porter atteinte à la liberté académique et à l’intégrité de la recherche dans l’Union. |
| (6) | Le secteur de la recherche et de l’innovation traverse donc un contexte international de plus en plus difficile pour les collaborations, marqué par le risque de transfert indésirable, vers des pays tiers, de connaissances et de technologies critiques susceptibles d’être utilisées pour renforcer les capacités des forces militaires et les services de renseignement de ces pays, nuisant à la sécurité de l’Union et de ses États membres, ou à des fins contraires aux valeurs et aux droits fondamentaux de l’Union. Bien qu’elles ne soient pas toujours illicites, ces collaborations peuvent susciter d’importantes préoccupations en matière de sécurité et d’éthique. |
| (7) | Dans le droit fil de l’autonomie institutionnelle et de la liberté académique, les organismes exerçant des activités de recherche et ceux consacrés au financement de la recherche sont responsables au premier chef du développement et de la gestion de leur coopération internationale. Les pouvoirs publics à tous les niveaux devraient envisager de leur apporter assistance et soutien, en leur donnant les moyens de prendre des décisions éclairées et de gérer les risques qui s’ensuivent pour la sécurité de la recherche. |
| (8) | Depuis quelques années, des discussions ont lieu, dans plusieurs États membres et au niveau de l’Union, sur le renforcement de la sécurité de la recherche, plusieurs initiatives ayant vu le jour:
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| (9) | La Commission et le haut représentant ont adopté une communication conjointe relative à la stratégie européenne en matière de sécurité économique (6), qui vise à faire en sorte que l’Union continue de bénéficier de l’ouverture économique, tout en réduisant au minimum les risques pour sa sécurité économique. La stratégie propose une approche à trois piliers: promotion de la base économique et de la compétitivité de l’Union; protection contre les risques; et partenariat avec le plus large éventail possible de pays afin de répondre aux préoccupations et aux intérêts communs. Dans chacun des piliers, la recherche et l’innovation ont un rôle essentiel à jouer. |
| (10) | Dans le prolongement de cette communication conjointe, la Commission a recensé des domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation plus approfondie des risques avec les États membres dans sa recommandation (UE) 2023/2113 (7). Des évaluations des risques ont déjà été lancées en priorité dans quatre des dix domaines technologiques critiques recensés, à savoir les semi-conducteurs avancés, l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et les biotechnologies. Les résultats des évaluations des risques, une fois finalisés, pourraient servir de base à d’autres mesures éventuelles visant à mettre en œuvre la stratégie européenne en matière de sécurité économique, y compris des mesures visant à renforcer la sécurité de la recherche. |
| (11) | Dans la communication conjointe sur la stratégie européenne en matière de sécurité économique, la Commission a en outre annoncé vouloir proposer des mesures visant à renforcer la sécurité de la recherche en garantissant l’utilisation des outils existants ainsi qu’en recensant et en comblant les lacunes restantes, tout en préservant l’ouverture de l’écosystème de recherche et d’innovation. La présente recommandation fait partie d’un train de mesures publié par la Commission en janvier 2024 dans le cadre du suivi de la communication conjointe. |
| (12) | En ce qui concerne le recensement des lacunes mentionné au point précédent, les discussions avec les États membres et les organisations de parties prenantes montrent que les décideurs politiques et tous les autres acteurs concernés ont un besoin urgent de davantage de clarté conceptuelle et d’une compréhension commune des questions en jeu ainsi que de ce qui constitue une réponse politique à la fois proportionnée et efficace. |
| (13) | Un nombre croissant d’États membres ont élaboré ou sont en train d’élaborer des politiques visant à renforcer la sécurité de la recherche. Si ces efforts contribuent généralement à la sensibilisation et au renforcement de la résilience, pour qu’ils soient réellement efficaces, il convient que le développement et la mise en œuvre de garanties soient appliqués de manière cohérente à tous les niveaux, y compris de l’Union, national, régional, des organismes exerçant des activités de recherche et des organismes de financement de la recherche. Une coordination au niveau de l’Union et un soutien de la Commission au renforcement des capacités et à l’échange de pratiques sont donc nécessaires pour protéger l’intégrité de l’EER, tout en respectant les compétences des États membres qui décideraient d’aller plus loin, par exemple, en élaborant des cadres réglementaires. |
| (14) | Il importe que les menaces hybrides qui affectent l’écosystème de recherche et d’innovation fassent l’objet d’une évaluation structurelle, afin d’améliorer la connaissance de la situation parmi les décideurs politiques en s’appuyant sur la capacité unique d’analyse du renseignement, en particulier la cellule de fusion contre les menaces hybrides, et en tenant compte des travaux du Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides ainsi que de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité et du Centre européen de lutte contre la cybercriminalité mis en place par EUROPOL en ce qui concerne les menaces en matière de cybersécurité. |
