| CELEX | 32024H0539 |
| Type | Recommandation |
| Date | mardi 6 février 2024 |
| Journal officiel | FR Séries L |
| 2024/539 | 19.2.2024 |
RECOMMANDATION (UE) 2024/539 DE LA COMMISSION
du 6 février 2024
sur la promotion réglementaire de la connectivité gigabit
[notifiée sous le numéro C(2024) 523]
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 292,
considérant ce qui suit:
| (1) | La disponibilité de la connectivité gigabit est l’une des composantes essentielles de la transition numérique, elle est donc en première ligne de la vision numérique de l’Union à l’horizon 2030, comme énoncé dans la communication sur une boussole numérique (1) et dans la décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil (2). |
| (2) | Outre ses trois autres objectifs généraux consistant à favoriser la concurrence, le marché intérieur et les intérêts des utilisateurs finals, la directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil (3) vise à promouvoir la connectivité et l’accès, pour l’ensemble des particuliers et des entreprises de l’Union, à des réseaux à très haute capacité (4), ainsi que la pénétration de tels réseaux. Ces réseaux à très haute capacité incluent les réseaux fixes, mobiles et sans fil. Les incitations appropriées pour les investissements dans de nouveaux réseaux à très haute capacité qui encouragent la mise au point de services innovants devraient renforcer la compétitivité internationale de l’Union tout en procurant des avantages à ses consommateurs et à ses entreprises. Il est donc essentiel d’encourager un investissement durable dans le développement de réseaux à très haute capacité en prévoyant un cadre réglementaire correctement pensé et suffisamment prévisible. |
| (3) | Ces dernières années, de nombreux marchés des communications électroniques ont été soumis à une forte concurrence. Cela a permis de réduire encore l’étendue de l’intervention ex ante (5), comme indiqué dans la recommandation (UE) 2020/2245 de la Commission (6). La présente recommandation complète d’autres orientations (7) sur la directive (UE) 2018/1972 et vise à promouvoir le marché intérieur des réseaux et services de communications électroniques. Pour ce faire, elle prévoit des approches réglementaires cohérentes qui favorisent l’investissement dans les réseaux à très haute capacité tout en maintenant et en assurant une concurrence effective. La cohérence entre les approches réglementaires adoptées par les autorités de régulation nationales (ARN) des différents États membres revêt une importance fondamentale pour éviter les distorsions sur le marché intérieur et pour assurer la sécurité juridique pour toutes les entreprises, en particulier celles qui investissent dans le déploiement des réseaux. Il convient donc de fournir aux ARN des orientations visant i) à prévenir toute divergence inappropriée dans les approches réglementaires, ii) à encourager une réglementation axée sur les goulets d’étranglement, et iii) à atténuer ou à supprimer complètement les obligations réglementaires lorsque l’évolution du marché le justifie. Ces trois objectifs devraient être atteints tout en permettant aux ARN de tenir dûment compte des circonstances nationales lorsqu’elles élaborent des mesures correctrices appropriées dans les situations où une réglementation est encore nécessaire. |
| (4) | La prévisibilité réglementaire est essentielle pour promouvoir des investissements efficaces et des innovations dans les réseaux à très haute capacité. Il est crucial de suivre une approche réglementaire cohérente et stable dans le temps pour susciter chez les investisseurs la confiance nécessaire à l’élaboration de plans d’entreprise durables. Pour assurer la prévisibilité requise sur une période plus longue, c’est-à-dire au-delà de la durée de validité d’une analyse de marché particulière, les ARN devraient autant que possible préciser, lorsqu’elles imposent des mesures correctrices au titre de la directive (UE) 2018/1972, quelle incidence les modifications prévisibles des conditions du marché pourraient avoir sur les mesures correctrices en question. |
| (5) | La présente recommandation vise, conformément aux objectifs généraux énoncés à l’article 3, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972, à améliorer les conditions réglementaires nécessaires pour:
|
| (6) | Le champ d’application de la présente recommandation devrait couvrir les obligations réglementaires à imposer aux opérateurs désignés comme détenant une puissance significative sur le marché (opérateurs PSM) sur la base d’une procédure d’analyse de marché exécutée en vertu des articles 64 et 67 de la directive (UE) 2018/1972. Compte tenu du développement de la concurrence sur les marchés des communications électroniques, la réglementation ex ante ne devrait, à ce stade, se concentrer que sur les goulets d’étranglement qui persistent en matière de concurrence. Comme indiqué dans la recommandation (UE) 2020/2245, deux marchés sont considérés comme susceptibles d’être soumis à une réglementation ex ante au niveau de l’Union: le marché de la fourniture en gros d’accès local en position déterminée (marché 1) et le marché de la fourniture en gros de capacités dédiées (marché 2). La présente recommandation devrait se concentrer essentiellement sur le marché de la fourniture en gros d’accès local en position déterminée [marché 1 de la recommandation (UE) 2020/2245]. La présente recommandation ne devrait pas, en principe, s’appliquer au marché de la fourniture en gros de capacités dédiées [marché 2 de la recommandation (UE) 2020/2245] compte tenu i) des caractéristiques spécifiques des produits répondant aux attentes des grandes entreprises et/ou des entreprises avancées sur le plan technologique, et ii) de l’hétérogénéité et de la spécificité des produits de détail et de gros, et des processus associés, sur ce marché. Toutefois, les orientations fournies dans la présente recommandation en ce qui concerne l’accès à l’infrastructure de génie civil devraient s’appliquer indépendamment de la question de savoir si cet accès est imposé dans le cadre i) de la réglementation du marché de la fourniture en gros d’accès local en position déterminée (marché 1); ii) de la réglementation de tout autre marché, y compris le marché de la fourniture en gros de capacités dédiées (marché 2); ou iii) de la réglementation d’un marché en amont distinct pour l’accès à l’infrastructure de génie civil lorsqu’un tel marché a été défini et considéré comme susceptible d’être soumis à une réglementation ex ante. En outre, les mesures adoptées par les ARN en ce qui concerne notamment la migration vers les réseaux à très haute capacité et la désactivation des réseaux historiques peuvent avoir une incidence sur le marché 2. Si tel est le cas, cette incidence devrait être dûment prise en considération par les ARN. Enfin, la présente recommandation devrait également s’appliquer à d’autres marchés de la fourniture en gros d’accès en position déterminée qui ne sont pas visés dans la recommandation (UE) 2020/2245, à l’égard desquels l’ARN, pour pouvoir réglementer ex ante, est tenue de prouver que les trois critères énoncés à l’article 67, paragraphe 1, deuxième alinéa, de la directive (UE) 2018/1972 sont remplis. Cela pourrait présenter un intérêt particulier pour les marchés de gros englobant aussi ou limités à l’accès central en position déterminée [marché 3 b) énuméré dans la recommandation 2014/710/UE de la Commission (8)], lorsque ces marchés sont toujours réglementés. |
| (7) | La directive (UE) 2018/1972 fait référence à plusieurs situations dans lesquelles les solutions imposées par le marché, l’autorégulation ou la corégulation ont une incidence sur la nécessité de procéder à l’intervention réglementaire ou sur la définition des obligations réglementaires. Chaque situation prévue par la directive (UE) 2018/1972 est particulière en termes d’objectifs, d’évaluation par les ARN et de résultats éventuels de la régulation. Par exemple, en cas d’engagements de co-investissement dans de nouveaux réseaux à très haute capacité proposés par l’opérateur PSM conformément aux articles 76 et 79 de la directive (UE) 2018/1972 et conformes à ces dispositions, les ARN ne peuvent, en principe, imposer aucune obligation (supplémentaire) à l’égard des nouveaux réseaux à très haute capacité si un co-investisseur potentiel a conclu un accord de co-investissement avec l’opérateur PSM. Pour ce qui est des engagements concernant des accords de coopération proposés par l’opérateur PSM conformément à l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient, en principe, les soumettre à un test de marché, qui peut, au final, amener les ARN à réduire la charge réglementaire pesant sur l’opérateur PSM. |
| (8) | Lorsque les ARN évaluent la dynamique de la concurrence sur un marché de gros donné, elles devraient, le cas échéant, tenir compte des accords commerciaux (notamment les accords sur l’accès de gros, les accords de co-investissement et les accords d’accès réciproque entre opérateurs, y compris ceux auxquels l’opérateur PSM n’est pas partie). Ces accords peuvent amener à conclure qu’une réglementation ex ante ne se justifie plus sur un marché de gros donné si certaines conditions sont remplies. En règle générale, les ARN devraient tenir dûment compte des initiatives de marché telles que les accords commerciaux et des modèles d’activité qui contribuent au déploiement des réseaux à très haute capacité, au-delà de ce qui se passerait en leur absence, tout en permettant une concurrence durable sur les marchés en aval. |
| (9) | Plus le déploiement d’autres réseaux progressera, en particulier au niveau local ou régional, plus les conditions de concurrence varieront entre différentes zones d’un même État membre (par exemple, entre les zones urbaines et les zones rurales). Les ARN devraient tenir compte des variations géographiques des conditions de concurrence, même au niveau de la définition des marchés. |
| (10) | Lorsque des marchés géographiques distincts ont été définis, les ARN devraient veiller à ce que la réglementation soit retirée sur les marchés géographiques dont il est constaté qu’ils sont effectivement concurrentiels en l’absence de réglementation. Toutefois, si ces variations ne sont pas suffisamment stables ou sont insuffisantes pour établir l’existence de marchés géographiques distincts, les ARN devraient appliquer des mesures correctrices géographiquement segmentées si nécessaire pour résoudre, de manière proportionnée, les problèmes de concurrence recensés dans les différentes zones définies. La segmentation devrait être fondée sur des critères objectifs, de nature similaire à ceux utilisés pour la segmentation géographique du marché. Parmi ces critères devraient figurer: i) le nombre et les caractéristiques des réseaux concurrents, ii) la répartition et l’évolution des parts de marché, iii) les tarifs, et iv) les profils comportementaux. Les relevés géographiques réalisés en vertu de l’article 22 de la directive (UE) 2018/1972 sont susceptibles d’aider les ARN à s’acquitter de cette tâche. |
| (11) | Les ARN devraient mettre à jour la liste des zones soumises à des mesures correctrices géographiquement segmentées sur la base des critères énoncés en détail dans l’analyse de marché. Les paramètres de ces mises à jour (leur périodicité, la nature des différentes mesures correctrices appliquées dans les différentes zones et, le cas échéant, une période de préavis) devraient être établis dès le départ. Cela contribuera à préserver l’équilibre entre, d’une part, l’adaptation des mesures correctrices à des conditions de concurrence spécifiques et, d’autre part, la prévisibilité et la transparence dont toutes les parties prenantes ont besoin. |
APPLICATION D’UNE OBLIGATION DE NON-DISCRIMINATION
| (12) | L’obligation de non-discrimination, énoncée à l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972, est l’une des principales mesures correctrices qui peuvent être imposées aux opérateurs PSM pour promouvoir une concurrence effective sur un marché pertinent. Cette obligation fait également office de mécanisme de sauvegarde dans les cas où il existe encore un opérateur PSM, mais où la concurrence se développe à un point tel que l’ARN applique une souplesse tarifaire. |
| (13) | L’expérience des ARN en matière d’imposition d’obligations de non-discrimination au titre de l’article 10 de la directive 2002/19/CE du Parlement européen et du Conseil (9) et, actuellement, de l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972 montre que les approches réglementaires varient encore d’un État membre de l’Union à l’autre. Il existe toutefois un large consensus sur le fait que l’obligation de non-discrimination constitue un outil essentiel de la réglementation ex ante pour favoriser la concurrence en présence d’un opérateur PSM verticalement intégré. En revanche, lorsque l’opérateur PSM est un opérateur uniquement de gros remplissant les conditions énoncées à l’article 80, paragraphe 1, de la directive (UE) 2018/1972, il n’aurait en principe aucune incitation à opérer une discrimination entre les fournisseurs en aval. Les ARN devraient dès lors, en principe, s’abstenir d’imposer des obligations de non-discrimination aux opérateurs uniquement de gros, à moins qu’elles ne puissent établir qu’il existe des circonstances particulières justifiant l’imposition de telles obligations. |
| (14) | Les avantages de l’équivalence des intrants (EoI) par rapport à l’équivalence des extrants (EoO) peuvent varier considérablement d’un produit d’accès de gros à l’autre. Lorsque l’ARN estime que l’EoI ne serait pas proportionnée pour un produit ou un processus donné, un régime d’EoO bien conçu, assorti d’un contrôle approprié et d’indicateurs de performance clés (IPC)/de contrats de niveau de service (SLA)/de garanties de niveau de service (SLG) appropriés, peut, dans de nombreux cas, être suffisant et contribuer au développement accru de la concurrence. Tant pour l’EoO que pour l’EoI, l’efficacité de l’obligation de non-discrimination dépend fortement de la qualité de l’offre de référence; de la mesure dans laquelle les IPC, les SLA et les SLG sont complets, efficaces et reflètent les besoins réels des autres opérateurs; et de l’efficacité du contrôle et de l’application des obligations de non-discrimination par l’ARN. |
| (15) | Les ARN devraient tenir dûment compte des engagements proposés par le ou les opérateurs PSM au titre de l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972 en vue de garantir l’application efficace et efficiente de l’obligation de non-discrimination. Les ARN devraient évaluer les coûts et les avantages que présente l’imposition de la fourniture d’intrants de gros réglementés sur la base de l’EoI, par rapport à d’autres formes d’obligations de non-discrimination, en particulier l’EoO. Bien que la fourniture d’intrants de gros réglementés sur la base de l’EoI soit susceptible d’entraîner des coûts de mise en conformité plus élevés que d’autres formes d’obligations de non-discrimination, l’analyse coûts-avantages devrait également tenir compte des coûts de contrôle à long terme des ARN. Ces coûts de contrôle à long terme pourraient être plus élevés pour l’EoO et, dans certains cas, être supérieurs aux coûts de mise en œuvre à long terme. Il convient donc de procéder à une évaluation au cas par cas de la proportionnalité entre l’EoI et l’EoO. Dans la pratique, les ARN doivent tenir compte d’un certain nombre de facteurs lorsqu’elles déterminent si l’obligation d’EoI est susceptible d’être effectivement mise en œuvre, car elle dépend des produits de gros en question. Il s’agit notamment des facteurs suivants: i) une analyse quantitative des coûts-avantages, y compris les coûts de mise en œuvre tant pour l’opérateur PSM que pour le demandeur d’accès; et ii) une estimation qualitative de la nécessité de garantir des règles de non-discrimination «plus strictes» pour les produits d’accès de gros concernés. Ainsi, les ARN pourraient considérer que la fourniture d’intrants de gros par l’intermédiaire de nouveaux systèmes sur la base de l’EoI est davantage susceptible de créer des avantages nets suffisants et, partant, d’être proportionnée, étant donné que les coûts différentiels de mise en conformité avec l’EoI sont comparativement moindres dans le cas de systèmes nouvellement mis en place. Par ailleurs, les ARN devraient également se demander si les obligations sont proportionnées pour les entreprises concernées, par exemple, en tenant compte des coûts liés à la mise en œuvre et en pesant le risque de décourager le déploiement de nouveaux systèmes, par opposition à des mises à niveau plus progressives, dans l’hypothèse où le déploiement de nouveaux systèmes ferait l’objet d’obligations de réglementation plus restrictives. Dans les États membres comptant de nombreuses entreprises de petite taille désignées comme détenant une PSM, il peut s’avérer disproportionné d’imposer l’EoI à chacune d’elles. Il est en général supposé qu’un produit de gros est constitué à partir de divers intrants (tels que des actifs, des processus informatiques, etc.). Dans la pratique, la frontière entre l’EoI et l’EoO au niveau des produits sera floue et il est peu probable que l’EoI soit appliquée à tous les intrants des produits de gros. |
| (16) | Lorsqu’elles imposent une obligation de non-discrimination en vertu de l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972 et afin de garantir son application effective, les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il mette en œuvre: i) les IPC; ii) les SLA correspondants, en sus des IPC; et iii) les SLG correspondantes en cas de manquement aux SLA. Un mécanisme devrait être mis en place pour mettre à jour les IPC, les SLA et les SLG lorsque cela était nécessaire. Si nécessaire, les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il fasse figurer les ICP, les SLA et les SLG dans l’offre de référence. |
| (17) | Les IPC jouent un rôle essentiel dans le suivi efficace de la non-discrimination. Le processus de suivi des IPC devrait être totalement transparent. Les ARN devraient publier tout rapport ou toute décision de remédier au non-respect de la conformité. En effet, presque toutes les ARN exigent que les IPC soient mis à la disposition de tous les opérateurs autorisés (systématiquement ou sur demande). Des valeurs agrégées peuvent également être mises à disposition et les opérateurs peuvent comparer les IPC à la moyenne du secteur (10). Par ailleurs, les sanctions relatives aux IPC devraient être proportionnées, mais elles devraient être suffisamment sévères pour être dissuasives. Lorsqu’elle évalue si le niveau des sanctions de gros est suffisamment dissuasif, l’ARN devrait garder à l’esprit qu’un manquement aux obligations de gros de l’opérateur PSM peut avoir comme effet secondaire d’entraîner un dédommagement de l’autre opérateur utilisant le produit d’accès de gros, imposé par la même ARN pour compenser des problèmes au niveau du détail. La sanction de gros devrait donc être suffisamment sévère pour couvrir l’indemnité au niveau du détail. |
