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AccueilDroit européen52015XR3307
Communication52015XR3307

Résolution — Améliorer le fonctionnement de l’Union européenne: le traité de Lisbonne et au-delà

CELEX52015XR3307
TypeCommunication
Datemercredi 8 juillet 2015

Résumé IA

Cette résolution du Comité des régions évalue la mise en œuvre du traité de Lisbonne et propose des pistes d'amélioration pour le fonctionnement de l'UE, notamment en renforçant le rôle des collectivités locales et régionales. Elle formule des recommandations concrètes pour accroître la subsidiarité, la participation citoyenne et l'efficacité institutionnelle, tout en appelant à une révision des traités pour une Union plus démocratique et décentralisée.

Texte intégral

22.9.2015

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 313/9


Résolution — Améliorer le fonctionnement de l’Union européenne: le traité de Lisbonne et au-delà

(2015/C 313/03)

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,

1.

estime que la légitimité et le développement futur de l’UE dépendent, pour une part essentielle, de sa capacité à agir efficacement pour relever les défis économiques, politiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés et à mieux mobiliser les citoyens à tous les niveaux; rappelle que la participation active des échelons locaux, régionaux et infranationaux à la gouvernance de l’UE est nécessaire à cette fin; insiste dès lors pour que le Comité des régions (CdR) prenne part aux débats sur l’avenir de l’Europe et soit notamment associé pleinement à toute future convention;

2.

approuve la décision prise par le Parlement européen de lancer ce débat dès maintenant et de consulter le CdR, pour consolider ainsi la relation politique renforcée entre les deux institutions; se réjouit de l’occasion qui lui est donnée de contribuer à rendre l’UE plus transparente, responsable, inclusive et efficace; réaffirme la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de l’UE à améliorer leurs conditions de vie et à protéger et à promouvoir les valeurs européennes dans le respect des compétences et des identités nationales et régionales;

3.

estime qu’il est important de créer des possibilités de débattre, en étroite coopération avec le Parlement européen, des modifications, évolutions et ajustements éventuels à apporter à la structure institutionnelle actuelle de l’Union européenne pour permettre au CdR d’être non seulement un organe consultatif, mais aussi un acteur essentiel du processus législatif européen, davantage intégré à celui-ci;

4.

souligne l’importance de la citoyenneté et des droits fondamentaux sur lesquels repose l’UE et juge essentiel d’œuvrer, aux différents niveaux législatifs de l’Union européenne, des États et des régions, conformément à la gouvernance à niveaux multiples, à une démocratie européenne représentative et participative plus forte; réclame une révision et une simplification de l’initiative citoyenne européenne afin d’améliorer sa facilité d’utilisation et son accessibilité pour les citoyens; souligne la nécessité d’introduire à l’intention de la Commission européenne une obligation juridique non seulement d’examiner toute initiative citoyenne européenne ayant réussi à réunir un million de signatures, mais aussi d’ouvrir un débat sur le sujet concerné, suivi d’un vote au Parlement européen et au Conseil de l’UE, et suggère de rechercher d’autres moyens de garantir un exercice plus aisé de la participation au processus décisionnel de l’UE;

5.

rappelle qu’il est indispensable de veiller à ce que le budget de l’UE soit moins dépendant des contributions directes des États membres et de revoir les ressources propres de l’UE, sans introduire pour autant des taxes supplémentaires;

6.

souligne son engagement envers une Union européenne capable d’agir, concernant les questions de politique étrangère et de sécurité, en tant que force promouvant la sécurité, la stabilité, la démocratie et l’État de droit; insiste sur le rôle clé joué par les collectivités locales, régionales et infranationales, notamment par l’intermédiaire des plates-formes de la CORLEAP et de l’ARLEM, dans le cadre de leurs contacts avec des pays tiers concernant des questions politiques cruciales telles que les défis de l’immigration et les possibilités qu’elle offre, les politiques de l’emploi, l’élargissement, l’utilisation durable des ressources naturelles, l’énergie, la promotion de l’innovation, la culture, les défis environnementaux planétaires, la promotion du développement, une politique de voisinage efficace et des politiques urbaines durables;

Dès lors, le CdR, dans le cadre du traité actuel:

7.

estime que les instruments existants prévus par le traité de Lisbonne et ses protocoles disposent toujours d’un potentiel largement inexploité qui pourrait améliorer le fonctionnement de l’UE pour ses citoyens, s’agissant notamment de l’activation des dispositions visant à contrôler la subsidiarité et la proportionnalité, de l’initiative citoyenne européenne et des «clauses passerelles» ainsi que, si nécessaire, du recours à la coopération renforcée;

8.

salue la publication, le 19 mai 2015, du paquet «Mieux légiférer», tout en soulignant que le programme d’amélioration de la réglementation ne doit pas servir de prétexte pour éviter ou abolir la législation nécessaire; demande que le projet d’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» fasse clairement référence au CdR à titre de reconnaissance des compétences accrues que lui confère le traité de Lisbonne;

9.

demande que son rôle soit résolument renforcé de manière à ce que les informations et l’expérience dont disposent les élus régionaux et locaux puissent être utilisées directement dans le cycle législatif et le processus décisionnel de l’UE, et souhaite en particulier:

—

être pleinement associé au processus de planification stratégique du cycle législatif,

—

participer à l’étape d’élaboration préliminaire des propositions législatives, y compris par des analyses d’impact territorial,

—

obtenir le statut d’observateur doté du droit de parole au sein des groupes de travail du Conseil chargés de domaines d’action politique qui prévoient une consultation obligatoire du Comité,

—

obtenir le statut d’observateur doté du droit de parole dans le cadre des négociations en trilogue dans les domaines faisant l’objet d’une consultation obligatoire du Comité,

