| CELEX | 52021AE1138 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 7 juillet 2021 |
| 16.9.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 374/84 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Bâtir une Europe résiliente — La nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’adaptation au changement climatique»
[COM(2021) 82 final]
(2021/C 374/14)
| Rapporteur: | Dimitris DIMITRIADIS |
| Corapporteur: | Kęstutis KUPŠYS |
| Consultation | Commission européenne, 26.3.2021 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en section | 23.6.2021 |
| Adoption en session plénière | 7.7.2021 |
| Session plénière no | 562 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 229/3/12 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen soutient vivement l’adoption de la stratégie de l’Union pour l’adaptation au changement climatique, en ce qu’elle constitue une étape essentielle dans la réalisation de l’objectif du pacte vert pour l’Europe qui vise la neutralité climatique et la résilience à l’horizon 2050. Il aurait toutefois souhaité que les domaines d’action envisagés ne soient pas seulement esquissés de manière générale, mais aussi illustrés par des exemples concrets. Chacun doit pouvoir se faire une idée plus claire de la forme que vont prendre les changements à venir. |
| 1.2. | Le risque de préjudice économique et de pertes de vies dû à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des effets météorologiques extrêmes liés au climat perdurera. Le risque que les effets du changement climatique et les efforts d’adaptation à ce changement aggravent les inégalités existantes est tout aussi important. L’adaptation, qui repose sur l’équité, est dès lors essentielle pour protéger la vie, l’emploi et les moyens de subsistance des citoyens européens, en particulier ceux des plus vulnérables, qui sont généralement plus durement touchés par le changement climatique. Les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer dans le contexte d’une transition juste. Il convient en particulier de garantir la participation des partenaires sociaux afin de réussir les adaptations dans le monde du travail et de préserver des conditions de travail décentes grâce au dialogue social et à la négociation collective. |
| 1.3. | La mise en œuvre de la stratégie d’adaptation de l’Union, ainsi que celle du pacte vert pour l’Europe, devrait être fondée sur une approche systémique tendant à poursuivre simultanément des objectifs multiples et à promouvoir des instruments politiques et des solutions technologiques susceptibles d’être utilisés dans les différents secteurs de l’économie. |
| 1.4. | Le Comité demande en particulier que l’on accorde une importance égale au financement de l’atténuation et à celui de l’adaptation. Il est essentiel que toutes les politiques relatives au climat de tous les niveaux combinent des stratégies d’atténuation et d’adaptation. |
| 1.5. | Le CESE estime qu’il est nécessaire de disposer de lignes directrices, d’objectifs et d’outils de suivi, de critères de référence et d’indicateurs spécifiques pour contribuer à assurer la transparence de l’affectation des ressources, à anticiper et à gérer les effets du changement climatique, et pour évaluer les progrès accomplis en matière d’adaptation à ce changement, tout en renforçant les capacités locales, nationales et régionales en vue d’utiliser tous ces outils. |
| 1.6. | Le CESE considère les solutions fondées sur la nature, la bioéconomie et la transition vers une économie circulaire comme des approches essentielles pour l’adaptation au changement climatique et, dans le même temps, comme une occasion pour l’Union de se rétablir d’une manière durable sur les plans environnemental et social. |
| 1.7. | Le Comité invite la Commission à s’efforcer de mieux aligner les politiques d’adaptation au changement climatique sur la justice climatique dans le cadre des futurs travaux sur les politiques d’adaptation. Le Comité reconnaît que le changement climatique peut avoir des incidences sociales, économiques, de santé publique et d’autres incidences négatives sur les communautés, et préconise de s’attaquer aux inégalités existantes au moyen de stratégies d’atténuation et d’adaptation à long terme, de sorte que personne ne soit laissé de côté. |
| 1.8. | Pour soutenir les entreprises dans leur propre adaptation et dans les efforts qu’elles déploient pour fournir à la société des solutions d’adaptation, l’Union européenne doit renforcer et favoriser des conditions propices à l’innovation, à l’investissement et au commerce, qui améliorent le développement durable. L’adaptation au changement climatique et ses coûts devraient également faire partie intégrante de la stratégie industrielle de l’Union. |
| 1.9. | Le CESE estime que l’agriculture, la sylviculture et la pêche comptent parmi les secteurs les plus directement touchés, alors qu’ils peuvent contribuer dans le même temps aux solutions d’adaptation, à la séquestration du carbone et à la sécurité alimentaire. Une recherche et une innovation intensives, mais aussi des primes pour les puits de carbone mis en place, sont nécessaires pour soutenir ces secteurs. |