ACCÈS À L’INFRASTRUCTURE DE GÉNIE CIVIL
| (18) | L’accès effectif à l’infrastructure de génie civil est de la plus haute importance pour le déploiement des réseaux à très haute capacité. Outre des mesures réglementaires symétriques ou asymétriques imposées en vertu de la directive (UE) 2018/1972, les fournisseurs de réseaux de communications électroniques peuvent exiger l’accès, à des conditions équitables et raisonnables, aux infrastructures physiques existantes des opérateurs de réseau, y compris ceux qui exercent leurs activités dans des secteurs autres que le secteur des communications électroniques, conformément aux dispositions de la directive 2014/61/UE du Parlement européen et du Conseil (11). En vertu de l’article 67, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972, lorsqu’elles procèdent à des analyses de marché, les ARN doivent tenir compte de l’incidence d’autres types pertinents de régulation ou de mesures imposées, ainsi que d’autres obligations découlant, par exemple, de la directive 2014/61/UE, et les ARN doivent évaluer les résultats de ces mesures sur les marchés pertinents. Toutefois, lorsque l’opérateur PSM contrôle une infrastructure de génie civil bien développée qui peut être réutilisée pour le déploiement de réseaux à très haute capacité et pour laquelle il n’existe pas d’autre solution équivalente, les obligations découlant de la directive 2014/61/UE ne seraient généralement pas suffisantes pour résoudre de manière appropriée les problèmes de concurrence recensés dans l’analyse de marché. |
| (19) | Lorsqu’un actif est soumis à une obligation d’accès en raison d’une réglementation sur la PSM en vertu de la directive (UE) 2018/1972, celle-ci devrait prévaloir sur toute obligation d’accès découlant de la directive 2014/61/UE. La directive (UE) 2018/1972 permet une réglementation de l’accès plus stricte et plus détaillée, qui se substitue aux obligations en matière d’accès fondées sur d’autres actes législatifs plus généraux. Cela signifie que l’obligation réglementaire d’accès concernant l’infrastructure de génie civil d’un opérateur PSM l’emporte sur les exigences en matière d’accès découlant de la directive 2014/61/UE. |
| (20) | Conformément à l’article 73, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972, avant d’imposer une quelconque obligation d’accès aux réseaux, les ARN doivent évaluer la question de savoir si l’imposition de l’accès à la seule infrastructure de génie civil est proportionnée pour promouvoir la concurrence et les intérêts des utilisateurs finals. Il est probable que ce soit le cas lorsque l’accès à l’infrastructure de génie civil contrôlé par l’opérateur PSM permet le développement d’une concurrence fondée sur l’infrastructure de bout en bout. En outre, dans certaines situations de marché (12), les ARN peuvent décider d’un marché distinct pour l’infrastructure de génie civil. |
| (21) | Dans certains États membres, l’accès réglementé aux fourreaux a joué un rôle clé dans le déploiement des réseaux à très haute capacité. Étant donné que le déploiement des réseaux à très haute capacité intervient d’abord dans les zones urbaines puis progressivement dans des zones plus rurales, l’accès réglementé aux poteaux rend plus nécessaire que jamais le déploiement de ces réseaux à très haute capacité, en particulier en dehors des zones urbaines. En outre, l’article 72 de la directive (UE) 2018/1972 autorise un accès étendu à l’infrastructure de génie civil, allant au-delà des actifs correspondant strictement au marché des produits en aval. |
| (22) | Afin de créer des conditions équitables entre les autres acteurs du marché et l’opérateur PSM, il importe que l’accès à l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM soit fourni sur la base d’une stricte équivalence. Les offres de référence, les IPC, les SLA et les SLG sont déterminants pour assurer une application correcte du principe d’équivalence. À l’inverse, il est important que l’opérateur PSM, s’il a une connaissance asymétrique des plans de déploiement de demandeurs d’accès tiers, n’utilise pas lui-même cette information pour s’assurer un quelconque avantage commercial. |
| (23) | Afin de contribuer à la réalisation des cibles en matière de connectivité fixées par la décision (UE) 2022/2481, les conditions d’accès à l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM devraient permettre à tous les demandeurs d’accès qui déploient des réseaux à très haute capacité de déployer ces réseaux à grande échelle sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi les ARN devraient veiller à ce que l’opérateur PSM fournisse des formulaires de demande préétablis pour l’accès à son infrastructure de génie civil. L’opérateur PSM devrait également fournir des documents et des informations dans un format standard et utiliser des outils automatisés pour traiter les demandes d’accès. De même, les ARN devraient veiller à ce que l’opérateur PSM: i) approuve les demandes d’accès pour plusieurs lieux simultanément; ii) réponde promptement à ces demandes; et iii) permette l’échange complet des données nécessaires avec les demandeurs d’accès par voie électronique. |
| (24) | L’efficacité de l’accès réglementé à l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM dépend fortement de la mise à disposition aux demandeurs d’accès d’informations sur le lieu, les capacités inutilisées et la disponibilité de cette infrastructure. Lorsque les informations pertinentes figurent dans une base de données interne de l’opérateur PSM, tous les demandeurs d’accès, y compris la branche de détail de l’opérateur PSM, devraient bénéficier d’une égalité d’accès à cette base de données. L’accès des autres opérateurs à la base de données de l’opérateur PSM ne devrait pas être refusé pour des motifs de confidentialité des informations. En fonction de la situation nationale, l’opérateur PSM pourrait être tenu de s’acquitter de son obligation réglementaire de mettre à disposition des informations sur son infrastructure de génie civil par l’intermédiaire d’un point d’information unique comme le prévoit la directive 2014/61/UE. L’opérateur PSM pourrait ainsi réduire ses coûts de mise en conformité, car il pourrait ne pas avoir besoin de tenir à jour une base de données ou un portail web distincts à des fins réglementaires. Les demandeurs d’accès qui paient pour accéder à la base de données ou au portail web de l’opérateur PSM pourraient également réduire leurs coûts, étant donné que l’accès au point d’information unique est généralement gratuit. Les demandeurs d’accès pourraient également obtenir des gains d’efficacité, étant donné que le point d’information unique contiendrait des informations non seulement sur l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM, mais aussi sur l’infrastructure physique existante d’autres opérateurs de réseau et organismes du secteur public. |
NON-IMPOSITION DE TARIFS D’ACCÈS DE GROS RÉGLEMENTÉS AUX RÉSEAUX À TRÈS HAUTE CAPACITÉ
| (25) | Les ARN qui envisagent d’imposer des obligations de contrôle tarifaire en ce qui concerne les réseaux à très haute capacité devraient évaluer soigneusement le caractère approprié et proportionné de ces obligations, en tenant compte en particulier de leur incidence éventuelle sur les incitations à investir dans ces réseaux à très haute capacité et de la nécessité de protéger la concurrence. Lorsqu’elles procèdent à cette évaluation, les ARN devraient tenir compte des initiatives de marché, en particulier des engagements contraignants proposés par les opérateurs PSM au titre de l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972, qui permettent aux parties de diversifier le risque d’investissement tout en permettant une concurrence durable sur les marchés en aval. La mise en œuvre des obligations de séparation fonctionnelle et de séparation sur une base volontaire, conformément à l’article 78 de la directive (UE) 2018/1972, devrait être dûment prise en considération dans l’évaluation du caractère approprié de la non-imposition d’une réglementation tarifaire aux intrants d’accès de gros aux réseaux à très haute capacité. |
| (26) | En cas d’incertitudes quant à la vitesse de matérialisation de la demande pour la fourniture de services à très haute capacité, il est important, pour promouvoir la connectivité et l’accès aux réseaux à très haute capacité ainsi que leur pénétration, de permettre aux opérateurs qui investissent dans des réseaux à très haute capacité d’exercer une certaine souplesse tarifaire lorsqu’il existe des mesures suffisantes de sauvegarde de la concurrence, comme indiqué au considérant 193 de la directive (UE) 2018/1972. Une telle souplesse tarifaire est nécessaire pour permettre aux opérateurs PSM de tester des niveaux de prix et de mener une politique tarifaire de pénétration appropriée. Elle permet également de faire partager certains risques d’investissement aux opérateurs PSM et aux demandeurs d’accès en modulant les tarifs d’accès de gros selon le degré d’engagement choisi par les demandeurs d’accès. Il pourrait en résulter des prix inférieurs pour les accords à long terme avec garanties de volume, qui pourraient refléter le fait que les demandeurs d’accès assument une part des risques liés à l’incertitude de la demande. En outre, la souplesse tarifaire au niveau de gros peut constituer un moyen approprié de permettre au demandeur d’accès comme à la branche de détail de l’opérateur PSM d’introduire une différence de prix sur le marché de détail du haut débit pour mieux correspondre aux préférences du consommateur et renforcer la pénétration des services à haut débit très rapide. Étant donné que la concurrence, et en particulier la concurrence sur les infrastructures, s’est considérablement renforcée sur de nombreux marchés et dans de nombreuses régions de l’Union depuis l’adoption de la recommandation 2013/466/UE de la Commission (13), il serait possible, selon les circonstances, d’appliquer une souplesse tarifaire à une échelle nettement plus importante que par le passé. |
| (27) | En ce qui concerne les réseaux à très haute capacité, les ARN devraient envisager de ne pas imposer ou lever des obligations de contrôle tarifaire en vertu de l’article 74 de la directive (UE) 2018/1972, pour autant que des conditions spécifiques soient remplies, et notamment qu’il existe des mesures suffisantes de sauvegarde de la concurrence. Celles-ci sont nécessaires pour éviter qu’une telle souplesse tarifaire ne conduise à des tarifs excessifs sur les marchés où une PSM a été constatée, ou à des pratiques compromettant la concurrence, ou aux deux. |
| (28) | En particulier, il devrait exister une pression démontrable sur les prix de détail en raison de la concurrence entre les infrastructures ou en raison de l’existence d’un prix de référence découlant d’autres produits d’accès réglementés, ou des deux. Si un opérateur détenait encore une PSM, une telle pression démontrable sur les prix de détail ne serait pas suffisamment forte pour justifier la conclusion selon laquelle le marché de gros pertinent est effectivement concurrentiel. Toutefois, cette pression sur les prix de détail devrait empêcher l’opérateur détenant une PSM au niveau de gros de fixer des prix de détail excessifs. En outre, la souplesse tarifaire devrait être assortie de mesures supplémentaires de sauvegarde de la concurrence. À cette fin, des obligations efficaces de non-discrimination devraient être complétées par la reproductibilité économique garantie des produits en aval. |
| (29) | En outre, une pression démontrable sur les prix de détail peut également résulter d’un prix de référence qui découle d’autres produits d’accès réglementés dont la tarification est orientée vers les coûts. Lorsque des produits fondés sur le cuivre (notamment les produits d’accès local virtuel dégroupé fournis sur un réseau en cuivre modernisé) restent en mesure d’exercer, sur une base prospective, une pression démontrable sur les prix de détail par rapport aux réseaux à très haute capacité, ces produits devraient être définis comme étant le produit de référence réglementé. Lorsque le produit proposé par l’opérateur PSM sur le réseau d’accès historique n’est plus en mesure d’exercer une pression démontrable sur le produit de gros fourni sur les réseaux à très haute capacité (par exemple en cas de désactivation du réseau en cuivre, ou lorsque l’ARN constate que les produits de détail fournis sur un réseau en cuivre ne sont pas substituables avec ceux fournis sur les réseaux à très haute capacité), il pourrait en principe être remplacé par un produit fondé sur les réseaux à très haute capacité, tel qu’un produit d’entrée de gamme fourni sur un réseau de fibre optique. Lorsque l’ARN conclut que la définition d’un produit fondé sur le cuivre ou d’un produit d’entrée de gamme fourni sur un réseau de fibre optique pourrait être insuffisante pour exercer, sur la PSM, une pression effective sur les prix, l’ARN devrait avoir la possibilité de définir un produit de référence effectif. Il pourrait s’agir d’une combinaison de produits de référence (réseau en cuivre et réseaux à très haute capacité) ou d’un portefeuille de produits réglementés suffisamment représentatif de la demande des consommateurs et de l’architecture du réseau. Les performances techniques de ce produit réglementé devraient se limiter à ce qui est nécessaire pour exercer une pression démontrable sur les prix de détail. L’ARN devrait donc déterminer les caractéristiques techniques du ou des produits de référence virtuels ou actifs afin de garantir la préservation de la souplesse tarifaire pour d’autres produits basés sur des réseaux à très haute capacité qui offrent des niveaux de performance plus élevés. |
| (30) | Pour déterminer si des demandeurs d’accès peuvent, du point de vue économique, reproduire une offre en aval fournie par l’opérateur PSM en utilisant l’intrant de gros réglementé disponible, dans les cas où la réglementation des tarifs de gros n’est pas imposée, l’ARN devrait effectuer un essai de reproductibilité économique. Un tel essai est sans incidence sur les tests de compression de marge ex post effectués, en vertu des règles de concurrence, par la Commission ou les autorités nationales compétentes, ou les deux. |
| (31) | En outre, les ARN peuvent également effectuer un test de compression de marge ex ante pour les intrants de gros réglementés si nécessaire, en particulier: i) dans le cadre d’une tarification à long terme et de remises sur quantité; ou ii) pour ménager un espace économique adéquat entre les différents intrants de gros réglementés. Les ARN devraient préciser au préalable la méthodologie qu’elles suivront pour effectuer ces tests. Les orientations fournies dans la présente recommandation sur l’essai de reproductibilité économique ne devraient pas s’appliquer à de tels cas. |
| (32) | L’objet de l’essai de reproductibilité économique est de faire en sorte que, en association avec d’autres mesures de sauvegarde de la concurrence, les opérateurs PSM n’abusent pas de la souplesse tarifaire pour exclure des concurrents existants ou potentiels du marché. |
| (33) | Les ARN devraient faire en sorte que la marge entre le prix de détail proposé par l’opérateur PSM et le prix de l’intrant de gros des réseaux à très haute capacité couvre les coûts différentiels en aval et une proportion raisonnable des coûts communs. Lorsque la réglementation des tarifs des intrants de gros des réseaux à très haute capacité n’est pas imposée à l’opérateur PSM et que des mesures supplémentaires de sauvegarde sont appliquées conformément à la présente recommandation, il est possible d’établir un manque de reproductibilité économique en démontrant que la branche de détail en aval de l’opérateur PSM ne pourrait exercer rentablement son activité en se fondant sur le prix que la branche en amont applique à ses concurrents [critère de l’«opérateur aussi efficace» (EEO)]. Le recours au critère EEO permet aux ARN de soutenir les investissements de l’opérateur PSM dans les réseaux à très haute capacité et incite à innover dans des services basés sur les réseaux à très haute capacité. |
| (34) | La possibilité d’apporter des adaptations en termes d’échelle à l’essai de reproductibilité économique devrait être utilisée lorsque des circonstances particulières du marché le justifient. Cela pourrait notamment être le cas lorsque l’entrée sur le marché ou le développement du marché ont été entravés dans le passé ou lorsqu’il existe des déséquilibres très importants en termes d’économies d’échelle et de gamme entre l’opérateur PSM et ses concurrents. Dans de tels cas, les ARN devraient soigneusement déterminer le facteur d’échelle afin de faire en sorte que l’entrée concurrentielle efficace et la reproductibilité économique soient une perspective réaliste. |
| (35) | À la suite d’une analyse de marché, l’ARN devrait établir et rendre publics à l’avance, dans sa décision établissant des mesures correctrices, la procédure et les paramètres qu’elle appliquera lorsqu’elle effectuera l’essai de reproductibilité économique ex ante. L’ARN peut effectuer cet essai avant le lancement d’une nouvelle offre de détail par l’opérateur PSM, par exemple si l’ARN juge nécessaire d’aligner le calendrier de l’essai de reproductibilité économique sur celui de l’essai de reproductibilité technique au cas où ce dernier serait également effectué avant le lancement. L’ARN n’a pas besoin d’effectuer l’essai pour chaque nouvelle offre de détail, mais uniquement pour les produits phares qu’elle recense. Une ARN peut effectuer l’essai: i) de sa propre initiative, par exemple lors de la phase initiale de mise en œuvre d’une mesure autorisant une souplesse tarifaire sur les réseaux à très haute capacité (en particulier quand des tarifs d’accès de gros réglementés ont été imposés dans le passé); ou ii) pour réagir aux modifications intervenues dans la structure du marché, par exemple du fait de l’évolution technologique. |
| (36) | L’essai de reproductibilité économique peut être appliqué: i) à des produits individuels, qui peuvent être soit des offres groupées (qui peuvent également comprendre des produits non réglementés), soit des produits autonomes, par exemple une offre portant uniquement sur l’internet; ou ii) à un portefeuille de produits, qui est une série de produits autonomes. Une approche par portefeuille offre à l’opérateur PSM une plus grande souplesse dans la tarification des produits autonomes et peut mieux refléter les réalités du marché, par exemple dans les États membres où les marchés des réseaux à très haute capacité sont contestables et où la concurrence sur les segments concernés du marché de produits concerne principalement une série spécifique de produits de détail dans chaque segment. Toutefois, dans les États membres où les marchés des réseaux à très haute capacité sont moins contestables et se caractérisent par un degré élevé de concentration ou un pouvoir de marché très élevé de l’opérateur PSM, ou les deux, l’approche par portefeuille peut ne pas être appropriée. En tout état de cause, les ARN devraient discuter avec les opérateurs concernés de l’étendue et de la nature d’un essai de reproductibilité économique ex ante et, en fonction des circonstances nationales, de la question de savoir si les opérateurs devraient envisager de réaliser l’essai avant le lancement effectif du ou des produits de détail. |
