| CELEX | 52020AE5326 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mardi 27 avril 2021 |
| 16.7.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 286/27 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment promouvoir, sur la base de l’éducation et de la formation, du point de vue de l’apprentissage tout au long de la vie, les compétences dont l’Europe a besoin pour établir une société plus juste, plus solidaire, plus durable, plus numérique et plus résiliente»
(avis exploratoire à la demande de la présidence portugaise)
(2021/C 286/06)
| Rapporteure: | Tatjana BABRAUSKIENĖ |
| Consultation de la présidence portugaise du Conseil | Lettre du 26.10.2020 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 16.4.2021 |
| Adoption en session plénière | 27.4.2021 |
| Session plénière no | 560 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 219/1/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE souligne l’importance d’utiliser efficacement la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et les autres investissements pour soutenir la croissance économique et une société résiliente dans le cadre de la transition numérique et écologique de l’économie, en améliorant la qualité et le caractère inclusif de l’éducation et de la formation (systèmes, institutions et programmes) afin de répondre aux besoins des apprenants de tous âges à tous les stades de leur apprentissage, de les préparer à la vie et au travail et de veiller à ce que tous les travailleurs, ainsi que le nombre croissant de personnes sans emploi, notamment les femmes, aient accès à la formation. L’on contribuera ainsi également à préserver la libre circulation des travailleurs et des services et à faire en sorte que les entreprises soient bien armées pour gérer l’évolution de leur secteur, ainsi qu’à combler les déficits de compétence auxquelles elles se heurtent dans le cadre de la transition numérique et écologique des industries. |
| 1.2. | Le CESE recommande de fixer des objectifs réalisables à long terme et de mettre en place un système de suivi permanent dans l’espace européen de l’éducation (EEE) pour chaque État membre afin d’offrir à tous une éducation et une formation inclusives et de qualité et l’accès à l’apprentissage tout au long de la vie, et de veiller à ce que chacun ait les connaissances, les aptitudes, les compétences et l’attitude nécessaires pour que l’Europe se dote d’une société plus juste, plus cohésive, plus durable, plus numérique et plus résiliente. |
| 1.3. | Le CESE souligne que la gouvernance démocratique des systèmes d’éducation et de formation — par exemple par le biais du dialogue social — dans le prochain cadre stratégique de l’Union européenne est un outil essentiel à la réussite de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques au niveau de l’Union européenne et au niveau national. Elle doit être garantie, renforcée, et suppose une réelle consultation de la société civile organisée. |
| 1.4. | Le CESE recommande qu’à l’avenir, chaque «groupe de travail institué dans le cadre de la méthode ouverte de coordination» présente des résultats politiques et, de préférence, des recommandations politiques au Conseil «Éducation» pour discussion. Les conclusions des groupes de travail devraient être rendues publiques, effectivement mises en œuvre et bénéficier d’une meilleure visibilité au niveau approprié d’élaboration des politiques ainsi qu’auprès des praticiens à l’échelon européen et national; aussi importe-t-il que les membres de ces groupes comptent dans leurs rangs, notamment, les partenaires sociaux et les acteurs concernés qui œuvrent à concevoir les politiques éducatives, ainsi que des représentants des directeurs d’écoles, des enseignants et des étudiants de chaque pays. |
| 1.5. | Afin de réaliser les indicateurs, les critères de référence et les objectifs que prévoient le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux, la résolution du Conseil de 2020 relative à l’espace européen de l’éducation, la recommandation du Conseil en matière d’enseignement et de formation professionnels et la déclaration d’Osnabrück, le CESE propose de mener des recherches supplémentaires et d’effectuer une évaluation d’impact en vue d’ajuster les indicateurs et d’en ajouter d’autres lorsque nécessaire, sur lesquels les pays puissent s’appuyer pour améliorer leur effort en vue d’établir des rapports rendant compte de la mise en œuvre, sachant que l’incidence de la crise de la COVID-19 sur les systèmes éducatifs, les étudiants et les enseignants ne s’est pas encore pleinement manifestée. Ces indicateurs devraient également guider les mesures qui aident les étudiants et les apprenants défavorisés sur le plan socio-économique, ainsi que les personnes handicapées, au moyen de politiques sociales et éducatives conjointes à l’échelon national. Il convient de faire rapport des progrès accomplis dans la réalisation des critères de référence et des indicateurs après consultation des partenaires sociaux et des acteurs concernés à l’échelon de l’Union européenne et aux niveaux national, régional et local. |
