| CELEX | 52015XR2566 |
| Type | Communication |
| Date | mercredi 8 juillet 2015 |
| 22.9.2015 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 313/1 |
Résolution pour une approche durable de l’UE en matière de migrations
(2015/C 313/01)
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,
| 1. | exprime sa plus grande tristesse à l’égard des milliers de décès qui ont frappé ces derniers mois des migrants qui tentaient d’entrer dans l’Union européenne et, pour cette raison, accueille favorablement le débat sur un nouveau programme européen en matière de migrations et affirme que cette problématique concerne et doit impliquer tous les États membres de l’Union européenne et qu’elle doit relever de la responsabilité de l’Union européenne dans son ensemble; |
| 2. | a la conviction que l’approche adoptée par l’UE en matière de migrations doit être solidaire, durable à long terme et respecter les droits de l’homme. Elle doit prendre en compte tous les aspects des migrations, y compris les obligations humanitaires, les demandeurs d’asile et les migrants économiques; insiste sur l’importance de lutter contre le trafic de migrants et la traite d’êtres humains, de favoriser le développement et la stabilité des pays hors de l’UE, d’instaurer des politiques de retour efficaces et de relever les défis démographiques auxquels l’Europe est confrontée. Le Comité souligne que les migrations régulières peuvent être un élément essentiel au développement. Au-delà des avantages que présente une intégration réussie pour chaque individu, elle apporte également un bénéfice non négligeable à la société dans son ensemble grâce à la contribution des migrants à la main-d’œuvre et au financement de la sécurité sociale. Le Comité demande donc à tous les acteurs concernés, à savoir les institutions européennes, les pouvoirs publics nationaux, régionaux et locaux, les médias et la société civile, de ne pas stigmatiser les migrants, ni l’immigration, et de fournir aux citoyens une information objective sur le phénomène migratoire, ses causes et ses effets; le Comité rejette toute forme de discrimination et tout comportement raciste à l’égard des migrants, ceux-ci étant incompatibles avec les principes fondateurs de l’Union européenne. Prend acte dans ce contexte des résultats du Conseil européen des 25 et 26 juin, et invite la Commission européenne et les États membres à coopérer dans le cadre de l’accord conclu afin de traiter efficacement l’urgence migratoire, en associant les collectivités locales et régionales; |
| 3. | considère que les instruments et les canaux existants du dialogue politique entre l’UE, les États membres et les organisations de la société civile fonctionnent, mais note que le dialogue politique entre les collectivités territoriales et l’échelon européen est fragmenté, ou n’a lieu qu’au cas par cas. Le Comité suggère donc d’associer activement les collectivités territoriales en utilisant leur expérience pour améliorer les normes concernant les conditions d’accueil et les procédures en matière de droit d’asile, et demande que les autorités chargées de cet accueil bénéficient de formations et d’aide en matière de mise en réseau. Souvent, les collectivités territoriales chargées de l’accueil des réfugiés dans les États membres ne disposent pas de moyens suffisants pour mener à bien cette mission. En outre, le nombre de demandes d’asile ne cesse d’augmenter. Le Comité considère à cet égard qu’il est prioritaire de renforcer les capacités des collectivités territoriales afin de leur permettre de repérer et de protéger les groupes vulnérables, en particulier les mineurs non accompagnés, souvent exploités par des organisations criminelles qui les placent dans des situations d’esclavage sexuel, de travail forcé, voire de trafic d’organes. Par ailleurs, les procédures de demande d’asile devraient être raccourcies et les décisions négatives mises en œuvre plus rapidement et plus efficacement, car il convient de renforcer encore non seulement le dialogue entre les niveaux politiques, mais aussi la confiance du citoyen dans les régimes d’asile européen et nationaux; |
| 4. | se félicite que la Commission s’engage à formuler des propositions afin de réviser le «règlement de Dublin» qui s’est clairement avéré inapplicable; invite la Commission à ouvrir dès que possible le débat qui portera sur ces propositions, tout en s’assurant que l’accent n’y sera plus principalement mis sur la répression, mais sur des options plus durables qui permettront de répartir les responsabilités entre les différents États membres, tout en respectant les droits fondamentaux des migrants; |
| 5. | incite vivement à améliorer la collecte de renseignements afin de permettre l’adoption d’une approche proactive et préventive en vue d’éviter des pertes de vies humaines; cela inclut la coopération entre l’UE et les agences de renseignement nationales ainsi qu’avec les sociétés de renseignement maritime; |
| 6. | insiste sur le fait que les politiques de relocalisation et de réinstallation de personnes devraient impliquer tous les pays européens par le biais d’un régime de quotas et qu’elles devraient prendre en compte des critères géographiques et démographiques, la dimension d’une région ou d’un État membre, sa population, sa situation économique, les besoins de son marché du travail et les services et infrastructures disponibles, ainsi que d’autres facteurs pertinents tels que le regroupement familial. Le Comité se félicite donc de la proposition de faire figurer ce type de critères dans les programmes européens de relocalisation et de réinstallation de l’Agenda européen en matière de migrations, afin d’évoluer vers une réponse politique plus durable. Note que la Commission européenne invoque finalement la clause d’urgence (article 78.3 du TFUE), ce qui semble parfaitement justifié dans les circonstances actuelles; souligne néanmoins que d’autres mesures devraient être adoptées, auxquelles le Parlement européen sera pleinement associé afin de garantir leur transparence et leur légitimité; |