| (15) | Compte tenu du fait qu’une part importante de la recherche et de l’innovation a lieu dans le secteur privé, il convient de souligner que, si les entreprises et les organismes exerçant des activités de recherche sont exposés à des risques pouvant être similaires, leur nature, leurs besoins et leurs capacités diffèrent. |
| (16) | Il convient d’accorder toute l’attention voulue à l’expérience politique des États membres et des principaux partenaires internationaux, tout en soulignant qu’il convient de formuler une approche adaptée à la spécificité du contexte européen. Les bonnes pratiques sont, par exemple, partagées via le dialogue multilatéral sur les valeurs et les principes de la coopération internationale en matière de recherche et d’innovation, dans le cadre des négociations d’association et des réunions du comité directeur conjoint pour les sciences et la technologie au titre d’accords internationaux dans le domaine des sciences et des technologies, ainsi qu’au sein d’enceintes multilatérales, telles que le G7, et dans le contexte d’accords multilatéraux pertinents en matière de contrôle des exportations. |
| (17) | La sécurité de la recherche est une préoccupation qui suscite de plus en plus d’attention et le débat en cours sur les risques encourus et la meilleure manière de les gérer s’intensifie. Par conséquent, il convient de renforcer la sensibilisation en la matière, et de promouvoir et faciliter l’apprentissage par les pairs entre les États membres et les organisations de parties prenantes concernées, et de contribuer à une approche d’apprentissage à la fois souple et agile. |
| (18) | Aux fins de la présente recommandation, on entend par:
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RECOMMANDE AUX ÉTATS MEMBRES ET À LA COMMISSION EUROPÉENNE:
| 1. | De tenir compte des principes d’internationalisation responsable qui figurent ci-après lorsqu’ils conçoivent et mettent en œuvre des actions visant à renforcer la sécurité de la recherche:
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RECOMMANDE AUX ÉTATS MEMBRES, tout en respectant strictement la subsidiarité, la proportionnalité, l’autonomie institutionnelle et la liberté académique, et compte tenu des spécificités nationales des États membres, de leurs différents points de départ et de leur compétence exclusive en matière de sécurité nationale, sans préjudice de la possibilité pour les États membres d’aller plus loin:
| 2. | De travailler à la définition et à la mise en œuvre d’un ensemble cohérent de mesures stratégiques visant à renforcer la sécurité de la recherche, en s’appuyant au maximum sur les éléments recensés dans la présente partie. |
| 3. | D’entretenir un dialogue avec le secteur de la recherche et de l’innovation afin de définir les responsabilités et les rôles et d’élaborer une approche nationale, si elle n’est pas déjà en place, par exemple au moyen de lignes directrices ou d’une liste des mesures et initiatives à même de renforcer la sécurité de la recherche, avec un processus de mise en œuvre clair, tout en tenant compte des orientations de la Commission et des outils de soutien disponibles. |
| 4. | Le cas échéant, de créer une nouvelle structure ou un nouveau service de soutien ou de renforcer ceux qui existent, afin d’aider les acteurs du secteur de la recherche et de l’innovation à faire face aux risques liés à la coopération internationale dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Une telle structure ou un tel service pourraient, tout en rassemblant l’expertise et les compétences transsectorielles, informer et conseiller les organismes de recherche et de financement de manière à leur permettre de prendre des décisions éclairées sur la base d’une évaluation des opportunités et des risques découlant des activités de coopération internationale envisagées et d’autres services essentiels pour le secteur de la recherche et de l’innovation, tels que des activités de sensibilisation et des cours de formation. |
| 5. | D’enrichir le socle des données validées aux fins de l’élaboration des politiques en matière de sécurité de la recherche, en s’appuyant sur l’analyse du panorama de la menace, y compris du point de vue de la cybersécurité. |
| 6. | De faciliter l’échange d’informations entre les organismes de recherche et les organismes de financement de la recherche d’une part, et les agences de renseignement d’autre part, par exemple en s’appuyant sur des notes d’information classifiées et non classifiées ou en faisant appel à des officiers de liaison spécialisés. |
| 7. | De développer ou renforcer la coopération intersectorielle au sein des pouvoirs publics, notamment en réunissant les responsables des politiques de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, du commerce, des affaires étrangères, du renseignement et de la sécurité. |
