Règlement (UE) 2026/2108 du Parlement européen et du Conseil du 16 septembre 2026 établissant le code des douanes de l’Union et l’Autorité douanière de l’Union européenne, et abrogeant le règlement (UE) n° 952/2013 (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
| CELEX | 32026R2108 |
| Type | Règlement |
| Date | mercredi 16 septembre 2026 |
Texte intégral
| Journal officiel | FR Série L |
| 2026/2108 | 19.9.2026 |
RÈGLEMENT (UE) 2026/2108 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
du 16 septembre 2026
établissant le code des douanes de l’Union et l’Autorité douanière de l’Union européenne, et abrogeant le règlement (UE) no 952/2013
(Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE)
LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment ses articles 33, 114 et 207,
vu la proposition de la Commission européenne,
après transmission du projet d’acte législatif aux parlements nationaux,
vu l’avis du Comité économique et social européen (1),
statuant conformément à la procédure législative ordinaire (2),
considérant ce qui suit:
| (1) | L’union douanière est le socle sur lequel reposent l’Union et le fonctionnement du marché intérieur. Dans l’intérêt tant des opérateurs économiques que des autorités douanières de l’Union, le règlement (UE) no 952/2013 du Parlement européen et du Conseil (3) a rassemblé dans un seul acte, à savoir le code des douanes de l’Union, la législation douanière qui figurait auparavant dans plusieurs actes juridiques différents. Ce règlement contient les règles et procédures générales visant à assurer la mise en œuvre des mesures tarifaires et des autres mesures instaurées au niveau de l’Union en ce qui concerne les échanges de marchandises entre l’Union et les pays ou territoires situés hors du territoire douanier de l’Union, ainsi que les dispositions relatives à la perception des droits à l’importation. Les autorités douanières des États membres sont chargées de mettre en œuvre ces règles dans le cadre de tâches opérationnelles, lesquelles consistent notamment à appliquer les régimes douaniers, à effectuer des analyses de risque et des contrôles et à infliger des sanctions en cas d’infractions à la législation douanière. |
| (2) | La mise en œuvre du règlement (UE) no 952/2013 présente des failles dans plusieurs domaines, notamment l’action insuffisante ou inefficace pour assurer la protection de l’Union et de ses citoyens contre les risques non financiers visés dans les politiques de l’Union autres que la législation douanière et auxquels sont exposées les marchandises, la capacité limitée des autorités douanières à traiter de manière efficace le volume croissant de marchandises importées de pays tiers dans le cadre des ventes à distance (opérations de commerce électronique), la capacité limitée de l’architecture des systèmes informatiques mise en place par le règlement (UE) no 952/2013 à numériser les processus douaniers afin de suivre le rythme des avancées technologiques, et en particulier les technologies fondées sur l’exploitation des données, et l’absence de structures efficaces de gouvernance de l’union douanière, qui se traduit par des pratiques divergentes et une mise en œuvre non uniforme des règles douanières dans les États membres. Ces failles sont à l’origine de l’émergence d’obstacles au bon fonctionnement de l’union douanière et, partant, du marché intérieur, en raison des risques et des menaces internes et externes. |
| (3) | Il importe que la législation douanière tienne compte de l’évolution rapide de la structure du commerce mondial, de la technologie, des modèles d’entreprise et des besoins des parties prenantes, y compris des entreprises, des consommateurs et des résidents. Dès lors, un grand nombre de modifications doivent être apportées au règlement (UE) no 952/2013. Dans un souci de clarté, il convient d’abroger ledit règlement et de le remplacer. |
| (4) | Afin de mettre en place des moyens efficaces de réaliser les objectifs de l’union douanière, plusieurs règles et procédures applicables aux marchandises entrant sur le territoire douanier de l’Union ou en sortant devraient être révisées, simplifiées et harmonisées. Il convient de prévoir un ensemble intégré et moderne de services électroniques interopérables pour la collecte, le traitement et l’échange d’informations pertinentes pour la mise en œuvre de la législation douanière, à savoir la plateforme des données douanières de l’Union européenne (ci-après dénommée «plateforme des données douanières de l’UE»). Une Autorité douanière de l’Union européenne (ci-après dénommée «Autorité douanière de l’UE») devrait être instituée en tant qu’instance opérationnelle centrale pour doter l’union douanière d’une capacité de gouvernance coordonnée dans des domaines spécifiques. |
| (5) | Depuis l’adoption du règlement (UE) no 952/2013, le rôle des autorités douanières a évolué et couvre de plus en plus l’application de la législation de l’Union et des législations nationales qui établissent des exigences applicables aux marchandises soumises à la surveillance douanière, en particulier les exigences non financières applicables aux marchandises sans lesquelles celles-ci ne pourraient ni entrer ni circuler dans le marché intérieur. Ces exigences non financières ont connu une croissance exponentielle année après année au rythme des attentes croissantes des entreprises et des résidents de l’Union pour ce qui est de la sûreté, de la sécurité, de l’accessibilité pour les personnes handicapées, de la durabilité, de la santé et de la vie humaines, animales et végétales, de l’environnement, de la protection des droits de l’homme et des droits de propriété intellectuelle, et des valeurs de l’Union. De nouveaux instruments, tels que le passeport numérique de produit établi par le règlement (UE) 2024/1781 du Parlement européen et du Conseil (4), doivent être mis en place pour faire en sorte que d’autres législations appliquées par les autorités douanières, telles qu’elles sont définies dans le présent règlement, en ce qui concerne les produits continuent de répondre à ces attentes. Il importe, dès lors, de tenir compte du nombre et de la complexité croissants des risques non financiers en intégrant dans la mission des autorités douanières une référence spécifique à la protection des intérêts publics relevant de leur compétence et, le cas échéant, en coopération étroite avec d’autres autorités compétentes. |
| (6) | Compte tenu de l’évolution du rôle des autorités douanières et des modèles d’entreprise dans le cadre desquels elles opèrent, et pour que celles-ci puissent «agir comme une entité unique» et contribuer au bon fonctionnement du marché intérieur, il est nécessaire de décrire plus précisément la mission que doivent accomplir les autorités douanières en précisant davantage leurs objectifs et leurs tâches. En outre, l’évolution technologique rapide, en particulier de l’intelligence artificielle, aura une incidence significative sur les activités des autorités douanières, y compris dans le domaine de l’analyse de risque en temps réel. |
| (7) | Tout en s’attachant à accomplir leur mission, les autorités douanières devraient également viser un bon rapport coût-efficacité en évitant les doubles emplois et en promouvant l’efficacité des processus douaniers ainsi qu’une utilisation efficace des ressources correspondantes au niveau de l’Union et au niveau national. Elles devraient collecter, analyser et échanger des informations pertinentes permettant de faciliter la prise de décision fondée sur des données probantes. Lorsque le mode d’urgence dans le marché intérieur a été activé conformément au règlement (UE) 2024/2747 du Parlement européen et du Conseil (5), les autorités douanières peuvent contribuer au flux de marchandises nécessaires en cas de crise. |
| (8) | Il convient de maintenir dans le présent règlement un cadre juridique pour l’application de certaines dispositions de la législation douanière aux échanges de marchandises de l’Union entre les parties du territoire douanier auxquelles s’applique la directive 2006/112/CE (6) ou la directive (UE) 2020/262 (7) du Conseil et les parties de ce territoire auxquelles ces directives ne s’appliquent pas, ou aux échanges de marchandises de l’Union entre les parties de ce territoire auxquelles ces directives ne s’appliquent pas. Compte tenu du fait que les marchandises échangées concernées sont des marchandises de l’Union et eu égard à la nature fiscale des mesures pertinentes pour ces échanges internes à l’Union, il est justifié d’introduire des simplifications appropriées pour les formalités douanières à appliquer à ces marchandises. |
| (9) | Il convient d’adapter certaines définitions figurant dans le règlement (UE) no 952/2013 pour tenir compte du champ d’application élargi du présent règlement, pour les aligner sur celles figurant dans d’autres actes juridiques de l’Union et pour clarifier des termes qui ont une signification différente selon le secteur. De nouvelles définitions devraient être ajoutées dans la législation douanière afin de clarifier les rôles et responsabilités de certains acteurs dans les processus douaniers. Afin de renforcer la surveillance douanière, en vertu de ces nouvelles définitions, l’importateur et l’exportateur devraient être responsables, à l’égard des autorités douanières, de la conformité des marchandises qu’ils traitent, et notamment assumer les risques financiers et non financiers, conformément à la législation spécifique aux produits. Pour ce qui est de la nouvelle notion d’«importateur pour les ventes à distance», les nouvelles définitions devraient veiller à ce que, dans certains cas, dans le cadre d’une vente en ligne depuis l’extérieur de l’Union, l’opérateur économique, et non le consommateur, soit considéré comme l’importateur et soit obligé d’assumer les responsabilités liées à ce statut, et veiller à ce que l’opérateur économique concerné soit obligé de se conformer à la législation douanière pertinente et aux autres législations appliquées par les autorités douanières lorsque les marchandises entrent sur le territoire douanier de l’Union ou en sortent, et qu’il fournisse ou mette à disposition et conserve les écritures appropriées attestant cette conformité. De nouvelles définitions devraient également être introduites pour cadrer avec le champ d’application élargi des dispositions sur la surveillance douanière, la gestion des risques et les contrôles douaniers. Il convient aussi de préciser que, lorsque les définitions figurant dans la législation douanière de l’Union renvoient à des dispositions douanières contenues dans des accords internationaux, cela inclut les accords multilatéraux pertinents en matière d’environnement auxquels l’Union et les États membres sont parties, dans la mesure où ces accords régissent la conformité des marchandises. |
| (10) | Outre leur rôle traditionnel consistant à percevoir les droits de douane, la TVA et l’accise et à appliquer la législation douanière, les autorités douanières contribuent de façon essentielle à faire respecter les autres actes juridiques de l’Union et, le cas échéant, les autres législations nationales pertinentes. Une définition des «autres législations appliquées par les autorités douanières» devrait être ajoutée afin de mettre en place un cadre efficace pour réglementer l’application et la surveillance des exigences particulières applicables aux marchandises énoncées dans ces actes juridiques. La notion d’autres législations appliquées par les autorités douanières devrait inclure les mesures justifiées par la moralité publique, l’ordre public ou la sécurité publique, la protection de la santé et de la vie humaines, animales ou végétales, la protection de l’environnement, la protection des trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou archéologique et la protection de la propriété industrielle ou commerciale et d’autres intérêts publics, y compris le contrôle des précurseurs de drogues, des marchandises portant atteinte à certains droits de propriété intellectuelle et des sommes d’argent liquide, ainsi que les mesures de politique commerciale, de conservation et de gestion des ressources de pêche et les mesures restrictives adoptées sur la base de l’article 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Les divergences entre les listes nationales de mesures de prohibition et de restriction engendrent d’importantes difficultés pour l’importation de marchandises dans plusieurs États membres. Afin de faciliter les échanges et le fonctionnement des douanes, il importe que l’Union œuvre à une harmonisation progressive des listes nationales de mesures de prohibition et de restriction. Par ailleurs, il importe d’adopter des définitions harmonisées des termes juridiques utilisés lorsque des mesures de prohibition et de restriction sont prévues pour éviter des interprétations divergentes par les États membres. |
| (11) | Pour plus de clarté juridique, certaines règles en matière de décisions douanières devraient être modifiées. Premièrement, il convient de préciser que l’autorité douanière compétente pour arrêter une décision douanière est celle du lieu où le demandeur est établi, car l’établissement est le principe clé en vertu duquel certains opérateurs économiques, sous certaines conditions et dans un délai prédéterminé, susceptible d’être revu, peuvent se prévaloir des simplifications introduites par le présent règlement et payer les droits de douane là où ils sont établis. Deuxièmement, le délai de trente jours dans lequel un demandeur doit fournir des informations complémentaires aux autorités douanières si celles-ci estiment que la demande de décision douanière ne contient pas toutes les informations requises devrait également être introduit dans un souci d’exhaustivité et de clarté juridique. |
| (12) | Il y a lieu de clarifier les conséquences de l’incapacité d’une autorité douanière à prendre, dans les délais impartis, une décision concernant une demande. Il convient aussi d’établir le principe selon lequel, dans ce cas, la demande est réputée faire l’objet d’une décision négative et le demandeur peut introduire un recours, conformément aux règles générales en matière de décisions douanières. |
| (13) | Comme cela a été souligné par la Cour des comptes dans son rapport spécial 04/2021 intitulé «Contrôles douaniers: un manque d’harmonisation préjudiciable aux intérêts financiers de l’UE» et dans l’évaluation de la mise en œuvre du règlement (UE) no 952/2013, il est également souhaitable de remédier au manque d’uniformité dans le contrôle de l’observation des critères et du respect des obligations énoncés dans les décisions douanières, en renforçant les dispositions pertinentes. D’une part, les titulaires des décisions douanières devraient non seulement se conformer aux obligations énoncées dans la décision qui les concerne, mais également vérifier de manière continue qu’ils s’y conforment et mettre en place une organisation interne à travers laquelle ces activités d’auto-contrôle leur permettent d’éviter ou d’atténuer les erreurs éventuelles commises dans leurs processus douaniers, ou d’y remédier. D’autre part, les autorités douanières devraient vérifier régulièrement la mise en œuvre des décisions douanières par les titulaires de ces décisions, en particulier lorsque ces titulaires sont établis sur le territoire douanier de l’Union depuis moins de trois ans et sont dès lors potentiellement plus susceptibles de présenter des risques, afin de veiller à ce que le titulaire se conforme aux obligations énoncées dans ladite décision. Lorsque les autorités douanières constatent que le titulaire d’une décision douanière ne remplit plus les critères ou ne respecte plus les obligations énoncés dans ladite décision, elles devraient prendre des mesures appropriées sans retard injustifié, conformément aux règles applicables. Cela est particulièrement pertinent lorsque ces personnes bénéficient d’un statut spécifique, comme celui d’opérateur économique agréé ou d’opérateur économique de confiance certifié, et qu’elles se prévalent à ce titre de certaines facilitations dans les processus douaniers. En outre, pour renforcer la gestion des risques au niveau de l’Union, les autorités douanières devraient notifier à l’Autorité douanière de l’UE toutes les décisions douanières arrêtées à la suite d’une demande et informer cette dernière des activités de suivi, de sorte que ces informations puissent être prises en considération à des fins de gestion des risques. |
| (14) | Outre les décisions en matière de renseignements tarifaires contraignants (ci-après dénommées «décisions RTC») et les décisions en matière de renseignements contraignants en matière d’origine (ci-après dénommées «décisions RCO») que les autorités douanières adoptent à la suite d’une demande et dans certaines conditions, des décisions en matière de renseignements contraignants sur la valeur en douane (ci-après dénommées «décisions RCV») ont été introduites dans la législation douanière par le règlement délégué (UE) 2024/1072 de la Commission (8). Dans l’intérêt des utilisateurs de la législation douanière, il convient d’établir dans le même acte juridique les règles relatives à ces trois types de décisions en matière de renseignements contraignants. |
| (15) | Les droits et obligations des personnes responsables des marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union et en sortent devraient être définis plus clairement. Les personnes qui effectuent régulièrement des opérations douanières devraient continuer à s’enregistrer auprès des autorités douanières compétentes pour le lieu où elles sont établies. Un enregistrement unique devrait être valable dans toute l’union douanière, mais il convient de le tenir à jour. Les opérateurs économiques devraient dès lors avoir l’obligation d’informer les autorités douanières de tout changement dans leurs données d’enregistrement. Les personnes responsables des marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union et en sortent devraient veiller à ce que ces marchandises soient conformes au droit applicable, y compris aux règles protégeant la sûreté et la sécurité des résidents, ainsi qu’à la législation visant à prévenir les risques pour la santé et la vie humaines, animales ou végétales, pour l’environnement ou pour les consommateurs, comme le règlement (UE) 2023/988 du Parlement européen et du Conseil (9) relatif à la sécurité générale des produits, la directive (UE) 2024/2853 du Parlement européen et du Conseil (10) relative à la responsabilité du fait des produits et le règlement (UE) 2019/1020 du Parlement européen et du Conseil (11) sur la surveillance du marché et la conformité des produits. Les obligations de l’importateur devraient également être définies, en particulier l’obligation d’être établi sur le territoire douanier de l’Union et les exceptions à cette obligation. Ces obligations devraient s’inscrire dans le prolongement des règles existantes qui imposent au déclarant d’être établi dans l’Union. De même, il convient de définir les obligations de l’exportateur. |
| (16) | Lorsque la personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance ou qui facilite des ventes à distance de biens indique qu’elle agit en tant qu’importateur, cette personne devrait veiller à ce que les biens soient conformes à la législation douanière et aux autres législations appliquées par les autorités douanières pour la mise de produits sur le marché intérieur de l’Union. |
| (17) | Les opérateurs économiques qui satisfont à certains critères et conditions pour être considérés par les autorités douanières comme des opérateurs respectueux des règles et dignes de confiance peuvent obtenir le statut d’opérateur économique agréé et se prévaloir à ce titre de facilitations dans les processus douaniers. Bien qu’il garantisse la fiabilité des opérateurs dont les activités couvrent la majeure partie des échanges au sein l’Union, le régime relatif aux opérateurs économiques agréés présente certaines lacunes qui ont été mises en évidence dans l’évaluation du règlement (UE) no 952/2013 et dans les conclusions de la Cour des comptes. Pour répondre à ces préoccupations, en particulier celles relatives aux pratiques nationales divergentes et aux difficultés liées à la vérification du respect des obligations par les opérateurs économiques agréés, les règles applicables devraient être modifiées afin que les autorités douanières aient l’obligation de vérifier ledit respect des obligations au moins tous les trois ans. |
| (18) | Les changements intervenant dans les processus douaniers et dans le mode de fonctionnement des autorités douanières nécessitent un nouveau partenariat entre les autorités douanières et les opérateurs économiques, à savoir le régime relatif aux opérateurs économiques de confiance certifiés. Les critères et conditions à remplir pour devenir un opérateur économique de confiance certifié devraient s’inspirer des critères relatifs au statut des opérateurs économiques agréés, mais devraient également faire en sorte que l’opérateur soit considéré comme transparent aux yeux des autorités douanières. Il convient, dès lors, de demander aux opérateurs économiques de confiance certifiés de permettre aux autorités douanières d’avoir accès aux systèmes électroniques dans lesquels ils enregistrent leur historique en matière de respect des obligations ainsi que les mouvements de leurs marchandises, pour autant que cet accès soit proportionné et strictement nécessaire. En contrepartie de cette transparence, les opérateurs devraient obtenir certains avantages, comme la possibilité de procéder à la mainlevée des marchandises pour le compte des autorités douanières sans que l’intervention active de celles-ci soit nécessaire, sauf si une autorisation préalable à la mainlevée est nécessaire en vertu d’autres législations appliquées par les autorités douanières, et la possibilité de différer le paiement de la dette douanière. Le statut d’opérateur économique de confiance certifié ne devrait pas être accordé à des personnes ayant commis des infractions graves ou répétées à d’autres législations appliquées par les autorités douanières. |
| (19) | Afin de garantir l’intégrité de l’union douanière et l’application cohérente du statut d’opérateur économique de confiance certifié par les autorités douanières des États membres, il est nécessaire de mettre en place un mécanisme permettant à l’Autorité douanière de l’UE et à la Commission d’intervenir en cas d’indices donnant à penser qu’un opérateur ayant le statut d’opérateur économique de confiance certifié ne respecte pas les exigences qui lui sont applicables. Un tel mécanisme devrait permettre à l’Autorité douanière de l’UE, en coopération avec les autorités douanières compétentes, de vérifier le respect des exigences applicables au statut d’opérateur économique de confiance certifié, en particulier lorsqu’un État membre autre que celui dans lequel l’opérateur est établi a des doutes raisonnables quant au respect de ces exigences par l’opérateur. Ce mécanisme est essentiel pour prévenir l’application illégale du statut d’opérateur économique de confiance certifié et pour empêcher que des marchandises n’entrent de manière illicite sur le territoire douanier de l’Union. Afin d’éviter des disparités en matière d’exécution, lorsque l’État membre d’établissement n’agit pas en temps utile ou de manière appropriée, la Commission devrait être habilitée à intervenir au moyen d’un acte d’exécution exigeant de cet État membre qu’il suspende ou révoque le statut d’opérateur économique de confiance certifié. |
| (20) | La possibilité d’exploiter un entrepôt douanier pour les ventes à distance devrait, en combinaison avec d’autres dispositions relatives aux ventes à distance et aux simplifications, encourager l’utilisation de quantités en vrac plutôt que de colis, ce qui rendrait le flux de colis individuels plus gérable pour les autorités douanières. Un entrepôt douanier pour les ventes à distance devrait prévoir la mise en libre pratique des marchandises au moment de la vente et de la sortie de l’entrepôt, ce qui signifie que, au moment de leur placement dans l’entrepôt, les marchandises doivent remplir les conditions qui leur seraient applicables si elles étaient mises sur le marché de l’Union à ce moment-là. Les autorités douanières devraient être en mesure de vérifier si les marchandises introduites en vrac au moment de l’entrée dans l’entrepôt douanier sont conformes aux règles du marché de l’Union. Un tel entrepôt douanier pour les ventes à distance ne devrait être accessible qu’aux opérateurs économiques qui remplissent les critères de fiabilité du statut d’opérateur économique de confiance certifié, afin d’éviter toute utilisation abusive par des opérateurs économiques non fiables. |
| (21) | Les changements intervenant dans les processus douaniers nécessitent également une clarification du rôle des représentants en douane. Tant la représentation directe que la représentation indirecte devraient rester possibles, mais il convient de préciser que le représentant indirect d’un importateur ou d’un exportateur assume toutes les obligations dudit importateur ou exportateur, à savoir non seulement l’obligation de payer ou de garantir la dette douanière, mais également celle de respecter les autres législations appliquées par les autorités douanières. Pour cette raison, les représentants en douane doivent résider sur le territoire douanier de l’Union, où ils représentent les importateurs ou les exportateurs, de manière à garantir qu’ils sont responsables des aspects financiers et non financiers des obligations des importateurs ou des exportateurs. Le recours à un représentant en douane indirect établi dans l’Union constitue dès lors une alternative disponible et proportionnée pour les importateurs et les exportateurs qui ne disposent pas d’une présence commerciale dans l’Union. De plus, les représentants en douane établis dans des pays tiers devraient pouvoir continuer d’offrir leurs services dans l’Union lorsqu’ils représentent des personnes qui ne sont pas tenues d’être établies sur le territoire douanier de l’Union. |
| (22) | Les micro, petites et moyennes entreprises, telles qu’elles sont définies dans la recommandation 2003/361/CE de la Commission (12), jouent un rôle essentiel dans le commerce extérieur de l’Union, mais sont souvent confrontées à des charges administratives et de mise en conformité proportionnellement plus élevées pour satisfaire aux exigences douanières. Il est donc important de tenir compte de leur situation spécifique et de soutenir des mesures qui facilitent leur mise en conformité, y compris au moyen de procédures simplifiées, d’orientations claires et d’une représentation en douane accessible. Il convient d’adopter des lignes directrices en vue de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, compte tenu des défis uniques auxquels ces entreprises sont confrontées, tout en préservant l’intégrité et la sécurité des processus de commerce extérieur lorsque ces entreprises demandent le statut d’opérateur économique agréé et d’opérateur économique de confiance certifié. Des efforts continus devraient être déployés pour simplifier et rendre plus accessibles les procédures applicables aux micro, petites et moyennes entreprises, en veillant à faciliter et à promouvoir le rôle essentiel de celles-ci dans le commerce extérieur de l’Union. |
| (23) | Afin de garantir un niveau uniforme de numérisation et de créer des conditions de concurrence équitables pour les opérateurs économiques dans tous les États membres, ainsi que pour contribuer au bon fonctionnement du marché intérieur, une plateforme des données douanières de l’UE devrait être mise en place pour regrouper en un point central, sûr et cyberrésilient des services et des systèmes électroniques à des fins douanières. La plateforme des données douanières de l’UE devrait permettre la mise en œuvre de la législation douanière, comme les formalités douanières, les contrôles douaniers, le calcul et la notification de la dette douanière, des frais de traitement de l’Union, des droits d’accise et de la TVA, la gestion des garanties et la surveillance douanière des marchandises. La plateforme des données douanières de l’UE devrait également contribuer à la mise en œuvre des autres législations appliquées par les autorités douanières. Elle devrait garantir la qualité, l’intégrité, la traçabilité et la non-répudiation des données qu’elle traite, de sorte que ni l’expéditeur ni le destinataire ne puissent ensuite contester l’existence de l’échange de données. Le traitement des données sur la plateforme des données douanières de l’UE devrait être conforme aux règles applicables en matière de cybersécurité et de traitement des données à caractère personnel. La Commission et l’Autorité douanière de l’UE, en coopération avec les États membres, devraient concevoir ensemble la plateforme des données douanières de l’UE. La Commission devrait aussi être chargée du développement, de l’exploitation et de la maintenance de la plateforme des données douanières de l’UE, et devrait pouvoir confier cette tâche à l’Autorité douanière de l’UE. |
| (24) | Compte tenu du rôle joué par la plateforme des données douanières de l’UE pour ce qui est de garantir l’intégrité et la sécurité des données traitées dans l’Union à des fins douanières, ce qui constitue un intérêt public et peut être considéré comme un intérêt fondamental de la société, il est nécessaire de protéger les données gérées sur la plateforme des données douanières de l’UE, y compris les données à caractère personnel et les autres données sensibles relatives au flux de marchandises et à la mise en œuvre de la législation de l’Union et des législations nationales, contre tout accès non autorisé et toute autre menace pour l’intégrité et la sécurité de ces données. Il est donc nécessaire que l’infrastructure et les services par l’intermédiaire desquels la plateforme des données douanières de l’UE fonctionne soient soumis à certaines conditions afin de garantir la souveraineté de l’Union à cet égard. Le respect de ces conditions devrait être démontré au moyen d’éléments probants et, dans le cas de services critiques, il importe que ces éléments probants soient complétés par une enquête de sécurité concernant les personnes physiques et morales, comme le prévoit le droit de l’Union ou le droit national. En outre, la plateforme des données douanières de l’UE devrait être conçue autant que possible d’une manière qui permette d’éviter les situations de dépendance à l’égard des fournisseurs. |
| (25) | Afin de garantir la fiabilité, l’interopérabilité et la viabilité à long terme de la plateforme des données douanières de l’UE, il importe que son développement et sa maintenance respectent les normes et les bonnes pratiques internationalement reconnues en matière d’ingénierie logicielle, d’essais de systèmes, de pilotage et de procédures d’acceptation. Il s’agit notamment d’essais fonctionnels et non fonctionnels complets, de phases pilotes structurées associant des parties prenantes représentatives et de critères d’acceptation clairement définis pour valider les performances, la conformité et la sécurité. Ces mesures visent à faire en sorte que le système puisse soutenir la mise en œuvre de formalités douanières harmonisées dans l’ensemble de l’Union et qu’il réponde aux exigences opérationnelles tant des États membres que des opérateurs économiques. |
| (26) | Les activités de mise en œuvre de la plateforme des données douanières de l’UE devraient comprendre des mesures visant à garantir sa disponibilité et son fonctionnement ininterrompus, même dans le cas d’une crise grave. Les mesures de continuité des activités devraient comprendre, en particulier, la redondance, les mécanismes de basculement et les protocoles de récupération des données, ainsi que les procédures à suivre en cas d’indisponibilité ou de défaillance de la plateforme des données douanières de l’UE. Lorsque la plateforme des données douanières de l’UE repose sur une infrastructure physique, il convient d’envisager des solutions redondantes dans des sites géographiquement dispersés pour assurer la continuité des activités en cas de défaillance d’un site. |
