Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Pour une dimension sociale de l'Union économique et monétaire européenne» (avis exploratoire)
| CELEX | 52013AE1566 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 22 mai 2013 |
Résumé IA
Texte intégral
| 19.9.2013 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 271/1 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Pour une dimension sociale de l'Union économique et monétaire européenne» (avis exploratoire)
2013/C 271/01
Rapporteur: M. Luca JAHIER
Co-rapporteur: M. DASSIS
Le 24 janvier 2013, le Président du Conseil européen a décidé, conformément à l'article 304 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, de consulter le Comité économique et social européen sur le thème
«Pour une dimension sociale de l'Union économique et monétaire européenne»
(Avis exploratoire).
Le sous-comité sur la dimension sociale de l'Union économique et monétaire européenne, chargée de préparer les travaux du Comité en la matière, a adopté son avis le 23 avril 2013 à la majorité, avec une voix contre.
Lors de sa 490e session plénière des 22 et 23 mai 2013 (séance du 22 mai 2013), le Comité économique et social européen a adopté le présent avis par 161 voix pour, 50 voix contre et 47 abstentions.
1. Synthèse des propositions
| 1.1 | L'Union économique, sociale et politique européenne est encore à réaliser. L'Union monétaire a été lancée sans volets économiques et sociaux suffisants, mais avec des conséquences économiques et sociales considérables. Des avancées vers une Union financière, fiscale et bancaire sont actuellement en cours, mais sans moyens budgétaires européens conséquents pour soutenir la politique de croissance économique et de cohésion sociale qui s'impose. En même temps, les progrès vers l'Union sociale et politique sont à l'arrêt. Toutefois, les différents volets de l'Union économique, monétaire et sociale sont interdépendants; ils se soutiennent et se renforcent mutuellement. Ensemble, ils doivent garantir une Europe plus concrète, ancrée dans la vie réelle, avec laquelle les citoyens peuvent tisser des liens, à laquelle les investisseurs, les producteurs, les travailleurs et les consommateurs peuvent accorder leur confiance et adhérer; une Europe plus dynamique, capable de stimuler la compétitivité, une croissance intelligente et inclusive, les opportunités économiques, l'emploi, et de garantir la jouissance réelle de tous les droits sociaux. Sans cet équilibre, l'Union politique n'a pas d'avenir. |
| 1.2 | Le taux de chômage de l'UE-27 est passé entre 2008 et février 2013 de 7 à 10,9 %, soit un nombre total de 26,4 millions de personnes sans emploi, tandis que le taux de chômage dans la zone euro a atteint son point culminant à 12 %; le taux de chômage a suivi une courbe ascendante dans 19 pays et descendante dans 8 pays, 5,7 millions de jeunes sont aujourd'hui au chômage dans l'UE-27 (23,5 %), alors que début 2013, le taux de chômage global s'élevait à 7,7 % aux États-Unis et à 4,2 % au Japon (1). Ces données sont en contradiction totale avec les objectifs de la stratégie Europe 2020 et le CESE considère dès lors que juguler le déclin de notre compétitivité, générer davantage de croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté est devenu une priorité absolue. Il est essentiel de mettre en œuvre d'un mécanisme de surveillance plus efficace de l'impact des politiques économiques et monétaires sur la situation sociale et sur le marché du travail des États membres, et il importe d'intégrer les politiques sociales et de l'emploi dans les mesures faisant l'objet du suivi des politiques économiques nationales, dans le cadre du semestre européen. Le CESE est d'avis que cette approche ne constitue pas uniquement la réponse pressante au caractère dramatique des chiffres précités mais qu'elle est également conforme à ce que prescrit l'article 9 TFUE, en ce qui concerne les objectifs de développement social et durable de l'Union. La dimension sociale de l'UEM a besoin d'instruments, d'indicateurs et d'objectifs qualitatifs et quantitatifs précis, qui soient aussi contraignants que les obligations économiques et financières de l'UEM. C'est avant tout grâce à cela que les responsables politiques de l'UE peuvent à nouveau rapprocher l'idéal européen de leurs citoyens |
| 1.3 | Un nouveau programme européen d'action sociale doit être lancé afin d'accompagner l'évolution vers une union financière, bancaire et fiscale plus étroite. Ce programme doit définir des objectifs clairs et concrets, tant qualitatifs que quantitatifs, qui viendront poursuivre et améliorer ceux qui sont déjà énoncés par la stratégie Europe 2020. Il s'agit notamment de soutenir les efforts visant à réindustrialiser l'Europe, de réduire et d'éradiquer le chômage de masse, de garantir les droits sociaux fondamentaux, de promouvoir l'esprit d'entreprise et de nouveaux emplois, de lutter contre la pauvreté, de soutenir l'intégration sociale, de faciliter l'investissement social, de promouvoir l'enseignement et la formation supérieurs et de développer la gouvernance sociale du projet européen ainsi qu'une adhésion participative à celui-ci. Le nouveau programme européen d'action sociale doit être lancé par le biais d'initiatives non législatives et législatives, le choix devant se porter sur celles qui s'avèrent les plus adaptées, et ce dans l'ensemble de l'UE ou sous la forme d'une coopération renforcée. Le programme doit englober des initiatives telles que le plan européen de relance économique, le plan d'investissement social, les évaluations européennes de l'impact social, la garantie européenne pour la jeunesse et le passeport européen unique des compétences, tout en garantissant le respect de la clause sociale horizontale, des droits sociaux fondamentaux et de la participation civique. Le programme devrait également explorer et promouvoir le droit du citoyen européen à un revenu minimum garanti. |
