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AccueilDroit européen52019IR4647
Initiative législative52019IR4647

Avis du Comité européen des régions — Le changement démographique: propositions pour en mesurer les effets négatifs dans les régions de l’Union européenne et les contrer

CELEX52019IR4647
TypeInitiative législative
Datemercredi 14 octobre 2020

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions propose des mesures pour évaluer et atténuer les effets négatifs du changement démographique (vieillissement, dépeuplement rural, exode des jeunes) dans les régions de l'UE. Il préconise une meilleure collecte de données locales, des politiques de cohésion renforcées et des investissements ciblés pour soutenir les territoires les plus touchés. Pour un professionnel du droit français, ce texte est pertinent car il influence les futurs fonds structurels européens et les politiques nationales d'aménagement du territoire.

Texte intégral

18.12.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/33


Avis du Comité européen des régions — Le changement démographique: propositions pour en mesurer les effets négatifs dans les régions de l’Union européenne et les contrer

(2020/C 440/07)

Rapporteur:

János Ádám KARÁCSONY (HU/PPE), conseiller municipal de Tahitótfalu

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

considère que le changement démographique est l’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les régions et les villes européennes ainsi que les petits noyaux de peuplement ruraux, et souligne que plusieurs facteurs déterminants sous-tendent ce phénomène, notamment le vieillissement de la population, les faibles taux de fécondité et de natalité et une répartition de plus en plus inégale de la population;

2.

rappelle les orientations du programme stratégique 2019-2024 approuvé par le Conseil européen en ce qui concerne le modèle européen pour l’avenir, qui exige également de relever les défis démographiques;

3.

se félicite de l’initiative de la Commission européenne d’inviter sa vice-présidente, Mme Dubravka Šuica, à analyser l’impact du changement démographique sur différents pans de la société et sur les zones et les régions européennes affectées de manière disproportionnée par ces phénomènes et, par la suite, à proposer de futures mesures pour relever ces défis, notamment la fuite des cerveaux, une meilleure conciliation entre travail et vie familiale, la future garantie pour l’enfance, le livre vert sur le vieillissement et une vision à long terme pour les zones rurales, tout en rappelant la nécessité d’intégrer, dans chacun d’entre eux, une perspective de genre;

4.

entend valoriser la place des adultes et des personnes âgées, en tant que ressources pour la communauté et non seulement comme bénéficiaires de soins, en encourageant leur participation à la vie sociale, civile, économique et culturelle, et en favorisant la création de parcours d’autonomie et de bien-être dans leur cadre de vie habituel;

5.

réserve un accueil très positif au rapport de la Commission européenne sur les conséquences de l’évolution démographique, qui prend en considération dans une perspective croisée la transition numérique, l’économie verte et le défi démographique — une vision globale qui est cruciale afin d’apporter des solutions équitables et durables pour toutes les générations, sans laisser personne de côté, conformément aux objectifs de développement durable à l’horizon 2030;

6.

accueille favorablement l’initiative de la présidence croate du Conseil visant à donner au changement démographique rang de priorité essentielle et se félicite de la saisine que le CdR a reçue à ce sujet;

7.

accueille avec satisfaction l’initiative du Parlement européen de présenter un rapport sur les défis démographiques en réponse à la communication de la Commission;

8.

rappelle sa collaboration dans le cadre de la Convention sur le changement démographique, établie sur la base des travaux menés par le réseau thématique consacré à l’innovation dans les environnements adaptés aux aînés, au sein de laquelle des collectivités locales et régionales et les autorités nationales s’engagent à soutenir un vieillissement actif et en bonne santé en réponse au défi démographique, avec l’appui de l’OMS;

9.

rappelle qu’il importe, au niveau international, d’agir en synergie avec les Nations unies pour réviser le plan d’action international de Madrid sur le vieillissement de 2002 et échanger avec le groupe de travail sur le vieillissement dans le but de renforcer la protection des droits fondamentaux des personnes âgées. Au niveau mondial, il est utile de collaborer avec l’Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la Décennie du vieillissement en bonne santé;

Principales tendances et principaux défis démographiques

10.

attire l’attention sur les courbes de croissance de la population des États membres et des régions de l’Union européenne, qui varient considérablement et doivent d’urgence faire l’objet de mesures différenciées dans l’EU-27;

11.

souligne qu’au niveau régional, des tendances démographiques très négatives ont été observées ces dernières années dans de vastes régions d’Europe. Dans la plupart de ces régions, des «îlots» de croissance démographique peuvent être observés autour des capitales et des métropoles (1);

12.