| (27) | La plateforme des données douanières de l’UE vise à remplacer les systèmes électroniques existants mis au point par les États membres et la Commission conformément à l’article 16, paragraphe 1, du règlement (UE) no 952/2013, dont certains sont progressivement supprimés au cours de la transition. Ces systèmes électroniques nationaux existants ne seront pas réactivés si les fonctionnalités de la plateforme des données douanières de l’UE ne sont pas disponibles dans les délais fixés. Par conséquent, il convient de prévoir une solution temporaire pour une telle éventualité. Conformément à une jurisprudence récente de la Cour de justice de l’Union européenne (13), il convient de préciser que l’échange automatisé d’informations entre les opérateurs économiques, les autorités douanières et d’autres parties prenantes par l’intermédiaire de la plateforme des données douanières de l’UE n’exclut pas la responsabilité de ces autorités ou de ces opérateurs économiques en ce qui concerne les processus douaniers concernés. Même lorsque l’intervention d’une autorité douanière dans l’adoption d’une mesure se limite à une communication électronique par l’intermédiaire de la plateforme des données douanières de l’UE, il y a lieu de considérer que la mesure en question est adoptée par cette autorité, comme si la plateforme agissait pour le compte de cette dernière. |
| (28) | La plateforme des données douanières de l’UE devrait permettre l’échange de données avec d’autres systèmes, plateformes ou environnements dans un souci d’amélioration de la qualité des données utilisées par les douanes dans l’exécution de leurs tâches, ainsi que pour partager des données douanières utiles avec d’autres autorités, afin de renforcer l’efficacité des contrôles au sein du marché intérieur. Conformément à l’approche présentée dans le règlement (UE) 2024/903 du Parlement européen et du Conseil (14) et à la communication de la Commission du 23 mars 2017 intitulée «Cadre d’interopérabilité européen – Stratégie de mise en œuvre», la plateforme des données douanières de l’UE devrait favoriser l’interopérabilité transfrontière et transsectorielle en Europe. Elle devrait exploiter le potentiel des sources existantes d’informations sur les risques disponibles au niveau de l’Union, comme les systèmes d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) et pour les produits non alimentaires (Safety Gate), le système d’information et de communication pour la surveillance des marchés (ICSMS) et le portail pour le respect des DPI. Elle devrait sous-tendre la mise en place d’une coopération stratégique et opérationnelle, qu’il s’agisse d’échange d’informations ou d’interopérabilité, entre les douanes et d’autres autorités, organes et services, dans les limites de leurs compétences respectives. En outre, la plateforme des données douanières de l’UE devrait proposer de nombreux outils avancés d’analyse des données, en utilisant au besoin l’intelligence artificielle. Cette analyse des données devrait faciliter l’analyse de risque, l’analyse économique et l’analyse prédictive afin d’anticiper les risques possibles posés par des envois entrant dans l’Union ou en sortant. |
| (29) | Pour garantir une meilleure surveillance des flux commerciaux et une méthode de collaboration rationnelle avec les autorités compétentes autres que les douanes, la plateforme des données douanières de l’UE devrait pouvoir utiliser le cadre de collaboration de l’environnement de guichet unique de l’UE pour les douanes et, lorsque l’utilisation de ce cadre n’est pas possible, proposer à ces autres autorités compétentes un service spécifique leur permettant d’obtenir les données nécessaires, de fournir des informations aux autorités douanières et d’en partager avec elles, et de s’assurer du respect des exigences sectorielles. Ce service spécifique serait nécessaire dans les cas où les autres autorités compétentes ne disposeraient pas d’un système électronique pouvant être fédérées avec la plateforme des données douanières de l’UE. |
| (30) | Afin de tester les fonctionnalités de la plateforme des données douanières de l’UE avant sa mise en service pour tous les opérateurs économiques, indépendamment de leur statut ou du processus douanier concerné, il convient de permettre à la Commission de décider de mettre en place une phase pilote, sur une base volontaire. Un tel exercice pilote permettrait de tester la mise en œuvre de certains processus et fonctions sur une base volontaire, sans obligation juridique. Dans un souci de transparence et d’information des parties prenantes intéressées, il importe que la Commission rende publiques la planification, l’organisation et la durée de cette phase pilote, ainsi que les fonctionnalités qui doivent être appliquées et testées. |
| (31) | Les autorités, les entreprises, les consommateurs et les résidents devraient pouvoir déclarer les marchandises à importer dans l’Union ou à exporter depuis celle-ci qui ne sont pas conformes à la législation pertinente de l’Union appliquée par les autorités douanières. Les informations communiquées au sujet de ces marchandises devraient être disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, et il devrait être possible de les utiliser à des fins de gestion des risques. |
| (32) | Parallèlement à la plateforme des données douanières de l’UE, il devrait rester possible pour les États membres de développer leurs propres applications pour utiliser les données de ladite plateforme. Les États membres doivent veiller à ce que leurs applications soient conformes à la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil (15), en particulier en ce qui concerne les mesures de gestion des risques en matière de cybersécurité. Afin de réduire le délai de mise sur le marché, les États membres devraient pouvoir confier à l’Autorité douanière de l’UE les ressources financières et le mandat nécessaires au développement de ces applications. Dans ce cas, l’Autorité douanière de l’UE devrait développer les applications au profit de tous les États membres. Cela pourrait se faire en créant des applications à code source ouvert sans enfermement propriétaire, conformément au cadre de partage et de réutilisation pour les solutions informatiques. |
| (33) | La plateforme des données douanières de l’UE devrait permettre le flux de données. Les utilisateurs devraient pouvoir transmettre et traiter sur la plateforme des données douanières de l’UE toutes les données pertinentes nécessaires au respect des obligations qui leur incombent au titre de la législation douanière. Ces données devraient être traitées au niveau de l’Union et complétées par une analyse de risque menée à l’échelle de l’Union. Les données ainsi obtenues devraient être mises à la disposition des autorités douanières des États membres, qui les traiteraient ensuite pour s’acquitter de leurs obligations. Enfin, le résultat des contrôles menés à la suite du traitement des données extraites de la plateforme des données douanières de l’UE devrait être communiqué à la plateforme des données. Il importe que la plateforme des données douanières de l’UE permette de traiter dans les meilleurs délais les données qui y sont disponibles. |
| (34) | Les données transmises à la plateforme des données douanières de l’UE sont, dans une large mesure, des données à caractère non personnel transmises par les opérateurs économiques au sujet des marchandises faisant l’objet de leurs échanges. Néanmoins, ces données pourraient également comprendre des données à caractère personnel, comme les noms des personnes qui agissent pour le compte d’un opérateur économique ou d’une autorité. Pour que les données à caractère personnel et les informations commerciales soient protégées de la même manière, il convient d’établir des règles précises en matière d’accès, des règles en matière de confidentialité et les conditions d’utilisation de la plateforme des données douanières de l’UE. En particulier, il convient de déterminer quelles entités, en plus des personnes concernées, de la Commission, des autorités douanières et de l’Autorité douanière de l’UE, peuvent avoir accès aux données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE ou les traiter, en trouvant un équilibre entre les besoins de ces entités et la nécessité de veiller à ce que l’utilisation à d’autres fins des données confidentielles et à caractère personnel recueillies à des fins douanières soit limitée au strict nécessaire. |
| (35) | Les États membres devraient avoir la possibilité de désigner, en concertation avec la Commission, des données spécifiques dont la divulgation porterait atteinte aux intérêts essentiels de leur sécurité et qui doivent être marquées techniquement sur la plateforme des données douanières de l’UE de manière à ce que tout traitement ultérieur de ces données soit limité aux autorités compétentes de l’État membre concerné, à moins que ces autorités n’autorisent expressément un traitement ultérieur. La personne qui transmet les données à la plateforme des données douanières de l’UE devrait définir clairement les limites de traitement des données qui peuvent être liées aux chaînes d’approvisionnement spécifiques ou aux catégories de données. Afin de faire usage de cette possibilité, l’État membre concerné devrait informer la Commission des intérêts essentiels spécifiques de sécurité qui sont en jeu et expliquer pourquoi il estime que ces intérêts pourraient ne pas être suffisamment protégés dans le cadre général des dispositions en ce qui concerne le traitement des données au sein de la plateforme des données douanières de l’UE. |
| (36) | Sous réserve du respect des règles en matière de protection des données, en particulier des règles relatives aux données douanières sensibles et aux données commercialement sensibles, des données douanières agrégées non confidentielles, à caractère non personnel et non commercialement sensibles pourraient être mises à la disposition de tiers à des fins spécifiques sur demande dûment justifiée. |
| (37) | Pour que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) puisse exercer ses pouvoirs d’enquête sur les activités frauduleuses qui portent atteinte aux intérêts de l’Union, celui-ci devrait disposer d’un accès aux données de la plateforme des données douanières de l’UE très semblable à celui dont dispose la Commission. L’OLAF devrait donc être autorisé à traiter ces données conformément aux conditions en matière de protection des données énoncées dans la législation pertinente de l’Union, notamment le règlement (UE, Euratom) no 883/2013 du Parlement européen et du Conseil (16) et le règlement (CE) no 515/97 du Conseil (17). |
| (38) | De même, le Parquet européen devrait pouvoir, sur demande, obtenir des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE de sorte qu’il puisse mener ses enquêtes sur des questions douanières. |
| (39) | L’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol) devrait pouvoir, sur demande, obtenir des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE afin de s’acquitter de ses tâches, telles qu’elles sont précisées dans le règlement (UE) 2016/794 du Parlement européen et du Conseil (18). L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) devrait pouvoir, sur demande, obtenir des données à caractère non personnel disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE. |
| (40) | Afin de préserver les fonctions qui sont prises en charge par les systèmes informatiques nationaux des États membres, les administrations fiscales des États membres devraient avoir la possibilité de traiter les données directement sur la plateforme des données douanières de l’UE. Les autorités responsables de la sécurité alimentaire conformément au règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil (19) et les autorités responsables de la surveillance du marché conformément au règlement (UE) 2019/1020 devraient, à ce titre, disposer des services et outils appropriés sur la plateforme des données douanières de l’UE afin de pouvoir utiliser les données douanières pertinentes pour contribuer à faire respecter la législation pertinente de l’Union et coopérer avec les autorités douanières en vue de réduire autant que possible le risque d’introduction de produits non conformes dans l’Union. |
| (41) | Conformément à l’article 24 du règlement (UE) 2017/1939 du Conseil (20), l’Autorité douanière de l’UE et les autorités douanières compétentes signalent sans retard injustifié au Parquet européen tout comportement délictueux à l’égard duquel celui-ci pourrait exercer sa compétence conformément à l’article 22 et à l’article 25, paragraphes 2 et 3, dudit règlement. L’Autorité douanière de l’UE et les autorités douanières compétentes devraient s’abstenir de prendre des mesures susceptibles de compromettre la confidentialité d’une enquête pénale sur les mêmes faits menée par l’autorité judiciaire ou répressive nationale compétente ou par le Parquet européen. |
| (42) | Les règles et les dispositions relatives à l’accès à la plateforme des données douanières de l’UE et à l’échange d’informations ne devraient pas porter atteinte au système d’information douanier (SID) établi par le règlement (CE) no 515/97 ni aux obligations de déclaration dans le contexte de la connaissance de la situation au titre du règlement (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil (21). |
| (43) | La Commission devrait établir des règles d’application fixant les modalités d’accès des autorités concernées à la plateforme des données douanières de l’UE, après avoir évalué les garanties existantes mises en place par chaque autorité ou catégorie d’autorités pour assurer le traitement correct des données à caractère personnel et des données commercialement sensibles. |
| (44) | La plateforme des données douanières de l’UE devrait conserver les données à caractère personnel pendant une période maximale de dix ans. Cette période se justifie par la possibilité qu’ont les autorités douanières de notifier la dette douanière jusqu’à dix ans après la réception des informations nécessaires concernant un envoi, et permet à la Commission, à l’Autorité douanière de l’UE, à l’OLAF, au Parquet européen, aux autorités douanières et aux autres autorités compétentes de recouper les informations contenues sur la plateforme des données douanières de l’UE avec les informations conservées dans d’autres systèmes et échangées avec ceux-ci. De plus, cette période devrait coïncider avec la durée de conservation requise en vertu des autres législations appliquées par les autorités douanières, lorsque ces législations sont pertinentes à des fins de contrôles douaniers. Il convient également de prévoir une suspension du délai de conservation lorsque des données à caractère personnel sont requises dans le cadre de procédures judiciaires et administratives, d’enquêtes et de contrôles a posteriori, pour éviter que ces données à caractère personnel ne soient effacées et, en conséquence, ne puissent pas être utilisées à ces fins-là. |
| (45) | La protection des données à caractère personnel et autres données sur la plateforme des données douanières de l’UE devrait aussi comprendre des règles relatives à la restriction des droits des personnes concernées. Il convient, dès lors, que les autorités douanières, la Commission ou l’Autorité douanière de l’UE puissent restreindre le droit des personnes concernées lorsque cela s’avère nécessaire pour ne pas compromettre les activités de contrôle de l’application de la législation, l’analyse de risque et les contrôles douaniers. En outre, ces restrictions pourraient également s’appliquer lorsque cela est nécessaire pour protéger les procédures judiciaires ou administratives à la suite d’activités de contrôle de l’application de la législation. De telles restrictions devraient être dûment justifiées sur la base des activités et des prérogatives des autorités douanières, de la Commission ou de l’Autorité douanière de l’UE et limitées au temps nécessaire pour préserver ces prérogatives. |
| (46) | Tout traitement des données à caractère personnel au titre du présent règlement devrait être effectué conformément au règlement (UE) 2016/679 (22) ou (UE) 2018/1725 (23) du Parlement européen et du Conseil ou à la directive (UE) 2016/680 du Parlement européen et du Conseil (24), dans les limites de leur champ d’application respectif. Toute autorité ou instance autre que les autorités douanières, la Commission et l’Autorité douanière de l’UE qui traite des données à caractère personnel sur la plateforme des données douanières de l’UE doit être considérée comme responsable du traitement conformément aux règles applicables. |
| (47) | Afin d’assurer l’interopérabilité et l’échange de données avec certains autres systèmes non douaniers de l’Union, et en ce qui concerne les formalités douanières visées dans le règlement (UE) 2022/2399 du Parlement européen et du Conseil (25), la plateforme des données douanières de l’UE devrait intégrer le système d’échange de certificats dans le cadre du guichet unique de l’Union européenne pour les douanes (EU CSW-CERTEX) établi par ledit règlement. Jusqu’à sa pleine intégration dans le système EU CWS-CERTEX, la plateforme des données douanières de l’UE devrait procéder à la transformation opérationnelle et technique des données afin de permettre l’échange de données par l’intermédiaire du système EU CWS-CERTEX. |
| (48) | Il convient de définir des exigences en matière de données afin de fournir des orientations communes aux opérateurs économiques en ce qui concerne les données dont ils ont besoin pour remplir leurs objectifs, en particulier pour ce qui est de la mise en œuvre de la législation douanière. La plateforme des données douanières de l’UE constituera un point d’entrée unique pour ces données et, par conséquent, les règles de formatage et de codage de ces données devraient être définies dans les spécifications techniques de la plateforme des données douanières de l’UE, qui constituent un instrument plus souple que les règles juridiques. Toutefois, un modèle de données douanières harmonisées s’accompagnant d’exigences en matière de données sémantiques est nécessaire. |
| (49) | Un niveau de gestion des risques douaniers à l’échelle de l’Union est indispensable pour garantir une application harmonisée des contrôles douaniers dans les États membres. Il existe actuellement un cadre commun de gestion des risques, qui offre la possibilité de recenser des domaines de contrôle prioritaires communs ainsi que des critères et normes communs en matière de risque dans le domaine financier pour mener des contrôles douaniers, mais il présente d’importantes lacunes. Afin de remédier au manque d’harmonisation dans l’application des contrôles douaniers et dans la gestion des risques, qui porte atteinte aux intérêts financiers et non financiers de l’Union et des États membres, il convient de revoir les règles relatives à la gestion des risques pour établir une approche plus solide de la gestion des risques permettant de faire face aux risques à la fois financiers et non financiers. Il s’agit notamment de s’attaquer aux problèmes structurels dans la gestion des risques financiers relevés par la Cour des comptes. En particulier, il y a lieu de décrire les activités qui s’inscrivent dans le cadre de la gestion des risques douaniers, selon une approche cyclique. Il importe également de définir les rôles et responsabilités de la Commission, de l’Autorité douanière de l’UE et des autorités douanières des États membres. Il est par ailleurs essentiel d’habiliter la Commission à établir des domaines de contrôle prioritaires communs ainsi que des critères et normes communs en matière de risque et à recenser des domaines spécifiques relevant des autres législations appliquées par les autorités douanières qui mériteraient de devenir prioritaires dans la gestion des risques et les contrôles communs, sans compromettre la sécurité. |
| (50) | Il convient donc d’introduire des activités de gestion des risques à l’échelle de l’Union ainsi que des dispositions visant à recueillir, au niveau de l’Union, des données complètes pertinentes aux fins de la gestion des risques, y compris les résultats et l’évaluation de tous les contrôles. Il y a lieu de prévoir des dispositions sur une analyse de risque commune et la question des recommandations de contrôle correspondantes au niveau de l’Union aux autorités douanières. Conformément au principe «appliquer ou expliquer», il convient de suivre ces recommandations de contrôle ou de fournir les raisons impérieuses ayant conduit à ne pas les suivre. Il convient aussi de prévoir la possibilité de donner l’instruction de ne pas charger ou transporter des marchandises à destination de l’Union. L’analyse des risques et des menaces à l’échelle de l’Union devrait être fondée sur des données continuellement mises à jour au niveau de l’Union et permettre de déterminer les mesures et les contrôles à mettre en place aux points de passage frontaliers d’entrée et de sortie du territoire de l’Union. |
| (51) | Dans le cadre de la coopération avec les services répressifs et les autorités de sécurité en particulier, la gestion des risques au niveau de l’Union devrait, dans la mesure du possible, contribuer aux analyses stratégiques et aux évaluations de la menace réalisées au niveau de l’Union, y compris celles réalisées par Europol et Frontex, afin de contribuer à la prévention efficiente et efficace de la criminalité et à la lutte contre ce phénomène. Les infractions à la législation douanière et aux autres législations appliquées par les autorités douanières devraient avoir une incidence sur le profil de risque des importateurs, y compris les importateurs pour les ventes à distance, ou des exportateurs. |
| (52) | La procédure pour le placement des marchandises sous un régime douanier doit être revue afin de tenir compte des nouveaux rôles et responsabilités des personnes intervenant dans ce régime. Par conséquent, la responsabilité de la communication des informations aux autorités douanières incombe à la personne responsable des marchandises, à savoir l’importateur, l’exportateur ou le titulaire du régime de transit, et non au déclarant. La personne responsable devrait fournir les données aux douanes ou les mettre à leur disposition dès qu’elles sont disponibles et, en tout état de cause, avant l’octroi de la mainlevée des marchandises pour un régime douanier, afin de permettre aux autorités douanières d’effectuer une analyse de risque et de prendre les mesures appropriées. |
| (53) | Toutefois, dans le cas du commerce électronique, et compte tenu du volume plus élevé d’opérations de commerce électronique, il convient que les personnes qui se prévalent du régime particulier prévu au titre XII, chapitre 6, section 4, de la directive 2006/112/CE (ci-après dénommé «régime de guichet unique pour les importations» ou «régime IOSS») fournissent des données sur leurs ventes de marchandises à importer au plus tard le jour suivant l’acceptation du paiement. |
| (54) | Dans des circonstances dûment justifiées, les autorités douanières devraient pouvoir autoriser les opérateurs économiques de confiance certifiés à compléter ultérieurement les données relatives à leurs marchandises dont la mainlevée a été octroyée, étant donné que ces opérateurs échangent continuellement des données sur leurs opérations avec les douanes et qu’ils peuvent être considérés comme fiables. Ces circonstances pourraient être liées aux documents justificatifs ou à l’impossibilité de déterminer la valeur en douane finale des marchandises au moment de la mainlevée. |
| (55) | Pour simplifier le processus douanier pour l’entrée de marchandises sur le territoire douanier de l’Union tout en veillant à ce qu’une seule personne soit responsable de ces marchandises, les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement devraient transmettre les informations pertinentes dont ils disposent sur les marchandises concernées et les relier à un envoi donné. Les marchandises ne devraient entrer sur le territoire douanier de l’Union que s’il existe un importateur ou un représentant indirect agissant pour le compte de l’importateur établi dans l’Union qui assume la responsabilité de ces marchandises. L’importateur ou le représentant indirect agissant pour le compte de l’importateur devrait communiquer aux douanes des informations sur les marchandises et sur le régime douanier sous lequel celles-ci devraient être placées, ce le plus tôt possible, et si possible avant l’arrivée physique des marchandises. Un prestataire de services ou un agent en douane devrait pouvoir fournir des informations au nom de l’importateur et pour le compte de celui-ci, mais l’importateur devrait rester responsable de la conformité des marchandises avec les risques financiers et non financiers. Les transporteurs qui introduisent effectivement les marchandises devraient également fournir certaines informations sur ces marchandises avant leur chargement ou leur arrivée (ci-après dénommées «informations anticipées sur les marchandises») et établir un lien entre ces informations et les informations de l’importateur lorsqu’elles ont été communiquées au préalable, sans nécessairement avoir accès à toutes les données transmises par l’importateur. En outre, pour tenir compte de la complexité accrue des chaînes d’approvisionnement et des réseaux de transport, il devrait être possible d’exiger de certaines autres personnes qu’elles complètent les informations sur les marchandises devant être introduites sur le territoire douanier de l’Union. L’importateur, le transporteur ou toute autre personne qui fournit des informations aux douanes devrait avoir l’obligation de modifier ces informations lorsqu’il ou elle apprend qu’elles ne sont plus correctes, et ce avant que les autorités douanières ne repèrent des irrégularités qu’elles entendent contrôler. |
| (56) | Il y a lieu de considérer que les marchandises non Union introduites sur le territoire douanier de l’Union se trouvent en dépôt temporaire entre le moment où le transporteur notifie leur arrivée et le moment où elles sont placées sous un régime douanier, sauf si elles sont déjà placées sous le régime du transit. Afin d’assurer une surveillance douanière appropriée, cette situation devrait être limitée dans le temps et ne pas durer plus de quatre-vingt-dix jours, sauf dans des cas exceptionnels. |
| (57) | Il est nécessaire de conserver les règles visant à déterminer si des marchandises sont des marchandises de l’Union ou des marchandises non Union et si le statut des marchandises de l’Union peut être présumé ou doit être prouvé, en particulier lorsque les marchandises quittent temporairement le territoire douanier de l’Union. |
| (58) | Une fois que les autorités douanières disposent des informations nécessaires pour le régime concerné, elles devraient décider, sur la base d’une analyse de risque, de procéder à d’autres contrôles des marchandises, d’octroyer la mainlevée, de refuser ou de suspendre la mainlevée ou d’attendre jusqu’à ce que les marchandises soient considérées comme ayant obtenu la mainlevée. Les autorités douanières devraient prendre une telle décision en coopération avec d’autres autorités compétentes, le cas échéant. Par conséquent, les autorités douanières devraient refuser la mainlevée des marchandises lorsqu’elles disposent d’éléments démontrant que les marchandises ne respectent pas les exigences légales applicables. La constatation d’une infraction systématique répétée en ce qui concerne les ventes à distance effectuées par un opérateur économique devrait constituer une telle preuve pendant une période d’au moins six mois pour toutes les marchandises notifiées en vue de leur arrivée pour la mise en libre pratique par cet opérateur économique. Lorsque les autorités douanières doivent consulter d’autres autorités compétentes pour déterminer si les marchandises sont conformes ou non aux exigences légales applicables, elles devraient suspendre la mainlevée de ces marchandises au moins jusqu’à ce que cette consultation ait lieu. Dans ces circonstances, la décision des autorités douanières relative aux marchandises devrait dépendre de la réponse des autres autorités compétentes. Pour éviter que les opérateurs et les autorités ne se retrouvent bloqués dans les cas où il faut un certain temps pour parvenir à une conclusion sur la conformité des marchandises, les autorités douanières devraient avoir la possibilité d’octroyer la mainlevée à la condition que l’opérateur continue de les informer de la localisation des marchandises. |
| (59) | Pour garantir une certaine sécurité juridique aux opérateurs qui ont communiqué les informations dans les délais sans obliger les autorités douanières à réagir à chaque envoi, il y a lieu de considérer que les marchandises qui n’ont pas été sélectionnées en vue d’un contrôle au terme d’une période raisonnable ont obtenu la mainlevée. La Commission devrait être autorisée à déterminer cette période par la voie d’actes délégués, en l’adaptant au besoin au type de trafic ou au type de point de passage frontalier concerné. |
| (60) | Étant donné que les opérateurs économiques de confiance certifiés sont considérés comme fiables et qu’ils fournissent aux douanes, dans des délais aussi proches du temps réel que le permettent les moyens techniques, des données sur les mouvements des marchandises et sur leur conformité, ainsi qu’un accès complet à leurs systèmes, écritures et opérations, ces opérateurs devraient pouvoir obtenir la mainlevée de leurs marchandises sous la surveillance des autorités douanières sans attendre leur intervention. En conséquence, les opérateurs économiques de confiance certifiés devraient pouvoir obtenir la mainlevée des marchandises pour le compte des autorités douanières à la réception de ces marchandises au lieu d’activité de l’importateur, du propriétaire ou du destinataire ou à l’expédition à partir du lieu d’activité de l’exportateur, du propriétaire ou de l’expéditeur. Les opérateurs économiques de confiance certifiés étant supposés exercer leurs activités de manière transparente, chacune des arrivées et livraisons de marchandises devrait être dûment enregistrée sur la plateforme des données douanières de l’UE. Les opérateurs économiques de confiance certifiés devraient avoir l’obligation d’informer les autorités douanières lorsqu’un problème survient, de sorte que ces dernières puissent prendre une décision définitive concernant la mainlevée des marchandises. Lorsque les systèmes de contrôle interne des opérateurs économiques de confiance certifiés sont suffisamment fiables, les autorités douanières devraient pouvoir, en coopération avec d’autres autorités compétentes, autoriser ces opérateurs à effectuer certains contrôles eux-mêmes. Il convient toutefois de laisser aux autorités douanières la possibilité de contrôler les marchandises à tout moment. |
| (61) | Il y a lieu de prévoir des mesures pour régir la transition entre un système fondé sur des déclarations en douane et un système consistant à transmettre des informations à la plateforme des données douanières de l’UE ou à mettre des informations à la disposition de celle-ci. Les opérateurs économiques devraient avoir la possibilité de déposer des déclarations en douane pour faire part de leur intention de placer des marchandises sous un régime douanier pendant la période de transition. Toutefois, dès que les capacités de la plateforme des données douanières de l’UE seront disponibles, les opérateurs économiques devraient avoir également la possibilité de communiquer des informations aux autorités douanières ou de les mettre à leur disposition par l’intermédiaire de la plateforme, et les autorités douanières ne devraient plus autoriser un opérateur économique à demander des simplifications concernant la déclaration en douane. À l’issue de la période de transition, il convient que toutes les autorisations cessent d’être valides, puisque les déclarations en douane n’existeront plus. En ce qui concerne les ventes à distance de biens, la période de transition pour le dépôt des déclarations en douane devrait être limitée jusqu’à ce que la plateforme des données douanières de l’UE ait la capacité de traiter les données pertinentes pour les ventes à distance. |
