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AccueilDroit européen32026H0839
Recommandation32026H0839

Recommandation (UE) 2026/839 de la Commission du 11 mars 2026 établissant des lignes directrices pour la conception de méthodes d’analyse coûts-avantages pour l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique conformément à l’article 3, paragraphe 6, de la directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil

CELEX32026H0839
TypeRecommandation
Datemercredi 11 mars 2026

Résumé IA

Ce texte établit un cadre méthodologique pour réaliser des analyses coûts-avantages, comme l'exige la directive sur l'efficacité énergétique. Il guide les autorités nationales dans l'évaluation économique des mesures, en veillant à ce que les décisions d'investissement priorisent les solutions les plus efficientes sur le plan énergétique.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série L


2026/839

16.4.2026

RECOMMANDATION (UE) 2026/839 DE LA COMMISSION

du 11 mars 2026

établissant des lignes directrices pour la conception de méthodes d’analyse coûts-avantages pour l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique conformément à l’article 3, paragraphe 6, de la directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil

LA COMMISSION EUROPÉENNE,

vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 292,

considérant ce qui suit:

(1)

Dans sa communication du 28 novembre 2018 intitulée «Une planète propre pour tous — Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat» (1), la Commission a déclaré que l’efficacité énergétique est un domaine d’action clé, sans lequel la décarbonation totale de l’économie de l’Union ne peut être réalisée.

(2)

Le règlement (UE) 2018/1999 du Parlement européen et du Conseil (2) sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat a défini pour la première fois la notion de «primauté de l’efficacité énergétique». Le principe de primauté de l’efficacité énergétique est également au cœur de la stratégie de l’UE pour l’intégration du système énergétique (3).

(3)

Dans le règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil (4) établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique («loi européenne sur le climat»), l’ambition climatique de l’Union a été revue à la hausse en fixant l’objectif de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici à 2030.

(4)

Pour réaliser ces objectifs, la Commission, à la suite de sa communication du 19 octobre 2020 intitulée «Programme de travail de la Commission pour 2021 — Une Union pleine de vitalité dans un monde fragile» (5), a adopté un paquet législatif visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 (ci-après dénommé «paquet “Ajustement à l’objectif 55”») et à parvenir à une Union européenne neutre pour le climat d’ici à 2050. Ce paquet couvre une série de domaines d’action, dont une proposition de refonte de la directive relative à l’efficacité énergétique.

(5)

L’efficacité énergétique est une pierre angulaire de la stratégie de l’Europe visant à réaliser ses objectifs ambitieux en matière de transition énergétique et de décarbonation, et elle est de plus en plus reconnue au niveau international comme un moteur important de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Parallèlement, l’efficacité énergétique a de puissants effets bénéfiques sur la sécurité énergétique et les coûts de l’énergie.

(6)

Comme l’a souligné Mario Draghi dans son rapport du 9 septembre 2024 intitulé «L’avenir de la compétitivité européenne — Une stratégie pour la compétitivité en Europe», une utilisation plus efficace de l’énergie est également essentielle pour la compétitivité des industries européennes. En réduisant la consommation d’énergie, et donc les coûts opérationnels, les entreprises peuvent réinvestir dans la R & D, les compétences et les emplois, et leurs produits peuvent devenir plus attrayants sur les marchés mondiaux et, partant, renforcer la prééminence et la compétitivité de l’Europe. En outre, le secteur européen de l’efficacité énergétique est un leader mondial en matière de technologies et, comme l’a souligné la boussole pour la compétitivité de l’UE (6) récemment adoptée, les technologies économes en énergie sont dans une large mesure fabriquées en Europe, ce qui confère un avantage concurrentiel à l’économie de l’Union.

(7)

Le plan d’action pour une énergie abordable (7), adopté le 26 février 2025 dans le cadre du pacte pour une industrie propre (8), comprend des actions clés visant à réduire les coûts de l’énergie pour les ménages et les entreprises et à contribuer à la mise en place d’une véritable union de l’énergie qui profite à la compétitivité, à la sécurité, à la décarbonation et à une transition juste. Ce plan d’action repose sur quatre piliers et huit mesures clés, dont une mesure spécifique destinée à accroître l’efficacité énergétique et à réaliser des économies d’énergie, qui souligne que l’efficacité énergétique est un facteur essentiel pour une énergie abordable, la décarbonation et la compétitivité industrielle. Pour faire progresser l’efficacité énergétique, la Commission européenne aidera les acteurs du marché et les établissements financiers à promouvoir un marché unique de l’efficacité énergétique. En outre, dans le cadre de l’action visant à achever une véritable union de l’énergie, la Commission travaille à l’élaboration d’une nouvelle stratégie en matière de chauffage et de refroidissement et d’une stratégie d’investissement dans l’énergie propre.

(8)

Le 13 juin 2025, la Commission s’est engagée à renouveler son engagement en faveur de l’efficacité énergétique et a présenté la feuille de route pour l’efficacité énergétique, qui définit dix domaines prioritaires pour orienter l’action de l’Union. L’un de ces domaines clés est axé sur le soutien et la simplification de la mise en œuvre. La présente recommandation de la Commission s’inscrit dans le cadre de cet effort continu pour soutenir les États membres au moyen d’orientations et d’outils visant à garantir une mise en œuvre efficace et harmonisée.

(9)

Recommandation (UE) 2021/1749 de la Commission (9) sur le principe de primauté de l’efficacité énergétique: des principes à la pratique — Lignes directrices et exemples relatifs à sa mise en œuvre dans le cadre du processus décisionnel dans le secteur de l’énergie et au-delà. La recommandation préconise d’adopter une approche systémique lors de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et d’évaluer le rapport coût-efficacité et les avantages de plus large portée des mesures d’efficacité énergétique d’un point de vue sociétal lors de la prise de décisions stratégiques, de la conception de cadres réglementaires et de la planification des futurs programmes d’investissement.

(10)

L’article 3 de la directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil (10) relative à l’efficacité énergétique (refonte) (ci-après la «refonte de la DEE») du 13 septembre 2023 a établi un cadre structuré pour la mise en œuvre, le suivi et l’établissement de rapports sur le principe de primauté de l’efficacité énergétique.

(11)

Pour que le principe de primauté de l’efficacité énergétique produise l’effet escompté, l’article 3 de la refonte de la DEE dispose que les décideurs au niveau national, régional, local et sectoriel l’appliquent de manière cohérente dans tous les scénarios et décisions pertinents en matière de politique, de planification et d’investissements majeurs — c’est-à-dire d’investissements de grande ampleur d’une valeur supérieure à 100 000 000 EUR chacun ou à 175 000 000 EUR pour les projets d’infrastructures de transport — ayant une incidence sur la consommation d’énergie ou l’approvisionnement en énergie. Ce principe doit être appliqué tant dans le secteur de l’énergie que dans le secteur non énergétique, et il ne se limite pas au secteur public.

(12)

La refonte de la DEE fixe les conditions de l’application pratique du principe, car elle impose aux États membres de promouvoir et, lorsque des analyses coûts-avantages sont requises, de veiller à l’application de méthodes d’analyse coûts-avantages permettant une évaluation appropriée des avantages sociaux, environnementaux et économiques de plus large portée des solutions d’efficacité énergétique lors de l’application de ce principe. En outre, afin de fixer les conditions propices à des solutions efficaces sur le plan énergétique et de permettre un contrôle approprié de l’application du principe, les États membres doivent désigner une ou plusieurs entités responsables de son suivi.

(13)

Des analyses coûts-avantages devraient être systématiquement élaborées et réalisées afin d’inciter à appliquer des solutions et des mesures en matière d’efficacité énergétique. Ces analyses devraient se fonder sur les informations les plus récentes concernant les prix de l’énergie et inclure des scénarios d’augmentation des prix de l’énergie produite à partir de combustibles fossiles, par exemple en raison de la diminution des quotas du système d’échange de quotas d’émission de l’Union (SEQE de l’UE) conformément à la directive (UE) 2023/959 du Parlement européen et du Conseil (11).

(14)

Afin de faciliter la transposition et la bonne mise en œuvre de ces dispositions relatives aux analyses coûts-avantages, la refonte de la DEE fait obligation à la Commission d’adopter des lignes directrices fournissant un cadre général commun, comprenant la procédure de supervision, de suivi et de rapport, que les États membres peuvent utiliser pour concevoir les méthodes d’analyse coûts-avantages

(15)

Les États membres doivent mettre en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et administratives transposant l’article 3 sur le financement de l’efficacité énergétique au plus tard le 11 octobre 2025.

(16)

Les États membres disposent d’une certaine marge d’appréciation pour transposer et mettre en œuvre les exigences de l’article 3 en matière de financement de l’efficacité énergétique de la façon la plus adaptée à leur situation nationale. En particulier, les méthodes d’analyse coûts-avantages peuvent être adaptées aux circonstances nationales et locales.

(17)

Le panel de citoyens européens sur l’efficacité énergétique, qui s’est tenu de février à avril 2024, a réuni 150 citoyens européens pour discuter de la manière dont l’énergie est utilisée dans l’Union et des possibilités d’évolution du système énergétique. Le groupe a adopté treize recommandations finales pour alimenter les initiatives à venir de l’Union, notamment en donnant la priorité aux actions qui contribuent le plus à l’indépendance énergétique dans le cadre du principe de primauté de l’efficacité énergétique (recommandation no 3 — Renforcer l’indépendance et l’efficacité énergétiques, devenir un exemple mondial) (12),

RECOMMANDE AUX ÉTATS MEMBRES:

de suivre les lignes directrices figurant à l’annexe de la présente recommandation lors de la conception de méthodes coûts-avantages pour l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et lors de l’établissement d’un cadre pour la surveillance, le suivi et l’établissement de rapports sur l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique. Les lignes directrices figurant en annexe complètent la recommandation (UE) 2021/1749 relative au principe de primauté de l’efficacité énergétique. La présente recommandation n’a pas d’incidence sur les effets juridiques de la refonte de la DEE et est sans préjudice de l’interprétation contraignante de cette refonte par la Cour de justice. Elle porte sur les dispositions relatives au financement du principe de primauté de l’efficacité énergétique et concerne l’article 3 de la refonte de la DEE.

Fait à Bruxelles, le 11 mars 2026.

Par la Commission

Dan JØRGENSEN

Membre de la Commission


(1) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement «Une planète propre pour tous — Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat» [COM(2018) 773 final].

(2) Règlement (UE) 2018/1999 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat, modifiant les règlements (CE) no 663/2009 et (CE) no 715/2009 du Parlement européen et du Conseil, les directives 94/22/CE, 98/70/CE, 2009/31/CE, 2009/73/CE, 2010/31/UE, 2012/27/UE et 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil, les directives 2009/119/CE et (UE) 2015/652 du Conseil et abrogeant le règlement (UE) no 525/2013 du Parlement européen et du Conseil (JO L 328 du 21.12.2018, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2018/1999/oj).

(3) Établie dans la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Alimenter en énergie une économie neutre pour le climat: une stratégie de l’UE pour l’intégration du système énergétique» [COM(2020) 299 final].

(4) Règlement (UE) 2021/1119 du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 2021 établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique et modifiant les règlements (CE) no 401/2009 et (UE) 2018/1999 («loi européenne sur le climat») (JO L 243 du 9.7.2021, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2021/1119/oj).

(5) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Programme de travail de la Commission pour 2021 — Une Union pleine de vitalité dans un monde fragile» [COM(2020) 690 final].

(6) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Une boussole pour la compétitivité de l’UE» [COM(2025) 30 final].

(7) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Plan d’action pour une énergie abordable — Exploiter pleinement la vraie valeur de notre union de l’énergie pour garantir à tous les européens une énergie abordable, efficace et propre» [COM(2025) 79 final].

(8) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Le pacte pour une industrie propre: une feuille de route commune pour la compétitivité et la décarbonation» [COM(2025) 85 final].

(9) Recommandation (UE) 2021/1749 de la Commission du 28 septembre 2021 sur le principe de primauté de l’efficacité énergétique: des principes à la pratique — Lignes directrices et exemples relatifs à sa mise en œuvre dans le cadre du processus décisionnel dans le secteur de l’énergie et au-delà (JO L 350 du 4.10.2021, p. 9, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2021/1749/oj).

(10) Directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2023 relative à l’efficacité énergétique et modifiant le règlement (UE) 2023/955 (JO L 231 du 20.9.2023, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2023/1791/oj).

(11) Directive (UE) 2023/959 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023 modifiant la directive 2003/87/CE établissant un système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans l’Union et la décision (UE) 2015/1814 concernant la création et le fonctionnement d’une réserve de stabilité du marché pour le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre de l’Union (JO L 130 du 16.5.2023, p. 134, ELI: http://data.europa.eu/eli/dir/2023/959/oj).

(12) Recommandations finales, panel de citoyens européens sur l’efficacité énergétique, https://citizens.ec.europa.eu/european-citizens-panels/energy-efficiency-panel_fr.


ANNEXE

1. CONTEXTE POLITIQUE ET FINALITÉ

L’efficacité énergétique confère à l’Europe un triple dividende puissant: pour la sécurité énergétique, le caractère abordable et la décarbonation.

La loi européenne sur le climat (1) a souligné la nécessité d’accroître la contribution de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables à la réalisation rentable d’une réduction nette des émissions de GES de 55 %, et le rapport Draghi a confirmé que pour relever les défis en matière de compétitivité auxquels l’Union est confrontée, il y a lieu de tirer parti de toutes les technologies et solutions disponibles, y compris l’efficacité énergétique (2). L’efficacité énergétique est l’une des mesures les plus propres et les plus rentables pour mettre fin aux dépendances à l’égard des importations d’énergie et accroître la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Union (3), en particulier dans le contexte de l’abandon progressif de l’énergie russe (4).

L’efficacité énergétique favorise le déploiement rapide des énergies renouvelables, accroît l’efficacité du système, contribue à limiter le besoin de capacités supplémentaires de production d’électricité et, partant, réduit les coûts de transport et de distribution, et remédie aux contraintes de capacité (5).

Les mesures structurelles d’efficacité énergétique limitent l’incidence des prix élevés et volatils de l’énergie sur les factures des consommateurs. À ce titre, l’efficacité énergétique contribue à réduire les factures énergétiques et à lutter contre la précarité énergétique, tout en améliorant les conditions de vie et en contribuant à une réduction des dépenses de santé (6).

Du côté de l’offre, les politiques d’efficacité énergétique stimulent l’innovation en matière de technologies et de modèles commerciaux et répondent aux défis en matière de compétitivité (7). Du côté de la demande, l’efficacité énergétique accroît la compétitivité en permettant aux entreprises de produire de manière rentable et de dépenser l’argent économisé sur leurs factures énergétiques pour accroître la productivité.