renvoie à la constatation selon laquelle les régions qui perdent des habitants ont tendance à être rurales, peu peuplées ou éloignées. Les zones industrielles en déclin et diverses villes périphériques sont également touchées par la tendance au dépeuplement (2);

13.

souligne que la diminution du nombre de personnes en âge de travailler et l’augmentation du nombre de personnes âgées ont un impact sur les taux de dépendance économique des seniors. Ce ratio devrait selon les projections passer de 29,3 % en 2016 à 52,3 % en 2080 au sein de l’Union européenne (soit une augmentation de 23,0 points de pourcentage) (3);

14.

reconnaît que, contrastant avec l’évolution à la hausse de la population au niveau mondial, le rythme de la croissance démographique à l’échelle de l’Union s’est considérablement ralenti. L’année 2015 a été celle du premier déclin naturel de la population dans l’EU-28, avec plus de décès que de naissances;

15.

met en exergue une hausse constante du taux de dépendance, les chiffres de la population fournis par Eurostat indiquant qu’en 1960, il y avait en moyenne trois jeunes (âgés de 0 à 14 ans) pour une personne âgée (65 ans ou plus) et que cent ans plus tard, en 2060, il devrait y avoir deux personnes âgées pour un jeune;

16.

souligne qu’étant donné que les femmes ont des enfants plus tard, et que les grossesses programmées sont reportées à un âge plus avancé, le nombre d’enfants souhaité (4), de deux à trois généralement (5), n’est pas atteint, ce qui entraîne une différence entre le nombre d’enfants réel et le nombre souhaité (écart de fécondité). Tant qu’il existera un écart de fécondité dans les États membres de l’Union européenne, la priorité sera de le réduire, les migrations ne pouvant intervenir que par la suite. Tout doit être mis en œuvre pour encourager par des incitations à avoir des enfants;

17.

fait valoir que l’exode des jeunes de régions caractérisées par l’émigration, dans un contexte de diminution des naissances, représente un préjudice considérable pour les petites municipalités lorsqu’il s’agit de maintenir des services publics essentiels et de stimuler l’activité économique et productive dans la région, facteurs qui s’avèrent essentiels pour maintenir la population sur le territoire et y attirer de nouveaux habitants, et enrayer ainsi le phénomène du dépeuplement des zones rurales qui touche les États membres de l’Union;

18.

renvoie à certaines de ses récentes (6) études qui soulignent en particulier la dimension territoriale du défi démographique;

19.

souligne, dans le droit fil de son avis d’initiative sur la fuite des cerveaux, que la libre circulation des personnes et des travailleurs constitue le fondement du marché intérieur et qu’elle est l’une des libertés fondamentales consacrées par les traités de l’Union européenne;

Nécessité d’une réponse politique cohérente à tous les niveaux de gouvernance

20.

attire l’attention sur son propre avis ayant pour thème «La réponse de l’Union européenne au défi démographique» (2016), dans lequel il est indiqué que de nombreuses politiques européennes qui pourraient contribuer à relever les défis démographiques ne contiennent pas de mesures spécifiques en faveur des zones touchées par ces problèmes. Cela vaut pour les politiques relatives aux transports, à la société de l’information, à l’emploi et à la politique sociale, à la culture, à l’environnement et au climat, ainsi qu’aux entreprises; réitère son appel en faveur d’une stratégie européenne d’ensemble en matière d’évolution démographique et précise qu’il faudra une approche globale recouvrant un large éventail de champs politiques pour pouvoir contribuer à inverser la tendance de l’évolution démographique (attitude proactive) ou à en atténuer les effets (attitude réactive), au moyen par exemple de deux types d’options:

Options stratégiques proactives:

—

étant donné que le taux de natalité est l’un des facteurs déterminants pour la démographie, créer les conditions propres à faciliter le choix des personnes désireuses d’avoir plus d’enfants et plus tôt, tout en sachant que, comme indiqué dans le document intitulé «Perspectives démographiques pour l’Union européenne» (2017) (7), «les politiques destinées à modifier les tendances démographiques à venir sont limitées et, lorsqu’elles ont pris effet, elles mettent du temps à avoir une incidence». L’accent devrait être mis sur l’adaptation à et la transition vers une Union européenne à la population vieillissante, parallèlement à l’apport d’un soutien aux jeunes dans leur processus de passage à la vie adulte et aux familles pour augmenter les taux de fécondité dans les régions touchées,

—

rendre les régions plus attractives afin qu’elles offrent aux jeunes des possibilités d’étudier, d’innover et d’avoir un emploi qui soit stable et de bonne qualité, grâce à des investissements, entre autres, dans les infrastructures, la culture et la connectivité,

—

mettre en place des dispositifs d’incitation spécialement conçus pour inciter les jeunes à s’installer dans ces régions,

