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Avis institutionnel52021AE5430

Avis institutionnel — 52021AE5430

CELEX52021AE5430
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 18 mai 2022

Texte intégral

26.8.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 323/107


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Le nouveau cadre de l’UE pour la mobilité urbaine»

[COM(2021) 811 final]

(2022/C 323/18)

Rapporteur: Mateusz SZYMAŃSKI

Consultation

Commission européenne, 21.1.2022

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Transports, énergie, infrastructures et société de l’information»

Adoption en section

7.4.2022

Adoption en session plénière

18.5.2022

Session plénière no

569

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

203/1/8

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE accueille avec satisfaction la publication de la communication de la Commission européenne sur le cadre de l’Union pour la mobilité urbaine. La publication de ce document arrive à point nommé compte tenu des défis liés à la nécessité de protéger l’environnement et de ceux posés par la pandémie de COVID-19, qui change la façon dont on envisage la mobilité et, plus largement, la vie et le travail dans les villes. Il convient de trouver un juste équilibre entre la protection de l’environnement et le caractère inclusif de la mobilité urbaine. La nécessité de réduire les émissions ne devrait pas aboutir à une réduction de la mobilité ni à une exclusion des transports.

1.2.

Le CESE fait valoir que le droit à la mobilité, que proclame également le socle européen des droits sociaux, devrait être reconnu comme l’un des droits humains fondamentaux. Par conséquent, il préconise l’adoption par l’Union européenne de mesures ambitieuses en faveur de transports urbains inclusifs. La mobilité doit être envisagée comme un possible levier pour promouvoir l’égalité, et tout particulièrement l’égalité des chances.

1.3.

Le CESE invite les représentants des différents échelons des pouvoirs publics à travailler ensemble, en associant les représentants de la société civile et les citoyens, pour améliorer la mobilité, non seulement dans les villes, mais plus largement dans les zones fonctionnelles urbaines, lesquelles englobent également des zones périurbaines et rurales. Il leur est avant tout demandé de concevoir des plans de mobilité urbaine durable (PMUD) et des plans de logistique urbaine durable (PLUD) dont le périmètre d’intervention s’étende au-delà des limites des villes. Il devrait être tenu compte de ces considérations dans les travaux portant révision du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) pour ce qui concerne les nœuds urbains. Le CESE estime que ces pôles devraient s’inscrire dans le concept du guichet unique.

1.4.

Le CESE préconise en outre l’adoption d’une approche participative du processus d’aménagement. De l’avis du Comité, seule une mobilisation de l’ensemble des acteurs intéressés par les transports urbains pourra conduire à un changement dans la direction souhaitée. Partant, il réserve également un accueil positif à la proposition de modifier la composition du groupe d’experts sur la mobilité urbaine et de l’ouvrir à des personnes extérieures à l’administration publique. Le CESE propose d’en élargir la composition aux représentants de différents groupes sociaux et milieux, notamment aux jeunes, et il fait part également de sa volonté de participer aux travaux de cette instance. Dans le même temps, il considère qu’une telle approche pourrait contribuer à promouvoir les PMUD et les PLUD. Le CESE tient aussi à souligner l’importance des mesures visant à sensibiliser les voyageurs et les entreprises à l’offre de mobilité urbaine et de logistique, en particulier afin d’optimiser l’utilisation de la voiture. L’éducation et une large coopération entre différentes institutions et organisations revêtent une très grande importance.

1.5.

Il est extrêmement important de garantir un financement adéquat, sur le long terme, des actions en rapport avec la mobilité. Les États membres de l’Union et les collectivités locales sont encouragés à mobiliser leurs ressources propres, apportant ainsi la preuve, au même titre qu’en élaborant des PMUD et des PLUD, de leur volonté politique de faire changer les choses dans le domaine qui nous intéresse ici. Il conviendrait d’envisager l’allocation de ressources spécifiques au développement des infrastructures de transport dans le cadre des fonds de l’Union.

