| CELEX | 52021AE5449 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 23 mars 2022 |
| 29.7.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 290/81 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à l’application de la directive 2009/52/CE du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier
[COM(2021) 592 final]
(2022/C 290/14)
Rapporteur: Carlos Manuel TRINDADE
| Consultation | Commission européenne, 1.12/2021 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 7.3.2022 |
| Adoption en session plénière | 23.3.2022 |
| Session plénière no | 568 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 129/1/3 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE partage l’analyse réalisée par la Commission, en particulier lorsqu’elle affirme que «l’emploi illégal de personnes non autorisées à séjourner dans l’Union […] est préjudiciable d’un point de vue économique, car il entraîne des pertes pour les finances publiques, les impôts et les cotisations sociales, une diminution des salaires et une dégradation des conditions de travail et crée une concurrence déloyale», nuisible pour la grande majorité des entreprises, qui respectent la loi. «L’emploi illégal expose également les migrants à des risques de violation des droits individuels et sociaux, notamment l’exploitation par le travail, la précarité des conditions de vie et de travail et l’accès limité ou inexistant à la protection sociale» (1). |
| 1.2. | Le CESE prend note de la position de la Commission affirmant que la directive laisse aux États membres la possibilité de concevoir différentes approches pour atteindre leurs objectifs, leur permettant ainsi de tenir compte des spécificités nationales liées au marché du travail, au rôle de l’emploi illégal et de la migration illégale et à la gravité des infractions. Toutefois, tous les États membres doivent garantir que les règles soient efficaces pour décourager la migration irrégulière et lutter contre l’emploi illégal (2). |
| 1.3. | Le CESE souligne que les lacunes que présente la directive concernée sont liées à sa transposition et sa mise en œuvre par les États membres, en particulier à la grande diversité des sanctions, qui les rend, dans la plupart des cas, peu susceptibles de décourager le recrutement de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, et à l’incapacité qu’elle montre, en règle générale, s’agissant d’encourager les migrants à collaborer avec les autorités, du fait de leur crainte légitime et justifiée d’être renvoyés dans leur pays d’origine. En effet, les mécanismes de réclamation desdits migrants sont généralement inefficaces, en raison de l’absence d’informations permanentes, détaillées, éclairantes et stimulantes qui soient fournies dans la langue du public-cible, parce que les inspections sont trop peu nombreuses, par manque de ressources humaines, ou inefficaces, ou parce que les États membres ne fournissent pas en temps utile des rapports et des informations propres à donner la possibilité d’évaluer régulièrement l’application de la directive. |
| 1.4. | Le CESE invite les États membres à redoubler d’efforts pour mettre la directive en œuvre et à collaborer activement avec la Commission pour en garantir l’efficacité. Il soutient fermement la volonté de la Commission d’engager des procédures d’infraction à l’encontre des États membres s’ils persistent à ne pas fournir toutes les informations pertinentes sur la mise en œuvre des principales obligations découlant de la directive en ce qui concerne les sanctions, les inspections et la protection des droits des migrants. Le Comité propose toutefois à la Commission d’examiner, dans le cadre de l’évaluation de la mise en œuvre de la directive qui doit être réalisée d’ici à 2024, quelles sont les sanctions pouvant être définies ou prises à l’encontre d’entreprises qui tirent sciemment profit des résultats d’activités illégales et criminelles. |
| 1.5. | En ce qui concerne les sanctions, le CESE souscrit pleinement aux engagements de la Commission et aux recommandations qu’elle formule à l’intention des États membres. Il émet en outre les recommandations suivantes:
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| 1.6. | S’agissant des mesures visant à protéger les droits des migrants en situation irrégulière, le CESE soutient les engagements et recommandations de la Commission aux États membres, tout en formulant les propositions ci-après.
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| 1.7. | En matière d’inspections, le CESE soutient les engagements de la Commission et les recommandations qu’elle adresse aux États membres, tout en formulant les propositions ci-après.