—

faire en sorte qu’il soit économiquement viable pour les jeunes de fonder de grandes familles,

—

développer dans l’Union européenne le concept d’«économie du bien-être», selon lequel l’augmentation du bien-être de chacun et, partant, des familles (en matière d’éducation, de santé, de garde d’enfants, d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de logement, de mobilité, de connectivité et de culture) contribue à un cycle économique vertueux, et dès lors à soutenir les investissements à long terme dans la qualité de vie. Cela peut renforcer l’attrait des régions et des villes en tant que lieux de vie, sur la base des facteurs précités, allant au-delà de la simple garantie de perspectives financières fiables,

—

promouvoir et mener une politique systématique et intégrée visant à étudier et soutenir les familles dans l’exercice naturel de leurs fonctions sociales,

—

rappeler l’impératif spécifique qui consiste, pour une société inclusive, à apporter des réponses satisfaisantes aux besoins des personnes handicapées qui vieillissent;

Options réactives:

—

accroître la participation au marché du travail, en particulier pour les femmes, en investissant davantage dans l’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que dans des infrastructures sociales et adaptées aux besoins des familles et en promouvant une plus grande égalité entre les femmes et les hommes,

—

diminuer les coûts de santé et de prise en charge d’une société vieillissante en encourageant le vieillissement actif et en bonne santé, en investissant dans de nouvelles formes d’autonomie (nouveaux concepts de logement) et en promouvant l’économie sociale,

—

renforcer la planification de l’investissement public en le contrôlant sous l’angle de la démographie, grâce à l’élaboration de méthodologies et d’outils techniques qui facilitent l’analyse de l’impact démographique des différentes politiques,

—

faire baisser le taux de décrochage scolaire chez les jeunes et élargir le socle de compétences en investissant dans l’éducation et en favorisant la formation axée sur la demande et les potentialités de chaque territoire, la reconversion et la flexibilité de la main-d’œuvre,

—

accorder une attention particulière à la fourniture de services publics tels que les soins de santé, l’éducation et la culture dans les villes de petite et moyenne dimension au sein des régions et utiliser des solutions numériques pour couvrir toutes les zones géographiques,

—

créer un cadre juridique opérationnel et consensuel au niveau européen afin de faciliter l’intégration des citoyens non européens dans le marché de l’emploi et la société de l’Union européenne, au titre d’une stratégie globale de gestion de l’évolution démographique,

—

prévoir des logements à vocation sociale mixte où pourront éclore des modes de cohabitation, des synergies et une réciprocité entre les générations, ainsi que des formes de solidarité inclusive,

—

promouvoir les interventions visant à favoriser la qualité de vie et à lutter contre la solitude et l’isolement des personnes âgées, en particulier mais pas exclusivement dans un contexte de pandémie,

—

favoriser la création d’environnements qui se prêtent au développement de relations sociales intergénérationnelles, propices au bien-être de la société dans son ensemble;

Démographie et débat en cours sur le cadre financier pluriannuel

21.

estime qu’il est nécessaire de consacrer à l’avenir davantage de fonds européens à la lutte contre le phénomène de la fuite des cerveaux;

22.

souligne en particulier, dans le contexte des négociations en cours sur les règlements relatifs aux Fonds structurels, la nécessité de renforcer la référence aux changements démographiques, comme l’a suggéré le Parlement européen, et d’assouplir leur mise en œuvre dans les zones et régions que ce phénomène affecte de manière disproportionnée, de manière à les habiliter à utiliser conjointement plusieurs d’entre eux pour un même projet, à autoriser l’octroi d’avances et assurer qu’ils soient complémentaires avec les instruments financiers;

23.

renvoie à son propre avis sur le thème «Fonds européen de développement régional et Fonds de cohésion» (2018) dans lequel il est indiqué que parmi les objectifs du Fonds européen de développement régional et du Fonds de cohésion (FEDER) figurent notamment ceux de soutenir les zones urbaines et rurales qui souffrent de handicaps géographiques ou démographiques. Il y réclame également un soutien financier supplémentaire de l’Union européenne pour les projets visant à promouvoir un développement économique durable sur le plan environnemental et inclusif sur le plan social dans les régions concernées;

24.

rappelle, à cet égard, la proposition du Comité des régions et du Parlement européen de fournir cette aide en particulier aux zones de niveau NUTS 3 ou aux groupements de communes enregistrant une densité de population inférieure à 12,5 habitants/km2 pour ce qui concerne les zones à faible densité de population ou inférieure à 8 habitants/km2 pour ce qui est des zones à très faible densité de population ou ayant enregistré une diminution annuelle de la population supérieure à 1 % en moyenne entre 2007 et 2017, qui doivent faire l’objet de plans régionaux et nationaux spécifiques afin de renforcer leur attractivité vis-à-vis des personnes, des investissements d’affaires ainsi que de l’accessibilité des services numériques et publics, ainsi que de fonds spécifiques dans le cadre des Fonds structurels;

