Résolution du Parlement européen du 3 juillet 2013 concernant le cadre de contrôle interne intégré (2012/2291(INI))
| CELEX | 52013IP0319 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mercredi 3 juillet 2013 |
Résumé IA
Texte intégral
| 26.2.2016 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 75/100 |
P7_TA(2013)0319
Le cadre de contrôle interne intégré
Résolution du Parlement européen du 3 juillet 2013 concernant le cadre de contrôle interne intégré (2012/2291(INI))
(2016/C 075/13)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, |
| — | vu l'avis no 2/2004 de la Cour des comptes européenne sur le modèle de contrôle unique (single audit) (et proposition relative à un cadre de contrôle interne communautaire) (1), |
| — | vu la communication de la Commission concernant une feuille de route pour un cadre de contrôle interne intégré (COM(2005)0252), |
| — | vu la communication de la Commission sur le plan d'action de la Commission pour un cadre de contrôle interne intégré (COM(2006)0009), |
| — | vu le premier rapport semestriel sur le tableau de bord de la mise en œuvre du plan d'action de la Commission pour un cadre de contrôle interne intégré, publié le 19 juillet 2006 (SEC(2006)1009), conformément à la demande formulée par le Parlement dans sa résolution concernant la décharge pour l'exercice 2004 (2), |
| — | vu le rapport d'avancement intérimaire de la Commission, publié en mars 2007, détaillant les progrès réalisés et annonçant des mesures complémentaires (COM(2007)0086), |
| — | vu la communication présentée par la Commission en février 2008 (COM(2008)0110) et le document de travail des services de la Commission qui y est annexé (SEC(2008)0259), |
| — | vu la communication de la Commission de février 2009 relative au rapport sur l'incidence du plan d'action de la Commission pour un cadre de contrôle interne intégré (COM(2009)0043), |
| — | vu l'article 48 de son règlement, |
| — | vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A7-0189/2013), |
| A. | considérant que, selon l'article 317 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, la Commission exécute le budget en coopération avec les États membres, sous sa propre responsabilité, conformément aux principes de bonne gestion financière; |
| B. | considérant qu'en vertu du traité, la Commission est responsable en dernier ressort de l'exécution du budget de l'Union, bien qu'une responsabilité considérable incombe aux États membres, étant donné que ceux-ci dépensent 80 % du budget de l'Union dans le cadre du système de gestion partagée; |
| C. | considérant que le principe d'un contrôle interne efficace figure parmi les principes budgétaires énoncés dans le règlement financier depuis sa modification par le règlement (CE, Euratom) no 1995/2006, comme le proposait la Commission dans son plan d'action susmentionné; |
| D. | considérant que le moyen le plus efficace pour la Commission de démontrer son réel engagement en faveur de la transparence et de la bonne gestion financière est de mettre tout en œuvre pour soutenir pleinement les initiatives visant à améliorer la qualité de la gestion financière afin d'obtenir une déclaration d'assurance (DAS) (3) positive de la Cour des comptes européenne; |
| E. | considérant que les institutions et les États membres doivent coopérer pour rétablir la confiance des citoyens européens dans la performance financière de l'Union; |
| F. | considérant que, pour parvenir à l'objectif stratégique d'obtenir une déclaration d'assurance positive de la Cour des comptes, la Commission a adopté en janvier 2006 le plan d'action pour un cadre de contrôle intégré (le «plan d'action»), en s'appuyant sur les recommandations de la Cour des comptes (4), sur la résolution du Parlement concernant la décharge pour l'exercice 2003 (5) et sur les conclusions du conseil Ecofin du 8 novembre 2005; |
| G. | considérant que le plan d'action visait à combler les «lacunes» qui existaient à l'époque dans les structures de contrôle de la Commission et qu'il avait recensé seize domaines d'action dans lesquels il convenait d'intervenir avant la fin de l'année 2007, en tenant compte du fait que l'amélioration de la gestion financière de l'Union européenne devrait s'accompagner d'une surveillance étroite des contrôles au sein de la Commission et des États membres; |
