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AccueilDroit européen52020IR1373
Initiative législative52020IR1373

Avis du Comité européen des régions — Stratégie axée sur les PME

CELEX52020IR1373
TypeInitiative législative
Datemercredi 14 octobre 2020

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet un avis sur la stratégie de l'UE en faveur des PME, soulignant le rôle crucial de ces entreprises dans l'économie locale et régionale. Il préconise une simplification administrative renforcée, un meilleur accès au financement et une intégration plus poussée des principes de « penser d'abord aux petits » dans toutes les politiques européennes. L'avis insiste également sur la nécessité d'adapter les mesures de soutien aux spécificités des territoires, notamment ruraux et ultrapériphériques.

Texte intégral

18.12.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/60


Avis du Comité européen des régions — Stratégie axée sur les PME

(2020/C 440/11)

Rapporteur:

Eddy VAN HIJUM (NL/PPE), député provincial de l’Overijssel

Textes de référence:

Rapport annuel sur les PME européennes — Recherche, développement et innovation par les PME

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une stratégie axée sur les PME pour une Europe durable et numérique

COM(2020) 103 final

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

reconnaît l’importance des petites et moyennes entreprises dans l’économie de l’Union européenne, celles-ci représentant 99,8 % de toutes les entreprises du secteur non financier, les deux tiers de l’ensemble des emplois et 56,4 % de la valeur ajoutée totale produite par le secteur des entreprises non financières (1);

2.

comprend que la transition vers une économie durable et numérique ne peut avoir lieu sans l’engagement des entrepreneurs et des entreprises familiales qui détiennent et gèrent les 25 millions de PME d’Europe, et souligne la nécessité d’aider ces PME à saisir de nouvelles occasions, à réagir énergiquement à un environnement économique en évolution et, ce faisant, à créer des emplois et une croissance durables, et à renforcer la compétitivité à long terme de l’Europe dans ces transitions;

3.

soutient l’Union en ce qui concerne la promotion de conditions de concurrence équitables pour les PME en réduisant la charge réglementaire, en améliorant l’accès au marché unique et en augmentant la disponibilité des services financiers;

4.

souligne que les communes et les régions constituent l’habitat naturel des PME, qui fonctionne comme un écosystème où ces dernières participent à des réseaux les reliant à leur infrastructure de soutien, notamment les marchés de l’emploi, les établissements d’enseignement et de recherche, les acheteurs et les fournisseurs, les services financiers et commerciaux, les chambres de commerce et d’industrie et les collectivités locales et régionales;

5.

accueille favorablement, par conséquent, la communication de la Commission du 10 mars 2020, intitulée «Une stratégie axée sur les PME pour une Europe durable et numérique», et partage les objectifs qui y sont fixés, à savoir la réduction de la charge administrative et réglementaire pour les PME et l’amélioration de l’accès au financement, ainsi que son engagement à encourager les PME à participer à la transition vers la durabilité et la numérisation;

6.

réalise que, depuis la présentation de la stratégie axée sur les PME, le monde a évolué de manière significative. Il est probable que les retombées économiques de la pandémie de COVID-19 auront de fortes incidences sur toutes les régions et les PME européennes. La crise devrait toutefois aussi être perçue comme une occasion historique de fonder la relance économique sur les critères du pacte vert pour l’Europe, de la durabilité et de la numérisation, lesquels doivent faire partie intégrante d’une stratégie axée sur les PME. Les collectivités locales et régionales doivent prendre la direction d’un plan de relance pour les PME afin de répondre à leurs différents besoins ainsi qu’aux diverses conditions économiques et institutionnelles dans toute l’Europe. Les mesures de relance de l’Union seront d’autant plus efficaces si elles sont synchronisées avec les initiatives régionales et nationales et adaptées aux écosystèmes locaux. La coordination et l’échange de bonnes pratiques sont par conséquent essentiels;

Prendre en considération toutes les PME

7.

estime, par conséquent, qu’il manque à la stratégie axée sur les PME, bien qu’elle soit assortie de priorités et de mesures pertinentes, une vision qui permette de prendre pleinement en considération les besoins différents des PME. Une telle vision devrait mettre fortement l’accent sur la garantie de conditions de concurrence équitables pour les PME sur un marché unique achevé et approfondi, et encourager l’intégration et la complémentarité entre les mesures à tous les niveaux de gouvernement, notamment une forte dimension régionale pour garantir une approche territorialisée et adaptée aux besoins des PME locales;

