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Avis institutionnel52020AE5102

Avis institutionnel — 52020AE5102

CELEX52020AE5102
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 24 mars 2021

Texte intégral

9.6.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 220/56


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Faire passer l’union douanière à l’étape supérieure: un plan d’action»

[COM(2020) 581 final]

(2021/C 220/07)

Rapporteur:

Anastasis YIAPANIS

Consultation

Commission européenne, 11.11.2020

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Marché unique, production et consommation»

Adoption en section

2.3.2021

Adoption en session plénière

24.3.2021

Session plénière no

559

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

259/0/6

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE accueille favorablement le plan d’action très concret visant à soutenir les autorités douanières nationales pour les cinq prochaines années. Une fois mis en œuvre, avec des analyses d’impact régulières, il conduira à une véritable modernisation des douanes dans l’ensemble de l’UE.

1.2.

Si un processus de modernisation a débuté en 2016 avec l’introduction du code des douanes de l’Union (1), des évolutions récentes comme l’augmentation des flux commerciaux, l’essor du secteur du commerce électronique, la fraude douanière et la fraude à la TVA, le trafic illicite et la sous-évaluation des marchandises sont autant de phénomènes qui nécessitent une réponse immédiate et coordonnée. La sortie du Royaume-Uni de l’union douanière entraîne déjà une charge de travail plus lourde et des défis particuliers pour les autorités douanières.

1.3.

Un plan aussi ambitieux requiert un financement partagé adéquat. Le CESE n’est pas sûr que tous les États membres soient prêts à adopter le calendrier proposé et à mettre leur part des fonds sur la table.

1.4.

Il est nécessaire de mettre rapidement en place une coopération et une interopérabilité renforcées entre les douanes et d’autres services répressifs et administrations. Le partage des meilleures pratiques pourrait également améliorer la productivité des services douaniers, et une gestion adéquate de la quantité considérable de données disponibles pourrait permettre de mettre en place une surveillance intelligente des chaînes d’approvisionnement et de renforcer les capacités de prospective.

1.5.

Les autorités douanières devraient disposer de ressources suffisantes pour l’ensemble des responsabilités non financières, et des normes minimales en matière de contrôle et d’effectifs requis devraient être mises en place. Le CESE estime qu’il est extrêmement important d’adopter dès que possible des actes d’exécution pour le règlement sur la surveillance du marché (2).

1.6.

La longueur excessive du processus d’approbation du prochain CFP et les difficultés rencontrées par les dirigeants de l’UE à 27 pour se mettre d’accord sur des actions très importantes compromettent la bonne reprise de l’économie de l’UE et le soutien immédiat dont les citoyens et les entreprises ont besoin.

1.7.

Le CESE recommande d’étudier immédiatement la possibilité d’introduire la technologie des chaînes de blocs dans le plan d’action proposé. En outre, le progrès technologique et les solutions innovantes existantes que recèlent la robotique et l’intelligence artificielle pourraient être facilement mis à profit, avec des résultats immédiats et pertinents.

1.8.

Le CESE suggère d’accorder une attention particulière aux points d’entrée et de sortie les plus vulnérables et se félicite que la robustesse de l’union douanière soit déterminée à l’aune de son maillon le plus faible. Un système de gestion des risques conforme, davantage coordonné et intégré permettrait de réduire les écarts entre les autorités et de renforcer les maillons les plus faibles de la chaîne. La nouvelle stratégie de gestion des risques annoncée pour le 2e trimestre 2021 est donc bienvenue.

1.9.

Il convient de prévoir des ressources financières spécifiques pour l’interconnexion de l’ICS2 avec d’autres systèmes électroniques. Le CESE souligne l’importance que revêt la bonne gestion d’un réseau aussi complexe.

1.10.

Le CESE souligne la nécessité de garantir des ressources humaines suffisantes pour l’analyse des données anticipées avant le chargement et avant l’arrivée, ainsi qu’une formation adéquate de ce personnel pour sa mise en œuvre. Il s’est déjà prononcé en faveur de «cadres de formation communs [en] s’appuyant sur le «Référentiel européen des compétences des métiers de la douane» (3)».

1.11.

La création d’une plateforme européenne d’information fiscale au sein du réseau de lutte contre la fraude fiscale Eurofisc est considérée comme une amélioration significative, et le CESE attend avec intérêt l’évaluation de la Commission à cet égard.

