| CELEX | 52020AR4155 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | vendredi 7 mai 2021 |
| 27.7.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 300/43 |
Avis du Comité européen des régions sur le thème «Expériences et leçons tirées par les régions et les villes au cours de la crise de la COVID-19»
(2021/C 300/09)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations liminaires
| 1. | note que la crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID19 a nécessité une réponse globale et à grande échelle, tenant compte des situations non seulement nationales, mais aussi internationales et transfrontalières, ainsi que des besoins locaux et régionaux; |
| 2. | affirme son engagement à travailler en étroite collaboration avec les villes et régions européennes et leurs réseaux, les États membres, les institutions de l’Union et les organisations internationales afin de faire le point sur les enseignements tirés de la gestion de la crise de la COVID-19 et de la reprise à tous les niveaux de gouvernance, de manière à améliorer les capacités de réaction de l’Union en prévision de futures pandémies et autres types de crises; |
| 3. | fait observer que le rôle des collectivités locales et régionales ne peut être sous-estimé dans ce cas de figure. Elles présentent en effet l’avantage d’être proches des citoyens, ce qui leur permet de comprendre les besoins locaux, et sont en outre en première ligne quand il s’agit de réagir à ce genre de situation. En outre, diverses formes d’engagement de la société civile jouent un rôle de premier plan s’agissant d’assurer le lien avec les citoyens et de leur fournir des services; |
| 4. | attire l’attention sur le fait que 19 des 27 États membres attribuent la compétence principale et/ou exclusive en matière de santé publique aux collectivités locales et régionales; |
| 5. | souligne que les collectivités locales et régionales ont été, et continuent d’être, en première ligne dans la lutte contre la COVID-19, en répondant, en tant que niveau le plus proche des citoyens, aux urgences sanitaires, sociales et économiques qui touchent leurs communautés et en orientant notre société vers une reprise durable et résiliente; |
| 6. | est convaincu qu’une coordination accrue entre tous les niveaux de gouvernance est nécessaire pour garantir une réponse cohérente et efficace aux crises à venir. Cela s’applique non seulement à des domaines tels que l’acquisition de matériel médical, mais aussi aux dispositifs transfrontières, aux fermetures de frontières et à la circulation des personnes, aux aides économiques ainsi qu’aux activités de partage d’informations et de prospective qui contribuent à une meilleure préparation; |
| 7. | est également convaincu que la question de l’approfondissement des compétences de l’Union dans le domaine de la santé (article 168 du TFUE) afin d’améliorer la coordination et la coopération et de préparer une réponse efficace aux futures menaces sanitaires devrait être abordée au cours de la conférence sur l’avenir de l’Europe. Il convient de développer une coopération européenne renforcée, dans le respect du principe de subsidiarité; |
| 8. | rappelle que les régions frontalières ont été particulièrement touchées par la pandémie en raison de leur situation. Les mesures prises dans les pays voisins n’étant pas dénuées d’ambiguïté, il en résulte beaucoup d’incertitudes et de désagréments pour les résidents et les entrepreneurs des zones frontalières. Une consultation renforcée est donc nécessaire, entre autres, sur les fermetures de frontières, les restrictions à la libre circulation des personnes, les mesures de soutien économique et d’autres réglementations. Les régions frontalières peuvent servir de terrain d’expérimentation pour une meilleure approche européenne; |
| 9. | se félicite des mesures prises et des nouvelles propositions présentées par l’Union européenne dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et qui visent à soutenir la reprise dans toute l’Union après la crise; propose d’évaluer leur efficacité sur le terrain de manière approfondie sur la base des expériences des zones rurales, des villes et des régions; |
| 10. | prend acte des conclusions de son baromètre 2020 des régions et des villes (1), qui fournit des données probantes détaillées sur les incidences de la COVID-19 aux niveaux local et régional et présente des exemples concrets de bonnes pratiques ainsi que des difficultés rencontrées par les villes et les régions, zones rurales et régions moins développées comprises; |
| 11. | invite les institutions européennes et les gouvernements nationaux à associer les collectivités locales et régionales à l’élaboration des plans nationaux et européens pour la relance et la résilience dans le contexte de la COVID-19 et d’éventuelles pandémies futures; a la conviction que ces mesures doivent avoir une dimension locale et régionales pour être efficaces; |
Une crise affectant les systèmes de santé régionaux
| 12. | souligne les responsabilités des collectivités locales et régionales dans le domaine de la santé publique dans de nombreux États membres; salue les mesures prises par les municipalités, les villes et les régions pour protéger la santé de leurs citoyens, gérer les services de soins de santé essentiels, soutenir les professionnels de la santé et investir dans les systèmes de santé sur leur territoire, et travailler en étroite coopération avec la société civile et d’autres acteurs tout en étant soumis à une immense pression dans un contexte de situation d’urgence sanitaire grave; |
| 13. | est convaincu, en prévision de la création de la future union européenne de la santé et du débat annoncé sur les compétences en matière de santé dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe, qu’il est nécessaire d’associer les collectivités locales et régionales à ces discussions sur l’approfondissement des compétences de l’Union en matière de santé, conformément au principe de subsidiarité; |
| 14. | attire l’attention sur les disparités régionales dans les systèmes de santé et sur les goulets d’étranglement en matière de préparation aux situations d’urgence mis en évidence par le baromètre 2020 des régions et des villes du CdR; demande instamment aux gouvernements nationaux et aux institutions de l’Union de prendre des mesures pour réduire ces disparités en se basant sur les expériences récentes des villes et des régions sur le terrain. Le Semestre européen devrait mieux tenir compte de l’importance capitale que revêtent les investissements publics destinés aux systèmes de santé; |