1.6.

Le CESE souligne qu’il convient de prendre des mesures qui auront pour effet d’accroître l’attractivité des emplois dans le domaine de la mobilité urbaine, en particulier pour ce qui concerne les transports publics, où l’on observe une pénurie de main-d’œuvre et un vieillissement des effectifs. Il est indispensable de rechercher des solutions pour améliorer les conditions de travail, par la voie du dialogue social. Cette remarque vaut également pour les travailleurs exerçant leur activité par l’intermédiaire de plateformes numériques offrant des services de mobilité. Le CESE rappelle que la Commission a formulé une proposition pour améliorer les conditions du travail effectué via des plateformes en ligne. Il y a lieu de garantir une transposition efficace de la directive correspondante.

1.7.

Le CESE reconnaît le rôle particulier que jouent les transports publics dans la démarche d’amélioration de la mobilité dans les villes et les zones périurbaines. Ce type de transport devrait se distinguer par la haute qualité de ses services et son accessibilité. La question de la sécurité n’est pas négligeable non plus dans la situation sanitaire actuelle. Par conséquent, le CESE préconise des mesures ambitieuses en vue de renforcer les transports publics, d’autant plus que ceux-ci ont un effet notable pour ce qui est de renforcer l’égalité des chances.

1.8.

L’essor de la numérisation est porteur de nouvelles perspectives et de nouvelles menaces. Le CESE reconnaît les possibilités qu’offrent les solutions numériques et il soutient leur développement. Il convient toutefois de veiller à ce que l’émergence de nouveaux outils dans le domaine de la mobilité n’en limite pas l’accès pour ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent ou ne savent pas les utiliser. Le renforcement des compétences numériques et de la sécurité de l’environnement numérique revêt donc une importance particulière. Le CESE demande par ailleurs que soit garanti le respect des principes de transparence et de gouvernance démocratique en ce qui concerne les données collectées via des applications numériques.

1.9.

Le CESE soutient les actions visant à mettre au point une batterie d’indicateurs fiables et comparables dans le domaine de la mobilité. On recommandera dans un premier temps d’utiliser les indicateurs correspondant à l’objectif de développement durable no 11 des Nations unies. Il ne faut pas perdre de vue que la collecte et le traitement des données représentent une charge significative pour les administrations. La fourniture d’un soutien aux administrations à différents niveaux dans le cadre de ce processus est par conséquent encouragée.

2. Introduction

2.1.

Les données statistiques concernant la mobilité urbaine mettent en évidence l’ampleur du défi que représente un changement des comportements et des choix en matière de mobilité (1). Les citadins sont attachés à l’automobile, ce qui n’est pas sans conséquences sur le plan social, économique et environnemental. La Cour des comptes européenne a, elle aussi, attiré l’attention sur l’ampleur du défi que représente la transition vers une mobilité durable, indiquant dans son rapport qu’«il n’existe pas de tendance nette à passer à des modes de transport plus durables» (2).

2.2.

Dans sa communication, la Commission présente des propositions d’action visant à réviser plus énergiquement les principes d’organisation de la mobilité urbaine. Comme elle le fait observer, l’objectif est de passer d’une approche fondée sur les flux de trafic à celle d’une circulation plus durable des personnes et des biens.

2.3.

D’après la Commission, cette démarche implique de renforcer la charpente des transports publics et collectifs, de faire progresser la mobilité active et d’assurer une logistique urbaine et des livraisons de fin de parcours performantes et à émissions nulles. La mise en œuvre de la multimodalité grâce aux progrès rendus possibles par la numérisation revêt une importance cruciale, l’objectif étant de mieux relier les zones urbaines et périurbaines et de gagner en efficacité.

2.4.