Mise en œuvre du plan d'action
| 1. | souligne que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des objectifs du plan d'action doivent être mesurés à l'aune non seulement de la mise en œuvre de chaque action, mais aussi de son incidence sur la réduction du nombre d'erreurs dans les opérations sous-jacentes; |
| 2. | fait observer que la Commission a elle-même estimé que le plan d'action avait été entièrement terminé début 2009, même si trois des seize actions initiales n'avaient pas pu être mises en œuvre ou avaient été poursuivies par d'autres moyens; |
| 3. | souligne plus particulièrement que l'article 32 du nouveau règlement financier établit le principe d'un contrôle interne efficace et efficient, et que l'article 33 de ce même règlement dispose que lorsqu'elle présente des propositions de dépenses, qu'elles soient révisées ou nouvelles, la Commission évalue les coûts et les avantages des systèmes de contrôle ainsi que le niveau de risque d'erreur; |
| 4. | déclare également que, en ce qui concerne la notion de «niveau de risque tolérable», le choix a été fait de mener à bien cette action en définissant la notion de «risque d'erreur résiduel»; |
| 5. | déplore le fait que la simplification de la législation pour la période 2007-2013 n'ait pas été aussi vaste qu'on l'avait espéré; |
| 6. | déplore que l'engagement pris par la Commission concernant l'obtention d'une DAS entièrement positive n'a pas été satisfait et souligne plus particulièrement que, dans son rapport de 2011 sur la déclaration d'assurance, la Cour des comptes concluait que, dans l'ensemble, les paiements étaient affectés par un niveau significatif d'erreur et estimait que les systèmes de contrôle et de surveillance étaient, d'une manière générale, partiellement efficaces; |
| 7. | constate que le taux global d'erreur affectant les opérations sous-jacentes a augmenté en 2010, passant de 3,3 % à 3,7 %, et qu'en 2011, il a atteint 3,9 %; regrette l'inversion de la tendance positive enregistrée au cours des années précédentes et craint que le taux d'erreur ne continue à croître dans les années à venir; |
| 8. | fait observer que la Commission a maintenu son objectif relatif à l'obtention d'une DAS positive, tandis que le Parlement a profondément déploré, dans sa résolution sur la décharge 2011, que les paiements restaient affectés par un niveau significatif d'erreur; |
| 9. | invite la Commission à prendre les mesures nécessaires pour parvenir à une tendance qui indique une diminution constante du taux d'erreur; |
Quel est le problème?
| 10. | partage l'avis de la Cour des comptes et de la Commission (6) selon lequel le système de contrôle unique ne fonctionne pas encore et que, pour l'heure, les systèmes de contrôle mis en place par les États membres ne fonctionnent pas au mieux de leur capacité; |
| 11. | rappelle, à cet égard, qu'en 2011, dans le domaine de la politique régionale, pour plus de 60 % des erreurs recensées par la Cour des comptes, les autorités des États membres disposaient d'informations suffisantes pour déceler et corriger au moins une partie des erreurs avant de demander le remboursement à la Commission; |
| 12. | partage à cet égard l'avis de la Cour des comptes selon lequel les contrôles de premier niveau, à savoir les systèmes de gestion et de contrôle des États membres, sont insuffisants, et que, dès lors, la diminution du taux d'erreur en est grandement compliquée; |
| 13. | constate que les règles complexes et opaques compliquent la mise en œuvre des programmes, de même que leur contrôle ultérieur; craint que cet état de fait puisse occasionner de nombreuses erreurs et ouvrir la porte à la fraude; est dès lors préoccupé du fait que la complexité croissante de la réglementation aux niveaux national et régional («gold plating») engendre de nouveaux problèmes pour la légalité de l'exécution du budget de l'Union ainsi qu'une hausse inutile du taux d'erreur; |
| 14. | relève que la Commission ne peut pas se fier entièrement aux conclusions des autorités de contrôle nationales des États membres; |
| 15. | constate qu'il existe une divergence fondamentale entre la Cour des comptes, qui adopte une perspective annuelle dans les audits DAS, et la Commission, qui applique une approche pluriannuelle dans l'exécution du budget; |
Que convient-il de mettre en œuvre?