| 15. | souligne que les rapports au niveau de l’Union sur les performances en matière de soins de santé et les données devant permettre d’assurer une meilleure préparation devraient inclure une dimension locale et régionale et ne pas se fonder uniquement sur des données collectées à l’échelon national. Cela s’avère particulièrement important pour préserver la liberté de circulation des personnes, notamment des travailleurs frontaliers, dans les zones où la propagation du virus est maîtrisée; |
| 16. | appelle de ses vœux une stratégie forte et renforcée de l’Union en matière de vaccination, qui témoigne de la solidarité européenne; estime que, pour des raisons de qualité et de sécurité, il importe de s’en tenir à la procédure commune d’approvisionnement en vaccins contre la COVID-19 à l’échelle de l’Union européenne; souligne que l’Union devrait maintenir et défendre le marché commun des vaccins et des équipements de protection. Aucun pays ne devrait être en mesure de mettre un terme aux livraisons ou de signer ses propres contrats avec les fabricants de vaccins. Il importe que les accords signés au niveau de l’Union soient transparents et imposent des exigences claires en matière de fourniture de vaccins, étant donné que l’Union dépense des sommes importantes pour le développement et les installations de production; |
| 17. | a la conviction que l’Union doit remédier aux pénuries et réduire sa dépendance à l’égard des pays tiers en encourageant les États membres et les entreprises à relocaliser sur le sol européen la production de certains médicaments, de substances critiques, y compris de vaccins, et d’équipements de protection afin de garantir l’autonomie stratégique de l’Union, d’améliorer sa préparation et d’accroître sa résilience tant dans des circonstances normales qu’en situation de crise; |
| 18. | est convaincu qu’il est impératif que les régions européennes collectent des données de grande qualité et parfaitement sécurisées, relatives aux facteurs sanitaires, biographiques et socio-économiques qui concernent la population, afin d’identifier les groupes vulnérables et de favoriser l’efficacité des politiques de santé. Ce processus doit être adéquatement financé, sur une base durable; |
| 19. | attire l’attention sur le fait que tous les niveaux de gouvernement devront investir dans la formation et la résilience de leur personnel de santé local, en donnant les moyens pour ce faire aux zones où les carences dans ce domaine sont les plus graves et en justifiant budgétairement ces actions; |
| 20. | souligne que la coopération transfrontalière devrait être intégrée dans tous les plans d’urgence. L’Europe doit renforcer la solidarité entre ses États membres et ses régions et prévoir également des approches ascendantes. Il faut également une coopération au niveau international avec les plus défavorisés, parce que nous avons appris que nous sortirons de la crise sanitaire unis ou nous n’en sortirons pas. Les investissements communs peuvent s’avérer beaucoup plus efficaces, comme cela a été clairement démontré dans le domaine de la santé lorsque les régions et les pays ont pris en charge des patients d’autres pays. En outre, l’achat d’équipements de protection et une approche commune de l’acquisition de connaissances et de la recherche sur tous les sujets liés à la pandémie auraient apporté une valeur ajoutée majeure. L’Europe doit renforcer et protéger son secteur de la recherche et sa production domestique de vaccins comme de matériels et équipements liés à cette pandémie et à d’autres qui pourraient survenir dans le futur, en ayant pour objectif d’assurer son autosuffisance et sa non-dépendance à l’égard d’un marché extérieur; |
| 21. | demande que des mesures soient prises pour accroître la crédibilité, la responsabilité et le respect mutuel entre les différents niveaux de gouvernance en répartissant correctement les responsabilités entre eux et en assurant une bonne communication; la mise en place de groupes de travail efficaces entre les niveaux national, régional et local et un soutien adéquat aux acteurs locaux, tant sur le plan financier que sur celui des cadres et des lignes directrices, pourraient assurer une meilleure coordination entre les niveaux politiques, dans des cadres formels et informels; |
| 22. | est convaincu de la nécessité pour les régions européennes de réaliser une évaluation spécifique de l’impact de la pandémie sur la santé mentale de la population en général, et en particulier sur les groupes les plus vulnérables, de renforcer les investissements dans ce secteur de la santé et d’élaborer des stratégies pour protéger les enfants et les jeunes dans le contexte de la crise sanitaire; |
Incidences de la pandémie sur les zones rurales
| 23. | note que la pandémie a exacerbé nombre des problèmes que connaissent les zones rurales et souligné une fois de plus la vulnérabilité de ces régions; souligne toutefois que les zones rurales, et notamment les agriculteurs, ont joué un rôle crucial en renforçant la résilience des systèmes alimentaires européens pendant la pandémie et que, pour continuer à s’assurer que les denrées alimentaires européennes restent abondantes, abordables et accessibles, les agriculteurs auront besoin d’aide pour atténuer les menaces actuelles et futures. Les dernières méthodes et technologies agricoles innovantes pourraient jouer un rôle clé à cet égard; |
| 24. | fait observer que, d’une manière générale, les politiques sont élaborées du point de vue des villes et des zones urbaines. Elles ne sont pas toujours bien adaptées aux différents contextes, besoins et possibilités propres aux zones rurales. Le Comité invite instamment la Commission européenne à prendre des mesures en vue d’une meilleure prise en compte du contexte rural. Dans les circonstances présentes, il estime qu’il existe un risque que, compte tenu de l’urgence que revêt la crise, le plan de relance et les autres politiques de l’Union soient mis en œuvre d’une manière qui favorise nettement plus les villes et les zones urbaines. Si les régions ne sont pas associées à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan de relance, il ne sera pas tenu compte de certains besoins et possibilités propres aux zones rurales. En outre, il importe de souligner que la politique rurale ne se réduit pas au cadre de la politique agricole et comprend la politique sociale et de gouvernance des services au sein des zones rurales, souvent marginaux d’un point de vue productif, mais qui sont cruciaux pour les aspects environnementaux, paysagers et de protection de la biodiversité. Le développement économique, les services, l’innovation, la conservation de la faune et du paysage et l’accessibilité des zones rurales devraient faire l’objet d’une plus grande attention; |
