Avis institutionnel — 52021AE4854
| CELEX | 52021AE4854 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 19 janvier 2022 |
Texte intégral
| 12.5.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 194/87 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil établissant le programme d’action à l’horizon 2030 — «La voie à suivre pour la décennie numérique»
[COM(2021) 574 final — 2021/0293 (COD)]
(2022/C 194/12)
Rapporteure: Violeta JELIĆ
Corapporteur: Philip VON BROCKDORFF
| Consultation | Parlement européen, 18.10.2021 Conseil, 26.10.2021 |
| Base juridique | Article 173, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 13.12.2021 |
| Adoption en session plénière | 19.1.2022 |
| Session plénière no | 566 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 239/1/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La crise de la COVID-19 a mis en lumière l’importance critique de la technologie pour la résilience économique et sanitaire, faisant ainsi de la transformation et de la souveraineté numériques de l’Union européenne une question primordiale. Le Comité économique et social européen (CESE) invite donc instamment l’Union européenne à renforcer sa souveraineté numérique, qui devrait constituer, au cours des prochaines années, un maillon essentiel du processus de développement économique, social et environnemental de l’Europe. |
| 1.2. | Le CESE souligne que pour assurer sa souveraineté numérique, l’Europe se doit d’être compétitive sur la scène mondiale, ce qui passe par une coopération solide entre ses États membres, laquelle constitue une condition préalable indispensable pour faire de l’Union une référence mondiale, y compris en ce qui concerne la fiabilité des technologies. |
| 1.3. | Le CESE insiste sur la nécessité d’une transformation numérique durable, centrée sur l’humain et inclusive. À cette fin, il juge essentiel de garantir la participation des représentants de la société civile, notamment des partenaires sociaux, des organisations de consommateurs et d’autres parties prenantes concernées, à la conception, à la mise en œuvre et au suivi du programme d’action et des feuilles de route nationales correspondantes. |
| 1.4. | Une transformation numérique réussie passe par l’excellence en matière de technologie et de talents. En outre, elle requiert un socle solide et complet d’aptitudes et de compétences numériques au sein de la population. Le CESE souligne qu’il convient d’accorder une attention particulière aux personnes les plus susceptibles d’être exposées à la fracture numérique, telles que les personnes âgées, peu qualifiées ou handicapées. |
| 1.5. | L’excellence technologique repose sur une base industrielle solide ainsi qu’une innovation et des investissements intensifs. Le CESE relève l’importance des investissements dans les infrastructures numériques et le développement du marché unique des données, qui sont des catalyseurs essentiels d’un véritable progrès numérique dans toutes les régions de l’Union, tant pour les citoyens que pour les entreprises. |
| 1.6. | Les entreprises européennes ont besoin de conditions propices pour pouvoir innover, investir et exercer leurs activités face à leurs concurrentes étrangères. Les actions visant à promouvoir l’innovation doivent encourager toutes les entreprises, y compris les microentreprises, les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de l’économie sociale, de manière à ce qu’elles puissent participer au progrès et en bénéficier. |
| 1.7. | Être à la pointe du numérique demande une coopération entre les secteurs privé et public. Le CESE souligne le rôle essentiel que peut jouer le secteur public dans le développement numérique, grâce à la numérisation des services publics et de l’administration. Il s’agit là d’un moyen non seulement d’améliorer l’efficacité de ces services, mais aussi de les rendre accessibles au plus grand nombre. |
| 1.8. | Le CESE considère les projets multinationaux comme une initiative précieuse visant à promouvoir l’excellence de l’Union dans le domaine des technologies numériques et à renforcer sa position sur la scène mondiale. En plus de diffuser les bonnes pratiques par-delà les frontières, cette initiative permettrait également de résoudre des problèmes qui requièrent plus de ressources que n’en peut fournir un seul État membre. Le Comité accueille aussi favorablement l’idée d’un Consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) en tant qu’outil permettant de combiner les financements européens et nationaux à des financements privés aux fins du programme. |
| 1.9. | Le CESE insiste pour que les projets multinationaux associent le plus grand nombre possible d’États membres, afin de soutenir un marché unique numérique interconnecté, interopérable et sûr et de combler toute lacune au niveau des capacités critiques dans l’ensemble de l’Union. À cette fin, il invite la Commission à accélérer et à orienter les projets de manière à en tirer le meilleur parti possible du point de vue de l’Union dans son ensemble. |
