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AccueilDroit européen52020IR2354
Initiative législative52020IR2354

Avis du Comité européen des régions — Une stratégie pour façonner l’avenir numérique de l’Europe et une stratégie européenne pour les données

CELEX52020IR2354
TypeInitiative législative
Datemercredi 14 octobre 2020

Résumé IA

Cet avis du Comité européen des régions soutient les stratégies numériques et de données de la Commission européenne, en insistant sur la nécessité d'une approche territoriale inclusive. Il souligne l'importance de combler la fracture numérique entre les régions, de renforcer les compétences et de garantir que les collectivités locales et régionales soient associées à la mise en œuvre des objectifs, notamment en matière de souveraineté numérique et de partage des données.

Texte intégral

18.12.2020

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/71


Avis du Comité européen des régions — Une stratégie pour façonner l’avenir numérique de l’Europe et une stratégie européenne pour les données

(2020/C 440/13)

Rapporteur:

Mark WEINMESTER (DE/PPE), secrétaire d’État aux affaires européennes du Land de Hesse

Textes de référence:

Façonner l’avenir numérique de l’Europe

[COM(2020) 67 final]

Une stratégie européenne pour les données

[COM(2020) 66 final]

Sécurité du déploiement de la 5G dans l’UE — Mise en œuvre de la boîte à outils de l’UE

[COM(2020) 50 final]

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Résumé

1.

souligne que la numérisation doit procurer aux citoyens des avantages concrets et des bénéfices tangibles, et qu’il convient par conséquent, s’agissant du développement des technologies numériques, de tenir compte des aspects juridiques, sociopolitiques, sociaux, environnementaux, culturels et surtout éthiques;

2.

fait remarquer que la numérisation est une question transversale et intersectorielle qui concerne tous les domaines de l’économie et de la vie et qui est appelée à y entraîner des changements durables, de sorte que seule une numérisation intersectorielle offre des possibilités radicalement nouvelles de modèles d’entreprises d’un genre nouveau, de services et de produits numériques innovants, et que les jeunes pousses, notamment, jouent un rôle majeur dans les innovations numériques pour l’Europe;

3.

souligne que les collectivités locales et régionales contribuent grandement à la mise en œuvre pratique de la stratégie numérique de l’Union, notamment au sein des «villes intelligentes» et des «régions intelligentes»; fait valoir dans le même temps l’importance du rôle que jouent les pouvoirs publics locaux pour assurer l’accès et la disponibilité des données;

4.

insiste tout particulièrement sur la nécessité de favoriser le renforcement des compétences des citoyens comme des entreprises, et notamment des PME, mais aussi des services publics. Il existe de nombreuses possibilités de tirer parti de la numérisation du monde du travail afin de réduire la pénibilité du travail et de promouvoir un travail de qualité tout en faisant en sorte d’accroître, dans le même temps, la résilience des systèmes économiques et sociaux;

5.

souligne que les possibilités qu’offre la numérisation pour répondre aux enjeux de la société, de l’action pour le climat et de la politique en faveur de l’environnement, ainsi que dans des situations de crise particulières — comme en témoigne la crise actuelle de la COVID-19 — sont d’une importance capitale, notamment pour l’éducation, la vie professionnelle, la sphère économique et une administration fonctionnelle;

6.

tient à ce que les valeurs européennes et les règles éthiques, ainsi que les normes sociales et écologiques, s’appliquent également au domaine du numérique; l’Union devra par ailleurs promouvoir ces valeurs européennes et règles éthiques de manière active à l’échelle mondiale;

7.

souligne l’importance de la souveraineté personnelle et paneuropéenne des données, d’autant plus à la lumière de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 16 juillet 2020 (affaire C-311/18) qui invalide le bouclier de protection des données mis en place entre l’Union européenne et les États-Unis; invite dès lors la Commission à clarifier les conséquences de cet arrêt dans les meilleurs délais, compte tenu de la nécessité pour les entreprises de disposer de flux de données juridiquement protégés en dehors de l’Union européenne;

8.

tient la cohésion numérique pour une nouvelle dimension importante, qui complète la notion traditionnelle de cohésion économique, sociale et territoriale ancrée dans le traité sur l’Union européenne;

La numérisation et les occasions qui en découlent

9.