1.12.

Le commerce électronique est un secteur très important pour les PME. Le CESE se dit inquiet que la communication ne fasse aucune référence à la création d’un cadre favorable aux PME grâce à ce plan d’action ambitieux.

1.13.

Le CESE estime que les plateformes disposent de données importantes que les douanes pourraient utiliser, mais qu’elles devraient investir spécifiquement dans des logiciels informatiques tels que des systèmes robotiques automatisés. Elles devraient bénéficier d’un financement pour la collecte des données dont elles n’auraient pas besoin autrement. Toutefois, le CESE se félicite que la Commission soit en train de procéder à la révision du rôle et des obligations des places de marché en ligne.

1.14.

Il est nécessaire de disposer dans les meilleurs délais d’une analyse exhaustive des systèmes internationaux de coopération et d’assistance administrative mutuelle en matière douanière de l’Union, car elle conduirait à une meilleure application de la législation.

1.15.

Le CESE se félicite de la proposition de déployer le système de guichet unique de l’UE et lui exprime son plein soutien.

1.16.

Le CESE craint que, dans l’hypothèse où le projet controversé d’agence douanière de l’Union ne serait pas approuvé par les États membres, la gestion d’un système aussi complexe et interconnecté n’impose une charge supplémentaire aux services existants de la Commission.

1.17.

Le CESE est fermement convaincu que la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile contribuera à la mise en œuvre d’un plan d’action aussi ambitieux, tout en assurant une large diffusion des avantages qu’il apporte tant aux citoyens qu’aux entreprises.

2. Introduction

2.1.

L’union douanière de l’UE existe depuis 1968 et concerne l’ensemble des échanges de marchandises dans les 27 États membres. Chaque année, l’union douanière facilite les échanges de marchandises pour une valeur de plus de 3 500 milliards d’EUR, et les autorités douanières de l’UE traitent, chaque seconde, 27 articles déclarés.

2.2.

Le 28 septembre 2020, à la suite des orientations politiques annoncées par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, au début de son mandat, la Commission européenne a publié un plan d’action ambitieux visant à améliorer l’union douanière en la rendant plus intelligente, plus simple et plus efficace sur le plan numérique d’ici à 2025. Ce processus aurait une incidence positive tant sur les recettes de l’UE que sur la sécurité et la sûreté des citoyens européens. En outre, les entreprises bénéficieraient d’une simplification des obligations en matière de communication d’informations, avec des procédures plus rapides.

2.3.

Le CESE a déjà souligné que «une union douanière performante est une condition sine qua non du processus d’intégration européenne, afin d’assurer une libre circulation des marchandises efficace, sûre et transparente, assortie d’une protection maximale des consommateurs et de l’environnement, d’emplois de meilleure qualité et d’une lutte efficace contre la fraude et la contrefaçon» (4).

2.4.

Par conséquent, le CESE accueille favorablement le plan d’action très concret qui est présenté pour les cinq prochaines années, lequel prévoit trente actions planifiées et assorties d’un calendrier dans le cadre de quatre rubriques stratégiques en vue de soutenir les autorités douanières nationales: «gérer les risques», «gérer le commerce électronique», «promouvoir le respect des obligations» et «agir comme une entité unique».

2.5.

Le système douanier actuel s’est avéré présenter des lacunes et des vulnérabilités, et la quantité considérable de données partagées entre les douanes de tous les États membres n’est pas utilisée de manière efficace. Le Parlement européen et la Cour des comptes européenne ont déjà manifesté leur inquiétude quant à la perte de recettes causée par l’inefficacité des contrôles douaniers sur les marchandises importées.

2.6.

Les droits de douane constituent une part importante du budget de l’UE, puisqu’ils représentent environ 14 % du total de ses recettes. L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) signale que la fraude douanière est une pratique répandue et a recommandé le recouvrement de plus de 2,7 milliards d’EUR de droits de douane pour la période 2017-2019. Les marchandises de contrefaçon importées de pays tiers sont estimées à 121 milliards d’EUR par an, tandis que les atteintes à la propriété intellectuelle génèrent plus de 83 milliards d’EUR de ventes et entraînent une perte de recettes fiscales de 15 milliards d’EUR.

2.7.

