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Avis institutionnel52021AE1530

Avis institutionnel — 52021AE1530

CELEX52021AE1530
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 7 juillet 2021

Texte intégral

16.9.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 374/22


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique»

[COM(2021) 118 final]

(2021/C 374/05)

Rapporteur:

Gonçalo LOBO XAVIER

Consultation

Commission européenne, 21.4.2021

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Marché unique, production et consommation»

Adoption en section

15.6.2021

Adoption en session plénière

7.7.2021

Session plénière no

562

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

207/0/3

1. Conclusions et recommandations

1.1.

C’est à un moment critique pour l’Union et le monde entier que la Commission européenne présente sa «boussole numérique pour 2030». Le Comité économique et social européen (CESE) salue cette initiative ainsi que l’objectif d’utiliser les technologies numériques pour améliorer la vie des citoyens, créer davantage d’emplois, faciliter le progrès et renforcer la compétitivité européenne. La pandémie a mis en lumière l’importance et les possibilités des évolutions numériques, révélé la nécessité de procéder à des ajustements et modifié nos interactions sociales et notre manière de travailler. L’Union européenne doit répondre à ces enjeux de manière appropriée. Pour traduire les intentions en résultats, il est essentiel de disposer d’une stratégie, d’un plan assorti d’objectifs spécifiques et d’un moyen de mesurer les progrès accomplis.

1.2.

De l’avis du CESE, l’innovation numérique doit toujours protéger les droits fondamentaux, et garantir la santé, la sécurité et la vie privée de chacun (protection des données à caractère personnel). Il est essentiel que les citoyens perçoivent les évolutions et la croissance comme ayant une incidence positive sur leur qualité de vie. Les nouvelles technologies à l’appui de notre vie quotidienne doivent avoir des effets bénéfiques et équitablement répartis afin d’être réellement profitables à la société, et le droit à la santé doit toujours prévaloir et être inscrit dans la liste des droits fondamentaux associés à la citoyenneté numérique.

1.3.

Le CESE insiste sur la nécessité de restaurer la confiance du public et d’améliorer la cybersécurité et la cyber-résilience grâce à «l’intégration de la sécurité dès la conception» tout au long de la chaîne de valeur numérique, d’offrir aux citoyens de meilleures possibilités de choix et de contrôle en ce qui concerne leurs données («éthique des données») et d’asseoir la responsabilité des intermédiaires dans la lutte contre les contenus illicites et préjudiciables.

1.4.

L’accessibilité en ligne de tous les services publics essentiels européens et nationaux est un objectif justifié. Le CESE lance toutefois une mise en garde: personne ne devrait être laissé de côté et il est essentiel d’aider celles et ceux qui ne peuvent pas bénéficier du processus de numérisation dans l’immédiat. Il reste un nombre non négligeable de citoyens ne disposant pas des connaissances et compétences requises, ni même du matériel et des logiciels nécessaires pour pouvoir tirer parti de ces possibilités. Le CESE invite la Commission à soutenir les personnes en phase de transition.

1.5.

Il attire l’attention sur l’énorme risque de retard d’apprentissage que pourrait entraîner le déséquilibre des investissements. Il convient de garder à l’esprit les effets de la pauvreté numérique dans toutes les tranches d’âge, des enfants aux personnes âgées, et par conséquent, d’accorder avant tout une attention particulière aux risques réels. Afin de réduire les écarts, les investissements dans les infrastructures doivent aller de pair avec des investissements dans la formation.

1.6.

Le CESE insiste sur la nécessité d’aider les personnes à se perfectionner et à se reconvertir. Pour ce faire, il convient de créer l’égalité des chances en stimulant les partenariats public-privé pour le perfectionnement et la reconversion (tant de la main-d’œuvre actuelle que des apprenants adultes) et en promouvant pour tous une attitude d’apprentissage tout au long de la vie.

1.7.

