| CELEX | 52020IP0273 |
| Type | Initiative législative |
| Date | mardi 20 octobre 2020 |
| 6.10.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 404/31 |
P9_TA(2020)0273
Législation sur les services numériques: adaptation des règles de droit commercial et civil pour les entités commerciales exerçant des activités en ligne
Résolution du Parlement européen du 20 octobre 2020 contenant des recommandations à la Commission concernant une législation sur les services numériques: adaptation des règles de droit commercial et civil pour les entités commerciales exerçant des activités en ligne (2020/2019(INL))
(2021/C 404/02)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 225 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, |
| — | vu l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme, |
| — | vu le règlement (UE) 2019/1150 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 promouvant l’équité et la transparence pour les entreprises utilisatrices de services d’intermédiation en ligne (1), |
| — | vu la directive (UE) 2019/790 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 sur le droit d’auteur et les droits voisins dans le marché unique numérique et modifiant les directives 96/9/CE et 2001/29/CE (2), |
| — | vu le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (3) (ci-après dénommé «règlement général sur la protection des données»), |
| — | vu la directive 2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil du 10 mars 2010 visant à la coordination de certaines dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la fourniture de services de médias audiovisuels (directive «Services de médias audiovisuels») (4), |
| — | vu la directive 2008/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale (5), |
| — | vu la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil du 6 juin 2018 établissant le programme pour une Europe numérique pour la période 2021-2027 (COM(2018)0434), |
| — | vu la recommandation (UE) 2018/334 de la Commission du 1er mars 2018 sur les mesures destinées à lutter, de manière efficace, contre les contenus illicites en ligne (6), |
| — | vu la convention concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (7) et la convention pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères, signée le 10 juin 1958 à New York, |
| — | vu sa résolution du 3 octobre 2018 sur les technologies des registres distribués et les chaînes de blocs: renforcer la confiance par la désintermédiation (8), |
| — | vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions du 19 février 2020 intitulée «Une stratégie européenne pour les données» (COM(2020)0066), |
| — | vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions du 19 février 2020 intitulée «Façonner l’avenir numérique de l’Europe» (COM(2020)0067), |
| — | vu la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions du 25 mai 2016 intitulée «Les plateformes en ligne et le marché unique numérique — Perspectives et défis pour l’Europe» (COM(2016)0288), |
| — | vu l'étude d'évaluation de la valeur ajoutée européenne réalisée par le Service de recherche du Parlement européen, intitulée «“Digital Services Act: European Added Value Assessment” (Législation sur les services numériques: valeur ajoutée européenne)» (9), |
| — | vu les articles 47 et 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs et de la commission de la culture et de l’éducation, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires juridiques (A9-0177/2020), |
| A. | considérant que les services numériques, qui constituent une pierre angulaire de l’économie de l’Union et le moyen de subsistance d’un grand nombre de ses citoyens, doivent être réglementés de manière à garantir les droits fondamentaux et les autres droits des citoyens tout en soutenant le développement et le progrès économique, l’environnement numérique et la confiance en ligne, en tenant compte des intérêts des utilisateurs et de tous les acteurs du marché, y compris les PME et les start-ups; |
| B. | considérant que certaines règles relatives aux fournisseurs de services de partage de contenus en ligne et aux services de médias audiovisuels ont récemment été mises à jour, notamment par la directive (UE) 2018/1808 et la directive (UE) 2019/790, qu’un certain nombre d’aspects clés du droit civil et commercial n’ont pas été pris en considération de manière satisfaisante dans le droit de l’Union ou le droit national, et que l’urgence de cette situation est exacerbée par la rapidité et l’accélération des progrès réalisés au cours des dernières décennies dans le domaine des services numériques, en particulier par l’émergence de nouveaux modèles économiques, de nouvelles technologies et de nouvelles réalités sociales; que dans ce contexte, il est indispensable de mettre entièrement à jour les dispositions clés du droit civil et commercial applicables aux entités commerciales en ligne; |
| C. | considérant qu’en raison de puissants effets de réseau fondés sur les données, certaines entreprises proposant des services numériques jouissent d’un pouvoir de marché important qui leur permet d’imposer leurs pratiques commerciales aux utilisateurs, et qu’il est, par conséquent, de plus en plus difficile pour d’autres acteurs, notamment les start-ups et les PME, de les concurrencer et pour de nouvelles entreprises de même entrer sur le marché; |
| D. | considérant que l’application ex post du droit de la concurrence ne peut, à elle seule, remédier efficacement aux effets qu’a le pouvoir de marché de certaines plateformes en ligne, notamment sur la concurrence équitable au sein du marché unique numérique; |
| E. | considérant que les plateformes d’hébergement de contenu, qui ne servaient autrefois qu’à afficher du contenu, sont devenues désormais des entités complexes et des acteurs du marché, ce qui est particulièrement vrai pour les réseaux sociaux qui collectent et exploitent les données d’utilisation; que les utilisateurs ont des motifs légitimes de s’attendre à des conditions équitables en matière d’accès, de transparence, de tarification et de résolution des litiges pour ce qui est de l’utilisation de ces plateformes et de l’utilisation que ces plateformes font des données des utilisateurs; que la transparence peut contribuer à accroître de manière significative la confiance dans les services numériques; |
| F. | considérant que les plateformes d’hébergement de contenu peuvent décider du contenu qu’elles présentent à leurs utilisateurs, ce qui leur permet d’exercer une influence considérable sur la manière dont nous obtenons et communiquons des informations, à tel point que ces plateformes se sont de facto transformées en espaces publics au sein de la sphère numérique; que les espaces publics doivent être gérés de façon à protéger l’intérêt public et à respecter les droits fondamentaux et les droits des utilisateurs relevant du droit civil, en particulier le droit à la liberté d’expression et d’information; |
| G. | considérant que le respect de la législation dans le monde numérique implique non seulement d’assurer l’application efficace des droits fondamentaux, et plus particulièrement la liberté d’expression et d’information, le respect de la vie privée, la sécurité et la sûreté, la non-discrimination, le respect de la propriété et des droits de propriété intellectuelle, mais aussi de garantir l’accès à la justice et le droit à un procès équitable; que la délégation des décisions concernant la légalité du contenu ou des pouvoirs d’exécution à des entreprises privées porte atteinte à la transparence et au droit à un procès équitable, ce qui donne lieu à une approche fragmentée; qu’une procédure juridique accélérée dotée de garanties suffisantes est dès lors nécessaire pour garantir l’existence de réelles voies de recours; |
| H. | considérant que les outils automatiques sont pour l’heure incapables de faire la différence de manière fiable entre contenu illicite et contenu qui est licite dans un contexte donné; que, dès lors, les mécanismes de détection et de suppression automatiques de contenu peuvent donner lieu à des préoccupation légitimes du point de vue juridique, en particulier en ce qui concerne d’éventuelles restrictions de la liberté d’expression et d’information, protégée par l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne; que le recours à des mécanismes automatisés doit, dès lors, être proportionné, ne s’appliquer qu’à des cas où il se justifie et suivre des procédures transparentes; |
| I. | considérant que l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne protège également la liberté et le pluralisme des médias, qui dépendent de plus en plus des plateformes en ligne pour atteindre leur public; |
| J. | considérant que les services numériques sont utilisés par la majorité des Européens quotidiennement, mais qu’ils sont soumis à un ensemble de règles toujours plus vaste dans les différents pays de l’Union, ce qui entraîne une importante fragmentation sur le marché, et par voie de conséquence une incertitude juridique pour les utilisateurs européens et les services prestés par-delà les frontières; que les régimes de droit civil régissant les pratiques des plateformes d’hébergement de contenu en matière de modération de contenu sont fondés sur certaines dispositions sectorielles à l’échelle de l’Union et à l’échelon national, avec des différences substantielles d’un régime à l’autre en ce qui concerne les obligations imposées ainsi que les mécanismes d’exécution déployés; que cette situation a donné lieu à un ensemble fragmenté de réglementations pour le marché unique numérique, qui nécessite une intervention au niveau de l’Union; |
| K. | considérant que l’actuel modèle économique de certaines plateformes d’hébergement de contenu vise à promouvoir du contenu susceptible d’attirer l’attention des utilisateurs et donc de générer plus de données de profilage dans le but de proposer des publicités ciblées plus efficaces, et, de ce fait, à augmenter les profits; que ce profilage, conjugué à des publicités ciblées, peut conduire à amplifier le contenu destiné à exploiter les émotions, ce qui favorise et encourage souvent le sensationnel dans les fils d’actualité et les systèmes de recommandation, élément susceptible d’entraîner une manipulation des utilisateurs; |
| L. | considérant que les publicités contextuelles proposées aux utilisateurs nécessitent moins de données d’utilisation que les publicités comportementales ciblées et qu’elles sont donc moins intrusives; |
| M. | considérant que le choix de la logique algorithmique qui sous-tend les systèmes de recommandation, les systèmes de comparaison, l’édition de contenu ou les placements d’annonces publicitaires est laissé à la discrétion des plateformes d’hébergement de contenu, laissant ainsi peu de place à la supervision publique, ce qui soulève des inquiétudes quant à la reddition de comptes et à la transparence; |
| N. | considérant que les plateformes d’hébergement de contenu jouissant d’un pouvoir de marché important offrent la possibilité à leurs utilisateurs d’utiliser leurs profils pour se connecter à des sites internet de tiers, ce qui leur permet de suivre les activités de ces utilisateurs même en dehors de leur propre environnement, possibilité qui leur offre un avantage concurrentiel en matière d’accès aux données pour les algorithmes d’édition de contenu; |