| 16. | invite la Commission à appliquer de façon stricte l'article 32, paragraphe 5, du nouveau règlement financier si le niveau d'erreur reste élevé et, dès lors, à déceler les défaillances des systèmes de contrôle, à analyser les coûts et les avantages des éventuelles mesures correctives et à prendre ou proposer des mesures appropriées de simplification, d'amélioration des systèmes de contrôle et de remodelage du programme ou des systèmes de mise en œuvre; |
| 17. | invite les États membres à renforcer leurs systèmes de contrôle et de surveillance et, plus particulièrement, à assurer la fiabilité de leurs indicateurs et statistiques; |
| 18. | relève avec inquiétude qu'en 2010 et 2011, dans le domaine de la politique régionale, la Cour des comptes a constaté que la Commission ne pouvait pas entièrement s'appuyer sur le travail des autorités nationales de contrôle et s'y fier, et invite les États membres à remédier à cette situation; |
| 19. | invite les États membres à assumer l'entière responsabilité de leurs comptes et à présenter à la Commission des informations fiables au moyen des déclarations de gestion nationales signées au niveau politique approprié; |
| 20. | invite la Commission à encourager les États membres à coopérer de manière à ce que l'argent des contribuables soit utilisé conformément au principe de la bonne gestion financière, soit en mettant en place des avantages appropriés, soit des sanctions sévères ou la suspension des financements; affirme que cette démarche contribuerait à rétablir la confiance des citoyens dans l'Union européenne et ses institutions; |
| 21. | invite la Commission à harmoniser toutes les procédures de contrôle appliquées dans ses différents services; |
| 22. | constate avec inquiétude que les défaillances du travail des autorités nationales révélées par la Cour des comptes peuvent aussi être le résultat d'un «problème et d'un conflit d'intérêts propres au système de gestion partagée proprement dit» (7) puisque, pour obtenir le statut de contrôle unique de la Commission, les autorités nationales d'audit sont tenues d'être efficaces, alors que, parallèlement à cela, le taux d'erreur signalé doit être inférieur à 2 %, ce qui pourrait les inciter à omettre de signaler certaines irrégularités; |
| 23. | invite dès lors la Commission à se montrer plus rigoureuse dans la certification des autorités nationales de gestion et d'audit et à mettre en place les mesures d'incitation qui s'imposent et un système de sanctions efficace; |
| 24. | demande, en conséquence et en application de l'article 287, paragraphe 3, du traité FUE, que, pour le contrôle de la gestion partagée, soit accentuée la coopération entre les institutions de contrôle nationales et la Cour des comptes européenne; |
| 25. | invite les institutions concernées de l'Union à déterminer si le taux d'erreur fixé à 2 % représente un seuil approprié et réaliste pour tous les domaines de la politique européenne; |
| 26. | à cet égard, émet de sérieux doutes quant à l'utilité de la déclaration d'assurance, étant donné que, compte tenu de la complexité de l'exécution du budget dans le domaine de la gestion partagée, la responsabilité concernant la légalité et la régularité de la gestion du budget est elle aussi partagée entre la Commission et les États membres, de même qu'entre la Commission et les administrations régionales, la responsabilité politique incombant toutefois à la seule Commission; |
| 27. | estime par conséquent que, à l'occasion de la future révision du traité sur l'Union européenne, il conviendra de réexaminer la notion de déclaration d'assurance; |
Suivi de la décharge à la Commission pour 2011
| 28. | invite à nouveau les États membres à émettre des déclarations de gestion nationales au niveau politique approprié et demande à la Commission d'établir un modèle pour ces déclarations; |
| 29. | estime que le principe d'une déclaration de gestion nationale obligatoire doit être intégré dans l'accord interinstitutionnel accompagnant la décision relative au cadre financier pluriannuel; |
| 30. | souligne que l'absence persistante de système crédible de déclarations nationales continuera à nuire à la confiance que peuvent avoir les citoyens de l'Union dans la politique macroéconomique et budgétaire de l'Union, ainsi que dans ceux qui gèrent les fonds de l'Union (8); |
| 31. | rappelle que les trois premières actions prioritaires que le Parlement a demandé à la Commission, lorsqu'il lui a donné décharge pour l'année 2011, visent à ouvrir la voie à de nouveaux progrès sur la question de la DAS; |
| 32. | rappelle, plus particulièrement, que la Commission devrait adopter chaque année, et pour la première fois en septembre 2013, une communication au Parlement européen, au Conseil et à la Cour des comptes en vue de rendre publics tous les montants en termes nominaux récupérés au cours de l'année précédente par des corrections financières et des recouvrements pour tous les modes de gestion aux niveaux de l'Union et par État membre (9); |
