Avis du Comité des régions sur le paquet Emploi des jeunes
| CELEX | 52013AR0789 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 30 mai 2013 |
Texte intégral
| 30.7.2013 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 218/1 |
Avis du Comité des régions sur le paquet «Emploi des jeunes»
2013/C 218/01
LE COMITÉ DES RÉGIONS
| — | accueille favorablement le paquet «Emploi des jeunes», qui propose une série de mesures concrètes pour aider les États membres à affronter les niveaux inacceptables de chômage des jeunes et l'exclusion sociale qui en résulte; |
| — | souligne le rôle clé que jouent les collectivités territoriales dans la définition et la mise en œuvre des mesures de lutte contre le chômage, l'offre de possibilités aux jeunes et le soutien à l'échange de bonnes pratiques; |
| — | met par ailleurs l'accent sur l'importance d'une participation active des jeunes et des organisations de jeunesse au développement des stratégies à mettre en œuvre; |
| — | compte tenu de l'urgence de la question, demande au Conseil européen d'accepter d'avancer à 2013 la mise en œuvre de l'initiative sur l'emploi des jeunes; |
| — | demande à la Commission européenne de finaliser le cadre de qualité pour les stages, l'Alliance européenne pour l'apprentissage et les propositions concernant le nouveau règlement EURES; |
| — | exhorte la Commission à appuyer et à compléter les actions des États membres dans le domaine de la formation professionnelle, en proposant sous forme de recommandation des normes minimales de qualité au niveau européen en ce qui concerne les apprentis, afin de faciliter la reconnaissance des qualifications acquises dans toute l'Europe. |
| Rapporteur | Enrico ROSSI (IT/PSE), Président de la Région de Toscane |
| Textes de référence | Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Faire accéder les jeunes à l'emploi COM(2012) 727 final Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Vers un cadre de qualité pour les stages — Deuxième phase de consultation des partenaires sociaux au niveau européen au titre de l'article 154 TFUE COM(2012) 728 final |
I. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ DES RÉGIONS
Contexte général
| 1. | apprécie les efforts de la Commission européenne pour intensifier la lutte contre le chômage des jeunes, car il s'agit sans nul doute d'une des problématiques les plus graves auxquelles l'UE est confrontée, qui exige d'urgence une réponse politique coordonnée et systémique (1) et un apport de fonds crédible pour pouvoir y faire face; |
| 2. | accueille favorablement le paquet «Emploi des jeunes» (2), qui vise à proposer une série de mesures concrètes pour aider les États membres à affronter les niveaux inacceptables de chômage des jeunes et l'exclusion sociale qui en résulte; |
| 3. | apprécie la double approche (recommandations adressées aux États membres, d'une part, coordination, initiatives et mesures au niveau européen, d'autre part) telle qu'elle est proposée par la Commission dans la communication «Faire accéder les jeunes à l'emploi», dans le même temps, souligne la nécessité d'entreprendre des actions appropriées et proportionnées et d'adopter des mesures aux échelons européen, national et régional, dans le plein respect du principe de subsidiarité; |
| 4. | souligne le rôle clé que jouent les collectivités territoriales dans la définition et la mise en œuvre des mesures de lutte contre le chômage, l'offre de possibilités aux jeunes et le soutien à l'échange de bonnes pratiques; il met par ailleurs l'accent sur l'importance d'une participation active des jeunes et des organisations de jeunesse au développement des stratégies à mettre en œuvre; |
| 5. | accueille positivement la décision du Conseil européen des 7 et 8 février 2013 d'affecter 6 milliards d'euros à l'Initiative pour l'emploi des jeunes, qui s'adresse à toutes les régions (NUTS 2) comptant un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 %; considère toutefois que, bien qu'il s'agisse d'un signal encourageant, les ressources prévues constituent un levier encore insuffisant au regard de l'ampleur du problème; |
| 6. | compte tenu de l'urgence de la question, demande au Conseil européen d'accepter d'avancer à 2013 la mise en œuvre de l'initiative sur l'emploi des jeunes; |
| 7. | estime qu'une partie substantielle des ressources consacrées à l'initiative «Emploi des jeunes» doit être assignée aux pouvoirs locaux et régionaux, afin de leur donner davantage de possibilités de mettre en œuvre des initiatives en faveur de l'emploi des jeunes de la manière qui soit la plus adaptée aux conditions du lieu; |
