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AccueilDroit européen52020IR0840
Initiative législative52020IR0840

Avis du Comité européen des régions — Les défis de la démocratie locale dans les Balkans occidentaux

CELEX52020IR0840
TypeInitiative législative
Datemercredi 14 octobre 2020

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions identifie les obstacles à la démocratie locale dans les Balkans occidentaux, tels que la faiblesse des capacités administratives et le manque de participation citoyenne. Il formule des recommandations pour renforcer le rôle des collectivités territoriales dans le processus d'adhésion à l'UE. Pour un professionnel du droit français, ce texte éclaire les conditions politiques et institutionnelles préalables à l'intégration européenne de ces États.

Texte intégral

18.12.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/66


Avis du Comité européen des régions — Les défis de la démocratie locale dans les Balkans occidentaux

(2020/C 440/12)

Rapporteur:

Nikola DOBROSLAVIĆ (HR/PPE), Joupan du comitat de Dubrovnik et de la Neretva

Références:

Lettre de la présidence croate du Conseil de l’Union européenne, adressée par le ministre des affaires étrangères et européenne de la République de Croatie, M. Grlić Radman, au président du CdR, M. Karl-Heinz Lambertz, A/00028

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations générales

1.

exprime sa reconnaissance envers la présidence croate du Conseil de l’Union, qui est à l’initiative du présent avis, car pour la première fois, l’occasion lui est ainsi donnée d’exposer ses vues sur la seule question des défis de la démocratie dans les Balkans occidentaux, en mettant l’accent sur le problème de l’accaparement affectant les pouvoirs locaux, lequel constitue un phénomène connu et attesté également bien au-delà des limites de cette région;

2.

rappelle qu’en 2018, 2019 et 2020, il a consacré aux paquets «élargissement» de la Commission européenne des avis dans lesquels il a accordé une attention toute particulière aux défis qui se posent à la démocratie locale dans les Balkans occidentaux et à la manière dont elle y fonctionne;

3.

étudie soigneusement les rapports sur l’état d’avancement des pays candidats et se félicite que la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union continuent à s’investir dans la politique d’élargissement aux États des Balkans occidentaux; affirme à nouveau considérer que cette extension répond à l’intérêt de ces pays comme à celui de l’Union européenne, dans le domaine de la politique, de l’économie et de la sécurité, et qu’elle représente un investissement géostratégique pour la paix, la stabilité, la sécurité et la croissance économique de toute l’Europe; soutient cependant que ces candidats à l’adhésion doivent remplir chacun toutes les conditions fixées à cet effet;

4.

est au regret de réitérer que dans ses rapports avec les pays partenaires des Balkans occidentaux et, en particulier, pour ce qui concerne le processus de leur intégration à l’Union, la Commission européenne a traditionnellement omis de porter une attention suffisante aux problématiques de la démocratie locale, de l’état de droit et de la bonne gouvernance à l’échelle municipale;

5.

se réjouit des progrès qui ont été accomplis dans plusieurs États des Balkans occidentaux mais s’alarme de constater la lenteur des avancées dans certains pays de la région, voire, pour quelques cas, les tendances à la régression, que l’on relève en ce qui concerne la lutte contre la corruption, la protection des droits de l’homme, la liberté des médias et celle du pouvoir judiciaire, et diagnostique un affaiblissement général de l’état de droit;

6.

répète que sur le territoire des Balkans occidentaux, la démocratie locale doit relever de multiples défis, dont beaucoup sont certes similaires ou même identiques à ceux des États membres de l’Union mais y revêtent une acuité nettement plus prononcée. Les problèmes qui affectent cette zone sont aggravés par des facteurs qui n’existent pas dans l’Union européenne ou y sont moins prégnants, qu’il s’agisse des séquelles des conflits armés du passé, de différends, concernant la souveraineté ou présentant une nature territoriale, qui n’ont pas encore trouvé de solution, de l’absence de liberté dans les médias, de la non-reconnaissance de génocides ou crimes de guerre, des idéologies expansionnistes, des discours de haine, de l’inaboutissement des processus constitutionnels, de l’égalité non réalisée entre différents peuples et de l’existence de lois électorales inconstitutionnelles, du niveau insatisfaisant qui y est atteint en matière de bonne gouvernance, ainsi que des tendances autoritaristes dont font montre les détenteurs de fonctions officielles et les partis gouvernants, à tous les niveaux de pouvoir, du degré de développement socio-économique, qui est assez médiocre, du cours essentiellement négatif qu’y affiche la démographie, ou encore du sous-développement de la société civile, qui se combine avec la faiblesse de la culture politique démocratique;