| 25. | se félicite de la consultation de la Commission européenne portant sur une nouvelle vision à long terme pour les zones rurales; souligne que, pour relever les différents défis, il importe qu’elle définisse des objectifs et des indicateurs spécifiques en ce qui les concerne. Afin d’éviter le développement de systèmes parallèles, ce type d’objectifs et d’indicateurs devraient faire partie intégrante du suivi et de l’évolution dans le cadre du développement régional. Cela rendrait le document moins facultatif et encouragerait les États membres et les décideurs politiques à réfléchir à la meilleure manière d’atteindre ces objectifs. Sur la base des rapports des différents États membres consacrés aux objectifs et indicateurs spécifiques, il serait possible de suivre les progrès accomplis et, le cas échéant, de fournir un budget ou une aide supplémentaire. Exemples concrets:
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| 26. | fait observer que les effets de la pandémie ne se limitent pas nécessairement à des incidences négatives sur les zones rurales. Il est probable que le télétravail aura des conséquences à long terme sur le marché du travail, où les entreprises comme les salariés voient de nouvelles possibilités d’avoir une activité en dehors des villes. Si les zones rurales sont connectées grâce à un accès à très haut débit et peuvent dans le même temps proposer des services publics essentiels, elles pourront être d’autant plus accessibles aux citoyens qui choisiraient d’y construire leur avenir; |
| 27. | est convaincu que la double transition numérique et écologique peut offrir des possibilités de soutenir la reprise rurale; |
| 28. | souligne le rôle crucial que les femmes, pendant la pandémie, ont joué dans les zones rurales pour la prise en charge de l’environnement et des personnes; invite instamment la Commission européenne à veiller à ce que toute politique destinée au monde rural intègre la dimension de genre; |
| 29. | fait observer que, dans des situations en évolution rapide, le manque d’informations permettant de prendre des décisions éclairées devient encore plus manifeste. Le partage de données entre les régions et les États membres peut contribuer à relever ce défi. Pour ce faire, certaines technologies et infrastructures doivent être mises en place. Les plateformes de partage de données peuvent contribuer à une mise à disposition rapide de celles-ci. Les systèmes existants peuvent être adaptés sur la base de nouvelles informations. Cela vaut pour le secteur de la santé mais peut aussi s’avérer très utile pour d’autres systèmes fortement influencés par les défis logistiques, les changements de main-d’œuvre, etc. Il est impératif de créer de nouvelles formes de coordination dans les chaînes d’approvisionnement (matières, ressources naturelles, gestion des déchets, etc.), de reconstruire la chaîne agroalimentaire et de développer des modes de pensée plus circulaires et interconnectés; |
| 30. | souligne que la flexibilité permettant d’utiliser les fonds non engagés du Feader pour faire face aux problèmes de liquidités liés à la COVID-19 qui touchent les agriculteurs et les PME dans les zones rurales a bénéficié aux États membres qui avaient un faible taux d’absorption de ces fonds. Ceux ayant déjà utilisé les fonds qui leur avaient été alloués n’ont pas pu bénéficier de cette mesure (2); |
| 31. | recommande d’investir dans le renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement agroalimentaire, tant à l’échelon local qu’au niveau mondial, en mettant l’accent sur la production durable, sur les chaînes circulaires et, dans la mesure du possible, sur le maintien de la valeur locale. Du point de vue de la résilience, mettre l’accent sur la diversité des fournisseurs et des clients, se doter de marges et de réserves et créer des redondances dans les chaînes d’approvisionnement semblent des pistes prometteuses, mais qui peuvent également s’avérer coûteuses pour les entreprises individuelles; |
| 32. | estime que la pandémie pourrait être considérée comme une occasion d’accélérer la transition écologique dans nos zones rurales, par exemple en mettant en place des systèmes alimentaires locaux ou régionaux et en atteignant plus rapidement les objectifs quantitatifs de la stratégie «De la ferme à la table» et, plus généralement, les objectifs du pacte vert pour l’Europe, pour peu que cela ne mette pas à mal la sécurité économique des agriculteurs et des entreprises de l’Union; |
| 33. | note que la Commission européenne propose d’évaluer la résilience du système alimentaire et d’établir un plan d’urgence destiné à garantir l’approvisionnement et la sécurité alimentaires en temps de crise. Le plan mettra en place un mécanisme de réaction aux crises alimentaires coordonné par la Commission européenne et associant les États membres. Il couvrira divers secteurs (tels que l’agriculture, la pêche, la sécurité des denrées alimentaires, la main-d’œuvre, la santé et les transports, les énergies de substitution et l’agriculture énergétique) en fonction de la nature de la crise. Il importera de veiller à ce que les collectivités locales et régionales des zones rurales soient également en mesure d’apporter leur contribution à ce mécanisme; |
| 34. | soutient la création de nouvelles possibilités de participation citoyenne, en collaboration avec les organisations des secteurs public et privé, et le renforcement du rôle des communautés dans un processus de cocréation visant à mettre au point des solutions aux problèmes contemporains que connaissent les zones urbaines et rurales, par exemple en mettant en place des communs ruraux et urbains; |
| 35. | souligne le rôle que les réseaux de solidarité et l’économie collaborative ont joué pendant la pandémie dans les communautés rurales, ainsi que pour faire le pont entre les campagnes et les villes; |
| 36. | est convaincu que, pour relever les défis de la crise de la COVID-19 dans les zones rurales, il est utile de soutenir et de renforcer l’initiative LEADER, d’accorder une attention particulière, dans tous les États membres, au développement des activités communautaires et économiques dans ce domaine, de dépasser l’approche restrictive centrée sur l’agriculture et d’explorer le concept de villages intelligents comme moyen de permettre une plus grande flexibilité. Il convient d’adapter les conditions d’ordre administratif de manière à ce que les bénévoles ou les groupes de résidents puissent également prendre part au programme. Une approche plus souple, et ascendante, sera également nécessaire pour dégager un équilibre entre la réponse aux besoins à court terme des populations locales et l’introduction de l’innovation au niveau local. Cela pourrait passer, par exemple, par l’association des groupes d’action locale aux réseaux d’innovateurs; |