| 1.10. | Les pertes économiques annuelles dues aux catastrophes climatiques s’élèvent à des centaines de milliards de dollars. Le rapport des Nations unies intitulé «Human Costs of Disasters» [«Coûts humains des catastrophes»] brosse également un tableau saisissant: «L’on a enregistré, entre 2000 et 2019, 7 348 événements catastrophiques graves, qui ont causé 1,23 million de morts, touché 4,2 milliards de personnes (dont beaucoup à plusieurs reprises), et entraîné des pertes économiques mondiales d’environ 2 970 milliards de dollars.» Plusieurs sources de financement de l’Union sont disponibles pour supporter l’adaptation: le budget du pacte vert pour l’Europe, le CFP et NextGenerationEU. Le CESE plaide en faveur d’une plus grande clarté des différentes options, ainsi que de procédures simples d’utilisation pour garantir que les acteurs au niveau pratique aient un accès aux financements en temps utile. En outre, la suppression des subventions en faveur des combustibles fossiles et la mise en œuvre d’une réforme budgétaire verte pourraient libérer des ressources considérables provenant des budgets publics, remédier aux incohérences systémiques et engendrer de nouvelles recettes pour financer l’adaptation au changement climatique. Le CESE critique le fait qu’aucune feuille de route concrète n’ait encore été présentée en vue de la suppression des subventions préjudiciables à l’environnement. |
| 1.11. | Le CESE plaide également en faveur de mesures qui feront de l’orientation des investissements vers l’industrie des combustibles fossiles la stratégie la moins favorable aux institutions financières et inciteront à affecter des flux financiers privés à des activités en faveur de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci. C’est important pour les investissements tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union; afin que cette dernière se révèle pionnière en matière de normes à l’échelon mondial dans le domaine des finances durables, la Commission devrait mettre la barre haut et suivre les principes d’approche fondée sur la science et de neutralité technologique, y compris dans la taxinomie de l’Union. |
| 1.12. | La stratégie reconnaît la nécessité de financements internationaux supplémentaires en faveur de l’adaptation au changement climatique, y compris de sources publiques; toutefois, le CESE demande instamment à la Commission de préciser la manière dont elle supprimera les obstacles à l’accès aux financements pour les pays, les communautés et les secteurs les plus vulnérables à l’échelle mondiale, ainsi que la manière dont elle inclura des propositions pour l’intégration de la dimension de genre et la lutte contre les inégalités aux niveau régional et local. |
| 1.13. | L’Union doit accorder une attention particulière à la coopération internationale sous ses différentes formes, y compris les partenariats en matière d’investissement, de commerce et d’innovation, dans le but de renforcer les mesures d’adaptation à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays en développement. |
| 1.14. | Dans l’ensemble, le Comité considère la stratégie comme une base en vue d’une initiative juridiquement contraignante qui obligerait les États membres à élaborer des plans et stratégies nationaux pour l’adaptation au changement climatique. La loi européenne sur le climat jouera un rôle déterminant dans la mise en place de politiques contraignantes en matière de climat. |
| 1.15. | Les collectivités locales et régionales, en tant qu’autorités chargées de la mise en œuvre de la plupart des initiatives en matière d’adaptation, devraient être dotées de ressources suffisantes pour développer des capacités dans ce domaine, y compris dans la conception de la politique d’adaptation. |
2. Contexte
| 2.1. | La Commission européenne a adopté la nouvelle stratégie de l’Union pour l’adaptation au changement climatique le 24 février 2021 (1). Cette nouvelle stratégie définit la manière dont l’Union européenne peut s’adapter aux effets du changement climatique et devenir résiliente à ce changement d’ici à 2050. |
| 2.2. | Le Comité économique et social européen accueille favorablement l’adoption de la stratégie de l’Union pour l’adaptation au changement climatique et ses quatre objectifs (rendre l’adaptation de l’Europe plus intelligente, plus rapide et plus systémique et intensifier l’action internationale en matière d’adaptation au changement climatique), en ce qu’elle constitue une étape essentielle dans l’important processus d’élaboration des politiques. |
| 2.3. | Cette stratégie propose d’atteindre l’objectif consistant à rendre l’adaptation plus intelligente «en améliorant nos connaissances ainsi que la disponibilité des données, tout en gérant l’état d’incertitude dans lequel nous plonge le changement climatique; obtenir des données plus nombreuses et de meilleure qualité sur les risques et pertes liés au climat, et faire de Climate-ADAPT la plateforme de connaissances européenne faisant autorité en matière d’adaptation». L’objectif visant à rendre l’adaptation plus systémique pourrait être atteint «en soutenant l’élaboration des politiques à tous les niveaux de gouvernance et dans tous les secteurs de la société et de l’économie, en améliorant les stratégies et les plans d’adaptation; [en intégrant] les principes de résilience climatique dans la politique macrobudgétaire et [en promouvant] des solutions d’adaptation fondées sur la nature». Quant à l’objectif d’accélérer l’adaptation dans tous les domaines, il s’agit de «[favoriser] le développement et le déploiement de solutions d’adaptation; réduire les risques liés au climat; combler le déficit de protection contre les aléas climatiques et garantir la disponibilité et la durabilité de l’eau douce». |
