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AccueilDroit européen52020SC0126
Acte préparatoire52020SC0126

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION accompagnant le document RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS Rapport sur la politique de concurrence 2019

CELEX52020SC0126
TypeActe préparatoire
Datejeudi 9 juillet 2020

Résumé IA

Ce document de travail des services de la Commission accompagne le rapport 2019 sur la politique de concurrence. Il détaille les actions menées par la Commission en matière de contrôle des concentrations, d'ententes et d'abus de position dominante, ainsi que l'application des règles relatives aux aides d'État. Il offre une analyse approfondie des évolutions et des priorités de la politique de concurrence au cours de l'année 2019.

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 9.7.2020

SWD(2020) 126 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

accompagnant le document

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapport sur la politique de concurrence 2019

{COM(2020) 302 final}


DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

accompagnant le document

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Rapport sur la politique de concurrence 2019

Table des matières

I. ÉVOLUTION DE LA LÉGISLATION ET DES POLITIQUES

1. Pratiques anticoncurrentielles et ententes

1.1. Orientations concernant les procédures en matière d’ententes et d’abus de position dominante

1.2. Arrêts importants rendus par les juridictions de l’Union européenne

1.3. La répression des ententes demeure une priorité absolue

1.4. Poursuite de l’étroite coopération au sein du réseau européen de la concurrence ainsi qu’avec les juridictions nationales

2. Contrôle des concentrations

2.1. Les tendances récentes en matière de mise en œuvre

2.2. Importance accrue des aspects numériques

2.3. L’évaluation en cours du contrôle des concentrations de l’UE

3. Contrôle des aides d’État

3.1. Mise en œuvre de la modernisation du contrôle des aides d’État

3.2. Poursuite de la modernisation du contrôle des aides d’État

3.3. Contrôle, récupération, évaluation et coopération avec les juridictions nationales

3.4. Arrêts importants des juridictions de l’Union européenne dans le domaine des aides d’État

4. Développement de la dimension internationale de la politique de l’UE en matière de concurrence

5. Communication externe

6. Le programme en faveur du marché unique

II. SITUATION PAR SECTEUR

1. Énergie et environnement

2. Technologies de l’information et de la communication et médias

3. Services financiers

4. Fiscalité et aides d’État

5. Industries de base et industrie manufacturière

6. Industrie agroalimentaire

7. Secteurs pharmaceutique et des services de santé

8. Transports et services postaux

Le présent document de travail des services de la Commission qui accompagne le rapport annuel sur la politique de concurrence 2019 reflète les principaux changements intervenus dans la politique de concurrence de l’UE au cours de l’année 2019 et contient un certain nombre d’analyses et d’évaluations des problèmes rencontrés dans des secteurs spécifiques ou pour des instruments de mise en œuvre particuliers. Par conséquent, le document de travail des services de la Commission ne couvre pas les bouleversements économiques provoqués par la pandémie de Covid-19 qui a éclaté au début de l’année 2020 et leurs retombées sur la politique de concurrence de l’UE.

I.ÉVOLUTION DE LA LÉGISLATION ET DES POLITIQUES

Une politique de concurrence qui responsabilise les citoyens et les entreprises au bénéfice de tous

Fort de plus d’un demi-milliard de consommateurs et de 24,5 millions d’entreprises, le marché intérieur constitue l’une des plus belles réussites de l’UE et son principal atout. La politique de concurrence de l’UE va de pair avec le développement d’un marché intérieur approfondi et plus équitable. L’application des règles de concurrence de l’UE permet de faire en sorte que les marchés fonctionnent mieux dans l’intérêt des consommateurs, qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises, et de la société dans son ensemble. L’existence de marchés concurrentiels joue un rôle essentiel afin de soutenir les efforts de la Commission pour parvenir à une Union européenne forte et prospère. En outre, la politique de concurrence de l’UE vise à promouvoir une culture de la concurrence tant au sein de l’UE, par exemple en encourageant une réglementation favorable à la concurrence, qu’à l’échelle mondiale.

Les activités menées par la DG Concurrence dans le domaine de la politique de concurrence en 2019 ont ciblé un large éventail de secteurs de l’économie de l’Union, favorisant des marchés ouverts et efficients de sorte que les entreprises et les citoyens puissent obtenir une juste part des avantages de la croissance économique. De plus, la politique de concurrence de l’UE a continué à soutenir les grandes priorités politiques de la Commission, en particulier ses objectifs liés au marché intérieur, à la numérisation, à la fiscalité équitable ainsi qu’à l’énergie et au climat, tels qu’énoncés dans les orientations politiques de la présidente de la Commission et dans le programme de travail de la Commission. Le présent document de travail des services de la Commission se compose de deux parties: la première présente les principales évolutions de la politique et de la législation en 2019 en ce qui concerne les trois instruments de concurrence (pratiques anticoncurrentielles et ententes, concentrations et aides d’État) et la partie consacrée à la situation par secteur décrit des actions spécifiques.

1.Pratiques anticoncurrentielles et ententes

Articles 101, 102 et 106 du TFUE

En vertu de l’article 101 du TFUE, les accords anticoncurrentiels sont incompatibles avec le marché intérieur et interdits. L’article 101 du TFUE interdit les accords par lesquels des entreprises coordonnent leurs agissements au lieu de se concurrencer en toute indépendance et qui ont pour objet ou pour effet de fausser la concurrence. Cependant, même si un accord horizontal ou vertical peut être considéré comme restrictif, il pourra être autorisé en vertu de l’article 101, paragraphe 3, du TFUE s’il a finalement pour effet de stimuler la concurrence (du fait, par exemple, de la promotion du progrès technique ou d’une amélioration de la distribution).

L’article 102 du TFUE interdit les abus de position dominante. En soi, il n’est pas illégal, pour une entreprise, de détenir ou d’acquérir une position dominante. Les entreprises en position dominante peuvent, comme toutes les autres entreprises présentes sur le marché, livrer concurrence en fonction de leurs mérites. Cependant, l’article 102 du TFUE interdit les comportements abusifs d’entreprises en position dominante qui, par exemple, imposent de façon directe ou indirecte des prix d’achat ou de vente ou d’autres conditions de transaction non équitables.

Enfin, l’article 106 du TFUE interdit aux États membres d’édicter ou de maintenir des mesures contraires aux règles des traités en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs.

Décisions en matière de pratiques anticoncurrentielles et d’ententes sur la période 2010-2019

1.1.Orientations concernant les procédures en matière d’ententes et d’abus de position dominante

Par ses mesures de mise en œuvre de la législation adoptées en 2019, la Commission a démontré sa volonté constante de faire appliquer strictement les règles de concurrence afin de lutter contre les accords collusoires entre les entreprises et d’éviter que les entreprises abusent de leur position dominante au détriment des consommateurs. Engagée en parallèle dans un processus de réflexion approfondie visant à examiner comment améliorer l’application de la législation au moyen des outils dont elle dispose, la Commission a adopté en 2019 un total de 15 décisions sanctionnant un comportement anticoncurrentiel. Il s’agit du nombre le plus élevé de sanctions depuis l’entrée en fonction de Margrethe Vestager au poste de commissaire chargée de la concurrence.

Il est important de noter que 2019 a également été marquée par les efforts constants déployés par la Commission pour rendre la politique de concurrence plus efficace, plus efficiente et mieux adaptée aux besoins de la société moderne. À cet égard, en 2019, la Commission a mené à bien quatre affaires de pratiques anticoncurrentielles sur la base de procédures de coopération 1 . Cette pratique volontaire – similaire à la procédure de transaction dans les affaires d’entente mais qui concerne les affaires non liées à des ententes – s’est révélée très efficace dans un certain nombre de décisions récentes infligeant des amendes. Les quatre affaires de 2019 ont porté à dix le nombre d’affaires de ce type depuis que la procédure a été appliquée pour la première fois en 2016 2 , ce qui a permis à la Commission d’infliger des amendes pour près d’un milliard d’EUR. Grâce aux procédures de coopération, tant les entreprises faisant l’objet d’une enquête que la Commission peuvent réaliser des gains substantiels d’efficience administrative tout en préservant le rôle de surveillance inhérent à la mise en œuvre du droit de la concurrence. En participant volontairement à une procédure de coopération, les entreprises bénéficient de réductions d’amendes en contrepartie de la reconnaissance de l’infraction. En outre, les entreprises peuvent prétendre à des réductions supplémentaires de leurs amendes si elles apportent également des éléments de preuve ayant une valeur significative pour l’enquête ou si elles conçoivent et mettent en œuvre des mesures correctives qui contribuent à améliorer les conditions de concurrence et le bon fonctionnement du marché unique européen. Les réductions individuelles accordées jusqu’à présent dans ce type de procédures ont été comprises entre 10 % et 50 %, selon la chronologie de la coopération (tant en termes de reconnaissance de la responsabilité que d’apport d’éléments de preuve) et la mesure dans laquelle les éléments de preuve ont renforcé la position de la Commission. Le recours à la procédure de coopération permet aussi d’accélérer et de mieux cibler les décisions visant à infliger des amendes.

Afin d’améliorer encore l’efficacité de ses procédures, la Commission a lancé, en mars 2019, son outil en ligne «eLeniency» 3 . Cet outil est conçu pour faciliter la présentation par les entreprises et leurs représentants légaux des déclarations et des documents dans le cadre de procédures de clémence et de transaction liées à des affaires d’ententes, ainsi que dans le cadre de coopérations non liées à des ententes. eLeniency permet aux entreprises et à leurs avocats de présenter ces documents – dont des demandes de clémence et des propositions de transaction – assortis des mêmes garanties en termes de confidentialité et de protection juridique que dans le cadre d’une procédure traditionnelle. Ces mesures de sauvegarde incluent la protection contre toute divulgation, dans le cadre de procédures civiles, de déclarations d’entreprise relevant de la communication sur la clémence.

En ce qui concerne la rapidité des enquêtes, en 2019, la Commission a également imposé des mesures provisoires au fabricant de jeux de puces Broadcom 4 . Conçues lorsqu’un «préjudice grave et irréparable risque d’être causé à la concurrence» 5 , les mesures provisoires n’avaient pas été utilisées depuis 18 ans. La décision relative aux mesures provisoires ordonne à Broadcom i) de cesser unilatéralement d’appliquer certaines clauses anticoncurrentielles relevées par la Commission et d’informer ses clients qu’elle ne les appliquera plus; et ii) de s’abstenir de convenir et d’appliquer des clauses identiques ou des clauses ayant un objet ou un effet équivalent dans d’autres contrats conclus avec ces clients. Dans sa décision, la Commission a obligé Broadcom à se conformer à ces mesures dans les 30 jours, sous peine de se voir infliger une sanction pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires total.

En 2019, la Commission a accompli des progrès considérables dans ses évaluations des règles exemptant certains accords verticaux 6 et horizontaux 7 des règles générales de concurrence de l’Union européenne. Conformément aux exigences en matière d’amélioration de la réglementation, la Commission suit le même processus approfondi pour l’évaluation des deux ensembles de règles. Celles-ci se composent d’un ou de deux règlements d’exemption par catégorie et de lignes directrices qui les accompagnent 8 . Les deux axes de travail ont jusqu’à présent inclus la publication des feuilles de route pour chaque réexamen et les appels respectifs à contributions des parties prenantes. L’objectif de ces évaluations est de permettre à la Commission de décider si ces règles doivent expirer, être prolongées ou être révisées. Les parties prenantes pourront formuler d’autres commentaires à des étapes ultérieures du processus de réexamen. Les règles verticales et horizontales viennent à expiration respectivement en mai et en décembre 2022. Les règles applicables aux catégories d’accords de transfert de technologie seront également soumises à un réexamen dans les années à venir 9 .

La Commission a également lancé la révision du règlement d’exemption par catégorie applicable au secteur automobile (MVBER) 10 , qui viendra à expiration en mai 2023, et a demandé à ce qu’un rapport d’évaluation lui soit remis pour mai 2021. En février 2019, une feuille de route de l’évaluation a été publiée 11 , suivie d’une consultation en ligne de quatre semaines des parties prenantes. En parallèle, une étude exploratoire a été commandée afin de mieux comprendre l’évolution des conditions du marché dans le secteur automobile au cours des dix dernières années. L’étude, qui devrait être livrée pour le milieu de l’été 2020, alimentera la consultation publique des parties prenantes, actuellement prévue pour fin 2020.

Le 9 décembre 2019, la vice-présidente exécutive Vestager a annoncé la révision prévue de la communication de la Commission sur la définition du marché en cause aux fins du droit communautaire de la concurrence (la «communication sur la définition du marché en cause») 12 , qui explique comment la Commission applique le concept de marché de produits ou de marché géographique en cause dans sa mise en œuvre actuelle du droit de la concurrence de l’Union européenne. Le but principal de cette révision est de faire en sorte que la communication reflète la manière dont les pratiques de la Commission et des juridictions européennes en matière de définition des marchés ont évolué au cours des vingt dernières années. Le principal objectif de la révision est de donner des orientations qui restent exactes et actualisées, en définissant une approche claire et cohérente tant pour les affaires concernant des pratiques anticoncurrentielles que des concentrations, dans différents secteurs, et ce de manière facilement accessible.

1.2.Arrêts importants rendus par les juridictions de l’Union européenne

Décisions préjudicielles

«Ne bis in idem»

L’affaire Powszechny Zakład Ubezpieczeń na Życie 13 concerne une demande de décision préjudicielle portant sur l’interprétation du principe «ne bis in idem», consacré à l’article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne 14 , dans le domaine du droit de la concurrence de l’Union. Selon une jurisprudence constante, le principe «ne bis in idem» interdit qu’une entreprise soit condamnée ou poursuivie une nouvelle fois du fait d’un comportement anticoncurrentiel pour lequel elle a été sanctionnée ou dont elle a été déclarée non responsable par une décision antérieure qui n’est plus susceptible de recours.

La demande a été présentée par la Cour suprême polonaise dans sa procédure concernant une décision de l’Office polonais de la concurrence et de la protection des consommateurs (ci-après l’«UOKiK») d’infliger une amende à Powszechny Zakład Ubezpieczeń na Życie S.A., une compagnie d’assurance polonaise, pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché des assurances-vie de groupe pour travailleurs en Pologne en prenant des mesures destinées à empêcher la création ou le développement de la concurrence. L’UOKiK a infligé une amende sur le fondement du droit national et de l’article 102 du TFUE dans la même décision. La partie de l’amende fondée sur le droit national couvrait la période de l’infraction antérieure à l’adhésion de la Pologne à l’UE jusqu’à la date de la décision de l’UOKiK et la partie de l’amende fondée sur l’article 102 du TFUE couvrait la période postérieure à l’adhésion jusqu’à la date de la décision de l’UOKiK.

La Cour suprême polonaise a posé les questions suivantes: i) l’article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne peut-il être interprété en ce sens que l’application du principe «ne bis in idem» présuppose non seulement que le contrevenant et les faits sont les mêmes mais également que l’intérêt juridique protégé est le même, et ii) l’article 3 du règlement 1/2003 15 , lu conjointement avec l’article 50 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, doit-il être interprété en ce sens que le droit de l’Union et le droit national de la concurrence, appliqués parallèlement par une autorité de concurrence d’un État membre, protègent un même intérêt juridique.

La Cour de justice de l’Union européenne a examiné les deux questions conjointement et a conclu que le principe «ne bis in idem» ne s’appliquait pas à l’espèce, car l’UOKiK avait adopté une seule décision visant à infliger une amende sur la base d’une application simultanée du droit national de la concurrence et du droit européen de la concurrence. Par conséquent, la composante «bis» faisait défaut. Ainsi, la protection que le principe «ne bis in idem» vise à offrir contre la répétition des poursuites conduisant à l’infliction d’une condamnation est sans objet dans la situation où, dans une même décision, il est fait une application parallèle du droit national de la concurrence et du droit de l’Union de la concurrence. La Cour a également indiqué, comme dans l’affaire Toshiba 16 , que les règles de concurrence aux niveaux européen et national considèrent les pratiques restrictives sous des aspects différents et que leurs champs d’application ne coïncident pas. La Cour a enfin indiqué que lorsque, dans le cadre d’une même décision, l’autorité nationale de concurrence inflige deux amendes aux fins de sanctionner respectivement une violation du droit national de la concurrence et une violation de l’article 102 du TFUE, cette autorité doit s’assurer que les amendes prises ensemble sont proportionnées à la nature de l’infraction.

Examen des décisions en matière d’ententes

En 2019, les juridictions européennes ont confirmé les activités de lutte contre les ententes menées par la Commission dans la plupart des domaines: le recours aux pouvoirs d’investigation de la Commission lors des inspections, la manière dont la Commission mène ses procédures d’enquête sur les ententes et l’utilisation des éléments de preuve afin de démontrer les infractions au droit européen de la concurrence et concernant certains aspects du calcul des amendes par la Commission.

Inspections

Dans les affaires Bioéthanol 17 , la Cour a rejeté le pourvoi formé par Alcogroup contre l’arrêt du Tribunal de 2018, dans lequel le Tribunal a rejeté, au motif qu'il était irrecevable, un recours tendant à l’annulation i) d’une décision d’inspection et ii) d’une lettre ultérieure rejetant la demande de la requérante de suspendre l’enquête. La Cour a confirmé que le Tribunal a eu raison de conclure que i) la validité d’une décision d’inspection ne peut être affectée par des actes postérieurs à son adoption, dans ce cas par la réalisation de cette inspection; et que ii) la lettre de rejet de la Commission ne pouvait être contestée, car il ne s’agissait que d’un acte préliminaire. Enfin, la Cour a considéré que le droit à la protection de la confidentialité des correspondances entre un avocat et son client doit, en principe, être respecté par la Commission et ses inspecteurs, indépendamment de la portée du mandat conféré à ceux-ci par la décision d’inspection. En ce qui concerne la lettre de rejet de la Commission, la Cour a jugé que, contrairement à la jurisprudence Akzo 18 , cette lettre ne saurait constituer ni une décision formelle de rejet d’une demande de protection de la confidentialité ni une décision confirmative d’une décision tacite de rejet d’une telle demande.

Droits de la défense

Les moyens invoqués par Pometon alléguant une violation des principes d’impartialité et de présomption d’innocence dans la procédure de transaction hybride décalée dans le temps dans l’affaire Grenaille abrasive métallique 19 ont été rejetés par le Tribunal. En l’espèce, la Commission a d’abord adopté une décision selon la procédure de transaction avec les parties à la transaction et ensuite une décision selon la procédure ordinaire contre Pometon, qui avait choisi de se retirer de la procédure de transaction. Pometon avait allégué que la Commission avait agi avec partialité et avait violé la présomption d’innocence en mentionnant Pometon dans la description des événements figurant dans la décision de transaction et en manifestant un parti pris à son égard dans la procédure ordinaire conduisant à l’adoption de la décision attaquée. Le Tribunal a jugé que la décision de transaction ne contenait aucune appréciation juridique concernant la participation de Pometon à l’infraction. Les références à Pometon se limitaient à une description des événements. Le Tribunal n’a donc pas considéré qu’il y avait eu violation de la présomption d’innocence comme allégué. Cet arrêt confirme ainsi la possibilité pour la Commission de procéder à un règlement hybride décalé dans le temps si l’une des parties se retire de la procédure de transaction.

Dans les affaires Conditionnement alimentaire destiné à la vente au détail 20 , le Tribunal a confirmé le pouvoir d’appréciation de la Commission à l’heure de mener sa procédure contradictoire contre un membre présumé d’une entente. Silver Plastics a invoqué une violation de ses droits procéduraux, notamment du principe d’égalité des armes et du droit à un procès équitable du fait que l’audition des témoins proposés par Silver Plastics et le contre-interrogatoire d’un témoin à charge ont été, après plusieurs demandes, refusés. Selon le Tribunal, le droit d’une entreprise à être entendue était suffisamment protégé dans le cadre de la réponse à la communication des griefs de la Commission et un droit à la confrontation d’un témoin clé soutenant les conclusions de la Commission ne s’inscrivait pas dans les droits de la défense d’une entreprise.

Dans les affaires Câbles électriques 21 , la Cour a confirmé que les droits de la défense et le droit à un procès équitable n’avaient pas été violés en adressant à une société sise en Suisse et opérant en allemand des demandes de renseignements et une communication des griefs rédigées en anglais (plutôt qu’en allemand). En outre, la Cour a confirmé dans le même arrêt que les destinataires d’une communication des griefs ne disposent pas du droit à un accès automatique aux réponses des autres parties à la même communication des griefs. Il appartient au destinataire de fournir un premier indice de l’utilité, pour sa défense, d’un accès à ces réponses.

Constatation de l’infraction

Dans tous les arrêts sauf un, le Tribunal a confirmé que la Commission avait agi dans les limites de la jurisprudence existante afin de tenir les entreprises responsables de leur participation à une infraction unique et continue.

Dans les affaires Lecteurs de disques optiques (LDO) 22 , le Tribunal a confirmé la qualification de l’entente, consistant en un réseau de contacts essentiellement bilatéraux, en infraction unique et continue à l’article 101 du TFUE. Le Tribunal a résumé sa position au sujet de l’infraction unique et continue en rappelant que la notion même d’infraction unique et continue suppose un ensemble de comportements. En outre, le Tribunal a confirmé que la Commission a démontré à suffisance de droit que toutes les parties avaient connaissance ou pouvaient raisonnablement prévoir les comportements envisagés ou mis en œuvre par les autres participants à l’entente et pouvaient donc également être tenues pour responsables de ce comportement.

En outre, le Tribunal a confirmé dans deux arrêts relatifs aux affaires Conditionnement alimentaire destiné à la vente au détail 23 que la Commission avait satisfait au niveau de preuves requis et appliqué correctement les critères permettant de qualifier un comportement anticoncurrentiel d’infraction unique et continue 24 . En particulier, le Tribunal a confirmé qu’une infraction unique et continue pouvait concerner plusieurs produits appartenant à des marchés de produits distincts. Le Tribunal a donc totalement confirmé la constatation de l’infraction dans la décision.

Dans les affaires Recyclage de batteries automobiles 25 , le Tribunal a confirmé les constatations de la Commission selon lesquelles les destinataires de la décision constatant l’infraction étaient engagés dans une entente en matière d’achat violant l’article 101, paragraphe 1, du TFUE. Le Tribunal a confirmé que la Commission avait prouvé à suffisance de droit la nature anticoncurrentielle des six contacts collusoires retenus à l’endroit de Campine. Toutefois, le Tribunal a fait droit à la demande de Campine concernant l’absence de preuve pendant toute la durée de sa participation à l’infraction et a partiellement annulé la décision de la Commission constatant une infraction à cet égard.

Dans les affaires Câbles électriques 26 , la Cour a confirmé que le Tribunal n’avait pas commis d’erreur de droit en confirmant la position de la Commission selon laquelle, sur la base des éléments de preuve disponibles, les sociétés avaient participé à l’infraction et n’avaient pas rempli les critères permettant d’appliquer la notion de distanciation explicite et publique. La Cour a également confirmé que le Tribunal avait relevé à juste titre que la Commission s’était fondée non seulement sur l’absence de distanciation publique, mais également sur d’autres éléments lors de l’établissement de la participation à l’entente.

Également dans les affaires Câbles électriques 27 , la Cour de justice a partiellement annulé la décision de la Commission contre ABB (la demanderesse d’immunité) en considérant que le Tribunal n’avait pas tenu compte des exigences en matière de preuves pour conclure que le refus collectif de fournir les accessoires de câbles électriques couvrait également les accessoires de câbles électriques souterrains d’une tension minimale de 110 kV et inférieure à 220 kV. La Cour a constaté que le Tribunal s’est effectivement fondé sur une présomption non étayée à cet égard, tout en laissant aux requérantes la charge de prouver que cette présomption ne s’appliquait pas à ces accessoires.

Motivation des amendes

En 2019, les juridictions de l’UE ont fourni des orientations supplémentaires au sujet des motivations exigées par la Commission pour infliger des amendes aux membres d’ententes sur la base des lignes directrices de 2006 pour le calcul des amendes 28 .

Le point 37 des lignes directrices de 2006 dispose que la Commission peut s’écarter de sa méthode standard de calcul des amendes si les particularités d’une affaire donnée ou la nécessité d’atteindre un niveau dissuasif dans une affaire particulière le justifient. Dans l’affaire Grenaille abrasive métallique 29 , le Tribunal a rappelé qu’en se fondant sur le point 37, la motivation de la Commission doit être d’autant plus précise que la Commission bénéficie d’une large marge d’appréciation et qu’elle ne saurait opérer de discrimination lors de la détermination du montant des amendes applicables aux différents participants à une même entente. À cet égard, le Tribunal a jugé que la décision attaquée n’était pas suffisamment motivée, car elle ne permettait pas d’apprécier si la requérante avait été traitée de la même manière que les parties à la transaction. Dans l’exercice de sa compétence de pleine juridiction, le Tribunal a décidé de réduire le montant de l’amende tout en confirmant la participation de Pometon à l’entente.

En ce qui concerne les amendes infligées aux facilitateurs d’entente en appliquant le point 37 des lignes directrices de 2006, la Cour a confirmé, dans l’affaire Produits dérivés de taux d’intérêt libellés en yens (YIRD) 30 , l’arrêt du Tribunal annulant l’amende infligée à l’entreprise de services de courtage ICAP pour avoir facilité plusieurs infractions qui faisaient partie de l’entente YIRD. Bien que la Cour de justice reconnaisse la qualification d’ICAP en tant que facilitateur de l’entente, elle a déploré le fait qu’une procédure en cinq étapes destinée à calculer le montant de l’amende n’était pas expliquée dans la décision et n’avait été révélée qu’au stade de la procédure devant le Tribunal. La Commission avait estimé qu’il était nécessaire d’établir une telle méthodologie pour déterminer le montant de l’amende, au lieu d’imposer une somme forfaitaire comme dans des affaires antérieures impliquant un facilitateur, et ce afin de veiller à ce que la même approche soit adoptée à l’égard d’ICAP (qui n’a pas conclu de transaction) et de l’autre facilitateur (qui a conclu une transaction) qui s’est vu infliger une amende en l’espèce. La Cour a considéré que, si la Commission n’est pas tenue de fournir tous les chiffres relatifs à chacune des étapes de la méthode permettant de calculer le montant de l’amende, elle doit expliquer la pondération et l’évaluation des éléments pris en considération. La Cour de justice a également établi une distinction entre ICAP et AC-Treuhand en relevant que, dans l’affaire AC-Treuhand 31 , la Commission avait déterminé le montant de base comme une somme forfaitaire et qu’AC-Treuhand était le seul facilitateur de l’entente.

Le Tribunal a, en outre, examiné les raisons motivant une adaptation de la valeur des ventes dans son arrêt HSBC dans l’affaire Produits dérivés de taux d’intérêt libellés en euros (EIRD) 32 , une affaire d’entente concernant le secteur financier. En l’espèce, la Commission ne pouvait pas utiliser la «valeur des ventes» au sens usuel du terme comme point de départ pour le calcul du montant de base de l’amende, au motif que les activités de trading en question ne généraient pas de ventes en tant que telles. En lieu et place, la Commission a choisi une valeur de remplacement basée sur un autre indicateur (les recettes en numéraire), ce qui engendre des montants de départ très élevés. Ces points de départ élevés se sont ensuite vu appliquer un facteur de réduction important (98,849 %) en vue de combiner le caractère dissuasif et la proportionnalité de l’amende. Dans son arrêt, tout en confirmant l’infraction et en acceptant la valeur de remplacement de la valeur des ventes retenue par la Commission, le Tribunal a annulé l’amende infligée à HSBC en raison du caractère insuffisamment motivé du facteur de réduction de 98,849 %. Selon le Tribunal, la motivation doit être suffisante pour permettre aux entreprises concernées de comprendre comment la Commission est parvenue à ce facteur de réduction spécifique. Le Tribunal doit pouvoir exercer un contrôle approfondi, en droit comme en fait, de ce facteur dans le cadre d’un contrôle juridictionnel total.

En ce qui concerne l’application du principe de défaut de capacité contributive énoncé au point 35 des lignes directrices de 2006, le Tribunal a annulé, dans l’un des recours relatifs aux affaires Conditionnement alimentaire destiné à la vente au détail 33 , l’amende infligée à CCPL au motif que la Commission avait insuffisamment motivé son calcul lui permettant de fixer à 25 % le montant exact de la réduction accordée pour défaut de capacité contributive. La décision d’infraction de la Commission expliquait les éléments, qui ont conduit à une réduction de 25 %, mais ne les quantifiait pas suffisamment, ce qui rendait impossible l’évaluation de la méthode utilisée pour calculer la réduction et pour déterminer si celle-ci était proportionnée.

Calcul des amendes

Le Tribunal a non seulement analysé les motivations de la Commission, mais il a aussi exercé, dans l’affaire Grenaille abrasive métallique 34 , sa compétence de pleine juridiction en ce qui concerne les amendes. Il a donc comparé la situation de la requérante, Pometon, avec celle des autres parties en ce qui concerne sa participation à l’infraction, la valeur des ventes et le chiffre d’affaires total au cours de la dernière année de l’infraction. Au final, tout en confirmant l’infraction, le Tribunal a porté de 60 % à 75 % la réduction de l’amende infligée à Pometon.

Dans l’affaire Entente sur le marché des enveloppes 35 , le Tribunal a, dans l’exercice de sa compétence de pleine juridiction, confirmé le montant de l’amende infligée à nouveau à Printeos pour sa participation à l’entente, en rejetant les moyens de Printeos relatifs à la non-discrimination et à la violation du principe d’égalité de traitement. Pour ce faire, le Tribunal a procédé à une comparaison complète entre Printeos et chacune des autres parties. Le Tribunal a conclu que la Commission avait respecté le principe d’égalité de traitement. Bien qu’il ait précisé que, dans le cas d’une autre partie, la Commission n’avait pas correctement appliqué la méthode de calcul des amendes, cette circonstance ne justifiait pas de réduire le montant de l’amende infligée à Printeos parce que, d’une part, Printeos a confirmé dans son pourvoi qu’elle ne contestait pas les amendes infligées aux autres parties et parce que, d’autre part, les amendes infligées aux autres parties étaient définitives et contraignantes. Toutefois, pour des raisons d’équité, le Tribunal a décidé de condamner la Commission aux dépens exposés par Printeos.

Le Tribunal a confirmé la méthode utilisée par la Commission pour calculer le montant de l’amende infligée à Sony Optiarc dans l’affaire Lecteurs de disques optiques 36 . En particulier, le Tribunal a rejeté l’argument de Sony Optiarc selon lequel la Commission avait procédé à une double comptabilisation de ses ventes en ne déduisant pas les recettes reversées à Quanta (un autre destinataire de la décision de la Commission constatant l’infraction) en vertu d’un accord de partage des recettes entre les deux destinataires. La déduction de ces ventes «compromettrait l’efficacité de l’interdiction des ententes, car il suffirait alors aux entreprises de s’associer à un participant à l’entente pour réduire le montant de leur amende» 37 . Il a également confirmé les amendes infligées à tous les participants pour leur participation à l’entente.

Dans les affaires Câbles électriques 38 , la Cour a estimé que le Tribunal n’avait pas commis d’erreur de droit en refusant de qualifier une entreprise participant à l’entente d’acteur «marginal», confirmant ainsi le calcul de l’amende initial par la Commission, qui n’a pas réduit l’amende de l’entreprise de 5 % supplémentaires au motif que la participation de Silec n’était pas comparable à celle des acteurs marginaux à l’attente. Ce refus d’accorder une réduction supplémentaire de 5 % ne constituait pas une discrimination contre l’entreprise.

En outre, la Cour a confirmé l’application, par la Commission, du point 18 des lignes directrices pour le calcul des amendes, qui permet d’ajuster la valeur des ventes utilisée pour calculer le montant de base d’une amende dans le cas d’une entente dont l’étendue géographique dépasse le territoire de l’EEE afin de refléter de manière adéquate la participation de l’entreprise à l’infraction 39 . En outre, la Cour de justice a confirmé la méthode utilisée par la Commission pour fixer la valeur des ventes d’une entreprise sur la base d’une répartition des ventes entre deux sociétés appartenant au même groupe 40 .

Enfin, concernant l’entente en matière d’achat dans les affaires Recyclage de batteries automobiles 41 , le Tribunal a également confirmé l’approche de la Commission visant à augmenter de 10 % la valeur des achats sur le fondement du point 37 des lignes directrices de 2006 pour le calcul des amendes. Cette majoration visait à tenir compte de la nature spécifique d’une entente en matière d’achat. Dans un tel cas, la valeur des achats était susceptible de sous-représenter l’importance économique de l’infraction. En effet, plus une entente ayant pour objectif de réduire les prix d’achat est mise en œuvre avec succès, plus le montant de l’amende sera bas selon l’approche standard. Le Tribunal a également constaté que la majoration de 10 % était suffisamment motivée dans la décision et que le fait que la Commission n’ait pas annoncé l’augmentation prévue de l’amende dans la communication des griefs, mais dans une lettre adressée aux parties après l’adoption de la communication des griefs, n’a pas violé les droits de la défense des parties ou le principe de bonne administration. Le Tribunal a également confirmé la décision de la Commission d’accorder à Eco-Bat une réduction de 30-50 % au titre du point 26 de la communication sur la clémence et à Recylex une réduction de 20-30 %, au motif que Recylex n’avait été que la deuxième entreprise à fournir des éléments de preuve apportant une valeur ajoutée significative 42 .

1.3.La répression des ententes demeure une priorité absolue

Les ententes sont des accords secrets entre des vendeurs ou des acheteurs d’un même produit ou service. Elles sont constituées en vue de fixer les prix, de limiter la production ou de répartir les clients et les fournisseurs. Les ententes lèsent les consommateurs à tous les niveaux de la chaîne de valeur et portent préjudice à l’économie dans son ensemble. Les membres des ententes pratiquent des prix gonflés, limitent le choix des consommateurs et entravent l’innovation. Seule une concurrence non faussée garantit l’utilisation la plus efficiente des ressources limitées. L’action de la Commission pour mettre un terme aux ententes caractérisées empêche les entreprises de continuer à tirer profit des surcoûts illégaux et contribue ainsi à établir des relations commerciales justes et équilibrées. Les lourdes sanctions infligées par la Commission dissuadent les entreprises de rejoindre les ententes ou de continuer d’en être membres, envoyant un signal clair que la participation à une entente ne sera, en définitive, pas payante.

En 2019, La Commission a continué d’afficher un bilan très positif en matière de lutte contre les ententes caractérisées, et les cinq décisions adoptées ainsi que les amendes infligées pour plus de 1,4 milliard d’EUR témoignent de son efficacité et de son dynamisme en la matière. La Commission a adopté des décisions en matière d’ententes dans des secteurs importants et qui ont eu une incidence directe sur les consommateurs et les entreprises de l’UE, notamment dans les secteurs des pièces automobiles et des produits alimentaires. Quatre des cinq décisions publiées en 2019 relevaient de la procédure de transaction, qui a de nouveau démontré son efficacité pour résoudre les affaires d’entente.

La Commission a infligé à deux fournisseurs d’équipements de sécurité pour véhicules automobiles 43 – Autoliv et TRW (Sanyo bénéficiant de l’immunité) – une amende d’un montant total de 368 millions d’EUR pour participation à une entente. C’est la deuxième fois que des fournisseurs d’équipements de sécurité pour véhicules automobiles sont mis à l’amende pour avoir participé à des ententes illégales. À cette occasion, les parties ont échangé des informations commercialement sensibles et ont coordonné leur comportement sur le marché en vue de la fourniture de ceintures de sécurité, d’airbags et de volants de direction. Les trois parties ont reconnu leur participation à l’entente et ont accepté de conclure une transaction. L’entente est susceptible de porter préjudice aux consommateurs de l’UE et d’avoir nui à la compétitivité du secteur automobile de l’UE. Il s’agit de la 11e décision dans le secteur des pièces automobiles, ce qui montre que la Commission est capable d’imprimer un effet domino en traitant des affaires successives dans son cadre existant.

La Commission a également poursuivi ses efforts visant à lutter contre les ententes dans le secteur financier. Dans deux décisions de transaction 44 , elle a infligé des amendes pour 1,07 milliard d’EUR à cinq banques pour participation à deux ententes sur le marché des opérations de change au comptant (Forex) concernant onze devises, dont l’euro, la livre sterling, le dollar des États-Unis et le yen. La première décision (portant sur l’entente «Three Way Banana Split») a infligé une amende totale de 811 millions d’EUR à Barclays, à The Royal Bank of Scotland (RBS), à Citigroup et à JPMorgan. La deuxième décision (portant sur l’entente «Essex Express») a infligé une amende totale d’un peu moins de 258 millions d’EUR à Barclays, à RBS et à MUFG Bank (anciennement Bank of Tokyo-Mitsubishi). L’enquête a révélé que les opérateurs en charge des opérations de change au comptant (lorsque les opérations sont exécutées le jour même au taux de change en vigueur) avaient, au nom de leurs banques respectives, échangé des informations sensibles et des plans de négociation et coordonnaient de temps à autre leurs stratégies de négociation sur divers forums de discussion en ligne professionnels. Ces décisions portent à huit le nombre total de décisions adoptées dans le secteur financier. Cela illustre la nature cyclique de la lutte contre les ententes, les affaires dans un secteur donné pouvant venir par vagues 45 .

Dans le secteur agroalimentaire, la Commission a infligé une amende totale de 31,7 millions d’EUR à Coroos et au groupe CECAB 46 (Bonduelle a bénéficié de l’immunité). Les trois parties ont participé pendant plus de treize ans à une entente portant sur la fourniture de certains types de légumes en conserve à des détaillants et/ou des entreprises du secteur de la restauration dans l’EEE. Les trois entreprises ont reconnu leur participation à l’entente et ont accepté de conclure une transaction. L’entente a duré de 2000 à 2013 et comprenait trois accords: un accord portant sur les ventes aux détaillants de l’EEE, sous marque de distributeur, de légumes en conserve comme les haricots, les petits pois, les mélanges de petits pois et carottes et les macédoines de légumes; un accord portant sur les ventes aux détaillants de l’EEE, sous marque de distributeur, de maïs doux en conserve; et un troisième accord portant spécifiquement sur les ventes de légumes en conserve effectuées, tant sous leur propre marque que sous marque de distributeur, aux détaillants et au secteur de la restauration en France. L’entente, de par la nature du produit, son caractère prolongé et son champ d’application couvrant l’EEE, a une incidence directe et significative sur les consommateurs de l’UE.