| 37. | souligne qu’une réserve de crise agricole efficace constitue clairement un élément essentiel de la boîte à outils qui permettra de faire face à toute future urgence pandémique, et qu’elle doit être adéquatement financée sur une base durable; |
| 38. | demande que les collectivités locales et régionales, y compris celles des régions ultrapériphériques, soient associées à la mise en place des nouveaux instruments de l’Union, tels que les plans de relance «Next Generation EU» et le mécanisme de réaction aux crises alimentaires proposé par la Commission dans la stratégie «De la ferme à la table»; |
| 39. | souligne que l’instrument des groupes opérationnels PEI-AGRI est un bon outil de soutien à l’innovation agricole. Un mécanisme similaire devrait être proposé pour stimuler l’innovation rurale au-delà du secteur agricole. Cette approche devrait associer tous les acteurs concernés disposant de connaissances et d’une expertise concernant une difficulté spécifique rencontrée dans les zones rurales et soutenir la création de réseaux de courtiers de connaissances pour l’innovation dans les zones rurales, par exemple sur des sujets tels que la santé ou l’éducation; |
| 40. | met en exergue l’importance du niveau régional dans la définition des points critiques au sein des systèmes alimentaires en vue d’améliorer la compréhension des systèmes alimentaires locaux de manière à mieux utiliser les capacités des acteurs locaux; insiste sur la nécessité d’examiner les systèmes agroalimentaires locaux de manière globale, en ne se concentrant pas seulement sur les circuits d’approvisionnement courts, mais en associant aussi la grande distribution, par exemple en encourageant les supermarchés à partager des informations et des données sur les denrées alimentaires provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur de la région; souligne qu’il y a lieu de développer des stratégies alimentaires locales, en tirant parti de la crise pour reconstruire les processus de production de manière plus durable; soutient les mesures visant à rapprocher la production alimentaire des territoires et qui associent les villes et les zones rurales à la gouvernance alimentaire; |
Recommandations concernant les dispositifs d’aide rurale de la Commission européenne pendant la crise
| 41. | note que l’Union a permis les aides gouvernementales sous deux formes. Premièrement, elle a créé un nouvel instrument, SURE, qui peut prêter jusqu’à 100 milliards d’euros aux États membres, assortis de garanties fournies par ceux-ci. Les agriculteurs, les entreprises du secteur agroalimentaire et d’autres entreprises rurales, telles que celles du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ont bénéficié de ce dispositif, qui garantit que les travailleurs perçoivent un revenu et que les entreprises conservent leur personnel. Ensuite, l’Union a assoupli les conditions et les seuils permettant aux États membres d’accorder des aides d’État aux entreprises touchées. Cette mesure a été particulièrement importante, car elle a permis d’apporter des milliards d’euros d’aide aux agriculteurs et aux pêcheurs pendant la pandémie; |
| 42. | souligne que les deux mesures directes prises au niveau de l’Union pour faciliter la circulation transfrontalière des travailleurs saisonniers et des produits agricoles ont permis d’éviter une perturbation des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires. À long terme, pour garantir la sécurité alimentaire européenne, il serait plus efficace de développer un système alimentaire territorial; insiste sur le fait qu’une révision des règles de concurrence pourrait s’avérer nécessaire pour développer des chaînes d’approvisionnement alimentaire courtes et locales; |
| 43. | estime que la politique de développement rural devrait être reconnue comme un domaine d’action propre, distinct de la politique agricole, et devrait faire l’objet d’une coordination et d’une intégration claires avec la politique régionale. Le développement de l’espace rural ne concerne pas seulement les exploitations agricoles et la gestion des terres agricoles. Les mesures visant à soutenir le développement économique plus large, le secteur du tourisme, les services ruraux, le déploiement du haut débit, l’accessibilité et les communications devraient également être des éléments clés d’une telle politique; |
| 44. | suggère qu’il conviendrait de se pencher sur des mesures permettant d’accroître la flexibilité du budget de l’Union. À titre d’exemple, le dispositif de marge unique gagnerait en utilité si l’on supprimait l’exigence selon laquelle les montants mobilisés au-delà des plafonds annuels respectifs doivent être déduits de la marge correspondante pour l’exercice en cours ou les suivants. Une autre possibilité consisterait à augmenter la taille maximale autorisée de l’instrument de flexibilité; |
| 45. | fait observer qu’une réserve de crise agricole efficace constitue clairement un élément essentiel de la boîte à outils qui permettra de faire face à toute future urgence pandémique, et qu’elle doit être adéquatement financée sur une base durable; |
| 46. | observe que permettre des réponses nationales a été un élément clé de la réaction de l’Union à la crise de la COVID-19. À cette fin, elle a assoupli les règles de concurrence et, en particulier, celles en matière d’aides d’État. La flexibilité des règles en matière d’aides d’État a joué un rôle central dans la définition de la marge de manœuvre des pouvoirs publics pour soutenir les entreprises et les ménages et, partant, leur capacité à atténuer les effets de la pandémie actuelle. Le Comité suggère que le soutien des gouvernements nationaux fasse l’objet d’un suivi attentif afin d’éviter les distorsions entre les États membres; |
| 47. | préconise la mise en place d’un mécanisme visant à initier des dialogues politiques au sein des États membres entre toutes les parties prenantes concernées, notamment les autorités régionales, les milieux d’affaires et la société civile. Pour ce qui concerne plus particulièrement les collectivités locales et régionales, il est essentiel que leurs besoins d’investissement, y compris pour les zones rurales, soient pleinement pris en compte dans les plans de relance des États membres; |
| 48. | recommande d’investir dans le renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement agroalimentaire, tant à l’échelon local qu’au niveau mondial. Du point de vue de la résilience, il est nécessaire de réglementer les marchés, de renforcer la position des agriculteurs vis-à-vis des autres acteurs du secteur, de modifier les règles du commerce international des produits agricoles afin d’encourager une plus grande équité et solidarité dans les relations commerciales et de développer des systèmes alimentaires territoriaux; |
