| CELEX | 32024R0804 |
| Type | Règlement |
| Date | jeudi 7 mars 2024 |
| Journal officiel | FR Série L |
| 2024/804 | 8.3.2024 |
RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2024/804 DE LA COMMISSION
du 7 mars 2024
modifiant le règlement d’exécution (UE) 2023/265 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de carreaux en céramique originaires de l’Inde et de Turquie
LA COMMISSION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
vu le règlement (UE) 2016/1036 du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2016 relatif à la défense contre les importations qui font l’objet d’un dumping de la part de pays non membres de l’Union européenne (1) (ci-après le «règlement de base»), et notamment son article 14, paragraphe 1,
considérant ce qui suit:
1. Mesures en vigueur
| (1) | À la suite d’une enquête antidumping (ci-après l’«enquête initiale»), les importations de carreaux en céramique originaires de l’Inde et de Turquie sont soumises aux mesures antidumping instituées par le règlement d’exécution (UE) 2023/265 de la Commission (2) (ci-après le «règlement initial»). Les droits antidumping applicables aux importations en provenance de l’Inde sont compris entre 6,7 % et 8,7 %, tandis que les mesures antidumping applicables aux importations en provenance de Turquie sont comprises entre 4,8 % et 20,9 %. |
| (2) | La société Lavish Granito Limited et ses sociétés liées se sont manifestées lors de l’ouverture de l’enquête et ont été incluses dans l’échantillon. Comme indiqué aux considérants 202 et 208 du règlement initial, aucun dumping n’a été constaté en ce qui concerne le groupe Lavish. Par conséquent, l’article 1er, paragraphe 3, du règlement initial a précisé que les droits antidumping n’étaient pas applicables aux exportations réalisées par les sociétés du groupe Lavish. |
2. Demande
| (3) | Le 16 février 2023, le groupe Lavish et ses sociétés liées (ci-après les «requérants») ont demandé que les sociétés Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP (ci-après «Silk et Luxgres») soient ajoutées à la liste des producteurs-exportateurs faisant partie du groupe Lavish (code additionnel TARIC C903). |
3. Analyse de la demande
| (4) | Au cours de l’enquête initiale, il a été constaté que ces deux sociétés faisaient partie du groupe Lavish, mais comme les produits qu’elles fabriquaient n’avaient pas été exportés vers l’Union au cours de la période d’enquête initiale (du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021), leurs noms n’ont pas été mentionnés à l’article 1er, paragraphe 3, du règlement initial parmi les sociétés appartenant au groupe Lavish. |
| (5) | La Commission a examiné les informations fournies par Silk et Luxgres dans le cadre de l’enquête initiale et dans la demande du 16 février 2023. Elle a sollicité et obtenu des informations complémentaires de la part des parties concernées. |
| (6) | Sur cette base, la Commission a constaté que ces deux sociétés étaient liées à Lavish Granito Pvt Ltd., Lavish Ceramics, Lakme Vitrified LLP et Liva Ceramics, et qu’elles n’avaient pas exporté vers l’Union de carreaux en céramique de leur fabrication au cours de la période d’enquête initiale. Elle a en outre pu établir qu’elles avaient commencé à exporter des carreaux en céramique de leur fabrication vers l’Union après la période d’enquête initiale. La Commission a également constaté que les volumes de vente et les prix des deux sociétés dans l’Union après la période d’enquête ne remettaient nullement en cause les conclusions relatives à la politique de prix du groupe Lavish formulées au cours de l’enquête. La Commission a aussi observé que les deux sociétés avaient coopéré à l’enquête initiale, l’une en tant que producteur/négociant national et l’autre en tant que producteur lié ayant commencé ses activités après la période d’enquête, et qu’elles étaient toutes deux considérées comme faisant partie du groupe Lavish. |
| (7) | Compte tenu des considérations exposées aux considérants ci-dessus et conformément à l’article 14, paragraphe 1, du règlement de base, la Commission a jugé approprié de modifier l’article 1er, paragraphe 3, du règlement initial pour ajouter Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP aux entités du groupe Lavish qui y sont mentionnées sous le code additionnel TARIC C903. |
4. Information des parties