partage l’avis de la Commission, qui sous-tend les trois communications relatives au train de mesures numériques de l’Union, selon lequel les technologies numériques transforment profondément la vie quotidienne des citoyennes et des citoyens, et considère que cette transformation touche également les États membres, les collectivités locales et régionales et les entreprises;

10.

tient compte de l’importance croissante des données et des possibilités qui en découlent, et souligne la nécessité de protéger les citoyennes et les citoyens ainsi que les entreprises contre tout risque provenant du partage, du traitement et du stockage des données; partage l’avis selon lequel il n’existe pas suffisamment d’instruments et de normes techniques, ne nécessitant pas d’efforts indus, et qui permettent aux personnes physiques d’exercer aisément leurs droits à la protection de la vie privée;

11.

se félicite des mesures permettant à l’Europe de se placer en tête de la transition vers une planète saine et vers un monde numérique tout en suscitant croissance et prospérité durables, et ce, dans le respect des valeurs communes européennes et du solide cadre juridique ancré dans ces valeurs sur le plan de la protection des données, des droits fondamentaux, de la sécurité et de la cybersécurité;

12.

constate que, si les services fondés sur l’intelligence artificielle, ainsi que sur d’autres technologies novatrices en matière de traitement des données, de numérisation et d’automatisation des processus, recèlent des possibilités considérables de procurer des avantages aux consommateurs et aux prestataires de services, ils s’accompagnent aussi de défis pour ce qui est de garantir de manière responsable la non-discrimination, la transparence et la clarté des algorithmes, ainsi qu’en matière de responsabilité et de protection de la vie privée; souligne dès lors la nécessité de façonner de manière responsable la numérisation, l’utilisation de l’intelligence artificielle et le recours à d’autres technologies numériques qui se feront jour; relève par ailleurs qu’il convient d’évaluer, à l’aune des valeurs fondamentales de l’Union européenne, les privilèges en matière de responsabilité dont bénéficient jusqu’à présent les plateformes qui dominent le marché; observe que cela vaut aussi, et tout particulièrement, pour les plateformes dont la politique commerciale est dirigée depuis des États qui n’appartiennent pas à l’Union européenne, et qu’il convient, pour ce qui est des systèmes algorithmiques présentant un caractère sensible au regard des droits fondamentaux, de faire valoir le principe de l’application de la loi du lieu d’activité dans l’Union européenne;

13.

insiste, dans le contexte de la crise du coronavirus, sur les possibilités qu’offre la numérisation, notamment grâce au télétravail et à la formation numérique, et souligne que, au regard de ladite crise et des mesures de distanciation physique qu’elle a entraînées, les applications et infrastructures numériques ont joué un rôle considérable pour maintenir opérationnelle l’administration publique, même dans cette période de crise sans précédent;

14.

considère qu’il s’agit d’un bon point de départ pour promouvoir la mise en œuvre du pacte vert au moyen de techniques numériques;

15.

fait valoir que, selon les prévisions, les émissions de CO2 issues des applications numériques pourraient, dès 2025, dépasser celles que produit à l’échelle mondiale le trafic automobile. D’après les estimations, le secteur de l’information et des communications est à lui seul responsable de 5 à 9 % de la consommation d’électricité et de plus de 2 % de l’ensemble des émissions mondiales. Par ailleurs, des solutions numériques peuvent favoriser la transition écologique. Les données environnementales permettent, par exemple, de concevoir des solutions au service du développement des énergies renouvelables, du reboisement ou de la réduction du volume des déchets. En ce qui concerne l’économie circulaire, on pourrait envisager que les acteurs du commerce en ligne s’engagent volontairement à intégrer des critères de protection de l’environnement dans leurs algorithmes de recherche, ou encore imaginer un «passeport numérique» du produit, qui pourrait contenir des informations quant à l’empreinte de la chaîne d’approvisionnement dudit produit sur le climat et sur les matières premières, et ainsi permettre aux clients de faire des choix de consommation durables;

16.

souligne que l’on ne saurait négliger de faire progresser la transformation numérique et les investissements qui l’accompagnent, au vu également des problèmes économiques causés par la crise; au contraire, des investissements massifs aussi bien publics que privés dans la numérisation constituent le moyen le plus efficace de renouer avec la croissance économique au sein de l’Union;

Vision de la société numérique

17.