Dans ce contexte, la Commission s’est engagée à renouveler son engagement en faveur de l’efficacité énergétique et a présenté le 13 juin 2025 la feuille de route pour l’efficacité énergétique (8), qui définit dix domaines prioritaires pour orienter l’action de l’Union. L’un de ces domaines clés est axé sur le soutien et la simplification de la mise en œuvre. La présente recommandation de la Commission s’inscrit dans le cadre de cet effort continu visant à soutenir les États membres au moyen d’orientations et d’outils visant à garantir une mise en œuvre efficace et harmonisée (9).

2. CADRE JURIDIQUE

Le principe de primauté de l’efficacité énergétique, tel que défini à l’article 2, point 18), du règlement (UE) 2018/1999 sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat repose sur le postulat selon lequel les investissements stratégiques dans l’efficacité énergétique permettent de réduire la demande, ce qui réduit la nécessité de produire davantage d’énergie et de créer de nouvelles infrastructures et, partant, permet de réaliser des économies de coûts.

L’objectif du principe de primauté de l’efficacité énergétique est que les solutions en matière d’efficacité énergétique, y compris les ressources en lien avec la demande et la flexibilité du système, soient considérées et évaluées comme une solution potentiellement plus rentable pour répondre à un besoin.

L’article 3, paragraphe 5, point a), de la directive (UE) 2023/1791 (refonte de la DEE) impose aux États membres de promouvoir et, lorsque des analyses coûts-avantages sont requises, d’assurer l’application de méthodes permettant une évaluation appropriée des avantages de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique lors de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique.

L’article 3, paragraphe 6, fait obligation à la Commission d’adopter des lignes directrices fournissant un cadre général commun, comprenant la procédure de supervision, de suivi et de rapport, que les États membres peuvent utiliser pour concevoir les méthodes d’analyse coûts-avantages visées aux fins de la comparabilité de ces méthodes, tout en laissant la possibilité aux États membres de les adapter aux circonstances nationales et locales.

Les présentes lignes directrices répondent à cette exigence et sont conçues pour aider les décideurs nationaux, régionaux, locaux et privés lorsqu’ils appliquent le principe de primauté de l’efficacité énergétique dans les décisions en matière de planification, de politique et d’investissement majeur dans les secteurs énergétiques et non énergétiques.

Aux termes de l’article 3, paragraphe 5, point a), de la refonte de la DEE, les États membres «promeuvent et, lorsque des analyses coûts-avantages sont requises, s’assurent de l’application et de la publication des méthodes d’analyse coûts-avantages qui permettent d’évaluer correctement les avantages de plus large portée qu’offrent les solutions en matière d’efficacité énergétique le cas échéant, en tenant compte de l’ensemble du cycle de vie et de la perspective à long terme, de l’efficacité du système et de la rentabilité, de la sécurité d’approvisionnement et de la quantification du point de vue sociétal, sanitaire, économique et de la neutralité climatique, ainsi qu’en tenant compte des principes de durabilité et d’économie circulaire dans le cadre de la transition vers la neutralité climatique».

3. TERMES ET NOTIONS UTILISÉS DANS LES PRÉSENTES LIGNES DIRECTRICES

3.1. Termes définis dans le cadre législatif de l’Union sur l’énergie

On entend par «principe de primauté de l’efficacité énergétique», le fait de prendre le plus grand compte, lors de la planification énergétique et des décisions concernant la politique et les investissements en matière d’énergie, des mesures d’efficacité énergétique alternatives efficaces du point de vue des coûts visant à rendre l’offre et la demande d’énergie plus efficientes, en particulier au moyen d’économies d’énergie rentables au stade final, d’initiatives de participation active de la demande et d’une conversion, d’un acheminement et d’une distribution plus efficaces de l’énergie, qui permettent tout de même d’atteindre les objectifs de ces décisions [règlement (UE) 2018/1999, article 2, point 18)].

On entend par «efficacité énergétique», le rapport entre la performance, les services, les biens ou l’énergie produits et l’apport d’énergie [article 2, point 8), de la refonte de la DEE].

On entend par «amélioration de l’efficacité énergétique», un accroissement de l’efficacité énergétique à la suite de modifications d’ordre technologique, comportemental ou économique [article 2, point 10), de la refonte de la DEE].

On entend par «système énergétique», un système principalement conçu pour fournir des services énergétiques destinés à satisfaire la demande des secteurs d’utilisation finale en énergie sous forme de chaleur, de combustibles et d’électricité [article 2, point 3), de la refonte de la DEE].

On entend par «consommation d’énergie finale» ou «FEC», la somme des consommations d’énergie de l’industrie, des transports, y compris la consommation d’énergie de l’aviation internationale, du secteur résidentiel, du secteur tertiaire public et privé, de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et d’autres secteurs d’utilisation finale, à l’exclusion de la consommation d’énergie dans les soutes maritimes internationales, de l’énergie ambiante et des livraisons au secteur de la transformation et au secteur de l’énergie, ainsi que des pertes dues au transport et à la distribution au sens de l’annexe A du règlement (CE) no 1099/2008 du Parlement européen et du Conseil (10) [article 2, point 6), de la refonte de la DEE].

3.2. Autres termes et notions clés utilisés dans les présentes lignes directrices

On entend par «analyse coûts-avantages» ou «ACA», un processus qui tente de mesurer tous les effets d’une décision en unités monétaires et qui est utilisé pour formuler une recommandation sur l’option présentant l’avantage net le plus élevé (parfois également appelée solution la plus efficace) (11).

On entend par «analyse de décision multicritères» ou «ADMC», un type d’analyse qui permet de prendre en considération un large éventail de critères d’évaluation, tous présentés dans leurs unités de mesure originales; il n’est pas nécessaire de les transformer en termes monétaires, comme l’exige l’ACA (12).

On entend par «solutions d’efficacité énergétique», des technologies, des procédés ou des pratiques qui permettent de réduire ou de différer dans le temps le volume d’énergie nécessaire pour fournir le même niveau de performance, de service, ou de biens. Ces solutions peuvent inclure les économies d’énergie au stade de l’utilisation finale, les ressources en lien avec la demande et la flexibilité du système, ainsi que la conversion, le transport et la distribution efficaces de l’énergie.

On entend par «secteurs énergétiques», les secteurs qui interviennent dans la production et la distribution d’énergie, tels que l’électricité, le gaz, la chaleur, etc.

On entend par «secteurs non énergétiques», les secteurs de l’économie dans lesquels ne sont pas réalisées à titre principal des activités de production, de transport, de distribution ou de vente d’énergie. Bien que ces secteurs consomment de l’énergie et soient dépendants de celle-ci aux fins de leurs activités, leur fonction principale n’est pas axée sur la production d’énergie ou l’approvisionnement. L’article 3, paragraphe 1, de la refonte de la DEE fournit une liste non exhaustive d’exemples de secteurs non énergétiques, à savoir, entre autres, les secteurs du bâtiment, des transports, de l’eau, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’agriculture ainsi que le secteur financier.

Selon la méthodologie d’Eurostat pour les bilans énergétiques (13), on peut considérer les secteurs non énergétiques comme ceux participant à la consommation finale d’énergie (code Eurostat FC_E). Ces secteurs comprennent le secteur industriel (FC_IND_E), le secteur des transports (FC_TRA_E) et les autres secteurs (FC_OTH_E), tels que le commerce et les services publics, les ménages, l’agriculture et la sylviculture, et la pêche. Par conséquent, la liste indicative figurant à l’article 3, paragraphe 1, pourrait également être alignée sur les secteurs d’utilisation finale de l’énergie définis par Eurostat ou sur une classification nationale regroupant les secteurs d’utilisation finale de l’énergie.

On entend par «conditions limites», une définition explicite des limites dans lesquelles les coûts et les avantages (de plus large portée) doivent être pris en considération dans une évaluation coûts-avantages, par exemple, quels secteurs doivent être inclus, ou si les incidences au-delà d’une frontière nationale doivent être incluses ou non, ou encore la durée de la période d’évaluation.

On entend par «double comptage», une situation dans laquelle une ACA comptabilise deux fois les mêmes coûts ou avantages, par exemple lorsqu’il y a chevauchement des avantages entre deux catégories d’impact et que les deux avantages sont inclus dans l’analyse. Un double comptage peut conduire à une sous-estimation ou à une surestimation des coûts et des avantages.

On entend par «avantages directs», les avantages ou les effets découlant directement d’une mesure d’efficacité énergétique, tels que la réduction de la demande d’énergie (Agence internationale de l’énergie, 2014).

On entend par «avantages indirects», les avantages et/ou effets qui résultent des avantages/effets directs. Par exemple, les économies d’énergie sont au cœur de nombreux avantages indirects tels que le surplus du consommateur, l’amélioration de la santé résultant de l’amélioration de la qualité de l’air, la baisse des prix de l’énergie, l’utilisation des ressources, etc (14). Les avantages indirects pourraient se manifester sous forme d’augmentation des dépenses, de l’emploi ou du PIB.

On entend par «incidences induites (sur l’emploi)», les incidences qui se produisent plus en aval de la chaîne causale en raison d’incidences indirectes (15). Les incidences induites sur l’emploi désignent les emplois créés en raison des dépenses supplémentaires des travailleurs directs et indirects. Par exemple, dans le cas de projets de rénovation de bâtiments plus nombreux dans une ville, les ouvriers de la construction effectuent les travaux de rénovation (emplois directs) et les fabricants construisent les matériaux nécessaires (emplois indirects). Par exemple, dans les zones où sont situés des chantiers de construction et des usines de fabrication, de nouveaux restaurants et structures de garde d’enfants pourraient être construits, deux exemples de création d’emplois induits.

On entend par «effet de rebond», une situation dans laquelle l’amélioration de l’efficacité est utilisée pour accéder à davantage de biens et de services plutôt que pour réduire la demande d’énergie. En conséquence, les réductions effectives de la demande d’énergie pourraient donc être en deçà des estimations effectuées au cours de la phase d’élaboration des politiques (16).

On entend par «analyse de sensibilité», la compréhension de la manière dont l’incertitude des résultats du modèle peut être attribuée aux différentes sources d’incertitude dans les données d’entrée du modèle (17). En ce qui concerne l’efficacité énergétique, les sources d’intrants soumises à une analyse de sensibilité devraient inclure les prévisions des prix de l’énergie, les taux d’actualisation et toute autre variable présentant un degré élevé d’incertitude ou une incidence significative sur le résultat des calculs.

On entend par «taux d’actualisation social», le taux utilisé pour évaluer les coûts et avantages futurs des politiques publiques pour la société. Un taux d’actualisation social donne une valeur actuelle aux coûts et aux avantages qui seront générés à l’avenir.

3.3. Autres boîtes à outils et concepts utilisés dans les présentes lignes directrices et utiles pour l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique dans les États membres

On entend par «lignes directrices pour une meilleure réglementation», les principes introduits dans le document de travail des services de la Commission européenne de novembre 2021 et respectés par la Commission européenne en ce qui concerne l’élaboration, la formulation, la gestion et l’évaluation des nouvelles initiatives et de la législation existante (18).

La «boîte à outils pour une meilleure réglementation» complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation et fournit des orientations, des conseils et des bonnes pratiques.

Le «guide du bilan énergétique» (19) est la comptabilité statistique la plus complète des produits énergétiques et de leur flux dans l’économie. Le bilan énergétique permet aux utilisateurs de voir la quantité totale d’énergie extraite de l’environnement, échangée, transformée et utilisée par les utilisateurs finaux. Il sert de guide opérationnel pour l’outil de création de bilan énergétique d’Eurostat et décrit la manière d’utiliser cet outil.

4. AVANTAGES DE PLUS LARGE PORTÉE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

L’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique permettra de dégager des avantages de plus large portée. On entend par «avantages de plus large portée», les résultats sociaux, environnementaux et économiques découlant de la mise en œuvre d’améliorations de l’efficacité énergétique, qui vont au-delà de l’impact plus direct de la réalisation d’économies d’énergie et de coûts énergétiques connexes pour le bénéficiaire visé (20). Parmi les autres termes similaires et largement utilisés figurent les termes «avantages non énergétiques», «avantages connexes» ou «avantages multiples». Le rapport 2014 de l’AIE, intitulé «Saisir les multiples avantages de l’efficacité énergétique» (21), a attiré l’attention sur la question et fourni une vue d’ensemble complète des aspects non énergétiques qui peuvent être (positivement) influencés par les améliorations de l’efficacité énergétique, comme le montre la figure 1 (comme le montrent également les tableaux 1, 2 et 3). Le présent rapport a été mis à jour en 2025 afin d’approfondir l’analyse des multiples avantages découlant de l’efficacité énergétique (22).

Figure 1

Avantages multiples de l’efficacité énergétique (adapté de l’AIE, 2025)

Image 1

Afin d’évaluer et de déterminer correctement les avantages de plus large portée de l’efficacité énergétique, il convient de déterminer quelles incidences se concrétiseront où et quand. Cela contribue à faciliter une quantification ou une monétisation plus précise des avantages, ce qui est nécessaire pour une analyse coûts-avantages (ACA) complète. De plus amples informations sur la définition des avantages de plus large portée figurent dans les tableaux 1, 2 et 3.

La catégorisation des avantages de plus large portée dans un cadre systématique permet de clarifier les interactions entre les différentes catégories de prestations, notamment en ce qui concerne les avantages sociaux, environnementaux et économiques.

Les avantages sociaux sont liés à l’amélioration de la santé et du confort grâce, par exemple, à l’amélioration des systèmes d’isolation, de chauffage et de refroidissement, qui peuvent également améliorer la qualité de l’air intérieur et extérieur. En outre, la baisse de la consommation de combustibles fossiles diminue les émissions des centrales électriques et des transports, réduisant ainsi les incidences négatives de la pollution atmosphérique sur la santé. L’atténuation de la précarité énergétique et la réduction du bruit sont également des incidences importantes de la mise en œuvre des mesures d’efficacité énergétique, qui sont généralement associées au domaine social.

Les avantages environnementaux désignent les avantages de plus large portée résultant généralement de la baisse de la demande et de la consommation d’énergie, réduisant ainsi la production d’énergie. Parmi ces avantages de plus large portée figurent la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la pollution atmosphérique, ainsi que l’amélioration de la gestion de l’énergie et des ressources (eau, déchets et terres).

Les avantages économiques sont liés aux avantages non énergétiques, qui ont une incidence sur le développement économique. Il s’agit notamment des incidences sur le PIB, l’emploi, l’augmentation de la productivité industrielle, l’amélioration des budgets publics, la sécurité énergétique, l’innovation et la compétitivité. Pour les entreprises, l’efficacité énergétique réduit la quantité d’énergie nécessaire pour produire des biens ou fournir des services. La réduction du coût de l’énergie libère des ressources permettant aux entreprises d’investir pour renforcer leur avantage concurrentiel. En outre, la productivité des salariés est largement affectée par l’environnement de travail physique, en particulier la température, la qualité de l’air et l’éclairage. Les mesures d’efficacité énergétique peuvent avoir une incidence positive sur chacune de ces catégories, car un environnement de travail plus sain et plus confortable améliore la productivité et réduit l’absentéisme des salariés (23).