| 2.4. | Les pertes économiques annuelles dues aux catastrophes climatiques s’élèvent à des centaines de milliards de dollars. Les rapports (2) montrent que si les trajectoires actuelles des émissions devaient perdurer, certaines parties de l’Europe méridionale devraient connaître des phénomènes de chaleur extrêmes tous les deux ans et les rendements du maïs pluvial devraient diminuer de 50 %. Ces effets différenciés risquent de créer davantage de divergence, plutôt que de convergence, au sein de l’Union. La pandémie de COVID-19 a démontré qu’il est essentiel de comprendre et d’intégrer le lien entre les programmes en matière d’environnement et de santé publique dans l’élaboration des politiques, en gardant à l’esprit que la lutte contre les menaces pesant sur la biodiversité peut contribuer à réduire le risque d’apparition future de zoonoses et de pandémies, et en reconnaissant que les mesures de relance à la suite de la pandémie et les mesures d’adaptation au changement climatique ont le même objectif de résilience pour l’avenir (3). |
| 2.5. | L’avis du CESE sur la stratégie vise à donner le point de vue de la société civile concernant ses objectifs et les actions qui les sous-tendent. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE souligne qu’une mise en œuvre conjointe des objectifs de développement durable (ODD), du pacte vert pour l’Europe, de la loi sur le climat et du pacte pour le climat, ainsi que l’élaboration et l’application des plans pour la reprise et la résilience, doivent être facilitées par des stratégies visant à la fois l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ce dernier. Le CESE soutient avec vigueur la nouvelle stratégie de l’Union pour l’adaptation au changement climatique, adoptée le 24 février 2021. |
| 3.2. | Le CESE souligne qu’en dépit des mesures intensives de lutte contre le changement climatique, il existe un besoin urgent et durable d’adaptation. Le risque de préjudice économique et de pertes de vies humaines dû à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des effets météorologiques extrêmes liés au climat perdurera. Le risque que les effets du climat et les efforts d’adaptation au changement climatique aggravent les inégalités existantes est tout aussi important. L’adaptation sera essentielle à la protection des droits fondamentaux des citoyens européens en ce qui concerne la sécurité, un travail décent et la résilience des moyens de subsistance. |
| 3.3. | Le CESE partage l’inquiétude de la Commission concernant les risques pour la santé engendrés par le changement climatique et la nécessité qui en découle de mieux les comprendre, par l’intermédiaire de la plateforme européenne d’adaptation au changement climatique «Climate-ADAPT». Toutefois, comme l’Organisation mondiale de la santé (4) et l’Agence européenne pour l’environnement (5) l’ont souligné, il existe des preuves des effets inégaux produits par la pollution et la dégradation de l’environnement sur les communautés socialement défavorisées et les groupes vulnérables. La notion d’inégalité environnementale devrait donc être intégrée dans les politiques de l’Union eu égard à la dimension sociale du changement climatique. |
| 3.4. | Le Comité note que, si les mesures appropriées sont prises, l’adaptation produira des effets bénéfiques pour tous, elle permettra notamment d’éviter les pertes dues au changement climatique, de générer des avantages économiques, de renforcer la justice sociale et d’améliorer la sécurité environnementale. |
| 3.5. | La mise en œuvre de la nouvelle stratégie de l’Union pour l’adaptation au changement climatique, à l’instar de celle du pacte vert pour l’Europe, devrait faire l’objet d’une approche systémique tendant à poursuivre des objectifs multiples et à promouvoir des instruments politiques et des solutions technologiques susceptibles d’être utilisés dans les différents secteurs de l’économie. Une méthode d’analyse systémique globale et les outils nécessaires à sa mise en œuvre sont donc nécessaires pour garantir que l’on s’attelle à plusieurs objectifs simultanément. |
| 3.6. | Le CESE estime qu’il est nécessaire de disposer de lignes directrices, d’objectifs et d’outils de suivi, de critères de référence et d’indicateurs spécifiques pour contribuer à anticiper et à gérer les effets du changement climatique, et pour évaluer les progrès accomplis en matière d’adaptation à ce changement. |