| (8) | Le 30 août 2023, la Commission a communiqué ses conclusions aux requérants et à l’industrie de l’Union. |
| (9) | À la demande de l’industrie de l’Union, celle-ci a été entendue le 25 octobre et le 1er décembre 2023 (3). Lors de ces auditions, l’industrie de l’Union a réitéré les observations qu’elle avait précédemment formulées par écrit, qui sont résumées et traitées plus bas. Elle a en outre communiqué des observations écrites après les auditions. |
| (10) | Le groupe Lavish a été informé et invité à présenter des observations sur les observations communiquées par l’industrie de l’Union après les auditions. |
| (11) | En réponse à des allégations faisant état d’un défaut de motivation (voir le considérant 14), la Commission a fourni, le 15 décembre 2023, une information additionnelle contenant la base juridique de ses conclusions, qui avait été omise involontairement de la première communication. Toutes les parties intéressées ont eu à nouveau la possibilité de présenter leurs observations sur les informations communiquées. |
| (12) | Le groupe Lavish a transmis des observations le 20 décembre 2023, mais l’industrie de l’Union n’a présenté aucune observation à la suite de cette information additionnelle. |
| (13) | Toutes les observations reçues au cours de l’enquête sont traitées dans la section suivante. |
5. Observations à la suite de l’information des parties
| (14) | Dans ses observations du 18 septembre 2023, invoquant l’affaire DS505 (États-Unis — Mesures compensatoires visant le papier supercalandré en provenance du Canada) (4), l’industrie de l’Union a affirmé que les deux sociétés liées au groupe Lavish devaient être assujetties au droit résiduel jusqu’à ce qu’elles puissent faire l’objet d’un réexamen en bonne et due forme au titre de l’article 11, paragraphe 4, du règlement de base. L’industrie de l’Union a également fait référence à l’une des affirmations de la Commission figurant dans l’information des parties, à savoir que «les volumes de vente et les prix […] dans l’Union après la période d’enquête ne remettaient nullement en cause les conclusions relatives à la politique de prix du groupe Lavish formulées au cours de l’enquête» et a fait valoir que la «politique de prix» n’était définie nulle part dans le règlement de base. L’industrie de l’Union a affirmé que la Commission aurait plutôt dû procéder à une évaluation de la valeur normale pour les six producteurs-exportateurs composant le groupe Lavish, c’est-à-dire les quatre sociétés ayant fait l’objet de l’enquête initiale ainsi que Silk et Luxgres. |
| (15) | La Commission conteste l’affirmation selon laquelle elle n’aurait pas fourni de motivation suffisante. Les faits essentiels sur lesquels la Commission a fondé sa décision sont parfaitement clairs: 1) les deux sociétés faisaient partie du groupe Lavish; 2) elles n’ont pas exporté au cours de la période d’enquête; 3) les exportations du groupe Lavish ne sont pas visées par les mesures antidumping. Dans la deuxième information des parties, la Commission a précisé que les deux sociétés avaient coopéré à l’enquête initiale, l’une en tant que producteur/négociant national et l’autre en tant que producteur qui n’était pas encore en activité au cours de la période d’enquête initiale. En fait, il ressort clairement des observations du 18 septembre que l’industrie de l’Union avait une parfaite compréhension des raisons invoquées par la Commission, mais qu’elle n’acceptait pas le fait qu’un groupe dont il avait été constaté qu’il n’avait pas pratiqué de dumping soit libre d’organiser ses activités comme il le souhaitait. L’industrie de l’Union n’a pas contesté pas le fait que, à la lumière des conclusions du groupe spécial de l’OMC dans l’affaire concernant la viande de bœuf et le riz (5) (ci-après les «conclusions concernant la viande de bœuf et le riz»), le groupe Lavish a été exempté des mesures conformément à l’article 9, paragraphe 3, du règlement de base. |
| (16) | La référence de l’industrie de l’Union à la jurisprudence de l’OMC à l’appui de son argument selon lequel les deux sociétés du groupe Lavish devraient être soumises au droit résiduel jusqu’à ce qu’un réexamen au titre de nouvel exportateur soit effectué a été jugée dénuée de pertinence, car les faits de deux affaires sont fondamentalement différents. En effet, le groupe Lavish n’est pas soumis aux mesures et tant Silk que Luxgres ont fait l’objet d’une enquête. |