Le CESE juge nécessaire de moderniser l’éducation en vue d’une société numérique. Il est essentiel de stimuler la numérisation des systèmes éducatifs en adaptant le contenu éducatif à l’ère numérique et de créer des écosystèmes public-privé pour mettre en œuvre de nouvelles méthodes d’enseignement qui soient ouvertes et accessibles de façon à offrir à tous les mêmes possibilités.

1.8.

Les évolutions numériques s’accompagnent de risques tels que la fraude, les atteintes à la vie privée et un manque de transparence, qui pourraient compromettre les objectifs énoncés dans le document. Le CESE estime qu’il convient de créer les conditions nécessaires à la prévention de tels risques et de réglementer les responsabilités au niveau de l’UE.

1.9.

Il insiste sur la nécessité d’envisager des stratégies pour faire face aux éventuelles pertes d’emploi résultant de changements technologiques. Comme indiqué dans un précédent avis, il est admis que l’IA et la robotique vont déplacer et transformer des emplois, en supprimer certains et en créer d’autres. En tout état de cause, l’UE doit veiller à ce que tous les travailleurs, qu’ils soient salariés, indépendants ou faux indépendants, aient accès à la protection sociale, conformément au socle européen de droits sociaux. Il convient d’encourager le dialogue social sur ces questions, à tous les niveaux, et de veiller en priorité à ce que les obligations et les droits soient adaptés à l’économie numérique et des plateformes.

1.10.

Selon le CESE, afin de gérer la transition numérique de manière inclusive et socialement responsable et pour faire face aux pertes d’emplois, en particulier à l’ère de l’après-COVID, l’une des priorités doit être la création d’un fonds européen, alimenté principalement par l’imposition des plus grandes entreprises technologiques, visant à aider les travailleurs qui perdent leur emploi et leur activité en raison de la numérisation de l’économie, en leur proposant une formation, un perfectionnement ou une reconversion adéquats.

1.11.

Le CESE réclame également une politique coordonnée qui prenne réellement en compte le point de départ de l’Europe et soit adaptée aux changements à la fois technologiques et sociétaux intervenus ces dernières années et qui se sont accélérés avec la pandémie: une stratégie industrielle — englobant également une politique de concurrence et une réglementation sectorielle, notamment pour une connectivité sûre, est primordiale.

2. Observations générales

2.1.

Le CESE accueille favorablement le plan de la Commission européenne intitulé «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique», qui s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action plus vaste visant à stimuler l’économie et la reprise sociale en Europe.

2.2.

La crise de la COVID-19 a révélé un degré élevé de dépendance vis-à-vis de l’extérieur en ce qui concerne les technologies et les processus de données, à laquelle il convient de remédier avec efficacité et rapidité. Il y a lieu de mieux exploiter les atouts de l’Europe dans ces domaines et de veiller à une participation plus étroite des citoyens européens.

2.3.

Le CESE insiste pour qu’aucun citoyen ne soit laissé pour compte. L’illectronisme reste élevé en Europe (35 % selon la Commission) et le manque d’accès aux ressources numériques doit être comblé. Toutefois, la possibilité d’interagir avec des êtres humains dans le cadre de relations économiques et administratives doit être garantie. Il importe également de veiller à ce que les fruits de la numérisation ne soient pas réservés à quelques personnes seulement. La décennie numérique doit profiter à tous.

2.4.

Il y a lieu de soutenir les entreprises européennes, en particulier les PME, dans leurs efforts de numérisation, et de leur donner les moyens d’être compétitives à l’échelle mondiale. Lorsque l’UE possède ou finance des ressources informatiques, telles que des ordinateurs quantiques, l’accès à celles-ci doit être équitablement réparti, sur la base de critères objectifs.

2.5.