La Commission a également adopté à nouveau une décision en matière d’ententes contre cinq fabricants italiens de barres à béton, à savoir AlfaAcciai, Feralpi Holding, Ferriere Nord, Partecipazioni Industriali (Riva Fire) et Valsabbia Investimenti / Ferriera Valsabbia 47 . La Commission a infligé des amendes d’un montant total de 16,074 milliards d’EUR pour la participation des entreprises à une entente de fixation des prix entre décembre 1989 et juillet 2000. L’affaire illustre la pratique de la Commission consistant à procéder à une nouvelle adoption de décisions lorsque celles-ci ont été annulées pour des motifs de procédure, et ce afin de garantir une application correcte des règles de concurrence et une dissuasion appropriée.

En 2019 également, la Commission a donné plus de détails sur les mesures prises récemment pour renforcer sa politique de procédures d’office afin de détecter et de combattre les ententes. Le risque accru de détection ne conduira pas seulement à une augmentation du nombre d’affaires d’office mais il servira également à encourager les demandes de clémence. Trois mesures clés ont été mises en place. Premièrement, le développement de nouvelles méthodes d’enquête numérique, qui permettent une collecte plus efficace de renseignements et une meilleure analyse des données d’enquête. Une unité spéciale a été créée au sein de la DG Concurrence et réunit des professionnels spécialisés dans ces pratiques. Deuxièmement, la création et la gestion d’un réseau de renseignement centralisé à partir de plusieurs canaux d’information - autres DG de la Commission, autres institutions de l’UE et autres autorités nationales chargées de l’application de la législation non liée à la concurrence. Troisièmement, la mise en place de l’outil anonyme de lancement d’alerte 48 , qui encourage les informateurs à s’exprimer en toute sécurité, en sachant que leur identité sera protégée.

En outre, le 19 mars 2019, la Commission a lancé l’application eLeniency 49 , qui vise à simplifier la manière dont les documents relatifs à la clémence peuvent lui être soumis. Ce nouvel outil moderne réduit les coûts et la charge de travail y afférents. Dans le cadre du programme de clémence de l’UE, les entreprises ou leurs avocats peuvent soumettre à la Commission leurs déclarations en vue d’obtenir la clémence, soit par courrier électronique adressé à une boîte fonctionnelle soit lors de la procédure orale. Bien que le courrier électronique soit plus convivial, il est toutefois non sécurisé, alors que la procédure orale garantit une protection élevée contre les fuites, mais s’avère coûteuse, chronophage et contraignante tant pour les cabinets d’avocats que pour la Commission.

eLeniency, le troisième outil permettant de présenter les demandes de clémence, offre le même niveau élevé de protection que la procédure orale, mais sous une forme conviviale. Les demandes sont transférées directement de l’ordinateur de l’entreprise ou du cabinet d’avocats vers le serveur de la Commission. Cet outil peut également être utilisé pour les documents présentés dans le cadre des procédures de transaction ou de coopération. Depuis son lancement, eLeniency a permis à la Commission de recevoir un nombre élevé de déclarations.

Décisions en matière d’ententes 2019

Intitulé de l’affaire

Date d’adoption

Amende infligée
EUR

Entreprise(s) concernée(s)

Procédure ayant conduit à l’adoption d’une décision d’interdiction

Systèmes de sécurité des occupants (II)

5/3/2019

368 277 000

3

Transaction

Forex (Three Way Banana Split)

16/5/2019

811 197 000

5

Transaction

Forex (Essex Express)

16/5/2019

257 682 000

4

Transaction

Barres à béton

Nouvelle adoption

4/7/2019

16 074 000

5

Interdiction

Légumes en conserve

27/9/2019

31 647 000

3

Transaction

1.4.Poursuite de l’étroite coopération au sein du réseau européen de la concurrence ainsi qu’avec les juridictions nationales

Coopération avec les autorités nationales de concurrence au sein du réseau européen de la concurrence

Depuis 2004, la Commission et les autorités nationales de concurrence de tous les États membres coopèrent par l’intermédiaire du réseau européen de la concurrence (REC) 50 . L’objectif du REC est de créer un cadre juridique efficace pour faire respecter le droit de la concurrence de l’Union par les entreprises qui se livrent à des pratiques commerciales transfrontières restreignant la concurrence.

En 2019, la Commission a continué de veiller à l’application cohérente des articles 101 et 102 par l’intermédiaire du REC. Deux des principaux mécanismes de coopération à cette fin prévus dans le règlement (CE) nº 1/2003 51 sont l’obligation pour les autorités nationales de concurrence d’informer la Commission d’une nouvelle enquête au stade de la première mesure formelle d’enquête et de consulter la Commission au sujet des décisions envisagées. En 2019, 138 nouvelles enquêtes ont été ouvertes au sein du réseau et 95 décisions envisagées ont été soumises, contre 165 nouvelles enquêtes et 75 décisions envisagées en 2018. Ces chiffres incluent respectivement les enquêtes et les décisions de la Commission.

Outre les mécanismes de coopérations prévus par le règlement (CE) nº 1/2003, d’autres flux de coopération du REC garantissent une mise en œuvre cohérente des règles de concurrence de l’Union. Le réseau se réunit régulièrement pour discuter de problèmes concernant les politiques menées ainsi que de questions d’importance stratégique. En 2019, 28 réunions entre groupes de travail horizontaux et sous-groupes sectoriels, lors desquelles les agents des autorités de concurrence ont échangé leurs points de vue, ont été organisées.

Directive (UE) 2019/1 du Parlement européen et du Conseil visant à doter les autorités de concurrence des États membres des moyens de mettre en œuvre plus efficacement les règles de concurrence et à garantir le bon fonctionnement du marché intérieur

La directive REC+ 52 visant à doter les autorités de concurrence des États membres des moyens de mettre en œuvre plus efficacement les règles de concurrence dans le domaine des pratiques anticoncurrentielles est entrée en vigueur le 4 février 2019. Cette directive s’appuie sur la proposition de la Commission de mars 2017 53 faisant suite à une consultation publique menée entre novembre 2015 et février 2016.

La directive REC+ permettra de garantir que les autorités de concurrence, lorsqu’elles appliquent les mêmes dispositions juridiques (à savoir, les règles de l’UE relatives aux pratiques anticoncurrentielles) disposent d’outils de mise en œuvre efficaces et des ressources nécessaires pour détecter et sanctionner les entreprises qui enfreignent les articles 101 et 102 du TFUE. Elle permettra également de garantir leur totale indépendance lors de la prise de décisions, sur la base des faits et de la législation. Les nouvelles règles contribuent à l’édification d’un véritable marché unique, l’objectif général étant de promouvoir des marchés concurrentiels, la création d’emplois et la croissance.

La Commission suivra le processus de transposition et aidera les États membres à transposer la directive dans leur droit national pour le 4 février 2021 au plus tard.

Fournir aux ANC des moyens de mettre en œuvre plus efficacement les règles de concurrence

Une fois que les États membres ont transposé les règles dans le droit national, les ANC:

• disposeront des garanties d’indépendance minimales lorsqu’elles appliqueront les règles de concurrence de l’UE;

• auront l’assurance de disposer des ressources humaines et financières dont elles auront besoin pour s’acquitter de leurs tâches;

• disposeront d’outils d’enquête et de prise de décision efficaces, y compris pour recueillir des preuves numériques stockées sur des appareils mobiles;

•seront en mesure d’imposer des amendes dissuasives afin que, par exemple, les entreprises n’échappent plus aux amendes en procédant à une restructuration;

• disposeront de programmes de clémence efficaces qui encourageront les entreprises à signaler les ententes dans l’ensemble de l’UE;

• se prêteront mutuellement assistance afin que, par exemple, les entreprises ayant des actifs dans d’autres États membres ne puissent échapper aux amendes.

L’importance des droits fondamentaux des entreprises est soulignée: des garanties appropriées doivent être mises en place pour l’exercice des pouvoirs des ANC, conformément à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et aux principes généraux du droit de l’Union.

Coopération avec les juridictions nationales

La mise en œuvre globale effective des règles anticoncurrentielles au sein de l’Union, dans l’intérêt tant des ménages que des entreprises de l’Union, nécessite une interaction entre la mise en œuvre des règles par la sphère privée et leur mise en œuvre par la sphère publique. Outre sa coopération avec les ANC dans le cadre du REC, la Commission a poursuivi sa collaboration avec les juridictions nationales conformément à l’article 15 du règlement (CE) n° 1/2003. Elle aide les juridictions nationales à faire respecter les règles de concurrence de l’Union de manière efficace et cohérente en fournissant des informations relatives aux dossiers, en leur faisant part de son avis sur des questions de fond, ou encore en intervenant en qualité d’amicus curiae dans les procédures pendantes devant lesdites juridictions.

Lorsque les juridictions concernées ont donné leur accord, la Commission publie ses avis et observations en tant qu’amicus curiae sur son site internet.

Mise en œuvre des règles de concurrence par la sphère privée

La directive 2014/104/UE sur les actions en dommages et intérêts 54 vise à garantir que toute personne lésée par une infraction aux règles de concurrence de l’Union peut effectivement bénéficier du droit à réparation devant les juridictions nationales.

Le délai de mise en œuvre de la directive sur les actions en dommages et intérêts au sein des systèmes juridiques des États membres a expiré le 27 décembre 2016. Tous les États membres avaient transposé la directive pour la fin du 2e trimestre 2018 et la Commission a pu clôturer toutes les procédures d’infraction précédemment ouvertes pour non-communication des mesures d’exécution. La Commission évalue actuellement les mesures d’exécution.

En outre, comme le prévoit l’article 16 de la directive «dommages et intérêts» et à la suite d’une consultation ciblée des parties intéressées, la Commission a adopté, en août 2019, des orientations à l’intention des juridictions nationales sur la façon d’estimer la part du surcoût répercutée sur les acheteurs indirects («orientations sur la répercussion du surcoût») 55 .

De plus, entre juillet et octobre 2019, la Commission a consulté les parties intéressées sur un projet de communication relative à la protection des informations confidentielles aux fins de la mise en œuvre du droit de la concurrence de l’UE sur l’initiative de la sphère privée par les juridictions nationales 56 . La Commission évalue actuellement les contributions reçues pendant la période de consultation.

Enfin, comme le prévoit l’article 20 de la directive «dommages et intérêts», la Commission soumettra au Parlement européen et au Conseil, d’ici la fin de 2020, un rapport sur la mise en œuvre de la directive «dommages et intérêts».

2.Contrôle des concentrations

Le contrôle des concentrations de l’UE

L’objectif du contrôle des concentrations effectué par l’UE est de veiller à ce que les structures de marché demeurent concurrentielles tout en permettant une restructuration sans heurts du secteur concerné, et ce non seulement pour les entreprises établies dans l’UE, mais pour toutes les entreprises présentes sur les marchés de l’UE. La restructuration au sein d’un secteur constitue un moyen important pour favoriser la répartition efficace des actifs de production. Toutefois, dans certains cas, la consolidation d’un secteur peut avoir des effets dommageables sur la concurrence, compte tenu du degré de pouvoir de marché des entreprises parties à la concentration et d’autres caractéristiques du marché. Le contrôle des concentrations dans l’UE permet d’éviter les modifications de la structure des marchés qui produisent des effets dommageables sur la concurrence.

Le contrôle des concentrations dans l’UE vise à préserver l’ouverture et le caractère concurrentiel des marchés, ce qui constitue le meilleur moyen de garantir que les entreprises et les consommateurs bénéficient de solutions équitables. En s’attachant à protéger tous les aspects de la concurrence, il aide à préserver des structures de marché dans lesquelles les entreprises ne se livrent pas concurrence seulement sur les prix, mais aussi sur d’autres paramètres concurrentiels tels que la qualité et l’innovation. La Commission tient en outre dûment compte de la numérisation accrue de nos économies.

Le contrôle des concentrations dans l’UE contribue à garantir que toutes les entreprises actives sur les marchés de l’UE puissent exercer leurs activités dans des conditions de concurrence loyales et équitables. Les opérations notifiées susceptibles de fausser la concurrence font l’objet d’un examen approfondi par la Commission. Si cela est nécessaire pour protéger la concurrence, les entreprises qui fusionnent ont la possibilité d’écarter les préoccupations en matière de concurrence en proposant des engagements. Si des engagements adéquats et suffisants ne peuvent être trouvés ou convenus, la Commission interdit l’opération.

Dans son appréciation, la Commission tient également compte des gains d’efficacité pouvant être obtenus grâce aux concentrations, qui peuvent avoir des effets positifs sur les prix, sur l’innovation et sur d’autres aspects, pour autant que ces gains d’efficacité soient vérifiables, propres à la concentration et susceptibles d’être répercutés sur les consommateurs 57 .

Comme souligné dans les précédents rapports sur la politique de concurrence, la Commission évalue en permanence les règles de fond et de procédure qui constituent le cadre juridique du contrôle des concentrations. Cette réflexion est menée au niveau interne, sur la base de l’expérience acquise, et en exploitant des contributions externes. Dans ce contexte, la Commission évalue régulièrement les préoccupations et les suggestions d’amélioration formulées par les parties intéressées.

Le contrôle des concentrations de l’UE, et plus généralement la politique de concurrence de l’UE, apporte une contribution significative à la compétitivité l’économie et des entreprises de l’UE. La concurrence crée des conditions propices à la croissance, favorise l’efficience et encourage l’innovation. Elle incite les entreprises de l’Union à investir davantage, à innover, à limiter leurs coûts et à offrir de meilleurs produits. Cet environnement contribue à leur réussite au niveau tant national que mondial.

1.5.Les tendances récentes en matière de mise en œuvre

En 2019, 382 concentrations ont été notifiées à la Commission. Après plusieurs années de hausse continue et importante (avec un record absolu en 2018), le nombre de notifications reçues est resté très élevé en 2019 malgré un faible recul par rapport à 2018. Alors qu’au cours de la période 2010‑2014, la Commission a reçu en moyenne 290 notifications par an, la moyenne annuelle a grimpé à 375 entre 2015 et 2019. En outre, la Commission a reçu 28 dossiers de prénotification motivés soumis par les parties notifiantes afin de demander le renvoi d’un dossier de la Commission à une autorité nationale de concurrence ou inversement.

Comme les années précédentes, la plupart des concentrations notifiées en 2019 n’ont pas soulevé de problèmes de concurrence et ont pu être traitées rapidement. La procédure simplifiée a été utilisée dans 77 % des opérations notifiées en 2019, ce qui illustre l’effet positif ininterrompu des mesures de simplification adoptées par la Commission en décembre 2013. La proportion de dossiers simplifiés examinés au cours de la période 2004‑2013 avait été considérablement plus faible (59 %).

La Commission a néanmoins dû faire face à une charge de travail importante en 2019, en raison à la fois du nombre considérable d’opérations notifiées et de la complexité d’un grand nombre d’affaires. Un nombre croissant d’opérations notifiées concernaient des secteurs déjà caractérisés par une importante concentration, tels que les industries de base (sidérurgie, cuivre et aluminium) ou le secteur ferroviaire. La Commission a donc dû analyser attentivement leur incidence potentielle sur la concurrence au moyen de techniques quantitatives complexes et d’enquêtes qualitatives approfondies.

En 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie (deuxième phase) dans huit affaires, concernant divers secteurs tels que la construction aéronautique, les carburants et autres produits pétroliers, la distribution télévisuelle et la construction navale.

La Commission a adopté 362 décisions en matière de concentration en 2019 58 , et elle est intervenue dans 19 affaires, soit une légère baisse par rapport aux années précédentes, mais ce chiffre se maintient dans la fourchette de 5 % à 7 % (du total des décisions adoptées) 59 . En 2019, trois concentrations ont été interdites, dix ont été autorisées sous réserve d’engagements lors de la première phase, et six ont été autorisées sous réserve de mesures correctives à l’issue de la deuxième phase. La Commission n’a adopté aucune décision d’autorisation sans condition à l’issue de l’enquête en deuxième phase. Dans trois affaires, la Commission a dû adopter des décisions d’interdiction au motif que les mesures correctives proposées par les parties n’étaient pas de nature à écarter les importantes préoccupations de concurrence qu’elle avait relevées. Enfin, en 2019, les parties n’ont renoncé à aucune opération au cours de l’enquête approfondie.

La plupart des mesures correctives acceptées par la Commission en 2019 consistaient en des cessions d’actifs corporels ou incorporels 60 , ce qui confirme la préférence générale de la Commission pour les mesures correctives structurelles dans les affaires de concentration, mesures qui sont les plus à même de remédier de manière durable aux préoccupations de concurrence engendrées par une concentration. Les décisions d’interdiction adoptées en 2019 constituent une bonne illustration de la nécessité de mesures correctives bien conçues et convaincantes pour résoudre les importantes préoccupations de concurrence que soulèvent certaines opérations. Dans l’affaire Siemens/Alstom, par exemple, les parties à la concentration ont proposé un ensemble de mesures correctives dont la portée était insuffisante, qui étaient très complexes et qui donnaient lieu à d’importantes dépendances et à des risques liés à la mise en œuvre 61 . La proposition ne permettait pas d’écarter les préoccupations en matière de concurrence et la Commission n’a eu d’autre choix que d’interdire la concentration. À l’inverse, dans d’autres affaires telles que Harris/L3 62 , les parties ont proposé la cession directe d’une activité viable, ce qui a intégralement éliminé les préoccupations de concurrence. Dans quelques cas, en 2019, la Commission a accepté des mesures correctives autres que la cession 63 , lorsqu’elles étaient jugées aptes à résoudre effectivement les préoccupations sous-jacentes liées à la concurrence.

En outre, en 2019, la Commission s’est efforcée, comme par le passé, de faire respecter les obligations de procédure prévues par le règlement sur les concentrations 64 . En 2019, la Commission a infligé une amende de 52 millions d’EUR à General Electric pour avoir fourni des renseignements inexacts pendant l’examen de son acquisition de LM Wind 65 , et une amende de 28 millions d’EUR à Canon pour avoir partiellement mis en œuvre son acquisition de Toshiba de manière anticipée, avant la notification de l’opération et l’autorisation de la Commission (pratique appelée «gun jumping») 66 . Ces décisions font suite à l’amende de 110 millions d’EUR infligée à Facebook en 2017 pour avoir fourni des renseignements dénaturés lors de l’examen de son acquisition de WhatsApp 67 , et à l’amende de 124,5 millions d’EUR infligée à Altice 68 en 2018 pour avoir réalisé de manière anticipée son acquisition de PT Portugal, avant la notification de l’opération et l’autorisation de la Commission (pratique appelée «gun jumping»).

Deux autres procédures d’infraction étaient en cours d’instruction en 2019. L’une contre Merck GmbH (et Sigma‑Aldrich) 69 , relative à la communication présumée de renseignements inexacts ou dénaturés pendant l’examen de la concentration par la Commission, et l’autre contre Telefónica 70 , pour violation des engagements souscrits dans le cadre de son acquisition d’E‑Plus en 2014.



Affaires concernant des concentrations 2010‑2019

1.6.Importance accrue des aspects numériques

De plus en plus souvent, la Commission doit examiner des concentrations comportant des aspects numériques, tant dans le secteur numérique que dans les secteurs traditionnels, et il est probable que le nombre d’affaires de cette nature continuera d’augmenter. C’est pourquoi la Commission a accueilli avec intérêt la contribution des trois conseillers spéciaux indépendants contenue dans le rapport sur la numérisation de l’économie et le droit de la concurrence que ceux-ci ont déposé en avril 2019 71 . Le rapport contient une analyse et des suggestions spécifiques concernant les problèmes liés au contrôle des concentrations, tant du point de vue des règles de compétence que sur le fond.

Les conseillers spéciaux estiment qu’une modification du règlement sur les concentrations n’est pas nécessaire pour l’instant. En ce qui concerne la compétence, les conseillers spéciaux considèrent qu’il est prématuré de modifier les seuils de notification du règlement sur les concentrations pour que l’acquisition de start‑ups petites mais de grande valeur relève de son champ d’application. S’agissant des règles de fond, les conseillers spéciaux sont d’avis que le critère actuellement appliqué demeure une bonne base pour l’appréciation des concentrations dans l’économie numérique. Ils proposent cependant de réexaminer certaines théories du préjudice afin de faire relever de l’appréciation les acquisitions de petites start‑ups par des plateformes ou des écosystèmes dominants, notamment lorsque ces acquisitions sont susceptibles d’éliminer une menace concurrentielle potentielle et d’enfermer davantage les utilisateurs dans l’écosystème de l’acquéreur. Les conclusions et les recommandations du rapport seront dûment prises en compte dans le processus de réflexion en cours sur la manière de traiter la question de la concurrence dans l’économie numérique.

1.7.L’évaluation en cours du contrôle des concentrations de l’UE

Le contrôle des concentrations de l’UE a trois objectifs principaux: i) veiller à ce que le règlement sur les concentrations couvre tous les types de concentration susceptibles d’avoir une incidence significative sur le marché intérieur; ii) traiter de la façon la plus efficace les catégories d’affaires qui sont typiquement peu susceptibles de soulever des préoccupations en matière de concurrence, en supprimant les formalités pour les entreprises lorsque c’est possible; iii) permettre d’instruire efficacement et exhaustivement les affaires susceptibles de créer un préjudice sur le plan de la concurrence, en adoptant des décisions solides fondées sur les faits, les preuves et l’analyse économique; lorsque des problèmes se confirment, ils doivent être complètement et effectivement résolus avant de laisser la concentration se poursuivre.

En 2016, la Commission européenne a lancé une évaluation de certains aspects de procédure et de compétence du contrôle des concentrations dans l’UE. Cette évaluation, qui se poursuit, vise à explorer deux domaines où une certaine amélioration des règles de l’UE en matière de concentrations pourrait s’avérer possible. L’évaluation s’appuie notamment sur les résultats de la consultation publique relative au livre blanc intitulé «Vers un contrôle plus efficace des concentrations dans l’UE» 72 publié en 2014 par la Commission, et elle est axée sur quatre thèmes, à savoir: i) la possibilité de simplifier encore le contrôle des concentrations de l’UE, ii) le fonctionnement des seuils de compétence, iii) le fonctionnement du système de renvoi et iv) des aspects techniques spécifiques.

Les résultats de deux consultations publiques, organisées en 2017 73 et en 2018, alimenteront l’évaluation, parallèlement aux constats du rapport des conseillers spéciaux de 2019 74 . Dans le cadre de son évaluation, la Commission suit attentivement l’expérience des autorités allemandes et autrichiennes, qui ont introduit des seuils de compétence supplémentaires dans leurs systèmes de contrôle des concentrations en 2017. La Commission poursuit actuellement ses recherches sur les sujets couverts par l’évaluation.

2.4. Arrêts importants rendus par les juridictions de l’Union européenne dans le domaine du contrôle des concentrations

En 2019, les juridictions de l’UE ont rendu deux arrêts dans le domaine du contrôle des concentrations.

Dans son arrêt du 16 janvier 2019 75 , la Cour de justice a confirmé l’arrêt du Tribunal annulant, au motif d’une irrégularité de procédure, la décision de la Commission interdisant l’acquisition de TNT Express par UPS. La Cour est parvenue à la conclusion que le Tribunal avait constaté à bon droit que les droits de la défense d’UPS avaient été violés en ce que la Commission n’avait pas communiqué, pendant la procédure administrative, les modifications introduites dans un modèle économétrique qu’elle avait ultérieurement utilisé comme base dans sa décision sur l’opération de concentration.

Dans son arrêt du 23 mai 2019 76 , le Tribunal a rejeté le recours en annulation formé par KPN contre la décision conditionnelle d’autorisation de la concentration Liberty Global/Vodafone/Dutch JV. Le Tribunal a considéré que l’approche de la Commission consistant à ne pas segmenter davantage le marché des chaînes de télévision sportives premium payantes était correcte. Il a également validé l’appréciation de la Commission selon laquelle l’entité issue de la concentration ne serait pas en mesure de verrouiller l’accès aux intrants, en raison de son absence de pouvoir de marché significatif sur le marché en amont.

3.Contrôle des aides d’État

Le contrôle des aides d’État fait partie intégrante de la politique de concurrence de l’UE et constitue un garde‑fou indispensable pour préserver le bon fonctionnement de la concurrence et du libre‑échange au sein du marché unique.

Le traité pose le principe que les aides d’État qui faussent ou menacent de fausser la concurrence sont interdites dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres (article 107, paragraphe 1, du TFUE). Cependant, les aides d’État qui contribuent à des objectifs d’intérêt commun clairement définis sans fausser indûment ni la concurrence entre les entreprises ni les échanges entre États membres peuvent être considérées comme compatibles avec le marché intérieur (en vertu de l’article 107, paragraphe 3, du TFUE).

Les objectifs des activités de la Commission en matière de contrôle des aides d’État consistent à veiller à ce que l’aide favorise la croissance, soit efficace, effective et mieux ciblée en période de contraintes budgétaires, et à ce qu’elle ne restreigne pas la concurrence, mais remédie aux défaillances du marché dans l’intérêt de l’ensemble de la société. En outre, la Commission intervient pour empêcher l’octroi et assurer la récupération des aides d’État qui sont incompatibles avec le marché intérieur.

1.8.Mise en œuvre de la modernisation du contrôle des aides d’État

Depuis 2014, à la suite de la modernisation du contrôle des aides d’État (State Aid Modernisation, «SAM»), on a constaté une forte hausse des aides d’État octroyées sans notification préalable à la Commission, ce qui traduit une réduction importante des formalités administratives. Le tableau de bord des aides d’État de 2019 77 confirme que la modernisation a permis une mise en œuvre plus rapide des aides publiques par les États membres, grâce au règlement général d’exemption par catégorie (le «RGEC») 78 , adopté dans le cadre de la réforme des aides d’État, qui simplifie les procédures d’octroi des aides pour les États membres en autorisant, sans notification préalable, un large éventail de mesures répondant à certains critères et visant des objectifs européens d’intérêt commun. Pour les catégories d’aides couvertes par le RGEC, seuls les cas présentant le plus gros potentiel de distorsion de la concurrence au sein du marché unique doivent être notifiés.

Comme le montre le graphique ci-dessous 79 , les dépenses relevant du RGEC ont représenté en 2018 approximativement 45 milliards d’EUR, soit une augmentation de quelque 123 % par rapport à 2013. Environ 89 % de l’ensemble des mesures pour lesquelles des dépenses ont été déclarées (c’est-à-dire pas uniquement les mesures nouvelles) étaient couvertes par une exemption par catégorie en 2018.

Le RGEC de 2014 a introduit de nouvelles catégories d’aide 80 et, dans une large mesure, la hausse constatée dans les dépenses consenties pour des mesures couvertes par le RGEC reflète déjà l’incidence du nouveau règlement. Par rapport à 2014, le total des dépenses couvertes par le RGEC au titre des aides en faveur de la culture et de la conservation du patrimoine a enregistré une augmentation spectaculaire (+ 805 %). Des hausses importantes ont également été constatées dans le domaine de la protection de l’environnement et des économies d’énergie (+ 95,7 %), dans le secteur de la recherche, du développement et de l’innovation (+ 74,3 %) et en ce qui concerne les aides destinées à remédier aux dommages causés par des calamités naturelles (+ 130,7 %). Les dépenses au titre du RGEC ont cependant diminué en ce qui concerne le développement régional (- 11,1 %). Le RGEC a une nouvelle fois été étendu en 2017, notamment aux aides en faveur des ports et des aéroports (incluses dans la catégorie «développement sectoriel») 81 . On peut donc s’attendre à ce que la part des aides bénéficiant d’une exemption par catégorie dans le total des aides octroyées par les États membres continue encore de croître dans les années à venir.

Dépenses d’aides d’État couvertes par le RGEC dans l’UE, par objectif, à l’exclusion des aides à l’agriculture, à la pêche et au transport ferroviaire

L’augmentation de la part des dépenses relevant du RGEC qui sont enregistrées par la Commission a pour conséquence qu’en moyenne, les mesures d’aide d’État sont mises en œuvre par les États membres beaucoup plus rapidement que par le passé. Le délai moyen de mise en œuvre des mesures d’aide d’État est passé d’environ 2,2 mois avant la modernisation à 0,6 mois depuis la modernisation. Toutefois, les mesures notifiées qui restent soumises à un examen couvrent généralement des dépenses et des budgets plus importants que par le passé, ce qui va dans le sens de l’approche de la Commission consistant à se montrer «plus ambitieu[se] pour les grands enjeux, et plus petit[e] et plus modest[e] pour les petits dossiers» 82 . Le budget annuel médian des mesures notifiées est plus élevé que celui des mesures relevant du RGEC. Depuis 2014, il est passé d’environ 12 millions d’EUR à plus de 17,5 millions d’EUR en 2018. Les budgets annuels médians des mesures relevant du RGEC ont progressé plus fortement encore, d’environ 6 millions d’EUR en 2014 à près de 12 millions d’EUR en 2018, soit une augmentation de quelque 100 % en 4 ans.

Coopération avec les États membres

Le groupe de travail sur la modernisation du contrôle des aides d’État (GT SAM) s’est réuni trois fois en 2019; il a été présidé par la France jusqu’en juin, et a ensuite été coprésidé par la Hongrie et le Danemark. Le GT SAM a traité plusieurs dossiers de politique générale et de mise en conformité liés à la mise en œuvre de la modernisation du contrôle des aides d’État, tels que des aspects spécifiques liés aux aides en faveur des pôles d’innovation et des projets importants d’intérêt européen commun. Il a rendu compte des principaux sujets examinés au cours de l’année écoulée et fait rapport sur le suivi des recommandations formulées par les présidences précédentes (Finlande, Suède et Royaume-Uni) au forum de haut niveau réuni en juin 2019. Le forum de haut niveau a également approuvé le plan de travail présenté par la coprésidence pour la période 2019‑2020.

En 2019, la Commission a poursuivi sa coopération bilatérale avec les États membres. Lancé en 2015, ce processus a pour objectif général de parvenir à la fois à une action de qualité en matière d’aides d’État et à un contrôle efficace des aides d’État au niveau national. Répondant aux besoins spécifiques de chaque État membre, la coopération bilatérale porte généralement sur des questions transversales horizontales relatives aux aides d’État, telles que les questions de mise en conformité et de mise en œuvre propres à chaque pays, les questions de gouvernance et les questions concernant les entreprises publiques, ainsi que les affaires dans des secteurs problématiques. Chaque État membre dispose également au sein de la Commission d’un coordinateur des aides d’État, qui sert de premier point d’entrée pour les questions horizontales relatives aux aides d’État de cet État membre. La Commission effectue périodiquement des visites dans les États membres afin d’évoquer des questions spécifiques de coopération bilatérale.

Transparency Award Module

Les dispositions en matière de transparence qui relèvent actuellement de la modernisation du contrôle des aides d’État sont en vigueur depuis le 1er juillet 2016 et obligent les États membres à publier des informations sur les bénéficiaires d’aides d’un montant supérieur à 500 000 EUR 83 . Les États membres disposent d’un délai de six mois à compter de la date d’octroi de l’aide pour fournir les données requises sur celle-ci, sauf dans le cas d’aides fiscales, pour lesquelles les informations doivent être fournies dans un délai d’un an à compter de la date d’octroi. La Commission a facilité le respect de cette obligation en développant, en coopération avec les États membres, le Transparency Award Module (TAM), un outil informatique permettant de transmettre et de publier les données demandées au titre de la transparence 84 .

Le TAM permet de garantir la cohérence et la comparabilité entre États membres des informations soumises par les autorités qui octroient les aides. En outre, le site public de recherche sur la transparence associé au TAM offre à toutes les parties intéressées, à savoir les citoyens, les entreprises et les chercheurs, un point d’accès unique qui leur permet d’effectuer des extractions et des analyses comparables. C’est pourquoi la Commission poursuit ses efforts en vue d’améliorer la convivialité d’utilisation et les capacités d’interopérabilité des outils et d’inciter les États membres qui disposent déjà de registres nationaux des aides d’État à utiliser également le TAM. Au 31 décembre 2019, 25 États membres avaient rejoint le TAM et plus de 73 000 aides octroyées à plus de 33 000 bénéficiaires individuels avaient été publiées par 25 États membres ainsi que par l’Islande.

Les services de la Commission appuient la mise en œuvre du TAM en animant annuellement, en collaboration avec les représentants des États membres, le groupe de pilotage sur la transparence et en organisant des formations spécialisées sur demande. La dernière réunion en date du groupe de pilotage sur la transparence s’est tenue à Bruxelles le 11 octobre 2019 et a porté sur l’utilisation de données du TAM à l’appui du suivi et du contrôle des aides d’État.

En outre, la Commission effectue des contrôles de conformité annuels afin de vérifier l’exhaustivité et l’exactitude des informations publiées par les États membres conformément aux exigences de transparence, soit par l’intermédiaire du TAM, soit par l’intermédiaire des registres nationaux des aides d’État. Après une première série de contrôles en 2018, la Commission a lancé une deuxième campagne en 2019 dont la portée a été élargie en y incluant les aides d’État octroyées en 2016 et 2017. La deuxième campagne de contrôles de conformité lancée fin mai 2019 doit s’achever au cours du premier semestre de 2020.

Évaluation des régimes d’aides

L’évaluation des régimes d’aides est également une exigence introduite par la modernisation du contrôle des aides d’État. L’objectif est de recueillir les éléments nécessaires pour mieux comprendre les effets, tant positifs que négatifs, de l’aide et d’apporter une contribution à l’élaboration future de l’action des États membres et de la Commission.

Depuis le 1er juillet 2014, l’évaluation est exigée pour les régimes RGEC de grande ampleur dans certaines catégories d’aide 85 , ainsi que pour une sélection de régimes notifiés relevant de la nouvelle génération de lignes directrices relatives aux aides d’État 86 .

Au 31 décembre 2019, la Commission avait approuvé des plans d’évaluation couvrant 45 régimes d’aides d’État. Trois autres régimes sont actuellement en cours d’examen, couvrant au total 15 États membres 87 . La plupart de ces décisions concernaient soit des régimes d’aides de grande ampleur à finalité régionale ou à la recherche, au développement et à l’innovation (RDI) au titre du RGEC, soit des régimes notifiés dans le domaine de l’énergie et du haut débit. Ces régimes représentent au total plus de 54 milliards d’EUR du budget annuel consacré aux aides d’État. Au 31 décembre 2019, les États membres avaient communiqué à la Commission 16 rapports d’évaluation intermédiaires et quatre rapports d’évaluation finals, que les services de la Commission ont examinés et qu’ils ont considérés comme étant de qualité moyenne à bonne 88 .

En 2019, la Commission a aussi confié à des mandataires externes une étude en vue d’effectuer un état des lieux de la mise en œuvre des obligations en matière d’évaluation prévues par le RGEC et les lignes directrices applicables.

La Commission a continué d’accompagner la mise en œuvre de l’obligation d’évaluation en publiant des notes d’information 89 et en organisant des ateliers spécialisés avec des représentants des États membres et des experts en évaluation. La priorité actuelle de la Commission consiste à analyser de manière approfondie les rapports d’évaluation, tant intermédiaires que finals, afin i) de fournir un retour d’information utile aux États membres, ii) de veiller à ce que les résultats soient effectivement utilisés pour une meilleure élaboration des politiques, et iii) d’obtenir des éléments d’information utiles pour accompagner la réflexion sur l’évolution du cadre juridique.

Aides à la recherche, au développement et à l’innovation

Alors que l’un des grands objectifs de la stratégie Europe 2020 est de faire en sorte que les investissements dans la recherche, le développement et l’innovation (ci-après la «RDI») dans l’UE atteignent 3 % du PIB de l’Union, les dépenses de RDI dans l’UE ont été inférieures à celles des principaux concurrents mondiaux, et ce principalement en raison du niveau plus faible des investissements privés. Pour obtenir le plus grand rendement possible avec les budgets disponibles, les mesures d’aide à la RDI ne devraient pas remplacer ou évincer le financement privé. Au contraire, les efforts consentis devraient viser à encourager davantage les investissements privés. Les aides à la RDI peuvent s’avérer utiles lorsque les forces du marché ne réalisent pas seules les investissements nécessaires dans des projets innovants prometteurs mais très risqués. Les règles en matière d’aides d’État à la RDI contribuent à diriger le financement public vers des projets qui, en raison de défaillances du marché, n’auraient pas vu le jour en son absence. Il peut notamment s’agir de projets qui vont véritablement au-delà de l’état actuel des techniques et qui procurent au marché et, en fin de compte, aux consommateurs, des produits et des services innovants. Lesdites règles prévoient des critères souples et simples pour apprécier la compatibilité des aides d’État et facilitent ainsi la mise en œuvre du soutien apporté aux projets de RDI par les États membres.

L’objectif même des aides à la RDI est d’apporter une valeur ajoutée lorsque les marchés et les entreprises ne réalisent pas les investissements nécessaires à des projets innovants prometteurs mais très risqués. Les règles en matière d’aides d’État à la RDI visent ainsi à garantir que le financement public va à des projets de recherche qui, en raison de défaillances du marché, n’auraient pas vu le jour en son absence, à savoir des projets qui vont véritablement au-delà de l’état actuel des techniques et qui procurent au marché et, en fin de compte, aux consommateurs, des produits et des services innovants. L’encadrement des aides d’État à la RDI, qui recourt à des critères souples et simples pour apprécier la compatibilité des aides d’État, facilite la mise en œuvre du soutien apporté aux projets de RDI par les États membres.

En 2019, la Commission a continué de veiller à ce que les régimes d’aides et les mesures individuelles ayant fait l’objet d’une notification ou d’une prénotification au titre de l’encadrement RDI ciblent correctement des projets permettant de mener des activités de recherche et d’innovation inédites. Ses activités de contrôle des aides d’État ont couvert un large éventail de secteurs, notamment l’aéronautique, les infrastructures de recherche et de technologie virtuelles et les pôles d’innovation.

Dans un grand nombre de cas, la Commission a coopéré avec les États membres afin de leur permettre d’ajuster certaines mesures envisagées en faveur de la RDI et de les rendre conformes au RGEC. De cette manière, les mesures d’aide ont pu être accordées rapidement sans devoir être notifiées à la Commission, ce qui a accéléré l’octroi d’aides publiques en faveur de la RDI. Il convient de noter qu’à la suite de la modernisation du contrôle des aides d’État en 2014, 96 % de toutes les mesures de RDI (84 % en valeur) dans l’Union sont mises en œuvre au titre du RGEC.