| 8. | De récolter des éléments d’appréciation sur la résilience du secteur ainsi que sur l’efficacité et la proportionnalité des politiques applicables en matière de sécurité de la recherche, y compris, en procédant sur une base régulière à des tests de résilience et à des simulations d’incidents, en tenant compte, s’il y a lieu, du soutien de la Commission. |
| 9. | D’accorder une attention particulière à la coopération internationale dans les domaines portant sur des connaissances et des technologies critiques, y compris celles qui sont énumérées dans la recommandation (UE) 2023/2113 de la Commission, et aux résultats de ces évaluations conjointes des risques. |
| 10. | Afin d’assurer le respect des règles applicables de l’Union en matière de contrôle des exportations des biens à double usage et des mesures restrictives adoptées en vertu de l’article 29 du TUE et des articles 207 et 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, de prendre des mesures au niveau national, d’une part en ce qui concerne le transfert immatériel de technologies et, d’autre part dans le but de renforcer la mise en œuvre et l’application des mesures restrictives touchant à la recherche et à l’innovation. |
| 11. | De contribuer de manière proactive à la plateforme à guichet unique de l’Union destinée à la lutte contre l’ingérence étrangère dans la recherche et l’innovation, en partageant les instruments et les ressources déployés grâce à des fonds publics dans le but de faciliter leur pénétration transfrontière et de les mettre en œuvre d’une manière conviviale, accessible et sécurisée. |
| 12. | De dialoguer avec le secteur privé afin d’élaborer des orientations à l’intention des sociétés actives dans la recherche et l’innovation, y compris pour les start-up, les entreprises issues de l’essaimage et les petites et moyennes entreprises à forte intensité de recherche. À cet égard, il convient d’attirer l’attention sur les règles existantes, y compris celles relatives au contrôle des exportations de biens à double usage, sur le filtrage des investissements étrangers ainsi que sur les travaux en cours concernant le suivi des investissements sortants. |
| 13. | D’envisager, le cas échéant et sur la base d’une évaluation des risques, l’application des mesures contenues dans la présente recommandation aux activités de coopération internationale liées à la mobilité des chercheurs. |
Rôle des organismes de financement de la recherche
| 14. | De dialoguer avec les organismes de financement de la recherche pour les encourager à faire en sorte que:
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Soutien aux organismes exerçant des activités de recherche
| 15. | D’encourager et de soutenir les organismes exerçant des activités de recherche aux fins suivantes:
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RECOMMANDE À LA COMMISSION:
| 16. | D’exploiter pleinement la méthode ouverte de coordination, notamment les structures de gouvernance de l’EER, et de soutenir la mise en œuvre de la présente recommandation en sensibilisant, en facilitant et en promouvant l’apprentissage par les pairs, en concourant au renforcement des capacités et en favorisant la cohérence des politiques; d’intégrer également le contenu de la présente recommandation dans les ordres du jour des plateformes et conseils stratégiques concernés. |
| 17. | De mettre en place et de maintenir une plateforme à guichet unique de l’Union destinée à la lutte contre l’ingérence étrangère dans la recherche et l’innovation, visant à consolider l’ensemble des données, outils, rapports et autres ressources pertinents élaborés au niveau de l’Union, aux niveaux national, régional ou organisationnel ou en dehors de l’Union, tout en veillant à ce qu’ils soient présentés d’une manière à la fois conviviale, accessible et sécurisée. |
| 18. | De soutenir la collecte d’éléments probants pour l’élaboration des politiques dans le domaine de la sécurité de la recherche et de réunir les compétences pertinentes des États membres et des parties prenantes, ainsi que d’étudier et d’évaluer les possibilités d’un soutien plus structurel à cet égard, par exemple par l’intermédiaire d’un centre européen d’expertise en matière de sécurité de la recherche, en tenant compte des structures existantes et en établissant un lien avec la plateforme à guichet unique; en outre, des fonctionnalités supplémentaires pour soutenir les États membres et le secteur de la recherche et de l’innovation pourraient être ajoutées en temps utile. |
| 19. | D’améliorer, en coopération avec le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le niveau de sensibilisation à la situation parmi les décideurs politiques, en s’appuyant sur l’évaluation, au niveau structurel, des menaces hybrides qui visent l’écosystème de la recherche et de l’innovation. |
| 20. | D’élaborer une méthodologie de test de la résilience pour les organismes exerçant des activités de recherche qui puisse être utilisée sur une base volontaire par les États membres avec leurs organismes exerçant des activités de recherche. |