Néanmoins, les ambitions et les fonds publics ne suffiront pas, à eux seuls, à produire les résultats visés. Nous avons également besoin d’une politique coordonnée qui prenne réellement en compte le point de départ de l’Europe et soit adaptée aux changements à la fois technologiques et sociétaux intervenus ces dernières années et qui se sont accélérés avec la pandémie: une stratégie industrielle — englobant également une politique de concurrence et une réglementation sectorielle, notamment pour une connectivité sûre, est primordiale.

2.6.

Le CESE approuve la vision relative à la mise en place d’un écosystème d’éducation au numérique et d’innovation et souligne la nécessité de mobiliser les établissements scientifiques et universitaires européens de haut niveau pour atteindre cet objectif.

2.7.

Il est nécessaire de stimuler la coopération publique et privée existante et de créer davantage de synergies afin d’établir un nouveau pacte numérique fondé sur un modèle de gouvernance combinant les aspects sociaux, environnementaux et économiques, en vue de parvenir à une transition numérique durable, équitable et inclusive sur le long terme.

2.8.

Le CESE insiste sur la nécessité d’envisager des stratégies pour faire face aux éventuelles pertes d’emploi résultant de changements technologiques. Comme indiqué dans un précédent avis (1), il est admis que l’IA et la robotique vont déplacer et transformer des emplois, en supprimer certains et en créer d’autres. En tout état de cause, l’UE doit veiller à ce que tous les travailleurs, qu’ils soient salariés, indépendants ou faux indépendants, aient accès à la protection sociale, conformément au socle européen de droits sociaux. Il y a lieu de promouvoir le dialogue social sur ces questions, à tous les niveaux, et d’adopter des mesures coordonnées de soutien aux personnes qui perdent leur emploi, éventuellement financées par une taxe européenne sur les entreprises qui profitent le plus de l’économie numérique.

2.9.

Le rôle du capital-risque, des marchés boursiers et de l’investissement privé en général ne doit pas être négligé. Le développement technologique en Europe sera impulsé par des entreprises privées et l’UE ne sera en mesure d’affronter la concurrence à l’échelle mondiale que si elle reste un lieu accueillant pour ces investissements. Tout cela doit se faire dans le respect des normes sociales.

2.10.

Les objectifs ambitieux en matière de connectivité devraient aller de pair avec un engagement en faveur d’un cadre réglementaire plus favorable soutenant les investissements privés dans les infrastructures de réseau. Il sera essentiel d’aligner la stratégie industrielle de l’UE et la vision du leadership européen en matière de connectivité numérique sur la politique de concurrence et les pratiques réglementaires dans le secteur des télécommunications.

2.11.

La feuille de route de la décennie numérique prévoit que l’Europe développera ses «propres infrastructures et capacités pour le nuage» afin d’empêcher que les données produites en Europe ne se retrouvent à l’étranger, ce qui est actuellement le cas pour plus de 90 % des données européennes. L’Europe ne doit pas être naïve et doit poursuivre ses efforts pour accroître son indépendance et conserver les données de ses citoyens, en particulier les données sensibles, à l’intérieur de ses frontières. À cet égard, l’objectif du plan relatif à la décennie numérique consistant à déployer, pour le traitement des données en périphérie et en nuage, 10 000 nœuds (data-edge and cloud nodes) hautement sécurisés et neutres pour le climat, constitue un pas dans la bonne direction. Le projet GAIA X doit être accéléré et devenir rapidement opérationnel.

2.12.

Le CESE soutient l’idée de promouvoir un secteur européen des technologies afin de réduire la dépendance à l’égard des géants technologiques américains et chinois et de rattraper le retard dans des domaines tels que le déploiement de la 5G, la production de puces et le traitement des données, mais met en garde contre l’approche protectionniste de l’économie des données en Europe. Il convient de promouvoir les partenariats et la coopération à l’échelle internationale.

2.13.