7.

dit sa conviction que la situation de la démocratie à l’échelle locale est liée, de manière indissociable, à l’état qu’elle présente au niveau national, et que les évolutions négatives qui se produisent dans le premier de ces échelons ne sont souvent que la traduction de tels développements qui ont lieu dans le second;

8.

réaffirme qu’il n’a cessé de s’impliquer dans les processus concernant les Balkans occidentaux, par le truchement de son groupe de travail sur les Balkans occidentaux, qui est axé sur l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo (*1), et de ses trois comités consultatifs paritaires, lesquels sont des instances qui ont été constituées et fonctionnent, sur une base de parité, avec les collectivités locales et régionales de plusieurs pays balkaniques, à savoir le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie; fait valoir par ailleurs que ces forums ont fait la preuve de leur utilité, s’agissant que les représentants des communes et des régions faisant partie des États membres de l’Union et des pays qui sont ses partenaires dans les Balkans partagent leurs bonnes pratiques et procèdent à des échanges de vues, grâce aux discussions qui y sont menées sur toute une série de questions d’intérêt commun, dont certaines concernant l’état de droit et la bonne gouvernance, en une démarche qui revêt une haute importance dans le contexte des négociations d’adhésion à l’Union; regrette toutefois que dans ces différents comités consultatifs paritaires, le pluralisme politique des pays balkaniques concernés ne soit pas toujours respecté;

9.

saluant les efforts que le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe déploie pour promouvoir la démocratie locale dans les Balkans occidentaux, estime que ces activités sont complémentaires de celles qu’il développe lui-même, de sorte qu’il souhaite intensifier la coopération qu’il a nouée avec le Congrès dans ce domaine;

10.

fait observer que la stratégie de l’Union européenne pour la région du Danube (EUSDR), qui constitue l’une de ses quatre stratégies macrorégionales, englobe également trois États des Balkans occidentaux. Elle a pour objectif premier que la coopération entre les pays et les régions soit étendue de manière renforcée aux acteurs locaux et régionaux. Cette démarche implique notamment de soutenir et accompagner ces intervenants dans le cadre des processus afférents, à caractère démocratique, ainsi que la société civile. Le Comité prône dès lors qu’une collaboration plus poussée soit menée au titre de ladite stratégie de l’Union pour la région du Danube;

11.

parmi les défis qui se posent à la démocratie locale, insiste tout particulièrement sur le phénomène de l’«accaparement» des pouvoirs locaux, que la Commission européenne avait également mis en évidence dans sa stratégie sur l’élargissement de 2018 et qui fait référence à une situation où un appareil d’administration locale est inféodé, en tout ou en partie, à de puissants individus ou groupes qui le mettent au service de leurs propres intérêts;

12.

juge que les principaux aspects de cet asservissement des pouvoirs locaux sont les marchés publics inéquitables, voire illégaux, la nomination, le recrutement ou la promotion injustifiés de fonctionnaires ou de dirigeants et employés d’entreprises publiques, les pressions exercées sur les organes de la justice, l’opacité du soutien apporté par les communes à des organisations de la société civile, la non-transparence dans le fonctionnement de ces collectivités et de l’administration publique, qui va souvent de pair avec la mise sous tutelle des médias locaux par la prise de participation ou par la publicité, ou encore le dévoiement des partis politiques à des fins d’enrichissement personnel et le maintien des communautés et autorités locales dans une situation de sujétion, grâce à la mise en place de réseaux de favoritisme et à leur pérennisation; souligne que ces facteurs suscitent souvent le désenchantement chez les citoyens et qu’ils débouchent sur de faibles taux de participation électorale dans les scrutins locaux et, par conséquent, creusent encore le déficit démocratique dans les collectivités locales;

13.

fait également remarquer que le niveau atteint en ce qui concerne l’état de droit est insuffisant: le système judiciaire est lent, inefficace, souvent partial, et même corrompu dans certains cas; très répandue et profondément enracinée, la corruption passe, aux yeux de nombre de citoyens, pour être une pratique normale, voire inévitable, en particulier dans le domaine de l’emploi à l’échelon local et pour ce qui est des personnels de santé ou de la police de la route; il persiste un extrémisme violent obéissant à des motivations ethniques et religieuses; enfin, les pouvoirs locaux et régionaux souffrent de l’inadéquation des dispositifs législatifs et des structures institutionnelles auxquels ils sont soumis, dont, en particulier, un manque de décentralisation administrative et fiscale;