La Commission a aussi proposé en 2019 des modifications de son règlement général d’exemption par catégorie relatives à la RDI afin de rendre plus aisées à appliquer et plus simples les modalités permettant de combiner entre eux les financements gérés au niveau central issus du programme Horizon Europe ou, dans le cas de projets ayant reçu un label d’excellence, de leur substituer un financement national. Les modifications envisagées prévoient d’aligner certains aspects des règles relatives aux aides d’État et les règles du programme Horizon Europe. D’éventuelles divergences ne devraient ainsi pas créer de retards ou de difficultés dans l’exécution du financement de la RDI au titre du cadre financier pluriannuel (CFP). Plus concrètement, la proposition de RGEC prévoit des exemptions à l’obligation de notification et à l’obligation de réaliser, au niveau national, une évaluation de la qualité d’un projet de RDI déjà qualifié d’excellent dans le cadre des règles d’Horizon dans les domaines suivants:

·les aides en faveur des PME pour des projets de recherche et de développement ainsi que pour des actions Marie Skłodowska‑Curie ayant obtenu un label de qualité «label d’excellence» dans le cadre d’Horizon 2020 ou d’Horizon Europe (article 25 bis);

·les aides en faveur de projets cofinancés qui ont été évalués et sélectionnés de façon indépendante à la suite d’appels transnationaux lancés au titre du programme Horizon Europe (article 25 ter);

·les aides en faveur d’actions de formation d’équipes qui ont été évaluées et sélectionnées de façon indépendante à la suite d’appels transnationaux lancés au titre du programme Horizon Europe. Dans ce cadre, des aides d’État pourront être octroyées à des investissements en infrastructures liés au projet au titre de telles actions de formation d’équipes (article 25 ter).

Enfin, toujours dans le domaine des aides d’État à la RDI, la Commission a commandité une étude afin d’obtenir une évaluation, reposant sur des observations factuelles, de la mise en œuvre des règles régissant l’octroi de ces aides en vigueur depuis 2014, ainsi que de leurs effets sur les investissements dans la RDI et sur la concurrence dans le marché intérieur. L’étude vise à examiner si les règles en matière d’aides d’État en vigueur dans le domaine de la RDI sont adaptées à leur objet compte tenu des objectifs de la modernisation du contrôle des aides d’État, des objectifs spécifiques du cadre juridique et des défis actuels et futurs (en prenant également en considération la politique de l’Union en matière de recherche et d’innovation). Elle devrait être prête au premier trimestre de 2020 et ses résultats seront rendus publics.

Aides permettant aux États membres de soutenir conjointement des projets importants d’intérêt européen commun

En juin 2014, la Commission a adopté une communication sur les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) 90 , qui énonce les conditions dans lesquelles les États membres peuvent soutenir des projets qui contribuent de manière évidente à la croissance économique, à l’emploi et à la compétitivité de l’UE. La communication sur les PIIEC complète d’autres règles en matière d’aides d’État telles que le règlement général d’exemption par catégorie et l’encadrement des aides à la RDI, et permet de soutenir les grands projets innovants transnationaux intégrés, tout en garantissant que les distorsions potentielles de concurrence seront limitées. Aussi les règles encouragent-elles les avancées révolutionnaires dans le domaine de la recherche et de l’innovation ainsi qu’une large diffusion des résultats, tout en garantissant que le soutien accordé grâce au denier du contribuable profite effectivement aux citoyens de l’Union.

En décembre 2019, la Commission a constaté qu’un projet intégré notifié conjointement par sept États membres (Allemagne, Belgique, Finlande, France, Italie, Pologne et Suède) dans le domaine de la recherche et de l’innovation, couvrant toute la chaîne de valeur stratégique (des matériaux jusqu’au recyclage et à la réutilisation) de batteries pour l’électromobilité et le stockage d’énergie, était conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État et contribuait à un intérêt européen commun. Au cours des prochaines années, ces sept États membres contribueront à hauteur de quelque 3,2 milliards d’EUR au financement de ce projet, qui devrait permettre de mobiliser 5 milliards d’EUR supplémentaires en investissements privés. Les batteries ont été recensées par la Commission comme l’une des technologies clés génériques et l’une des chaînes de valeur stratégiques considérées comme essentielles pour le développement industriel futur. Ce deuxième PIIEC dans le domaine de la RDI démontre que l’instrument peut donner lieu à une coopération et à une coordination intra‑UE en matière de RDI pour des technologies clés génériques et des chaînes de valeur stratégiques, et notamment à un investissement dans le premier déploiement industriel.

Au cours du second semestre de 2019, conformément à l’initiative de la Commission «Alliance européenne pour les batteries», les discussions avec un groupe d’États membres et d’entreprises en vue d’un éventuel second PIIEC dans le domaine des batteries pour l’électromobilité et le stockage d’énergie se sont intensifiées. Cela s’inscrit dans le droit fil de la politique de la Commission visant à passer de l’utilisation de combustibles fossiles nocifs pour l’environnement à des technologies de propulsion de substitution.

En outre, en 2019, conformément aux recommandations du forum stratégique sur les PIIEC, des discussions ont été lancées avec un groupe d’États membres et d’entreprises en vue d’un éventuel PIIEC dans le domaine des technologies et des systèmes exploitant l’hydrogène et dans celui de l’industrie à faible intensité de carbone. Cette démarche s’inscrit dans la logique des objectifs de l’Union en matière d’environnement et de climat et du pacte vert de la Commission.

Aide à finalité régionale

Les aides à finalité régionale sont un instrument important dans l’éventail d’outils dont dispose l’Union pour promouvoir la cohésion économique et sociale. L’encadrement des aides à finalité régionale 2014‑2020 est en place depuis juillet 2014.

En 2019, la Commission a continué de conseiller les autorités des États membres sur la manière d’interpréter et de mettre en œuvre les dispositions du RGEC en matière d’aides à finalité régionale, les aidant ainsi à assurer la réussite des réformes introduites au titre de la modernisation du contrôle des aides d’État, au bénéfice des consommateurs comme des entreprises.

En 2019, la Commission a confié à un contractant externe la réalisation d’une étude visant à fournir une évaluation, fondée sur des observations factuelles, de l’encadrement des aides à finalité régionale 91 applicable depuis 2014; cette étude constituera la base de l’évaluation rétrospective des règles en vigueur en matière d’aides à finalité régionale. En parallèle, de juin à juillet 2019, la Commission a organisé une consultation publique ciblée pour recueillir les avis des parties intéressées sur l’application de l’encadrement des aides à finalité régionale 2014‑2020, en vue de vérifier si ces règles sont toujours adaptées à leur objet.

La Commission a adopté plusieurs décisions concernant des mesures d’aide à l’investissement à finalité régionale relevant des lignes directrices concernant les aides à finalité régionale. Elle a autorisé des aides régionales à l’investissement en faveur de deux grands projets d’investissement, à savoir LG Chem (pour la production de batteries pour véhicules électriques en Pologne) 92 et Navigator Tissue Cacia (pour la production d’articles sanitaires au Portugal) 93 . Elle a approuvé trois plans d’évaluation pour de grands régimes d’aides à finalité régionale bénéficiant d’une exemption par catégorie en Hongrie 94 , en Italie 95 et en Pologne 96 , elle a autorisé l’extension d’un régime français 97 accordant un soutien aux investissements productifs outre‑mer, et elle a approuvé la révision de la carte des aides à finalité régionale pour la France 98 .

Enfin, la Commission a engagé la procédure formelle d’examen en ce qui concerne trois grands projets d’investissement. Le premier concerne l’agrandissement par Samsung SDI de son installation de production de batteries pour véhicules électriques en Hongrie, projet auquel les autorités hongroises entendent octroyer une aide 99 . Le deuxième concerne l’investissement de Peugeot dans son usine de construction automobile en Espagne, projet auquel les autorités espagnoles prévoient d’accorder un soutien public 100 . Le troisième est le projet d’investissement de PCC en Pologne dans une nouvelle usine de production d’acide monochloracétique ultra‑pur qui a déjà bénéficié de deux mesures d’aide distinctes 101 . La Pologne a estimé que les deux mesures d’aide étaient couvertes par le règlement général d’exemption par catégorie de 2008 applicable à l’époque et n’a donc pas notifié les mesures à la Commission Toutefois, après avoir reçu une plainte d’un concurrent, la Commission a décidé d’ouvrir une enquête approfondie pour vérifier si les diverses mesures étaient conformes aux règles applicables en matière d’aides d’État.

Infrastructures

Le 28 février 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie afin de déterminer si le soutien public accordé par le Danemark et la Suède pour la liaison fixe rail‑route de l’Øresund 102 était conforme aux règles de l’Union en matière d’aides d’État. De plus, en juin 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie pour déterminer si le modèle de financement public de la liaison fixe rail‑route du détroit de Fehmarn 103 entre le Danemark et l’Allemagne était conforme aux règles de l’Union en matière d’aides d’État. Ces deux enquêtes approfondies font suite à l’annulation par le Tribunal de décisions antérieures de la Commission autorisant les aides en question.

1.9.Poursuite de la modernisation du contrôle des aides d’État

Nouvel élargissement du champ d’application du RGEC

Le règlement général d’exemption par catégorie (le «RGEC») permet aux États membres d’appliquer un large éventail de mesures de soutien public sans notification préalable à la Commission, dans des domaines tels que la recherche et le développement, la protection de l’environnement ou le soutien aux PME. La charge administrative qui pèse sur les autorités publiques se trouve ainsi réduite et le déblocage de l’aide publique est accéléré, y compris le soutien octroyé au moyen des fonds structurels de l’UE.

Pour faire en sorte que les fonds nationaux et ceux de l’UE puissent être combinés avec fluidité dans le contexte du nouveau cadre financier pluriannuel sans saper la concurrence dans le marché intérieur, la Commission cherche à améliorer l’interaction entre les règles de l’UE en matière de financement et celles en matière d’aides d’État et à harmoniser le contrôle, sous l’angle des aides d’État, des fonds nationaux, y compris des fonds de l’UE en gestion partagée, combinés avec des programmes gérés au niveau central par la Commission.

Pour ce faire, la Commission a lancé un réexamen ciblé du règlement général d’exemption par catégorie (le «RGEC») qui étend ce règlement aux fonds nationaux, y compris aux fonds de l’UE en gestion partagée, combinés avec des programmes gérés au niveau central par la Commission dans les trois domaines suivants:

1.les opérations de financement et d’investissement soutenues par le Fonds InvestEU;

2.les projets de recherche, de développement et d’innovation (RD&I) qui ont reçu un «label d’excellence» au titre des programmes Horizon 2020 ou Horizon Europe, ainsi que les projets cofinancés qui ont été évalués et sélectionnés de façon indépendante à la suite d’appels transnationaux lancés au titre du programme Horizon Europe, y compris ceux menés dans le cadre des actions de formation d’équipes;

3.les projets de coopération territoriale européenne (CTE), également appelés Interreg.

Ce réexamen ciblé du RGEC sera aligné sur le processus du CFP. Le réexamen du RGEC comprend deux consultations publiques, qui donnent aux États membres et aux autres parties prenantes la possibilité de formuler des observations. La première consultation publique s’est achevée le 27 septembre 2019. Un premier projet de texte a été examiné avec les États membres au sein d’un comité consultatif le 10 septembre 2019. La seconde consultation devrait se tenir en 2020.

Lancement du bilan de qualité du paquet législatif sur la modernisation du contrôle des aides d’État de 2012, des lignes directrices sur le transport ferroviaire et de l’assurance-crédit à l’exportation à court terme

En 2012, la Commission a lancé la modernisation du contrôle des aides d’État, considérant qu’un cadre mieux ciblé pour l'appréciation des aides d’État permettrait aux États membres de contribuer plus efficacement à la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020. La Commission a donc réexaminé plusieurs règles applicables aux aides d’État en 2013 et 2014.

Un certain nombre de règles en matière d’aides d’État adoptées dans le cadre de la modernisation du contrôle des aides d’État doivent expirer d’ici la fin de 2020, tandis que d’autres, adoptées dans le cadre du processus de modernisation, n’ont pas de date d’expiration.

Pour assurer la prévisibilité et la sécurité juridique, tout en préparant une éventuelle future mise à jour des règles en matière d’aides d’État adoptées dans le cadre de la modernisation du contrôle des aides d’État, la Commission prendra deux mesures:

1.conformément à ses lignes directrices pour une meilleure réglementation, la Commission évalue ces règles. Cette évaluation prend la forme d’un bilan de qualité. Ce bilan fournira une base pour les décisions que prendra la Commission à l’avenir quant à la prolongation ou à la mise à jour éventuelle des règles. Le bilan de qualité actuel couvre le règlement général d’exemption par catégorie et le règlement de minimis, les lignes directrices concernant les aides d’État à finalité régionale, l’encadrement des aides à la recherche et au développement, la communication PIIEC, les lignes directrices sur le financement des risques, les lignes directrices sur les aides d’État aux aéroports et aux compagnies aériennes, les lignes directrices concernant l’environnement et l’énergie, les lignes directrices concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration, ainsi que les lignes directrices sur le transport ferroviaire et la communication sur l’assurance-crédit à l’exportation à court terme (ces deux dernières n’étaient pas concernées par les mesures de modernisation du contrôle des aides d’État de 2012);

2.pour disposer du temps nécessaire à une évaluation complète, la Commission a lancé en 2019, le processus de prolongation de la validité de ces règles en matière d'aides d’État, qui, à défaut, auraient expiré d’ici à la fin de 2020.

Les États membres et les autres parties prenantes ont eu la possibilité d’apporter leur contribution et de formuler des observations sur le bilan de qualité à l’occasion d’une consultation publique, qui a pris la forme d'un vaste questionnaire en ligne sur la modernisation du contrôle des aides d’État en général et de questionnaires spécifiques, ciblés, portant sur les diverses règles concernées. Sauf pour le questionnaire PIIEC, auquel il était possible de répondre jusqu’à la fin octobre, les consultations se sont achevées en juillet 2019. Une série d’études sont également en cours.

L’objectif est d’analyser la pertinence, l’efficacité, l’efficience, la cohérence et la valeur ajoutée européenne de ces règles en matière d’aides d’État et d’évaluer et d'apprécier leur contribution à la réalisation des objectifs de l’UE. Le bilan de qualité permettra ainsi d’évaluer si ces règles sont adaptées aux objectifs poursuivis et si les objectifs de la modernisation du contrôle des aides d’État ont été atteints.

Révision des lignes directrices relatives aux aides d’État dans le contexte du système d’échange de quotas d’émission (lignes directrices SEQE)

En janvier 2020, la Commission a publié, en vue d’une consultation publique, le projet de lignes directrices concernant certaines aides d’État dans le contexte du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre pour la période 2021-2030. Les contributions reçues alimenteront l’analyse d’impact que la Commission prépare pour la révision de ces lignes directrices. Deux consultations publiques ont également été lancées en 2019 pour évaluer les lignes directrices SEQE existantes et préparer leur révision. Le principe fondamental du SEQE est que les pollueurs sont tenus de payer leurs émissions de carbone. Toutefois, en dehors de l’Union, tous les pays n’appliquent pas ce principe. Si des entreprises venaient à délocaliser une partie de leur production en dehors de l’Union à cause des prix du carbone, cela entraînerait une augmentation des émissions mondiales de carbone. Étant donné que les producteurs d’électricité ne reçoivent pas de quotas à titre gratuit, ils sont tenus de les acheter, ce qui augmente le prix de l’électricité pour les consommateurs. Dans ce cadre, les États membres peuvent partiellement compenser les coûts indirects résultant du SEQE supportés par les grands consommateurs d’électricité.

Les nouvelles lignes directrices SEQE révisées énonceront les conditions auxquelles les États membres peuvent octroyer de telles compensations partielles à l’avenir. Elles permettront de faire en sorte que la compensation soit limitée au strict nécessaire, afin de réduire autant que possible les distorsions de concurrence et de préserver les incitations à une décarbonation de l’économie avec un bon rapport coût-efficacité.

1.10.Contrôle, récupération, évaluation et coopération avec les juridictions nationales

Renforcer le contrôle des aides d’État existantes afin de garantir une concurrence loyale et équitable

Au fil des ans, l’architecture du contrôle des aides d’État a évolué. Aujourd’hui, une part importante des aides sont octroyées dans le cadre de régimes bénéficiant d’une exemption par catégorie qui ne font pas l’objet d’un examen par la Commission avant leur entrée en vigueur. Dans l’ensemble, environ 80 % des aides ont été octroyées sur la base de régimes d’aides autorisés au préalable ou des règlements d’exemption par catégorie 104 . Dans ce contexte, il est essentiel que la Commission vérifie que les États membres appliquent correctement aux régimes les règles relatives aux aides d’État et qu’ils n’octroient les aides que lorsque toutes les conditions requises sont remplies.

C’est dans ce but que la Commission a introduit en 2006 un contrôle ex post régulier, basé sur un échantillon, des régimes d’aides existants (le «contrôle»); l’échantillon contrôlé couvre environ 50 régimes par an.

Le cycle 2019 a couvert 19 États membres et tous les principaux types d’aides, tant autorisées que bénéficiant d’une exemption par catégorie. Depuis 2018, les État membres doivent signaler les aides individuelles supérieures à 500 000 EUR, qui sont ensuite publiées par la Commission dans le Transparency Award Module 105 ; la Commission a vérifié la notification des régimes contrôlés.

La Commission assure un suivi de toutes les irrégularités et utilise les moyens dont elle dispose pour remédier aux distorsions de concurrence que ces irrégularités peuvent avoir provoquées. Dans certains cas, les États membres proposent de remédier volontairement aux problèmes détectés (modification de la législation nationale ou récupération des aides excédentaires, par exemple). Dans d’autres, la Commission peut être obligée de prendre des mesures formelles.

Rétablir la concurrence en récupérant les aides d’État octroyées en violation des règles

Pour garantir l’intégrité du marché unique, la Commission a le pouvoir et le devoir de demander aux États membres de récupérer les aides d’État illégales et incompatibles avec le marché intérieur qui ont indûment faussé la concurrence et les échanges entre États membres. Cette récupération a pour objet de rétablir la situation qui existait sur le marché avant l’octroi de l’aide concernée. Elle est nécessaire pour garantir une concurrence loyale et équitable dans le marché intérieur. En 2019, de nouveaux progrès ont été réalisés pour garantir la mise en œuvre effective et immédiate des décisions de récupération.

Au 31 décembre 2019, le montant des aides illégales et incompatibles avec le marché intérieur récupéré auprès des bénéficiaires s’élevait à 37,1 milliards d’EUR 106 . Au même moment, l’encours devant encore être récupéré était de 5,5 milliards d’EUR 107 .

En 2019, la Commission a adopté quatre nouvelles décisions de récupération et 159 millions d’EUR ont été récupérés par les États membres. Fin décembre, elle recensait 42 cas de récupération pendants.

Décisions de récupération adoptées en 2019

4

Montant récupéré en 2019 (en millions d’EUR)

159

Cas de récupération pendants au 31 décembre 2019

42

En sa qualité de gardienne du traité, la Commission peut utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour faire en sorte que les États membres respectent leurs obligations en matière de récupération, y compris l’ouverture de procédures d’infraction. En 2019, elle n’a lancé aucune procédure d’infraction devant les juridictions de l’Union.

En juillet 2019, la Commission a publié une nouvelle communication sur la mise en œuvre des décisions de la Commission enjoignant aux États membres de récupérer les aides d'État illégales et incompatibles avec le marché intérieur (la «communication sur la récupération») 108 . La nouvelle communication sur la récupération remplace la communication «récupération» de 2007. Elle intègre la jurisprudence établie depuis l’adoption de la communication de 2007. Elle contient également davantage d’informations sur les procédures d’infraction, en vertu tant de l’article 108, paragraphe 2, que de l’article 260 du TFUE, ainsi que sur les nouvelles pratiques établies dans la coopération entre la Commission et l’État membre concerné par une décision de récupération.

Coopération avec les juridictions nationales pour garantir l’efficacité des règles en matière d’aides d’État

La Commission a poursuivi sa collaboration avec les juridictions nationales conformément à l’article 29 du règlement de procédure 109 . Cette coopération comprend une assistance directe liée aux affaires prodiguée aux juridictions nationales lorsque celles-ci appliquent le droit de l’UE en matière d’aides d’État. Les juridictions peuvent demander à la Commission de leur fournir des informations relatives aux affaires ou de rendre un avis sur l’application des règles en matière d’aides d’État. La Commission peut également soumettre des observations à titre d’amicus curiae de sa propre initiative.

En juillet 2019, la DG COMP a publié une étude sur la situation de l’application des règles en matière d’aides d’État par les juridictions nationales des 28 États membres 110 , identifiant les tendances qui se font jour et les problèmes qui se posent et présentant les bonnes pratiques. Cette étude reflète également l’avis des juridictions nationales en ce qui concerne les outils de coopération [article 29 du règlement de procédure (règlement (UE) 2015/1589), c’est-à-dire la demande d’avis, la demande d’informations et l’intervention de la Commission en tant qu’amicus curiae]. L’étude inclut une base de données reprenant les décisions nationales. L’application correcte des règles en matière d’aides d’État est une responsabilité partagée entre les autorités nationales, les juridictions nationales et la Commission. Le rôle des juridictions nationales est essentiel pour protéger l’effet direct de l’article 108, paragraphe 3, du TFUE (obligation de suspension). À la lumière des résultats de l’étude, la Commission décidera si, et dans quelle mesure, il y a lieu de revoir la communication de la Commission de 2009 sur l’application des règles en matière d’aides d’État par les juridictions nationales.

En 2019, la Commission a reçu une demande de renseignements. Présentée par une juridiction roumaine, celle-ci concernait le statut d’une procédure dans une plainte en cours d’examen. En outre, une juridiction roumaine a demandé l’avis de la Commission pour déterminer si un projet d’investissement dans une entreprise publique poserait des problèmes au regard des règles en matière d'aides d’État. Deux autres demandes ont été reçues, de juridictions estoniennes, concernant l’avis de la Commission sur des régimes existants dans le domaine des énergies renouvelables et l’interprétation de certaines des conditions qu’ils contiennent.

La possibilité pour la Commission de présenter des observations à titre d’amicus curiae de sa propre initiative devant les juridictions nationales a été introduite dans le cadre de la modification de 2013 du règlement de procédure. L’article 29 du règlement de procédure reflète à cet égard l’article 15, paragraphe 3, du règlement nº 1/2003 dans le domaine des pratiques anticoncurrentielles. En 2019, la Commission est intervenue dans des procédures devant les juridictions d’un État membre ainsi que dans des procédures d’arbitrage dans le cadre desquelles des questions relatives aux aides d’État ont été examinées 111 . Pour faire connaître son point de vue au public, elle publie ses avis et observations à titre d’amicus curiae, ainsi que les observations adressées à d’autres entités, sur son site web 112 .

En 2019, la Commission a également poursuivi ses efforts de sensibilisation. Elle a participé activement à l’évaluation du financement des programmes de formation des juges nationaux et à l’analyse des besoins de ces derniers. Le personnel de la Commission a aussi dispensé des formations lors d’ateliers et de conférences 113 .

1.11.Arrêts importants des juridictions de l’Union européenne dans le domaine des aides d’État

En 2019, les juridictions de l’UE ont rendu plusieurs arrêts importants dans le domaine des aides d’État. Le tour d’horizon qui suit est basé sur une sélection d’arrêts rendus par les juridictions, notamment sur des questions liées à la notion d’avantage et à l’appréciation de la sélectivité ainsi que sur un certain nombre de points de procédure.

Avantage

En ce qui concerne la notion d’avantage dans le domaine des mesures fiscales, deux arrêts sont pertinents: l’arrêt Fiat 114 et l’arrêt Starbucks 115 . Dans l’arrêt Fiat, le Tribunal a confirmé la décision de la Commission du 21 octobre 2015; par l’arrêt Starbucks, le Tribunal a annulé la décision de la Commission du 21 octobre 2015, au motif que la Commission n’avait pas démontré l’existence d’un avantage. Dans les deux arrêts, le Tribunal a déclaré que «lorsque le droit fiscal national n’opère pas de distinction entre les entreprises intégrées et les entreprises autonomes aux fins de leur assujettissement à l’impôt sur les sociétés, ce droit entend imposer le bénéfice résultant de l’activité économique d’une telle entreprise intégrée comme s’il résultait de transactions effectuées à des prix de marché» 116 . En conséquence, pour déterminer si une mesure fiscale octroyée à une entreprise intégrée constitue un avantage, la Commission peut comparer la charge fiscale d’une telle entreprise intégrée avec la charge fiscale d’une entreprise exerçant ses activités dans des conditions de marché. Le principe de pleine concurrence constitue un outil permettant d’effectuer cette détermination, car il intervient comme un «critère de référence» pour déterminer si une société intégrée bénéficie d’un avantage au sens de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE. Pour appliquer le principe de pleine concurrence, la Commission peut s’appuyer sur les lignes directrices de l’OCDE en matière de prix de transfert qui, bien que non contraignantes, reflètent le consensus atteint à l’échelle internationale en ce qui concerne les prix de transfert et revêtent de ce fait une importance pratique certaine dans l’interprétation des questions relatives aux prix de transfert. En outre, pour qu’un avantage soit prouvé, les erreurs identifiées dans le calcul d’un prix de transfert doivent aller au‑delà des imprécisions inhérentes à l’application d’une méthode destinée à obtenir une approximation fiable d’un résultat fondé sur le marché.

Dans l’arrêt Micula 117 (qui fait l’objet d’un pourvoi de la Commission), le Tribunal a constaté que la sentence arbitrale n’avait pas indemnisé les requérants pour le retrait d’une aide d’État illégale ou incompatible avec le droit de l’Union, mais constituait une simple indemnisation de dommages, ce qui n’est pas un avantage au sens de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE.

Dans l’arrêt Fútbol Club Barcelona 118 (qui fait l’objet d’un pourvoi de la Commission), le Tribunal a rejeté l’appréciation de l’avantage par la Commission, en indiquant que l’examen du taux nominal d’imposition préférentiel ne peut être dissocié de celui des autres composantes du régime fiscal des entités à but non lucratif.

En ce qui concerne l’application du principe de l’opérateur en économie de marché 119 , dans l’arrêt Real Madrid 120 , le Tribunal a confirmé les conclusions de la Commission sur la nécessité pour la municipalité de Madrid d’obtenir un avis juridique indépendant avant de conclure l’accord transactionnel de 2011 avec le Real Madrid et sur le fait que la valeur de la compensation convenue dans le cadre de cet accord était supérieure aux conditions du marché. Toutefois, le Tribunal a constaté que la Commission avait eu tort de limiter son analyse de cet accord à la seule question de savoir si la compensation octroyée au Real Madrid par la municipalité de Madrid était conforme aux conditions du marché. La Commission aurait dû demander si la valeur des parcelles que le Real Madrid a reçues au titre du paiement en nature d’une partie de l’indemnisation octroyée dans le cadre de l’accord transactionnel de 2011 était effectivement équivalente à la valeur que le Real Madrid avait acceptée pour ces parcelles en 2011.

En ce qui concerne l’applicabilité du principe de l’opérateur en économie de marché, dans l'arrêt Mytilinaios 121 , la Cour de justice a constaté que ce principe n’était pas applicable, car la mesure consistait en des mesures provisoires ordonnées par une juridiction nationale, qui ne peuvent être assimilées à l’action d’un opérateur en économie de marché. De même, dans l’arrêt Arriva Italia 122 , la Cour de justice a conclu que le principe de l’opérateur en économie de marché n’était pas applicable. Elle a fait remarquer que l’État italien n’avait pas procédé à une évaluation ex ante de la rentabilité de la mesure en cause (le transfert de la participation au capital de FSE). De plus, la Cour de justice a noté ce qui suit: a) il ressortait de la législation nationale qu’un tel transfert de participation visait, notamment, à garantir la continuité de l’emploi et des services de transport fournis par FSE et b) cette opération poursuivait également l’objectif de maintenir la participation au capital de FSE dans le secteur public. Or, de telles considérations ne sont pas prises en compte par un investisseur privé.

Sélectivité

L’arrêt Fiat est également pertinent en ce qui concerne la sélectivité. Le Tribunal a confirmé que la décision anticipative contestée concernait exclusivement Fiat et que, de ce fait, la Commission avait à raison considéré cette décision anticipative était constitutive d’une mesure individuelle et non d’une mesure octroyée dans le cadre d'un régime, ce que le Luxembourg défendait. À cet égard, le Tribunal a rappelé que l’appréciation de l’exigence de sélectivité diverge selon que la mesure en cause est envisagée comme un régime général d’aides ou comme une aide individuelle. Dans ce dernier cas, comme établi dans l’arrêt MOL 123 , l’identification de l’avantage économique est, en principe, suffisante pour présumer la sélectivité de la mesure individuelle. Sur la base de cette présomption, le Tribunal a conclu que, puisque la Commission avait établi que la décision anticipative contestée octroyait un avantage, celui-ci devait en principe être considéré comme sélectif, sans qu’il soit nécessaire de procéder à l’examen en trois étapes.

Dans les affaires concernant les impôts polonais et hongrois à taux progressifs 124 (qui font l’objet d’un pourvoi de la Commission), le Tribunal a constaté que ces impôts n’étaient pas sélectifs car les petites et les grandes entreprises n’étaient pas dans une situation juridique et factuelle comparable au regard de l’objectif de redistribution des impôts progressifs sur le chiffre d’affaires. En conséquence, ces impôts n’ont pas été jugés discriminatoires.

Définition d’activité économique

En ce qui concerne la définition de la notion d’activité économique, la Cour de justice a jugé, dans l’arrêt Aanbestedingskalender e.a./Commission 125 , que, si une activité économique exercée par une entité publique est indissociable d’autres activités se rattachant à l’exercice de prérogatives de puissance publique, les activités de cette entité doivent, dans leur ensemble, être tenues comme se rattachant à l’exercice de prérogatives de puissance publique. Dans les litiges concernant les ports français 126 , le Tribunal a confirmé que les ports exercent une activité économique, en plus de leurs prérogatives de puissance publique. Appréciant si ces activités économiques pouvaient être considérées comme accessoires par rapport aux activités non économiques, le Tribunal a estimé qu’il n’existe aucun seuil en dessous duquel il conviendrait de considérer que l’ensemble des activités d’une entité serait de nature non économique, dès lors que les activités économiques seraient minoritaires. Si l’activité économique de l’entité concernée est dissociable de l’exercice de ses prérogatives de puissance publique, ladite entité doit être qualifiée d’entreprise pour cette partie de ses activités.

Ressources d’État et imputabilité à l’État

En ce qui concerne les ressources d’État, par l’arrêt Allemagne/Commission (EEG de 2012) 127 , la Cour de justice a jugé que le Tribunal avait conclu à tort que les fonds générés par le prélèvement EEG constituaient des ressources d’État 128 . D’une part, le prélèvement EEG ne peut être assimilé à une taxe; d’autre part, le Tribunal n'a pas établi que l’État détenait un pouvoir de disposition sur les fonds générés par le prélèvement EEG ni même qu’il exerçait un contrôle public sur les gestionnaires de réseaux de transport chargés de gérer ces fonds. Dans l’arrêt Achema e.a. 129 , la Cour a établi une distinction entre un système financé par une contribution obligatoire et géré par une entité contrôlée directement ou indirectement par l’État, qui implique des ressources d’État, et un système de simple réglementation des prix dans lequel les opérateurs sont tenus à une obligation d’achat au moyen de leurs ressources propres. Dans l’arrêt FVE Holýšov I, 130 (qui fait l’objet d’un pourvoi de la Commission), le Tribunal a confirmé qu’il suffit d’établir la présence d’une contribution obligatoire (le prélèvement en question avait un caractère obligatoire) pour établir l’existence de ressources d’État.

En ce qui concerne l’imputabilité et les ressources d’État, dans les litiges Tercas 131 (qui font l’objet d’un pourvoi de la Commission), le Tribunal a considéré que la Commission est tenue de disposer d’indices suffisants permettant de prouver que des mesures dispensées par des entités privées ont été adoptées sous l’influence ou le contrôle effectif de l’État.

Récupération

En ce qui concerne la récupération, dans l’affaire Eesti Pagar 132 , la Cour de justice a conclu que toute autorité nationale ayant octroyé une aide d’État illégale est tenue de récupérer celle-ci. Elle a aussi reconnu, en cas de récupération d’une aide illégale, la nécessité de respecter le principe d’effectivité, même si les intérêts doivent être calculés conformément aux règles du droit national applicable.

En ce qui concerne les conséquences qui doivent être tirées par le juge national en cas de violation de l’obligation de notifier une mesure (ex article 108, paragraphe 3, du TFUE), dans l'arrêt Arriva Italia 133 , la Cour de justice a indiqué qu’il appartient aux juridictions nationales de tirer toutes les conséquences d’une telle violation, conformément à leur droit national, tant en ce qui concerne la validité des actes comportant la mise à exécution des mesures d’aide que la récupération des soutiens financiers accordés en méconnaissance de cette disposition. En particulier, en ce qui concerne le transfert de la participation au capital d’une entreprise, la Cour a précisé que le rétablissement de la situation antérieure impliquera, le cas échéant, de renverser ce transfert par la réattribution de la participation au propriétaire initial, ainsi que la neutralisation de l’ensemble des effets de ce transfert.

Questions de procédure

Dans l’arrêt concernant les bénéfices excédentaires belges 134 , le Tribunal a annulé la décision de la Commission de 2016, qui considérait que la Belgique avait octroyé des avantages fiscaux sélectifs dans le cadre de son régime fiscal applicable aux «bénéfices excédentaires». Le Tribunal ne s'est pas prononcé sur la question de savoir si le régime examiné avait donné lieu à des aides d'État illégales, mais a jugé que la Commission n'avait pas établi l'existence d'un régime d’aides. Selon le Tribunal, pour l’octroi des décisions anticipées relatives à des «bénéfices excédentaires», les autorités fiscales belges jouissaient d’un pouvoir d'appréciation qui nécessite un examen au cas par cas et qui infirme l’exercice, par les autorités fiscales belges, d’une ligne de conduite prétendument systématique, requise pour l’existence d’un régime d’aides. Cela signifie, toujours selon le Tribunal, que les décisions fiscales anticipées doivent faire l’objet d’une appréciation individuelle en vertu des règles de l’Union en matière d'aides d’État.

À la suite de cet arrêt, la Commission a ouvert, en 2019, des enquêtes approfondies distinctes portant sur 39 décisions fiscales anticipées accordées par la Belgique à des sociétés multinationales. Parallèlement, la Commission a introduit un recours contre l'arrêt du Tribunal devant la Cour de justice de l'Union européenne afin d'obtenir davantage de clarté quant à l'existence d'un régime d'aides. Ces procédures sont en cours.

Par l’arrêt BMW 135 , la Cour de justice a confirmé l’arrêt Eesti Pagar 136 en déclarant que les autorités nationales ne peuvent que vérifier que la mesure d’aide remplit les conditions prévues par le RGEC, qui prévoit des conséquences procédurales en ce qui concerne l’obligation ou non de notifier la mesure. La constatation par un État membre de ce respect des exigences du RGEC emporte tout au plus une présomption de compatibilité de l’aide avec le marché intérieur.

4.Développement de la dimension internationale de la politique de l’UE en matière de concurrence

L’objectif principal des activités internationales de la Commission dans le domaine de la concurrence est d’encourager une culture mondiale de la concurrence, en promouvant des conditions de concurrence permettant aux entreprises de se livrer une concurrence fondée sur les mérites à des conditions loyales et équitables dans le monde entier. La Commission cherche également à renforcer le rôle de la politique de concurrence dans les organisations internationales et coopère avec les agences du monde entier. Cette coopération en matière de réglementation et d'application contribue à garantir que les règles sont effectivement appliquées et que les entreprises européennes présentes sur les marchés mondiaux exercent leurs activités dans des conditions de concurrence loyales et équitables.

Relations multilatérales

En 2019, la Commission a poursuivi ses efforts pour améliorer les règles internationales relatives aux subventions. La réforme des règles en matière de subventions est une des principales priorités de l’Union européenne en ce qui concerne la modernisation des règles commerciales de l’OMC. En outre, en 2019, la Commission a participé à plusieurs initiatives sectorielles consacrées aux subventions sur la scène internationale, par exemple au forum mondial sur les surcapacités sidérurgiques du G20. Enfin, la Commission a continué de travailler avec les États membres de l’Union au sein du groupe sur les politiques internationales en matière de subventions, procédant à des échanges de vues et coordonnant les initiatives en la matière tant au niveau multilatéral qu’au niveau bilatéral.

En 2019, la Commission a continué de participer activement aux instances internationales dans le domaine de la concurrence, telles que le comité de la concurrence de l’OCDE, le réseau international de la concurrence (RIC), la Banque mondiale et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Lors de la réunion du comité de la concurrence de l’OCDE en juin 2019, la Commission a contribué aux discussions sur l’octroi de licences de droits de propriété intellectuelle 137 , la perturbation numérique des marchés financiers 138 , la norme de contrôle appliquée par les tribunaux dans les affaires de concurrence 139 et les fusions verticales dans les secteurs de la technologie, des médias et des télécommunications 140 . En décembre 2019, la Commission a contribué aux discussions du comité de la concurrence sur l’accès au dossier et la protection de l'information confidentielle 141 , les ententes en étoile 142 , la concurrence dans les accords commerciaux 143 et le contrôle des fusions sur les marchés dynamiques 144 .

Au sein du RIC, à la suite de la conférence annuelle qui s’est déroulée à Carthagène en mai 2019, la Commission a pris la présidence, pour trois ans, du groupe de travail sur les comportements unilatéraux, qu’elle partage actuellement avec les autorités de concurrence italienne et sud-africaine. La Commission a aidé à organiser l’atelier du groupe de travail consacré aux questions numériques dans le droit de la concurrence, qui s’est tenu à Mexico en novembre 2019, et a lancé un projet pluriannuel, nouveau, sur l’«évaluation de la position dominante et du pouvoir de marché sur les marchés numériques» qui débute par une enquête sur l’expérience des membres du RIC dans ce domaine. Par ailleurs, la Commission a continué de présider le groupe de travail du RIC sur les ententes jusqu’à l’été 2019 et, au cours de cette période, a contribué au chapitre «Good Practices for Incentivizing Leniency Applications» 145 («Bonnes pratiques pour encourager les demandes de clémence») et à un nouveau chapitre intitulé «Development of Private Enforcement of Competition Law» 146 («Développement de la mise en œuvre du droit de la concurrence par la sphère privée» ) du manuel du RIC sur la mise en œuvre des règles en matière d’ententes. La Commission continue de contribuer aux projets actuels du groupe de travail du RIC sur les ententes consacrés à l’amélioration de la coordination sur les questions de clémence et aux mégadonnées. Elle est également un membre actif des autres groupes de travail du RIC: le groupe de travail sur les concentrations, le groupe de travail sur la sensibilisation et le groupe de travail sur l’efficacité des organismes.