8.

partage l’analyse de la Commission sur la diversité qui règne parmi les PME, mais estime toutefois que cette diversité se traduit insuffisamment dans les mesures proposées. La stratégie de la Commission est principalement axée sur les jeunes entreprises innovantes (start-ups), les entreprises en expansion (scale-ups) et les PME de haute technologie. Si ces groupes sont essentiels à la croissance et à l’innovation, cela ne signifie pas que les entreprises traditionnelles et familiales soient des suiveuses passives;

9.

déplore que la Commission utilise l’expression «entreprises traditionnelles» pour désigner les PME bien implantées et intégrées de longue date, celles parvenues à maturité (ou «ayant atteint l’âge adulte») parmi la communauté des PME. Ces entreprises bien intégrées constitueront une force stabilisatrice pour les économies et les collectivités locales dans la crise actuelle, et créeront une croissance durable à long terme;

10.

reconnaît les liens solides qui unissent les PME et leurs régions d’accueil; notamment ces entreprises arrivées à maturité qui sont localement bien implantées et luttent pour leur survie à long terme. Souvent, mais pas toujours, il s’agit d’entreprises familiales, qui sont plus enclines à assumer des responsabilités sociales, car leur capital social est lié à leur réputation locale. Leurs propriétaires, cadres et salariés peuvent devenir des ambassadeurs de la transition vers la durabilité et participer à des collaborations structurelles avec les pouvoirs publics régionaux et locaux;

11.

demande instamment à la Commission de mettre au point des politiques répondant aux besoins des entreprises familiales en Europe, notamment la succession et l’entrepreneuriat transgénérationnel. Bien que les entreprises familiales jouent un rôle important dans notre économie, les responsables politiques leur prêtent une attention insuffisante. Cet angle mort persiste malgré les récentes observations de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les initiatives antérieures;

12.

souligne que les entreprises familiales sont les plus communes, représentant près de 70 % de l’ensemble des entreprises en Europe (2). La structure de propriété définit, dans une large mesure, la manière dont une PME est gérée et par qui, ainsi que la stratégie commerciale et d’investissement de l’entreprise. Cet angle de la propriété est toutefois très largement négligé dans les politiques existantes en matière de PME;

13.

demande à la Commission de poursuivre et d’étendre l’aide qu’elle apporte aux études statistiques dans le programme pour la compétitivité des entreprises et pour les petites et moyennes entreprises (COSME) afin de permettre aux chercheurs et aux organismes de statistiques de saisir pleinement les différentes structures de propriété des PME d’Europe et d’analyser les grandes différences internationales et interrégionales. Il estime à cet égard qu’il est nécessaire d’assurer la collecte de données en tenant compte des questions d’égalité entre les hommes et les femmes;

14.

souligne que les entreprises familiales sont concentrées de manière disproportionnée dans des régions dont le produit intérieur brut est proche de la moyenne européenne, et que ces régions sont confrontées au «piège du revenu intermédiaire» (3). Selon le septième rapport sur la cohésion, la croissance a ralenti au sein de ces régions à revenu moyen, par rapport aux régions les plus avancées et aux régions qui partaient d’une situation défavorisée;

15.

souligne que les politiques en faveur des PME devraient mettre davantage l’accent sur la participation des PME bien implantées et la réponse à leurs besoins, notamment l’adaptation aux nouvelles technologies, les transferts d’entreprises, l’internationalisation, l’accès au financement ainsi que la professionnalisation de la gestion et de l’information. Les guichets uniques existants, fortement intégrés dans les écosystèmes régionaux, devraient être utilisés comme des points d’accès pour fournir des services localement accessibles aux PME, notamment des conseils sur une vaste gamme de programmes, mesures et instruments de financement provenant des niveaux européen, national et régional;

16.

préconise d’investir dans des écosystèmes régionaux forts — notamment au moyen d’investissements interrégionaux dans l’innovation — qui soient solidement reliés à un niveau européen par des échanges internationaux de connaissances entre les PME et les gouvernements régionaux; salue les initiatives et les stratégies de spécialisation intelligente telles que la plateforme S3, l’initiative Vanguard et les divers projets de collaboration entre les régions européennes entreprenantes (REE) qui ont prouvé leur valeur et méritent un soutien continu, notamment avec la mise en place d’un cadre de financement spécifique pour leur donner un élan;

