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AccueilDroit européen32024R1782
Règlement32024R1782

Règlement d’exécution (UE) 2024/1782 de la Commission du 24 juin 2024 modifiant le règlement d’exécution (UE) 2019/159, y compris la prorogation de la mesure de sauvegarde à l’encontre des importations de certains produits sidérurgiques

CELEX32024R1782
TypeRèglement
Datelundi 24 juin 2024

Résumé IA

Ce règlement d'exécution proroge la mesure de sauvegarde de l'UE sur les importations de certains produits sidérurgiques, initialement instaurée par le règlement 2019/159. Il prolonge l'application de droits de douane supplémentaires (contingents tarifaires) pour protéger l'industrie sidérurgique européenne contre une hausse soudaine des importations, notamment en provenance de pays tiers. Pour un professionnel du droit français, ce texte maintient un régime restrictif d'importation, avec des implications directes pour les opérateurs du secteur de l'acier et les contentieux douaniers.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2024/1782

25.6.2024

RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) 2024/1782 DE LA COMMISSION

du 24 juin 2024

modifiant le règlement d’exécution (UE) 2019/159, y compris la prorogation de la mesure de sauvegarde à l’encontre des importations de certains produits sidérurgiques

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le règlement (UE) 2015/478 du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2015 relatif au régime commun applicable aux importations (1), et notamment ses articles 16, 19 et 20,

vu le règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif au régime commun applicable aux importations de certains pays tiers (2), et notamment son article 16,

considérant ce qui suit:

1. CONTEXTE

(1)

Par le règlement d’exécution (UE) 2019/159 (3) de la Commission (ci-après le «règlement instituant des mesures de sauvegarde définitives»), la Commission européenne (ci-après la «Commission») a institué une mesure de sauvegarde définitive à l’encontre de certains produits sidérurgiques (ci-après la «mesure de sauvegarde»), qui consiste en des contingents tarifaires applicables à certains produits sidérurgiques (ci-après le «produit concerné») englobant 26 catégories de produits sidérurgiques, lesdits contingents étant fixés à des niveaux permettant de préserver les flux commerciaux traditionnels par catégorie de produits. Un droit de douane de 25 % ne s’applique que si les seuils quantitatifs de ces contingents tarifaires sont dépassés. La mesure de sauvegarde a été instituée pour une période initiale de trois ans, jusqu’au 30 juin 2021.

(2)

Par le règlement d’exécution (UE) 2021/1029 de la Commission (4) (ci-après le «premier règlement de réexamen en vue de la prorogation»), la Commission a estimé que la mesure demeurait nécessaire pour prévenir ou réparer un préjudice grave, et que l’industrie de l’Union procédait à des ajustements. Elle a également conclu que la prorogation de la durée de la mesure était dans l’intérêt de l’Union. Elle a donc décidé de proroger la mesure de sauvegarde jusqu’au 30 juin 2024.

(3)

Au considérant 161 du règlement instituant des mesures de sauvegarde définitives, la Commission s’est engagée à «procéd[er] à une évaluation de la situation sur une base régulière et [à] envisag[er] un réexamen au moins à la fin de chaque année d’application des mesures». Dans cet esprit, la Commission a mené trois enquêtes de réexamen du fonctionnement de la mesure, respectivement en 2019 (5), 2020 (6) et 2022 (7). En juin 2023 (8), elle a également examiné, dans le cadre d’une enquête de réexamen, si une abrogation anticipée de la mesure était justifiée (9).

(4)

Le 12 janvier 2024, la Commission a reçu une demande motivée de quatorze États membres de l’Union européenne l’invitant à examiner si, conformément à l’article 19 du règlement (UE) 2015/478 du Parlement européen et du Conseil (10) (ci-après le «règlement de base de l’UE sur les mesures de sauvegarde») et à l’article 16 du règlement (UE) 2015/755 du Parlement européen et du Conseil, la mesure de sauvegarde en vigueur devait être prorogée. La Commission a estimé que la demande contenait des éléments de preuve suffisants pour ouvrir une enquête de réexamen sur la prorogation des mesures.

(5)

Par conséquent, elle a publié au Journal officiel de l’Union européenne, le 9 février 2024, un avis d’ouverture (11) relatif à la prorogation éventuelle de la mesure de sauvegarde. La Commission s’est également engagée, dans ledit avis, à évaluer la nécessité d’apporter des ajustements techniques au fonctionnement de la mesure si elle conclut que la mesure de sauvegarde devrait être prorogée.

2. PROCÉDURE

(6)

Afin de pouvoir déterminer correctement si la mesure de sauvegarde reste nécessaire pour prévenir ou réparer un préjudice grave, si l’industrie sidérurgique de l’Union procède à des ajustements et si cette prorogation est conforme à l’intérêt plus large de l’Union, la Commission a collecté des données spécifiques auprès de l’industrie de l’Union au moyen de questionnaires (12). Ces données comprenaient, entre autres, l’évolution des principaux indicateurs économiques et financiers pour le produit concerné au cours de la période 2021-2023 (ci-après la «période considérée»), ainsi que des éléments prouvant que l’industrie de l’Union procédait à des ajustements.