La Commission a participé à la dix-huitième session du groupe intergouvernemental d’experts du droit et de la politique de la concurrence de la CNUCED, qui s’est tenue à Genève en juillet 2019. Lors de cette conférence, des discussions ont eu lieu sur les questions de concurrence dans l’économie numérique et sur les marchés des soins de santé, la coopération internationale entre autorités de concurrence dans la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles transfrontières et les concentrations, ainsi que le renforcement des capacités et les activités techniques dans le droit et la politique de concurrence 147 .

En 2019, la Commission a également contribué à une compréhension commune avec les autorités de concurrence des pays du G7 au sujet des problèmes posés par l’économie numérique pour l’analyse concurrentielle 148 . Sous la présidence française du G7, la compréhension commune a été présentée lors de la réunion des ministres des finances du G7 à Chantilly les 17 et 18 juillet 2019.

Relations bilatérales

Au niveau bilatéral, la Commission cherche à inclure des dispositions sur la concurrence et le contrôle des aides d’État lorsqu’elle négocie des accords de libre-échange (ALE). En 2019, la Commission a poursuivi les négociations relatives à des ALE avec l’Australie, l’Azerbaïdjan, le Chili, l’Indonésie, la Nouvelle-Zélande, la Tunisie et l’Ouzbékistan, et a conclu les négociations avec le Kirghizstan et le Mercosur.

Les négociations de la Commission sur un accord d’investissement global avec la Chine sont toujours en cours. En 2019, la Commission a aussi continué de coopérer en matière de politique de concurrence et dans des affaires avec la Chine et a reconfirmé les termes du mandat pour le dialogue sur la politique de concurrence entre l’Union européenne et la Chine 149 et le protocole d’accord sur un dialogue en ce qui concerne le contrôle des aides d’État et le système d’analyse de l’équité de la concurrence 150 . En outre, la Commission a confirmé la coopération concernant les affaires de concurrence avec la Chine en signant les orientations pratiques pour la coopération en matière d’examen des affaires de concentration 151 et les orientations pratiques pour la coopération en matière d’enquête sur les affaires antimonopoles 152 .

En ce qui concerne le projet d’accord de deuxième génération entre la Commission et le Canada, la Commission est en contact régulier avec le Bureau de la concurrence Canada pour trouver une solution relative à la protection des données au Canada qui soit conforme aux normes établies dans l’avis de la Cour de justice sur l’accord UE-Canada de 2014 relatif aux données des passagers aériens 153 . En outre, la Commission a poursuivi les négociations avec le Japon sur un accord de deuxième génération en vue d’actualiser l’accord de coopération existant, qui date de 2003 154 .

La coopération technique avec les principaux partenaires commerciaux de l’UE en ce qui concerne la politique de concurrence et sa mise en œuvre représente un autre grand domaine d’activité de la Commission. Pour encadrer cette coopération, la Commission a signé un certain nombre de protocoles d’accord, notamment avec les BRICS 155 et le Mexique, et exerce, à des degrés divers, une coopération technique avec ces pays. La Commission apporte également son concours aux pays voisins. À titre d’exemple, en 2019, elle contrôlait la mise en œuvre de l’acquis relatif à la concurrence dans des pays comme l’Ukraine.

Dans les négociations avec les pays candidats et les pays candidats potentiels, le principal objectif de la Commission, outre la promotion d’une culture de la concurrence, est d’aider ces pays à mettre en place un cadre législatif et des autorités de concurrence performantes, fonctionnant de manière indépendante et obtenant de bons résultats en matière d’application des règles. Afin de remplir les conditions d’adhésion à l’UE dans le domaine de la politique de concurrence, ces exigences doivent être respectées. En 2019, la Commission a continué à contrôler le respect, par les pays candidats, des engagements qu’ils ont pris au titre des accords de stabilisation et d’association.

Elle a également noué un dialogue avec plusieurs autorités nationales et régionales africaines afin de développer la coopération dans le domaine de la concurrence. Dans le cadre des négociations en cours concernant le futur accord avec les États ACP (l’accord de Cotonou) 156 et les accords de partenariat économique (APE) associés, la proposition de la Commission comprend des dispositions relatives à la concurrence et au contrôle des aides d’État.

En 2019, la Commission a poursuivi les préparatifs en vue du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, y compris sur les aspects de ce retrait liés à la concurrence et aux aides d’État. Le projet d’accord de retrait entre l’Union européenne et le Royaume-Uni approuvé par le Conseil européen le 17 octobre 2019 prévoit la poursuite de l'application de l’acquis pendant la période de transition jusqu’à la fin de 2020. Il contient, entre autres, des dispositions relatives aux affaires en matière d'aides d'État et de concurrence qui sont en cours à la fin de la période de transition. En outre, l’accord expose comment les aides affectant les échanges entre l’Irlande du Nord et l’Union européenne seront traitées après la fin de la période de transition. La Commission a aussi continué les préparatifs au scénario d’une absence d'accord et a publié, entre autres, des orientations pour l’application du droit de la concurrence en cas d’absence d’accord sur le Brexit 157 .

En mars 2019, la Commission a adopté une communication intitulée «UE-Chine – une vision stratégique» 158 , qui propose dix actions qui ont été approuvées par le Conseil européen de mars. Une de ces actions a trait aux effets de distorsion que produisent les prises de participation par des pays tiers et les financements publics étrangers dans le marché intérieur. Ainsi, en 2019, la Commission a entamé une analyse portant sur la manière dont la boîte à outils actuelle de l’Union remédie aux effets de distorsion des subventions étrangères et des prises de participation par des pays tiers.

5.Communication externe

La communication externe de la direction générale de la concurrence est axée sur le recours aux médias de masse pour atteindre divers publics, notamment les entreprises, les juristes, les chercheurs, les universitaires, les étudiants et le grand public. Elle s’articule principalement autour des conférences de presse, des communiqués de presse et des interventions de la commissaire, ainsi que des réseaux sociaux. En outre, la direction générale édite des bulletins d’information et d’autres publications destinés aux parties intéressées et au grand public, et son personnel participe aux conférences des parties intéressées.

Au cours de l’année 2019, la direction générale de la concurrence a publié 525 communiqués de presse concernant des affaires de concurrence: 120 étaient relativement longs et en plusieurs langues, tandis que 415 étaient plus courts et monolingues (Midday Express). Certaines de ces affaires ont fait l’objet d’une large couverture médiatique, telles que l’interdiction du projet d’acquisition d’Alstom par Siemens, la décision de concurrence Google Adsense (publicités liées aux recherches en ligne) et la décision d’imposer des mesures provisoires à Broadcom. Toutes ces affaires ont été traitées par la télévision, la radio, la presse écrite et les médias en ligne dans le monde entier.

Tout au long de l’année 2019, la commissaire Vestager a prononcé quelque 67 discours devant divers publics. Le directeur général et le directeur général faisant fonction ont quant à eux prononcé 25 discours, à l’occasion de toute une série d’événements internationaux.

L’année 2019 a notamment été marquée par la conférence de la Commission du 17 janvier, intitulée «Shaping competition policy in the era of digitisation» (Façonner la politique de la concurrence à l’ère de la transition numérique): 490 personnes provenant de 27 pays y ont participé sur place et plus de 35 000 connexions depuis 60 pays à la Conférence retransmise en ligne ont été comptabilisées. Les tweets d’EU_Competition ont généré 209 000 impressions et interactions sur deux jours. Le hashtag # EUcompdigit a été le deuxième sujet tendance le plus twitté en Belgique dans la matinée du 17 janvier. Après la Conférence, un «Student Challenge» a totalisé 80 contributions de 21 pays. Les présentations gagnantes ont été diffusées sur le site internet de la Commission et les lauréats - désignés par près de 2 000 votes populaires sur l’internet - ont eu l’occasion de rencontrer la commissaire Vestager à Bruxelles en mars dernier.

En 2019, la direction générale de la concurrence a aussi été active sur le réseau social Twitter. Tout au long de l’année, environ 590 tweets du compte de la direction générale ont donné lieu à plus de 3,5 millions d’impressions (c’est-à-dire le nombre de fois qu’un tweet apparaît sur le fil d’actualités d’une personne). Les décisions concernant les ententes sur le marché des opérations de change au comptant (Forex) et annonçant des amendes à l’encontre de cinq banques internationales ont généré le plus grand nombre d’impressions (75 600 en 24 heures). D’autres tweets populaires ont concerné notamment la décision d’infliger une amende à Google pour ses pratiques illégales concernant les appareils mobiles Android et l’ouverture de notre enquête sur l’utilisation de données sensibles par Amazon. Le nombre d’abonnés au compte Twitter COMP est passé de 3 480 à un total de 15 800.

Le nombre d’abonnés aux bulletins d’information électroniques de la direction générale s’élevait à 22 000 en 2019 (+ 5 %), tandis que ses publications sur le site EU Bookshop ont été visionnées, téléchargées ou commandées au format papier 6 200 fois (+ 3 %).

6.Le programme en faveur du marché unique

L’adaptation à un environnement de plus en plus numérique et mondialisé est un défi majeur pour la mise en œuvre de la politique de concurrence de l’UE. Les nouveaux outils et algorithmes informatiques sophistiqués utilisés par les opérateurs économiques, combinés à une augmentation exponentielle des communications électroniques, de la quantité de données et du nombre de documents dans les dossiers des différentes affaires, rendent de nombreuses enquêtes de concurrence de plus en plus complexes et fastidieuses. Les propositions de la Commission relatives au prochain cadre financier pluriannuel (2021-2027) comprenaient, pour la première fois, un programme relatif à la concurrence dans le cadre du programme en faveur du marché unique. Des négociations sur le programme en faveur du marché unique ont été lancées en octobre 2019 avec les colégislateurs, à savoir le Parlement européen et le Conseil. S’il est adopté, le programme en faveur du marché unique, doté d’un budget indicatif de 140 millions d’EUR sur une période de sept ans pour le programme relatif à la concurrence, permettrait à la Commission de soutenir directement le développement de la politique de concurrence et de garantir une application effective, efficace et adéquate des règles de concurrence.

Le programme relatif à la concurrence permettrait à la Commission de moderniser la mise en œuvre de la politique de concurrence de l’UE en investissant dans des outils informatiques de pointe (incluant l’intelligence artificielle) afin de mieux dissuader et déceler tout acte répréhensible. Il permettrait en outre d’investir dans les connaissances et les compétences, de renforcer la coopération entre la Commission et les autorités de concurrence des États membres dans tous les domaines du droit de la concurrence de l’UE, d’assurer une présence globale forte et de sensibiliser les parties prenantes à la politique de concurrence de l’Union 159 .

II. SITUATION PAR SECTEUR

Les activités menées par la Commission en 2019 dans le domaine de la politique de concurrence ont concerné un large éventail de secteurs, avec l’objectif commun d’améliorer le fonctionnement des marchés. La politique de concurrence de l’UE a soutenu plusieurs politiques et initiatives essentielles de l'Union, notamment un marché unique numérique connecté, une union de l’énergie intégrée et respectueuse du climat, un marché intérieur plus approfondi et plus équitable et la prise de mesures pour lutter contre les avantages fiscaux sélectifs. La présente section décrit dans les grandes lignes, secteur par secteur, l’évolution de la politique de concurrence et les actions de mise en œuvre des règles que la Commission a entreprises en 2019.

1.Énergie et environnement

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

L’énergie est un intrant essentiel de tous les secteurs de l’économie, et l’un des plus grands postes de dépenses des ménages de l’UE. L’UE est fortement dépendante des importations de combustibles fossiles, en particulier de pétrole et de gaz.

L’adoption 160 du paquet «Une énergie propre pour tous» en 2019 est une étape importante vers la création d’une union de l’énergie qui vise à offrir aux citoyens et aux entreprises de l’UE l’accès à une énergie abordable, sûre et durable.

La politique de concurrence est essentielle au bon fonctionnement de l’union de l’énergie. La politique de concurrence joue un rôle clé dans l’élimination des obstacles à la libre circulation du gaz et de l’électricité entre les États membres, en favorisant l’interconnectivité et en évitant le cloisonnement artificiel du marché. L’application des règles de concurrence contribue à l’ouverture du marché et garantit que tous les acteurs du marché peuvent se livrer concurrence sur le marché dans des conditions loyales et équitables, quelle que soit leur nationalité.

En outre, la politique de concurrence contribue à la réalisation des objectifs environnementaux et climatiques de l’UE, notamment la décarbonation du secteur de l’électricité et d’autres secteurs de l’économie et le passage des combustibles fossiles polluants à des combustibles de substitution dans le secteur des transports, conformément à la politique de mobilité de la Commission. À cette fin, la Commission autorise des mesures d’aide d’État visant à promouvoir le déploiement des énergies renouvelables, à améliorer l’efficacité énergétique, à stimuler la demande en véhicules à faibles émissions pour les transports publics et privés et à réduire les émissions de CO2. En outre, la Commission autorise des mesures intermédiaires visant à réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) en permettant la mise à niveau des véhicules polluants utilisés dans les transports publics.

Promouvoir la concurrence dans le secteur de l’énergie permet de responsabiliser les consommateurs, que ce soit les grands consommateurs d’énergie comme les grandes entreprises manufacturières, les petites entreprises ou les ménages. Une concurrence qui fonctionne bien donne aux consommateurs l’assurance d’un bon fonctionnement des marchés de l’énergie de l’UE. En définitive, les consommateurs de l’ensemble de l’UE bénéficieront d’un marché européen de l’énergie intégré qui garantit la sécurité de l’approvisionnement énergétique à des prix abordables ainsi qu’un environnement plus propre.

En décembre 2019, la Commission a adopté la communication «Le pacte vert pour l’Europe», qui décrit dans les grandes lignes des initiatives visant à parvenir à la neutralité climatique dans l’UE d’ici à 2050 et à relever les autres défis liés à l’environnement 161 . Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de combiner plusieurs instruments d’action. Une politique de concurrence forte dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement est essentielle pour soutenir une transition énergétique décarbonée qui soit d’un bon rapport coût-efficacité.

La Commission révise actuellement les lignes directrices relatives aux aides d’État dans le contexte du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre 162 afin de veiller à ce qu’elles soient adaptées au nouveau système d’échange de quotas d’émission de l’UE pour la période 2021-2030, comme le prévoit la directive SEQE de 2018 163 . En outre, la Commission a lancé l’évaluation des lignes directrices de 2014 concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et à l’énergie dans le cadre plus large d’un bilan de qualité couvrant le paquet législatif sur la modernisation du contrôle des aides d’État 164 . Une consultation publique a été menée et les réponses ont été publiées 165 . Pour permettre une révision en bonne et due forme des lignes directrices, leur validité sera prolongée au-delà de 2020. La révision devrait prendre en compte les objectifs stratégiques du pacte vert pour l’Europe, en particulier le soutien à une transition efficiente en ressources vers la neutralité climatique d’ici à 2050 en facilitant l’élimination progressive des combustibles fossiles, en particulier les plus polluants.

Concurrence effective dans le secteur de l’économie verte

En 2019, les activités de contrôle du respect des règles de concurrence ont contribué à la réalisation des objectifs environnementaux de l’UE en appliquant les règles en matière d’aides d’État, de pratiques anticoncurrentielles et de concentrations.

La mise en œuvre des règles en matière d’aides d’État dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la mobilité à faible taux d’émissions est restée élevée. En outre, la Commission a mené une enquête sur le comportement de producteurs d’éthanol et a adopté plusieurs décisions en matière de concentrations qui concernent des entreprises communes créées pour développer et/ou exploiter des actifs d’énergie renouvelable 166 .

Énergies renouvelables et efficacité énergétique

En 2019, la Commission a adopté vingt décisions concernant des régimes d’aides en faveur des énergies renouvelables et de la production combinée de chaleur et d’électricité 167 . En conséquence, presque tous les États membres ont à présent été autorisés par la Commission à mettre en œuvre leurs régimes de soutien aux énergies renouvelables et à la production combinée de chaleur et d’électricité et les ont alignés sur les lignes directrices de 2014 concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et à l’énergie 168 . Un nombre croissant d’États membres accordent un soutien à la production d’énergie renouvelable au moyen d’appels d’offres neutres sur le plan technologique et en intégrant des installations d’énergies renouvelables sur le marché de l’électricité. Cela a eu pour résultat une baisse des coûts pour les consommateurs sur le réseau électrique dans son ensemble.

La mise en œuvre des règles concernant les pratiques anticoncurrentielles contribue également à la réalisation de l’objectif d’une économie à faibles émissions de carbone. Après l’envoi d’une communication des griefs en 2018, la Commission a poursuivi en 2019 son enquête sur les producteurs d’éthanol soupçonnés de s’être entendus pour manipuler les indices de référence de l’éthanol publiés par l'organisme de suivi des prix Platts 169 . Si elles sont confirmées, de telles pratiques portent préjudice à la concurrence et nuisent aux objectifs énergétiques de l’UE en augmentant les prix des énergies renouvelables, en l’espèce les biocarburants utilisés dans les transports.

PIIEC dans le domaine des batteries

Le 9 décembre 2019, la Commission a autorisé un projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) concernant des innovations dans la chaîne de valeur des batteries (des matières premières au recyclage et à la réutilisation, en passant par les substances chimiques, les cellules, les modules et les blocs), avec sept États membres participants (Belgique, Finlande, France, Allemagne, Italie, Pologne et Suède) 170 . Le projet associe 17 participants directs, essentiellement des acteurs industriels, dont des petites et moyennes entreprises. Les participants directs coopéreront étroitement entre eux et avec plus de 70 partenaires externes. Le total des aides d’État autorisées s’élève à près de 3,2 milliards d’euros, avec environ 5 milliards d’euros d’investissements privés supplémentaires. L’ensemble du projet devrait prendre fin en 2031 (avec différents calendriers selon chaque sous-projet) 171 .

Électromobilité

Un marché concurrentiel des bornes de recharge est important pour garantir la généralisation des véhicules électriques et encourager l’abandon des combustibles fossiles.

En 2019, la Commission a autorisé l’acquisition d’Innogy par E.ON, à condition que cette dernière cesse d’exploiter les bornes de recharge situées sur les autoroutes allemandes, où la concentration aurait sinon supprimé l’une des rares solutions alternatives à la disposition des automobilistes. 172

En 2019, la Commission a autorisé un soutien public supplémentaire de 195 millions d’EUR jusqu’à la fin 2022 en faveur des bus électriques et des infrastructures de recharge en Allemagne 173 . En outre, la Commission a autorisé un soutien public d’un montant de 430 millions d’EUR pour mettre à niveau des véhicules diesel utilisés dans les municipalités dans lesquelles les limites d’émission de NOx ont été dépassées en 2017 174 . Ces deux types de mesures sont conformes aux objectifs environnementaux de l’Union, ainsi qu’à la stratégie européenne en matière de mobilité à faibles émissions et son soutien pour passer à des véhicules à émissions nulles dans les villes et créer un marché pour ces véhicules.

Prendre en compte les coûts des politiques climatiques pour les grands consommateurs d’énergie

La politique en matière d’aides d’État prend également en compte les coûts que des politiques climatiques ambitieuses engendrent pour les grands consommateurs d’énergie et permet aux États membres d’atténuer les pertes de compétitivité que de tels coûts entraînent pour les industries de l’UE.

En 2019, la Commission a autorisé cinq régimes en Belgique, en Lituanie, en Pologne, en Slovaquie et en Slovénie, qui exemptent partiellement les grands consommateurs d’énergie du paiement des redevances sur l’électricité destinées à financer des régimes en faveur des énergies renouvelables ou de la production combinée de chaleur et d’électricité. En outre, la Commission a ouvert une enquête formelle sur le projet de la Pologne d’exempter partiellement les grands consommateurs d’énergie du paiement des redevances utilisées pour financer le mécanisme de capacité d’énergie introduit en 2018.

Réduction des émissions environnementales

Le 5 avril 2019, la Commission a adressé une communication des griefs à BMW, à Daimler et à VW (Volkswagen, Audi, Porsche), les informant qu’elle avait conclu à titre préliminaire qu’elles avaient enfreint les règles de l’Union en matière de pratiques anticoncurrentielles entre 2006 et 2014 en s’entendant pour restreindre la concurrence dans le domaine du développement de technologies permettant de réduire les émissions des voitures particulières à moteur essence et diesel 175 . La Commission a estimé, à titre préliminaire, que BMW, Daimler et VW ont participé à un système collusoire, en violation des règles de concurrence de l’UE, visant à limiter le développement et le déploiement de technologies de réduction des émissions destinées aux voitures particulières neuves à moteur diesel et essence vendues dans l’EEE. S’il devait être confirmé, le comportement de ces constructeurs automobiles visait à restreindre la concurrence dans le domaine de l’innovation pour deux types de systèmes de réduction des émissions et, ce faisant, a privé les consommateurs de la possibilité d’acheter des voitures moins polluantes, alors que la technologie était à la disposition des constructeurs. La Commission soupçonne que l’entente a eu lieu dans le cadre des réunions techniques des constructeurs automobiles dites du «cercle des cinq».

Le 26 septembre 2019, la Commission a autorisé un régime tchèque fournissant une aide aux installations produisant de l’électricité à partir de chaleur résiduelle et de gaz de mine 176 . Ce régime contribue à une utilisation efficace des ressources en réduisant la consommation de sources d’énergie primaire utilisées pour la production d’électricité. En outre, s’il n’était pas exploité pour la production d’électricité, le potentiel énergétique de la chaleur résiduelle et du gaz de mine resterait inutilisé et des sous-produits d’autres activités économiques (notamment de procédés miniers et industriels) seraient libérés dans l’atmosphère. De plus, le 25 novembre 2019, la Commission a autorisé un régime en faveur de la construction et de l’exploitation d’une installation de cogénération à haut rendement en Bulgarie 177 . L’installation produira de la chaleur et de l’électricité en utilisant du combustible dérivé de déchets municipaux non recyclables.

Assurer la fiabilité de l’approvisionnement en électricité

Les mécanismes de capacité sont des mesures prises par les États membres pour faire en sorte que l’offre d’électricité puisse répondre à la demande à moyen et long terme. Les mécanismes de capacité sont conçus pour soutenir l’investissement afin de combler les déficits de capacité prévus et d’assurer la sécurité de l’approvisionnement. Généralement, en plus des revenus tirés de la vente d’électricité sur le marché, ces mécanismes offrent des avantages supplémentaires aux fournisseurs de capacité en échange du maintien de la capacité existante ou d’investissements dans de nouvelles capacités nécessaires pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en électricité.

Toutefois, aucun mécanisme de capacité ne peut remplacer des réformes du marché aux niveaux national et de l’UE. Le nouveau règlement sur le marché de l’électricité 178 exige que les États membres qui prévoient d’introduire des mécanismes de capacité présentent un plan de réforme du marché pour tenter de remédier aux carences réglementaires ou d’autres natures qui affaiblissent les incitations aux investissements dans le secteur de l’électricité. Ce règlement empêchera aussi les capacités de production à forte émission de participer aux mécanismes de capacité.

En 2019, la Commission a adopté deux décisions relatives aux mécanismes de capacité en Italie 179 et au Royaume-Uni 180 , qui tiennent compte des dispositions du règlement sur le marché de l’électricité relatives aux mécanismes de capacité.

L’Italie a décidé de mettre en œuvre les limites d’émissions de CO2 prescrites par le règlement avant qu’elles ne deviennent obligatoires. En outre, l’Italie a introduit des mesures visant à favoriser les nouvelles entrées sur le marché afin de permettre aux capacités de production plus écologiques et à d’autres technologies, telles que la participation active de la demande et le stockage, de remplacer progressivement les centrales plus polluantes qui existent actuellement. La Commission a conclu que la mesure continuerait d’assurer la sécurité de l’approvisionnement et augmenterait encore le niveau de protection de l’environnement sans fausser indûment la concurrence au sein du marché unique.

En outre, la Commission a examiné un certain nombre d’améliorations apportées au mécanisme de capacité du Royaume-Uni pour l’avenir, en tenant compte de l’évolution récente du marché et de la réglementation (y compris l’entrée en vigueur du nouveau règlement relatif au marché de l’électricité), et d’autres questions recensées lors de l’examen quinquennal du marché de capacité mené par le Royaume-Uni. Ces améliorations comprennent notamment la réduction du seuil de capacité minimale pour participer aux enchères, l’accès aux contrats à long terme pour toutes les capacités répondant à certains seuils d’investissement, ainsi que la participation directe de capacités étrangères. Le mécanisme de capacité britannique a initialement été autorisé au regard des règles en matière d’aides d’État en 2014. En 2018, le Tribunal a annulé la décision de la Commission de 2014 pour des raisons de procédure. La Commission a formé un pourvoi contre l’arrêt du Tribunal, mais ce pourvoi n’a pas suspendu les effets de l’arrêt. Afin de faire appliquer l’arrêt, et compte tenu du fait que le Royaume-Uni a fait part de son intention de maintenir le régime, la Commission a ouvert, en février 2019, une enquête approfondie afin d’apprécier une nouvelle fois la compatibilité du régime avec les règles de l’UE en matière d’aides d’État. L’enquête de la Commission a confirmé que le régime du marché de capacité britannique était conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État.

Enfin, en 2019, la Commission a adopté trois décisions concernant des mesures d’aide en faveur de terminaux GNL en Croatie 181 , en Lituanie 182 et en Pologne 183 , qui contribueront grandement à la sécurité et à la diversification des approvisionnements en gaz dans l’UE.

Concurrence effective sur les marchés de l’énergie

La mise en œuvre du droit de la concurrence dans le secteur de l’énergie a pour objectif de renforcer et d’intégrer les principes définis dans la réglementation sectorielle afin de créer un marché unifié fonctionnant bien, dans lequel l’énergie peut être échangée librement et de manière sûre dans toute l’Union et où tous les services connexes sont fournis à des niveaux concurrentiels.

En 2019, l’application des règles en matière de pratiques concurrentielles dans le secteur de l’énergie a consisté en particulier à poursuivre l’examen d’une série d’affaires, ainsi qu’à suivre la mise en œuvre d’engagements dans un certain nombre d’affaires pour lesquelles une décision a été adoptée en 2018.

La Commission a en outre examiné les engagements proposés par Transgaz, le gestionnaire du réseau gazier roumain, afin de veiller à ce que des capacités de gaz commercialement significatives qui sont produites en Roumanie puissent être librement exportées vers d’autres États membres 184 . Les engagements, tels que proposés initialement et soumis à une consultation des acteurs du marché en 2018, visent à répondre aux préoccupations de la Commission selon lesquelles Transgaz aurait entravé la libre circulation de gaz naturel de la Roumanie vers d’autres États membres. La Roumanie produit d’importantes quantités de gaz et a une situation centrale dans la région. La Commission a conclu à titre préliminaire en 2018 que le comportement de Transgaz pourrait avoir artificiellement segmenté le marché intérieur en violation de l’article 102 du TFUE.

La mise en œuvre des règles de concurrence en 2019 a également consisté à garantir que tous les acteurs du marché puissent se livrer concurrence dans des conditions loyales et équitables et que des fournisseurs alternatifs ne soient pas visés par les pratiques abusives d’opérateurs historiques. Le fournisseur d’énergie public Bulgarian Energy Holding (BEH), qui est présent sur le marché de l’approvisionnement en gaz et contrôle le réseau de transport de gaz bulgare, s’est vu infliger une amende pour avoir bloqué l’accès des concurrents aux infrastructures gazières essentielles en Bulgarie 185 . L’intervention de la Commission a visé à permettre aux concurrents d’entrer sur le marché bulgare de l’approvisionnement en gaz et de livrer concurrence à BEH, afin d’abaisser les prix du gaz et d’assurer l’intégration du marché gazier bulgare avec les marchés voisins. Le 1er mars 2019, BEH a fait appel de la décision de la Commission 186 . La procédure devant le Tribunal est en cours.

Dans l’affaire Marchés du GNL 187 , la Commission a ouvert une enquête formelle en juin 2018 afin d’établir si les contrats à long terme conclus par Qatar Petroleum, le plus grand fournisseur de GNL de l’UE, comportent des restrictions territoriales. Alors que les cargos GNL peuvent en principe circuler librement à l’échelle mondiale, la Commission continue d’examiner si le marché se segmente d’une manière qui pourrait empêcher une pleine utilisation des terminaux GNL.

Des problèmes sont apparus sur les marchés de l’électricité, notamment en lien avec la réduction de la capacité d’interconnexion pour les flux transfrontières résultant d’une augmentation de la production intérieure d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables. Ces problèmes ont fait l’objet de la décision adoptée dans l’affaire Interconnexion DE-DK à la fin de 2018 188 , qui a imposé au gestionnaire de réseau allemand TenneT de permettre les importations en Allemagne d’électricité produite au Danemark, par l’intermédiaire d’interconnexions reliant les deux pays. En 2019, la Commission a surveillé la mise en œuvre des engagements garantissant l’ouverture aux échanges de 75 % de la capacité des interconnexions électriques.

Le secteur de l’énergie a également engendré une activité intense en matière de concentrations et d’acquisitions en 2019. Dans l’affaire RWE/E.ON Assets 189 , la Commission a examiné l’incidence sur la concurrence de l’acquisition par RWE de la majorité des actifs de production électrique renouvelable et nucléaire d’E.ON (ainsi qu’une participation minoritaire de 16,67 % dans E.ON) sur le marché de la production d’électricité en Allemagne. Elle a conclu que l’opération ne posait pas de problème car la capacité de production supplémentaire acquise par RWE était d’ampleur limitée et se composait en grande partie d’actifs nucléaires qui doivent être démantelés d’ici 2022.

L’affaire RWE/E.ON s’inscrivait dans le cadre d’un échange complexe d’actifs par lequel E.ON, en échange de ses actifs de production, a racheté Innogy 190 , une filiale de RWE opérant dans les secteurs de la distribution et de la vente au détail de gaz et d’électricité. La Commission a examiné le projet de concentration, qui était susceptible d’affaiblir la concurrence dans plusieurs États membres. Afin d’obtenir le feu vert de la Commission, E.ON s’est engagée à céder certaines de ses activités de vente d’énergie au détail en Tchéquie, en Allemagne et en Hongrie. Ces engagements préserveront la concurrence et offriront un véritable choix et des prix énergétiques équitables aux ménages et aux entreprises.

Le 7 août 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie afin d’évaluer le projet d’acquisition de Grupa Lotos par PKN Orlen 191 au regard du règlement de l’UE sur les concentrations. La Commission craint que la concentration ne réduise la concurrence sur le marché de la fourniture de carburants et les marchés connexes en Pologne et dans les pays voisins. PKN Orlen et Grupa Lotos sont deux grandes compagnies pétrolières et gazières intégrées polonaises. Toutes deux exercent leurs activités principalement en Pologne, où elles détiennent les deux seules raffineries existantes, mais également dans plusieurs autres pays d’Europe centrale et orientale et dans les États baltes.

2.Technologies de l’information et de la communication et médias

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

En 2019, l’application de la politique de concurrence a continué de contribuer à la mise en œuvre de la stratégie pour un marché unique numérique 192 , au moyen d’un certain nombre d’enquêtes dans les secteurs de l’information, de la communication et des médias.

Contribution de la politique de concurrence de l’UE à la résolution des problèmes

Lutter contre les restrictions des ventes transfrontières et en ligne de biens et de produits numériques

Le 5 avril 2019, la Commission a adressé une communication des griefs à Valve (propriétaire de Steam, la principale plateforme de distribution de jeux vidéo sur PC au monde) et à cinq éditeurs de jeux vidéo sur PC (Bandai Namco, Focus Home, Koch Media, Capcom et ZeniMax) concernant des accords bilatéraux potentiellement illégaux 193 . La Commission craint que Valve et les cinq éditeurs de jeux vidéo sur PC, enfreignant les règles de concurrence de l’UE, soient convenus d’utiliser des clés d’activation géobloquées pour empêcher des ventes transfrontières, réagissant notamment à des demandes non sollicitées («ventes passives») concernant des jeux vidéo sur PC provenant de plusieurs États membres (à savoir, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Tchéquie et, dans certains cas, la Roumanie). Ces accords pourraient avoir empêché les consommateurs d’acheter des jeux moins onéreux dans d’autres États membres. En outre, quatre des éditeurs de jeux pourraient avoir enfreint les règles de concurrence de l’UE en incluant des restrictions contractuelles à l’exportation dans leurs contrats passés avec plusieurs autres distributeurs que Valve. Ces distributeurs étaient empêchés de vendre les jeux vidéo sur PC concernés en dehors des territoires qui leur étaient attribués, lesquels pouvaient couvrir un ou plusieurs États membres. Ces pratiques pourraient avoir empêché les consommateurs d’acheter des jeux vidéo sur PC vendus par ces distributeurs soit sur des supports physiques, comme des DVD, soit par téléchargement, et d’y jouer.

Le 17 juillet 2019, la Commission a ouvert une procédure formelle d’examen afin de déterminer si l’utilisation, par Amazon, de données sensibles provenant de détaillants indépendants qui vendent sur sa place de marché enfreint les règles de concurrence de l’Union 194 . Amazon a un double rôle en tant que plateforme: i) l’entreprise vend des produits sur son site web en tant que détaillant; et ii) elle fournit une place de marché où des vendeurs indépendants peuvent vendre des produits directement aux consommateurs. En fournissant une place de marché aux vendeurs indépendants, Amazon collecte en permanence des informations sur les activités exercées sur sa plateforme. L’enquête préliminaire de la Commission fait apparaître qu’Amazon utilise vraisemblablement des informations sensibles sous l’angle de la concurrence qui concernent les vendeurs sur sa place de marché, leurs produits et leurs transactions sur la place de marché. La Commission mène actuellement son enquête approfondie en priorité afin de déterminer si Amazon a enfreint les règles de concurrence de l’UE.

En mars 2019, la Commission a infligé à Nike une amende de 12,5 millions d’EUR pour avoir empêché les vendeurs de vendre des produits dérivés sous licence (tasses, vêtements, etc.) portant le logo ou l’image de certains clubs et fédérations de football les plus célèbres d’Europe, dans d’autres pays au sein de l’EEE 195 . À l’issue de son enquête, la Commission a conclu que les accords de licence et de distribution non exclusives de Nike violaient les règles de concurrence de l’UE, notamment en raison de clauses interdisant expressément les ventes en ligne et hors ligne actives et passives dans des pays de l’EEE qui n’étaient pas spécifiquement attribués aux preneurs de licence. Nike a également appliqué certaines mesures afin de mettre indirectement en œuvre ces restrictions des ventes, par exemple en menaçant les preneurs de licence de mettre fin à leur contrat et en réalisant des contrôles afin de garantir le respect des restrictions.

En juillet 2019, Sanrio a écopé d’une amende de 6,2 millions d’EUR pour avoir appliqué des restrictions concernant des produits à l’effigie de Hello Kitty et d’autres personnages appartenant à l’entreprise 196 . Sanrio a utilisé une combinaison similaire mais distincte de mesures directes et indirectes pour restreindre les ventes transfrontières. Sanrio a notamment limité les langues que les preneurs de licence pouvaient utiliser sur les produits dérivés.

Les décisions dans les affaires Nike et Sanrio confirment qu’en principe, des preneurs de licence non exclusifs ne peuvent être empêchés de vendre des produits sous licence dans un autre pays. Les consommateurs devraient être en mesure de faire leurs courses dans tout l’EEE pour trouver les meilleures offres. Nike et Sanrio ont toutes deux reconnu leurs infractions respectives et largement coopéré avec la Commission, au-delà de leur obligation juridique de le faire. La coopération a conduit à une réduction de 40 % de leurs amendes respectives. Une troisième enquête, également ouverte en 2017, concernant les pratiques d’octroi de licences d’Universal Studios, propriétaire notamment des droits sur les films de la série Minions et Jurassic World, a été conclue par une décision d’infliger à NBC Universal une amende de 14,3 millions d’EUR en raison de restrictions contractuelles dans des accords de licence non exclusive portant sur la vente de produits dérivés à l’image des films de NBC Universal 197 .

L’enquête sur la télévision payante, ouverte en 2014, a été clôturée en 2019 198 . L’enquête portait sur certaines clauses contractuelles des accords de licence conclus entre Sky UK et six grands studios de cinéma (Disney, Fox, Paramount, NBC Universal, Sony et Warner Bros). Dans une communication des griefs adressée à Sky et aux six studios de cinéma hollywoodiens en 2015, la Commission a estimé, à titre préliminaire, que ces clauses limitaient la capacité de Sky UK (et, dans certains cas, d’autres radiodiffuseurs) d’accepter des demandes non sollicitées de consommateurs établis en dehors du Royaume-Uni et de l’Irlande, et, partant, qu’elles violaient les règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles.

En 2016, Paramount a proposé des engagements, que la Commission a acceptés et rendus juridiquement contraignants la même année. Les engagements prévoient que, dans l’ensemble de l’EEE, Paramount supprime les restrictions contractuelles des accords de licence de télévision payante existants et ne les (ré)introduise pas pendant une période d’au moins cinq ans. Canal+, un télédiffuseur français de contenu payant, a formé un pourvoi contre cette décision. En décembre 2018, le Tribunal 199 a rejeté le pourvoi et a estimé que la Commission avait agi dans les limites de l’article 9 du règlement nº 1/2003 et que la décision de la Commission respectait le principe de proportionnalité. En outre, le Tribunal a conclu que les restrictions des ventes passives figurant dans les accords de licence de Paramount constituaient des restrictions de la concurrence par objet. Selon l’arrêt, la suppression de ces restrictions est conforme à l’objectif essentiel de l’UE d’établir un marché intérieur. En février 2019, Canal+ a formé un pourvoi contre l’arrêt du Tribunal. La procédure devant la Cour de justice est en cours.

En novembre et décembre 2018, Sky UK et quatre studios de cinéma américains, à savoir Disney, NBC Universal, Sony et Warner Bros., ont également proposé des engagements pour répondre aux préoccupations de la Commission. Comme dans les engagements offerts par Paramount, les cinq sociétés ont proposé de supprimer, dans l’ensemble de l’EEE, les restrictions contractuelles des accords de licence de télévision payante existants et de ne pas les (ré)introduire pendant une période de cinq ans. Les engagements couvrent toutes les filiales futures et actuelles des sociétés concernées 200 . Le 7 mars 2019, après avoir procédé à une consultation des acteurs du marché, la Commission a adopté une décision rendant les engagements juridiquement contraignants pour Sky, Disney, NBC Universal, Sony et Warner Bros 201 . À la suite de l’acquisition de Fox par Disney, le 20 mars 2019, les engagements sont également contraignants pour Fox.