Sur le plan positif, près de 100 % des déclarations en douane sont transmises par voie électronique.

3. Observations générales

3.1.

L’union douanière a un besoin urgent d’investissements pour effectuer une mise à niveau coordonnée de ses capacités tant logicielles qu’humaines. Si un processus de modernisation a débuté en 2016 avec l’introduction du code des douanes de l’Union (5), l’augmentation des flux commerciaux, l’essor du secteur du commerce électronique, la fraude douanière et la fraude à la TVA, le trafic illicite et la sous-évaluation des marchandises sont autant de phénomènes qui nécessitent une réponse immédiate et coordonnée. En outre, les douanes sont chargées de contrôler les marchandises à de nombreuses fins non financières. Le CESE se félicite que la robustesse de l’union douanière soit déterminée à l’aune de son maillon le plus faible et suggère par conséquent d’accorder une attention particulière aux points d’entrée et de sortie les plus vulnérables. Les États membres devraient tirer pleinement parti du nouvel instrument relatif aux équipements de contrôle douanier, qui est spécialement conçu pour aider à l’achat, à la maintenance et au remplacement d’équipements douaniers modernes.

3.2.

La sortie du Royaume-Uni de l’union douanière entraîne déjà une charge de travail plus lourde et des défis particuliers pour les autorités douanières. Le nombre de déclarations en douane devrait augmenter de manière significative, parallèlement à la réintroduction des contrôles douaniers.

3.3.

Il est nécessaire de mettre rapidement en place une coopération et une interopérabilité renforcées entre les douanes et d’autres services répressifs et administrations. Le CESE a déjà mis en garde sur le fait que «la coopération entre les différentes autorités et institutions dans les États membres — police, renseignement, justice, douane et fisc — est loin d’être optimale» (6).

3.4.

Les douanes sont très impliquées dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Rien qu’en 2019, elles ont saisi 400 tonnes de drogue, 3 699 armes à feu et 3,5 milliards d’articles en produits du tabac et cigarettes. 11,5 % de l’ensemble des déclarations d’argent liquide étaient incorrectes, pour un montant d’environ 331 millions d’EUR (7).

3.5.

Pour un secteur qui doit gérer une telle quantité de déclarations, d’informations sur les produits, de taxes, etc., la gestion des données est extrêmement importante. Maîtriser le volume considérable de données disponibles constituerait une amélioration immédiate et majeure par rapport au système douanier actuel et permettrait également d’apporter une réponse plus efficace et plus concluante aux défis croissants qui se posent. Cela permettrait en outre une surveillance intelligente des chaînes d’approvisionnement et un renforcement des capacités de prospective.

3.6.

Le CESE se dit plutôt déçu que, dans la toute dernière phrase de la communication, la Commission n’invite que le Parlement européen et le Conseil à soutenir ce plan d’action, sans aucunement mentionner le Comité économique et social européen. Nous sommes fermement convaincus que la participation des partenaires sociaux et des organisations de la société civile contribuera à la mise en œuvre d’un plan d’action aussi ambitieux, tout en assurant une large diffusion des avantages qu’il apporte tant aux citoyens qu’aux entreprises.

4. Observations spécifiques

4.1.

Depuis le début, le CESE apprécie l’ambitieuse feuille de route et les délais concrets de mise en œuvre des actions. Il s’agit d’une avancée manifeste qui, une fois la feuille de route mise en œuvre et assortie d’analyses d’impact régulières, conduira à une véritable modernisation des douanes dans l’ensemble de l’UE.

4.2.

Un plan aussi ambitieux requiert un financement adéquat. Si certaines des actions proposées nécessitent un financement partagé et que l’UE est prête à jouer son rôle dans la partie, le CESE doute néanmoins que tous les États membres soient prêts à adopter le calendrier proposé et à mettre leur part des fonds sur la table. Seule une coordination approfondie du financement et de la mise en œuvre garantirait le succès de la proposition.

4.3.

L’UE a toutefois montré qu’elle disposait de structures fragiles et les réponses qu’elle a apportées à des situations critiques, notamment la pandémie de COVID-19, se sont avérées tardives et non coordonnées. L’appel lancé par le président français, Emmanuel Macron, en faveur de la réorganisation de l’espace Schengen et sa demande de réexamen de la libre circulation des personnes dans l’Union sont deux signes aussi graves qu’inquiétants.