| (62) | L’identification précise de la personne agissant en tant qu’«importateur» dépend du stade et de la nature du processus douanier concerné. Il ne devrait y avoir qu’un seul importateur à la fois. |
| (63) | Dans le cas des ventes à distance, est considérée comme étant la personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance ou qui facilite des ventes à distance de biens, la personne qui détermine que les biens en provenance d’un pays tiers doivent être introduits sur le territoire douanier de l’Union parce qu’elle détermine la chaîne d’approvisionnement et est responsable du risque de perte, de dommage ou de retard jusqu’à la livraison des biens au consommateur. Par conséquent, en ce qui concerne les ventes à distance, pour que les biens soient mis en libre pratique, l’importateur sera soit la personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance, soit la personne qui facilite des ventes à distance de biens, en fonction des arrangements pris, et l’importateur ainsi identifié devrait être indiqué comme tel. |
| (64) | La personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance ou qui facilite des ventes à distance de biens destinés à être importés de pays tiers sur le territoire douanier de l’Union et qui est l’importateur devrait être chargée de fournir aux autorités douanières les informations requises sur les ventes à distance avant la mainlevée des biens. La personne ainsi identifiée devrait remplir les obligations d’un importateur. |
| (65) | Lorsqu’une personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance ou qui facilite des ventes à distance de biens destinés à être importés de pays tiers sur le territoire douanier de l’Union n’est pas établie sur le territoire douanier de l’Union, il devrait être possible de placer les biens sous un régime douanier lorsqu’un représentant indirect ayant le statut d’opérateur économique agréé place les biens en son nom propre et pour le compte de l’importateur pour les ventes à distance et assume les obligations de l’importateur pour les ventes à distance à cet égard. |
| (66) | Les dispositions du présent règlement, y compris celles relatives à l’importateur pour les ventes à distance, ne constituent pas, en droit ou en fait, une obligation générale de surveillance pour les prestataires de services intermédiaires. |
| (67) | En vertu de l’article 29 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, sont considérés comme étant en libre pratique les produits en provenance de pays tiers pour lesquels les formalités d’importation ont été accomplies et les droits de douane et taxes d’effet équivalent exigibles ont été perçus. Toutefois, la mise en libre pratique ne devrait pas être considérée comme une preuve de conformité avec la législation douanière et les autres législations appliquées par les autorités douanières. |
| (68) | La procédure pour la sortie des marchandises du territoire douanier de l’Union devrait être rationalisée et simplifiée, à l’instar de la procédure pour l’entrée. Il convient donc d’exiger qu’une personne établie dans l’Union soit responsable des marchandises, à savoir l’exportateur. Celui-ci devrait communiquer aux douanes les informations pertinentes ou les mettre à leur disposition avant que les marchandises ne sortent de l’Union, en indiquant si les marchandises destinées à être exportées sont des marchandises de l’Union ou des marchandises non Union, et en adaptant les informations si nécessaire. |
| (69) | Pour faire en sorte que les marchandises qui sortent du territoire douanier de l’Union fassent l’objet d’une gestion des risques adéquate, l’autorité douanière compétente pour l’exportation devrait être tenue d’effectuer une analyse de risque des informations sur les marchandises et de prendre ou de demander des mesures appropriées avant que les marchandises ne sortent du territoire douanier de l’Union. Parmi les mesures possibles, elle pourrait demander que des contrôles soient effectués par l’autorité douanière compétente pour le lieu d’expédition des marchandises et pour le lieu de sortie et, le cas échéant, par d’autres autorités compétentes, en plus des mesures prévues pour placer les marchandises sous un régime douanier qui s’appliquent également lorsque les marchandises sont destinées à être exportées. |
| (70) | Pour garantir la transparence des régimes de suspension de droits, il convient de rationaliser les dispositions concernant les conditions applicables aux autorisations relatives aux régimes particuliers. Plus particulièrement, dans un souci de clarté et de sécurité juridique, les conditions permettant de déterminer si un avis au niveau de l’Union est nécessaire pour évaluer si l’octroi d’une autorisation pourrait affecter négativement les intérêts des producteurs de l’Union («examen des conditions économiques») devraient être codifiées et régies par des actes délégués. En outre, étant donné que l’effet sur les intérêts des producteurs de l’Union peut dépendre de la quantité de marchandises placées sous le régime particulier, il convient de fixer un certain seuil en dessous duquel il est estimé qu’il n’y a pas d’effet négatif sur ces intérêts. |
| (71) | L’article 9 de la convention révisée pour la navigation du Rhin renvoie à une annexe (ci-après dénommé «manifeste rhénan») qui a facilité la circulation des marchandises sur le Rhin et ses affluents associés en les considérant comme un régime de transit douanier à travers les frontières nationales de quatre États membres, à savoir la Belgique, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, ainsi que la Suisse. Selon les informations transmises par les administrations douanières, le manifeste rhénan n’est plus utilisé dans la pratique en tant que régime de transit douanier dans les États membres qui bordent le Rhin. En revanche, les marchandises circulent désormais sur le Rhin et ses affluents sous le régime du transit de l’Union institué par le règlement (UE) no 952/2013, en vertu du nouveau système de transit informatisé. Il convient donc de supprimer la référence au manifeste rhénan dans les cas où la circulation des marchandises est considérée comme un transit externe ou interne. |
| (72) | Afin d’accroître la transparence au sujet de la personne responsable du respect des obligations du régime du transit de l’Union, ainsi que du contenu de l’envoi et des risques liés à celui-ci, il convient d’exiger que le titulaire du régime du transit divulgue au moins des informations concernant l’importateur ou l’exportateur à l’origine du mouvement de marchandises, les moyens de transport et l’identification des marchandises placées sous ce régime. Ces informations devraient permettre aux autorités douanières de surveiller plus efficacement le régime du transit de l’Union concerné et d’effectuer une analyse de risque. Le régime du transit de l’Union devrait être obligatoire, sauf si les marchandises sont placées sous un autre régime douanier, dès l’entrée des marchandises sur le territoire douanier de l’Union ou la sortie de celles-ci dudit territoire. Lorsque l’importateur ou l’exportateur n’est pas encore connu, le détenteur des marchandises devrait être considéré comme étant l’importateur ou l’exportateur des marchandises et être redevable des droits de douane et autres taxes et impositions. Le régime du transit de l’Union devrait être remplacé par une surveillance douanière si les marchandises sont importées ou exportées par un opérateur économique de confiance certifié. |
| (73) | Une modification de l’annexe 6 de la convention douanière relative au transport international de marchandises sous le couvert de carnets TIR (convention TIR) (26), entrée en vigueur le 1er juin 2021, a modifié la note explicative 0.49 afin de donner aux opérateurs économiques qui remplissent certaines conditions la possibilité de devenir des «expéditeurs agréés», à l’instar des facilitations existantes accordées aux opérateurs économiques reconnus comme étant des «destinataires agréés». Il est donc nécessaire d’inclure cette nouvelle possibilité dans le présent règlement de manière à mettre en conformité la législation douanière de l’Union avec cette convention internationale. |
| (74) | La suppression de la franchise pour l’importation de marchandises dont la valeur ne dépasse pas 150 EUR implique l’application de dispositions concernant la détermination de la valeur en douane pour percevoir des droits de douane ad valorem sur les marchandises importées achetées dans le cadre d’opérations de commerce électronique entre entreprises et clients, telles que définies dans la directive 2006/112/CE. De telles ventes à distance devraient constituer la base de la déclaration de la valeur en douane selon la méthode de la valeur transactionnelle. Ce principe s’applique également dans les situations où des biens sont achetés dans le cadre de ventes à distance non pas avant leur introduction sur le territoire douanier de l’Union, mais pendant leur placement sous le régime de l’entrepôt douanier. |
| (75) | Les opérations de vente à distance diffèrent sensiblement des opérations traditionnelles entre entreprises, ce qui se traduit par une complexité accrue. Ces différences ont une incidence sur la manière dont les autorités douanières appliquent effectivement les règles de détermination de la valeur en douane dans la pratique. Les défis particuliers qui se posent sont l’ampleur et la rapidité considérables avec lesquelles les opérations de commerce électronique sont conclues, le grand nombre d’acheteurs et de vendeurs concernés et la dispersion des ventes. Compte tenu de la spécificité du commerce électronique, ainsi que du rôle joué par les autorités douanières pour ce qui est de contribuer au bon fonctionnement du marché intérieur si, dans le cadre d’une procédure douanière visant à vérifier l’exactitude de la valeur transactionnelle déclarée de marchandises achetées dans le cadre d’une vente à distance, un importateur ne dissipe pas des doutes raisonnables quant au fait que la valeur transactionnelle déclarée reflète le prix effectivement payé ou à payer pour ces marchandises et que, par conséquent, la valeur transactionnelle initialement déclarée est rejetée, les autorités douanières devraient pouvoir exercer une certaine souplesse dans la détermination de la méthode secondaire d’évaluation appropriée pour redéterminer la valeur en douane des marchandises concernées. |
| (76) | À l’heure actuelle, les dettes douanières sont perçues par l’État membre dans lequel la déclaration en douane est déposée. Le choix de déposer une déclaration dans le pays de première entrée ou de recourir à un régime douanier et de payer les droits dans un autre État membre appartient à l’opérateur. Pour les opérateurs économiques de confiance certifiés, il convient d’utiliser des règles différentes pour définir le lieu où la dette douanière prend naissance afin que les droits à l’importation soient payés à l’État membre dans lequel l’opérateur concerné est établi. Cela se justifie par le fait qu’il s’agit du lieu où l’autorité douanière a la connaissance la plus complète des écritures, des opérations et du comportement commercial des opérateurs économiques concernés. Toutefois, la dette douanière des opérateurs économiques autres que les opérateurs économiques de confiance certifiés devrait prendre naissance au lieu où les marchandises se trouvent physiquement, du moins jusqu’à l’évaluation du modèle de surveillance. |
| (77) | Dans le cas d’opérations de commerce électronique, l’importateur pour les ventes à distance est la personne responsable de la dette douanière. Lorsqu’il est recouru au régime IOSS, la dette douanière devrait naître au moment de l’acceptation du paiement de la vente en ligne. Lorsqu’il n’est pas recouru à ce régime, la dette douanière devrait prendre naissance lorsque la disponibilité des marchandises est notifiée dans les États membres où les marchandises doivent être livrées. |
| (78) | Afin de couvrir les coûts croissants du traitement d’un nombre considérable de demandes de placement de marchandises vendues dans le cadre de ventes à distance sous le régime de la mise en libre pratique, il convient d’établir des frais de traitement de l’Union, proportionnels au coût approximatif des services étroitement liés à la surveillance douanière de ces marchandises, étant donné que ces marchandises sont directement expédiées au consommateur, ce qui rend impossible leur contrôle par d’autres autorités après le dédouanement. Il appartiendra, certes, aux États membres de décider s’il y a lieu de recouvrer auprès des opérateurs économiques les coûts des mesures exceptionnelles de contrôle ou les coûts supportés par des autorités autres que les autorités douanières dans le cadre de la vérification ou de la destruction des marchandises, mais les frais de traitement de l’Union devraient couvrir, en particulier, le coût de la vérification des données et de la réalisation d’une analyse de risque, ainsi que le coût des infrastructures et des contrôles pertinents, y compris les services pertinents rendus par l’Autorité douanière de l’UE. |
| (79) | Il convient de prévoir des frais de traitement de l’Union moins élevés lorsque les marchandises sont vendues dans le cadre de ventes à distance à partir d’un entrepôt douanier pour les ventes à distance, étant donné qu’il est plus facile et plus efficace pour les autorités douanières de surveiller des marchandises en vrac stockées dans un entrepôt plutôt que des marchandises emballées dans des colis individuels et directement expédiées au consommateur. |
| (80) | Il convient que le débiteur des frais de traitement de l’Union soit la même personne que le débiteur de la dette douanière, lequel devrait être l’importateur pour les ventes à distance. Lorsque les dispositions relatives aux importateurs pour les ventes à distance ne s’appliquent pas encore, le débiteur devrait être le déclarant. Dans le cas des ventes à distance, le déclarant est généralement la personne autorisée à utiliser le régime de l’IOSS, ou un représentant en douane indirect. En conséquence, le consommateur ne devrait pas être débiteur des frais de traitement de l’Union. |
| (81) | Il convient de prévoir que le premier acte délégué fixant le montant des frais de traitement entre en vigueur rapidement afin de permettre l’application pratique des frais de traitement de l’Union introduits par le présent règlement en vue de répondre à la pression croissante qui pèse sur les autorités douanières en raison du volume important de colis entrant sur le territoire douanier de l’Union. |
| (82) | Étant donné que plusieurs mesures telles que les droits et taxes s’appliquent par article, il convient d’introduire une définition de ce dernier terme. Un article devrait se définir comme une ou plusieurs marchandises d’un envoi, partageant certains éléments de données, y compris le classement tarifaire et l’origine, conformément aux exigences applicables en matière de données. Cette définition devrait s’appliquer tant en ce qui concerne les déclarations en douane dans les outils numériques nationaux et de l’Union existants, y compris lorsque le classement tarifaire des marchandises concernées dans la déclaration en douane n’est établi qu’au niveau des sous-positions du système harmonisé, qu’en ce qui concerne les exigences appropriées en matière de données déterminées à cette fin une fois que la plateforme des données douanières de l’UE sera disponible. |
| (83) | Il y a lieu de renforcer le mécanisme qui permet d’encadrer la mise en œuvre cohérente et effective des mesures de restriction applicables aux mouvements de marchandises adoptées par le Conseil en vertu de l’article 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Lorsque de telles mesures sont adoptées, l’Autorité douanière de l’UE devrait aider la Commission et les États membres à faire en sorte que ces mesures ne soient pas contournées. Elle devrait fournir des orientations aux autorités douanières sous la forme de recommandations non contraignantes, par exemple en promouvant des pratiques douanières cohérentes, dans le cadre des responsabilités des États membres en ce qui concerne la mise en œuvre desdites mesures. Il convient que les autorités douanières s’assurent de prendre toutes les dispositions nécessaires dans les limites de leurs compétences pour respecter ces mesures et en informent la Commission et l’Autorité douanière de l’UE. L’Autorité douanière de l’UE devrait détecter les éventuelles divergences dans l’application de ces mesures, suivre leur mise en œuvre et en rendre compte à la Commission. |
| (84) | Un mécanisme de gestion de crise devrait être mis en place pour faire face aux crises éventuelles dans l’union douanière. L’absence d’un tel mécanisme au niveau de l’Union a été soulignée dans la communication de la Commission du 28 septembre 2020 intitulée «Faire passer l’union douanière à l’étape supérieure: un plan d’action». Il convient, dès lors, de le mettre en place et d’y associer l’Autorité douanière de l’UE en tant qu’acteur clé pour préparer, coordonner et surveiller la mise en œuvre des mesures et modalités pratiques que la Commission décide d’adopter lorsqu’une crise survient. L’Autorité douanière de l’UE devrait veiller à ce que la capacité de réaction aux crises soit maintenue pendant toute la durée de la crise. |
| (85) | Le cadre de gouvernance actuel de l’union douanière n’a pas de structure de gestion opérationnelle claire et n’a pas été adapté à l’évolution des douanes depuis sa création en 1968. En vertu du règlement (UE) no 952/2013, les activités liées à la gestion des risques dans les flux commerciaux, comme la mise en œuvre des contrôles sur le terrain et les décisions concernant lesdits contrôles, relèvent de la responsabilité des autorités douanières nationales. L’intensité du trafic de marchandises aux frontières extérieures varie d’un endroit à l’autre de l’Union. Malgré la coopération entre les autorités douanières nationales qui existe depuis la création de l’union douanière et qui a conduit à l’échange de bonnes pratiques et d’expertise et à l’élaboration de lignes directrices communes, aucune approche harmonisée ni aucun cadre opérationnel n’a vu le jour. On ne dispose d’aucune capacité centrale d’analyse de risque, d’aucune vision commune en matière de hiérarchisation des risques au niveau de l’Union, le niveau de coordination de l’action douanière et des contrôles douaniers est faible et il n’existe aucun cadre de coopération entre les différentes autorités qui concourent à la réalisation du marché unique. |
| (86) | Une structure opérationnelle centrale au niveau de l’Union qui rassemblerait l’expertise et les ressources et assisterait les États membres et la Commission dans la prise de décisions communes devrait permettre de combler ces lacunes. Elle devrait se concentrer en particulier sur des domaines tels que la gestion des données et la gestion des risques, et préparer le contenu de formations destinées aux agents des douanes et aux professionnels des douanes de l’Union, en complément et en soutien des formations dispensées par les États membres. Elle devrait également contribuer à la création d’un système de l’Union visant à reconnaître l’excellence des établissements d’enseignement qui proposent des formations et un enseignement dans le domaine douanier, en s’appuyant sur l’initiative de la Commission intitulée «certificat de reconnaissance douanière de l’UE», ainsi qu’à coordonner et à soutenir la création volontaire de centres d’excellence spécialisés par les États membres. L’objectif est de faire en sorte que l’union douanière «agisse comme une entité unique» tout en reconnaissant que des pratiques divergentes dans les États membres pourraient résulter de spécificités objectives, par exemple des différences géographiques, de mode de transport utilisé, de type de marchandises ou de type de frontière. La création d’une nouvelle autorité, l’Autorité douanière de l’UE, sera déterminante pour le bon fonctionnement de l’union douanière, pour la coordination centrale de l’action douanière et pour soutenir les activités des autorités douanières. |
| (87) | La gouvernance et le fonctionnement de l’Autorité douanière de l’UE devraient tenir compte des principes de la déclaration commune du Parlement européen, du Conseil et de la Commission sur les agences décentralisées et l’approche commune du 19 juillet 2012. |
| (88) | Lors du choix du siège de l’Autorité douanière de l’UE, le Parlement européen et le Conseil doivent veiller à ce que, compte tenu de la nature de cette autorité, sa localisation lui permette d’exécuter pleinement ses missions et pouvoirs, de recruter du personnel hautement qualifié et spécialisé et d’offrir des possibilités de formation adéquates. En outre, le Parlement européen et le Conseil doivent tenir compte des critères suivants dans le choix du siège de l’Autorité douanière de l’UE: la disponibilité de locaux adéquats pour ses bureaux et la capacité d’accueillir le personnel concerné avant que l’Autorité douanière de l’UE ne devienne opérationnelle; l’accessibilité du lieu et l’existence d’établissements d’enseignement adéquats pour les enfants des membres du personnel; un accès adéquat au marché du travail, à la sécurité sociale et aux soins médicaux pour les enfants et les conjoints des membres du personnel; et l’équilibre géographique. Compte tenu de ces critères, l’Autorité douanière de l’UE devrait être située à Lille, en France. |
| (89) | Les États membres devraient veiller à ce que les autorités douanières disposent des ressources, de la formation et des équipements nécessaires pour être en mesure de remplir leur mission. |
| (90) | Il importe que les douanes investissent dans un nombre suffisant d’agents dûment formés afin de garantir le fonctionnement des systèmes douaniers de l’Union, qui sont confrontés à une augmentation exponentielle de la demande. Sans ces investissements nécessaires dans les ressources humaines, les solutions numériques ne pourront pas réaliser pleinement leur potentiel. Par conséquent, les investissements dans des systèmes numériques devraient impérativement s’accompagner d’un financement suffisant du personnel et de sa formation, afin que celui-ci dispose des compétences nécessaires pour utiliser les équipements de pointe et les technologies permettant d’analyser les mégadonnées et les outils de détection et de contrôle et, ce faisant, que les contrôles douaniers s’effectuent de manière uniforme dans l’ensemble de l’Union. |
| (91) | Les États membres et la Commission devraient être représentés au sein d’un conseil d’administration afin d’assurer le fonctionnement efficace de l’Autorité douanière de l’UE. La composition du conseil d’administration, y compris le choix de son président et de son vice-président, devrait respecter le principe d’équilibre entre hommes et femmes et prendre en considération l’expérience et les qualifications requises. Étant donné que l’union douanière relève de la compétence exclusive de l’Union, et compte tenu du lien étroit entre les douanes et d’autres domaines d’action, il convient que le président ou le vice-président soit élu parmi les membres du conseil d’administration désignés par la Commission. Afin que l’Autorité douanière de l’UE fonctionne de manière effective et efficace, le conseil d’administration devrait, en particulier, adopter un document unique de programmation, y compris une programmation annuelle et pluriannuelle, exercer ses fonctions en lien avec le budget de l’Autorité douanière de l’UE, adopter et publier un rapport annuel d’activité consolidé sur les activités de l’Autorité douanière de l’UE en veillant à ce qu’aucune information sensible ne soit divulguée, adopter les règles financières applicables à l’Autorité douanière de l’UE, nommer un directeur exécutif et établir les procédures de prise de décision par le directeur exécutif en ce qui concerne les tâches opérationnelles de l’Autorité douanière de l’UE. Le conseil d’administration devrait être assisté d’un conseil exécutif. |
| (92) | L’Autorité douanière de l’UE devrait mettre en place le conseil consultatif douanier, dont la mission sera de fournir à l’Autorité douanière de l’UE des conseils sur la mise en œuvre des actions et décisions techniques, sur les questions de mise en œuvre et de normalisation, y compris les activités d’harmonisation, sur les aspects opérationnels d’autres législations appliquées par les autorités douanières, et sur toute autre activité de l’Autorité douanière de l’UE. Le conseil consultatif douanier devrait s’efforcer d’assurer une représentation équilibrée des parties prenantes entre les intérêts commerciaux et non commerciaux et, dans la catégorie des intérêts commerciaux, en ce qui concerne les micro, petites et moyennes entreprises et les autres entreprises. Le conseil consultatif douanier devrait être consulté régulièrement et devrait être en mesure de fournir des conseils à l’Autorité douanière de l’UE de sa propre initiative. |
| (93) | Pour garantir son fonctionnement efficace, il convient de doter l’Autorité douanière de l’UE d’un budget autonome alimenté par des recettes provenant du budget général de l’Union et par toute contribution financière volontaire des États membres. Dans des circonstances exceptionnelles et dûment justifiées, l’Autorité douanière de l’UE devrait être en mesure de recevoir des recettes supplémentaires provenant de conventions de contribution ou de subventions, ainsi que de droits perçus pour les publications et d’autres prestations assurées par ses soins. |
| (94) | L’Autorité douanière de l’UE devrait utiliser les informations dont elle dispose en ce qui concerne les difficultés liées à la législation douanière et aux autres législations appliquées par les autorités douanières pour procéder périodiquement à une évaluation de la menace. Sur la base de cette évaluation de la menace, l’Autorité douanière de l’UE devrait élaborer des recommandations et les transmettre à la Commission. À partir de ces recommandations, la Commission devrait recenser les domaines qui méritent un traitement prioritaire. Il importe que le Conseil mène un débat politique et stratégique sur les domaines qui méritent un traitement prioritaire et que l’Autorité douanière de l’UE assure un suivi approprié, y compris lors de l’élaboration de son programme de travail annuel et pluriannuel et du rapport annuel de ses activités. |
| (95) | Pour mener à bien leur mission, il convient que l’Autorité douanière de l’UE et les autorités douanières coopèrent étroitement et régulièrement avec les autorités de surveillance du marché, les autorités sanitaires et phytosanitaires, les organes et autorités répressifs, les autorités de gestion des frontières, les organismes de protection de l’environnement, les autorités statistiques et les autorités fiscales, les experts en biens culturels et de nombreuses autres autorités responsables des politiques sectorielles. Compte tenu de l’évolution du marché unique et de celle du rôle des douanes, de la multiplication des mesures de prohibition et de restriction et de l’essor du commerce électronique, il est nécessaire de structurer et de renforcer cette coopération au niveau de l’Union, au niveau international et au niveau national. Au lieu d’une coopération centrée sur chaque envoi pris séparément ou sur des événements spécifiques intervenant le long de la chaîne d’approvisionnement, il convient qu’un cadre visant à soutenir la coopération entre les autorités douanières et les autres autorités responsables des domaines d’action pertinents soit élaboré et régulièrement mis à jour par l’Autorité douanière de l’UE. Cette coopération devrait englober: l’évolution de la législation et des besoins stratégiques dans des domaines spécifiques; l’échange et l’analyse d’informations, l’élaboration d’une stratégie de coopération globale sous la forme de stratégies de surveillance conjointes; la coopération en matière de mise en œuvre opérationnelle, de suivi et de contrôles; l’échange des compétences et bonnes pratiques pertinentes; et les activités d’innovation et de recherche dans les domaines pertinents pour les douanes. |
| (96) | La Commission devrait également faciliter l’application d’une partie des autres législations appliquées par les autorités douanières en dressant et en mettant régulièrement à jour la liste des législations de l’Union qui imposent des exigences applicables aux marchandises soumises à des contrôles douaniers afin de protéger les intérêts publics tels que la santé et la vie humaines, animales ou des végétales, les consommateurs et l’environnement. |
| (97) | Afin de renforcer la coopération entre les autorités douanières, il convient de redoubler d’efforts opérationnels communs pour soutenir l’efficacité des contrôles douaniers aux frontières de l’Union. L’Autorité douanière de l’UE devrait coordonner et soutenir la coordination opérationnelle de la coopération douanière, y compris dans le domaine de la gestion des risques. L’Autorité douanière de l’UE, en coopération avec les États membres, devrait planifier, organiser et coordonner les contrôles conjoints effectués par les autorités douanières au sein de l’Union et avec des pays tiers. Dans le cadre de la coopération entre autorités douanières au sein de l’Union, le présent règlement est sans préjudice de la convention établie sur la base de l’article K.3 du traité sur l’Union européenne, relative à l’assistance mutuelle et à la coopération entre les administrations douanières (27) (Naples II). L’Autorité douanière de l’UE devrait maintenir la collaboration nécessaire avec les autorités compétentes de l’Union et nationales chargées des enquêtes pertinentes et des activités antifraude, y compris l’OLAF et le Parquet européen. Il importe que l’Autorité douanière de l’UE coopère également avec le pôle d’innovation de l’UE pour la sécurité intérieure lorsque cela est pertinent pour les activités de l’Autorité douanière de l’UE. |
| (98) | En outre, afin d’échanger les bonnes pratiques et de renforcer l’efficacité opérationnelle, les États membres devraient pouvoir, sur demande, mettre temporairement des agents des douanes à disposition pour travailler auprès des autorités douanières d’un autre État membre. Les modalités de ces affectations temporaires devraient être déterminées par les États membres concernés. L’Autorité douanière de l’UE devrait, sur demande, apporter un soutien ou assurer la coordination. Le cas échéant, elle peut élaborer des orientations ou des modèles d’accords afin de faciliter cette forme de coopération. |
| (99) | L’Autorité douanière de l’UE et Europol devraient pouvoir échanger des informations stratégiques et d’autres informations non opérationnelles telles que les indicateurs de risque lorsque cela est nécessaire pour prévenir et combattre la grande criminalité affectant deux ou plusieurs États membres, le terrorisme et les formes de criminalité qui portent atteinte à un intérêt commun faisant l’objet d’une politique de l’Union. De telles informations pourraient être utilisées par l’Autorité douanière de l’UE aux fins de l’analyse de risque. |
| (100) | Pour plus de clarté et afin de rendre plus efficace le cadre de coopération entre les autorités douanières et d’autres autorités partenaires, une liste des services proposés par les autorités douanières devrait définir clairement le rôle que pourraient jouer les autorités douanières dans l’application des autres politiques pertinentes aux frontières de l’Union. En outre, l’Autorité douanière de l’UE devrait assurer un suivi de l’application de ce cadre de coopération. L’Autorité douanière de l’UE devrait collaborer étroitement et coopérer avec la Commission, l’OLAF, les autres institutions, organes et organismes de l’Union concernés, comme Europol, le Parquet européen et Frontex, ainsi qu’avec des agences et réseaux spécialisés dans des domaines d’action pertinents pour les activités de l’Autorité douanière de l’UE, comme le réseau de l’Union pour la conformité des produits. |