Il convient de replacer la communication dans le contexte de la double transition, énergétique et numérique. Pour ce qui concerne les transports, la réalisation de cette double transition passera aussi par une approche renforcée des nœuds urbains du RTE-T, et notamment par une promotion de la multimodalité pour le transport des voyageurs aussi bien que des marchandises, ce qui implique également de tirer pleinement parti des possibilités offertes par la numérisation.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE souscrit aux observations et recommandations formulées par la Commission. Les villes et la mobilité urbaine doivent évoluer et s’adapter à des réalités nouvelles. C’est à juste titre que la mobilité urbaine est envisagée comme un vaste projet qui touche à tous les aspects de la vie en ville et devrait permettre de réaliser les objectifs posés en matière économique, sociale et environnementale. Il s’agit là d’un aspect important compte tenu des difficultés auxquelles le secteur des transports est confronté dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Dans le même temps, le CESE considère que les transports publics font partie intégrante d’une politique de réduction des inégalités, notamment l’inégalité des chances.

3.2.

Le CESE reconnaît que la mobilité constitue un droit fondamental, en vertu de la déclaration universelle des droits de l’homme disposant que toute personne a le droit de circuler librement. Il convient également de rappeler les termes du socle européen des droits sociaux, selon lequel «[t]oute personne a le droit d’accéder à des services essentiels de qualité, y compris […] les transports […]». Pourtant, le CESE observe que les infrastructures existantes en matière de mobilité urbaine ne sont pas accessibles à tous dans une égale mesure. Il convient de veiller à ce que les transports soient aussi inclusifs que possible.

3.3.

Le CESE salue le rôle joué par la Commission dans le processus d’amélioration de la mobilité urbaine. Il est néanmoins conscient que c’est aux collectivités locales et aux États membres qu’incombe en premier lieu la charge de prendre les décisions. Par conséquent, il demande que l’on prenne sans attendre des mesures pour développer la mobilité, en s’attelant notamment à l’élaboration de plans de mobilité urbaine durable (PMUD) et de plans de logistique urbaine durable (PLUD), dont la mise en place est parfois bridée, entre autres, par un manque de volonté politique. Le CESE souligne la nécessité d’une coopération entre les administrations à différents niveaux de décision, également en associant les organisations de la société civile et les citoyens. Dans le même temps, il invite les États membres à consacrer des ressources propres au développement et à l’entretien des infrastructures servant à la mobilité urbaine. Il conviendrait d’envisager l’allocation de ressources spécifiques au développement des infrastructures de transport dans le cadre des fonds de l’Union.

3.4.

Le CESE partage l’avis de la Commission concernant les PMUD et les PLUD. Malheureusement, de nombreuses villes dans l’Union européenne restent à ce jour dépourvues de tels plans, ce qui pourrait suggérer que le processus de leur élaboration représente un effort financier et organisationnel significatif. Les propositions de la Commission vont dans le bon sens, et le CESE s’emploiera lui aussi à promouvoir ces instruments. Il recommande également d’en faire la promotion au niveau des entreprises. Il importe enfin que ces plans correspondent aux tendances du moment. Si cette démarche n’aboutit pas à une amélioration de la situation à long terme, il y aurait lieu d’envisager de rendre obligatoire l’élaboration des PMUD et des PLUD, dans le respect du principe de subsidiarité.

3.5.

Une attention notable est portée dans la communication au problème de la protection de l’environnement dans le contexte du développement des transports urbains. Il convient en la matière de trouver un juste équilibre. La nécessité de réduire les émissions ne devrait pas aboutir à une réduction de la mobilité ni à une exclusion des transports. Le CESE propose de recourir dans un premier temps à des dispositifs d’incitation à l’utilisation de véhicules à faibles émissions et de soutenir les entreprises, les organisations de la société civile et les consommateurs pour leur acquisition. En parallèle, il convient de mettre en avant toute la palette des modes de déplacement qui limitent, totalement ou en partie, le besoin de circuler avec un véhicule privé.

3.6.