25.

réaffirme la position du Comité européen des régions et du Parlement européen sur l’appui aux plans nationaux visant à soutenir les régions et les collectivités locales qui font face à un déclin démographique continu et qui ont besoin d’une aide, y compris financière au titre des Fonds ESI, pour accroître leur attractivité ainsi que l’investissement des entreprises et pour améliorer l’accessibilité des services publics et numériques. Ces plans nationaux et régionaux doivent être pris en compte dans la nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’évolution démographique;

Aspects démographiques dans les principales politiques de l’Union européenne

26.

met en avant la dimension démographique de l’urbanisation, étant donné que l’Union européenne est également confrontée à une urbanisation croissante, et fait valoir qu’il est important d’apporter une réponse solide aux défis démographiques dans le cadre de la mise en œuvre du programme urbain de l’Union européenne et dans le contexte du renouvellement de la charte de Leipzig;

27.

soutient la position du Parlement européen, lequel a tenu compte des propositions que lui-même a formulées pour aider les régions à faible densité de population, en proposant qu’au moins 5 % des ressources du FEDER attribuées au niveau national au titre de l’objectif «Investissement pour l’emploi et la croissance» soient alloués au développement territorial intégré dans les zones non urbaines désavantagées ou souffrant de handicaps naturels, géographiques ou démographiques, ou qui ont difficilement accès aux services de base. Sur ce montant, 17,5 % au moins seraient alloués aux zones et aux communautés rurales, compte tenu des dispositions d’un pacte pour des villages intelligents visant à développer des projets tels que celui des «villages intelligents» (8), en améliorant l’attractivité de ces territoires et en encourageant leur repeuplement;

28.

souligne le rôle de la garantie pour la jeunesse et de l’initiative «Ton premier emploi EURES», qui aident les jeunes à trouver un emploi. L’importance de la garantie pour la jeunesse, en raison de son incidence directe sur la démocratie et indirecte sur la démographie, ressort aussi clairement des résultats précédents portant sur la période 2014-2020, lesquels montrent qu’elle a contribué à améliorer la vie de millions de jeunes européens;

29.

attend avec intérêt les propositions de la Commission en vue d’instaurer une future garantie pour l’enfance destinée à aider les enfants exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale, en favorisant les investissements qui garantissent, d’une part, que les enfants jouissent du droit fondamental de grandir et de s’épanouir dans un environnement qui leur soit favorable ainsi qu’à leur famille, en donnant la priorité à des mesures d’amélioration de l’ensemble des revenus de la famille et de soutien aux parents, et d’autre part, que ces enfants aient accès à des soins de santé gratuits et de qualité, à l’éducation, à des services de garde de qualité, à un logement décent et à une alimentation adéquate; estime que les politiques familiales ne devraient pas être considérées comme un coût pour le budget public, mais plutôt comme un investissement dans un actif stratégique pour la société;

30.

estime que la politique agricole commune (PAC 2014-2020), qui traite du développement rural, contribue à relever les défis démographiques. Au cours de la période 2021-2027, la PAC devrait donc rester une politique solide de l’Union européenne. Les zones rurales dynamiques, les jeunes agriculteurs et les exploitations familiales qui recourent à de bonnes pratiques devraient jouer un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique, la protection de l’environnement et la préservation des paysages et de la biodiversité, de même que dans la prévention de l’exode rural;

31.

bien que la Commission européenne n’ait qu’une marge de manœuvre très limitée en la matière, elle devrait intervenir dans la législation relative au marché foncier afin: d’encourager le recours aux possibilités offertes par le développement rural pour soutenir les nouvelles actions destinées à favoriser la mobilité des terres (telles que les réserves foncières, les initiatives de mise en relation entre agriculteurs et terres agricoles et autres actions, portées à l’échelon local, visant à faciliter l’accès à la terre pour les nouveaux entrants), d’élargir le spectre des actions de soutien aux nouveaux modèles d’exploitation agricoles (en particulier les types de partenariats novateurs conclus entre agriculteurs) et aux organisations locales qui sont en mesure de soutenir les jeunes agriculteurs et les nouveaux entrants dans l’acquisition de terres, et de promouvoir des politiques nationales plus actives au moyen de recommandations de l’Union européenne sur l’accès à la terre, fondées sur des bonnes pratiques (en fonction du niveau d’ambition);

32.