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| 1.8. | S’agissant des lacunes importantes en matière d’information, le CESE juge très positif que la Commission ait pris l’initiative, avec le soutien du réseau européen des migrations, de mettre en place un système informatique de communication des informations et une base de données offrant la possibilité d’obtenir en temps utile des informations régulières et comparables, de manière à surmonter les énormes difficultés existantes. Le CESE propose toutefois à la Commission de veiller à ce que la législation pertinente interdise aux services d’immigration des États membres d’utiliser cette base de données aux fins de l’identification des travailleurs en situation irrégulière et, partant, du retour dans leur pays d’origine. |
2. Objectifs de la communication
| 2.1. | La communication adoptée par la Commission qui fait l’objet du présent avis du CESE vise à renforcer la mise en œuvre de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil (4) et s’inscrit dans l’approche plus générale du nouveau pacte sur la migration et l’asile. La Commission évaluera les moyens de renforcer l’efficacité de la directive et la nécessité de prendre des mesures supplémentaires. |
| 2.2. | La communication à l’examen satisfait également à l’obligation de faire rapport régulièrement au Parlement européen et au Conseil qui est prévue à l’article 16 de la directive. Elle recense les actions nécessaires pour renforcer la mise en œuvre de la directive, en mettant l’accent sur les grands axes d’action suivants:
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| 2.3. | Le présent avis aborde les principaux aspects liés à chacun de ces chapitres. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE relève qu’«il est difficile d’estimer l’ampleur de l’emploi illégal dans l’UE car il s’agit d’un phénomène “caché”[…]. Certains éléments indiquent que l’emploi illégal de migrants en situation irrégulière est plus élevé lorsque la part de l’activité économique informelle est élevée. Bien que l’emploi informel soit estimé à 16,8 % de l’emploi total dans l’UE en moyenne, l’ampleur de l’emploi illégal de migrants en situation irrégulière est bien plus difficile à quantifier, notamment en ce qui concerne les aspects liés à la dimension de genre et aux enfants, étant donné que la migration irrégulière reste difficile à estimer» (5). La nature et l’ampleur de l’emploi irrégulier varient d’un État membre à l’autre. Une meilleure disponibilité de données actualisées et précises constitue l’un des principaux défis à relever pour mieux comprendre et résoudre ce problème. |
| 3.2. | Le CESE partage l’avis de la Commission estimant qu’«il arrive souvent que les travailleurs sans papiers soient employés dans le cadre de relations de travail complexes impliquant des contrats de sous-traitance, des recruteurs et des agences de travail intérimaire, ainsi que des plateformes en ligne offrant un travail de courte durée (par exemple, livraison de nourriture et de repas, services de transport), ce qui complique l’identification des employeurs qui recrutent des migrants en situation irrégulière. À cet égard, la responsabilité de l’ensemble de la chaîne d’employeurs vise à protéger les migrants, en particulier dans les secteurs économiques où la sous-traitance est répandue, tels que la construction, ainsi que dans le tout nouveau domaine économique du travail sur une plateforme en ligne» (6). |
| 3.3. | Le CESE souligne que, dans certains cas, la violation extrême et prolongée des droits de l’homme et de l’état de droit peut être liée à d’autres actes criminels et à la négligence de l’État, comme l’indique l’arrêt historique de la Cour européenne des droits de l’homme de 2017, qui a reconnu comme travail forcé les formes graves d’exploitation par le travail des travailleurs migrants dans les champs de fraises de Nea Manolada, en Grèce, en précisant que l’exploitation par le travail est un aspect de la traite des êtres humains (7). |
| 3.4. | Dans les avis qu’il a adoptés jusqu’à présent, le Comité a insisté sur la nécessité d’une action qui donne la possibilité, tout à la fois, de créer les conditions d’une immigration légale et de supprimer les causes de celle qui est non autorisée. En particulier, dans son avis d’initiative sur la proposition de directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, le CESE exprimait «des doutes quant au contenu de la directive proposée, le moment auquel elle a été élaborée et l’ordre d’adoption des propositions législatives» et, par ailleurs, soulignait «l’importance d’une mise en œuvre efficace de la directive dans les États membres, laquelle ne sera toutefois pas aisée, étant donné que les organes administratifs de contrôle ne disposent pas en effectifs suffisants des agents qualifiés pour ce faire, que les compétences sont partagées entre des instances distinctes et que les entreprises qu’il est prévu de suivre sont nombreuses», concluant que «la force de la directive dépendra donc de sa mise à exécution effective». |