| (101) | Dans un monde de plus en plus connecté, la diplomatie douanière et la coopération internationale sont des aspects importants du travail des autorités douanières dans le monde. Il devrait être possible d’intégrer dans la coopération internationale la possibilité d’échanger des données douanières sur la base d’accords internationaux ou de la législation autonome de l’Union, et par des moyens de communication appropriés, sûrs et étroitement surveillés, tels que la plateforme des données douanières de l’UE, sous réserve du respect des informations confidentielles et de la protection des données à caractère personnel. |
| (102) | Une coopération efficace entre pays voisins est essentielle pour assurer le bon fonctionnement des opérations douanières, la facilitation du commerce légitime et la protection des intérêts financiers et des politiques de l’Union. Cette coopération revêt une importance particulière aux points de passage frontaliers communs, où la coordination des contrôles douaniers renforce l’efficacité et la sécurité juridique. Les États membres devraient donc conserver la capacité de conclure ou de maintenir des accords bilatéraux avec des pays tiers voisins concernant la coopération douanière aux points de passage frontaliers communs, si ces accords sont compatibles avec le droit de l’Union. Cette capacité comprend les accords relatifs aux points de passage frontaliers communs, situés soit sur le territoire d’un État membre, soit sur le territoire d’un pays tiers voisin, auxquels les autorités douanières de cet État membre et de ce pays tiers voisin appliquent leur législation douanière respective en vertu d’un accord bilatéral. |
| (103) | Il convient que le présent règlement fixe un cadre commun établissant une liste minimale d’infractions à la législation douanière passibles de sanctions ainsi que certaines règles relatives aux sanctions non pénales, à mettre en œuvre par les États membres. Il appartient aux États membres de choisir le type de mesure approprié pour remédier à ces infractions. Il convient également d’établir une liste minimale de circonstances dont les États membres devraient tenir dûment compte, conformément au droit national, lorsqu’ils décident d’imposer ou non une sanction et lorsqu’ils décident de son type ou de sa gravité. La Commission devrait contrôler la bonne mise en œuvre de ces dispositions, ainsi qu’il convient. Les sanctions applicables en cas d’infraction à la législation douanière devraient être effectives, proportionnées et dissuasives. |
| (104) | Le présent règlement n’harmonise pas les règles de procédure nationales concernant les sanctions administratives et ne réglemente pas non plus quelles autorités imposent des sanctions, pour autant que soit maintenu le principe selon lequel les sanctions sont effectives, proportionnées et dissuasives. Par exemple, les règles relatives aux sanctions peuvent être appliquées de telle sorte que la sanction soit infligée directement par les autorités compétentes, ou par une juridiction nationale compétente à la demande d’une autorité administrative compétente, ou par les autorités douanières compétentes dans le cadre d’une procédure transactionnelle, tout en ayant un effet équivalent. |
| (105) | Compte tenu du rôle central des importateurs pour les ventes à distance dans l’organisation d’importations de faible valeur en grands volumes, y compris par l’intermédiaire de plateformes en ligne et de sites internet, une nécessité apparaît de mettre en place un cadre cohérent, proportionné et dissuasif de sanctions à appliquer lorsque les importateurs pour les ventes à distance ne respectent pas leurs obligations. En particulier en cas de non-respect persistant et systématique de la législation douanière en ce qui concerne des ventes à distance, les sanctions devraient être dissuasives et effectives. L’ampleur, la portée transfrontière et l’incidence considérable du non-respect systématique justifient que l’on fixe dans le présent règlement des niveaux minimaux et maximaux sévères de sanctions pécuniaires, en fonction de la valeur totale des marchandises importées dans l’Union par l’opérateur économique ne respectant pas les règles, tout en préservant la possibilité pour les États membres de prévoir des sanctions supplémentaires dans leur législation nationale. L’harmonisation des sanctions en cas de non-respect systématique dans l’ensemble de l’Union vise à empêcher les opérateurs économiques pratiquant la vente à distance de faire du «shopping frontalier». Les opérateurs économiques qui se livrent systématiquement à une violation des règles devraient être classés comme des opérateurs économiques à haut risque, perdre tout statut d’opérateur de confiance et ne bénéficier d’aucune mesure de facilitation. |
| (106) | Lorsque le non-respect systématique persiste malgré l’imposition de charges pécuniaires d’une sévérité progressive, il convient d’imposer d’autres sanctions. Cela est nécessaire en cas de non-respect persistant des obligations prévues par le présent règlement, qui compromet l’intégrité de l’union douanière et du marché intérieur, crée des avantages concurrentiels déloyaux pour les opérateurs économiques ne respectant pas les règles et peut porter préjudice aux consommateurs. En conséquence, et en vue de remplir la mission des autorités douanières, une couche supplémentaire de sanctions strictes doit être mise en place pour décourager tout cas de ce type de non-respect multisystématique. En réponse à ce type de comportement, les autorités douanières devraient pouvoir suspendre la mise en libre pratique de toutes les marchandises importées par un opérateur économique dans le cadre de ventes à distance. En outre, lorsque cela est pertinent et justifié par la nature de telles nouvelles infractions systématiques, les autorités compétentes concernées devraient pouvoir suspendre temporairement l’accès à l’interface en ligne de l’opérateur économique qui enfreint les règles. À cette fin, la transmission en temps utile d’informations sur l’infraction aux autorités compétentes devrait leur permettre d’obtenir une vue d’ensemble de la situation et d’assurer une réponse coordonnée. |
| (107) | Afin de permettre un suivi efficace et un degré approprié de transparence, les registres de toutes les sanctions non pénales imposées par les autorités douanières des États membres devraient être mis à disposition sur la plateforme des données douanières de l’UE. Ces registres devraient indiquer la nature de l’infraction et le montant de la charge pécuniaire imposée ou l’identification de toute autre sanction non pénale appliquée. Ce système centralisé devrait fournir les données nécessaires à l’évaluation des pratiques en matière d’évaluation de l’application de la législation et à la détection des distorsions potentielles du marché ou des pratiques de «shopping frontalier» par les opérateurs économiques. |
| (108) | Il convient que la Commission réexamine les dispositions du présent règlement relatives aux infractions et aux sanctions afin d’assurer leur bon fonctionnement et leur application correcte et de prévenir une éventuelle fragmentation du marché intérieur ou un éventuel évitement des juridictions par les opérateurs économiques. Ce réexamen devrait intervenir à la suite d’une évaluation des données relatives aux sanctions enregistrées sur la plateforme des données douanières de l’UE, en particulier lorsque sont détectés des risques de disparités ou de distorsions sur le marché intérieur. Il importe de veiller à des conditions de concurrence équitables et de remédier à toute lacune réglementaire ou incohérence dans l’application des sanctions. |
| (109) | Lorsqu’il est commis une infraction à la législation douanière relevant de la compétence de plusieurs États membres, la coopération entre lesdits États membres est nécessaire. Dans de tels cas, il convient que les autorités compétentes des États membres concernés par la même infraction à la législation douanière coopèrent conformément au droit applicable. L’Autorité douanière de l’UE devrait avoir la possibilité de soutenir et de faciliter cette coopération. |
| (110) | La performance de l’union douanière devrait être évaluée au moins chaque année afin de permettre à la Commission, avec l’aide des États membres, d’adopter les orientations stratégiques appropriées. La Commission peut publier une version non confidentielle du rapport d’évaluation. La collecte d’informations auprès des autorités douanières devrait être formalisée et approfondie, car des rapports plus complets permettraient d’étalonner les performances et pourraient concourir à l’harmonisation des pratiques et contribuer à l’évaluation des incidences des décisions prises en matière de politique douanière. Il est dès lors souhaitable de mettre en place un cadre juridique pour l’évaluation de la performance de l’union douanière. Pour permettre un niveau de détail suffisant dans l’analyse, la mesure de la performance des activités douanières devrait se faire non seulement au niveau national, mais également au niveau local. |
| (111) | L’Autorité douanière de l’UE devrait prêter assistance à la Commission dans le processus d’évaluation en rassemblant et en analysant les données de la plateforme des données douanières de l’UE et en cernant la manière dont les activités et opérations douanières contribuent à la réalisation des objectifs et priorités stratégiques de l’union douanière ainsi qu’à la mission des autorités douanières. En particulier, l’Autorité douanière de l’UE devrait recenser les tendances, les forces, les faiblesses et les failles principales ainsi que les risques potentiels et adresser à la Commission des recommandations concernant les améliorations à apporter. Dans le cadre de la coopération avec les autorités répressives en particulier, l’Autorité douanière de l’UE devrait également participer, sur un plan opérationnel, aux analyses stratégiques et aux évaluations de la menace réalisées au niveau de l’Union, y compris celles effectuées par Europol et Frontex. |
| (112) | Il convient que les opérateurs économiques de confiance certifiés soient soumis à la surveillance de leur État membre d’établissement. Par dérogation à ce qui précède et sous réserve de modification, il convient que les opérateurs économiques qui ne sont pas des opérateurs économiques de confiance certifiés restent sous la surveillance de l’autorité douanière de l’État membre dans lequel les marchandises se trouvent physiquement. Le 31 décembre 2031 au plus tard, la Commission devrait évaluer ces deux modèles de surveillance, notamment leur efficacité à détecter et à prévenir la fraude. Cette évaluation devrait également examiner les aspects liés à la fiscalité indirecte. Sur la base de cette évaluation, la Commission devrait être habilitée à décider, par voie d’acte délégué, si les deux modèles devraient être maintenus ou si l’autorité douanière compétente pour le lieu d’établissement de l’opérateur économique de confiance certifié devrait octroyer la mainlevée des marchandises dans tous les cas. Le lieu de naissance de la dette douanière devrait également être fixé conformément à la désignation de l’autorité douanière compétente. |
| (113) | Afin de faire en sorte que la réglementation douanière de l’Union reste adaptée aux évolutions économiques, sociales, politiques et technologiques et aux besoins des opérateurs économiques et des administrations douanières, il convient de déléguer à la Commission le pouvoir d’adopter des actes conformément à l’article 290 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne pour ce qui est des points suivants:
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| (114) | Il importe particulièrement que la Commission procède aux consultations appropriées durant le travail préparatoire à l’adoption des actes délégués, y compris au niveau des experts comprenant le groupe de contact avec les opérateurs économiques, et que ces consultations soient menées conformément aux principes définis dans l’accord interinstitutionnel du 13 avril 2016 «Mieux légiférer» (28). |
| (115) | Afin d’assurer des conditions uniformes de mise en œuvre du présent règlement, il convient de conférer des compétences d’exécution à la Commission pour que celle-ci puisse:
Ces compétences devraient être exercées conformément au règlement (UE) no 182/2011 du Parlement européen et du Conseil (29). |
| (116) | Il convient d’avoir recours à la procédure consultative pour l’adoption:
|
| (117) | Dans des cas dûment justifiés, lorsque des raisons d’urgence impérieuses le requièrent, la Commission devrait adopter des actes d’exécution immédiatement applicables en ce qui concerne:
|
| (118) | Conformément au principe de proportionnalité, il est nécessaire et approprié, en vue de la réalisation des objectifs de base consistant à permettre à l’union douanière de fonctionner efficacement et à mettre en œuvre la politique commerciale commune, de fixer les règles et procédures applicables aux marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union ou qui en sortent. Le présent règlement n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs poursuivis, conformément à l’article 5, paragraphe 4, du traité sur l’Union européenne. |
| (119) | À compter du 1er mars 2031, les opérateurs économiques devraient pouvoir commencer à utiliser, sur une base volontaire, les capacités de la plateforme des données douanières de l’UE. Le 1er mars 2034 au plus tard, la plateforme des données douanières de l’UE devrait être pleinement opérationnelle, et tous les opérateurs économiques devraient l’utiliser. |
| (120) | Le présent règlement devrait être appliqué suivant un calendrier ambitieux, mais de manière progressive. En conséquence, les dispositions du présent règlement conférant des compétences d’exécution et délégués à la Commission devraient s’appliquer dès l’entrée en vigueur du présent règlement, afin de permettre à la Commission de réviser les actes délégués et d’exécution existants et, s’il y a lieu, d’adopter de nouveaux actes délégués et d’exécution sur la base des nouvelles délégations de pouvoirs et habilitations dès l’entrée en vigueur du présent règlement. En revanche, afin de permettre aux États membres et aux opérateurs économiques de s’adapter aux nouvelles règles, la grande majorité des dispositions du présent règlement devraient s’appliquer douze mois après son entrée en vigueur. Cela comprend l’abrogation de l’actuel code des douanes de l’Union, qui ne devrait être effective qu’après cette période d’adaptation de douze mois. Enfin, les dispositions relatives aux ventes à distance et à l’Autorité douanière de l’UE, à l’exception de celles régissant le statut juridique de l’Autorité douanière de l’UE et le début de ses activités, devraient s’appliquer à partir du 1er juillet 2028. |
| (121) | La Commission devrait faire en sorte dans toute la mesure du possible que les actes délégués et les actes d’exécution prévus dans le présent règlement entrent en vigueur suffisamment longtemps avant la date d’entrée en application des dispositions pertinentes du présent règlement pour permettre aux États membres de le mettre en œuvre en temps utile. |
| (122) | Le Contrôleur européen de la protection des données a été consulté conformément à l’article 42, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1725 et a rendu un avis le 11 juillet 2023, |
ONT ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
TITRE I
DISPOSITIONS GÉNÉRALES
CHAPITRE 1
Champ d’application de la législation douanière et mission des autorités douanières
Article premier
Objet et champ d’application
1. Le présent règlement établit le code des douanes de l’Union. Il fixe les règles et procédures générales applicables aux marchandises entrant sur le territoire douanier de l’Union ou en sortant.
Le présent règlement institue également l’Autorité douanière de l’Union européenne (ci-après dénommée «Autorité douanière de l’UE») et définit les règles, les normes communes et le cadre de gouvernance pour la mise en place de la plateforme des données douanières de l’Union européenne (ci-après dénommée «plateforme des données douanières de l’UE»).
2. Sans préjudice du droit international et des conventions internationales, ainsi que du droit de l’Union régissant d’autres domaines, le présent règlement s’applique de façon uniforme dans l’ensemble du territoire douanier de l’Union.
3. Certaines dispositions de la législation douanière s’appliquent hors du territoire douanier de l’Union en vertu du droit de l’Union régissant des domaines spécifiques ou de conventions internationales.
4. Certaines dispositions de la législation douanière, y compris les simplifications qu’elle prévoit, s’appliquent aux échanges de marchandises de l’Union entre les parties du territoire douanier de l’Union auxquelles s’applique la directive 2006/112/CE ou (UE) 2020/262 et les parties de ce territoire auxquelles lesdites directives ne s’appliquent pas, ou aux échanges entre les parties de ce territoire auxquelles lesdites directives ne s’appliquent pas.
Article 2
Mission des autorités douanières
Afin de faire en sorte que l’union douanière agisse comme une entité unique, de parvenir à une mise en œuvre uniforme de la législation douanière, y compris des règles harmonisées en matière de contrôle douanier, et de permettre le bon fonctionnement du marché intérieur, la mission des autorités douanières consiste à protéger les intérêts financiers et économiques de l’Union et de ses États membres en percevant les droits de douane et autres impositions de manière efficace et en luttant contre la fraude, à faciliter les activités légitimes des entreprises, à contribuer au commerce équitable et à la sécurité globale de la chaîne d’approvisionnement, et à lutter contre le commerce illicite.
En outre, les autorités douanières contribuent à assurer la sûreté et la sécurité de l’Union et de ses résidents et à protéger la santé et la vie humaines, animales et végétales, les consommateurs et l’environnement, ainsi que d’autres intérêts publics protégés par d’autres législations appliquées par les autorités douanières dans les limites de leurs compétences et, le cas échéant, en étroite coopération avec d’autres autorités compétentes.
Article 3
Territoire douanier
1. Le territoire douanier de l’Union comprend les territoires suivants, y compris leurs eaux territoriales, leurs eaux intérieures et leur espace aérien:
| a) | le territoire du Royaume de Belgique; |
| b) | le territoire de la République de Bulgarie; |
| c) | le territoire de la République tchèque; |
| d) | le territoire du Royaume de Danemark, à l’exception des Îles Féroé et du Groenland; |
| e) | le territoire de la République fédérale d’Allemagne, à l’exception, d’une part, de l’Île de Helgoland et, d’autre part, du territoire de Büsingen (traité du 23 novembre 1964 conclu entre la République fédérale d’Allemagne et la Confédération suisse); |
| f) | le territoire de la République d’Estonie; |
| g) | le territoire de l’Irlande; |
| h) | le territoire de la République hellénique; |
| i) | le territoire du Royaume d’Espagne, à l’exception de Ceuta et Melilla; |
| j) | le territoire de la République française, à l’exception des pays et territoires d’outre-mer français auxquels s’applique la quatrième partie du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne; |
| k) | le territoire de la République de Croatie; |
| l) | le territoire de la République italienne, à l’exception de la commune de Livigno; |
| m) | le territoire de la République de Chypre, conformément aux dispositions de l’acte d’adhésion de 2003; |
| n) | le territoire de la République de Lettonie; |
| o) | le territoire de la République de Lituanie; |
| p) | le territoire du Grand-Duché de Luxembourg; |
| q) | le territoire de la Hongrie; |
| r) | le territoire de la République de Malte; |
| s) | le territoire du Royaume des Pays-Bas en Europe; |
| t) | le territoire de la République d’Autriche; |
| u) | le territoire de la République de Pologne; |
| v) | le territoire de la République portugaise; |
| w) | le territoire de la Roumanie; |
| x) | le territoire de la République de Slovénie; |
| y) | le territoire de la République slovaque; |
| z) | le territoire de la République de Finlande; et |
| z bis) | le territoire du Royaume de Suède. |
2. Compte tenu des conventions et traités qui leur sont applicables, sont considérés comme faisant partie du territoire douanier de l’Union, les territoires suivants situés hors du territoire des États membres, y compris leurs eaux territoriales, leurs eaux intérieures et leur espace aérien:
| a) | en ce qui concerne la France, le territoire de Monaco défini dans la convention douanière signée à Paris le 18 mai 1963 (Journal officiel de la République française du 27 septembre 1963, p. 8679); |
| b) | en ce qui concerne Chypre, le territoire des zones de souveraineté britannique d’Akrotiri et de Dhekelia, définies dans le traité relatif à la création de la République de Chypre, signé à Nicosie le 16 août 1960 [United Kingdom Treaty Series, No 4 (1961) Cmnd. 1252]. |
Article 4
Délégation de pouvoir
La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en précisant les dispositions de la législation douanière concernant la fourniture de données, la preuve du statut douanier et le recours au régime de transit interne de l’Union qui s’appliquent aux échanges de marchandises de l’Union visés à l’article 1er, paragraphe 4, et établissant les simplifications relatives à ces dispositions, pour autant que ces actes délégués n’affectent pas l’application correcte des mesures fiscales pertinentes. Ces actes délégués sont susceptibles de concerner des circonstances particulières propres à des échanges de marchandises de l’Union impliquant un seul État membre.
CHAPITRE 2
Définitions
Article 5
Définitions
Aux fins du présent règlement, on entend par:
| 1) | «autorités douanières»: les administrations douanières des États membres chargées de l’application de la législation douanière et toute autre autorité habilitée, en vertu du droit national, à appliquer certaines dispositions de la législation douanière; |
| 2) | «législation douanière»: l’ensemble des éléments suivants:
|
| 3) | «autres législations appliquées par les autorités douanières»: les législations autres que la législation douanière applicables aux marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union, en sortent ou empruntent celui-ci, ou aux marchandises destinées à être mises sur le marché de l’Union, dont la mise en œuvre fait intervenir les autorités douanières; |
| 4) | «mesures de politique commerciale»: dans le cadre des autres législations appliquées par les autorités douanières, les mesures adoptées en vertu de l’article 207 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, autres que les droits antidumping provisoires ou définitifs, les droits compensateurs ou les mesures de sauvegarde sous la forme de tarifs majorés applicables à des marchandises spécifiques et comprenant notamment des mesures de surveillance particulières et des mesures de sauvegarde sous la forme d’autorisations d’importation ou d’exportation; |
| 5) | «personne»: une personne physique, une personne morale ou une association de personnes reconnue, en droit de l’Union ou en droit national, comme ayant la capacité d’accomplir des actes juridiques sans avoir le statut de personne morale; |
| 6) | «opérateur économique»: une personne assurant, dans le cadre de ses activités professionnelles, des activités couvertes par la législation douanière; |
| 7) | «établi sur le territoire douanier de l’Union»:
|
| 8) | «établissement stable»: un lieu d’activité fixe disposant en permanence des ressources humaines nécessaires et des ressources techniques nécessaires et par l’intermédiaire de laquelle les opérations douanières d’une personne sont effectuées en tout ou en partie; |
| 9) | «État membre d’établissement»:
|
| 10) | «décision douanière»: tout acte pris par une autorité douanière qui est lié à la législation douanière, statue sur un cas donné et a des effets juridiques pour la ou les personnes concernées; |
| 11) | «régime douanier»: l’un des régimes suivants sous lequel les marchandises peuvent être placées conformément au présent règlement:
|
| 12) | «formalités douanières»: l’ensemble des opérations que doivent exécuter une personne et les autorités douanières afin de se conformer à la législation douanière; |
| 13) | «importateur»:
|
| 14) | «importateur pour les ventes à distance»: soit la personne qui fournit des biens dans le cadre de ventes à distance, soit la personne qui facilite les ventes à distance; |
| 15) | «ventes à distance»: les ventes à distance de biens importés de territoires tiers ou de pays tiers telles qu’elles sont définies à l’article 14, paragraphe 4, point 2), de la directive 2006/112/CE; |
| 16) | «régime IOSS»: le régime particulier prévu au titre XII, chapitre 6, section 4, de la directive 2006/112/CE; |
| 17) | «exportateur»:
|
| 18) | «réexportation»: l’acte par lequel un exportateur sort des marchandises non Union du territoire douanier de l’Union; |
| 19) | «informations préalables à la sortie»: l’ensemble des données à fournir aux autorités douanières ou à mettre à leur disposition en ce qui concerne les marchandises qui doivent sortir du territoire douanier de l’Union; |
| 20) | «représentant en douane»: toute personne désignée par une autre personne en vue d’accomplir, dans les relations de cette dernière avec les autorités douanières, les actes et formalités requis au titre de la législation douanière; |
| 21) | «données»: toute représentation numérique ou non numérique d’actes, de faits ou d’informations et toute compilation de ces actes, faits ou informations, y compris sous la forme de documents ou d’enregistrements sonores, visuels ou audiovisuels; |
| 22) | «suivi douanier»: la collecte et l’analyse d’informations relatives aux marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union, en sortent ou empruntent celui-ci, visant à assurer un suivi de ces mouvements au niveau de l’Union, à garantir l’application uniforme des contrôles douaniers, le respect de la législation douanière et d’autres législations appliquées par les autorités douanières, et à contribuer à l’analyse de risque et à la gestion des risques; |
| 23) | «risque»: la probabilité de la survenance et l’incidence d’un événement, en rapport avec des marchandises circulant entre le territoire douanier de l’Union et les pays situés hors de ce territoire, et avec la présence sur le territoire douanier de l’Union de marchandises non Union, qui constituerait une menace pour:
|
| 24) | «analyse économique»: l’évaluation ou l’analyse quantitative d’une politique ou d’un phénomène économique pour comprendre l’influence exercée par les facteurs économiques sur le fonctionnement d’une politique, d’une zone géographique ou de tout groupe de personnes dans le but d’améliorer le processus décisionnel à l’avenir; |
| 25) | «gestion des risques»: la détection systématique d’un risque, y compris au moyen de l’identification des profils des opérateurs économiques présentant un risque et des opérations suspectes, et la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires pour limiter l’exposition au risque et réduire autant que possible son incidence potentielle; |
| 26) | «surveillance douanière»: les mesures prises de manière générale par les autorités douanières en vue de garantir le respect de la législation douanière et, le cas échéant, d’autres législations appliquées par les autorités douanières, ou en vue de contribuer d’une autre manière à la gestion des risques liés aux marchandises et à leurs chaînes d’approvisionnement; |
| 27) | «contrôles douaniers»: les actes spécifiques accomplis par les autorités douanières en vue de garantir le respect de la législation douanière et, le cas échéant, d’autres législations appliquées par les autorités douanières, ou en vue de contribuer d’une autre manière à la gestion des risques liés aux marchandises et à leurs chaînes d’approvisionnement; |
| 28) | «audit»: un type de contrôle douanier sous la forme d’actes spécifiques effectués par les autorités douanières afin de recueillir et d’évaluer des éléments de preuve concernant la conformité de la gestion, de l’organisation, des procédures internes ou des systèmes internes d’un opérateur économique avec les règles et exigences applicables; |
| 29) | «lieu de mainlevée»:
|
| 30) | «notification de la disponibilité des marchandises»: l’acte par lequel une personne informe l’autorité douanière que les marchandises se trouvent physiquement au lieu de mainlevée et que les données nécessaires pour placer ces marchandises sous le régime douanier concerné ou en dépôt temporaire, ou pour mettre fin au régime du transit de l’Union, ont été fournies ou mises à disposition; |
| 31) | «contrôles aléatoires»: les contrôles douaniers fondés sur les principes de l’échantillonnage aléatoire, portant sur une population présentant un intérêt; |
| 32) | «détenteur des marchandises»: la personne qui exerce un contrôle physique sur les marchandises; |
| 33) | «transporteur»:
|
| 34) | «analyse de risque»: le traitement de données, y compris des données à caractère personnel, dans le but de détecter ou de quantifier des risques potentiels, en ayant recours, le cas échéant, à des méthodes d’analyse et à des systèmes d’intelligence artificielle (IA) au sens de l’article 3, point 1), du règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil (30); |
| 35) | «signal de risque»: l’indication d’un risque potentiel, sur la base d’opérations de traitement automatisé mettant en œuvre une analyse de risque, en ce qui concerne des données, des informations ou des documents; |
| 36) | «résultat de l’analyse de risque»: en cas de signal de risque, la détermination de l’existence ou non d’un risque sur la base d’un processus automatique ou d’une évaluation humaine ultérieure du signal de risque; |
| 37) | «mesures d’atténuation des risques»: les mesures visant à prévenir, réduire ou gérer un risque ou à en limiter l’incidence, consistant notamment à:
|
| 38) | «recommandation de contrôle»: la conclusion, fondée sur l’analyse de risque, d’une autorité douanière ou de l’Autorité douanière de l’UE en ce qui concerne la nécessité éventuelle de mettre en œuvre une mesure d’atténuation des risques et, le cas échéant, le moment et le lieu où elle devrait être mise en œuvre; |
| 39) | «décision de contrôle»: l’acte particulier par lequel des autorités douanières décident si un contrôle doit avoir lieu; |
| 40) | «résultat du contrôle»: les résultats préliminaires et finaux d’un contrôle, y compris toute mesure supplémentaire indiquée, et les autorités compétentes concernées par les résultats; |
| 41) | «domaine de contrôle prioritaire commun»: une sélection de certains régimes douaniers, types de marchandises, axes de circulation, modes de transport ou opérateurs économiques particuliers, en vue de les soumettre, pendant une certaine période, à des analyses de risque et à des mesures d’atténuation des risques de niveaux plus élevés, sans préjudice des autres contrôles menés habituellement par les autorités douanières; |
| 42) | «critères et normes communs en matière de risque»: les paramètres d’une analyse de risque d’un domaine de risque et les normes correspondantes concernant l’application pratique de ces paramètres; |
| 43) | «stratégie de surveillance»: une approche de la gestion d’un risque qui vise à équilibrer les efforts opérationnels de surveillance douanière et les mesures d’atténuation des risques tout au long de la chaîne d’approvisionnement de manière proportionnée et efficace; |
| 44) | «envoi»: les marchandises acheminées sous le couvert du même contrat de transport par un même expéditeur vers un même destinataire, par le même moyen de transport, y compris multimodal, provenant du même territoire ou pays tiers, et étant du même type, de la même classe ou ayant la même description ou contenues dans un même emballage; |