considère que les États membres doivent soutenir fermement les politiques qui favorisent l’intégration des femmes et encourager leur participation dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), dans les disciplines STEAM (sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques) et dans l’économie rurale, condition nécessaire à l’équilibre de la pyramide démographique dans les territoires souffrant ou risquant de souffrir de dépeuplement;

33.

demande à la Commission européenne et aux États membres d’assurer la coordination nécessaire entre la politique de cohésion de l’Union et la politique agricole commune afin de garantir que les zones rurales puissent également mettre en œuvre des projets de «villages intelligents» au moyen d’une approche intégrée (investissement territorial intégré, développement local mené par les acteurs locaux ou LEADER);

34.

reprend le raisonnement développé dans son avis sur «Le vieillissement actif et en bonne santé» (2019) selon lequel «les défis posés par le changement démographique exigeront de mener des recherches et de disposer d’entreprises européennes actives pour inventer, élaborer et produire de nouveaux dispositifs novateurs en faveur d’une population vieillissante, qu’il s’agisse de produits de la vie quotidienne, d’infrastructures, de technologies ou de logiciels», et préconise en particulier le développement de la télémédecine afin d’assurer la qualité des soins spécialisés, notamment dans les zones rurales ou peu peuplées. Le CdR «considère que cette nécessité offre à l’Union européenne la possibilité de se profiler comme l’un des chefs de file de l’économie des seniors, de créer des emplois locaux, de produire du bien-être et d’exporter vers des pays tiers des innovations qui constituent des percées». Un environnement favorable aux familles et la solidarité intergénérationnelle renforcent le point de vue susmentionné, à savoir que les collectivités locales et régionales jouent un rôle essentiel dans la définition des conditions propres à promouvoir et à garantir un vieillissement en bonne santé; pour y parvenir, il est nécessaire à la fois de lancer des appels plus spécifiques en la matière et d’améliorer la coordination des différentes ressources financières disponibles;

35.

met en lumière le rôle essentiel que peuvent jouer les technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que les environnements intelligents pour améliorer les conditions de vie dans les zones les plus affectées par les défis démographiques. En conséquence, le Comité exhorte l’Union européenne à s’attaquer à la fracture numérique qui touche de nombreux domaines en utilisant des solutions intelligentes (SMART) et en employant à cette fin les instruments et programmes européens tels que les Fonds structurels et d’investissement et le programme Next Generation EU, dans le but de garantir que toute la population bénéficie d’une connexion de qualité au numérique;

36.

met l’accent, en ce qui concerne la fracture numérique, sur les solutions intelligentes dans le domaine des soins aux personnes âgées et des transports adaptés à la demande, ainsi que sur l’élaboration de plans pour la fourniture de services de téléphonie mobile sur les routes régionales et locales. De même, il estime qu’il est primordial d’inclure la fourniture de services de téléphonie mobile dans le cadre du service universel de télécommunications, en particulier dans les agglomérations rurales à faible densité de population et sur les routes et les voies de communication qui les traversent, ce qui faciliterait la vie, notamment, des personnes âgées et des parents ayant de jeunes enfants. Chacun de ces facteurs a un effet différent sur le maintien sur place des populations;

37.

préconise des parcours de formation et d’accompagnement à l’utilisation des technologies numériques pour réduire la fracture numérique qui touche les personnes âgées, et des parcours consacrés à la gestion du changement à l’intention des gestionnaires des services sociaux relevant des municipalités, de sorte qu’ils puissent accompagner la transformation numérique des services d’aide à la personne;

38.

reconnaît que les différentes actions proposées dans la communication de la Commission pour la période 2014-2020 intitulée «Stimuler la croissance et la cohésion des régions frontalières de l’Union européenne», adoptée en septembre 2017, peuvent contribuer à réduire la complexité, la durée et les coûts de l’interaction transfrontalière et favorisent la mise en commun de services le long des frontières intérieures. La Commission souligne que «les investissements destinés à améliorer les conditions de vie seront importants: les actions communes en faveur de l’environnement et les mesures conjointes d’atténuation des effets du changement climatique contribueront à mieux protéger les populations frontalières» (9);

39.

réaffirme l’observation qu’il avait formulée dans son propre avis intitulé «L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants» (2017), selon laquelle «les tendances démographiques actuelles obligent à reconsidérer les rôles respectivement dévolus aux hommes et aux femmes et à promouvoir des contrats de travail plus souples et plus égalitaires». Dans cet esprit, le cadre juridique de l’Union européenne en ce qui concerne les politiques visant à soutenir la vie familiale et l’égalité entre les hommes et les femmes est inextricablement lié à l’économie, à la démographie, à l’emploi et aux aspects régionaux. De la même façon, le Comité se félicite de la stratégie de la Commission en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes;