Un aménagement du territoire approprié revêt une importance toute particulière. Il convient d’effectuer un suivi des tendances de la mobilité et de réserver des espaces en conséquence afin de développer de nouveaux modes de déplacement ainsi que les réseaux de transport public. Pour assurer une qualité de vie satisfaisante dans les zones éloignées des centres-villes, il faut veiller à ce que la population de ces territoires dispose d’infrastructures adéquates. Il est important que les modèles économiques des nouvelles formes de mobilité soient adaptés aux infrastructures urbaines. Lorsque les villes ne possèdent pas les capacités suffisantes, il y a lieu de soutenir des partenariats pour assurer le suivi des tendances observées dans le développement de la mobilité urbaine et de leur mise en œuvre dans l’Union comme au niveau mondial. Le CESE soutiendra les actions menées en ce sens.

3.7.

Une coopération est de mise entre les villes, les zones périurbaines et les zones rurales afin de mettre en place des PMUD et des PLUD correspondant à des zones fonctionnelles étendues. L’objectif devrait en être de lutter contre l’étalement urbain et une organisation chaotique de l’espace.

3.8.

Le CESE s’accorde avec la communication à l’examen sur l’importance que revêt un renforcement des nœuds urbains du RTE-T pour les voyageurs et le fret, et partage le point de vue selon lequel ces aspects devraient être intégrés dans la révision du règlement sur le RTE-T (3). À cet égard, le CESE tient à souligner que les villes ne peuvent pas se développer si elles sont déconnectées des territoires qui les entourent. Par conséquent, il est particulièrement important que des liaisons de transport viennent relier les villes aux zones périurbaines, y compris celles situées dans des zones rurales, permettant de se déplacer commodément et de tirer avantage de tout le potentiel que recèlent les différents territoires et leur population. Le CESE estime que ces pôles devraient s’inscrire dans le concept du guichet unique. Ils devraient servir non seulement à changer de mode de déplacement au sens strict, mais aussi fournir un service de transport global, comprenant l’information aux passagers, ainsi que des services et produits en rapport avec le transport, y compris le fret. Le CESE est d’avis que les haltes ferroviaires peuvent jouer un rôle particulier à cet égard.

3.9.

Le CESE convient de la nécessité de décarboner la logistique du transport de marchandises, par exemple grâce à l’élaboration de PLUD, en insistant sur la mise au point de solutions durables et l’amélioration de la multimodalité dans la perspective de solutions, technologies et véhicules à émissions nulles. Il souligne l’importance d’associer à ce processus les acteurs publics et privés, et de traiter de manière adéquate les problèmes liés à la transition.

3.10.

Le secteur devra relever le défi consistant à attirer la main-d’œuvre. L’un des problèmes relevés est la moyenne d’âge élevée des travailleurs. On observe dans le même temps un faible intérêt pour les emplois dans les transports publics urbains. Partant, on constate des pénuries de personnel qui ont un impact sur la qualité des services offerts. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a clairement montré que les travailleurs de ce secteur jouent un rôle essentiel et qu’ils sont les garants d’une continuité de fonctionnement pour des collectivités entières. Par conséquent, il convient également d’accroître l’attractivité des emplois dans le secteur en y assurant des conditions de travail décentes et équitables. En outre, il importe fortement d’intégrer l’éducation à la mobilité durable dans les programmes scolaires et dans le travail socio-éducatif et d’accroître l’attrait et l’interactivité des programmes éducatifs à l’intention des jeunes, notamment par la voie du programme Erasmus+. La recherche de solutions dans ce domaine devrait passer par les mécanismes du dialogue social.

3.11.

Il convient de prendre en compte, dans le système des marchés publics pour les services de transport urbain, toute une série de critères sociaux et environnementaux pour choisir la meilleure offre, conformément aux exigences énoncées dans le règlement (CE) no 1370/2007 du Parlement européen et du Conseil (4).

3.12.