| 3.5. | Malgré les aspects positifs que présente la communication, le CESE, douze ans après l’entrée en vigueur de la directive, doute sérieusement que nous disposions ici du moyen approprié de lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants en situation irrégulière et de régulariser leur situation dans les pays d’accueil. |
| 3.6. | Le CESE estime également que la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs ne suffit pas à elle seule à promouvoir des voies de migration légale et à mettre un terme à l’immigration irrégulière. Une approche plus globale est nécessaire pour établir un lien entre les différentes dispositions de l’Union européenne en matière de migration légale et les efforts déployés au niveau national pour lutter contre le travail non déclaré. Il convient de veiller à ce que les entreprises puissent employer plus facilement des migrants dûment régularisés, en prévoyant des règles qui présentent plus de simplicité et clarté et ne revêtent pas un caractère trop bureaucratique. |
4. Observations particulières sur les sanctions à l’encontre des employeurs
| 4.1. | Le CESE estime très important que la directive prévoie l’application de sanctions financières et pénales effectives, proportionnées et dissuasives afin de décourager le recrutement par les employeurs de migrants en situation irrégulière. Il conviendrait qu’elles soient largement supérieures aux gains économiques liés au recrutement de migrants en situation irrégulière (8). |
| 4.2. | De même, le CESE met en avant les mesures administratives supplémentaires prévues par la directive, telles que la perte d’avantages publics ou l’exclusion des marchés publics, le remboursement de subventions publiques, la fermeture temporaire ou définitive d’établissements ou le retrait des licences d’exploitation. Il déplore que ces mesures restent très largement sous-utilisées malgré le potentiel qu’elles recèlent pour dissuader les employeurs d’embaucher des migrants en situation irrégulière (9). |
| 4.3. | Il existe des différences substantielles entre les États membres en ce qui concerne le montant des sanctions financières et pénales: par exemple, la pénalité financière varie entre 3 000 et 43 000 EUR et la peine d’emprisonnement entre 8 jours et 12 ans (10). Il importerait toutefois de disposer d’une vue d’ensemble des différentes sanctions appliquées dans les États membres. |
| 4.4. | Le CESE souligne que les États membres disposant d’un système de sanctions plus sévère estiment que des pénalités financières plus élevées constituent un bon moyen de dissuasion contre l’emploi illégal, tandis que ceux qui appliquent des sanctions moins sévères ou dans lesquels le risque d’être sanctionné est jugé faible par rapport aux bénéfices potentiels tirés de l’emploi illégal considèrent qu’elles ne représentent pas un moyen de dissuasion suffisant. Il est frappant de noter que, depuis 2014, onze États membres ont modifié leur législation afin d’augmenter le montant de l’amende infligée (11). |
| 4.5. | Tout en comprenant, d’après les indications de la communication, que les différences entre États membres concernant le niveau des amendes dépendent de toute une série d’éléments, tels que la situation économique et le salaire minimal de l’État membre, le CESE considère que cet état de fait ne saurait justifier l’existence de sanctions non dissuasives. |
| 4.6. | Il juge inacceptable que des lacunes importantes subsistent dans les informations fournies par les États membres en ce qui concerne l’application des sanctions pénales à l’encontre des employeurs et le nombre de procédures engagées. Néanmoins, les éléments disponibles suffisent déjà à montrer que la directive a eu une incidence limitée pour ce qui est de dissuader l’emploi illégal par des sanctions, de sorte que le CESE est amené à réprouver vivement que l’on ne soit toujours pas parvenu à établir un cadre efficace prévoyant des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives dans l’ensemble de l’Union européenne (12). |
| 4.7. | Le CESE met en évidence et appuie les retours d’information, fournis par les parties intéressées représentant les syndicats et les ONG, qui ont été recueillis au cours de consultations ciblées sur le sujet et montrent que les sanctions à l’égard des employeurs imposant des conditions de travail abusives semblent être inférieures aux avantages procurés par le travail non déclaré et le dumping social (13). Toutefois, les employeurs estiment que les sanctions sont suffisamment lourdes et qu’il importe d’améliorer leur application effective et proportionnée dans le cadre de la mise en œuvre de la directive par chaque État membre. |
5. Observations particulières sur les mesures destinées à protéger les droits des migrants en séjour irrégulier
| 5.1. | L’article 6, paragraphe 2, et l’article 13 de la directive accordent aux migrants en séjour irrégulier un ensemble de droits visant à assurer qu’ils soient correctement informés et qu’ils puissent porter plainte contre des violations du droit du travail et réclamer le paiement de salaires impayés. Il s’agit là de dispositions fondamentales pour protéger les migrants contre les risques d’exploitation et d’abus (14). |
