| CELEX | 52021AE0589 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 24 février 2021 |
| 30.4.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 155/52 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant la réserve d’ajustement au Brexit
[COM(2020) 854 final — 2020/0380 (COD)]
(2021/C 155/08)
| Rapporteur général: | Florian MARIN |
| Consultation | Parlement européen, 18.1.2021 Conseil européen, 20.1.2021 |
| Base juridique | Article 175, paragraphe 3, et article 304 du TFUE |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en session plénière | 24.2.2021 |
| Session plénière no | 558 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 242/0/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE voit dans le Brexit un exercice particulièrement complexe et délicat. L’accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et le Royaume-Uni (1) amortit en partie les dommages économiques et sociaux qu’aurait provoqués le scénario d’une absence d’accord, mais il reste très difficile, à un stade aussi précoce, de quantifier les futures pertes économiques et financières. Il est à l’évidence nécessaire d’agir promptement et de manière ciblée pour circonscrire les retombées économiques et sociales. |
| 1.2. | Ce nouveau partenariat remet sérieusement en question les liens d’interdépendance existant entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le plan économique, social et commercial. Le CESE constate déjà les effets négatifs sur la mobilité transfrontière ainsi que des obstacles au commerce des biens et des services, ce qui pourrait entraîner des destructions d’emplois et des faillites d’entreprises, notamment dans les PME. Dans la période d’adaptation actuelle, il est de la plus haute importance de faire preuve d’une plus grande souplesse et de plus de compréhension à l’égard des acteurs européens. |
| 1.3. | Le CESE applaudit à l’établissement de la réserve d’ajustement au Brexit (2) (ci-après la «réserve») au titre des instruments spéciaux en dehors des plafonds budgétaires de l’Union fixés dans le cadre financier pluriannuel (CFP) (3). Il considère que la cohésion et la solidarité entre les États membres constituent des valeurs fondamentales de l’Union, et il se réjouit de l’application rétroactive de la réserve à compter de juillet 2020. |
| 1.4. | Les droits des travailleurs doivent être protégés sans délai, et les négociations concernant la reconnaissance mutuelle des qualifications doivent se poursuivre. Le CESE recommande à l’ensemble des États membres de lancer sans plus attendre des campagnes d’information pour faire connaître aux citoyens les nouvelles règles en vigueur. Pour assurer la pleine réussite d’une telle initiative, il convient d’y associer pleinement les partenaires sociaux et les organisations de la société civile. Les syndicats, les organisations patronales et les organisations de la société civile ont un rôle crucial à jouer dans la construction d’un partenariat économique et social fort avec le Royaume-Uni. |
| 1.5. | Le CESE suggère de mettre au point une réserve entièrement distincte pour le secteur de la pêche, destinée à soutenir cette seule filière. Il conviendrait d’accorder une attention particulière à d’autres secteurs également, comme le tourisme et l’agriculture. Il y a lieu de se pencher aussi sur les investissements qu’il convient d’effectuer dans les infrastructures ainsi que sur le soutien à apporter aux citoyens de l’Union qui retournent dans leur pays d’origine à la suite du Brexit. |
| 1.6. | Le CESE s’attend à des discussions de longue haleine entre les acteurs en présence pour déterminer qui se taillera la part du lion de la réserve, et estime que des fonds supplémentaires devraient être immédiatement dégagés. À cet égard, il invite les colégislateurs à relever le plafond proposé. |
| 1.7. | Le CESE demande à tous les États membres de faire preuve de responsabilité et de diriger les fonds disponibles vers les régions, les entreprises, les travailleurs et les citoyens qui en ont le plus besoin. À défaut, la solidarité qui a présidé à la conception d’une telle réserve pourrait être remise en question, et il serait alors permis de douter de ses chances de réussite. |
| 1.8. | L’article 5, paragraphe 1, point a), devrait être modifié comme suit: «les mesures destinées à aider les entreprises, les travailleurs en transition vers de nouvelles compétences et de nouveaux emplois ainsi que les communautés locales durement touchés par le retrait». L’article 5, paragraphe 1, point d), devrait quant à lui être modifié comme suit: «les mesures destinées à sauvegarder et à soutenir l’emploi, notamment par des programmes de chômage partiel, de requalification et de formation dans les secteurs affectés». L’indicateur 15.4 visé à l’annexe II devrait être modifié en conséquence. |