| 1.6. | Le CESE propose de poursuivre les travaux essentiels menés dans le cadre de réunions informelles de coopération sous la houlette de la présidence dans le domaine des secteurs de l’enseignement (sous les intitulés DG Écoles, DG EFP, DG ES) (1), de mettre en évidence leurs synergies et d’en rehausser le statut, en prévoyant d’associer les partenaires sociaux concernés de chacun des États membres de l’Union européenne et de consulter les organisations de la société civile idoines, suivant l’exemple du comité consultatif pour l’EFP. Il recommande également d’établir un lien entre les politiques de l’Union européenne et les politiques nationales/régionales, dans le cadre de partenariats efficaces entre les ministères, les partenaires sociaux et la société civile et d’une gouvernance partagée. |
| 1.7. | Le CESE demande que soit adoptée la mise en œuvre effective du premier principe du socle européen des droits sociaux (SEDS) aux niveaux européen et national dans le cadre du plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux lors du sommet social de 2021, avec la pleine participation des organisations de la société civile et des partenaires sociaux intéressés, et avec le soutien d’investissements publics durables et de la facilité pour la reprise et la résilience. |
| 1.8. | Le CESE attire l’attention sur l’approche globale de l’éducation et de la formation et sur l’importance d’adopter une telle approche pour mettre en œuvre les récentes initiatives de l’Union européenne dans les domaines de l’éducation (espace européen de l’éducation), de l’EFP (recommandation relative à un système européen d’enseignement et de formation professionnels), des compétences (stratégie européenne en matière de compétences), de l’éducation des jeunes («Un pont vers l’emploi») et des compétences numériques (plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027), en veillant à ce qu’elles contribuent à l’égalité d’accès à une éducation et à une formation de qualité, à la reconversion et au renforcement des compétences des travailleurs en vue d’une transition juste sur le marché du travail, en aidant les adultes peu qualifiés à trouver un emploi et à acquérir des compétences entrepreneuriales et les entreprises à rattraper leur retard en matière d’innovation et de compétitivité au niveau mondial. |
| 1.9. | Le CESE souligne que la mise en œuvre du plan d’action en matière d’éducation numérique pour la période 2021-2027 doit garantir un dialogue social et une consultation effectifs des acteurs concernés, le respect et l’application des droits des travailleurs et l’information, la consultation et la participation des travailleurs dans le développement des compétences numériques et entrepreneuriales, notamment dans le cadre de l’enseignement et de la formation professionnels, de la formation des adultes et de la formation des travailleurs, afin de combler les déficits de compétence auxquels se heurtent les entreprises. Se référant au rapport de la Cour des comptes, afin d’atteindre l’objectif de la Commission européenne d’augmenter la proportion des personnes âgées de 16 à 74 ans possédant des compétences numériques de base de 56 % en 2019 à 70 % en 2025, le CESE demande que des montants spécifiques soient alloués dans le cadre des futurs programmes de l’Union européenne, que des sous-objectifs et des étapes soient définis et que les compétences numériques soient évaluées de manière cohérente dans un environnement numérique en constante évolution rapide. |
| 1.10. | Le CESE invite les États membres à apporter un soutien efficace aux travailleurs et aux chômeurs qui rencontrent des difficultés pour accéder à un enseignement et à une formation pour adultes inclusifs et de qualité en garantissant un financement ciblé pour les personnes dans le besoin, telles que les chômeurs, les travailleurs atypiques, les personnes peu qualifiées, les personnes handicapées, les travailleurs âgés, les personnes âgées et celles issues de groupes défavorisés sur le plan socio-économique, tout en tenant compte de la dimension du genre. |