(7)

La Commission a également sollicité et recueilli l’avis des parties intéressées au sujet d’une prorogation éventuelle et de tout ajustement éventuel à apporter au fonctionnement de la mesure. Elle a donc mené deux enquêtes distinctes en parallèle. À cette fin, dans l’avis d’ouverture, la Commission a invité les parties intéressées à participer à l’enquête en soumettant des observations écrites et des éléments de preuve à l’appui, et elle a demandé aux producteurs du produit concerné de l’Union connus, ainsi qu’à leurs associations, de remplir des questionnaires concernant le préjudice. En ce qui concerne le réexamen du fonctionnement, la Commission a demandé aux parties intéressées de faire connaître leur point de vue et de fournir des éléments de preuve spécifiques, par écrit, sur les aspects suivants:

a)

attribution et gestion des contingents tarifaires;

b)

éviction des flux commerciaux traditionnels;

c)

mise à jour de la liste des pays en développement membres de l’Organisation mondiale du commerce (ci-après l’«OMC») exclus du champ d’application des mesures sur la base de leur niveau d’importations le plus récent;

d)

niveau de libéralisation;

e)

autres changements de circonstances pouvant nécessiter un ajustement du niveau ou de l’attribution du contingent tarifaire.

(8)

Afin qu’un traitement équitable soit garanti, l’enquête de réexamen portant sur le fonctionnement et la prorogation a comporté une procédure écrite en deux étapes, dans le cadre de laquelle les parties intéressées ont d’abord présenté leurs observations et ont ensuite eu la possibilité de réfuter les informations communiquées par les autres parties. Dans l’ensemble, la Commission a reçu plus de 65 communications et réfutations de parties intéressées dans les délais impartis. Elle a également reçu plus de 100 réponses individuelles au questionnaire de la part des producteurs de l’Union.

(9)

Pour déterminer si les conditions de prorogation de la mesure de sauvegarde étaient remplies, la Commission a d’abord examiné le respect des exigences juridiques requises pour proroger une mesure de sauvegarde en vertu des règles de l’UE et de l’OMC, à savoir si la mesure est nécessaire pour prévenir un préjudice grave (section 3.2) et si l’industrie de l’Union procède à des ajustements (section 3.3). Ensuite, elle a examiné si cette prorogation était conforme à l’intérêt général de l’Union (section 3.4). Enfin, dans son appréciation, la Commission a dûment tenu compte des observations et des éléments de preuve reçus des parties intéressées, ainsi que de toute autre information disponible, en rapport avec les éléments susmentionnés. La Commission a spécifiquement répondu, à la section 4, aux arguments avancés par les parties intéressées concernant la prorogation.

(10)

Par la suite, la Commission a évalué la nécessité de procéder à certains ajustements techniques de la mesure. Cette analyse a porté sur les aspects énoncés dans l’avis d’ouverture (voir considérant 7) et a également inclus une modification technique qui inclut les importations en provenance du Mozambique dans le champ d’application de la mesure de sauvegarde.

3. EXAMEN DE LA PROROGATION

3.1. Exigences juridiques

(11)

Conformément à l’article 7, paragraphe 1, de l’accord de l’OMC sur les sauvegardes et à l’article 19, paragraphe 2, du règlement de base de l’UE sur les mesures de sauvegarde, la période d’application d’une mesure de sauvegarde peut être prorogée à condition que la mesure de sauvegarde continue d’être nécessaire pour prévenir ou réparer un préjudice grave (ci-après le «critère de nécessité») et qu’il existe des éléments de preuve que l’industrie procède à des ajustements. En outre, l’article 22 du règlement de base de l’UE sur les mesures de sauvegarde dispose que la mesure en question doit être dans l’intérêt de l’Union.

3.2. Examen de la question de savoir si la mesure de sauvegarde continue d’être nécessaire pour prévenir ou réparer un préjudice grave (critère de nécessité)

(12)

Afin d’évaluer la première exigence juridique, la Commission a tout d’abord examiné la situation économique de l’industrie de l’Union sur la base des réponses au questionnaire reçues (section 3.2.1). Par la suite, la Commission a évalué plusieurs facteurs clés afin de déterminer l’évolution probable des importations et la manière dont cette évolution affecterait les producteurs de l’Union en l’absence de mesure de sauvegarde (ci-après l’«analyse contrefactuelle», voir section 3.2.2).

3.2.1. Situation économique de l’industrie sidérurgique de l’Union

(13)

Afin d’évaluer la situation économique de l’industrie sidérurgique de l’Union, la Commission a envoyé des questionnaires aux producteurs d’acier de l’Union connus dans le but de recueillir des informations sur les indicateurs de préjudice pour le produit concerné au cours de la période considérée. La Commission a demandé aux associations de l’industrie de l’Union connues [l’Association européenne de la sidérurgie (Eurofer), l’Association européenne du tube d’acier (ESTA) et le Comité européen de la tréfilerie (CET)] de diffuser les questionnaires parmi leurs membres. En outre, sur la plateforme contenant le dossier consultable (TRON), la Commission a notifié aux producteurs connus de l’Union l’invitation à remplir le questionnaire (13). Les questionnaires ont également été mis à disposition sur le site web de la direction générale du commerce de la Commission européenne (ci-après la «DG TRADE») (14). Toutes les instructions pertinentes relatives aux questionnaires ont également été précisées dans l’avis d’ouverture.

(14)

La Commission a reçu plus de 100 réponses individuelles au questionnaire, de la part de membres des trois associations de l’industrie de l’Union connues ainsi que d’autres producteurs de l’Union qui ne sont membres d’aucune association. Les trois associations de l’industrie ont en outre consolidé les données fournies individuellement par leurs membres.