| 1.9. | La période d’admissibilité pourrait être prolongée de deux ans, simplement pour faire en sorte que les États membres disposent de suffisamment de temps pour utiliser leur part de la réserve et amortir les ondes de choc provoquées par le retrait du Royaume-Uni. |
| 1.10. | Le CESE estime qu’une petite partie de la réserve devrait être affectée à des fins d’assistance technique, lorsqu’un nouveau système de gestion est mis en place. Il a toutefois la ferme conviction que l’essentiel de la réserve devrait être consacré au soutien apporté à l’emploi et aux activités économiques. |
| 1.11. | Les PME sont particulièrement touchées par les procédures douanières nouvellement mises en place, les contraintes réglementaires et l’augmentation des coûts d’acheminement. La plupart d’entre elles ne possédant pas les capacités administratives et juridiques pour mettre en œuvre un plan d’urgence complet, le CESE demande que des mesures soient spécialement conçues pour les soutenir. |
| 1.12. | Lorsque c’est possible, et moyennant l’accord de la Commission européenne, le CESE préconise le recours à l’option des coûts simplifiés. Des règles simplifiées et moins de bureaucratie dans le processus de mise en œuvre contribueront à accélérer la répartition des ressources financières. |
| 1.13. | Le CESE réclame la création d’un comité de suivi dans chacun des États membres, dont l’objectif principal serait d’éliminer les risques susceptibles de se matérialiser dans le processus de mise en œuvre, et de garantir dans le même temps la participation formelle de la société civile audit processus. Ces comités devraient être composés de représentants des partenaires sociaux, des ONG et des institutions publiques ayant part à la mise en œuvre de la réserve. |
| 1.14. | Le CESE propose d’apporter plus de clarté dans la gouvernance en désignant clairement un organe de direction pour la réserve. La Commission européenne devrait préserver des conditions de concurrence équitables entre les États membres. |
| 1.15. | Le CESE demande la mise en place d’un cadre d’exécution intermédiaire, à partir d’indicateurs spécifiques, axés sur les résultats, qui seraient établis par les États membres et évalués par la Commission chaque année. Il considère qu’une utilisation limitée des fonds disponibles amplifiera en proportion le contrecoup économique et social du Brexit. |
| 1.16. | L’intégration, dans la gestion de la réserve, du code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (4) donnera aux acteurs en présence et aux organisations de la société civile les moyens de jouer un rôle décisif en tant que corps intermédiaires. |
| 1.17. | Enfin, le CESE suggère à la Commission de communiquer au Parlement européen et au Conseil son évaluation de l’efficacité, de l’efficience et de la valeur ajoutée de la réserve dans un délai de trois mois à compter de la date limite fixée à cet effet. |
2. Introduction
| 2.1. | Au terme de quatre années de négociations, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont signé l’accord de commerce et de coopération régissant leur futur partenariat. Celui-ci s’articule en trois nouveaux volets:
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| 2.2. | Bien que la plupart des règles du jeu aient été posées, les citoyens comme les entreprises devront s’adapter à cette situation nouvelle, et examiner en détail les nouvelles restrictions et les difficultés secteur par secteur. S’il est très difficile de quantifier à un stade aussi précoce les futures pertes économiques et financières, il est à l’évidence nécessaire d’agir promptement et de manière ciblée pour circonscrire les retombées économiques et sociales négatives. |
| 2.3. | De fait, le Brexit est un exercice particulièrement complexe et délicat. Les États membres pourraient être contraints de renforcer les mesures de contrôle en mer, dans les ports et dans les aéroports, afin de mettre en œuvre une surveillance et des inspections supplémentaires lors de la délivrance de certificats et de l’autorisation de produits, ainsi que pour respecter les exigences en matière d’établissement, les normes sanitaires et phytosanitaires ou encore les règles d’étiquetage et de marquage. Ils devront peut-être aussi envisager et mettre à jour des campagnes de sensibilisation spécifiques sur les conséquences du retrait pour les citoyens et les entreprises. |