| 3.7. | Le Comité remarque que des solutions fondées sur la nature, la bioéconomie et la transition vers une économie circulaire constituent des approches essentielles pour l’adaptation au changement climatique et renvoie à ses précédents avis sur la bioéconomie (6) et l’économie circulaire (7). En outre, les pratiques de gestion durable des forêts, des sols et de l’eau sont au service à la fois de l’adaptation et de l’atténuation, et jettent les bases d’une production de nourriture et de biomasse qui soit durable, résiliente au changement climatique et neutre pour le climat. |
| 3.8. | Le CESE demande que l’on accorde une «importance égale» au financement de l’atténuation et à celui de l’adaptation. Il est essentiel que toutes les politiques relatives au climat de tous les niveaux combinent des stratégies d’atténuation et d’adaptation, et le CESE demande que de nouvelles mesures soient prises pour garantir le respect de ce principe, étant donné que les mesures d’atténuation luttent contre l’aggravation de la crise climatique pour les générations futures, tandis que les mesures d’adaptation protègent les générations actuelles et futures des phénomènes météorologiques extrêmes causés par le changement climatique existant. La méthodologie du budget de l’Union pour le suivi des dépenses liées au climat devrait être modifiée de manière à établir une distinction explicite entre les dépenses d’adaptation et les dépenses d’atténuation. |
| 3.9. | Il convient, par exemple, que les États membres de l’Union européenne informent les autorités chargées de la révision des «plans nationaux en matière d’énergie et de climat» que les stratégies d’adaptation et d’atténuation devraient se voir accorder la même importance, en raison de l’ambition accrue de l’Union en matière de climat et de l’impact de la COVID-19. Il faudrait également mobiliser et soutenir les villes et les municipalités, éventuellement par l’intermédiaire de la Convention des maires, pour qu’elles intègrent l’adaptation dans leurs plans d’atténuation et créent des synergies. |
| 3.10. | Le CESE est convaincu qu’il est nécessaire d’adopter une approche incluant les parties prenantes pour la conception et le développement conjoints de scénarios d’adaptation pertinents, lesquels devraient être élaborés de manière intégrée avec les scénarios d’atténuation concernés, car l’atténuation et l’adaptation sont interdépendantes et ont des effets l’une sur l’autre. Toutes les parties prenantes concernées, y compris les jeunes, devraient envisager un renforcement des capacités et une sensibilisation du public en vue de soutenir les mesures d’adaptation. En ce qui concerne les jeunes, et en particulier les enfants, il sera indispensable de mieux harmoniser le système éducatif avec les besoins en matière d’emploi de la «quatrième révolution industrielle» en cours. |
| 3.11. | Afin de garantir un large soutien à la mise en œuvre de la stratégie, il est essentiel d’atténuer les potentielles incidences sociales négatives des politiques d’adaptation, compte tenu des aspects économiques et environnementaux. Le CESE demande que des mesures supplémentaires spécifiques soient prises pour les groupes de parties prenantes vulnérables, en accordant une attention particulière au sexe, à l’âge et aux minorités. |
| 3.12. | Le CESE note que l’innovation et la mise en œuvre en matière d’adaptation nécessitent un financement patient, à long terme et stratégique, et que l’État a un rôle entrepreneurial important à jouer pour favoriser cette patience. Les coûts associés aux politiques de décarbonation de l’Union devront être réduits au minimum et partagés entre les différents secteurs afin de garantir que les groupes de personnes à faibles revenus et les communautés vulnérables ne supportent pas une part inéquitable de la charge financière. Un rapport du Réseau de solutions pour le développement durable des Nations unies (SDSN) sur l’Europe (8) montre qu’il convient de mettre en place des contre-mesures appropriées pour éviter toute augmentation des inégalités et pour garantir un soutien plus large à la transition vers le développement durable. |
| 3.13. | Plusieurs fonds de l’Union sont disponibles pour financer l’adaptation. Le CESE plaide en faveur d’une plus grande clarté des différentes options, ainsi que de procédures simples d’utilisation pour garantir que les acteurs au niveau pratique aient un accès aux financements en temps utile. |
| 3.14. | Le développement et l’utilisation d’outils financiers pour les politiques d’adaptation (subventions, contrats d’échange de crédit, obligations liées aux mesures d’adaptation, programme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts/REDD, etc.) devraient être intensifiés. Dans l’objectif d’accroître l’ambition globale de la stratégie, il est essentiel d’évoquer et d’encourager l’utilisation de nouveaux instruments potentiels tels que les échanges de dettes pour le climat afin de garantir des flux financiers aux pays qui ont besoin d’une action immédiate. |
| 3.15. | Le CESE souligne également qu’il importe d’intégrer les risques et les incertitudes profondes (lorsque les probabilités des événements ne sont pas connues) liés aux catastrophes naturelles climatiques dans les modèles et outils utilisés pour concevoir les politiques macrobudgétaires. |