Renforcement des capacités en matière de numérisation et de durabilité

17.

prend acte du plan d’action de la Commission visant à renforcer le centre européen de connaissances sur l’utilisation efficace des ressources, et de son projet de désigner des conseillers spécialisés en matière de durabilité au sein du réseau Enterprise Europe (EEN);

18.

craint que ces initiatives européennes ne soient pas ancrées dans l’infrastructure régionale destinée aux PME. Une exception positive réside dans le soutien de la Commission à un réseau dense, qui ne compte pas moins de 240 pôles d’innovation numériques (PIN);

19.

souligne que les PME opérant dans le secteur des TIC peuvent fonctionner comme des facilitateurs numériques dans un contexte régional, en apportant leur aide au groupe de plus en plus important des PME dépendant du numérique. Le pôle numérique d’Aix-la-Chapelle est un exemple de ces initiatives (4); demande que soit encouragée la création d’un plus grand nombre d’alliances de PME au service de l’intelligence artificielle dans des chaînes de valeur stratégiques;

20.

enjoint aux PME d’améliorer leur efficacité énergétique, de réduire leur consommation d’énergie, d’accroître leur production et leur utilisation d’énergie renouvelable, et d’adopter un processus de production circulaire afin de réduire les coûts et de construire une économie à la fois compétitive et durable. Toutefois, les PME et les microentreprises ne devraient pas avoir à supporter une part disproportionnée des coûts associés à la transition vers la durabilité, ni être exposées à la concurrence déloyale de pays tiers répondant à des normes environnementales moins strictes; estime, à cet égard, qu’il convient de prévoir un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières afin d’empêcher toute concurrence déloyale de la part de pays tiers;

21.

souligne que la stratégie concernant le capital humain en faveur des PME, qui comprend des programmes de compétences écologiques et numériques, devrait concerner non seulement les travailleurs, mais également les dirigeants et les cadres de ces entreprises ainsi que les entrepreneurs, et demande que la révision de la stratégie de la Commission en matière de compétences pour l’Europe tienne dûment compte de ces préoccupations. Les entrepreneurs, les dirigeants de PME et leurs cadres ne décident pas seulement des priorités stratégiques, mais façonnent également l’environnement d’apprentissage au sein de leurs entreprises;

22.

propose que la formation ait lieu dans un dispositif entre pairs où l’infrastructure régionale à triple hélice joue un rôle de médiation. Il est d’une importance capitale que les entrepreneurs, les dirigeants, les cadres et les salariés des PME aient accès à des programmes de formation tout au long de la vie au sein d’universités, d’écoles professionnelles, d’autres établissements de formation professionnelle et de laboratoires de terrain. Une stratégie globale concernant le capital humain en faveur des PME, qui intègre également les questions de genre, est susceptible de renforcer à la fois les régions hautement innovantes et celles qui subissent un exode des compétences;

Réduire la charge administrative et réglementaire, et améliorer l’accès au marché

23.

demande à la Commission d’améliorer son test PME lors de l’analyse d’impact des réglementations proposées, en accord avec le principe «penser en priorité aux PME». Un bon test PME comprend une analyse des coûts et bénéfices différenciée pour les PME et les grandes entreprises, ainsi qu’entre les différentes tailles et catégories de PME, de vastes possibilités de consultation des parties intéressées, la quantification des incidences et une surveillance étroite par le comité d’examen de la réglementation;

24.

se félicite de l’initiative de la Commission visant à élaborer une norme de l’Union «Start-up Nations» qui a pour ambition de faire de l’Europe le continent le plus attrayant pour les start-up et les scale-up (entreprises en expansion); souligne dans le même temps la nécessité d’associer tous les niveaux de pouvoir à l’initiative;

25.

