| CELEX | 52021AE1172 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mardi 27 avril 2021 |
| 16.7.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 286/106 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Conseil modifiant le règlement (UE) no 389/2012 du Conseil concernant la coopération administrative dans le domaine des droits d’accise en ce qui concerne le contenu des registres électroniques
[COM(2021) 28 final — 2021/0015 (CNS)]
(2021/C 286/19)
| Rapporteur: | Szilárd PODRUZSIK |
| Consultation | Conseil de l’Union européenne, 5.2.2021 |
| Base juridique | Article 113 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 13.4.2021 |
| Adoption en session plénière | 27.4.2021 |
| Session plénière no | 560 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 230/0/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Comme indiqué précédemment (1), le Comité économique et social européen (CESE) soutient pleinement la mise à jour constante des règles permettant un degré adéquat de coopération administrative entre les autorités fiscales nationales. Il est en outre favorable à ce que la Commission et les États membres utilisent au mieux l’informatique et des systèmes technologiquement avancés pour améliorer la perception des taxes et lutter contre la fraude. |
| 1.2. | Le CESE appuie sans réserve la proposition de la Commission, dans la mesure où elle introduit des adaptations techniques à la législation en vigueur concernant les registres nationaux en matière de droits d’accises, qui ont été rendues nécessaires par la récente adoption de la directive (UE) 2020/262 (2). |
| 1.3. | Le CESE rappelle qu’il importe d’organiser et de gérer les registres nationaux en matière de droits d’accise tout en respectant le droit à la vie privée pour ce qui est des informations introduites et traitées dans ces registres. Le traitement de ces données ne devrait pas aller au-delà de ce qui est nécessaire et proportionné pour protéger l’intérêt fiscal légitime des États membres, conformément au principe de proportionnalité tel qu’il est énoncé par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. |
| 1.4. | Étant donné qu’il est devenu nécessaire d’adapter les registres nationaux après l’adoption de la directive (UE) 2020/262, qui définit les termes «expéditeur certifié» et «destinataire certifié», et qui introduit en outre la notion d’«expéditeur certifié ou [de] destinataire certifié n’expédiant ou ne recevant des produits soumis à accise qu’à titre occasionnel», le CESE recommande à la Commission d’assurer un degré suffisant d’harmonisation dans l’interprétation et la mise en œuvre de ces concepts afin de garantir l’homogénéité des informations figurant dans les registres nationaux. |
| 1.5. | Le CESE encourage les États membres à examiner et à contrôler attentivement les coûts de mise en œuvre au cours du processus d’adaptation déclenché par la proposition de la Commission. Toutefois, si le processus d’adaptation devait révéler la nécessité de dépenses supplémentaires en vue de protéger pleinement la confidentialité des informations des entreprises et la vie privée des citoyens dans l’Union européenne, il conviendrait de réaliser sans tarder de nouveaux investissements adéquats dans les technologies de l’information et la cybersécurité des registres. |
2. Proposition de la Commission
| 2.1. | La proposition de la Commission modifie le règlement (UE) no 389/2012 du Conseil (3), qui établit la base juridique de la coopération administrative entre les États membres dans le domaine des droits d’accise en ce qui concerne le contenu des registres électroniques nationaux. |
| 2.2. | La proposition est induite par le chapitre V de la directive 2020/262 adoptée récemment. En particulier, l’article 35, paragraphe 8, de cette directive dispose que «pour un expéditeur certifié ou un destinataire certifié n’expédiant ou ne recevant des produits soumis à accise qu’à titre occasionnel, la certification visée à l’article 3, points 12 et 13, est limitée à une quantité déterminée de produits soumis à accise, à un seul expéditeur ou destinataire et à une durée déterminée». |
| 2.3. | Compte tenu de cette disposition, la proposition de la Commission précise les informations à introduire dans les registres tenus par les États membres en ce qui concerne les expéditeurs certifiés et les destinataires certifiés qui ne déplacent des produits qu’à titre occasionnel. |
| 2.4. | L’article 19 du règlement (UE) no 389/2012 du Conseil établit une obligation générale, pour les États membres, de tenir des registres électroniques relatifs aux agréments des opérateurs économiques et des entrepôts qui prennent part au déplacement de produits soumis à accise en suspension de droits, ainsi qu’aux agréments des opérateurs économiques — expéditeurs certifiés et destinataires certifiés — déplaçant des produits soumis à accise qui ont déjà été mis à la consommation. |
| 2.5. | Afin de permettre le bon fonctionnement du système d’informatisation en assurant le stockage de données complètes, à jour et exactes, la proposition de la Commission a pour objectif d’étendre le champ d’application de l’article 19 du règlement (UE) no 389/2012 du Conseil afin de définir les informations devant être introduites dans les registres nationaux relatifs aux opérateurs économiques qui ne déplacent des produits soumis à accise qu’à titre occasionnel. |
| 2.6. | Plus précisément, ces informations ont trait, tant pour les expéditeurs que pour les destinataires certifiés, à la quantité de produits, à l’identité de l’opérateur économique à la fin du mouvement des produits et à la durée de la certification temporaire. |