| O. | considérant que les contrats dits «intelligents», qui s’appuient sur les technologies des registres distribués, y compris les chaînes de blocs, qui permettent une tenue des registres décentralisée et entièrement traçable et l’auto-exécution, sont utilisés dans plusieurs domaines et ce, en l’absence de tout cadre juridique approprié; qu’il existe des incertitudes quant à la valeur juridique de ces contrats et à leur force exécutoire dans les situations transnationales; |
| P. | considérant que, dans les conditions générales des plateformes, qui sont non négociables, il est généralement fait référence tant à un droit applicable qu’à des juridictions compétentes en dehors de l’Union, ce qui est susceptible d’entraver l’accès à la justice; que le règlement (UE) no 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (10) énonce des règles en matière de compétence judiciaire; que le règlement général sur la protection des données clarifie le droit de la personne dont les données font l’objet d’un traitement à intenter une action d’exécution forcée à titre privé directement à l’encontre du responsable du traitement ou du sous-traitant, que le traitement ait lieu dans l’Union ou non et que le responsable du traitement soit établi dans l’Union ou non; que l’article 79 dudit règlement dispose que toute action contre un responsable du traitement ou un sous-traitant est intentée devant les juridictions de l’État membre dans lequel le responsable du traitement ou le sous-traitant dispose d’un établissement ou dans lequel la personne concernée a sa résidence habituelle; |
| Q. | considérant que l’accès aux données à caractère non personnel et l’exploration de ces données constituent un facteur important de la croissance de l’économie numérique; que des normes juridiques appropriées et des garanties appropriées en matière de protection des données concernant l’interopérabilité des données peuvent, en supprimant les effets de verrouillage, fortement contribuer à garantir l’existence de conditions de marché équitables; |
| R. | considérant qu’il importe d’évaluer la possibilité de confier à une entité européenne la responsabilité de garantir une approche harmonisée de la mise en œuvre de la législation sur les services numériques dans toute l’Union, de faciliter la coordination au niveau national ainsi que de se pencher sur les nouvelles possibilités et les nouveaux défis, notamment ceux de nature transfrontière, résultant des évolutions technologiques en cours; |
Législation sur les services numériques
| 1. | demande à la Commission de présenter sans retard indu un ensemble de propositions législatives constituant une législation sur les services numériques jouissant d’un champ d’application matériel, personnel et territorial adéquat, définissant les concepts fondamentaux et comprenant les recommandations formulées dans l’annexe de la présente résolution; estime que, sans préjudice des éléments de détail des futures propositions législatives, l’article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne devrait en constituer la base juridique; |
| 2. | propose que la législation sur les services numériques intègre un règlement établissant les droits contractuels en matière de gestion de contenu, fixant des normes et des procédures transparentes, équitables, contraignantes et uniformes en matière de modération de contenu, et garantissant un accès indépendant et abordable aux voies de recours juridictionnel; souligne que les propositions législatives doivent être fondées sur des données probantes et chercher à éliminer les obstacles actuels et prévenir les nouveaux obstacles potentiels injustifiés dans la prestation de services numériques par les plateformes en ligne, tout en renforçant la protection des consommateurs et des citoyens; estime que ces propositions législatives devraient avoir pour but de parvenir à une croissance durable et intelligente, de relever les défis technologiques et de garantir que le marché unique numérique soit équitable et sûr pour tous; |
| 3. | recommande en outre que les mesures proposées en matière de modération de contenu ne s’appliquent qu’aux contenus illicites plutôt qu’aux contenus qui sont seulement néfastes; recommande, à cette fin, que le règlement comprenne des critères universels visant à déterminer le pouvoir de marché des plateformes afin de définir clairement ce qu’est une plateforme dotée d’un pouvoir de marché important et de déterminer ainsi si certaines plateformes d’hébergement de contenu qui ne disposent pas d’un pouvoir de marché important peuvent être exemptées de certaines dispositions; souligne que le cadre établi par la législation sur les services numériques devrait être gérable pour les petites entreprises, les PME et les start-ups et donc comprendre des obligations proportionnées pour tous les secteurs; |
| 4. | propose que la législation sur les services numériques fixe l’obligation, pour les fournisseurs de services numériques établis hors de l’Union européenne, de désigner un représentant légal qui défende les intérêts des utilisateurs au sein de l’Union, auquel des demandes pourraient être faites, par exemple en vue de ménager une voie de recours aux consommateurs en cas de publicité mensongère ou trompeuse, et de rendre les coordonnées dudit représentant visibles et accessibles sur le site internet du fournisseur de services numériques; |
Droits en matière de modération de contenu
| 5. | souligne que la responsabilité de faire appliquer la loi doit incomber aux pouvoirs publics; estime que la décision définitive quant à la légalité du contenu généré par des utilisateurs doit être rendue par une autorité judiciaire indépendante, et non par une entité commerciale privée; |
| 6. | insiste sur le fait que le règlement doit interdire les pratiques de modération de contenu qui sont discriminatoires ou impliquent de l’exploitation et de l’exclusion, notamment à l’égard des personnes les plus vulnérables, et respecter en permanence les droits et les libertés fondamentales des utilisateurs, en particulier la liberté d’expression; |
| 7. | souligne la nécessité de mieux protéger les consommateurs en fournissant des informations fiables et transparentes sur des exemples de pratiques abusives, telles que les allégations trompeuses et les escroqueries; |
| 8. | recommande que l’application du règlement soit étroitement surveillée par une entité européenne chargée d’assurer le respect des dispositions du règlement par les plateformes d’hébergement de contenu, en particulier en surveillant le respect des normes applicables à la gestion de contenu sur la base de rapports de transparence et d’un contrôle des algorithmes utilisés par les plateformes d’hébergement de contenu aux fins de la gestion de contenu; demande à la Commission d’évaluer la possibilité de désigner une agence ou un organe européens nouveaux ou existants ou de coordonner elle-même un réseau d’autorités nationales (ci-après dénommée «entité européenne») pour mener à bien ces tâches; |
| 9. | propose que les plateformes d’hébergement de contenu présentent régulièrement à l’entité européenne des rapports détaillés de transparence fondés sur une méthodologie constante et évalués à la lumière d’indicateurs de performance pertinents, notamment sur leurs politiques en matière de contenu et sur la conformité de leurs conditions générales avec les dispositions de la législation sur les services numériques; propose par ailleurs qu’elles publient et mettent à disposition, de manière simple et accessible, ces rapports ainsi que leurs politiques en matière de gestion de contenu dans une base de données accessible au public; |
| 10. | demande aux plateformes d’hébergement de contenu disposant d’un pouvoir de marché important d’évaluer le risque que leurs politiques de gestion des contenus licites représentent pour la société, par exemple en matière de répercussions sur les droits fondamentaux, et de dialoguer deux fois par an avec l’entité européenne et les autorités nationales compétentes dans le cadre de la présentation des rapports de transparence; |
| 11. | recommande aux États membres de prévoir des organes indépendants de règlement des différends chargés de résoudre les litiges relatifs à la modération de contenu; estime qu’aux fins de la protection des publications anonymes et de l’intérêt général, les décisions relatives à la modération de contenu devraient pouvoir être contestées non seulement par l’utilisateur ayant téléversé le contenu objet du litige, mais également par un tiers, tel qu’un médiateur, qui a un intérêt légitime à agir; affirme le droit des utilisateurs à exercer ultérieurement des recours en justice; |
| 12. | est fermement d’avis que la législation sur les services numériques doit s’abstenir de contraindre les plateformes d’hébergement de contenu à utiliser toute forme de système entièrement automatisé de contrôle ex ante du contenu, sauf indication contraire dans le droit de l’Union en vigueur; estime que les mécanismes utilisés de plein gré par les plateformes, ne doivent pas déboucher sur des mesures de contrôle ex ante s’appuyant sur des outils automatisés ni sur un filtrage des contenus au moment du téléversement, et qu’il doit être soumis au contrôle de l’entité européenne de manière à garantir le respect de la législation sur les services numériques; |
| 13. | insiste sur le fait que les plateformes d’hébergement de contenu doivent être transparentes en ce qui concerne le traitement des algorithmes et des données qui servent à entraîner ces derniers; |
Droits en matière d’édition de contenu, de données et de publicités en ligne
| 14. | considère que l’amplification de contenu ciblant les utilisateurs sur la base des opinions ou des points de vue que ce contenu présente est l’une des pratiques les plus préjudiciables de la société numérique, notamment lorsque la visibilité de ce contenu est renforcée en raison de l’interaction préalable des utilisateurs avec un autre contenu amplifié, dans le but d’optimiser leurs profils d’utilisateur à des fins de publicités ciblées; est préoccupé par le fait que ces pratiques ont recours à un suivi omniprésent et à l’exploration de données; demande à la Commission d’analyser les incidences de telles pratiques et de prendre les mesures législatives qui s’imposent; |
| 15. | estime que l’utilisation de publicités ciblées doit être réglementée de manière plus stricte au profit de formes publicitaires moins intrusives ne nécessitant pas un suivi des interactions des utilisateurs avec du contenu et que l’affichage de publicités comportementales devrait être subordonnée au consentement libre, spécifique, informé et non équivoque des utilisateurs; |
| 16. | prend acte des dispositions en vigueur relatives à la publicité ciblée dans le règlement général sur la protection des données et dans la directive 2002/58/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 juillet 2002 concernant le traitement des données à caractère personnel et la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques (directive «vie privée et communications électroniques») (11); |