s’inquiète de constater que le projet de cadre financier pluriannuel a proposé d’opérer des coupes dans les ressources allouées au programme pour une Europe numérique. La réduction de son budget peut avoir une incidence sur son bon fonctionnement;

18.

salue les efforts déployés par la Commission pour permettre aux citoyennes et aux citoyens de s’épanouir, d’effectuer des choix plus libres et plus sûrs et de participer à la vie en société grâce aux techniques numériques, ainsi que pour créer un cadre, destiné aux entreprises, qui permet de développer les innovations, la concurrence et la coopération dans des conditions équitables;

19.

souligne le potentiel de l’informatique quantique et attire l’attention sur les initiatives européennes existantes dans ce domaine, telles que l’initiative phare sur les technologies quantiques; appelle par ailleurs de ses vœux un soutien continu aux projets de recherche quantique dans l’Union afin de jouer un rôle moteur au niveau mondial dans la libération du potentiel des technologies quantiques;

20.

prend note du fait que, dans le cadre de la progression de la numérisation, l’économie des données joue un rôle économique d’une importance croissante et représente de ce fait un outil essentiel pour dégager à l’avenir de la valeur ajoutée;

21.

plaide en faveur du déploiement et du développement ciblé d’une économie européenne des données et d’une indépendance technologique effective, et aussi d’un engagement correspondant, en matière de politique industrielle, à favoriser des champions européens;

22.

souligne la distinction opérée entre les données à caractère personnel et les données à caractère non personnel, entre leurs différentes utilisations et finalités, ainsi qu’entre les divers cadres juridiques, traitements et procédures qui s’y rapportent;

23.

attire l’attention sur l’importance que revêtent les produits à code source ouvert pour diversifier l’offre et renforcer l’indépendance technologique des administrations, des entreprises, des citoyennes et des citoyens, ainsi que le soutien des communautés des logiciels libres en Europe, avec la participation des entreprises et des administrations;

Infrastructures fiables et fondements numériques

24.

souligne l’importance sociale et économique de la cinquième génération de technologies mobiles (5G) et préconise des mesures de sensibilisation reposant sur une évaluation transparente des technologies pour faire en sorte que les citoyens et les citoyennes, plutôt que d’être laissés à la merci de fausses informations, soient pleinement avertis des avantages et des inconvénients des infrastructures numériques, et soient aussi informés des études relatives à leur incidence sur l’environnement ou la santé;

25.

souligne la nécessité d’une stratégie globale pour accroître la sécurité et la résistance du réseau 5G, et fait observer qu’une approche commune à l’échelle de l’Union est appropriée et qu’une norme minimale de sécurité européenne commune aurait une incidence générale positive;

26.

salue l’approche adoptée aux fins de la mise en œuvre de la boîte à outils en vue de garantir une chaîne d’approvisionnement de la 5G diversifiée et tournée vers l’avenir et d’éviter un effet de «verrouillage»;

27.

invite les États membres à adopter la boîte à outils de l’UE pour la sécurité des réseaux 5G afin de garantir la cybersécurité de l’Europe et de protéger les intérêts géopolitiques européens contre la menace de surveillance et d’espionnage liée au déploiement de réseaux 5G qui utilisent des technologies en provenance de pays tiers;

28.

marque son attachement à la technologie de la fibre optique en ce qu’elle constitue une infrastructure numérique indispensable et une fourniture de services de base, dont tous les citoyens de l’Union européenne devraient pouvoir disposer, en particulier dans les zones rurales que d’autres technologies ont des difficultés à atteindre;

29.

ne partage pas entièrement l’avis selon lequel la stratégie européenne pour les données peut s’appuyer sur un écosystème florissant; de ce fait, pour mettre en œuvre cette stratégie, il apparaît particulièrement important de soutenir notamment les jeunes pousses, et pas seulement en raison de la situation actuelle;

30.

se félicite de l’annonce d’investissements dans un projet à forte incidence relatif aux espaces européens des données et aux infrastructures en nuage fédérées;

31.

souligne, à cet égard, l’importance des «villes intelligentes», des «régions intelligentes» et des jeunes pousses en tant que moteurs de l’innovation et la nécessité de leur apporter un soutien;

32.

se félicite des projets d’accord entre les États membres relatifs à la fédération en nuage et à la création d’un recueil réglementaire de l’Union pour l’informatique en nuage;