Les transports publics sont essentiels pour développer la mobilité. Il convient dès lors d’en soutenir le développement, par exemple au moyen d’objectifs à atteindre dans ce domaine dans les années à venir. Il ne faut pas non plus perdre de vue certains éléments tels que l’accessibilité, le prix abordable, le sentiment de sécurité, la fiabilité et la ponctualité. Dans le même temps, il y a lieu de renforcer la confiance à l’égard des transports urbains au regard de leur sécurité pour la santé, en particulier dans des périodes de crise sanitaire comme celle de la pandémie de COVID-19. Il importe aussi que les déplacements via ce type de transport ne soient pas associés à la précarité. Enfin, il ne faut pas négliger non plus le rôle que jouent les transports publics pour assurer l’égalité des chances, notamment entre les hommes et les femmes. Le CESE préconise la création d’un cadre de soutien financier qui s’inscrive sur le long terme pour financer les infrastructures de transport public.

3.13.

Une certaine attention est portée dans la communication aux questions qui touchent à l’utilisation de la mobilité à la demande (MaaS). Il s’agit là d’un axe de développement souhaitable car il recèle un vaste potentiel pour produire de grandes quantités de données. Il n’en existe pas moins des craintes quant à la possibilité d’une exploitation à mauvais escient de ces données traitées par les applications. Il convient d’établir un cadre réglementaire adéquat qui garantisse le respect des principes démocratiques de la transparence dans la gestion des transports urbains, et il est nécessaire qu’un contrôle public s’exerce en la matière. En outre, les collectivités territoriales ont besoin d’un soutien pour développer les technologies reposant sur l’intelligence artificielle. Le CESE souligne que le développement d’outils numériques modernes dans le domaine de la mobilité ne doit pas avoir pour effet d’exclure ceux qui ne peuvent ou ne savent pas utiliser ces dispositifs. Il est indispensable à cet égard de renforcer les compétences numériques de la population.

3.14.

Le CESE souligne l’importance de la sensibilisation et de l’éducation autour des nouvelles formes de mobilité. Il convient de montrer à la population les avantages qu’offre l’abandon d’un véhicule privé au profit d’autres modes de déplacement. Il importe tout particulièrement d’optimiser l’utilisation de la voiture. Au-delà des organes et initiatives de l’Union européenne, les organisations et réseaux de la société civile (5) jouent un rôle important à cet égard. Le succès rencontré par Civitas en constitue un bon exemple. Le CESE propose aussi de promouvoir un tourisme urbain qui tienne compte de la durabilité des modes de déplacement.

3.15.

Le CESE voudrait signaler sa volonté de participer aux travaux du groupe d’experts sur la mobilité urbaine. Il s’accorde sur la nécessité d’en changer la composition et les méthodes de travail. La voie à suivre est celle d’une ouverture du groupe à des milieux extérieurs à l’administration. Il y a lieu d’encourager une plus grande diversité dans sa composition, de sorte que différents milieux et groupes sociaux y soient représentés. De telles considérations pourraient aussi s’appliquer à d’autres instances traitant de la mobilité à différents niveaux.

3.16.

Le CESE soutient également les propositions avancées par la Commission en vue d’améliorer les indicateurs harmonisés de la mobilité urbaine. À cet égard, on pourra noter que la communication renvoie à l’objectif de développement durable no 11, qui vise à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables d’ici 2030. Il est utile de souligner que des objectifs spécifiques peuvent servir de fil conducteur aux politiques menées par l’Union dans le domaine en question et guider la mise au point d’indicateurs, dont il convient de veiller à ce qu’ils soient comparables et actualisés. Par conséquent, le CESE demande qu’un soutien soit apporté aux services chargés de la collecte des données et de la compilation de statistiques à différents niveaux. Il encourage l’utilisation de la base SUMI (6) comme base des travaux ultérieurs ainsi que la prise en compte des expériences recueillies dans le contexte du travail effectué sur cet outil.