| 17. | recommande par conséquent que la législation sur les services numériques fixe des limites claires et introduise des règles de transparence en ce qui concerne les modalités d’accumulation de données aux fins de ciblage publicitaire ainsi qu’en ce qui concerne le fonctionnement et la reddition de comptes de ce ciblage publicitaire, notamment lorsque les données proviennent de sites web de tiers; maintient que de nouvelles mesures établissant un cadre pour les relations entre les plateformes et les consommateurs sont nécessaires concernant les dispositions de transparence relatives à la publicité, à l’incitation numérique et au traitement de faveur; invite la Commission à évaluer les possibilités de réglementer le ciblage publicitaire, y compris par une phase de suppression progressive débouchant sur une interdiction totale; |
| 18. | souligne que, conformément au principe de minimisation des données et afin d’empêcher leur divulgation non autorisée, l’usurpation d’identité et d’autres formes d’abus de données à caractère personnel, la législation sur les services numériques devrait prévoir le droit d’utiliser les services numériques de manière anonyme à chaque fois que cela est techniquement possible; invite la Commission à exiger des plateformes d’hébergement de contenu qu’elles vérifient l’identité des annonceurs avec lesquels elles ont un lien commercial de façon à ce que les annonceurs soient tenus pour responsables en cas de promotion de contenus qui s’avèrent par la suite illicites; recommande dès lors que la législation sur les services numériques comprenne des dispositions juridiques qui empêchent les plateformes d’exploiter à des fins commerciales les données provenant de tiers lorsqu’elles sont en concurrence avec ces tiers; |
| 19. | regrette l’asymétrie des informations qui existe entre les plateformes d’hébergement de contenu et les pouvoirs publics et demande un échange rationalisé des informations nécessaires; souligne que, conformément à la jurisprudence sur les métadonnées de communications, il convient de ne rendre les métadonnées d’un utilisateur accessibles aux pouvoirs publics que dans le cadre d’une enquête sur des personnes soupçonnées d’infractions graves, moyennant une autorisation judiciaire préalable; |
| 20. | recommande que les fournisseurs qui assurent un service d’authentification unique et détiennent un pouvoir de marché important soient tenus de proposer aussi au moins un système d’identité ouvert et décentralisé s’appuyant sur un cadre non propriétaire; demande à la Commission de proposer des normes communes de l’Union pour les systèmes nationaux prévus par les États membres, en particulier en ce qui concerne les normes de protection des données et l’interopérabilité transnationale; |
| 21. | invite la Commission à évaluer la possibilité de définir des conditions contractuelles équitables visant à faciliter le partage des données et à améliorer la transparence dans le but de remédier aux déséquilibres concernant le pouvoir de marché; propose, à cette fin, d’étudier les possibilités de faciliter l’interopérabilité, l’interconnectivité et la portabilité des données; fait remarquer que le partage de données devrait s’accompagner de garanties adéquates et appropriées, y compris une réelle anonymisation des données à caractère personnel; |
| 22. | recommande que la législation sur les services numériques impose aux plateformes dotées d’un pouvoir de marché important de proposer une interface de programmation permettant aux plateformes tierces et à leurs utilisateurs d’interopérer avec les principales fonctionnalités et les utilisateurs de la plateforme proposant l’interface de programmation, y compris des services tiers destinés à améliorer et à personnaliser l’expérience utilisateur, notamment par des services de personnalisation des paramètres de confidentialité ainsi que des préférences en matière d’édition de contenu; propose que les plateformes répertorient publiquement toutes les interfaces de programmation qu’elles mettent à disposition afin de permettre l’interopérabilité et l’interconnectivité des services; |
| 23. | insiste fortement, par ailleurs, sur le fait que les plateformes dotées d’un pouvoir de marché important qui proposent une interface de programmation ne doivent pas partager, conserver, monétiser ou utiliser les données qu’elles reçoivent dans le cadre de services tiers; |
| 24. | souligne que les obligations en matière d’interopérabilité et d’interconnectivité ne peuvent pas limiter, entraver ou retarder la capacité des plateformes d’hébergement de contenu à résoudre les problèmes de sécurité, la nécessité de régler des problèmes de sécurité ne devant pas non plus entraîner une suspension injustifiée de l’interface de programmation assurant l’interopérabilité et l’interconnectivité; |
| 25. | rappelle que les dispositions relatives à l’interopérabilité et à l’interconnectivité doivent respecter l’ensemble de la législation applicable en matière de protection des données; recommande, à cet égard, que les plateformes soient tenues, en vertu de la législation sur les services numériques, d’assurer la faisabilité technique des dispositions relatives à la portabilité des données énoncées à l’article 20, paragraphe 2, du règlement général sur la protection des données; |
| 26. | souhaite que les plateformes d’hébergement de contenu donnent la possibilité aux utilisateurs d’accepter ou de refuser réellement au préalable l’affichage de publicités ciblées en fonction de l’interaction préalable des utilisateurs avec le contenu sur ces mêmes plateformes d’hébergement de contenu ou sur des sites internet de tiers; souligne que cette possibilité doit être présentée de manière claire et intelligible et que le refus de l’utilisateur de consentir à l’affichage de ces publicités ne doit pas entraîner la désactivation de l’accès aux fonctionnalités de la plateforme; insiste sur le fait que le consentement aux publicités ciblées ne doit pas être réputé libre et valable si l’accès au service est subordonné au traitement de données; rappelle qu’en vertu de la directive 2002/58/CE, il est indispensable que l’utilisateur donne son consentement exprès aux publicités ciblées, qui sont sinon interdites; relève, sachant que les activités en ligne d’un particulier permettent de connaître son comportement et de le manipuler, que la collecte générale et indifférenciée de données à caractère personnel concernant chaque utilisation d’un service numérique porte atteinte de manière disproportionnée au droit au respect de la vie privée; réaffirme que les utilisateurs ont le droit de ne pas être soumis à un suivi omniprésent lorsqu’ils utilisent des services numériques; |
| 27. | demande à la Commission de veiller, dans le même esprit, à ce que les consommateurs puissent toujours utiliser un appareil connecté avec toutes ses fonctions même s’ils refusent de partager des données non opérationnelles avec le fabricant de l’appareil ou des tiers ou qu’ils retirent leur autorisation; réaffirme la nécessité d’assurer la transparence des conditions contractuelles en ce qui concerne la possibilité et la portée du partage de données avec des tiers; |
| 28. | demande en outre que les utilisateurs se voient garantir un niveau de transparence et d’influence approprié sur les critères en fonction desquels le contenu est édité et leur est proposé; affirme que les utilisateurs devraient également avoir la possibilité de s’opposer à toute édition de contenu autre que l’ordre chronologique; fait remarquer que les interfaces de programmation fournies par les plateformes devraient permettre aux utilisateurs de gérer le contenu à l’aide du logiciel ou des services de leur choix; |
| 29. | souligne qu’il importe que la législation sur les services numériques s’avère juridiquement solide et efficace du point de vue de la protection des enfants dans l’environnement en ligne, tout en s’abstenant d’imposer des obligations générales de surveillance ou de filtrage, en assurant une coordination totale et en évitant les doubles emplois avec le règlement général sur la protection des données et la directive «Services de médias audiovisuels»; |
| 30. | rappelle que les publicités payantes ou les placements payants de contenu sponsorisé devraient être identifiées comme tels de manière claire, concise et intelligente; propose que les plateformes divulguent l’origine des publicités payantes et du contenu sponsorisé; propose, à cette fin, que les plateformes d’hébergement de contenu publient l’ensemble du contenu sponsorisé et des publicités et les rendent clairement visibles par leurs utilisateurs dans une archive des publicités accessible au public, où soit indiqué qui les a financés et, le cas échéant, pour le compte de qui; souligne que cela devrait couvrir tant les paiements directs et indirects que toute autre rémunération reçue par les fournisseurs de services; |
| 31. | est convaincu que, si les données pertinentes montrent un écart important entre les plateformes établies dans l’Union et celles basées dans des pays tiers en ce qui concerne les pratiques publicitaires trompeuses et le respect de la législation, il demeure raisonnable d’envisager des mesures supplémentaires visant à renforcer le respect de la législation en vigueur dans l’Union; souligne qu’il est nécessaire de garantir des conditions de concurrence équitables entre les publicitaires établis dans l’Union et ceux établis dans des pays tiers; |
Dispositions relatives aux conditions générales, aux contrats intelligents et chaînes de blocs et au droit international privé
| 32. | observe l’augmentation des contrats dits «intelligents», tels que ceux fondés sur les technologies des registres distribués, sans base juridique claire; |
| 33. | invite la Commission à apprécier l’évolution et l’utilisation des technologies des registres distribués, y compris des chaînes de blocs, et, en particulier, des contrats dits «intelligents», à fournir des lignes directrices afin d’apporter une sécurité juridique aux entreprises et aux consommateurs, en particulier sur les questions liées à la légalité et à l’exécution des contrats intelligents dans les situations transfrontières, ainsi qu’aux exigences de notarisation le cas échéant, et à présenter des propositions concernant le cadre juridique approprié; |
| 34. | souligne que l’équité des conditions générales imposées par les intermédiaires aux utilisateurs de leurs services et leur conformité aux normes en matière de droits fondamentaux doivent être soumises à un contrôle juridictionnel; souligne que les conditions générales qui limitent indûment les droits fondamentaux des utilisateurs, comme le droit au respect de la vie privée et la liberté d’expression, ne peuvent pas être contraignantes; |
| 35. | demande à la Commission de se pencher sur des modalités qui permettraient de veiller à un équilibre et à une égalité satisfaisants entre les parties aux contrats intelligents en tenant compte des préoccupations de nature privée propres à la partie faible ou des inquiétudes du public notamment à l’égard des ententes; insiste sur la nécessité de veiller à ce que les droits des créanciers soient respectés dans le cadre des procédures d’insolvabilité et de restructuration; recommande vivement que les contrats intelligents comprennent des mécanismes permettant de suspendre et d’annuler leur exécution et les paiements y afférents; |