| 8. | demande à la Commission de finaliser le cadre de qualité pour les stages, l'Alliance européenne pour l'apprentissage et les propositions concernant le nouveau règlement EURES; |
| 9. | souligne l'importance d'appliquer au processus de mise en œuvre une approche transversale, concertée et durable afin de garantir la synergie entre toutes les initiatives stratégiques («Stratégie pour les nouvelles compétences et les nouveaux emplois» (3), «Jeunesse en mouvement» (4), «Une Union pour l’innovation» et «Stratégie numérique pour l'Europe») et entre celles-ci et la politique de cohésion pour la période 2014-2020; |
| 10. | appuie vigoureusement la stratégie Europe 2020 et ses instruments et soutient l'engagement d'atteindre les objectifs en matière d'emploi, y compris la réduction du nombre d'abandons scolaires, en invitant les États membres à renforcer leurs efforts sur la voie de la croissance et de l'innovation que cette stratégie a tracée et en promouvant une collaboration accrue entre les divers niveaux de pouvoir; souligne dans cette perspective l'importance du rôle qui revient aux collectivités régionales et locales dans la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020 et la nécessité que les programmes nationaux de réforme soient mis en œuvre en collaboration par les différents niveaux de gouvernance; |
| 11. | souligne l'importance de prendre à bras-le-corps le problème grandissant de l'apparition en Europe des jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d'études ni de formation, en prenant la mesure de son coût à court et à long termes et en ayant conscience de l'impact social et économique de ce phénomène ainsi que des conséquences et des risques (de natures sociale et démocratique) liés au fait que les jeunes ne peuvent s'émanciper; estime par ailleurs que le phénomène de la non-intégration de ces jeunes sur le marché du travail est lié au niveau d'efficacité des services pour l'emploi, à la relation entre le monde de l'enseignement et celui du travail, au degré de présence dans ce contexte des associations volontaires et du troisième secteur; il y a lieu de souligner que c'est là où existe une collaboration entre les collectivités territoriales, les services pour l'emploi et les centres d'orientation et de formation que l'effet maximum est atteint; |
| 12. | fait valoir que les meilleurs résultats en ce qui concerne l'emploi des jeunes sont enregistrés dans les pays où ceux-ci ont la possibilité de faire des stages de qualité, d'accéder à des programmes d'apprentissage solides (5), qui font partie intégrante du système de formation et de placement professionnel; note également qu'il faut pour cela que les services de l'emploi soient efficaces; à cet égard, souligne l'importance de mettre en évidence les bonnes pratiques des systèmes et des services publics d'orientation et de soutien à la recherche d'emploi existants au niveau européen; estime en outre qu'il convient, dans la mesure des possibilités, d'associer le plus grand nombre possible d'organisations de jeunesse locales aux activités des services de l'emploi et à l'orientation professionnelle; |
| 13. | accueille favorablement la «Garantie pour la jeunesse», qui vise à assurer que les jeunes se voient proposer une offre de bonne qualité portant sur un emploi, un complément de formation, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant leur sortie du système scolaire ou le terme de leur période d'emploi. La baisse du chômage des jeunes représente un défi majeur pour l’avenir de l’Europe; |
| 14. | suivra de très près la mise en œuvre de cette Garantie pour la jeunesse et rappelle qu'il s'agit d'un instrument très coûteux pour l'utilisation duquel les États membres, surtout ceux qui rencontrent de graves difficultés financières, auront besoin d'un soutien ferme de l'UE; |
| 15. | rappelle l'importance d'étendre le bénéfice de la mesure aux jeunes jusqu'à 30 ans (et non 25), y compris diplômés; |
| 16. | veillera à ce que dans le cadre des négociations interinstitutionnelles sur les nouvelles dispositions du Fonds social européen relatives à l’initiative sur l’emploi des jeunes, adoptée par le Conseil européen les 7 et 8 février 2013, le soutien de cet instrument soit accordé de manière plus flexible en qui concerne les taux de cofinancement et les avances afin de pouvoir faire face plus efficacement et plus diligemment à la situation difficile des régions dans ce domaine; demande également que le fonctionnement de l’initiative en question, ainsi que les montants susceptibles de provenir de chacun de ses deux volets soient précisés aux collectivités territoriales en temps utile pour que celles-ci puissent en tenir compte dans le cadre de l’élaboration de leurs stratégies de lutte contre le chômage des jeunes et de leurs systèmes de garantie; |