Pour atteindre ces objectifs, les secteurs concernés devront employer 20 millions d’experts en technologie d’ici à 2030, contre 7,8 millions aujourd’hui. En 2019, les femmes ne représentaient que 18 % des 7,8 millions de travailleurs du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC). La diversité dans les secteurs numériques est essentielle et contribuera à définir la vision du monde et de ses enjeux, notamment la réduction des risques de partialité. L’objectif de représentation plus équilibrée des hommes et des femmes doit faire l’objet d’un suivi attentif et l’accès des femmes aux domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) doit être encouragé. Le dialogue social doit être promu à tous les niveaux (de l’entreprise, sectoriel et national), car il peut contribuer à la réalisation de cet objectif. De vigoureuses campagnes doivent être menées dans les États membres, à commencer par les écoles primaires, afin d’inciter les jeunes filles à choisir des disciplines scientifiques et technologiques. La fracture numérique est un défi majeur. De nombreuses zones rurales ne disposent même pas de la 3G. L’Union et ses États membres devraient prendre des mesures incitatives pour encourager les investissements dans les zones rurales afin qu’aucun citoyen ne soit laissé pour compte.

2.14.

Ces investissements pourraient favoriser la cohésion territoriale et le développement régional et permettre aux citoyens, s’ils le souhaitent, de mener une vie plus épanouissante en dehors des grands centres urbains (dans les «villages intelligents» mentionnés dans la communication). Le travail à distance doit être développé grâce au dialogue social et à la négociation collective à tous les niveaux, afin de préserver la santé et le bien-être des travailleurs.

2.15.

Le CESE encourage la Commission européenne à prévoir des mesures incitant les citoyens à déménager en dehors des grandes zones urbaines, en promouvant le développement économique et social des zones rurales. Cela requiert la mise en place des infrastructures adéquates, en particulier dans les domaines des télécommunications et des transports.

2.16.

Étant donné que des problèmes environnementaux majeurs devront être résolus au cours de la prochaine décennie, toutes les mesures prises dans ce contexte devraient également tenir compte de l’aspect environnemental. En outre, la «boussole numérique» devrait servir d’outil supplémentaire pour contribuer à la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe et à la réduction des incidences sur l’environnement.

2.17.

Par ailleurs, les technologies numériques doivent être transparentes, inclusives, non discriminatoires, équitables et impartiales. C’est d’autant plus essentiel que la numérisation des services publics progresse à grands pas. Aujourd’hui, selon la Commission, 65 % de la population européenne possède des compétences numériques de base. L’objectif est d’atteindre 80 % d’ici à 2030. La question de l’inclusion et du soutien des 20 % restants (soit quelque 90 millions de citoyens dans l’UE) est cruciale pour réduire la pauvreté et l’exclusion. Il s’agit généralement des citoyens les plus pauvres, les plus âgés et habitant dans les zones rurales. Ils pourraient devenir encore plus vulnérables face aux services publics et privés, qui sont de plus en plus numérisés. Le CESE souligne toutefois que la possibilité d’interagir avec des êtres humains dans le cadre de relations économiques et administratives doit être garantie.

2.18.

Le CESE soutient pleinement l’objectif consistant à rendre tous les services publics européens essentiels accessibles en ligne, et les dossiers médicaux des citoyens européens devront également être entièrement numériques, étant donné que 80 % des citoyens devraient utiliser une identité numérique. Toutefois, cela nécessitera aussi des efforts coordonnés et une volonté politique de la part de tous les États membres. Le CESE demande que les organisations de la société civile soient associées à la réalisation de cet objectif. Les équipements numériques de base pour accéder aux services publics devraient, en principe, être gratuits. En tout état de cause, la numérisation des services publics ne doit pas entraîner une augmentation des obstacles financiers pour les utilisateurs.

3. Observations particulières

3.1.

La numérisation accrue de nos vies requiert que nous soyons particulièrement attentifs à la cybersécurité et au risque de fraude, et il est essentiel d’éduquer les citoyens à cet égard. La réglementation de la technologie portable est particulièrement préoccupante et devrait faire l’objet d’une attention spécifique.

3.2.