40.

attire l’attention sur ses propres avis ayant pour thème «La mobilité dans des régions confrontées à des défis géographiques et démographiques» (2014) et «La réponse de l’Union européenne au défi démographique» (2016). Ils couvrent des domaines tels que des politiques de transports garantissant la mobilité et exposent d’autres mesures spécifiques, parmi lesquelles des approches novatrices comme le «transport à la demande», afin d’améliorer la connectivité au sein d’une région et entre toutes les régions, tout en soulignant la nécessité de nouvelles approches en matière de financement des transports dans les régions confrontées à des défis;

41.

souligne que le taux de chômage élevé ne satisfait pas aux exigences du marché du travail. Il est dès lors nécessaire d’organiser des formations professionnelles ou des cours de perfectionnement destinés aux chômeurs qui ne sont pas en mesure de s’intégrer ou de se réinsérer dans le marché du travail. Les pouvoirs publics, les institutions régionales et locales et les services de l’emploi devraient être associés et coopérer;

42.

estime qu’il est nécessaire, pour faire face au dépeuplement qui touche les zones rurales, de communiquer de manière positive sur l’environnement rural dans les différentes politiques et de renvoyer à des modèles qui permettent de véhiculer une image favorable de la ruralité, en faisant ressortir les aspects et les valeurs positifs qui en font la richesse;

43.

insiste sur l’importance de souligner que les pères s’occupent davantage des enfants et participent plus à la vie familiale, et que les enfants sont plus développés sur le plan cognitif et émotionnel et sont en meilleure santé physique. Ceux qui sont plus présents auprès de leurs enfants déclarent généralement plus souvent être satisfaits de leur vie et jouir d’une meilleure santé physique et mentale. En 2015, trois quarts des pays de l’OCDE ont octroyé au moins quelques jours de congés payés qui ne peuvent être utilisés que par le père ou un congé parental rémunéré réservé aux pères. Le congé parental peut également contribuer à réduire la discrimination à l’égard des femmes sur le lieu de travail;

44.

rappelle les objectifs de développement durable et, en particulier, l’objectif spécifique pour le développement urbain, l’ODD 11, qui appelle à «faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables», et soutient les projets destinés aux collectivités locales, aux villes et aux régions qui contribuent activement à la réalisation de l’ODD 11;

45.

prend en considération le pacte vert pour l’Europe, qui constitue une réponse importante aux défis environnementaux, démographiques, économiques et sociaux. Une stratégie de croissance durable est essentielle pour transformer l’Union européenne en une société équitable, prospère et inclusive, et il faut repenser les politiques pour une énergie propre dans l’économie, l’industrie et la consommation, les transports, l’alimentation, l’agriculture et la construction, de même que revoir la fiscalité et certaines questions sociales ainsi que d’autres liées globalement à la famille;

46.

souligne que le fait d’avoir des enfants ne doit pas faire obstacle à l’ambition professionnelle et ne devrait pas entraîner un appauvrissement ou une perte de pouvoir d’achat, en particulier dans le cas de familles nombreuses et de familles monoparentales. La planification familiale s’inscrit dans le long terme, et il est donc important de disposer d’une politique stable et volontariste, qui englobe notamment la conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée ainsi que la participation des pères à la vie familiale. Il convient d’accélérer et d’assouplir le processus de retour sur le marché du travail des mères après un congé de maternité;

47.

souligne qu’une part des emplois qui seront nécessaires à l’avenir n’existent pas à l’heure actuelle, et qu’il y a lieu dès lors d’organiser la formation de nos concitoyens (de tous âges et dans tous les secteurs) à des compétences qui facilitent leur accès à l’emploi, en accordant une attention particulière, dans la planification des politiques de formation, aux personnes qui résident dans des zones dont la population est moins dense ou très dispersée, afin qu’elles puissent avoir facilement accès à cette formation;

48.

souligne l’importance du travail non rémunéré, principalement effectué par les femmes, qui apporte un soutien aux familles et pallie le manque d’infrastructures sociales publiques. Le travail non rémunéré concerne principalement les soins à la personne et les tâches domestiques, qui représentent respectivement, selon les estimations, 10 et 39 % du produit intérieur brut (PIB) dans le monde;

Démographie et démocratie

49.

considère que les questions émergentes telles que la transformation de la société et la répartition de la population donnent lieu à des réponses politiques susceptibles d’entraîner une polarisation du système démocratique;

50.