| (17) | En ce qui concerne sa déclaration concernant la politique de prix du groupe Lavish, la Commission a précisé qu’elle n’avait nullement l’obligation juridique de procéder à une analyse des prix pour parvenir à la conclusion énoncée lors de l’information des parties, à savoir que Silk et Luxgres, en tant que membres du groupe Lavish, devaient être explicitement exemptées des mesures instituées par le règlement initial (voir le considérant 15). |
| (18) | En outre, l’argument avancé par l’industrie de l’Union dans les observations communiquées après les auditions selon lequel le document d’information générale du 30 août 2023 n’a fait aucune référence aux conclusions concernant la viande de bœuf et le riz a été jugé hors de propos. Dans la deuxième information des parties, la Commission a précisé la base juridique de la modification actuelle du règlement initial, à savoir l’article 14, paragraphe 1, du règlement de base. Comme l’a constaté la Cour (6), cette disposition habilite la Commission à fixer des critères relatifs à la perception des droits antidumping. En l’espèce, en modifiant le règlement initial, la Commission précise aux autorités douanières que les droits antidumping ne doivent pas être perçus en ce qui concerne les exportations des deux sociétés en cause puisqu’elles appartiennent au groupe Lavish. En outre, le dumping est calculé pour les groupes de sociétés et les mesures sont appliquées à toutes les sociétés liées, au même taux. L’argument de l’industrie de l’Union selon lequel les deux sociétés appartenant au groupe Lavish devraient être traitées comme de nouveaux exportateurs a été considéré non seulement comme inexact — compte tenu notamment du fait que ces sociétés ont fait l’objet d’une enquête au cours de l’affaire initiale — mais aussi comme juridiquement impossible à mettre en œuvre, car un réexamen devrait porter sur toutes les sociétés du groupe et, comme indiqué au considérant 15, le groupe Lavish a été exempté des mesures antidumping et ne peut faire l’objet d’un réexamen. L’industrie de l’Union a critiqué la position de la Commission, mais n’a présenté aucune autre solution conforme au cadre juridique actuellement en vigueur. |
| (19) | Ces arguments ont donc été rejetés. |
| (20) | Par ailleurs, l’industrie de l’Union a déclaré qu’elle n’avait pas eu accès en temps utile au dossier public. |
| (21) | Comme indiqué ci-dessus, le groupe Lavish n’est pas visé par des mesures antidumping et la Commission ne disposait donc d’aucune base juridique pour étendre les mesures aux deux sociétés du groupe. Toutefois, dans un souci de transparence, la Commission a fait part à l’industrie de l’Union de son intention de modifier le règlement initial avant la publication de la modification. Toutes les informations pertinentes ont été mises à la disposition de l’industrie de l’Union, dans le respect de la confidentialité, et un délai suffisant lui a été accordé pour formuler des observations tant sur les informations communiquées que sur le dossier public. L’industrie de l’Union a eu deux possibilités formelles de formuler des observations après l’information des parties et a également été entendue deux fois. Au total, l’industrie de l’Union a disposé de 34 jours, c’est-à-dire du 8 septembre 2023 au 12 octobre 2023, pour examiner le dossier et présenter ses observations finales, ce qui, compte tenu de la nature de cette affaire, est plus que suffisant pour exercer pleinement ses droits de la défense. Le fait que l’industrie de l’Union n’a pas formulé d’observations après la deuxième information des parties confirme également qu’elle avait connaissance de tous les faits et avait bien compris les raisons sur lesquelles reposait la décision de la Commission. L’argument a par conséquent été rejeté. |