4.4.

En outre, la longueur incroyable du processus d’approbation du prochain CFP compromet la bonne reprise de l’économie de l’UE et le soutien immédiat dont les citoyens et les entreprises ont besoin. Il semble de plus en plus compliqué pour les dirigeants de l’UE à 27 de se mettre d’accord sur des actions très importantes, alors même que la durée et le caractère non décisif des solutions apportées démontrent que le système de gouvernance de l’UE est obsolète et inefficace.

4.5.

Bien qu’elle ait déjà été examinée et analysée en 2018, la proposition actuelle ne prévoit aucune utilisation de la technologie de la chaîne de blocs. Le CESE estime que le système douanier dispose précisément de la structure appropriée pour intégrer ces évolutions et recommande d’étudier immédiatement la possibilité d’introduire la technologie des chaînes de blocs dans le plan d’action proposé.

4.6.

Le CESE note en outre qu’il n’existe absolument aucune analyse de l’utilisation possible de la robotique et de l’intelligence artificielle aux fins de la modernisation des opérations douanières. Il estime que le progrès technologique et les solutions innovantes existantes que recèlent la robotique et l’intelligence artificielle pourraient être facilement mis à profit dans le cadre d’un plan d’action aussi complexe, avec des résultats immédiats et pertinents.

4.7. Gestion des risques

4.7.1.

Depuis l’introduction de modifications en matière de sécurité dans le code des douanes communautaires en 2005, l’UE mène déjà des activités de gestion des risques fondées sur deux lignes de défense: l’évaluation préalable et le contrôle avant ou après l’entrée des marchandises sur le territoire douanier. Le CESE estime que le plus grand défi réside dans l’absence de coordination de l’application des procédures entre les États membres et dans le manque de partage d’informations entre les pays. La mise en place d’un système de gestion des risques conforme, davantage coordonné et intégré permettrait de réduire les écarts entre les autorités et de renforcer les maillons les plus faibles de la chaîne. Par conséquent, la nouvelle stratégie de gestion des risques annoncée pour le 2e trimestre 2021 est très prometteuse.

4.7.2.

La numérisation et l’essor du commerce électronique facilitent les achats en ligne pour les consommateurs du monde entier. Toutefois, tous les produits ne sont pas conformes aux normes européennes élevées en matière de sécurité des produits et/ou de protection des consommateurs. C’est un fait qui surprend souvent les consommateurs. Le CESE se félicite de l’objectif de renforcer le processus de gestion des risques afin de mieux protéger le marché unique, et en particulier les citoyens, contre les produits non conformes et dangereux.

4.7.3.

La proposition de lancer une initiative sur les capacités d’analyse conjointes constitue sans aucun doute un pas en avant. Il convient également de se féliciter du partage de données avec les autorités chargées de l’application de la législation antifraude. Toutefois, le CESE se demande si le financement nécessaire sera disponible pour l’interconnexion d’ICS2 avec d’autres systèmes électroniques. La prochaine préoccupation immédiate concerne la gestion d’un réseau aussi complexe et le besoin en ressources humaines spécialisées et bien formées.

4.7.4.

En outre, le CESE craint que, dans l’hypothèse où le nouveau projet d’agence douanière de l’Union ne serait pas approuvé par les États membres, la gestion d’un système aussi complexe et interconnecté n’impose une charge supplémentaire aux services existants de la Commission.

4.7.5.

La Commission a proposé de mettre en œuvre l’analyse des données anticipées avant le chargement et avant l’arrivée pour tous les produits et tous les moyens de transport jusqu’en 2024. Toutefois, on ne sait pas clairement quel type de ressources humaines seront nécessaires dans chaque État membre, ni le niveau et la durée de la formation requis pour ce personnel. Il en va de même pour les processus supplémentaires en matière de gestion des risques prévus pour les procédures «après l’arrivée» des marchandises. Le CESE s’est déjà prononcé en faveur de «cadres de formation communs [en] s’appuyant sur le “Référentiel européen des compétences des métiers de la douane”, qui vise à harmoniser et à rehausser les normes des performances douanières dans l’ensemble de l’UE» (8).

4.8. Gérer le commerce électronique

4.8.1.