| 1.4 | Le CESE propose deux nouvelles initiatives exploratoires: 1) l'émission d'obligations sociales européennes destinées à des projets d'investissement social financièrement viables, gérés par le biais d'un Fonds européen d'action sociale, au fonctionnement duquel contribueront les autorités européennes compétentes, mais qui sera financé, détenu, géré et contrôlé de manière transparente par les acteurs de la société civile (acteurs privés et professionnels, et instances publiques); 2) la création d'un réseau européen de l'enseignement pour les travailleurs sans emploi, qui offrira des possibilités de formation à long terme efficaces et de grande qualité, en phase avec les besoins du marché de l'emploi, en émettant des bons de formation transfrontalière et en proposant des systèmes d'échange d'unités de cours tels qu'ERASMUS afin d'aider les travailleurs sans emploi à atteindre de nouveaux horizons, à développer de nouvelles compétences cognitives et professionnelles pour engager leur carrière sur de nouvelles voies, de réintégrer le marché européen de l'emploi. En même temps, une Europe de la libre circulation exige un cadre sécurisant de mobilité mis à jour (par exemple, des droits appropriés d'information et d'assistance pour ceux travaillant dans d'autres États membres), pour faciliter les mouvements des populations intracommunautaires à la recherche de travail dans l'UE assurant des conditions équitables et dans le domaine de la concurrence et dans le respect des droits fondamentaux sociaux et des conventions collectives. |
2. Pas de gouvernance économique sans dimension sociale
| 2.1 | Le Comité économique et social européen déclare qu'il préconise d'effectuer une avancée globale vers une Union économique, sociale et politique. |
| 2.2 | Une Union économique doit comprendre une union financière et bancaire, qui dispose d'un mécanisme commun de garantie des dépôts, d'un fonds commun de résolution et d'une surveillance dans toute l'Union, ainsi qu'une union budgétaire fondée sur des instruments de dette conjoints, inscrite dans un cadre de discipline budgétaire, d'assainissement budgétaire et placée sous l'égide d'un modèle de croissance européenne plus dynamique, avec lequel les citoyens peuvent tisser des liens et auquel les investisseurs, les producteurs, les travailleurs et les consommateurs peuvent accorder leur confiance. Il conviendrait de lever les incertitudes persistantes concernant l'intégrité de la zone euro, car elles nuisent à la confiance des citoyens et des affaires. Le sommet de juin 2012, y compris le pacte pour la croissance et l'emploi et les 180 milliards d'euros que l'on a prévu de consacrer à ce projet, les appels de la BCE qui invite à briser à tout prix le cercle vicieux qui relie les banques les plus fragiles, les dettes souveraines et les écarts de taux d'intérêt intenables, constituent autant de raisons de faire davantage confiance au cadre économique européen qui est en train de se mettre en place. L'Europe a besoin d'un nouveau programme d'investissements (2), afin de mobiliser les ressources nécessaires pour soutenir les efforts visant à réindustrialiser l'Europe, de rétablir la croissance et de combattre le chômage. |
| 2.3 | Cependant, ce tableau n'est pas complet. Dans le même temps, les mesures d'austérité ont eu un effet dévastateur sur la cohésion et la protection sociales, sur un marché du travail inclusif et sur les niveaux de pauvreté. Il y a actuellement 26 millions de chômeurs et 120 millions de personnes confrontées à la pauvreté ou à l'exclusion sociale dans l'UE. Des objectifs tels que la relance économique, la stabilité monétaire, la croissance durable et la compétitivité ne pourront pas être atteints si l'on ne renouvelle pas également la dimension sociale. Lors de la réunion des 14 et 15 mars 2013, le Conseil européen de printemps a enfin reconnu cette réalité et appelé les États membres à faire«des politiques sociales le moteur de la gouvernance économique», notamment en réorientant l'approche du Semestre européen afin qu'il soutienne l'emploi, l'investissement social, l'inclusion sociale et qu'il intègre les objectifs sociaux (3). Le Comité économique et social européen prend note de cette nouvelle attention portée à la politique sociale à l'échelon national, mais considère qu'il importe également que l'UE dans son ensemble montre la voie en termes d'action sociale, d'investissement social et d'étalonnage des performances sociales. |