| 2.7. | La modification proposée ne vise pas à définir un nouveau cercle de titulaires de licences d’accise, mais plutôt à relier les expéditions en libre circulation dans un État membre aux notions existantes d’«entrepôt fiscal», de «destinataire enregistré» et d’«expéditeur enregistré», en les associant aux nouveaux statuts d’«expéditeur certifié» et/ou de «destinataire certifié». Elle étend et affine ainsi les informations déjà enregistrées dans la base de données officielle. |
| 2.8. | La proposition est fondée sur l’article 113 du TFUE, qui dispose que «le Conseil, statuant à l’unanimité conformément à une procédure législative spéciale, et après consultation du Parlement européen et du Comité économique et social, arrête les dispositions touchant à l’harmonisation des législations relatives aux taxes sur le chiffre d’affaires, aux droits d’accises et autres impôts indirects dans la mesure où cette harmonisation est nécessaire pour assurer l’établissement et le fonctionnement du marché intérieur et éviter les distorsions de concurrence». |
| 2.9. | La proposition n’a pas d’incidence sur le budget de l’Union et s’applique à compter du 13 février 2023. |
3. Observations générales et particulières
| 3.1. | Comme indiqué dans de précédents avis (4), le CESE soutient pleinement la mise à jour constante des règles permettant un degré adéquat de coopération administrative entre les autorités fiscales nationales en vue de garantir la perception intégrale des taxes et de lutter efficacement contre la fraude en ce qui concerne les droits d’accise. |
| 3.2. | Il est en outre favorable à ce que la Commission européenne et les États membres utilisent au mieux l’informatique et des systèmes technologiquement avancés pour améliorer la perception des taxes et lutter contre la fraude. |
| 3.3. | Le CESE appuie dès lors sans réserve la proposition à l’examen, dans la mesure où elle introduit des adaptations techniques à la législation en vigueur concernant les registres nationaux en matière de droits d’accises, qui ont été rendues nécessaires par la récente adoption et mise en œuvre de la directive (UE) 2020/262. |
| 3.4. | Le CESE estime avantageux de disposer d’une base de données globale, qui permette de vérifier, dans le système d’échange de données en matière d’accises (SEED), les informations visées par la proposition. Le contrôle des envois taxés et l’exécution correcte de toute obligation fiscale en matière de droits d’accise seront ainsi harmonisés, plus efficaces et plus transparents. |
| 3.5. | La proposition semble conforme au principe de subsidiarité, étant donné que le contenu et le fonctionnement des registres nationaux concernant les informations relatives aux expéditeurs et destinataires enregistrés agissant à titre occasionnel doivent être harmonisés au moyen de règles européennes. En effet, celles-ci permettront, bien mieux que des approches nationales, de réaliser l’objectif réglementaire poursuivi par la Commission. À cet égard, le choix d’un règlement à adopter en vertu de l’article 113 du TFUE semble approprié. |
| 3.6. | La proposition est également conforme au principe de proportionnalité tel qu’énoncé par la jurisprudence de la Cour de justice et consacré par le traité. En effet, le contenu de la proposition n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif réglementaire poursuivi par la Commission, et n’a pas d’incidence excessive sur les intérêts des entreprises privées. |
| 3.7. | En d’autres termes, la proposition s’accompagne d’une augmentation acceptable des charges administratives pour les autorités fiscales nationales, laquelle se justifie par le résultat final, à savoir un système de contrôle fondé sur les registres plus exhaustif, plus efficace et plus transparent. |
| 3.8. | Le CESE rappelle qu’il importe d’organiser et de gérer les registres nationaux en matière de droits d’accise tout en respectant les droits fondamentaux et en particulier le droit à la vie privée pour ce qui est des informations introduites et traitées dans ces registres. Le traitement de ces données ne devrait pas aller au-delà de ce qui est nécessaire et proportionné pour protéger l’intérêt fiscal légitime des États membres, conformément au principe de proportionnalité. |
| 3.9. | Étant donné que l’adaptation des registres nationaux est devenue nécessaire après l’adoption de la directive (UE) 2020/262, qui définit les termes «expéditeur certifié» et «destinataire certifié» (article 3), et qui introduit en outre la notion d’«expéditeur certifié ou [de] destinataire certifié n’expédiant ou ne recevant des produits soumis à accise qu’à titre occasionnel» (article 35), le CESE recommande à la Commission d’assurer un degré suffisant d’harmonisation dans l’interprétation et la mise en œuvre de ces concepts afin de garantir l’homogénéité des informations figurant dans les registres exploités au niveau national. |
| 3.10. | Le CESE relève que la proposition n’aura pas d’incidence sur le budget de l’Union mais, dans le même temps, encourage les États membres à examiner et à contrôler attentivement les coûts de mise en œuvre au cours du processus d’adaptation. Cela étant dit, si nécessaire, il conviendrait de réaliser sans tarder de nouveaux investissements adéquats dans les technologies de l’information au cas où le processus d’adaptation devait révéler la nécessité de dépenses supplémentaires en vue de protéger pleinement la confidentialité des informations des entreprises et la vie privée des citoyens dans l’Union européenne. |
Bruxelles, le 27 avril 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Voir l’avis du CESE sur la «Coopération administrative dans le domaine des droits d’accise» (JO C 68 du 6.3.2012, p. 45).
(2) JO L 58 du 27.2.2020, p. 4.
(3) JO L 121 du 8.5.2012, p. 1.
(4) Voir l’avis du CESE sur la «Coopération administrative dans le domaine des droits d’accise» (JO C 68 du 6.3.2012, p. 45).
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