Mise en œuvre des règles relatives aux pratiques anticoncurrentielles sur les marchés des technologies

Les actions de la Commission sur les marchés des technologies visent à maintenir la concurrence sur les marchés et à maximiser les incitations à l’innovation.



L’affaire Google Search (AdSense)

Le 20 mars 2019, la Commission a infligé à Google une amende de 1,49 milliard d’EUR pour violation des règles de concurrence de l’UE 202 . Google a abusé de sa position dominante sur le marché en imposant un certain nombre de clauses restrictives dans les contrats passés avec des sites web tiers («éditeurs»), empêchant ainsi ses concurrents de placer leurs publicités contextuelles sur ces sites.

Grâce à AdSense for Search, Google fournit des publicités contextuelles aux propriétaires de sites web «éditeurs», comme les sites web de journaux, les blogs ou les agrégateurs de sites de voyages. Google est un intermédiaire, une régie publicitaire, entre les publicitaires et les propriétaires de sites web éditeurs qui souhaitent profiter de l’espace autour de leurs pages de résultats de recherche. AdSense for Search fonctionne donc comme une plateforme d’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne.

Google est de loin l’acteur le plus puissant en matière d’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne dans l’EEE, sa part de marché dépassant 70 % entre 2006 et 2016. En 2016, Google détenait par ailleurs des parts de marché souvent supérieures à 90 % sur les marchés nationaux de la recherche générale et supérieures à 75 % sur la plupart des marchés nationaux de la publicité contextuelle en ligne, où elle est présente grâce à son produit phare, le moteur de recherche Google, qui propose des résultats de recherche aux consommateurs.

Des concurrents sur le marché de la publicité contextuelle en ligne comme Microsoft et Yahoo n’ont pas la possibilité de vendre des espaces publicitaires sur les pages de résultats de l’outil de recherche de Google. Par conséquent, les sites web éditeurs tiers sont, pour ces autres fournisseurs de services d’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne, une porte d’entrée importante pour développer leur activité et essayer de faire concurrence à Google.

Google a fourni ses services d’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne aux éditeurs les plus puissants commercialement par l’entremise d’accords négociés individuellement. À la suite d’une analyse approfondie de centaines d’accords de ce type, la Commission a conclu que Google enfreignait le droit de la concurrence de l’UE en abusant de sa position dominante sur le marché de l’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne dans l’EEE:

a) en exigeant des éditeurs qu’ils ne publient pas de publicités contextuelles en ligne des concurrents de Google («exclusivité»);

b) en exigeant des éditeurs qu’ils réservent l’espace le plus en vue de leurs pages de résultats de recherche à un nombre minimum de publicités contextuelles de Google et en les empêchant de placer des publicités contextuelles concurrentes au-dessus ou à côté des publicités contextuelles de Google («premium placement/clause de publicité minimale»);

c) en exigeant des éditeurs qu’ils obtiennent l’autorisation de Google avant de modifier d’une quelconque manière l’affichage des publicités contextuelles («autorisation de publicités équivalentes»).

Se fondant sur un large éventail d’éléments de preuve, la Commission a conclu que le comportement de Google portait préjudice à la concurrence et aux consommateurs et qu’il entravait l’innovation. Les concurrents de Google étaient incapables de se développer et de proposer d’autres services d’intermédiation publicitaire liée aux recherches en ligne que ceux de Google. Par conséquent, les propriétaires de sites web éditeurs disposaient de peu d’options pour monétiser l’espace sur ces sites web et étaient contraints de compter presque exclusivement sur Google.

Google a mis fin aux pratiques illégales quelques mois après que la Commission lui a adressé en juillet 2016 une communication des griefs concernant cette affaire. La décision enjoint Google d’au moins mettre fin à son comportement illégal, dans la mesure où ce n’est pas encore le cas, et de s’abstenir de toute mesure ayant un objet ou un effet identique ou équivalent.

La Commission a également continué de contrôler le respect de ses décisions dans les affaires Google Android 203 et Google Search (Shopping) 204 . En outre, la Commission a continué d’enquêter sur les autres affaires verticales concernant l’entreprise, à savoir Google Local 205 et Google Jobs 206 .

Dans sa décision dans l’affaire Google Search (Shopping), la Commission exigeait de Google qu’elle applique les mêmes processus et méthodes de positionnement et d’affichage dans ses pages de résultats de recherche pour elles et pour les services de comparaison de prix concurrents. Pour se conformer à la décision, Google a mis en place un mécanisme par lequel la Shopping Unit affichée sur les pages de résultats générales de Google est conservée et tant les services de comparaison de prix concurrents que Google Shopping Europe sont autorisés à participer à la Shopping Unit sur la base d’un mécanisme d’enchères. Google Shopping tient désormais deux comptabilités séparées en Europe.

Le recours au mécanisme de mise en conformité a considérablement augmenté. En juin 2018, un tiers seulement des Shopping Units comprenaient au moins un service concurrent de comparaison de prix, et environ 6 % des clics dans cette Unit dirigeait vers un de ces concurrents. En novembre 2019, environ 81 % des Shopping Units comprenaient au moins un service concurrent de comparaison de prix, et environ 46 % des clics dans cette Unit renvoyait vers un de ces concurrents. Google a également procédé à plusieurs changements en vue d’améliorer l’efficacité du mécanisme. L’entreprise a durci les conditions de participation aux enchères, afin d’exiger des services de comparaison de prix qu’ils disposent d’un éventail suffisant de commerçants, ainsi que d’un ensemble de fonctions de comparaison de base.

Un autre problème important concernant le mécanisme de mise en conformité soulevé par les acteurs du marché était que ce mécanisme ne donnait pas une visibilité suffisante à la fonction de comparaison des services de comparaison de prix. Étant donné que les liens les plus visibles dans la Shopping Unit dirigent directement vers les sites web des commerçants, les services de comparaison de prix concurrents avaient des difficultés à démontrer leur principal avantage pour les utilisateurs. Pour remédier à ce problème et préserver les incitations des commerçants à travailler avec les concurrents, Google a introduit un bouton dans la Shopping Unit, permettant de basculer des liens dirigeant vers les sites web des commerçants aux liens dirigeant vers les sites web de services de comparaison de prix concurrents.

La Commission contrôle également le respect de la décision dans l’affaire Google Android en ce qui concerne un écran permettant de choisir les moteurs de recherche et les navigateurs sur les appareils Android. En avril 2019, Google a mis en place un écran multichoix pour les appareils existants, qui s’affiche lorsque les utilisateurs ouvrent pour la première fois Play Store, permettant à ces derniers d’installer d’autres applications de recherche et de navigation. Plus tard en 2019, Google a annoncé qu’à partir du 1er mars 2020, elle mettrait en place un écran multichoix pour les nouveaux appareils, qui laisserait aux consommateurs le choix du moteur de recherche sur leur téléphone Android. La sélection du consommateur remplacera Google Search aux principaux points d’entrée du téléphone portable.

L’expérience a montré à la Commission qu’un écran multichoix pouvait être un moyen efficace de garantir la concurrence. Dans l’affaire Google Android, il aurait le potentiel de donner aux utilisateurs un choix réel de la manière d’effectuer des recherches sur les appareils Android et de permettre aux concurrents de Google d’être choisis à l’avance par les utilisateurs lorsque Google est préinstallé sur un appareil mobile intelligent. La Commission continuera de contrôler activement le respect par Google de la décision.

Mise en œuvre des règles relatives aux pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des télécommunications

Le 18 juillet 2019, la Commission a infligé à Qualcomm une amende de 242 millions d’EUR pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché mondial des chipsets conformes à l’UMTS («3G»), en violation des règles de concurrence de l’UE 207 . Dans la décision, la Commission a établi qu’entre la mi-2009 et la mi-2011, Qualcomm a fourni des quantités déterminées de trois de ses chipsets UMTS à deux de ses principaux concurrents, Huawei et ZTE, à un prix inférieur aux coûts moyens incrémentaux de long terme (CMILT), dans le but d’évincer son concurrent Icera. Icera était une start-up basée au Royaume-Uni et était le principal concurrent de Qualcomm à l’époque dans le segment concerné du marché des chipsets UMTS. Les constatations de la Commission étaient fondées sur le test dit «AKZO II» 208 , selon lequel les prix supérieurs au coût variable moyen, mais inférieurs au coût total moyen sont anticoncurrentiels s’ils s’inscrivent dans le cadre d’un plan visant à éliminer un concurrent.

L’enquête de la Commission a confirmé l’existence de ventes prédatrices sur la base i) d’un critère prix-coût fondé sur les prix effectivement payés par Huawei et ZTE, ainsi que d’un seuil de référence des coûts fondé sur le CMILT, et ii) de preuves internes contemporaines démontrant l’intention de Qualcomm d’évincer Icera. Les preuves internes ont montré que les pratiques de prix d’éviction de Qualcomm ont eu lieu au moment où Icera accroissait sa pression sur le marché comme fournisseur viable de chipsets UMTS. Les ventes prédatrices de Qualcomm ciblaient deux clients importants du point de vue stratégique, à savoir Huawei et ZTE. Les prix d’éviction visaient également à protéger la position forte de Qualcomm sur le segment des gros volumes de chipsets utilisés dans les téléphones mobiles, segment sur lequel Icera prévoyait d’entrer une fois implantée dans le marché. La décision a conclu que Qualcomm n’avait pas fourni de justification objective valable ou de défense faisant valoir des gains d’efficience pour son comportement.

L’affaire Broadcom

Le 16 octobre 2019, la Commission a publié une décision en application de l’article 8, paragraphe 1, du règlement 1/2003 ordonnant à Broadcom de cesser d’appliquer certaines clauses contenues dans des accords conclus avec six de ses principaux clients 209 . La décision constitue la première décision sur les mesures provisoires depuis 2001 et la première adoptée en vertu du règlement 1/2003. La décision concerne des systèmes sur puces pour les décodeurs de télévision et les modems situés dans les locaux des clients. La Commission a conclu que Broadcom avait à première vue abusé de sa position dominante sur les marchés des systèmes sur puces pour i) les décodeurs de télévision, ii) les modems fibre et iii) les modems xDSL en concluant avec des fabricants de décodeurs de télévision et de modems des accords contenant des clauses induisant une exclusivité. Par ailleurs, elle a conclu que des dommages graves et irréparables auraient probablement été infligés à la concurrence en l’absence de mesures provisoires. En particulier, la Commission a conclu qu’une intervention urgente était justifiée pour empêcher que les concurrents soient marginalisés ou contraints de quitter le marché.

En 2019, la Commission a poursuivi son enquête sur un accord de partage de réseau mobile entre les deux plus grands opérateurs de Tchéquie, O2/CETIN et T-Mobile. Le 7 août 2019, la Commission a adopté une communication des griefs contre ces opérateurs 210 . À titre préliminaire, la Commission a considéré que l’accord de partage de réseau est anticoncurrentiel parce qu’il est susceptible d’ôter aux deux opérateurs mobiles toute motivation à améliorer leurs réseaux et leurs services. La Commission a examiné un certain nombre de circonstances spécifiques dans cette affaire: i) le marché tchèque des communications mobiles est très concentré, sans entrée sur le marché vraisemblable, ii) les parties au partage sont les deux principaux opérateurs, leurs réseaux desservant environ 75 % des abonnés, et iii) le partage de réseau est très étendu en ce qui concerne la technologie couverte (2G, 3G et 4G), la durée, la portée territoriale (nationale, à l’exception de Prague et de Brno) et la population couverte (83 %). L’analyse préliminaire de la Commission est conforme aux principes appliqués par l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE) dans sa position commune du 13 juin 2019 sur le partage des infrastructures mobiles 211 . Le partage de réseau examiné dans la communication des griefs ne concerne pas la technologie 5G.

Dans ses arrêts du 28 juin 2016 212 , le Tribunal a confirmé l’illégalité de la clause de non-concurrence entre Telefónica et Portugal Telecom (actuellement Pharol) et confirmé le raisonnement de la Commission dans sa décision du 23 janvier 2013 213 . Le Tribunal a toutefois annulé les amendes. Conformément aux arrêts, la Commission doit examiner si pour certains services, il existe des barrières insurmontables à l’entrée sur le marché qui excluraient toute concurrence potentielle et s’il convient d’exclure ces services des calculs. Telefónica a introduit un recours contre l’arrêt du Tribunal, qui ne portait pas sur l’amende. Le 13 décembre 2017, la Cour de justice a publié son arrêt, rejetant le recours de Telefónica, et confirmant implicitement la décision de la Commission. En 2019, la Commission a poursuivi l’enquête commencée après l’arrêt dans le but d’adopter une nouvelle décision avec des amendes recalculées.

Contrôle des concentrations dans les TIC et les médias

Dans le secteur des télécommunications, la Commission a autorisé le 15 juillet 2019 l’acquisition de DNA par Telenor 214 . DNA fournit des services de communications mobiles et fixes, des services d’internet à haut débit et des services de télédistribution en Finlande, tandis que Telenor est active dans les services de télécommunications mobiles et fixes et les services de télédistribution dans la région nordique. Il y avait très peu de chevauchements entre les activités de ces entreprises et un certain nombre d’acteurs solides demeurent après la concentration. La Commission n’a soulevé aucun problème de concurrence en ce qui concerne les liens verticaux entre les marchés en amont de la vente en gros de services d’itinérance internationale et de services de terminaison d’appel fixe et mobile, d’une part, et les marchés en aval de la vente au détail de services de télécommunications mobiles et fixes, d’autre part.

La Commission a autorisé le 18 juillet 2019, au terme d’une enquête approfondie, sous réserve de mesures correctives, l’acquisition par Vodafone de l’activité de câblodistribution de Liberty Global en Tchéquie, en Allemagne, en Hongrie et en Roumanie 215 . Vodafone et la filiale de Liberty Global (Unitymedia) offrent des services à haut débit fixes en Allemagne sur la base de leurs propres réseaux câblés, qui ne se chevauchent pas. Vodafone dessert également des zones desservies par Unitymedia, par l’intermédiaire d’un accès en gros au réseau de Deutsche Telekom, et l’opération aurait éliminé cette importante pression concurrentielle. En outre, le pouvoir de marché accru de l’entité issue de la concentration pourrait avoir entravé la position des télédiffuseurs, conduisant à une dégradation de la qualité de l’offre télévisuelle aux spectateurs finals en Allemagne et entravant la capacité des diffuseurs à fournir des services innovants supplémentaires et des fonctionnalités avancées. Pour répondre à ces préoccupations, Vodafone s’est engagée à accorder à Telefónica l’accès au réseau câblé de l’entité issue de la concentration en Allemagne. En outre, Vodafone s’est engagée à ne pas restreindre contractuellement la possibilité pour les diffuseurs de distribuer leur contenu en streaming sur l’internet (services par contournement ou OTT), et à ne pas augmenter les redevances de rachat versées par les télédiffuseurs en clair pour la transmission de leurs chaînes de télévision linéaires sur le réseau câblé de Vodafone en Allemagne. Enfin, Vodafone s’est engagée à continuer de diffuser le signal de télévision hybride à haut débit (HbbTV) des diffuseurs en clair. Ce signal permet aux clients de la télévision de se connecter directement aux services interactifs des diffuseurs.

Le 20 août 2019, la Commission a autorisé l’acquisition de l’antenne et des dispositifs de filtrage de Kathrein par Ericsson 216 . Kathrein est un fournisseur mondial de solutions technologiques, tandis qu’Ericsson est un fournisseur mondial d’équipements et de logiciels de réseau, ainsi que de services destinés à des opérations de réseau et à des opérations commerciales. L’opération n’a soulevé aucun problème de concurrence ni en ce qui concerne la vente groupée d’antennes passives, de filtres et d’équipements de réseau d’accès radio (RAN) à des opérateurs de réseaux mobiles, ni en ce qui concerne la fourniture de modules d’antennes par des fournisseurs d’équipements RAN.

Dans le secteur des TI, le 27 juin 2019, la Commission a autorisé l’acquisition de Red Hat par IBM, qui sont deux fournisseurs de solutions informatiques à des clients professionnels 217 . Red Hat est principalement présente dans le secteur des logiciels libres et des services de soutien. IBM propose tout un éventail de solutions informatiques, à savoir des logiciels, du matériel et des services informatiques destinés aux entreprises. La Commission a constaté que l’entité issue de la concentration resterait confrontée à une concurrence significative de la part d’autres acteurs sur les marchés des logiciels médiateurs et des logiciels d’infrastructure système 218 . En outre, la Commission a conclu que l’entité issue de la concentration ne risquait pas d’exclure ou de marginaliser ses concurrents en groupant les ventes ou en dégradant l’interopérabilité avec le produit phare de Red Hat, Red Hat Enterprise Linux. La Commission a estimé que toute stratégie de l’entité issue de la concentration visant à dégrader l’accès au code source de Red Hat et/ou à influencer le développement de projets libres de droit spécifiques susciterait des contre-réactions fortes de la communauté des développeurs de logiciels libres qui affecteraient négativement les produits de Red Hat. Enfin, la volonté d’IBM d’utiliser les capacités supplémentaires de Red Hat pour développer d’avantage et proposer des solutions hybrides ouvertes dans le nuage accroîtrait le choix pour les entreprises clientes, qui pourraient plus facilement basculer la charge de travail entre des serveurs sur site et plusieurs nuages publics et privés.

Le 30 octobre 2019, la Commission a autorisé l’acquisition de Symantec’s Enterprise Security Business (SESB) par Broadcom 219 . SESB propose un mélange de produits, de services et de solutions pour fournir aux entreprises une protection avancée face aux menaces et une protection des informations. Broadcom est une entreprise du secteur technologique qui met au point, développe et fournit une vaste gamme de semi-conducteurs ainsi que des solutions logicielles pour les infrastructures. La Commission a conclu que le projet d’acquisition ne poserait pas de problème de concurrence étant donné les chevauchements horizontaux limités entre les activités des entreprises parties à la concentration. La Commission a exclu tout problème de concurrence du fait de relations verticales ou de conglomérat entre les entreprises.

Le 19 décembre 2019, la Commission a autorisé l’acquisition de Mellanox par NVIDIA 220 . Mellanox fournit des produits et des solutions d’interconnexion de réseau qui facilitent la transmission efficace de données au sein des centres de données, sur la base des protocoles Ethernet et InfiniBand. NVIDIA fournit des technologies d’informatique visuelle fondées sur des processeurs graphiques (GPU), ainsi que des plateformes de calcul accéléré pour les jeux, la visualisation professionnelle, les centres de données et les applications automobiles. La Commission a conclu que le projet d’acquisition ne poserait pas de problème de concurrence, étant donné que les entreprises fournissent essentiellement des produits complémentaires et qu’elles ne seront pas en mesure d’accroître fortement leur position respective dans les marchés voisins.

Dans le secteur des médias, le 12 novembre 2019, la Commission a autorisé le rachat de Bonnier Broadcasting par Telia 221 . L’autorisation est subordonnée au respect intégral des engagements proposés par Telia. À la suite d’une enquête approfondie, la Commission craignait que l’opération réduise la concurrence en Finlande et en Suède de manière significative. Les concurrents de Telia dans le secteur de la télédistribution risquaient d’être évincés du marché puisqu’ils n’auraient pas accès aux chaînes gratuites, aux chaînes payantes de base et aux chaînes sportives payantes premium de l’entité issue de la concentration. En outre, les concurrents dans les services de télécommunications risquaient d’être évincés du marché puisqu’ils n’obtiendraient pas l’accès aux services de diffusion en continu de l’entité issue de la concentration, à savoir les services de vidéo à la demande financés par la publicité (AVOD) et les services de vidéo à la demande sur abonnement (SVOD). Enfin, les concurrents de Telia dans les secteurs des télécommunications et de la télédistribution risquaient d’être évincés du marché, faute d’obtenir l’accès aux espaces publicitaires sur les chaînes de télévision de l’entité issue de la concentration. Pour répondre à ces préoccupations, Telia a offert une série d’engagements applicables en Finlande et en Suède. Parmi ceux-ci, l’engagement de mettre sous licence des chaînes gratuites, des chaînes payantes de base et des chaînes sportives payantes premium à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (FRAND). Telia s’est également engagée à concéder des licences sur des droits OTT autonomes afin de préserver la concurrence dans la télédiffusion sur l’internet. Enfin, Telia s’est engagée à fournir l’accès aux services de diffusion en continu de l’entité issue de la concentration pour les utilisateurs finals, l’accès à de l’espace publicitaire télévisé pour les fournisseurs de télécommunications et les télédistributeurs concurrents et la protection des informations confidentielles concernant les télédiffuseurs, les télédistributeurs et les fournisseurs de télécommunications concurrents.

Mise en œuvre des règles en matière d’aides d’État dans les secteurs des TIC et des médias

Dans son initiative intitulée «Une Europe adaptée à l’ère du numérique», la Commission désigne l’évolution numérique comme une de ses principales priorités pour son prochain mandat 222 . Pour être à la pointe sur le plan technologique et acquérir une autonomie stratégique, un écosystème numérique intégré à l’échelle de l’UE est nécessaire pour permettre au marché unique de porter pleinement ses fruits pour les entreprises et les citoyens. Dans ce processus, l’infrastructure numérique est un moteur essentiel de la transition numérique. Il est donc essentiel d’investir dans une infrastructure à haut débit appropriée qui puisse répondre aux nouveaux besoins en termes de qualité, de capacités et de vitesses numériques très élevées. La Commission avait anticipé cette évolution dans sa «communication sur le gigabit» 223 de 2016, dans laquelle elle faisait figurer parmi ses priorités stratégiques le déploiement de réseaux à très haute capacité. On peut s’attendre à ce qu’un financement privé couvre la plupart des investissements dans les infrastructures à haut débit. Un financement public est requis pour faire en sorte que les zones rurales et éloignées et les autres zones mal desservies, où les acteurs privés sont peu susceptibles d’investir, puissent également bénéficier des nouvelles technologies. Toutefois, il convient de veiller à ce que les subventions publiques n’évincent pas l’investissement privé et que la distorsion de concurrence soit limitée au minimum.

En 2019, la Commission a adopté une série de décisions autorisant les aides d’État pour des mesures relatives au haut débit 224 , qui tiennent compte des évolutions récentes et reconnaissent la nécessité d’une infrastructure de réseau à très haute capacité.

3.Services financiers

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

La politique de concurrence de l’UE et ses trois instruments de mise en œuvre - contrôle des pratiques anticoncurrentielles, des concentrations et des aides d’État - jouent un rôle important pour garantir que la concurrence se déroule de manière juste et équitable dans tout le secteur financier et que les technologies de rupture sont mises au point et appliquées au bénéfice tant des consommateurs que des entreprises. Les technologies innovantes ne devraient jamais être utilisées pour ériger des barrières sur les marchés émergents.

Le secteur des services financiers est un secteur qui connaît des changements profonds et rapides. Les nouveaux acteurs des services financiers tels qu’Apple Pay ont déjà pénétré les marchés des paiements et un certain nombre d’entreprises fournissant des services de technologie financière 225 gagnent du terrain dans de nombreux domaines. Toutefois, les acteurs établis tels que les systèmes de paiement par carte, les banques de dépôt et les services de crédit, ainsi que les assureurs traditionnels restent indispensables. En 2019, la Commission a continué de garantir une concurrence équitable sur tous ces marchés dans l’intérêt tant des consommateurs que des entreprises.

Au-delà des services financiers traditionnels, des changements radicaux ne sont peut-être pas loin. Même si l’entrée d’entreprises numériques sur les marchés des services financiers peut avoir des effets positifs sur la concurrence dans le marché intérieur, des risques importants peuvent survenir. À cette fin, la Commission a ouvert des enquêtes sur de possibles comportements anticoncurrentiels liés aux restrictions relatives aux technologies clés sur les appareils mobiles qui sont essentielles pour les nouvelles solutions de paiement numérique. Les principales préoccupations portent sur la possibilité que des grandes entreprises technologiques pouvant utiliser leur pouvoir de marché lié aux données sur certains marchés agissent en tant que gardiens et restreignent l’accès des concurrents potentiels aux marchés émergents.

Le développement des cryptomonnaies et l’annonce par Facebook et d’autres de projets de développement d’une nouvelle monnaie numérique privée (cryptomonnaie stable Libra) soulève plusieurs questions réglementaires, y compris des problèmes possibles de concurrence. La DG Concurrence analyse donc attentivement l’évolution de la situation dans ce domaine et collabore avec d’autres services de la Commission afin de s’assurer que les nouvelles technologies seront utilisées au bénéfice de l’ensemble des citoyens et des entreprises, sans mettre en péril la stabilité financière.

Si les nouveaux arrivants ont concurrencé les acteurs établis, le secteur bancaire de l’UE a continué de se stabiliser en 2019. La mise en œuvre des initiatives législatives visant à accroître la stabilité financière, y compris l’introduction progressive d’exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles (MREL) pour les banques 226 , est en cours et les coussins de capital des banques augmentent généralement, mais le processus ne sera totalement terminé que dans quelques années.

Les banques sont confrontées à divers problèmes. En plus des nouveaux concurrents et des technologies de rupture, la rentabilité du secteur reste faible et de nombreux acteurs sont touchés par la faiblesse actuelle des taux d’intérêt et les marges étroites. Dans certains États membres, le niveau élevé des prêts non productifs (PNP) reste également un problème pour certaines banques. La Commission a travaillé de manière constructive avec plusieurs États membres pour développer des solutions et a pris plusieurs décisions pour améliorer la situation tout en limitant autant que possible les effets négatifs potentiels sur la concurrence. Toutefois, les PNP ne sont pas encore revenus à leur niveau d’avant la crise dans tous les États membres.

La poursuite de la stabilisation du secteur bancaire peut aussi être due au fait que les États membres travaillent de plus à des solutions conformes au marché pour les banques ayant des besoins de fonds propres. La Commission doit rester neutre en ce qui concerne la propriété et tant que les opérations se déroulent conformément à la pratique normale du marché, aucun problème en matière d’aide d’État ne se pose. Les activités économiques des États membres qui ne procurent pas un avantage sélectif à des acteurs individuels ne posent pas de problèmes de concurrence. Globalement, l’application des règles en matière d’aides d’État de manière égale dans tous les États membres a contribué à préserver à la fois la stabilité financière de l’Union et la protection de la concurrence.

Contribution de la politique de concurrence de l’UE à la résolution des problèmes

Contribution de la politique de concurrence de l’Union européenne à l’innovation et à l’équité dans le domaine des paiements

La Commission apprécie actuellement la mise en œuvre du règlement relatif aux commissions d’interchange de 2015 (ci-après le «RCI») 227 . À cette fin, elle a commandé une étude en 2018. L’étude a été clôturée en décembre 2019 228 . Elle a collecté et analysé des informations exhaustives sur le marché émanant de tous les États membres. Elle servira de contribution au rapport sur la mise en œuvre du RCI que la Commission soumettra en 2020 au Parlement européen et au Conseil 229 .

Enquêtes en matière d’ententes et d’abus de position dominante dans le secteur des services financiers

En 2019, la Commission a conclu son enquête sur les règles d’acquisition transfrontalière de Mastercard, qui empêchaient les commerçants situés dans des pays appliquant des commissions d’interchange élevées de chercher à acquérir des services moins chers auprès d’acquéreurs établis dans les États membres appliquant des commissions d’interchange moins élevées. Le 22 janvier 2019, la Commission a conclu que les règles de Mastercard empêchaient les détaillants de bénéficier de commissions moins élevées et restreignaient la concurrence transfrontière entre les banques, en violation des règles de concurrence de l’UE. L’infraction a pris fin lorsque Mastercard a modifié ses règles en vue de l’entrée en vigueur du règlement relatif aux commissions d’interchange en décembre 2015. Étant donné que Mastercard a coopéré avec la Commission en reconnaissant les faits et les infractions aux règles de concurrence de l’UE à la suite de la communication des griefs, la Commission lui a accordé une réduction d’amende de 10 %. La Commission a infligé à Mastercard une amende de 570 millions d’EUR 230 .

En outre, la Commission a conclu différentes enquêtes en matière de pratiques anticoncurrentielles portant sur les commissions multilatérales d’interchange (ci-après les «CMI») appliquées par MasterCard, Visa Inc. et Visa International aux opérations réalisées dans l’EEE à l’aide de cartes de débit et de crédit «consommateurs» émises en dehors de l’EEE (ci-après les «CMI interrégionales») 231 . Le règlement relatif aux commissions d’interchange ne plafonnait pas ces CMI. La Commission a conclu qu’elles représentaient une charge significative pour les commerçants dans l’UE et augmentaient les prix de détail pour tous les consommateurs.

Tant Mastercard que Visa ont proposé de réduire le niveau actuel des CMI interrégionales à un seuil inférieur ou égal à des plafonds contraignants. En ce qui concerne les paiements par carte effectués par le détenteur de la carte dans un magasin (transactions avec présentation de cartes), Visa et Mastercard se sont engagées à réduire leurs CMI interrégionales à 0,2 % de la valeur de la transaction pour les cartes de débit et à 0,3 % de la valeur de la transaction pour les cartes de crédit. En ce qui concerne les paiements en ligne (transactions sans présentation de cartes), les deux entreprises ont proposé de réduire les CMI interrégionales à 1,15 % de la valeur de la transaction pour les cartes de débit et à 1,50 % de la valeur de la transaction pour les cartes de crédit. De plus, Mastercard et Visa ont accepté de publier toutes les CMI interrégionales couvertes par les engagements de manière clairement visible sur leur site web respectif. Afin de vérifier le caractère approprié des engagements proposés, la Commission a consulté les acteurs du marché entre décembre 2018 et janvier 2019 232 . Le 29 avril 2019, la Commission a adopté deux décisions rendant les engagements offerts par Mastercard et Visa juridiquement contraignants en vertu des règles de concurrence de l’UE, afin de répondre à ses préoccupations dans les six mois 233 .

En 2019, la Commission a suivi et examiné les préparatifs en cours de Facebook pour introduire la cryptomonnaie stable Libra et les projets de l’entreprise d’introduire des portefeuilles mobiles pour les paiements et les transferts d’argent. L’objectif était d’évaluer les risques que Libra et les cryptomonnaies stables pourraient poser pour la sécurité et la stabilité financières. La Commission a également suivi de près l’évolution des solutions de paiement mobile, y compris les paiements mobiles pour les biens et les services physiques dans les magasins et en ligne, afin de faire en sorte que les entreprises ne violent pas les règles de concurrence de l’UE. Ces actions se poursuivront en 2020.

En 2019, la Commission a continué de surveiller la concurrence sur les marchés des capitaux, et s’est penchée en particulier sur le marché des données de marché pour lesquels des plaintes informelles concernant des conditions de licence abusives et des commissions/prix élevés persistent. En 2019, la Commission a également continué de surveiller la concurrence dans le secteur de l’assurance.

Dans le domaine de l’assurance automobile, la Commission a ouvert une enquête formelle afin de vérifier si les conditions d’accès au système de mise en commun de données Insurance Link géré par l’association d’entreprises Insurance Ireland violaient l’article 101 du TFUE 234 . La Commission ne doute pas que les accords de mise en commun de données puissent contribuer à une concurrence effective. La participation et l’accès à un ensemble de données par les fournisseurs de services d’assurance peuvent bénéficier directement aux consommateurs en ce qui concerne la fourniture de produits plus adaptés et de prix concurrentiels. L’enquête de la Commission en l’espèce analysera, en particulier, si les conditions imposées aux entreprises souhaitant participer et accéder à la base de données Insurance Link sont susceptibles d’avoir eu pour effet de désavantager ces entreprises du point de vue concurrentiel sur le marché irlandais de l’assurance automobile par rapport aux entreprises qui avaient déjà accès à la base de données.

En ce qui concerne le secteur du crédit, la Commission a publié un rapport sur la manière dont les syndicats de prêt de l’UE sont constitués et sur leur incidence sur la concurrence sur les marchés du crédit 235 . Le rapport explique comment ces syndicats sont constitués et fonctionnent. Vu l’importance de ces prêts syndiqués pour le financement des grands projets d’infrastructure et des grands projets innovants, la Commission a surveillé de près ce marché en 2019. Cette surveillance se poursuivra en 2020.

Le 16 mai 2019, la Commission a adopté deux décisions concernant des ententes distinctes sur les marchés des opérations de change au comptant, infligeant au total 1,07 milliard d’EUR d’amendes, dans le cadre de neuf procédures de transaction 236 . Les deux ententes concernaient le commerce des onze monnaies les plus liquides et négociées au monde (euro, livre britannique, yen japonais, franc suisse, dollars américain, canadien, néo-zélandais et australien, ainsi que couronnes danoise, suédoise et norvégienne). L’enquête de la Commission a révélé que certains opérateurs en charge des opérations de change au comptant concernant ces monnaies dans leurs banques respectives ont échangé des informations commercialement sensibles comme les ordres des clients en suspens, les écarts offre-demande (à savoir les prix) applicables à des opérations spécifiques, les positions de risque ouvertes et d’autres détails sur leurs activités de négociation actuelles ou prévues. Les échanges d’informations, qui résultaient d’un accord tacite entre les traders participants, permettaient à ces derniers de prendre des décisions en connaissance de cause quant à l’opportunité de vendre ou d’acheter les devises qu’ils détenaient dans leurs portefeuilles et au moment auquel procéder à de telles opérations.

En outre, ces échanges d’informations ont permis aux traders de déterminer des possibilités de coordination. Toutes les banques concernées ont coopéré dans le cadre de la communication de la Commission de 2008 sur les procédures de transaction. La décision «Forex - Three Way Banana Split» est adressée à cinq banques (UBS, Barclays, RBS, Citigroup et JPMorgan) et a infligé une amende totale de 811 197 000 EUR pour une infraction qui a commencé le 18 décembre 2007 et a pris fin le 31 janvier 2013. Dans cette affaire, toutes les banques ont coopéré tant dans le cadre de la communication relative aux procédures de transaction que de la communication sur la clémence, et ont pu bénéficier soit d’une réduction d’amendes (UBS), soit d’une immunité d’amende.

La décision «Forex - Essex Express» est adressée à quatre banques(Barclays, RBS, MUFG Bank et UBS) et a infligé une amende totale de 257 682 000 EUR pour une infraction qui, globalement, a commencé le 14 décembre 2009 et a pris fin le 31 juillet 2012. Toutes les banques concernées par cette affaire ont coopéré au titre de la communication relative aux procédures de transaction, et trois sur les quatre (UBS, RBS et Barclays) ont coopéré à l’enquête au titre de la communication sur la clémence. En conséquence, RBS et Barclays ont bénéficié d’une réduction de leurs amendes, tandis qu’UBS a obtenu l’immunité.

Enquêtes sur les opérations de concentration dans le secteur financier

La Commission a continué de veiller à ce que les concentrations dans le secteur des services financiers n’aboutissent pas à des prix plus élevés et à un choix réduit pour les consommateurs. En mars 2019, la Commission est intervenue dans le projet de concentration entre deux grands courtiers d’assurance, Marsh et Jardine Lloyd Thompson. Les deux sociétés étaient des leaders sur le marché en ce qui concerne la fourniture de services aux compagnies aériennes et aux constructeurs aéronautiques qui doivent assurer des risques très complexes liés à leurs activités. La concentration était susceptible d’entraîner une hausse des prix et une diminution du choix, ce qui aurait en fin de compte porté préjudice aux consommateurs. La Commission a exigé la cession des activités de Jardine Lloyd Thompson dans le domaine concerné, afin de garantir le maintien d’un environnement concurrentiel 237 . Plusieurs autres dossiers dans les secteurs de l’assurance, de la banque et des paiements ont été considérés comme ne portant pas préjudice à la concurrence et ont pu être autorisés sans mesures correctives.



Enquêtes sur les aides d’État dans le secteur financier

Le secteur financier de l’UE a largement surmonté la crise financière et globalement, les banques de l’UE se trouvent dans une situation plus stable aujourd’hui. Cette évolution se reflète dans le nombre réduit d’affaires d’aide d’État concernant les banques. En 2019, une seule mesure de soutien direct en faveur d’une banque commerciale dans l’UE constituait une aide d’État, tandis que les autres mesures de soutien direct n’en étaient pas.

Le fait que les aides d’État octroyées par les États membres aux banques diminuent est une évolution positive. La seule affaire dans laquelle une aide d’État a été constatée en 2019 portait sur un soutien à la liquidité fourni par l’Italie à Cassa di Risparmio di Genova e Imperia («Banca Carige») sous la forme de garanties sur des éléments de passif nouvellement émis 238 . Banca Carige paie une redevance à l’État italien pour la garantie. L’appréciation de la Commission a montré que la mesure était ciblée, proportionnée et d’une durée et d’un champ d’application limités. La Commission a dès lors conclu que ce soutien à la liquidité était conforme aux règles de l’UE, et en particulier à la communication de 2013 concernant le secteur bancaire.

Certaines mesures concernant des banques appréciées par la Commission ne constituaient pas des aides d’État

Le 5 décembre 2019, la Commission a adopté une décision concluant que la recapitalisation de German NordLB était conforme au marché. La Commission a estimé que le projet de l’Allemagne visant à renforcer les fonds propres de la banque publique Norddeutsche Landesbank – Girozentrale (NordLB) ne constituait pas une aide d’État. Les mesures comprenaient un investissement direct de 2,8 milliards d’EUR. En outre, le land de Basse-Saxe a l’intention de fournir des garanties d’actifs qui devraient entraîner un allègement des exigences de fonds propres d’un montant de 0,8 milliard d’EUR pour la banque, en échange d’une contrepartie conforme au marché. Les mesures renforcent la situation des fonds propres de la banque et permettent les investissements nécessaires pour réaliser les changements structurels nécessaires et réduire la taille de la banque afin que NordLB continue d’opérer de manière rentable sur le marché. La Commission estime que les mesures envisagées ont été effectuées aux conditions du marché, ce qui signifie que l’État a reçu une rémunération conforme à ce qu’accepterait également un opérateur privé dans les mêmes circonstances. En conséquence, les mesures ne constituent pas une aide d’État au sens des règles de l’UE. La Banque centrale européenne, en tant qu’autorité de surveillance compétente, a donné son feu vert au projet le 29 novembre 2019. 239

Une deuxième affaire de soutien direct sous la forme de fonds propres en faveur d’une banque individuelle concerne l’investissement de la Roumanie dans CEC Bank 240 . Dans ce cas également, la Commission a estimé que les conditions auxquelles l’apport de fonds propres serait effectué par l’État roumain, en tant qu’unique propriétaire de CEC Bank, sont les mêmes que celles qu’un opérateur privé en économie de marché accepterait. En vertu des règles de l’UE en matière d’aides d’État, les interventions d’un État membre aux conditions du marché ne constituent pas des aides d’État et ne relèvent donc pas du contrôle des aides d’État de l’UE.