| 36. | demande en particulier à la Commission de mettre à jour son document d’orientation existant sur la directive 2011/83/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 sur les droits des consommateurs (12) afin de préciser si elle considère que les contrats intelligents relèvent de l’exemption prévue à l’article 3, paragraphe 3, point l), de ladite directive et, dans l’affirmative, dans quelles circonstances, ainsi que de préciser la question du droit de rétractation; |
| 37. | souligne la nécessité d’utiliser les technologies de chaîne de blocs, et en particulier les contrats intelligents, conformément aux règles en matière d’abus de position dominante et aux obligations en découlant, notamment les dispositions interdisant les ententes ou les pratiques concertées; |
| 38. | considère que des conditions générales standard ne devraient pas entraver l’accès efficace à la justice dans les juridictions de l’Union, ni priver les citoyens et les entreprises de l’Union de leurs droits; invite la Commission à examiner si la protection des droits d’accès aux données en vertu du droit international privé est incertaine et défavorise les citoyens et les entreprises de l’Union; |
| 39. | souligne l’importance de veiller à ce que l’utilisation de services numériques dans l’Union soit pleinement régie par le droit de celle-ci et à ce qu’elle relève de la compétence de ses juridictions; |
| 40. | conclut par ailleurs que des solutions législatives à ces questions devraient être apportées au niveau de l’Union si l’adoption de mesures à l’échelon international semble impossible ou si ces mesures risquent de mettre trop de temps pour porter leurs fruits; |
| 41. | souligne que les fournisseurs de services établis dans l’Union ne peuvent pas être contraints de retirer des informations qui sont licites dans leur pays d’origine ou d’ empêcher l’accès à ces informations; |
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| 42. | charge son Président de transmettre la présente résolution ainsi que les recommandations détaillées figurant en annexe à la Commission et au Conseil. |
(1) JO L 186 du 11.7.2019, p. 57.
(2) JO L 130 du 17.5.2019, p. 92.
(3) JO L 119 du 4.5.2016, p. 1.
(4) JO L 95 du 15.4.2010, p. 1.
(5) JO L 136 du 24.5.2008, p. 3.
(6) JO L 63 du 6.3.2018, p. 50.
(7) JO L 339 du 21.12.2007, p. 3.
(8) JO C 11 du 13.1.2020, p. 7.
(9) https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2020/654180/EPRS_STU(2020)654180_EN.pdf
(10) JO L 351 du 20.12.2012, p. 1.
ANNEXE À LA RÉSOLUTION:
RECOMMANDATIONS DÉTAILLÉES CONCERNANT LE CONTENU DE LA PROPOSITION DEMANDÉE
A. PRINCIPES ET OBJECTIFS DE LA PROPOSITION DEMANDÉE
LES PRINCIPES ET OBJECTIFS CLÉS DE LA PROPOSITION:
| — | la proposition contient à la fois des actes qu’il convient d’inclure dans la législation sur les services numériques et des actes annexes de ladite législation; |
| — | la proposition vise à renforcer les règles de droit civil et commercial applicables aux entités commerciales exerçant des activités en ligne dans le cadre de services numériques; |
| — | la proposition vise à consolider et à clarifier les droits contractuels des utilisateurs relatifs à la modération et à l’édition de contenu; |
| — | la proposition vise à mieux faire face aux abus ou aux inégalités dans les conditions générales utilisées aux fins de services numériques; |
| — | la proposition aborde la question des aspects de la collecte de données qui contreviennent aux droits contractuels équitables des utilisateurs, ainsi qu’aux règles en matière de protection des données et de confidentialité en ligne; |
| — | la proposition porte sur l’importance d’appliquer les droits des utilisateurs de manière équitable en ce qui concerne l’interopérabilité et la portabilité; |
| — | la proposition souligne l’importance des règles de droit international privé qui apportent une clarté juridique concernant les conditions générales non négociables des plateformes en ligne ainsi que l’importance de garantir le droit d’accès aux données et l’accès à la justice; |
| — | la proposition n’aborde pas les aspects liés à la réglementation des sites de marché en ligne, qui devraient néanmoins être pris en considération dans le cadre du paquet relatif à la législation sur les services numériques qui sera proposé par la Commission; |
| — | la proposition fait valoir qu’il importe d’examiner la nécessité de réglementer de manière adéquate les aspects de droit civil et commercial dans le domaine des technologies des registres distribués, y compris des chaînes de blocs et, notamment, les aspects de droit civil et commercial des contrats intelligents. |
I. PROPOSITIONS À INCLURE DANS LA LÉGISLATION SUR LES SERVICES NUMÉRIQUES
Les éléments clés des propositions à inclure dans la législation sur les services numériques devraient être les suivants:
Un règlement sur les droits contractuels en matière de gestion de contenu répondant aux exigences suivantes:
| — | il devrait s’appliquer à la gestion, y compris la modération et l’édition, du contenu accessible dans l’Union; |
| — | il devrait énoncer des principes proportionnés relatifs à la modération de contenu; |
| — | il devrait établir des normes formelles et procédurales relatives à un mécanisme de notification et d’action qui soient proportionnées à la plateforme ainsi qu’à la nature et à l’incidence du préjudice, efficaces et à l’épreuve du temps; |
| — | il devrait prévoir un mécanisme indépendant de règlement des différends dans les États membres qui ne limite pas l’accès aux recours juridictionnels; |
| — | il devrait proposer un ensemble d’indicateurs clairs visant à définir le pouvoir de marché des plateformes d’hébergement de contenu afin de déterminer si certaines d’entre elles, qui ne disposent pas d’un pouvoir de marché important, peuvent être exemptées de certaines dispositions; ces indicateurs pourraient comprendre la taille du réseau (nombre d’utilisateurs), la solidité financière, l’accès aux données, le degré d’intégration verticale ou la présence d’un effet de verrouillage; |
| — | il devrait prévoir des règles relatives à la responsabilité des plateformes d’hébergement de contenu au regard des biens vendus sur ces plateformes ou pour lesquels elles font de la publicité, en tenant compte des activités de soutien aux PME, afin de réduire autant que possible la charge qui pèse sur ces dernières lorsqu’elles s’adaptent à cette responsabilité; |
| — | il devrait établir une distinction claire entre les contenus illicites et les contenus préjudiciables en vue de l’application des possibilités d’action appropriées; à cet égard, toute mesure établie par la législation sur les services numériques devrait uniquement s’appliquer aux contenus illicites tels que définis dans le droit de l’Union et le droit national; |
| — | il devrait reposer sur des principes établis aux fins de déterminer la législation applicable au respect du droit administratif et devrait, à la lumière de la convergence croissante des droits des utilisateurs, énoncer clairement que tous les aspects relevant de son champ d’application sont régis par ces principes; |
| — | il devrait respecter pleinement la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et les règles de l’Union relatives à la protection des utilisateurs et de leur sécurité, de leur vie privée et de leurs données à caractère personnel, ainsi que les autres droits fondamentaux; |
| — | il devrait prévoir un dialogue entre les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important et l’entité européenne sur la gestion des risques liés à la gestion de contenus à caractère juridique. |
La Commission devrait envisager la possibilité de créer une entité européenne chargée de veiller au respect des dispositions de la proposition au moyen des mesures suivantes:
| — | assurer un suivi régulier des algorithmes utilisés par les plateformes d’hébergement de contenu aux fins de la gestion de contenu; |
| — | examiner périodiquement le respect par les plateformes d’hébergement de contenu des dispositions du règlement, à partir de rapports de transparence fournis par ces plateformes et de la base de données publique des décisions relatives au retrait de contenu qui sera établie par la législation sur les services numériques; |
| — | travailler avec les plateformes d’hébergement de contenu sur les bonnes pratiques afin que leurs conditions générales répondent aux exigences en matière de transparence et d’obligation de rendre des comptes, ainsi que sur les bonnes pratiques relatives à la modération de contenu, et mettre en œuvre les procédures de notification et d’action; |
| — | coopérer et se coordonner avec les autorités nationales des États membres aux fins de la mise en œuvre de la législation sur les services numériques; |
| — | gérer un fonds créé spécialement en vue d’aider les États membres à financer les coûts de fonctionnement des organes indépendants de règlement des différends décrits dans le règlement, financé par des amendes infligées aux plateformes d’hébergement de contenu pour non-respect des dispositions de la législation sur les services numériques ainsi que par une contribution des plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un important pouvoir de marché; |
| — | infliger des amendes en cas de non-respect de la législation sur les services numériques; les amendes devraient alimenter le fonds spécial destiné à aider les États membres à financer les coûts de fonctionnement des organes de règlement des différends décrits dans le règlement; les cas de non-respect devraient inclure:
|
| — | publier des rapports semestriels sur l’ensemble de ses activités et rendre compte de ces dernières aux institutions de l’Union. |
Les rapports de transparence concernant la gestion de contenu devraient être établis comme suit:
La législation sur les services numériques devrait contenir des dispositions imposant aux plateformes d’hébergement de contenu de publier et de transmettre régulièrement des rapports de transparence à l’entité européenne. Ces rapports devraient englober tous les aspects, selon une méthode cohérente, et notamment comprendre:
| — | des informations sur les notifications traitées par la plateforme d’hébergement de contenu, y compris les éléments suivants:
|
| — | des informations sur le nombre de membres du personnel affectés à la modération de contenu, sur leur emplacement géographique, sur leur niveau d’instruction et sur leurs compétences linguistiques ainsi que sur tout algorithme utilisé pour prendre des décisions; |
| — | des informations sur les demandes de renseignements émanant d’autorités publiques, telles que les autorités répressives, y compris sur le nombre de demandes pleinement satisfaites et de demandes non satisfaites, ou en partie seulement; |
| — | des informations sur l’application des conditions générales et des informations sur les décisions de justice ordonnant la suppression ou la modification des conditions générales jugées illégales par un État membre. |
Les plateformes d’hébergement de contenu devraient en outre publier leurs décisions relatives au retrait de contenu dans une base de données accessible au public afin d’accroître la transparence pour les utilisateurs.