| (37) | L’essai de reproductibilité économique préalablement défini par l’ARN devrait être suffisamment détaillé et comprendre au moins un ensemble de paramètres pertinents pour garantir la prévisibilité et la transparence nécessaire aux opérateurs. Les ARN devraient appliquer un modèle de coûts différentiels à long terme plus (LRIC+) tout en tenant compte des coûts en aval audités de l’opérateur PSM. Les ARN devraient également évaluer la marge sur les produits de détail comprenant des services à haut débit (produits phare) les plus pertinents par rapport aux intrants d’accès aux réseaux à très haute capacité réglementés les plus utilisés ou définis. Ils devraient le faire selon une approche prospective, en tant qu’approche la plus apte à fournir les produits de détail pour la période d’analyse de marché en question. La conception de l’essai, qui s’applique aux coûts en aval audités de l’opérateur PSM et pour les seuls produits phares, devrait viser à garantir que cette mesure de sauvegarde n’entrave pas les investissements dans les réseaux à très haute capacité ni n’annule les effets de la souplesse tarifaire recommandée. Afin d’empêcher les subventions croisées entre différents produits d’une offre groupée ou d’un portefeuille, les ARN peuvent non seulement effectuer un essai à un seul niveau, c’est-à-dire entre les services de détail et l’intrant d’accès à très haute capacité le plus pertinent pour les demandeurs d’accès (par exemple, accès par fibre au niveau du sous-répartiteur ou dégroupage virtuel), mais elles devraient également avoir la possibilité de réaliser un essai de reproductibilité économique pour chaque intrant de gros pertinent; il pourrait y avoir plusieurs essais à un seul niveau entre un produit de détail et différents intrants de gros pertinents. Toutefois, un nouvel intrant d’accès à un réseau à très haute capacité peut, sur la durée, devenir plus pertinent (par exemple, le dégroupage de la fibre au niveau du répartiteur optique). Dans ce cas, l’essai de reproductibilité économique devrait être effectué par rapport au nouvel intrant au lieu de l’intrant le plus utilisé initialement. Si la situation concurrentielle nationale faisait apparaître des différences entre zones géographiques en termes d’intrant d’accès à un réseau à très haute capacité utilisé (par exemple entre zones rurales et densément peuplées), l’ARN devrait moduler l’essai en fonction des intrants spécifiquement définis comme les plus pertinents. Dans ce cas, l’essai de reproductibilité économique devrait viser à garantir que les prix des services de détail phares laissent aux concurrents une marge de manœuvre économique suffisante par rapport au ou aux prix des principaux produits d’accès de gros de l’opérateur PSM qui pourraient être utilisés pour les produire dans chaque zone géographiquement différenciée. |
| (38) | Peut-être les ARN ne pourront-elles pas constater l’existence des mesures suffisantes de sauvegarde de la concurrence mentionnées au considérant 27 sur l’ensemble du marché défini. Lorsque l’ARN ne peut pas conclure que les différentes conditions concurrentielles sont stables sur la durée et qu’elle ne peut pas non plus conclure que les différentes conditions concurrentielles sont de nature à justifier la définition de sous-marchés nationaux, elle devrait toutefois envisager de prendre en compte ces divergences en appliquant des mesures correctrices différenciées. Il pourrait notamment s’agir de supprimer la réglementation des tarifs de gros uniquement dans les zones où les mesures nécessaires de sauvegarde de la concurrence sont appliquées. Lorsqu’une ARN estime que les conditions de concurrence et réglementaires sont telles que l’opérateur PSM est suffisamment encadré en matière de fixation des prix, l’ARN peut s’abstenir d’imposer une réglementation tarifaire en ce qui concerne les produits de gros basés sur des réseaux à très haute capacité. |
APPROCHES COHÉRENTES EN MATIÈRE D’OBLIGATIONS DE CONTRÔLE DES PRIX
| (39) | Lorsque les conditions de flexibilité tarifaire ne sont pas remplies et que l’imposition de tarifs d’accès de gros réglementés est justifiée, les ARN devraient veiller à ce que la méthode de calcul des coûts incite clairement à investir grâce à des tarifs réglementés prévisibles et stables. |
| (40) | La récupération des coûts est un principe essentiel, qui permet aux opérateurs de couvrir efficacement les coûts encourus et d’obtenir un rendement approprié sur le capital investi. |
| (41) | Une méthode de calcul des coûts donnant le signal «construire ou acheter» opportun établit un juste équilibre entre l’efficacité statique et l’efficacité dynamique. L’efficacité statique consiste à assurer une entrée sur le marché efficace. L’efficacité dynamique consiste à faire en sorte qu’il existe des incitations suffisantes à l’investissement et, en particulier, au déploiement de réseaux à très haute capacité et, partant, à la fourniture de nouveaux services à haut débit plus rapides et de meilleure qualité. |
| (42) | La méthode de calcul des coûts recommandée devrait garantir la transparence et la cohérence dans l’ensemble de l’Union tout en tenant compte des particularités nationales. À cet égard, les orientations sur les méthodes de calcul des coûts fournies dans la recommandation 2013/466/UE ont été largement suivies par les ARN, et les grands principes de ces méthodes restent pertinents, notamment en ce qui concerne la possibilité de tenir dûment compte de certaines conditions économiques existantes et prévisibles. Les orientations devraient donc être adaptées, en particulier pour tenir compte de la transition progressive vers les réseaux à très haute capacité. |
| (43) | Le modèle ascendant des coûts différentiels à long terme plus (BU LRIC+) est la méthode la plus adaptée à cet objectif pour ce qui est de fixer les tarifs de gros des services d’accès sur les marchés en question. Cette méthode vise à modéliser le capital (y compris les coûts non récupérables) et les coûts d’exploitation supplémentaires supportés par un opérateur efficace hypothétique qui fournit tous les services d’accès, en les majorant pour une stricte récupération des coûts communs. Par conséquent, la méthode BU LRIC+ permet de récupérer tous les coûts efficacement encourus. |
| (44) | La méthode BU LRIC+ consiste à calculer, de façon prospective (c’est-à-dire sur la base des technologies les plus récentes, de la demande escomptée, etc.), les coûts courants qu’un opérateur de réseau efficace supporterait aujourd’hui pour construire un réseau à très haute capacité permettant de fournir tous ces services. Par conséquent, la méthode BU LRIC+ fournit des signaux d’entrée efficaces et fiables. |
| (45) | Lorsque le câble, la fibre [fibre jusqu’à l’abonné («FTTH») ou fibre jusqu’à l’immeuble («FTTB»)] et, dans une moindre mesure, les réseaux sans fil sont en concurrence avec les réseaux en cuivre, les opérateurs PSM réagissent généralement en remplaçant progressivement leur réseau en cuivre par des réseaux à très haute capacité. Par conséquent, comme aucun opérateur ne construirait aujourd’hui de réseau en cuivre, la méthode BU LRIC+ calcule les coûts courants du déploiement d’un réseau à très haute capacité moderne et efficace. |
| (46) | Ce réseau à très haute capacité efficace permettrait d’atteindre les objectifs fixés dans la décision (UE) 2022/2481. Dans la pratique, ce type de réseau serait généralement un réseau FTTH. |
| (47) | C’est l’estimation à coûts courants des actifs d’un tel réseau à très haute capacité qui reflète le mieux le processus concurrentiel sous-jacent et, en particulier, la reproductibilité de ces actifs. |
| (48) | À la différence des actifs comme l’équipement technique et le moyen de transmission (par exemple la fibre optique), les actifs de génie civil (c’est-à-dire les fourreaux, tranchées, poteaux) sont des actifs peu susceptibles d’être reproduits. On ne s’attend pas à ce que l’évolution technologique et le niveau de la concurrence et de la demande de détail soient tels qu’ils permettent à d’autres opérateurs de déployer une infrastructure de génie civil parallèle, du moins lorsqu’il est possible de réutiliser les actifs de l’infrastructure de génie civil historique pour déployer un réseau à très haute capacité. |
| (49) | La base d’actifs réglementés («BAR») correspondant aux actifs de génie civil ne devrait pas être évaluée au coût de remplacement, mais au coût enregistré dans la comptabilité établie conformément aux dispositions réglementaires et soumise à un audit, net d’amortissement. Les coûts considérés devraient être justifiés et avoir manifestement trait aux dépenses relatives aux actifs de génie civil. Cela tiendrait compte de la durée de vie utile écoulée des actifs et, partant, des coûts déjà récupérés par l’opérateur PSM soumis à la réglementation. Adopter cette approche permet de donner des signaux d’entrée sur le marché efficaces pour ce qui est de prendre des décisions «construire ou acheter» tout en évitant le risque de récupération excessive, en particulier pour l’infrastructure de génie civil historique réutilisable. La récupération excessive des coûts ne se justifierait pas pour assurer une entrée efficace sur le marché et ménager les incitations à investir car l’option «construire» ne serait pas économiquement envisageable dans cette catégorie d’actifs. |
| (50) | La méthode d’indexation devrait être appliquée pour calculer ce coût net d’amortissement. La faisabilité, la solidité et la transparence de cette méthode expliquent la préférence qui lui est accordée. Elle reposerait sur: i) les données historiques relatives aux dépenses, aux amortissements cumulés et à la cession d’actifs, qui sont toutes disponibles dans les comptes légaux et réglementaires et les rapports financiers de l’opérateur PSM réglementé; et ii) un indice des prix, tel que l’indice des prix de détail, qui est accessible au public. |
| (51) | Par conséquent, la BAR correspondant aux actifs de génie civil devrait être fixée à la valeur comptable réglementaire, nette de l’amortissement cumulé au moment du calcul, et indexée à l’aide d’un indice des prix approprié comme celui des prix de détail. Pour les nouveaux actifs de génie civil, tant l’amortissement net que l’indice des prix de détail seront nuls ou proches de zéro étant donné que le laps de temps écoulé depuis leur déploiement sera court ou inexistant. |
| (52) | La BAR initiale devrait être davantage verrouillée et reportée d’une période réglementaire à la suivante afin de faire en sorte que, une fois qu’un actif de génie civil est entièrement amorti, il ne fasse plus partie de la BAR initiale et ne représente donc plus un coût pour le demandeur d’accès, de la même façon qu’il ne représente plus un coût pour l’opérateur PSM. De plus, cette approche garantirait une rémunération adéquate à l’opérateur PSM et elle fournirait simultanément, sur la durée, la sécurité réglementaire tant à l’opérateur PSM qu’aux demandeurs d’accès. |
| (53) | Une autre approche pourrait être utilisée dans les situations où l’ARN a établi que la méthode d’indexation serait inappropriée, en particulier lorsque les données historiques de l’opérateur PSM ne sont pas fiables. Dans de tels cas, la BAR correspondant aux actifs de génie civil historiques réutilisables peut être évaluée sur la base des coûts courants ajustés pour tenir compte des amortissements sur la durée de vie des actifs. L’ARN devrait veiller à ce que la méthode de valorisation des actifs utilisée soit telle que les actifs d’infrastructure de génie civil ne soient, en général, pas reproduits. |
| (54) | La tarification de l’accès à l’infrastructure de génie civil nouvellement construite de l’opérateur PSM pour le déploiement de réseaux à très haute capacité par d’autres opérateurs pourrait avoir une incidence sur les incitations de l’opérateur PSM à construire de nouvelles infrastructures de génie civil offrant une capacité suffisante pour héberger d’autres réseaux. Lorsque la nouvelle infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM a été déployée dans les limites géographiques du marché ou dans des zones clairement délimitées à l’intérieur de ces limites, et qu’elle coexiste avec les anciennes infrastructures de génie civil, les ARN devraient fixer des tarifs individuels pour l’accès aux actifs d’ingénierie civile nouvellement construits, applicables dans la zone concernée. En principe, les infrastructures de génie civil qui sont simplement réparées, rénovées ou entretenues ne devraient pas être considérées comme nouvellement construites. Les tarifs d’accès à l’infrastructure de génie civil nouvellement construite devraient refléter les conditions du moment sur le marché et être fondés sur l’intégralité des coûts réels supportés par l’opérateur PSM, sous réserve d’une stricte absence de discrimination dans les modalités et conditions d’accès à ces infrastructures. Une telle approche fournirait les incitations appropriées pour investir dans de nouvelles infrastructures de génie civil. En outre, en fonction de la situation sur le marché, la construction de nouvelles infrastructures de génie civil importantes peut présenter, pour l’opérateur PSM, un profil de risque d’investissement supérieur au profil de risque associé à la réutilisation des infrastructures de génie civil existantes. Ce profil comporterait des risques en termes de coûts encourus et de recettes escomptées. Les ARN devraient évaluer soigneusement la situation pertinente sur le marché et, le cas échéant, récompenser d’une prime de risque (plus élevée) le profil de risque plus élevé et quantifiable. |
| (55) | Le nombre de lignes en cuivre actives diminue en raison de la migration de la clientèle vers le câble, la fibre optique ou les réseaux mobiles. La modélisation d’un réseau à très haute capacité unique et efficace pour les produits d’accès par le cuivre et les produits d’accès aux réseaux à très haute capacité neutraliserait l’effet de volume inflationniste qui se produit lorsque, pour modéliser un réseau en cuivre, on doit répartir les coûts fixes du réseau sur un nombre de lignes en cuivre actives en diminution. Il est possible de transférer progressivement le trafic du cuivre vers les réseaux à très haute capacité en déployant ces réseaux et en les adoptant. Seul le trafic transféré vers d’autres infrastructures (par exemple le câble ou les réseaux mobiles) entraînerait une augmentation des coûts unitaires. |
| (56) | Compte tenu tant du principe de neutralité technologique que des différentes situations nationales, les ARN doivent disposer d’une souplesse suffisante pour modéliser ce type de réseau à très haute capacité efficace. Le réseau à très haute capacité pourrait donc être fondé sur l’une des diverses technologies d’accès et topologies de réseau dont disposent les opérateurs pour déployer ce type de réseau. |
| (57) | On pourrait considérer que, d’une manière générale, un réseau à très haute capacité moderne et efficace prend la forme d’un réseau FTTH ou FTTB. Selon cette approche, il faudrait adapter le calcul des coûts du réseau à très haute capacité pour tenir compte des différentes caractéristiques d’un réseau en cuivre lorsqu’il est nécessaire de déterminer les tarifs de gros de l’accès au réseau en cuivre. À cette fin, les ARN devraient estimer la différence de coût entre un produit d’accès basé sur un réseau à très haute capacité et un produit d’accès basé sur le cuivre en procédant aux adaptations pertinentes relatives à l’ingénierie de réseau dans le modèle de réseau à très haute capacité. |
| (58) | Si la topologie du réseau à très haute capacité à modéliser diffère de celle du réseau en cuivre au point qu’il est impossible d’apporter au modèle de réseau à très haute capacité les adaptations en termes d’ingénierie, les ARN pourraient obtenir le coût de l’accès par le cuivre en utilisant un modèle de réseau superposé, dans lequel deux réseaux parallèles (cuivre et fibre optique) partagent, dans une certaine mesure, le même réseau d’infrastructure de génie civil. Cette approche permettrait de neutraliser l’effet de volume inflationniste pour les actifs de génie civil, car les réseaux en cuivre et en fibre modélisés partageraient l’utilisation de ces actifs, de sorte que les coûts unitaires de ces actifs resteraient stables. Toutefois, à l’exception des actifs de génie civil, la modélisation de deux réseaux parallèles (cuivre et fibre optique) pourrait encore entraîner un effet de volume inflationniste pour les actifs en cuivre en raison de la diminution du trafic sur le réseau en cuivre. |
TARIFICATION DE L’ACCÈS À LONG TERME ET REMISES SUR QUANTITÉ
| (59) | Les remises sur quantité et les accords de tarification de l’accès à long terme peuvent être des outils importants pour encourager l’investissement dans les réseaux à très haute capacité, en particulier lorsque leur adoption par les consommateurs est encore lente. Les ARN peuvent accepter des remises sur quantité et des accords de tarification de l’accès à long terme passés par les opérateurs PSM avec leurs propres entreprises en aval s’ils n’excluent pas l’entrée sur le marché de concurrents efficaces (y compris la concurrence fondée sur les infrastructures) et ne compromettent pas la position existante de concurrents efficaces sur le marché. Tel est le cas lorsque les remises sur quantité et les accords de tarification de l’accès à long terme proposés par un opérateur PSM à sa branche de détail ne dépassent pas la remise, ou lorsque les accords ne sont pas plus avantageux que ceux proposés de bonne foi à des demandeurs d’accès tiers. |
RÉMUNÉRATION APPROPRIÉE DU RISQUE LIÉ À L’INVESTISSEMENT DANS DE NOUVEAUX PROJETS DE RÉSEAUX À TRÈS HAUTE CAPACITÉ
| (60) | Le coût moyen pondéré du capital («CMPC») employé devrait refléter la situation courante du marché. Si le CMPC applicable ne tient pas suffisamment compte de la situation économique courante, il pourrait être pertinent de mettre à jour le CMPC applicable de manière à faire en sorte qu’il tienne compte des paramètres macroéconomiques corrects. |
| (61) | Le rendement du capital, autorisé ex ante, pour les investissements dans les réseaux à très haute capacité devrait résulter d’un équilibre entre, d’une part, la nécessité de prévoir des mesures suffisamment incitatives pour que les opérateurs investissent (impliquant un taux de rendement suffisamment élevé) et, d’autre part, la nécessité de promouvoir une répartition efficace, une concurrence durable et un profit maximal pour le consommateur (impliquant un taux de rendement qui ne soit pas excessif). |