2. Observations générales
| 2.1. | La crise de la COVID-19 a mis en lumière l’importance critique de la technologie pour la résilience économique et sanitaire, faisant ainsi de la transformation et de la souveraineté numériques de l’Union européenne une question primordiale. La montée des tensions entre les États-Unis et la Chine constitue une incitation supplémentaire, pour l’Union européenne, à renforcer ses capacités propres dans le domaine du numérique; ces tensions risquent en effet de se transformer en affrontement dans la lutte pour la suprématie technologique et industrielle. |
| 2.2. | Dans ce contexte, l’Union doit prendre des mesures sans tarder et renforcer sa souveraineté numérique, laquelle devrait, au cours des prochaines années, constituer un maillon essentiel du processus de numérisation et de développement économique de l’Europe et avoir une incidence sur sa sécurité et sa position sur la scène mondiale. Le CESE estime que la souveraineté numérique contribuerait à renforcer les atouts potentiels de l’Union et à remédier à ses faiblesses stratégiques dans le domaine de la technologie. Elle pourrait également changer la donne dans le contexte du marché unique et généraliser l’utilisation de marchés et de chaînes d’approvisionnement ouverts, pour éviter toute dépendance excessive à l’égard des systèmes propriétaires. |
| 2.3. | Il s’agit d’un défi de taille, dans la mesure où l’Union doit conquérir une place de chef de file dans le domaine technologique alors que ses États membres ne disposent pas, à l’heure actuelle, d’une position commune sur les enjeux en la matière, ni même d’une vision partagée de l’importance stratégique des technologies numériques, par exemple en ce qui concerne le déploiement du haut débit ou l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). |
| 2.4. | La transformation numérique s’inscrit également dans les valeurs de l’Union et représente un moyen d’utiliser les technologies modernes pour consolider le développement durable sur les plans économique, social et environnemental, et notamment la création d’emplois de qualité et la transition vers une économie circulaire et neutre en carbone. Le CESE se félicite de l’accent mis sur une transformation numérique inclusive et centrée sur l’humain, qui tienne dûment compte des intérêts des consommateurs, des travailleurs, des entrepreneurs et de la société dans son ensemble, y compris la protection de la vie privée et des données, la sécurité des technologies de l’information et de la communication, ainsi que l’utilisation rationnelle de l’énergie et des matériaux pour les systèmes numériques. |
| 2.5. | Le CESE accueille favorablement la proposition de décision de la Commission visant à établir un programme d’action à l’horizon 2030 intitulé «La voie à suivre pour la décennie numérique», qui s’inscrit dans le cadre du discours sur l’état de l’Union 2021 ainsi que dans le prolongement de la communication sur «Une boussole numérique pour 2030» et de la stratégie numérique précédente. Le CESE a déjà publié son avis sur la communication (1). |
| 2.6. | Le CESE souligne que la souveraineté numérique doit être fondée sur une compétitivité qui repose sur une coopération solide entre les États membres, accompagnée d’une participation intrinsèque des acteurs de la société civile, notamment des entreprises, des travailleurs, des consommateurs, des universités et d’autres parties prenantes intéressées. L’Union doit pouvoir soutenir avec succès la concurrence mondiale et se garder de tout protectionnisme et de tout isolement si elle veut devenir une référence sur la scène internationale, y compris en ce qui concerne la fiabilité des technologies et leur nature centrée sur l’humain. Elle doit pour ce faire viser l’excellence en matière de technologie et de talents. En outre, elle requiert un socle solide et complet d’aptitudes et de compétences numériques au sein de la population. |
| 2.7. | Les investissements dans les infrastructures numériques et le développement du marché unique des données sont indispensables et constituent les catalyseurs essentiels d’un véritable progrès numérique dans toutes les régions de l’Union. Au niveau international également, il y a lieu de créer, pour les activités numériques, des conditions de concurrence équitables et fondées sur des règles. Dans le même temps, il est de plus en plus important d’accorder toute l’attention requise à la cybersécurité tout au long des chaînes de valeur. |