(15)

La Commission a consolidé les données reçues directement des producteurs de l’Union individuellement, puis a vérifié leur exactitude à l’aide de l’ensemble de données soumis par les associations de l’industrie de l’Union lors de sessions de contrôle par recoupements à distance. La Commission a ensuite fusionné les réponses des membres d’associations ainsi que les réponses reçues de producteurs n’appartenant à aucune association en un seul ensemble de données consolidé, qui a constitué la base de l’évaluation de la situation économique de l’industrie de l’Union.

(16)

L’évolution des indicateurs de préjudice au cours de la période considérée est présentée dans les tableaux 1 à 4 ci-dessous:

a) Production, capacités de production, utilisation des capacités, stocks

Tableau 1

Production, capacités de production, utilisation des capacités, stocks

en milliers de tonnes

2021

2022

2023

Volume de production du produit concerné

178 257

158 704

154 158

Indice 2021 = 100

100

89

86

Capacités de production pour le produit concerné

231 509

229 881

230 139

Indice 2021 = 100

100

99

99

Utilisation des capacités

77,00 %

69,04 %

66,98 %

Stocks

32 082 625

30 434 986

31 214 413

Indice 2021 = 100

100

95

97

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

(17)

Au cours de la période considérée, le volume de production des producteurs de l’Union a régulièrement diminué par rapport à 2021 (– 11 % en 2022 et – 14 % en 2023). Les capacités de production sont restées stables tout au long de la période et, par conséquent, l’utilisation des capacités a suivi une tendance à la baisse, pour atteindre le niveau très bas de 67 % en 2023. Enfin, les stocks ont reculé de 5 % en 2022 et de 3 % en 2023 par rapport à l’année 2021.

b) Consommation de l’Union, ventes intérieures et part de marché (15)

Tableau 2

Consommation de l’Union, ventes intérieures et part de marché

2021

2022

2023

Consommation en milliers de tonnes

161 072

148 065

139 207

Indice 2021 = 100

100

92

86

Ventes intérieures en milliers de tonnes

127 188

116 462

111 165

Indice 2021 = 100

100

92

87

Part de marché en %

79,0 %

78,7 %

79,9 %

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

(18)

La consommation sur le marché de l’Union a commencé à baisser en 2022 (– 8 %) et cette tendance s’est poursuivie en 2023 (– 14 %), par rapport à l’année 2021. L’évolution du volume des ventes intérieures des producteurs de l’Union a suivi une orientation très similaire au cours de la période considérée (respectivement – 8 % en 2022 et – 13 % en 2023, par rapport à 2021). Au cours de la période considérée, la part de marché de l’industrie de l’Union a augmenté de 0,9 point de pourcentage.

c) Prix de vente unitaire, rentabilité, flux de liquidités et rendement des capitaux investis

Tableau 3

Prix de vente unitaire, rentabilité, flux de liquidités et rendement des capitaux investis

2021

2022

2023

Prix de vente unitaire (en EUR/tonne)

914

1 230

1 028

Indice 2021 = 100

100

135

113

Rentabilité (en % du chiffre d’affaires)

9,4 %

10,3 %

0,3 %

Flux de liquidités (en millions d’EUR)

5 024

10 696

7 881

Indice 2021 = 100

100

213

157

Rendement des capitaux investis (en %)

25,2 %

22,5 %

–2,2 %

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

(19)

Les prix de vente unitaire ont augmenté de 35 % en 2022 et de 13 % en 2023 par rapport à 2021. Les flux de liquidités ont progressé de 113 % en 2022 et de 57 % en 2023 par rapport à l’année 2021. Le rendement des capitaux investis a légèrement diminué en 2022 et a atteint des valeurs négatives en 2023 (–2,2 %).

(20)

La hausse des prix conjuguée à la reprise post-COVID ont conduit l’industrie de l’Union à réaliser des bénéfices en 2021 (9,4 %), bénéfices qui ont légèrement augmenté en 2022 (10,3 %). En 2023, la rentabilité a fortement diminué, les bénéfices étant de 0,3 % seulement.

d) Emploi

Tableau 4

Emploi

(en ETP)

2021

2022

2023

Emploi

180 958

181 913

179 867

Indice 2021 = 100

100

101

99

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

(21)

L’emploi est resté stable tout au long de la période considérée, avec une baisse de 1 % en 2023 par rapport à 2021.

Conclusion

(22)

Les indicateurs de préjudice ont montré qu’en 2021, l’industrie de l’Union a atteint un bon niveau de rentabilité, lequel s’explique principalement par des prix élevés et une forte reprise de la demande après la pandémie de COVID-19. Toutefois, à partir du second semestre 2022, l’industrie de l’Union a commencé à présenter des signes de détérioration. Certains indicateurs importants, tels que la production, les ventes et l’utilisation des capacités, ont affiché une tendance négative (16), alors que les coûts de l’énergie ont fortement augmenté (17). La détérioration de la plupart des indicateurs économiques s’est accentuée en 2023, avec une baisse des prix dans un contexte caractérisé par des coûts de l’énergie supérieurs aux niveaux moyens précédemment observés, ainsi que par un net recul des ventes intérieures et de la production sur le marché de l’Union. Par conséquent, l’utilisation des capacités a atteint le niveau le plus bas de la dernière décennie et la rentabilité a chuté de manière spectaculaire (le seuil de rentabilité étant atteint). Alors que l’industrie de l’Union a gagné près d’un point de pourcentage de part de marché en 2023 par rapport à 2021, au prix d’une réduction de la rentabilité, cette évolution doit être considérée dans le contexte d’une forte pression exercée de manière persistante par les importations (18), ces dernières réalisant une part de marché plus élevée au cours de la période considérée que pendant les périodes précédentes (19), comme expliqué à la section 3.2.2 ci-dessous.