En outre, la Commission traite toujours d’un nombre très limité de dossiers plus anciens comme Dexia 241 . En 2012, la Commission a autorisé une aide d’État pour permettre la sortie ordonnée du marché de Dexia, tout en protégeant la stabilité financière. La décision a garanti la répartition intégrale de la charge des actionnaires existants et a empêché une incidence négative sur la concurrence, étant donné que Dexia n’exercerait pas de nouvelle activité pendant qu’elle réduisait son portefeuille. Vu la longue échéance de certains des actifs restants, la Commission a autorisé, en 2019, que les garanties de la dette de premier rang accordées par la France et la Belgique soient prolongées au-delà de 2021 tout en garantissant que la charge soit intégralement répartie entre les actionnaires subordonnés 242 .

En plus des cas de soutien individuel à des banques, la Commission a décidé de prolonger un certain nombre de régimes établis pour assurer la liquidation ordonnée de petites banques, de coopératives de crédit ou d’autres établissements de crédit en Croatie 243 , au Danemark 244 , en Grèce 245 , en Irlande 246 et en Pologne 247 . L’objectif de ces régimes est de préserver la stabilité financière lorsqu’un établissement couvert qui ne relève pas du champ d’application de la directive de l’UE relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances 248 devient incapable de respecter ses obligations réglementaires. Les conditions dans lesquelles ces régimes ont été acceptés garantissent que les aides sont limitées au minimum nécessaire pour une liquidation ordonnée et qu’aucun acheteur ne bénéficie d’un avantage économique indu par l’acquisition d’actifs et de passifs sous-évalués.

Malgré les perspectives positives globales pour le secteur financier, les niveaux élevés des prêts non productifs (PNP) sont un problème ancien, en particulier dans certains États membres. En 2019, la Commission a autorisé le régime de protection des actifs hellénique («Hercules»), estimant qu’il ne constituait pas une aide d’État visant à résoudre le problème des PNP en Grèce 249 . Ce régime illustre la façon dont les États membres peuvent aider leurs banques à assainir leurs bilans sans octroyer d’aide ni fausser la concurrence. De telles garanties d’État ne s’appliquent qu’aux tranches de rang supérieur dans certaines conditions qui sont rémunérées aux conditions du marché. La Commission a également autorisé un régime visant à soutenir les ménages exposés au risque de perdre leur logement en raison de difficultés à rembourser leurs prêts hypothécaires 250 . Ce régime fixe des critères d’éligibilité stricts en termes de valeur de la résidence principale et de revenus de l’emprunteur, afin de garantir qu’il soit destiné à ceux qui en ont besoin.

En 2019, la Commission a également prolongé le régime italien de garanties pour la titrisation des prêts non productifs (Fondo di Garanzia sulla Cartolarizzazione delle Sofferenze – «GACS») 251 . En aidant les banques à titriser et à sortir de leur bilan les prêts non productifs, le régime est un volet important de la stratégie de l’Italie pour résoudre les problèmes de qualité des actifs des banques. Entre février 2016 et novembre 2018, il a été fait appel à ce régime 17 fois, ce qui a permis de retirer 51 milliards d’EUR de prêts non productifs du système bancaire italien, ce qui correspond à près de deux tiers de la réduction totale des prêts non productifs en Italie au cours de cette période.

Ces deux régimes contribuent à améliorer encore la situation du secteur financier dans deux des États membres les plus touchés par les effets à long terme de la crise financière. Ces améliorations réalisées grâce à la réduction des PNP devraient permettre aux banques de continuer de jouer leur rôle de contributeur positif à la croissance économique.

Un soutien direct supplémentaire dans des situations spécifiques implique la possibilité pour les États membres de fournir des aides à des jeunes PME et à des jeunes pousses qui souffrent généralement d’un accès limité au financement. Ces mesures peuvent soit être mises en œuvre directement par les États membres si elles relèvent du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC) 252 , soit structurées en tant que régimes soumis à l’obligation de notification en vertu des lignes directrices sur le financement des risques 253 . En 2019, la Commission a autorisé deux régimes incitant les investisseurs privés à investir dans des PME qui éprouvent des difficultés à obtenir un financement adéquat. Le régime autrichien de financement des risques encourage les entreprises de financement de taille moyenne à accroître leur financement en faveur des PME 254 and le régime italien prévoit des avantages fiscaux spécifiques pour les investissements dans les jeunes pousses et les PME innovantes 255 .

Enfin, dans le cadre d’un bilan de santé plus large des règles en matière d’aides d’État, les règles en matière de financement des risques ainsi que la communication sur l’assurance-crédit à l’exportation 256 , font l’objet d’une évaluation conformément au cadre pour l’amélioration de la réglementation 257 . Dans le cadre de cette évaluation, la Commission a lancé des consultations ciblées avec les États membres et les parties prenantes directement concernées. Elle a également demandé un rapport d’experts extérieurs pour mieux comprendre comment les règles existantes pourraient améliorer l’accès des PME au financement. Les résultats de l’évaluation seront publiés en tant que document de travail des services de la Commission sur le bilan de qualité.

4.Fiscalité et aides d’État

Aperçu des principaux problèmes en matière de fraude et d’évasion fiscales et d’aides fiscales

Les activités menées par la Commission pour faire respecter le droit de l’UE dans ce domaine visent à combattre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices afin de mieux aligner le droit d’imposition sur l’activité économique. Les enquêtes relatives aux aides d’État portant sur les pratiques des États membres en matière de décisions fiscales anticipées (également appelées «rescrits fiscaux») sont l’un des instruments dont dispose la Commission pour s’assurer que les sociétés paient les impôts dus dans les États membres dans lesquels elles génèrent une valeur économique.

La fraude et l’évasion fiscales peuvent résulter d’une planification fiscale agressive, dans la mesure où elles transfèrent les bénéfices vers des juridictions où la charge fiscale est faible ou nulle et dans lesquelles l’activité économique est minime ou inexistante, ce qui permet de ne payer que peu, voire pas, d’impôt sur les sociétés. Une planification fiscale agressive peut être mise en œuvre en recourant à un régime fiscal préférentiel ou en demandant des décisions fiscales anticipées à titre individuel. Tous ces dispositifs ont pour point commun d’entraîner une perte de recettes fiscales pour l’État membre dans lequel la valeur économique est créée, mais non imposée, ainsi que pour l’UE dans son ensemble, parce que l’impôt acquitté en définitive est inférieur à ce qu’il aurait été si les bénéfices n’avaient pas été transférés.

Une planification fiscale agressive a des effets secondaires particulièrement néfastes pour l’UE. Premièrement, elle entraîne des allégements fiscaux indus qui faussent la concurrence en entraînant des avantages pour certaines sociétés ou certains groupes de sociétés. Deuxièmement, elle pose un problème d'équité sociale, parce qu’il faut compenser les recettes non perçues sur les multinationales qui échappent à l’impôt, ce qui déplace généralement la charge vers les revenus moins mobiles des PME et du travail. Troisièmement, du point de vue de la délocalisation des activités, la planification fiscale agressive peut menacer la croissance durable du marché intérieur.

Bien qu’en l’absence d’harmonisation, la fiscalité directe relève de la compétence des États membres, les mesures fiscales nationales doivent respecter les règles du marché intérieur et être conformes aux règles de concurrence de l’UE. Les arrêts récents du Tribunal ont confirmé que l’article 107 TFUE permettait à la Commission de déterminer si une mesure fiscale confère à des entreprises un avantage économique qui place les bénéficiaires dans une position plus favorable que les autres contribuables. En particulier, le Tribunal a considéré que la Commission pouvait apprécier, au regard des règles relatives aux aides d’État, si la méthode de fixation des prix de transfert validée par une décision fiscale anticipée aboutit à un résultat établi conformément au principe de pleine concurrence 258 .

Contribution de la politique de concurrence de l’UE à la résolution des problèmes

Enquêtes en matière d’aides d’État et décisions relatives à la planification fiscale agressive

Au cours de la période 2014-2018, la Commission a recueilli des informations sur les pratiques de planification fiscale pour se renseigner sur la pratique en matière de décisions fiscales anticipées et d’éventuels régimes d’aide fiscale dans l’ensemble des États membres pour les années 2010 à 2013. Cette enquête visait à faire la lumière sur les allégations selon lesquelles les décisions fiscales anticipées peuvent constituer des aides d’État et à permettre à la Commission de se forger un avis éclairé sur les pratiques de tous les États membres. En tout, la Commission a examiné plus de mille décisions anticipées.

Toutefois, depuis 2013, les États membres ont évolué au niveau tant de la législation fiscale que de la pratique en matière de décisions fiscales anticipées. Afin de se forger un avis éclairé sur cette évolution, la Commission a demandé à tous les États membres, à la fin de 2019, de fournir une mise à jour de leurs pratiques législatives et administratives ainsi qu’une liste des décisions fiscales anticipées pour les années 2014 à 2018. En 2019, la Commission a continué à réexaminer les décisions fiscales anticipées et les mesures fiscales fondées sur des plaintes et des informations sur le marché. Cette révision se poursuivra en 2020.

Affaires importantes

Le 2 avril 2019, la Commission a conclu que le Royaume-Uni avait conféré des avantages fiscaux illégaux à certaines multinationales en les exemptant d’une série de règles de lutte contre l’évasion fiscale, connues sous le nom de «règles relatives aux sociétés étrangères contrôlées (SEC) 259 ».

Royaume-Uni – La décision SEC

Les règles relatives aux SEC visent à empêcher les entreprises britanniques de détourner artificiellement les bénéfices générés par des activités et des actifs britanniques vers une filiale établie dans un pays ou un territoire à fiscalité réduite ou nulle. Les règles relatives aux SEC britanniques réattribuent ces bénéfices détournés artificiellement à la société mère britannique et la taxent en conséquence.

L’enquête approfondie de la Commission a montré que l’exonération contestée connue sous le nom d’«exonération sur le financement des groupes» constituait un traitement préférentiel pour les entreprises britanniques qui détournent artificiellement des bénéfices générés par des activités ou des actifs britanniques de sociétés liées étrangères par l’intermédiaire d’une filiale offshore, par dérogation aux règles relatives aux SEC britanniques. La Commission est parvenue à la conclusion que l’exonération était partiellement justifiée et a accepté qu’une règle mécanique évite de devoir procéder à des opérations de traçage intragroupe trop contraignantes pour déterminer si des bénéfices sont générés par des capitaux liés au Royaume-Uni, mais elle a aussi déclaré que l’exonération constituait en partie une aide d’État illégale qui doit être récupérée. Le Royaume-Uni a modifié ses règles relatives aux SEC à partir du 1er janvier 2019. Les nouvelles règles relatives aux SEC ne posent plus de problème au regard des règles en matière d’aides d’État.

Le 11 janvier 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé par les Pays-Bas à NEON et à CN BV, le siège d’exploitation européen du groupe Nike pour, respectivement, Nike et Converse 260 . NEON et CN BV sont des entités néerlandaises et tirent la totalité de leurs recettes des ventes à leurs clients en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. L’enquête de la Commission porte sur deux décisions fiscales anticipées adoptées par les autorités fiscales néerlandaises en faveur de NEON en 2006 et 2010 et deux décisions fiscales anticipées adoptées en faveur de CN BV en 2010 et 2015, qui ont considérablement réduit les bénéfices imposables de Nike aux Pays-Bas.

Le 7 mars 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé par le Luxembourg à Huhtalux, une société du groupe Huhtamäki qui exerçait des activités de refinancement par octroi de prêts aux sociétés du groupe 261 . L’enquête porte sur les décisions fiscales anticipées adoptées par les autorités fiscales luxembourgeoises en faveur d’Huhtalux en 2009, 2012 et 2013, qui permettent à cette société de déduire chaque année, depuis 2010, de sa base imposable un intérêt fictif – c’est-à-dire une rémunération pour des prêts sans intérêts reçus d’une autre société du groupe – qui ne correspond pas à la charge réelle enregistrée dans le compte de résultat commercial de la société. Compte tenu de cette déduction, le bénéfice imposable de Huhtalux est fixé sous la forme d'une marge bénéficiaire qui ne correspond pas forcément à la différence entre le bénéfice effectivement généré par l’activité de financement de la société et l’intérêt fictif.

Enfin, à la suite de l’arrêt du Tribunal annulant la décision relative au régime belge d’exonération des bénéfices excédentaires, la Commission a ouvert, le 16 septembre 2019, des enquêtes approfondies distinctes sur 39 décisions fiscales anticipées relatives à des «bénéfices excédentaires» adoptées par la Belgique en faveur d’entreprises multinationales 262 .

Lutte contre les régimes et mesures fiscaux discriminatoires protégeant des entreprises nationales contre la concurrence au sein du marché intérieur

Outre les affaires portant sur des décisions fiscales anticipées, la Commission reste attentive à ce que les États membres ne se servent pas d’instruments fiscaux pour favoriser indûment certaines entreprises ou certains secteurs et protéger des entreprises nationales contre la concurrence au sein du marché intérieur.

Les ports sont essentiels pour l’économie de l’UE et la Commission n’empêche pas les États membres d’octroyer des aides d’État à leurs ports, par exemple lorsque celles-ci sont nécessaires pour développer l’infrastructure portuaire, mais les exonérations d’impôt sur les sociétés peuvent procurer un plus grand avantage aux bénéficiaires les plus rentables. Ces exonérations ne sont ni transparentes, ni limitées ou ciblées sur des activités de financement ou des investissements nécessaires et justifiés par des objectifs d’intérêt commun.

Concernant l’enquête sur les aides fiscales aux ports, outre les décisions négatives adoptées en janvier 2016 (entreprises publiques néerlandaises 263 ) et en juillet 2017 (ports belges 264 et français 265 ), la Commission a proposé des mesures appropriées à l’Italie 266 et à l’Espagne 267 en janvier 2019. Les deux États membres ont été invités à supprimer les exonérations d’impôt sur les sociétés pour les autorités portuaires à partir du 1er janvier 2020. L'Espagne a accepté de prendre les mesures appropriées. L'Italie ne l’a pas fait. En conséquence, en novembre 2019, la Commission a clos l’enquête relative aux ports espagnols et a ouvert une procédure formelle d’examen sur les ports italiens. L’action de la Commission tient compte de l’objectif de garantir que toutes les entreprises paient leur juste part de l’impôt et qu’aucun secteur ni aucune entreprise en particulier ne bénéficie indument d’un traitement en matière d’impôt sur les sociétés plus favorable que ses concurrents.

Ports français et belges

Après avoir confirmé, en 2018, l’approche suivie par la Commission dans l’affaire néerlandaise, le Tribunal a confirmé la décision adoptée par la Commission dans les affaires française et belge. Dans ses arrêts des 30 avril 2019 et 20 septembre 2019, le Tribunal a jugé que c’est à juste titre que la Commission avait considéré les autorités portuaires comme des «entreprises» qui exercent des activités économiques, fournissant, par exemple, aux navires un accès aux infrastructures portuaires, louant des terrains ou donnant des espaces en concession à des sociétés commerciales ou industrielles contre rémunération. En ce qui concerne ces activités économiques, le Tribunal a conclu que les autorités portuaires étaient soumises aux règles en matière d’aides d’État même si elles exercent également des activités de service public de nature non économique poursuivant un but d’intérêt général. Le Tribunal a également déclaré que la notion d’«activité économique» découlait d'éléments de fait, notamment l'existence d'un marché pour les services concernés, et ne dépendait pas de l’appréciation par les autorités nationales.

En avril 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie sur un impôt dans le secteur du commerce de détail de denrées alimentaires en Slovaquie 268 . La Commission a également enjoint à la Slovaquie de suspendre l’application de la mesure jusqu'à ce qu’elle ait achevé son appréciation au regard des règles de l’UE régissant les aides d’État. Les détaillants de denrées alimentaires ont été priés, dans ce cadre, de s'acquitter d’un impôt trimestriel équivalant à 2,5 % de leur chiffre d'affaires total. Toutefois, la majorité des détaillants en denrées alimentaires en Slovaquie ont été exonérés de la taxe, parce qu’ils étaient couverts par l’une des exonérations concernant leur taille, l'étendue géographique de leur activité ou la nature de celle-ci. La Commission craignait que certaines exonérations de l’impôt ne confèrent à des détaillants un avantage sélectif par rapport à leurs concurrents, et ce en violation des règles de l’UE sur les aides d’État. À la suite des décisions de la Commission, la Slovaquie a abrogé l’impôt sur le commerce de détail et aucun détaillant n’a dû s’acquitter d’un impôt. La Commission a dès lors clôturé l’enquête approfondie par décision adoptée en octobre 2019.

5.Industries de base et industrie manufacturière

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

L’industrie manufacturière est importante pour l’économie de l’UE en tant que moteur de croissance et d’emploi. Plus de 20 % de la main-d’œuvre de l’UE travaillent dans ce secteur. Les progrès de l’automatisation et l’utilisation croissante de la robotique dans de nombreux secteurs ont conduit à une restructuration industrielle substantielle s’accompagnant de pertes d’emplois dans l’ensemble de l’UE. Le secteur manufacturier est confronté à de nouveaux défis en raison de la délocalisation d’emplois vers des pays dans lesquels le coût de la main-d’œuvre est inférieur et de l’essor des chaînes d’approvisionnement mondiales. De plus, les taxes sur l’énergie élevées et la faible croissance de la productivité par rapport à la moyenne de l’OCDE entravent la compétitivité des entreprises de l’Union.

L’application des règles de concurrence dans le secteur manufacturier contribue à ces objectifs, notamment en garantissant que les entreprises peuvent se faire concurrence dans des conditions loyales et équitables au sein du marché unique. En outre, les règles en matière d’aides d’État sont utilisées pour canaliser les fonds publics vers la recherche, la formation et l’efficacité énergétique. Seules les sociétés innovantes disposant de plans de développement durables peuvent fournir des produits et services intelligents à des prix compétitifs pour les entreprises et les consommateurs de l’Union. Améliorer l’efficience et la compétitivité à long terme des entreprises de l’Union sur leurs marchés domestiques respectifs leur permet d’être en mesure d’affronter la concurrence sur le marché mondial.

Contribution de la politique de concurrence de l’UE à la résolution des problèmes

Enquêtes en matière d’ententes dans les industries de base

L’industrie manufacturière de base et l’industrie des biens de consommation continuent de représenter une part substantielle de la mise en œuvre des règles de concurrence par la Commission. Une industrie manufacturière européenne à forte valeur ajoutée exige d’accéder à des matières premières à des prix abordables qui reflètent les conditions de coût au niveau international. En 2019, la Commission a activement surveillé les marchés de ces intrants pour s’assurer que les entreprises ont un accès adéquat dans un environnement sain et compétitif. La Commission a également continué à surveiller les marchés de l’après-vente dans l’industrie manufacturière de base, où des flux croissants de recettes sont générés.

Enquêtes sur les concentrations dans le secteur des industries de base

L’une des affaires les plus importantes de 2019 dans le secteur manufacturier a été le projet d’acquisition de la société française Alstom par l’entreprise allemande Siemens. Les deux entreprises opèrent dans le secteur du transport ferroviaire.

La concentration Siemens/Alstom

Le 13 juillet 2018, la Commission a ouvert une enquête approfondie visant à examiner le projet de rachat d’Alstom par Siemens 269 . La branche «mobilité» de Siemens propose un vaste éventail de trains (matériel roulant), de matériel d’automatisation et de signalisation ferroviaires, ainsi que de systèmes d’électrification ferroviaire. Alstom est un acteur mondial exerçant ses activités dans l’industrie du transport ferroviaire et proposant un vaste éventail de matériel roulant (des trains à grande vitesse aux métros et trams), ainsi que des systèmes de signalisation et d’électrification ferroviaire. Le 6 février 2019, la Commission a interdit l’opération envisagée en application du règlement de l’UE sur les concentrations 270 . Cette opération aurait réuni les deux plus grands fournisseurs de trains et de solutions de signalisation au sein de l’EEE non seulement en termes d’activités combinées, mais également sur le plan de leur empreinte géographique. La Commission a considéré que la concentration aurait réduit la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation au sein de l’EEE. Les parties à la concentration ont proposé une série de mesures correctives dont la portée était insuffisante, qui étaient très complexes et qui ont donné lieu à d’importantes dépendances et à des risques liés à la mise en œuvre.

Le 6 février 2019, la Commission a aussi interdit, en vertu du règlement de l’Union sur les concentrations, le projet d’acquisition, par Wieland, d’Aurubis Rolled Products et de la participation d’Aurubis dans Schwermetall 271 . La Commission craignait notamment une réduction de la concurrence et une hausse des prix des produits laminés en cuivre utilisés par les fabricants européens. Un grand nombre de clients industriels européens ont aussi exprimé des préoccupations quant à l’accès aux bandes prélaminées produites par Schwermetall et aux hausses des prix des produits laminés. Wieland et Aurubis étaient deux des trois plus grands producteurs de produits laminés en cuivre d’Europe. Si la concentration avait été réalisée, Wieland serait devenue l’acteur dominant sur le marché des produits laminés en cuivre, avec une part de marché dans l’EEE supérieure à 50 % et avec un seul autre concurrent, disposant d’une part de marché d’environ 20 %. Comme Wieland n’était pas disposée à remédier complètement aux préoccupations exprimées, la Commission a interdit l’opération envisagée.

Le secteur de l’acier est un secteur clé dans l’ensemble de l’EEE. La préservation de l’innovation en matière de produits et d’un marché européen de l’acier compétitif favorise la transition vers une mobilité plus respectueuse du climat et durable sur le plan environnemental.

Le 11 juin 2019, la Commission a interdit, en vertu du règlement de l’Union sur les concentrations, le projet d’entreprise commune Tata Steel/ThyssenKrupp 272 , qui aurait combiné les activités relatives à l’acier plat au carbone et à l’acier magnétique de ThyssenKrupp et de Tata Steel dans l’EEE. ThyssenKrupp, deuxième producteur d’acier au carbone plat dans l’EEE, et Tata Steel, qui occupe la troisième place, sont aussi de grands producteurs d’acier à revêtement métallique et laminé destiné à des applications d’emballage, ainsi que d’acier plat au carbone galvanisé destiné à l’industrie automobile. Les préoccupations de la Commission concernaient la réduction de la concurrence (réduction du choix pour les clients du secteur sidérurgique) et la hausse des prix pour différents types d’acier. Les parties n’ont pas proposé de mesures correctives suffisantes pour répondre à ces préoccupations. La Commission a sollicité l’avis des acteurs du marché sur les mesures correctives proposées, et leurs réactions ont été négatives. En conséquence, la Commission a interdit l’opération envisagée.

Le 1er octobre 2019, à la suite d’une enquête approfondie, a Commission a autorisé, sous conditions, le rachat de l’acteur du secteur de l’aluminium Aleris par son rival Novelis 273 . La Commission craignait que l’opération entraîne une augmentation des prix pour les clients européens s’approvisionnant en feuilles d’aluminium pour carrosserie automobile, qui sont utilisées dans la construction automobile également pour réduire la consommation de carburant et les émissions. Pour répondre aux préoccupations de la Commission, les entreprises ont proposé de céder l’ensemble des activités d’Aleris relatives aux feuilles d’aluminium utilisées en carrosserie automobile en Europe, y compris son usine de production en Belgique. La cession inclut des actifs de recherche et de développement ainsi que le financement d’un investissement destiné à renforcer les capacités de l’entreprise. Étant donné que la cession proposée éliminerait entièrement le chevauchement créé par l’opération dans le secteur des feuilles d’aluminium utilisées en carrosserie automobile en Europe, la Commission a conclu que l’opération, telle que modifiée par les engagements, ne poserait plus de problème de concurrence. L’autorisation est subordonnée au respect intégral des engagements.

La Commission a aussi ouvert des enquêtes approfondies sur plusieurs projets de concentration dans le secteur manufacturier. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge pas de son issue. Le 4 octobre 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie afin d’apprécier le projet de création de deux entreprises communes par les fabricants d’aéronefs Boeing et Embraer 274 au regard du règlement de l’Union sur les concentrations. La Commission craignait que l’opération n’entraîne une hausse des prix et une réduction du choix en ce qui concerne les avions commerciaux 275 .

Par ailleurs, le 30 octobre 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie afin de déterminer si le projet d’acquisition de Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri 276 est susceptible de réduire la concurrence effective de manière significative. Ces deux entreprises de construction navale sont deux leaders mondiaux sur un marché déjà concentré et soumis à des contraintes de capacité. De plus, le 17 décembre 2019, la Commission a ouvert, en vertu du règlement de l’Union sur les concentrations, une enquête approfondie visant à examiner le projet de rachat de Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering CO., Ltd (DSME) par un autre groupe de construction navale, Hyundai Heavy Industries Holdings (HHIH) 277 . La Commission craint que la concentration ne réduise la concurrence sur plusieurs marchés mondiaux de la construction de navires de charge. La construction de navires de charge est une industrie importante pour l’UE. Les compagnies maritimes européennes, qui représentent 30 % de la demande mondiale de navires de charge, sont des clientes importantes de DSME et HHIH.

En 2019, la Commission a poursuivi son examen des concentrations dans le secteur des produits chimiques, afin de faire en sorte que l’industrie de l’UE dispose en permanence de produits et de services chimiques de qualité et à des prix abordables.

Dans le secteur des lubrifiants industriels, la Commission a autorisé, le 11 décembre 2018, l’acquisition 278 de Global Houghton par Quaker, sous réserve de la cession de l’activité de Global Houghton, dans l’EEE, concernant certaines huiles de laminage, qui sont essentielles pour la production d’acier et d’aluminium, y compris les formules de produits spécifiques et les actifs connexes. L’enquête de la Commission a révélé que l’opération aurait probablement entraîné une hausse des prix et une baisse de la qualité des produits et services pour les clients d’huiles de laminage. Le 11 juin 2019, la Commission a approuvé la désignation de Total comme acquéreur approprié.

Dans le secteur du plastique, le 18 janvier 2019, au terme d’une enquête approfondie, la Commission a autorisé l’acquisition de l’activité polyamide (nylon) de Solvay par BASF, à la condition que la plupart des actifs correspondants de Solvay dans l’EEE soient cédés 279 . Pour la Commission, le risque était que l’opération telle que notifiée entraîne une augmentation des prix et/ou une diminution des intrants disponibles tout au long de la chaîne de valeur du nylon 6.6, ainsi qu’une hausse des prix pour les clients finals. Les produits en nylon 6.6 incluent des plastiques spéciaux utilisés dans les secteurs de l’automobile, de l’électronique et de la construction. Ils sont souvent utilisés comme substituts de pièces en métal plus lourdes ou pour réaliser des économies d’énergie. Le 26 novembre 2019, la Commission a autorisé Domo Chemicals à acheter l’activité cédée 280 .

Enquêtes sur les aides d’État dans le secteur des industries de base – sauvetage et restructuration d’entreprises en difficulté

En février 2019, la Commission a autorisé l’augmentation du budget du régime islandais visant à fournir une aide à la restructuration et un soutien temporaire à la restructuration des PME en difficulté 281 . L'Irlande a justifié le relèvement à 200 millions d’EUR du budget de 20 millions d’EUR précédemment approuvé en invoquant la préparation aux conséquences du départ du Royaume-Uni de l’UE. La multiplication par dix du budget constituait une aide nouvelle et devait donc être notifiée à la Commission. L’augmentation du budget était la seule modification apportée au régime d’aides précédemment autorisé 282 . La Commission a estimé que l’augmentation du budget ne changeait rien à sa conclusion positive antérieure sur la compatibilité du régime d’aides avec le marché intérieur.

En septembre 2019, la Commission a autorisé un prêt de sauvetage d’un montant maximum de 5 millions de GBP (en 2 tranches de 2,5 millions de GBP) au groupe Wrights, accordé par Invest Northern Ireland, une agence de développement régional 283 . Le groupe Wrights conçoit, fabrique et vend une gamme de bus diesel, hybrides, électriques et à pile à combustible au Royaume-Uni. La Commission a apprécié la mesure au regard des lignes directrices de 2014 concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration 284 . Conformément aux lignes directrices, le Royaume-Uni a présenté un plan de liquidité détaillé justifiant les besoins de trésorerie à court terme de l’entreprise. En outre, la Commission a noté que le prêt de sauvetage avait pour objectif d’éviter à court terme une procédure d’insolvabilité source de perturbations et que le Royaume-Uni s’engageait à ce que Wrights rembourse le prêt de sauvetage ou soumette un plan de restructuration ou un plan de liquidation dans les six mois suivant le versement de l’aide. La Commission a estimé que l’entreprise avait de bonnes chances d’être vendue à des investisseurs, de sorte qu’il n’y aurait pas de perturbation immédiate des activités (y compris la R&D) ni de perte de savoir-faire.

En juin 2019, la Commission a constaté que la société finlandaise de transport par autobus Helsingin Bussiliikenne Oy («HelB») avait reçu 54,2 millions d’EUR d’aides d’État incompatibles de l’État finlandais 285 . L’enquête de la Commission a été ouverte sur la base d’une plainte alléguant que le prêt accordé par la Finlande à HelB, le bail concernant le dépôt de bus de Ruskeasuo et le terrain sur lequel se trouve ce dernier n’étaient pas conformes aux conditions du marché. L’enquête a confirmé que, compte tenu des difficultés financières de l’entreprise, aucun investisseur privé en économie de marché n’aurait accordé les prêts à ces conditions, qui combinaient des taux d’intérêt faibles et des exonérations de l’obligation de rembourser la fraction restante des prêts. La Finlande doit à présent récupérer cette aide auprès de HelB, bien que les actifs et les opérations commerciales de HelB aient été vendus à un concurrent après l’ouverture de la procédure formelle d’examen. La Commission a constaté que la vente des actifs et des opérations commerciales de HelB ne garantissait pas une discontinuité économique.

En novembre 2019, la Commission a autorisé un prêt de sauvetage de 80 millions d’EUR en faveur de l’entreprise néerlandaise de production d’énergie à partir de déchets AEB Holding 286 . L’entreprise, établie à Amsterdam, a rencontré des difficultés financières après que quatre de ses six lignes d’incinération ont dû être provisoirement fermées par mesure de sécurité. La Commission a apprécié la mesure au regard des lignes directrices de 2014 concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration 287 . Conformément aux lignes directrices, les Pays-Bas ont justifié la proportionnalité du montant de l’aide sur la base du plan de liquidité détaillé et des besoins à court terme de l’entreprise et ont appliqué un taux d’intérêt approprié au prêt. La Commission a estimé que l’aide contribuait à la réalisation d’un objectif d’intérêt commun. À cet égard, en permettant à AEB de faire face à ses coûts d’exploitation, le prêt de sauvetage éviterait des perturbations dans la fourniture de services essentiels de gestion des déchets, lesquelles pourraient avoir de graves conséquences sociales et sanitaires dans les zones desservies par AEB. Sur cette base, la Commission a conclu que le prêt de sauvetage était suffisamment limité dans le temps et dans sa portée et que ses effets positifs l’emportaient sur les éventuelles distorsions de concurrence induites par l’intervention publique. Les Pays-Bas se sont engagés, dans l’hypothèse où, après six mois, le prêt ne serait pas remboursé et qu’AEB poursuivrait ses activités, à restructurer l’entreprise afin de garantir sa viabilité à long terme.

6.Industrie agroalimentaire

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

Tandis que la plupart des entreprises du secteur alimentaire de l’UE tirent profit du fait qu’elles exercent des activités au sein du marché intérieur de l’Union, d’autres rencontrent des difficultés à opérer au sein de ce marché tout en étant actives sur les marchés mondiaux. Les agriculteurs, les fabricants et les détaillants de produits alimentaires de l’UE devraient tirer davantage parti de leur accès au marché intérieur et de la possibilité qui en découle d’acheter et de vendre des produits au-delà des frontières de l’UE. La politique de concurrence de l’Union européenne contribue à la réalisation de cet objectif.

Renforcer la compétitivité des agriculteurs au sein du marché intérieur de l’UE

Les agriculteurs sont particulièrement exposés aux défis posés par la mondialisation et leur rôle dans le marché intérieur; ils doivent faire face i) à une concurrence accrue des agriculteurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, ii) à des exigences accrues de la part du consommateur final en ce qui concerne la qualité, la variété et la traçabilité, et iii) à des besoins d’investissement plus importants liés aux initiatives en faveur d’une agriculture plus écologique et plus durable.

Le secteur agricole de l’UE présente certaines caractéristiques structurelles qui font qu’il y est plus difficile de relever ces défis. La production agricole est le niveau le moins concentré de la chaîne d’approvisionnement alimentaire de l’UE. Les agriculteurs sont le plus souvent de petites entreprises ou se regroupent au sein de petites coopératives et d’autres types d’organisations de producteurs. Leurs fournisseurs et leurs clients (transformateurs, grossistes et détaillants) sont souvent beaucoup plus grands et plus concentrés, ce qui leur procure un plus grand pouvoir de négociation avec les agriculteurs 288 . En outre, des phénomènes naturels imprévisibles (tels que des conditions météorologiques défavorables, des parasites et des maladies animales ou végétales) peuvent causer des dommages importants à la production de l’UE ou des partenaires commerciaux et entraîner une volatilité des quantités commercialisées et des prix.

Les agriculteurs de l’UE pourraient mieux aborder ces défis en intégrant des organisations de producteurs plus grandes qui peuvent agréger l’offre (sur le plan tant des volumes que de la diversité des produits), proposent des services d’appui et apportent une valeur ajoutée grâce à la transformation. Cette intégration peut apporter une plus grande stabilité et une meilleure gestion des risques, entraîner un effet d’échelle permettant d’atteindre davantage de clients, renforcer la flexibilité, représenter une valeur ajoutée et accroître le pouvoir de négociation. En 2018, le règlement dit «Omnibus» 289 a explicitement permis aux organisations de producteurs reconnues et à leurs associations de l’ensemble des secteurs agricoles de recourir à des pratiques telles que la planification de la production et les négociations contractuelles, au moyen d’une dérogation à l’article 101 du TFUE.

En outre, le règlement Omnibus a introduit une procédure par laquelle les associations d’agriculteurs pourraient demander à la Commission d’émettre un avis afin de déterminer si un accord entre agriculteurs susceptible de restreindre la concurrence est conforme aux objectifs de la politique agricole commune. La Commission a reçu les deux premières demandes en juillet 2019, conformément à l’article 209, paragraphe 2, deuxième alinéa, et à l’article 209, paragraphe 2, troisième alinéa, du règlement portant organisation commune des marchés (OCM) 290 .

Opportunités et problèmes posés par la concentration croissante du commerce de détail au sein du marché intérieur

Certaines chaînes de détaillants ont mis au point des systèmes de distribution sophistiqués et différents types de magasins qui proposent de vastes gammes de produits aux clients. Nombre de ces chaînes ont ouvert des magasins dans des États membres différents de leur marché d’origine, apportant ainsi des modèles commerciaux différents et davantage de concurrence sur les autres marchés. D’une part, les consommateurs apprécient l’offre de produits différents ainsi qu'un choix plus large et une variété plus grande de produits provenant d’autres marchés, en particulier lorsque cela s’accompagne de prix plus bas. D’autre part, la concentration croissante des détaillants (à travers une expansion interne, des concentrations/acquisitions et/ou l’instauration d'alliances d’achat) continue de préoccuper certains partenaires commerciaux, en particulier les petits opérateurs. Ils se demandent notamment si les grandes chaînes de commerce de détail n’ont pas obtenu un pouvoir de négociation (lors des négociations bilatérales avec leurs fournisseurs) et une puissance d’achat (sur l’ensemble du marché) trop élevés.

Le principal avantage attendu des alliances d’achat entre détaillants est de répercuter sur les consommateurs (en aval) les prix plus avantageux obtenus de leurs fournisseurs (en amont). Toutefois, les détaillants qui unissent leurs forces dans les alliances d’achat ne peuvent pas proposer de prix plus bas s’ils ne continuent pas à se faire concurrence sur les marchés en aval. C’est la raison pour laquelle la Commission a poursuivi, en 2019, son enquête sur les pratiques commerciales de Casino et Les Mousquetaires/Intermarché. Le 4 novembre 2019, la Commission a ouvert une procédure formelle d’examen contre les deux détaillants 291 . Les deux entreprises sont soupçonnées d’utiliser leur alliance d’achat comme vecteur de coordination du développement des magasins et des prix.

Résolution des problèmes posés par la concentration accrue du commerce de détail et l’inégalité des pouvoirs de négociation au sein du marché intérieur de l’UE

La directive sur les pratiques commerciales déloyales dans les relations interentreprises au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire est entrée en vigueur le 30 avril 2019 292 . Elle repose sur une proposition de la Commission de 2018 visant à lutter, au niveau de l’UE, contre les déséquilibres des pouvoirs de négociation tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire en interdisant les pratiques commerciales déloyales les plus préjudiciables, imposées par les acheteurs jouissant d’un grand pouvoir de négociation sur les petits fournisseurs, en particulier les petits agriculteurs.

Conformément à l’analyse économique 293 de l’analyse d’impact, la liste des pratiques commerciales déloyales figurant dans la directive sur les pratiques commerciales déloyales est divisée en une liste noire (toujours interdit) et une liste grise (interdit uniquement en cas de non-accord préalable entre les partenaires commerciaux) de pratiques afin de ne pas décourager les partenaires commerciaux de conclure des accords ou des conditions commerciales générateurs de gains d’efficience. La portée de la protection a été conçue pour éviter de protéger les entreprises qui disposent d’un pouvoir de négociation suffisant pour se défendre.

Les États membres pourront maintenir ou introduire des règles nationales plus strictes car la proposition de directive n’introduit qu’une harmonisation minimale au niveau de l’UE, pour autant que ces règles soient compatibles avec le fonctionnement du marché intérieur.