| 2.4 | Pour toutes ces raisons, il est temps de construire le pilier social de l'Union économique et monétaire dans le cadre d'une Europe sociale; sans elle, l'adhésion des citoyens à l'ensemble du projet européen demeure menacée. En effet, les écarts actuels que l'on observe en matière d'inégalités sociales en Europe compromettent non seulement des solutions durables pour la croissance économique et la cohésion sociale mais posent également un défi essentiel aux prochaines élections européennes de 2014 entre ceux qui comptent sur une dimension européenne pour la reprise économique et ceux qui se replient sur des alternatives nationales. Les élections européennes mobiliseront les esprits et les voix; elles doivent impérativement servir de tremplin, et non pas de frein, à plus d'Europe, à une Europe plus proche de ses citoyens, de ses familles et de ses entreprises, à une Europe plus sociale. |
| 2.5 | Les droits sociaux fondamentaux sont indissociables des droits civils et politiques et il y a une obligation juridiquement contraignante à les soutenir et à les promouvoir. La Commission et la BCE, en leur qualité de membres de la Troïka, doivent observer les obligations découlant des droits sociaux fondamentaux dans toutes leurs activités. Dans le cadre de la dimension sociale de l'UEM, la Commission devrait efficacement suivre, évaluer et garantir la pleine conformité à ces droits et obligations fondamentaux. |
3. Vers un nouveau programme européen d'action sociale et un pacte européen d'investissement social
| 3.1 | En 2008, Le Comité économique et social européen a adopté un avis exploratoire que lui avait demandé la présidence française de l'UE et dans lequel il proposait le lancement d'un nouveau programme européen d'action sociale. L'avis faisait référence au rôle pionnier du Comité dans sa contribution au lancement de la Charte communautaire des droits sociaux des travailleurs, au programme d'action sociale de 1989 et à l'acquis social qui en est résulté en rapport avec le marché unique, le traité et l'action de l'UE en général. L'avis faisait valoir qu'un nouveau programme européen d'action sociale était nécessaire «pour permettre au développement social de l'UE de suivre l'évolution de l'économie et du marché.» Malheureusement, en dépit du soutien obtenu lors de la réunion ministérielle informelle sur l'emploi et les affaires sociales qui s'est tenue pendant la présidence française de l'UE, la proposition du Comité a vite été éclipsée par la crise économique et cinq années d'efforts frénétiques pour tenter de sauver l'UEM et parvenir à une cohésion économique accrue dans la zone euro. Le temps est certainement venu de revisiter l'idée d'un nouveau programme européen d'action sociale, afin de pouvoir mener une mise à jour et une mise en cohérence des nouvelles formes de gouvernance économique et de l'action en matière de cohésion sociale et de politique sociale, deux volets qui doivent aller de pair. |
| 3.2 | Dans son avis de 2008, le Comité appelait à une gouvernance «à plusieurs niveaux» d'un nouveau programme européen d'action sociale, basé sur une action législative, un dialogue social, un dialogue civil, une corégulation et une autorégulation, une méthode ouverte de coordination, une intégration de la politique sociale dans d'autres domaines politiques, une coopération renforcée et le droit d'initiative des citoyens. Il n'établissait aucune hiérarchie entre les formes d'action ou seulement en fonction de leur degré d'efficacité, et préconisait le maintien de la Méthode communautaire et le respect de la nouvelle clause sociale (Article 9, TFUE). Il appelait également à un engagement financier, au moyen par exemple d'un recours plus ciblé et accessible au Fonds social européen, à un éventuel fonds européen d'innovation sociale pour soutenir de nouvelles initiatives sociales à caractère expérimental, et à la création d'«une facilité de prêt européen pour le développement d'infrastructures sociales.» |
| 3.3 | Depuis lors, le Comité a multiplié les appels en faveur de l'application de la Méthode communautaire et du respect de la nature contraignante de la clause sociale horizontale. Il a également plus particulièrement proposé le lancement d'un Pacte européen d'investissement social destiné à garantir que les mesures d'austérité et les sanctions semi-automatiques adoptées dans le cadre de la gouvernance économique et de la mise en œuvre du semestre européen soient compensées par des évaluations d'impact social, le respect des droits sociaux fondamentaux, un réel engagement pour la réalisation des objectifs de lutte contre la pauvreté de la stratégie UE 2020 et le développement général de la «gouvernance sociale» européenne. |