Les organes indépendants de règlement des différends devant être établis par le règlement devraient publier des rapports sur le nombre de cas dont ils ont été saisis, y compris sur le nombre de renvois auxquels ils ont donné suite.
II. PROPOSITIONS ANNEXES DE LA LÉGISLATION SUR LES SERVICES NUMÉRIQUES
Les mesures relatives à l’édition de contenu, aux données et aux publicités en ligne qui contreviennent aux droits contractuels équitables des utilisateurs devraient inclure les éléments suivants:
| — | des mesures visant à réduire autant que possible la quantité de données collectées par les plateformes d’hébergement de contenu, sur la base des interactions des utilisateurs avec le contenu hébergé sur ces plateformes, dans le but d’établir des profils publicitaires ciblés, notamment en imposant des conditions strictes quant à l’utilisation de publicités personnelles ciblées et en exigeant le consentement préalable, libre, spécifique, informé et univoque de l’utilisateur; le consentement relatif à l’utilisation de publicités ciblées n’est pas réputé libre et valable si l’accès au service est subordonné au traitement des données; |
| — | les utilisateurs de plateformes d’hébergement de contenu sont informés qu’ils font l’objet de publicités ciblées, ont accès au profil établi par les plateformes d’hébergement de contenu à leur sujet, ont la possibilité de modifier celui-ci et peuvent accepter ou refuser de recevoir des publicités ciblées, ainsi que retirer leur consentement à faire l’objet de telles publicités; |
| — | les plateformes d’hébergement de contenu devraient mettre à disposition un fichier d’archive du contenu sponsorisé et des publicités qui ont été présentés à leurs utilisateurs, en précisant notamment:
|
La trajectoire vers une mise en œuvre équitable des droits des utilisateurs en matière d’interopérabilité, d’interconnectivité et de portabilité devrait inclure:
| — | une évaluation de la possibilité de définir des conditions contractuelles équitables visant à faciliter le partage des données dans le but de remédier aux déséquilibres en matière de pouvoir de marché, notamment grâce à l’interopérabilité, à l’interconnectivité et à la portabilité des données; |
| — | une obligation pour les plateformes dotées d’un pouvoir de marché important d’offrir une interface de programmation permettant aux plateformes tierces et à leurs utilisateurs d’interopérer avec les principales fonctionnalités et les utilisateurs de la plateforme offrant l’interface de programmation, comprenant des services de tiers destinés à améliorer et personnaliser l’expérience utilisateur, notamment par des services de personnalisation des paramètres de confidentialité ainsi que des préférences en matière d’édition de contenu; |
| — | des dispositions garantissant que les plateformes dotées d’un pouvoir de marché important qui offrent une interface de programmation ne puissent pas partager, conserver, monétiser ou utiliser les données qu’elles reçoivent dans le cadre de services de tiers; |
| — | des dispositions garantissant que les obligations en matière d’interopérabilité et d’interconnectivité ne puissent pas limiter, entraver ou retarder la capacité des plateformes d’hébergement de contenu à régler les problèmes de sécurité, la nécessité de régler lesdits problèmes ne devant pas non plus entraîner une suspension injustifiée de l’interface de programmation assurant l’interopérabilité et l’interconnectivité; |
| — | des dispositions garantissant que les plateformes soient tenues, en vertu de la législation sur les services numériques, d’assurer la faisabilité technique des dispositions relatives à la portabilité des données énoncées à l’article 20, paragraphe 2, du règlement général sur la protection des données; |
| — | des dispositions garantissant que les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important répertorient publiquement toutes les interfaces de programmation qu’elles proposent pour permettre l’interopérabilité et l’interconnectivité des services. |
La trajectoire vers une réglementation adéquate des aspects de droit civil et commercial des technologies des registres distribués, y compris des chaînes de blocs et, notamment, des contrats intelligents, devrait inclure:
| — | des mesures garantissant la mise en place du cadre législatif adéquat aux fins de l’élaboration et du déploiement de services numériques comprenant des technologies des registres distribués, comme des chaînes de blocs et des contrats intelligents; |
| — | des mesures garantissant que les contrats intelligents disposent de mécanismes permettant de suspendre et renverser leur exécution, en particulier pour tenir compte des préoccupations de nature privée propres à la partie faible ou des inquiétudes du public notamment à l’égard des ententes, et pour veiller à ce que les droits des créanciers soient respectés dans le cadre des procédures d’insolvabilité et de restructuration; |
| — | des mesures assurant un équilibre et une égalité adéquats entre les parties à des contrats intelligents, compte tenu en particulier des intérêts des petits entrepreneurs et des PME, pour lesquels la Commission devrait examiner les modalités possibles; |
| — | une mise à jour du document d’orientation existant relatif à la directive 2011/83/UE visant à préciser si les contrats intelligents relèvent de l’exemption prévue à l’article 3, paragraphe 3, point i), de ladite directive, ainsi qu’à clarifier les questions relatives aux transactions transfrontalières, aux exigences de notarisation et au droit de rétractation. |
La trajectoire vers des règles équitables de droit international privé ne privant pas les utilisateurs d’un accès à la justice devrait:
| — | garantir que les conditions générales types ne comportent pas de dispositions réglementant les questions de droit international privé au détriment de l’accès à la justice, notamment par l’application effective des mesures existantes à cet égard; |
| — | inclure des mesures précisant les règles de droit international privé relatives aux activités des plateformes en matière de données, de sorte qu’elles ne portent pas atteinte aux membres de l’Union; |
| — | être fondée sur le multilatéralisme et, si possible, faire l’objet d’un accord au sein des enceintes internationales pertinentes. |
Les mesures appliquées dans l’Union ne devraient être proposées que lorsqu’il s’avère impossible de parvenir à une solution fondée sur le multilatéralisme dans des délais raisonnables et ce pour veiller à ce que l’utilisation des services numériques dans l’Union soit pleinement régie par le droit de l’Union et à ce qu’elle relève de la compétence des juridictions de l’Union.