14.

note que le manque de pluralisme politique, ainsi que l’élimination ou l’intimidation de responsables élus appartenant aux partis d’opposition, qui se constatent au niveau local dans certains pays des Balkans occidentaux y posent un défi majeur pour la démocratie municipale;

15.

avance, dans ce contexte, que dans les territoires où les pouvoirs locaux sont accaparés de la sorte, les marchés publics servent à renforcer encore le pouvoir des dirigeants, ou des coteries qui les régissent de facto, grâce, notamment, à des procédés tels qu’éviter les appels d’offres et attribuer directement les commandes, ne publier ces appels que dans des médias à faible audience, à des périodes inhabituelles et en les assortissant de délais extrêmement courts, ou de conditions taillées à l’exacte mesure d’un soumissionnaire bien précis. Après attribution du marché, le participant à l’appel d’offres qui aura été ainsi favorisé témoignera de sa reconnaissance au dirigeant concerné ou à ses représentants en lui versant une commission de base, qui consistera en un pourcentage du prix payé pour les biens ou les services et, d’une manière générale, aura déjà été prévue comme part réservée aux responsables concernés dans la procédure de marché public, afin que les bénéfices des entreprises attributaires de ces offres ne soient pas entamés;

16.

signale que la politique des ressources humaines offre un puissant outil aux accapareurs des collectivités locales, en particulier lorsque les emplois de qualité sont rares, comme il en va souvent ainsi dans les régions qui sont victimes de tels assujettissements. Les nouveaux recrutements de membres des administrations municipales ou d’employés des entreprises publiques locales s’effectuent souvent dans la parentèle des personnes concernées ou parmi des proches de leurs «amis» de la politique ou du monde des affaires. Le système inclut également jusqu’à des personnes qui, dans les organes représentatifs, font partie de l’opposition, ainsi que leurs conjoints ou leurs proches parents, et il peut même s’accompagner d’une refonte illégale de l’organigramme administratif, visant à récompenser le dévouement de tel ou tel individu pour le «beau travail accompli»;

17.

constate avec beaucoup d’inquiétude qu’afin de conserver leur emprise et de s’assurer le contrôle des ressources locales, il est fréquent que des dirigeants et membres d’autres groupes officieux fort puissants entreprennent de nouer des liens avec des magistrats ou autres fonctionnaires de justice de l’échelon national et local, soudoyant, grâce à l’utilisation de ressources collectivités locales, des personnes influentes dans les rouages de l’appareil judiciaire. Ces fonctionnaires de justice, en retour, entraveront les devoirs et procédures d’enquête du système judiciaire dans des dossiers concernant les dignitaires locaux impliqués;

18.

fait observer que dans les communautés locales, la situation est encore aggravée par la déperdition de ressources humaines qui se manifeste par un fort pourcentage de départs au sein de la population, en particulier chez les citoyens jeunes et éduqués, et devient un puissant frein pour le développement de ces territoires;

19.

insiste, étant donné que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue un principe fondamental de l’Union, sur la nécessité d’envisager et mettre en œuvre sérieusement des actions visant à renforcer les droits des femmes et à accroître leur participation à la vie politique;

20.

est tout à fait conscient que les migrations illégales pèsent elles aussi lourdement sur le fonctionnement des communautés locales qui sont situées sur l’itinéraire de la route dite «des Balkans», car elles ne font qu’accroître, chez le citoyen mais aussi chez les détenteurs de l’autorité, le sentiment que les institutions sont impuissantes et inopérantes;

21.

observe que les méfaits des acteurs du crime organisé menacent la sécurité et le bien-être des communautés locales;

22.

à cet égard, s’alarme également de constater que des potentats locaux contrôlent les médias et les antennes locales d’institutions nationales;

23.

constate que, bien qu’ils adoptent en principe une position critique vis-à-vis des pouvoirs publics à leurs niveaux respectifs, les organisations de la société civile et les médias des Balkans occidentaux sont souvent dans une situation de dépendance à leur égard, pour ce qui est de leurs ressources financières octroyées sous forme de subventions, de leurs abattements fiscaux ou de leurs locaux de travail. Octroyer ou refuser arbitrairement un soutien pécuniaire ou des espaces d’activité professionnelle constitue un puissant outil aux mains des «accapareurs» des pouvoirs locaux désireux de faire taire les voix critiques et de se tailler une clientèle captive dans les rangs de la société civile;