| 3.4 | Le Comité est encouragé par le fait que le Parlement européen a récemment souligné la nécessité d'un«pacte social pour l'Europe», de l'application de «critères d'emploi et sociaux» dans le cadre d'une «surveillance contraignante de la discipline budgétaire», d'une prise en compte par l'examen annuel de la croissance de la «durabilité du modèle social» et enfin d'«un cadre intégré de politique pour l'emploi et de politique sociale en tant que cinquième élément de la feuille de route de l'UEM» (4). Il accueille aussi favorablement l'objectif déclaré du Conseil européen lors de sa réunion de juin 2013 (5) de présenter des mesures et une feuille de route assorties d'un calendrier pour «la dimension sociale de l'UEM». Le commissaire Andor a également fait valoir la nécessité d'une «union monétaire à visage humain» et selon lui, «la dimension sociale de l'UEM doit être comprise comme l'aptitude de ses règles, mécanismes de gouvernance, capacité budgétaire et autres instruments de politique à garantir que l'efficacité économique et l'équité sociale aillent de pair (6).» Le Comité est également encouragé par les conclusions du président du Conseil européen Van Rompuy formulées lors du sommet social tripartite du 14 mars: «le modèle social européen demeure un atout important et un avantage concurrentiel au niveau mondial» et «nous devons trouver les mécanismes qui permettraient de réduire les inégalités sociales existant dans l'Union (7)». Le «paquet investissements sociaux», qui a été publié par la Commission, et qui fournit aux États membres des orientations pour soutenir la protection et l'inclusion sociales (8), va dans la direction d'un développement des indicateurs de la dimension sociale. Toutefois, le Comité considère qu'un «tableau de bord» des inégalités de l'UE en matière d'emploi et de questions sociales exige également un cadre plus favorable à des actions sur l'ensemble de l'UE. Le Comité rappelle dès lors la nécessité d'un programme européen d'action sociale qui soit ambitieux, à mener dans le cadre d'une gouvernance à plusieurs niveaux, incluant les autorités, parties prenantes et organes européens compétents concernés aussi bien par l'action législative que non législative et ayant pour mission au moins et, de préférence, d'atteindre les objectifs sociaux définis dans la stratégie Europe 2020. |
4. Propositions particulières
Le CESE soutient les objectifs de la stratégie Europe 2020, en soulignant l'importance de juguler le déclin de notre compétitivité, de générer davantage de croissance, de créer plus d'emplois et de réduire la pauvreté. Conformément à l'article 9 TFUE, à savoir «… la promotion d'un niveau d'emploi élevé, (…) la garantie d'une protection sociale adéquate, (…) la lutte contre l'exclusion sociale ainsi qu'(à) un niveau élevé d'éducation, de formation et de protection de la santé humaine», le Comité appelle de ses vœux un programme d'action sociale européen plus contraignant et correctement financé et un engagement en faveur de celui-ci, notamment en tenant compte des objectifs spécifiques suivants:
| 4.1 | La pratique du Semestre européen doit inclure des critères de référence pour l'emploi et l'inclusion sociale, au sein du même cadre de surveillance que celui qui régit la coordination de la politique économique et les réformes structurelles. Des objectifs européens quantifiables de performance sociale et d'emploi doivent être intégrés aux règles de stabilité et de croissance régissant les objectifs relatifs à la dette et au déficit et s'aligner sur elles. Il convient par la suite d'appliquer des mécanismes d'ajustement pour réduire les inégalités macroéconomiques et sociales, dans le but de promouvoir une croissance intelligente, durable, des emplois de qualité, un accès à des services d'intérêt général de grande qualité et abordables ainsi que la réduction des inégalités sociales sur l'ensemble du territoire de l'UE. L'efficacité économique sur le court terme ne doit pas être respectée aux dépens de l'investissement à plus long terme dans le capital social. Les mesures d'assainissement budgétaire doivent être évaluées en fonction de leurs impacts sur la croissance, l'emploi et l'inclusion sociale. Il importe que des mécanismes européens de solidarité accompagnent les réformes structurelles. Afin qu'une «véritable Union économique et monétaire» soit soutenue par les citoyens de l'UE, il y a lieu que les programmes nationaux de réforme soient accompagnés d'un dialogue civil et social approprié s'inscrivant dans une dynamique de dimension sociale européenne, qui ne déclenche pas un nivellement par le bas se traduisant par une concurrence à la baisse, une déflation salariale et une diminution de la demande globale. Il importe de garantir une négociation collective libre et autonome. Par ailleurs, le dialogue social européen devrait joue un rôle de premier plan dans le développement et la pratique de la nouvelle gouvernance économique. Enfin, il y a lieu de mieux contrôler et suivre la conformité des droits sociaux fondamentaux dans toute l'UE. |