(23)

Sur la base des indicateurs ci-dessus (tableaux 1 à 4), la Commission a conclu que l’industrie de l’Union avait vu sa situation se détériorer entre 2021 et 2023, et qu’elle se trouvait dans une situation de fragilité à la fin de la période considérée.

Analyse supplémentaire par famille de produits

(24)

Conformément à l’approche suivie lors de l’enquête initiale (20), la Commission a également évalué l’évolution des indicateurs de préjudice par famille de produits (21). Les familles de produits visées par la mesure de sauvegarde sur l’acier sont les produits plats, les produits longs et les tubes.

(25)

Les tableaux 5 à 8 ci-dessous montrent l’évolution des indicateurs de préjudice par famille de produits:

Tableau 5

Production, capacités de production, utilisation des capacités, stocks

en milliers de tonnes

2021

2022

2023

Volume de production du produit concerné (produits plats)

133 919

118 680

117 230

Indice 2021 = 100

100

89

88

Volume de production du produit concerné (produits longs)

38 061

33 729

30 848

Indice 2021 = 100

100

89

81

Volume de production du produit concerné (tubes)

6 277

6 295

6 080

Indice 2021 = 100

100

100

97

Capacités de production pour le produit concerné (produits plats)

168 949

167 811

168 540

Indice 2021 = 100

100

99

100

Capacités de production pour le produit concerné (produits longs)

50 958

50 622

50 219

Indice 2021 = 100

100

99

99

Capacités de production pour le produit concerné (tubes)

11 602

11 449

11 380

Indice 2021 = 100

100

99

98

Utilisation des capacités (produits plats)

79,27 %

70,72 %

69,56 %

Utilisation des capacités (produits longs)

74,69 %

66,63 %

61,43 %

Utilisation des capacités (tubes)

54,10 %

54,99 %

53,43 %

Stocks (produits plats)

25 377

22 941

24 042

Indice 2021 = 100

100

90

95

Stocks (produits longs)

3 349

3 468

3 274

Indice 2021 = 100

100

104

98

Stocks (tubes)

3 357

4 026

3 899

Indice 2021 = 100

100

120

116

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

Tableau 6

Consommation de l’Union, ventes intérieures et part de marché

2021

2022

2023

Consommation en milliers de tonnes (produits plats)

92 700

84 749

81 344

Indice 2021 = 100

100

91

88

Consommation en milliers de tonnes (produits longs)

57 398

53 223

48 072

Indice 2021 = 100

100

93

84

Consommation en milliers de tonnes (tubes)

10 973

10 093

9 790

Indice 2021 = 100

100

92

89

Ventes intérieures en milliers de tonnes (produits plats)

68 864

63 050

61 409

Indice 2021 = 100

100

92

89

Ventes intérieures en milliers de tonnes (produits longs)

50 011

45 512

42 139

Indice 2021 = 100

100

91

84

Ventes intérieures en milliers de tonnes (tubes)

8 312

7 900

7 617

Indice 2021 = 100

100

95

92

Part de marché en % (produits plats)

74,3 %

74,4 %

75,5 %

Part de marché en % (produits longs)

87,1 %

85,5 %

87,7 %

Part de marché en % (tubes)

75,8 %

78,3 %

77,8 %

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

Tableau 7

Prix de vente unitaire, rentabilité, flux de liquidités et rendement des capitaux investis

2021

2022

2023

Prix de vente unitaire (en EUR/tonne) (produits plats)

971

1 309

1 104

Indice 2021 = 100

100

135

114

Prix de vente unitaire (en EUR/tonne) (produits longs)

759

1 016

804

Indice 2021 = 100

100

134

106

Prix de vente unitaire (en EUR/tonne) (tubes)

1 177

1 581

1 382

Indice 2021 = 100

100

134

117

Rentabilité (en % du chiffre d’affaires) (produits plats)

10,6 %

11,0 %

0,1 %

Rentabilité (en % du chiffre d’affaires) (produits longs)

7,6 %

9,6 %

–1,0 %

Rentabilité (en % du chiffre d’affaires) (tubes)

5,1 %

7,3 %

5,6 %

Flux de liquidités (en millions d’EUR) (produits plats)

3 434

6 326

5 999

Indice 2021 = 100

100

184

175

Flux de liquidités (en millions d’EUR) (produits longs)

1 439

3 509

682

Indice 2021 = 100

100

244

47

Flux de liquidités (en millions d’EUR) (tubes)

151

861

1 200

Indice 2021 = 100

100

571

795

Rendement des capitaux investis (en %) (produits plats)

29,04 %

26,64 %

–3,24 %

Rendement des capitaux investis (en %) (produits longs)

16,95 %

18,31 %

–3,15 %

Rendement des capitaux investis (en %) (tubes)

29,31 %

11,00 %

7,81 %

Source: données de l’industrie et réponses au questionnaire.

Tableau 8

Emploi

(en ETP)

2021

2022

2023

Emploi (produits plats)

114 657

114 444

114 053

Indice 2021 = 100

100

100

99

Emploi (produits longs)

40 053

39 870

39 485

Indice 2021 = 100

100

100

99

Emploi (tubes)

26 248

27 599

26 329

Indice 2021 = 100

100

105

100

Source:

données de l’industrie et réponses au questionnaire.