33.

a conscience du danger que constitue une approche en ordre dispersé en matière d’accès aux données et de leur utilisation, qui risque d’entraîner une fragmentation du marché intérieur qu’il s’impose d’éviter à tout prix;

34.

souligne l’importance des mesures intersectorielles relatives à l’accès aux données et à leur utilisation, se félicite de l’abandon d’une réglementation ex ante détaillée au profit d’un modèle habile de procédure, et demande aux États membres de continuer à protéger l’intérêt public, à préserver les services d’intérêt général, à empêcher les distorsions de la concurrence et enfin à assurer l’efficacité de l’administration publique, conformément aux dispositions pertinentes de la directive sur le commerce électronique;

35.

indique toutefois, à cet égard, que les exigences en la matière doivent être notamment adaptées aux collectivités locales et régionales et être définies en tenant compte des efforts de mise en œuvre;

L’être humain dans le monde numérique

36.

note qu’un important financement public est nécessaire pour favoriser la numérisation, ainsi que pour soutenir les établissements d’enseignement supérieur et les instituts de recherche, les jeunes pousses, les PME, mais aussi les territoires, tout particulièrement ceux qualifiés de «territoires intelligents», et notamment pour développer des capacités numériques communes de pointe et promouvoir ainsi l’indépendance technologique de l’Europe;

37.

souligne qu’une réglementation européenne doit toujours tenir compte de la garantie de l’autonomie locale et régionale, consacrée par le droit primaire à l’article 4, paragraphe 2, du TUE. Une obligation imposée par le droit dérivé aux collectivités locales et/ou régionales quant au partage des données constituerait une atteinte à cette garantie et doit dès lors être exclue;

38.

juge nécessaire que des possibilités correspondantes soient prévues dans le cadre financier pluriannuel de l’Union, et demande qu’elles soient mises à disposition, notamment dans le cadre du programme pour une Europe numérique, et ce, en dépit des problèmes qui pourraient résulter de la lutte contre les conséquences de la crise du coronavirus;

39.

préconise de continuer à numériser rapidement également la fourniture aux citoyens d’offres radiophoniques dans le souci du plus grand pluralisme possible;

40.

souligne que la sécurité des produits et des services numériques constitue un facteur essentiel pour l’instauration d’un climat de confiance et, partant, pour la réussite de leur déploiement; fait état de la participation de l’Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) et prône l’intensification de la coopération avec les instituts de recherche des États membres — et les instituts d’échelle régionale le cas échéant — qui se consacrent à la cybersécurité, ainsi qu’entre ceux-ci;

41.

souligne qu’il est indispensable de posséder des compétences numériques non seulement pour les faire valoir sur le marché du travail, tout particulièrement dans les domaines des mégadonnées et de l’analyse de données afin de réaliser le potentiel des services fondés sur l’intelligence artificielle, mais également pour renforcer la résilience des systèmes économiques, sociaux et éducatifs européens, ainsi que pour garantir la participation de tous à la société, grâce à une maîtrise correcte de la numérisation, indépendamment de l’âge ou du lieu de résidence;

42.

fait valoir l’importance que revêt l’éducation dans le monde numérique, et avant tout «l’habileté numérique» ou encore l’éducation aux médias, et pas uniquement dans le cadre des institutions scolaires, car il s’agit d’une condition préalable pour que tous les citoyens puissent participer de plein droit à la numérisation;

43.

est ouvert à l’idée de créer des «espaces de données personnelles» qui offrent de meilleures possibilités de contrôle aux personnes physiques, lesquelles peuvent ainsi accéder et utiliser les données, ainsi qu’à celle d’envisager le renforcement du droit des personnes physiques à la portabilité des données conformément à l’article 20 du RGPD;

44.

invite la Commission à ne pas relâcher ses efforts visant à garantir un niveau de protection adéquat de la vie privée et notamment à parvenir rapidement à un accord concernant le projet de règlement «vie privée et communications électroniques» afin d’éviter des incohérences dans le cadre réglementaire correspondant et de renforcer la sécurité juridique;

45.

appelle également le Conseil de l’Union européenne, à cet égard, à garantir la transparence et, par conséquent, la sécurité juridique;

46.