Prévention de la segmentation du marché et des restrictions commerciales imposées par des fabricants de produits alimentaires au sein du marché intérieur de l’UE

Le 13 mai 2019, la Commission a infligé une amende de 200 millions d’EUR à AB InBev, la plus grande société brassicole au monde, pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché 294 . La Commission a constaté que, du 9 février 2009 au 31 octobre 2016, AB InBev avait abusé de sa position dominante en poursuivant une stratégie délibérée visant à restreindre la possibilité, pour les supermarchés et les grossistes, d’acheter de la bière Jupiler à bas prix aux Pays-Bas et de l’importer en Belgique. La décision de la Commission a également rendu juridiquement contraignante pour les cinq prochaines années la mesure corrective garantissant qu’AB InBev fournira les informations alimentaires obligatoires en français et en néerlandais sur l’emballage de ses produits. La Commission a réduit l’amende infligée à AB InBev de 15 % compte tenu du fait que cette dernière avait reconnu l’infraction et qu’elle avait appliqué les mesures correctives visant à favoriser le commerce transfrontière de ses produits.

7.Secteurs pharmaceutique et des services de santé

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

L’accès des citoyens à des soins de santé et à des médicaments innovants et de haute qualité à des prix abordables revêt une grande importance pour la société. En mettant en œuvre les règles de concurrence dans ces secteurs, la Commission contribue à la réalisation de cet objectif. Le droit de la concurrence complète les cadres réglementaires existant dans ces secteurs au niveau national. À cet effet, la Commission coopère étroitement avec les autorités de concurrence des États membres. La mise en œuvre du droit de la concurrence sur les marchés pharmaceutiques et de la santé favorise à la fois une concurrence dynamique, qui débouche sur des médicaments plus innovants, et une concurrence effective par les prix, qui contribue à rendre les médicaments et les traitements plus abordables.

Ces dernières années, les problèmes liés à l’accessibilité économique des médicaments sont devenus une préoccupation croissante dans le secteur pharmaceutique. L’innovation génère des bénéfices en matière de soins de santé lorsque les investissements dans la R & D conduisent à l’introduction de nouveaux traitements. Des technologies plus efficaces sont susceptibles de réduire le coût des traitements. Par exemple, le développement de processus de production peut rendre viable la production commerciale de médicaments moins chers.

Le 28 janvier 2019, la Commission a publié le rapport intitulé «Application du droit de la concurrence dans le secteur pharmaceutique (2009-2017) - Collaboration entre les autorités européennes de la concurrence en vue de favoriser l’accès à des médicaments abordables et innovants» 295 . Ce rapport donne une vue d’ensemble complète et des exemples de la façon dont la Commission et les autorités nationales de concurrence des 28 États membres ont appliqué les règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles et de concentration dans le secteur pharmaceutique entre 2009 et 2017.

Contribution de la politique de concurrence de l’Union européenne à la résolution des problèmes dans le secteur

Mise en œuvre des règles relatives aux pratiques anticoncurrentielles dans les secteurs pharmaceutique et des services de santé

La Commission et les autorités de concurrence des États membres surveillent les secteurs pharmaceutique et des services de santé afin de recenser les problèmes de concurrence potentiels. Le cas échéant, des enquêtes sont ouvertes. En 2019, la Commission a poursuivi les procédures dans deux affaires dans lesquelles elle enquête sur des entreprises soupçonnées d’empêcher ou de réduire l’accès des consommateurs à des médicaments efficaces, innovants et abordables.

La première affaire concerne des pratiques qualifiées d’accords de report d’entrée («pay-for-delay») qui empêchent la mise sur le marché de la version générique du modafinil, un médicament contre les troubles du sommeil 296 . La Commission espère conclure cette enquête en 2020. La seconde affaire concerne la procédure formelle en matière de pratiques anticoncurrentielles en cours contre Aspen Pharma 297 , soupçonnée d’abus de position dominante sur le marché. La Commission enquête sur des allégations selon lesquelles Aspen Pharma aurait pu imposer des prix déloyaux et excessifs pour une série de médicaments contre le cancer dans tous les pays de l’EEE, à l’exception de l’Italie 298 . La Commission espère conclure cette affaire en 2020.

Contrôle des concentrations dans les secteurs pharmaceutique et des services de santé

En 2019, la Commission a poursuivi son examen approfondi des fusions et acquisitions dans le secteur pharmaceutique, afin de garantir la disponibilité de médicaments et de dispositifs médicaux diversifiés et abordables pour les patients et les professionnels de la santé dans l’ensemble de l’UE, et de protéger l’innovation.

Le 10 juillet 2019, la Commission a autorisé l’acquisition de l'activité de Pfizer dans le domaine des produits de soins par GlaxoSmithKline 299 , sous réserve de la cession des produits de la marque ThermaCare de Pfizer, destinés au traitement de la douleur topique. La Commission avait relevé le risque que GlaxoSmithKline, un des principaux fournisseurs de produits pour le traitement de la douleur topique avec ses produits de la marque Volta, ait pu augmenter les prix des produits de gestion de la douleur topique délivrés sans ordonnance dans plusieurs pays de l’EEE.

Le 29 juillet 2019, la Commission a autorisé sans conditions l’acquisition de Celgene par BMS 300 . La Commission a procédé à une évaluation détaillée des produits en cours de développement dans ces entreprises, principalement dans le domaine des maladies auto-immunes et de l’oncologie, mais a finalement conclu que l’opération ne posait aucun problème de concurrence, car un grand nombre d’organismes de R&D sont en concurrence avec les parties dans les domaines thérapeutiques où leurs programmes de recherche se chevauchent.

La Commission européenne a autorisé, le 18 décembre 2019, l’acquisition des activités biopharmaceutiques de la division «Healthcare Life Sciences» de General Electric par Danaher Corporation 301 . L’autorisation était subordonnée à la cession d’un ensemble d’activités. Danaher et GE Biopharma opèrent toutes deux dans le secteur des produits et des services utilisés dans les industries des bioprocédés. Au terme de son enquête, la Commission craignait fortement que l’opération telle que notifiée ne réduise la concurrence et ne se traduise par une hausse des prix, un recul de l’innovation et un risque d’interruption de la fourniture de certains produits sur les marchés des microporteurs, de la filtration, de la chromatographie et de la caractérisation moléculaire. Pour répondre aux préoccupations exprimées par la Commission, Danaher s’est engagée à céder cinq de ses activités biopharmaceutiques. Sur cette base, la Commission est parvenue à la conclusion que l’opération, telle que modifiée par les engagements, ne poserait plus de problèmes de concurrence.

Initiatives en matière d’aides d’État dans le secteur des services de santé

Conformément au cadre pour l’amélioration de la réglementation, la Commission a lancé, en juin 2019, une évaluation des règles en matière d’aides d’État pour les services sociaux et de santé d’intérêt économique général (SIEG) et du règlement de minimis applicable aux SIEG 302 , qui expire en décembre 2020. En procédant à l’évaluation, la Commission entend avoir une compréhension meilleure et plus approfondie des problèmes que les États membres pourraient avoir rencontrés dans la mise en œuvre des règles. En outre, la Commission évaluera dans quelle mesure les règles actuelles ont incité et/ou dissuadé les États membres de concevoir de nouvelles mesures de compensation SIEG ou d’adapter des mesures existantes pour les services sociaux et de santé, conformément aux règles des SIEG actuellement en vigueur.

Dans le cadre de cette évaluation, une consultation publique et une consultation ciblée ont été menées entre juillet et décembre 2019. En outre, le 24 décembre 2019, un appel d’offres a été publié au Journal officiel pour une étude d’experts externes visant à obtenir un meilleur aperçu du développement des services sociaux et de santé dans les États membres et du niveau de concurrence dans ces secteurs. Sur la base des résultats des consultations et de l’étude d’experts, la Commission envisage de clôturer l’évaluation d’ici au premier trimestre 2021.

8.Transports et services postaux

Aperçu des principaux problèmes auxquels le secteur est confronté

Les secteurs des transports et des services postaux représentent environ 5 % de l’économie de l’Union, et leurs performances peuvent avoir de nombreuses retombées bénéfiques pour d’autres secteurs dans l’Union. Les transports sont la clé à la fois d’un marché intérieur intégré et d’une économie ouverte, intégrée à l’économie mondiale. Dans le secteur postal, les services de livraison de colis sont assurés par des prestataires internationaux concurrents, tandis que les autres services sont principalement fournis par des opérateurs postaux historiques qui, bien souvent, sont tributaires des compensations versées par leurs autorités nationales en contrepartie de la prestation d’un service postal universel.

En 2019, la Commission a fait usage des instruments de concurrence à sa disposition pour préserver l’ouverture et la compétitivité des marchés des transports et des services postaux et simplifier l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché. En outre, elle a continué à faciliter les aides d’État permettant l’interopérabilité entre les différents modes de transport et à encourager un transfert modal au profit de types de transport plus respectueux de l’environnement, ainsi qu’à promouvoir les aides d’État octroyées en vue de la modernisation des infrastructures.

Contribution de la politique de concurrence de l’Union à la résolution des problèmes

Contrôle des concentrations dans le secteur du transport aérien

Le secteur du transport aérien de l’Union reste très fragmenté. L’Union européenne compte plus de 150 compagnies aériennes proposant des services de transport aérien régulier de passagers. Les cinq plus grandes compagnies aériennes de l’Union [Lufthansa, Air France/KLM, International Consolidated Airlines Group (IAG) 303 , Ryanair et easyJet] représentent 50 % environ du marché européen. Les difficultés financières rencontrées par deux compagnies européennes de taille moyenne ont démontré le caractère probable d’une plus grande consolidation des marchés de l’aviation de l’Union. La compagnie aérienne allemande Germania a été déclarée en faillite, tandis que le transporteur régional britannique Flybe a été racheté par Connect Airways. Plusieurs petites compagnies comme Aigle Azur et XL ont quitté les marchés de l’aviation européens.

La Commission a examiné l’acquisition, par Air France-KLM, d’une participation de contrôle conjoint à hauteur de 31 % dans Virgin Atlantic Limited, une compagnie aérienne internationale établie au Royaume-Uni. Cette opération a conduit à l’acquisition du contrôle conjoint de Virgin Atlantic par Air France-KLM, Delta Air Lines Inc. et le groupe Virgin 304 . La Commission a constaté qu’aucune des liaisons donnant lieu à des chevauchements ne posait de problème de concurrence, même si quelques-unes de ces liaisons étaient caractérisées par des parts de marché cumulées élevées. Elle est parvenue à la conclusion que Virgin Atlantic, Delta et Air France-KLM n’étaient pas des concurrentes proches et qu’elles restaient confrontées à une vive concurrence de la part d’autres transporteurs sur les liaisons caractérisées par des chevauchements. La Commission a également examiné si le portefeuille de créneaux horaires cumulés des compagnies à l’issue de l’opération empêcherait l’arrivée de nouveaux concurrents ou le développement des activités de concurrents existants dans les aéroports de Londres Heathrow et de Manchester et a constaté que l’accroissement du portefeuille de créneaux horaires de l’entité issue de la concentration n’était pas susceptible d’avoir des répercussions négatives pour les passagers. De plus, aucun doute sérieux n’a été soulevé quant à l’incidence de l’opération sur les autres marchés examinés par la Commission, tels que le marché des services de transport aérien de marchandises. La Commission a par conséquent autorisé l’acquisition sans condition le 12 février 2019.

La Commission s’est également penchée sur l’acquisition de Flybe par Connect Airways, un consortium réunissant Virgin Atlantic, Stobart Aviation et Cyrus 305 . Elle a examiné l’incidence de l’opération sur le marché du transport aérien de passagers pour des liaisons au départ d’aéroports britanniques vers d’autres aéroports de l’Union, ainsi que pour quelques liaisons intérieures au Royaume-Uni. Elle a constaté que l’opération aurait abouti à des quasi-monopoles sur deux liaisons directes en Europe, à savoir les liaisons Birmingham-Amsterdam et Birmingham-Paris. Pour remédier à ces problèmes de concurrence, Connect Airways s’est engagée à libérer cinq paires de créneaux horaires à l’aéroport d’Amsterdam Schiphol et trois paires de créneaux horaires à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle. Ces créneaux seront mis à la disposition de compagnies aériennes concurrentes souhaitant desservir les liaisons Birmingham-Amsterdam et Birmingham-Paris. La Commission a considéré que ces engagements remédiaient pleinement aux problèmes de concurrence qu’elle avait recensés concernant l’acquisition de Flybe par Connect Airways. Elle est parvenue à la conclusion que l’opération, telle que modifiée par les engagements, ne poserait plus de problème de concurrence et l’a autorisée le 5 juillet 2019.

Dans le cadre d’engagements conditionnant des décisions d’autorisation antérieures sur les marchés de l’aviation, la Commission a reçu en 2019 plusieurs nouvelles demandes de créneaux horaires. Flybe a présenté des demandes de créneaux horaires supplémentaires pour les liaisons Londres Heathrow-Édimbourg et Londres Heathrow-Aberdeen 306 . Transavia a également demandé des créneaux horaires supplémentaires dans les aéroports d’Ibiza et de Paris pour la liaison Paris-Ibiza, conformément aux engagements pris lorsque la Commission a autorisé le rachat de Clickair et de Vueling par Iberia 307 .

Le 6 février 2019, la Commission a accepté la demande d’exemption présentée par KLM concernant les engagements relatifs à la liaison Amsterdam-New York, considérant que KLM avait démontré l’existence de circonstances exceptionnelles 308 .

Aides d’État aux aéroports et aux compagnies aériennes

Le bilan de qualité dans le domaine des aides d’État auquel la Commission procède actuellement porte notamment sur les lignes directrices sur les aides d’État aux aéroports et aux compagnies aériennes de 2014 309 et sur les règles pertinentes en vertu du règlement général d’exemption par catégorie de 2017 (RGEC) 310 . Il vise à déterminer si ces lignes directrices remplissent leurs objectifs initiaux, à savoir prévenir les distorsions de concurrence indues tout en permettant aux aéroports de contribuer au développement régional et à la connectivité.

À la suite de l’adoption du RGEC concernant les aides en faveur des aéroports en 2017, la Commission a reçu en 2019 un nombre restreint de notifications relatives à des aides à l’investissement. La plupart de ces notifications avaient trait à des aides au fonctionnement en faveur d’aéroports 311 , soit pour la plupart des aéroports régionaux plus petits accueillant moins de 700 000 passagers par an.

La plupart des affaires relatives à des aides d’État dans le secteur de l’aviation examinées par la Commission portent sur de possibles aides au fonctionnement illégales octroyées à des compagnies aériennes, souvent dans le cadre d’accords conclus avec des compagnies aériennes par des aéroports ou des autorités locales 312 .

Au terme d’une procédure formelle d’examen, la Commission est parvenue à la conclusion que les contrats de services de marketing conclus par les autorités locales françaises avec Ryanair en vue de promouvoir l’aéroport de Montpellier conféraient à Ryanair un avantage déloyal et sélectif sur ses concurrents et portaient préjudice à d'autres régions et aéroports régionaux 313 . Le 2 août 2019, la Commission a adopté une décision négative, constatant que ces accords constituaient des aides d’État illégales et incompatibles, et a invité la France à récupérer un montant de 8,5 millions d’EUR auprès de Ryanair.

En ce qui concerne l’aéroport de Riga, la Commission a conclu à l’absence d’aide 314 . L’exploitant de l’aéroport international de Riga a indiqué avoir octroyé une aide illégale à Ryanair au moyen de la conclusion, entre la compagnie et l’aéroport, d’un accord non rentable pour ce dernier. La Commission a réfuté l’analyse de rentabilité ex ante reconstituée fournie par l’exploitant à l’appui de son allégation, étant au contraire parvenue à la conclusion, sur la base de différentes hypothèses concernant l’évolution du trafic, les coûts et les bénéfices escomptés, que l’accord était conforme au principe de l’opérateur en économie de marché.

Le 28 octobre 2019, la Commission a ouvert une procédure formelle d’examen concernant le projet de la région espagnole de Valence d’accorder 9 millions d’EUR à la compagnie aérienne régionale Air Nostrum en vue du renouvellement de sa flotte 315 . La Commission doute que le soutien envisagé constitue une aide en faveur de la protection de l’environnement conforme au RGEC ou aux lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et à l’énergie 316 . Elle doute en particulier que la condition relative à l’existence d’un effet incitatif conformément au RGEC et à ces lignes directrices soit satisfaite. La compagnie bénéficiaire, Air Nostrum, est une grande entreprise, et rien ne prouve à ce stade qu’en l’absence d’aide, elle n’aurait pas fait l’acquisition de l’avion CRJ-1000, plus économe en carburant. Il convient de noter qu’il est dans l'intérêt économique des compagnies aériennes d’acquérir des avions consommant moins de carburant en vue de réduire leurs coûts d’exploitation.

Le 22 février 2019, la Commission a autorisé l’aide à la restructuration de 25 millions d’EUR octroyée à Aerdorica S.p.A 317 , l’exploitant de l’aéroport des Marches (Italie) qui se trouvait alors en difficulté, la jugeant conforme aux conditions de compatibilité définies dans les lignes directrices concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration de 2014. Un plan de restructuration solide visant à rétablir la viabilité à long terme de l’entreprise a été fourni. Ce plan prévoyait une contribution de l’entreprise au moyen de ressources propres et des contributions d’opérateurs privés (y compris l’apport de nouveaux capitaux à hauteur de 15 millions d’EUR par un nouvel investisseur prenant le contrôle de l’entreprise). Le plan prévoyait aussi des mesures appropriées afin de limiter les distorsions de concurrence résultant de l’aide publique, notamment à l’égard des aéroports situés dans la même zone géographique.

Le 14 octobre 2019, la Commission a autorisé un prêt de sauvetage d’un montant de 380 millions d’EUR garanti par l’État en faveur de la compagnie aérienne allemande Condor 318 . Cette dernière connaissait une grave pénurie de liquidités à la suite de la mise en liquidation de sa société mère britannique, le groupe Thomas Cook. En outre, Condor avait dû abandonner des créances importantes, qu’elle n’était plus en mesure de récupérer, à l’égard d’autres sociétés appartenant au groupe Thomas Cook. La Commission a apprécié la mesure au regard des lignes directrices de 2014 concernant les aides d’État au sauvetage et à la restructuration. Conformément à ces lignes directrices, l’Allemagne a présenté un plan de liquidité détaillé justifiant les besoins de trésorerie à court terme de l’entreprise. En outre, l’Allemagne s’est engagée à ce que Condor, au terme d’une période de six mois, rembourse le prêt ou procède à une restructuration en profondeur en vue de devenir viable à long terme. La restructuration éventuelle devait faire l’objet d’une appréciation et d’une autorisation de la Commission. La Commission est parvenue à la conclusion que le prêt contribuerait à assurer le bon fonctionnement du transport aérien dans l’intérêt des passagers, tandis que les conditions strictes attachées au prêt, de même que la durée limitée de celui-ci, réduiraient au minimum la distorsion de concurrence susceptible de résulter du soutien apporté par l’État.

Le 28 octobre 2019, la Commission a ouvert une procédure formelle d’examen concernant diverses mesures de financement prises par des entités publiques hongroises en faveur de Malév Ground Handling pour un montant total d’environ 21 millions d’EUR 319 . Malév Ground Handling fournit des services d’assistance en escale à l’aéroport de Budapest. Il s’agit d’une ancienne filiale de Malév, le transporteur aérien hongrois qui a fait faillite en 2012. Malév Ground Handling, actuellement détenue par MNV, l’agence chargée de la gestion des actifs de l’État hongrois, rencontrait des difficultés financières depuis la faillite de Malév. En août 2017, Budport, un concurrent privé et ancien sous-traitant de Malév GH, a déposé une plainte, alléguant que Malév Ground Handling avait bénéficié d’une aide d’État sous la forme de divers apports de capitaux, d’annulations de dettes et de prêts. La décision d’ouvrir une procédure reflète les doutes de la Commission quant au fait que ces mesures semblent constituer une aide d’État incompatible au sens de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE. Le soutien financier pourrait avoir conféré à Malév Ground Handling un avantage concurrentiel indu par rapport à d’autres opérateurs d’assistance en escale à l’aéroport de Budapest.

Application des règles relatives aux pratiques anticoncurrentielles dans le secteur du transport maritime

La Commission a mis un terme à son évaluation du règlement d’exemption par catégorie en faveur des consortiums 320 . Elle a analysé les réponses reçues dans le cadre d’une consultation publique menée en 2018 et a procédé à sa propre évaluation. Elle a publié ses conclusions dans un document de travail des services de la Commission daté du 20 novembre 2019. Sur la base de cette évaluation, elle a proposé de prolonger de quatre ans le règlement d’exemption par catégorie en faveur des consortiums. Une feuille de route de l’initiative ainsi qu’un projet de règlement prorogeant ce règlement ont été publiés le 20 novembre 2019 en vue d’un retour d’information de la part des parties prenantes.

Contrôle des concentrations dans le secteur du transport maritime

Le secteur du transport maritime mondial par conteneurs traverse une période de mutation, née de la nécessité de relever les défis auxquels il est confronté depuis quelques années. Ce secteur se caractérise par une surcapacité, fruit de l’expansion de plusieurs transporteurs et d’investissements réalisés dans des navires de très grande taille, et par une lente reprise de la demande après la crise économique. Afin d’améliorer leur efficacité et de réduire les coûts d’exploitation, les compagnies de transport maritime par conteneurs non seulement fournissent des services à titre individuel, mais concluent également des accords d’exploitation, tels que des consortiums ou des alliances avec d’autres compagnies maritimes. Après une vague de consolidations réalisées entre 2014 et 2017, l’industrie s’est tournée vers l’intégration verticale. Les transporteurs cherchent à devenir des opérateurs logistiques intégrés offrant non seulement des services de transport par conteneurs en haute mer, mais aussi des services de transport de porte à porte.

À cet égard, la Commission a procédé à l’appréciation de l’acquisition du contrôle, par le groupe français CMA CGM, de l’entreprise suisse Ceva Logistic. CEVA propose des services d’acheminement de fret et de logistique contractuelle. CMA CGM fournit des services d’acheminement de fret et des services de transport maritime régulier par conteneurs, qui constituent des intrants des services de transit. La Commission a examiné si l’entité verticalement intégrée serait en mesure d’évincer des intrants ou des clients et si elle serait incitée à le faire. Elle a considéré que, même si CMA CGM devait appliquer une stratégie de verrouillage des intrants en limitant son approvisionnement à sa seule branche en aval, les transporteurs concurrents commenceraient à fournir des services de transport maritime régulier par conteneurs aux autres transitaires sur le marché en aval. En ce qui concerne le verrouillage de la clientèle, elle est parvenue à la conclusion que les parts de marché de l’entité issue de la concentration sur les marchés en aval des services d’expédition transitaire étaient limitées. Étant donné que la demande de CEVA représentait un pourcentage très faible de la demande totale dans l’EEE, CEVA ne pouvait pas être considérée comme un client important disposant d’un pouvoir de marché élevé. L’opération a été autorisée sans conditions par décision du 6 février 2019 321 .

Application des règles en matière d’aides d’État dans le secteur du transport maritime

En 2019, la Commission a autorisé plusieurs régimes d’aides d’État en application des orientations sur les aides d’État au transport maritime 322 , qui permettent d’accorder des allégements fiscaux aux compagnies maritimes. L’objectif de ces orientations est de maintenir la compétitivité du secteur maritime de l’Union vis-à-vis des pays tiers.

Le 22 février 2019, la Commission a autorisé l’extension d’un régime danois de soutien des gens de mer à de nouveaux types de navires 323 . En vertu du régime tel que modifié, une exonération de l’impôt sur le revenu peut être accordée aux compagnies maritimes pour leur personnel si elles optent pour le système du registre maritime international danois (DIS) et emploient des gens de mer à bord de certains navires spécialisés dans les activités en mer. Le régime ainsi étendu s’applique aux types de navires couverts par l’extension du régime danois de taxation au tonnage, qui a été autorisé par la Commission le 12 octobre 2018 324 .

Le 26 juillet 2019, la Commission a autorisé la prolongation de certaines modifications du régime néerlandais de taxation au tonnage, sous réserve de l’application de certaines modifications à la loi sur la taxation au tonnage. Les modifications prolongées concernent un taux de taxation au tonnage réduit pour les grands navires de plus de 50 000 tonnes nettes, une base d’imposition au tonnage réduite pour les sociétés gestionnaires de navires, ainsi que l’application des régimes de taxation au tonnage aux navires câbliers, aux navires utilisés pour l'installation de pipelines, aux navires océanographiques et aux bateaux à grue. Elles ont été approuvées pour la première fois en 2009 et 2010 325 .

Le 16 décembre 2019, la Commission a adopté plusieurs décisions relatives à des régimes de taxation au tonnage ainsi qu’à des régimes de soutien des gens de mer. Premièrement, elle a approuvé la prorogation du régime chypriote de taxation au tonnage et de soutien des gens de mer pour une période de dix ans, soit jusqu’au 31 décembre 2029 326 . Deuxièmement, elle a adopté une décision portant sur un régime de taxation au tonnage et un régime de soutien des gens de mer en Estonie 327 . Ces deux régimes entreront en vigueur le 1er juillet 2020 pour une durée de 6 ans. L’Estonie ne dispose actuellement d’aucun régime maritime, et aucun navire de transport international de fret ne bat pavillon estonien. Ces régimes devraient donc stimuler la compétitivité de l’Estonie en tant que pays maritime. Troisièmement, la Commission a adopté une décision autorisant la prolongation, pour une durée de dix ans, d’un régime danois de soutien des gens de mer en faveur des dragueurs 328 . Ce régime garantit à ces marins des exonérations similaires à celles prévues par le registre maritime international danois. Quatrièmement, la Commission a autorisé l’introduction d’un régime polonais prévoyant une réduction de l’impôt sur le revenu en faveur des gens de mer 329 . Enfin, la Commission a autorisé la prolongation d’un régime suédois prévoyant une réduction de l’impôt sur le revenu, des cotisations de sécurité sociale et d’une taxe sur les salaires des gens de mer à hauteur de 99 % 330 . Tant dans le cas de la Pologne que dans celui de la Suède, la Commission a veillé à ce que le régime national soit appliqué de manière non discriminatoire à l’ensemble des gens de mer travaillant sur des navires battant pavillon de l’EEE et à ce qu’il ne soit pas limité aux seuls navires nationaux.

Application des règles en matière d’aides d’État dans le secteur du transport ferroviaire et du transport intermodal

En 2019, la Commission a autorisé de nombreux régimes d’aides en faveur du transport ferroviaire 331 et du transport intermodal 332 sur le fondement des lignes directrices dans le domaine des aides d’État de 2008 333 . Parmi les mesures autorisées figurent des aides ayant trait à des coûts externes, des aides en faveur d’infrastructures, des aides destinées à soutenir des mesures de réduction du bruit et des aides à la recherche en matière de transport ferroviaire respectueux de l’environnement et de systèmes garantissant l’interopérabilité, en particulier en vue du renforcement du déploiement de l’ERTMS 334 . Toutes ces mesures soutiennent le transfert du transport de marchandises et de passagers de la route vers le rail, qui constitue un mode de transport plus sûr et plus respectueux de l’environnement.

En outre, en 2019, la Commission a évalué les règles en matière d’aides d’État dans le secteur ferroviaire, énoncées pour l’essentiel dans les lignes directrices communautaires sur les aides d’État aux entreprises ferroviaires adoptées en 2008 dans le cadre du bilan de qualité des règles en matière d’aides d’État. Elle a procédé à des analyses internes et à une consultation publique afin de déterminer si les règles remplissaient leur objectif initial, qui est de renforcer un espace ferroviaire unique européen en soutenant le secteur ferroviaire, le cas échéant, tout en limitant au minimum les distorsions de concurrence. L’évaluation vise à déterminer s’il convient de proroger les règles qui sont toujours adaptées à leur finalité ou de procéder à leur révision si elles ne remplissent plus leurs objectifs initiaux. Les résultats du bilan de qualité seront publiés en 2020.

Contrôle des aides d’État dans le secteur routier

La Commission a continué de veiller à l’application du règlement (CE) nº 1370/2007 relatif aux services publics de transport de voyageurs. Aucune décision n’a été adoptée en 2019.

Contrôle des aides d’État dans le secteur des services postaux

Le secteur postal continue d’évoluer et la distribution du courrier traditionnel recule, dans un contexte de remplacement par le courrier électronique. Néanmoins, les services postaux conservent une forte valeur économique et sociale. Sur un marché de la distribution traditionnelle de courrier en pleine contraction, les opérateurs postaux diversifient leurs activités pour rester compétitifs. Dans le même temps, l’explosion du commerce électronique nécessite le bon fonctionnement d’un marché de la livraison de colis reliant acheteurs et vendeurs. Des services postaux efficients constituent un facteur essentiel pour permettre au secteur du commerce électronique d’exploiter son potentiel de croissance et de création d’emplois.

Dans le cadre de sa politique de contrôle des aides d’État dans le secteur postal, la Commission poursuit plusieurs objectifs corrélés. Le contrôle des aides d’État permet de garantir que, lorsqu’un prestataire de services postaux – généralement un opérateur postal historique – est chargé d’exécuter une obligation de service public coûteuse, toute compensation versée au prestataire ne fausse pas la concurrence entre les opérateurs postaux historiques et les nouveaux entrants. Les aides d’État ne devraient pas mettre les bénéficiaires à l’abri des pressions concurrentielles et de l’évolution du marché, mais devraient encourager l’efficience, l’innovation et l’investissement.

Le 19 mars 2019, le Tribunal a confirmé la décision de la Commission du 26 novembre 2015 relative au financement de l’obligation de service universel de la Poste polonaise par l’intermédiaire d’un fonds de compensation 335 . L’arrêt confirme le point de vue de la Commission concernant l’évaluation des compensations pour la prestation du service universel en application de l’encadrement SIEG 336 . Il précise également l’approche à adopter à l’égard des fonds de compensation, ainsi que l’interaction entre la directive sur les services postaux 337 et l’encadrement SIEG. L’arrêt a fait l’objet d’un recours de la part d’InPost, qui est toujours pendant 338 .

Le 14 juin 2019, la Commission a ouvert une enquête approfondie afin de déterminer si des apports en capital consentis par le Danemark et la Suède à PostNord, ainsi que par PostNord à Post Danmark, étaient conformes aux règles de l’Union en matière d’aides d’État 339 . Post Danmark, l’opérateur postal national au Danemark, est une filiale à 100 % de PostNord, entreprise qui est détenue par les États danois (40 %) et suédois (60 %).

Le 22 juillet 2019, la Commission a autorisé la compensation de service public d’un montant de 171,74 millions d’EUR accordée par l’Italie à Poste Italiane pour la distribution à tarifs réduits, entre 2017 et 2019, de journaux et de publications d’éditeurs et d’organisations à but non lucratif 340 .

ANNEXE

Aides d’État en faveur du secteur bancaire: décisions adoptées par la Commission en 2019 par pays

État membre

Numéro/intitulé de l’affaire

Type de décision

Date

Adoption

1

Autriche

Affaire SA.51650 (2018/N) -

Vente de 25 % + 2 parts de Landes-Hypothekenbank Steiermark AG à Raiffeisen-Landesbank Steiermark AG

Absence d’aide

21.1.2019

2

Autriche

Affaire SA.45840 (2019/N) -

Incitations fiscales en faveur de sociétés de financement d’entreprises de taille moyenne

Décision de ne pas soulever d'objection

31.7.2019

3

Croatie

Affaire SA.51814 (2018/N) -

Réintroduction du régime de résolution applicable aux petits établissements de crédit dont le total des actifs s’élève à moins de 1,5 milliard d’EUR

Décision de ne pas soulever d'objection

14.1.2019

4

Chypre

Affaire SA.35534 (2019/N) -

Deuxième modification de l’aide à la liquidation pour la sortie ordonnée du marché de Cyprus Cooperative Bank Ltd

Décision de ne pas soulever d'objection

29.11.2019

5

Danemark

SA.54807 (2019/N) -

Prolongation du régime de liquidation des petites banques

Décision de ne pas soulever d'objection

23.8.2019

6

France/

Belgique

Affaires SA.53554 (2019/N) et SA.53592 (2019/N) -

Renouvellement de la garantie de refinancement de Dexia au-delà du 31 décembre 2021

Décision de ne pas soulever d'objection

27.9.2019

7

Allemagne

Affaire SA.49094 (2019/N) -

Mesures conformes au marché en vue du renforcement du capital et de la restructuration de Norddeutsche Landesbank

Absence d’aide

5.12.2019

8

Grèce

Affaire SA.53123 (2019/N) -

Autorisation préalable de l’opération de concentration entre Eurobank et Grivalia sur la base d’engagements en matière d’aides d’État

Décision de ne pas soulever d'objection

7.2.2019

9

Grèce

SA.43365 (2015/N) -

Modification du plan de restructuration approuvé en 2014 et octroi d’une nouvelle aide à la Banque nationale de Grèce

Décision de ne pas soulever d'objection

10.5.2019

10

Grèce

Affaire SA.54332 (2019/N) -

Prolongation du régime grec de garanties publiques en faveur des banques (article 2 de la loi 3723/2008)

Décision de ne pas soulever d'objection

11.6.2019

11

Grèce

Affaire SA.53520 (2019/N) -

Régime de protection des résidences principales

Décision de ne pas soulever d'objection

19.9.2019

12

Grèce

Affaire SA.53519 (2019/N) -

Régime hellénique de protection des actifs (Hercules)

Absence d’aide

10.10.2019

13

Irlande

Affaire SA.54005 (2019/N) -

Neuvième prolongation du régime de restructuration et de stabilisation des coopératives de crédit

Décision de ne pas soulever d'objection

27.5.2019

14

Irlande

Affaire SA.54244 (2019/N) -

Quinzième prolongation du régime de résolution des coopératives de crédit 2019-2020

Décision de ne pas soulever d'objection

24.6.2019

15

Irlande

Affaire SA.54724 (2019/N) -

Prolongation limitée de la durée de vie de la NAMA en vue de la liquidation des créances non encore remboursées

Décision de ne pas soulever d'objection

25.7.2019

16

Irlande

Affaire SA.55542 (2019/N) -

Dixième prolongation du régime de restructuration et de stabilisation des coopératives de crédit

Décision de ne pas soulever d'objection

27.11.2019

17

Italie

SA.52917 (2019/N) -

Aide de trésorerie en faveur de Banca Carige - Cassa di Risparmio di Genova e Imperia

Décision de ne pas soulever d'objection

18.1.2019

18

Italie

SA.53518 (2019/N) -

Troisième prolongation du régime de garantie italien en faveur de la titrisation des prêts non performants

Décision de ne pas soulever d'objection

27.5.2019

19

Italie

SA.21445 (C42-2006) -

Poste Italiane SpA - BancoPosta: rémunération des comptes courants ouverts auprès du Trésor

Absence d’aide

2.8.2019

20

Italie

Affaire SA.55121 (2019/N) -

Banca Monte dei Paschi di Siena - Modifications de la liste des engagements de la République italienne envers la Commission européenne

Décision de ne pas soulever d'objection

12.9.2019

21

Pologne

Affaire SA.54463 (2019/N) -

Troisième prolongation du régime de résolution applicable aux banques coopératives et aux petites banques commerciales

Décision de ne pas soulever d'objection

29.10.2019

22

Pologne

Affaire SA.54734 (2019/N) -

Neuvième prolongation du régime de liquidation ordonnée des coopératives de crédit

Décision de ne pas soulever d'objection

13.8.2019

23

Roumanie

Affaire SA.53869 (2019/N) -

Recapitalisation conforme au marché de la banque CEC

Absence d’aide

29.10.2019

24

Pays-Bas

Affaire SA.47821 (2019/N) -

Invest-NL

Décision de ne pas soulever d'objection

6.6.2019

25

Royaume-Uni

Affaire SA.54557 (2019/N) -

Financement et mandat de la British Business Bank pour la période 2020-2024

Décision de ne pas soulever d'objection

28.10.2019

(1)

Affaire AT.40049 – MasterCard II, voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_582 ); affaire AT.40436 – Produits dérivés dans le domaine du sport (ex. Produits dérivés sous licence – Nike), voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1828 ); affaire 40134 – AB InBev – Restrictions commerciales dans le secteur de la bière, voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_2488 ) et affaire AT.40432 – Produits à l’effigie de personnages (ex. Produits dérivés sous licence – Sanrio). voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_3950 .

(2)

Affaire AT.39759 – ARA – Verrouillage du marché, voir: http://europa.eu/rapid/press-release_IP-16-3116_fr.htm .

(3)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_19_1594 .

(4)

Affaire AT.40608 – Broadcom, voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_6109 ). La décision imposant des mesures provisoires fait actuellement l’objet d’un recours devant le Tribunal de l’Union européenne.

(5)

Article 8, paragraphe 1, du règlement (CE) no 1/2003 du Conseil du 16 décembre 2002 relatif à la mise en œuvre des règles de concurrence prévues aux articles 81 et 82 du traité (JO L 1 du 4.1.2003, p. 1).

(6)

Règlement (UE) n° 330/2010 de la Commission du 20 avril 2010 concernant l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à des catégories d’accords verticaux et de pratiques concertées (JO L 102 du 23.4.2010, p. 1).

(7)

Règlement (UE) nº 1217/2010 de la Commission du 14 décembre 2010 relatif à l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à certaines catégories d’accords de recherche et de développement (JO L 335 du 18.12.2010, p. 36); règlement (UE) n° 1218/2010 de la Commission du 14 décembre 2010 relatif à l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à certaines catégories d’accords de spécialisation (JO L 335 du 18.12.2010, p. 43).

(8)

Règlement (UE) n° 330/2010 de la Commission du 20 avril 2010 concernant l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à des catégories d’accords verticaux et de pratiques concertées (JO L 102 du 23.4.2010, p. 1); lignes directrices sur les restrictions verticales (JO C 130 du 19.5.2010, p. 1) et lignes directrices sur l’applicabilité de l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne aux accords de coopération horizontale (JO C 11 du 14.1.2011, p. 1).

(9)

Règlement (UE) no 316/2014 de la Commission du 21 mars 2014 relatif à l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à des catégories d’accords de transfert de technologie (JO L 93 du 28.3.2014, p. 17).

(10)

Règlement (UE) nº 461/2010 de la Commission du 27 mai 2010 concernant l’application de l’article 101, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne à des catégories d’accords verticaux et de pratiques concertées dans le secteur automobile (JO L 129 du 28.5.2010, p. 52).

(11)

Voir: https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/initiatives/ares-2018-6188380_fr .

(12)

Communication de la Commission sur la définition du marché en cause aux fins du droit communautaire de la concurrence (JO C 372 du 9.12.1997, p. 5).

(13)

Affaire C-617/17 Powszechny Zakład Ubezpieczeń na Życie, arrêt de la Cour du 3 avril 2019, EU:C:2019:283.

(14)

Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (JO C 326 du 26.10.2012, p. 391).