estime qu’il convient d’accorder une attention particulière aux jeunes qui sont ou peuvent devenir parents. Le taux de chômage moyen des jeunes dans les États membres de l’Union européenne reste supérieur à celui de la population active en général. Les jeunes sont également particulièrement touchés par des conditions de travail précaires. Il ressort des recherches que l’accès des jeunes à des revenus réguliers et à un logement doit être mis au premier plan car il leur apporte la sécurité dont ils ont besoin pour fonder une famille;

51.

est d’avis que les réseaux transeuropéens de transport qui, conformément au règlement (UE) no 1316/2013 du Parlement européen et du Conseil (10), continueront à être financés par le Fonds de cohésion au cours de la période de programmation 2021-2027, devraient non seulement réduire les goulets d’étranglement sur le réseau mais aussi accorder la priorité aux investissements dans les réseaux de transport routier et stimuler les services publics dans les zones rurales, en particulier dans les zones à faible densité de population et dans celles qui sont touchées par le vieillissement de la population, afin de soutenir l’interconnexion entre les campagnes et les villes, de promouvoir le développement rural et de réduire la fracture numérique;

52.

met dès lors en garde contre le risque de voir se développer une «géographie du mécontentement» qui est en train de se mettre en place dans de nombreux pays et régions de l’Union européenne où les citoyens se sentent laissés pour compte, ce qui est souvent étroitement lié au déclin démographique. En conséquence, il convient de garantir l’accès aux services publics de base dans les zones rurales et faiblement peuplées;

53.

considère qu’il est nécessaire de s’atteler à cette évolution pour renforcer notre système démocratique en facilitant le dialogue intergénérationnel et en associant activement les élus des niveaux local et régional, qui sont les plus proches des citoyens;

54.

est dès lors d’avis qu’il est nécessaire de débattre, lors de la prochaine conférence sur l’avenir de l’Europe, de la question du lien entre démocratie et démographie, et suggère qu’à cette occasion le Comité affirme clairement ses positions en la matière, en étant particulièrement attentif à la représentation des jeunes. La conférence devrait aborder la question de la «géographie du mécontentement», en relation avec le degré de réussite des politiques de l’Union européenne et leur incidence directe et indirecte sur différentes régions de l’Union et sur leur démographie; suggère également que, dans ce contexte, la conférence se demande s’il y a lieu de fournir une définition à l’expression «régions qui souffrent de handicaps démographiques graves et permanents», visée à l’article 174 du TFUE. Cette réflexion élargie est également pertinente dans le contexte de la réalisation des ODD;

Plaider en faveur d’une subsidiarité active et d’une meilleure réglementation

55.

souligne que bon nombre des réponses politiques nécessaires relèvent de la responsabilité des collectivités locales et régionales de l’Union et souligne par conséquent la nécessité de mettre fortement l’accent sur le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux pour trouver des solutions adéquates;

56.

insiste dans le même temps sur l’importance pour le CdR d’apporter une participation significative tout au long de la conférence sur l’avenir de l’Europe, dès lors que l’Union européenne compte plus d’un million d’élus locaux et régionaux;

57.

plaide pour l’utilisation du concept de «subsidiarité active» mis au point par la task-force sur la subsidiarité en vue de trouver des solutions viables permettant de faire face au changement démographique en respectant la répartition des compétences dans le cadre d’un dialogue direct avec les villes et les régions;

58.

se considère en parfaite position pour soutenir ce processus en mettant à disposition la plateforme de consultation et de dialogue avec la Commission pour trouver des solutions adéquates;

59.

souligne qu’il importe d’utiliser l’instrument de l’analyse d’impact territorial (AIT) pour peaufiner la conception des politiques de l’Union qui ont une incidence sur l’évolution démographique et renvoie à l’exercice d’analyse d’impact territorial qu’il a lui-même récemment mené en coopération avec le programme ESPON (11);

60.

suggère une collaboration étroite avec la Commission dans la perspective des documents politiques à venir, tels que le livre vert sur le vieillissement ou la stratégie à long terme pour les zones rurales, en conduisant en commun une consultation destinée à alimenter les rapports relatifs à ces thématiques;

Suivre les progrès accomplis pour relever le défi démographique

61.

estime qu’il est nécessaire d’assurer un suivi régulier du dossier du défi démographique en établissant un lien entre le semestre européen et l’évolution démographique et en associant étroitement cette question à la mise en œuvre des objectifs de développement durable;

62.

souligne la nécessité de dresser des statistiques européennes régulières, qui reflètent non seulement les évolutions nationales mais aussi régionales, afin de fournir aux décideurs une image claire des disparités régionales; suggère en outre qu’il est nécessaire d’établir un rapport annuel sur l’état d’avancement de ce dossier du défi démographique dans les villes et les régions de l’Union européenne, auquel le Comité pourrait contribuer;