Cette approche à trois piliers est la plus simple pour identifier des avantages de plus large portée. Toutefois, les États membres pourraient également envisager des avantages politiques, juridiques et technologiques [approche PESTLE (24)].

Les délais (à court, moyen et long terme) et l’ampleur sont importants à prendre en considération dans le contexte des avantages de plus large portée, étant donné que certains avantages, en fonction du bénéficiaire, des parties prenantes et du niveau hiérarchique en question, prennent du temps pour se manifester, tandis que d’autres sont ressentis plus rapidement. Par exemple, des avantages pour la santé peuvent se produire au niveau individuel avec un effet presque immédiat à la suite d’une rénovation énergétique profonde d’un bâtiment résidentiel. Toutefois, les avantages pour la santé peuvent ne pas se faire sentir au niveau national dans les mêmes délais, mais plutôt à moyen et à long terme. Il est donc nécessaire de définir le calendrier et le champ d’application pour évaluer correctement et agréger les avantages de plus large portée liés aux décisions en matière de planification, de politique et d’investissement.

4.1. Exemples d’avantages de plus large portée

Les tableaux 1, 2 et 3 fournissent des informations sur divers avantages de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique, en les classant en avantages sociaux, environnementaux et économiques. Cette liste de critères n’est pas exhaustive. Les avantages énumérés ne s’appliquent peut-être pas tous à chaque situation, mais ils constituent des exemples utiles à prendre en compte aux fins des analyses coûts-avantages.

Tableau 1

Avantages sociaux de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Description

Santé (publique)

Les mesures d’efficacité énergétique peuvent améliorer le climat intérieur et réduire la pollution de l’air intérieur et extérieur, ce qui peut entraîner une amélioration de la santé (morbidité et mortalité) au niveau de la santé individuelle et publique (25). Toutefois, des solutions globales en matière d’efficacité énergétique doivent être envisagées pour éviter les effets néfastes (par exemple, le remplacement des fenêtres, entraînant parfois une réduction de la ventilation incontrôlable liée à des fuites, peut entraîner une humidité accrue et des moisissures, ce qui a des incidences négatives sur la santé).

Confort (thermique) intérieur — bien-être

Les systèmes d’isolation, de chauffage et de refroidissement ont une incidence sur les conditions de vie et de travail, ce qui peut contribuer à la santé et à la productivité. En outre, les conditions de construction, le confort/l’inconfort thermique et la capacité/l’incapacité à payer des factures d’énergie peuvent avoir une incidence sur le bien-être mental (26).

Prix abordables et précarité énergétique

La mise en œuvre de mesures d’efficacité énergétique peut réduire la précarité énergétique en rendant les services énergétiques plus abordables, ce qui a également une incidence sur le revenu disponible pour les particuliers et les ménages.

Valeur des biens et des actifs

Les bâtiments économes en énergie peuvent avoir une incidence sur les valeurs du marché. Par exemple, les valeurs du marché peuvent augmenter en raison de la réduction des coûts de l’énergie, du respect des normes nationales et de l’amélioration du confort et de la santé. Cela concerne également, par exemple, le marché locatif et pourrait susciter des inquiétudes quant à l’augmentation des prix de location pour les locataires et, partant, à la justice distributive (27).

Nuisances sonores, visuelles et lumineuses

La conception et l’insonorisation économes en énergie des bâtiments réduisent généralement le bruit provenant de sources externes et de systèmes internes, peuvent également améliorer les conditions d’éclairage et, partant, les conditions de vie et de travail. Des transports publics et des véhicules plus efficaces peuvent également réduire les bruits urbains et de circulation. Toutefois, certaines mesures d’efficacité énergétique pourraient être considérées comme gênantes en fonction du type, de la localisation et des perspectives.

Productivité

Les mesures d’efficacité énergétique ont une incidence sur la qualité de l’air, le confort (thermique), l’exposition à la lumière du jour, la pollution de l’air intérieur et extérieur, qui peuvent ensuite avoir une incidence sur la productivité, par exemple sur le lieu de travail ou dans les bâtiments éducatifs (28). La productivité peut inclure une amélioration de la capacité cognitive, de la concentration et des performances (29).

(25) Agence internationale de l’énergie (2025), Multiple Benefits of Energy Efficiency; Commission européenne: Centre commun de recherche, Azzini, I., Listorti, G., Mara, T., et Rosati, R., Uncertainty and sensitive analysis for policy decision making – An introduction guide, Office des publications, 2020, https://data.europa.eu/doi/10.2760/922129; Mzavanadze, Nora (2018b), Final report: quantifying energy poverty-related health impacts of energy efficiency, projet COMBI D5.4; Urlaub, S., et Grün, G. (2016), Mould and dampness in European homes and their impact on health.

(26) Ibid.

(27) Suerkemper e.a. (2022), Global quantification and monetisation Concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(28) Thema e.a. (2016), Widening the Perspective: An Approach to Evaluating the Multiple Benefits of the 2030 EU energy efficiency potential; Commission européenne: Centre commun de recherche, Azzini, I., Listorti, G., Mara, T., et Rosati, R., Uncertainty and sensitive analysis for policy decision making – An introduction guide, Office des publications, 2020, https://data.europa.eu/doi/10.2760/922129; Mzavanadze, Nora (2018b), Final report: quantifying energy poverty-related health impacts of energy efficiency, COMBI project D5.4.

(29) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency.


Tableau 2

Avantages environnementaux de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Description

Neutralité climatique et émissions de gaz à effet de serre

Les solutions économes en énergie réduisent la demande d’énergie, la consommation d’énergie et la combustion de combustibles, ce qui entraîne une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les émissions de gaz à effet de serre et, par conséquent, leur réduction ont des incidences sur la santé, les écosystèmes et l’ensemble de l’économie (30).

Qualité de l’air et polluants atmosphériques

La réduction de la consommation d’énergie réduit la pollution atmosphérique générée par les centrales électriques et les processus industriels, au bénéfice de la santé publique et de l’environnement.

Utilisation de l’eau (et gestion d’autres ressources naturelles)

Les technologies et pratiques économes en énergie peuvent avoir une incidence sur l’utilisation de l’eau, étant donné que l’eau est souvent nécessaire pour la production d’électricité et les processus de production d’énergie, ce qui a une incidence sur le stress hydrique et la concurrence dans le secteur de l’eau. Les mesures d’efficacité énergétique réduisent également la demande et, partant, l’extraction de ressources naturelles, qui seraient autrement nécessaires pour alimenter les centrales électriques. Cela a, à son tour, des incidences sur les écosystèmes et la biodiversité (31).

Déchets

L’efficacité énergétique peut conduire à une réduction de la production de déchets dans certaines situations. Moins de matières premières pourraient être nécessaires à la production d’énergie et des procédés plus efficaces pourraient produire moins de sous-produits fatals. Toutefois, les mesures d’efficacité énergétique pourraient également générer de nouveaux déchets à l’avenir et devraient s’accompagner de politiques de circularité.

Besoins d’affectation de sols

En réduisant la demande et la production d’énergie, l’efficacité énergétique peut contribuer à réduire la demande de terres associées à la production d’énergie. Cela peut contribuer à la préservation des écosystèmes et de la biodiversité.

Incidences concrètes

La mise en œuvre de mesures d’efficacité énergétique peut permettre une utilisation plus efficace des ressources (matériaux, eau de procédé, etc.). En outre, l’utilisation de matériaux économes en énergie joue un rôle dans la réduction de la consommation d’énergie et de ressources et dans la réduction de la production de déchets (32).

(30) Mzavanadze (2018a); Thema e.a. (2016); Ürge-Vorsatz e.a. (2015).

(31) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency.

(32) Agence internationale de l’énergie (2025), Multiple Benefits of Energy Efficiency; JRC (2020); Wagner e.a. (2023).


Tableau 3

Avantages économiques de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Description

Sécurité énergétique

L’efficacité énergétique peut permettre de réduire la dépendance d’un pays à l’égard des sources d’énergie importées et, partant, renforcer la sécurité énergétique nationale. En fonction du contexte national, les incidences sur la diversité des fournisseurs pourraient devenir pertinentes (33).

Compétitivité et innovation

Les investissements dans l’efficacité énergétique peuvent stimuler l’innovation dans les technologies et les modèles commerciaux et, partant, aider les entreprises à acquérir un avantage concurrentiel sur les marchés mondiaux. L’augmentation de l’efficacité énergétique peut donc améliorer la compétitivité tant au niveau des entreprises qu’au niveau national, en réduisant la quantité d’énergie nécessaire pour la production économique (34).

Activité économique et PIB

Les mesures d’efficacité énergétique peuvent améliorer la santé et la productivité, ainsi que le revenu disponible, ce qui entraîne une augmentation de l’activité économique et du PIB (35). Les incidences liées à la mise en œuvre initiale des mesures ont tendance à générer des avantages ponctuels.

Incidences sur l’emploi

Les investissements en faveur de l’efficacité énergétique peuvent créer des emplois locaux directs et indirects dans différents secteurs (construction, industrie manufacturière, services énergétiques, etc.) (36). Des effets induits sur l’emploi sont également possibles. Toutefois, certains de ces emplois sont généralement des avantages temporaires (ponctuels) (37). La disponibilité (insuffisante) de la main-d’œuvre qualifiée requise pour la mise en œuvre de l’efficacité énergétique est également importante.

Revenu disponible

À supposer que les mesures d’efficacité énergétique soient rentables, le revenu disponible peut augmenter en raison de la baisse des coûts liés à l’énergie (38).

Productivité de la main-d’œuvre (et des étudiants)

Des lieux de travail économes en énergie peuvent conduire à de meilleures conditions de travail (par exemple, avec une meilleure qualité de l’air intérieur), ce qui améliore la productivité des salariés et la satisfaction au travail. Cela peut avoir des répercussions sur le succès d’une entreprise, avec les incidences économiques correspondantes (39). La même idée s’applique également aux bâtiments éducatifs et aux élèves/étudiants. Il convient également d’examiner comment la productivité (ou le manque de productivité) d’un élève/étudiant peut avoir une incidence sur la productivité de ses aidants (absentéisme, présentéisme, etc.) (40).

Budget public

Les mesures d’efficacité énergétique ont une incidence sur le budget public en améliorant la santé publique (par exemple, moins de dépenses de santé publique), en créant des emplois (par exemple, en modifiant les impôts sur le revenu et les allocations de chômage), en réduisant les dépenses publiques consacrées à la consommation d’énergie dans le secteur public et en réduisant le besoin d’investissements dans les infrastructures d’approvisionnement (41).

Coûts de transaction

Les coûts de transaction désignent le coût total d’une transaction, qui varie en termes de nature et d’échelle en fonction du secteur ou de l’intervention en matière d’efficacité énergétique en question. Les coûts de transaction sont pertinents en ce qui concerne la planification des mesures d’efficacité énergétique ou la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et peuvent inclure des valeurs monétaires (par exemple, des commissions ou des frais) ou des coûts non monétaires (par exemple, le temps consacré à la planification, à la négociation ou à la mise en œuvre, le temps gêné, etc.) (42).

Aspects liés à la durabilité et à l’économie circulaire

Les mesures d’efficacité énergétique sont essentielles pour atteindre les objectifs climatiques. Lors de leur déploiement, certaines technologies sont elles-mêmes plus durables et plus circulaires que d’autres. Ces aspects sont pertinents dans le contexte de la transition vers la neutralité climatique.

(33) Couder, J. (2015), Analyse de la littérature sur l’efficacité énergétique et la sécurité énergétique, y compris la fiabilité de l’électricité et les coûts de capacité évités. Rapport COMBI D7.1. Disponible à l’adresse suivante: https://combi-project.eu/wp-content/uploads/2015/09/D7.1.pdf.

(34) Agence internationale de l’énergie (2025).

(35) Copenhagen Economics (2012); Suerkemper e.a. (2022); Thema e.a. (2016); Ürge-Vorsatz e.a. (2015).

(36) BPIE (2020).

(37) Agence internationale de l’énergie (2025); JRC (2020); Suerkemper e.a. (2022).

(38) Agence internationale de l’énergie (2025); Mzavanadze (2018b); Thema e.a. (2016).

(39) Mzavanadze (2018b); Thema et Rasch (2018); Urlaub et Grün (2016).

(40) Gehrt e.a. (2019).

(41) Copenhagen Economics (2012); Thema e.a. (2016).

(42) Ürge-Vorsatz e.a. (2015), Literature review on Multiple Impact quantification methods, rapport D2.1, projet COMBI.

Lors de l’examen de ces incidences dans l’ACA, il est important d’être conscient des doubles emplois potentiels. Sur la base des résultats, il pourrait être possible de réévaluer et d’adapter la liste des éléments ou incidences afin de les quantifier et de les monétiser avec précision. Si le processus peut être accéléré, il est essentiel de souligner que le devoir de diligence est nécessaire pour éviter les doubles emplois et garantir la validité de l’analyse.

4.2. Quantification et monétisation des avantages de plus large portée

Le concept d’élaboration des politiques fondée sur des données probantes, qui repose sur des éléments de preuve établis, solides, testés et transparents, nécessite une évaluation globale des coûts et des avantages des investissements liés à l’énergie au fil du temps, ainsi que des différentes incidences sur les différents types de parties prenantes. Au sens le plus étroit, une ACA, lorsqu’elle est appliquée à une politique d’efficacité énergétique proposée, mesure la réduction de l’énergie consommée par rapport au scénario contrefactuel ou de référence et, dans certains cas, la réduction des émissions. Toutefois, cette approche ne tient pas compte des avantages potentiels de plus large portée de l’efficacité énergétique (43).

Par conséquent, la présente section fournit une synthèse des avantages de plus large portée à prendre en considération dans le cadre de l’ACA. Premièrement, elle détaille la quantification et la monétisation potentielles des avantages de plus large portée des mesures d’efficacité énergétique, y compris l’identification de méthodes d’évaluation appropriées, dans le contexte des éléments du système et des domaines d’incidence. Elle décrit ensuite les approches permettant d’inclure et d’évaluer des avantages de plus large portée au-delà de la perspective conventionnelle des investisseurs dans l’ACA pour les mesures d’efficacité énergétique. Des exemples de quantification et de monétisation des avantages de plus large portée sont également présentés.

4.2.1. Considérations relatives à la quantification et à la monétisation des avantages de plus large portée

En l’état actuel des choses, il est difficile d’évaluer les avantages de plus large portée, car les recherches et les données probantes sur les méthodes appropriées de quantification, mais surtout de monétisation de ces avantages sont limitées. Néanmoins, des efforts doivent être consentis pour favoriser des décisions stratégiques éclairées fondées sur des données probantes.