| 7. | fait observer que la répartition inégale des demandeurs d’asile et des réfugiés entre les États membres, entre les régions et au sein de celles-ci, représente un défi majeur pour les collectivités territoriales, tout comme l’absence de planification et l’incapacité à préparer l’accueil de ces personnes suffisamment à l’avance. Les solutions improvisées ne permettent pas de garantir ni la rapidité ni la réussite du processus d’intégration. Les États membres et l’UE doivent garantir aux collectivités locales et régionales des ressources leur permettant d’offrir aux demandeurs d’asile et aux réfugiés un accueil soutenable à long terme et de gérer les imprévus inhérents à l’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés. Le Comité demande instamment aux États membres d’appliquer, conformément à l’article 80 du TFUE, les principes de solidarité et de partage équitable de responsabilité et de coopérer avec les collectivités territoriales pour mettre en œuvre et faire fonctionner tant le mécanisme de relocalisation d’urgence que les propositions portant sur un mécanisme de redistribution, formulées à la fin du mois de mai; attend avec impatience toute nouvelle proposition de système de relocalisation qui serait obligatoire et déclenché automatiquement; |
| 8. | est convaincu que l’un des aspects cruciaux qui facilitera l’accord en Europe est le niveau de confiance de l’opinion publique dans notre capacité à empêcher de nouvelles pertes de vies humaines, à démanteler les réseaux de trafiquants et à intégrer les réfugiés qui recherchent une véritable protection. Le Comité demande donc à la Commission européenne de s’engager de toute urgence aux côtés du Comité européen des régions pour déterminer les politiques d’intégration qui réussissent, sensibiliser l’opinion à celles-ci et faciliter leur adoption dans toute l’Europe. Le Comité invite la Commission européenne à rappeler aux États membres et aux collectivités territoriales le rôle que peuvent jouer les Fonds structurels et d’investissement européens pour soutenir les politiques en matière d’intégration; |
| 9. | rappelle que les collectivités locales et régionales se trouvent souvent en première ligne, sans toutefois disposer de moyens suffisants. C’est à elles qu’incombe souvent la responsabilité humaine, financière et technique de sauver des vies humaines et de soutenir les migrants au cours de leur intégration économique et sociale. Dans les faits, elles sont obligées de gérer une crise migratoire qui touche la Méditerranée et l’Europe entière, et ce avec leurs propres ressources. Le Comité demande de développer le soutien accordé aux régions qui accueillent le plus grand nombre de migrants, afin d’assurer à ces derniers des conditions de prise en charge décentes; |
| 10. | soutient et fait valoir qu’il y a lieu d’accorder une attention plus grande à la sécurité, en renforçant le contrôle des migrants de manière à aider à combattre l’incitation à l’immigration irrégulière et les éventuelles infiltrations par des réseaux criminels, et en veillant à distinguer les réfugiés fuyant des situations de véritable urgence humanitaire des simples immigrants clandestins; |
| 11. | se félicite de l’augmentation du budget des opérations Triton et Poséidon menées par l’UE, ainsi que l’engagement de quinze États membres à apporter des ressources supplémentaires, qui devraient permettre à l’UE de réagir plus efficacement aux urgences, et souligne la nécessité d’adapter le champ d’action géographique de ces deux opérations aux problèmes actuels. Le Comité insiste sur la nécessité que tous les États membres assument leurs responsabilités et réclame un mécanisme qui permettrait d’augmenter encore ce budget à l’avenir, de manière à répondre à l’évolution des exigences en matière d’opérations de sauvetage efficaces, aussi longtemps que celles-ci seront indispensables. Il souligne également qu’il convient de dégager les fonds et les ressources le plus rapidement possible, sans retards dus à des procédures administratives superflues, et encourage la Commission à élaborer rapidement les propositions de révision du mandat de Frontex afin de la doter d’une base juridique solide pour lui permettre de mener des opérations de recherche et de sauvetage; |
| 12. | suggère que dans un avenir proche, l’Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) développe un système global de partage des données au sujet des migrations et des collectivités territoriales, s’appuyant sur le système d’information sur les visas (VIS), tout en sauvegardant la protection des données personnelles. Ce système pourrait être très utile pour partager l’expertise et échanger des expériences en matière de gestion des hébergements, de traitement des requêtes des demandeurs d’asile et des réfugiés, pour développer les politiques d’intégration et lutter contre les migrations irrégulières. Il apporterait en outre des solutions concrètes en vue de promouvoir la coopération dans ce domaine entre les différentes autorités nationales et collectivités locales et régionales; |