24.

tient à préciser qu’affranchir les Balkans occidentaux de l’accaparement dont sont victimes les pouvoirs publics, au niveau tant national que local, serait hautement bénéfique pour les citoyens de ces pays, contribuerait à renforcer leurs économies, démocratiserait leurs sociétés, atténuerait les évolutions négatives de leur démographie, en particulier pour ce qui est des mouvements de population et les rapprocherait de l’adhésion à l’Union européenne;

25.

se félicite que le 6 février 2020, la Commission européenne ait adopté une nouvelle méthodologie concernant le processus d’adhésion à l’Union des pays des Balkans occidentaux et espère que les délégations de l’Union et les représentants des pouvoirs publics de la région vont nouer des relations encore plus intenses dans le domaine de l’état de droit, de la réforme de l’administration publique, de la transparence, de la protection de l’environnement, de la compétitivité économique et des politiques sectorielles;

26.

dans ce contexte, considère que les pays candidats potentiels disposeront ainsi de nouvelles perspectives pour se rapprocher de l’Union européenne mais qu’ils devraient aussi se montrer plus zélés pour combattre la corruption, renforcer l’état de droit et gérer les ressources publiques avec plus de transparence;

27.

eu égard à cette nouvelle méthodologie pour l’adhésion à l’Union, met plus particulièrement en avant que le renforcement de l’état de droit représente une arme efficace pour lutter contre les causes et les effets de l’accaparement dont sont victimes les pouvoirs locaux;

28.

observe que la pérennisation de cette situation d’assujettissement des collectivités locales, où le pouvoir politique et économique se trouve confisqué par un petit groupe d’individus, affecte également le déroulement des consultations électorales, en dissuadant les citoyens de s’investir dans la politique. En outre, les élections locales se soldent souvent par un taux de participation inférieur à celui des scrutins nationaux. Cet état de fait est illustré par la tenue de consultations électorales qui sont boycottées par les partis d’opposition, ou encore par les situations, tout à fait inacceptables pour les processus démocratiques, où l’on n’a pas voté à l’échelon local depuis onze années, comme dans le cas de Mostar, et qui ont donné lieu à un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (affaire Baralija contre Bosnie-Herzégovine, 30100/18). Le Comité appelle dès lors l’Union européenne à accorder une attention toute particulière à l’observation des processus électoraux dans de tels environnements;

29.

relève et déplore que le repli et l’indifférence politique prévalent dans une fraction de la population, en particulier chez les citoyens les plus instruits et ceux qui jouissent d’une autonomie financière, tandis que dans une autre catégorie, on retrouvera tous les habitants qui sont inféodés au pouvoir par un rapport de clientélisme, que ce soit afin d’obtenir un emploi, un complément de retraite, des places à la crèche pour leurs enfants ou le réasphaltage des voies d’accès à leur domicile, pour ne citer que quelques exemples. De telles situations s’assimilent à de véritables «prises d’otage», dont les auteurs sont assurés de rester au pouvoir et de saper encore davantage la situation de la démocratie locale;

Contexte général

30.

rappelle que c’est pour servir de cadre à ses relations avec les pays de la région que l’Union a institué, en 1999, le processus de stabilisation et d’association (PSA). Dans le même temps elle lançait une initiative de plus grande envergure, le «pacte de stabilité», puis, pour le remplacer, elle a instauré, en 2018, le Conseil de coopération régionale (CCR). En 2003, le Conseil européen de Thessalonique a confirmé que tous les pays membres couverts par le processus de stabilisation et d’association constituaient des candidats potentiels à une adhésion à l’Union européenne;

31.

souligne que, dans ce contexte, la perspective européenne ainsi ouverte a été confirmée par la stratégie de la Commission européenne pour les Balkans occidentaux de février 2018, ainsi que par la déclaration de Sofia, adoptée à la suite du sommet UE-Balkans occidentaux tenu le 17 mai 2018 dans la capitale bulgare, et qu’elle constituera le thème de la prochaine de ces rencontres au sommet entre l’Union européenne et cette région, fixée au 7 mai 2020, à Zagreb, en Croatie;

32.

rappelle que le réseau des délégations de l’Union, qui fait partie intégrante du Service européen pour l’action extérieure, constitue une pièce maîtresse du dispositif nécessaire pour effectuer un suivi et faire rapport concernant l’assujettissement des pouvoirs locaux, dont, en particulier, la question de la corruption et des obstacles posés à la tenue d’élections libres et honnêtes, au niveau tant local que national;