Les étapes suivantes permettent d’évaluer correctement les avantages de plus large portée:

a)

déterminer la chaîne de décisions liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique générant des avantages de plus large portée. Afin d’assurer une évaluation équilibrée et d’éviter les biais, il convient d’envisager une couverture suffisante en ce qui concerne les différents secteurs, les entités et le stade de la prise de décision;

b)

définir les domaines dans lesquels la décision en question aura une incidence, et décrire qualitativement les avantages de plus large portée recensés, y compris les liens de causalité entre eux et les effets significatifs;

c)

quantifier les avantages de plus large portée en unités physiques. Les unités physiques peuvent varier en fonction de l’incidence évaluée. Cette première évaluation fournit une base de comparaison entre les différentes actions d’investissement;

d)

monétiser les avantages individuels (dans la mesure du possible) en attribuant une valeur monétaire (en euros ou dans la monnaie nationale officielle) à des incidences sans prix de marché intrinsèque, afin d’agréger les avantages de plus large portée. Diverses méthodes d’évaluation peuvent être utilisées, telles que les coûts d’opportunité, la propension à payer, la propension à accepter, les prix hédoniques, l’évaluation directe fondée sur le marché, etc. Ce processus est complexe, voire controversé selon l’avantage de plus large portée en question (par exemple, dans le cas de la monétisation, la valeur de la vie humaine);

e)

évaluer les avantages de plus large portée de manière globale afin d’éviter les chevauchements et le double comptage des prestations. Une approche de cartographie des trajectoires d’incidence pourrait être utilisée pour retracer tous les avantages, leurs interactions et les effets à monétiser.

Les tableaux 4, 5 et 6 fournissent des informations sur les indicateurs communs et les méthodes de quantification et de monétisation disponibles pour les avantages sociaux, environnementaux et économiques de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique. D’une manière générale, la méthode retenue dépend de facteurs tels que le temps et les ressources disponibles, ainsi que de la qualité des données (44). En tout état de cause, il est préférable d’évaluer et de rendre compte des avantages de plus large portée dans toute la mesure du possible, même si l’on ne dispose que d’estimations approximatives, plutôt que de supposer une valeur nulle, étant donné que tous les efforts sont utiles pour prendre des décisions stratégiques et d’investissement judicieuses (45).

En outre, divers outils et méthodes de quantification et de monétisation des avantages de plus large portée ont été mis au point dans le cadre de projets de recherche, notamment COMBI, MICAT (46), Odyssee-Mure et ENEFIRST, qui peuvent être cités à l’appui de ce processus d’évaluation. De plus amples informations sur les méthodes de quantification et les outils de soutien pour des avantages de plus large portée figurent également dans la recommandation (UE) 2021/1749.

4.2.2. Considérations relatives à la quantification et à la monétisation des avantages de plus large portée

Les décideurs politiques qui s’appuient sur les ACA doivent avoir accès à des quantifications fiables des avantages pour prendre des décisions en connaissance de cause en matière de politiques et d’investissements (47). Une fois que des avantages de plus large portée ont été définis et identifiés, ils doivent ensuite être quantifiés en unités physiques. Ce processus repose sur des données sous-jacentes, souvent issues d’études de scénarios et d’évaluations de l’impact des politiques (48). En outre, l’unité physique varie en fonction de l’avantage de plus large portée évalué.

Selon la boîte à outils pour une meilleure réglementation, la quantification des avantages devrait commencer par les mesures les plus objectives et les plus solides et se terminer par celles qui sont plus spéculatives et impliquent davantage d’hypothèses (49). Les indicateurs de quantification peuvent être directs ou indirects. Par exemple, les interventions médicales effectuées sont un indicateur de santé direct, tandis que les absences au travail/à l’école sont un indicateur de santé indirect. Une analyse de sensibilité pourrait également être réalisée afin de clarifier la fourchette de valeurs et d’identifier les paramètres auxquels l’analyse est la plus sensible.

La quantification devrait ensuite être complétée, si possible, par une monétisation. Pour agréger les prestations avec des unités physiques variables, les unités doivent être converties en valeur monétaire (en euros ou dans la monnaie nationale officielle). Cela permet une comparaison précise entre les incidences et la possibilité d’intégrer les avantages de plus large portée dans une ACA. Malheureusement, il n’existe pas de méthodes solides permettant de monétiser suffisamment un grand nombre d’avantages de plus large portée. En outre, la monétisation des avantages de plus large portée implique une large marge d’incertitude avec différentes méthodes produisant des résultats différents. Cette incertitude se retrouve dans toute ACA, ce qui souligne la nécessité d’y inclure une analyse de sensibilité afin d’examiner la manière dont les modifications des paramètres affectent les résultats et de garantir la transparence. À titre d’exemple, l’outil #65 (analyse de l’incertitude et de la sensibilité) de la boîte à outils pour une meilleure réglementation (50) et un rapport du JRC de 2020 (51) fournissent des détails sur la manière de réaliser des analyses d’incertitude et de sensibilité.

La monétisation pourrait être sujette à controverse en raison des problématiques complexes éthiques qu’elle met en jeu, telles que la valorisation de la vie humaine et de la santé (souffrance), raison pour laquelle elle devrait être menée avec prudence à l’aide de méthodes solides. En outre, avant de procéder à une ACA, la question du chevauchement et du double comptage des avantages de plus large portée devrait également être prise en compte.

L’approche standard de la monétisation d’un avantage de plus large portée utilise le prix de marché d’un bien (évaluation directe du marché), le cas échéant. Dans les cas où le prix du marché n’est pas disponible (probablement en raison d’un marché inexistant, par exemple la santé, les écosystèmes, etc.), la valeur d’un bien peut aussi être mesurée au moyen d’une valeur de remplacement (par exemple, les coûts évités) ou d’une méthode d’évaluation non marchande, telle que la propension à payer ou la propension à accepter. Ces informations peuvent être obtenues au moyen d’études incluant une technique de préférence révélée, une technique de préférence déclarée et/ou des expériences. Toutefois, de telles études peuvent nécessiter des ressources considérables. Il pourrait également être possible d’adopter des valeurs issues de différentes études (par exemple, en utilisant le transfert d’avantages), mais dans le cas contraire, le principe de proportionnalité s’applique: l’incidence vaut-elle l’effort? Pour de plus amples informations et de plus amples informations, veuillez vous référer au MICAT (52) et aux différents rapports de projets COMBI (53).

Les tableaux 4, 5 et 6 fournissent des informations sur les indicateurs communs ainsi que sur les méthodes de quantification et de monétisation disponibles pour les avantages sociaux, environnementaux et économiques de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique. Les méthodes présentées sont fondées sur des recherches et des résultats actualisés de projets, y compris, mais pas exclusivement, COMBI, MICAT, Odyssee-Mure et ENEFIRST. Veuillez noter que les avantages de plus large portée mentionnés constituent une liste non exhaustive et pourraient ne pas s’appliquer à toutes les situations.

Tableau 4

Méthodes de quantification et de monétisation des avantages sociaux de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Méthodes de quantification et de monétisation

Santé (publique) (54)

Quantifié en termes de morbidité ou de mortalité globale, comme en témoignent les interventions effectuées, les visites médicales et l’hospitalisation, et indirectement via les jours de travail/d’école et les facteurs de risque (par exemple, les conditions thermiques et le bruit) (55).

Approches fondées sur la valeur marchande pour monétiser les coûts (évités) d’utilisation de la santé pour le traitement, l’hospitalisation, les médicaments, etc., et les coûts indirects liés à la perte de productivité (années de vie corrigées du handicap) en tant qu’indicateurs. La santé peut également être monétisée en termes d’économies ou de valeur économique estimée liée au nombre de cas évités de décès ou de maladies prématurés, en raison d’améliorations de l’efficacité énergétique.

Les approches non fondées sur la valeur de marché comprennent les enquêtes estimant la valeur d’une durée de vie statistique, la valeur d’une année de vie ou les enquêtes sur la propension à payer ou à accepter.

Confort (thermique) intérieur — bien-être

Des mesures du confort fondées sur des enquêtes afin de mesurer la satisfaction personnelle (par exemple, la température intérieure comme indicateur du confort); monétisés grâce à des économies de coûts de santé (méthodes fondées sur la propension à payer ou à accepter) ou à des gains de productivité (méthode des préférences révélées).

Précarité énergétique

Économies sur les factures d’énergie répercutées sur le revenu disponible des ménages (évaluation directe fondée sur le marché)

Valeur des biens et des actifs

Modification de la valeur marchande du bien avant et après l’amélioration; monétisée à l’aide des données du marché immobilier (méthode de tarification hédonique).

Nuisances sonores, visuelles et lumineuses

Réduction du bruit quantifiée en décibels; monétisée à l’aide d’impacts sur la valeur immobilière (méthode de tarification hédonique) ou d’économies sur les coûts de santé (méthodes fondées sur la propension à payer ou à accepter).

Productivité

Quantifiée en utilisant les jours actifs (y compris l’absentéisme et le présentéisme), les performances de la main-d’œuvre et la capacité à gagner un revenu comme indicateurs; monétisée par la capacité à gagner un revenu par heure ou par travail actif/jour scolaire avant et après la mesure d’efficacité énergétique (56).

(54) De plus amples informations sur l’évaluation des incidences sur la santé sont disponibles dans la boîte à outils pour une meilleure réglementation, outil no 32 (impacts sur la santé).

(55) Mzavanadze, Nora (2018b), Final report: quantifying energy poverty-related health impacts of energy efficiency (quantifier les incidences sur la santé liées à la précarité énergétique en lien avec l’efficacité énergétique), D5.4 (rapport final).

(56) Thema e.a. (2019), The Multiple Benefits of the 2030 EU Energy Efficiency Potential.

Thema e.a. (2016), Élargir la perspective: Les multiples avantages du potentiel d’efficacité énergétique de l’UE pour 2030.


Tableau 5

Méthodes de quantification et de monétisation des avantages environnementaux de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Méthodes de quantification et de monétisation

Neutralité climatique et émissions de gaz à effet de serre

Quantifiée en tonnes équivalent CO2 réduites (c’est-à-dire les émissions directes évitées dues à la combustion de combustibles) par rapport au scénario de référence défini (voir section 6.1); monétisée à l’aide de la tarification du carbone (évaluation directe du marché) et du coût social du carbone (57).

On trouvera davantage d’informations sur la monétisation du CO (58) dans les deuxièmes orientations du REGRT-E pour l’analyse coûts-avantages des projets de développement de réseaux (2018) (2).

Qualité de l’air et polluants atmosphériques

Quantifiée en termes de réduction des polluants provenant de la combustion de combustibles, du transport et d’autres activités économiques par rapport au scénario de référence défini; monétisée au moyen des coûts liés aux incidences sur la santé (méthode du coût évité des dommages).

Utilisation de l’eau (et gestion d’autres ressources naturelles)

Économies d’eau (ou autres ressources) quantifiées en volume par rapport au scénario de référence défini; monétisées à l’aide de la tarification de l’eau (évaluation directe du marché). Monétiser les ressources possibles en utilisant des coûts intrinsèques fondés sur les prix du marché des matières premières transformées et liés à la demande de matières premières (pour les métaux et les combustibles fossiles), ou les coûts indirects des matières monétisés au moyen d’estimations de coûts futures (59).

Déchets

Réduction des déchets quantifiée en volume par rapport au scénario de référence défini; monétisée à l’aide des coûts d’élimination ou de recyclage des déchets (méthode du coût évité).

Besoins d’affectation de sols

Économies de sols quantifiées en volume par rapport au scénario de référence défini; monétisées à l’aide de la valeur du sol (évaluation directe du marché) ou de l’évaluation des services écosystémiques (méthode de la propension à payer).

Incidences concrètes

Quantifiées en termes de quantité (poids/volume) de matières/ressources économisée (60) par rapport au scénario de référence défini.

Diverses valeurs représentatives, telles que la production de déchets et la consommation de ressources évitées, sont pertinentes.

Monétisées sur la base des dépenses évitées ou des dépenses réduites avant et après la mesure d’efficacité énergétique (ou tout au long de son cycle de vie).

(57) Wagner, F., e.a. (2023), Incidences environnementales D2.5 Base empirique des incidences sur l’environnement. Méthode de quantification/monétisaion et facteurs d’impact dérivés. Projet MICAT.

(58) REGRT-E (2018), 2nd ENTSO-E Guideline for COST Benefit Analysis of Grid Development Projects, Bruxelles, 2018. Disponible à l’adresse suivante: https://eepublicdownloads.entsoe.eu/clean-documents/tyndp-documents/Cost%20Benefit%20Analysis/2018-10-11-tyndp-cba-20.pdf.

(59) Suerkemper e.a. (2022), Overall quantification and monetisation concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(60) Teubler, J., et Hackspeil, S. (2023), Empirical Basis of Environmental Impacts Savings on material resources. Projet MICAT.


Tableau 6

Méthodes de quantification et de monétisation des avantages de plus large portée des solutions en matière d’efficacité énergétique

Avantages de plus large portée

Méthodes de quantification et de monétisation

Activité économique et PIB

L’augmentation de l’emploi ou de la valeur ajoutée brute par salarié, en tant qu’indicateurs clés pour calculer le PIB/an, peut être séparée par secteur et liée à l’efficacité énergétique (61). D’autres indicateurs macroéconomiques, tels que les investissements et la consommation, peuvent être utilisés pour quantifier (62).

Les analyses entrées-sorties utilisées pour évaluer ex post les incidences sur le PIB et les modèles d’équilibre général calculables sont utilisés pour les évaluations ex ante et l’analyse du multiplicateur budgétaire (63).

Incidences sur l’emploi

Quantifiées en nombre d’emplois créés (directs, indirects et induits; par secteur et par pays); monétisées à l’aide de données salariales (évaluation directe fondée sur le marché) des emplois créés.

Les analyses entrées-sorties utilisées pour évaluer ex post les incidences sur le PIB et les modèles d’équilibre général calculables sont utilisés pour les évaluations ex ante et l’analyse du multiplicateur budgétaire (64).

Voir l’outil 30 de la boîte à outils pour une meilleure réglementation.

Revenu disponible

Monétisé sur la base de la réduction des factures énergétiques avant et après la mesure d’efficacité énergétique (65). Ce calcul peut être ajusté pour inclure d’autres facteurs ayant une incidence sur le revenu disponible, tels que la tarification du carbone du SEQE 2.

Productivité de la main-d’œuvre (et des étudiants)

Difficile à quantifier ou à monétiser directement, mais les indicateurs potentiels incluent les gains de productivité quantifiés à l’aide d’indicateurs de performance; monétisée sur la base de données relatives aux salaires ou à la production (méthode des préférences révélées).

Budget public

Recours aux analyses entrées-sorties, à l’analyse du multiplicateur budgétaire et à la semi-élasticité budgétaire avec des indicateurs pertinents liés aux économies d’énergie, aux dépenses publiques de santé, aux services sociaux, etc. (66).

Sécurité énergétique

Économies d’énergie quantifiées en unités d’énergie; monétisées sur la base des prévisions de prix de l’énergie (évaluation directe du marché).

Parmi les autres méthodes possibles de monétisation figurent l’incidence sur l’intégration des énergies renouvelables (potentiel de la participation active de la demande par pays en MW/%), ainsi que les investissements évités dans le réseau et l’expansion des capacités en raison de la baisse de la demande d’énergie.