—

pouvoir poser des questions orales et écrites à l’exécutif européen concernant ses recommandations politiques;

10.

estime qu’il conviendrait en particulier de l’associer activement à toutes les discussions portant sur la cohésion économique, sociale et territoriale. Il propose dès lors:

—

que soit créée une formation spécifique du Conseil chargée de la politique de cohésion de l’UE et d’autres instruments financiers liés à l’investissement,

—

que le CdR soit reconnu en tant qu’observateur doté du droit de parole aux sessions du Conseil traitant de la politique de cohésion de l’UE et des domaines liés à l’investissement en Europe;

11.

rappelle que la mission de vérifier la conformité de la législation de l’UE avec le principe de subsidiarité a été étendue pour que le CdR et les parlements régionaux dotés de pouvoirs législatifs aient également un rôle à jouer, en étroite collaboration avec les parlements nationaux; demande, afin de pouvoir contribuer plus efficacement au suivi de la subsidiarité et à la qualité globale de la législation de l’UE, que des efforts supplémentaires soient fournis dans les domaines suivants:

—

réalisation d’analyses d’impact territorial au cours de la phase ex ante,

—

suivi, au niveau local, régional et infranational au nom de l’UE, de la transposition de la législation européenne au cours de la phase ex post,

—

amélioration du système d’alerte précoce, par exemple par la prolongation du délai qui lui est applicable, afin qu’il soit également pleinement opérationnel pour les acteurs régionaux,

—

renforcement du rôle des assemblées législatives régionales dans le cadre du système d’alerte précoce, en rendant obligatoire et non plus discrétionnaire leur consultation par les parlements nationaux sur les questions relevant de la compétence régionale,

—

exploration conjointe, avec les États membres de l’UE, des possibilités d’accorder aux parlements régionaux et infranationaux dotés de pouvoirs législatifs les pleins pouvoirs pour émettre des avis motivés au regard du principe de subsidiarité, au même titre que les parlements nationaux (voir la déclaration 51 du traité de Lisbonne);

12.

recommande que tous les niveaux de gouvernement coopèrent pour trouver une solution durable à la dette souveraine européenne et aux crises économiques et sociales qui en découlent, ainsi que pour attirer les investissements afin d’améliorer la compétitivité et la création d’emplois; rappelle que les collectivités locales et régionales ont beaucoup souffert de la crise et réclame le respect du modèle de gouvernance à niveaux multiples afin de garantir qu’une telle situation ne se reproduira plus; convient dans ce contexte que l’obligation d’intégrer dans le traité UE, d’ici 2016, les éléments de gouvernance économique ayant fait l’objet d’un accord en dehors des traités, offre l’occasion d’aborder un nombre limité d’autres questions liées à l’avenir de l’UE.

Dès lors, dans le cadre d’une révision future des traités, le CdR:

13.

réclame l’obtention du statut de membre à part entière de la future convention, au même titre que les institutions actuelles;

14.

propose que soient envisagées une institutionnalisation progressive du CdR et sa transformation en un Sénat européen des régions et des collectivités locales, qui jouerait le rôle de chambre de réflexion; le Sénat européen améliorerait la coordination entre les institutions de niveau national et infranational assurant le contrôle de la subsidiarité par rapport aux institutions européennes; son consentement serait obligatoirement sollicité sur les dossiers législatifs de l’UE en matière de politique de cohésion et il serait habilité à porter devant la Commission européenne des propositions visant à adopter ou à modifier la législation de l’UE dans les domaines qui ne relèvent pas de la compétence exclusive de celle-ci;

15.

suggère que les propositions législatives concernant la cohésion territoriale soient soumises à son approbation; souhaiterait que ses domaines de consultation obligatoire soient renforcés par l’intégration de sa consultation en tant que partie intégrante de la «procédure législative ordinaire» [article 294 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE)];

16.

préconise d’introduire dans le traité une clause horizontale sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (UEM), qui exigerait de consulter le CdR, dans les domaines de compétence partagée, pour les mesures de coordination des politiques relatives à l’économie et à l’emploi et en ce qui concerne les actions d’appui, de coordination et de complément; rappelle que la dimension territoriale doit être mieux prise en compte dans toute future proposition relative à l’approfondissement de l’UEM et qu’il convient de soumettre tous les grands dossiers à une évaluation d’impact territorial ex ante;

17.

demande en tout état de cause que sa consultation soit obligatoire sur toutes les questions pertinentes pour les collectivités locales et régionales, s’agissant des mesures qui ont une incidence sur l’établissement ou le fonctionnement du marché intérieur (article 115 du TFUE) et dans d’autres domaines d’intervention qui ont un rapport direct avec l’échelon local et régional, à savoir:

—

la politique agricole (article 43 du TFUE),

—

la libre circulation des travailleurs (article 46 du TFUE),

—

la liberté d’établissement (article 50 du TFUE),

—

la libération de services déterminés (article 59 du TFUE),

—

l’immigration (article 79 du TFUE),

—

les aides d’État (article 109 du TFUE),

—

la politique industrielle (article 173, paragraphe 3, du TFUE),

—

la politique commerciale (article 207 du TFUE);

18.

suggère également une révision du délai minimal d’un mois pour les consultations du CdR par le Parlement européen, le Conseil ou la Commission (article 307, paragraphe 2), qui s’est avéré poser des difficultés d’ordre pratique;

19.

charge son président de transmettre la présente résolution au Parlement européen, au Conseil, à la Commission européenne, ainsi qu’au président du Conseil européen.

Bruxelles, le 8 juillet 2015.

Le président du Comité européen des régions

Markku MARKKULA


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