B. TEXTE DE LA PROPOSITION LÉGISLATIVE DEMANDÉE
Proposition de
RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
concernant les droits contractuels en matière de gestion de contenu
LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,
vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment son article 114,
vu la proposition de la Commission européenne,
après transmission du projet d’acte législatif aux parlements nationaux,
vu l’avis du Comité économique et social européen,
statuant conformément à la procédure législative ordinaire,
considérant ce qui suit:
| (1) | Les conditions générales que les prestataires de services numériques appliquent dans leurs relations avec les utilisateurs sont souvent non négociables et peuvent être modifiées de façon unilatérale par ces prestataires. Des mesures doivent être prises au niveau législatif pour mettre en place des normes minimales applicables à ces conditions générales, notamment en ce qui concerne les règles de procédure relatives à la gestion de contenu. |
| (2) | Les régimes de droit civil régissant les pratiques des plateformes d’hébergement de contenu en matière de modération de contenu sont fondés sur certaines dispositions sectorielles à l’échelle de l’Union ainsi que sur des lois adoptées par les États membres à l’échelon national, et il existe des différences substantielles en ce qui concerne les obligations imposées par ces régimes de droit civil aux plateformes d’hébergement de contenu ainsi qu’en ce qui concerne leurs mécanismes d’exécution. |
| (3) | La fragmentation des régimes de droit civil régissant la modération de contenu par les plateformes d’hébergement de contenu qui en résulte entraîne non seulement des insécurités juridiques, lesquelles pourraient amener ces plateformes à adopter des pratiques plus strictes que nécessaire pour réduire au minimum les risques que l’utilisation de leur service engendre, mais conduit également à un morcellement du marché unique numérique, ce qui entrave la croissance et l’innovation et le développement des entreprises européennes sur le marché unique numérique. |
| (4) | Compte tenu des effets préjudiciables du morcellement du marché unique numérique et de l’insécurité juridique qui en découle pour les entreprises et les consommateurs, de la dimension internationale de l’hébergement de contenu, du volume considérable de contenus nécessitant une modération et du pouvoir de marché important détenu par quelques plateformes d’hébergement de contenu situées en dehors de l’Union, les diverses questions qui se posent quant à l’hébergement de contenu doivent être réglementées de manière à assurer une harmonisation totale et, de ce fait, au moyen d’un règlement. |
| (5) | En ce qui concerne les relations avec les utilisateurs, le présent règlement devrait établir des normes minimales en matière d’équité, de transparence et d’imputabilité des conditions générales des plateformes d’hébergement de contenu. En ce qui concerne la modération de contenu, les conditions générales devraient être claires, accessibles, intelligibles et univoques et inclure des normes et des procédures équitables, transparentes, contraignantes et uniformes, qui devraient garantir un accès indépendant et abordable aux voies de recours juridictionnel et respecter les droits fondamentaux. |
| (6) | L’amplification de contenu ciblant les utilisateurs sur la base des opinions ou des points de vue que ce contenu présente est l’une des pratiques les plus préjudiciables de la société numérique, en particulier lorsque la visibilité de ce contenu est renforcée en raison de l’interaction préalable des utilisateurs avec un autre contenu amplifié, dans le but d’optimiser leurs profils d’utilisateur à des fins de publicités ciblées. |
| (7) | Les algorithmes qui décident du classement des résultats de recherche influencent les communications et interactions individuelles et sociales et peuvent contribuer à la formation d’opinions, notamment dans le cas des contenus des médias. |
| (8) | Afin de veiller, entre autres, à ce qu’ils puissent faire valoir leurs droits, les utilisateurs devraient se voir garantir un niveau de transparence et d’influence approprié sur l’édition du contenu qui leur est proposé, et notamment la possibilité de s’opposer à toute édition de contenu, exceptée l’édition par ordre chronologique. Plus précisément, ils ne devraient pas être soumis à l’édition de contenu sans leur consentement préalable libre, spécifique, éclairé et univoque. Le consentement à l’utilisation de publicités ciblées ne devrait pas être réputé libre et valable si l’accès au service est subordonné au traitement des données. |
| (9) | Le consentement aux conditions générales des plateformes d’hébergement de contenu ou à toute autre description générale des règles relatives à la gestion de contenu par les plateformes d’hébergement de contenu, exprimé de manière générale par un utilisateur, ne devrait pas être considéré comme suffisant pour présenter automatiquement du contenu édité à cet utilisateur. |
| (10) | Le présent règlement ne contraint pas les plateformes d’hébergement de contenu à utiliser des systèmes automatisés de contrôle ex ante du contenu, sous quelque forme que ce soit, sauf disposition contraire du droit de l’Union existant, et dispose que les procédures de modération du contenu utilisées de plein gré par les plateformes ne doivent pas conduire à des mesures de contrôle ex ante du contenu reposant sur des outils automatisés ou au filtrage du contenu au moment du téléversement. |
| (11) | Le présent règlement devrait également inclure des dispositions visant à lutter contre les pratiques discriminatoires de modération de contenu et contre l’exploitation ou l’exclusion à des fins de modération de contenu, notamment lorsque le retrait de contenu généré par des utilisateurs est fondé sur l’apparence, l’origine ethnique, le genre, l’orientation sexuelle, la religion ou les convictions, le handicap, l’âge, la grossesse ou l’éducation des enfants, la langue ou la classe sociale. |
| (12) | Les personnes physiques ou morales, y compris les organismes publics, auxquelles du contenu est proposé par l’intermédiaire d’un site internet ou d’une application devraient conserver le droit d’émettre une notification en vertu du présent règlement. |
| (13) | Après qu’une notification a été émise, l’auteur du téléversement devrait être informé, par la plateforme d’hébergement de contenu, de son existence et, en particulier, du motif de la notification, ainsi que des dispositions à prendre, et obtenir des informations sur la procédure, y compris sur les modalités de recours et de renvoi devant les organes indépendants de règlement des différends ainsi que sur les voies de recours disponibles en cas de fausses notifications. Ces informations ne devraient cependant pas être communiquées si la plateforme d’hébergement de contenu a été informée par les autorités publiques de l’existence d’enquêtes judiciaires en cours. En pareil cas, il devrait incomber aux autorités concernées d’informer l’auteur du téléversement de l’émission d’une notification, conformément aux règles applicables. |
| (14) | L’ensemble des parties concernées devraient être informées de la décision résultant d’une notification. Outre le résultat de la décision, les informations communiquées aux parties concernées devraient également inclure, à tout le moins, le motif de la décision, préciser si celle-ci a été prise par un être humain uniquement et contenir des renseignements pertinents sur les modalités de réexamen ou de recours. |
| (15) | Un contenu devrait être réputé manifestement illégal s’il porte atteinte, indubitablement et sans qu’il soit nécessaire de procéder à un examen approfondi, aux dispositions légales régissant la légalité des contenus sur l’internet. |
| (16) | Compte tenu de la nature immédiate de l’hébergement de contenu et de la finalité souvent éphémère du téléversement de contenu, il est nécessaire d’établir des organes indépendants de règlement des différends pour assurer des voies de recours extrajudiciaire rapides et efficaces. Ces organes devraient être compétents pour statuer sur les différends relatifs à la légalité du contenu téléversé par des utilisateurs et à la bonne application des conditions générales. Cependant, une telle procédure ne devrait pas avoir pour effet d’empêcher l’utilisateur d’exercer son droit d’accès à la justice et d’exercer ultérieurement des recours en justice. |
| (17) | La mise en place d’organes indépendants de règlement des différends pourrait alléger la charge pesant sur les cours et tribunaux en assurant le règlement rapide des litiges portant sur les décisions de gestion de contenus sans préjudice du droit à un recours en justice. Étant donné que les plateformes d’hébergement de contenu qui jouissent d’un pouvoir de marché important peuvent tirer des bénéfices substantiels de la création d’organes indépendants de règlement des différends, il est souhaitable que lesdites plateformes contribuent au financement de ces organes. Ce fonds devrait être géré de manière indépendante par l’entité européenne afin d’aider les États membres à financer les frais de fonctionnement des organes indépendants de règlement des différends. Les États membres devraient veiller à ce que ces organes soient dotés des ressources suffisantes pour garantir leur compétence et leur indépendance. |
| (18) | Les utilisateurs devraient avoir le droit de saisir un organe indépendant et équitable de règlement des différends, dans le cadre d’un mécanisme alternatif de règlement des différends, pour contester une décision prise par une plateforme d’hébergement de contenu à la suite d’une notification relative au contenu qu’ils ont téléversé. Les auteurs d’une notification devraient jouir de ce droit s’ils ont la qualité pour agir dans un procès civil concernant le contenu en question. |
| (19) | S’agissant de la compétence, l’organe indépendant de règlement des différends compétent devrait être celui qui est établi dans l’État membre où le contenu faisant l’objet du litige a été téléversé. Les personnes physiques devraient toujours avoir la possibilité de porter leurs réclamations devant l’organe indépendant de règlement des différends de leur État membre de résidence. |
| (20) | Le signalement de violations contribue à éviter les violations du droit et à détecter les menaces ou les atteintes à l’intérêt général qui, autrement, continueraient de passer inaperçues. La mise en place d’une protection pour les lanceurs d’alerte contribue grandement à préserver la liberté d’expression, la liberté des médias et le droit d’accès à l’information du public. La directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil (1) devrait par conséquent s’appliquer aux violations pertinentes du présent règlement et être modifiée en conséquence. |
| (21) | Le présent règlement devrait inclure l’obligation de faire rapport sur sa mise en œuvre ainsi que l’obligation de le réexaminer dans un délai raisonnable. À cette fin, les organes indépendants de règlement des différends mis en place par les États membres conformément au présent règlement devraient présenter des rapports sur le nombre de cas dont ils ont été saisis, y compris le nombre de renvois traités, ainsi que sur les décisions prises — en procédant, s’il y a lieu, à l’anonymisation des données à caractère personnel -, les données relatives aux problèmes systémiques, les tendances et l’identification des plateformes qui ne se conforment pas aux décisions des organes indépendants de règlement des différends. |
| (22) | Étant donné que l’objectif du présent règlement, à savoir établir un cadre réglementaire pour les droits contractuels en ce qui concerne la gestion de contenu dans l’Union, ne peut pas être réalisé de manière suffisante par les États membres, mais peut en raison de sa dimension et de ses effets, l’être mieux au niveau de l’Union, celle-ci peut adopter des mesures conformément au principe de subsidiarité consacré à l’article 5 du traité sur l’Union européenne. Conformément au principe de proportionnalité énoncé audit article, le présent règlement n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif. |
| (23) | La création d’une entité européenne chargée de contrôler et de garantir de manière adéquate le respect des dispositions du présent règlement par les plateformes d’hébergement de contenu renforcerait considérablement les actions entreprises à l’échelle de l’Union telles qu’elles sont prévues par le présent règlement. À cette fin, la Commission devrait envisager la possibilité de désigner une agence ou un organe européen nouveau ou existant ou de coordonner un réseau d’autorités nationales afin de vérifier le respect des normes établies aux fins de la gestion des contenus sur la base de rapports de transparence et du suivi des algorithmes utilisés par les plateformes d’hébergement de contenu aux fins de gérer les contenus (ci-après dénommée «entité européenne»). |
| (24) | Afin d’assurer l’évaluation des risques associés à l’amplification de contenu, il convient d’instaurer, entre les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important et l’entité européenne ainsi que les autorités nationales concernées, un dialogue semestriel sur l’incidence des politiques de gestion des contenus à caractère juridique ayant trait aux droits fondamentaux. |
| (25) | Le présent règlement respecte l’ensemble des droits fondamentaux, ainsi que les libertés et principes reconnus par la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, tels qu’ils sont consacrés par les traités, en particulier la liberté d’expression et d’information et le droit à un recours effectif et à un procès équitable, |
ONT ADOPTÉ LE PRÉSENT RÈGLEMENT:
Article premier
Objet
Le présent règlement a pour objet de contribuer au bon fonctionnement du marché intérieur en fixant les règles visant à garantir l’existence de droits contractuels équitables en matière de gestion de contenu ainsi qu’à créer des mécanismes indépendants de règlement des différends relatifs à la gestion de contenu.