| 1.11. | Le CESE propose de lutter contre les inégalités croissantes dans les écoles et dans l’ensemble de la société au moyen de politiques sociales et éducatives conjointes efficaces au niveau national. Le CESE suggère d’organiser une réunion conjointe du Conseil avec les ministres de l’éducation et des affaires sociales afin de trouver des solutions pour lutter contre les inégalités en matière d’éducation et d’accès à l’éducation et à la formation à la suite de la crise de la COVID-19. |
| 1.12. | Tout en se félicitant des objectifs qu’établit la nouvelle résolution sur l’espace européen de l’éducation, le CESE propose d’ajuster régulièrement les indicateurs et les critères de référence de l’espace européen de l’éducation et d’ajouter d’autres indicateurs nécessaires (par exemple en ce qui concerne les aptitudes et les compétences vertes/l’apprentissage en matière de développement durable) sur lesquels les pays peuvent facilement faire rapport, afin notamment de garantir que les mesures nationales soutiennent efficacement les étudiants et apprenants défavorisés sur le plan socio-économique. |
| 1.13. | Le CESE souligne qu’il est essentiel de développer les compétences sociales pour tous les apprenants dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, de veiller à ce que ces compétences soient enseignées dès le plus jeune âge et tout au long de l’enseignement pour adultes, et de lutter pour la tolérance et la non-discrimination dans l’éducation et la formation de tous les citoyens. Il convient de faire jouer l’enseignement des compétences essentielles, notamment la sensibilité sociale, l’empathie, le dialogue interculturel, les aptitudes à la citoyenneté, les compétences sociales et l’esprit d’entreprise, y compris l’entrepreneuriat social, tout au long du processus d’éducation et de formation. |
| 1.14. | Le CESE invite les États membres à utiliser le plan de relance, l’instrument «Next Generation EU» et les autres fonds de l’Union européenne, y compris Erasmus, le FSE + et les Fonds pour une transition juste, de manière efficace et cohérente afin de soutenir les politiques d’éducation et de formation en faveur d’une société plus juste, plus cohésive, plus inclusive, plus durable, plus numérique et plus résiliente. |
| 1.15. | De l’avis du CESE, le processus du semestre européen doit continuer à encourager les gouvernements à veiller à la disponibilité d’investissements publics pérennes dans des engagements à long terme afin d’améliorer la qualité, l’équité, l’égalité et l’inclusion sociale dans les écoles, d’assurer un accès égal aux équipements numériques pour tous les apprenants de tous les âges et de soutenir la sécurité de l’utilisation des technologies numériques au sein des écoles et des institutions d’enseignement. |
| 1.16. | Le CESE souligne qu’il s’impose de reconnaître et de faire reconnaître les savoirs, les aptitudes et les compétences, en respectant les exigences éducatives et professionnelles de chaque État membre. Il est fondamental de garantir l’égalité d’accès à des qualifications complètes, aussi le CESE appelle-t-il à la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à la validation de l’apprentissage non formel et informel (2) et de la convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications (3). Le CESE renvoie à son avis (4) dans lequel il estime que les formations débouchant sur des microqualifications devraient être soumises à des normes de qualité et diffuser des informations claires sur leur valeur, afin qu’elles puissent être effectivement utilisées sur le marché du travail en tant que formation continue, en complément d’une qualification complète. Il importe de ne pas faire peser un excès de réglementation sur les microqualifications afin d’en préserver la souplesse pour s’adapter aux besoins du marché du travail. |
| 1.17. | Le CESE demande que l’espace européen de l’éducation soit mis en œuvre au niveau national — à la suite d’un dialogue social efficace avec les enseignants — afin d’améliorer la qualité et les normes en matière d’enseignement à l’ère du numérique, d’élaborer une formation initiale des enseignants et de développer des possibilités de perfectionnement professionnel continu qui soient de meilleure qualité et inclusifs, et de garantir des conditions de travail et des salaires décents aux enseignants afin de rendre la profession plus attrayante pour les candidats hautement qualifiés. |