| 45) | «statut douanier»: le statut d’une marchandise comme marchandise de l’Union ou non Union; |
| 46) | «marchandises de l’Union»: les marchandises qui relèvent d’une des catégories suivantes:
|
| 47) | «marchandises non Union»: les marchandises autres que les marchandises de l’Union ou les marchandises qui ont perdu leur statut douanier de marchandises de l’Union; |
| 48) | «mainlevée des marchandises»: l’acte par lequel les autorités douanières, ou d’autres personnes agissant pour leur compte, mettent à disposition des marchandises aux fins prévues par le régime douanier sous lequel les marchandises sont destinées à être placées; |
| 49) | «déclaration sommaire d’entrée»: l’acte par lequel une personne informe les autorités douanières, dans les formes et selon les modalités prescrites, et dans un délai déterminé, que des marchandises vont entrer sur le territoire douanier de l’Union; |
| 50) | «déclaration sommaire de sortie»: l’acte par lequel une personne informe les autorités douanières, dans les formes et selon les modalités prescrites, et dans un délai déterminé, que des marchandises vont sortir du territoire douanier de l’Union; |
| 51) | «déclaration de dépôt temporaire»: l’acte par lequel une personne indique, dans les formes et selon les modalités prescrites, que des marchandises sont en dépôt temporaire; |
| 52) | «déclaration en douane»: l’acte par lequel une personne manifeste, dans les formes et selon les modalités prescrites, la volonté de placer des marchandises sous un régime douanier déterminé, en indiquant le cas échéant la procédure spécifique à appliquer; |
| 53) | «présentation en douane»: la notification aux autorités douanières de l’arrivée des marchandises au bureau de douane désigné par les autorités douanières ou en tout autre lieu désigné ou agréé par ces autorités douanières et de leur disponibilité aux fins des contrôles douaniers; |
| 54) | «déclarant»: la personne qui dépose une déclaration en douane, une déclaration de dépôt temporaire, une déclaration sommaire d’entrée, une déclaration sommaire de sortie, une déclaration ou une notification de réexportation en son nom propre ou la personne au nom de laquelle une telle déclaration ou une telle notification est déposée; |
| 55) | «déclaration de réexportation»: l’acte par lequel une personne manifeste, dans les formes et selon les modalités prescrites, la volonté de sortir des marchandises non Union du territoire douanier de l’Union, à l’exception des marchandises non Union se trouvant en zone franche ou en dépôt temporaire; |
| 56) | «notification de réexportation»: l’acte par lequel une personne manifeste, dans les formes et selon les modalités prescrites, la volonté de sortir du territoire douanier de l’Union des marchandises non Union qui se trouvent en zone franche ou en dépôt temporaire; |
| 57) | «fabricant»:
|
| 58) | «fournisseur de produit»: toute personne physique ou morale ou association de personnes faisant partie de la chaîne d’approvisionnement qui fabrique un produit en tout ou partie, que ce soit en tant que fabricant ou dans toute autre circonstance; |
| 59) | «dépôt temporaire»: la situation dans laquelle se trouvent des marchandises non Union placées temporairement sous surveillance douanière entre le moment où le transporteur notifie l’arrivée des marchandises sur le territoire douanier de l’Union et leur placement sous un régime douanier ou leur réexportation; |
| 60) | «bureau de douane de première entrée prévu»: le bureau de douane compétent pour effectuer la surveillance douanière au lieu où il est prévu que le moyen de transport qui a acheminé les marchandises arrive sur le territoire douanier de l’Union en provenance de l’extérieur de ce territoire; |
| 61) | «informations anticipées sur les marchandises»: l’ensemble des données fournies aux autorités douanières ou mises à leur disposition en ce qui concerne les marchandises qui doivent être introduites sur le territoire douanier de l’Union; |
| 62) | «produits transformés»: les marchandises placées sous un régime de transformation et ayant subi des opérations de transformation; |
| 63) | «opérations de transformation»: l’une des opérations suivantes:
|
| 64) | «titulaire du régime de transit»: la personne qui dépose la déclaration de transit ou fournit les informations nécessaires au placement des marchandises sous ce régime, ou pour le compte de laquelle cette déclaration est déposée ou ces informations sont fournies; |
| 65) | «taux de rendement»: la quantité ou le pourcentage de produits transformés obtenus lors de la transformation d’une quantité déterminée de marchandises admises sous un régime de transformation; |
| 66) | «pays tiers»: un pays ou territoire situé en dehors du territoire douanier de l’Union; |
| 67) | «dette douanière»: l’obligation incombant à une personne d’acquitter le montant des droits à l’importation ou à l’exportation applicables à des marchandises spécifiques en vertu de la législation douanière; |
| 68) | «débiteur»: toute personne tenue au paiement de la dette douanière; |
| 69) | «droits à l’importation»: les droits de douane exigibles à l’importation des marchandises; |
| 70) | «droits à l’exportation»: les droits de douane exigibles à l’exportation des marchandises; |
| 71) | «remboursement»: la restitution d’un montant de droits ayant été acquitté à l’importation ou à l’exportation; |
| 72) | «remise»: la dispense de payer un montant de droits à l’importation ou à l’exportation qui n’a pas été acquitté; |
| 73) | «commission d’achats»: la somme versée par un importateur à un agent pour que ce dernier représente l’importateur en vue de l’achat des marchandises à évaluer; |
| 74) | «crise»: un événement, qu’il soit naturel ou d’origine humaine, d’une nature et d’une ampleur exceptionnelles, survenant à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union, qui met en péril la sûreté, la sécurité, la santé et la vie des résidents, des opérateurs économiques ou du personnel des autorités douanières et qui requiert des mesures d’urgence en ce qui concerne l’entrée, la sortie ou le transit de marchandises; |
| 75) | «cellule de gestion de crise»: un service au sein de l’Autorité douanière de l’UE qui coordonne les efforts de réaction de l’Union au sein de l’union douanière; |
| 76) | «micro, petites et moyennes entreprises» ou «PME»: les micro, petites et moyennes entreprises telles qu’elles sont définies à l’article 2 de la recommandation 2003/361/CE; |
| 77) | «numéro d’enregistrement et d’identification des opérateurs économiques» ou «numéro EORI»: un numéro d’identification, unique sur le territoire douanier de l’Union, attribué par une autorité douanière à un opérateur économique ou à une autre personne en vue de l’enregistrement de cet opérateur économique ou de cette personne à des fins douanières; |
| 78) | «article»: une ou plusieurs marchandises d’un envoi, partageant le même classement tarifaire, la même description et, lorsque cela est prévu dans le cadre des exigences en matière de données applicables à la déclaration en douane ou aux données à fournir aux autorités douanières ou à mettre à leur disposition, la même origine; |
| 79) | «point de passage frontalier commun»: tout point de passage frontalier douanier situé soit sur le territoire d’un État membre, soit sur le territoire d’un pays tiers voisin, auquel les autorités douanières de cet État membre et de ce pays tiers voisin appliquent leur législation douanière respective en vertu d’un accord bilatéral. |
CHAPITRE 3
Autorité douanière compétente et règles opérationnelles des bureaux de douane
Article 6
Autorité douanière compétente
1. L’autorité douanière compétente est:
| a) | pour les décisions relatives à l’application de la législation douanière conformément au chapitre 4, à l’exception des cas spécifiques établis dans la législation douanière, l’autorité douanière de l’État membre d’établissement du demandeur; |
| b) | pour les activités à mener en vertu des articles 97 à 100, l’autorité douanière compétente pour le bureau de douane de première entrée; |
| c) | pour les activités à mener en vertu des articles 101, 102 et 103, l’autorité douanière compétente pour le bureau de douane de première entrée ou l’autorité douanière de l’État membre dans lequel les marchandises sont déchargées ou transbordées, en fonction de la situation spécifique visée à l’article 101, paragraphes 1, 2 et 3; |
| d) | pour les activités à mener en vertu des articles 104 à 108 et du titre V, l’autorité douanière de l’État membre dans lequel:
|
| e) | pour les activités à mener en vertu du titre VII, autres que celles liées au placement des marchandises sous un régime douanier, l’autorité douanière compétente pour le lieu où les marchandises quittent le territoire douanier de l’Union. |
2. Par dérogation au paragraphe 1, point d), l’autorité douanière compétente est:
| a) | pour la mise en libre pratique dans le cas des ventes à distance, lorsque l’importateur pour les ventes à distance n’utilise pas le régime IOSS, l’autorité douanière de l’État membre dans lequel les marchandises doivent être livrées; |
| b) | lorsque l’importateur ou l’exportateur est un opérateur économique de confiance certifié, l’autorité douanière de l’État membre d’établissement de cet importateur ou exportateur ou de son représentant en douane; |
| c) | lorsque le déclarant a été autorisé à recourir au dédouanement centralisé conformément à l’article 91, l’autorité douanière de l’État membre d’établissement de ce déclarant. |
3. L’autorité douanière compétente pour le lieu d’établissement de l’opérateur économique de confiance certifié:
| a) | surveille le placement des marchandises sous le régime douanier concerné; |
| b) | procède aux contrôles douaniers aux fins de la vérification des informations fournies; |
| c) | demande, lorsque cela se justifie, à l’autorité douanière compétente pour le lieu d’expédition ou de destination finale des marchandises d’effectuer un contrôle douanier; |
| d) | demande, lorsqu’il existe un risque qui ne peut être atténué qu’après l’arrivée des marchandises sur le territoire douanier de l’Union ou avant la sortie des marchandises du territoire douanier de l’Union, à l’autorité douanière compétente pour le lieu d’entrée ou de sortie des marchandises d’effectuer des contrôles douaniers; |
| e) | accomplit les formalités douanières aux fins du recouvrement du montant des droits à l’importation ou à l’exportation correspondant à toute dette douanière. |
4. Compte tenu de l’incidence raisonnablement prévisible sur les échanges commerciaux, des ressources disponibles en matière de contrôle et de la gravité du risque, l’autorité douanière compétente pour le lieu d’expédition ou de destination finale des marchandises ou pour le lieu d’entrée sur le territoire douanier de l’Union ou de sortie du territoire douanier de l’Union des marchandises, procède aux contrôles douaniers demandés par l’autorité douanière compétente pour le lieu d’établissement de l’opérateur économique de confiance certifié, conformément au paragraphe 3, points c) et d), et des titulaires d’une autorisation de dédouanement centralisé, et communique à ladite autorité douanière les résultats de ces contrôles, sans préjudice de ses propres contrôles en ce qui concerne les marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union ou qui en sortent.
5. Les autorités douanières compétentes ont accès aux informations nécessaires pour garantir la bonne application de la législation douanière et d’autres législations appliquées par les autorités douanières.
6. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en déterminant les cas spécifiques visés au paragraphe 1, point a), du présent article.
7. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles de procédure relatives à la coopération entre les autorités douanières visée au paragraphe 4 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
8. La Commission adopte des lignes directrices précisant les tâches en ce qui concerne la coopération entre les autorités douanières visée au paragraphe 4.
Article 7
Règles opérationnelles concernant les bureaux de douane compétents
1. Sauf disposition contraire d’autres législations appliquées par les autorités douanières, les États membres déterminent l’emplacement et la compétence de leurs bureaux de douane.
2. Les États membres veillent à ce que les heures d’ouverture officielles de leurs bureaux de douane soient raisonnables et adéquates, compte tenu de la nature du trafic et des marchandises ou du régime douanier sous lequel elles doivent être placées, de sorte que le flux de trafic international ne s’en trouve pas entravé ni perturbé.
CHAPITRE 4
Décisions douanière
Article 8
Décisions arrêtées à la suite d’une demande
1. Lorsqu’une personne introduit une demande de décision relative à l’application de la législation douanière, elle fournit toutes les informations nécessaires aux autorités douanières compétentes pour leur permettre de statuer.
Une décision concernant plusieurs personnes peut également faire l’objet d’une demande et être arrêtée, selon les conditions énoncées dans la législation douanière.
2. Les autorités douanières vérifient, sans tarder et au plus tard trente jours civils après la date de réception d’une demande de décision, si les conditions d’acceptation de ladite demande sont réunies.
Lorsqu’une autorité douanière établit que la demande de décision contient toutes les informations requises pour arrêter ladite décision, elle communique au demandeur l’acceptation de la demande dans les trente jours civils qui suivent la date de réception de cette demande.
Lorsque l’autorité douanière établit que la demande ne contient pas toutes les informations requises, elle invite le demandeur à fournir, dans un délai raisonnable ne dépassant pas trente jours civils, les informations complémentaires utiles. En pareils cas, l’autorité douanière décide si la demande est complète et doit donc être acceptée, ou si elle est incomplète et doit donc être refusée, dans un délai ne dépassant pas soixante jours civils à compter de la date de réception de la première demande. Si l’autorité douanière ne communique pas sa décision au demandeur dans ce délai, la demande est considérée comme acceptée à l’expiration du délai de soixante jours civils.
3. Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, l’autorité douanière compétente arrête la décision visée au paragraphe 1 au plus tard dans les cent vingt jours civils à compter de la date d’acceptation de la demande et notifie cette décision au demandeur sans tarder.
Lorsque l’autorité douanière n’est pas en mesure de respecter le délai de prise de décision, y compris lorsqu’un tel retard est dû à des consultations en cours avec d’autres autorités ou organes internationaux compétents, elle en informe le demandeur avant l’expiration dudit délai, en indiquant les motifs qui justifient le retard ainsi que le nouveau délai qu’elle estime nécessaire pour statuer. Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, ce nouveau délai ne dépasse pas trente jours civils.
En outre, l’autorité douanière peut prolonger le délai de prise de décision prévu par la législation douanière lorsque le demandeur sollicite une prolongation afin de procéder aux ajustements nécessaires pour garantir le respect des conditions et des critères requis pour arrêter la décision. Ces ajustements et le délai supplémentaire nécessaire sont communiqués à l’autorité douanière, qui décide d’accorder ou non la prolongation demandée.
Lorsque l’autorité douanière n’arrête pas de décision dans les délais fixés aux premier, deuxième et troisième alinéas, le demandeur reçoit une notification automatique. Le demandeur peut considérer cette absence de décision constitue une décision négative.
4. Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, ou lorsque la décision elle-même en dispose autrement, une décision prend effet à la date à laquelle elle est reçue ou réputée reçue par le demandeur.
À l’exception des cas visés à l’article 19, paragraphe 2, les décisions sont exécutoires par les autorités douanières à compter de leur date d’adoption.
5. Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, la validité d’une décision n’est pas limitée dans le temps.
6. Avant de prendre une décision susceptible d’avoir des conséquences défavorables pour le demandeur, l’autorité douanière communique au demandeur les motifs sur lesquels elle compte fonder sa décision. Le demandeur doit avoir la possibilité d’exprimer son avis dans le délai imparti, calculé à compter de la date à laquelle il a reçu ou est réputé avoir reçu cette communication desdits motifs (ci-après dénommé «droit d’être entendu»). À la suite de l’expiration de ce délai, le demandeur est informé, de la manière appropriée, de la décision.
Les droits et obligations visés au premier alinéa ne s’appliquent pas:
| a) | lorsque la décision concernée porte sur des renseignements contraignants visés à l’article 15, paragraphe 1; |
| b) | lorsque le bénéfice d’un contingent tarifaire est refusé parce que le volume prévu du contingent tarifaire est atteint, en application de l’article 166, paragraphe 4, premier alinéa; |
| c) | lorsque la nature ou la gravité de la menace pour la sûreté et la sécurité de l’Union et de ses résidents, pour la santé humaine, animale ou végétale, pour l’environnement ou les consommateurs l’exige; |
| d) | lorsque la décision concernée vise à assurer la mise en œuvre d’une autre décision au sujet de laquelle le demandeur a eu la possibilité d’exprimer son point de vue, sans préjudice du droit de l’État membre concerné; |
| e) | lorsque cela risquerait de porter préjudice à des enquêtes entamées pour lutter contre la fraude; |
| f) | lorsque la demande ne satisfait pas aux conditions de son acceptation; |
| g) | lorsque l’autorité douanière donne instruction à la personne qui a déposé la déclaration sommaire d’entrée, ou qui a fourni ou mis à disposition les informations anticipées sur les marchandises, de ne pas charger ou transporter les marchandises; |
| h) | lorsque la décision concerne la notification au demandeur d’une décision de la Commission visée à l’article 217, paragraphe 3; |
| i) | lorsqu’un numéro EORI doit être invalidé, à la demande de l’opérateur économique concerné, ou lorsqu’il n’y a plus d’activité douanière depuis trois ans ou qu’un opérateur économique n’existe plus; |
| j) | lorsque la nature ou le niveau d’une menace pour les intérêts financiers de l’Union ou de ses États membres l’exige. |
7. Une décision qui a des conséquences défavorables pour le demandeur expose les raisons qui la motivent et mentionne le droit de recours prévu à l’article 18.
8. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en définissant:
| a) | les données requises pour les demandes et décisions visées au présent article; |
| b) | les conditions d’acceptation d’une demande visées au paragraphe 2 du présent article; |
| c) | les cas spécifiques dans lesquels le délai imparti pour arrêter une décision spécifique et la période limite de prolongation éventuelle de ce délai diffèrent des délais visés au paragraphe 3 du présent article; |
| d) | les cas spécifiques, visés au paragraphe 4 du présent article, dans lesquels la décision prend effet à une date différente de la date à laquelle le demandeur en est informé ou est réputé en avoir été informé; |
| e) | les cas spécifiques, visés au paragraphe 5 du présent article, dans lesquels la validité de la décision est limitée dans le temps; |
| f) | la durée du délai visé au paragraphe 6, premier alinéa, du présent article; |
| g) | les règles relatives aux cas visés au paragraphe 6, second alinéa, du présent article. |
9. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués en conformité avec l’article 282 pour modifier les paragraphes 2 et 3 du présent article afin de raccourcir les délais qui y sont visés, le cas échéant, une fois que la plateforme des données douanières de l’UE sera opérationnelle.
10. La Commission adopte des actes d’exécution établissant la procédure relative à:
| a) | l’introduction et l’acceptation de la demande de décision, visées aux paragraphes 1 et 2; |
| b) | l’adoption des décisions visées au présent article, y compris, le cas échéant, en ce qui concerne le droit d’être entendu et la consultation des autres États membres concernés. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 9
Gestion des décisions arrêtées à la suite d’une demande
1. Le titulaire de la décision satisfait aux obligations qui en découlent.
2. Le titulaire de la décision vérifie en permanence l’observation des critères et le respect des conditions, ainsi que le respect des obligations, découlant de ladite décision et, le cas échéant, met en place des contrôles internes permettant de prévenir, de détecter et de corriger les opérations illégales ou irrégulières.
3. Le titulaire de la décision informe, sans tarder, les autorités douanières de tout événement survenu après l’adoption de la décision et susceptible d’avoir une incidence sur le maintien ou le contenu de ladite décision.
4. Les autorités douanières vérifient régulièrement si le titulaire de la décision remplit toujours les critères applicables et continue de respecter les obligations qui lui incombent, en particulier la capacité du titulaire de la décision à prévenir les erreurs et à y réagir et à y remédier au moyen de contrôles internes appropriés, ainsi qu’à notifier aux autorités douanières tout soupçon de fraude douanière dont le titulaire a connaissance, ou aurait raisonnablement dû avoir connaissance, ou toute information susceptible d’entraîner sa détection, en particulier conformément aux articles 27, 28, 30 et 31. Sur la base de cette activité de vérification, les autorités douanières évaluent le profil de risque du titulaire de la décision, le cas échéant. Lorsque le titulaire de la décision est établi sur le territoire douanier de l’Union depuis moins de trois ans, les autorités douanières surveillent de près le titulaire durant la première année suivant la date à laquelle la décision a été arrêtée.
5. Les autorités douanières communiquent à l’Autorité douanière de l’UE les décisions arrêtées à la suite d’une demande et toutes les activités de vérification qu’elles effectuent conformément au paragraphe 4. L’Autorité douanière de l’UE tient compte de ces informations aux fins de la gestion des risques.
6. Jusqu’au 28 février 2034, les autorités douanières enregistrent leurs décisions dans les systèmes électroniques existants d’échange d’informations mis au point par la Commission et les États membres. La Commission et les États membres ont accès à ces décisions et aux informations sous-jacentes enregistrées dans ces systèmes.
7. Sans préjudice d’autres dispositions applicables précisant les cas dans lesquels les décisions sont sans effet ou perdent leur effet, les autorités douanières qui ont arrêté une décision peuvent à tout moment l’annuler, la révoquer ou la modifier lorsqu’elle n’est pas conforme à la législation douanière. Les autorités douanières informent l’Autorité douanière de l’UE de cette annulation, révocation ou modification des décisions douanières, à moins que ces informations ne soient déjà disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE.
8. Dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, les autorités douanières réévaluent une décision.
9. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en définissant:
| a) | des règles détaillées relatives à la vérification de décisions visées aux paragraphes 2, 3 et 4 du présent article; |
| b) | les cas spécifiques dans lesquels les décisions doivent être réévaluées, comme prévu au paragraphe 8 du présent article, et les règles applicables à cette réévaluation. |
Article 10
Validité des décisions à l’échelle de l’Union
Les décisions relatives à l’application de la législation douanière sont valables sur tout le territoire douanier de l’Union, sauf lorsque les effets d’une décision sont limités à un ou plusieurs États membres.
Article 11
Annulation de décisions favorables
1. Les autorités douanières annulent une décision favorable au titulaire de la décision si toutes les conditions suivantes sont réunies:
| a) | la décision a été arrêtée sur la base d’éléments inexacts ou incomplets; |
| b) | le titulaire de la décision connaissait ou aurait raisonnablement dû connaître le caractère inexact ou incomplet des éléments; |
| c) | la décision aurait été différente si les éléments avaient été exacts et complets. |
2. Le titulaire de la décision est informé de l’annulation de la décision.
3. L’annulation d’une décision prend effet à compter de la date à laquelle la décision initiale a pris effet, sauf disposition contraire dans la décision relative à ladite annulation conformément à la législation douanière.
4. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles relatives à l’annulation de décisions favorables. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 12
Révocation, suspension et modification de décisions favorables
1. Une décision favorable est révoquée ou modifiée:
| a) | lorsqu’une ou plusieurs des conditions fixées pour son adoption ne sont pas ou plus respectées; |
| b) | lorsque le titulaire de la décision ne remplit pas les obligations imposées par cette décision; ou |
| c) | lorsque le titulaire de la décision en fait la demande. |
2. Une décision favorable est suspendue:
| a) | lorsque l’autorité douanière estime qu’il existerait des motifs suffisants pour annuler, révoquer ou modifier la décision, mais ne dispose pas encore de tous les éléments nécessaires pour se prononcer sur l’annulation, la révocation ou la modification; |
| b) | lorsque l’autorité douanière estime que les conditions de la décision ne sont pas remplies ou que le titulaire de la décision ne respecte pas les obligations qu’impose cette décision et qu’il est approprié de laisser au titulaire de la décision suffisamment de temps pour prendre des mesures en vue de garantir le respect des conditions ou des obligations; |
| c) | lorsque le titulaire de la décision demande cette suspension car il est temporairement dans l’incapacité de remplir les conditions fixées dans ladite décision ou de respecter les obligations imposées par ladite décision. |
Dans les cas visés aux points b) et c), le titulaire de la décision notifie à l’autorité douanière compétente pour arrêter la décision les mesures qu’il prendra pour garantir le respect des conditions ou des obligations ainsi que le délai nécessaire pour prendre ces mesures.
3. Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, une décision favorable adressée à plusieurs destinataires ne peut être révoquée qu’à l’égard d’une personne qui ne se conforme pas à une obligation lui incombant au titre de cette décision.
4. Le titulaire de la décision est informé de la révocation, de la suspension ou de la modification de la décision.
5. L’article 8, paragraphe 4, s’applique en cas de révocation, de suspension ou de modification de la décision.
Toutefois, dans les cas exceptionnels dans lesquels les intérêts légitimes du titulaire de la décision l’exigent, les autorités douanières peuvent reporter la date de prise d’effet de la révocation ou de la modification d’un an au maximum. Cette date est indiquée dans la décision de révocation ou de modification.
6. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en définissant:
| a) | les cas spécifiques, visés au paragraphe 3, dans lesquels les autorités douanières sont autorisées à révoquer une décision favorable adressée à plusieurs destinataires à l’égard de personnes autres que la personne qui ne s’est pas conformée à une obligation lui incombant au titre de cette décision; |
| b) | les cas exceptionnels dans lesquels les autorités douanières sont autorisées à reporter la date de prise d’effet de la révocation ou de la modification en conformité avec le paragraphe 5, second alinéa. |
7. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles de procédure relatives à la révocation, la suspension ou la modification de décisions favorables. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 13
Décisions arrêtées en l’absence de demande
Sauf lorsqu’une autorité douanière agit en qualité d’autorité judiciaire, l’article 8, paragraphes 4 à 7, l’article 9, paragraphe 7, et les articles 10, 11 et 12 s’appliquent mutatis mutandis aux décisions arrêtées par les autorités douanières en l’absence de demande de la personne concernée.
Article 14
Limitations applicables aux décisions relatives aux marchandises placées sous un régime douanier ou en dépôt temporaire
Sauf en cas de demande de la personne concernée, la révocation, la modification ou la suspension d’une décision favorable n’a pas d’incidence sur les marchandises qui, au moment où la révocation, la modification ou la suspension prend effet, ont déjà été placées sous un régime douanier et se trouvent toujours sous ledit régime douanier, ou sont en dépôt temporaire, à la suite de la décision révoquée, modifiée ou suspendue.
Article 15
Décisions en matière de renseignements contraignants
1. Les autorités douanières prennent, sur demande, des décisions en matière de renseignements tarifaires contraignants (ci-après dénommées «décisions RTC»), des décisions en matière de renseignements contraignants en matière d’origine (ci-après dénommées «décisions RCO») et des décisions en matière de renseignements contraignants sur la valeur en douane (ci-après dénommées «décisions RCV»).
De telles demandes ne sont pas acceptées dans les cas suivants:
| a) | la demande est présentée, ou a été présentée précédemment, au même bureau ou à un autre bureau de douane, par le titulaire d’une décision ou pour son compte:
|
| b) | la demande ne correspond à aucune utilisation prévue d’une décision en matière de renseignements contraignants ou à aucune utilisation prévue d’un régime douanier. |
2. Les décisions en matière de renseignements contraignants sont contraignantes uniquement en ce qui concerne le classement tarifaire ou la détermination de l’origine ou de la valeur en douane des marchandises concernées pour:
| a) | les autorités douanières, en ce qui concerne le titulaire de la décision, uniquement à l’égard des marchandises pour lesquelles les formalités douanières sont accomplies après la date à laquelle la décision prend effet; |
| b) | le titulaire de la décision, en ce qui concerne les autorités douanières, uniquement à partir de la date à laquelle la notification de la décision est reçue ou réputée reçue par celui-ci. |
3. Les décisions en matière de renseignements contraignants sont valables trois ans à compter de la date à laquelle elles prennent effet.
4. Aux fins de l’application d’une décision en matière de renseignements contraignants dans le cadre d’un régime douanier particulier, le titulaire d’une telle décision est en mesure de prouver:
| a) | dans le cas d’une décision RTC, que les marchandises en question correspondent à tous égards à celles décrites dans la décision; |
| b) | dans le cas d’une décision RCO, que les marchandises en question et les conditions déterminant l’acquisition de l’origine correspondent à tous égards aux marchandises et aux conditions décrites dans la décision; |
| c) | dans le cas d’une décision RCV, que les conditions déterminant la valeur en douane des marchandises en question correspondent à tous égards aux conditions décrites dans la décision. |
Article 16
Gestion des décisions en matière de renseignements contraignants
1. Une décision RTC cesse d’être valable avant le terme de la période visée à l’article 15, paragraphe 3, lorsqu’elle n’est plus conforme au droit à la suite de:
| a) | l’adoption d’une modification des nomenclatures visées à l’article 166, paragraphe 2, points a) et b); ou |
| b) | l’adoption de mesures visées à l’article 167, paragraphe 4. |
En pareils cas, la décision RTC cesse d’être valable avec prise d’effet à la date d’application de la modification ou des mesures.