Le commerce électronique a apporté des avantages et ouvert des possibilités considérables tant aux citoyens qu’aux entreprises. Il ajoute toutefois des difficultés importantes en ce qui concerne le respect des obligations fiscales et douanières pour les marchandises échangées, et compte tenu du grand nombre de demandes de dédouanement concernant un large éventail de contrôles à des fins non financières, notamment en matière de sécurité, de sûreté et de droits de propriété intellectuelle. Le CESE reconnaît le rôle important joué par les autorités douanières dans la prévention de l’entrée sur le marché unique de produits non conformes et/ou dangereux, et conclut que ces autorités doivent également disposer de ressources suffisantes pour l’ensemble des responsabilités non financières.

4.8.2.

La mise en œuvre du paquet TVA sur le commerce électronique (9) à partir de 2021 devrait générer des recettes importantes pour les budgets des États membres et créer des conditions de concurrence équitables pour l’environnement des entreprises. La création d’une plateforme européenne d’information fiscale au sein du réseau de lutte contre la fraude fiscale Eurofisc est considérée comme une amélioration significative en ce qui concerne l’accès des autorités douanières aux informations. Le CESE attend avec intérêt l’évaluation de la Commission à cet égard.

4.8.3.

Le CESE estime que le meilleur moyen de réglementer et de gérer le commerce électronique est de renforcer la coopération avec d’autres pays au sein de l’OCDE et du G20. Il a déjà souligné que «les politiques budgétaires à appliquer à la numérisation de l’économie et à la mise au point d’outils et de solutions opérationnelles devraient être coordonnées au niveau international» (10).

4.8.4.

Le commerce électronique est un secteur très important pour les PME. Toutefois, le commerce transfrontalier est déjà fragmenté en raison de divers obstacles existants et le CESE se dit inquiet que la communication ne fasse aucune référence à la création d’un cadre favorable aux PME grâce à ce plan d’action ambitieux. Selon l’Eurobaromètre de septembre, seules 4 % des PME vendent leurs marchandises à des consommateurs d’autres États membres (11).

4.8.5.

La proposition d’imposer des obligations de déclaration aux autorités douanières sur les plateformes représente une charge potentielle pour les entreprises légitimes. Les plateformes disposent de données importantes que les douanes pourraient utiliser, mais elles devraient investir spécifiquement dans des logiciels informatiques capables de collecter et de fournir ces données. L’utilisation de systèmes robotiques automatisés devrait être immédiatement explorée, car ceux-ci pourraient être très utiles pour assouplir le processus d’obligation en matière de communication d’informations. En outre, le CESE estime que ces entreprises devraient bénéficier du financement nécessaire s’il leur est demandé de recueillir des données dont elles n’auraient pas besoin autrement. La gestion de ces données est extrêmement importante pour lutter contre la fraude douanière et la fraude à la TVA, la sous-évaluation, les fausses déclarations d’origine, etc. Le CESE a déjà appelé de ses vœux «la mise au point d’une norme européenne pour la collecte de données et d’informations sur leurs utilisateurs, que les plateformes devront communiquer aux autorités fiscales et conserver au fil du temps» (12).

4.8.6.

Toutefois, le CESE se félicite que la Commission soit en train de procéder à la révision du rôle et des obligations des places de marché en ligne, qui devraient être plus fiables et assumer davantage de responsabilités lorsqu’il s’agit de vérifier que les biens vendus sur leurs plateformes sont conformes et sûrs.

4.9. Promouvoir le respect des obligations

4.9.1.

Les opérateurs de confiance sont déjà récompensés par un régime de prestations pour leur conformité avec la législation douanière de l’UE. Le CESE soutient la proposition de surveillance des accords préférentiels existants avec les pays tiers; une analyse exhaustive des systèmes internationaux de coopération et d’assistance administrative mutuelle en matière douanière de l’Union conduirait à une meilleure application de la législation.

4.9.2.

La proposition de déployer le système de guichet unique de l’UE est un projet gagnant-gagnant, et le CESE lui exprime son plein soutien. Le secteur privé bénéficierait d’une possibilité de déclaration moyennant une action unique, et différentes autorités seraient en mesure de sélectionner les données nécessaires. Il s’agit d’une avancée manifeste pour toutes les parties concernées, qui devrait permettre aux entreprises de réaliser jusqu’à 690 millions d’EUR d’économies en formalités administratives douanières au cours des sept premières années de mise en œuvre.

