Communication52013XR4129

Résolution du Comité des régions sur l' «Approfondissement de l'Union économique et monétaire»

CELEX52013XR4129
TypeCommunication
Datejeudi 4 juillet 2013

Résumé IA

Cette résolution du Comité des régions soutient le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM) en prônant une meilleure intégration des collectivités territoriales dans la gouvernance économique européenne. Elle insiste sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et territoriale lors des réformes, tout en appelant à une légitimité démocratique accrue et à un contrôle parlementaire renforcé des décisions économiques. Pour un professionnel du droit français, ce texte reflète la position consultative des entités régionales sur les évolutions institutionnelles de l'UEM, sans force contraignante mais influençant le processus législatif européen.

Texte intégral

27.9.2013

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 280/6


Résolution du Comité des régions sur l'«Approfondissement de l'Union économique et monétaire»

2013/C 280/02

LE COMITÉ DES RÉGIONS,

vu la résolution du CdR du 1er février 2013 sur un avenir durable pour l'Union économique et monétaire (UEM) (1);

vu les deux communications de la Commission intitulées "Coordination préalable des projets de grandes réformes des politiques économiques" (COM(2013) 166 final) et "Création d'un instrument de convergence et de compétitivité", (COM(2013) 165 final), publiées le 20 mars 2013;

vu la résolution du Parlement européen du 23 mai 2013 sur les futures propositions législatives relatives à une Union économique et monétaire (UEM): réponse aux communications de la Commission (2013/2609(RSP));

vu les conclusions finales du Conseil européen des 27 et 28 juin 2013;

eu égard aux principes de subsidiarité et de proportionnalité;

Considérations générales

rappelle les principes et les objectifs de l'Union économique et monétaire énoncés aux articles 3 et 120 TFUE;

souligne que la mise en œuvre des mesures déjà approuvées doit l'emporter sur toute nouvelle proposition et estime à l'instar du Parlement européen que toute nouvelle initiative législative doit démontrer une valeur ajoutée manifeste par rapport aux instruments existants;

insiste pour que, dans toutes les décisions en train d'être arrêtées sur le développement de l'UEM, le rôle joué par les collectivités locales et régionales pour consolider les économies et favoriser l'emploi et la croissance soit reconnu et renforcé là où c'est possible;

estime que les propositions formulées en vue d’un mécanisme unique de surveillance, envisageant d'accorder un rôle central à la BCE et de réformer le rôle de l’Autorité bancaire européenne (ABE) constituent un pas vers davantage de transparence et de responsabilisation démocratique;

se félicite que le Conseil européen des 27 et 28 juin 2013 ait invité la Commission à présenter dans les plus brefs délais ses propositions sur un projet de règlement établissant un mécanisme de résolution unique, et approuve son intention d'adopter la législation concernée avant la fin de la législature;

Coordination préalable des projets de grandes réformes des politiques économiques

escompte que la Commission européenne, dans sa proposition relative à la coordination préalable qui sera publiée à l'automne 2013, définira clairement la différence entre ce dispositif de coordination et les autres instruments et mécanismes qui existent déjà (par exemple, le semestre européen) ou sont envisagés (par exemple, l'ICC; voir ci-après);

fait valoir que la proposition de la Commission européenne relative à une coordination préalable des plus importantes réformes des politiques économiques, à laquelle participent uniquement la Commission et le Conseil des ministres, doit être complétée par des mesures européennes et nationales qui garantissent que les collectivités locales et régionales concernées soient dûment consultées et informées;

demande à la Commission européenne et aux États membres de prêter une attention particulière, au moment d'entreprendre une coordination préalable des grandes réformes des politiques économiques dans l'UE, à leurs répercussions sur les régions et à leur incidence potentielle sur la viabilité des finances publiques et la cohésion territoriale;

souligne que, vu les liens étroits qui existent entre les arrangements contractuels et la procédure de coordination préalable qui est envisagée, il convient aussi d'établir un lien solide entre la gouvernance et la responsabilisation démocratique de ces deux procédures; propose dès lors, dans les cas où des répercussions possibles sur les régions sont en jeu, de garantir la participation du Comité des régions et des collectivités régionales concernées au processus de dialogue économique au niveau de l'UE;