| 4.2 | Il y a lieu que le Fonds social européen et le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation soient promus au niveau correspondant à ce que le Président Van Rompuy en se référant à la situation sociale et de l'emploi en Europe, a qualifié de «drame humain et urgence sociale (9)». Cela exigera à l'évidence une «révision complète et obligatoire du CFP», comme l'a préconisé le Parlement européen, dans sa résolution du 13 mars (10). Dans le cadre des mécanismes de flexibilité qui y sont évoqués, de la négociation en cours entre le Parlement européen et le Conseil et de la révision structurelle du CFP plus que souhaitable après l'élection du nouveau Parlement européen, il importe de rétablir au minimum les montants prévus par la proposition initiale de la Commission européenne, en ayant également un recours plus adapté aux ressources propres de l'UE prévues, développant par ailleurs de manière significative les ressources allouées au Fonds de cohésion territoriale, au Fonds social, ainsi que les moyens financiers destinés à l'enseignement et à la formation et au Fonds d'ajustement à la mondialisation. |
| 4.3 | Parallèlement, il conviendrait que l'UE soutienne davantage les investissements socialement responsables et le rôle positif de l'économie sociale, notamment en réintroduisant les statuts européens pour les associations et les mutuelles, en intégrant de manière explicite dans les Fonds structurels la prévision de programmes pour les jeunes pousses et le développement d'entreprises sociales, en facilitant l'étiquetage social et en prévoyant des mesures compensatoires et des mécanismes de marché publics pour les entreprises disposant d'une valeur sociale avérée. Il y aurait lieu de créer un Fonds européen d'innovation sociale afin de rétablir des projets pilotes transnationaux valables destinés à lutter contre la discrimination et les inégalités sur le marché du travail, et qui ont été mis à mal par l'abandon du programme Equal par la Commission européenne. |
| 4.4 | Il est par ailleurs essentiel de prendre toutes les actions et mesures nécessaires en matière d'emploi, pour réindustrialiser l'Europe et atteindre l'objectif d'une industrie représentant 20 % du PIB d'ici à 2020. Le CESE souligne l'importance de la compétitivité pour les entreprises, qu'il convient d'atteindre par le biais d'un cadre européen cohérent. |
| 4.5 | Il faut que l'UE se mette «en mouvement pour la jeunesse», au risque d'aliéner de manière permanente les jeunes du projet européen dans sa globalité. Le niveau très inquiétant de la crise du chômage des jeunes en Europe exige un budget de l'UE plus crédible que les crédits inadaptés de 6 milliards d'euros proposés pour le Paquet sur l'emploi des jeunes et la Garantie pour la jeunesse, afin d'assurer un emploi, une formation ou un enseignement aux jeunes sans emploi, et particulièrement là où le besoin se fait le plus sentir. Sans un financement adéquat, la Garantie européenne pour la jeunesse risque d'être une imposture. Une impulsion plus décisive devrait également être donnée par l'UE en établissant un passeport européen unique des compétences, en élargissant le Cadre européen des certifications par une combinaison de l'ensemble des qualifications, compétences en matière d'enseignement formel, informel et non formel. À l'évidence, un cadre européen de partenariat entre les établissements scolaires, les entreprises et les partenaires sociaux est nécessaire, ainsi que des stratégies de synergies similaires plaçant l'enseignement supérieur et l'enseignement tout au long de la vie au centre de la création d'emplois, et prévoyant une résolution du problème de l'inadéquation des compétences, la promotion de l'employabilité, de l'innovation et de l'esprit d'entreprise. Le Semestre européen doit veiller à ce que l'investissement public dans l'enseignement et la formation ne soit pas compromis par des mesures visant à réduire les dettes souveraines et les déficits nationaux. |
| 4.6 | De vrais emplois, des emplois décents et la portabilité des droits sociaux doivent être au cœur d'un programme européen durable de redressement. Le modèle social européen est un atout pour attirer les investissements étrangers et contribuer au développement des entreprises en Europe; il conviendrait de l'apprécier en encourageant les incitants fiscaux aux activités créatrices d'emploi, y compris les micro-entreprises et le véritable emploi indépendant. Des normes sociales minimales et garanties doivent être soutenues dans les politiques européennes relatives à l'emploi et au marché du travail. La compétitivité et la flexibilité doivent aller de pair avec des emplois décents et des rétributions qui ne soient pas fixées au-dessous des seuils de pauvreté. Les partenaires sociaux européens ont la responsabilité particulière, dans le cadre de leur programme de travail, de trouver une solution au problème des travailleurs pauvres. |
| 4.7 | Il importe que l'UE s'engage plus sérieusement et de manière plus concrète dans la réduction et l'éradication de la pauvreté. En effet, les avantages économiques et sociaux pour l'Europe que l'on tire d'une réduction active de la pauvreté sont plus rentables que les dommages économiques et sociaux de longue durée, dus à l'inaction ou à des mesures qui, dans les faits, aggravent la pauvreté. À tout le moins, dans le cadre du Semestre européen, les engagements contenus dans les initiatives phares de la stratégie Europe 2020 visant à sortir de la pauvreté 20 millions de personnes, doivent être activement poursuivis et ne pas être entravés par des mesures de réduction des déficits. En premier lieu, cela exige une série d'indicateurs pour toute l'UE destinés à mesurer l'impact de la