| (22) | L’industrie de l’Union a en outre affirmé que les requérants avaient fourni des informations trompeuses sur le rôle exact et les activités économiques précises de chaque société liée au sein du groupe Lavish. Elle a également déclaré que la décision de la Commission d’attribuer à Silk et Luxgres le code TARIC déjà applicable aux quatre producteurs-exportateurs ayant fait l’objet de l’enquête précédente était erronée, compte tenu de l’apparente absence de coopération de Luxgres Ceramica LLP lors de l’enquête initiale. Cette affirmation a été réitérée dans les observations présentées après les auditions, le 6 décembre 2023, alors même que la Commission avait déjà précisé, lors de l’audition du 1er décembre 2023, que les deux sociétés avaient coopéré à l’enquête. L’industrie de l’Union a également formulé une série de questions/d’allégations concernant l’enquête initiale, indiquant par exemple qu’elle ne comprenait pas quelles sociétés avaient fait l’objet d’une vérification au cours de l’enquête initiale et/ou quelles sociétés faisaient partie du groupe. À cet égard, le groupe Lavish a fait valoir que Silk et Luxgres avaient coopéré tout au long de l’enquête initiale. En particulier, Silk avait déposé sur TRON une réponse au questionnaire destiné aux exportateurs qui a été vérifiée par la Commission lors de la vérification sur place. La Commission a également réalisé une vérification sur place dans les locaux de Luxgres, comme l’a souligné le groupe Lavish. En outre, le groupe Lavish avait déclaré que tant Silk que Luxgres étaient liées au groupe Lavish. |
| (23) | L’évaluation du dossier public par l’industrie de l’Union est incorrecte. Lors de la deuxième information des parties, la Commission a précisé que les deux sociétés avaient coopéré au cours de l’enquête initiale en tant que membres du groupe Lavish. La Commission a pu évaluer avec précision les activités spécifiques de chaque société du groupe Lavish dans le cadre de la vérification sur place. En particulier, la Commission a été en mesure de déterminer que Silk et Luxgres étaient liées aux autres entités pertinentes du groupe et qu’elles n’avaient pas exporté de carreaux en céramique vers l’Union au cours de la période d’enquête initiale. Plus important encore, la Commission a fait observer que l’objet de la présente procédure était d’imposer correctement le taux applicable aux différentes sociétés du groupe Lavish et non de réviser les conclusions de l’enquête initiale. Si l’industrie de l’Union avait eu des questions sur la coopération du groupe au cours de l’enquête initiale, elle aurait dû les soulever lors de la procédure initiale. En effet, si les deux sociétés liées n’avaient pas coopéré, l’article 18 du règlement de base (données disponibles) aurait pu être appliqué à l’époque au groupe Lavish dans son ensemble. Les arguments ont par conséquent été rejetés. |
| (24) | Dans les observations présentées après les auditions, le 6 décembre 2023, l’industrie de l’Union a en outre déclaré que si les deux sociétés devaient être incluses dans le groupe Lavish dans une version modifiée du règlement, l’efficacité des mesures antidumping de l’Union serait fortement compromise et, par conséquent, que cela pourrait leur permettre d’assumer un rôle consistant à servir de plaque tournante pour les investissements d’autres sociétés tout en bénéficiant d’un droit nul. |
| (25) | Soulignant le caractère hautement spéculatif de cette affirmation, qui n’a aucun fondement dans les faits actuellement examinés, la Commission a rappelé qu’elle avait constaté que le groupe Lavish ne pratiquait pas de dumping et que donc ses activités n’étaient soumises à aucune restriction juridique. L’allégation de l’industrie de l’Union selon laquelle le groupe Lavish contournerait les mesures antidumping en vigueur en exportant vers l’Union des produits fabriqués par les deux nouveaux producteurs est dénuée de sens: le groupe Lavish ne fait pas l’objet de mesures et, par conséquent, il ne peut y avoir de contournement des mesures (inexistantes). Si l’industrie de l’Union dispose d’éléments de preuve montrant que le groupe Lavish a commencé à s’adonner au dumping sur le marché de l’Union après l’institution des mesures initiales et que cette pratique cause un préjudice à l’industrie de l’Union, elle doit déposer une plainte au titre de l’article 5 du règlement de base auprès de la Commission, qui réalisera une nouvelle enquête sur le groupe Lavish (pour déterminer le dumping, le préjudice et le lien de causalité). |