| 2.4. | Les chaînes d’approvisionnement se trouvent souvent déstabilisées par l’entrée en vigueur des nouveaux contrôles douaniers et réglementaires, qui entraînent des retards et des coûts supplémentaires. Le déroulement normal des activités est d’ores et déjà affecté par les nouvelles règles mises en place et les nouvelles exigences auxquelles il faut se conformer — en particulier durant cette année, où devraient se concentrer la plupart des retombées négatives. Les taxes supplémentaires qui s’appliquent désormais, comme la TVA, pourraient brider les relations économiques et les partenariats commerciaux. Pour réduire autant que possible l’incidence négative du Brexit sur l’économie européenne, tous les acteurs concernés doivent être activement associés, aussi bien l’Union que les États membres, les employeurs, les syndicats, les organisations de la société civile, et d’autres encore. |
| 2.5. | En outre, on ne distingue pas encore clairement ce que seront les modalités d’une reconnaissance mutuelle des qualifications, ni la manière dont sera garantie la circulation des données, ou encore les règles qui s’appliqueront dans le secteur des services. La poursuite des négociations est une nécessité absolue, le but étant de dégager des solutions viables qui soient avantageuses pour les deux parties. |
| 2.6. | Nous devrons par ailleurs nous habituer à traiter dorénavant avec deux marchés différents, qui évoluent dans des espaces réglementaires et juridiques distincts. Ce changement représente une charge conséquente pour tous les acteurs, et aura une incidence sur les administrations publiques aussi bien que sur les citoyens et les entreprises. Ce nouveau partenariat remet sérieusement en question les liens d’interdépendance existant entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le plan économique, social et commercial. On constate dès à présent des effets négatifs sur la mobilité transfrontière ainsi que des obstacles au commerce des biens et des services, ce qui pourrait entraîner des destructions d’emplois et des faillites d’entreprises, notamment dans les PME. |
| 2.7. | La proposition de règlement indique précisément quelles sont les dépenses publiques admissibles, à savoir en particulier les mesures destinées à aider les entreprises et les collectivités locales; le soutien à l’emploi, notamment la requalification et la formation; la sauvegarde de l’emploi; la mise en place de régimes de certification et d’autorisation; la communication à des fins de sensibilisation; et enfin le soutien apporté au bon fonctionnement de la frontière. |
3. Observations générales
| 3.1. | En premier lieu, le CESE se réjouit de l’accord de commerce et de coopération conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui a été signé dans la toute dernière ligne droite de la période de transition. Celui-ci établit leurs relations futures, tout en préservant l’intégrité du marché unique et en assurant la sécurité juridique et des conditions de concurrence équitables. L’accord amortit la majeure partie des dommages économiques et sociaux qu’aurait provoqués le scénario d’une absence d’accord, et l’on peut y voir les dernières notes du prélude à la relation entre l’Union et le Royaume-Uni. Dans la période d’adaptation actuelle, les pouvoirs publics devraient faire preuve d’une plus grande souplesse et de plus de compréhension à l’égard des acteurs européens. Il convient toutefois que l’Union et les États membres soient particulièrement attentifs à la sauvegarde du marché unique et de ses normes dans les domaines du travail, de la politique sociale, de l’environnement et des produits alimentaires, afin de parer aux risques d’abus de pouvoir de marché. |
| 3.2. | L’accord sur l’absence de tarifs appliqués aux échanges de biens à condition que ceux-ci soient conformes aux «règles d’origine» et sur la circulation globalement libre des capitaux marquent des avancées significatives. Le CESE s’inquiète toutefois de ce qu’aucun accord n’ait encore été trouvé concernant la circulation des personnes (à compter du 30 juin 2021) et des services. En outre, le Brexit vient s’ajouter à la crise de la COVID-19, qui a déjà entraîné une hausse du chômage et une baisse des revenus. Le CESE s’inquiète aussi au plus haut point des inégalités sociales grandissantes qui sont chaque jour plus visibles partout dans l’Union, et réaffirme qu’«il est nécessaire d’accorder la priorité à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux dans le cadre de la politique de cohésion» (5). |