pauvreté et à garantir un suivi approprié et de possibles mesures correctives des programmes nationaux de réforme et des mesures d'austérité; ces dernières pourraient en réalité aggraver la pauvreté et menacer la reprise. Le CESE est également en train d'effectuer une analyse des systèmes de revenu minimum garanti dans les États membres, afin de recenser et de promouvoir les bonnes pratiques dans l'UE. Il a également soutenu la demande du Parlement européen d'étudier et d'envisager une proposition législative introduisant un revenu minimum approprié correspondant au minimum à 60 % du revenu médian dans chaque État membre (11). Un Fonds européen spécialisé de solidarité de lutte contre la pauvreté pourrait également être créé pour favoriser ces mesures de soutien au revenu, en tant que stabilisateur social et mécanisme d'ajustement du Semestre européen. Le Comité souhaite également réaffirmer sa proposition qui vise à ce que 20 % des ressources allouées au FSE soient affectées aux questions d'inclusion sociale et de pauvreté. |
| 4.8 | Un acte législatif sur l'accessibilité dans l'Union européenne est essentiel pour garantir aux personnes handicapées leurs droits à la liberté de mouvement et à l'accès aux biens, aux services et à l'environnement bâti. À cette fin, l'établissement d'une carte européenne de mobilité pourrait représenter un instrument concret et efficace. Il convient que la Commission mette également en place un instrument d'évaluation d'impact de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées et prenne en compte de ces éléments dans le processus du Semestre européen. |
| 4.9 | Par ailleurs, il conviendrait d'élaborer une méthodologie et un cadre de l'UE relatifs à des indicateurs comparables et mesurables de protection de la santé et de réduction des inégalités en la matière, afin d'examiner la situation dans les États membres, dans le cadre du Semestre européen. |
| 4.10 | Des critères à l'échelle de l'UE sur les performances sociétales, ainsi que des lignes directrices sur la réconciliation de la vie privée et professionnelle, l'accès aux services d'accueil des enfants, le vieillissement actif, le volontariat, le droit au logement et la lutte contre le sans-abrisme devraient également être intégrés à la dimension sociale du Semestre européen. |
| 4.11 | Les travailleurs immigrés, masculins et féminins, apportent une contribution positive au développement économique et au bien-être de l'Europe. Les procédures en vigueur dans l'UE concernant l'immigration pour raisons de travail doivent être légales et transparentes. La législation sur l'immigration doit respecter les droits de l'homme et garantir l'égalité de traitement. Le CESE considère que l'UE doit renforcer les politiques d'intégration ainsi que la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination à l'égard des immigrés et des minorités. |
| 4.12 | Une reprise durable exige une symétrie économique et monétaire plus développée ainsi qu'une cohésion sociale accrue dans toute l'UE. Un programme européen d'action sociale comprenant les objectifs spécifiques énumérés précédemment contribuerait à établir une base sociale plus cohérente permettant de coopérer et de recréer un lieu entre les citoyens et l'UE. Un rééquilibrage social à deux niveaux tant de l'UE que de l'UEM est dès lors préférable, dans le respect de la subsidiarité dans son acception dynamique. Cependant, en l'absence d'un consensus suffisant ou d'une volonté politique en faveur d'une dimension sociale de l'UE ainsi redynamisée, le CESE proposerait l'option alternative d'une coopération renforcée au sein de l'UEM, disposant de ressources financières propres, d'un Fonds social additionnel et d'un Pacte pour le progrès social en Europe, sur la base des mêmes accords contractuels rigoureux et contrôlés démocratiquement qui régissent la convergence économique et monétaire, ainsi que des normes, des objectifs et des mécanismes de protection sociale (il conviendrait d'organiser un débat avec les partenaires sociaux et la société civile autour de l'utilité ou non de l'assurance chômage de l'UEM ou du système d'allocations de chômage), en harmonisant les mécanismes de stabilisation fiscaux, budgétaires et monétaires d'une Union économique et monétaire plus étroite, avec la dimension sociale correspondante. |
| 4.13 | Les «obligations contractuelles pour la compétitivité et la croissance» qui ont été présentées au cours du Sommet de décembre de l'UE doivent faire l'objet d'un contrôle démocratique et ne doivent pas mettre à mal le modèle européen d'économie sociale de marché, tel que défini à l'article 3, paragraphe 3 du TUE. Il est également nécessaire de mieux définir et de préciser les «mécanismes de solidarité et de soutien» des efforts consentis par les États; ils pourraient progressivement prendre la forme de véritables transferts financiers, être dotés d'un budget initial spécifique de 50-100 milliards d'euros, devant être financés par des mécanismes similaires à ceux régissant le Fonds européen de stabilité financière (FESF). |