| (26) | En outre, l’affirmation de l’industrie de l’Union selon laquelle, d’une manière générale, les nouveaux exportateurs liés à des groupes visés par des mesures de défense commerciale seraient tenus de s’acquitter du droit résiduel est erronée. Les nouveaux exportateurs faisant partie des groupes retenus dans l’échantillon au cours de l’enquête initiale seraient soumis au niveau de droit applicable au groupe, à moins que les conditions d’un réexamen au titre de l’article 11, paragraphe 3, du règlement de base ne soient remplies. Dans ce cas, un nouveau taux serait calculé sur la base de la nouvelle structure d’exportation du groupe. Les nouveaux exportateurs liés à des sociétés non retenues dans l’échantillon énumérées à l’annexe où figurent les producteurs-exportateurs ayant coopéré (non retenus dans l’échantillon) bénéficieraient quant à eux du taux applicable aux sociétés ayant coopéré après vérification, par la Commission, qu’ils font partie du groupe qui a coopéré et qu’ils n’ont pas exporté vers l’Union au cours de la période d’enquête initiale. En tout état de cause, aucun de ces deux scénarios n’est applicable au groupe Lavish qui, comme expliqué plus haut, n’est pas soumis à la mesure antidumping en question. |
| (27) | Les arguments de l’industrie de l’Union ci-dessus ont donc été rejetés. |
| (28) | L’industrie de l’Union a également affirmé que les conclusions de la Commission, telles qu’elles ont été communiquées aux parties à la présente procédure, ne correspondaient pas à celles énoncées en réponse à une demande prétendument identique, formulée par une autre partie retenue dans l’échantillon lors de l’enquête initiale. L’industrie de l’Union a fait observer que la Commission, à la suite d’une demande du groupe Conor, avait refusé l’inclusion dans le règlement initial de deux producteurs-exportateurs supplémentaires, Coral Plus Ceramic Private Limited et Cyan Granito LLP. Cette affirmation a été réitérée dans les observations présentées après les auditions, le 6 décembre 2023. |
| (29) | Cet argument a dû être rejeté. La situation des deux groupes n’est pas comparable étant donné que les exportations du groupe Conor sont visées par la mesure antidumping instituée par le règlement initial, alors que celles du groupe Lavish ne le sont pas. En outre, le taux de droit résiduel applicable aux producteurs-exportateurs indiens a été basé sur le taux de droit établi pour le groupe Conor et est égal à celui-ci. En d’autres termes, la demande était dépourvue d’effets. Par conséquent, les deux groupes ont été traités différemment. |
| (30) | L’industrie de l’Union a présenté une autre demande visant à ce que Silk et Luxgres fassent l’objet d’un réexamen au titre de l’article 11, paragraphe 4, du règlement de base, indiquant qu’il avait été constaté que ces sociétés ne faisaient pas partie du groupe Lavish au cours de l’enquête initiale. La Commission a relevé que, premièrement, il était inexact d’affirmer que ces sociétés n’avaient pas été considérées comme faisant partie du groupe Lavish. Elles n’ont pas été considérées comme étant des producteurs-exportateurs, parce qu’elles n’ont pas exporté vers l’Union au cours de la période d’enquête. Non seulement elles ont été considérées comme faisant partie du groupe Lavish, mais les données (marge bénéficiaire sur les carreaux en céramique commercialisés) de l’une des sociétés (un négociant au cours de la période d’enquête) ont été utilisées dans le calcul de la marge de dumping du groupe. Deuxièmement, en vertu de l’article 11, paragraphe 4, quatrième alinéa, il ne peut y avoir de réexamen au titre de l’article 11, paragraphe 4, lorsque les droits ont été institués en vertu de l’article 9, paragraphe 6, c’est-à-dire lorsqu’un échantillonnage a été effectué. Par conséquent, la solution suggérée par l’industrie de l’Union serait incompatible avec le règlement de base. |
| (31) | Enfin, la Commission a fait observer que l’industrie de l’Union a présenté de manière erronée, dans ses observations communiquées après les auditions, plusieurs des éclaircissements fournis par les services de la Commission. |
| (32) | Premièrement, l’industrie de l’Union a affirmé que la Commission avait communiqué, lors de l’audition, des informations inexactes sur la méthode normalement utilisée pour calculer le dumping. L’industrie de l’Union a en outre déclaré que les services de la Commission lui avaient demandé pourquoi les plaignants n’avaient pas contesté le calcul de la marge de dumping du groupe Lavish au moment où il avait eu lieu. Elle a également affirmé qu’elle ignorait l’existence des deux sociétés et qu’elle n’aurait pas pu contester le calcul du dumping. |