Article 2
Champ d’application
1. Le présent règlement s’applique aux plateformes d’hébergement de contenu qui hébergent et gèrent des contenus accessibles au public sur des sites internet ou par l’intermédiaire d’applications au sein de l’Union, indépendamment du lieu d’établissement ou d’immatriculation ou du siège d’exploitation principal desdites plateformes.
2. Le présent règlement ne s’applique pas aux plateformes d’hébergement de contenu qui:
| a) | sont dépourvues de tout caractère commercial; ou |
| b) | comptent moins de [100 000] (2) utilisateurs. |
Article 3
Définitions
Aux fins du présent règlement, on entend par:
| (1) | «plateforme d’hébergement de contenu», un service de la société de l’information au sens de l’article 1er, paragraphe 1, point b), de la directive (UE) 2015/1535 du Parlement européen et du Conseil (3), dont l’objectif principal ou l’un des principaux objectifs est de permettre aux utilisateurs enregistrés ou non enregistrés de téléverser du contenu à afficher sur un site internet ou une application accessibles au public; |
| (2) | «plateforme d’hébergement de contenu dotée d’un pouvoir de marché important», une plateforme d’hébergement de contenu présentant au moins deux des caractéristiques suivantes:
|
| (3) | «contenu», tout concept, idée, forme d’expression ou d’information dans tout format (textes, images, audio et vidéo); |
| (4) | «contenu illicite», tout contenu contraire au droit de l’Union ou au droit de l’État membre dans lequel il est hébergé; |
| (5) | «gestion de contenu», la modération et l’édition de contenu sur des plateformes d’hébergement de contenu; |
| (6) | «modération de contenu», la pratique consistant à surveiller et à appliquer un ensemble préétabli de règles et de lignes directrices au contenu généré, publié ou partagé par des utilisateurs afin de faire en sorte que ledit contenu soit conforme aux exigences légales et réglementaires, aux lignes directrices communautaires et aux conditions générales ainsi que toute mesure prise en conséquence par la plateforme, telle que le retrait du contenu ou la suppression ou la suspension du compte de l’utilisateur, par l’intermédiaire de systèmes automatisés ou d’opérateurs humains; |
| (7) | «édition de contenu», la pratique consistant à sélectionner, à optimiser, à privilégier et à recommander du contenu sur la base du profil personnel des utilisateurs dans le but d’afficher ledit contenu sur un site internet ou une application; |
| (8) | «conditions générales», toutes les conditions générales ou spécifications, quelle que soit leur dénomination ou leur forme, qui régissent la relation contractuelle entre la plateforme d’hébergement de contenu et ses utilisateurs et qui sont déterminées unilatéralement par la plateforme d’hébergement de contenu; |
| (9) | «utilisateur», une personne physique ou morale qui utilise les services fournis par une plateforme d’hébergement de contenu ou qui interagit avec le contenu hébergé sur cette plateforme; |
| (10) | «auteur du téléversement», une personne physique ou morale qui ajoute du contenu sur une plateforme d’hébergement de contenu, indépendamment de sa visibilité pour les autres utilisateurs; |
| (11) | «notification», une communication officialisée contestant la conformité du contenu avec les exigences légales et réglementaires, les lignes directrices communautaires et les conditions générales. |
Article 4
Principes relatifs à la gestion de contenu
1. La gestion de contenu est effectuée de manière équitable, licite et transparente. Les pratiques de gestion de contenu sont appropriées, proportionnées à la nature et au volume du contenu, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles le contenu est géré. Les plateformes d’hébergement de contenu sont tenues responsables du fait que leurs pratiques de gestion du contenu sont équitables, transparentes et proportionnées.
2. Les utilisateurs ne sont pas soumis à des pratiques discriminatoires ni à des pratiques d’exploitation ou d’exclusion en matière de modération de contenu par les plateformes d’hébergement de contenu, telles que le retrait de contenu généré par des utilisateurs fondé sur l’apparence, l’origine ethnique, le genre, l’orientation sexuelle, la religion ou les convictions, le handicap, l’âge, la grossesse ou l’éducation des enfants, la langue ou la classe sociale.
3. Les plateformes d’hébergement de contenu fournissent aux utilisateurs suffisamment d’informations sur leurs profils d’édition de contenu ainsi que sur les critères individuels selon lesquels les plateformes d’hébergement de contenu éditent le contenu pour eux, y compris en ce qui concerne l’utilisation éventuelle d’algorithmes et la finalité desdits algorithmes.
4. Les plateformes d’hébergement de contenu confèrent aux utilisateurs un niveau d’influence approprié sur l’édition du contenu qui leur est proposé, et notamment la possibilité de s’opposer à toute édition de contenu. Plus précisément, les utilisateurs sont pas soumis à l’édition de contenu sans leur consentement préalable, libre, spécifique, éclairé et univoque.
Article 5
Dialogue structuré sur les risques liés à la gestion de contenu
Dans le cadre du dialogue structuré sur les risques mené avec l’entité européenne et les autorités nationales compétentes, les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important présentent à l’entité européenne un rapport semestriel sur l’incidence sur les droits fondamentaux, sur la gestion des risques dans le cadre de leurs politiques de gestion de contenu et sur la manière dont ils atténuent ces risques.
Article 6
Obligation de transparence
1. Les prestataires de services numériques prennent les mesures nécessaires pour permettre la divulgation du financement des groupes d’intérêts auxquels les utilisateurs des services numériques fournis sont associés et d’informations détaillées sur la nature de la relation entre lesdits groupes d’intérêts et lesdits utilisateurs. Cette divulgation permet d’identifier la personne responsable sur le plan juridique.
2. Les prestataires de services numériques commerciaux qui sont établis en dehors de l’Union désignent un représentant légal aux fins de défendre les intérêts des utilisateurs au sein de l’Union et rendent les coordonnées dudit représentant visibles et accessibles sur leur site internet.
Article 7
Éligibilité à l’émission de notifications
1. Toute personne physique ou morale ou tout organisme public ayant accès à du contenu par l’intermédiaire d’un site internet, d’une application ou d’une autre forme de logiciel a le droit d’émettre une notification en vertu du présent règlement.
2. Les États membres prévoient des sanctions applicables aux personnes qui, agissant pour les besoins de leur commerce, de leur entreprise, de leur métier ou de leur profession, émettent de manière systématique et répétée de fausses notifications. Ces sanctions sont effectives, proportionnées et dissuasives.
Article 8
Procédures de notification
Les plateformes d’hébergement de contenu incluent dans leurs conditions générales des informations claires, accessibles, intelligibles et dépourvues d’ambiguïté relatives aux procédures de notification, notamment:
| (a) | le délai maximal dans lequel l’auteur du téléversement du contenu en question doit être informé de l’existence d’une procédure de notification; |
| (b) | le délai dans lequel l’auteur du téléversement peut former un recours; |
| (c) | le délai dont la plateforme d’hébergement de contenu dispose pour traiter promptement une notification et prendre une décision; |
| (d) | le délai dont la plateforme d’hébergement de contenu dispose pour informer les deux parties du résultat de la décision, en motivant les mesures prises. |
Article 9
Contenu des notifications
1. Une notification relative à du contenu comprend au moins les informations suivantes:
| (a) | un lien vers le contenu en question et, s’il y a lieu, dans le cas par exemple d’un contenu vidéo, un horodatage; |
| (b) | le motif de la notification; |
| (c) | des éléments de preuve à l’appui de la réclamation formulée dans la notification; |
| (d) | une déclaration de bonne foi de l’auteur de la notification; et |
| (e) | en cas de violation de droits de la personnalité ou de droits de propriété intellectuelle, l’identité de l’auteur de la notification. |
2. Dans le cas des violations visées au paragraphe 1, point e), l’auteur de la notification est la personne concernée par la violation des droits de la personnalité, ou le titulaire des droits de propriété intellectuelle qui ont été violés, ou toute personne agissant en son nom.