Contribution de l'apprentissage à l'autonomie des jeunes
| 17. | encourage les États membres et les institutions compétentes à élaborer des programmes de formation qui favorisent et anticipent la transition école-travail de manière à éviter que les jeunes ne restent trop de temps dans le système éducatif ou de formation sans avoir de perspectives. L'anticipation de l'entrée sur le marché du travail doit cependant être assortie de la possibilité de retourner en formation pour améliorer ses qualifications ou se reconvertir, dans l'optique d'une formation continue; recommande dans le même temps d'élaborer et de mettre en œuvre, en collaboration avec les collectivités territoriales, les instances concernées par l'éducation et la formation et les agences gouvernementales pour l'emploi, des stratégies régionales ciblant le marché du travail et la formation professionnelle, ainsi que le monde des entreprises afin de faciliter l’intégration professionnelle dans le contexte de systèmes économiques intégrés; |
| 18. | insiste sur le fait qu'il est urgent de traiter également les aspects du chômage des jeunes liés à l'égalité entre les sexes, car les jeunes femmes sont davantage susceptibles d'être affectées par les emplois précaires, les écarts de salaire entre hommes et femmes, même dans le cadre des stages, et l'absence de mesures pour concilier adéquatement la vie privée et la vie professionnelle; appelle par conséquent à ce que tous les dispositifs destinés à favoriser l'emploi des jeunes prennent en considération les situations aux niveaux national, régional et local, ainsi que les dimensions du problème liées à l'égalité hommes-femmes; |
| 19. | rappelle que les programmes d'apprentissage facilitent considérablement la transition de l'école au travail en permettant aux jeunes d'acquérir, dans le cadre de leur parcours de formation, aussi bien de l'expérience sur le terrain que des connaissances théoriques hors entreprise, grâce à la collaboration entre entreprises et institutions de formation; encourage dès lors les États membres à promouvoir des programmes d'apprentissage en alternance, y compris au niveau de l'enseignement supérieur; |
| 20. | plaide pour la possibilité d'adopter, dans le respect de la répartition des compétences, un cadre commun qui rende compatibles entre elles les diverses initiatives de formation en alternance dans les États membres, qui mette en valeur les principaux avantages de l'apprentissage, et qui fournisse des indications sur les meilleurs instruments pour le développer; |
| 21. | exhorte la Commission à appuyer et à compléter les actions des États membres dans le domaine de la formation professionnelle, en proposant sous forme de recommandation des normes minimales de qualité au niveau européen en ce qui concerne les apprentis, afin de faciliter la reconnaissance des qualifications acquises dans toute l'Europe; |
| 22. | apprécie les progrès réalisés sur la voie de l'Alliance européenne pour l'apprentissage, un instrument européen de nature à répondre à la demande de qualifications et à aider à la mise en place d'un cadre de référence approprié pour les qualifications acquises; |
| 23. | soutient la proposition de la Commission de promouvoir des formes de coopération qui encouragent le développement et la diffusion des formations en alternance. Toutefois, il importe que celles-ci réunissent les autorités responsables de l'enseignement, de la formation et des politiques du travail au niveau national, des représentants des collectivités territoriales, les autorités de gestion du FSE, des représentants des entreprises et des partenaires sociaux. Le but est de définir des stratégies appropriées pour renforcer l'apprentissage, ainsi que des méthodes efficaces pour utiliser les enveloppes nationales du FSE en vue de la conception et de la mise en œuvre de systèmes de formation en alternance, sur le marché du travail et dans le système scolaire de chaque État membre; |