| 4.14 | En vue de concrétiser cette perspective d'un équilibre accru et d'une meilleure adéquation à l'économie sociale de marché telle que prévue par le traité, il est nécessaire que le rôle accru du commissaire chargé des affaires économiques et monétaires au sein du Collège s'accompagne d'un renforcement de l'action du commissaire en charge de l'emploi et des affaires sociales. Il convient également que le rôle du Conseil des affaires économiques et financières (ECOFIN) soit contrebalancé par un renforcement correspondant du Conseil «Emploi, politique sociale, santé et consommateurs» (EPSCO). |
| 4.15 | Il est tout aussi urgent, dans ce cadre de gouvernance économique et sociale européenne, et notamment du Semestre européen et de la Stratégie Europe 2020, de renforcer l'action tant du Parlement européen que des parlements nationaux, et de garantir et développer la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile à tous les niveaux de la négociation politique. |
5. Propositions exploratoires
5.1 Obligations sociales européennes
| 5.1.1 | Parallèlement aux perspectives que nous venons d'énoncer, il conviendrait peut-être de se pencher davantage sur d'autres moyens d'impliquer les citoyens, la société civile et les acteurs du monde de l'entreprise européens dans la relance de l'action sociale européenne, c'est-à-dire par la mobilisation en faveur d'obligations sociales européennes et de leur émission. Cela permettrait également, dans la conjoncture actuelle où les moyens financiers publics sont limités, de mobiliser des ressources additionnelles en allouant à des d'objectifs très précis d'importantes réserves d'épargne privée non utilisée. |
| 5.1.2 | Cette initiative serait distincte des débats en cours sur l'émission d'obligations européennes de stabilité (pour contribuer à la mutualisation de la dette) et d'obligations destinées à stimuler la reprise et la croissance (en tant qu'élément du train de mesures de l'UE de relance économique). Au lieu de cela, les obligations sociales européennes ne seraient pas payées par les trésors publics nationaux ni cofinancées par des mécanismes budgétaires de l'UE, mais seraient achetées à titre d'investissement de particuliers, d'entreprises, d'organisations syndicales et de groupes issus de la société civile souhaitant exercer leur responsabilité sociale individuelle et d'entreprise, en participant à un Fonds européen d'action sociale, financé et géré par eux-mêmes, offrant des taux d'intérêt raisonnables et ayant un caractère non lucratif, contrôlé et réglementé de manière transparente, organisé et garanti à hauteur d'un montant approprié par les pouvoirs publics compétents de l'UE. |
| 5.1.3 | La logistique relative à l'émission d'obligations devrait être assurée par les autorités compétentes de l'UE et l'organisation de cette opération devrait avoir une assise populaire et devrait être gérée conjointement par les acteurs privés, du monde de l'entreprise et publics, qui choisissent de participer à ce dispositif et prennent la responsabilité du Fonds européen d'action sociale. Ces acteurs achèteraient, collecteraient et investiraient les obligations dans des programmes sociaux de leur choix, prioritairement dans le cadre du programme européen d'action sociale proposé, avec l'aide technique des institutions et des organes consultatifs compétents de l'UE, afin de vérifier leur viabilité financière et leur possible impact social. Ces investissements à caractère social pourraient inclure: le logement social, les entreprises coopératives et les entreprises d'économie sociale, le soutien aux groupes d'entraide, les mutuelles, les services sociaux et de santé des communautés, les réseaux d'éducation, de formation et de requalification, l'innovation sociale, la recherche et le développement; les prêts et les partenariats pour le développement des infrastructures, le tourisme rural, les échanges par les voyages, les activités culturelles, les actions caritatives… |
| 5.1.4 | D'autres dispositifs plus structurés de développement de ces obligations sociales européennes pourraient être étudiés, comme la mise en place d'une pluralité d'obligations de ce type, promues et gérées à l'échelon local et/ou national par les mêmes acteurs précités. En respectant la conformité aux critères du dispositif européen général prévu, ces obligations obtiendraient une certification européenne adéquate de participation au dispositif général, tant pour ce qui relève des contraintes liées à leur finalité que de celles relatives à leurs modalités de gestion, et, sur cette base, pourraient bénéficier d'allègements fiscaux destinés aux souscripteurs. |
| 5.1.5 | Le conseil d'administration du Fonds européen d'action sociale devrait être composé des parties prenantes participant au dispositif et disposant d'une représentation proportionnelle à l'importance de leurs investissements dans les emprunts obligataires sociaux européens et devrait bénéficier d'un soutien logistique et de conseils des instances européennes appropriées (notamment du CESE). |
5.2 Réseau européen d'enseignement pour les travailleurs au chômage
