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Initiative législative — 52020IR5068

CELEX52020IR5068
TypeInitiative législative
Datejeudi 1 juillet 2021

Texte intégral

29.10.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 440/25


Avis du Comité européen des régions sur le thème «Accroître l’ambition climatique de l’Europe à l’horizon 2030 en vue de la COP26»

(2021/C 440/05)

Rapporteur:

Vincent Chauvet (FR/RE), maire d’Autun

Texte de référence:

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030 — Investir dans un avenir climatiquement neutre, dans l’intérêt de nos concitoyens

[COM(2020) 562 final]

Avis d’initiative

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,

Revoir à la hausse les objectifs de l’UE en matière d’émissions afin d’atteindre efficacement la neutralité climatique d’ici à 2050

1.

demeure profondément préoccupé par l’actuelle urgence climatique mondiale et maintient son engagement sans faille à atteindre efficacement une neutralité climatique irréversible dans l’Union d’ici à 2050; se félicite de la trajectoire réaliste définie par la loi européenne sur le climat, laquelle devrait fournir une trajectoire progressive de réduction des émissions qui soit équitable pour les générations futures, orientera la relance verte européenne au lendemain de la crise de la COVID-19 et de ses conséquences, évitera l’asservissement au carbone, garantira la résilience des territoires et définira une approche plus ambitieuse dans les politiques en matière de changement climatique qui devrait s’appuyer sur les expériences positives et négatives des décennies précédentes;

2.

reconnaît que l’Union européenne est un porte-voix en matière de négociations internationales sur le climat et qu’elle devrait établir un exemple positif de la manière dont il est possible de lutter contre le changement climatique en s’appuyant sur la gouvernance multiniveaux;

3.

soutient pleinement l’accord arrêté entre le Parlement européen et le Conseil relativement à la loi sur le climat, qui met à jour l’objectif au profit d’une «réduction d’au moins 55 %» des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990 et qui demande qu’une proposition d’objectif à l’horizon 2040 soit soumise au plus tard six mois après le premier bilan mondial de l’accord de Paris; prend néanmoins acte du fait que certaines parties prenantes estiment qu’il n’est pas suffisant pour atteindre en temps voulu une neutralité climatique nette et regrette que le nouveau cadre cible principalement le CO2 tandis que d’autres émissions de gaz à effet de serre sont traitées de façon ambiguë ou ne sont pas prises suffisamment en considération; dans ce contexte, attend de la Commission qu’elle s’occupe également de tous les autres gaz à effet de serre pertinents de manière à faire de l’UE le premier continent climatiquement neutre d’ici à 2050;

4.

invite instamment les institutions de l’Union et les États membres à garantir une tarification appropriée des émissions d’origine fossile au moyen du système d’échange de droits d’émission et de taxes, afin de lutter contre les émissions d’une manière efficace sur le plan des coûts et de libérer des ressources qui pourront être consacrées à la transition. Cette question doit être abordée lors du réexamen du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE) et de la directive européenne sur la taxation de l’énergie dans le cadre du futur paquet «Ajustement à l’objectif 55»; se réjouit également, à cet égard, de la future proposition de la Commission relative au fonds d’ajustement aux frontières, étant donné qu’il est nécessaire de prendre des mesures efficaces pour éviter les fuites de carbone, refléter plus précisément la teneur en carbone des importations et veiller à ce que les objectifs écologiques de l’Union ne soient pas compromis par la délocalisation de la production vers des pays dont les politiques climatiques sont moins ambitieuses;

5.

fait valoir qu’il importe de rendre possible et de promouvoir le recours à un éventail varié de solutions, en tenant compte des évolutions technologiques et de la diversité des conditions qui prévalent dans les régions de l’Union européenne au regard du climat, de la géographie, des infrastructures, des systèmes énergétiques, etc. Le cadre réglementaire de l’Union devrait, dans la mesure du possible, être neutre sur le plan technologique en ce qui concerne la réduction des émissions et la durabilité et éviter d’imposer une réglementation excessive et une charge administrative accrue pour les solutions durables;

6.

fait par ailleurs observer que le caractère spécifique de certaines régions a pour effet que la réalisation des nouveaux objectifs représente pour elles un défi particulier. La transition énergétique et économique de ces régions doit s’opérer de manière juste, de sorte que le Fonds pour la modernisation et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières joueront un rôle clé en la matière;

7.