Pression imprévue sur les finances publiques locales et régionales
| 49. | souligne que la mise en œuvre des différentes mesures d’urgence a eu un impact considérable sur les finances publiques et les économies locales et régionales, l’organisation des services publics et le fonctionnement des collectivités locales et régionales, tant à court qu’à long terme. Dans le même temps, les collectivités locales et régionales sont confrontées à une demande accrue de services sanitaires et sociaux destinés aux citoyens, de transports publics, d’éducation et d’autres services publics, ainsi que d’incitations économiques pour les entreprises locales et de mesures en faveur de la durabilité et de la neutralité climatique; |
| 50. | demande que les gouvernements centraux et l’Union européenne allouent davantage de ressources aux collectivités locales et régionales afin de renforcer leurs systèmes de santé et de soins ainsi que leur degré de préparation aux situations d’urgence dans l’immédiat et sur le long terme; |
| 51. | fait observer que les entreprises rurales ont besoin d’accéder à des prêts et à des fonds propres. Les banques abandonnent les espaces ruraux à mesure que les bureaux matériels se transforment en espaces numériques. L’Union européenne, en promouvant le capital-risque, peut garantir l’accessibilité à celui-ci afin que les entreprises rurales puissent bénéficier des mêmes possibilités de développement que celles qui sont situées dans des zones plus denses; |
| 52. | invite les institutions européennes à veiller à ce que l’interaction entre, d’une part, les divers nouveaux mécanismes de financement, tels que la facilité pour la reprise et la résilience, et, d’autre part, les programmes nationaux et européens existants, apparaisse avec suffisamment de clarté afin d’éviter un degré de complexité supplémentaire et des taux d’absorption potentiellement peu élevés aux niveaux local et régional (3). Il y a lieu d’encourager les États membres et la Commission européenne à mieux associer les échelons local et régional à l’effort global de relance. Leur rôle en première ligne de la pandémie, dans les investissements publics et dans cette double transition doit faire partie du plan de relance central; |
| 53. | met en exergue les conclusions de son récent rapport de mise en œuvre sur les aides d’État; constate que les cartes et le cadre actuels des aides d’État à finalité régionale ne rendent pas suffisamment compte de la situation réelle dans les régions de l’Union en raison des nouveaux défis découlant de la pandémie de COVID-19 et de ses effets économiques à court et moyen termes; souligne que l’expérience sur le terrain met en évidence la nécessité d’approches et d’instruments plus flexibles pour aider les pouvoirs publics à faire face efficacement aux effets ressentis aux niveaux régional et local; |
| 54. | attire l’attention sur la nécessité de renforcer l’investissement social en tant que priorité essentielle en vue d’une reprise équitable, égalitaire et inclusive, en mettant l’accent sur des infrastructures sociales accessibles et les services sociaux au niveau local et régional pour améliorer la cohésion économique, sociale et territoriale, et en s’appuyant sur une combinaison appropriée de politiques et les ressources financières nécessaires pour mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux et le programme relatif aux ODD. À cet égard, il convient également d’encourager davantage la transition numérique et l’innovation sociale; |
| 55. | souligne que le plan de relance de l’Union devrait être axé sur un développement respectueux de l’environnement et durable, essentiel tant pour la population que pour l’environnement, et qui conduira à une nouvelle reprise normale. La pandémie a mis en évidence la nécessité de renforcer les infrastructures vertes, la mobilité respectueuse du climat et le tourisme durable; |
Recommandations relatives aux règles en matière d’aides d’État
| 56. | souligne que, pour certains États membres, le soutien massif de l’État équivaut à un creusement des déficits publics et de leur dette publique dans un contexte de baisse des recettes fiscales et d’augmentation des paiements de prestations de chômage, ce qui pourrait s’avérer particulièrement risqué, notamment pour les États membres les plus touchés par la pandémie, qui sont également les plus grandes économies de la zone euro. D’autre part, la crainte de la hausse des niveaux d’endettement pourrait amener certains États membres à reporter les investissements et les dépenses dans des secteurs cruciaux pour la relance, ce qui se traduirait très probablement aussi par un renforcement des écarts économiques au sein du marché unique; |
| 57. | attire l’attention sur le fait que les règles et les conditions excessives et très strictes encadrant le contrôle exercé par la Commission sont susceptibles d’entraver la capacité des pouvoirs publics à remplir efficacement leur rôle dans toutes ces missions, tandis que, par ailleurs, une très grande flexibilité en matière d’aides d’État risque d’entraîner une aggravation des inégalités régionales au sein de l’Union. Il semble que la nouvelle réalité qui émergera après la pandémie de coronavirus obligera toutes les parties concernées à redéfinir le juste équilibre entre les deux limites; |
| 58. | se félicite de la prolongation de l’encadrement temporaire des aides d’État jusqu’en décembre 2021. Si une nouvelle épidémie ou un rétablissement des mesures restrictives de confinement devaient avoir lieu après l’été, le préjudice économique serait beaucoup plus important et les mesures exceptionnelles de soutien temporaire seraient encore plus indispensables et nécessaires sur une période plus longue pour empêcher des entreprises intrinsèquement saines de faire faillite. Par conséquent, nous ne pouvons qu’aspirer à une prolongation du cadre temporaire jusqu’à la fin de la pandémie de coronavirus, en particulier dans le cas des régions les plus touchées par la crise; |