4.9.3.

Toutefois, moins de quatre ans après l’adoption de la proposition, il est assez difficile de comprendre comment l’analyse proposée du code des douanes de l’Union pourrait suggérer que les systèmes électroniques sont obsolètes.

4.9.4.

La fragmentation des sanctions appliquées en cas de non-conformité entre les États membres crée des distorsions de concurrence sur le marché unique, tout en permettant l’apparition de maillons plus faibles au sein du système. La création d’un cadre solide et uniforme renforcerait la robustesse de l’union douanière dans son ensemble. Bien que cette solution soit excellente en théorie, le CESE se demande comment la Commission entend l’intégrer, étant donné que la proposition de 2013 qui portait sur le même sujet a été rejetée.

4.9.5.

En outre, il est difficile d’avoir le même niveau de contrôle si le nombre d’agents des douanes varie, d’un État membre à l’autre, entre 7 et 70 pour 100 000 habitants (13). Le CESE recommande d’ajouter des normes minimales en matière de contrôle et d’effectifs requis.

4.9.6.

La crise de la COVID-19 a mis en lumière les lacunes du système douanier: à plusieurs reprises, des produits non conformes et dangereux ont atteint le sol de l’UE. Le CESE estime qu’il est très important d’adopter dès que possible des actes d’exécution pour le règlement sur la surveillance du marché (14).

4.9.7.

En outre, le CESE soutient la proposition d’accorder une attention particulière à l’application des règles et procédures d’origine préférentielle aux 41 accords de libre-échange de l’UE. En ce qui concerne les autres partenaires commerciaux, en particulier la Chine, la croissance exponentielle du commerce électronique s’est ajoutée aux défis qui se posent actuellement aux douanes. D’où le souci tout à fait logique d’évaluer la situation et de légiférer le cas échéant.

4.10. Agir comme une entité unique

4.10.1.

Les analyses montrent que la coopération transfrontalière peut être considérablement renforcée. Le CESE se félicite que la seule voie à suivre consiste à garantir une coopération accrue et améliorée entre les autorités douanières des différents États membres et entre les douanes et les autres autorités nationales. Le partage des meilleures pratiques pourrait également améliorer la productivité des services douaniers.

4.10.2.

Des investissements importants s’imposent en vue d’acquérir les équipements de contrôle douanier nécessaires à la mise en œuvre de cette coopération. Le CESE note que, dans la proposition initiale (15), la Commission a accepté de ne couvrir que 80 % des investissements nécessaires. Les 20 % restants devraient être supportés par les États membres; compte tenu de la situation financière dans laquelle se trouvent ces pays en raison de la pandémie de COVID-19, le CESE ne s’attend pas à ce que les 27 États membres soient tous en mesure d’investir en 2021 les montants concernés.

4.10.3.

Enfin, la Commission met courageusement sur la table la proposition — qui ne fait pas l’unanimité — d’élaborer d’ici 2023 une analyse d’impact sur l’opportunité de créer une agence douanière de l’UE. Le CESE doute que les États membres y souscrivent.

Bruxelles, le 24 mars 2021.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) JO L 269 du 10.10.2013, p. 1.

(2) JO L 169 du 25.6.2019, p. 1.

(3) Avis du CESE sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil portant création, dans le cadre du Fonds pour la gestion intégrée des frontières, de l’instrument de soutien financier relatif aux équipements de contrôle douanier (JO C 62 du 15.2.2019, p. 67).

(4) JO C 367 du 10.10.2018, p. 39.

(5) JO L 269 du 10.10.2013, p. 1.

(6) JO C 246 du 28.7.2017, p. 22.

(7) Deuxième rapport bisannuel sur les progrès réalisés dans le développement de l’union douanière de l’UE et de sa gouvernance.

(8) JO C 62 du 15.2.2019, p. 67.

(9) Moderniser la TVA sur le commerce électronique transfrontalier.

(10) JO C 364 du 28.10.2020, p. 62.

(11) Eurobaromètre Flash no 486.

(12) JO C 364 du 28.10.2020, p. 62.

(13) Enquête de l’Union du personnel des finances en Europe (en anglais).

(14) JO L 169 du 25.6.2019, p. 1.

(15) COM(2018) 321 final.


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