La législation européenne en matière d’économie numérique évolue rapidement. Les citoyens et les entreprises doivent être informés de leurs droits et devoirs dans le monde numérique. Des efforts continus devraient être consentis pour consolider les initiatives législatives et faciliter la compréhension et l’application du droit pour les citoyens et les entreprises.

3.3.

Le CESE se félicite du suivi régulier des objectifs et du système de gouvernance proposés dans la communication et estime que les projets plurinationaux sont essentiels à la réalisation de la vision présentée.

3.4.

Le CESE suggère de réaliser des études de cas portant sur certains secteurs dans les États membres et les pays tiers, afin d’adopter ou d’encourager les meilleures pratiques au niveau européen. Il convient de promouvoir les sas réglementaires, qui offrent un espace sûr pour tester de nouveaux modèles d’entreprise et de nouvelles idées. Une économie numérique ambitieuse doit se doter de terrains d’expérimentation souples et permissifs.

4. Une population disposant de compétences numériques et des professionnels du numérique hautement qualifiés

4.1.

Le CESE est favorable à l’objectif de 20 millions de spécialistes employés dans le secteur des TIC, avec parité entre les femmes et les hommes (2) (niveau de référence de 2019: 7,8 millions). Cela nécessitera, bien entendu, des investissements dans des systèmes éducatifs appropriés, en mesure de contribuer à la réalisation de cet objectif.

4.2.

La numérisation des services fournis par les professions libérales, étroitement liés à des intérêts publics tels que la santé, la sécurité, la législation et le niveau de vie, a une incidence majeure sur la société et nécessite de nouvelles approches professionnelles et éthiques (3). Son succès dépend non seulement des qualifications élevées des professionnels, mais aussi des compétences numériques et de la compréhension des utilisateurs, des patients, des clients et des consommateurs.

4.3.

Le CESE insiste sur la nécessité croissante de perfectionnement et de reconversion des personnes, par la promotion pour tous d’une attitude d’apprentissage tout au long de la vie.

4.4.

La pandémie a dopé l’apprentissage à distance. Dans le même temps, il est apparu clairement que cette méthode entraîne un risque élevé de retard d’apprentissage pour les enfants issus de classes sociales inférieures. Lors de la réalisation du plan d’action relatif aux objectifs numériques pour 2030, la pauvreté numérique doit faire l’objet d’une attention particulière.

5. Le rôle de l’UE sur la scène mondiale au cours de la décennie numérique, et des conditions de concurrence équitables pour les PME

5.1.

En ce qui concerne les PME, il est évidemment essentiel de soutenir leurs efforts de numérisation au moyen de différentes approches, mais il importe également de souligner leur rôle en tant que moteurs de l’innovation dans les technologies numériques.

5.2.

Le développement de logiciels est un sous-secteur de la numérisation en croissance rapide. Le soutien aux PME innovantes mérite une attention particulière. Le CESE approuve les mécanismes financiers susceptibles d’offrir aux PME un soutien adéquat afin de garantir une transition en douceur. Dans le même temps, la continuité doit être assurée, ce qui signifie que des mises à jour doivent être prévues pour que les utilisateurs ne soient pas obligés d’investir constamment dans de nouveaux programmes.

5.3.

Toutes les entreprises, qu’il s’agisse de PME, de jeunes pousses ou d’entreprises en expansion, ont besoin de capitaux. Les objectifs fixés dans le document démontrent qu’il est urgent de parvenir à une union des marchés des capitaux qui soit axée sur des solutions de marché et diminue la dépendance à l’égard du financement bancaire et du soutien anticipé, et qui favorise le transfert d’épargne entre les différents États membres dans la recherche du meilleur rendement; il est en outre nécessaire d’éliminer les distorsions fiscales en faveur de l’endettement. Les entreprises innovantes ont besoin de capitaux propres et d’un régime fiscal qui ne pénalise pas excessivement les entrepreneurs bénéficiant de taux d’imposition marginaux sur leurs gains en capital.