| 5.2.1 | Le chômage de masse en Europe ne sera pas résolu à court ou à moyen terme, quand bien même les prévisions de croissance devaient s'améliorer d'ici 2014 ou si le train de mesures de relance pour l'ensemble du territoire européen devait commencer à donner des résultats. Le marché du travail européen doit être mieux adapté en tant que moyen pour notre main-d'œuvre de circuler librement, d'apporter les compétences là où elles sont nécessaires et d'en apprendre d'autres pour les rapporter sur le lieu d'origine et les développer. Il est capital que notre main-d'œuvre demeure active, de préférence dans un emploi ou peut-être un emploi à temps partiel, et lorsque cela s'avère impossible, dans des dispositifs d'enseignement, de formation et de requalification. Il est important de s'assurer que l'éducation soit efficace, tournée vers l'avenir, innovante et adaptée aux besoins du marché de l'emploi. Plusieurs dispositifs d'enseignement et de formation ont tendance à être conçus sur le court terme, et n'offrent souvent aucun débouché viable à leur terme. Les travailleurs âgés au chômage sont moins susceptibles de bénéficier de ces dispositifs. Une approche sur le plus long terme associée à une perspective européenne pourrait être explorée, en s'appuyant également sur des expériences déjà réalisées en Europe et s'inspirant des meilleures pratiques, comme le programme d'éducation des adultes mis en œuvre en Suède de 1997 à 2002 ou le système de formation en alternance en Allemagne et en Autriche. L'UE pourrait favoriser la création d'un réseau européen d'enseignement pour les travailleurs au chômage afin d'offrir un dispositif de formation exhaustif d'une durée de deux ans en vue de réorienter les parcours professionnels, de participer à des expériences en matière d'emploi, de formation ou d'échange d'expériences d'enseignement dans d'autres États membres grâce à la délivrance de chèques formation transnationaux pour l'enseignement prévoyant des transferts de crédits d'enseignement et enfin d'obtenir une qualification professionnelle mutuellement reconnue à l'issue du dispositif. |
| 5.2.2 | S'il est doté de ressources adéquates et s'il est adopté à une grande échelle par les États membres, dans le cadre de mesures contractuelles précises pour les travailleurs participant à ces programmes sur une base volontaire, ce dispositif pourrait permettre de maintenir dans des emplois de grande qualité un nombre important de chômeurs de longue durée qui ne trouveraient certainement pas à terme d'autres possibilités d'emploi; ce dispositif serait dès lors utile tant pour les individus que pour le capital social global des États européens. |
Bruxelles, le 22 mai 2013.
Le président du Comité économique et social européen
Henri MALOSSE
(1) Données Eurostat: http://ec.europa.eu/eurostat/euroindicators
(2) Une sorte de nouveau plan Marshall: voir l'avis du CESE sur «La croissance et la dette souveraine dans l'UE: deux propositions innovantes», JO C 143 du 22.5.2012, paragraphes 2.8 et 2.13 – Voir le livre vert de la Commission sur le financement à long terme de l'économie européenne, COM(2013) 150 final/2 du 9.4.2013
(3) Conclusions du Conseil européen des 14 et 15 mars 2013, EUCO 23/13.
(4) Rapport du Parlement européen à la Commission sur le rapport des présidents du Conseil européen, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l'Eurogroupe «Vers une véritable union économique et monétaire de l'Union» (2012/2151 (INI)), p. 29 et avis qui l'accompagne de la commisssion du PE de l'emploi et des affaires sociales, suggestion J et recommandation 6.
(5) Conclusions du Conseil européen sur l'achèvement du l'UEM, adoptées le 14 décembre 2012, point 12 b.
(6) Discours de László Andor, Commissaire européen chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion, prononcé devant la CES (28.1.2013, Madrid).
(7) «Le thème principal de la réunion d'aujourd'hui, la dimension sociale du modèle social européen demeure un atout important et un avantage concurrentiel au niveau mondial» – Intervention de M. Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, à l'issue du sommet social tripartite, Bruxelles, le 14 mars 2013, EUCO 68/13.
(8) Investir dans le domaine social en faveur de la croissance et de la cohésion, notamment par l’intermédiaire du Fonds social européen, au cours de la période 2014-2020, COM(2013) 83 final.
(9) «En conséquence, un nombre croissant de personnes quittent tout simplement le marché du travail, abandonnent toute formation et s'exposent à la marginalisation (on parle même de 13 % pour la catégorie d'âge des 15-24 ans). Ceci constitue un drame humain et une urgence sociale.» Discours de Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen au CESE, Bruxelles, 17 janvier 2013, EUCO13/13
(10) Résolution du Parlement européen du 13 mars 2013 sur les conclusions du Conseil européen des 7 et 8 février concernant le Cadre financier pluriannuel (2012/2803 (RSP)), paragraphe 9.
(11) Le CESE appelle de ses vœux l'élaboration d'une feuille de route détaillée pour la mise en œuvre des stratégies d'inclusion active à l'échelon local. Il soutient la position du Parlement européen, lequel demande à la Commission d'étudier l'impact d'une proposition législative introduisant un revenu minimum approprié d'au moins 60 % du revenu médian dans chaque État membre; (JO C 248 p. 130 du 25.8.2011).