2. Une décision RCO cesse d’être valable avant le terme de la période visée à l’article 15, paragraphe 3:
| a) | lorsque la décision RCO n’est plus conforme au droit de l’Union à la suite de l’adoption d’un acte juridiquement contraignant de l’Union ou de la conclusion d’un accord par l’Union qui entre en application dans l’Union, la décision RCO cessant d’être valable avec prise d’effet à compter de la date d’application dudit acte ou accord; ou |
| b) | lorsque la décision RCO n’est plus compatible avec l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les règles d’origine ou avec les avis consultatifs, les informations, les conseils et les actes similaires concernant la détermination de l’origine des marchandises pour garantir une interprétation et une application uniformes dudit accord, la décision RCO cessant d’être valable avec prise d’effet à compter de la date de leur publication au Journal officiel de l’Union européenne. |
3. Une décision RCV cesse d’être valable avant le terme de la période visée à l’article 15, paragraphe 3:
| a) | lorsque la décision RCV n’est plus conforme au droit de l’Union à la suite de l’adoption d’un acte juridiquement contraignant de l’Union, la décision RCV cessant d’être valable à compter de la date d’application dudit acte; ou |
| b) | lorsque la décision RCV n’est plus compatible avec l’article VII de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, ou l’accord relatif à la mise en œuvre de l’article VII de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 (31), ou avec les décisions adoptées aux fins de l’interprétation dudit accord par le comité de l’évaluation en douane, la décision RCV cessant d’être valable à compter de la date de leur publication au Journal officiel de l’Union européenne. |
4. La cessation de validité des décisions en matière de renseignements contraignants n’a pas d’effet rétroactif.
5. Par dérogation à l’article 9, paragraphe 7, et à l’article 11, les autorités douanières annulent les décisions en matière de renseignements contraignants uniquement lorsque celles-ci sont fondées sur des informations inexactes ou incomplètes fournies par les demandeurs.
6. Les autorités douanières révoquent les décisions en matière de renseignements contraignants conformément à l’article 9, paragraphe 7, et à l’article 12. Ces décisions ne sont toutefois pas révoquées à la demande du titulaire de la décision.
7. Les décisions en matière de renseignements contraignants ne sont pas modifiées.
8. Les autorités douanières révoquent les décisions RTC lorsque celles-ci sont devenues incompatibles avec l’interprétation d’une des nomenclatures visées à l’article 166, paragraphe 2, points a) et b), à la suite d’un des événements suivants:
| a) | l’adoption de notes explicatives visées à l’article 9, paragraphe 1, point a), premier tiret, du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil (32), la décision RTC étant révoquée avec prise d’effet à la date de publication de ces notes explicatives au Journal officiel de l’Union européenne; |
| b) | le prononcé d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, la décision RTC étant révoquée avec prise d’effet à la date de publication du dispositif de l’arrêt au Journal officiel de l’Union européenne; |
| c) | l’adoption de décisions de classement, d’avis de classement ou de modifications des notes explicatives de la nomenclature du système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, adoptés par l’organisation établie par la Convention portant création d’un Conseil de coopération douanière faite à Bruxelles le 15 décembre 1950, la décision RTC étant révoquée avec prise d’effet à la date de publication de la communication correspondante de la Commission au Journal officiel de l’Union européenne, série C. |
9. Les décisions RCO et RCV sont révoquées lorsqu’elles ne sont plus compatibles avec un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, avec prise d’effet à la date de publication du dispositif de l’arrêt au Journal officiel de l’Union européenne.
10. Lorsqu’une décision en matière de renseignements contraignants cesse d’être valable conformément au paragraphe 1, point b), ou au paragraphe 2 ou 3, ou est révoquée conformément au paragraphe 6, 8 ou 9, la décision peut encore être utilisée en ce qui concerne les contrats fermes et définitifs qui étaient fondés sur cette décision et ont été conclus avant la cessation de sa validité ou sa révocation. Cette utilisation prolongée ne s’applique pas lorsqu’une décision RCO est adoptée pour des marchandises destinées à l’exportation.
La période d’utilisation prolongée visée au premier alinéa n’excède pas six mois à compter de la date à laquelle la décision en matière de renseignements contraignants cesse d’être valable ou est révoquée. Toutefois, une mesure visée à l’article 167, paragraphe 4, une mesure visée à l’article 172 ou une mesure visée à l’article 182 peut exclure ladite utilisation prolongée ou fixer une période plus courte. Lorsqu’il s’agit de produits pour lesquels un certificat d’importation ou d’exportation est présenté lors de l’accomplissement des formalités douanières, la période pour laquelle le certificat en question reste valable se substitue à la période de six mois.
Afin de bénéficier de l’utilisation prolongée d’une décision en matière de renseignements contraignants, le titulaire de cette décision soumet une demande auprès de l’autorité douanière qui a arrêté ladite décision dans un délai de trente jours à compter de la date à laquelle celle-ci cesse d’être valable ou est révoquée, en précisant les quantités pour lesquelles l’utilisation prolongée est sollicitée et le ou les États membres dans lesquels les marchandises seront dédouanées au cours de la période d’utilisation prolongée. Cette autorité douanière arrête une décision concernant l’utilisation prolongée et la notifie au titulaire concerné sans tarder et au plus tard dans les trente jours qui suivent la date à laquelle elle a reçu toutes les informations requises pour être en mesure de statuer.
11. La Commission notifie aux autorités douanières:
| a) | la suspension de l’adoption de décisions en matière de renseignements contraignants pour les marchandises dont un classement tarifaire ou une détermination de l’origine ou de la valeur en douane corrects et uniformes ne sont pas assurés; ou |
| b) | le retrait de la suspension visée au point a). |
12. La Commission peut adopter des actes d’exécution, sous la forme de décisions, demandant aux États membres de révoquer une décision RTC, une décision RCO ou une décision RCV afin de garantir un classement tarifaire ou une détermination de l’origine ou de la valeur en douane corrects et uniformes des marchandises.
Avant d’adopter une telle décision, la Commission informe le titulaire de la décision RTC, de la décision RCO ou de la décision RCV des motifs sur lesquels elle compte fonder sa décision, lequel a la possibilité d’exprimer son point de vue dans un délai déterminé à compter de la date à laquelle il reçoit ou est réputé avoir reçu cette communication desdits motifs.
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure consultative visée à l’article 283, paragraphe 2.
13. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en établissant les règles régissant l’adoption des décisions visées au paragraphe 12 du présent article, y compris en ce qui concerne la communication aux personnes concernées des motifs sur lesquels la Commission compte fonder ses décisions et le délai dans lequel lesdites personnes peuvent exprimer leur point de vue.
14. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles de procédure relatives à:
| a) | l’utilisation d’une décision en matière de renseignements contraignants ayant cessé d’être valable ou ayant été révoquée, conformément au paragraphe 10 du présent article; |
| b) | la notification aux autorités douanières conformément au paragraphe 11 du présent article. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 17
Décisions prises par une autorité judiciaire
Les articles 18 et 19 ne s’appliquent pas aux recours introduits en vue de l’annulation, de la révocation ou de la modification d’une décision relative à l’application de la législation douanière prise par une autorité judiciaire, ou par les autorités douanières agissant en qualité d’autorité judiciaire.
Article 18
Droit de recours
1. Toute personne a un droit de recours contre une décision relative à l’application de la législation douanière prise par les autorités douanières, pour autant que la décision concerne cette personne directement et individuellement.
Toute personne qui a sollicité une décision auprès des autorités douanières mais qui n’en a pas obtenu dans le délai visé à l’article 8, paragraphe 3, est également habilitée à exercer un droit de recours.
2. Le droit de recours peut être exercé au minimum en deux étapes:
| a) | dans un premier temps, devant les autorités douanières ou une autorité judiciaire ou un autre organisme désigné à cet effet par l’État membre concerné; |
| b) | dans un second temps, devant une instance supérieure indépendante, qui peut être une autorité judiciaire ou un organisme spécialisé équivalent, en fonction du droit national de l’État membre concerné. |
3. Le recours est introduit dans l’État membre où la décision a été prise ou sollicitée.
4. Les États membres veillent à ce que la procédure de recours permette de confirmer ou de rectifier rapidement les décisions prises par les autorités douanières.
Article 19
Suspension de l’exécution
1. L’introduction d’un recours n’a pas pour effet de suspendre l’exécution de la décision faisant l’objet du recours.
2. Nonobstant le paragraphe 1, les autorités douanières suspendent en tout ou en partie l’exécution de ladite décision lorsqu’elles ont de bonnes raisons de douter de la conformité de la décision faisant l’objet du recours à la législation douanière ou de penser qu’un dommage irréparable pourrait être subi par la personne concernée.
3. Dans les cas visés au paragraphe 2, lorsque la décision faisant l’objet du recours a pour effet l’application de droits à l’importation ou à l’exportation, la suspension de l’exécution de cette décision est subordonnée à la constitution d’une garantie, à moins qu’il ne soit établi, sur la base d’une appréciation documentée, que cette garantie serait de nature à causer de graves difficultés d’ordre économique ou social au débiteur.
Article 20
Frais, coûts et frais de traitement de l’Union
1. Les autorités douanières ne demandent le paiement d’aucuns frais pour l’accomplissement des contrôles douaniers ou de tout autre acte lié à l’application de la législation douanière effectué pendant les heures d’ouverture officielles de leurs bureaux de douane compétents.
2. Par dérogation au paragraphe 1, les autorités douanières perçoivent des frais de traitement de l’Union d’un montant fixe par article pour les services à fournir aux fins du traitement d’une demande de placement de marchandises sous le régime de la mise en libre pratique de marchandises lorsque ces marchandises sont vendues dans le cadre de ventes à distance.
3. Le montant des frais de traitement de l’Union visés au paragraphe 2 correspond aux coûts approximatifs des services visés audit paragraphe. Ces coûts comprennent au moins les coûts liés à la vérification des données, à la réalisation d’une analyse de risque, à l’infrastructure pertinente et aux contrôles, y compris les services rendus par l’Autorité douanière de l’UE.
4. Le montant visé au paragraphe 2 est inférieur lorsque la mise en libre pratique a pour objet des biens vendus dans le cadre de ventes à distance à partir d’un entrepôt douanier pour des ventes à distance.
5. Le débiteur de la dette douanière à l’importation paie les frais de traitement de l’Union au moins une fois par mois aux autorités douanières compétentes pour la mise en libre pratique des marchandises au moment du paiement de la dette douanière. En l’absence de dette douanière, la personne qui aurait été le débiteur en cas de dette douanière est le débiteur des frais de traitement de l’Union.
En ce qui concerne les questions pour lesquelles aucune règle spécifique n’est prévue ou établie en vertu du présent article, les dispositions relatives à la dette douanière s’appliquent mutatis mutandis aux frais de traitement de l’Union.
6. Les frais de traitement de l’Union ne sont pas remboursables.
7. Jusqu’au 30 juin 2028, conformément à l’article 285, paragraphe 2, la Commission fournit une solution informatique appropriée au niveau de l’Union aux fins du calcul des frais de traitement de l’Union.
8. La Commission élabore tous les deux ans un rapport évaluant le coût approximatif des services visés aux paragraphes 2 et 3.
9. Les États membres peuvent déterminer et appliquer des frais ou recouvrer des coûts pour des services spécifiques autres que ceux visés au paragraphe 2, notamment:
| a) | la présence requise du personnel douanier en dehors des heures de bureau officielles ou dans des locaux autres que ceux de la douane; |
| b) | des analyses ou des expertises de marchandises ainsi que des frais postaux pour leur renvoi au demandeur, notamment en rapport avec des décisions prises au titre de l’article 15 ou des informations fournies au titre de l’article 25; |
| c) | l’examen ou le prélèvement d’échantillons de marchandises à des fins de vérification, ou la destruction de marchandises, en cas de frais autres que ceux liés au recours au personnel douanier; |
| d) | des mesures exceptionnelles de contrôle nécessaires en raison de la nature des marchandises ou d’un risque potentiel. |
10. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent article en fixant le montant des frais de traitement de l’Union visés aux paragraphes 2 et 3 du présent article.
11. La Commission peut adopter des actes d’exécution établissant la procédure de perception des frais de traitement de l’Union auprès de l’opérateur économique. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
CHAPITRE 5
Conversions monétaires et délais
Article 21
Conversions monétaires
1. Les autorités compétentes publient, le cas échéant également en le mettant à disposition en ligne, le taux de change applicable lorsqu’une conversion monétaire est nécessaire pour l’une des raisons suivantes:
| a) | les éléments servant à déterminer la valeur en douane d’une marchandise sont exprimés dans une monnaie autre que celle de l’État membre dans lequel est déterminée la valeur en douane; |
| b) | la contre-valeur de l’euro en monnaies nationales est requise pour déterminer le classement tarifaire des marchandises et le montant des droits à l’importation et à l’exportation, y compris lorsqu’elle est requise pour l’application des seuils de valeur établis dans le tarif douanier commun. |
2. Lorsqu’une conversion monétaire est nécessaire pour des raisons autres que celles visées au paragraphe 1, la contre-valeur de l’euro en monnaies nationales à appliquer dans le cadre de la législation douanière est fixée au minimum une fois par an.
3. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles relatives aux conversions monétaires aux fins visées aux paragraphes 1 et 2 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 22
Délais, dates et termes
1. Lorsqu’un délai, une date ou un terme est fixé dans la législation douanière, ce délai ne peut être prolongé ou réduit et cette date ou ce terme ne peut être reporté ou avancé, sauf disposition contraire de ladite législation.
2. Les règles applicables aux délais, aux dates et aux termes énoncées dans le règlement (CEE, Euratom) no 1182/71 du Conseil (33) s’appliquent, sauf dispositions contraires de la législation douanière.
CHAPITRE 6
Autres dispositions
Article 23
Confidentialité des données
1. Les données de nature confidentielle ou fournies à titre confidentiel obtenues par les autorités douanières ou par l’Autorité douanière de l’UE restent confidentielles. Néanmoins, ces données peuvent être divulguées lorsque les autorités douanières ou l’Autorité douanière de l’UE ont l’obligation ou l’autorisation de le faire en vertu du droit de l’Union ou du droit national, en particulier pour des raisons liées à des procédures judiciaires.
2. Les États membres peuvent désigner, en concertation avec la Commission, des données spécifiques dont la divulgation porterait atteinte aux intérêts essentiels de leur sécurité, qui doivent être marquées techniquement sur la plateforme des données douanières de l’UE de manière à ce que tout traitement ultérieur de ces données soit limité aux autorités compétentes de l’État membre concerné, à moins que ces autorités n’autorisent expressément un traitement ultérieur par une autre personne. La personne qui transmet les données à la plateforme des données douanières de l’UE définit clairement les limites de traitement des catégories de données qui peuvent être liées aux chaînes d’approvisionnement spécifiques ou aux catégories de données.
3. Aux fins du paragraphe 2, l’État membre concerné informe la Commission des intérêts essentiels spécifiques en matière de sécurité qui sont en jeu et explique pourquoi il estime que ces intérêts pourraient ne pas être suffisamment protégés dans le cadre général des dispositions relatives au traitement des données sur la plateforme des données douanières de l’UE.
4. Toute divulgation, extraction ou communication de données au titre du présent règlement s’effectue avec un niveau adéquat de protection des données.
5. Sans préjudice de la directive (UE) 2016/943 du Parlement européen et du Conseil (34), à compter du 1er mars 2031, les autorités douanières des États membres ou l’Autorité douanière de l’UE mettent à disposition, sur demande, des données douanières agrégées non confidentielles, à caractère non personnel et non sensibles sur le plan commercial.
6. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les procédures applicables aux demandes de données visées au paragraphe 5 du présent article, ainsi que la forme des données et les catégories de données qui peuvent être mises à disposition sur demande. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 24
Échange d’informations complémentaires entre les autorités douanières et les opérateurs économiques
1. Les autorités douanières et les opérateurs économiques peuvent échanger des informations qui ne sont pas expressément exigées par la législation douanière, et en particulier lorsque ces informations sont échangées aux fins de la coopération mutuelle visant à identifier et à contrer les risques. Cet échange peut s’effectuer en vertu d’un accord écrit et prévoir l’accès aux systèmes électroniques des opérateurs économiques par les autorités douanières.
2. À moins que les parties n’en conviennent autrement ou que le droit de l’Union ou le droit national n’en dispose autrement, toute information fournie par une partie à une autre dans le cadre de la coopération visée au paragraphe 1 est considérée comme confidentielle.
Article 25
Communication d’informations par les autorités douanières
1. Toute personne peut demander aux autorités douanières des informations concernant l’application de la législation douanière. Les autorités douanières peuvent refuser cette demande si celle-ci ne se rapporte pas à une activité en matière de commerce international de marchandises qui est effectivement envisagée.
2. Les autorités douanières entretiennent un dialogue régulier avec les opérateurs économiques et d’autres autorités associées au commerce international des marchandises. Elles favorisent la transparence en mettant à la disposition du public, dans la mesure du possible gratuitement, y compris en ligne, la législation douanière, les décisions administratives générales et les formulaires de demande pertinents.
TITRE II
OBLIGATIONS ET DROITS DES PERSONNES AU REGARD DE LA LÉGISLATION DOUANIÈRE
CHAPITRE 1
Enregistrement
Article 26
Enregistrement
1. Les opérateurs économiques établis sur le territoire douanier de l’Union s’enregistrent auprès des autorités douanières de l’État membre d’établissement afin d’obtenir un numéro EORI. Dans la mesure du possible, ledit enregistrement comprend également l’identification électronique de l’opérateur économique dans les schémas nationaux d’identification électronique visés dans le règlement (UE) no 910/2014 du Parlement européen et du Conseil (35).
2. Les opérateurs économiques enregistrés informent les autorités douanières de toute modification de leurs données d’enregistrement, en particulier toute modification de leur lieu d’établissement.
3. Dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, les opérateurs économiques qui ne sont pas établis sur le territoire douanier de l’Union s’enregistrent auprès des autorités douanières de l’État membre dans lequel ils réalisent la première activité couverte par la législation douanière.
4. Les personnes autres que les opérateurs économiques ne sont pas tenues de s’enregistrer auprès des autorités douanières, sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière.
Lorsque les personnes autres que les opérateurs économiques sont tenues de s’enregistrer auprès des autorités douanières, les dispositions suivantes s’appliquent:
| a) | si ces personnes sont établies sur le territoire douanier de l’Union, elles s’enregistrent auprès de l’autorité douanière de l’État membre d’établissement; |
| b) | si ces personnes ne sont pas établies sur le territoire douanier de l’Union, elles s’enregistrent auprès de l’autorité douanière de l’État membre dans lequel elles déposent une déclaration, fournissent ou mettent à disposition des données ou sollicitent une décision en premier. |
5. Dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, les autorités douanières invalident l’enregistrement visé au paragraphe 1. Cette invalidation est dûment justifiée.
6. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement:
| a) | en fixant les exigences minimales en matière de données pour l’enregistrement visé au paragraphe 1 du présent article; |
| b) | en déterminant les cas visés au paragraphe 3 du présent article, dans lesquels les opérateurs économiques qui ne sont pas établis sur le territoire douanier de l’Union sont tenus de s’enregistrer auprès des autorités douanières; |
| c) | en déterminant les cas spécifiques visés au paragraphe 4, premier alinéa, du présent article, dans lesquels les personnes autres que les opérateurs économiques sont tenues de s’enregistrer auprès des autorités douanières; |
| d) | en déterminant les cas spécifiques visés au paragraphe 5 du présent article, dans lesquels les autorités douanières sont tenues d’invalider un enregistrement. |
7. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles relatives à la détermination de l’autorité douanière compétente pour l’enregistrement visé au paragraphe 1 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
CHAPITRE 2
Importateur
Article 27
Importateurs
1. Il n’y a qu’un seul importateur à la fois.
2. L’importateur:
| a) | fournit ou met à la disposition des autorités douanières, dès qu’elles sont disponibles et en tout état de cause avant la mainlevée des marchandises, et conserve toutes les informations requises en ce qui concerne le stockage temporaire ou le régime douanier sous lequel les marchandises doivent être placées conformément à l’article 74, 104, 109, 142, 153, 156 ou 158, ou requises aux fins de l’apurement du régime de perfectionnement passif; |
| b) | veille au paiement de tout droit de douane et de toute autre imposition applicable; |
| c) | garantit que les marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union sont conformes aux autres législations pertinentes appliquées par les autorités douanières et fournit ou met à disposition et conserve les écritures appropriées attestant cette conformité; |
| d) | notifie aux autorités douanières toute information concernant les mouvements suspects ou les manipulations non autorisées de marchandises dont il a connaissance; |
| e) | respecte toute autre obligation incombant à l’importateur prévue par la législation douanière. |
3. L’importateur est établi sur le territoire douanier de l’Union.
Cette exigence ne s’applique pas à un importateur qui:
| a) | place des marchandises sous le régime de transit ou le régime de l’admission temporaire; |
| b) | introduit des marchandises qui restent en dépôt temporaire; |
| c) | place des marchandises sous un régime douanier à titre occasionnel, pour autant que les autorités douanières estiment que ce placement est justifié; |
| d) | est établi dans un pays dont le territoire est adjacent au territoire douanier de l’Union et présente les marchandises dans un bureau de douane de l’Union frontalier adjacent à ce pays, pour autant que ce pays dans lequel l’importateur est établi offre des avantages réciproques aux personnes établies sur le territoire douanier de l’Union; ou |
| e) | est représenté par un représentant indirect établi sur le territoire douanier de l’Union. |
CHAPITRE 3
Exportateur
Article 28
Exportateurs
1. L’exportateur:
| a) | fournit ou met à la disposition des autorités douanières, dès qu’elles sont disponibles et en tout état de cause avant la mainlevée des marchandises, et conserve toutes les informations requises en ce qui concerne le régime douanier sous lequel les marchandises doivent être placées conformément à l’article 114, à l’article 116 ou à l’article 161, ou requises aux fins de l’apurement du régime visé à l’article 54, paragraphe 4, ou à l’article 142, 153, 156 ou 158; |
| b) | veille au paiement de tout droit de douane et de toute autre imposition applicable; |
| c) | garantit que les marchandises qui sortent du territoire douanier de l’Union sont conformes aux autres législations pertinentes appliquées par les autorités douanières et fournit ou met à disposition et conserve les écritures appropriées attestant cette conformité; |
| d) | notifie aux autorités douanières toute information concernant les mouvements suspects ou les manipulations non autorisées de marchandises dont il a connaissance; |
| e) | respecte toute autre obligation incombant à l’exportateur prévue par la législation douanière. |
2. L’exportateur est établi sur le territoire douanier de l’Union.
Cette exigence ne s’applique pas à un exportateur qui:
| a) | place des marchandises sous le régime de transit, apure le régime de l’admission temporaire ou réexporte des marchandises en dépôt temporaire; |
| b) | transborde des marchandises dans une zone franche ou les réexporte directement d’une zone franche; |
| c) | place des marchandises sous un régime douanier ou les réexporter à titre occasionnel, pour autant que les autorités douanières estiment que ce placement ou cette réexportation est justifié; |
| d) | est établi dans un pays dont le territoire est adjacent au territoire douanier de l’Union et présente les marchandises dans un bureau de douane de l’Union frontalier adjacent à ce pays, pour autant que ce pays dans lequel l’exportateur est établi offre des avantages réciproques aux personnes établies sur le territoire douanier de l’Union; ou |
| e) | est représenté par un représentant indirect établi sur le territoire douanier de l’Union. |
CHAPITRE 4
Opérateurs économiques agréés et opérateurs économiques de confiance certifiés
Article 29
Demande et autorisation pour les opérateurs économiques agréés
1. Un opérateur économique établi sur le territoire douanier de l’Union et satisfaisant aux critères énoncés à l’article 30 peut introduire une demande pour bénéficier du statut d’opérateur économique agréé.
2. Les autorités douanières peuvent, après consultation d’autres autorités, accorder, si nécessaire, l’un des types d’autorisations suivants ou les deux:
| a) | celle relative au statut d’opérateur économique agréé pour les simplifications douanières, qui permet au titulaire de bénéficier de ces simplifications conformément à la législation douanière; ou |
| b) | celle relative au statut d’opérateur économique agréé pour la sûreté et la sécurité, qui permet au titulaire de bénéficier de mesures de facilitation en matière de sûreté et de sécurité. |
3. Un opérateur économique visé au paragraphe 1 peut être titulaire des deux types d’autorisations visés au paragraphe 2 en même temps.
4. Un opérateur économique agréé se conforme aux obligations énoncées à l’article 9, paragraphes 2 et 3. Les autorités douanières vérifient si l’opérateur économique agréé continue de remplir les critères pertinents et de respecter les obligations qui leur incombent conformément à l’article 9, paragraphe 4.
Au moins tous les trois ans, les autorités douanières procèdent à une vérification approfondie des activités et des registres internes de l’opérateur économique agréé, y compris par une visite sur place.
5. Sous réserve du paragraphe 6 du présent article et de l’article 30, le statut d’opérateur économique agréé est reconnu par les autorités douanières de tous les États membres.
6. Sur la base de la reconnaissance du statut d’opérateur économique agréé et à condition que les exigences liées à un type spécifique de simplification prévu dans la législation douanière soient remplies, les autorités douanières autorisent l’opérateur considéré à bénéficier de cette simplification. Les autorités douanières ne réexaminent pas les critères ayant déjà été examinés lors de l’octroi du statut d’opérateur économique agréé.
7. Un opérateur économique agréé bénéficie d’un plus grand nombre de mesures de facilitation que les autres opérateurs économiques en matière de contrôles douaniers. Le statut d’opérateur économique agréé est pris en considération de manière favorable aux fins de la gestion des risques douaniers.
8. Les autorités douanières accordent les avantages découlant du statut d’opérateur économique agréé pour la sûreté et la sécurité aux personnes établies dans des pays tiers qui satisfont aux critères et se conforment aux obligations énoncées dans la législation pertinente de ces pays, si ces critères et obligations sont reconnus par l’Union comme étant équivalents à ceux imposés aux opérateurs économiques agréés établis sur le territoire douanier de l’Union. Les avantages accordés le sont sur la base du principe de réciprocité, à moins que l’Union n’en décide autrement, et reposent sur un accord international auquel l’Union est partie ou sur un acte juridique de l’Union dans le domaine de la politique commerciale commune.
9. Dans le cadre des protocoles et procédures de gestion de crise établis à l’article 227, l’Autorité douanière de l’UE élabore un système de continuité des opérations afin de remédier aux perturbations des flux commerciaux dues à l’augmentation des niveaux d’alerte en matière de sécurité, à la fermeture des frontières, aux catastrophes naturelles, aux situations dangereuses ou à d’autres incidents majeurs. Le système de continuité des opérations prévoit que les autorités douanières peuvent faciliter et accélérer, dans la mesure du possible, l’acheminement des marchandises prioritaires expédiées par les opérateurs économiques agréés.
10. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en déterminant:
| a) | les simplifications visées au paragraphe 6 du présent article; |
| b) | les mesures de facilitation visées au paragraphe 7 du présent article. |
11. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles de procédure relatives aux consultations en ce qui concerne la détermination du statut d’opérateurs économiques agréés visé au paragraphe 2 du présent article, y compris les délais de réponse. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 30
Octroi du statut d’opérateur économique agréé
1. Les critères d’octroi du statut d’opérateur économique agréé sont les suivants:
| a) | le demandeur n’a fait l’objet d’aucune condamnation pour des infractions pénales graves liées à des activités économiques ou commerciales, et d’aucune condamnation pour des infractions graves ou répétées liées à ces activités, et concernant:
|
| b) | le demandeur démontre:
|
| c) | le demandeur est financièrement solvable, ce qui est réputé être le cas lorsque sa situation financière est suffisamment satisfaisante pour lui permettre de s’acquitter de ses engagements, en tenant dûment compte des caractéristiques du type d’activité économique concernée; |
| d) | en ce qui concerne l’autorisation visée à l’article 29, paragraphe 2, point a), le demandeur applique des normes pratiques en matière de compétences ou de qualifications professionnelles directement liées au type et au volume de l’activité exercée; |
| e) | en ce qui concerne l’autorisation visée à l’article 29, paragraphe 2, point b), le demandeur applique des normes appropriées en matière de sûreté, de sécurité et de conformité, adaptées au type et au volume de l’activité exercée, ce qui est considéré comme étant le cas lorsque le demandeur prouve qu’il a mis en place des mesures appropriées pour assurer la sûreté et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement internationale, y compris dans les domaines de l’intégrité physique et des contrôles d’accès, des processus logistiques et de la manutention de types spécifiques de marchandises, de son personnel et de l’identification de ses partenaires commerciaux. |
2. La Commission adopte des actes d’exécution établissant des modalités d’application des critères énoncés au paragraphe 1 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 31
Octroi du statut d’opérateur économique de confiance certifié
1. Un importateur, un exportateur ou un représentant indirect qui est établi sur le territoire douanier de l’Union, qui remplit les critères énoncés au paragraphe 3 et qui a effectué des opérations douanières régulières dans le cadre de son activité économique pendant au moins deux ans, peut demander le statut d’opérateur économique de confiance certifié auprès de l’autorité douanière de l’État membre d’établissement.