| (62) | S’il existe des obligations de contrôle tarifaire en ce qui concerne les produits d’accès de gros aux réseaux à très haute capacité sur un marché donné, le rendement réglementé autorisé devrait refléter de manière adéquate à la fois le coût du déploiement du réseau et le risque pris par l’opérateur PSM au moment de l’investissement. Si le risque supplémentaire et quantifiable lié à l’investissement dans de nouveaux réseaux à très haute capacité n’est pas suffisamment pris en compte, l’investisseur freinera les investissements au détriment des utilisateurs finals et du niveau global de connectivité dans la société. |
| (63) | Le déploiement de réseaux à très haute capacité, en particulier dans les zones rurales et à faible densité de population, suppose la mobilisation d’importantes dépenses d’investissement qui présentent un délai de rentabilité prévisionnel très long, ce qui accroît l’exposition aux risques du côté de la demande. La demande de services avancés comme ceux que permettent d’offrir les réseaux à très haute capacité pourrait également se révéler plus sensible aux variations de revenu des ménages. Les investissements dans les réseaux de ce type risquent, dès lors, d’exposer les opérateurs à des risques plus élevés par rapport à leurs investissements dans les infrastructures historiques. |
| (64) | Les opérateurs PSM qui investissent dans des projets distincts de réseaux à très haute capacité peuvent être confrontés à un large éventail de risques potentiels. Ces risques peuvent varier considérablement selon les types de projets et les zones géographiques. Compte tenu de ce qui précède, les ARN devraient reconnaître le risque supplémentaire pour chaque projet entrepris par l’opérateur PSM. En principe, de telles considérations peuvent entraîner l’application de primes de risque multiples, c’est-à-dire une prime pour chaque projet de réseau à très haute capacité ou, si les projets sont suffisamment semblables, une prime de risque commune. Il appartiendrait à l’ARN de décider si une prime de risque commune unique serait suffisante pour couvrir les différences entre zones ou s’il conviendrait d’appliquer simultanément plusieurs primes de risque. Quelle que soit l’approche adoptée, le fait d’ajouter la prime de risque spécifique au projet au CMPC applicable permet d’obtenir un CMPC spécifique au projet. |
| (65) | Afin de garantir un niveau maximal de transparence, il convient d’appliquer s’il y a lieu la prime de risque en plus du CMPC applicable. On souligne ainsi que la prime de risque ne couvre et ne récompense le risque supplémentaire et quantifiable spécifique que dans la situation à laquelle elle est destinée. |
| (66) | Le CMPC spécifique au projet devrait faire l’objet d’une évaluation au moment de l’investissement et devrait apporter stabilité et cohérence à l’opérateur PSM. Les risques et les incertitudes évoluent au fil du temps et peuvent donc entraîner une modification de la perception qu’a l’ARN de la prime de risque autorisée pour le projet considéré. |
| (67) | Afin de faire en sorte que les investisseurs soient récompensés pour le risque pris au moment de l’investissement, les ARN devraient prévoir une prime de risque stable pour le projet considéré sur une période suffisamment longue. |
MIGRATION
| (68) | La présente recommandation vise également à fournir des orientations aux ARN sur l’application de l’article 81 de la directive (UE) 2018/1972 dans les situations où la boucle en cuivre historique est intégralement déclassée et où les utilisateurs finals sont transférés vers un réseau à très haute capacité. Les mises à niveau progressives des réseaux en cuivre ne sont pas comprises dans le champ d’application de la présente recommandation. |
| (69) | La directive (UE) 2018/1972 a introduit l’objectif consistant à promouvoir la connectivité et l’accès aux réseaux à très haute capacité ainsi que la pénétration de tels réseaux et a précisé qu’il convenait d’éviter les retards injustifiés dans la migration vers ces réseaux. Par conséquent, l’article 81 de la directive (UE) 2018/1972 prévoit la possibilité de retirer les obligations en matière d’accès sur le réseau en cuivre afin de permettre sa désactivation. Il convient d’appliquer cet article d’une manière qui rende la migration et la désactivation du réseau en cuivre aussi rapides et fluides que possible, tout en préservant une concurrence effective. |
| (70) | Lorsqu’il a été satisfait aux conditions énoncées à l’article 81, paragraphe 2 de la directive (UE) 2018/1972 et qu’une période de préavis pertinente a été respectée, les obligations en matière d’accès sur le réseau en cuivre peuvent être levées afin de permettre la désactivation. Il est en outre possible, pour encourager la migration, d’assouplir certaines obligations réglementaires avant le retrait total des obligations en matière d’accès. Avant d’assouplir certaines obligations en matière d’accès, il faut au préalable s’assurer que les utilisateurs finals et les demandeurs d’accès sur lesquels l’assouplissement aura une incidence aient un accès effectif à des produits, sur les réseaux à très haute capacité, qui constituent des produits de substitution appropriés à ceux fournis sur l’infrastructure historique conformément à l’article 81, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972. Une fois l’existence de cet accès effectivement établie, il convient d’encourager la migration et d’autoriser la désactivation dans un délai raisonnable. Le délai de 5 ans préconisé dans la recommandation 2010/572/UE de la Commission (14) ne correspond plus au rythme du déploiement des réseaux à très haute capacité et de la migration des réseaux en cuivre vers ces nouveaux réseaux. Il y a donc lieu de le réduire et de le faire correspondre à une période comprise entre 2 et 3 ans et, dans certaines situations, en fonction des circonstances nationales, à une période encore plus courte. |
| (71) | Les ARN devraient veiller à ce que les produits de substitution fournis sur les réseaux à très haute capacité soient d’une qualité au moins comparable à ceux qui étaient fournis sur le réseau historique au titre de l’article 73 de la directive (UE) 2018/1972. Selon leurs caractéristiques et les conditions dans lesquelles ils sont proposés, les produits d’accès de gros fournis sur un réseau à très haute capacité sur une base commerciale ou par un opérateur autre que l’opérateur PSM peuvent être considérés comme des produits de substitution pertinents aux produits d’accès de gros fournis sur le réseau historique. |
| (72) | Dans le cadre de l’assouplissement progressif des obligations réglementaires avant la levée de toutes les obligations, une fermeture commerciale du réseau historique encourage la migration et peut constituer une étape intermédiaire pertinente vers une désactivation totale. |
| (73) | La prévisibilité est un élément essentiel à la création d’un cadre propice aux investissements dans le déploiement d’un réseau à très haute capacité. La méthode de calcul des coûts recommandée contribue à cet objectif en neutralisant, totalement ou en partie, l’effet inflationniste que la migration des utilisateurs finals des réseaux historiques vers les réseaux à très haute capacité exerce sur les tarifs des produits de gros d’accès par le cuivre. |
| (74) | Lorsqu’un plan de déclassement a été notifié par l’exploitant PSM du réseau historique conformément à l’article 81, paragraphe 1, de la directive (UE) 2018/1972, et lorsque les conditions fixées conformément à l’article 81, paragraphe 2, de ladite directive sont remplies dans une zone donnée, l’existence d’un calendrier et de conditions transparents relatifs au processus de déclassement garantira la prévisibilité pour toutes les parties prenantes. Dans le cadre de l’assouplissement progressif des obligations réglementaires avant le retrait total de ces obligations dans le cadre du déclassement du réseau en cuivre, les ARN peuvent tenir compte de l’effet inflationniste que la migration des clients des réseaux en cuivre vers les réseaux à très haute capacité exerce sur les coûts du réseau en cuivre. Pour ce faire, les ARN peuvent autoriser l’opérateur PSM à augmenter les tarifs des produits de gros d’accès par le cuivre dans les zones où les clients de gros et de détail présents sur le réseau en cuivre ont effectivement la possibilité de migrer vers un réseau à très haute capacité. Cela permettrait de tenir compte de l’inefficacité économique résultant du maintien en parallèle de deux réseaux, afin d’inciter l’opérateur PSM du réseau historique à présenter un plan de déclassement et à procéder dès que possible à un déclassement effectif. Les tarifs du cuivre seraient ainsi potentiellement plus proches de ceux des réseaux à très haute capacité, ce qui inciterait également les utilisateurs finals et les demandeurs d’accès à migrer vers ces réseaux avant la désactivation des services sur le réseau historique. |
| (75) | Cette augmentation des tarifs devrait être une mesure transitoire, sous réserve qu’il existe un engagement contraignant et exécutoire de l’opérateur PSM de désactiver son réseau en cuivre, qui serait applicable uniquement dans les zones où la période de préavis pour la désactivation du réseau en cuivre a commencé. L’ARN devrait veiller à ce que la période d’application de l’augmentation des tarifs ne soit prolongée par aucun retard injustifié dans la mise en œuvre du plan de désactivation. Pour garantir cela, l’ARN peut envisager, par exemple, de prendre des sanctions ou d’adopter un mécanisme de récupération. Lorsqu’une telle mesure est mise en œuvre, elle devrait être accompagnée de garanties suffisantes pour préserver la concurrence, comme exposé au point 81 de la présente recommandation. |
| (76) | Tout en promouvant une atténuation ou une suppression complète des obligations réglementaires lorsque l’évolution du marché le justifie, les ARN devraient rester vigilantes, surveiller l’évolution du marché et intervenir lorsque cela se justifie pour préserver la concurrence, le marché intérieur et les intérêts des utilisateurs finals. |
| (77) | Les recommandations 2010/572/UE et 2013/466/UE ne devraient plus être mises en œuvre et la présente recommandation devrait s’appliquer en lieu et place de celles-ci, en raison de l’évolution des conditions du marché observée depuis l’adoption desdites recommandations, ainsi que de l’entrée en vigueur de la directive (UE) 2018/1972, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE RECOMMANDATION:
CHAMP D’APPLICATION
| 1. | Lorsque, dans le cadre des procédures d’analyse de marché accomplies en vertu des articles 64 et 67 de la directive (UE) 2018/1972, les autorités de régulation nationales (ci-après les «ARN») constatent qu’un marché visé au point 7 de la présente recommandation n’est pas effectivement concurrentiel et désignent les entreprises qui, individuellement ou conjointement, sont puissantes sur ce marché comme des opérateurs PSM, les ARN devraient évaluer quelles sont les obligations proportionnées et appropriées à imposer en vertu de l’article 68 de la directive (UE) 2018/1972. |
| 2. | La présente recommandation concerne l’application des obligations mentionnées à l’article 68, paragraphe 1, de la directive (UE) 2018/1972 et définit une approche commune pour promouvoir leur mise en œuvre cohérente et efficace en ce qui concerne les réseaux historiques et les réseaux à très haute capacité lorsqu’ils permettent la fourniture de services à haut débit. |
| 3. | La présente recommandation ne concerne pas les situations justifiant le retrait des obligations réglementaires, conformément à la directive (UE) 2018/1972, en particulier:
|
| 4. | Conformément aux dispositions de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient prendre dûment en considération, au cas par cas, les accords commerciaux et les accords de coopération qui, en diversifiant le risque d’investissement, sont susceptibles de contribuer au déploiement des réseaux à très haute capacité tout en permettant une concurrence durable sur les marchés en aval. |
| 5. | Indépendamment des engagements de co-investissement proposés en vertu de l’article 76 de la directive (UE) 2018/1972, l’existence d’accords de coopération devrait également être dûment prise en compte par l’ARN lorsque celle-ci envisage d’imposer d’éventuelles obligations réglementaires aux opérateurs PSM. C’est particulièrement le cas lorsque l’opérateur PSM propose, au titre de l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972, des engagements juridiquement contraignants relatifs aux conditions d’accès, notamment en ce qui concerne les modalités de coopération. En particulier, dans les domaines où sont en place des engagements juridiquement contraignants conformément à l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972, en vertu desquels les tiers ont accès à un réseau à très haute capacité, les ARN devraient évaluer si les modalités et conditions proposées par l’opérateur PSM peuvent être considérées comme équitables et raisonnables et si les engagements peuvent préserver la concurrence. Lorsque c’est le cas, les ARN devraient envisager de surveiller l’incidence de ces engagements et s’abstenir d’introduire des mesures correctrices intrusives, en particulier des obligations de contrôle des prix. Ces obligations de contrôle des prix ne devraient être envisagées par les ARN que lorsque cela est nécessaire pour résoudre d’importants problèmes de concurrence qui existent actuellement ou qui pourraient apparaître ultérieurement sur le marché. |
| 6. | Dans le même ordre d’idées, lorsqu’elles évaluent la dynamique de la concurrence sur un marché de gros donné, les ARN devraient, le cas échéant, tenir compte des accords commerciaux, y compris ceux auxquels l’opérateur PSM n’est pas partie. Ces accords peuvent amener à conclure qu’une réglementation ex ante ne se justifie plus sur un marché de gros donné si les accords:
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| 7. | Les principes énoncés dans la présente recommandation s’appliquent au marché de la fourniture en gros d’accès local en position déterminée [marché 1 de la recommandation (UE) 2020/2245]. Ces principes s’appliquent également à d’autres marchés de la fourniture en gros d’accès en position déterminée recensés par les ARN, qui ne sont pas couverts par la recommandation (UE) 2020/2245, mais qui sont susceptibles d’être soumis à une réglementation ex ante, et couvrent, par exemple, les niveaux de réseau suivants:
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| 8. | La présente recommandation ne s’applique pas au marché de la fourniture en gros de capacités dédiées [marché 2 visé dans la recommandation (UE) 2020/2245], sauf si, et dans la mesure où, l’accès à l’infrastructure de génie civil est réglementé parce que l’existence d’une puissance significative a été établie sur ce marché. |
DÉFINITIONS
| 9. | Aux fins de la présente recommandation, les définitions pertinentes de l’article 2 de la directive (UE) 2018/1972 sont applicables. En outre, on entend par:
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SEGMENTATION GÉOGRAPHIQUE DES MESURES CORRECTRICES
| 10. | Lorsque les variations géographiques des conditions de concurrence, ne sont pas suffisantes, ou pas suffisamment stables, pour permettre la définition de marchés géographiques distincts, les ARN devraient imposer, lorsque cela se justifie, des mesures correctrices différenciées par zone géographique au sein d’un marché géographique donné. |
| 11. | Les critères que les ARN peuvent utiliser pour procéder à la segmentation géographique des mesures correctrices devraient être les mêmes que pour la segmentation géographique des marchés, le degré ou la stabilité constituant la seule différence. Parmi ces critères devraient figurer le nombre et les caractéristiques des réseaux concurrents, la répartition et l’évolution des parts de marché, ainsi que les tarifs et les profils comportementaux. |
| 12. | Lorsque les ARN différencient les mesures correctrices parce que les variations des conditions de concurrence ne sont pas suffisamment stables pour permettre la définition de marchés géographiques distincts, elles devraient envisager de mettre à jour périodiquement la segmentation qui en résulte au cours de la période de validité de l’analyse de marché pendant laquelle la segmentation est appliquée. Les critères de ces mises à jour devraient être clairement définis dans l’analyse de marché elle-même et devraient reposer sur les mêmes critères que ceux utilisés pour la segmentation géographique initiale des mesures correctrices, garantissant ainsi une prévisibilité maximale et des conditions de concurrence équitables. |
NON-DISCRIMINATION
Assurer l’équivalence d’accès
| 13. | Le moyen le plus sûr d’assurer une absence effective de discrimination et d’encourager la concurrence est d’appliquer le concept de l’EoI, qui garantit des conditions de concurrence équitables entre les activités de l’opérateur PSM situées en aval et les demandeurs d’accès tiers. Lorsqu’une ARN envisage d’imposer une obligation de non-discrimination à un opérateur PSM en vertu de l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972, elle devrait examiner s’il serait proportionné d’exiger de l’opérateur PSM qu’il fournisse des intrants de gros pertinents sur la base de l’EoI ou de l’EoO. |
| 14. | Lorsqu’elle procède à cet examen de la proportionnalité, l’ARN devrait tenir compte, en particulier:
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| 15. | Lorsque cela est proportionné, une stricte obligation de non-discrimination sous forme d’EoI ou d’EoO devrait être appliquée, au(x) niveau(x) le(s) plus approprié(s) de la chaîne de valeur, aux intrants de gros que l’opérateur PSM fournit à ses propres activités en aval. D’une manière générale, les ARN devraient fournir la justification de leurs choix entre EoI et EoO pour chaque produit de gros, en tenant compte des situations nationales. Toutefois, si un même intrant de gros est utilisé dans plusieurs produits de détail, la décision devrait être prise pour les produits de gros multiples. |
| 16. | Lorsqu’une ARN envisage d’appliquer l’EoI, elle devrait d’abord envisager de l’introduire au niveau le plus élémentaire possible du réseau, auquel la concurrence sera effective et durable à long terme. Lorsque l’accès aux infrastructures de génie civil est imposé conformément aux points 30 à 37 de la présente recommandation, les ARN devraient examiner attentivement les avantages et les coûts de la mise en œuvre de l’EoI pour les infrastructures de génie civil, en tenant compte en particulier de la manière dont une telle mesure pourrait contribuer à l’instauration d’une concurrence fondée sur les infrastructures. |
| 17. | Lorsqu’une obligation de non-discrimination est imposée, les ARN devraient veiller à ce que les demandeurs d’accès puissent utiliser les systèmes et processus pertinents avec le même niveau de fiabilité et de performance que les branches de détail en aval de l’opérateur PSM. |