| 59. | insiste sur la nécessité d’adapter diverses règles. Il convient de noter, par exemple, qu’en plus de la récente modification du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC) concernant les entreprises en difficulté, il est nécessaire d’adopter un critère plus souple pour ces entreprises, en particulier pour le secteur des jeunes entreprises et des entreprises en expansion, lesquelles ont souvent des levées de fonds régulières et deviennent donc techniquement des entreprises en difficulté, même lorsqu’elles sont intrinsèquement saines et connaissent une croissance rapide. En conséquence, il est urgent d’assouplir le régime de minimis et souhaitable de compléter le champ d’application du règlement (UE) no 651/2014 de la Commission (4) en prévoyant, outre les aides destinées à compenser les dommages causés par les calamités naturelles (article 50), des aides destinées à compenser ceux causés par des événements pandémiques. Une «adaptation» des règles sur le cumul serait utile car, dans des circonstances telles que les nôtres aujourd’hui, le cumul des aides de minimis ou perçues au titre du RGEC et de celles accordées au titre de l’encadrement temporaire doit être autorisé, en tenant compte de leur intensité ainsi que des coûts éligibles; |
| 60. | est favorable au déplacement de la charge de la preuve de telle sorte que le plaignant et/ou la Commission européenne doivent démontrer qu’un service local constitue une menace pour les échanges intracommunautaires. Il est en effet allégué que, si la charge de la preuve incombait à la Commission, la sécurité juridique et la volonté des décideurs locaux d’agir s’en trouveraient renforcées et que cela réduirait le nombre de plaintes. D’aucuns affirment qu’il est urgent de changer la situation actuelle, car une épée de Damoclès concernant la récupération des fonds est actuellement suspendue au-dessus d’un grand nombre de mesures, étant donné que les bénéficiaires individuels de l’aide ne sont pas en mesure de fournir de nombreux éléments de preuve. Dans ce contexte, il pourrait également être utile d’élargir le critère de l’atteinte aux échanges ou de détailler ce que revêt le terme «local»; |
| 61. | constate que les régions et les villes sont confrontées à une nouvelle réalité, encadrée par les défis socio-économiques engendrés par la pandémie de coronavirus. Cette nouvelle réalité nécessite des approches et des instruments politiques plus flexibles, qui aident les pouvoirs publics à faire face efficacement aux effets ressentis aux niveaux régional et local. À la lumière de ce qui précède, les cartes actuelles des aides à finalité régionale (période de programmation 2014-2020) ne rendent pas suffisamment compte de la situation réelle dans les régions de l’Union, engendrée par les nouveaux défis découlant de la pandémie de COVID-19 et les effets économiques à court et moyen termes de celle-ci. Dans le même ordre d’idées, la couverture de population globale, les niveaux du montant maximal de l’aide autorisée et le type d’investissements prévus dans le cadre des aides d’État à finalité régionale devraient être augmentés/élargis afin de faire face aux nouveaux défis socio-économiques résultant de la pandémie dans les régions européennes; |
| 62. | met en garde contre le fait que les cartes des aides à finalité régionale à adopter avant la fin de 2021, qui sont établies sur la base de données statistiques antérieures à 2020, pourraient entraver la reprise économique des régions les plus défavorisées jusqu’à l’adoption de leur révision à mi-parcours en 2024. En effet, parce qu’elles sont dressées avec des données statistiques antérieures à 2020, ces cartes ne refléteront pas fidèlement la situation économique des régions visées aux points a) et c) et pourraient entraîner des difficultés pour leur reprise économique, étant donné que le changement de classement de certaines d’entre elles aura pour effet d’y réduire l’intensité maximale de l’aide autorisée ou d’y imposer certaines restrictions pour son octroi aux grandes entreprises. Le Comité invite dès lors la Commission européenne à tenir compte de cette situation et à prendre des mesures qui, au-delà d’une révision à mi-parcours en 2024, garantiront que les régions les plus défavorisées visées aux points a) et c) ne soient pas affectées par des changements de classement qui entraveraient leur reprise; |
| 63. | reconnaît la nécessité d’évaluer l’impact de la pandémie au niveau régional en vue d’en tenir compte dans les cartes des aides à finalité régionale lors d’un examen à mi-parcours en 2024. Dans le même ordre d’idées, les inégalités économiques accrues et la répartition inéquitable des bénéfices du marché unique engendrées par une intervention asymétrique des États dans l’ensemble de l’Union doivent également être évaluées à la lumière du risque que certains citoyens/États membres pourraient cesser d’être favorables à un marché unique dont les avantages sont répartis de manière inéquitable. Ainsi, il serait utile que la Commission, qui contrôle ces mesures ainsi que les montants, procède à une analyse de leur impact sur le marché unique et sur les inégalités régionales. Cela permettrait d’éclairer l’élaboration des politiques et de veiller à ce que l’ensemble des politiques européennes pertinentes ciblent mieux les besoins spécifiques des territoires de l’Union; |
| 64. | estime que les principes généraux des règles en matière d’aides d’État, tels que l’effet incitatif, ne sauraient constituer un obstacle à la mise en œuvre des fonds de l’Union européenne destinés à la relance. À cet égard, le Comité invite la Commission européenne à considérer que l’effet incitatif est atteint lorsque l’aide produit un ou plusieurs des résultats suivants: une augmentation considérable de la dimension du projet ou de l’activité résultant de l’aide, un élargissement significatif de l’extension géographique du projet ou de l’activité du fait de l’aide, un accroissement important du montant investi par le bénéficiaire du projet ou de l’activité, du fait de l’octroi de l’aide, ou encore une accélération notable, due à l’aide, de la vitesse d’exécution du projet ou de l’activité; |
| 65. | note que l’application des règles en matière d’aides d’État est intrinsèquement liée à l’utilisation des instruments de la politique de cohésion. Il a également été recommandé que le recours aux options de coûts simplifiés auxquelles il est fait référence dans le RGEC soit également transposé dans les lignes directrices concernant les aides d’État à finalité régionale et ne soit pas limité aux seules opérations cofinancées par les Fonds ESI. Ces dispositions offrent un compromis intéressant entre le contrôle nécessaire des deniers publics et une charge administrative raisonnable et accessible. En outre, les dispositions relatives à la relocalisation, en particulier celles qui concernent la politique de cohésion, ont été jugées insuffisamment définies et peu claires. Une suggestion visant à accorder immédiatement des exemptions en matière d’aides d’État dans le cadre de l’approbation des programmes opérationnels confirme les liens étroits entre les règles de la politique de concurrence et celles de la politique de cohésion; |