(26)

Sur la base des indicateurs ci-dessus, l’analyse par famille de produits corrobore les conclusions relatives au produit concerné: l’industrie de l’Union a vu sa situation se détériorer considérablement au cours de la période considérée et se trouve actuellement dans une situation de fragilité. Même la famille de produits qui a affiché les meilleurs résultats en matière de rentabilité et d’évolution des parts de marché (à savoir les tubes) a connu une détérioration d’autres indicateurs clés, tels que l’utilisation des capacités, les niveaux de production et les ventes intérieures, au cours de la période considérée.

3.2.2. Analyse contrefactuelle

a) Pression exercée par les importations — Évolution des importations et part de marché

(27)

La Commission a évalué l’évolution des importations, tant d’une manière générale que par rapport à la consommation, afin de déterminer la mesure dans laquelle elles ont pu exercer une pression sur le marché de l’Union au cours de la période considérée. En outre, la Commission a évalué l’évolution des contingents tarifaires utilisés [voir section 3.2.2, point b)].

(28)

En 2023, les importations dans l’Union ont diminué de 17 % par rapport à 2021, date à laquelle elles avaient atteint le deuxième niveau le plus élevé depuis 2013 (22).

Tableau 9

Évolution des importations

2021

2022

2023

Volume des importations en milliers de tonnes

33 884

31 603

28 042

Indice 2021 = 100

100

93

83

Source:

Eurostat.

(29)

L’analyse par famille de produits a confirmé cette tendance générale, comme le montre le tableau 10 ci-dessous.

Tableau 10

Part de marché des importations par famille de produits

2021

2022

2023

Consommation en milliers de tonnes (produits plats)

92 700

84 749

81 344

Indice 2021 = 100

100

91

88

Consommation en milliers de tonnes (produits longs)

57 398

53 223

48 072

Indice 2021 = 100

100

93

84

Consommation en milliers de tonnes (tubes)

10 973

10 093

9 790

Indice 2021 = 100

100

92

89

Importations en milliers de tonnes (produits plats)

23 835

21 699

19 935

Indice 2021 = 100

100

91

84

Importations en milliers de tonnes (produits longs)

7 387

7 711

5 933

Indice 2021 = 100

100

104

80

Importations en milliers de tonnes (tubes)

2 661

2 192

2 174

Indice 2021 = 100

100

82

82

Part de marché en % (produits plats)

25,7 %

25,6 %

24,5 %

Part de marché en % (produits longs)

12,9 %

14,5 %

12,3 %

Part de marché en % (tubes)

24,2 %

21,7 %

22,2 %

Source:

données de l’industrie, réponses au questionnaire et Eurostat.

(30)

La Commission a évalué l’évolution des importations par rapport à l’évolution de la consommation au cours de la même période. Il ressort du graphique ci-dessous que la consommation a atteint son plus haut niveau en 2017-2018. Elle a toutefois connu une réduction drastique en 2023, tombant au niveau le plus bas depuis 2013 (23). Par ailleurs, la part des importations a suivi une tendance à la hausse forte et continue jusqu’en 2018, année où la mesure de sauvegarde a été introduite à titre provisoire (en juillet), puis a légèrement diminué au cours des deux années suivantes. Toutefois, depuis 2021, la part des importations a de nouveau augmenté et se maintient à des niveaux nettement supérieurs à ceux qui ont précédé l’institution de la mesure de sauvegarde. Par conséquent, l’enquête a conclu que le niveau de la pression exercée par les importations, exprimée en part de marché, était même supérieur aux niveaux antérieurs à l’institution de la mesure de sauvegarde (24) et à ceux établis par le premier règlement de réexamen en vue de la prorogation (25).

Image 1

Sources:

pour les importations, Eurostat; pour la consommation, réponses au questionnaire de l’industrie de l’UE fournies lors de l’enquête initiale (années 2013 à 2017), de la première enquête de réexamen en vue de la prorogation (années 2018 à 2020) et de la deuxième enquête de réexamen en vue de la prorogation (années 2021 à 2023).

b) Pression exercée par les importations — Évolution de l’utilisation des contingents tarifaires

(31)

La Commission a également évalué la pression exercée par les importations à la lumière de l’évolution de l’utilisation des contingents tarifaires (26). En premier lieu, la Commission a évalué l’évolution des contingents tarifaires depuis le premier règlement de réexamen en vue de la prorogation. Les données figurant dans le graphique ci-dessous montrent les volumes contingentaires disponibles à la fin de chacune des deux dernières années de sauvegarde (27). Elles révèlent une utilisation moyenne des contingents tarifaires d’environ 46 % à la fin du dernier trimestre d’une année de sauvegarde (avril-juin), avec entre 7 et 8,5 millions de tonnes inutilisées (respectivement année 4 et année 5). Au cours de l’année de sauvegarde actuelle (28) (données disponibles jusqu’au 21 mai 2024), l’évolution des contingents tarifaires disponibles semble comparable. La Commission n’a donc pas observé de changement majeur lors de l’examen de l’utilisation globale des contingents tarifaires à la fin des deux dernières années de sauvegarde, y compris l’année en cours.

Image 2

Source:

calcul de la DG TRADE fondé sur les données disponibles dans la base de données des contingents tarifaires de la DG TAXUD: https://ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric/quota_consultation.jsp?callbackuri=CBU-1&Lang=fr.

(32)

La Commission a ensuite évalué les évolutions plus récentes, en examinant l’utilisation des contingents tarifaires à ce jour lors de l’année de sauvegarde en cours (29), sur une base trimestrielle.