| 3.16. | La stratégie devrait être suivie d’un plan expliquant clairement la feuille de route pour sa mise en œuvre aux niveaux européen, national, régional et local, y compris la manière de soutenir différents secteurs de l’économie et de la société afin de comprendre et combattre les risques climatiques, en accordant une attention particulière aux secteurs et communautés les plus vulnérables. |
| 3.17. | La coordination des mesures d’adaptation avec les programmes de relance post-COVID-19 est essentielle aux stades de la pandémie et de l’après-pandémie. |
4. Observations particulières
Mesures au niveau de l’Union
| 4.1. | Le CESE invite la Commission à s’efforcer de mieux aligner les politiques d’adaptation au changement climatique sur la justice climatique. Les défis liés au changement climatique nécessitent de ne laisser personne de côté et de répondre en premier lieu aux besoins des plus vulnérables, qui sont souvent les moins préparés et, dans de nombreux cas, les moins responsables de l’état actuel du climat. |
| 4.2. | En Europe, le changement climatique aura des effets différents selon les régions géographiques. Les réponses politiques et les efforts d’adaptation au changement climatique doivent donc tenir compte de ces différences et des spécificités de chaque région. |
| 4.3. | Il est nécessaire d’établir des indices de vulnérabilité pour orienter les stratégies d’adaptation. Le développement de ces indices devrait s’articuler autour des trois dimensions suivantes: la vulnérabilité géographique ou régionale, la vulnérabilité sectorielle ou économique, et la vulnérabilité sociale. |
| 4.4. | La structure existante pour les projets d’adaptation porte souvent sur les effets du changement climatique plutôt que sur les causes profondes de la vulnérabilité. Le CESE recommande dès lors une intégration et une prise en compte approfondies de la planification de l’adaptation au changement climatique dans toutes les politiques, stratégies et mesures pertinentes de l’Union. |
| 4.5. | Tout d’abord, il importe d’investir dans le renforcement du capital humain, notamment en facilitant la création d’innovations technologiques et sociales et en fournissant aux citoyens européens des connaissances et des outils leur permettant de se préparer de manière adéquate aux défis climatiques à venir. Il convient d’accorder une attention particulière à l’éducation et aux compétences des personnes sous-représentées et marginalisées. |
| 4.6. | Il est également important de fournir aux entreprises des outils et un soutien pour l’évaluation et la gestion des effets du changement climatique. Les incidences climatiques touchent toutes les industries, directement ou indirectement. L’adaptation au changement climatique et ses coûts devraient faire partie intégrante de la politique industrielle de l’Union et également être pris en considération dans le cadre des aides d’État. |
| 4.7. | L’agriculture, la sylviculture et la pêche comptent parmi les secteurs les plus directement touchés, alors qu’ils sont susceptibles de contribuer dans le même temps aux solutions d’adaptation, à la séquestration du carbone et à la sécurité alimentaire. Une recherche et une innovation intensives, mais aussi des primes pour les puits de carbone mis en place, sont nécessaires pour soutenir ces secteurs. Par ailleurs, le CESE reconnaît qu’il est urgent de s’occuper des changements que subissent les océans à cause du climat en prenant des décisions souples, adaptatives et rapides en matière de gestion de la pêche en vue d’assurer la durabilité à long terme de la production de protéines animales à faibles émissions de carbone en Europe. |
| 4.8. | La numérisation offre de nombreuses possibilités pour l’adaptation au changement climatique, par exemple dans le cadre du suivi, de la modélisation, de la production et de la communication; il convient de l’exploiter pleinement. Des mesures appropriées sont également nécessaires pour garantir la résilience au changement climatique des infrastructures critiques dans toute l’Union, telles que les réseaux et les systèmes dans les secteurs de l’énergie, des transports et du numérique. |
| 4.9. | Les solutions fondées sur la nature aideront l’Union à s’adapter à la nouvelle réalité climatique et à réduire au minimum les effets potentiellement dévastateurs du changement climatique. Elles offrent une voie à l’Union pour se rétablir d’une manière durable sur les plans environnemental et social. Le CESE appelle à faire preuve de vigilance afin de veiller à ce que les communautés locales participent réellement à leur déploiement et à leur conception. |
| 4.10. | Le désengagement des combustibles fossiles et l’investissement dans des mesures d’adaptation au changement climatique devraient aller de pair. Le Comité considère dès lors que la taxinomie de l’Union pour une finance durable constitue un outil important permettant à l’Union de devenir plus ambitieuse en ce qui concerne l’adaptation au changement climatique. En outre, l’adaptation de la fiscalité environnementale et le déplacement de la fiscalité du travail vers l’utilisation des ressources naturelles pourraient à la fois remédier aux incohérences systémiques et générer de nouvelles recettes pour financer l’adaptation, et aussi accélérer la cession d’activités préjudiciables à l’environnement. |