| 1.18. | Le CESE souligne la nécessité de respecter la liberté académique, l’autonomie et la gouvernance des institutions de l’enseignement supérieur pour ce qui est de leur contribution à l’apprentissage tout au long de la vie, et de garantir un investissement public approprié dans l’enseignement supérieur et la recherche, l’inclusivité et la diversité des réseaux universitaires en Europe, ainsi que le respect des compétences nationales et institutionnelles en matière d’enseignement supérieur. Le CESE lance un appel à idées sur le «diplôme européen» et le «statut d’université européenne» afin d’en débattre plus avant avec les gouvernements et les partenaires sociaux et les organisations de la société civile concernés, ainsi qu’un appel à soutenir le développement d’offres d’enseignement et de formation professionnels au niveau du troisième cycle. |
2. Contexte
| 2.1. | Le présent avis constitue une contribution aux débats du Conseil dans le cadre de la présidence portugaise (au premier semestre de 2021) sur la mise en œuvre des initiatives prises par l’Union européenne en matière d’éducation, de formation et d’apprentissage tout au long de la vie, dont notamment l’espace européen de l’éducation, la stratégie actualisée en matière de compétences et le plan d’action en matière d’éducation numérique pour la période 2021-2027. |
| 2.2. | L’accroissement des inégalités de revenus, la mobilité humaine et le vieillissement de la population sont des facteurs sociaux qui ont une influence sur les politiques en matière d’éducation et de formation. À l’heure où la société est confrontée à des impératifs économiques tels que la transformation numérique et l’économie circulaire, le soutien à l’apprentissage individuel pourrait être l’une des solutions pour une société plus durable afin de surmonter les obstacles et les défis de la transformation sociale et économique tout en faisant la promotion des compétences à acquérir. |
| 2.3. | Le 17 novembre 2017, les dirigeants des États de l’Union européenne se sont réunis lors du sommet de Göteborg pour entériner le socle européen des droits sociaux et ils ont à cette occasion entamé leurs premières discussions sur le lancement de l’«espace européen de l’éducation» (5), une question qui a fait par la suite, de 2018 à 2020, l’objet de plusieurs nouvelles propositions avant d’aboutir à la nouvelle résolution du Conseil de février 2021. L’initiative porte sur le premier principe du socle social, qui dispose que «toute personne a droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité afin de maintenir et d’acquérir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer avec succès les transitions sur le marché du travail», ainsi que sur les droits mentionnés dans le quatrième principe, y compris le soutien à la formation et à la reconversion, en particulier l’accès des jeunes à la formation continue, à l’apprentissage et aux stages. |
| 2.4. | Le 1er juillet 2020, la CE a publié un nouveau train de mesures politiques comprenant notamment une communication intitulée «Stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience» (6), une proposition de recommandation du Conseil en matière d’enseignement et de formation professionnels (EFP) (7) et une communication (8) et une proposition de recommandation du Conseil (9) sur le thème «Soutenir l’emploi des jeunes: un pont vers l’emploi pour la prochaine génération». Ces documents politiques mettaient en rapport l’apprentissage tout au long de la vie, la reconversion et le perfectionnement des compétences et la réalisation de l’espace européen de l’éducation. Au fil de 2020, le CESE a assuré un suivi de ces initiatives en adoptant des avis sur la stratégie actualisée en matière de compétences (10) et sur les thèmes «Renforcer la garantie pour la jeunesse» (11) et «Vers une stratégie de l’Union européenne visant à renforcer les aptitudes et les compétences vertes pour tous» (12). |
| 2.5. | Dans son avis intitulé «Le retour de la “valeur d’usage”: de nouvelles perspectives et de nouveaux défis pour les produits et services européens» (13) (2019), le CESE «estime que les produits et les services innovants et hautement spécialisés qui répondent aux besoins des clients ainsi qu’aux exigences de durabilité sociale et environnementale pourraient devenir l’élément clé et le centre de la compétitivité européenne moderne». C’est pourquoi il recommande des interventions stratégiques pour les services d’éducation et de formation. |