reconnaît que, comme l’a fait valoir l’analyse d’impact accompagnant la communication de la Commission «Accroître les ambitions de l’Europe en matière de climat pour 2030 — Investir dans un avenir climatiquement neutre, dans l’intérêt de nos concitoyens», tous les secteurs devront contribuer à la politique climatique de l’UE; salue, à cet égard, le pacte vert en tant que stratégie pour la croissance et le «serment vert» en tant qu’outil essentiel pour atteindre cet objectif;

8.

souligne qu’en Europe et ailleurs, de nombreuses villes et régions se sont montrées plus ambitieuses que les États membres en matière de climat. Dans certains cas comme le Japon, les contributions déterminées au niveau local par les collectivités locales et régionales (CLR) ont même poussé les gouvernements nationaux à actualiser leurs contributions déterminées au niveau national (CDN); Nous estimons donc qu’il serait très utile, pour parvenir à une gouvernance à multiniveaux efficace, d’intégrer les contributions décidées au niveau local et régional dans le processus d’élaboration des contributions nationales, et nous estimons donc qu’il est très utile, pour parvenir à une gouvernance à plusieurs niveaux efficace, d’intégrer les contributions déterminées au niveau local et régional dans le processus de définition des contributions nationales;

Pour atteindre l’objectif de 55 %, il faut associer activement les CLR à l’élaboration des politiques en matière de climat

9.

fait valoir que les CLR mettent en œuvre 70 % de l’ensemble de la législation de l’UE, 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique et 90 % des politiques d’adaptation au changement climatique (1). En outre, les villes et les régions européennes pour lesquelles sont fixés des objectifs de zéro émission nette couvrent aujourd’hui plus de 162 millions de personnes (soit 36 % de la population de l’UE) (2). Les CLR ont donc la charge de gérer et d’exécuter sur le terrain la plupart des stratégies du pacte vert pour l’Europe;

10.

estime que la réalisation de l’objectif de réduction des émissions de CO2 d’au moins 55 % d’ici à 2030 modifiera radicalement la manière dont nous organisons les villes, les régions et les communautés de personnes. L’épidémie de COVID-19, les nouveaux objectifs climatiques et les conséquences du changement climatique qui se font sentir actuellement entraîneront des changements structurels pour les sociétés européennes, qui constitueront des défis pour les CLR, dès lors qu’elles sont les administrations et les pouvoirs publics les plus proches des citoyens et des territoires;

11.

reconnaît que les CLR jouent un double rôle en tant que leaders d’opinion et en tant que points d’accès pour les priorités des citoyens. La crise de la COVID-19 a montré comment les CLR sont en première ligne s’agissant de la vie des citoyens. Il est particulièrement important d’associer les parties prenantes, les entreprises et les citoyens au processus décisionnel concernant les politiques climatiques pour garantir la confiance, l’acceptabilité et le succès de ces politiques, y compris les incidences de la transition vers la neutralité climatique. Il convient d’anticiper et de gérer les incidences négatives potentielles, y compris au moyen de plans de mise à niveau ou de reconversion professionnelle de la main-d’œuvre locale, en particulier dans les communautés rurales et les régions moins développées. Les élus locaux sont les plus légitimes pour anticiper et accompagner ces préoccupations;

12.

souligne que la plupart des principaux secteurs visés par le renforcement de l’ambition climatique à l’horizon 2030 ont des liens directs avec les compétences locales ou régionales; après les premières réductions notables des émissions dues à la fermeture des centrales au charbon et la dépollution des industries à forte intensité énergétique, ce sera au tour des transports, de l’agriculture et des bâtiments — particulièrement importants aux niveaux local et régional, tant dans les zones urbaines que rurales — de procéder à des réductions des émissions;

13.

reconnaît que les voitures classiques devront être progressivement remplacées par des véhicules à émissions nulles ou à faibles émissions du point de vue de l’intégralité de leur cycle de vie et par un recours accru à des services de transport collectif durable, ce qui suppose une coordination régionale et, au niveau local, l’expansion des installations de charge publiques pour les carburants de substitution ainsi que la disponibilité d’infrastructures de haute qualité pour les moyens de transport publics comme les bus ou les trains, afin de rendre attrayante et abordable pour l’ensemble des citoyens la transition vers une mobilité à émissions nulles;

14.