| 4.11. | Le CESE prend note de la première série de critères techniques pour déterminer les activités qui contribuent de manière substantielle à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à celui-ci (9). Il plaide en faveur de critères de taxinomie fondés sur des données scientifiques et répondant au principe de neutralité technologique qui feront de l’orientation des investissements vers l’industrie des combustibles fossiles la stratégie la moins favorable pour les institutions financières et inciteront à affecter des flux financiers privés à des activités soutenant des mesures d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci. |
| 4.12. | Dans l’ensemble, le Comité considère la stratégie comme une base en vue d’une initiative juridiquement contraignante qui obligerait les États membres à élaborer des plans et stratégies au niveau national pour l’adaptation au changement climatique. |
Mesures au niveau national et infranational
| 4.13. | Avant tout, l’inertie au niveau national doit être surmontée à l’aide d’une impulsion et d’une responsabilité politiques fortes et d’une participation active de la société civile. À cette fin, il conviendrait d’inciter les États membres à accorder une priorité élevée, de manière générale, au pacte vert pour l’Europe et, en particulier, aux questions d’adaptation au changement climatique lors de la définition de leurs objectifs stratégiques à long terme, à l’horizon 2050 et au-delà. Il est également nécessaire de déterminer de manière transparente des objectifs de dépenses explicites pour l’adaptation afin d’éviter que cette dernière ne soit marginalisée. Les méthodologies du budget des États membres pour le suivi des dépenses liées au climat devraient être modifiées de manière à établir une distinction explicite entre les dépenses d’adaptation et les dépenses d’atténuation. |
| 4.14. | Le Comité estime qu’il est essentiel que tous les membres de la société voient et ressentent la manière dont les mesures d’adaptation les aident à améliorer leurs conditions de vie particulières et à faire face aux risques futurs. Les stratégies nationales d’adaptation doivent, par conséquent, inclure le maintien d’un soutien solide en matière de sécurité sociale face à la transition imminente. |
| 4.15. | Il est nécessaire d’insister fermement sur la mise en œuvre de politiques modernes en matière d’innovation et d’entrepreneuriat orientées vers des systèmes de production plus écologiques et plus résilients, et de politiques actives du marché du travail axées sur la création d’emplois, l’acquisition de nouvelles compétences, la reconversion et la formation des travailleurs, afin de favoriser une adaptation adéquate au niveau national. Cette approche devrait associer activement les travailleurs à la conception conjointe de programmes de renforcement des capacités. |
| 4.16. | De nouveaux investissements dans les services publics et les infrastructures sont nécessaires pour garantir la résilience aux changements climatiques dans les domaines de l’eau, de l’énergie, des transports et des systèmes numériques. Une planification appropriée de l’utilisation des sols est également essentielle car elle jette les bases d’une réduction de la fragilité des bâtiments face à des conditions météorologiques extrêmes. |
| 4.17. | Des considérations d’équité devraient être prises en compte pour la fiscalité environnementale et d’autres mécanismes économiques de gestion de l’environnement, qui soutiendraient les incitations à l’atténuation du changement climatique, fourniraient des recettes pour soutenir les efforts d’adaptation et atténueraient les effets régressifs de ces politiques sur les groupes de parties prenantes touchés de manière disproportionnée. Il en va de même pour les subventions en faveur des combustibles fossiles dont la suppression, promise à maintes reprises, libérera des ressources considérables provenant des budgets publics, lesquelles pourraient à leur tour être consacrées à l’adaptation au changement climatique. Le CESE critique le fait qu’aucun calendrier n’ait encore été présenté en vue de la suppression des subventions préjudiciables, bien que celle-ci fasse l’objet de discussions depuis plus de trente ans. |
Coopération internationale et renforcement du rôle de l’Union sur la scène mondiale
| 4.18. | Le CESE souscrit à la nécessité d’«intensifier l’action internationale en faveur de la résilience face au changement climatique», selon les termes de la Commission, et nous partageons l’affirmation de la Commission selon laquelle «[n]os ambitions dans le domaine de l’adaptation au changement climatique doivent être à la hauteur de notre rôle de chef de file mondial en matière d’atténuation du changement climatique». |
| 4.19. | Le CESE souligne que, en dehors de l’Union, les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement sont les plus durement touchés par les effets du changement climatique, et sont les plus vulnérables aux chocs économiques, aux inégalités et à la crise sanitaire liée à la COVID-19. |