| 2.6. | Le 30 septembre 2020, la CE a publié sa communication relative à la réalisation d’un espace européen de l’éducation d’ici à 2025 (14), qui s’attache aux six dimensions que sont: la qualité, l’inclusion et l’égalité hommes-femmes, la transition verte et numérique, les enseignants et les formateurs, l’enseignement supérieur et la dimension géopolitique. Le 30 novembre 2020, le Conseil «Éducation» de l’Union européenne a mis en relief toute l’importance de la compétence qui incombe aux États en matière d’éducation et celle du respect de la diversité des cultures et des systèmes éducatifs et ils se sont enquis «[du] mécanisme de gouvernance de l’espace européen de l’éducation et [des] objectifs au niveau de l’Union qu’il est proposé d’atteindre d’ici 2030» (15). |
| 2.7. | En complément des initiatives politiques précédentes, la communication de la Commission européenne intitulée «Plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027 — Réformer l’éducation et la formation à l’ère numérique» (16) a été suivie de conclusions du Conseil soulignant que l’éducation numérique devrait être «centrée sur l’apprenant et aider tous les individus et les citoyens à développer leur personnalité et leurs compétences en toute confiance, librement et de manière responsable» (17). |
3. Observations générales
| 3.1. | La pandémie de COVID-19 a plongé l’économie européenne dans une profonde récession et a fait grimper le taux de chômage en raison du ralentissement sans précédent de l’économie et des défis auxquels sont confrontées les entreprises du fait de la crise. En dépit d’une large mise en œuvre de dispositifs de maintien de l’emploi, financés par des instruments européens et nationaux, l’on prévoit que dans l’Union européenne, le taux de chômage augmente de 6,7 % en 2019 à 7,7 % en 2020 puis à 8,6 % en 2021, avant de se tasser quelque peu à 8,0 % en 2022 (données d’Eurostat du 5 novembre 2020). Ce taux de chômage élevé causé par la crise de la COVID-19 s’ajoute aux demandes croissantes de compétences, ainsi que de reconversion et de perfectionnement des compétences de la main-d’œuvre européenne, qui résultent de la transition numérique et écologique de l’industrie. Pour être efficace, la politique de l’Union européenne doit soutenir la croissance économique et une société résiliente. |
| 3.2. | Que ce soit dans les domaines de l’éducation, du travail et de la vie quotidienne, la crise de la COVID-19 a également accéléré la transition numérique. Le CESE fait valoir dans son avis intitulé «Nouvelle stratégie en matière de compétences» qu’«[e]n effet, tous les européens devraient avoir le droit d’accéder à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie qui soient inclusifs et de qualité, dans le cadre d’une transition juste et dans le contexte des changements démographiques actuels. Le Comité insiste sur la nécessité de réagir face à la pauvreté éducative, laquelle s’est accentuée sous l’effet des inégalités qui, durant la crise de la COVID-19, ont caractérisé l’accès à l’éducation et la formation». (18) Le développement des savoirs, des aptitudes et des compétences doit servir non seulement à répondre aux besoins du marché du travail et à la compétitivité basée sur la qualité mais aussi à préparer les apprenants à devenir des citoyens actifs au sein de la démocratie, ainsi qu’à aider à réduire les inégalités sociales et en matière d’éducation. À cette fin, outre l’amélioration des compétences numériques des citoyens de l’Union européenne, l’éducation aux médias numériques est essentielle pour que les citoyens puissent se frayer un chemin à travers les complexités du monde d’aujourd’hui. |
| 3.3. | Il est capital que les mesures politiques prises à l’échelon de l’Union européenne et de chacun de ses États membres garantissent que l’éducation et la formation soient des droits humains et un bien public, qu’elles respectent la diversité culturelle de l’Europe et la compétence nationale qui prévaut en matière de politique d’éducation et de formation. Les mesures politiques prises à l’échelon de l’Union et au niveau national doivent prévoir des démarches efficaces pour mettre en œuvre le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies et le socle européen des droits sociaux afin de parvenir à une éducation et à une formation qui soient de qualité, efficaces et inclusives pour chaque personne dans chaque pays européen, en associant l’ensemble des États membres, des partenaires sociaux et des organisations de la société civile au plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. |