2. Les autorités douanières accordent le statut d’opérateur économique de confiance certifié après consultation d’autres autorités douanières et autres autorités compétentes, si nécessaire, et après avoir eu accès aux données pertinentes du demandeur portant sur les trois dernières années afin d’évaluer le respect des critères énoncés au paragraphe 3.
3. Les critères d’octroi du statut d’opérateur économique de confiance certifié sont les suivants:
| a) | le demandeur n’a fait l’objet d’aucune condamnation pour des infractions pénales graves liées à des activités économiques ou commerciales, et d’aucune condamnation pour des infractions graves ou répétées liées à ces activités, et concernant:
|
| b) | le demandeur démontre:
|
| c) | le demandeur est financièrement solvable, ce qui est réputé être le cas lorsque sa situation financière est suffisamment satisfaisante pour lui permettre de s’acquitter de ses engagements, en tenant dûment compte des caractéristiques du type de l’activité économique concernée, et, en particulier, de l’acquittement, pendant les trois années précédant l’introduction de la demande, de ses obligations financières en ce qui concerne le paiement des droits de douane et de tous les autres droits, taxes ou impositions perçus lors de l’importation ou de l’exportation des marchandises ou en rapport avec celle-ci, y compris la TVA et les droits d’accise dus dans le cadre d’opérations intra-Union; |
| d) | le demandeur applique des normes pratiques en matière de compétences ou de qualifications directement liées au type et au volume de l’activité exercée, y compris sur la manière d’interagir par l’intermédiaire de la plateforme des données douanières de l’UE; |
| e) | le demandeur applique des normes appropriées en matière de sûreté, de sécurité et de conformité, y compris des normes de sécurité des produits, adaptées au type et au volume de l’activité exercée, ce qui est considéré comme étant le cas lorsque le demandeur prouve qu’il a mis en place des mesures appropriées pour assurer la sûreté et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement internationale, y compris pour ce qui est de l’intégrité physique et des contrôles d’accès, des processus logistiques et de la manutention de types spécifiques de marchandises, de son personnel et de l’identification de ses partenaires commerciaux; |
| f) | le demandeur dispose d’un système électronique permettant de communiquer aux autorités douanières ou de mettre à leur disposition, dans un délai aussi proche du temps réel que le permettent les moyens technologiques, les données sur la circulation des marchandises et son respect de toutes les exigences applicables à ces marchandises, notamment en matière de sûreté et de sécurité et, le cas échéant, de mettre à la disposition des autorités douanières sur la plateforme des données douanières de l’UE:
|
| g) | si le demandeur est un importateur pour les ventes à distance, il a été enregistré et fait une utilisation appropriée du régime IOSS depuis au moins deux ans. |
4. Un opérateur économique de confiance certifié se conforme aux obligations énoncées à l’article 9, paragraphes 2 et 3. Les autorités douanières vérifient si l’opérateur continue de remplir les critères pertinents et de respecter les obligations qui leur incombent conformément à l’article 9, paragraphe 4.
Au moins tous les deux ans, les autorités douanières effectuent une vérification approfondie des activités et des registres internes de l’opérateur économique de confiance certifié, en vue de vérifier en particulier l’application pratique des procédures en place pour se conformer aux critères visés au paragraphe 3 du présent article. L’opérateur économique de confiance certifié informe les autorités douanières de toute modification de sa structure d’entreprise, de sa propriété, de sa situation de solvabilité, de ses modèles commerciaux ou de tout autre changement substantiel intervenu dans sa situation et ses activités. Les autorités douanières procèdent au réexamen du statut de l’opérateur économique de confiance certifié si l’un de ces changements ou modifications a une incidence significative sur ledit statut. Les autorités douanières peuvent suspendre le statut de l’opérateur économique de confiance certifié jusqu’à l’adoption d’une décision concernant le réexamen.
5. Lorsqu’un opérateur économique de confiance certifié change son État membre d’établissement, il informe les autorités douanières de l’État membre de réception de toute modification de sa structure d’entreprise, de sa propriété, de sa situation de solvabilité, de ses modèles commerciaux ou de tout autre changement substantiel intervenu dans sa situation et ses activités, si l’un de ces changements ou modifications pourrait avoir une incidence sur le statut d’opérateur économique de confiance certifié.
Les autorités douanières de l’État membre de réception réexaminent le statut de l’opérateur économique de confiance certifié, en concertation avec les autorités douanières de l’État membre qui a initialement accordé le statut ou l’a réexaminé par la suite. Au cours de ce réexamen, l’autorité douanière de l’État membre de réception peut suspendre le statut de l’opérateur économique de confiance certifié. Cette suspension est notifiée sur la plateforme des données douanières de l’UE.
6. Lorsque cela est justifié sur la base d’indices donnant à penser que l’opérateur économique de confiance certifié ne respecte pas les exigences qui lui sont applicables, l’Autorité douanière de l’UE peut, en coopération avec les autorités douanières compétentes concernées, vérifier la conformité d’un opérateur économique spécifique avec le statut d’opérateur économique de confiance certifié.
Les résultats de la vérification visée au premier alinéa sont communiqués à la Commission et aux autorités douanières compétentes concernées. Sur la base des résultats de la vérification, l’Autorité douanière de l’UE peut recommander à l’autorité douanière compétente de suspendre ou de révoquer le statut d’opérateur économique de confiance certifié.
L’autorité douanière compétente informe, sans retard injustifié, l’Autorité douanière de l’UE et la Commission des mesures prises sur la base de la recommandation de l’Autorité douanière de l’UE.
Lorsque l’autorité douanière compétente ne fournit pas les informations visées au troisième alinéa ou lorsque la mesure visée audit alinéa prise sur la base de la recommandation de l’Autorité douanière de l’UE n’est pas suffisante, la Commission peut, par voie d’actes d’exécution, adopter des décisions individuelles demandant à l’État membre ayant accordé le statut d’opérateur économique de confiance certifié de suspendre ou de révoquer ce statut dans le délai fixé dans ladite décision. Cette suspension ou cette révocation est notifiée sur la plateforme des données douanières de l’UE.
7. Lorsqu’un opérateur économique de confiance certifié participe à une activité frauduleuse en lien avec son activité économique ou commerciale ou lorsque les autorités douanières ont connaissance d’une infraction commise par un opérateur économique de confiance certifié à d’autres législations pertinentes appliquées par les autorités douanières conformément à l’article 27, paragraphe 1, point c), le statut de l’opérateur économique de confiance certifié est suspendu par les autorités douanières. Cette suspension est notifiée sur la plateforme des données douanières de l’UE.
8. Les autorités douanières autorisent les opérateurs économiques de confiance certifiés à bénéficier d’une des simplifications suivantes ou plus, en fonction de leurs activités économiques:
| a) | la fourniture ou la mise à disposition d’une partie des données relatives à leurs marchandises après la mainlevée desdites marchandises, conformément à l’article 74, paragraphe 5; |
| b) | la réalisation de certains contrôles et de la mainlevée des marchandises à la réception de celles-ci dans le lieu d’activité de l’importateur, du propriétaire ou du destinataire ou à la livraison en provenance du lieu d’activité de l’exportateur, du propriétaire ou de l’expéditeur, conformément à l’article 78, paragraphes 1 et 3; |
| c) | le fait de considérer qu’il apporte l’assurance nécessaire du bon déroulement des opérations aux fins du dépôt temporaire conformément à l’article 108, paragraphe 2, ou de l’obtention des autorisations relatives aux régimes particuliers conformément à l’article 125, paragraphe 4, à l’article 126 et à l’article 133, paragraphe 2; |
| d) | la détermination périodique de la dette douanière correspondant au montant total des droits à l’importation ou à l’exportation pour l’ensemble des marchandises dont la mainlevée est effectuée par ledit opérateur économique, conformément à l’article 205, paragraphe 5; |
| e) | le report du paiement de la dette douanière, conformément à l’article 212, paragraphe 2; |
| f) | par dérogation à l’article 134, le déplacement des marchandises qui entrent sur le territoire douanier de l’Union ou en sortent sans obligation de les placer en transit si les marchandises sont sous un régime de suspension de droits et sont sous surveillance douanière jusqu’à leur destination finale au sein de l’Union. |
9. Les autorités douanières mettent tout en œuvre pour aligner leurs pratiques d’octroi des autorisations visées au paragraphe 8 sur celles d’autres autorités douanières afin d’assurer une approche uniforme dans l’ensemble de l’Union.
10. Les opérateurs économiques de confiance certifiés bénéficient d’un plus grand nombre de mesures de facilitation que les autres opérateurs économiques en matière de contrôles douaniers. Le statut d’opérateur économique de confiance certifié est pris en considération de manière favorable aux fins de la gestion des risques douaniers.
11. Dans le cadre des protocoles et procédures de gestion des crises établis à l’article 227, l’Autorité douanière de l’UE élabore un système de continuité des opérations afin de remédier aux perturbations des flux commerciaux dues à l’augmentation des niveaux d’alerte en matière de sécurité, à la fermeture des frontières, aux catastrophes naturelles, aux situations dangereuses ou à d’autres incidents majeurs. Le système de continuité des opérations prévoit que les autorités douanières peuvent faciliter et accélérer, dans la mesure du possible, l’acheminement des marchandises prioritaires expédiées par les opérateurs économiques de confiance certifiés.
12. La Commission adopte des actes d’exécution définissant:
| a) | les règles relatives à la consultation d’autres autorités compétentes pour la détermination du statut d’opérateur économique de confiance certifié visée au paragraphe 2 du présent article, y compris les délais de réponse; |
| b) | les modalités d’application des critères énoncés au paragraphe 3 du présent article; |
| c) | les types d’activités de vérification visées au paragraphe 4 du présent article; |
| d) | les règles relatives à la consultation des autorités douanières visées au paragraphe 5 du présent article; |
| e) | les règles relatives au réexamen du statut d’opérateur économique de confiance certifié visées au paragraphe 5 du présent article. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 32
Adaptation du statut d’opérateur économique agréé et d’opérateur économique de confiance certifié
1. Les autorités douanières tiennent compte des caractéristiques spécifiques des opérateurs économiques, en particulier celles des micro, petites et moyennes entreprises, lorsqu’elles évaluent s’ils remplissent les critères d’octroi du statut d’opérateur économique agréé et d’opérateur économique de confiance certifié.
2. La Commission adopte des lignes directrices en vue d’aider les micro, petites et moyennes entreprises à faire usage du statut d’opérateur économique agréé et d’opérateur économique de confiance certifié.
CHAPITRE 5
Représentation en douane
Article 33
Représentants en douane
1. Toute personne peut désigner un représentant en douane.
Cette représentation peut être soit directe, auquel cas le représentant en douane agit au nom et pour le compte d’autrui, soit indirecte, auquel cas le représentant en douane agit en son nom propre, mais pour le compte d’autrui.
2. Un représentant en douane indirect agissant en son nom propre mais pour le compte d’un importateur ou d’un exportateur établi sur le territoire douanier de l’Union est, le cas échéant, conjointement et solidairement responsable avec l’importateur aux fins de l’article 27, paragraphe 2, ou avec l’exportateur aux fins de l’article 28, paragraphe 1.
3. Un représentant en douane indirect agissant en son nom propre mais pour le compte d’un importateur ou d’un exportateur établi sur le territoire douanier de l’Union est, le cas échéant, considéré comme l’importateur aux fins de l’article 27, paragraphe 2, ou comme l’exportateur aux fins de l’article 28, paragraphe 1.
4. Le représentant en douane est établi sur le territoire douanier de l’Union.
Sauf dans des cas spécifiques établis dans la législation douanière, il est dérogé à cette exigence lorsque le représentant en douane agit pour le compte de personnes qui ne sont pas tenues d’être établies sur le territoire douanier de l’Union.
5. Un représentant en douane ayant le statut d’opérateur économique de confiance certifié est reconnu en tant que tel uniquement s’il agit en qualité de représentant indirect.
Lorsqu’il agit en tant que représentant direct, un représentant en douane ayant le statut d’opérateur économique de confiance certifié:
| a) | est reconnu comme opérateur économique de confiance certifié si la personne au nom et pour le compte de laquelle ledit représentant agit bénéficie de ce statut; |
| b) | bénéficie des avantages liés au statut d’opérateur économique agréé si la personne au nom et pour le compte de laquelle ledit représentant agit n’a pas obtenu le statut d’opérateur économique de confiance certifié. |
6. Un représentant en douane ayant le statut d’opérateur économique agréé est reconnu en tant que tel lorsqu’il agit en qualité de représentant direct ou indirect.
7. Seul un représentant ayant le statut d’opérateur économique agréé aux fins de la simplification douanière ou un représentant ayant le statut d’opérateur économique de confiance certifié bénéficie de l’un des deux droits suivants ou des deux:
| a) | fournir ces services dans un État membre autre que celui dans lequel il est établi; |
| b) | placer les marchandises vendues dans le cadre d’une vente à distance sous le régime de la mise en libre pratique. |
8. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en déterminant les cas particuliers dans lesquels la dispense visée au paragraphe 4, deuxième alinéa, du présent article ne s’applique pas.
Article 34
Habilitation des représentants
1. Lorsqu’il traite avec les autorités douanières, le représentant en douane déclare agir pour le compte de la personne représentée et précise s’il s’agit d’une représentation directe ou indirecte.
Les personnes qui ne déclarent pas qu’elles agissent en tant que représentant en douane ou qui déclarent agir en tant que représentant en douane sans y être habilitées sont réputées agir en leur nom propre et pour leur propre compte.
2. Les autorités douanières peuvent exiger des personnes déclarant agir en tant que représentant en douane la preuve de leur habilitation par la personne qu’elles représentent.
3. Les autorités douanières n’exigent pas d’une personne agissant en tant que représentant en douane qui accomplit des actes ou des formalités régulièrement qu’elle fournisse à chaque occasion la preuve de son habilitation. Néanmoins, cette personne est toujours en mesure de fournir une telle preuve si les autorités douanières le lui demandent.
TITRE III
PLATEFORME DES DONNÉES DOUANIÈRES DE L’UE
CHAPITRE 1
Dispositions générales
Article 35
Création de la plateforme des données douanières de l’UE
Le présent règlement porte création de la plateforme des données douanières de l’UE.
Article 36
Objectifs de la plateforme des données douanières de l’UE
La plateforme des données douanières de l’UE fournit une plateforme informatique centralisée sûre et cyberrésiliente, qui sert de point central pour l’échange de données avec et entre les autorités douanières.
Article 37
Souveraineté numérique
1. La plateforme des données douanières de l’UE est conçue de manière à veiller à ce que les données qui y sont disponibles soient protégées contre l’accès non autorisé et d’autres menaces pour leur intégrité et leur sécurité, ce qui relève de l’intérêt général.
L’infrastructure de la plateforme des données douanières de l’UE autre que l’infrastructure de transmission de télécommunications est contrôlée et administrée exclusivement par la Commission ou l’Autorité douanière de l’UE et est située sur le territoire de l’Union.
2. Lorsqu’ils exécutent des tâches liées à la conception, à l’hébergement, à l’exploitation et à la maintenance de la plateforme des données douanières de l’UE, et à tout traitement connexe de données sur cette plateforme, les fournisseurs et les autres prestataires de services ainsi que leurs sous-traitants sont fiables, sûrs et libres de toute influence des gouvernements de pays tiers et ne sont soumis directement ou indirectement à aucune législation, y compris des décrets, d’un pays tiers qui pourrait exiger la divulgation de données figurant sur la plateforme des données douanières de l’UE à toute autorité de ce pays. Ils veillent également à la fiabilité, à la sécurité et à l’indépendance de la plateforme des données douanières de l’UE.
Ces fournisseurs et ces autres prestataires de services, ainsi que leurs sous-traitants, sont légalement établis dans l’Union et ne sont contrôlés, directement ou indirectement, par aucune entreprise d’un pays tiers au sens de l’article 2, point 7), du règlement (UE) 2019/452 du Parlement européen et du Conseil (36).
En ce qui concerne les services critiques, y compris toute activité liée aux données, le pouvoir adjudicateur peut exiger que le fournisseur, l’autre prestataire de services ou le sous-traitant dispose d’une habilitation de sécurité.
3. Le pouvoir adjudicateur de la plateforme des données douanières de l’UE peut à tout moment exiger des soumissionnaires, des fournisseurs et des autres prestataires de services, ainsi que de leurs sous-traitants, qu’ils fournissent la preuve des mesures qu’ils ont mises en place pour prévenir toute divulgation non autorisée de données figurant sur la plateforme des données douanières de l’UE, y compris les documents démontrant qu’ils satisfont aux obligations énoncées au paragraphe 2 en ce qui concerne l’indépendance et la non-divulgation, et qu’ils fournissent des éléments de preuve attestant qu’ils sont fiables, sûrs et libres de toute influence des gouvernements de pays tiers.
4. La sécurité de la chaîne d’approvisionnement de tous les composants, matériels et logiciels informatiques est assurée dans toute la mesure du possible. Le pouvoir adjudicateur de la plateforme des données douanières de l’UE peut exiger des fournisseurs et d’autres prestataires de services, ainsi que leurs sous-traitants, qu’ils fournissent des preuves à cet égard.
5. Lorsque le pouvoir adjudicateur de la plateforme des données douanières de l’UE a des raisons de croire que les mesures prises par les soumissionnaires, les fournisseurs et les autres prestataires de services, ou par leurs sous-traitants, pour satisfaire aux obligations qui leur incombent au titre des paragraphes 2, 3 et 4 sont insuffisantes, ou que les éléments de preuve qu’ils ont fournis au titre du présent article ne sont pas totalement fiables, il peut prendre, dans le cadre du contrat concerné ou de la procédure de passation de marchés concernée, toute mesure qu’il considère nécessaire pour remédier à la situation, y compris la suspension ou la résiliation, en partie ou en totalité, de ce contrat ou l’exclusion de cette procédure de passation de marchés. Cette disposition s’applique sans préjudice de tout autre droit de recours supplémentaire prévu:
| a) | par le pouvoir adjudicateur de la plateforme des données douanières de l’UE dans le contrat concerné; ou |
| b) | dans le droit de l’Union ou le droit national. |
6. Sauf disposition contraire du titre III ou XIII ou d’un accord international qui lie l’Union, les données traitées sur la plateforme des données douanières de l’UE ne sont pas transférées à un pays tiers, à une organisation internationale ou à des personnes physiques ou morales établies en dehors du territoire de l’Union, ni mises à leur disposition.
7. La plateforme des données douanières de l’UE est conçue dans toute la mesure du possible de manière à éviter les obstacles précommerciaux, commerciaux, techniques, contractuels et organisationnels qui découragent, entravent ou empêchent le transfert ou le portage de données, d’applications ou d’actifs numériques par le pouvoir adjudicateur à un autre prestataire de services, ou leur utilisation dans un environnement interopérable.
CHAPITRE 2
Aspects techniques, fonctionnalités, caractéristiques et application de la plateforme des données douanières de l’UE
Article 38
Fonctionnalités et caractéristiques de la plateforme des données douanières de l’UE
1. La plateforme des données douanières de l’UE est une combinaison de services, d’applications, de données et d’infrastructures électroniques permettant de traiter et de stocker des données, y compris des données à caractère personnel, aux fins énoncées à l’article 41.
2. La plateforme des données douanières de l’UE est développée pour permettre le respect des dispositions des règlements (UE) 2016/679 et (UE) 2018/1725, du règlement (UE) 2023/2841 du Parlement européen et du Conseil (37) et de la directive (UE) 2016/680 relatives au traitement des données à caractère personnel.
3. La plateforme des données douanières de l’UE dispose des fonctionnalités suivantes:
| a) | permettre la mise en œuvre électronique de la législation douanière et contribuer à la mise en œuvre d’autres législations appliquées par les autorités douanières, en particulier: les formalités douanières; les contrôles douaniers; le calcul et la notification de la dette douanière et des frais de traitement de l’Union, la TVA et le droit d’accise à l’importation; la gestion des garanties; |
| b) | garantir la qualité, l’intégrité, la sécurité, la préservation, la traçabilité, la confidentialité et la non-répudiation des données traitées sur la plateforme des données douanières de l’UE, y compris l’application des règles relatives à la modification, à l’invalidation et à la suppression de ces données; |
| c) | permettre et assurer l’analyse de risque, l’analyse de la situation économique et l’analyse des données, ainsi que la simplification douanière et la facilitation des échanges, notamment en ayant recours aux systèmes d’intelligence artificielle conformément au règlement (UE) 2024/1689; |
| d) | permettre l’interopérabilité avec d’autres systèmes, plateformes ou environnements électroniques aux fins de la coopération conformément au titre XIII du présent règlement; |
| e) | permettre l’interopérabilité avec le système de guichet unique maritime européen aux fins de la fourniture et de l’accomplissement des formalités douanières indiquées à l’annexe du règlement (UE) 2019/1239 du Parlement européen et du Conseil (38); |
| f) | intégrer le système d’échange de certificats dans le cadre du guichet unique de l’Union européenne pour les douanes (EU CSW-CERTEX) mis en place par l’article 4 du règlement (UE) 2022/2399 afin de permettre l’interopérabilité avec les systèmes non douaniers de l’Union et les formalités prévues par ledit règlement; |
| g) | permettre l’échange d’informations avec les pays tiers et d’autres autorités et organismes conformément au titre XIII du présent règlement; |
| h) | permettre la surveillance douanière des marchandises; |
| i) | permettre des capacités de signalement, y compris la possibilité de signaler les marchandises à importer ou à exporter qui ne sont pas conformes à la législation pertinente de l’Union appliquée par les autorités douanières; |
| j) | intégrer des capacités de gestion de la sécurité de l’information, un cadre fondé sur la gouvernance conçu pour prévenir les violations de données en protégeant les données contre la perte, la manipulation ou l’accès non autorisé, y compris au moyen d’un mécanisme de marquage des données en fonction de leur niveau de confidentialité; |
| k) | permettre la portabilité des données de la plateforme des données douanières de l’UE vers les systèmes nationaux; |
| l) | prévoir un point d’accès unique et des interfaces multilingues; |
| m) | permettre la réutilisation des données dans toute la mesure du possible; |
| n) | faciliter l’interopérabilité nécessaire avec les systèmes des États membres en matière de gestion de l’identité et d’autorisation d’accès à la plateforme des données douanières de l’UE. |
4. Les actes accomplis par les personnes, la Commission, les autorités douanières, l’Autorité douanière de l’UE ou d’autres autorités au moyen des fonctionnalités énumérées au paragraphe 3 restent des actes de ces personnes et autorités, même s’ils ont été automatisés.
5. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282:
| a) | afin de modifier le paragraphe 3 du présent article en ce qui concerne les fonctionnalités qui sont visées pour tenir compte des nouvelles tâches confiées aux autorités visées à l’article 41 du présent règlement par le droit de l’Union ou adapter ces fonctionnalités à l’évolution des besoins de ces autorités lors de la mise en œuvre de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières; |
| b) | afin de compléter le présent règlement en précisant les données qui peuvent faire l’objet d’une portabilité de la plateforme des données douanières de l’UE aux systèmes nationaux visée au paragraphe 3, point k), du présent article. |
6. La Commission adopte des actes d’exécution établissant:
| a) | les modalités techniques pour la maintenance et l’exploitation des systèmes électroniques conçus par les États membres et la Commission conformément à l’article 16, paragraphe 1, du règlement (UE) no 952/2013, en tenant compte des dispositions figurant dans le règlement (UE) 2022/2399 en liaison avec le règlement (UE) 2023/2841 et avec la directive (UE) 2022/2555, y compris les lignes directrices publiées par l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA); |
| b) | un programme de travail pour la suppression progressive des systèmes visés au point a) du présent paragraphe et pour la mise en œuvre progressive de la plateforme des données douanières de l’UE, qui doit être conçu de manière à assurer une transition sans heurts. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 39
Phase pilote de la plateforme des données douanières de l’UE
1. Avant le 1er mars 2034, la Commission peut fixer une phase pilote visant à tester les fonctionnalités de la plateforme des données douanières de l’UE (ci-après dénommée «phase pilote»). La participation à la phase pilote est volontaire.
2. La Commission coopère avec l’Autorité douanière de l’UE, les autorités douanières et d’autres autorités ainsi qu’avec les parties prenantes concernées au cours de la planification et de l’organisation de la phase pilote.
3. Aux fins du paragraphe 1, la Commission publie les informations suivantes:
| a) | les modalités techniques pour la planification et l’organisation de la phase pilote; |
| b) | les fonctionnalités de la plateforme des données douanières de l’UE à appliquer et à tester au cours de la phase pilote; |
| c) | la durée exacte de la phase pilote. |
Article 40
Applications nationales complétant la plateforme des données douanières de l’UE
1. Les États membres peuvent concevoir:
| a) | les applications nécessaires pour se connecter à la plateforme des données douanières de l’UE afin de communiquer des données à ladite plateforme et de traiter les données qui en sont issues, si ces applications n’existent pas déjà; |
| b) | des applications supplémentaires au sein de la plateforme des données douanières de l’UE, en coordination avec l’Autorité douanière de l’UE ou la Commission. |
2. Les États membres peuvent demander à l’Autorité douanière de l’UE de concevoir les applications visées au paragraphe 1. Le cas échéant, l’Autorité douanière de l’UE coordonne le cofinancement de cette conception entre les États membres. Si un financement et des ressources appropriés sont disponibles au titre de son budget, l’Autorité douanière de l’UE peut partiellement financer cette conception.
3. Lorsque l’Autorité douanière de l’UE conçoit une application conformément au paragraphe 2:
| a) | cette application est mise gratuitement à la disposition de tous les États membres qui cofinancent et, si ces derniers sont d’accord, elle est également mise gratuitement à la disposition des autres États membres; |
| b) | la conception et la maintenance ultérieures de cette application sont gérées sur la base d’un nouvel accord de cofinancement. |
CHAPITRE 3
Données
Article 41
Finalités du traitement des données à caractère personnel et d’autres données sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. Les personnes peuvent traiter les données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, y compris les données à caractère personnel et commercialement sensibles, qu’elles ont transmises, qui ont été transmises pour leur compte ou qui leur sont adressées ou destinées. Ce traitement s’effectue exclusivement aux fins suivantes:
| a) | exercer les droits de ladite personne ou remplir les obligations qui lui incombent en application de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières, et notamment déterminer si une personne est redevable de tout droit, toute redevance et toute taxe dus dans l’Union; et |
| b) | démontrer que ladite personne respecte la législation douanière et d’autres législations appliquées par les autorités douanières. |
2. Une autorité douanière peut traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire aux fins suivantes, et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté en vertu du paragraphe 12 du présent article:
| a) | exécuter ses tâches dans le cadre de la mise en œuvre de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières, et notamment déterminer si une personne est redevable de tout droit, toute redevance et toute taxe dus dans l’Union et vérifier le respect de ladite législation; |
| b) | exécuter ses tâches en ce qui concerne les contrôles et la gestion des risques conformément aux dispositions du titre IV; |
| c) | exécuter les tâches nécessaires à la coopération dans les conditions prévues au titre XIII. |
Dans un souci d’efficacité des contrôles douaniers, toutes les autorités douanières peuvent recevoir et traiter les données résultant d’un contrôle douanier au cours duquel des marchandises non conformes ont été détectées.