33.

fait valoir qu’en coopération avec les pays partenaires des Balkans occidentaux et d’ailleurs, il a lui-même constitué une enceinte importante pour les efforts déployés afin de conforter la démocratie municipale, l’état de droit et la bonne gouvernance, notamment en plaidant pour des réformes de l’administration publique et le développement économique à l’échelle locale;

Recommandations d’action

34.

a la conviction que les comités consultatifs paritaires qu’il a établis avec trois pays, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie, ainsi que son groupe de travail sur les Balkans occidentaux, représentent des outils d’engagement privilégiés, et que c’est par leur truchement qu’il conviendrait de continuer à soutenir les évolutions positives de la démocratie locale dans les Balkans occidentaux;

35.

recommande à la Commission européenne d’encourager activement, en coopération étroite avec lui-même et le Parlement européen, les efforts déployés pour porter remède au problème de l’assujettissement des pouvoirs locaux dans les Balkans occidentaux;

36.

suggère aux institutions de l’Union d’apporter un soutien supplémentaire aux intervenants qui luttent pour renforcer la démocratie locale et l’état de droit, comme les organisations indépendantes et à but non lucratif qui, jouant un rôle de «sentinelles», assurent un suivi concernant le respect des droits de l’homme, la transparence ou le niveau de corruption dans le fonctionnement des instances publiques. Dans les pays des Balkans occidentaux, les associations de communes constituent elles aussi des acteurs qui comptent pour lutter contre la corruption et renforcer la démocratie au niveau local et peuvent être des partenaires stratégiques de coopération;

37.

propose de coopérer également avec d’autres organisations internationales actives auprès des communautés locales, comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ou l’Unicef, afin de renforcer l’état de droit, protéger les droits de l’homme et développer les capacités d’action des citoyens;

38.

exhorte toutes les institutions de l’Union européenne à intensifier leur communication et leurs contacts en direction de l’opinion publique dans les pays des Balkans occidentaux afin de développer des partenariats et des synergies en vue de l’objectif commun de réaliser efficacement les réformes nécessaires, de renforcer l’état de droit et de bâtir une société démocratique. La fourniture de services municipaux est l’un des domaines dans lesquels les citoyens ressentent les avantages qui découlent de la démocratie et du rapprochement avec l’Union. Il n’est pas rare que ce secteur soit en butte à la corruption et à l’accaparement des pouvoirs locaux. Il est nécessaire d’accroître l’ouverture et la transparence en la matière, ainsi que de consulter davantage la population concernant des prestations de services qui soient axées sur ses besoins et ses demandes;

39.

dans ce contexte, lance un appel à la Commission européenne pour que dans les négociations d’adhésion à l’Union européenne et dans les rapports avec les Balkans occidentaux, elle accorde une attention encore accrue aux dérives susmentionnées, en ce qui concerne les pouvoirs publics tant nationaux que municipaux et régionaux, notamment en entreprenant d’examiner de près les cas d’assujettissement de collectivités locales, de contrôler la bonne exécution des processus législatifs et institutionnels lancés pour limiter le pouvoir discrétionnaire des dirigeants sur les ressources financières et humaines et de favoriser la liberté des médias en dispensant un soutien sous forme de financement et de formation;

40.

pose que dans les critères de conditionnalité qu’elle pose dans ses relations avec les Balkans occidentaux, l’Union devrait faire entrer en ligne de compte la situation réelle qui prévaut au niveau national et local, plutôt que se contenter de contrôler le respect formel de ces conditions, qui concernent principalement l’alignement de la législation du pays visé sur l’acquis de l’Union. Bien que présentant davantage de difficultés, cette démarche pourrait aussi produire des résultats bien plus avantageux;

41.

estime qu’avec les délégations de l’Union dans les Balkans occidentaux et le Comité économique et social européen, il devrait jouer un rôle plus important pour vérifier la situation effective de la démocratie locale, de l’état de droit et de la bonne gouvernance dans la région, y compris en entretenant des contacts directs avec les collectivités locales et régionales et les membres des oppositions politiques, des fédérations d’entreprises, des cercles académiques et de la société civile, ainsi qu’en organisant ou en soutenant des dialogues avec les citoyens.

Bruxelles, le 14 octobre 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(*1) «Cette désignation est utilisée sans préjudice des positions sur le statut du Kosovo et se conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’à l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la déclaration d’indépendance du Kosovo.»


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