| 3.4. | Il est essentiel que l’espace européen de l’éducation ait pour objectif de renforcer une coopération politique plus étroite entre les États de l’Union et qu’il continue de fournir une plate-forme d’apprentissage pour les ministères, les partenaires sociaux de l’éducation et les acteurs concernés de la société civile. Une gouvernance efficace exige que des politiques cohérentes en matière d’éducation et de formation soient appliquées à chaque secteur de l’éducation, depuis l’éducation des jeunes enfants à l’éducation et à la formation pour adultes, en passant par l’enseignement et la formation professionnels pour toutes les tranches d’âge et l’établissement de liens entre les politiques européennes et nationales/régionales dans le cadre de partenariats efficaces entre les ministères, les partenaires sociaux et la société civile au sein de groupes de politiques tripartites. |
| 3.5. | Le CESE renvoie à son avis intitulé «Le financement durable de l’apprentissage tout au long de la vie et du développement des compétences dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée» (19) et souligne que des investissements publics durables dans l’éducation et la formation et des investissements privés efficaces dans l’enseignement et la formation professionnels pour tous les âges sont des conditions préalables à la réussite des mesures politiques en faveur de l’inclusion sociale et économique des apprenants de tous âges et du soutien aux entreprises. Par conséquent, il importe d’utiliser de manière efficace et cohérente le plan de relance, l’instrument «Next Generation EU» et d’autres Fonds de l’Union, tels que le FSE+ ou le Fonds pour une transition juste, pour soutenir les politiques d’éducation et de formation dans le cadre du Semestre européen. |
| 3.6. | Puisque plusieurs indicateurs et critères de référence du cadre stratégique Éducation et formation 2020 n’ont pas été atteints, le CESE se félicite que nombre de ces indicateurs soient repris et renforcés au sein de l’initiative de l’espace européen de l’éducation. Toutefois, ces indicateurs posent de grandes difficultés et ils appellent un engagement financier des gouvernements. Il est aussi essentiel de clarifier les termes employés par chaque pays comme indicateurs et de renforcer l’éducation à un environnement durable en en faisant un critère de référence. |
| 3.7. | La crise de la COVID-19 a révélé le caractère essentiel des écoles pour que les étudiants soient en mesure de développer leurs compétences sociales. Il convient d’apprendre aux étudiants à améliorer ces compétences tout au long de leur vie en apprenant à apprendre et en participant activement à la société, en se familiarisant avec les différentes cultures, les différentes langues, la mobilité, en améliorant leur connaissance des arts, etc. Ces compétences revêtent une importance toute particulière car dans l’Histoire, de nombreux exemples montrent que les crises économiques et financières contribuent à la montée du radicalisme. Par conséquent, le CESE entend mettre en relief l’importance de prendre des mesures pour mettre en œuvre plus avant la «Déclaration sur la promotion de l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs communes de liberté, de tolérance et de non-discrimination» (2015) (20), en l’appliquant aux apprenants de tous âges. |
| 3.8. | Pour améliorer les aptitudes, les compétences et les attitudes vertes pour tous en Europe, les États membres de l’Union doivent articuler les politiques environnementales et éducatives et mettre en place des stratégies nationales en faveur des aptitudes et compétences vertes. Le CESE relève (21) qu’il serait possible de concevoir à l’échelon de l’Union des indicateurs et des critères de référence en matière d’aptitudes et de compétences vertes pour ce qui est de la sensibilisation au changement climatique, de la responsabilité pour l’environnement et du développement durable, afin d’aider les pays à intégrer ces aptitudes et compétences, en adoptant une approche novatrice de l’enseignement, dans leurs programmes éducatifs dès le plus jeune âge et par la suite, y compris dans la formation des adultes dans le cadre de l’apprentissage tout au long de la vie. |
| 3.9. | Le CESE se félicite que le plan d’action en matière d’éducation numérique pour la période 2021-2027 s’attache à l’égalité de l’accès aux outils numériques, à l’internet et au développement des aptitudes et des compétences numériques, notamment à l’intention des femmes dans les professions des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), ainsi que des technologies de l’information. Des stratégies efficaces en matière de compétences et de numérisation menées à l’échelon des États et des entreprises devraient aider à fournir aux travailleurs une formation pertinente et de qualité. Il importe que les entreprises bénéficient également d’un soutien en vue d’assurer la reconversion et le perfectionnement des compétences de leurs travailleurs, notamment dans le contexte de la numérisation de leurs emplois. Cette approche est également conforme à la transformation écologique de l’industrie — en termes de produits et de processus — étant donné qu’elle est à la fois une nécessité et une chance pour l’entrepreneuriat européen. |