Article 10
Informations fournies à l’auteur du téléversement
1. Dès l’émission d’une notification et avant qu’une décision ne soit prise concernant le contenu, l’auteur du téléversement du contenu en question reçoit les informations suivantes:
| (a) | le motif de la notification et les mesures susceptibles d’être prises par la plateforme d’hébergement de contenu; |
| (b) | suffisamment d’informations sur la procédure à suivre; |
| (c) | des informations sur le droit de réponse prévu au paragraphe 3; et |
| (d) | des informations sur les voies de recours disponibles en cas de fausses notifications. |
2. Les informations requises au titre du paragraphe 1 ne sont pas communiquées si la plateforme d’hébergement de contenu a été informée par les autorités publiques de l’existence d’enquêtes judiciaires en cours.
3. L’auteur du téléversement a le droit de répondre à la plateforme d’hébergement de contenu sous la forme d’une contre-notification. La plateforme d’hébergement de contenu tient compte de la réponse de l’auteur du téléversement lorsqu’elle prend une décision sur les mesures à prendre.
Article 11
Décisions relatives aux notifications
1. Les plateformes d’hébergement de contenu veillent à ce que les décisions relatives aux notifications soient prises sans retard indu par un personnel qualifié au terme des vérifications nécessaires.
2. À la suite d’une notification, les plateformes d’hébergement de contenu décident sans retard s’il convient de retirer, de supprimer ou de rendre inaccessible le contenu faisant l’objet de la notification si ledit contenu n’est pas conforme aux exigences légales. Sans préjudice de l’article 14, paragraphe 2, le fait qu’un contenu spécifique ait été déclaré non conforme par une plateforme d’hébergement de contenu n’implique en aucun cas que le contenu d’un autre utilisateur puisse être automatiquement retiré, supprimé ou rendu inaccessible.
Article 12
Informations relatives aux décisions
Lorsqu’une plateforme d’hébergement de contenu a pris une décision, elle informe l’ensemble des parties concernées par la procédure de notification du résultat de sa décision, en leur communiquant les informations suivantes en des termes clairs et simples:
| (a) | les motifs de la décision; |
| (b) | si la décision a été prise par un être humain uniquement ou avec l’aide d’un algorithme; |
| (c) | des informations concernant la possibilité d’un réexamen tel qu’il est visé à l’article 13 et, pour chaque partie, d’un recours juridictionnel. |
Article 13
Réexamen des décisions
1. Les plateformes d’hébergement de contenu peuvent proposer un mécanisme permettant aux utilisateurs de demander un réexamen des décisions prises.
2. Les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important prévoient le mécanisme de réexamen visé au paragraphe 1.
3. Dans tous les cas, la décision définitive du réexamen est prise par un être humain.
Article 14
Retrait de contenu
1. Sans préjudice des décisions judiciaires ou administratives relatives au contenu en ligne, le contenu faisant l’objet d’une notification reste visible tant que l’évaluation de sa légalité est en cours.
2. Les plateformes d’hébergement de contenu agissent promptement pour rendre indisponible ou retirer les contenus manifestement illicites.
Article 15
Règlement indépendant des différends
1. Les États membres prévoient des organes indépendants de règlement des différends pour garantir des voies de recours extrajudiciaire rapides et efficaces lorsque des décisions relatives à la modération de contenu font l’objet d’un recours.
2. Les organes indépendants de règlement des différends sont composés d’experts juridiques indépendants ayant pour mission de statuer sur les différends qui opposent des plateformes d’hébergement de contenu et les utilisateurs concernant la conformité du contenu en question avec les exigences juridiques et réglementaires, les lignes directrices communautaires et les conditions générales.
3. Le renvoi d’un différend relatif à la modération de contenu devant un organe indépendant de règlement des différends ne fait pas obstacle à l’introduction ultérieure d’une action en justice par un utilisateur, à moins que le différend n’ait été réglé d’un commun accord.
4. Les plateformes d’hébergement de contenu dotées d’un pouvoir de marché important contribuent financièrement aux coûts de fonctionnement des organes indépendants de règlement des différends par l’intermédiaire d’un fonds spécifique géré par l’entité européenne, dans le but d’aider les États membres à financer ces organes. Les États membres veillent à ce que les organes indépendants de règlement des différends soient dotés des ressources suffisantes pour garantir leur compétence et leur indépendance.
Article 16
Règles de procédure relatives au règlement indépendant des différends
1. L’auteur du téléversement ainsi qu’un tiers, tel qu’un médiateur ayant un intérêt légitime à agir, ont le droit de renvoyer une affaire relative à la modération de contenus devant l’organe indépendant de règlement des différends compétent dans l’éventualité où une plateforme d’hébergement de contenu aurait décidé de retirer, de supprimer ou de rendre inaccessible le contenu ou d’agir d’une manière contraire à la volonté de l’auteur du téléversement telle qu’exprimée par celui-ci ou qui constitue une violation des droits fondamentaux.
2. Lorsque la plateforme d’hébergement de contenu a décidé de ne pas supprimer le contenu faisant l’objet d’une notification, l’auteur de la notification a le droit de renvoyer l’affaire devant l’organe indépendant de règlement des différends compétent, pour autant que cet auteur ait la qualité pour agir dans un procès civil concernant le contenu en question.
3. En ce qui concerne la compétence, l’organe indépendant de règlement des différends compétent est celui qui est établi dans l’État membre où le contenu faisant l’objet du différend a été téléversé. Les personnes physiques sont autorisées, dans tous les cas, à porter leurs réclamations devant l’organe indépendant de règlement des différends de leur État membre de résidence.
4. Lorsque l’auteur de la notification a le droit de renvoyer une affaire de modération de contenu devant un organe indépendant de règlement des différends conformément au paragraphe 2, il peut saisir l’organe indépendant de règlement des différends établi dans l’État membre de sa résidence habituelle ou de la résidence de l’auteur du téléversement, si ce dernier utilise le service à des fins non commerciales.
5. Lorsqu’une affaire de modération de contenu liée à la même question fait l’objet d’un renvoi devant un autre organe indépendant de règlement des différends, l’organe indépendant de règlement des différends peut suspendre la procédure en ce qui concerne le renvoi. Lorsqu’une question de modération de contenu a fait l’objet de recommandations de la part d’un organe indépendant de règlement des différends, l’organe indépendant de règlement des différends peut refuser de traiter un renvoi.
6. Les États membres fixent toutes les autres règles et procédures nécessaires qui s’appliquent aux organes indépendants de règlement des différends relevant de leur compétence.
Article 17
Données à caractère personnel
Tout traitement de données à caractère personnel en application du présent règlement est effectué conformément au règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil (4) et à la directive 2002/58/CE du Parlement européen et du Conseil (5).
Article 18
Signalement de violations et protection des personnes qui signalent des violations
La directive (UE) 2019/1937 s’applique au signalement de violations du présent règlement ainsi qu’aux personnes qui signalent ces violations.
Article 19
Modifications de la directive (UE) 2019/1937:
La directive (UE) 2019/1937 est modifiée comme suit:
| 1) | le point suivant est ajouté à l’article 2, paragraphe 1, point a):
|
| 2) | le point suivant est ajouté à la partie I de l’annexe:
|
Article 20
Rapports, évaluation et réexamen
1. Les États membres fournissent à la Commission l’ensemble des informations pertinentes relatives à la mise en œuvre et à l’application du présent règlement. Sur la base des informations fournies et de la consultation publique, la Commission soumet au Parlement européen et au Conseil, au plus tard le… [trois ans après l’entrée en vigueur du présent règlement], un rapport sur la mise en œuvre et l’application du présent règlement et examine la nécessité d’adopter des mesures supplémentaires, y compris, le cas échéant, des modifications au présent règlement.
2. Sans préjudice des obligations en matière de rapports prévues dans d’autres actes juridiques de l’Union, les États membres présentent chaque année les données chiffrées suivantes à la Commission:
| (a) | le nombre de différends dont les organes indépendants de règlement des différends ont été saisis et les types de contenus qui ont fait l’objet de différends; |
| (b) | le nombre d’affaires réglées par les organes indépendants de règlement des différends, classées en fonction de l’issue. |
Article 21
Entrée en vigueur
Le présent règlement entre en vigueur le vingtième jour suivant celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Il est applicable à partir du XX.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.
Fait à …, le
Par le Parlement européen
Le président
Par le Conseil
Le président
(1) Directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union (JO L 305 du 26.11.2019, p. 17).
(2) Lorsqu’elle détermine le nombre d’utilisateurs, la Commission devrait tenir compte du cas des PME et des start-ups.
(3) Directive (UE) 2015/1535 du Parlement européen et du Conseil du 9 septembre 2015 prévoyant une procédure d’information dans le domaine des réglementations techniques et des règles relatives aux services de la société de l’information (JO L 241 du 17.9.2015, p. 1).
(4) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (règlement général sur la protection des données) (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).
(5) Directive 2002/58/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 juillet 2002 concernant le traitement des données à caractère personnel et la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques (directive vie privée et communications électroniques) (JO L 201 du 31.7.2002, p. 37).
Résolution du Parlement européen du 18 décembre 2020 sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, en particulier le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR) (2020/2912(RSP))
18/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la mise en œuvre de la directive sur le retour (2019/2208(INI))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié MON 87751 × MON 87701 × MON 87708 × MON 89788, consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069145/02 — 2020/2891(RSP))
17/12/2020
Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × MIR162 × MON 87411 ou du maïs génétiquement modifié combinant deux ou trois des événements uniques MON 87427, MON 89034, MIR162 et MON 87411, de produits consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, en application du règlement (CE) n° 1829/2003 du Parlement européen et du Conseil (D069146/02 — 2020/2892(RSP))
17/12/2020