| (33) | En ce qui concerne la méthode normalement utilisée pour calculer le dumping, la Commission a fait observer que l’industrie de l’Union, pour contester l’exactitude de la déclaration de ses services, a utilisé l’exemple tout à fait exceptionnel cité par lesdits services lors de l’audition. En effet, comme expliqué par les services de la Commission, on calcule en principe la marge de dumping d’un groupe par entité juridique, puis la marge de dumping finale sur la base de la moyenne pondérée des marges de chaque entité. Toutefois, dans des cas exceptionnels, tels que ceux où certaines sociétés d’un groupe ne vendent que sur le marché intérieur tandis que d’autres vendent uniquement à l’exportation, on compare la valeur normale de l’ensemble du groupe et les prix à l’exportation de l’ensemble du groupe. Le règlement «Ferrosilicium» (7), mentionné par l’industrie de l’Union dans les observations présentées après les auditions, confirme en fait l’exactitude des éclaircissements fournis lors de l’audition. En effet, dans ce cas, l’adaptation de la méthode était justifiée parce que la nouvelle structure du groupe permettait de déterminer le volume des ventes et de la production de chaque membre du groupe, de sorte que l’agrégation n’était plus nécessaire. Dès lors, la présentation que fait l’industrie de l’Union des éclaircissements fournis lors de l’audition est fausse et trompeuse et, par conséquent, a été rejetée. |
| (34) | Deuxièmement, les services de la Commission n’ont pas demandé pourquoi l’industrie de l’Union n’avait pas contesté la marge de dumping. En fait, en réponse aux allégations présentées lors de l’audition, les services de la Commission ont déclaré que la méthode utilisée pour calculer la marge de dumping au cours de l’enquête initiale aurait dû être contestée au cours de cette enquête, et non dans le cadre de la présente procédure. En tout état de cause, l’allégation selon laquelle l’industrie de l’Union n’aurait pas pu contester le calcul du dumping dans l’affaire initiale parce qu’elle ignorait l’existence des deux sociétés jusqu’à l’information des parties dans le cadre de la présente procédure est fausse, étant donné que plusieurs documents mentionnant les deux sociétés du groupe Lavish figuraient dans le dossier public de l’affaire initiale dès le 14 décembre 2021, c’est-à-dire un jour après son ouverture. |
| (35) | Dans ses observations du 20 décembre 2023, le groupe Lavish a répété que l’inclusion de Silk et Luxgres en tant que membres du groupe Lavish était conforme au règlement de base, et que la Commission devait procéder à la publication de la modification proposée et inclure Silk et Luxgres en tant que membres du groupe Lavish. Le groupe Lavish a demandé à la Commission d’agir avec promptitude, afin d’éviter tout désagrément pour les importateurs et les utilisateurs dans l’Union. |
| (36) | Pour les motifs exposés dans les considérants précédents, la Commission a souscrit au point de vue exprimé par le groupe Lavish. |
6. Modification de l’article 1er, paragraphe 3, du règlement initial
| (37) | Compte tenu des considérations exposées aux considérants ci-dessus, la Commission a jugé approprié de modifier l’article 1er, paragraphe 3, du règlement initial pour ajouter Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP aux entités du groupe Lavish qui y sont mentionnées sous le code additionnel TARIC C903. |
| (38) | Le code additionnel TARIC C903, précédemment attribué à Lavish Granito Pvt Ltd., Lavish Ceramics, Lakme Vitrified LLP. et Liva Ceramics, devrait s’appliquer également à Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP à partir du 11 février 2023. |
| (39) | Le comité institué par l’article 15, paragraphe 1, du règlement de base n’a pas rendu d’avis sur les mesures prévues par le présent règlement, |
A ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
1. À l’article 1er du règlement d’exécution (UE) 2023/265, le paragraphe 3:
«Les droits antidumping ne sont pas applicables au producteur-exportateur indien “Groupe Lavish”, constitué de Lavish Granito Pvt Ltd, Lavish Ceramics, Lakme Vitrified LLP. et Liva Ceramics (code additionnel TARIC C903), et ne sont pas applicables au producteur-exportateur turc Vitra Karo Sanayi ve Ticaret A.Ș. (code additionnel TARIC C902).»