exprime sa préoccupation quant au fait que dans le secteur agricole, la baisse des émissions a stagné ces dernières années et que, dans certains cas, ces émissions ont même augmenté. Si l’on ajoute à cela les absorptions de carbone et la gestion des puits de carbone, les agriculteurs et les gestionnaires de forêts se retrouvent en première ligne dans la lutte contre le changement climatique, dès lors que leurs activités, qui sont aussi fortement affectées par ses effets, sont indispensables pour la production de denrées alimentaires de même que pour les aspects sociaux et économiques du territoire; invite dès lors la Commission à prendre en considération les investissements nécessaires dans les transitions du secteur agricole vers la neutralité carbone dans le cadre de la mise en œuvre et de la révision éventuelle de la politique agricole commune, sans perdre de vue la notion de rentabilité économique des exploitations agricoles et leur rôle essentiel de fournisseurs de denrées alimentaires pour la population européenne, mis en évidence pendant la pandémie, ainsi qu’à veiller à la compatibilité entre les utilisations agricoles des terres et leur usage pour la production d’énergies renouvelables, sur des sols agricoles dégradés pouvant être exploités et régénérés, et souligne la nécessité de renforcer les systèmes d’utilisation des terres respectueux du climat; fait valoir en outre que, dans certains États membres, les CLR sont de grands propriétaires publics de forêts et jouent un rôle direct dans cette économie; dans ce contexte, salue le développement de la certification des absorptions de carbone pour fournir des incitations directes aux agriculteurs ou aux gestionnaires privés de forêts;

15.

estime que dans le secteur de l’énergie, le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables doit être soumis à des objectifs d’expansion et à des mesures ambitieux et rapides, d’où la nécessité d’une planification des infrastructures à la fois à grande échelle et à un niveau décentralisé. Cela implique une gestion spécifique par les CLR, en ce qui concerne par exemple les projets et l’acceptation des infrastructures par les populations à l’échelon local, mais aussi une sensibilisation des citoyens, qui doivent être encouragés à participer à des projets communs, par exemple au moyen des mécanismes de communautés énergétiques locales;

16.

est conscient que dans le secteur du bâtiment, la prochaine «vague de rénovations» sera l’occasion de lancer une série d’actions visant à accroître l’ampleur et le rythme des rénovations au niveau des bâtiments eux-mêmes et des quartiers, ce qui suppose assurément un suivi et des investissements de la part des CLR. Ces dernières jouent aussi un rôle crucial pour veiller à ce que la rénovation des bâtiments soit compatible avec les règles d’aménagement du territoire et de l’urbanisme, encourage les politiques de lutte contre le dépeuplement et réponde aux critères d’équité sociale et de respect de l’environnement;

17.

souligne que les régions et les villes n’en sont pas toutes au même point sur la voie de la neutralité climatique: certaines ont déjà réduit leurs émissions, d’autres y procèdent, tandis que d’autres encore peinent à y parvenir. Par conséquent, les spécificités territoriales telles que les systèmes énergétiques isolés, les zones protégées historiques ou environnementales, les régions à forte intensité de carbone, l’insularité, etc., doivent être prises en compte dans l’élaboration des politiques en matière de climat afin de garantir une transition juste qui soit acceptable pour tous les citoyens et régions d’Europe; est fermement convaincu que des outils tels que le tableau de bord régional européen (3) ou l’Observatoire européen de la neutralité climatique (4), sont des instruments essentiels pour y parvenir et qu’ils devraient être reconnus en tant que tels, comme notre institution l’a déjà demandé;

18.

se félicite de la création de la facilité pour les îles européennes — NESOI (New Energy Solutions Optimised for Islands) — et du secrétariat de l’initiative «Une énergie propre pour les îles de l’Union européenne», en tant que faisant partie d’un processus qui vise à tenir compte des spécificités territoriales;

19.

réitère son appel en faveur d’une forte participation des CLR à l’élaboration des politiques européennes en matière de climat en général, ainsi qu’à la conception, à la mise en œuvre et au suivi du paquet «Ajustement à l’objectif 55», notamment pour garantir son efficacité, sa pertinence et son acceptation sur le terrain, étant donné que les CLR ne représentent pas des intérêts spécifiques mais ont pour mandat de travailler pour l’intérêt commun des citoyens;

La gouvernance à plusieurs niveaux et la subsidiarité sont essentielles pour garantir la neutralité climatique et associer les citoyens de l’UE au processus

20.

souligne l’importance d’une subsidiarité active (5) pour les politiques climatiques, en tenant dûment compte de l’échelon local et régional et en ne se concentrant pas uniquement sur un dialogue entre les niveaux européen et national;

21.