| 2.8. | L’excellence technologique repose sur une base industrielle solide ainsi qu’une innovation et des investissements intensifs. Les entreprises européennes ont donc besoin d’un environnement commercial général qui leur fournisse des conditions favorables par rapport à leurs concurrentes étrangères. Les actions visant à promouvoir l’innovation doivent encourager et soutenir toutes les entreprises, y compris les microentreprises, les petites et moyennes entreprises et les entreprises de l’économie sociale, de manière à ce qu’elles puissent participer au progrès et en bénéficier. |
| 2.9. | Être à la pointe du numérique demande une coopération entre les secteurs privé et public. Le CESE souligne le rôle essentiel que peut jouer le secteur public dans le développement numérique, grâce à la numérisation des services publics et de l’administration. Il s’agit là d’un moyen non seulement d’améliorer l’efficacité des services, mais aussi de les rendre accessibles au plus grand nombre. |
| 2.10. | Dans ce contexte, le CESE estime que les quatre axes prioritaires définis dans la «boussole numérique», à savoir les compétences, les infrastructures, les entreprises et les services publics, revêtent une grande importance dans la transformation numérique. Il considère également que des objectifs concrets pour chaque axe prioritaire permettent d’orienter les progrès et de suivre les avancées réalisées. Il est toutefois au moins aussi important de créer des conditions favorables et propices à la mise en œuvre des mesures spécifiques nécessaires à la réalisation des objectifs. |
| 2.11. | Le financement est l’un des éléments cruciaux du développement numérique. Qu’il soit public ou privé, il est essentiel pour faciliter les investissements dans la recherche et l’innovation, l’éducation et la formation, ainsi que les infrastructures techniques. Le cadre réglementaire est, de manière générale, un autre élément déterminant pour le développement numérique. Le CESE juge important que la réglementation encourage l’innovation et les investissements dans la numérisation, dans le respect des droits de l’homme et des objectifs environnementaux et climatiques. |
| 2.12. | Le CESE estime que la coopération et l’action coordonnée entre les États membres sont essentielles pour garantir une utilisation plus efficace des ressources et permettre des investissements à grande échelle que les pays ne peuvent pas réaliser seuls. Il est également essentiel de coopérer pour être à la pointe du numérique à l’échelle mondiale. Le CESE approuve en outre la proposition d’approche intersectorielle pour façonner la transformation numérique, intégrant tous les domaines d’action pertinents tels que les politiques en matière de recherche et d’innovation, d’industrie, d’éducation, d’économie et d’emploi, ou encore les politiques sociales. |
| 2.13. | Toutefois, il convient de veiller à ce que tous les citoyens soient associés à la transformation numérique et aux efforts déployés sur cette voie. À cet égard, la proposition doit prendre dûment en considération les personnes les plus vulnérables en ce qui concerne l’exposition à la fracture numérique. Il convient donc d’accorder une attention particulière aux besoins des personnes âgées et des personnes handicapées s’agissant des exigences en matière de formation, de qualification et d’accessibilité en lien avec les services numériques. |
| 2.14. | Afin de garantir l’adoption et l’application inclusives du programme, le CESE juge essentiel de veiller à la participation des représentants de la société civile, à savoir non seulement les partenaires sociaux, mais aussi les organisations de consommateurs et d’autres parties prenantes intéressées, à la conception, à la mise en œuvre et au suivi du programme d’action et des feuilles de route nationales correspondantes. |
3. Observations particulières
| 3.1. | Le CESE se réjouit de la vision et des pistes présentées par la Commission pour la transformation numérique de l’Europe, lesquelles favorisent une action coordonnée dans l’ensemble de l’Union par la mise en place d’un mécanisme de suivi et de coopération permettant d’orienter et de renforcer les politiques, les mesures et les actions afin d’atteindre les objectifs numériques européens grâce à la coopération entre les États membres. |
3.2. Objectifs généraux
| 3.2.1. | Le CESE estime que les objectifs généraux énoncés dans la proposition sont pertinents pour renforcer efficacement le développement numérique, conformément aux principes et aux aspects soulignés dans les observations générales ci-dessus. |
| 3.2.2. | Le CESE souligne que les objectifs généraux fournissent un cadre qualitatif pour les objectifs numériques quantitatifs et qu’à ce titre, ils doivent faire l’objet d’un suivi attentif parallèlement aux objectifs numériques, afin de veiller à ce que ces derniers soient atteints dans le respect des objectifs économiques, sociaux et environnementaux. |
3.3. Objectifs numériques