| 21. | De poursuivre ses travaux, en cocréation avec les États membres et avec la participation des parties prenantes, sur l’évaluation des risques liés aux technologies critiques, et d’instaurer un dialogue visant à assurer le partage d’informations et la cohérence des approches en matière d’analyse des risques et de garanties en matière de sécurité de la recherche, d’une part dans les programmes de financement nationaux et, d’autre part dans les programmes de financement pertinents de l’Union. |
| 22. | De créer des outils et de constituer des ressources, par pays ou indépendamment, afin d’aider les organismes exerçant des activités de recherche à faire preuve d’une vigilance appropriée à l’égard des partenaires potentiels de pays tiers. |
| 23. | D’organiser, en collaboration avec les organisations de parties prenantes au niveau de l’Union, une manifestation phare bisannuelle sur la sécurité de la recherche visant au partage d’informations et aux échanges axés sur les solutions. |
| 24. | D’élaborer des orientations interprétatives, le cas échéant, sur la formulation des procédures d’analyse des risques et sur l’application de la législation pertinente de l’Union. Cela vaut en particulier pour les règles de contrôle des exportations, notamment le transfert immatériel de technologie, les exigences en matière de visas pour les chercheurs étrangers, ainsi que l’interprétation de certaines exigences en matière de science ouverte et de gestion des actifs intellectuels du point de vue de la sécurité de la recherche. |
| 25. | De dialoguer avec le secteur de la recherche et de l’innovation et avec les États membres afin de déterminer la meilleure manière d’accroître la transparence des sources de financement de la recherche et des affiliations des chercheurs. |
| 26. | De renforcer le dialogue et la coopération avec les partenaires internationaux sur la sécurité de la recherche en procédant à des échanges d’informations et d’expériences, en partageant les meilleures pratiques et en cherchant des moyens d’aligner les mesures de sauvegarde ainsi que de prendre en considération la possibilité de faire en sorte que l’Union s’exprime d’une même voix sur ce sujet dans les enceintes multilatérales. |
Suivi des progrès réalisés
| 27. | La Commission est invitée à suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la présente recommandation de manière transparente et sur la base d’indicateurs clairs, en étroite coopération avec les États membres et après consultation des parties prenantes concernées, en utilisant la plateforme stratégique de l’EER, et à présenter un rapport au Conseil tous les deux ans, dans le cadre du rapport bisannuel sur l’approche mondiale de la recherche et de l’innovation et de son mécanisme d’établissement de rapports existant sur le programme-cadre pour la recherche et l’innovation. |
| 28. | Compte tenu de l’urgence d’une réponse commune, les États membres sont invités à mettre en œuvre la présente recommandation et à partager avec la Commission des informations sur leur approche nationale (visée dans la recommandation 3 aux États membres), afin de contribuer aux activités susmentionnées de suivi et d’établissement de rapports menées par la Commission. |
| 29. | Sur la base d’une évaluation approfondie et selon l’évolution de la situation géopolitique, d’autres démarches et mesures pourront être proposées. |
Fait à Bruxelles, le 23 mai 2024.
Par le Conseil
Le président
J. BROUNS
(1) Réunion extraordinaire du Conseil européen (1er et 2 octobre 2020) — Conclusions, 13/20, paragraphe 3.
(2) Cadre commun en matière de lutte contre les menaces hybrides une réponse de l’Union européenne, JOIN(2016)18.
(3) COM(2020)605.
(4) Règlement (UE) 2021/821 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2021 instituant un régime de l’Union de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts en ce qui concerne les biens à double usage (JO L 206 du 11.6.2021, p. 1).
(5) Recommandation (UE) 2021/1700 de la Commission du 15 septembre 2021 relative aux programmes internes de conformité pour les contrôles de la recherche portant sur les biens à double usage en vertu du règlement (UE) 2021/821 du Parlement européen et du Conseil instituant un régime de l’Union de contrôle des exportations, du courtage, de l’assistance technique, du transit et des transferts en ce qui concerne les biens à double usage (JO L 338 du 23.9.2021, p. 1).
(6) JOIN(2023)20.
(7) Recommandation (UE) 2023/2113 de la Commission du 3 octobre 2023 relative aux domaines technologiques critiques pour la sécurité économique de l’Union en vue d’une évaluation approfondie des risques avec les États membres (JO L, 2023/2113 du 11.10.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2023/2113/oj).
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/3510/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Recommandation (UE) 2003/361
05/12/2024
Recommandation du Conseil du 3 décembre 2024 relative aux environnements sans fumée et sans aérosols remplaçant la recommandation du Conseil 2009/C 296/02
03/12/2024
Recommandation du Conseil du 25 novembre 2024 relative à des carrières attractives et pérennes dans l'enseignement supérieur
25/11/2024
Recommandation du Conseil du 18 novembre 2024 évaluant les progrès réalisés par les États membres participants en vue de remplir les engagements pris dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP)
18/11/2024