partage le point de vue selon lequel la coordination préalable ne devrait concerner que les projets nationaux de grandes réformes des politiques économiques; souligne que les réformes des systèmes de protection sociale devraient également être couverts dès lors qu'ils sont susceptibles d'avoir un impact important au sein des États membres;

regrette que, s'agissant du pilier de la légitimité et de la responsabilisation démocratiques de l'UEM, peu de progrès concrets aient été faits pour éviter que l'ensemble de la procédure ne puisse être remise en cause dans les cas où la perception prévaut que la Commission européenne et d'autres États membres interfèrent dans des décisions qui par le passé ont typiquement été prises au niveau national, voire régional;

Création d'un instrument de convergence et de compétitivité (ICC)

rappelle sa conviction qu'une capacité fiscale est nécessaire pour une UEM véritable et approfondie et reconnaît que l'instrument proposé pourrait être une étape utile dans cette direction;

estime que le nouvel instrument devrait être complémentaire par rapport à ceux de la politique de cohésion; fait donc part de ses réserves quant au nom du nouvel instrument, dès lors que la proximité entre les notions de "convergence" et de "cohésion" laisse entrevoir la possibilité d'un chevauchement;

est favorable à la mise en place d'un mécanisme permettant une coordination renforcée et une meilleure application des politiques structurelles, et qui soit fondé sur des arrangements de nature contractuelle entre les États membres et les institutions de l'UE; souligne que ces arrangements doivent faire l'objet d'une prise de décision et d'une mise en œuvre conjointes; demande par conséquent que les collectivités locales et régionales participent à la mise en place, le cas échéant, des arrangements de nature contractuelle, dans le respect des législations nationales; mais considère que l'instrument devrait être également ouvert sur une base volontaire aux États membres n'appartenant pas à la zone euro;

fait part de sa crainte que les arrangements contractuels tels qu'actuellement proposés dans la communication de la Commission n'alourdissent encore la structure déjà complexe de gouvernance résultant de la nouvelle législation en matière de surveillance économique (programmes nationaux de réforme, recommandations par pays et sanctions connexes) et de la réforme de la politique de cohésion (accords de partenariat, programmes opérationnels et conditions ex ante connexes);

considère que les réformes structurelles sont un processus à long terme qui nécessite une programmation pluriannuelle, et doute donc de la nécessité d'établir un lien entre le lancement de ce nouvel instrument et le semestre européen;

plaide pour que les arrangements contractuels soient basés sur la méthode communautaire et pour que le Parlement européen et les parlements nationaux y soient pleinement associés;

souscrit à la nécessité pour l'UE d'adopter une approche constructive des réformes structurelles au niveau national au moyen d'un système équilibré d'incitations et de sanctions;

note que les collectivités locales et régionales exercent des compétences directes dans des domaines touchés par les réformes structurelles, et qu'elles devraient donc être associées à la conception et à la mise en œuvre desdits arrangements contractuels;

souligne que la programmation pluriannuelle susmentionnée et sa mise en œuvre devraient donc se fonder sur une gouvernance multiniveaux efficace associant les collectivités locales et régionales et respectant leurs compétences;

Dimension sociale de l'UEM

se félicite que le Conseil européen des 27 et 28 juin 2013 ait reconnu la nécessité de renforcer la dimension sociale de l'UEM; dans ce contexte, réitère son soutien à l'appel lancé par le Parlement européen aux États membres afin qu'ils envisagent de signer un "Pacte d'investissement social" qui établirait des objectifs d'investissements sociaux au niveau national afin d'atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 en matière d'emploi ainsi qu'en matière sociale et d'éducation.

Bruxelles, le 4 juillet 2013.

Le président du Comité des régions

Ramón Luis VALCÁRCEL SISO


(1) CDR2204-2012_00_00_TRA_RES.