Soutenir la transition numérique dans les zones rurales
| 66. | prend acte des conclusions de son baromètre 2020 des régions et des villes (5), selon lesquelles les nouvelles solutions numériques adoptées par les collectivités locales et régionales en réponse à la crise de la COVID-19 pourraient renforcer la transition numérique en cours, mais risquent également d’exacerber la «fracture numérique», notamment entre les zones rurales et urbaines; |
| 67. | souligne que l’avenir des zones rurales implique de les doter de services et d’infrastructures de base suffisants et, bien entendu de lutter contre la fracture numérique; attire l’attention sur l’importance cruciale que revêt pour ces zones le passage à une économie et à une société durables et neutres pour le climat. Des modèles économiques durables et efficaces dans l’utilisation des ressources, axés sur l’économie circulaire et l’utilisation accrue des biomatériaux offrent de nouvelles possibilités qu’il convient de saisir grâce aux instruments de l’Union; |
| 68. | appelle de ses vœux des politiques et des financements qui soutiennent une connectivité numérique élevée pour toutes les régions et les collectivités locales de l’Union, zones rurales comprises, afin que les citoyens et les entreprises puissent s’adapter à la crise et à l’évolution du monde du travail; observe qu’un recours accru au télétravail peut entraîner des déplacements des villes vers les zones intermédiaires ou rurales tant sur le plan démographique qu’en ce qui concerne l’activité économique; note néanmoins qu’une telle évolution ne pourra être possible que si l’on développe des liaisons de mobilité durable entre les zones rurales, intermédiaires et urbaines; |
| 69. | demande d’investir dans la fourniture de l’internet à haut débit partout, en accordant une attention particulière aux zones rurales et moins développées. En outre, il sera important d’élaborer des stratégies en vue de fournir aux ménages (ruraux) le matériel nécessaire, accessible et adéquat. Plus spécifiquement, l’Europe pourrait par exemple inciter les entreprises à donner du matériel informatique aux citoyens. Il est nécessaire de fixer des objectifs spécifiques pour les zones rurales en matière de fourniture de haut débit en milieu rural, de matériel informatique et de compétences. Le rapport DESI (Digital Economy and Society Index; indice relatif à l’économie et à la société numériques) devrait fournir ces informations; |
| 70. | insiste sur la nécessité de mettre en place une éducation et une formation numériques destinées aux personnes qui ont besoin de meilleures compétences numériques, en tenant compte des différents groupes d’âge et niveaux de revenus et des groupes cibles spécifiques comme les agriculteurs. Les écoles, de même que les lieux de convivialité et de socialisation peuvent jouer un rôle important dans les projets de numérisation (pour toutes les tranches d’âge), mais cela vaut également pour d’autres structures et pour les entreprises; |
| 71. | demande que le programme pour une Europe numérique, avec son réseau de pôles européens d’innovation numérique, accorde une attention particulière aux besoins des zones rurales et propose des services adaptés par l’intermédiaire de plateformes disposant d’une connaissance approfondie de leurs besoins spécifiques, en lien étroit avec les communautés locales; |
| 72. | concernant les mesures de flexibilité introduites par l’Union dans la mise en œuvre des Fonds ESI en vue d’aider à lutter contre la crise, souligne qu’une réduction effective des fonds structurels et de cohésion en faveur des zones rurales a été observée dans de nombreux États membres. La possibilité d’augmenter le taux de cofinancement de l’Union a eu pour conséquence fâcheuse une diminution des transferts globaux vers les zones rurales, du fait qu’elle a permis une réduction du cofinancement national; |
Bien-être, pauvreté et qualité de vie
| 73. | souligne qu’il existe des facteurs différents influençant la pauvreté et le bien-être dans les villes et dans les zones rurales. L’approche adoptée pour résoudre les problèmes de cet ordre repose souvent sur des réalités urbaines. En outre, peu de recherches comparatives ont été réalisées sur les différents aspects du bien-être, ce qui rend difficile l’adaptation de l’approche au contexte rural; |
| 74. | attire l’attention sur la nécessité d’investir dans la recherche (comparative) sur le bien-être, la pauvreté et la qualité de vie en milieu rural afin de mieux comprendre les défis spécifiques auxquels les zones rurales sont confrontées; |
| 75. | observe que les bénévoles occupent une place centrale dans la qualité de vie et le bien-être et ont joué un rôle de premier plan dans la réponse à la crise de la COVID-19. Les bénévoles et les organisations bénévoles sont souvent organisés à un niveau très local, dans un quartier ou dans une rue. Cette proximité leur a permis d’apporter leur aide là où elle était nécessaire, en diffusant auprès des personnes des informations concernant les mesures prises ou en leur fournissant des denrées alimentaires et/ou un soutien social et des soins de santé. Il est recommandé aux collectivités locales et régionales de s’appuyer sur ces réseaux de bénévoles existants pour trouver de nouveaux moyens d’atteindre les personnes qui vivent dans la pauvreté ou qui connaissent des problèmes sur le plan du bien-être. Dans le but de libérer le potentiel qu’elles recèlent, les fonds de l’Union pourraient autoriser un autre type de cofinancement pour ces organisations de bénévoles. Par exemple, la possibilité de considérer l’utilisation d’heures de volontariat comme du cofinancement permettrait à ces organisations de pouvoir solliciter plus facilement un financement européen; |
| 76. | souligne que tous les niveaux de gouvernement doivent élaborer à dessein une stratégie de communication pour s’assurer que les citoyens comprennent les risques existants et les guider afin qu’ils adoptent des comportements corrects. La cohérence des messages, la fourniture de sources d’information fiables et accessibles et l’utilisation de visuels de qualité sont autant d’aspects importants de cette stratégie. Il est nécessaire de former des équipes de communicateurs capables d’atteindre directement les personnes, ainsi que des fonctionnaires et des experts en communication. Le Comité souligne la nécessité de reconnaître, dans cette stratégie de communication, le rôle des collectivités locales, qui sont en mesure de contribuer à créer un pont entre les décideurs politiques, les experts et le public; |