| 3.3. | Le CESE estime que la Commission a choisi le bon instrument en plaçant la mise en œuvre sous le régime de la gestion partagée. Le règlement est un gage de clarté et d’uniformité dans l’application des règles par tous les États membres, ainsi que dans les obligations et les délais en matière de rapports, permettant ainsi de préserver des conditions de concurrence équitables entre les États membres. |
| 3.4. | Le CESE applaudit à l’établissement de la réserve d’ajustement au Brexit au titre des instruments spéciaux en dehors des plafonds budgétaires de l’Union fixés dans le CFP, qui vise à parer aux retombées économiques et sociales négatives dans l’ensemble des États membres, à soutenir les entreprises et l’emploi dans les secteurs les plus touchés, ainsi qu’à venir en aide aux collectivités régionales et locales. Des défis communs tels que le Brexit appellent une réaction coordonnée, et le CESE considère que la cohésion et la solidarité entre les États membres sont des valeurs fondamentales de l’Union européenne. |
| 3.5. | Il est attendu de la réserve d’ajustement au Brexit qu’elle vienne compléter les fonds existants qui sont disponibles au titre de l’instrument Next Generation EU (6) et du CFP. Il s’agit d’un instrument totalement nouveau qui devrait apporter un soutien pour atténuer les incidences négatives du retrait britannique de l’Union, tout en renforçant la cohésion économique, sociale et territoriale et en préservant l’emploi. Le CESE a déjà proposé à la Commission «d’envisager la création d’un instrument de l’Union capable de répondre à l’avenir à des situations politiques et des crises comparables» (7). |
| 3.6. | Les syndicats, les organisations patronales et les organisations de la société civile ont un rôle crucial à jouer dans la construction d’un partenariat économique et social fort avec le Royaume-Uni. |
| 3.7. | Le CESE se félicite que tous les États membres soient admissibles et que 80 % des crédits de préfinancement soient décaissés dès cette année. Voilà qui témoigne clairement d’une solidarité à l’échelle européenne et d’une approche coordonnée face aux conséquences du Brexit à brève échéance. |
| 3.8. | La méthode de répartition proposée tient compte de l’importance des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni ainsi que de l’importance du secteur de la pêche, mais le CESE considère que ces deux questions auraient dû être dissociées. Fondamentalement, la formule de répartition proposée par la Commission implique que le facteur lié à la pêche devrait représenter quelque 600 millions d’EUR. Par conséquent, le CESE suggère de créer une réserve entièrement distincte pour le secteur de la pêche, destinée à soutenir cette seule filière. Il conviendrait d’accorder une attention particulière à d’autres secteurs également, comme le tourisme et l’agriculture. |
| 3.9. | Il est par ailleurs très clair que la réserve constitue un fonds d’ajustement visant à compenser l’impact économique et social du Brexit. Pour sa part, le CESE considère que la réserve, dotée de 5,4 milliards d’EUR, ne suffira pas à atténuer les incidences négatives du Brexit. Il estime en conséquence que des fonds supplémentaires devraient être immédiatement dégagés, soit au moyen d’un budget supplémentaire alloué à la réserve, soit par des fonds mis en place séparément. À cet égard, il invite les colégislateurs, Parlement et Conseil, à relever le plafond proposé. |
| 3.10. | Le CESE estime que certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Parmi eux, l’agriculture et le tourisme devraient également figurer parmi les priorités de la réserve, et bénéficier des fonds disponibles. La crise de la COVID-19 a gravement ébranlé le secteur du tourisme, et le Brexit ne fera qu’ajouter des obstacles supplémentaires. Les agriculteurs seront durement touchés eux aussi, dans des pays comme l’Irlande ou les Pays-Bas par exemple. |
4. Observations particulières
| 4.1. | Certains États membres ont déjà engagé des mesures au niveau national pour contrer les effets négatifs du Brexit sur leurs économies et les procédures des administrations publiques. Par conséquent, l’application rétroactive de la réserve à compter de juillet 2020 apparaît comme un important levier de soutien. |
| 4.2. | Sachant que plus de 4 millions de citoyens européens relèvent d’un nouveau statut de résident au Royaume-Uni (8), les droits des travailleurs doivent être protégés sans délai, et les négociations concernant la reconnaissance mutuelle des qualifications doivent se poursuivre. Les États membres devraient sans plus attendre commencer à organiser des campagnes d’information pour faire connaître aux citoyens les nouvelles règles en vigueur, et les sensibiliser aux efforts déployés par l’Union pour prolonger l’accord. Pour assurer la pleine réussite d’une telle initiative, il convient d’y associer pleinement les partenaires sociaux et les organisations de la société civile. |