| 3.10. | Il est essentiel de respecter des certifications complètes. En ce qui concerne la réalisation de la reconnaissance mutuelle automatique d’ici à 2025, le CESE souligne qu’il est nécessaire de reconnaître et de faire reconnaître les connaissances, les aptitudes et les compétences dans le respect des exigences en matière d’éducation et de formation de chaque État membre, et d’améliorer l’accès des étudiants et des apprenants à des informations actualisées sur les procédures de reconnaissance. À cette fin, il convient de renforcer la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à la validation de l’apprentissage non formel et informel (22) et de la convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications (23) pour soutenir l’apprentissage tout au long de la vie pour tous. |
| 3.11. | Le CESE se félicite de l’initiative du plan d’action en matière d’éducation numérique pour la période 2021-2027 de créer une plateforme européenne d’échange de matériels et de cours numériques. Il est essentiel d’informer pleinement les utilisateurs s’agissant de savoir si les cours mènent à des qualifications complètes ou partielles ou à des microqualifications, de savoir qui valide et assure la qualité des cours en ligne, de savoir si et comment ceux-ci sont reconnus et comment ils pourraient s’ajouter à des qualifications complètes. Il importerait de dresser la liste de ces cours dans le portail Europass et d’étudier sérieusement la question des droits d’auteur et de propriété des matériels en ligne, ainsi que de la qualité et de la pertinence des cours en ligne concernés. |
| 3.12. | Les enseignants jouent un rôle crucial s’agissant de fournir une éducation et une formation de qualité; toutefois, selon l’OCDE, moins d’un enseignant sur cinq estime que la société reconnaît la valeur de leur profession (24), laquelle est moins bien payée, en moyenne de 11 %, que les autres professions exigeant un diplôme universitaire (25). L’espace européen de l’éducation doit apporter un soutien effectif aux enseignants, aux formateurs et aux autres membres du personnel pédagogique afin d’enrayer les effets négatifs de la crise de la COVID-19. |
| 3.13. | Le caractère inclusif et la diversité des réseaux d’institutions, d’étudiants et d’enseignants des universités européennes doivent être soutenus dans tous les pays qui participent au processus de Bologne, en respectant et en préservant les compétences nationales et institutionnelles en matière d’enseignement supérieur. |
Bruxelles, le 27 avril 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Réunion des directeurs généraux de l’enseignement scolaire, des directeurs généraux de l’enseignement et de la formation professionnels et des directeurs généraux de l’enseignement supérieur.
(2) JO C 398 du 22.12.2012, p. 1.
(3) Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications.
(4) JO C 10 du 11.1.2021, p. 40.
(5) COM(2017) 673 final.
(6) COM(2020) 274 final.
(7) COM(2020) 275 final.
(8) COM(2020) 276 final.
(9) COM(2020) 277 final.
(10) JO C 10 du 11.1.2021, p. 40.
(11) JO C 10 du 11.01.2021, p. 48.
(12) JO C 56 du 16.2.2021, p. 1.
(13) JO C 97 du 24.3.2020, p. 27.
(14) COM(2020) 625 final.
(15) Vidéoconférence des ministres de l’éducation du 30 novembre 2020, principaux résultats: https://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/eycs/2020/11/30/education/
(16) COM(2020) 624 final.
(17) JO C 415 du 1.12.2020, p. 22.
(18) JO C 10 du 11.1.2021, p. 40.
(19) JO C 232 du 14.7.2020, p. 8.
(20) Déclaration de Paris, 2015.
(21) JO C 56 du 16.2.2021, p. 1.
(22) JO C 398 du 22.12.2012, p. 1.
(23) Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications.
(24) TALIS — Enquête internationale de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage 2018.
(25) OCDE: regards sur l’éducation; Bibliothèque électronique de l’OCDE: Introduction: les indicateurs et leur structure, https://www.oecd-ilibrary.org/
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
22/12/2021
Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021