Assurer la reproductibilité technique des nouvelles offres de détail de l’opérateur PSM verticalement intégré
| 18. | Les ARN devraient obliger les opérateurs PSM qui sont soumis à une obligation de non-discrimination à fournir aux demandeurs d’accès des intrants de gros réglementés leur permettant de reproduire effectivement, d’un point de vue technique, les nouvelles offres de détail de la branche de détail en aval de l’opérateur PSM. Les ARN devraient en particulier imposer cette exigence lorsque l’obligation stricte de non-discrimination stricte fondée sur l’EoI n’est pas entièrement mise en œuvre. |
| 19. | À cette fin, et pour garantir des conditions de concurrence équitables entre la branche de détail en aval de l’opérateur PSM et les demandeurs d’accès tiers, les ARN devraient faire en sorte que les demandeurs d’accès internes et tiers aient accès aux mêmes informations techniques et commerciales concernant l’intrant de gros réglementé pertinent, sans préjudice des règles applicables en matière de secret des affaires. Les informations pertinentes sont entre autres des informations sur les nouveaux intrants de gros réglementés ou sur les modifications apportées aux intrants de gros réglementés existants, qui doivent être fournies dans les délais fixés au cas par cas. |
| 20. | Lorsqu’elle évalue la reproductibilité technique de la nouvelle offre de détail de l’opérateur PSM, l’ARN devrait tenir compte de deux facteurs, à savoir:
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| 21. | L’essai de reproductibilité technique requis peut être effectué soit par l’opérateur PSM, soit par l’ARN. Si l’opérateur PSM effectue lui-même l’essai de reproductibilité technique, l’ARN devrait exiger qu’il lui fournisse les résultats de l’essai, notamment toutes les informations nécessaires pour démontrer que la reproductibilité technique est entièrement garantie. L’ARN devrait exiger de l’opérateur PSM qu’il lui notifie la nouvelle offre de détail avec un préavis suffisant pour que l’ARN puisse valider les résultats de l’essai et pour que les demandeurs d’accès soient en mesure de reproduire l’offre de détail pertinente en temps utile s’ils le souhaitent. |
| 22. | En revanche, si l’ARN effectue l’essai de reproductibilité technique, elle devrait exiger de l’opérateur PSM qu’il lui notifie les caractéristiques des nouvelles offres de détail qui utilisent un intrant de gros réglementé pertinent ainsi que toutes les informations qui lui seront nécessaires pour évaluer la reproductibilité, avec un préavis suffisant par rapport à la date de lancement de ces offres. La durée du préavis devrait être suffisante tant pour permettre à l’ARN de réaliser l’essai de reproductibilité technique que pour permettre aux demandeurs d’accès de reproduire l’offre de détail pertinente en temps utile s’ils le souhaitent. |
| 23. | Lorsque l’ARN estime que la reproductibilité technique de la nouvelle offre de détail n’est pas garantie, elle devrait exiger que l’opérateur PSM modifie l’intrant ou les intrants de gros réglementés pertinents de manière à garantir la reproductibilité technique. |
| 24. | Si l’ARN estime qu’une offre de détail qui n’est pas techniquement reproductible nuirait de manière significative à la concurrence, elle devrait exiger de l’opérateur PSM, en application de l’article 30 de la directive (UE) 2018/1972, qu’il retire ou retarde la fourniture de l’offre de détail en question tant que l’obligation de reproductibilité technique n’aura pas été respectée. |
Contrôle du respect des obligations de non-discrimination
| 25. | Lorsqu’elles imposent une obligation de non-discrimination en vertu de l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972, afin d’en garantir le respect et l’application effective, les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il mette en œuvre des ICP, des SLA parallèlement aux ICP et des SLG en cas de violation des SLA, conformément aux principes énoncés à l’annexe I de la présente recommandation. Un mécanisme devrait être mis en place pour mettre à jour les IPC, les SLA et les SLG lorsque cela était nécessaire. Si nécessaire, les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il fasse figurer les ICP, les SLA et les SLG dans l’offre de référence. |
| 26. | Les ARN devraient prendre dûment en considération tout engagement proposé par l’opérateur PSM en matière de non-discrimination conformément à l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972. En particulier, de tels engagements peuvent être proposés en ce qui concerne les ICP, les SLA et les SLG, y compris en ce qui concerne leurs conditions, notamment lorsque les demandeurs d’accès approuvent les propositions avancées par l’opérateur PSM. Les ARN devraient encourager un dialogue multipartite entre l’opérateur PSM et les demandeurs d’accès afin de parvenir à un accord ou d’éclairer une décision sur les points suivants:
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Suivi assuré par l’ARN
| 27. | Les ARN devraient veiller à ce que le principe d’équivalence soit effectivement appliqué. Lorsque les IPC indiquent que l’opérateur PSM pourrait ne pas respecter l’obligation de non-discrimination qui lui incombe, l’ARN devrait intervenir et procéder à un examen plus approfondi de la question et, le cas échéant, faire respecter la conformité. Les ARN devraient publier, par exemple sur leur site web, les décisions de remédier au non-respect de la conformité. |
| 28. | En plus de rapports sur les IPC, les ARN devraient veiller à ce que les opérateurs PSM gardent une trace de tous les éléments nécessaires pour vérifier que l’exigence d’équivalence d’accès est satisfaite. Ces informations devraient permettre aux ARN d’effectuer des contrôles réguliers, en vérifiant que l’opérateur PSM fournit le niveau d’information requis aux demandeurs d’accès tiers et que les procédures, notamment pour la commande et l’approvisionnement, sont correctement appliquées. |
Asymétrie de l’information
| 29. | Lorsque la branche de gros de l’opérateur PSM possède une connaissance préalable des plans de déploiement des demandeurs d’accès, les ARN devraient veiller à ce que ces informations ne soient pas partagées avec la branche de détail de l’opérateur PSM, afin d’empêcher l’opérateur PSM d’obtenir un avantage concurrentiel indu. Au minimum, les ARN devraient veiller à ce que le personnel associé aux activités de détail de l’opérateur PSM ne participe pas aux structures d’entreprise de l’opérateur PSM responsable, directement ou indirectement, de la gestion de l’accès aux intrants de gros. Les ARN peuvent faire obligation à l’opérateur PSM de produire un rapport annuel exposant les éléments suivants:
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ACCÈS À L’INFRASTRUCTURE DE GÉNIE CIVIL DE L’OPÉRATEUR PSM
| 30. | Lorsque cela est nécessaire et proportionné pour remédier aux problèmes de concurrence constatés, et si des capacités sont disponibles dans l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM, les ARN devraient imposer une obligation d’accès à l’infrastructure de génie civil conformément à l’article 72 de la directive (UE) 2018/1972. Cette obligation ne peut être imposée que sur les marchés géographiques où l’opérateur a été identifié comme détenant une puissance significative sur le marché. La portée de cette obligation peut varier d’une zone géographique à l’autre si la segmentation géographique des mesures correctrices est appliquée conformément aux points 10, 11 et 12 de la présente recommandation. Lorsqu’elles imposent l’obligation d’accès, les ARN devraient tenir compte de l’ensemble des actifs et installations, enterrés ou non, qui font partie de l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM. |
| 31. | Sauf dans des circonstances particulières (par exemple, lorsque l’infrastructure de génie civil détenue ou contrôlée par l’opérateur PSM est inexistante ou extrêmement réduite ou lorsque l’ARN établit dûment que la demande d’accès à l’infrastructure de génie civil détenue ou contrôlée par l’opérateur PSM est inexistante ou très limitée), les obligations d’accès aux infrastructures physiques découlant de la directive 2014/61/UE risquent d’être insuffisantes pour résoudre les problèmes de concurrence recensés dans les analyses de marché effectuées en vertu des articles 64 et 67 de la directive (UE) 2018/1972. |
| 32. | Avant d’imposer toute autre obligation d’accès en vertu de l’article 73 de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient d’abord examiner la question de savoir si l’accès obligatoire à l’infrastructure de génie civil comme unique mesure pourrait résoudre les problèmes de concurrence constatés. Ainsi, l’accès à l’infrastructure de génie civil comme unique mesure correctrice en matière d’accès devrait suffire pour résoudre les problèmes de concurrence constatés lorsque les deux conditions suivantes sont remplies:
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| 33. | Si la perspective d’une concurrence sur l’infrastructure de bout en bout est viable et réaliste, mais que cette concurrence ne s’est pas encore concrétisée, les ARN devraient évaluer s’il est nécessaire d’imposer ou de maintenir, à titre transitoire, d’autres obligations d’accès avant de s’en remettre uniquement à l’accès réglementé à l’infrastructure de génie civil. En pareil cas, les ARN devraient prévoir une période de transition appropriée pour l’application d’autres obligations d’accès avant de s’en remettre uniquement à l’accès réglementé à l’infrastructure de génie civil, de manière à laisser à un opérateur efficace suffisamment de temps pour dupliquer le réseau d’accès. |
| 34. | Les ARN devraient veiller à ce que l’accès aux infrastructures de génie civil existantes soit fourni conformément aux principes énoncés à l’annexe II de la présente recommandation et à des tarifs orientés vers les coûts, conformément à la méthode de calcul des coûts recommandée figurant aux points 48 à 59 de la présente recommandation. |
| 35. | Lorsqu’il est introduit une demande d’offre de référence pour l’accès à l’infrastructure de génie civil, les ARN devraient exiger que cette offre soit proposée dès que possible. L’offre de référence devrait être disponible au plus tard six mois après qu’une demande a été introduite. |
| 36. | Les ARN devraient, en fonction de la demande du marché, encourager ou, si le droit national le permet, obliger l’opérateur PSM, lorsque celui-ci réalise une infrastructure de génie civil, à prévoir assez de capacité pour que d’autres opérateurs puissent également utiliser ces installations. |
| 37. | Les ARN devraient collaborer avec d’autres autorités afin de créer une base de données sur la localisation, la capacité disponible et d’autres caractéristiques physiques de toutes les infrastructures de génie civil pouvant être utilisées pour le déploiement de réseaux à très haute capacité sur un marché ou un segment de marché donné. Cette base de données devrait être accessible à tous les opérateurs. |
NON-IMPOSITION DE TARIFS D’ACCÈS DE GROS RÉGLEMENTÉS AUX RÉSEAUX À TRÈS HAUTE CAPACITÉ
| 38. | Il est recommandé que les ARN n’imposent ou ne maintiennent pas de tarifs d’accès de gros réglementés pour les intrants de gros des réseaux à très haute capacité, conformément à l’article 74 de la directive (UE) 2018/1972, dans les cas où — dans le cadre de la même mesure — elles imposent à l’opérateur PSM des obligations de non-discrimination relatives aux intrants de gros des réseaux à très haute capacité, conformément à l’article 70 de la directive (UE) 2018/1972, et lorsque l’ensemble des conditions suivantes sont remplies:
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| 39. | Sur les marchés où les critères énumérés au point 38 de la présente recommandation ne sont respectés que dans certaines zones, les ARN devraient imposer des mesures correctrices différenciées et maintenir ou imposer des obligations de contrôle des prix, conformément à l’article 74 de la directive (UE) 2018/1972, uniquement dans les zones où ces critères ne sont pas satisfaits. L’imposition de mesures correctrices différenciées sur un marché géographique particulier ne devrait pas modifier les hypothèses sur lesquelles se fondent les ARN pour la mise en œuvre de la méthode de calcul des coûts recommandée et ne devrait donc pas aboutir à un résultat différent par rapport au scénario alternatif de non-imposition de mesures correctrices différenciées. |
| 40. | Il ne faudrait cependant pas considérer les cas décrits au point 38 d) de la présente recommandation comme les seules circonstances dans lesquelles les ARN peuvent décider de ne pas imposer de tarifs d’accès réglementés pour les intrants de gros des réseaux à très haute capacité. Selon le niveau démontré de non-discrimination effective et en fonction des conditions de concurrence, il peut exister d’autres situations dans lesquelles l’imposition de tarifs d’accès de gros réglementés ne se justifie pas au titre de la directive (UE) 2018/1972. Conformément au point 71 de la présente recommandation, tel pourrait notamment être le cas dans l’hypothèse où le dossier du déploiement d’un réseau à très haute capacité serait marginalement viable même en l’absence de toute régulation dans la zone considérée, par exemple dans les zones à plus faible densité de population. |
Définition des caractéristiques d’un produit de référence réglementé
| 41. | Le produit de référence réglementé est un produit de gros d’accès dont le prix est orienté vers les coûts, ou une combinaison de tels produits, et qui exerce sur les tarifs des réseaux à très haute capacité une contrainte telle que la tarification des services qui y sont liés sera établie selon la propension des consommateurs à payer une majoration pour la capacité et les fonctionnalités supplémentaires qu’un produit de détail fondé sur les réseaux à très haute capacité peut offrir par rapport à des produits de détail fournis sur la base d’un ou de plusieurs produits de référence réglementés. Le produit de référence réglementé peut être une combinaison de produits fondés sur le cuivre et de produits fondés sur les réseaux à très haute capacité; il peut également être basé sur un portefeuille de produits. Une contrainte similaire à celle exercée par le produit de référence réglementé pourrait être exercée, en fonction des circonstances nationales, par l’accès réglementé aux infrastructures de génie civil. |
| 42. | L’ARN devrait définir les caractéristiques du produit de référence réglementé sur la base des résultats de l’analyse de marché, en tenant compte du fait que le produit de référence devrait faire l’objet d’une tarification orientée vers les coûts, sur la base de la méthode de calcul des coûts recommandée décrite aux points 48 à 59 de la présente recommandation. |
| 43. | Lorsqu’un produit fondé sur le cuivre (notamment les produits d’accès local virtuel dégroupé fournis sur un réseau en cuivre modernisé) reste en mesure d’exercer, sur une base prospective, une pression démontrable sur les prix de détail par rapport aux produits fondés sur les réseaux à très haute capacité, l’ARN devrait définir ce produit comme étant le produit de référence réglementé ou comme étant l’un des produits de référence réglementés. |
| 44. | Lorsque l’ARN conclut qu’un produit de référence fondé sur le cuivre n’exercerait plus de pression démontrable sur les prix de détail, et en l’absence de contrainte démontrable sur les prix en raison de l’existence d’autres réseaux ou d’un accès réglementé aux infrastructures de génie civil, elle devrait définir un produit réglementé d’entrée de gamme fourni sur un réseau à très haute capacité sur le marché de gros pertinent comme étant le produit de référence réglementé ou comme étant l’un des produits de référence réglementés. Les performances techniques de ce produit réglementé devraient se limiter à ce qui est nécessaire pour exercer une pression démontrable sur les prix de détail sur une base prospective. À ce titre, le produit de référence fondé sur un réseau à très haute capacité pourrait être un produit réglementé virtuel ou actif, ou les deux. La tarification de ce produit devrait être orientée vers les coûts sur la base de la méthode de calcul des coûts recommandée décrite aux points 48 à 59 de la présente recommandation, tandis que la souplesse tarifaire devrait être assurée pour tous les autres produits fournis sur les réseaux à très haute capacité. Lorsque l’opérateur PSM déploie un réseau à très haute capacité, l’ARN devrait l’autoriser à proposer un produit de référence offrant des performances similaires à celles du produit de référence le plus récent fondé sur le cuivre, à condition que le produit de référence puisse exercer une pression démontrable sur les prix de détail. |
| 45. | Lorsque l’ARN conclut que la définition d’un produit fondé sur le cuivre ou d’un produit d’entrée de gamme fourni sur un réseau de fibre optique pourrait être insuffisante pour exercer, sur la PSM, une pression effective sur les prix, l’ARN devrait avoir la possibilité de définir un produit de référence effectif qui pourrait être une combinaison de produits de référence (produits fondés sur le cuivre et produits fondés sur les réseaux à très haute capacité) ou de définir, comme produit de référence, un portefeuille de produits réglementés suffisamment représentatif de la demande des consommateurs. Les performances techniques de chaque produit réglementé devraient se limiter à ce qui est nécessaire pour exercer une pression démontrable sur les prix de détail sur une base prospective. À ce titre, chaque produit de référence pourrait être un produit réglementé virtuel ou actif. La tarification de chaque produit devrait être orientée vers les coûts sur la base de la méthode de calcul des coûts recommandée décrite aux points 48 à 59 de la présente recommandation, tandis que la souplesse tarifaire devrait être assurée pour tous les autres produits fournis sur les réseaux à très haute capacité. |
Essai de reproductibilité économique
| 46. | Une ARN devrait être réputée imposer les obligations relatives à l’essai de reproductibilité économique visées au point 38 c) de la présente recommandation lorsqu’elle adopte une mesure définitive par laquelle elle décide de ne pas imposer ou maintenir de tarifs d’accès de gros réglementés pour les intrants de gros des réseaux à très haute capacité et qu’elle inclut, dans la même mesure définitive, les éléments suivants, qui ont fait l’objet d’une consultation en application de l’article 32 de la directive (UE) 2018/1972:
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| 47. | Après l’adoption de la mesure, l’ARN devrait publier sur son site web la feuille de route et les détails de l’essai de reproductibilité économique ex ante qui font partie intégrante de la mesure définitive. L’ARN devrait envisager d’utiliser tous les instruments prévus par la directive (UE) 2018/1972 pour garantir la conformité à tous les aspects des mesures imposées. Les ARN devraient notamment utiliser les pouvoirs qui leur sont conférés par l’article 20 de la directive (UE) 2018/1972 pour obtenir de l’opérateur PSM et, le cas échéant, d’autres entreprises, les informations nécessaires à la conception et à l’application de l’essai de reproductibilité économique. Cela devrait comprendre les informations nécessaires pour répartir le prix d’une offre groupée de détail phare entre les différentes composantes de l’offre groupée aux fins de l’essai de reproductibilité économique. |
APPROCHES COHÉRENTES EN MATIÈRE D’OBLIGATIONS DE CONTRÔLE DES PRIX
Méthode de calcul des coûts
Méthode de calcul des coûts recommandée
| 48. | Pour fixer les tarifs des produits d’accès de gros fournis sur les réseaux en cuivre et les réseaux à très haute capacité dans les cas où l’orientation vers les coûts est appropriée, proportionnée et justifiée conformément à l’article 67, paragraphe 4, et à l’article 68, paragraphe 4, de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient adopter une méthode de calcul des coûts fondée sur le modèle ascendant des coûts différentiels à long terme plus (BU LRIC+). Cette méthode devrait comprendre une approche de modélisation ascendante utilisant les LRIC comme modèle de calcul des coûts, assortie d’une majoration pour la récupération des coûts communs. |
| 49. | Les ARN devraient adopter une méthode de calcul des coûts ascendante LRIC + consistant à estimer le coût courant qu’un opérateur efficace hypothétique aurait à supporter pour construire un réseau moderne efficace, c’est-à-dire un réseau à très haute capacité.. Cela n’a aucune incidence sur la question de savoir si un réseau à très haute capacité sur le marché géographique pertinent est ou non soumis à une obligation de tarification réglementée pour l’accès de gros, visée au point 38 de la présente recommandation. |
| 50. | Lorsqu’elles modélisent un réseau à très haute capacité, les ARN devraient définir un réseau à très haute capacité efficace hypothétique, permettant d’atteindre les objectifs fixés par la décision (UE) 2022/2481 concernant le débit, la couverture et la prise en compte de la pénétration. Elles devraient également inclure dans ce modèle: i) tout actif de génie civil existant qui est, d’une manière générale, aussi capable d’accueillir un réseau à très haute capacité; et ii) les nouveaux actifs de génie civil qui devront être construits pour accueillir un réseau à très haute capacité. Par conséquent, lorsqu’elles élaborent le modèle BU LRIC+, les ARN ne devraient pas partir du principe qu’il est nécessaire de construire une infrastructure de génie civil complètement nouvelle pour déployer un réseau à très haute capacité. |
| 51. | Elles devraient évaluer tous les actifs qui constituent la BAR du réseau modélisé sur la base des coûts de remplacement. La seule exception réside, en principe, dans les actifs de génie civil, y compris les actifs de génie civil historiques réutilisables. |
| 52. | En principe, les ARN devraient valoriser les actifs de génie civil et la BAR correspondante en appliquant la méthode d’indexation. Plus précisément, elles devraient, pour ce type d’actifs, fixer la BAR à la valeur comptable réglementaire, nette de l’amortissement cumulé au moment du calcul, et indexée à l’aide d’un indice des prix approprié comme celui des prix de détail. Les ARN devraient tenir compte des coûts qui sont justifiés et qui ont manifestement trait aux dépenses liées aux actifs de génie civil. Pour ce qui est des actifs de génie civil historiques réutilisables, les ARN devraient examiner les comptes de l’opérateur PSM, le cas échéant, afin de déterminer s’ils constituent une base suffisamment fiable pour reconstituer la valeur comptable réglementaire. Dans le cas contraire, elles devraient procéder à une valorisation en se fondant sur les meilleures pratiques utilisées dans des États membres où la situation est comparable. Elles ne devraient pas tenir compte des actifs de génie civil historique réutilisables entièrement amortis mais toujours en usage. |
| 53. | Lorsqu’elles appliquent la méthode de valorisation des actifs recommandée au point 52 de la présente recommandation, les ARN devraient figer la BAR correspondant aux actifs de génie civil et la reporter d’une période réglementaire à la suivante. |
| 54. | Si les ARN peuvent établir que la méthode d’indexation ne serait pas appropriée, elles peuvent décider de valoriser les actifs de génie civil historiques réutilisables et la BAR correspondante sur la base des coûts courants corrigés en fonction de l’amortissement sur la durée de vie des actifs. Les ARN ne devraient pas tenir compte de la valeur des actifs de génie civil historiques réutilisables qui sont entièrement amortis mais toujours en usage et devraient également veiller à ce que la méthode de valorisation des actifs utilisée tienne compte du fait que les actifs de génie civil historiques réutilisables ne peuvent généralement pas être reproduits dans le processus concurrentiel. |
| 55. | Les ARN devraient fixer la durée de vie des actifs de génie civil à une période correspondant à la fois à la durée de vie utile attendue de l’actif et au profil de la demande. Cette période n’est habituellement pas inférieure à 40 ans pour les fourreaux. |
| 56. | En vertu du principe de neutralité technologique, les ARN devraient envisager, pour la modélisation d’un réseau à très haute capacité efficace hypothétique, différentes approches en fonction de la technologie d’accès et de la topologie de réseau les mieux adaptées à la situation nationale. Lorsqu’elles déterminent les tarifs d’accès des services qui ne sont pas basés sur un réseau à très haute capacité, les ARN devraient adapter le coût calculé pour le réseau à très haute capacité modélisé afin qu’il tienne compte des différentes caractéristiques des services d’accès de gros qui ne sont pas basés sur un réseau à très haute capacité. À cette fin, les ARN devraient estimer la différence de coût entre un produit d’accès basé, par exemple, sur la FTTH et un produit d’accès basé sur le cuivre en remplaçant le cas échéant, dans le modèle de réseau à très haute capacité, les éléments optiques par des éléments en cuivre dont le prix est établi à un niveau efficace. Éventuellement, les ARN pourraient aussi obtenir le coût de l’accès par le cuivre en utilisant un modèle de réseau à très haute capacité superposé, dans lequel deux réseaux parallèles (cuivre et FTTH) partagent, dans une certaine mesure, la même infrastructure de génie civil. |
| 57. | Les ARN devraient répartir les coûts différentiels proportionnellement entre toutes les entreprises bénéficiant d’un accès, y compris la branche en aval de l’opérateur PSM lui-même. |
| 58. | Lorsque l’infrastructure de génie civil détenue ou contrôlée par l’opérateur PSM est inexistante ou réduite, et que des investissements importants sont nécessaires pour mettre en place de nouvelles infrastructures de génie civil permettant le déploiement de réseaux à très haute capacité, les ARN devraient veiller à ce que l’approche en matière d’obligations de contrôle des prix pour l’accès à l’infrastructure de génie civil préserve les incitations à l’investissement, tant dans les réseaux à très haute capacité proprement dits que dans les infrastructures de génie civil qui les hébergeraient. |
| 59. | Les ARN devraient fixer des tarifs individuels pour l’accès à l’infrastructure de génie civil nouvellement construite de l’opérateur PSM lorsque: i) l’orientation vers les coûts a été imposée pour l’infrastructure de génie civil tant historique que nouvellement construite; et ii) lorsque l’infrastructure de génie civil nouvellement construite est déjà fortement implantée dans la zone concernée. Les ARN devraient veiller à ce que les tarifs d’accès à l’infrastructure de génie civil nouvellement construite reflètent la valeur comptable réglementaire des actifs, conformément au point 52 de la présente recommandation. |
Application de la méthode de calcul des coûts
| 60. | Les ARN devraient tenir compte du principe de transparence et de prévisibilité réglementaires et de la nécessité de garantir la stabilité sans variations significatives:
|
| 61. | Après avoir finalisé la méthode de calcul des coûts recommandée, les ARN devraient se préoccuper de la maintenir, en application de l’article 3, paragraphe 4, premier alinéa, point a), de la directive (UE) 2018/1972, afin de promouvoir la prévisibilité réglementaire en s’efforçant de garantir la stabilité des tarifs d’accès sur deux des périodes de révision appropriées au moins. Cette recommandation suppose que les ARN maintiennent une obligation de contrôle des prix pendant toute la période considérée et ne devrait pas s’appliquer en cas d’évolution significative et inattendue des technologies ou du marché. |
| 62. | Lorsqu’en mettant en œuvre la méthode de calcul des coûts recommandée, elles la maintiennent conformément aux points 48 à 59 de la présente recommandation, les ARN ne devraient pas mettre à jour les données d’entrée du modèle de calcul des coûts plus de deux fois au cours de chaque période d’analyse de marché. Lorsqu’elles mettent à jour le modèle, les ARN devraient en principe, et pour autant que les conditions de marché soient restées stables, adapter ces données uniquement en fonction des variations réelles des prix des intrants individuels (par exemple, pour tenir compte de l’inflation, le cas échéant) et elles devraient, en tout état de cause, veiller à la récupération, sur la durée, des coûts efficacement encourus pour la fourniture de services d’accès de gros réglementés. Les ARN devraient publier la méthode de calcul des coûts mise à jour ainsi que les tarifs d’accès qui en résultent pour la période de deux ans et demi considérée. |
Tarification de l’accès à long terme et remises sur quantité
| 63. | L’opérateur PSM peut pratiquer des remises de prix sur les contrats d’accès à long terme ou les contrats qui sont assortis d’engagements relatifs aux volumes pour les produits d’accès de gros aux réseaux à très haute capacité, sous réserve des conditions énoncées à l’annexe IV de la présente recommandation. |
Rémunération appropriée du risque lié à l’investissement dans de nouveaux projets de réseaux à très haute capacité
| 64. | Dans les cas où les ARN jugent les obligations en matière de contrôle des prix appropriées, elles devraient permettre à l’entreprise de recevoir un taux de rendement rentable du capital engagé, compte tenu des risques spécifiquement liés à l’investissement considéré. |
| 65. | Lorsqu’elles établissent le CMPC applicable, les ARN devraient veiller à ce qu’il soit conforme aux paramètres macroéconomiques du moment. Si le CMPC applicable ne tient pas suffisamment compte de la situation économique, l’ARN devrait envisager de le mettre à jour de manière à garantir l’intégration des paramètres macroéconomiques corrects dans la base de calcul du CMPC du projet considéré en vue de nouveaux investissements. |
| 66. | Lorsqu’elles appliquent le taux du coût du capital, les ARN devraient veiller à ce que l’inflation ne soit pas comptabilisée deux fois, puisqu’il se peut qu’elle ait déjà été prise en considération dans le cadre de la mise en œuvre de la méthode de calcul des coûts. |
| 67. | Lorsqu’elles fixent les tarifs d’accès aux réseaux à très haute capacité, les ARN devraient envisager d’appliquer, en plus du CMPC applicable, une prime de risque prenant en compte tout risque supplémentaire et quantifiable lié au nouveau projet d’investissement dans le réseau, y compris dans les infrastructures de génie civil nouvellement construites, que l’opérateur PSM pourrait avoir à supporter. Les ARN devraient faire preuve de transparence dans l’application de la prime de risque en plus du CMPC applicable. |
| 68. | Les ARN devraient évaluer le risque d’investissement en prenant en compte l’un ou plusieurs des facteurs d’incertitude suivants:
|
| 69. | Les risques sont susceptibles de varier considérablement selon les niveaux de couverture des réseaux à très haute capacité dans les différentes zones géographiques. Les ARN devraient donc évaluer le risque d’investissement avec un niveau suffisant de précision, en tenant compte autant que possible des spécificités que présentent les investissements, ainsi que de la zone ou des zones qu’ils visent. En cas de différences mineures ou en l’absence de différences nettes observées dans le risque d’investissement entre des zones géographiques distinctes, les ARN devraient considérer que toutes les zones présentent le même risque d’investissement. |
| 70. | Étant donné que le niveau de risque peut diminuer au fil du temps, les investisseurs pourraient trouver opportun de retarder les investissements s’il pouvait en résulter une rentabilité supérieure, eu égard à la possibilité de prendre à l’avenir des décisions d’investissement en meilleure connaissance de cause. Sur cette base, les ARN peuvent juger que l’inclusion de la valeur d’option liée à l’attente dans le calcul du CMPC pourrait avoir une incidence sur la stimulation et l’accélération des investissements, notamment dans les zones où les perspectives de concurrence fondée sur les infrastructures sont limitées (comme dans les zones à faible densité de population). |
| 71. | L’incertitude en matière d’investissement traduit un éventail de retombées possibles, tant positives que négatives. Lorsqu’elles utilisent l’estimation du coût du capital pour fixer un contrôle des prix, les ARN devraient tenir compte des effets de ce contrôle sur les attentes des investisseurs quant au taux de rendement sur la durée de vie de l’investissement. Afin de ne pas compromettre les investissements, les ARN devraient éviter de fixer le contrôle des prix à des niveaux qui annihileraient le retour sur investissement escompté, déduction faite du coût estimé du capital, en tenant compte des scénarios défavorables qui pourraient se produire, par exemple une demande plus faible que prévu ou des coûts plus élevés que prévu. Dans les cas où la rentabilité attendue en l’absence de contrôle des prix est déjà marginale, les ARN devraient envisager de ne pas imposer d’obligations de contrôle des prix, au moins jusqu’à ce qu’une partie significative de l’incertitude y afférente soit levée, comme indiqué au point 70 de la présente recommandation. |
| 72. | Afin de promouvoir la prévisibilité réglementaire, la prime de risque applicable à un nouveau projet d’investissement donné devrait être stable sur une période suffisante, qui devrait correspondre à la période de l’analyse de marché effectuée par l’ARN, à savoir habituellement au moins cinq ans. |
| 73. | Si la prime de risque est fixée pour une période minimale de cinq ans, il s’ensuit que la prime de risque fixée pour le projet concerné ne devrait pas être modifiée au cours de cette période. Si un nouveau projet d’investissement supplémentaire est soumis pour décision à l’ARN, celle-ci peut envisager: i) d’étendre la prime de risque précédemment établie au nouveau projet, si cela est opportun; ou ii) sans préjudice du point 71 de la présente recommandation, d’instaurer une nouvelle prime de risque distincte, spécifiquement destinée au nouveau projet. Cette prime distincte devrait prendre en compte les risques applicables au moment où l’ARN prend une décision, ainsi que les spécificités du nouveau projet. Si l’ARN décide que la prime de risque déjà applicable constitue également une incitation suffisante pour le nouveau projet, elle devrait exposer en détail son raisonnement. De même, si elle propose une prime différente, l’ARN devrait suivre les principes généraux qui sous-tendent la présente recommandation. |
| 74. | Pour estimer le coût du capital correspondant au risque systématique d’investissement dans les réseaux à très haute capacité, les ARN peuvent s’appuyer en partie, pour fixer la prime de risque, sur des modèles financiers détaillés qui permettent de comparer la volatilité des rendements des réseaux à très haute capacité et des réseaux historiques. Si des informations suffisantes sont disponibles, par exemple en provenance des marchés financiers, les ARN peuvent également s’appuyer en partie sur des techniques d’estimation quantitative qui permettent de ventiler les risques systématiques des différents actifs. |
| 75. | Dans les cas exceptionnels où les ARN ne sont pas en mesure de quantifier de manière appropriée le risque d’investissement supplémentaire, notamment en raison d’un manque de ressources ou de contraintes de temps imprévues empêchant la collecte de données fiables, elles peuvent déterminer la prime de risque en se fondant, à titre de référence, sur les meilleures pratiques utilisées dans des États membres et/ou des régions où la situation est comparable. Les ARN qui procèdent de cette façon pour fixer la prime de risque devraient veiller à ce que les données d’entrée prises en compte pour calculer les valeurs de référence rendent compte de circonstances similaires et ont été saisies à des fins semblables à celles qui s’attachent au projet d’investissement auquel elles sont destinées. |
MIGRATION VERS LES RÉSEAUX À TRÈS HAUTE CAPACITÉ ET DÉCLASSEMENT DU RÉSEAU EN CUIVRE
Conditions à remplir pour que le plan de déclassement soit conforme à l’article 81, paragraphe 2, premier alinéa, de la directive (UE) 2018/1972
| 76. | Lorsque l’opérateur PSM annonce son intention de déclasser son réseau en cuivre, les ARN devraient veiller, conformément à l’article 81, paragraphe 2, premier alinéa, de la directive (UE) 2018/1972, à ce qu’une période de préavis appropriée soit prévue pour assurer la transition, afin que les autres opérateurs soient informés suffisamment à l’avance du déclassement. Cette période de préavis ne devrait pas dépasser deux à trois ans. Il devrait être établi qu’un produit de substitution approprié d’une qualité au moins comparable donnant accès à l’infrastructure de réseau améliorée est mis à la disposition des demandeurs d’accès. Cette mise à disposition devrait être établie avant le début de la période de préavis, ou suffisamment longtemps avant la suppression des obligations d’accès sur le réseau historique eu égard à son déclassement. Si cela s’avère nécessaire pour préserver la concurrence et les droits des utilisateurs finals, l’ARN devrait tenir compte de ces conditions. Dans cette fourchette de deux à trois ans, la période de préavis exacte devrait être déterminée en tenant compte de l’utilisation effective, par les demandeurs d’accès, du réseau à déclasser ou du type de produit d’accès fourni sur le réseau historique et les nouveaux réseaux. Les demandeurs d’accès pourraient notamment avoir besoin de plus de temps pour migrer depuis ou vers les produits passifs (par exemple, l’accès aux fourreaux ou à la fibre noire) que depuis ou vers les produits actifs (par exemple, le type d’accès bitstream), étant donné que le point de transfert risque davantage de changer entre le réseau en cuivre et le réseau à très haute capacité pour les produits passifs. De même, en fonction des circonstances nationales, certaines situations peuvent nécessiter une période de préavis plus courte. C’est particulièrement le cas lorsque l’opérateur PSM et tous les demandeurs d’accès utilisant les produits d’accès de gros historiques y consentent. |