La dépendance à l’égard des importations et la sécurité énergétique agrégée (diversité des fournisseurs) sont également des indicateurs importants, mais la monétisation n’est pas encore possible.

Innovation et compétitivité

Difficile à quantifier directement ou à monétiser, mais les indicateurs potentiels comprennent les brevets déposés, les nouveaux produits lancés, les statistiques du commerce extérieur ou l’évolution de la part de marché.

Coûts de transaction

Les coûts de transaction non monétaires peuvent être quantifiés en termes de temps consacré à la réalisation de «X». La possibilité de monétiser les coûts de transaction et la conception des méthodes appropriées dépendent des coûts de transaction identifiés. Par exemple, les coûts des transactions non monétaires (coût de la négociation ou de l’exécution) pourraient être monétisés en utilisant la valeur du temps nécessaire pour la réalisation de «X». Les coûts des transactions monétaires sont déjà déclarés en valeurs monétaires (par exemple, commissions ou frais payés).

(61) Azzini, I., Listorti, G., Mara, T., et Rosati, R., Uncertainty and Sensitivity Analysis for policy decision making, EUR 30432 EN, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2020, ISBN 978-92-76-24752-4, doi: 10.2760/922129, JRC122132.

(62) Suerkemper e.a. (2022), Overall quantification and monetisation concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(63) Ibid.

(64) Ibid.

(65) Agence internationale de l’énergie (2012), Spreading the net: The multiple benefits of energy efficiency improvements.

(66) Ürge-Vorsatz e.a. (2015), Literature review on Multiple Impact quantification methods, rapport D2.1, projet COMBI.

Si l’efficacité énergétique présente de nombreux avantages, il est essentiel que la méthode aborde non seulement l’évaluation de ces avantages, mais aussi les compromis potentiels et les coûts sociétaux. Cela nécessite une évaluation approfondie des incidences tout au long du cycle de vie du projet. En ce qui concerne les avantages et les coûts environnementaux, l’analyse coûts-avantages devrait s’appuyer sur les méthodes d’analyse de l’empreinte environnementale et du cycle de vie (67) et évaluer l’incidence de la mesure envisagée sur les 16 catégories d’incidence recensées dans la méthode. Pour faciliter cela, ces méthodes fournissent une série d’indicateurs permettant de documenter les effets de mesures spécifiques sur les facteurs environnementaux (par exemple, sur le changement climatique, sur l’appauvrissement de la couche d’ozone, sur l’acidification, etc.).

4.2.3. Cumul et double comptage des avantages de plus large portée

Il existe de nombreuses interrelations entre les différents avantages de plus large portée, dans de multiples domaines d’incidence. Par conséquent, lors de l’agrégation des avantages de plus large portée, une évaluation complète est nécessaire pour détecter les chevauchements et éviter un double comptage des avantages. Sans examen approprié, il est probable que les solutions en matière d’efficacité énergétique seront surestimées ou sous-estimées. Dans les cas où il y a lieu d’exclure un avantage aux fins d’une ACA, par exemple afin d’éviter tout chevauchement avec un autre avantage, cet avantage peut toujours être pris en considération dans le cadre d’une ADMC.

On observe ainsi des chevauchements entre les évaluations des effets sur la morbidité et la mortalité et les évaluations des incidences sur la productivité; étant donné que l’amélioration de la santé se répercute généralement sur la productivité, les avantages en matière de productivité sont souvent déjà pris en compte dans les avantages pour la santé. En pareil cas, l’inclusion des avantages pour la santé et la productivité dans une ACA entraînerait une double comptabilisation, et partant, une surestimation des avantages en matière d’efficacité énergétique. Des chevauchements pourraient également se produire entre les incidences sur la santé et la qualité de l’air, par exemple si les deux incidences étaient quantifiées/monétisées en utilisant les réductions d’émissions comme facteur.

L’élaboration d’une carte des trajectoires d’incidence est utilisée pour illustrer tous les avantages de plus large portée pertinents dans un cas donné en aidant à déterminer les causes et les effets des mesures d’efficacité énergétique avec des points de départ et des points finaux définis. Cette approche permet d’évaluer correctement les interactions et les chevauchements potentiels des avantages de plus large portée. Les échelles (individuelles, régionales/locales, nationales, supranationales) de chaque avantage de plus large portée devraient être définies dans le cadre de la carte des trajectoires d’incidence afin de distinguer précisément les effets des différentes incidences et, par conséquent, d’éviter un double comptage.

Plus le champ d’application de l’évaluation est étendu, plus la possibilité de chevauchements d’avantages de plus large portée est grande. Par conséquent, il est important de recenser les chevauchements et d’en tenir compte afin de garantir une évaluation appropriée et complète des avantages de plus large portée.

Une première étape consiste à énumérer tous les avantages sociaux, environnementaux ou économiques qui sont de simples agrégats d’impacts microéconomiques et qui sont censés être inclus dans l’ACA.

Deuxièmement, il faut identifier chaque avantage économique au niveau régional ou local et/ou national, respectivement, qui est inclus dans l’ACA et déterminer les composantes de ces avantages, par exemple les chiffres ou variables utilisés pour quantifier chaque avantage.

Troisièmement, il y a lieu de vérifier si ces composantes sont liées aux avantages environnementaux, sociaux et économiques au niveau microéconomique ou en découlent. Cela pourrait consister à répondre à la question suivante: l’une des composantes des avantages économiques respectifs dépend-elle de quelque manière que ce soit des agrégats au niveau «micro»? Par exemple, la réduction des dépenses énergétiques des ménages touchés par la précarité énergétique, en tant qu’agrégat du niveau «micro», pourrait être comptabilisée dans un modèle macroéconomique au moyen de la variable «revenu disponible» ou «demande d’autres produits», ce qui pousse la consommation totale et, partant, la croissance économique.

Quatrièmement, s’il existe un lien, l’avantage correspondant «fondé sur le niveau “micro”» ne devrait pas être ajouté aux autres avantages.

Cinquièmement, tout avantage qui a été identifié comme un avantage de plus large portée mais qui n’a pas pu être agrégé et inclus dans l’ACA «de plus large portée» représente néanmoins un avantage de plus large portée et pourrait être présenté en tant que tel séparément.

4.2.4. Exemples d’avantages de plus large portée

Cette section présente deux exemples de gestion de la quantification et de la monétisation de divers avantages de plus large portée. Des informations complémentaires sur les techniques d’évaluation pour la monétisation des avantages de plus large portée à utiliser dans l’ACA ont été élaborées dans le cadre de COMBI (68) et MICAT (69).

Exemple 1: Pollution atmosphérique

Cet exemple suit les méthodes et les conclusions fondées sur le rapport final COMBI (70).

Incidence: émissions évitées de polluants atmosphériques (dioxyde de soufre, oxydes d’azote, composés organiques volatils, particules d’un diamètre inférieur à 10 μm et supérieur à 2,5 μm).

Définition: quantités d’émissions de pollution atmosphérique qui auraient été émises dans l’environnement si des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique n’avaient pas été prises.

Unités: tonne

Approche de quantification:

Émissions annuelles totales de polluants primaires par État membre pour le scénario de référence (2015) et deux scénarios en 2030:

—

Les émissions de dioxyde de soufre ont diminué de 25 % en 2030 par rapport à 2015; une politique plus ambitieuse pourrait permettre une réduction supplémentaire de 7 % des émissions atmosphériques annuelles.

—

Les estimations pour les oxydes d’azote sont de 37 % et de 5 %; les estimations pour les composés organiques volatils sont de 18 % et 3 %; les estimations pour les PM10 sont de 19 % et de 4 %; les estimations pour les PM2,5 sont de 30 % et de 4 %.

En 2015, 285 000 décès prématurés sont attribuables aux PM2,5 et 21 000 sont attribuables à l’ozone troposphérique dans l’EU-28. En 2030, les estimations sont de 219 000 décès prématurés attribuables aux PM2,5 et de 17 000 attribuables à l’ozone troposphérique.

La perte d’espérance de vie pour la population survivante en raison de l’exposition aux PM2,5 en 2015 était d’environ 6 millions d’années de vie perdues pour l’EU-28; en 2030, avec le statu quo, ce chiffre est tombé à 4,6 millions d’années de vies perdues. Le scénario d’efficacité énergétique COMBI estime les années de vie perdues à 4,4 millions d’ici à 2030.

Approche de monétisation:

Il est proposé de ne monétiser que les incidences sur la santé humaine, étant donné qu’elles se composent d’unités normalisées qui sont plus faciles à mettre en relation avec les estimations de la valeur économique.

Mortalité prématurée due à l’exposition aux PM2,5 évitée: peut mettre en relation la valeur économique de l’espérance de vie perdue et l’espérance de vie moyenne perdue pour les PM2,5 en 2015.

Mortalité prématurée due à l’exposition à l’ozone troposphérique évitée: l’espérance de vie moyenne perdue par personne n’est pas connue en cas d’exposition à l’ozone troposphérique, de sorte qu’il est supposé que le nombre de personnes touchées aurait vécu au moins une année supplémentaire; par conséquent, une valeur totale d’une année de vie est attribuée.

Perte d’espérance de vie évitée pour la population survivante en raison de l’exposition aux PM2,5: Les années de vie perdues peuvent être monétisées sur la base de la valeur d’une année de vie comme 1 année de vie perdue = 1 valeur d’une année de vie

La mortalité prématurée due à l’exposition aux PM2,5 évitée en 2030 pour l’EU-28 s’établit à 460 millions d’EUR; 46 millions d’EUR pour l’exposition à l’ozone troposphérique; et 26 millions d’EUR pour la perte d’espérance de vie pour la population survivante.

Exemple 2: Incidences macroéconomiques

Cet exemple suit les méthodes et les conclusions fondées sur le rapport final COMBI (71).

Les incidences macroéconomiques sont subdivisées en incidences à court terme (cycle conjoncturel) et incidences à long terme (structurelles).

On entend par incidences macroéconomiques à court terme, les incidences résultant de la fluctuation du cycle conjoncturel.

Les investissements dans l’efficacité énergétique augmentent l’activité et le PIB à court terme par rapport à l’absence d’investissement, ce qui, à son tour, a une incidence sur l’emploi, le PIB et les finances publiques à court terme.

—

En 2018, les investissements dans l’efficacité énergétique se sont élevés à environ 89 milliards d’EUR au total, ce qui a entraîné une relance économique d’environ 135 milliards d’EUR. Cela correspond à 0,9 % du PIB de l’Union.

—

L’incidence sur l’emploi s’élève à plus de 550 000 personnes-ans dans l’Union en 2018 et l’augmentation des recettes publiques s’élève à près de 20 milliards d’EUR (en supposant que les investissements soient financés par des sources privées).

On entend par incidences macroéconomiques à long terme, les incidences dénuées de pertinence dans le contexte du cycle conjoncturel. Par exemple, les prix des carburants et les changements structurels de l’économie et de la compétitivité sont pertinents.

—

Les coûts des combustibles sont importants par rapport aux coûts de production de l’Union dans différents secteurs (agriculture, industrie, transports, électricité, chauffage). Les secteurs plus efficaces seront moins exposés à l’évolution des prix des carburants. Des investissements importants dans l’efficacité énergétique peuvent également réduire les prix locaux de l’énergie.

—

Les améliorations de l’efficacité énergétique peuvent être considérées comme un investissement dans un actif susceptible de réduire les coûts à l’avenir, ce qui peut avoir un effet sur les changements structurels de l’économie. Les secteurs où les améliorations de l’efficacité énergétique sont plus rentables verront leur compétitivité augmenter.

(70) Mzavanadze, Nora (2018a), Quantifying air pollution impacts of energy efficiency COMBI D3.4 Final report.

(71) Naess-Schmidt, H. S., Hansen, M. B. W., Wilke, S., Lumby, B. M. (2018), Macro-economy impacts of energy efficiency COMBI D6.4 Final report.

5. APPLICATION DU PRINCIPE DE PRIMAUTÉ DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE DANS LES ANALYSES COÛTS-AVANTAGES

5.1. Préparation de l’application du principe

Afin de contribuer à une décarbonation rentable et de susciter des avantages de plus large portée, le principe de primauté de l’efficacité énergétique doit être appliqué dans les analyses coûts-avantages avant de mettre en œuvre une mesure dans tous les secteurs.

Dans de nombreux cas, la décision prise comporte trois niveaux, i) planification, ii) politique et iii) investissement majeur. Le principe de primauté de l’efficacité énergétique devrait être pris en considération aux trois niveaux de décision, conformément à l’article 3, paragraphe 1, de la refonte de la DEE, lorsque les seuils applicables de plus de 100 000 000 EUR chacun ou de 175 000 000 EUR pour les projets d’infrastructures de transport sont atteints. Cela ne signifie pas qu’une décision suit toujours les trois niveaux d’analyse. Certaines décisions ne sont prises qu’au niveau de la planification, d’autres au niveau de la politique ou de l’investissement.

Pour commencer, les États membres devraient interpréter l’article 3, paragraphe 1, qui prévoit des critères généraux, y compris les seuils au-delà desquels le principe doit être appliqué, ainsi qu’une définition qualitative ou quantitative de l’«incidence sur la consommation d’énergie», qui serait utilisée pour déterminer dans quelle mesure le principe de primauté de l’efficacité énergétique doit être appliqué. Ces critères pourraient ensuite être utilisés au stade de l’approbation par les organismes publics respectifs et faire partie des lignes directrices officielles pour l’évaluation des décisions en matière de planification, de politique et d’investissement.

Il convient de rappeler que, conformément à la recommandation (UE) 2024/2143 de la Commission (72) fixant des lignes directrices pour l’interprétation de l’article 3 de la directive (UE) 2023/1791, les seuils visés à l’article 3, paragraphe 1, s’appliquent aux décisions en matière d’investissement majeur. Pour les décisions en matière de planification et de politique, les parties prenantes concernées devraient évaluer la possibilité qu’une décision donnée donne lieu à des décisions en matière d’investissement dépassant les seuils fixés à l’article 3, paragraphe 1, et devraient aussi évaluer si ces décisions d’investissement ont une incidence sur la consommation d’énergie. Si la réponse est positive aux deux questions, il convient d’appliquer le principe de primauté de l’efficacité énergétique.

5.2. Le processus d’identification de solutions alternatives efficaces sur le plan énergétique

Dans une situation où le projet initial envisagé n’est pas efficace sur le plan énergétique, la première étape importante dans l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique devrait consister à identifier d’autres options efficaces sur le plan énergétique, qui pourraient atteindre le même objectif que l’option initiale et devraient être envisagées dans les mêmes conditions. Il pourrait s’agir notamment de ressources en lien avec la demande et de la flexibilité du système.

Il convient de noter que, tout en recensant les autres options possibles, d’autres grands objectifs et obligations pourraient être envisagés et simplifier le processus. Par exemple, il convient d’éviter les options qui offrent des améliorations limitées en matière d’efficacité énergétique et prolongent l’utilisation de combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées.