| 4.20. | Conformément à la stratégie de partenariat Afrique-UE, le CESE préconise de travailler avec les pays d’Afrique les plus menacés. Il convient de soutenir davantage les programmes, tels que la Convention des maires pour l’Afrique subsaharienne, qui permettent aux acteurs locaux et nationaux de collaborer sur les plans d’atténuation et d’adaptation. Comme l’indique la Commission, la Banque mondiale a souligné que, rien qu’en Afrique subsaharienne, le changement climatique pourrait provoquer la migration de près de 70 millions de personnes d’ici à 2050, entraînant d’importantes conséquences sociales, économiques et environnementales. Le format du partenariat oriental fournirait une autre plateforme d’action commune. |
| 4.21. | La stratégie reconnaît la nécessité de financements internationaux supplémentaires en faveur de l’adaptation au changement climatique, y compris de sources publiques, et elle permettra d’accroître le financement international de l’adaptation au changement climatique, en s’appuyant sur les instruments de l’Union pour l’action extérieure. Toutefois, le CESE demande instamment à la Commission de préciser la manière dont elle supprimera les obstacles à l’accès aux financements pour les pays, les communautés et les secteurs les plus vulnérables à l’échelle mondiale, ainsi que la manière dont elle inclura des propositions pour l’intégration de la dimension de genre et la lutte contre les inégalités. Le financement de l’adaptation basé sur les subventions devrait être essentiel dans ce contexte. |
| 4.22. | Il est important de mettre à disposition les ressources nécessaires à la recherche et à la mise en pratique des résultats de cette recherche. À cet égard, il convient d’accorder une attention particulière aux pays de l’hémisphère Sud qui mènent de nombreux projets prometteurs pour lutter contre les effets du changement climatique. Il est important d’assurer le soutien financier et logistique nécessaire à ces projets. |
| 4.23. | Pour que le financement privé contribue à la lutte contre le changement climatique, il convient de veiller tout particulièrement à dissuader les établissements financiers privés de financer des activités préjudiciables en dehors des frontières de l’Union et à réorienter ces ressources financières vers des activités en faveur de l’adaptation. L’Union doit participer activement à la coopération internationale afin d’élaborer une taxinomie commune et de renforcer son rôle en tant que pionnière en matière de normes dans le domaine des finances durables. |
| 4.24. | Le CESE estime que pour soutenir le renforcement de la résilience face aux crises mondiales, l’Union devrait faire valoir des positions fortes en matière de financement de l’adaptation lors de négociations. L’Union devrait soutenir la réalisation d’un équilibre de 50 % en ce qui concerne respectivement le financement de l’atténuation et de l’adaptation. Ces objectifs doivent être réalisés tout en continuant à mettre l’accent sur la COP 26 de cette année. |
| 4.25. | Le plan d’action en matière d’adaptation dans la nouvelle feuille de route du Groupe BEI dans son rôle de banque du climat doit accorder une attention particulière à l’encouragement des investissements en faveur de l’adaptation dans les pays en voie de développement, sans accroître leur vulnérabilité face à la dette. |
| 4.26. | L’adaptation au changement climatique est également une question de commerce et d’investissements directs étrangers. Le changement climatique touche, par exemple, les chaînes d’approvisionnement mondiales, l’accès aux matières premières étrangères et la logistique. Malgré les risques, le changement climatique offre aux entreprises de l’Union la possibilité de proposer des solutions d’adaptation pour les marchés mondiaux. La gestion des risques et la saisie des opportunités doivent être envisagées et facilitées par la politique commerciale de l’Union. Le commerce devrait également s’inscrire dans le cadre de partenariats avec les pays en développement afin d’améliorer leurs possibilités d’adaptation. |
| 4.27. | Le Comité constate que l’élan politique mondial actuel est sans précédent. Le rôle moteur de l’Europe n’est pas contesté: le pacte vert pour l’Europe a été le premier engagement politique à être annoncé avec le niveau d’ambition et d’orientation nécessaire. Le sommet sur le changement climatique (10) organisé par le président Joe Biden en avril 2021 a connu un succès remarquable et constitue un point de basculement. Les plus grandes économies du monde, à savoir les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, le Japon, le Royaume-Uni, l’Inde, le Canada, la Corée et le Brésil, se rejoignent enfin sur l’objectif d’une décarbonation profonde. Le CESE reconnaît que l’Union doit s’appuyer sur cet élan et intensifier les efforts déployés au niveau mondial pour poursuivre l’ambition d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci, conformément à l’accord de Paris. |
Le rôle des acteurs de la société civile
| 4.28. | Réussir la mise en œuvre de l’adaptation n’est pas possible sans le soutien actif des acteurs de la société civile. |
