Décision (PESC) 2025/397 du Conseil du 24 février 2025 modifiant la décision 2014/386/PESC concernant des mesures restrictives en réponse à l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol
| CELEX | 32025D0397 |
| Type | Décision |
| Date | lundi 24 février 2025 |
Résumé IA
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série L |
| 2025/397 | 24.2.2025 |
DÉCISION (PESC) 2025/397 DU CONSEIL
du 24 février 2025
modifiant la décision 2014/386/PESC concernant des mesures restrictives en réponse à l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol
LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur l’Union européenne, et notamment son article 29,
vu la proposition du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
considérant ce qui suit:
| (1) | Le 23 juin 2014, le Conseil a adopté la décision 2014/386/PESC (1). |
| (2) | Dans ses conclusions du 19 décembre 2024, le Conseil européen a de nouveau condamné résolument la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, qui constitue une violation manifeste de la charte des Nations unies, et il a réaffirmé l’engagement inébranlable de l’Union de continuer d’apporter à l’Ukraine et à sa population un soutien politique, financier, économique, humanitaire, militaire et diplomatique. |
| (3) | L’Union ne reconnaît pas, et continue de condamner comme constituant une violation du droit international, l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Fédération de Russie. L’Union reste résolue à mettre pleinement en œuvre sa politique de non-reconnaissance. |
| (4) | Compte tenu de la gravité de la situation et de la poursuite par la Fédération de Russie d’actions illégales violant des règles fondamentales du droit international, y compris, en particulier, l’interdiction de recourir à la force consacrée à l’article 2, paragraphe 4, de la charte des Nations unies, et violant les règles fondamentales du droit international humanitaire, il convient d’adopter de nouvelles mesures restrictives. |
| (5) | L’Union reste déterminée à utiliser tous les instruments diplomatiques, économiques et juridiques à sa disposition pour empêcher la consolidation de l’occupation illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Russie et pour soutenir le rétablissement intégral de la souveraineté de l’Ukraine sur l’ensemble de son territoire internationalement reconnu. Afin d’empêcher l’intégration économique, financière et juridique de la Crimée et de Sébastopol dans la Fédération de Russie, ainsi que d’éviter le contournement, par la Fédération de Russie par l’intermédiaire de la Crimée et de Sébastopol, des mesures restrictives de l’Union énoncées dans la décision 2014/512/PESC du Conseil (2), il convient d’étendre les mesures restrictives figurant dans la décision 2014/386/PESC. |
| (6) | En particulier, il convient d’imposer des restrictions aux services qui facilitent l’occupation illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Russie et permettent aux acteurs économiques de s’intégrer dans le système juridique et financier de la Russie, principalement en ce qui concerne la fourniture à la Crimée et à Sébastopol de services de comptabilité, de vérification des comptes, de tenue des livres, de conseils fiscaux, de conseil en matière d’entreprise et de gestion, de relations publiques, de construction, d’architecture, d’ingénierie, de conseil juridique, de conseil en informatique, d’études de marché et de sondages d’opinion, d’essais et d’analyses techniques et de publicité. |
| (7) | Dans l’objectif d’éviter les pratiques de contournement, il convient d’interdire la fourniture à la Crimée et à Sébastopol de certains logiciels pour la gestion d’entreprises et logiciels de conception et de fabrication industrielles, ainsi que d’y transférer les droits de propriété intellectuelle ou les secrets d’affaires y afférents. |
| (8) | Il convient également d’interdire la fourniture à la Crimée et à Sébastopol de billets de banque libellés dans n’importe quelle monnaie officielle d’un État membre. |
| (9) | Afin de réduire les risques de contournement au minimum, il convient de restreindre l’exportation vers la Crimée et Sébastopol de certains biens et technologies qui font également l’objet de restrictions prévues par la décision 2014/512/PESC. |
| (10) | Par souci de mise en conformité avec l’interprétation de la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire C–72/11 (3), il convient de modifier la disposition interdisant un contournement afin de clarifier le fait que les exigences relatives à la connaissance et à la volonté sont réunies non seulement lorsqu’une personne recherche délibérément l’objet ou l’effet, direct ou indirect, attaché au contournement des mesures restrictives, mais également lorsqu’une personne participant à une activité ayant pour objet ou pour effet de contourner les mesures restrictives sait qu’une telle participation peut avoir cet objet ou cet effet, et qu’elle accepte cette possibilité. |
| (11) | Il y a donc lieu de modifier la décision 2014/386/PESC en conséquence, |
A ADOPTÉ LA PRÉSENTE DÉCISION:
Article premier