souligne que les villes et les régions européennes ont gagné du terrain en tant qu’acteurs impliqués dans l’élaboration des politiques en matière de climat et relève qu’elles sont parfois allées plus loin au niveau de l’UE qu’au niveau national, grâce à des mouvements tels que la Convention des maires et à d’autres initiatives efficaces associant l’échelon local et régional; réitère dès lors son appel en faveur d’un dialogue à plusieurs niveaux, efficace et inclusif, ayant pour but l’intégration des objectifs climatiques dans les politiques sectorielles;

22.

soutient les initiatives et les efforts de la Convention des maires visant à mieux associer les associations de maires infranationales, sectorielles et thématiques aux activités de la Convention et demande un renforcement de l’ancrage et de la visibilité de la Convention aux niveaux national, régional et local;

23.

se félicite de l’initiative visant à inclure le CdR dans le conseil politique de la Convention européenne des maires et se tient prêt à assurer un lien plus étroit entre la gestion de la Convention au niveau de l’UE et la seconde chambre de la Convention des maires, afin d’apporter un soutien politique à l’initiative, de promouvoir la Convention, de favoriser le dialogue avec les organes nationaux ainsi que d’assurer la cohésion et la cohérence de l’assistance et de la représentation des CLR au niveau européen, dans un paysage déjà assez complexe pour la plupart d’entre elles;

Donner aux CLR les outils nécessaires pour parvenir à la neutralité climatique

24.

souligne que l’accès à l’information et au financement des initiatives et des projets en faveur du climat reste difficile pour de nombreuses CLR. Les difficultés concernent les aspects suivants:

—

méconnaissance des financements disponibles et des initiatives existantes les mieux adaptées au projet de chaque ville ou région,

—

complexité du paysage européen et national et confusion autour des différentes plateformes et initiatives existantes,

—

manque de compétence technique au niveau local pour appliquer, gérer et contrôler les fonds,

—

manque de compétitivité avec le secteur privé pour attirer et conserver des experts,

—

signaux ambigus envoyés au marché pour les communautés énergétiques et les projets locaux,

—

manque de capacité d’absorption de la part des autorités locales et des entreprises.

25.

est préoccupé par le fait que les difficultés mentionnées aux points précédents pourraient rendre les CLR réticentes à adopter des accords verts locaux et à s’engager à respecter les engagements à l’horizon 2030;

26.

demande au Centre commun de recherche de dresser un inventaire, jusqu’au niveau 3 de la nomenclature commune des unités territoriales statistiques (NUTS), quant à la capacité d’absorption des collectivités et des entreprises locales et régionales pour la répartition des nouveaux financements considérables rendus disponibles à la faveur du pacte vert et du plan de relance, et est prêt à apporter sa contribution au moyen des outils dont il dispose, tels que les pôles régionaux;

27.

attire l’attention de la Commission sur le fait que les CLR sont confrontées à d’énormes problèmes liés à la gestion de la crise sanitaire actuelle et éprouvent des difficultés à affecter des ressources financières et humaines à des initiatives et des trajectoires de neutralité climatique; demande dès lors que des ressources suffisantes soient allouées pour aider les CLR à relever ce défi de la décennie à venir, en tenant compte de l’ensemble du cycle de vie des projets (y compris le suivi);

28.

souligne la nécessité d’améliorer les capacités de mise en œuvre des CLR et l’importance de disposer d’un personnel suffisant et qualifié, en particulier au niveau municipal et dans les zones rurales. Il y a lieu de fournir de manière systématique les forces de travail nécessaires pour coordonner les multiples champs d’action et domaines de responsabilité relevant de la réalisation des objectifs de l’action pour le climat;

29.

se félicite du pacte européen pour le climat et de l’approche locale de la plateforme pour une transition juste, qui constituent des outils essentiels pour soutenir et accélérer la transition vers la neutralité climatique, ainsi que d’autres initiatives existantes; invite toutefois la Commission européenne à créer une plateforme faîtière, éventuellement par le biais du pacte européen pour le climat, afin de promouvoir l’intégration et la complémentarité de ces initiatives, de guider les choix des CLR en fonction de leurs caractéristiques et de veiller à la cohérence, à un accès aisé à l’information, à des engagements non concurrents et à une simplification et une unification (dans la mesure du possible) de l’accès aux initiatives;

30.

invite la Commission européenne à reconnaître que le rôle des CLR va au-delà de celui des autres acteurs non étatiques et demande que cette spécificité soit reconnue dans le cadre de la plateforme faîtière;

31.