considère qu’il est urgent de prévoir, dans le cadre des futures mesures européennes relatives à la stratégie axée sur les PME, le renforcement des capacités des PME et des jeunes pousses afin que celles-ci puissent exploiter pleinement les multiples possibilités qu’offrent les modèles économiques fondés sur les données;

47.

soutient la création et le développement prévus et en cours d’examen de pôles européens d’innovation numérique (European Digital Innovation Hubs); encourage, à cet égard, une coopération étroite et précoce entre la Commission européenne, les États membres et, en particulier, les régions, et précise qu’une procédure de sélection plus transparente et plus claire et une égalité des chances entre les régions européennes sont indispensables;

Une communauté européenne de valeurs numériques

48.

prend note du fait que les données constituent la base des produits, des services et des modèles économiques numériques et, par conséquent, du développement économique en Europe, et qu’elles peuvent servir aux personnes physiques, aux entreprises, aux organisations, aux administrations et aux décideurs politiques pour prendre des décisions plus éclairées;

49.

met en garde contre le caractère pas toujours adéquat ni raisonnable de décisions qui se fondent uniquement sur des données, notamment dans le cadre d’un traitement automatisé, et qu’il convient donc de toujours peser le contexte d’ensemble;

50.

souligne que la société numérique devrait être inclusive, équitable et accessible à tous, tout en devant se centrer sur l’être humain;

51.

plaide en faveur de mesures strictes visant à défendre les libertés civiles et la démocratie dans un monde qui ne cesse de se numériser, notamment des mesures visant à réduire les risques de surveillance numérique généralisée et à lutter contre les fausses informations, les campagnes de désinformation, les discours de haine et les discriminations, et en particulier le racisme, dans le domaine numérique, et ce quel que soit le lieu d’origine de ces déviances, dans l’Union ou en dehors;

52.

constate que les technologies numériques et les solutions fondées sur l’exploitation des données constituent des outils importants pour répondre aux enjeux de la société, de la politique de développement, de l’action pour le climat et de la politique en faveur de l’environnement, et que, par conséquent, elles présentent également un intérêt en vue d’atteindre les objectifs du pacte vert, tout comme les objectifs du Millénaire des Nations unies;

53.

se félicite de l’initiative visant à insérer le matériel électronique dans l’économie circulaire ainsi que des initiatives destinées à faire en sorte que les centres de données soient neutres sur le plan climatique, durables et à haute efficacité énergétique au plus tard en 2030;

54.

fait remarquer que ces enjeux sont étroitement liés et offrent des possibilités qui favorisent le rôle moteur de l’Europe;

Les données à titre de moteur numérique de l’économie et de base pour les décisions

55.

partage l’avis selon lequel la stratégie européenne pour les données est centrée sur l’être humain et devrait continuer à l’être; de ce fait, il incombe à la politique numérique d’en observer en permanence les effets, et de peser à cette occasion les avantages et les inconvénients que présentent les évolutions à l’œuvre, et le cas échéant, d’engager une action régulatrice;

56.

estime également que l’utilisation des données pour le bien public est extrêmement importante afin de faire face aux situations d’urgence (épidémies, catastrophes naturelles), de mieux comprendre la destruction de l’environnement et le changement climatique et d’adopter des mesures ciblées pour faire face à ces phénomènes, ainsi que d’être plus apte à lutter contre la criminalité et à se protéger du terrorisme;

57.

soutient la création d’espaces européens des données communs dans les secteurs stratégiques de l’économie et dans les domaines d’intérêt public, et souligne que, dans le cadre d’une approche habile, la création d’espaces des données supplémentaires devrait être possible;

58.

plaide en faveur d’un espace européen des données commun reposant sur les règles et les valeurs européennes pour ainsi réduire la dépendance excessive vis-à-vis des solutions numériques conçues hors de l’Europe;

59.

appelle la Commission à continuer de renforcer l’indépendance technologique de l’Europe en matière de technologies et d’infrastructures clés;

60.

souligne l’importance de l’utilisation des données pour permettre l’élaboration de politiques factuelles et améliorer les services publics, et ce, conformément aux normes en matière de protection des données, de sécurité et d’éthique;

61.

partage l’avis selon lequel l’interopérabilité des données (par exemple, au moyen des normes) et leur qualité sont d’une importance capitale et se félicite donc de l’élaboration d’approches et de structures organisationnelles adéquates;

62.