(15)

Règlement (CE) no 1/2003 du Conseil du 16 décembre 2002 relatif à la mise en œuvre des règles de concurrence prévues aux articles 81 et 82 du traité (JO L 1 du 4.1.2003, p. 1).

(16)

Affaire C-17/10 Toshiba Corporation e.a., arrêt de la Cour du 14 février 2012, ECLI:EU:C:2012:72.

(17)

Affaire C-403/18 P Alcogroup et Alcodis/Commission. La procédure formelle d’examen de la Commission concernant les ventes de bioéthanol (affaire AT.40244) a été clôturée en avril 2017, tandis que l’enquête sur les indices de référence de l’éthanol (affaire AT.40054) est toujours en cours.

(18)

Affaire C‑550/07 Akzo Nobel e.a./Commission, arrêt de septembre 2010, ECLI:EU:T:2010:512.

(19)

Affaire T-433/16 – Pometon/Commission, arrêt du 28 mars 2019, ECLI:EU:T:2019:201.

(20)

Affaire T-582/15 Silver Plastics et Johannes Reifenhäuser/Commission, arrêt du 11 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:497.

(21)

21 Affaire C-591/18 P Brugg Kabel et Kabelwerke Brugg/Commission, arrêt du 28 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:1026.

(22)

Affaires T-762/15 Sony et Sony Electronics/Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:515, T-763/15 Sony Optiarc et Sony Optiarc America/Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:517, T-772/15 Quanta Storage/Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:519, T-1/16 Hitachi-LG Data Storage et Hitachi-LG Data Storage Korea/Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:514, T-8/16 Toshiba Samsung Storage Technology et Toshiba Samsung Storage Technology Korea/Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:522.

(23)

Affaires T-530/15 Huhtamaki Oyj e.a./Commission, arrêt du 11 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:498 et T-582/15, Silver Plastics et Johannes Reifenhäuser/Commission, arrêt du 11 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:497.

(24)

Affaire T-530/15 Huhtamaki Oyj e.a./Commission, arrêt du 11 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:498 et T-582/15, points 144-156.

(25)

Affaire T-240/17 Campine et Campine Recycling/Commission, arrêt du 7 novembre 2019, ECLI:EU:T:2019:778.

(26)

Affaire C-599/18 P Silec Cable et General Cable Corp/Commission, arrêt du 14 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:966; affaire C-596/18 P LS Cable & System Ltd./Commission, arrêt du 28 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:1025.

(27)

Arrêt C- 593/18 P ABB Ltd et ABB AB/Commission, arrêt du 28 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:1027.

(28)

Lignes directrices pour le calcul des amendes infligées en application de l’article 23, paragraphe 2, sous a), du règlement (CE) n° 1/2003 (JO C 210 du 1.9.2006, p. 2).

(29)

Affaire T-433/16 Pometon/Commission, arrêt du 28 mars 2019, ECLI:EU:T:2019:201.

(30)

Affaire C-39/18 Commission/ICAP (aujourd’hui NEX), arrêt du 10 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:584.

(31)

Affaire C-194/14 AC-Treuhand/Commission, arrêt du 22 octobre 2015, ECLI:EU:T:2015:717.

(32)

Affaire T-105/17 HSBC/Commission, arrêt du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:675.

(33)

Affaire T-522/15 CCPL/Commission, arrêt du 11 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:500.

(34)

Affaire T-433/16 Pometon/Commission, arrêt du 28 mars 2019, ECLI:EU:T:2019:201.

(35)

Affaire T-466/17 Printeos e.a./Commission, arrêt du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:671.

(36)

Affaire T-763/15 Sony Optiarc e.a./Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:2019:517.

(37)

Affaire T-763/15 Sony Optiarc e.a./Commission, arrêt du 12 juillet 2019, ECLI:EU:T:245:517, point 245.

(38)

Affaire C-599/18 P Silec Cable et General Cable Corp/Commission, arrêt du 14 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:966.

(39)

Affaire C-582/18 P – Viscas/Commission (ECLI:EU:C:2019:1133), C-589/18 P – Furukawa Electric/Commission (ECLI:EU:C:2019:1134), et C-590/18 P – Fujikura/Commission (ECLI:EU:C:2019:1135), arrêts du 19 décembre 2019.

(40)

Affaire C-589/18 P – Furukawa Electric/Commission (ECLI:EU:C:2019:1134), arrêt du 19 décembre 2019.

(41)

Affaires T-222/17 Recylex e.a./Commission, arrêt du 23 mai 2019, ECLI:EU:T:2019:356 et T-240/17 Campine et Campine Recycling/Commission, arrêt du 7 novembre 2019, ECLI:EU:T:2019:778.

(42)

Affaire T-222/17 Recylex e.a./Commission, arrêt du 23 mai 2019, ECLI:EU:T:2019:356.

(43)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1512 .

(44)

Affaire AT.39398 – VISA MIF, décision de la Commission du 26 février 2014, voir:: http://ec.europa.eu/competition/antitrust/cases/dec_docs/39398/39398_9728_3.pdf .

(45)

Lorsque des entreprises forment une entente couvrant un bien ou un service donné, l’entente est parfois étendue à des biens ou services supplémentaires dans la même branche d’activité. Lorsqu’une entente est détectée dans un secteur particulier, des ententes supplémentaires dans le même secteur peuvent également être détectées.

(46)

Affaire AT.40127 – Coroos et Groupe Cecab, décision de la Commission du 13 mai 2019, voir:: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/frIP_19_5911 .

(47)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/MEX_19_3709 .

(48)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/cartels/whistleblower/index.html .

(49)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1594 .

(50)

Communication de la Commission relative à la coopération au sein du réseau des autorités de concurrence (JO C 101 du 27.4.2004, p. 43, et JO C 374 du 13.10.2016, p. 10).

(51)

Règlement (CE) nº 1/2003 du Conseil du 16 décembre 2002 relatif à la mise en œuvre des règles de concurrence prévues aux articles 81 et 82 du traité (JO L 1 du 4.1.2003, p. 1).

(52)

Directive (UE) 2019/1 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 visant à doter les autorités de concurrence des États membres des moyens de mettre en œuvre plus efficacement les règles de concurrence et à garantir le bon fonctionnement du marché intérieur (JO L 11 du 14.1.2019, p. 3).

(53)

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil visant à doter les autorités de concurrence des États membres des moyens de mettre en œuvre plus efficacement les règles de concurrence et à garantir le bon fonctionnement du marché intérieur, disponible à l’adresse suivante: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A52017SC0114 .

(54)

Directive 2014/104/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 novembre 2014 relative à certaines règles régissant les actions en dommages et intérêts en droit national pour les infractions aux dispositions du droit de la concurrence des États membres et de l’Union européenne (JO L 349 du 5.12.2014, p. 1).

(55)

Voir:: Orientations à l’intention des juridictions nationales sur la façon d’estimer la part du surcoût répercutée sur les acheteurs indirects (JO C 267 du 9.8.2019, p. 4).

(56)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/consultations/2019_private_enforcement/index_en.html .

(57)

Voir: lignes directrices sur l’appréciation des concentrations horizontales au regard du règlement du Conseil relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (JO C 31 du 5.2.2004, p. 5).

(58)

Aux fins du présent rapport, les décisions adoptées en vertu de l’article 6, paragraphe 1, points a) et b), en combinaison avec l’article 6, paragraphe 2, et l’article 8, paragraphes 1, 2, et 3, du règlement sur les concentrations sont considérées comme des décisions finales.

(59)

Les interventions de la Commission dans les affaires de concentration comprennent les décisions d’interdiction et les concentrations autorisées sous réserve d’engagements, ainsi que les retraits de notification au cours de l’enquête approfondie de deuxième phase.

(60)

Affaire M.8674 – BASF/SOLVAY’S EP AND P&I BUSINESS, décision de la Commission du 18 janvier 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8674 ; affaire M.9076 – NOVELIS / ALERIS, décision de la Commission du 1er octobre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9076 ; affaire M.8870 – E.ON / INNOGY, décision de la Commission du 17 septembre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8870 .

(61)

Affaire M.8677 – Siemens/Alstom, décision de la Commission du 6 février 2019. Voir:

http://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8677 .

(62)

Affaire M.9234 – HARRIS CORPORATION / L3 TECHNOLOGIES, décision de la Commission du 21 juin 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9234 .

(63)

Par exemple l’affaire M.9064 – TELIA COMPANY/BONNIER BROADCASTING HOLDING, décision de la Commission du 12 novembre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9064 .

(64)

Règlement (CE) n° 139/2004 du Conseil du 20 janvier 2004 relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (le «règlement sur les concentrations») (JO L 24 du 29.1.2004, p. 1).

(65)

Affaire M.8436 – GENERAL ELECTRIC COMPANY / LM WIND POWER HOLDING (procédure article 14, paragraphe 1), décision de la Commission du 8 avril 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8436 .

(66)

Affaire M.8179 – CANON / TOSHIBA MEDICAL SYSTEMS CORPORATION (procédure article 14, paragraphe 2), décision de la Commission du 27 juin 2019.

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8179 .

(67)

Affaire M.8228 – Facebook/ WhatsApp, décision de la Commission du 27 juin 2019.

Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8228 .

(68)

Affaire M.7993 – ALTICE / PT PORTUGAL (procédure article 14, paragraphe 2), décision de la Commission du 24 avril 2018. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_7993 .

(69)

Affaire M.8181 – Merck /Sigma‑Aldrich (procédure article 14, paragraphe 1). Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_17_1924 .

(70)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1371 .

(71)

«Competition Policy in the Digital Era» [La politique de concurrence à l’ère du numérique], 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/publications/reports/kd0419345enn.pdf .

(72)

Voir: http://ec.europa.eu/competition/consultations/2014_merger_control/index_en.html .

(73)

Voir: http://ec.europa.eu/competition/consultations/2016_merger_control/index_en.html .

(74)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/publications/reports/kd0419345enn.pdf .

(75)

Affaire C‑265/17 P, Commission/United Parcel Service, arrêt de la Cour de justice du 16 janvier 2019, ECLI:EU:C:2019:23.

(76)

Affaire T‑370/17, KPN/Commission, arrêt du Tribunal du 23 mai 2019.

(77)

Le tableau de bord des aides d’État de 2018 comprend les dépenses consacrées aux aides effectuées par les États membres avant le 31 décembre 2017 et qui relèvent de l’article 107, paragraphe 1, du TFUE. Les données sont basées sur les rapports annuels des États membres communiqués conformément à l’article 6, paragraphe 1, du règlement (CE) nº 794/2004 de la Commission. Voir: http://ec.europa.eu/competition/state_aid/scoreboard/index_en.html .

(78)

Règlement (UE) nº 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité (JO L 187 du 26.6.2014, p. 1).

(79)

Chiffres extraits du tableau de bord des aides d’État de 2019. Voir: http://ec.europa.eu/competition/state_aid/scoreboard/index_en.html .

(80)

Aides en faveur des pôles d’innovation et aides en faveur de l’innovation de procédé et d’organisation, régimes d’aides destinés à remédier aux dommages causés par certaines calamités naturelles, aides sociales au transport en faveur des habitants de régions périphériques, aides en faveur des infrastructures à haut débit, aides en faveur de la culture et de la conservation du patrimoine, dont les régimes d’aides en faveur des œuvres audiovisuelles, aides en faveur des infrastructures sportives et des infrastructures récréatives multifonctionnelles, et aides à l’investissement en faveur des infrastructures locales. Le nouveau RGEC a également élargi les catégories d’aides déjà couvertes par le précédent RGEC (2008).

(81)

En 2017, les États membres ont déclaré de plus de 50 millions d’EUR de dépenses d’aides d’État au titre des articles 56 bis et 56 ter du RGEC, dont, respectivement, 7 millions d’EUR pour les ports intérieurs, 39 millions d’EUR pour les ports maritimes et 6 millions d’EUR pour les aéroports régionaux.

(82)

Discours du Président élu de la Commission européenne prononcé le 10 septembre 2014, voir: http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-14-585_fr.htm .

(83)

Competition Policy Brief 4/2016. Voir: http://ec.europa.eu/competition/publications/cpb/2016/2016_004_en.pdf .

(84)

Transparency Award Module (TAM). Voir: https://webgate.ec.europa.eu/competition/transparency/public?lang=fr .

(85)

Régimes dont le budget annuel moyen affecté aux aides d’État est supérieur à 150 millions d’EUR dans les domaines des aides à finalité régionale, des aides aux PME et à l’accès au financement, des aides à la recherche, au développement et à l’innovation, des aides à l’environnement et à l’énergie et des aides en faveur des infrastructures à haut débit.

(86)

L’évaluation peut porter sur des régimes d’aides notifiés dont le budget est élevé, qui possèdent des caractéristiques nouvelles, ou lorsque d’importantes modifications sont prévues sur le plan du marché, des technologies ou de la réglementation.

(87)

République tchèque, Allemagne, Grèce, Espagne, France, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Autriche, Pologne, Portugal, Finlande, Suède et Royaume‑Uni.

(88)

Tous les rapports d’évaluation présentés ont fait l’objet d’un examen par le JRC dans le cadre de l’accord administratif conclu entre la DG Concurrence et ce dernier sur le «Soutien à l’appréciation de la qualité des rapports d’évaluation dans le domaine des aides d’État – 2018‑2020».

(89)

Competition Policy Briefs 7/2014: http://ec.europa.eu/competition/publications/cpb/2014/007_en.pdf ; et 3/2016: http://ec.europa.eu/competition/publications/cpb/2016/2016_003_en.pdf .

(90)

Communication de la Commission – Critères relatifs à l’analyse de la compatibilité avec le marché intérieur des aides d’État destinées à promouvoir la réalisation de projets importants d’intérêt européen commun (JO C 188 du 20.6.2014, p. 4).

(91)

Ledit encadrement se compose des lignes directrices concernant les aides d’État à finalité régionale pour la période 2014‑2020, des cartes des aides à finalité régionale et des dispositions du RGEC applicables aux aides à finalité régionale.

(92)

Affaire SA.47662 – LIP – Aide à LG Chem Wrocław Energy Sp. z o.o. – Pologne. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_47662 .

(93)

Affaire SA.49461 – Aide régionale à l’investissement en faveur de Navigator Tissue Cacia S.A. – LIP – Portugal. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_49461 .

(94)

Affaire SA.52527 – Plan d’évaluation pour le régime d’aides «Aide à l’investissement à finalité régionale du programme opérationnel de développement économique et d’innovation (EDIOP)». Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_52527 .

(95)

Affaire SA.53192 – Plan d’évaluation: régime d’aides à l’investissement à finalité régional en faveur des PME pour l’achat de nouvelles machines et de nouveaux équipements 2019‑2020. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_53192 .

(96)

Affaire SA.52028 – Plan d’évaluation: programme d’aides à finalité régionale accordées à certains entrepreneurs pour la réalisation d’un nouvel investissement. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_52028 .

(97)

Affaire SA.50299 – Aide fiscale à l’investissement outre‑mer (investissements productifs). Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_50299 .

(98)

Affaire SA.53541 – Carte française des zones d’aides à finalité régionale [décision SA 38182 (2014 N)] - 3ème utilisation de la réserve. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_53541 .

(99)

Affaire SA.48556 – Aides régionales à l’investissement en faveur de Samsung SDI – Hongrie. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_48556 .

(100)

Affaire SA.49579 – Aide à finalité régionale en faveur de PCAE (Peugeot Citroën Automóviles España S.A.) – Espagne. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_49579 .

(101)

Affaire SA.38330 – Aide régionale à l’investissement présumée illégale en faveur de PCC MCAA sp. Zo.o (PCC) – Pologne. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_38330

(102)

Affaires SA.52162 et SA.52617 – Aide d’État en faveur du consortium du pont de l’Øresund. Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1468 .

(103)

Affaire SA.39078 – Financement du projet de liaison fixe du détroit de Fehmarn, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_39078 .

(104)

Tableau de bord des aides d’État 2019. Voir: http://ec.europa.eu/competition/state_aid/scoreboard/index_en.html .

(105)

Voir: https://webgate.ec.europa.eu/competition/transparency/public/search/home/ .

(106)

La période de référence s’étend du 1er janvier 1999 au 31 décembre 2019.

(107)

Ce montant se compose de 2,6 milliards d’EUR relevant de 42 dossiers en cours et de 2,9 milliards d’EUR correspondant à des montants d’aide enregistrés dans des procédures d’insolvabilité qui sont encore en cours.

(108)

Communication de la Commission sur la récupération des aides d'État illégales et incompatibles avec le marché intérieur (JO C 247 du 23.7.2019, p. 1).

(109)

Règlement (UE) 2015/1589 du Conseil du 13 juillet 2015 portant modalités d’application de l’article 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (JO L 248 du 24.9.2015, p. 9).

(110)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/publications/reports/kd0219428enn.pdf .

(111)

La Commission a présenté des observations écrites dans une affaire portée devant une juridiction roumaine. Elle a également présenté des observations à titre d’amicus curiae dans le cadre d’une procédure de reconnaissance et d’exécution devant la United States District Court for the District of Columbia dans trois affaires.

(112)

Voir: http://ec.europa.eu/competition/court/overview_en.html .

(113)

Voir aussi la section Coopération avec les juridictions nationales, section Pratiques anticoncurrentielles et ententes, voir I. Pratiques anticoncurrentielles, chapitre 4.

(114)

Affaires jointes T-755/15 et T-759/15, Grand-duché de Luxembourg et Fiat Chrysler Finance Europe/Commission européenne, arrêt

du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:670.

(115)

Affaires jointes T-760/15 et T-636/16, Royaume des Pays-Bas e.a./Commission européenne, arrêt du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:669.

(116)

Affaires jointes T-755/15 et T-759/15, Grand-duché de Luxembourg et Fiat Chrysler Finance Europe/Commission européenne, arrêt

du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:670, point 141; affaires jointes T-760/15 et T-636/16, Royaume des Pays-Bas e.a./

Commission européenne, arrêt du 24 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:669, point 149.

(117)

Affaires jointes T-624/15, T-694/15 et T-704/15, European Food SA e.a./Commission, arrêt du Tribunal du 18 juin 2019, ECLI:EU:T:2019:423.

(118)

T-865/16 Fútbol Club Barcelona/Commission, arrêt du Tribunal du 26 février 2019, ECLI:EU:T:2019:113.

(119)

Le principe de l’opérateur en économie de marché est un concept élaboré par la Commission pour déterminer si une opération effectuée par une entité publique confère à une entreprise particulière un avantage susceptible de fausser la concurrence et les échanges entre États membres.

(120)

Affaire T-791/16, Real Madrid Club de Fútbol/Commission européenne, arrêt du Tribunal du 22 mai 2019, ECLI:EU:T:2019:346.

(121)

Affaire C-332/18 P, Mytilinaios Anonymos Etairia – Omilos Epicheiriseon/Commission, arrêt de la Cour de justice du 11 décembre 2019, ECLI:EU:C:2018:1065.

(122)

Affaire C-385/18, Arriva Italia Srl e.a./Ministero delle Infrastrutture e dei Trasporti, arrêt de la Cour de justice du 19 décembre 2019, ECLI:EU:C:2019:1121.

(123)

Affaire C‑15/14 P Commission/MOL, arrêt du 4 juin 2015, ECLI:EU:C:2015:362, point 60.

(124)

Affaires jointes T-836/16 et T-724/16, Pologne/Commission, arrêt du Tribunal du 16 mai 2019, ECLI:EU:T:2019:338. Affaire T-20/17 Hongrie/Commission, arrêt du Tribunal du 27 juin 2019, ECLI:EU:T:2019:448.

(125)

Affaire C-687/17 P, Aanbestedingskalender BV e.a./Commission européenne, arrêt de la Cour de justice du 7 novembre 2019, ECLI:EU:C:2019:932.

(126)

Affaire T-754/17, Chambre de commerce et d'industrie métropolitaine Bretagne-Ouest (port de Brest)/Commission, arrêt du Tribunal du 30 avril 2019, ECLI:EU:T:2019:270. Affaire T-747/17, Union des Ports de France - UPF/Commission européenne, arrêt du Tribunal du 30 avril 2019, ECLI:EU:T:2019:271.

(127)

Affaire C-405/16P, Allemagne/Commission, arrêt de la Cour de justice du 28 mars 2019, ECLI:EU:C:2019:268.

(128)

EEG: Erneuerbare-Energien-Gesetz (loi modifiée sur les sources d’énergie renouvelables). En 2012, l’Allemagne a introduit un régime visant à soutenir les entreprises produisant de l’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables et de gaz de mine. Cette loi garantissait à ces producteurs un prix supérieur à celui du marché. Pour financer la mesure de soutien, la loi imposait aux fournisseurs un prélèvement EEG qui, en pratique et non par la loi, était répercuté sur les clients finaux. Toutefois, certaines entreprises électro-intensives pouvaient bénéficier d’un plafonnement du prélèvement EEG, dans le but de préserver leur compétitivité au niveau international.

(129)

Affaire C-706/17, Achema AB e.a./Valstybinė kainų ir energetikos kontrolės komisija (VKEKK), arrêt de la Cour de justice du 15 mai 2019, ECLI:EU:C:2019:407.

(130)

Affaire T-217/17 FVE Holýšov I s. r. o. e.a./Commission, arrêt du Tribunal du 20 septembre 2019, ECLI:EU:T:2019:633

(131)

Affaires jointes T‑98/16, T‑196/16 et T‑198/16, Italie e.a./Commission, arrêt du Tribunal du 19 mars 2019, ECLI:EU:T:2019:167.

(132)

Affaire C-349/17, Eesti Pagar AS/Ettevõtluse Arendamise Sihtasutus and Majandus- ja Kommunikatsiooniministeerium, arrêt de la Cour de justice du 5 mars 2019, ECLI:EU:C:2019:172.

(133)

Affaire C-385/18, Arriva Italia Srl e.a./Ministero delle Infrastrutture e dei Trasporti, arrêt de la Cour de justice du 19 décembre 2019, ECLI:EU:C:2019:1121.

(134)

Affaires jointes T‑131/16 et T‑263/16, Belgique et Magnetrol International/Commission européenne, arrêt du Tribunal du

du 14 février 2019, ECLI:EU:T:2019:91.

(135)

Affaire C-654/17 P, Bayerisch Motoren Werke AG et Freistaat Sachsen/Commission européenne, arrêt de la Cour de justice du 29 juillet 2019.

(136)

Affaire C-349/17, Eesti Pagar AS/Ettevõtluse Arendamise Sihtasutus and Majandus- ja Kommunikatsiooniministeerium, arrêt de la Cour de justice du 5 mars 2019, ECLI:EU:C:2019:172.

(137)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/octroi-de-licences-de-droits-de-propriete-intellectuelle-et-droit-de-la-concurrence.htm .

(138)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/perturbation-numerique-des-marches-financiers.htm .

(139)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/la-norme-de-controle-appliquee-par-les-tribunaux-dans-les-affaires-de-concurrence.htm .

(140)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/fusions-verticales-dans-les-secteurs-de-la-technologie-des-medias-et-des-telecommunications.htm .

(141)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/laccesaudossieretprotectiondelinformationconfidentielle.htm .

(142)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/accordshubandspokedanslaconcurrence.htm .

(143)

Voir: http://www.oecd.org/fr/daf/concurrence/competition-provisions-in-trade-agreements.htm .

(144)

Voir: www.oecd.org/fr/daf/concurrence/merger-control-in-dynamic-markets.htm .

(145)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/cartels/icn/good_practices_for_incentivising_leniency_applications_2019.pdf .

(146)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/cartels/icn/private_enforcement_chapter_en.pdf .

(147)

Voir: https://unctad.org/fr/pages/MeetingDetails.aspx?meetingid=1895 .

(148)

Voir: https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/5f8c26f2-a2cd-4685-ba82-fa9e4d4e5d67/files/d3ec7ade-4c85-4a5f-9caa-a19ab9725d95 .

(149)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/international/bilateral/agreement_tor_china_2019.pdf .

(150)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/international/bilateral/mou_china_2019.pdf .

(151)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/international/bilateral/practical_guidance_merger.pdf .

(152)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/international/bilateral/practical_guidance_antimonopoly.pdf .

(153)

Voir: http://curia.europa.eu/juris/liste.jsf?pro=AVIS&num=C-1/15 .

(154)

Voir: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:22003A0722(01) .

(155)

BRICS est un acronyme utilisé pour désigner les pays suivants: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

(156)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_5913 .

(157)

Voir: https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/file_import/eu-competition-law_fr.pdf .

(158)

voir: https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/communication-eu-china-a-strategic-outlook_fr.pdf .

(159)

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le programme en faveur du marché unique, de la compétitivité des entreprises, dont les petites et moyennes entreprises, et des statistiques européennes et abrogeant les règlements (UE) nº 99/2013, (UE) nº 1287/2013, (UE) nº 254/2014, (UE) nº 258/2014, (UE) nº 652/2014 et (UE) 2017/826. Voir: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?qid=1540389031742&uri=CELEX%3A52018PC0441 . Document de travail des services de la Commission: Analyse d’impact accompagnant le document «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le programme en faveur du marché unique, de la compétitivité des entreprises, dont les petites et moyennes entreprises, et des statistiques européennes et abrogeant les règlements (UE) nº 99/2013, (UE) nº 1287/2013, (UE) nº 254/2014, (UE) nº 258/2014, (UE) nº 652/2014 et (UE) 2017/826». Voir: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?qid=1540389285918&uri=CELEX%3A52018SC0320 .

(160)

Voir: https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-strategy-and-energy-union/clean-energy-all-europeans .

(161)

Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions - Le pacte vert pour l’Europe, COM(2019) 640 final. Voir: https://ec.europa.eu/info/publications/communication-european-green-deal_en .

(162)

Communication de la Commission - Lignes directrices concernant certaines mesures d’aides d’État dans le contexte du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre après 2012, (SWD(2012) 130 final) (SWD(2012) 131 final), JO C 158 du 5.6.2012, p. 4. Voir: https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/2041-Revision-of-the-ETS-State-aid-Guidelines/public-consultation

(163)

Directive (UE) 2018/410 du Parlement européen et du Conseil du 14 mars 2018 modifiant la directive 2003/87/CE afin de renforcer

le rapport coût-efficacité des réductions d’émissions et de favoriser les investissements à faible intensité de carbone, et la décision (UE) 2015/1814 (JO L 76 du 19.3.2018, p. 3).

(164)

Communication de la Commission relative aux lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l’environnement et à l’énergie pour la période 2014-2020, JO C 200 du 28.6.2014, p. 1.

(165)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/consultations/2019_eeag/index_en.html .

(166)

Par exemple, affaire M.9106 - REDEN H2 / BERROUTE, décision de la Commission du 29 mars 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9106 et affaire M.9438 - ENGIE/BPCE GROUP/PSFV

PALMA DEL RIO, décision de la Commission du 23 août 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9438 .

(167)

Affaires SA.55761, SA.50920, SA.45765, SA.48601, SA. 51190, SA.49673, SA.49674, SA. 52085, SA. 52960, SA. 50807, SA. 49672, SA. 53347, SA. 54949, SA. 50199, SA. 55100, SA. 51192, SA. 52530, SA. 54375, SA. 54376, et SA. 51614.

(168)

Voir: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52014XC0628%2801%29 .

(169)

Affaire AT.50054 – Abengoa Alcogroup.

(170)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_19_6705 .

(171)

Les PIIEC sont de grands projets intégrés transfrontières qui comportent souvent des risques importants, que les investisseurs privés ne sont pas disposés à prendre eux-mêmes. Dans de tels cas, le soutien public de plusieurs États membres de l’UE peut être nécessaire pour combler le déficit de financement afin de surmonter les défaillances du marché et de permettre à ces projets de voir le jour. Fondamentalement, ces projets doivent générer des retombées positives dans l’ensemble de l’UE, sans se limiter aux pays participants.

(172)

Affaire M.8870 - E.ON/INNOGY, décision de la Commission du 17 septembre 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8870 .

(173)

Augmentation du budget et prolongation du régime SA.48190 (2017/N), Allemagne - Régime de soutien pour l’acquisition de bus électriques destinés aux transports publics urbains, décision de la Commission du 26 février 2018. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_48190 .

(174)

SA.53054 - Régime en faveur de la mise à niveau de véhicules lourds municipaux, SA.53055, Régime en faveur de la mise à niveau de véhicules lourds commerciaux, et SA.53056, Régime en faveur de la mise à niveau de véhicules commerciaux et municipaux légers. L’Allemagne a notifié une modification de ces régimes que la Commission a autorisée le 25 octobre 2019 sous, respectivement, les numéros d’affaire SA.55230, SA.55231 et SA.55232. Cette modification introduisait notamment une plus grande flexibilité concernant les municipalités éligibles.

(175)

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_2008 .

(176)

Affaire SA.35179 - Tchéquie – Promotion de l’électricité produite à partir de sources secondaires, décision de la Commission du 26 septembre 2019, voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_35179 .

(177)

Affaire SA.54042 - Projet de valorisation énergétique de Sofia/unité de cogénération avec valorisation énergétique du combustible dérivé de déchets - Bulgarie, décision de la Commission du 25 novembre 2019, voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_54042 .

(178)

Règlement (UE) 2019/943 du Parlement européen et du Conseil, du 5 juin 2019, sur le marché intérieur de l’électricité (JO L 158

du 14.6.2019, p. 54).

(179)

Affaire SA.53821 (2019/N) - Italie - Modification du mécanisme de capacité italien, décision de la Commission du 21 mars 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_53821 .

(180)

Affaire SA.35980 (2018/C) - Royaume-Uni - Réforme du marché de l’électricité: mécanisme de capacité, décision de la Commission du 15 mars 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_35980 .

(181)

Affaire SA.51983 - Terminal LNG de Krk/Croatie, décision de la Commission du 31 juillet 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_51983 .

(182)

Affaire SA.53074 - Terminal GNL de Klaipėda, décision de la Commission du 19 septembre 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_53074 .

(183)

Affaire SA. 50905 - Extension du terminal GNL de Swinoujscie, décision de la Commission du 18 mars 2019.

(184)

Affaire AT.40335 - Interconnexions gazières en Roumanie, décision de la Commission du 1er juin 2017. Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_17_1501 .

(185)

Affaire AT.39849 - BEH Gaz. Pour de plus amples informations, voir IP/18/6846, décision de la Commission du 17 décembre 2018. Voir:

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_18_6846 .

(186)

Affaire AT.39849 - BEH Gaz. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_39849 .

(187)

Affaire AT 40416 - LNG supply to Europe, décision de la Commission du 21 juin 2018. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40416 .

(188)

Affaire AT. 40461 - Interconnexion DE-DK. Pour plus d’informations, voir IP/18/6722 du 7 décembre 2018. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40461 .

(189)

Affaire M.8871 - RWE/E.ON Assets, décision de la Commission du 26 février 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8871 .

(190)

Affaire M.8870 - E.ON/INNOGY, décision de la Commission du 17 septembre 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8870 .

(191)

Affaire M.9014 - PKN ORLEN/GRUPA LOTOS. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9014 .

(192)

Communication du 6 mai 2015 de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Stratégie pour un marché unique numérique en Europe, COM(2015) 192 final.

Voir: https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/digital-single-market-strategy-europe-com2015-192-final .

(193)

Affaires AT.40413 - Focus Home, AT.40414 - Koch Media, AT.40420 - ZeniMax, AT.40422 - Bandai Namco et AT.40424 - Capcom. Voir: https://europa.eu/rapid/press-release_IP-19-2010_fr.htm .

(194)

Affaire AT.40462 - Amazon Marketplace, décision de la Commission du 17 juillet 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40462 .

(195)

Affaire AT.40436 - Produits dérivés dans le domaine du sport - Nike, décision de la Commission du 25 mars 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40436 .

(196)

Affaire AT.40432 - Produits dérivés sous licence - Sanrio, décision de la Commission du 9 juillet 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40432 .

(197)

Affaire AT.40433 - Produits dérivés sous licence - Universal Studios, décision de la Commission du 25 mars 2019. Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_17_1646 .

(198)

Affaire AT.40023 - Accès transfrontière à la télévision payante - NBC Universal/Paramount Pictures C/SKY (UK)/Sony Pictures Entertainment/The Walt Disney Company/Twentieth Century Fox Int Ltd/Warner Bros Entertainment UK Ltd, décision de la Commission du 7 mars 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40023 .

(199)

Affaire T-873/16, Groupe Canal +/Commission, arrêt du 12 décembre 2018, ECLI:EU:T:2018:904. Voir:

http://curia.europa.eu/juris/liste.jsf?language=fr&td=ALL&num=T-873/16 .

(200)

Les engagements de Disney portent notamment sur sa future filiale Fox. La Commission a autorisé l’acquisition de Fox par Disney le 6 novembre 2018.

Voir: http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-6312_fr.htm.

(201)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_1590 .

(202)

Affaire AT.40411 - Google Search (AdSense), décision de la Commission du 20 mars 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40411 .

(203)

Affaire AT.40099 - Google Android, décision de la Commission du 18 juillet 2018. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40099 .

(204)

Affaire AT.39740 - Google Search (Shopping), décision de la Commission du 27 juin 2017. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_39740 .

(205)

Affaire AT.40585 - Google Local.

(206)

Affaire AT.40592 - Google Jobs.

(207)

Affaire AT.39711 - Qualcomm (prix d’éviction), décision de la Commission du 18 juillet 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_39711 .

(208)

Affaire C-62/86, Akzo/Commission, arrêt du 3 juillet 1991, ECLI:EU:T:1991:286.

(209)

Affaire AT.40608 - Broadcomm, décision de la Commission du 16 octobre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40608 .

(210)

Affaire AT.40305 - Partage de réseau – Tchéquie, décision de la Commission du 7 août 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40305 .

(211)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_19_5110 .

(212)

Affaires T-208/13, Portugal Telecom SGPS, SA/Commission, et T-216/13, Telefónica, SA/Commission, arrêts du 28 juin 2016,

ECLI:EU:T:2016:368 et ECLI:EU:T:2016:369.

(213)

Affaire AT. 39839 - Telefónica/Portugal Telecom, décision de la Commission du 23 janvier 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_39839 .

(214)

Affaire M.9370 - Telenor/DNA, décision de la Commission du 15 juillet 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9370 .

(215)

Affaire M.8864 – Vodafone/Certain Liberty Global Assets, décision de la Commission du 18 juillet 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_8864 .

(216)

Affaire M.9332 - Ericsson/Kathrein Antenna and Filter Assets, décision de la Commission du 20 août 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9332 .

(217)

Affaire M.9205 - IBM/Red Hat, décision de la Commission du 27 juin 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9205 .

(218)

Les logiciels médiateurs sont utilisés aux fins de la production et de l’exploitation de logiciels d’applications d’entreprises, à savoir des outils axés sur les entreprises, comme le traitement des paiements en ligne.

Les logiciels d’infrastructure système permettent aux entreprises de configurer, de contrôler, d’automatiser et de partager l’utilisation des ressources matérielles (par exemple les serveurs) dans tout le logiciel d’application de l’entreprise.

(219)

Affaire M.9538 - Broadcom/Symantec’s Enterprise Security Business, décision de la Commission du 30 octobre 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9538 .

(220)

Affaire M.9424 - NVIDIA/Mellanox, décision de la Commission du 19 décembre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/mergers/cases/decisions/m9424_778_3.pdf .

(221)

Affaire M.9064 - Telia Company/Bonnier Broadcasting Holding, décision de la Commission du 12 novembre 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9064 .

(222)

Voir: https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_273 .

(223)

Voir: https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/news/communication-connectivity-competitive-digital-single-market-towards-european-gigabit-society .

(224)

Affaire SA.49935 - Projet de très haut débit - Grèce, décision de la Commission du 7 janvier 2019, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_49935 . Affaire SA.54472 - Plan national pour le haut débit - Irlande, décision de la Commission du 15 novembre 2019, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_54472 . Affaire SA.53925 - Régime en faveur du haut débit pour les zones blanches et grises d’accès de nouvelle génération - Espagne, décision de la Commission du 10 décembre 2019, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_53925 . Affaire SA.54668 - Régime en faveur de la connectivité gigabit en Bavière - Allemagne, décision de la Commission du 29 novembre 2019, disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_54668 .

(225)

La technologie financière désigne l’intégration de la technologie dans les offres des entreprises de services financiers pour améliorer leur utilisation et les résultats pour les clients. La technologie financière fonctionne principalement en dégroupant les offres de ces entreprises et en créant de nouveaux marchés pour elles.

(226)

Directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 établissant un cadre pour le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises d’investissement, JO L 173 du 12.6.2014, p. 190 («BRRD»).

(227)

Règlement (UE) 2015/751 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2015 relatif aux commissions d’interchange pour les opérations de paiement liées à une carte (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE) (JO L 123 du 19.5.2015, p. 1).

(228)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/publications/reports/kd0120161enn.pdf .

(229)

Voir article 17 du règlement (UE) 2015/751.

(230)

Affaire AT.40049 - MasterCard II, décision de la Commission du 29 avril 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40049 .

(231)

Cette procédure a été close en ce qui concerne Visa Europe à la suite des engagements qu’elle a pris (affaire AT.39398 - CMI de VISA, décision de la Commission du 26 février 2014).

Voir: http://ec.europa.eu/competition/antitrust/cases/dec_docs/39398/39398_9728_3.pdf .

(232)

Voir: http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-6655_fr.htm .

(233)

Voir: https://europa.eu/rapid/press-release_IP-19-2311_fr.htm .

(234)

Affaire AT. 40511 - Insurance Ireland: base de données relative aux sinistres et conditions d’accès, décision de la Commission du 14 mai 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40511 .

(235)

Voir: https://ec.europa.eu/competition/publications/reports/kd0419330enn.pdf .

(236)

Affaire AT.40135 - Forex, décision de la Commission du 16 mai 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=1_40135 .

(237)

Affaire M.9196 - Marsh & McLennan Companies/Jardine Lloyd Thompson Group, décision de la Commission du 22 mars 2019. Voir:

https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=2_M_9196 .

(238)

Affaire SA.52917(2019/N) - Soutien à la liquidité en faveur de Banca Carige - Cassa di Risparmio di Genova e Imperia, décision de la Commission du 18 janvier 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_52917 .

(239)

Affaire SA.49094(2019/N) - Mesures conformes au marché en faveur du renforcement du capital et de la restructuration de Norddeutsche Landesbank, décision de la Commission du 5 décembre 2019. Voir: https://ec.europa.eu/competition/elojade/isef/case_details.cfm?proc_code=3_SA_49094 .

(240)

SA.53869(2019/N) - Recapitalisation conforme au marché de CE

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23/12/2020

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