soutient la création de pactes climatiques locaux pour garantir que les trajectoires de neutralité climatique soient participatives, bien acceptées et soutenues par la population, et qu’elles tiennent compte des préoccupations et des besoins des citoyens européens;

32.

reconnaît le rôle important que jouent les institutions semi-formelles, telles que les conseils municipaux citoyens, les organes consultatifs locaux et les conventions citoyennes dont les participants sont tirés au sort, pour créer l’élan qui convient et accélérer la transition énergétique; demande par conséquent à chaque municipalité d’au moins 10 000 habitants d’envisager, dans le cadre de sa structure de gouvernance locale, la création de parlements citoyens qui étudieraient les moyens concrets de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s’adapter au changement climatique;

33.

souligne que la plupart des villes et des régions ne connaissent pas leur niveau actuel et passé d’émissions de CO2, ce qui rend difficile pour elles de quantifier leurs efforts et de concevoir des trajectoires efficaces vers la neutralité climatique; invite instamment la Commission à contribuer à fournir l’aide nécessaire sur le plan des techniques et des compétences pour aider les CLR à évaluer leurs émissions, notamment en faisant pleinement appel aux agences locales et régionales de l’énergie, aux autorités locales et régionales en matière de changement climatique et à d’autres homologues concernés; recommande en outre d’intégrer la fonction de «gestionnaire du climat» dans l’administration locale afin de promouvoir le pacte pour le climat au niveau des communes et de coordonner et mettre en œuvre les plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC). Cette fonction de gestionnaire du climat pourra être partagée avec des administrations plus petites;

34.

soutient, à cet égard, le cadre commun de déclaration de la Convention mondiale des maires, qui constitue une étape vers l’harmonisation des voix locales et régionales;

35.

réaffirme son soutien à un système de contributions déterminées au niveau régional et local afin de reconnaître officiellement, de surveiller et d’encourager la réduction des émissions de carbone par les villes, les collectivités locales et les régions à l’échelle mondiale; demande à la Commission européenne de travailler avec le CdR afin d’étudier comment les plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat ou des plans équivalents pourraient agir en tant que contributions déterminées au niveau régional et local apportant des contributions locales à l’accord de Paris des Nations unies sur le climat et être officiellement reconnus comme complémentaires des PND;

36.

se félicite des initiatives «Race to zero» (objectif zéro) et «Race to Resilience» (objectif résilience) engagées au niveau mondial (6) et invite la CCNUCC à coopérer avec le CdR et d’autres homologues concernés du groupe des collectivités locales et des municipalités en vue de la reconnaissance formelle de la contribution des gouvernements infranationaux à l’action pour le climat et à mettre en place un dialogue spécifique avec les gouvernements infranationaux;

37.

souligne que les CLR disposent d’un potentiel particulier en matière d’innovation sociale et technique dans le domaine du climat et participent souvent à des projets de recherche et d’innovation; demande à la Commission, pour veiller à ce que ce potentiel soit pleinement développé et utilisé en tant qu’outil pour trouver de nouvelles solutions pour atteindre la neutralité carbone, d’accorder dans le paquet «Ajustement à l’objectif 55» une attention particulière à la création d’un cadre flexible qui garantirait des initiatives d’innovation et d’expérimentation au niveau local, débouchant sur des solutions ascendantes et territorialisées;

38.

insiste sur le fait qu’il y a lieu de veiller à la liberté de choix des trajectoires de décarbonation au niveau local, du point de vue des technologies et des politiques retenues ainsi que dans une perspective démocratique; en effet, le caractère exogène de décisions suscite une réticence à les faire appliquer;

Faire entendre la voix des CLR lors de la COP26

39.

reconnaît que, bien que les CDN soient le principal moyen de responsabiliser les États, la société dans son ensemble doit être associée à la réduction des émissions afin de parvenir à des territoires neutres pour le climat et résilients;

40.

souligne que la voix des CLR s’est renforcée dans les négociations et initiatives internationales sur le changement climatique et se félicite des initiatives existantes des réseaux de CLR tels que CPMR, ICLEI, C40, Under2Coalition, Regions4, Climate Alliance, Fedarene, Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) et la Convention mondiale des maires et de leur contribution à la zone des acteurs non étatiques pour l’action climatique (NAZCA) de la CCNUCC;

41.