met en avant le rapport d’étape sur la mesure et les indicateurs économiques en ce qui concerne l’économie des plateformes, élaboré par le groupe d’experts de l’observatoire de l’Union sur l’économie des plateformes en ligne (1), pour qui le manque de données sur de nombreux aspects relatifs au rôle et au comportement des sociétés de plateformes sur le plan économique est un défi à relever pour les décideurs politiques et les chercheurs. Les experts insistent également à juste titre sur le suivi de l’économie des plateformes, notamment en ce qui concerne les aspects suivants: le poids économique des plateformes, le pouvoir qu’elles exercent sur leurs utilisateurs et les dispositions en matière de transparence;

63.

souligne que, afin de définir des normes, il convient de tenir compte de leur compatibilité avec le paysage informatique existant dans les collectivités locales et régionales;

64.

partage l’avis selon lequel l’Europe compte peu d’exploitants dans le domaine de l’informatique en nuage, ce qui entraîne une forte dépendance technologique à l’égard des fournisseurs externes;

65.

partage l’avis selon lequel l’informatique en nuage est peu utilisée, notamment dans le secteur public européen, ce qui signifie, entre autres, que le potentiel de diminution des coûts informatiques n’est pas pleinement exploité;

66.

met en relief l’importance que revêtent les investissements dans des technologies d’avenir, telles que, notamment, l’intelligence artificielle, la technologie des registres distribués et décentralisés (la chaîne de blocs) et l’informatique quantique; il est ici nécessaire de déployer avant tout des efforts dans le domaine de la recherche et du développement;

67.

souligne, à cet égard, l’existence d’un manque d’interopérabilité de divers services d’informatique en nuage et de failles de conception des procédures spécialisées pour les autorités publiques dans les systèmes d’informatique en nuage;

68.

se félicite du projet de ne pas laisser le rôle systémique de certaines plateformes en ligne et le pouvoir de marché qu’elles acquièrent mettre en péril l’équité et l’ouverture des marchés;

69.

estime qu’il est nécessaire de réglementer les conditions de travail via les plateformes en ligne pour organiser ce mode de travail, de sorte que les travailleurs concernés puissent bénéficier, comme il se doit, d’une protection sociale et de moyens de subsistance convenables, et se félicite dès lors de l’intention de la Commission de publier une initiative visant à améliorer les conditions de travail des travailleurs sur les plateformes en ligne, mais plaide pour qu’elle soit avancée de 2021 à 2020. Il s’est notamment avéré, depuis le début de l’épidémie de COVID-19, que plusieurs plateformes en ligne tiraient un bénéfice économique notable des mesures de confinement alors que les conditions d’emploi des travailleurs des plateformes restent précaires;

70.

se félicite de l’accord conclu entre les partenaires sociaux européens sur la manière de soutenir la transformation numérique (2) afin d’orienter, de manière collégiale, le passage au numérique et ses répercussions sur le travail et les travailleurs, ainsi que sur le fonctionnement de l’entreprise;

71.

réaffirme que ce qui est illégal hors ligne l’est également en ligne, et rappelle, à cet égard, la nécessité de clarifier le rôle et les obligations des opérateurs de plateformes sur internet;

72.

constate avec regret que, dans un monde numérique sans frontière, une poignée d’entreprises détenant la plus grande part de marché génèrent la majeure partie de leurs bénéfices à partir de la valeur ajoutée créée dans une économie fondée sur les données, que ces bénéfices ne sont souvent pas imposés là où ils sont générés en raison du caractère obsolète des règles relatives à l’impôt des sociétés, et que la concurrence est donc faussée;

73.

préconise, compte tenu des effets de réseau qu’induit l’économie des plateformes numériques, un réexamen de l’opportunité et des conditions de nouveaux développements éventuels du droit européen de la concurrence;

74.

souligne que la numérisation pose autant de problèmes dans toutes les régions d’Europe, lesquels appellent autant de stratégies de résolution tout à fait hétérogènes, et demande dès lors que cette question soit prise en compte lors de l’élaboration de stratégies globales;

75.

s’engage en faveur d’une simplification des procédures d’accès aux fonds européens afin d’atteindre autant d’entreprises, d’établissements d’enseignement supérieur et d’instituts de recherche que possible et de les encourager à participer activement à façonner la numérisation;

76.