| 4.3. | Des régimes de soutien spécifiques devraient être conçus pour accompagner convenablement les régions et les secteurs touchés par le Brexit. Tous les États membres devraient faire preuve de responsabilité et diriger les fonds vers les régions, les entreprises, les travailleurs et les citoyens qui en ont le plus besoin, et non vers ceux qui sont les plus faciles à financer. À défaut, la solidarité qui a présidé à la conception d’une telle réserve pourrait être remise en question, et il serait alors permis de douter de ses chances de réussite. |
| 4.4. | La période d’admissibilité pourrait être prolongée de deux ans, simplement pour faire en sorte que les États membres disposent de suffisamment de temps pour utiliser leur part de la réserve et amortir les ondes de choc provoquées par le retrait du Royaume-Uni. Le CESE invite l’ensemble des États membres à se pencher attentivement sur les investissements qu’il convient d’effectuer dans les infrastructures ainsi que sur le soutien à apporter aux citoyens de l’Union qui retournent dans leur pays d’origine à la suite du Brexit. |
| 4.5. | Le CESE estime aussi qu’une partie de la réserve devrait être affectée à des fins d’assistance technique, dans les cas où un nouveau système de gestion est mis en place. Le recours à une assistance technique pour la gestion, la surveillance, l’information et la communication, le règlement des plaintes, ainsi que les contrôles et les audits contribuera au succès de l’instrument, à une meilleure gestion des risques et à une dépense efficace des ressources financières allouées. |
| 4.6. | Certaines administrations publiques, notamment celles qui constituent les principaux points d’entrée et de sortie de la relation commerciale avec le Royaume-Uni, ont déjà effectué des investissements conséquents en infrastructures et en ressources humaines, y compris dans la formation. C’est le cas aussi de certains États membres qui entretiennent une relation particulière avec le Royaume-Uni dans le secteur du tourisme. Le CESE a toutefois la ferme conviction que l’essentiel de la réserve devrait être consacré au soutien apporté à l’emploi et aux acteurs économiques. |
| 4.7. | La proposition de la Commission inclut une mesure visant spécifiquement à réduire de cinq à trois ans la période de supervision pour les PME, à compter du paiement final de la contribution financière. Le CESE s’attend à ce que les PME paient le plus lourd tribut, et estime qu’une partie significative de la réserve devrait servir à leur apporter un soutien économique et financier, l’objectif étant en définitive de sauvegarder l’emploi et de maintenir les entreprises à flot. |
| 4.8. | Les PME sont particulièrement touchées par les procédures douanières nouvellement mises en place, les contraintes réglementaires et l’augmentation des coûts d’acheminement. Ces éléments viennent s’ajouter à la charge supplémentaire que la pandémie de COVID-19 a imposée, les entreprises dans tous les États membres ayant dû s’adapter aux confinements décrétés par les pouvoirs publics. La plupart des PME ne possédant pas les capacités administratives et juridiques pour mettre en œuvre un plan d’urgence complet, le CESE demande que des mesures soient spécialement conçues pour soutenir les PME les plus durement touchées, au moyen des fonds disponibles au titre de la réserve. Les États membres sont encouragés à appuyer les efforts consentis par les PME en leur octroyant des aides d’État, dans les limites prévues à cet effet. |
| 4.9. | Le CESE considère que, à des fins de simplification, la réserve pourrait être gérée à l’aide des systèmes de gestion existants. Lorsque c’est possible, et moyennant l’accord de la Commission européenne, c’est l’option des coûts simplifiés qui doit être retenue. Encourager des règles simplifiées et moins de bureaucratie dans le processus de mise en œuvre, et éviter d’imposer des charges financières et administratives supplémentaires, contribuera à accélérer la dépense des ressources financières et produira de meilleurs résultats s’agissant d’atténuer l’impact négatif du Brexit. |