considère la COP26 de la CCNUCC comme une étape cruciale dans la consolidation du rôle de l’Union européenne à l’avant-garde de l’action mondiale pour le climat et souligne que les activités et engagements en cours des régions et des villes devraient jouer un rôle important dans la préparation de la COP26 et bénéficier d’une visibilité officielle lors de celle-ci;

42.

invite dès lors les acteurs mondiaux et européens à investir dans l’analyse comparée et les données ventilées en fonction du sexe, afin de comprendre pleinement l’incidence du changement climatique sur tous les groupes vulnérables, de mettre en œuvre des techniques de budgétisation attentive à cette dimension du genre et de garantir l’égalité d’accès à la représentation dans l’élaboration des politiques pour chaque genre et à tous les échelons; soutient, à cet égard, le plaidoyer en faveur d’un meilleur équilibre entre les hommes et les femmes au sein des délégations nationales, ainsi que dans l’équipe d’encadrement supérieur de la COP26; salue les travaux de la CCNUCC sur le lien entre l’égalité entre les hommes et les femmes et les politiques en matière de climat (7), et invite la Commission à agir dans ce même sens;

43.

estime que la déclaration d’Édimbourg sur la biodiversité est le document le plus solide qui existe en matière de reconnaissance, d’engagement et de responsabilisation des gouvernements locaux et régionaux dans tout processus des Nations unies; suggère de reproduire cette approche et de l’étendre de façon similaire à d’autres organes des Nations unies, et invite nos partenaires de la CCNUCC à établir un protocole d’accord avec le Comité européen des régions, en tant que représentant institutionnel des villes et régions européennes;

44.

appelle de ses vœux un dialogue politique à plusieurs niveaux plus intensif sur l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci dans les secteurs où la gouvernance intègre déjà fortement les CLR et où il y a déjà eu dévolution de compétences dans plusieurs régions du monde, pour l’offre et la demande d’énergie, les transports, l’agriculture et la construction, par exemple;

45.

appelle de ses vœux un dialogue politique à plusieurs niveaux plus intensif sur l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci dans des secteurs où les actions en faveur du climat doivent tenir compte d’autres questions environnementales, telles que la préservation de la biodiversité ou des préoccupations liées à la production alimentaire, à l’eau potable et au caractère durable de l’agriculture et de la sylviculture. La stratégie spatiale en matière d’utilisation des sols est particulièrement pertinente à cet égard, et relève au plus haut point des CLR. Il en va de même de la décision relative à la mise en œuvre des stratégies adoptées par la Commission qui concernent le secteur agricole, lesquelles doivent faire l’objet d’une analyse d’impact permettant d’évaluer leurs conséquences;

46.

salue les initiatives de la Commission européenne et de la Convention des maires visant à mieux présenter les activités des CLR et leur participation à la conception et à l’application de politiques neutres pour le climat lors des prochaines COP et à promouvoir le leadership dans l’intégration verticale de l’action pour le climat. Dans ce contexte, invite la Commission à coopérer avec le CdR afin d’organiser une journée thématique consacrée à l’action locale pour le climat dans l’UE, qui offrirait l'occasion de présenter les différentes initiatives de l’UE;

47.

invite les membres du CdR à organiser des COP locales et régionales au sein de leurs communautés avant la COP26, afin de sensibiliser à l’urgence climatique, mais aussi de recueillir les points de vue des citoyens et des entreprises sur leurs besoins et leurs bonnes pratiques qui pourraient accélérer la transition écologique et la réalisation des objectifs de l’accord de Paris;

48.

rappelle que l’UE s’est engagée à jouer un rôle de chef de file dans les négociations de la COP et qu’elle doit donc prendre des mesures efficaces pour atteindre son objectif, ce qui implique une cocréation et une coopération avec les collectivités locales et régionales; dans ce sens, invite la CCNUCC à coopérer avec le CdR afin de promouvoir davantage l’expérience pionnière des COP locales et régionales.

Bruxelles, le 1er juillet 2021.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Résolution du CdR «Le pacte vert en partenariat avec les CLR», décembre 2019.

(2) Selon les informations publiées par le New Climate Institute, décembre 2020.

(3) Les effets du changement climatique sur les régions — évaluation du pacte vert pour l’Europe –.

(4) Une planète propre pour tous — Une vision européenne stratégique à long terme pour une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat.

(5) La subsidiarité active doit être entendue telle que définie par la task-force de la Commission européenne «Subsidiarité, proportionnalité et “faire moins mais de manière plus efficace”».

(6) https://racetozero.unfccc.int/race-to-resilience/.

(7) https://unfccc.int/gender.


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