| 24. | constate que les meilleurs résultats du point de vue de l'emploi et de l'apprentissage sont obtenus lorsqu'il existe une coopération entre tous les acteurs concernés (6); propose donc aux États membres de favoriser des partenariats efficaces entre les établissements/institutions d’enseignement et de formation professionnels, le monde des entreprises et les services de l'emploi. Ces partenariats peuvent être mis en place au moyen d'interventions de nature culturelle et structurelle, ainsi que d'incitants financiers et fiscaux, proposés le cas échéant par l'intermédiaire des collectivités territoriales; |
| 25. | estime qu'il est nécessaire de répondre aux besoins spécifiques des PME, qui pourraient contribuer à transmettre aux jeunes les compétences que le marché du travail demande, mais qui disposent de ressources limitées et sont souvent confrontées à des obstacles croissants sur les plans organisationnel, bureaucratique et culturel; |
| 26. | juge nécessaire que les organismes et les agences de placement des travailleurs administrés par l'État ou par les collectivités régionales et locales favorisent l'organisation de stages pour les jeunes, soient dotés de compétences de contrôle et assument les tâches que suppose le suivi du placement des stagiaires, et considère qu'il convient d'adapter le cadre institutionnel à ces fins; |
Rôle des stages pour favoriser l'insertion dans le monde du travail
| 27. | rappelle que des expériences telles que les stages, même si elles sont de courte durée, doivent représenter des périodes de formation utiles qui permettent aux jeunes d'entrer le plus rapidement possible et de manière stable dans le marché du travail. C'est pourquoi les stages doivent être de qualité tant du point de vue des contenus formatifs que sous l'angle de la protection sociale. Aussi le Comité invite-t-il les collectivités territoriales à offrir aux jeunes le plus grand nombre possible de stages, de manière à leur permettre de se familiariser davantage avec une large gamme de métiers et de professions. Le Comité est d'avis que les collectivités territoriales peuvent montrer l'exemple en matière de mise en œuvre de programmes d'apprentissage de qualité, et propose dès lors qu'elles collaborent avec les établissements d'enseignement pour pouvoir jouer un rôle moteur dans l'accueil et le placement des stagiaires ainsi que la création d'espaces de collaboration avec le secteur des entreprises pour une absorption rapide des jeunes dans le marché du travail; |
| 28. | note que dans de nombreux États membres, on observe un usage détourné de l'outil du stage, qui donne lieu à des abus destinés à se procurer une main-d'œuvre à bon marché, voire gratuite, souvent dans le but de remplacer des contrats de travail normaux, dans bien des cas pendant des périodes de pic de travail; |
| 29. | considère que la définition du stage doit envisager cet instrument comme un processus formatif d'intégration progressive dans le monde du travail; observe en outre qu'une définition correcte doit également se référer au vaste concept de «filière», couvrant à la fois l'orientation, la formation et le travail; |
| 30. | soutient vigoureusement le rôle de l'UE dans la définition de critères de qualité reconnus au niveau européen. Une solution à l’échelle de l’UE présenterait également des avantages manifestes en ce qui concerne la mobilité des stagiaires à l’intérieur et à l'extérieur de l’UE et contribuerait à un marché du travail européen plus intégré; |
| 31. | accueille favorablement les propositions de la Commission relatives au cadre européen de qualité pour les stages, qu'il considère comme un ensemble de mesures destinées à faciliter l'entrée des jeunes dans le monde du travail; |
| 32. | demande avec force l'adoption urgente de la recommandation européenne sur les stages et que celle-ci définisse des normes minimales au niveau européen, communes à tous les États membres. Cette recommandation devrait prendre dûment en considération tous les types de stages, sans se limiter aux seuls stages sur le marché libre (extrascolaires); |
| 33. | souhaite l'adoption par les différents États membres, d'exigences minimales comme l'établissement d'un accord écrit entre le stagiaire et l’organisation d’accueil (et le cas échéant avec l’organisme de formation ou le promoteur du stage), couvrant des aspects tels que les objectifs professionnels et pédagogiques, la durée, le temps de travail et, s’il y a lieu, la sécurité sociale, les indemnités ou la rémunération. Afin de garantir le contenu pédagogique formalisé, il conviendrait de désigner des maîtres de stage ou des parrains au sein de l’organisation d’accueil, qui possèdent les compétences professionnelles adéquates et en rapport avec les activités du stagiaire; |