| 13. | estime que la réponse de l’UE aux défis et aux possibilités que représentent les migrations serait incomplète si les situations économiques, et tout particulièrement les situations politiques des pays d’origine, étaient considérées de manière isolée. Le Comité accueille donc favorablement la recommandation de la Commission européenne de nouer le dialogue avec les pays tiers afin de parvenir à des accords en vue de gérer les migrations et de renforcer leurs capacités à intervenir pour sauver les vies de migrants en détresse. Le Comité suggère que ce dialogue soit également poursuivi à l’échelon infranational, et associe aussi les autorités chargées de l’application de la loi, afin de parvenir à des résultats tangibles sur le terrain en matière de lutte contre les réseaux de trafiquants, ainsi que pour créer des processus de migrations légales et mettre en œuvre des politiques de retour. Le Comité invite l’UE, les États membres et les collectivités territoriales à intensifier leurs efforts pour contribuer au développement des capacités des pays tiers à fonctionner dans l’économie mondiale, en particulier grâce au commerce et au développement de l’entrepreneuriat local; dans ce contexte, il invite les États membres à honorer leur engagement à consacrer au moins 0,7 % de leur RNB à la coopération au développement et à soutenir en particulier la coopération au développement décentralisée; |
| 14. | observe que la coopération avec les gouvernements stables d’Afrique du nord diminue les départs depuis les côtes de ces pays et, partant, les risques de décès en mer. Il est nécessaire, voire indispensable, que l’UE octroie des ressources supplémentaires aux gouvernements des États membres bordant la Méditerranée, de sorte à pouvoir collaborer avec les pays d’Afrique du Nord intéressés, pour: i) le sauvetage en mer; ii) la mise en place de centres adaptés à l’accueil, si nécessaire, sur les côtes nord-africaines; iii) la modernisation des instruments de contrôle afin de limiter les départs et, par conséquent, les risques de décès en mer; |
| 15. | renouvelle son appel en faveur de la mise en place de «partenariats pour la migration et l’intégration» entre les villes et les régions des pays d’origine et de destination en vue d’accroître la coopération et de renforcer la confiance mutuelle. Ces partenariats comprendraient des mesures préparatoires (cours de langue, formation culturelle et civique, par exemple), des projets individuels d’immigration, notamment des programmes de formation des travailleurs, et la mise en place de programmes de migration circulaire, de retour volontaire et de réintégration des migrants. Ces partenariats compléteront le travail des agents de liaison européens chargés de l’immigration, détachés auprès des délégations de l’UE dans des pays non européens particulièrement concernés; |
| 16. | estime que la création de canaux et d’occasions permettant à des ressortissants de pays tiers de venir travailler ou étudier en Europe devrait jouer un rôle crucial dans l’évolution des futures politiques en matière de migrations. Le Comité souligne qu’il est essentiel, en conséquence, de développer une coopération approfondie avec d’autres pays concernés et d’élaborer des campagnes d’information avec les médias locaux de ces pays au sujet des possibilités de migration légale vers l’Europe, des dangers importants liés à l’immigration irrégulière et de la politique de retour de l’UE; |
| 17. | rappelle l’importance de s’attaquer aux racines des migrations irrégulières actuelles vers l’Europe, et par conséquent de développer la démocratie et l’économie locales dans les pays tiers, qui sont un aspect essentiel de leur stabilité politique, et invite la Commission européenne comme les États membres à approfondir encore la coopération existante avec le Comité européen des régions et les collectivités territoriales européennes de manière à contribuer à la construction de capacité administrative locale dans ces pays. Le Comité attire à cet égard l’attention sur le rôle joué par l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) et par la Conférence des collectivités régionales et locales pour le partenariat oriental (Corleap) et par la commission interméditerranéenne de la Conférence des régions périphériques et maritimes européennes (CRPM); il souligne que l’ARLEM et la Corleap peuvent servir de plateformes afin de nouer un dialogue, au niveau local et régional, sur la manière d’éviter la traite des êtres humains, le trafic de migrants et les groupes criminels, et afin d’encourager la bonne gouvernance, la stabilité et la paix; |
| 18. | charge son président de transmettre la présente résolution au Parlement européen, au Conseil, à la Commission européenne ainsi qu’au président du Conseil européen. |
Bruxelles, le 8 juillet 2015.
Le président du Comité européen des régions
Markku MARKKULA
Publication d’une demande d’approbation d’une modification mineure conformément à l’article 53, paragraphe 2, deuxième alinéa, du règlement (UE) n° 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil
31/12/2015
Résumé des décisions de l’Union européenne relatives aux autorisations de mise sur le marché des médicaments du 1er novembre 2015 au 30 novembre 2015 [Décisions prises conformément à l’article 34 de la directive 2001/83/CE ou de l’article 38 de la directive 2001/82/CE]
30/12/2015
Communication — 52015XC0925(05)R(01)
30/12/2015
Publication d’une demande en application de l’article 50, paragraphe 2, point a), du règlement (UE) n° 1151/2012 du Parlement européen et du Conseil relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires
30/12/2015