(33)

L’analyse de l’utilisation des contingents tarifaires a confirmé l’existence de volumes inutilisés importants et croissants, atteignant environ 7 millions de tonnes à la fin du trimestre de janvier à mars 2024. Par conséquent, l’utilisation des contingents tarifaires après trois trimestres s’élevait à 47 %, comme le montre le graphique ci-dessous. Toutefois, aux fins de l’évaluation de la pression exercée par les importations, le taux d’utilisation des contingents tarifaires doit être analysé au regard de l’évolution de la part des importations présentée à la section 3.2.2, point a), qui a affiché une augmentation moyenne par rapport aux périodes précédentes, et au moyen d’une évaluation plus détaillée, telle que présentée ci-dessous dans la présente section. Il convient notamment de tenir compte du fait que les volumes des contingents tarifaires ont augmenté d’environ 25 % depuis 2019, en raison de la libéralisation et de la majoration initiale, et que la consommation a sensiblement diminué et ne devrait pas connaître de reprise significative dans un avenir proche.

Image 3

Source:

calcul de la DG TRADE fondé sur les données disponibles dans la base de données sur l’utilisation des quotas de la DG TAXUD: https://ec.europa.eu/taxation_customs/dds2/taric/quota_consultation.jsp?callbackuri=CBU-1&Lang=fr

(34)

Une analyse plus détaillée de ces données a en effet révélé qu’en moyenne, au cours des trois trimestres évalués, 21 contingents tarifaires individuels (par pays ou résiduels) ont été épuisés pour plusieurs catégories de produits. Leurs volumes moyens combinés représentaient 32 % du volume total moyen des importations au cours de la même période (soit près de deux millions de tonnes par trimestre).

(35)

Quant aux origines des importations, l’enquête a également confirmé qu’un nombre important de ces contingents tarifaires ont été épuisés par certains des plus grands pays exportateurs d’acier vers l’Union (30), qui ont épuisé de un à huit de leurs contingents tarifaires par pays respectifs au cours d’un trimestre donné (31). Des modalités d’exportation similaires ont déjà été mises en évidence par la Commission dans le premier règlement de réexamen en vue de la prorogation (32). En outre, le contingent tarifaire le plus important au titre de la mesure (le contingent tarifaire résiduel de la catégorie 1) a toujours été épuisé presque immédiatement au cours des trois derniers trimestres consécutifs, ce qui témoigne d’un comportement opportuniste persistant de la part de certains pays tiers (33).

(36)

L’épuisement des contingents tarifaires et le rythme d’un tel épuisement constituent dans certains cas un bon indicateur des contingents tarifaires pour lesquels il est plus probable que des volumes supplémentaires auraient pénétré sur le marché de l’Union en l’absence de la mesure de sauvegarde. Dès lors, la mesure de sauvegarde a permis d’empêcher qu’une pression supplémentaire soit exercée par les importations. Par conséquent, au vu de ces données, la Commission a conclu que ces modalités d’utilisation des contingents tarifaires, observées à des degrés divers pour toutes les familles de produits, ont confirmé une nouvelle fois le niveau élevé de pression exercée par les importations sur le marché de l’acier de l’Union.

c) Évolution des exportations mondiales des principaux pays exportateurs d’acier et évolution de la consommation sur leurs marchés intérieurs

(37)

Les importations dans l’Union ont diminué de 17 % en 2023 par rapport à 2021 (34). Parallèlement, comme le montre le tableau 11 ci-dessous, au cours de la même période, les importations sur le marché des États-Unis ont également diminué, de 8 %, et sont restées nettement inférieures au niveau record atteint en 2017, avant l’institution de la mesure prise par les États-Unis au titre de la section 232. En 2023, les importations avaient reculé de près de 6 millions de tonnes par rapport à 2017, dernière année précédant la mesure prise au titre de la section 232.

Tableau 11

Importations aux États-Unis, en tonnes

Année

2017

2021

2022

2023

Total pays tiers (à l’exclusion de l’UE)

21 933 440

17 977 836

19 473 713

16 405 997

Source:

Commission du commerce international des États-Unis ().

(38)

Après avoir mis en lumière l’évolution des volumes d’importation sur les deux plus grands marchés d’importation d’acier (l’Union et les États-Unis) (36), la Commission a analysé les résultats à l’exportation des principaux pays fournisseurs d’acier de l’Union (37) vers des pays tiers (autres que l’UE et les États-Unis).

(39)

Le tableau 12 ci-dessous montre que, dans l’ensemble, les principaux pays exportateurs du produit concerné vers l’Union ont considérablement réduit leurs exportations vers d’autres marchés tiers au cours de la période considérée. Une évaluation individuelle des résultats à l’exportation de ces pays a également confirmé une tendance négative généralisée de l’évolution des exportations vers des marchés autres que l’Union et les États-Unis (38).

Tableau 12

Évolution des exportations (autres que vers l’UE et les États-Unis) du produit concerné vers des marchés tiers par les principaux pays fournisseurs d’acier de l’UE (à l’exclusion de la Chine)

Année

2021

2022

2023

Variation en %

Variation en tonnes

Volume (tonnes)

100 433 268

85 647 917

80 921 385

–19 %

–19 511 882

Source:

Global Trade Atlas. Cette base de données rassemble les informations statistiques fournies par les services statistiques des autorités douanières de chaque pays: https://www.spglobal.com/marketintelligence/en/mi/products/maritime-global-trade-atlas.html.