demande instamment à la Commission d’adopter une approche plus favorable aux PME pour s’assurer que les mesures réglementaires agissent comme des incitations à l’innovation et n’entravent pas les activités des PME, comme c’est souvent le cas dans le cadre des activités transfrontalières. Cette approche va dans le sens d’une résilience et d’une compétitivité accrues, et ne vient pas imposer un fardeau supplémentaire et des coûts de conformité liés au commerce international. Afin d’encourager les PME à commencer à tirer profit des accords de libre-échange équitables, tout en restant sensibles au risque de concurrence déloyale résultant des exportations de pays tiers qui appliquent des normes environnementales moins strictes, les barrières doivent être réduites de manière innovante et rentable, par exemple au moyen d’outils en ligne interactifs, comme le calculateur de règles d’origine destiné aux PME, ou de mécanismes permettant de tracer les émissions des produits (tels que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ou la mise au point de «passeports»);

26.

se réjouit de la continuité du contrôle de conformité réglementaire sur la plateforme «Prêts pour l’avenir» («Fit for future»). Cependant, le rôle du Comité des régions vis-à-vis des PME doit être renforcé par rapport à son prédécesseur, la plateforme REFIT. De nombreuses réglementations concernant les PME sont mises en œuvre au niveau infranational, et la densité réglementaire, la surréglementation et les questions de proportionnalité et de subsidiarité sont davantage visibles au bas de la pyramide; souligne, à cet égard, l’opportunité que la Commission se concentre notamment sur la suppression des lourdeurs administratives dans le cadre de la coopération transfrontalière, afin de veiller à ce que l’échange de personnel entre régions frontalières puisse s’effectuer facilement, y compris pour de courtes périodes;

27.

invite la Commission à consulter activement, dans le cadre des analyses d’impact et de l’examen de la législation de l’Union, les PME et les groupes d’intérêt qui représentent un large éventail de modèles économiques, y compris les entreprises de l’économie sociale. Un environnement réglementaire favorable à l’entrepreneuriat social permettra d’améliorer le taux de survie des jeunes entreprises à vocation sociale, d’encourager l’innovation sociale, de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises et de nous rapprocher ainsi de la réalisation du pacte vert pour l’Europe et des objectifs de développement durable (ODD);

28.

estime que la réduction des barrières pour les PME quant au cadre de certification du règlement sur la cybersécurité de l’Union européenne, y compris des normes et spécifications techniques, est une condition nécessaire à la participation des PME au marché unique numérique et à l’achèvement d’une Europe numérique innovante, durable et inclusive, qui mise sur le partage des données et la confiance numérique;

29.

exhorte la Commission à garantir la mise en œuvre des mesures de passation de marchés publics favorables aux PME proposées dans les directives de 2014 sur les marchés publics, y compris le principe «diviser ou expliquer», la limitation des exigences en matière de chiffre d’affaires et la mise en œuvre de solutions électroniques telles que le document unique de marché européen et le système e-Certis; invite en outre la Commission à élaborer une feuille de route concernant la mise en œuvre du principe «une fois pour toutes» dans le cadre de la procédure de passation des marchés publics, ce qui réduira les lourdeurs administratives et accroîtra la transparence;

30.

souligne que les collectivités locales et régionales travaillent activement pour améliorer l’accès des PME aux marchés publics, tout en promouvant l’innovation et en répondant aux enjeux de société tels que les «clients de référence» pour le lancements de produits innovants. La ville de Valladolid, lauréate du prix européen de la promotion de l’esprit d’entreprise 2019, a rédigé un guide des marchés publics favorables aux PME, qui peut servir d’exemple (5);

31.

souhaite investir dans une collaboration transfrontalière en faveur des PME, comprenant l’intégration des marchés de l’emploi, les relations entre entreprises transfrontalières et la coopération entre les gouvernements, les institutions du savoir et les centres de soutien des deux côtés de la frontière; à cet égard, les collectivités locales et régionales devraient jouer un rôle particulier dans la coopération transfrontalière, étant donné qu’elles sont les mieux placées pour évaluer les mesures capables de renforcer l’économie locale et pour recenser rapidement les obstacles à ladite coopération. Elles devraient bénéficier, grâce à la stratégie axée sur les PME, du soutien politique nécessaire pour mener une action rapide et sans entrave dans ce domaine;

32.

entend également investir dans la collaboration interrégionale pour les PME et dans la coopération entre les gouvernements, les institutions de la connaissance et les centres de soutien aux PME des régions insulaires et ultrapériphériques;

33.