63.

propose d’instaurer un dialogue politique régulier entre la Commission et les villes et les régions de l’Union européenne sur l’état du dossier du défi démographique, avant la présentation de la stratégie annuelle pour une croissance durable; suggère une collaboration étroite entre la Commission et le CdR dans l’organisation de ce processus;

Prochaines étapes

64.

suggère à la présidence croate du Conseil de présenter des conclusions du Conseil sur les résultats du bilan dressé par la Commission et de mener un vaste débat sur le défi démographique au sein de différentes formations du Conseil;

65.

invite les futures présidences allemande, portugaise et slovène à poursuivre ces efforts, en mettant l’accent en particulier sur le lien entre l’évolution démographique et l’amélioration des conditions de vie dans tous les territoires;

66.

souligne l’importance de la participation des citoyens et encourage les principales parties prenantes locales à renforcer les politiques horizontales régionales et à accroître ainsi la prise de conscience de l’évolution démographique au sein des collectivités locales, pour que la nécessité d’adopter des mesures davantage centrées sur le citoyen soit mieux reconnue; suggère d’engager un large débat sur les défis démographiques dans le cadre de dialogues avec les citoyens;

67.

considère que la promotion de la coopération public-privé doit être structurée de manière que tous les acteurs des territoires exposés au risque de dépeuplement ou connaissant déjà une situation de dépeuplement travaillent de concert et de manière coordonnée, en ajoutant et en renforçant des projets sur la base de leur expérience, en stimulant l’innovation et en promouvant la revitalisation économique;

68.

estime qu’il est essentiel de mettre en lumière le riche patrimoine naturel, historique, artistique et culturel de nos régions pour renforcer l’attachement des citoyens à leurs villages et à leurs villes, et ainsi de soutenir, préserver, maintenir et protéger des communautés locales, autochtones et de petite dimension ainsi que des sous-régions linguistiques et culturelles en vue de renforcer la capacité des zones rurales à maintenir la population locale sur place et à mener à bien un processus de revitalisation;

69.

propose à la Commission européenne et aux autres institutions de l’Union européenne, ainsi qu’aux autres institutions régionales ou mondiales, comme l’Union pour la Méditerranée ou l’Organisation des Nations unies, de coopérer étroitement pour élaborer une stratégie globale visant à relever le défi démographique.

70.

rappelle que, depuis 1994, la Journée internationale des familles est célébrée chaque année le 15 mai sous l’égide des Nations unies; propose dès lors que le deuxième dimanche de mai soit proclamé «Journée européenne des familles».

Bruxelles, le 14 octobre 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Étude du CdR intitulée «The impact of demographic change on European regions» (Les conséquences de l’évolution démographique sur les régions européennes), Bruxelles, 2016.

(2) https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2019/637955/EPRS_IDA(2019)637955_FR.pdf

(3) Source: People in the EU — population projections (Eurostat, 2017)

https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Population_projections_in_the_EU#Age_dependency_ratios

(4) OCDE, Base de données sur la famille, Indicateurs relatifs à la fécondité: SF2.2 Nombre idéal d’enfants et fécondité réalisée: http://www.oecd.org/els/family/SF_2_2-Ideal-actual-number-children.pdf

(5) Dans les pays développés, le seuil de renouvellement des générations, c’est-à-dire le nombre moyen de naissances vivantes par femme nécessaire pour maintenir la population à un niveau stable, correspond à un indice synthétique de fécondité d’environ 2,1 naissances vivantes par femme (source: Eurostat, Statistics Explained: https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Fertility_statistics#Total_fertility_rate_and_age_of_women_at_birth_of_first_child).

(6) Étude du CdR intitulée «The impact of demographic change on European regions» (Les conséquences de l’évolution démographique sur les régions européennes) et tableau de bord social régional européen.

(7) Perspectives démographiques pour l’Union européenne (2017) (EPRS — Service de recherche du Parlement européen et Institut universitaire européen (IUE)] http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2017/614646/EPRS_IDA (2017) 614646_FR.pdf

(8) A8-0094/2019, Cozzolino.

(9) https://ec.europa.eu/regional_policy/fr/information/publications/communications/2017/boosting-growth-and-cohesion-in-eu-border-regions

(10) Règlement (UE) no 1316/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 établissant le mécanisme pour l’interconnexion en Europe, modifiant le règlement (UE) no 913/2010 et abrogeant les règlements (CE) no 680/2007 et (CE) no 67/2010 (JO L 348 du 20.12.2013, p. 129).

(11) https://cor.europa.eu/fr/our-work/Pages/Territorial-Impact-Assessment.aspx


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