La décision 2014/386/PESC est modifiée comme suit:
| 1) | Les articles 3 et 4 sont supprimés. |
| 2) | À l’article 4 bis, le paragraphe 3 est supprimé. |
| 3) | L’article 4 ter est modifié comme suit:
|
| 4) | L’article 4 quater est modifié comme suit:
|
| 5) | À l’article 4 quinquies, paragraphe 1, le point a) est remplacé par le texte suivant:
|
| 6) | À l’article 4 sexies, les paragraphes 4 et 5 sont supprimés. |
| 7) | Les articles suivants sont insérés: «Article 4 septies 1. Il est interdit de vendre, de fournir, de transférer ou d’exporter des billets de banque libellés dans n’importe quelle monnaie officielle d’un État membre à la Crimée ou Sébastopol ou vers ces territoires, ou à toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme en Crimée ou à Sébastopol, ou vers une telle personne ou entité ou un tel organisme, ou encore aux fins d’une utilisation en Crimée ou à Sébastopol. 2. L’interdiction prévue au paragraphe 1 ne s’applique pas à la vente, à la fourniture, au transfert ou à l’exportation de billets de banque libellés dans n’importe quelle monnaie officielle d’un État membre pour autant que cette vente, cette fourniture, ce transfert ou cette exportation soit nécessaire:
Article 4 octies Il est interdit de participer, sciemment et délibérément, à des activités ayant pour objet ou pour effet de contourner les interdictions prévues par la présente décision, y compris sans rechercher délibérément cet objet ou cet effet, mais en sachant qu’une telle participation peut avoir cet objet ou cet effet et en acceptant cette possibilité. Article 4 nonies 1. Il n’est fait droit à aucune demande à l’occasion de tout contrat ou toute opération dont l’exécution a été affectée, directement ou indirectement, en tout ou en partie, par les mesures instituées en vertu de la présente décision, y compris à des demandes d’indemnisation ou à toute autre demande de ce type, telle qu’une demande de compensation ou une demande à titre de garantie, en particulier une demande visant à obtenir la prorogation ou le paiement d’une obligation, d’une garantie ou d’une contre-garantie, notamment une garantie ou une contre-garantie financière, quelle qu’en soit la forme, présentée par:
2. Dans toute procédure visant à donner effet à une demande, la charge de la preuve que le paragraphe 1 n’interdit pas de satisfaire à la demande incombe à la personne physique ou morale, à l’entité ou à l’organisme cherchant à donner effet à cette demande. 3. Le présent article est sans préjudice du droit des personnes physiques ou morales, entités ou organismes visés au paragraphe 1 au contrôle juridictionnel de la légalité du non-respect des obligations contractuelles conformément à la présente décision.». |
| 8) | Une annexe est ajoutée conformément à l’annexe de la présente décision. |
Article 2
La présente décision entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Fait à Bruxelles, le 24 février 2025.
Par le Conseil
La présidente
K. KALLAS
(1) Décision 2014/386/PESC du Conseil du 23 juin 2014 concernant des mesures restrictives en réponse à l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol (JO L 183 du 24.6.2014, p. 70, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2014/386/oj).
(2) Décision 2014/512/PESC du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine (JO L 229 du 31.7.2014, p. 13, ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2014/512/oj).
(3) Arrêt de la Cour de justice (troisième chambre) du 21 décembre 2011, Afrasiabi e.a., C–72/11, ECLI:EU:C:2011:874, point 67.
ANNEXE
L’annexe suivante est ajoutée à la décision 2014/386/PESC:
«ANNEXE
Liste des pays visés à l’article 4 septies, paragraphe 2, point c)
LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
JAPON
ROYAUME-UNI
CORÉE DU SUD
AUSTRALIE
CANADA
NOUVELLE-ZÉLANDE
NORVÈGE
SUISSE
LIECHTENSTEIN
ISLANDE»
ELI: http://data.europa.eu/eli/dec/2025/397/oj
ISSN 1977-0693 (electronic edition)
Documents similaires
Décision (UE) 2026/115 de la Banque centrale européenne du 31 décembre 2025 concernant la libération du capital, le transfert d’avoirs de réserve de change ainsi que la contribution aux réserves et aux provisions de la Banque centrale européenne par la Българска народна банка (Banque nationale de Bulgarie) (BCE/2025/44)
31/12/2025
Proposition de DÉCISION DU CONSEIL autorisant une coopération renforcée concernant l’établissement d’un prêt en faveur de l’Ukraine
23/12/2025
Décision (UE) 2026/66 de la Commission du 23 décembre 2025 modifiant les décisions 2014/350/UE, 2014/391/UE, (UE) 2016/1332, (UE) 2016/1349 et (UE) 2017/176 en ce qui concerne la période de validité des critères du label écologique de l’UE et des exigences d’évaluation et de vérification s’y rapportant pour les produits textiles, les matelas de lit, les produits d’ameublement, les articles chaussants et les revêtements de sol à base de bois, de liège et de bambou [notifiée sous le numéro C(2025) 9163]
23/12/2025
Décision de la Commission du 23 décembre 2025 relative à l’aide d’État SA.109662 (2024/C) (ex 2020/N) que la France envisage de mettre à exécution en faveur de Corsair [notifiée sous le numéro C(2025) 9292]
23/12/2025