| 3.3.1. | Le CESE considère que les quatre axes prioritaires et leurs objectifs se renforcent mutuellement et insiste sur la nécessité de les développer dans leur intégralité. Par exemple, des compétences et des infrastructures adéquates sont des facteurs favorisant le développement des entreprises et des services publics. |
| 3.3.2. | Le CESE plaide en faveur d’objectifs ambitieux afin d’accroître le nombre de personnes possédant au moins des compétences numériques élémentaires et estime que tout le monde devrait avoir la possibilité d’acquérir de telles compétences, y compris en matière de cybersécurité. Dans ce contexte, les personnes peu qualifiées et les personnes âgées ne doivent pas être laissées pour compte. Des financements européens et nationaux, provenant par exemple du Fonds social européen, devraient faciliter cette démarche. |
| 3.3.3. | Outre l’objectif relatif aux compétences élémentaires, le CESE souligne la nécessité d’accroître les compétences numériques professionnelles afin de combler le déficit de compétences et de répondre aux exigences du monde professionnel. |
| 3.3.4. | En ce qui concerne le renforcement de l’excellence numérique, le CESE est favorable à une augmentation sensible du nombre d’emplois pour des spécialistes du numérique hautement qualifiés. Il estime également qu’il est essentiel de renforcer la convergence entre les femmes et les hommes, afin de libérer la totalité du potentiel de la société à cet égard. Outre les spécialistes des États membres, il est utile d’attirer les talents étrangers grâce à des projets de coopération dans le domaine de la recherche. |
| 3.3.5. | Étant donné qu’une infrastructure adéquate est une condition préalable à tout développement numérique, le CESE souscrit pleinement à l’objectif de couverture de tous les ménages européens par des connexions fiables et rapides. L’application d’un tel objectif à l’ensemble des entreprises est tout aussi important. En outre, les entreprises et les consommateurs sont de plus en plus interconnectés grâce aux produits et services numériques. |
| 3.3.6. | Le CESE souscrit à l’objectif d’une production accrue de semi-conducteurs au sein de l’Union afin de renforcer la position de l’Union sur la scène mondiale et de réduire la dépendance à l’égard des technologies étrangères, tout en soulignant la nécessité d’intensifier également la production d’autres composants industriels. Il en va de même pour le renforcement des capacités quantiques, notamment l’introduction rapide d’un ordinateur quantique et le déploiement de nœuds périphériques. |
| 3.3.7. | Étant donné que les entreprises jouent un rôle central dans la transformation numérique, le CESE estime essentiel d’encourager l’adoption des technologies numériques dans toutes les entreprises. S’il approuve l’objectif d’une adoption de ces technologies dans 70 % des entreprises, il estime qu’il faut éviter d’en fournir une définition détaillée ou exclusive, qui risquerait d’entraver l’innovation. Bien que l’IA, les services d’informatique en nuage et les mégadonnées constituent effectivement des technologies stratégiques à l’heure actuelle, le développement de nouvelles technologies se poursuivra à l’avenir, et le CESE recommande dès lors que l’objectif précité ne cible aucune technologie en particulier. |
| 3.3.8. | S’il importe d’améliorer l’adoption de l’IA et d’autres technologies de pointe, il convient également de reconnaître que les PME éprouvent d’importantes difficultés à adopter ne serait-ce que les technologies numériques de base. Il y a lieu d’accorder une attention particulière aux microentreprises, qui, tout en constituant la plus grande catégorie d’entreprises, sont aussi celles qui ont le moins de ressources. En outre, les spécificités des entreprises de l’économie sociale doivent également être prises en considération. |
| 3.3.9. | Le CESE approuve le développement des start-up et des entreprises innovantes en expansion grâce à l’amélioration de leur accès au financement. Compte tenu de la proportion importante des autres types de PME, il est également essentiel de soutenir celles-ci dans leur transformation numérique. |
| 3.3.10. | Les objectifs de numérisation des services publics sont tout à fait bienvenus, tant du point de vue des citoyens que des entreprises. Le CESE note également que les processus de numérisation des entreprises et des services publics sont étroitement liés et s’étayent mutuellement. |
3.4. Suivi et établissement de rapports
| 3.4.1. | Le CESE se félicite de la volonté de définir des indicateurs clés de performance pour chaque objectif numérique de manière à pouvoir suivre les progrès de manière comparable et transparente. Il insiste sur la nécessité d’éviter le chevauchement des collectes de données et d’utiliser dans toute la mesure du possible les sources et systèmes existants. L’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) constitue une base de travail pertinente. |