| 4.29. | Les scénarios d’adaptation devraient donc être élaborés conjointement avec toutes les parties prenantes concernées: les responsables politiques, les employeurs et les travailleurs, les ONG, le secteur financier, les scientifiques et les développeurs de technologies. La société civile, aux niveaux national, régional et surtout local (compte tenu de la nature locale des politiques d’adaptation), devrait être associée à toutes les étapes de la planification et de la mise en œuvre. |
| 4.30. | La stratégie devrait également promouvoir et suivre la participation des partenaires sociaux dans différents secteurs au niveau européen et dans tous les États membres, garantir un dialogue social bipartite et tripartite fort, et encourager la négociation collective le cas échéant. |
| 4.31. | Il convient de mettre au point, de mettre en place et d’utiliser des outils de participation des parties prenantes, y compris ceux qui sont facilités par la science citoyenne. |
| 4.32. | Le CESE note qu’il faut des ressources financières importantes destinées à rendre ces outils opérationnels, ce qui nécessite une conception scientifique des outils et un investissement dans le renforcement des capacités. |
| 4.33. | Les organisations de la société civile jouent également un rôle important dans la sensibilisation, notamment sur des sujets liés aux habitudes de consommation, à l’utilisation de l’énergie et des transports et à la préservation de la nature. Elles sont essentielles à la mobilisation de la société, en ce qu’elles transmettent des messages relatifs à la protection du climat aux citoyens et fournissent des informations publiques pour soutenir les décisions sur les actions à entreprendre afin de lutter contre le changement climatique et de s’y adapter. |
| 4.34. | Plus important encore, ce sont les acteurs de la société civile qui mettent en œuvre les mesures d’adaptation dans la pratique. À titre d’exemple, de nombreuses mesures d’adaptation sont déjà mises en œuvre par des entreprises qui doivent anticiper les changements, notamment en ce qui concerne la demande de produits, les conditions d’investissement et de production et l’éligibilité aux assurances. Les entreprises développent également des solutions d’adaptation et les fournissent à la société. Pour soutenir ces actions, il est nécessaire de créer et de favoriser les conditions propices à l’innovation, à l’investissement et au commerce. |
| 4.35. | Les employeurs et les travailleurs sont les mieux placés pour recenser les défis et les risques que les conséquences du changement climatique font peser sur leur lieu de travail, tels que l’exposition à des températures élevées, les rayonnements ultraviolets naturels et d’autres risques pour la santé et la sécurité posés par le changement climatique. Ils devraient être associés à la conception et à la mise en œuvre des politiques d’adaptation à tous les niveaux, en accordant une attention particulière aux conditions de travail. |
| 4.36. | La consommation de matériaux, de produits et de services a une incidence directe sur l’ampleur de l’extraction des ressources naturelles et des niveaux d’émission, avec des conséquences importantes pour d’autres limites de notre planète. Le comportement des consommateurs peut influer directement et indirectement sur les émissions et l’utilisation des ressources, et partant aussi sur l’ampleur du changement climatique. |
| 4.37. | Toutefois, le CESE observe que la participation active des consommateurs ne fonctionne pas comme une baguette magique, pas plus que l’action d’un seul partenaire. L’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci requièrent une sensibilisation et un engagement de la part de tous dans la société, avec l’aide des gouvernements et d’autres décideurs politiques. Une action politique audacieuse et une transition écologique rapide seront surtout les moteurs ultimes du développement durable et seront en particulier déterminantes pour le succès des mesures d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci. |
Bruxelles, le 7 juillet 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=COM:2021:82:FIN.
(2) https://www.eea.europa.eu//publications/climate-change-impacts-and-vulnerability-2016
(3) https://covid19commission.org/enhancing-global-cooperation
(4) Environmental health inequalities resource package, OMS, Bureau régional de l’Europe, Copenhague, 2019.
(5) Rapport de l’AEE no 21/2019.
(6) JO C 440 du 6.12.2018, p. 45; JO C 240 du 16.7.2019, p. 37; JO C 47 du 11.2.2020, p. 58; JO C 110 du 22.3.2019, p. 9.
(7) JO C 264 du 20.7.2016, p. 98; JO C 230 du 14.7.2015, p. 99; JO C 14 du 15.1.2020, p. 29; JO C 367 du 10.10.2018, p. 97; JO C 345 du 13.10.2017, p. 102.
(8) https://www.unsdsn.org/the-future-europe-wants-a-green-and-digital-job-based-and-inclusive-recovery-from-covid-19-pandemic
(9) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=COM:2021:188:FIN
(10) Le président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden, et l’envoyé spécial pour le climat, John Kerry, ont réuni des dirigeants du monde entier représentant 82 % des émissions mondiales de carbone, 73 % de la population mondiale et 86 % de la production économique mondiale pour s’engager en faveur d’une action ambitieuse en faveur du climat. Source: https://ourworldindata.org/co2-emissions
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