(40)

Au vu de ces chiffres, la Commission a conclu qu’en plus d’avoir exporté des volumes plus faibles vers le marché de l’Union (tableau 9) et vers le marché des États-Unis (tableau 11), ces pays n’avaient généralement pas pu remplacer les volumes d’exportation perdus sur les deux plus grands marchés d’importation par des exportations vers d’autres marchés. Ainsi, dans l’ensemble, les principaux pays exportateurs d’acier vers l’Union avaient perdu des volumes d’exportation considérables dans le monde.

(41)

La Commission a en outre complété sa propre évaluation à l’aide de l’analyse effectuée par l’OCDE sur une plus large gamme de produits. Les données de l’OCDE ont confirmé l’évaluation de la Commission selon laquelle le volume des exportations des principaux pays exportateurs d’acier avait globalement diminué de manière constante au cours de la période considérée (39).

(42)

La seule exception notable à cette tendance générale est représentée par les exportations chinoises, qui ont fortement augmenté en 2023, pour atteindre environ 95 millions de tonnes. Cela représente une hausse des exportations de 24 millions de tonnes (+ 40 %) (40). Par son ampleur, l’augmentation des exportations de la Chine masquerait la diminution des exportations constatée pour la quasi-totalité des autres grands pays exportateurs. C’est pourquoi la Chine a été exclue de l’analyse globale figurant au tableau 12 ci-dessus.

(43)

De fait, la pression supplémentaire exercée par les exportations chinoises a considérablement accru la concurrence sur les marchés d’autres pays tiers (41). Cela a encore réduit la disponibilité et la taille des marchés d’exportation dans le monde (42) et a contribué à la réduction des exportations des autres pays.

(44)

À cet égard, les données de l’OCDE ont révélé que, bien que la plupart des principaux exportateurs d’acier aient réduit leurs exportations, les importations sur de nombreux grands marchés d’importation, à l’exception de l’UE et des États-Unis, ont affiché une tendance à la hausse (43). Pour plusieurs de ces marchés [notamment l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) (44), la Corée, la Turquie (45) et le Brésil (46)] du moins, ce phénomène semble s’expliquer précisément par l’augmentation massive des exportations chinoises (47). En outre, les données des premiers mois de 2024 ne montrent aucun signe d’une inversion de tendance dans le comportement de la Chine à l’exportation (48).

(45)

Dans le contexte de cette évolution des exportations chinoises, la Commission a également évalué l’effet qu’une telle augmentation massive des exportations chinoises vers des pays tiers avait produit sur le marché de l’Union du point de vue des flux d’importation.

(46)

La Commission a confirmé que les importations originaires de certains pays dans lesquels la Chine avait considérablement accru sa présence à l’exportation en 2023 (y compris le Viêt Nam, l’Indonésie et la Malaisie) (49), ainsi que d’autres pays habituellement en concurrence avec la Chine sur ces marchés asiatiques (le Japon (50)), avaient fortement augmenté sur le marché de l’Union en 2023 (51). Ces augmentations sont encore plus élevées par rapport à la période antérieure à l’institution de la mesure de sauvegarde. Par conséquent, les données analysées suggèrent fortement que, dans un contexte global de baisse de la consommation, cette pression forte et croissante exercée par les importations en provenance de Chine sur certains marchés tiers a poussé les producteurs de certains pays à trouver d’autres marchés d’exportation pour une partie de leur production, dont le marché de l’Union (52).

(47)

Ensuite, la Commission a évalué l’évolution de la consommation intérieure dans les principaux pays exportateurs d’acier (53) au cours de la période considérée.

Tableau 13

Évolution de la consommation sur les principaux marchés sidérurgiques (y compris les principaux pays exportant vers l’UE)

Année/produit

Rouleaux et tôles laminés à chaud

Rouleaux laminés à froid

Rouleaux EZ et galvanisés à chaud

Fer-blanc

Tôle quarto

Barres d’armature + fil machine

Laminés marchands + profilés

Éléments de voies ferrées

tous, y compris la Chine

Chine

Chine exceptée

2018

501 094

172 656

87 022

8 539

110 692

495 876

190 878

8 137

1 574 894

964 829

610 065

2019

505 033

167 801

90 303

8 820

113 426

531 934

197 669

8 710

1 623 696

1 024 141

599 556

2020

518 795

176 849

91 167

8 371

121 359

552 592

211 095

8 111

1 688 338

1 141 389

546 949

2021

544 636

182 974

90 038

8 094

118 641

547 644

207 966

7 050

1 645 904

1 050 573

595 331

2022

532 646

173 302

87 504

7 317

119 759

516 659

200 983

7 175

1 707 043

1 085 222

621 821

2023

559 856

181 132

92 419

8 020

126 071

502 780

200 126

7 376

1 677 781

1 068 225

609 556

Source:

base de données CRU (disponible sur abonnement).

(48)

Le tableau 13 (54) ci-dessus montre que, globalement, la consommation sur les marchés intérieurs des principaux exportateurs d’acier a diminué de 61 millions de tonnes (– 4 %) en 2022 (55) par rapport à 2021 (56). C’est la consommation chinoise qui a enregistré la plus forte baisse des volumes globaux, avec une réduction de 34 millions de tonnes. En 2023, la baisse globale par rapport à 2021 était de 2 % (soit –29,2 millions de tonnes).