| 33. | insiste sur le fait que cette communication doit être présentée en temps voulu afin que la Cour des comptes puisse l'examiner avec attention avant de publier son rapport annuel; |
| 34. | engage à nouveau la Commission à consentir des efforts pour diffuser des données plus précises et plus fiables concernant les recouvrements et les corrections financières et à présenter des informations permettant de rapprocher dans la mesure du possible l'exercice au cours duquel le paiement concerné est effectué, celui pendant lequel l'erreur correspondante est mise au jour et celui où les recouvrements ou les corrections financières sont présentés dans les notes annexes aux comptes (10); |
| 35. | souligne que les mesures prises pour réduire les taux d'erreur doivent être complétées par une nouvelle culture de la performance, que les services de la Commission devraient définir, dans leur plan de gestion, un certain nombre d'objectifs et d'indicateurs répondant aux exigences de la Cour des comptes en termes de pertinence, de comparabilité et de fiabilité, que, dans leurs rapports annuels d'activité, les services devraient mesurer leur performance en faisant la synthèse des résultats obtenus lorsqu'il s'agit de contribuer aux principales politiques conduites par la Commission, que cette performance par service doit s'accompagner d'une évaluation globale de la performance de la Commission dans le rapport d'évaluation prévu par l'article 318 du traité FUE (11); |
| 36. | rappelle que la Commission devrait modifier la structure du rapport d'évaluation susmentionné, en distinguant les politiques internes des politiques externes et en faisant la part belle, dans la section relative aux politiques internes, à la stratégie Europe 2020 en sa qualité de politique économique et sociale de l'Union; relève que la Commission devrait mettre l'accent sur les progrès accomplis dans la réalisation des initiatives phares; |
| 37. | souligne en outre que des indicateurs de performance devraient faire partie intégrante de toutes les propositions relatives à de nouvelles politiques et à de nouveaux programmes; |
| 38. | demande que les orientations formulées par le Parlement à l'attention de la Commission au paragraphe 1 de la résolution qui accompagne sa décision sur la décharge pour 2011 en ce qui concerne la façon d'élaborer le rapport d'évaluation prévu par l'article 318 du traité FUE soient intégrées dans l'accord interinstitutionnel accompagnant la décision relative au cadre financier pluriannuel; |
Budget basé sur la performance
| 39. | partage l'idée exprimée par la Cour des comptes européenne selon laquelle il ne sert à rien d'essayer de mesurer la performance si le budget ne s'appuie pas sur des indicateurs de performance (12) et plaide en faveur de l'établissement d'un modèle de budget public basé sur la performance, dans lequel chaque ligne budgétaire s'accompagne d'objectifs et de résultats à mesurer au moyen d'indicateurs de la performance; |
| 40. | demande à la Commission de constituer un groupe de travail composé de représentants de la Commission, du Parlement, du Conseil et de la Cour des comptes afin d'étudier les mesures à prendre pour mettre en place un tel budget basé sur la performance et de mettre au point un plan d'action s'accompagnant d'un calendrier à cet égard; |
Simplification
| 41. | invite les parties concernées par le processus décisionnel relatif à la législation et aux programmes de l'après-2013 à garder à l'esprit la nécessité de respecter l'impératif catégorique de simplification en réduisant le nombre de programmes et en définissant des mesures de contrôle proportionnées et économiques, ainsi que des règles d'admissibilité et des méthodes d'évaluation des coûts simplifiées; |
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| 42. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la Cour des comptes européenne et aux gouvernements et parlements des États membres. |
(1) JO C 107 du 30.4.2004, p. 1.
(2) JO L 340 du 6.12.2006, p. 3.
(3) Abréviation de «déclaration d'assurance».
(4) Avis no 2/2004 (l'avis sur le «contrôle unique»).
(5) JO L 196 du 27.7.2005, p. 4.
(6) Communications de Kersti Kaljulaid et Manfred Kraff lors de l'audition sur le cadre de contrôle interne intégré organisée par la commission CONT le 22 avril 2013.
(7) Communication de Kersti Kaljulaid lors de l'audition sur le cadre de contrôle interne intégré organisée, le 22 avril 2013, par la commission du contrôle budgétaire.
(8) Communication de Jules Muis lors de cette même audition.
(9) Résolution accompagnant la décision d'accorder la décharge 2011 à la Commission, paragraphe 1, point a) (JO L 308 du 16.11.2013, p. 27).
(10) Résolution accompagnant la décision d'accorder la décharge 2011 à la Commission, paragraphe 61.
(11) Résolution accompagnant la décision d'accorder la décharge 2011 à la Commission, paragraphe 1, point ab), ae) et af).
(12) Communication de Kersti Kaljulaid lors de l'audition sur le cadre de contrôle interne intégré organisée, le 22 avril 2013, par la commission CONT.
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