s’attend à ce que les transferts d’entreprises s’imposent comme enjeu essentiel dans les années à venir compte tenu du vieillissement de la population européenne. En Europe centrale et orientale, en particulier, nombreux sont ceux qui ont créé leur entreprise après 1989 et qui sont désormais prêts à passer la main à la génération suivante;

34.

est conscient des risques liés à la succession d’une entreprise et, par conséquent, se déclare favorable aux mesures proposées par la Commission afin de faciliter les transferts d’entreprises, en instaurant un cadre pour les soutenir et les promouvoir au sein de l’Union;

Accès au financement

35.

attire l’attention sur le fait que plus de 60 % des PME ne sont pas payées dans les délais, ce qui constitue pour elles l’une des principales causes de faillite. Le CdR appelle dès lors à la bonne mise en œuvre de la directive sur le retard de paiement et se félicite de la proposition de création d’outils de suivi et de contrôle. Il souligne que les PME ne devraient pas avoir à supporter le fardeau de ces retards lorsque de grandes entreprises et des pouvoirs publics en sont responsables;

36.

tient à souligner que les agences de développement régional peuvent contribuer au système financier régional, non seulement en participant à des projets à haut risque, mais aussi en assurant la continuité des entreprises bien implantées, notamment leur contribution au capital humain d’une région. Le groupe de la Banque européenne d’investissement devrait reconnaître l’influence sociétale bénéfique de ces entreprises bien intégrées, et privilégier leur continuité grâce à des instruments spéciaux de financement en fonds propres;

37.

salue l’intégration des fonds et la simplification des procédures dans le programme InvestEU. Demande toutefois que l’accès des PME au financement ne se limite pas à un volet spécial pour les PME, mais qu’il soit également une priorité majeure dans les trois autres volets;

38.

se préoccupe des niveaux d’endettement des PME en Europe, en particulier des PME situées dans des marchés isolés et de petite taille, tels que ceux des régions insulaires et ultrapériphériques. Les politiques visant à améliorer l’accès des PME au financement en fonds propres devraient être renforcées à tous les niveaux de gouvernement, réduisant ainsi les niveaux insoutenables de financement par l’emprunt. L’inquiétude est encore plus grande s’agissant des microentreprises qui ne sont pas en mesure d’accéder aux financements par l’intermédiaire du système financier;

Gouvernance

39.

souligne que les stratégies régionales pour les PME incombent aux collectivités locales et régionales, conformément au principe de subsidiarité;

40.

prend acte de la nécessité d’accorder un mandat plus ambitieux au réseau des représentants des PME pour régir les politiques de l’Union en faveur des PME; demande aux représentants nationaux d’accroître leur interaction avec les collectivités régionales et d’autres acteurs territoriaux; suggère que des échanges annuels soient organisés entre le réseau des représentants des PME et les membres du Comité européen des régions afin de dresser le bilan de la mise en œuvre de la stratégie axée sur les PME au niveau régional et local;

41.

souligne qu’une collaboration paneuropéenne, transfrontière et interrégionale, l’échange de connaissance et l’apprentissage sont des éléments importants d’une approche européenne coordonnée vers la mise en œuvre d’une politique de l’Union, qui devrait être encouragée, facilitée et soutenue par les programmes de l’Union;

42.

demande à la Commission d’améliorer la coordination horizontale de la stratégie axée sur les PME, renforçant ainsi les effets de la stratégie d’affectation des Fonds structurels et d’investissement européens (ESI) pour la période 2021-2027;

43.

demande à la Commission de s’assurer qu’un nombre croissant de PME bénéficieront d’un financement de l’Union, sachant que le financement prévu pour les programmes spécifiques en faveur des PME, notamment le programme COSME (2,3 milliards d’euros pour la période 2014-2020), est modeste par rapport aux Fonds structurels et d’investissement européens (460 milliards d’euros). Dans des programmes de gestion directe et partagée, tels que le FEDER, les régions veillent efficacement à ce que le budget soit programmé à destination des PME; demande à la Commission d’élaborer des initiatives et des lignes de programmes spécifiques pour les PME dans les programmes-cadres, tels qu’Horizon Europe, et de faciliter l’accès des PME à ce type de programmes lorsqu’ils existent;

44.

souligne l’importance fondamentale des Fonds ESI dans le financement de la transition vers la durabilité et rappelle que le CdR avait demandé que 30 % de l’ensemble des Fonds structurels — au lieu des 25 % prévus — soient alloués aux priorités du pacte vert;