| 77. | Afin d’évaluer, conformément à l’article 81, paragraphe 2, premier alinéa, de la directive (UE) 2018/1972, si le plan garantit la disponibilité effective de produits d’accès de substitution d’une qualité au moins comparable à celle des produits disponibles sur l’infrastructure historique, les ARN devraient établir une matrice de substitution indiquant les produits d’accès sur l’infrastructure de réseau nouvelle ou améliorée auxquels correspondent les produits d’accès fournis sur le réseau historique en vertu de l’article 73 de la directive (UE) 2018/1972. Les IPC et les SLA utilisés à cet égard devraient refléter non seulement les performances techniques intrinsèques des deux réseaux, mais aussi toutes les conditions d’accès pertinentes. En fonction des circonstances dans la zone concernée, l’offre d’accès alternative peut être fournie par l’opérateur PSM du réseau en cuivre ou par un autre opérateur ayant déployé le réseau à très haute capacité dans cette zone. L’offre alternative peut résulter d’obligations réglementaires lorsque de telles obligations ont été imposées, d’engagements rendus contraignants en vertu de l’article 79 de la directive (UE) 2018/1972, ou d’un accord commercial. En tout état de cause, l’ARN devrait évaluer si l’opérateur PSM du réseau en cuivre établit la disponibilité d’un produit d’accès de substitution répondant aux conditions énoncées à l’article 81, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972. |
| 78. | Afin de garantir que les produits d’accès de substitution permettent aux demandeurs d’accès d’atteindre les mêmes utilisateurs finaux que l’infrastructure historique conformément à l’article 81, paragraphe 2, premier alinéa, de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient déterminer un seuil de couverture à atteindre dans une zone par les réseaux à très haute capacité proposant des produits considérés comme des substituts appropriés aux produits réglementés fournis sur le réseau historique avant la suppression intégrale des obligations d’accès sur le réseau historique dans cette zone, eu égard à son déclassement. |
| 79. | Les ARN devraient garantir une transparence totale à l’égard de toutes les parties prenantes et leur participation aux travaux lors de l’élaboration et de la mise en œuvre du processus et du calendrier de déclassement. Les ARN devraient également veiller à ce que le processus de déclassement ne donne pas lieu à des comportements discriminatoires. Il pourrait s’agir, par exemple, d’une discrimination entre la branche de détail de l’opérateur PSM (si elle est verticalement intégrée) et les demandeurs d’accès quant aux conditions d’accès au réseau en cuivre pendant la phase de migration et de déclassement. Ainsi, l’opérateur PSM ne devrait pas continuer à fournir un accès à sa propre branche de détail après avoir cessé de fournir des services aux demandeurs d’accès à la suite de la suppression des obligations d’accès par les ARN en vue de permettre le déclassement conformément à l’article 81, paragraphe 2, deuxième alinéa, de la directive (UE) 2018/1972. Il pourrait s’agir également de différences qui ne sont pas justifiées sur la base de critères objectifs concernant le calendrier de désactivation entre les zones où le réseau à très haute capacité a été déployé par l’opérateur PSM du réseau historique et les zones où le réseau à très haute capacité a été déployé par un autre opérateur. |
Assouplissement progressif et retrait des mesures correctrices, y compris le contrôle des prix sur les réseaux en cuivre
| 80. | Dans le cadre du processus de déclassement dans une zone donnée prévu à l’article 81, paragraphe 2, de la directive (UE) 2018/1972, les ARN devraient envisager d’autoriser l’opérateur PSM à procéder à une fermeture commerciale, moyennant une période de préavis suffisante. Cette fermeture commerciale ne devrait avoir lieu que lorsqu’un produit d’accès de substitution est disponible conformément à l’article 81, paragraphe 2, deuxième alinéa, point a), de la directive (UE) 2018/1972, comme l’a établi l’ARN, si le produit d’accès disponible est nécessaire pour préserver la concurrence et les droits des utilisateurs finals. Toutefois, les accès existant déjà à ce stade devraient être maintenus jusqu’au retrait total des mesures correctrices sur le réseau historique. |
| 81. | Si les tarifs de gros pour l’accès aux réseaux en cuivre sont soumis à une obligation d’orientation vers les coûts, conformément à la méthode de calcul des coûts recommandée, et lorsque l’ARN juge qu’un plan de déclassement ou de remplacement notifié par l’opérateur PSM est conforme à l’article 81, paragraphe 2, premier alinéa, de la directive (UE) 2018/1972, les ARN peuvent envisager, parmi d’autres options, un assouplissement progressif de l’obligation de contrôle des prix, en permettant à l’opérateur PSM d’augmenter progressivement les tarifs de gros pour l’accès aux réseaux en cuivre. Cette augmentation des prix ne devrait s’appliquer que dans les zones où la période de préavis pour la désactivation du réseau en cuivre a commencé. L’ARN devrait veiller à ce que la période d’applicabilité de l’augmentation des prix ne soit prolongée par aucun retard injustifié dans la mise en œuvre du plan de désactivation. Si cette mesure est mise en œuvre, elle devrait être accompagnée de garanties suffisantes pour préserver la concurrence, dont les suivantes:
Les États membres sont destinataires de la présente recommandation. |
Fait à Bruxelles, le 6 février 2024.
Par la Commission
Thierry BRETON
Membre de la Commission
(1) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions intitulée «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique» [COM(2021) 118 final/2 du 9.3.2021].
(2) Décision (UE) 2022/2481 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 établissant le programme d’action pour la décennie numérique à l’horizon 2030 (JO L 323 du 19.12.2022, p. 4).
(3) Directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 établissant le code des communications électroniques européen (JO L 321 du 17.12.2018, p. 36).
(4) Tels que définis à l’article 2, point 2), de la directive (UE) 2018/1972.
(5) On considère aujourd’hui au niveau européen que seuls 2 marchés (contre 18 marchés en 2003) justifient l’imposition d’obligations réglementaires.
(6) Recommandation (UE) 2020/2245 de la Commission du 18 décembre 2020 concernant les marchés pertinents de produits et de services dans le secteur des communications électroniques susceptibles d’être soumis à une réglementation ex ante conformément à la directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil établissant le code des communications électroniques européen (JO L 439 du 29.12.2020, p. 23).
(7) Recommandation (UE) 2020/2245 de la Commission, points 67 et 68 de la communication de la Commission intitulée «Lignes directrices sur l’analyse du marché et l’évaluation de la puissance sur le marché en application du cadre réglementaire de l’Union pour les réseaux et les services de communications électroniques» (JO C 159 du 7.5.2018, p. 1), lignes directrices de l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE).
(8) Recommandation 2014/710/UE de la Commission du 9 octobre 2014 concernant les marchés pertinents de produits et de services dans le secteur des communications électroniques susceptibles d’être soumis à une réglementation ex ante conformément à la directive 2002/21/CE du Parlement européen et du Conseil relative à un cadre réglementaire commun pour les réseaux et services de communications électroniques (JO L 295 du 11.10.2014, p. 79).
(9) Directive 2002/19/CE du Parlement européen et du Conseil du 7 mars 2002 relative à l’accès aux réseaux de communications électroniques et aux ressources associées, ainsi qu’à leur interconnexion (JO L 108 du 24.4.2002, p. 7).
(10) Dans un État membre, seules des valeurs agrégées sont disponibles et les opérateurs peuvent comparer les IPC à la moyenne du secteur, CdR de l’ORECE, BoR (16) 219, p. 42.
(11) Directive 2014/61/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 relative à des mesures visant à réduire le coût du déploiement de réseaux de communications électroniques à haut débit (JO L 155 du 23.5.2014, p. 1). Ladite directive sera prochainement remplacée en vertu de la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à des mesures visant à réduire le coût du déploiement de réseaux gigabit de communications électroniques et abrogeant la directive 2014/61/UE (règlement sur les infrastructures gigabit) — COM(2023) 94 final.
(12) Document de travail des services de la Commission accompagnant la recommandation (UE) 2020/2245 de la Commission du 18 décembre 2020 concernant les marchés pertinents de produits et de services dans le secteur des communications électroniques susceptibles d’être soumis à une réglementation ex ante conformément à la directive (UE) 2018/1972 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 établissant le code des communications électroniques européen [SWD(2020) 337 final du 18.12.2020].
(13) Recommandation 2013/466/UE de la Commission du 11 septembre 2013 sur des obligations de non-discrimination et des méthodes de calcul des coûts cohérentes pour promouvoir la concurrence et encourager l’investissement dans le haut débit (JO L 251 du 21.9.2013, p. 13).
(14) Recommandation 2010/572/UE de la Commission du 20 septembre 2010 sur l’accès réglementé aux réseaux d’accès de nouvelle génération (NGA) (JO L 251 du 25.9.2010, p. 35).
ANNEXE I
Application des obligations de non-discrimination visées au point 25 de la présente recommandation
Indicateurs de performance clés (IPC)
| 1) | La mesure des performances au moyen d’IPC devrait reposer au moins sur les éléments essentiels de la fourniture de services de gros réglementés suivants:
|
| 2) | Les autorités de régulation nationales devraient imposer des IPC pour chacun des éléments essentiels énumérés au point 1 de la fourniture de services de gros réglementés. Ces IPC devraient permettre de comparer les services fournis en interne à la branche de détail en aval de l’opérateur disposant d’une puissance significative sur le marché (opérateur PSM) et les services fournis en externe aux demandeurs d’accès tiers. |
| 3) | Les détails spécifiques des IPC imposés par l’ARN conformément au point 2 peuvent être convenus entre l’opérateur PSM et les demandeurs d’accès tiers. |
| 4) | Lorsqu’elle détermine les IPC, l’ARN devrait tenir compte des moyens existants de mesure de la performance, même s’ils ne sont utilisés par l’opérateur PSM qu’à des fins internes. |
| 5) | Le processus de suivi des IPC devrait être totalement transparent. Afin d’assurer la détection précoce d’éventuelles pratiques discriminatoires dans la fourniture de services de gros réglementés et de garantir la transparence, les ARN devraient publier les IPC au moins tous les trimestres sous une forme appropriée, soit sur le site web de l’ARN, soit sur le site web d’une tierce partie indépendante désignée par l’ARN. |
| 6) | Les ARN devraient faire en sorte que les IPC soient régulièrement audités soit par l’ARN elle-même soit par un auditeur indépendant. |
Contrats de niveau de service et garanties de niveau de service
| 7) | Les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il mette en œuvre, en sus des IPC, les SLA correspondants. |
| 8) | Les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il fournisse les SLG correspondantes en cas de manquement aux SLA. |
| 9) | Les ARN devraient veiller à ce que le paiement des pénalités pour non-respect des SLG soit, en principe, effectué sans délai injustifié suivant un processus prédéfini de paiement et de facturation. Le niveau des pénalités devrait être suffisamment dissuasif pour garantir que l’opérateur PSM respecte ses obligations de fourniture. |
| 10) | Les pénalités pour non-respect des IPC devraient être proportionnées, mais elles devraient être suffisamment élevées pour être dissuasives. Pour déterminer le caractère suffisamment dissuasif d’une pénalité, les ARN devraient examiner la question de savoir si une violation des obligations de gros par l’opérateur PSM entraînerait des problèmes au niveau du détail pour l’autre opérateur qui utilise le produit d’accès de gros. Dans l’affirmative, la pénalité devrait être suffisamment élevée pour couvrir l’indemnité au niveau du détail. |
| 11) | Plus particulièrement, si des difficultés importantes sont apparues dans le passé, les ARN devraient contrôler tout retard dans le paiement des pénalités afin de garantir leur effet dissuasif. |
ANNEXE II
Application du principe d’équivalence pour l’accès à l’infrastructure de génie civil de l’opérateur PSM conformément au point 34 de la présente recommandation
Principe d’équivalence
| 1) | Les ARN devraient exiger de l’opérateur PSM qu’il donne accès à son infrastructure de génie civil aux demandeurs d’accès tiers aux mêmes conditions qu’aux demandeurs d’accès internes. En particulier, l’opérateur PSM devrait partager toutes les informations nécessaires sur les caractéristiques de l’infrastructure et appliquer, en principe, les mêmes procédures de commande et de réservation d’accès. |
Informations sur l’infrastructure de génie civil et les points de mutualisation
| 2) | L’opérateur PSM devrait fournir aux demandeurs d’accès tiers autant d’informations sur son infrastructure de génie civil et ses points de mutualisation qu’il en détient en interne. Ces informations devraient couvrir l’organisation de l’infrastructure de génie civil ainsi que les caractéristiques techniques des différents éléments inclus dans l’infrastructure. Devraient être fournis la localisation de ces éléments, y compris des fourreaux, appuis aériens et autres actifs physiques (par exemple, les alvéoles de manœuvre), ainsi que l’espace disponible dans les fourreaux et, si possible, sur les appuis aériens. Devraient également être fournies la localisation des points de mutualisation et la liste des bâtiments raccordés. |
| 3) | L’opérateur PSM devrait spécifier toutes les règles et conditions techniques régissant l’accès et l’utilisation de tous les éléments de son infrastructure de génie civil et des points de mutualisation. Les mêmes règles et conditions devraient s’appliquer aux demandeurs d’accès tiers et aux demandeurs d’accès internes. |
| 4) | L’opérateur PSM devrait fournir des outils d’information efficaces, par exemple des répertoires, bases de données ou portails web aisément accessibles. Ces informations devraient être mises à jour régulièrement pour tenir compte de l’évolution des infrastructures et des informations nouvelles, notamment sur les projets de déploiement de fibre optique réalisés par l’opérateur PSM ou par d’autres demandeurs d’accès. Si l’outil ou les outils pertinents contiennent des informations confidentielles, l’ARN devrait veiller à ce que cette circonstance ne retarde pas indûment la fourniture, par l’opérateur PSM, des informations relatives à son infrastructure de génie civil et à ses points de mutualisation. |
| 5) | Si d’autres dispositions juridiques imposent à l’opérateur PSM l’obligation de fournir tout ou partie des informations visées aux points 1 à 4 par l’intermédiaire ou dans le cadre d’un répertoire, d’une base de données ou d’un portail web gérés par un tiers, l’ARN devrait évaluer si les exigences de transparences sont encore remplies. Au nombre des facteurs à prendre en considération par l’ARN figurent:
|
| 6) | Si les recommandations en matière de transparence prévues dans la présente section sont déjà mises en œuvre par d’autres dispositions juridiques, l’ARN devrait examiner s’il y a lieu de s’en remettre uniquement à ces dernières. |
| 7) | Si l’ARN juge nécessaire d’imposer à l’opérateur PSM une obligation de transparence en ce qui concerne son infrastructure de génie civil, elle devrait examiner également s’il convient d’exiger que les informations soient présentées dans un répertoire, une base de données ou un portail web pertinents gérés par un tiers. L’ARN devrait appliquer une approche cohérente lorsqu’elle impose l’obligation de transparence, de manière à ne pas imposer de charges administratives inutiles à l’opérateur PSM et aux demandeurs d’accès. |
Commande et réservation d’accès
| 8) | L’opérateur PSM devrait recourir aux procédures et outils nécessaires pour garantir un accès et une utilisation efficaces de tous les éléments de son infrastructure de génie civil et de ses points de mutualisation. En particulier, l’opérateur PSM devrait fournir aux demandeurs d’accès tiers des systèmes de commande de bout en bout, de réservation et de gestion des incidents équivalents à ceux fournis aux demandeurs d’accès internes. Cela devrait inclure un processus approprié et non discriminatoire pour désaturer les fourreaux actuellement utilisés. |
| 9) | Les demandes d’information, d’accès et d’utilisation de tous les éléments de l’infrastructure de génie civil et des points de mutualisation introduites par des demandeurs d’accès tiers devraient être traitées dans les mêmes délais que les demandes équivalentes présentées par des demandeurs d’accès internes. La même transparence quant à l’avancement de ces demandes devrait également être assurée et les refus d’accès devraient être motivés objectivement. |
| 10) | Le ou les systèmes informatiques de l’opérateur PSM devraient conserver l’historique traitement des demandes et ces enregistrements devraient être mis à la disposition de l’ARN. |
Indicateurs de performance clés (IPC) spécifiques
| 11) | L’accès à l’infrastructure de génie civil requiert un ensemble spécifique d’IPC afin de garantir le respect de l’obligation de non-discrimination. Ces ICP devraient permettre de mesurer:
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ANNEXE III
Paramètres de l’essai de reproductibilité économique ex ante visé au point 46 de la recommandation
Lorsque l’ARN décide de ne pas imposer ou de ne pas maintenir de tarifs d’accès de gros réglementés pour les intrants de gros des réseaux à très haute capacité, conformément à l’article 74 de la directive (UE) 2018/1972, l’essai de reproductibilité économique ex ante visé au point 46 de la présente recommandation permet de déterminer si la marge entre le prix des produits de détail pertinents et le prix des intrants d’accès de gros réglementés pertinents des réseaux à très haute capacité couvre les coûts différentiels en aval et une proportion raisonnable des coûts communs. Lorsqu’elles définissent les paramètres de l’essai de reproductibilité économique ex ante, les ARN devraient veiller à ce que l’opérateur PSM ne soit ni favorisé ni défavorisé par rapport aux demandeurs d’accès en ce qui concerne le partage des risques d’investissement.