(49)

L’analyse figurant dans la présente section a confirmé que les principaux exportateurs d’acier rencontrent des difficultés croissantes pour exporter une partie de leur production vers des marchés tiers [voir également plus bas la section 3.2.2, points e) et f)]. En outre, les données montrent qu’il n’aurait guère été possible d’orienter les volumes d’exportation perdus vers leur propre marché intérieur, compte tenu de l’évolution de la consommation. Il en a résulté une perte importante de volumes vendus, tant sur le marché intérieur que dans les pays tiers, pour un grand nombre des principaux fournisseurs d’acier de l’Union.

d) Surcapacité

(50)

L’évolution de la surcapacité mondiale a été un élément essentiel de la décision de la Commission sous-tendant l’institution d’une mesure de sauvegarde définitive en février 2019 (57) et sa prorogation en juin 2021 (58). Dans le cadre de la présente enquête, la Commission a évalué les dernières évolutions en matière de surcapacité de production d’acier, en s’appuyant sur des sources telles que le comité de l’acier de l’OCDE et le forum mondial sur la surcapacité sidérurgique. Tous deux confirment, dans leurs rapports les plus récents, que la surcapacité reste très élevée (59).

(51)

Selon les estimations de ces sources, en 2023, les capacités mondiales de production d’acier dépassaient la production de plus de 550 millions de tonnes, ce qui équivaut à la production combinée d’acier de l’Inde, des Amériques, de l’UE, du Japon et de la Turquie en 2023 (60) et à quatre fois la consommation sur le marché de l’Union en 2023.

(52)

Ces données démontrent donc que la situation de surcapacité ne s’est pas améliorée depuis l’institution de la mesure de sauvegarde sur l’acier en 2019. Au contraire, la surcapacité reste un problème majeur pour le secteur sidérurgique et aucune amélioration n’est attendue dans un avenir proche. De fait, lors de l’évaluation de l’évolution probable de la surcapacité mondiale, la Commission a également confirmé que la situation était susceptible de se détériorer davantage. L’OCDE a indiqué que des nouvelles capacités représentant une production d’environ 160 millions de tonnes devraient être installées entre 2024 et 2026 (61). Ces nouvelles capacités, qui sont supérieures à la consommation annuelle de l’Union, surviendraient alors même que l’on anticipe une croissance modérée de la demande d’acier dans le monde, ce qui risque d’accroître encore l’écart entre les capacités et la demande et, partant, d’exacerber la situation de surcapacité.

(53)

En outre, les informations analysées ont confirmé que l’Union était pratiquement la seule grande région de production d’acier dans laquelle la capacité installée avait diminué au cours de la période 2018-2023. Elle n’a donc pas contribué aux tendances actuelles en matière de surcapacité mondiale (62).

(54)

La Commission a trouvé une confirmation de ces informations au sujet de la surcapacité dans les données extraites de la base de données CRU (63) pour les principaux pays producteurs d’acier du monde, parmi lesquels figurent les principaux pays exportateurs d’acier vers le marché de l’Union.

(55)

La Commission a donc conclu que la surcapacité demeurait très élevée et qu’elle était susceptible d’augmenter encore.

(56)

En plus d’évaluer l’évolution la plus récente de la surcapacité mondiale, la Commission a analysé les liens entre, d’une part, la surcapacité croissante dans certains pays et certaines régions et, d’autre part, l’évolution des importations originaires de ces pays dans l’Union. Cette évaluation était fondée sur les statistiques des importations ainsi que sur les recherches spécifiques relatives à l’évolution de la surcapacité effectuées par le comité de l’acier de l’OCDE (64) et le forum mondial sur la surcapacité sidérurgique (65).

(57)

Selon le forum mondial sur la surcapacité sidérurgique, ces dernières années, les risques de surinvestissement sont devenus de plus en plus manifestes en Asie du Sud-Est, dans certaines parties du Moyen-Orient et en Afrique, où les augmentations de capacités dépassent de très loin la demande locale d’acier. En outre, le Viêt Nam, l’Indonésie et la Malaisie ont affiché des taux de croissance des capacités supérieurs à 35 % à 95 %, tandis que la demande d’acier a diminué ou légèrement augmenté et que d’autres économies du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique du Nord enregistrent également une croissance déséquilibrée (par exemple, l’Iran, le Pakistan et l’Algérie) (66).

(58)

Ces informations concordaient également avec celles fournies au niveau national par l’OCDE et témoignant d’une forte augmentation des capacités dans ces pays (entre autres) (67). À cet égard, l’enquête a également révélé qu’une partie de ces augmentations de capacités s’expliquait par les investissements chinois à l’étranger, en particulier, mais pas uniquement, dans la région de l’ANASE (68).

(59)

Lors de l’évaluation de l’évolution des importations dans l’Union par origine, la Commission a constaté qu’au cours de la période 2022-2023, les importations originaires de certains pays (69) avaient fortement augmenté (70), alors que la mesure de sauvegarde était déjà en place. Ces pays ne faisaient pas partie des fournisseurs traditionnels de l’Union et, dans certains cas, il n’y avait quasiment pas d’importations originaires de ces pays avant la mesure de sauvegarde et au cours de ses premières années d’application. En tant que tels, ils ne remplissaient pas les conditions requises pour bénéficier d’un contingent spécifique par pays et utilisaient donc l’espace disponible au titre des contingents tarifaires résiduels pour pénétrer sur le marché de l’Union à un rythme très rapide et avec des volumes élevés. Cette présence soudaine a entraîné des perturbations importantes sur le marché et, dans certains cas, a compromis l’efficacité de la mesure (voir section 7.3 ci-dessous). Le graphique ci-dessous montre l’évolution des importations dans l’Union originaires de certains pays.

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