La voie de la reprise pour les PME après la COVID-19

45.

souligne qu’à la suite des mesures de distanciation sociale adoptées en réponse à la pandémie de COVID-19, la transition des PME vers la numérisation dans des conditions de concurrence équitables est d’autant plus urgente et cruciale pour leur survie comme pour la compétitivité stratégique globale de l’Europe;

46.

met en avant la capacité de réaction dont la Commission européenne a fait preuve pendant la pandémie en concevant des programmes destinés à soutenir les PME et à préserver l’emploi, tels que l’instrument SURE. Les PME du secteur agroalimentaire, des services ou du tourisme, qui comptent parmi celles qui ont le plus souffert au cours de la pandémie, ont besoin de mécanismes souples leur permettant de subsister après la crise, étant donné que le niveau d’emploi en Europe est étroitement lié à leur survie;

47.

reconnaît les possibilités de progrès significatifs en matière de transition vers la durabilité qui résultent de la restructuration, compte tenu de la taille des entreprises et des secteurs affectés par la crise. Ces progrès doivent être soutenus par des incitations à l’investissement pour les PME qui saisissent les occasions que représentent les technologies vertes et les modèles d’activités circulaires;

48.

demande à la Commission de contrôler que les effets des mesures de soutien d’urgence n’affaiblissent pas son ambition de créer des conditions de concurrence équitables pour les PME; demande en outre à la Commission de passer en revue les incidences de la crise de la COVID-19 sur l’instabilité géopolitique qui atteint d’ores et déjà des degrés élevés; la perturbation des flux commerciaux et des chaînes d’approvisionnement pourrait mener à la relocalisation de l’activité économique, tout particulièrement dans le cas des infrastructures d’importance systémique, notamment le secteur des produits médicaux, et s’accompagner de possibilités et de défis à relever pour les PME et les régions. Les PME qui rencontrent des problèmes de trésorerie peuvent être enclines à accepter des offres d’acheteurs stratégiques, au risque d’entraîner des ingérences étrangères indésirables dans les économies;

49.

attend de la Commission qu’elle agisse avec prudence lorsque les intérêts des PME et de l’économie européenne sont exposés dans ces domaines, comme c’était le cas, notamment, lors de la modification temporaire des règles en matière d’aide d’État. Les collectivités locales et régionales resteront vigilantes et continueront de partager des informations entre elles et avec les pouvoirs de niveau supérieur, afin de partager les connaissances permettant d’apporter une réponse proportionnelle à cette situation sans précédent;

50.

souligne que la Commission doit être sensible aux intérêts des PME qui, étant autofinancées dans une large mesure, n’ont actuellement pas de liens étroits avec le système financier. Certaines de ces entreprises rencontrent des problèmes de trésorerie soudains et, pour la première fois de leur existence, ont un besoin urgent de prêts remboursables et/ou non remboursables. Cela concerne principalement les microentreprises, mais les entreprises familiales de taille plus importante ne sont pas nécessairement épargnées;

51.

demande à la Commission de donner aux autorités régionales l’accès au financement européen au titre du plan de relance, afin de permettre le déclenchement de la reprise économique. Les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour évaluer les besoins des PME qui doivent s’adapter à une économie d’après la pandémie;

52.

souligne que l’objectif de rendre les entreprises plus résilientes et plus stables financièrement devrait rester une priorité majeure des décideurs politiques à tous les niveaux; met en garde contre une dépendance excessive des mesures de soutien proposées aux PME à l’égard de titres de créance.

Bruxelles, le 14 octobre 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Voir rapport annuel sur les PME européennes (2019).

(2) La recherche statistique soutenue par le programme COSME a révélé la part des entreprises familiales dans le secteur non financier au Danemark (60 %), en Finlande (70 %), aux Pays-Bas (71 %) et en Pologne (92 %).

(3) Selon les statistiques des Pays-Bas, les régions présentant les plus grandes concentrations d’entreprises familiales sont proches de la moyenne européenne au niveau du PIB (Eurostat, 2017; CBS, 2017).

(4) https://aachen.digital/

(5) https://blogs.ec.europa.eu/promotingenterprise/files/2020/02/2020_PublicPROCUREMENTfosSME-GUIDANCEforCAuthorities.pdf


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