| 34. | recommande le respect d’un parcours transparent pour le stagiaire et souligne l’importance de prévoir un remboursement des frais (ou une indemnité) équitable, qui pourrait être financé grâce à la contribution du FSE et constituer une composante réelle de la qualité du stage, en renforçant «l'intérêt mutuel» pour le jeune et l’entreprise, dans un contexte de dignité pour le stagiaire; |
| 35. | réitère la nécessité que l’organisme d’accueil soit en possession des autorisations obligatoires, par exemple qu'il soit en règle avec la réglementation en matière de sécurité sociale, de santé et de sécurité sur les lieux de travail, de personnes handicapées, etc. |
| 36. | souligne la nécessité d’une certification formelle des connaissances et des qualifications acquises par le stagiaire dans le cadre de son stage; |
| 37. | soutient la proposition de la Commission sur la modernisation de la directive sur les qualifications professionnelles (7) en étendant son champ d’application afin d’y inclure les périodes de stage effectuées dans d’autres États membres; demande en outre que l'on examine si la directive doit porter non seulement sur les stages nécessaires pour accéder à une profession réglementée mais aussi sur les stages sur le marché libre et ceux effectués dans le cadre des études; |
La mobilité, facteur de développement du potentiel des jeunes
| 38. | voit dans la mobilité géographique des jeunes travailleurs un outil important pour contribuer à résoudre les déséquilibres locaux entre la demande et l’offre de travail. À cette fin, les stages organisés sur la base de critères spécifiques au sein d’un secteur de référence donné (par exemple dans l’artisanat ou le tourisme) peuvent être des instruments efficaces pour favoriser cette mobilité qui vise à permettre le retour des jeunes dans leurs régions d'origine avec des chances accrues d'y trouver un emploi grâce à la meilleure qualification qu'ils auront acquise. Cet élément est particulièrement important pour préserver la cohésion territoriale et aider les régions touchées par des problèmes démographiques tels que le vieillissement et le dépeuplement; |
| 39. | souhaite que les futurs programmes européens visant à encourager la mobilité, dans le cadre de la proposition «Erasmus pour tous», bénéficient d’un financement adéquat et durable pour permettre au plus grand nombre de jeunes possible d’effectuer une partie de leur parcours scolaire ou de formation à l’étranger, en tenant compte de la situation particulière des jeunes des régions ultrapériphériques; |
| 40. | appuie la décision de la Commission de transformer le réseau européen de recherche de postes de travail en un instrument axé sur les résultats permettant la rencontre entre l’offre et la demande de placement, en poursuivant le développement de l’initiative «Votre premier emploi EURES» visant à aider les citoyens de l’UE de 18 à 30 ans à trouver un travail dans un autre État membre; |
| 41. | juge nécessaire d'avoir la possibilité d’affecter des ressources, dans le cadre du FSE comme dans celui de fonds nationaux et/ou régionaux, en complément des programmes de formation de l'UE. Il conviendrait d'utiliser ces ressources pour la promotion de programmes spécifiques de mobilité, qui seraient accessibles à tous les jeunes de l'UE aux mêmes conditions, indépendamment de leur lieu de résidence, tout en encourageant les services publics de l’emploi des États membres à élaborer des programmes qui fassent connaître les possibilités offertes par le programme EURES et à les intégrer dans leurs activités régulières; |
Quelques priorités transversales
| 42. | accueille favorablement le lancement du Panorama européen des compétences et du Passeport européen des qualifications en vue de la définition des qualifications. Ces instruments sont en effet de nature à mieux répondre à la demande de qualifications appropriées et à contribuer à fournir un cadre de référence adéquat pour les qualifications, permettant d’intégrer non seulement celles acquises dans le cadre des apprentissages formels, mais aussi celles provenant d'expériences informelles et non formelles; |
| 43. | encourage les États membres à concevoir et à mettre en œuvre des politiques et des instruments qui favorisent le lancement de jeunes entreprises, notamment à travers des formules d’octroi de garantie pour des financements et des opérations de leasing, ou d'aides à la réduction des taux d’intérêt sur les emprunts, ainsi qu’au moyen d’instruments de microcrédits; |