Lorsqu’une mesure va au-delà du niveau de planification, l’exercice consistant à rechercher des solutions en matière d’efficacité énergétique et à appliquer une ACA devrait être répété au niveau politique ou au niveau de la décision en matière d’investissement majeur, étant donné que chaque niveau pourrait modifier la portée et permettre d’autres solutions en matière d’efficacité énergétique.

Le tableau suivant donne des exemples de la manière dont des solutions alternatives en matière d’efficacité énergétique pourraient être identifiées aux trois niveaux différents, tant pour le secteur de l’énergie que pour le secteur non énergétique.

Tableau 7

Exemples de processus d’identification des solutions en matière d’efficacité énergétique

Exemple dans le chauffage urbain

Une ville a l’intention d’étendre son système de chauffage urbain.

Exemple dans les transports

Une ville a l’intention de développer un périphérique.

Élaboration de plans

Les questions d’orientation pour trouver des solutions efficaces sur le plan énergétique pourraient être les suivantes:

—

Le plan urbain est-il optimisé pour tenir compte des conditions climatiques?

—

Les bâtiments prévus sont-ils des bâtiments à émissions nulles?

—

La production locale d’énergie pourrait-elle être encouragée?

—

Le concept «pompe à chaleur uniquement» est-il réalisable?

Les questions d’orientation pour trouver des solutions efficaces sur le plan énergétique pourraient être les suivantes:

—

Le plan urbain est-il optimisé pour la mobilité urbaine durable?

—

L’expansion du système de transport public est-elle adéquate?

—

Faut-il investir dans une nouvelle ligne de tramway/train au lieu de routes plus larges?

Politique

Exemples de solutions en matière d’efficacité énergétique:

—

Un régime de subventions pour les solutions de chauffage décarbonées accompagnées/précédées de rénovations énergétiques.

—

Un mécanisme d’obligations en matière d’économies d’énergie qui favorise les rénovations énergétiques plutôt que les mises à niveau des systèmes de chauffage.

Exemples de solutions en matière d’efficacité énergétique:

—

Un plan de mobilité urbaine durable qui favorise la mobilité douce plutôt que l’utilisation de la voiture.

—

Construction d’infrastructures cyclables au lieu de nouvelles places de stationnement pour voitures.

Décisions en matière d’investissement majeur

Questions d’orientation pour trouver d’éventuelles solutions efficaces sur le plan énergétique:

—

Quel combustible sera utilisé (dans le cas d’une nouvelle unité)?

—

Quelle est la température de l’eau utilisée par le système?

—

Existe-t-il des sources de chaleur fatale?

—

…

Questions d’orientation pour trouver d’éventuelles solutions efficaces sur le plan énergétique:

—

Est-il possible d’utiliser d’autres types de revêtement routier qui contribuent à réduire la consommation de carburant?

—

…

6. ÉTAPES DES MÉTHODES D’ANALYSE COÛTS-AVANTAGES

Une fois qu’un nombre suffisant de solutions ont été identifiées comme alternatives potentielles, la décision devrait être prise après la réalisation d’une analyse coûts-avantages.

La présente section fournit des orientations sur les aspects techniques des étapes qui pourraient jalonner une analyse coûts-avantages.

Tableau 8

Sept étapes de l’analyse coûts-avantages

Étape 1

Élaborer un scénario de référence

Étape 2

Établir un calendrier pour les économies d’énergie et fixer le taux d’actualisation social

Étape 3

Déterminer l’impact et la monétisation des coûts et des avantages

Étape 4

Sélectionner une règle mathématique d’agrégation

Étape 5

Présenter de manière claire et transparente la comparaison des options d’action et des mesures alternatives, classées par ordre de mérite

Étape 6

Vérifier la robustesse des résultats

Étape 7

Tenir compte des effets distributifs et cumulés de la politique proposée

Pour les ACA utilisées lors de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique, l’étape cruciale est l’étape no 3, c’est-à-dire l’identification de l’impact et la monétisation des coûts et des avantages d’un point de vue sociétal. L’analyse correcte des coûts et des avantages est un élément clé du principe. Tout en appliquant ce principe, une perspective sociétale est adoptée pour évaluer les incidences de différentes options envisageables lors de l’analyse du rapport coût-efficacité et des avantages de plus large portée de l’énergie économisée.

6.1. Étape no 1: Élaboration d’un scénario de référence

Il est recommandé d’élaborer un scénario de référence et de le comparer avec la mesure initiale. Dans de nombreux cas, une base de référence statique peut être utilisée. Une base de référence statique repose sur le passé pour la prévision des résultats futurs. Une base de référence statique consiste à estimer la consommation d’énergie de la mesure initiale envisagée ainsi que les coûts et les investissements nécessaires pour atteindre l’objectif de la planification, de la politique ou de l’investissement. Cet objectif peut être atteint, par exemple, en estimant l’énergie utilisée avant la mise en œuvre de la politique (73).

Dans certains cas, il peut être plus approprié d’utiliser une base de référence dynamique plutôt que statique pour comparer les différentes options envisageables (74). Un scénario de référence dynamique est défini comme le scénario de «statu quo» futur, qui inclut des éléments moteurs susceptibles d’avoir une incidence sur la mise en œuvre de la mesure initialement envisagée (75). Les éléments moteurs peuvent être, par exemple, le changement climatique ou les évolutions socio-économiques et les nouveaux développements politiques et législatifs, qui évoluent au fil du temps.

Exemple de scénario de référence dynamique: «Action visant à réduire les émissions de CO2 du transport routier»

Dans le cas où les émissions de CO2 dues au transport routier devraient être réduites en termes absolus en améliorant l’efficacité énergétique des voitures grâce à des restrictions sur la consommation du parc automobile.

Si l’on part de l’hypothèse que le kilométrage total (le nombre de véhicules multiplié par le nombre de kilomètres parcourus) des voitures reste largement constant, une amélioration de 10 % de la consommation de carburant devrait réduire les émissions d’environ 10 % au fil du temps, au fur et à mesure que des voitures plus efficaces sont mises en service. Si, en revanche, on estime que le kilométrage total augmentera de 20 % au fil du temps, par exemple en raison d’une augmentation du nombre de véhicules sur route, une amélioration de 10 % de la consommation de carburant ne réduira pas les émissions comme requis et des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires (76).

Le calcul de la base de référence devrait tenir compte du principe d’analyse proportionnée, qui implique de mettre en balance les avantages de plus large portée escomptés ainsi que le temps et les ressources requis par le décideur pour élaborer une base de référence précise (77).

6.2. Étape no 2: Établir un calendrier pour les économies d’énergie et fixer le taux d’actualisation social

Au cours de la deuxième étape, il est recommandé de surveiller les économies d’énergie et les avantages de plus large portée (potentiels) des décisions en matière d’efficacité énergétique sur une certaine période. La durée de la période de suivi peut varier en fonction du type de projet et de la phase de décision dans le cycle d’élaboration des politiques. Dans ce contexte, il est important de prendre en considération les incidences attendues de l’intervention à court, moyen et long termes, étant donné que certaines incidences (par exemple, le coût de la mise en œuvre de la mesure) présenteront des effets plus rapidement que d’autres (par exemple, les avantages à long terme pour la santé). En outre, un taux d’actualisation social approprié doit être sélectionné (78). Le choix d’un taux d’actualisation social peut avoir une incidence significative sur les résultats de l’ACA (79).

Le recours à une analyse de sensibilité peut améliorer la transparence du taux sélectionné et l’incidence d’une modification d’un taux d’actualisation social sur l’attrait économique des différents degrés d’amélioration de l’efficacité énergétique et de leurs alternatives.

Sur la base des deux étapes, il est possible de procéder à une analyse coûts-avantages limitée des économies d’énergie brutes, des économies de coûts et des réductions des émissions de gaz à effet de serre, qui sont toutes relativement faciles à monétiser, que ce soit directement ou indirectement.

6.3. Étape no 3: Déterminer l’incidence et la monétisation des coûts et des avantages

6.3.1. Identification des incidences et monétisation

Afin d’étendre l’ACA et d’obtenir des informations plus détaillées, une ACA devrait tenir compte de divers avantages de plus large portée de la décision examinée. Il est essentiel de recenser les avantages de plus large portée pertinents pour une compréhension approfondie de l’ensemble des incidences d’une décision spécifique en matière de planification, de politique ou d’investissement.

L’ACA devrait tenir compte du fait que des décisions primaires ont lieu ou que des décisions secondaires sont déclenchées, respectivement, aux niveaux individuel, local ou régional, national et supranational. L’ACA devrait également se concentrer sur les domaines de la figure 1 afin de déterminer où les avantages les plus significatifs de ces décisions sont susceptibles de se produire. Ce processus d’identification des avantages de plus large portée pourrait être ad hoc (processus spécifique pour chaque décision) ou reposer sur une approche normalisée dont les incidences ont été reconnues comme significatives pour chaque secteur.

L’hypothèse des prix de l’énergie constitue un élément important de la monétisation des coûts et des avantages. Cette hypothèse devrait inclure le coût du carbone sur la période de calcul en prenant les émissions annuelles de gaz à effet de serre multipliées par les prix escomptés par tonne équivalent CO2 de gaz à effet de serre. Il est recommandé d’utiliser la trajectoire des prix du carbone du SEQE 1 ou du SEQE 2.

Si les avantages ne peuvent être estimés, il est recommandé d’utiliser, par exemple, des valeurs prudentes ou des estimations approximatives pour les valeurs monétaires plutôt que de supposer des incidences (80). D’une manière générale, les hypothèses prises en considération devraient être explicitées.

Après la monétisation, et avant d’appliquer les prochaines étapes de l’ACA, il est possible d’envisager des méthodes plus simples pour comparer les différentes options, telles que l’analyse coûts-efficacité (81). Cela s’applique lorsque seulement un ou deux avantages de plus large portée ont été pris en considération, ce qui fait de la comparaison des différentes options envisageables un exercice simple.

Dans les cas où la monétisation des incidences n’est pas possible, l’analyse de décision multicritères (ADMC) devrait être utilisée pour évaluer des avantages de plus large portée parallèlement à une ACA, étant donné que les informations tant qualitatives que quantitatives sont importantes pour les décideurs lorsqu’ils prennent des décisions en matière de planification, de politique et d’investissement.

6.3.2. Approche alternative (ADMC)

En cas de conflit de critères et afin de réduire le niveau d’incertitude potentielle dans l’ACA, il est recommandé de procéder à une analyse de sensibilité des résultats de l’ACA, y compris une fourchette de valeurs monétaires estimées pour ces incidences (voir étape no 6).

Dans certains cas, il pourrait être déraisonnable ou trop difficile de déterminer ou d’estimer l’impact total des autres options envisageables. Dans de tels cas, il est recommandé d’appliquer une ADMC, définie à la section 3.2, qui est un outil complémentaire permettant de prendre des décisions en connaissance de cause et d’évaluer les avantages de plus large portée (82).

Utilisées ensemble, l’ADMC et l’ACA couvrent de manière exhaustive l’ensemble des coûts et avantages des avantages de plus large portée liés à l’efficacité énergétique.

6.4. Avantages de plus large portée à inclure dans l’ACA

Si des méthodes solides sont disponibles pour monétiser correctement un avantage de plus large portée, elles doivent être incluses dans une ACA (en supposant que les chevauchements aient été pris en compte). Toutefois, la décision pratique d’inclure ou non des avantages de plus large portée dans une ACA et les incidences à inclure dépendent de quelques variables. Premièrement, les États membres devraient décider des avantages à inclure dans une ACA sur la base de la disponibilité et de la qualité des données. En outre, le principe de proportionnalité peut être pertinent. Les ressources et les efforts nécessaires pour monétiser un avantage devraient être justifiés par son importance et son incidence relatives.

Dans le cadre d’une politique spécifique, certains avantages de plus large portée peuvent influer davantage sur l’ordre de mérite. Il convient également de noter que, si certains avantages de plus large portée peuvent, en principe, être monétisés, la méthode disponible peut ne pas être suffisamment solide pour garantir que la propension des personnes à payer pour un bien donné ou à accepter une compensation pour renoncer à un bien soit cohérente avec les exigences de durabilité à long terme. Par conséquent, certaines méthodes d’évaluation non fondées sur le marché, telles que la propension à payer ou la propension à accepter, doivent être utilisées avec prudence si elles sont incluses dans une ACA (83).

L’indisponibilité et la qualité insuffisante des données, l’incapacité à monétiser les avantages et l’impératif d’éviter un double comptage nécessitent d’identifier l’avantage de plus large portée le plus probable ou le plus approprié qui pourrait être inclus dans une ACA.

Exemples de difficultés à identifier le bon ensemble d’avantages de plus large portée:

Les avantages pour la santé, la réduction des émissions de GES et l’augmentation de l’activité économique et du PIB sont généralement monétisés. Des méthodes solides de monétisation sont disponibles, et ces avantages présentent souvent un rapport coûts-avantages très élevé. Toutefois, ces avantages ont de multiples effets associés et indirects et, par conséquent, englobent déjà divers avantages de plus large portée. Par exemple, les incidences sur l’emploi sont utilisées comme indicateur clé pour monétiser les incidences sur le PIB. Dès lors, les incidences sur l’emploi ne devraient pas être monétisées indépendamment afin d’éviter un double comptage. Toutefois, dans cet exemple, bien que les incidences monétisées de l’emploi soient déjà prises en compte, les incidences qualitatives et quantitatives (par exemple, dans une ADMC) peuvent encore être importantes à évaluer.

Les parties prenantes qui mettent en œuvre le principe pourraient procéder en sélectionnant les avantages de plus large portée les plus importants (trois à cinq par exemple) liés à une décision envisagée et évaluer correctement ceux-ci dans l’ACA.

Les tableaux suivants formulent des suggestions quant aux avantages de plus large portée les plus importants dans divers secteurs énergétiques et non énergétiques que les États membres pourraient envisager dans le cadre des ACA.

Tableau 9

Avantages de plus large portée de l’efficacité énergétique dans le système énergétique

Système énergétique

Avantages de plus large portée de l’efficacité énergétique

Électricité

Gaz

Chaleur

1.

Prix de l’énergie plus abordables (pour toute énergie produite)

2.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

3.

Amélioration de la qualité de l’air

4.

Sécurité énergétique accrue

5.

Réduction de l’utilisation des sols par le secteur de la production et du transport d’énergie

6.

Investissements évités dans des capacités supplémentaires


Tableau 10

Avantages de plus large portée de l’efficacité énergétique dans les secteurs non énergétiques

Secteur non énergétique

Avantages de plus large portée de l’efficacité énergétique

Bâtiments

1.

Atténuation de la précarité énergétique

2.

Conséquences pour la santé

3.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

4.

Amélioration de la qualité de l’air

5.

Création d’emplois

6.

Augmentation de la valeur des biens immobiliers

Transports

1.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

2.

Amélioration de la qualité de l’air

3.

Sécurité énergétique accrue

4.