| 4.10. | Puisque la réserve constitue un instrument totalement nouveau, et qu’il est pour ainsi dire impossible d’évaluer quelle sera réellement l’incidence négative du Brexit, le CESE suggère de créer un comité de suivi dans chacun des États membres. Ces comités devraient être composés de représentants des partenaires sociaux, des ONG et des institutions publiques ayant part à la mise en œuvre de la réserve. Ils devraient se réunir au moins deux fois par an pour évaluer la manière dont la réserve contribue à la réduction des effets négatifs du Brexit. Enfin, ils auraient pour principaux objectifs d’éliminer les risques susceptibles de se matérialiser dans le processus de mise en œuvre, et de garantir dans le même temps la participation formelle de la société civile audit processus. La société prise au sens large, c’est-à-dire au-delà de ses seules formes organisées, devrait être tenue informée de l’avancement du plan de mise en œuvre, et le rapport final devrait inclure un bref exposé des actions de communication qui auront été menées. Il convient de garantir une coordination au niveau européen afin de préserver des conditions de concurrence équitables dans le marché unique, et le CESE devrait y être activement associé, aux côtés du Parlement européen. |
| 4.11. | Le CESE propose d’apporter plus de clarté dans la gouvernance de la réserve. Il importe en particulier de désigner un organe de direction pour la réserve, et de préciser s’il y en aura plusieurs. |
| 4.12. | Un cadre d’exécution intermédiaire doit être mis en place, à partir d’indicateurs spécifiques, axés sur les résultats, qui seraient établis par les États membres et évalués par la Commission chaque année. Il sera ainsi possible de procéder à une surveillance et à une évaluation scrupuleuses du processus de mise en œuvre et de dépense, et de repérer ce faisant les États membres qui n’utilisent pas les ressources financières ou qui ne progressent que de manière limitée. Une utilisation limitée des fonds disponibles amplifiera en proportion le contrecoup économique et social du Brexit. |
| 4.13. | La société civile doit être formellement associée au processus de mise en œuvre. L’intégration, dans la gestion de la réserve, du code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens «permettra de conférer aux parties prenantes et aux organisations de la société civile le pouvoir de jouer un rôle crucial en tant que corps intermédiaires, rapprochant les projets de leurs bénéficiaires finaux» (9). La sélection des partenaires doit se faire dans la transparence et la clarté, et les organisations retenues doivent recevoir des informations suffisantes à ce propos. |
| 4.14. | La Commission propose de réaliser une évaluation minutieuse de l’efficacité, de l’efficience et de la valeur ajoutée de la réserve d’ici le 30 juin 2026, avec l’obligation de la communiquer au Parlement et au Conseil un an après. Le CESE estime que la Commission pourrait faire rapport au Parlement et au Conseil dans un délai de trois mois, à savoir pour le 30 septembre 2026. |
| 4.15. | Le CESE considère que l’article 5, paragraphe 1, point a), devrait être modifié comme suit: «les mesures destinées à aider les entreprises, les travailleurs en transition vers de nouvelles compétences et de nouveaux emplois ainsi que les communautés locales durement touchés par le retrait». L’article 5, paragraphe 1, point d), devrait quant à lui être modifié comme suit: «les mesures destinées à sauvegarder et à soutenir l’emploi, notamment par des programmes de chômage partiel, de requalification et de formation dans les secteurs affectés». L’indicateur 15.4 visé à l’annexe II devrait être modifié en conséquence. |
Bruxelles, 24 février 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Accord de commerce et de coopération entre l’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, d’une part, et le Royaume-uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du nord, d’autre part (JO L 444 du 31.12.2020, p. 14).
(2) Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant la réserve d’ajustement au Brexit [COM(2020) 854 final — 2020/0380 (COD)].
(3) Budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027 et plan de relance.
(4) Règlement délégué (UE) no 240/2014 de la Commission du 7 janvier 2014 relatif au code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (JO L 74 du 14.3.2014, p. 1).
(5) Avis du CESE sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion» (JO C 62 du 15.2.2019, p. 90).
(6) Next Generation EU.
(7) Avis du CESE sur le thème «Modification du Fonds de solidarité — Brexit sans accord» (JO C 14 du 15.1.2020, p. 84).
(8) Commission européenne — Droits des citoyens.
(9) Avis du CESE sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au Fonds européen de développement régional et au Fonds de cohésion» (JO C 62 du 15.2.2019, p. 90).
Avis institutionnel — 52021AB0040
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