est remplacé par le texte suivant:
«Les droits antidumping ne sont pas applicables au producteur-exportateur indien “Groupe Lavish”, constitué de Lavish Granito Pvt Ltd., Lavish Ceramics, Lakme Vitrified LLP, Liva Ceramics, Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP (code additionnel TARIC C903), et ne sont pas applicables au producteur-exportateur turc Vitra Karo Sanayi ve Ticaret A.Ș. (code additionnel TARIC C902).».
2. Le code additionnel TARIC C903, précédemment attribué aux producteurs-exportateurs indiens Lavish Granito Pvt Ltd., Lavish Ceramics, Lakme Vitrified LLP. et Liva Ceramics, s’applique également à Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP à partir du 11 février 2023.
3. À partir du 11 février 2023, tout droit définitif acquitté sur les importations de produits fabriqués par Silk Ceramics et Luxgres Ceramica LLP est remboursé ou remis conformément à la législation douanière applicable.
Article 2
Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à Bruxelles, le 7 mars 2024.
Par la Commission
La présidente
Ursula VON DER LEYEN
(1) JO L 176 du 30.6.2016, p. 21.
(2) Règlement d’exécution (UE) 2023/265 de la Commission du 9 février 2023 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de carreaux en céramique originaires de l’Inde et de Turquie (JO L 41 du 10.2.2023, p. 1).
(3) L’industrie de l’Union a eu la possibilité d’être entendue une deuxième fois en raison de la survenue, lors de la première audition, de problèmes techniques qui l’ont empêchée de terminer sa présentation. Le groupe Lavish a eu la possibilité de formuler des observations sur la présentation faite par l’industrie de l’Union le 1er décembre 2023.
(4) Document WT/DS505/ARB du 13 juillet 2022, point 8.274 (p. 138).
(5) Rapport du groupe spécial, points 7.248 et 7.251 (document WT/DS295/R du 6 juin 2005).
(6) Arrêt Deichmann, C-256/16, point 60.
(7) Règlement d’exécution (UE) no 360/2014 de la Commission du 9 avril 2014 instituant un droit antidumping définitif sur les importations de ferrosilicium originaire de la République populaire de Chine et de Russie à l’issue d’un réexamen au titre de l’expiration des mesures effectué conformément à l’article 11, paragraphe 2, du règlement (CE) no 1225/2009 du Conseil (JO L 107 du 10.4.2014, p. 13).
ELI: http://data.europa.eu/eli/reg_impl/2024/804/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Rectificatif au règlement d’exécution (UE) 2023/2745 de la Commission du 8 décembre 2023 portant modalités d’application du règlement (UE) 2022/2379 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les statistiques sur la production animale (JO L, 2023/90838, 11.12.2023)
31/12/2024
Règlement (UE) 2023/137
31/12/2024
Règlement (UE) 2024/2733
27/12/2024
Règlement (UE) 2022/1092
23/12/2024