Réduction de l’utilisation des sols par le secteur des transports

Eau

1.

Diminution de la consommation d’eau

TIC

1.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

Agriculture

1.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

2.

Utilisation des sols et biodiversité

Secteur financier

1.

Hausse de l’activité économique

2.

Investissements évités dans des capacités supplémentaires

3.

Création d’emplois

4.

Renforcement de l’innovation financière et de la compétitivité

Le tableau 11 fournit un exemple de processus décisionnel visant à déterminer s’il y a lieu d’inclure certains avantages de plus large portée dans une ACA ou une ADMC. Le tableau n’est ni exhaustif, ni normatif. Différents types d’avantages de plus large portée liés à la mise en œuvre du projet ont été recensés, mais tous n’ont pas été inclus dans l’ACA. Les ADMC peuvent être utilisés pour des avantages de plus large portée qui ne peuvent pas être inclus dans une ACA parce qu’ils sont difficiles à quantifier et à monétiser.

Tableau 11

Inclusion d’avantages de plus large portée dans une ACA

Domaines d’impact

Avantage de plus large portée

Inclure dans l’ACA?

Social

Santé (morbidité)

Oui

Social

Santé (mortalité)

Oui

Social

Santé (confort et bien-être)

Non, en raison de l’absence de méthodes de monétisation appropriées

Social

Valeur des biens et des actifs

Non, du fait du chevauchement avec le PIB

Social

Amélioration de la lumière et du bruit

Non, en raison de l’absence de méthodes de monétisation appropriées

Social

Productivité

Oui, mais avec prudence pour éviter les chevauchements avec la santé

Environnement

Réductions des émissions de gaz à effet de serre

Oui

Environnement

Réduction de la pollution atmosphérique

Non, parce qu’elle fait double emploi avec la santé

Environnement

Incidences concrètes

Non, en raison des efforts considérables nécessaires pour monétiser alors que la valeur d’incidence est relativement faible

Économique

Incidence sur le PIB

Oui

Économique

Incidences sur l’emploi

Non, du fait du chevauchement avec le PIB

Économique

Revenu disponible

Oui

Économique

Budget public

Non, du fait du chevauchement avec le PIB

Économique

Sécurité énergétique

Non, en raison de données insuffisantes

Une fois la sélection terminée, les valeurs monétisées doivent, dans la mesure du possible, être intégrées dans une ACA. Les coûts et compromis potentiels devraient également être inclus dans l’analyse. Lorsqu’il n’est pas possible de monétiser les éventuelles incidences négatives, celles-ci devraient au moins être quantifiées. Lorsqu’elles ne peuvent pas être quantifiées, elles doivent au moins être incluses dans l’analyse de décision multicritères.

L’inclusion de ces avantages de plus large portée a une incidence considérable sur le résultat d’une analyse coûts-avantages de l’efficacité énergétique, avec une forte tendance à accroître considérablement le rapport coût-efficacité, et donc la probabilité qu’une approche fondée sur l’efficacité énergétique soit retenue comme option d’action privilégiée. En fin de compte, l’inclusion d’avantages de plus large portée dans l’ACA et l’ADMC sous-tend les effets significatifs de l’efficacité énergétique et pourrait conduire à de meilleures décisions en matière de politique.

6.5. Étape no 4: Sélectionner une règle mathématique d’agrégation

L’étape suivante sert de méthode de calcul de la valeur des coûts et des avantages des différentes options envisagées.

Les indicateurs clés de performance financière (ICP) les plus courants sont la valeur actuelle nette (VAN) ou le rapport coûts-avantages (RCA) (84). La sélection de l’indicateur de VAN est mieux adaptée pour évaluer l’attractivité d’une option en termes absolus, tandis que le RCA indiquera l’attrait d’une option quelle que soit l’échelle des options envisagées.

Comme le montre l’exemple suivant, l’application de la VAN ou du RCA peut donner lieu à un ordre de préférence différent pour les diverses options de décision. Alors que la VAN indique la différence absolue entre les avantages actualisés (avantage actuel net, AAN) et les coûts (coût actuel net, CAN), le RCA est le ratio des mêmes nombres: les avantages actualisés divisés par les coûts actualisés.

Exemple: Application de la valeur actuelle nette/du rapport coûts-avantages

Exemple d’option 1:

VAN1 vs BAU = AAN1 vs BAU - CAN1 vs BAU = 1 000 – 500 = 500 > 0

RCA1 vs BAU = AAN1 vs BAU / CAN1 vs BAU = 1 000 / 500 = 2 > 1

Exemple d’option 2:

VAN2 vs BAU = AAN2 vs BAU – CAN2 vs BAU = 700 – 300 = 400 > 0

RCA2 vs BAU = AAN2 vs BAU / CAN2 vs BAU = 700 / 300 = 2,3 > 1

Les résultats de ces calculs sont présentés dans le tableau 12 ci-dessous.

Tableau 12

Sélectionner une règle mathématique d’agrégation: VAN par rapport à RCA pour deux alternatives

Option 1

Option 2

AANx vs BAU

1 000

700

CANx vs BAU

500

300

VAN total

500

400

RCA total

2

2,3

L’option 1 est plus avantageuse que l’option 2 lors de l’application de la VAN, mais moins avantageuse lors de l’application du RCA.

L’option 1 est plus coûteuse que l’option 2 [500 contre 300 pour les investissements supplémentaires (+ 67 %) par rapport au maintien du statu quo (BAU — business as usual)], mais elle procure également plus d’avantages [1 000 contre 700 (+ 43 %)]. L’investissement supplémentaire de 300 ne produit qu’un avantage supplémentaire de 100. Si l’option 1 000 peut être mise à disposition, l’option 1 devrait être choisie si, dans le cas de l’option 2, il n’y a pas d’investissement supplémentaire de 300 qui génère un avantage supplémentaire supérieur à 100.

L’exemple montre qu’il est utile de calculer les deux ICP et de décider ensuite en fonction des ressources financières disponibles et des options d’investissement (85).

6.6. Étape no 5: Présenter de manière claire et transparente la comparaison des options d’action et des mesures alternatives, classées par ordre de mérite

Dans la plupart des cas, il est utile de classer les différentes alternatives. Ce classement devrait être fondé sur les résultats de l’agrégation mathématique, en tenant compte de toute information qualitative pertinente sur les avantages non monétisés et sur l’éventail des incidences pour les parties prenantes concernées (86). Les autres options envisageables devraient également être vérifiées par rapport à l’objectif initial à atteindre.

6.7. Étape no 6: Vérifier la robustesse des résultats

Les États membres pourraient indiquer des méthodes, des spécifications et des bonnes pratiques pour évaluer la robustesse et la transparence du processus, par exemple veiller à ce que des alternatives soient examinées ou à ce que le double comptage soit évalué. Dans ce cas, les parties prenantes qui mettent en œuvre le principe de primauté de l’efficacité énergétique devraient utiliser ces méthodes, spécifications et bonnes pratiques pour produire des résultats de la qualité requise.

Dans ce contexte et en vue de la bonne mise en œuvre du principe de primauté de l’efficacité énergétique, les États membres pourraient prévoir que les autorités compétentes évalueront de manière systématique ou ponctuelle la qualité des résultats présentés par les parties prenantes.

L’un des moyens de tester la robustesse des informations monétisées consiste à effectuer une analyse de sensibilité. Cela peut se faire en ajustant les aspects les plus incertains, mais les plus influents, des données d’entrée pour le modèle d’agrégation mathématique, qui, pour l’efficacité énergétique, sont souvent les futurs prix de l’énergie utilisés, et le taux d’actualisation social choisi. En utilisant une gamme allant des plus basses aux plus élevées pour les données de départ concernant les futurs prix de l’énergie et le taux d’actualisation social, une fourchette d’incidences sera associée à chaque option d’action, ce qui donne une marge d’«erreur». Si l’option d’action A peut sembler la plus attrayante après l’étape 5, la limite inférieure de la fourchette des incidences possibles pourrait être inférieure à celle de l’option d’action B, qui a globalement une fourchette plus étroite, ce qui fait de l’option d’action B un choix plus judicieux (voir figure 2).

Figure 2

Représentation visuelle pour tester la robustesse des options d’action

Image 2

Dans le cadre de cet exercice, il est tout aussi important de pouvoir justifier toute décision prise en ce qui concerne l’influence des informations sur l’impact non monétisées et les points de vue des parties prenantes sur le classement des résultats.

6.8. Étape no 7: Tenir compte des effets distributifs et cumulés de la politique proposée

Les effets distributifs comprennent l’incidence différente de la politique proposée sur les différents États membres, sur les différentes parties prenantes (par exemple, les PME) ou sur différents pans de la société (par exemple, si l’option d’action touche de manière disproportionnée des groupes plus vulnérables ou à faibles revenus). Certaines options d’action peuvent avoir, pour certaines parties prenantes plus que d’autres, des avantages ou des effets négatifs, et il convient de tenir compte de ces conséquences involontaires. La prise en compte des incidences cumulées implique qu’il convient de prendre en considération de manière proportionnée l’incidence sur les générations futures, et que l’incidence modélisée sur les générations futures est fortement influencée par le choix du taux d’actualisation social (voir étape no 2 ci-dessus).

7. SURVEILLANCE ET RAPPORTS

L’article 3 de la refonte de la DEE comprend diverses exigences pertinentes pour le suivi et l’établissement de rapports sur l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique, soulignant en particulier sa pertinence pour un large éventail de secteurs et de décisions en matière d’investissement majeur, y compris le secteur de l’énergie, le bâtiment, les transports, l’eau, les TIC, l’agriculture et le secteur financier. Par conséquent, les exigences en matière de suivi et de rapports doivent s’appliquer aux décisions prises dans l’ensemble de l’économie, comme le confirment également l’article 3, paragraphe 1, qui énumère les secteurs d’application, et l’article 3, paragraphe 4, qui fait obligation aux États membres de désigner des autorités compétentes chargées de contrôler l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique. L’article 3, paragraphe 5, points c) et d), impose en outre aux États membres d’identifier des entités spécifiques chargées de superviser le suivi de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et du cadre réglementaire correspondant.

Les États membres sont également chargés d’évaluer l’application et les avantages du principe de primauté de l’efficacité énergétique dans leurs systèmes énergétiques, en particulier en ce qui concerne la consommation d’énergie, et de fournir un catalogue de mesures mises en œuvre pour éliminer les obstacles réglementaires ou non réglementaires, facilitant ainsi l’adoption du principe de primauté de l’efficacité énergétique et des solutions en lien avec la demande.

7.1. Suivi de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et communication des résultats obtenus

L’article 3, paragraphe 4, dispose que «les États membres veillent à ce que les autorités compétentes contrôlent l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique, y compris, le cas échéant, l’intégration du principe dans les secteurs ainsi que les incidences intersectorielles, lorsque les décisions en matière de politique, de planification et d’investissement sont soumises à des exigences en matière d’autorisation et de suivi.» Les États membres doivent désigner les autorités compétentes chargées d’exécuter les tâches de surveillance. Une surveillance est requise pour les décisions qui sont déjà soumises aux exigences existantes en matière d’approbation et de surveillance. Cela permet de réduire la charge pesant sur les États membres, car cette obligation ne s’applique qu’aux événements pour lesquels des procédures de surveillance sont déjà en place.

Le suivi de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique pourrait être intégré dans des processus de suivi plus larges à différents niveaux. Les autorités chargées du contrôle de l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique ne doivent pas nécessairement être les mêmes autorités chargées de l’approbation et de la surveillance pour d’autres aspects du processus décisionnel. Toutefois, il existe des avantages évidents d’ajouter ce contrôle aux activités de surveillance existantes.

De même, l’établissement de rapports sur l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique peut être défini comme un processus spécifique ou comme faisant partie d’un processus de notification plus large:

a)

Nouveaux processus, ou des processus de notification existants sur l’efficacité énergétique: en fonction de la manière dont les États membres collectent actuellement des informations sur l’efficacité énergétique et l’action pour le climat, les notifications concernant l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique pourraient être incluses dans les activités actuelles de collecte de données, ou l’organisme chargé du suivi pourrait mettre au point des processus spécifiques.

b)

Inclusion dans des processus d’établissement de rapports plus larges: Les États membres pourraient exiger que le rapport annuel de tous les organismes publics (ou de tous les organismes publics qui satisfont à un certain ensemble d’exigences) comprenne une section consacrée à l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique. Idéalement, les parties prenantes qui ont mis en œuvre le principe de primauté de l’efficacité énergétique peuvent introduire les informations requises dans des modèles prédéfinis, de sorte que l’agrégation au niveau national soit simple. Afin de tirer parti des processus existants couvrant le secteur privé, les États membres pourraient également exiger que les entités privées rendent compte de la manière dont le principe de primauté de l’efficacité énergétique a été appliqué dans le cadre des procédures d’autorisation existantes, telles que celles prévues par la directive relative aux émissions industrielles.

Une question essentielle pour les États membres est de savoir comment les décisions en matière d’investissement majeur des entités publiques ou réglementées et des acteurs du marché de l’énergie devraient faire l’objet d’un suivi. L’article 3, paragraphe 4, suggère que des données ne doivent être communiquées que dans le cadre des décisions qui font déjà l’objet d’un suivi. Cela porte à considérer qu’en ce qui concerne les décisions importantes en matière de planification et d’investissement prises par des entités qui ne sont pas entièrement sous le contrôle d’un organisme public (entités indépendantes, entités réglementées, parties prenantes du marché), l’organisme public chargé d’approuver la décision peut également être celui qui doit faire rapport.

Une clarification importante est que les limites fixées par l’article 3 n’empêchent pas les États membres de choisir des seuils inférieurs pour l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et des exigences en matière de notification.

L’article 3, paragraphe 4, exige que, le cas échéant, l’intégration sectorielle et les incidences intersectorielles fassent l’objet d’un suivi pour les décisions en matière de planification, de politique et d’investissement qui sont déjà soumises à des exigences d’approbation et de suivi.

L’interconnexion des systèmes énergétiques avec d’autres secteurs nécessite de surveiller la manière dont le principe de primauté de l’efficacité énergétique renforce l’intégration des systèmes et crée des avantages intersectoriels. Il s’agit notamment d’examiner comment l’efficacité énergétique peut soutenir la stabilité du réseau, réduire la dépendance à l’égard des importations d’énergie et contribuer à l’économie circulaire.

Le calendrier de mesure de ces ICP devrait être aligné sur les processus décisionnels, les calendriers de mise en œuvre et les périodes d’examen stratégique de la décision de planification, de politique ou d’investissement majeur concernée.

7.2. Processus de collecte de données (auprès des organismes publics et des acteurs du marché)

Les États membres devraient mettre en place des processus et des systèmes de collecte de données qui garantissent que les informations sont mises à disposition en temps utile et de manière cohérente. Il est fortement recommandé de mettre en place des plateformes numériques, qui réduisent la charge administrative pour les parties prenantes et les organismes publics. Les États membres devraient s’efforcer d’exploiter les processus qui garantissent qu’une seule et même donnée n’est collectée qu’une seule fois, mais que les autorités compétentes ont accès à la base de données.