| 44. | juge fondamental de créer des passerelles entre le monde de l’enseignement et celui du travail de manière à valoriser des instruments tels que le programme Erasmus pour les jeunes entrepreneurs; celui-ci, en particulier, s’avère être un instrument efficace pour stimuler l’esprit d’entreprise, comme cela a déjà été mis en évidence dans un précédent avis du CdR (8); |
| 45. | convient avec la Commission de l’importance de donner une vigoureuse impulsion aux secteurs stratégiques qui présentent un potentiel élevé d’emplois (santé, social, économie verte et TIC), aussi bien dans le cadre du lancement des entreprises que de la promotion de l’emploi en général. Le niveau régional peut jouer un rôle particulier en soutenant le développement de compétences ciblées spécifiquement sur les secteurs dans lesquels la région est en position de force et où les perspectives en matière d'emploi sont positives; |
| 46. | estime qu'il est capital d’intégrer les concepts de sécurité et de flexibilité du marché du travail (flexicurité) en trouvant un équilibre entre la nécessité pour les employeurs de disposer d’une force de travail flexible et le besoin de sécurité et de protection des travailleurs dans un environnement de travail de plus en plus précaire; |
| 47. | souligne l'importance que revêt la coopération avec les institutions locales et régionales pour définir une stratégie spécifique visant à aborder de manière globale la programmation et la gestion des politiques de l'emploi des jeunes. À cette fin, il pourrait être judicieux d'appliquer des formes innovantes de gestion intégrée des instruments des politiques de l'emploi des jeunes, en vue de favoriser les interactions entre les instances publiques, les jeunes générations et le monde des entreprises; |
| 48. | souligne la nécessité d'associer pleinement les collectivités territoriales à la définition et à la mise en œuvre des nouvelles initiatives dans la mesure où elles constituent le niveau le plus adéquat pour évaluer les besoins et impératifs locaux et régionaux et, par conséquent, les questions relatives à l'emploi et aux programmes axés sur les jeunes; |
| 49. | rappelle à la Commission européenne que les collectivités locales et régionales sont dans une large mesure compétentes en matière de mise en œuvre des politiques de l'emploi, de l'éducation et de la formation; déplore dans le même temps que la communication de la Commission ne contienne aucune référence expresse aux compétences des collectivités locales et régionales (9), ni pour l'élaboration, ni pour la mise en œuvre des politiques dans les domaines susmentionnés; |
| 50. | recommande que l'instrument des stages dans le cadre du paquet «Emploi des jeunes» et dans le contexte plus vaste de la promotion des systèmes de garantie pour les jeunes, trouve sa juste place et bénéficie du soutien nécessaire de la part de l'UE afin que les politiques en faveur de l'emploi des jeunes permettent de relever le principal défi de l'Europe sociale: éviter la fracture générationnelle en reconnaissant aux jeunes le droit d'avoir la possibilité de devenir autonome. |
| 51. | considère qu'il est indispensable d'orienter des ressources importantes en matière de formation pour stimuler l'esprit d'entreprise chez les jeunes. Cet effort doit être axé sur les secteurs émergents qui ont été détectés dans les différentes stratégies régionales au sein d'un cadre économique global. Les connaissances accumulées et la volonté d'apprendre des jeunes constituent une source de croissance pour l'Europe. L'expérience doit servir à ne pas orienter nos jeunes entrepreneurs vers des secteurs sans perspectives économiques déjà à court terme. Dès lors, dans le contexte d'une société économiquement complexe, il est nécessaire d'«apprendre à apprendre» au moyen d'actions de formation qui permettent aux jeunes de passer de l'idée d'une entreprise à l'élaboration effective d'un projet entrepreneurial. Nous considérons que le financement est d'une importance vitale. À cette fin, les États membres devraient affecter un pourcentage de leurs instruments financiers respectifs en appliquant des coefficients directement liés au taux de chômage des jeunes, qui permette de financer dans des conditions avantageuses les projets présentés par les jeunes entrepreneurs. |
Bruxelles, le 30 mai 2013.
Le président du Comité des régions
Ramón Luis VALCÁRCEL SISO
(1) CdR 2562/2012 final.
(2) COM(2012) 727 final, COM(2012) 728 final et COM(2012) 729.
(3) CdR 401/2010 final.
(4) CdR 292/2010 final.
(5) SWD(2012) 406 final.
(6) COM(2012) 669.
(7) COM(2011) 883 final.
(8) CdR 1186/2012 fin.
(9) CdR 1186/2012 fin.