| 3.4.2. | Le CESE juge important que le rapport annuel sur l’état d’avancement de la décennie numérique contribue à suivre les progrès accomplis et à recenser les problèmes qui se posent tant au niveau de l’Union qu’à l’échelon national. Le rapport devrait en outre aider les États membres à comparer leurs mesures et à apprendre les uns des autres. |
3.5. Les feuilles de route nationales et leur évaluation
| 3.5.1. | Les feuilles de route stratégiques nationales sont au cœur du programme d’action et revêtent dès lors une importance majeure pour le développement numérique dans l’Union. Il importe donc de soutenir les États membres dans cet effort. S’il est évident que les États membres ont besoin d’orientations sur la manière d’évaluer et de prévoir l’incidence des politiques, mesures et actions programmées, il est encore plus important de soutenir les mesures et actions proprement dites. |
| 3.5.2. | La proposition de programme d’action se fonde sur des objectifs au niveau de l’Union, ce qui signifie qu’il n’existe pas d’objectifs absolus pour les différents État membres. Par conséquent, le processus d’évaluation des feuilles de route nationales et de leur capacité à atteindre les objectifs de l’Union est très complexe. |
| 3.5.3. | Le CESE estime que les trajectoires prévues au niveau de l’Union constituent un instrument utile pour décrire les évolutions futures dans les grandes lignes. Toutefois, il faut éviter de formuler sur cette base des conclusions ou des recommandations trop simplistes. |
| 3.5.4. | Sans nier l’importance du processus d’évaluation annuelle et de coopération entre la Commission et les États membres, le CESE estime que l’échange de bonnes pratiques entre les États membres, la réalisation d’évaluations par les pairs et la création de projets multinationaux sont des moyens efficaces d’encourager les progrès. |
| 3.5.5. | Eu égard à l’existence de plusieurs processus parallèles de mise en œuvre d’objectifs européens dans différents domaines d’action, le CESE insiste sur la nécessité d’assurer la cohérence des politiques et d’éviter les chevauchements. Tout en préservant le sentiment d’urgence, il convient également de se demander si ce processus doit être répété chaque année, étant donné que de nombreuses mesures ont un délai de mise en œuvre plus long. |
3.6. Projets multinationaux
| 3.6.1. | Le CESE considère les projets multinationaux comme un outil précieux pour renforcer l’excellence et la position mondiale de l’Union dans certains domaines. Ils peuvent aussi permettre de résoudre des problèmes qui requièrent plus de ressources que n’en peut fournir un seul État membre. En outre, les projets multinationaux sont un moyen de diffuser les bonnes pratiques par-delà les frontières. |
| 3.6.2. | Plutôt que de se limiter à contribuer à la réalisation des objectifs numériques, les projets multinationaux devraient toujours viser à créer une véritable valeur ajoutée pour les pays participants et pour l’Union dans son ensemble. Le CESE estime que ce sont les projets en matière d’innovation, d’infrastructures et de développement des compétences qui répondent le mieux à cette exigence. |
| 3.6.3. | Le CESE souligne que ce mécanisme de coopération ne doit pas accroître les divisions au sein de l’Union mais, au contraire, aboutir à une Union plus forte. À cette fin, il importe que tous les États membres se voient offrir la possibilité de participer à un projet multinational, sur la base de leurs intérêts et de leur contribution, financière ou non. Le CESE invite la Commission à accélérer et à orienter les projets de manière à en tirer le meilleur parti possible du point de vue de l’ensemble de l’Union. |
3.7. Consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC)
| 3.7.1. | La proposition introduit la possibilité de créer, en vue de mettre en œuvre un projet multinational, un Consortium pour une infrastructure numérique européenne, qui doit faire l’objet d’une décision de la Commission à la demande d’au moins trois États membres. Le CESE accueille favorablement le concept d’EDIC en tant qu’outil permettant de combiner les financements européens et nationaux à des financements privés aux fins du programme pour une décennie numérique. |
| 3.7.2. | Comme les projets multinationaux eux-mêmes, l’EDIC doit être mis en œuvre de manière inclusive, tout État membre devant être autorisé à le rejoindre en tant que membre, à des conditions raisonnables, ou en tant qu’observateur. Dans l’ensemble, les statuts de l’EDIC doivent être clairs et définir les rôles des États membres, de la Commission et des autres participants, tels que des organisations internationales ou des entités privées. |
Bruxelles, le 19 janvier 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
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