Sur la base des informations à communiquer, les États membres devraient mettre en place un système qui leur fournit les éléments probants nécessaires pour faire rapport. Les éléments probants pourraient être fournis soit par la collecte directe des informations pertinentes (par exemple, une liste de toutes les décisions majeures communiquées par les différentes parties prenantes), soit par l’utilisation d’autres informations déjà recueillies et disponibles (par exemple, une liste de tous les investissements dépassant le seuil de l’article 3 sur la base d’une analyse des approbations budgétaires au niveau ministériel).

Outre les données relatives à l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique aux décisions en matière de planification, de politique et d’investissement, les États membres devraient collecter par d’autres moyens (par exemple, des activités de recherche spécifiques) des informations sur les actions mises en place pour supprimer les obstacles à l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique. Un tel exercice de collecte de données devrait être coordonné avec d’autres travaux prévus pour mettre à jour les PNEC, réduire au minimum les efforts de collecte de données et veiller à ce que les incidences d’autres politiques (par exemple, les politiques en matière d’efficacité énergétique en général) puissent être prises en considération lors de la communication d’informations sur les obstacles au principe de primauté de l’efficacité énergétique.

7.3. Faire rapport sur l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique

Conformément à l’article 3, paragraphe 5, point d), de la refonte de la DEE, les États membres doivent faire rapport, dans le cadre de leurs rapports d’avancement nationaux en matière d’énergie et de climat, «sur la manière dont le principe de primauté de l’efficacité énergétique a été pris en compte dans les décisions en matière de planification, de politique et d’investissement majeur prises au niveau national et, le cas échéant, au niveau régional et local et concernant les systèmes énergétiques nationaux et régionaux». La section 5 de l’annexe de la recommandation (UE) 2024/2143 fournit des orientations sur les exigences en matière de rapports.

L’article 3, paragraphe 5, point d), indique les données que les États membres sont tenus de communiquer:

a)

évaluation de l’application et des avantages du principe de primauté de l’efficacité énergétique dans les systèmes énergétiques;

b)

mesures prises pour supprimer les obstacles réglementaires et non réglementaires à la mise en œuvre du principe de primauté de l’efficacité énergétique.

Ces deux éléments devraient être considérés comme le minimum, et les États membres peuvent communiquer davantage d’informations sur la manière dont ils ont intégré le principe de primauté de l’efficacité énergétique dans leurs processus décisionnels.

7.3.1. Rapport sur l’application et les avantages du principe de primauté de l’efficacité énergétique

Les rapports sur l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique doivent inclure les décisions en matière de planification, de politique et d’investissement qui ont été affectées par l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique et viser les avantages que les États membres s’attendent à obtenir.

Pour chaque décision, les États membres pourraient:

a)

indiquer si une ou plusieurs options en matière d’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique spécifiques ont été conçues et choisies (oui/non);

b)

présenter une quantification des avantages totaux, avec la valeur des avantages de plus large portée indiqués séparément pour différentes solutions retenues (en EUR);

c)

présenter une quantification de la consommation totale d’énergie dans les solutions retenues (en GWh). Cela devrait inclure la consommation d’énergie des solutions retenues tout au long de leur cycle de vie;

d)

inclure un commentaire couvrant:

1)

des précisions sur la mesure dans laquelle la solution tient toujours compte de considérations relatives à l’efficacité énergétique (indicateur qualitatif/description) lorsque la solution de remplacement pour une option d’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique a été choisie;

2)

de considérations relatives à la participation active de la demande et à la flexibilité pour les deux solutions;

3)

toute autre explication, par exemple en ce qui concerne l’incertitude dans l’estimation des avantages ou si l’inclusion de prestations de plus large portée a modifié le choix de l’option privilégiée.

Les mêmes informations pourraient être utilisées pour faire rapport à la Commission européenne. Par exemple, les États membres pourraient exiger que toutes les décisions importantes pour lesquelles une approbation formelle est nécessaire indiquent clairement, dans leur analyse d’impact ou dans une évaluation préalable similaire, les éléments suivants:

a)

parmi les options envisagées, celle ou celles qui étaient une application du principe de primauté de l’efficacité énergétique (options pour lesquelles l’efficacité énergétique a été prioritaire);

b)

les coûts et les avantages des options appliquant le principe de primauté de l’efficacité énergétique et d’au moins une autre option principale (soit l’option choisie, soit l’option de second choix si une option appliquant le principe de primauté de l’efficacité énergétique a été retenue),

c)

et exiger que le rapport d’analyse d’impact présente séparément les avantages directs et les avantages de plus large portée des options définies.

7.3.2. Faire rapport sur les mesures prises pour éliminer les obstacles réglementaires et non réglementaires

L’article 3, paragraphe 5, point d), ii), impose aux États membres de notifier «une liste des mesures prises en vue d’éliminer les mesures réglementaires et non réglementaires inutiles faisant obstacle à la mise en œuvre du principe de primauté de l’efficacité énergétique et à la mise en œuvre de solutions en lien avec la demande, notamment par le recensement de la législation et des mesures nationales contraires au principe de primauté de l’efficacité énergétique».

Cela suggère que les rapports des États membres devraient couvrir les éléments suivants:

a)

actions visant à éliminer les obstacles réglementaires inutiles faisant obstacle à la mise en œuvre du principe de primauté de l’efficacité énergétique et de solutions en lien avec la demande;

b)

actions visant à éliminer les obstacles non réglementaires à la mise en œuvre des solutions appliquant le principe de primauté de l’efficacité énergétique et de celles en lien avec la demande;

c)

liste de la législation et des mesures nationales considérées comme contraires au principe de primauté de l’efficacité énergétique.

La première étape pour assurer une mise en œuvre correcte du principe de primauté de l’efficacité énergétique consiste donc à réexaminer les politiques existantes et à évaluer si elles sont conformes à ce principe ou, à tout le moins, n’entravent pas sa mise en œuvre (87). L’introduction de la primauté de l’efficacité énergétique en tant que principe fondamental ne suffit pas à garantir son exécution: sa mise en œuvre doit être soigneusement planifiée et il y a lieu de procéder à des ajustements des structures de décision et de gouvernance ainsi que des cadres d’investissement dans tous les domaines, notamment les politiques immobilières, le secteur de l’électricité, l’action climatique, les systèmes de gouvernance, les objectifs de l’action publique, etc. Le plus souvent, l’application du principe de primauté de l’efficacité énergétique n’implique pas l’adoption de nouvelles politiques mais nécessite en premier lieu de mettre les politiques et réglementations existantes en conformité avec ce principe.

Ces actions peuvent comprendre des actions générales, telles que des lignes directrices, des méthodes et des exigences en matière de processus visant à garantir que le principe de primauté de l’efficacité énergétique peut être appliqué aux décisions pertinentes en matière de planification, de politique et d’investissement majeur. Celles-ci peuvent être générales ou s’adresser à des secteurs ou à des organes de décision spécifiques.


(1) Règlement (UE) 2021/1119.

(2) L’avenir de la compétitivité européenne — partie B | Analyse approfondie et recommandations, p. 25.

(3) Plan REPowerEU, COM(2022) 230 final.

(4) Feuille de route en vue de mettre un terme aux importations d’énergie russe [COM(2025) 440].

(5) L’avenir de la compétitivité européenne — partie B | Analyse approfondie et recommandations, p. 106.

(6) Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions «Plan d’action pour une énergie abordable: Exploiter pleinement la vraie valeur de notre union de l’énergie pour garantir à tous les européens une énergie abordable, efficace et propre» [COM(2025) 79 final].

(7) Une boussole pour la compétitivité de l’UE [COM(2025) 30 final].

(8) New Impetus for Energy Efficiency Disponible à l’adresse suivante: https://energy.ec.europa.eu/topics/energy-efficiency/new-impetus-energy-efficiency_en.

(9) Une Europe plus simple et plus rapide: Communication sur la mise en œuvre et la simplification (Commission européenne, 2024-2029). Disponible à l’adresse suivante: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52025DC0047.

(10) Règlement (CE) no 1099/2008 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2008 concernant les statistiques de l’énergie (JO L 304 du 14.11.2008, p. 1, ELI: http://data.europa.eu/eli/reg/2008/1099/oj).

(11) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 556. Disponible à l’adresse suivante: https://commission.europa.eu/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation/better-regulation-guidelines-and-toolbox_en?prefLang=fr.

(12) Ibid., p. 552.

(13) European Commission, Energy balance guide, Methodology guide for the construction of energy balances & Operational guide for the energy balance builder tool, 2019.

(14) Agence internationale de l’énergie (2012), Spreading the net: The multiple benefits of energy efficiency improvements.

(15) BPIE (2020), Building renovation: a kick-starter for the EU economy. Disponible à l’adresse suivante: https://www.renovate-europe.eu/2020/06/10/building-renovation-a-kick-starter-for-the-eu-economy/.

(16) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency, p. 38.

(17) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 566.

(18) Document de travail des services de la Commission sur les lignes directrices pour une meilleure réglementation [SWD(2021) 305 final].

(19) Guide du bilan énergétique: Guide méthodologique pour la construction des bilans énergétiques — Guide opérationnel pour l’outil de création de bilan énergétique, Eurostat, 31 janvier 2019.

(20) Agence internationale de l’énergie (2012), Spreading the net: The multiple benefits of energy efficiency improvements.

(21) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency.

(22) Agence internationale de l’énergie (2025), Multiple Benefits of Energy Efficiency.

(23) The Economics of Biophilia, 1re éd., Why design with nature in mind makes financial sense, 2012.

(24) Aguilar, F. J. (1967), Scanning the business environment.

(43) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency, p. 41.

(44) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency, p. 137.

(45) Ibid., p. 189.

(46) L’outil MICATool permet aux décideurs politiques et aux praticiens de réaliser des analyses simplifiées pour améliorer l’efficacité énergétique, de comparer et d’évaluer la pertinence des multiples incidences et de renforcer l’établissement de rapports et le suivi. MICAT permet à l’utilisateur de sélectionner une action politique dans un secteur spécifique, un calendrier et une région géographique, puis de quantifier les incidences de ces actions à l’aide de divers indicateurs sociaux, économiques et écologiques. Les données d’entrée (à savoir le parc immobilier et le taux de rénovation) peuvent être adaptées à la situation spécifique de l’utilisateur. L’outil peut également monétiser ces incidences et mènera une simple analyse coûts-avantages, avec des variables adaptables sur la sensibilité aux prix de l’énergie, la sensibilité aux investissements et le taux d’actualisation.

(47) Thema. e.a. (2019), The Multiple Benefits of the 2030 EU Energy Efficiency Potential.

(48) Suerkemper e.a. (2022), Overall quantification and monetisation concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(49) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 286.

(50) Ibid., p. 566.

(51) Azzini, I., Listorti, G., Mara, T., et Rosati, R., Uncertainty and Sensitivity Analysis for policy decision making, EUR 30432 EN, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2020, ISBN 978-92-76-24752-4, doi: 10.2760/922129, JRC122132.

(52) Suerkemper e.a. (2022), Overall quantification and monetisation concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(53) Ürge-Vorsatz e.a. (2015), Literature review on Multiple Impact quantification methods, rapport D2.1, projet COMBI.

(67) Analyse du cycle de vie et méthodes de l’empreinte environnementale: Couverture complète des incidences, https://green-forum.ec.europa.eu/green-business/environmental-footprint-methods/life-cycle-assessment-ef-methods_en.

(68) Ürge-Vorsatz e.a. (2015), Literature review on Multiple Impact quantification methods, rapport D2.1, projet COMBI.

(69) Suerkemper e.a. (2022), Overall quantification and monetisation concept. MICAT – Multiple Impacts Calculation Tool (Deliverable 2.1).

(70) Mzavanadze, Nora (2018a), Quantifying air pollution impacts of energy efficiency COMBI D3.4 Final report.

(71) Naess-Schmidt, H. S., Hansen, M. B. W., Wilke, S., Lumby, B. M. (2018), Macro-economy impacts of energy efficiency COMBI D6.4 Final report.

(72) Recommandation (UE) 2024/2143 de la Commission du 29 juillet 2024 établissant des lignes directrices pour l’interprétation de l’article 3 de la directive (UE) 2023/1791 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le principe de primauté de l’efficacité énergétique (JO L, 2024/2143, 9.8.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2024/2143/oj).

(73) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency, p. 190.

(74) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, Outil #60.

(75) Macias Moy, D., Bisselink, B., Dutiel, O., Ferreira Cordeiro, N., Garcia Gorriz, E., Grizzetti, B., Hanke, G., Miladinova-Marinova, S., Parn, O., Piroddi, C., Pistocchi, A., Polimene, L., Ruiz Orejon Sanchez Pastor, L., Serpetti, N., Stips, A., Trichakis, I., Udias Moinelo, A., et Vigiak, O., Outline of the dynamic baseline for the MSFD Impact Assessment analysis in the context of the Blue2 Modelling Framework Initiative, Office des publications de l’Union européenne, Luxembourg, 2023, doi: 10.2760/747000, JRC134027.

(76) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, Outil no 60.

(77) Document de travail des services de la Commission SWD(2021) 305 final, Lignes directrices pour une meilleure réglementation, Bruxelles, 3.11.2021, p. 33.

(78) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, Outil no 64.

(79) Hermelink, A.H., et de Jager, D. (2015), Évaluer notre avenir: Le rôle crucial des taux d’actualisation dans la modélisation du système énergétique de la Commission européenne.

(80) Agence internationale de l’énergie (2014), Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency, p. 189.

(81) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 520.

(82) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023. Les ADMC sont particulièrement appropriées dans les cas d’interactions complexes où différentes incidences quantifiées, telles que des avantages de plus large portée, sont mesurées dans différentes unités.

(83) Ürge-Vorsatz, D., Kelemen, A., Gupta, M., Chatterjee, S., Egyed, M., Reith, A. (2015), Literature review on Multiple Impact quantification methods, rapport D2.1, projet COMBI. Disponible à l’adresse suivante: https://combi-project.eu/wp-content/uploads/2015/09/D2.1_LR-methodologies.pdf.

(84) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 557.

(85) En outre, une analyse de sensibilité concernant le taux d’actualisation sélectionné est recommandée (voir étape no 2).

(86) Boîte à outils pour une meilleure réglementation, qui complète les lignes directrices pour une meilleure réglementation présentées dans le document SWD(2021) 305 final, juillet 2023, p. 557.

(87) ENEFIRST (2022), How to operationalise Energy Efficiency First (EE1st) in the EU? Key recommendations to Member States. Élément livrable D5.3 du projet ENEFIRST, financé par le programme H2020, D.5.3_ENEFIRST_recommendations s_FINAL.pdf.


ELI: http://data.europa.eu/eli/reco/2026/839/oj

ISSN 1977-0693 (electronic edition)


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