Les paramètres visés au point 46 a) de la présente recommandation sont les suivants:
Coûts en aval pertinents
| 1) | Les coûts en aval sont estimés sur la base des coûts des entreprises en aval de l’opérateur PSM (critère de l’opérateur aussi efficace). Les ARN devraient utiliser les coûts en aval audités de l’opérateur PSM pourvu qu’ils soient suffisamment désagrégés. |
| 2) | Lorsque l’entrée sur le marché ou le développement ont été entravés dans le passé (comme il ressort, par exemple, des constats antérieurs en matière de pratiques) ou que le nombre très faible de lignes et leur couverture géographique extrêmement limitée par rapport au réseau à très haute capacité de l’opérateur PSM indiquent que les conditions économiques objectives ne favorisent pas le passage des autres opérateurs à une échelle supérieure, les ARN peuvent, en tenant compte du niveau de concurrence sur le marché de détail et de la dynamique concurrentielle mis en évidence par l’analyse du marché, apporter des adaptations en termes d’échelle aux coûts en aval de l’opérateur PSM afin de faire en sorte que la reproductibilité économique soit une perspective réaliste. Dans de tels cas, l’échelle raisonnablement efficace définie par l’ARN ne devrait pas dépasser celle d’une structure de marché comptant un nombre suffisant d’opérateurs éligibles pour assurer une concurrence effective, compte tenu aussi de la concurrence exercée par d’autres plateformes. Lors de cette évaluation, les ARN devraient, en particulier, tenir compte des éléments suivants, le cas échéant:
|
Norme de coût pertinente
| 3) | La norme appropriée est le coût différentiel de la fourniture du service en aval pertinent. Il convient d’utiliser un modèle des coûts différentiels à long terme plus (LRIC+) pour calculer le coût différentiel (y compris les coûts non récupérables) et déterminer la majoration pour les coûts communs liés aux activités en aval. |
Intrants de gros réglementés pertinents et tarifs de référence pertinents
| 4) | Les ARN devraient définir les intrants réglementés les plus pertinents qui sont utilisés ou censés être utilisés par les demandeurs d’accès au niveau de la couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité, qui devrait être dominante durant la période d’analyse de marché en cours. La couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité qui dominera dépendra des plans de déploiement de l’opérateur PSM et des topologies de réseau choisies, ainsi que de l’adoption des offres de gros. |
| 5) | Il peut s’agir d’un intrant actif, d’un intrant passif ou encore d’un intrant non physique ou virtuel offrant des fonctionnalités équivalentes à celles d’un intrant passif. |
| 6) | Les ARN devraient effectuer l’essai de reproductibilité économique ex ante afin d’évaluer la marge réalisée entre le ou les produits de détail visés au point 46 a) 4) de la présente recommandation et l’intrant réglementé défini comme le plus pertinent au niveau de la couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité choisie. |
| 7) | En outre, lorsque c’est justifié et, en particulier, lorsqu’un produit de détail visé au point 46 a) 4) de la présente recommandation est lancé sur la base d’un intrant différent de celui préalablement défini ou qu’il y a une demande importante d’accès à une nouvelle couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité, les ARN devraient aussi évaluer la marge réalisée entre le produit de détail et le nouvel intrant de gros des réseaux à très haute capacité réglementé. |
| 8) | Si les caractéristiques du réseau de l’opérateur PSM et la demande d’offres de gros varient considérablement sur le territoire d’un État membre, l’ARN devrait déterminer s’il est possible de distinguer la couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité la plus pertinente par zone géographique et adapter l’essai en conséquence. |
| 9) | S’agissant de déterminer le tarif de gros de référence pertinent, les ARN devraient prendre en considération le tarif d’accès que l’opérateur PSM fait effectivement payer aux demandeurs d’accès tiers pour l’intrant de gros réglementé pertinent. Ce tarif d’accès de gros devrait être équivalent au tarif que l’opérateur PSM fait payer à sa propre branche de détail. En particulier, afin d’assurer un juste équilibre, dans le contexte national, entre la promotion de stratégies tarifaires efficaces et souples au niveau de gros et, en même temps, la nécessité de garantir aux demandeurs d’accès une marge suffisante pour préserver une concurrence durable, les ARN devraient dûment prendre en compte les remises sur quantité ou les accords de tarification de l’accès à long terme existant entre l’opérateur PSM et des demandeurs d’accès, ou les deux, en particulier lorsqu’une proportion importante des demandeurs d’accès bénéficie de remises sur les services de gros. |
Produits de détail pertinents
| 10) | Les ARN devraient déterminer les produits de détail comprenant des services à haut débit (produits phare) les plus pertinents que propose l’opérateur PSM sur la base de la couche d’accès de gros fondé sur un réseau à très haute capacité définie. Les ARN devraient définir les produits phare d’après leurs observations actuelles et prospectives du marché, compte tenu notamment de l’importance des produits pour la concurrence actuelle et future. Cela devrait impliquer une évaluation des parts de marché de détail en termes de volume et de valeur des produits basés sur les intrants de gros des réseaux à très haute capacité réglementés et, le cas échéant, de dépenses publicitaires. |
| 11) | Les produits phare sont susceptibles d’être proposés groupés. Lorsqu’elles identifient les produits phares et qu’elles évaluent si une offre groupée (composée d’offres comprenant des éléments non réglementés telles que l’accès à des contenus audiovisuels de qualité supérieure) constitue un produit phare, les ARN devraient tenir compte des situations nationales telles que la prédominance et la nature des offres groupées sur le marché considéré. En outre, les ARN devraient évaluer les variantes novatrices de ces offres groupées si celles-ci sont susceptibles de remplacer le produit phare. |
| 12) | Les ARN devraient déterminer le niveau d’agrégation (produit par produit ou portefeuille de produits) approprié pour l’essai de reproductibilité économique, à la lumière de l’évaluation des problèmes de concurrence recensés dans l’analyse de marché. Sur les marchés contestables, il peut être justifié de laisser plus de souplesse à l’opérateur PSM en adoptant une approche par portefeuille. Toutefois, sur les marchés sur lesquels l’opérateur PSM présente un degré élevé de concentration ou est très puissant sur le marché, ou cumule ces deux caractéristiques, il peut être nécessaire d’avoir recours à une évaluation produit par produit pour éviter les subventions croisées entre produits et pour permettre aux autres opérateurs de se faire concurrence sur les différents segments du marché. |
| 13) | En outre, les ARN devraient établir s’il existe un produit de détail spécifique qui peut ne pas figurer parmi les produits de détail les plus pertinents de l’opérateur PSM mais être particulièrement attrayant pour d’autres opérateurs pouvant souhaiter se concentrer sur une certaine niche ou des produits de détail de moindre qualité, et peuvent décider d’inclure un tel produit dans les produits phare. |
Période de référence pertinente
| 14) | Les ARN devraient évaluer la rentabilité des produits phare sur la base d’une analyse dynamique multipériodique telle que la méthode d’actualisation des flux de trésorerie. Les ARN devraient définir une période de référence adéquate au cours de laquelle déterminer si la marge entre le prix de détail du produit phare et le prix de l’intrant d’accès de gros des réseaux à très haute capacité pertinent permet de récupérer les coûts en aval (y compris un pourcentage raisonnable des coûts communs) calculés sur la base des points 1) et 2). |
| 15) | La période pertinente pour cet essai de reproductibilité économique ex ante devrait être définie en fonction de la durée de vie «client» moyenne estimée. Cette durée de vie «client» moyenne serait la période de temps au cours de laquelle le client contribue à la récupération des deux catégories suivantes:
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| 16) | Pour estimer cette durée de vie moyenne, les ARN devraient dûment prendre en compte les différentes caractéristiques et conditions concurrentielles de la fourniture de services sur réseau à très haute capacité par rapport au réseau historique en cuivre, lorsqu’il en résulte vraisemblablement que les utilisateurs de réseau à très haute capacité ont une durée de vie «client» moyenne différente de celle des utilisateurs de réseau en cuivre. |
| 17) | Les orientations fournies pour l’essai de reproductibilité économique ex ante visé au point 46 de la présente recommandation et dans la présente annexe se limitent au champ d’application de la présente recommandation. Elles ne s’appliquent donc pas dans les mêmes cas que les tests de compression de marge ex ante effectués sur les tarifs d’accès de gros réglementés. Elles sont sans préjudice de l’application des règles de concurrence par la Commission ou les autorités nationales compétentes, ou les deux, ainsi que de leur interprétation par le Tribunal et la Cour de justice de l’Union européenne. Les présentes orientations sont également sans préjudice de toute action que la Commission pourrait engager ou de toute ligne directrice qu’elle pourrait fournir à l’avenir en ce qui concerne l’application des règles de concurrence dans l’Union. |
(1) L’indice Herfindahl-Hirschman (IHH) est communément utilisé pour mesurer le degré de concentration des marchés. Il est calculé en additionnant les carrés des parts de marché de toutes les entreprises en concurrence sur le marché. Il peut aller de près de zéro à 10 000.
ANNEXE IV
Tarification de l’accès à long terme et remises sur quantité visées au point 63 de la présente recommandation
Critères d’évaluation de la tarification de l’accès à long terme pour les déploiements de VHCN, en particulier le FTTH
| 1) | L’adaptation au risque des tarifs d’accès, sur la base de l’accès à long terme, peut varier en fonction de la période pendant laquelle les engagements d’accès sont pris. Le barème de prix appliqué aux contrats d’accès à long terme peut être inférieur, par ligne d’accès, à celui des contrats à court terme. Les tarifs d’accès à long terme ne devraient refléter que la limitation de risque pour l’investisseur et ne devraient donc pas être inférieurs à celui, orienté vers les coûts, auquel n’est ajoutée aucune prime de risque plus élevé reflétant le risque systématique d’investissement. En vertu des contrats à long terme, les entrants obtiendraient le contrôle total des actifs physiques, ce qui leur donnerait aussi la possibilité de négocier sur le marché secondaire. Les contrats à court terme seraient disponibles sans engagement de longue durée et seraient donc, en principe, soumis à un barème de prix supérieur par ligne d’accès, les tarifs d’accès reflétant le bénéfice pour le demandeur d’accès en termes de souplesse accrue. |
| 2) | Il existe toutefois un risque que l’opérateur PSM abuse, sur la durée, de la tarification de l’accès à long terme en vendant ses services de détail avec une marge insuffisante par rapport au prix de ses services de gros réglementés (car il pratiquerait, à l’égard de sa propre branche de détail en aval, des tarifs peu élevés correspondant un engagement à long terme) et, ainsi, verrouiller le marché. En outre, les autres fournisseurs ayant une clientèle plus réduite et des perspectives commerciales moins claires sont exposés à des niveaux de risque plus élevés. Ces fournisseurs peuvent ne pas être en mesure de s’engager à acheter de l’accès sur une longue période et peuvent donc être obligés d’échelonner leurs investissements et d’acheter de l’accès réglementé à un stade ultérieur. |
| 3) | C’est pourquoi la tarification de l’accès à long terme ne devrait être acceptable que si les ARN veillent à ce que les deux conditions suivantes soient remplies:
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Critères d’évaluation des remises sur quantité en cas de déploiements de VHCN, en particulier le FTTH
| 4) | L’adaptation au risque des tarifs d’accès, sur la base de remises sur quantité, traduit le fait que le risque d’investissement diminue en fonction du nombre total de boucles optiques déjà vendues dans une zone donnée. En effet, le risque d’investissement est étroitement lié au nombre de fibres optiques restant inutilisées. Plus la proportion de fibres optiques utilisées est grande, moins le risque est important. Les tarifs d’accès pourraient donc varier en fonction de la quantité achetée. Il devrait être autorisé un taux unique de remise, applicable à tous les opérateurs éligibles sous la forme d’un prix uniforme par ligne. Les ARN devraient définir la quantité de lignes qu’il est nécessaire d’acheter pour bénéficier de cette remise, compte tenu de l’échelle d’exploitation minimale estimée pour qu’un demandeur d’accès concoure efficacement sur le marché et de la nécessité de maintenir une structure de marché dans laquelle un nombre suffisant d’opérateurs éligibles assurent une concurrence effective. La remise sur quantité ne devrait refléter que la limitation de risque pour l’investisseur et ne devrait donc pas entraîner des tarifs d’accès inférieurs à celui, orienté vers les coûts, auquel n’est ajoutée aucune prime de risque plus élevé reflétant le risque systématique d’investissement. Comme la prime de risque devrait en principe diminuer à mesure qu’augmente la part de la demande de détail et de gros satisfaite, la remise sur quantité devrait également diminuer en proportion et pourrait ne plus se justifier une fois que la demande de détail et de gros atteint des niveaux élevés. |
| 5) | Une remise sur quantité ne devrait être acceptée par les ARN que si toutes les conditions suivantes sont remplies:
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ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2024/539/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Recommandation (UE) 2003/361
05/12/2024
Recommandation du Conseil du 3 décembre 2024 relative aux environnements sans fumée et sans aérosols remplaçant la recommandation du Conseil 2009/C 296/02
03/12/2024
Recommandation du Conseil du 25 novembre 2024 relative à des carrières attractives et pérennes dans l'enseignement supérieur
25/11/2024
Recommandation du Conseil du 18 novembre 2024 évaluant les progrès réalisés par les États membres participants en vue de remplir les engagements pris dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP)
18/11/2024