3. L’Autorité douanière de l’UE peut traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire aux fins suivantes:
| a) | exécuter les tâches prévues aux articles 42 et 43; |
| b) | exécuter ses tâches en ce qui concerne la gestion des risques douaniers conformément aux dispositions du titre IV, chapitre 2; |
| c) | exécuter les tâches prévues au titre XII, chapitre 2, et au titre XI; |
| d) | exécuter les tâches relatives à la coopération dans les conditions prévues au titre XIII. |
4. La Commission peut traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire aux fins suivantes:
| a) | exécuter ses tâches en ce qui concerne la gestion des risques conformément aux dispositions du titre IV, chapitre 2; |
| b) | exécuter ses tâches en ce qui concerne le classement tarifaire des marchandises, leur origine et valeur et leur suivi douanier conformément aux titres I et IX; |
| c) | exécuter ses tâches en ce qui concerne les mesures de restriction et la gestion des crises conformément au titre XI; |
| d) | exécuter ses tâches en lien avec l’Autorité douanière de l’UE conformément au titre XII; |
| e) | exécuter les tâches nécessaires à la coopération dans les conditions prévues au titre XIII; |
| f) | examiner et évaluer les performances de l’union douanière conformément au titre XV, chapitre 1; |
| g) | assurer un suivi de la mise en œuvre et garantir l’application uniforme de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières, y compris vérifier si une personne est redevable de tout droit, de toute redevance et de toute taxe dus dans l’Union; |
| h) | élaborer, produire et diffuser des statistiques officielles européennes et d’autres analyses prévues par les actes juridiques l’Union, qui requièrent les données figurant sur la plateforme des données douanières de l’UE; |
| i) | le cas échéant, contribuer à la mise en œuvre d’autres législations appliquées par les autorités douanières, conformément au champ d’application et à la finalité qui y sont prévus. |
5. L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) peut traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire à l’exercice de ses activités en rapport avec des questions douanières conformément à l’article 1er du règlement (UE, Euratom) no 883/2013 et au règlement (CE) no 515/97, et dans le respect des conditions relatives à la protection des données établies dans lesdits règlements.
6. Les autorités fiscales des États membres peuvent traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire pour déterminer si une personne est redevable de tout droit d’accise, toute redevance et toute taxe dus dans l’Union pour les marchandises concernées et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté conformément au paragraphe 12.
7. Les autorités statistiques nationales de l’État membre peuvent traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire aux fins de l’élaboration, de la production et de la diffusion de statistiques officielles européennes et nationales, et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté en vertu du paragraphe 12.
8. Les autorités compétentes telles qu’elles sont définies à l’article 3, point 3), du règlement (UE) 2017/625 peuvent traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire au contrôle de l’application des actes juridiques de l’Union régissant la mise sur le marché ou la sécurité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des végétaux et à la coopération avec les autorités douanières afin de réduire au minimum les risques que des produits non conformes entrent dans l’Union, et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté conformément au paragraphe 12 du présent article.
9. Les autorités de surveillance du marché désignées par les États membres conformément à l’article 10 du règlement (UE) 2019/1020 peuvent traiter des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, exclusivement et dans la mesure nécessaire au contrôle de l’application des actes juridiques de l’Union régissant la mise sur le marché ou la sécurité des produits et à la coopération avec les autorités douanières afin de réduire au minimum les risques que des marchandises non conformes entrent dans l’Union, et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté conformément au paragraphe 12 du présent article.
10. Jusqu’au 28 février 2034, la Commission, l’OLAF et, une fois mise en place, l’Autorité douanière de l’UE peuvent traiter des données, y compris des données à caractère personnel, issues des systèmes électroniques existants pour l’échange d’informations conçus par la Commission et les États membres en application du règlement (UE) no 952/2013, pour autant qu’ils le fassent exclusivement aux fins énoncées aux paragraphes 3, 4 et 5 du présent article.
11. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de modifier les paragraphes 2, 3 et 4 du présent article en clarifiant et en complétant les finalités qui sont énoncées à ces paragraphes à la lumière de l’évolution des besoins des autorités douanières, de l’Autorité douanière de l’UE et de la Commission lors de la mise en œuvre de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières.
12. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles et modalités relatives au traitement des données sur la plateforme des données douanières de l’UE par les autorités visées au paragraphe 2 et aux paragraphes 6 à 9. Lorsqu’elle établit ces règles et modalités, pour chaque autorité ou catégorie d’autorités, la Commission:
| a) | évalue les garanties existantes appliquées par l’autorité ou la catégorie d’autorités concernée pour veiller à ce que les données soient traitées uniquement pour la finalité pertinente; |
| b) | veille à la proportionnalité et à la nécessité du traitement au regard de la finalité pertinente; |
| c) | détermine les catégories spécifiques de données que l’autorité peut traiter; |
| d) | exige des autorités visées aux paragraphes 6 à 9, si nécessaire, qu’elles fournissent un point de contact spécifique ou des garanties supplémentaires; |
| e) | évalue la nécessité de restreindre le partage ultérieur des données pertinentes. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 42
Droit du Parquet européen d’obtenir des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. Le Parquet européen obtient, sur demande, des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE dans la mesure nécessaire à l’exécution de ses tâches en vertu de l’article 4 du règlement (UE) 2017/1939 conformément aux modalités établies dans un acte d’exécution adopté en application du paragraphe 4 du présent article.
2. Le Parquet européen adresse les demandes visées au paragraphe 1 à l’Autorité douanière de l’UE. Les autorités douanières sont automatiquement informées de ces requêtes lorsque celles-ci sont introduites.
L’Autorité douanière de l’UE fournit rapidement les données pertinentes au Parquet européen. L’Autorité douanière de l’UE informe les autorités douanières concernées de ce qu’elle a satisfait ou non à la demande.
3. La plateforme des données douanières de l’UE fournit une interface numérique par laquelle le Parquet européen peut demander et obtenir des données facilement et sans retard.
4. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les règles détaillées conformément auxquelles le Parquet européen peut demander et obtenir des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, et en particulier:
| a) | établissant les modalités applicables aux demandes du Parquet européen portant sur des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE; |
| b) | établissant la procédure visant à vérifier la conformité de ces demandes avec le paragraphe 1 du présent article, sans préjudice de la confidentialité des enquêtes du Parquet européen; |
| c) | le cas échéant, répondant à la nécessité pour l’Autorité douanière de l’UE de désigner un point de contact ou une ou plusieurs personnes de contact spécifiques; |
| d) | le cas échéant, répondant à la nécessité de fournir des garanties supplémentaires. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 43
Droit d’Europol et de Frontex d’obtenir des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. L’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol) peut, sur demande, obtenir des données, y compris des données à caractère personnel et commercialement sensibles, disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE, dans la mesure nécessaire à l’exécution de ses tâches conformément à l’article 4 du règlement (UE) 2016/794, pour autant que ces tâches concernent des questions douanières et conformément aux règles énoncées dans un acte d’exécution adopté conformément au paragraphe 8 du présent article.
2. L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) peut, sur demande, obtenir des données à caractère non personnel ou des données agrégées disponibles sur la plateforme des données douanières de l’UE dans la mesure nécessaire à l’analyse de risque et à la coordination opérationnelle relatives aux activités de gestion des frontières relevant de son mandat tel qu’il est défini dans le règlement (UE) 2019/1896.
3. Toute demande visée au paragraphe 1 ou 2 est présentée à l’Autorité douanière de l’UE. Le demandeur des données motive sa demande et veille à ce qu’elle entre dans le champ d’application du cadre juridique en vertu duquel le demandeur exerce ses activités.
4. L’Autorité douanière de l’UE traite la demande de données visée au paragraphe 1 ou 2 et vérifie si celle-ci est introduite conformément au présent article. L’Autorité douanière de l’UE vérifie également, en coopération avec l’unité centrale nationale compétente ou, s’il a été désigné par l’État membre concerné, avec un officier de liaison, si l’autorité douanière concernée s’est opposée à la transmission de ces données au demandeur des données pour les motifs précisés dans l’acte d’exécution visé au paragraphe 8 et conformément à la procédure qui y est établie.
5. Les données échangées en vertu du présent article sont uniquement celles nécessaires à la finalité indiquée dans la demande. L’Autorité douanière de l’UE met rapidement ces données à disposition par l’intermédiaire de la plateforme des données douanières de l’UE.
6. Chaque organe ou organisme de l’Union couvert par le présent article veille à ce que les données demandées soient nécessaires, appropriées et proportionnées. L’organe ou organisme de l’Union concerné veille également à ce que l’utilisation des données soit conforme aux garanties prévues par les actes juridiques applicables de l’Union.
7. La Commission est habilitée à adopter des actes délégués, conformément à l’article 282, pour modifier le présent article afin de permettre aux organes et organismes de l’Union autres que ceux visés aux paragraphes 1 et 2 du présent article de demander et d’obtenir des données disponibles sur la plateforme des données douanières de l’Union conformément aux règles établies aux paragraphes 3 à 6 du présent article dans la mesure nécessaire à l’exécution de leurs tâches en vertu du droit de l’Union et pour autant que ces tâches aient trait à d’autres législations appliquées par les autorités douanières.
8. La Commission adopte des actes d’exécution:
| a) | établissant les modalités conformément auxquelles les organes et organismes de l’Union couverts par le présent article peuvent demander et obtenir des données; |
| b) | établissant la procédure relative à la vérification visée au paragraphe 4 du présent article, en précisant notamment:
|
| c) | fixant des restrictions et des responsabilités quant au transfert ultérieur des données par le demandeur; |
| d) | le cas échéant, répondant à la nécessité pour le demandeur de désigner un point de contact ou une ou plusieurs personnes de contact spécifiques ou de fournir des garanties supplémentaires. |
Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 44
Données à caractère personnel sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. Les données à caractère personnel des catégories de personnes concernées ci-après peuvent être traitées sur la plateforme des données douanières de l’UE exclusivement et dans la mesure nécessaire aux finalités énoncées à l’article 41:
| a) | les personnes concernées enregistrées ou ayant demandé à être enregistrées conformément à l’article 26, paragraphe 1, 3 ou 4; |
| b) | les personnes concernées autres que celles visées au point a) du présent paragraphe qui participent à titre occasionnel à des activités relevant de la législation douanière ou d’autres législations appliquées par les autorités douanières, ou dont les données à caractère personnel figurent dans les données recueillies aux fins de la gestion des risques en application de l’article 55, paragraphe 3, point a); |
| c) | les personnes concernées dont les informations personnelles figurent dans les documents d’accompagnement visés à l’article 76, ou sur toute autre pièce justificative requise aux fins de l’accomplissement des obligations imposées par la législation douanière et d’autres législations appliquées par les autorités douanières; |
| d) | le personnel habilité des autorités douanières, des autres autorités compétentes ou de toute autre autorité compétente ou tout autre organe habilité dont les informations personnelles sont nécessaires pour assurer un contrôle et une surveillance appropriés de l’accès aux informations sur la plateforme des données douanières de l’UE; |
| e) | le personnel ou les tiers habilités travaillant pour le compte de la Commission, de l’Autorité douanière de l’UE ou d’autres organes ou organismes de l’Union autorisés à accéder à la plateforme des données douanières de l’UE. |
2. Les catégories suivantes de données à caractère personnel peuvent être traitées sur la plateforme des données douanières de l’UE conformément à l’article 41:
| a) | les données à caractère personnel figurant dans le modèle de données douanières de l’UE visé à l’article 49, et celles recueillies aux fins de la gestion des risques en application de l’article 55, paragraphe 3, point a), à savoir:
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| b) | les données à caractère personnel requises aux fins de l’identification correcte du personnel habilité à traiter les données sur la plateforme des données douanières de l’UE visé au paragraphe 1, points d) et e), du présent article, à savoir:
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Article 45
Durée de conservation des données à caractère personnel sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. Les données à caractère personnel se trouvant sur la plateforme des données douanières de l’UE ne peuvent être conservées plus longtemps que ce qui est nécessaire à leur traitement et, en tout état de cause, ne peuvent être conservées pendant plus de dix ans à compter de la date à laquelle ces données sont enregistrées sur la plateforme des données douanières de l’UE. Dans les cas prévus à l’article 68 et en ce qui concerne les enquêtes lancées par l’OLAF, le Parquet européen ou les autorités compétentes des États membres, les procédures d’infraction engagées par la Commission et les procédures administratives et judiciaires concernant des données à caractère personnel des catégories visées à l’article 44, paragraphe 2, points a) et b), ces données peuvent être conservées pour une période supérieure à dix ans si cela s’avère nécessaire aux fins desdites enquêtes ou procédures.
2. Après l’expiration du délai prévu au paragraphe 1, les données à caractère personnel sont effacées ou anonymisées, le cas échéant et compte tenu des circonstances.
3. Le responsable ou le responsable conjoint du traitement de données concerné réalise des examens périodiques des données conservées sur la plateforme des données douanières de l’UE afin de veiller à ce que les données à caractère personnel ne soient pas conservées plus longtemps que nécessaire.
Article 46
Rôles et responsabilités concernant les données à caractère personnel traitées sur la plateforme des données douanières de l’UE
1. Les autorités douanières des États membres, la Commission et l’Autorité douanière de l’UE sont considérées comme responsables conjoints en ce qui concerne le traitement des données à caractère personnel sur la plateforme des données douanières de l’UE aux fins de la gestion des risques et de la coopération, visées à l’article 41, paragraphe 2, points b) et c), à l’article 41, paragraphe 3, points b) et d), et à l’article 41, paragraphe 4, points a) et e).
2. Chacune des autorités douanières prise individuellement est considérée comme responsable du traitement en ce qui concerne les données à caractère personnel qu’elle traite aux fins visées à l’article 41, paragraphe 2, point a). Lorsque deux ou plusieurs autorités douanières participent à l’exécution des tâches visées à l’article 41, paragraphe 2, point a), à des fins conjointes et par des moyens conjoints, elles sont considérées comme responsables conjoints du traitement.
3. La Commission est considérée comme seule responsable du traitement en ce qui concerne les données à caractère personnel qu’elle traite aux fins visées à l’article 41, paragraphe 4, points c), d), f) et g).
4. Jusqu’au 28 février 2034, la Commission, l’OLAF et l’Autorité douanière de l’UE sont considérés comme seuls responsables du traitement en ce qui concerne les données qu’ils traitent au titre de l’article 41, paragraphe 10.
5. Les responsables conjoints du traitement visés au paragraphe 1:
| a) | collaborent pour traiter en temps utile les demandes introduites par les personnes concernées et faciliter l’exercice des droits des personnes concernées; |
| b) | se prêtent mutuellement assistance en ce qui concerne l’identification et le traitement de toute violation de données liée au traitement conjoint; |
| c) | échangent les informations utiles nécessaires pour informer les personnes concernées en vertu du chapitre III, section 2, du règlement (UE) 2016/679, du chapitre III, section 2, du règlement (UE) 2018/1725 et du chapitre III de la directive (UE) 2016/680, selon le cas; |
| d) | garantissent et protègent la sécurité, l’intégrité, la disponibilité et la confidentialité des données à caractère personnel traitées conjointement conformément à l’article 32 du règlement (UE) 2016/679, à l’article 33 du règlement (UE) 2018/1725 et à l’article 25 de la directive (UE) 2016/680, le cas échéant. |
6. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les rôles de chacun des responsables conjoints du traitement visés au paragraphe 1 et leurs relations vis-à-vis des personnes concernées, conformément à l’article 26 du règlement (UE) 2016/679 et à l’article 28 du règlement (UE) 2018/1725. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4, du présent règlement.
Article 47
Limitation des droits des personnes concernées
1. Lorsque l’exercice par une personne concernée du droit d’accès et du droit à la limitation du traitement visés aux articles 15 et 18 du règlement (UE) 2016/679 et aux articles 17 et 20 du règlement (UE) 2018/1725 ou la communication d’une violation de données visée à l’article 34, paragraphe 1, du règlement (UE) 2016/679 et à l’article 35, paragraphe 1, du règlement (UE) 2018/1725 compromettrait une enquête en cours concernant une personne physique dans le domaine des douanes, la réalisation des contrôles douaniers ou la gestion d’un risque spécifique constaté en ce qui concerne une personne physique dans le domaine des douanes, ces droits peuvent être totalement ou partiellement limités, pour autant que la limitation soit nécessaire et proportionnée. Cette restriction est imposée:
| a) | par les autorités douanières, conformément à l’article 23, paragraphe 1, points c), e), f) et h), du règlement (UE) 2016/679; ou |
| b) | par la Commission et l’Autorité douanière de l’UE conformément à l’article 25, paragraphe 1, points a), c), e), et g), du règlement (UE) 2018/1725. |
2. Les autorités douanières, la Commission et l’Autorité douanière de l’UE évaluent la nécessité et la proportionnalité des limitations visées au paragraphe 1 au cas par cas avant leur application, en tenant compte des risques potentiels pour les droits et libertés des personnes concernées.
3. Lors du traitement des données à caractère personnel reçues d’autres organisations dans le cadre de leurs missions, les autorités douanières, l’Autorité douanière de l’UE ou la Commission, lorsqu’elles agissent en qualité de responsable du traitement ou de responsable conjoint du traitement, consultent, avant d’appliquer une limitation des droits visés au paragraphe 1, lesdites organisations au sujet des raisons qui auraient motivé ladite limitation et de la nécessité et de la proportionnalité de cette limitation.
4. Lorsque les autorités douanières, la Commission ou l’Autorité douanière de l’UE limitent, totalement ou partiellement, les droits visés au paragraphe 1, elles procèdent de la manière suivante:
| a) | elles informent les personnes concernées, dans leur réponse à la demande, de la limitation appliquée et des raisons de celle-ci, ainsi que de la possibilité d’introduire une réclamation auprès des autorités nationales chargées de la protection des données ou du Contrôleur européen de la protection des données ou de former un recours juridictionnel devant une juridiction nationale ou la Cour de justice de l’Union européenne; et |
| b) | elles consignent les raisons qui ont motivé la limitation, accompagnées d’une évaluation de la nécessité et de la proportionnalité de cette limitation, ainsi que les raisons pour lesquelles l’octroi de l’accès compromettrait la gestion des risques et les contrôles douaniers. |
La communication des informations visée au premier alinéa, point a), du présent paragraphe peut être différée, omise ou refusée conformément à l’article 25, paragraphe 8, du règlement (UE) 2018/1725 ou dans le cas où elle porterait préjudice aux objectifs de la limitation.
5. Les autorités douanières, la Commission ou l’Autorité douanière de l’UE intègrent dans les avis relatifs à la protection des données publiés sur leur site internet ou leur intranet une rubrique fournissant des informations générales aux personnes concernées sur les possibilités de limitations de leurs droits.
6. La Commission adopte des actes d’exécution établissant des garanties visant à prévenir l’utilisation abusive ou la transmission illégale des données à caractère personnel qui font ou pourraient faire l’objet de limitations, ou l’accès illégal à ces données. Ces garanties, entre autres, définissent les rôles et les responsabilités des différents acteurs, fixent les étapes de la procédure à suivre en ce qui concerne ces limitations, précisent ce qui constitue un suivi approprié des limitations et prévoient un réexamen périodique de leur application, qui doit avoir lieu au moins tous les six mois. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 48
Contrôle coordonné exercé par le Contrôleur européen de la protection des données et les autorités de contrôle nationales
Le Contrôleur européen de la protection des données et les autorités de contrôle nationales, agissant chacun dans les limites de leurs compétences respectives, coopèrent activement dans le cadre de leurs responsabilités afin d’assurer un contrôle coordonné du fonctionnement de la plateforme des données douanières de l’UE conformément à l’article 62 du règlement (UE) 2018/1725.
Article 49
Modèle de données douanières de l’Union européenne
La Commission adopte des actes délégués, conformément à l’article 282, afin de compléter le présent règlement en précisant les données requises en vue d’atteindre les finalités visées à l’article 41, paragraphes 1 à 4. Ces exigences en matière de données constituent le modèle des données douanières de l’UE.
Article 50
Moyens techniques de coopération
1. La Commission, l’Autorité douanière de l’UE et les autorités douanières utilisent la plateforme des données douanières de l’UE lorsqu’elles échangent des données avec les autorités et les organes et organismes de l’Union visés à l’article 41, paragraphes 6 à 9, et aux articles 42 et 43, aux fins de la coopération au titre du présent règlement.
2. Lorsque des opérateurs économiques utilisent la plateforme des données douanières de l’UE pour se conformer aux formalités douanières en application du présent règlement, la plateforme des données douanières de l’UE fournit les fonctionnalités visées à l’article 8, paragraphes 2, 3 et 4, du règlement (UE) 2022/2399.
3. Lorsque des autorités autres que les autorités douanières ou les organes et organismes de l’Union font usage des moyens électroniques mis en place par les actes juridiques de l’Union, utilisés pour atteindre les objectifs desdits actes ou visés dans ceux-ci, la coopération au titre du présent règlement peut se faire par l’intermédiaire de l’interopérabilité de ces moyens électroniques avec la plateforme des données douanières de l’UE.
4. Lorsque des autorités autres que les autorités douanières ne font pas usage des moyens électroniques mis en place par les actes juridiques de l’Union, utilisés pour atteindre les objectifs desdits actes ou visés dans ceux-ci, elles peuvent avoir recours aux services et systèmes spécifiques de la plateforme des données douanières de l’UE conformément à l’article 41.
5. La Commission adopte des actes d’exécution établissant les modalités techniques aux fins de l’interopérabilité et de la connexion en application des paragraphes 3 et 4 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
CHAPITRE 4
Autres dispositions
Article 51
Conception, exploitation et maintenance de la plateforme des données douanières de l’UE
1. La Commission conçoit et exploite la plateforme des données douanières de l’UE et assure sa maintenance.
2. Après consultation des États membres, la Commission peut confier la conception, l’exploitation et la maintenance de la plateforme des données douanières de l’UE à l’Autorité douanière de l’UE en tenant compte de la faculté de l’Autorité douanière de l’UE d’exécuter ces tâches.
3. La conception, l’exploitation et la maintenance de la plateforme des données douanières de l’UE comprennent:
| a) | l’établissement de spécifications techniques pour le traitement de données sur la plateforme des données douanières de l’UE; |
| b) | la définition d’un cadre pour la qualité des données; |
| c) | la mise en œuvre des fonctionnalités de la plateforme des données douanières de l’UE prévues à l’article 38, paragraphe 3, à l’exception de la maintenance et des mises à jour conformément aux dispositions nationales applicables en matière de TVA et de droits d’accise, qui doivent être effectuées par les États membres; |
| d) | la mise à disposition d’orientations générales relatives à l’utilisation de la plateforme des données douanières de l’UE; |
| e) | la mise en place d’un point de contact public afin d’aider les utilisateurs de la plateforme des données douanières de l’UE, y compris en ce qui concerne les menaces pour la sécurité; |
| f) | l’adoption de mesures visant à assurer la continuité des activités de la plateforme des données douanières de l’UE. |
Article 52
Continuité des activités
1. La Commission et l’Autorité douanière de l’UE veillent à ce que la plateforme des données douanières de l’UE dispose de mesures de continuité des activités, y compris, si nécessaire, la redondance, des mécanismes de basculement et des protocoles de récupération des données, afin qu’elle puisse fonctionner même en cas de crise grave ou qu’elle dispose de procédures de secours appropriées. Les sites d’infrastructures de la plateforme des données douanières de l’UE sont dispersés géographiquement pour assurer le fonctionnement de la plateforme en cas de défaillance de l’un de ses sites.
2. La Commission adopte des actes d’exécution prévoyant les procédures de secours visées au paragraphe 1 du présent article. Ces actes d’exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d’examen visée à l’article 283, paragraphe 4.
Article 53
Dérogations
Dans des circonstances exceptionnelles et dûment justifiées, la Commission peut, à la demande d’un ou de plusieurs États membres, adopter un acte d’exécution, sous la forme d’une décision, autorisant cet État membre ou ces États membres à utiliser des services ou systèmes électroniques fonctionnellement équivalents autres que ceux mis en œuvre sur la plateforme des données douanières de l’UE ou à utiliser des moyens autres que des procédés informatiques de traitement des données aux fins des fonctionnalités mises en œuvre sur la plateforme des données douanières de l’UE.
Un acte d’exécution visé au premier alinéa:
| a) | ne porte pas atteinte au fonctionnement de la plateforme des données douanières de l’UE ni à l’exhaustivité des données conservées sauf si des moyens autres que des procédés informatiques de traitement sont utilisés; |
| b) | est justifié par la situation particulière de l’État membre ou des États membres qui en font la demande; |
| c) | est limité dans le temps, réexaminé à intervalles réguliers et révoqué lorsqu’il n’est plus justifié; |
| d) | n’est adopté que s’il ne porte pas atteinte à l’échange d’informations entre l’État membre ou les États membres qui en font la demande, les autres États membres et l’Autorité douanière de l’UE, ni à l’échange et à la conservation d’informations dans d’autres États membres aux fins de l’application de la législation douanière; |
| e) | ne donne pas lieu à l’exclusion permanente de l’État membre ou des États membres qui en font la demande de l’utilisation de la plateforme des données douanières de l’UE; |
| f) | peut être prorogé dans des cas dûment justifiés à la demande de l’État membre ou des États membres concernés. |
TITRE IV
SURVEILLANCE DOUANIÈRE, GESTION DES RISQUES ET CONTRÔLES DOUANIERS
CHAPITRE 1
Surveillance douanière
Article 54
Surveillance douanière
1. Les marchandises destinées à être introduites sur le territoire douanier de l’Union peuvent faire l’objet de mesures d’atténuation des risques fondées, notamment, sur les données fournies ou mises à disposition concernant ces marchandises.
2. Les marchandises introduites sur le territoire douanier de l’Union sont placées sous surveillance douanière dès leur entrée sur ce territoire.
3. Les marchandises introduites sur le territoire douanier de l’Union restent sous surveillance douanière:
| a) | dans le cas des marchandises non Union, jusqu’à ce qu’elles changent de statut douanier, ou jusqu’à ce qu’elles soient sorties du territoire douanier de l’Union ou détruites; |
| b) | dans le cas des marchandises de l’Union, jusqu’à ce que leur statut douanier soit confirmé, à moins qu’elles ne soient placées sous le régime de la destination particulière. |
4. Les marchandises de l’Union placées sous le régime de la destination particulière restent sous surveillance douanière:
| a) | lorsque les marchandises se prêtent à une utilisation répétée, pour une période ne dépassant pas deux ans à compter de la première utilisation aux fins prévues pour l’application de l’exonération de droits ou du taux de droits réduit; |
| b) | jusqu’à ce que les marchandises aient été utilisées aux fins prévues dans la demande d’exonération de droits ou de taux de droits réduit; |
| c) | jusqu’à ce que les marchandises soient sorties du territoire douanier de l’Union, aient été détruites ou aient été abandonnées à l’État; |
| d) | jusqu’à ce que les marchandises aient été utilisées à des fins autres que celles prévues pour l’application de l’exonération de droits ou du taux de droits réduit et que les droits dus à l’importation aient été acquittés. |
5. Les marchandises de l’Union placées sous le régime de l’exportation ou du perfectionnement passif restent sous surveillance douanière jusqu’à leur sortie du territoire douanier de l’Union, leur abandon à l’État, leur destruction ou jusqu’à l’invalidation de la déclaration en douane ou des données pertinentes relatives à l’exportation ou au régime du perfectionnement passif.
6. Les marchandises de l’Union placées sous le régime du transit interne restent sous surveillance douanière jusqu’à ce que les autorités douanières apurent le régime conformément à l’article 129, paragraphe 2.
7. Les marchandises ne peuvent être soustraites à la surveillance douanière sans l’autorisation des autorités douanières.
8. Le détenteur des marchandises faisant l’objet d’une surveillance douanière peut à tout moment, avec l’autorisation des autorités douanières, examiner ces marchandises ou prélever des échantillons, notamment afin d’en déterminer le classement tarifaire, la valeur en douane ou le statut douanier.
CHAPITRE 2
Gestion des risques douaniers
Article 55
Principes généraux
1. L’Autorité douanière de l’UE, la Commission et les autorités douanières, sur la base de la gestion des risques et principalement d’une analyse de risque automatisée, et conformément aux rôles qui leur sont attribués dans le présent chapitre, déterminent si les marchandises, les personnes, les opérateurs économiques, les moyens de transport et les chaînes d’approvisionnement seront soumis à des mesures d’atténuation des risques et, dans l’affirmative, où et quand ces mesures d’atténuation des risques seront mises en œuvre.
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