6. Risques et garanties

6.1.

La garantie de sécurité et de prévisibilité, tout comme la santé physique et mentale, doivent également figurer parmi les priorités de ce programme. Il est important de sensibiliser les citoyens à la sécurité, ainsi qu’à la technologie comme moyen d’améliorer la qualité de vie et l’emploi. Selon ce principe, le CESE estime essentiel que la Commission européenne, dans le cadre de son activité annuelle de suivi consacrée à l’examen de la perception que les citoyens européens ont du respect de leurs droits et de leurs valeurs, veille également à ce que le droit à la santé soit protégé comme il se doit.

6.2.

Dans le même ordre d’idées, le CESE recommande que l’Union européenne accompagne également cette nouvelle révolution industrielle d’une stratégie spécifique de surveillance de la pollution électromagnétique globale générée par les différentes technologies actuellement disponibles. Cela permettrait de mesurer l’évolution des effets électromagnétiques dans toute l’Europe afin d’élaborer des études sur le sujet en vue de surveiller l’état de santé de la population en se référant aux «données croisées» intéressantes qui seront disponibles lorsque le dossier de santé électronique européen sera enfin devenu une réalité. Ce suivi devrait être effectué par chaque État membre et donner naissance à une base de données européenne unique. Il y aurait lieu d’instaurer une politique européenne à cet égard afin de renforcer la confiance des citoyens dans ce domaine.

6.3.

Les technologies numériques devraient être au service des citoyens européens, qui ne devraient jamais être traités comme des objets ou de simples sources de données. Il convient de tenir compte des orientations éthiques et techniques existantes, telles que les «Lignes directrices en matière d’éthique pour une IA digne de confiance» du groupe d’experts de haut niveau sur l’intelligence artificielle.

6.4.

Le CESE recommande que, compte tenu des risques liés au traitement des données, des mesures soient prises pour veiller à ce que les entreprises ne collectent pas plus de données que ce dont elles ont réellement besoin et qu’elles ne les conservent pas plus longtemps que nécessaire. Dans le même temps, l’innovation fondée sur les données est un facteur de compétitivité essentiel dans l’environnement numérique et les autorités devraient s’efforcer d’imposer un cadre réglementaire de partage intersectoriel des données afin de permettre un partage des données centré sur l’utilisateur. Le cadre applicable doit promouvoir l’accès aux données et se concentrer sur l’interopérabilité.

6.5.

20 % des fonds de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) sont affectés à la connectivité numérique et 37 % à la transition écologique. Cela nécessite une vision ambitieuse et cohérente pour le secteur européen des télécommunications et un engagement en faveur d’un cadre réglementaire plus propice qui soutienne les investissements privés dans les infrastructures de réseau, ainsi que le développement de services de télécommunications souverains intégrés avec des technologies en nuage, de pointe, de données et d’IA.

6.6.

Le CESE estime que la transition numérique doit être en harmonie avec la transition vers une économie plus verte et tenir compte de l’impact environnemental. L’utilisation des ressources (y compris les ressources rares) et leur consommation d’énergie doivent être raisonnables. La transparence de l’empreinte carbone des services en nuage devrait être requise au niveau européen afin de permettre à toute organisation de calculer son empreinte carbone numérique et d’élaborer des plans pour la réduire.

6.7.

Le CESE insiste sur la nécessité de suivre le rythme de l’évolution rapide des technologies et des modèles commerciaux, en s’efforçant de combler les lacunes réglementaires, en particulier celles qui pourraient nuire aux consommateurs et aux citoyens les plus vulnérables.

Bruxelles, le 7 juillet 2021.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) JO C 440 du 6.12.2018, p. 1.

(2) Indicateur DESI «2b1». À l’heure actuelle, les femmes ne représentent que 18 % des spécialistes employés dans le secteur des TIC.

(3) JO C 286 du 16.7.2021, p. 8.


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