souligne que cela est également valable pour les «villes intelligentes» et les «régions intelligentes»;

77.

partage l’avis selon lequel il n’existe pas suffisamment d’instruments et de normes techniques, qui ne nécessitent pas d’efforts indus, permettant aux personnes physiques d’exercer aisément leurs droits à la protection de la vie privée;

78.

souligne l’importance de lutter contre les effets de «verrouillage», par exemple en ce qui concerne les appareils de l’internet des objets, et d’autonomiser les utilisateurs; précise qu’il est important, à cet égard, de fournir à l’utilisateur les outils et les moyens de décider lui-même de ce qu’il advient de ses données;

L’Europe dans le monde

79.

salue l’intervention de la Commission en faveur des intérêts des citoyens européens et de l’égalité des chances pour les entreprises européennes sur les marchés internationaux et en faveur des valeurs européennes dans les échanges commerciaux et les flux de données à l’échelle internationale;

80.

accueille favorablement l’idée de confier à l’Europe le stockage et le traitement des données de pays et de régions tiers, et a par conséquent conscience des différents atouts des régions européennes, lesquels constituent divers arguments qui devraient être apportés en ce sens;

81.

se félicite des initiatives prises par la Commission européenne et à titre individuel par certains États membres en vue de clarifier et d’harmoniser la fiscalité des activités commerciales numériques de toutes les entreprises concernées, y compris celles dont la politique commerciale est définie en dehors de l’Union;

Appréciation des présentes communications de la Commission

82.

souligne qu’il convient d’axer les mesures sur les domaines où l’Union européenne est forte, tels que le secteur de la production, qui offre de multiples domaines d’application des technologies numériques, dont l’industrie 4.0, l’intelligence artificielle, la robotique, la fabrication additive, l’optique et le secteur des senseurs ou l’internet des objets;

83.

demande que, en ce qui concerne la stratégie européenne pour les données, l’évaluation et la vérification en cours de l’adéquation des dispositions de l’Union en matière de concurrence et la stratégie industrielle, les mesures clés proposées en vue d’une économie équitable et compétitive soient examinées en détail au regard de leur incidence, notamment dans le contexte de la création d’un cadre qui doit favoriser une finance numérique d’utilisation aisée, compétitive et sûre et à la fiscalité des entreprises pour le XXIe siècle;

84.

réaffirme que la numérisation des régions nécessite une approche stratégique coordonnée et convenue conjointement qui dépasse la fourniture de l’infrastructure et de la connectivité numériques;

85.

plaide en faveur d’un vaste programme-cadre de qualification pour faire face au manque d’experts et de compétences en matière de données au sein de l’Union;

86.

demande la création de programmes de soutien aux jeunes pousses et aux entreprises, non seulement en raison de la situation actuelle, mais également parce qu’en l’absence de tels programmes, l’on ne saurait mettre en œuvre la stratégie pour les données;

87.

préconise une initiative visant à renforcer la souveraineté technologique (par exemple, la conception en propre de processeurs ou de composants de réseaux) afin de pouvoir construire et exploiter en toute sécurité les infrastructures nécessaires, et demande qu’un financement suffisant soit assuré pour les projets européens de recherche et de développement;

88.

reconnaît, au vu des problèmes décrits et des mesures proposées, la nécessité de continuer à accroître la résilience et la souveraineté dans le domaine du numérique, afin de pouvoir exploiter de façon durable les possibilités des normes de communication les plus récentes; en l’occurrence, il convient de s’attacher tout spécialement à protéger les infrastructures critiques, de manière à pouvoir, même en situation de crise, maintenir dans la durée la capacité de l’État à agir ainsi que à l’approvisionnement de la population;

89.

propose d’étudier des mesures supplémentaires pouvant engendrer une amélioration rapide de l’efficacité énergétique, une diminution des gaz à effet de serre, une utilisation optimale de la numérisation pour la protection de l’environnement et du climat et un développement de l’innovation et des gigabits tourné vers l’action pour le climat.

Bruxelles, le 14 octobre 2020.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/commission-expert-group-publishes-progress-reports-online-platform-economy

(2) https://bit.ly/2YptFYV


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17/12/2020

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Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la recommandation du Conseil en matière d’enseignement et de formation professionnels (EFP) en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience (2020/2767(RSP))

17/12/2020

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