| 77. | met en exergue l’importance du contrôle du respect du principe de subsidiarité. Les mesures d’urgence ne peuvent entraîner une centralisation des compétences par les gouvernements nationaux, laquelle reviendrait à limiter le rôle des parlements nationaux et des collectivités locales et régionales; |
| 78. | souligne que certains travailleurs vulnérables, tels que ceux des plateformes numériques, les livreurs ou les chauffeurs, ainsi que ceux du secteur de l’assistance et des soins aux personnes dépendantes, sont essentiels à notre économie et devraient être mieux reconnus dans notre société. En outre, le droit à la déconnexion doit être garanti aux travailleurs en télétravail; |
| 79. | note que, selon les estimations et les données d’Eurostat, la crise aurait coûté leur emploi à environ 900 000 personnes supplémentaires au cours des trois premiers trois mois de la crise. Pour cette raison, les efforts de relance de l’Union doivent présenter une dimension sociale affirmée, afin de protéger les régimes de sécurité sociale, de préserver l’emploi des travailleurs et d’éviter les licenciements fondés sur des prétextes fallacieux; |
| 80. | souligne que la crise a aggravé les inégalités entre les hommes et les femmes et la violence à caractère sexiste. Les cas de violence domestique ont augmenté d’un tiers dans certains pays de l’Union à la suite du confinement. En outre, la crise de la COVID-19 revêt une dimension de genre manifeste. Dans le même temps, la pandémie a aggravé les inégalités, la marginalisation et la discrimination existant en Europe et renforcé le racisme structurel. De même, elle a eu une incidence négative sur les groupes les plus vulnérables, dont les personnes âgées et les personnes souffrant de handicaps; |
| 81. | fait observer que les villes et les régions, ainsi que les dirigeants de l’Union, peuvent construire une Europe sociale plus forte en travaillant ensemble dans le cadre d’un partenariat stratégique renouvelé; souligne en outre que la coopération entre zones urbaines et rurales recèle précisément un grand potentiel pour la reconstruction («union des forces»); |
| 82. | attire l’attention sur la nécessité de renforcer l’investissement social en tant que priorité essentielle en vue d’une reprise équitable et inclusive. Nous avons la possibilité de faire plus qu’annuler temporairement les effets de la crise pandémique et repartir de la situation d’avant la crise. Nous pouvons reconstruire en mieux. Il convient de veiller à ce que tous les Européens aient accès à des soins de santé abordables et de qualité. Nous devrions créer davantage d’emplois de qualité offrant des conditions de travail équitables et des filières d’enseignement et des spécialisations professionnelles plus inclusives, garantir un logement décent et abordable, apporter un soutien actif aux plus vulnérables et assurer l’égalité des chances pour tous. À cette fin, il importe d’investir massivement dans les infrastructures sociales et les services sociaux au niveau local et régional, en s’appuyant sur une combinaison appropriée de politiques et les ressources financières nécessaires pour mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux et le programme relatif aux ODD; |
| 83. | insiste sur l’importance d’une stratégie et d’une coordination transfrontalières en matière de communication, de mesures et de relance. Le Comité note que la solidarité entre les collectivités locales et régionales par-delà les frontières nationales s’est considérablement renforcée, en ce qui concerne notamment le partage des équipements médicaux ou encore les actions caritatives. Dans le même temps, en raison de mesures différentes et parfois aliénantes adoptées au niveau national, la perception des citoyens de l’autre côté de la frontière a été de plus en plus dominée par le soupçon et la crainte. Même là où l’intégration était forte, comme entre les États du Benelux ou les pays membres du Conseil nordique, de nombreux conflits sont apparus et le rétablissement de la confiance prendra du temps; |
| 84. | souligne que la transparence est une question fondamentale dans une situation de crise: les citoyens ont besoin de savoir qui est responsable de quoi. D’une certaine manière, la pandémie a profondément affecté la manière d’élaborer les politiques. Le Comité note que la qualité globale d’une démocratie peut être évaluée dans un tel contexte pandémique; |
| 85. | attire l’attention sur le fait qu’une bonne communication exige de parler la langue des gens. Il ne s’agit pas seulement de mots, mais aussi de la manière de les exprimer, de comprendre des messages, des différences culturelles et des opinions; note que la communication ciblant les anti-vaccins pose un défi spécifique à cet égard, tout comme la réfutation des fausses informations. |
| 86. | si cette crise a été révélatrice de quelque chose, c’est de l’interdépendance de tous les citoyens de la planète et de l’importance de rester en prise avec les véritables problèmes en créant une synergie entre les dimensions locale et mondiale. Nous nous sommes rendu compte que nous étions confrontés à une crise planétaire qui appelle une réponse mondiale et solidaire. Elle implique une coopération internationale accrue pour répondre également aux besoins des régions les plus pauvres, en empêchant la libre circulation du virus, avec à la clé le risque d’apparition de mutations plus dangereuses. Il est apparu clairement que la coopération décentralisée de nos régions et de nos villes est devenue un instrument privilégié de la coopération internationale européenne pour relever les défis des territoires les plus défavorisés, s’agissant de garantir un accès universel et de qualité aux services publics, lesquels s’avèrent si indispensables pour atteindre l’objectif ultime consistant à tous sortir de cette crise mondiale et à le faire ensemble. |
Bruxelles, le 7 mai 2021.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
(1) Comité européen des régions: Baromètre 2020 des régions et des villes disponible à l’adresse suivante: Baromètre régional et local annuel de l’UE (europa.eu).
(2) Ibid.
(3) Comité européen des régions: Baromètre 2020 des régions et des villes disponible à l’adresse suivante: Baromètre régional et local annuel de l’UE (europa.eu).
(4) Règlement (UE) no 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité (JO L 187 du 26.6.2014, p. 1).
(5) Comité européen des régions: Baromètre 2020 des régions et des villes disponible à l’adresse suivante: Baromètre régional et local annuel de l’UE (europa.eu).
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
22/12/2021
Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021