4. Observations particulières

4.1.

Le CESE signale aussi qu’une information aux passagers qui soit accessible à tous les voyageurs devrait faire partie intégrante d’un service de transport public. La multiplicité des tarifs, des zones et des billets correspondants nuit à l’efficacité des déplacements, et ce d’autant plus pour les voyageurs qui séjournent en ville pour une courte durée. Le CESE encourage la mise en place de tarifications simples et claires.

4.2.

Pour de nombreux jeunes, il est prioritaire de changer complètement de perspective pour s’attacher à une mobilité saine, respectueuse du climat et durable (7). Le CESE encourage donc les efforts visant à développer un engagement plus structuré des jeunes en matière de climat et de durabilité dans le cadre des processus d’élaboration des politiques et de prise de décision de l’Union européenne (8), ainsi qu’à poursuivre des initiatives telles que DiscoverEU.

4.3.

Dans sa communication, c’est à juste titre que la Commission évoque le travail exercé via des plateformes numériques, y compris dans le domaine de la mobilité. Une série de problèmes et de défis ont été relevés en la matière ces dernières années, notamment les conditions de travail. Le CESE rappelle que la Commission a formulé une proposition pour améliorer les conditions du travail effectué via des plateformes en ligne. Il y a lieu de garantir une transposition efficace de la directive correspondante.

4.4.

Le CESE attire l’attention sur le secteur du commerce de détail et la contribution essentielle qu’il pourrait apporter pour atteindre les objectifs liés à la mobilité urbaine, pour autant qu’il soit tenu compte des principes caractérisant un modèle de la proximité dans le commerce de détail, en particulier pour les produits de première nécessité. Le commerce de dimension locale devrait contribuer à une utilisation accrue des solutions durables. Il convient aussi d’avoir l’œil sur les nouvelles tendances, par exemple la mobilité aérienne, qui pourraient donner une dimension nouvelle aux services de mobilité.

4.5.

La communication évoque le rôle que la navigation intérieure pourrait également jouer afin de rendre les déplacements urbains aussi bien que le transport de marchandises «jusqu’au dernier kilomètre» plus respectueux de l’environnement. À cet égard, le CESE voudrait renvoyer à son avis sur le plan NAIADES III (9), dans lequel il présente des recommandations de solutions en la matière. Il y précise notamment qu’il convient de mettre en place certaines conditions pour que se développe la navigation intérieure en milieu urbain. Il s’agit notamment de la création d’infrastructures adéquates et d’un même traitement préférentiel accordé aux opérateurs de transport public par voie d’eau qu’à ceux empruntant la voie terrestre.

Bruxelles, le 18 mai 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) https://www.eiturbanmobility.eu/

https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Passenger_mobility_statistics#Distance_covered

(2) Rapport spécial no 06/2020 de la Cour des comptes: «Mobilité urbaine durable dans l’UE: pas d’avancée réelle sans l’engagement des États membres».

(3) Règlement (UE) no 1315/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 sur les orientations de l’Union pour le développement du réseau transeuropéen de transport et abrogeant la décision no 661/2010/UE (JO L 348 du 20.12.2013, p. 1).

(4) Règlement (CE) no 1370/2007 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007 relatif aux services publics de transport de voyageurs par chemin de fer et par route, et abrogeant les règlements (CEE) no 1191/69 et (CEE) no 1107/70 du Conseil (JO L 315 du 3.12.2007, p. 1).

(5) Par exemple EIT URBAN Mobility ou encore des associations de villes.

(6) https://civitas.eu/tool-inventory/sumi-sustainable-urban-mobility-indicators

(7) Document de prise de position de la jeunesse, Vienne, 2021, https://www.klimaaktiv.at/service/publikationen/mobilitaet/the-pep.html

(8) JO C 429 du 11.12.2020, p. 44.

(9) JO C 194 du 12.5.2022, p. 102.


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