| 5.2. | Le CESE prend note des points de vue et des analyses de la Commission dans ce domaine et il y adhère, en particulier pour ce qui est des éléments suivants:
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| 5.3. | Le CESE tient à avertir que même lorsqu’ils sont informés de leurs droits par les syndicats, les organisations de la société civile ou les pouvoirs publics, les travailleurs migrants en séjour irrégulier peuvent s’abstenir de porter plainte contre des employeurs pour recouvrer des salaires impayés ou de dénoncer d’éventuelles situations d’exploitation car ils courent le risque d’être contraints au retour dans leur pays, de perdre leurs revenus et, dans certains cas, de subir des représailles de la part des employeurs. |
6. Observations particulières sur les inspections
| 6.1. | Le CESE partage le point de vue de la Commission estimant que les inspections constituent l’outil le plus important pour détecter les employeurs qui recrutent des migrants en situation irrégulière et les situations d’exploitation. Elles donnent la possibilité de contraindre les employeurs à rendre des comptes et de les sanctionner, ainsi que de mettre en place les mesures nécessaires pour protéger les travailleurs migrants en séjour irrégulier faisant l’objet d’exploitation. L’article 13, paragraphe 1, de la directive impose aux États membres de veiller à ce que des inspections efficaces et appropriées soient effectuées sur la base d’analyses des risques, qui donnent la possibilité de cerner les secteurs d’activité les plus exposés et sans lesquelles il est impossible d’atteindre les objectifs de ladite directive (19). Le CESE souligne également qu’en plus de garantir l’efficacité des inspections, il convient aussi d’aborder d’autres problèmes liés à l’emploi de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. |
| 6.2. | Le CESE s’étonne de constater que la communication ne fait aucune référence à l’Autorité européenne du travail, ni à sa participation aux inspections européennes, car il est notoire que de nombreuses chaînes d’embauche et de sous-traitance de travailleurs migrants en situation irrégulière opèrent au niveau européen, de sorte qu’il est nécessaire d’effectuer un travail d’inspection au même échelon. Il insiste sur la nécessité de remédier à cette situation. |
| 6.3. | Le CESE approuve pleinement les conclusions de la Commission sur les inspections, en particulier celles ci-après:
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| 6.4. | À cet égard, le CESE juge inacceptable que les inspections menées dans plusieurs des États membres ne se concentrent pas sur les secteurs à risque: cette situation ne répond pas aux exigences de la directive (23). Dans la plupart des pays de l’Union européenne, les principaux secteurs à risque sont l’agriculture, la construction, l’industrie manufacturière, les services domestiques et sociaux, l’hôtellerie et la restauration. |
| 6.5. | Le CESE attire l’attention sur les observations de l’Agence des droits fondamentaux, indiquant que lorsqu’elles sont menées conjointement par les autorités du travail et les unités de lutte contre la traite des êtres humains, ou d’autres unités spécialisées formées dans le domaine de l’exploitation par le travail, les inspections peuvent contribuer à détecter les migrants victimes de l’exploitation par le travail ou de la traite des êtres humains (24). |
| 6.6. | S’agissant de cet avis de l’Agence des droits fondamentaux, le CESE fait toutefois observer que les parties prenantes et celles qui travaillent sur le terrain soulignent qu’en raison du risque d’arrestation et de retour qu’ils courent, les travailleurs exploités ne signalent pas leur situation lors des inspections, en particulier lorsqu’elles sont menées conjointement par l’inspection du travail et la police ou les autorités compétentes en matière d’immigration. |
7. Observations particulières sur les lacunes importantes en matière d’information
| 7.1. | La directive impose aux États membres de communiquer chaque année à la Commission des informations concernant le nombre d’inspections réalisées, ainsi que leurs résultats, le paiement des arriérés par les employeurs, les autres mesures appliquées et la facilitation des plaintes. Ces informations sont essentielles pour évaluer la manière dont les dispositions de la directive sont mises en œuvre, ainsi que leurs effets. Cependant, les informations fournies par les États membres sont très limitées et inégales, de sorte que les données concernant les inspections et leurs résultats s’en trouvent affectées par d’importantes lacunes (25). |
| 7.2. | En raison du manque d’informations fiables et complètes, il est difficile d’évaluer de manière concluante si la directive a eu une incidence sur la lutte contre l’emploi illégal et sur la réduction de ce phénomène, et si les sanctions pénales prises dans les États membres sont effectives, proportionnées et dissuasives. Une meilleure collecte d’informations aiderait à améliorer la stratégie d’exécution, au niveau national comme à celui de l’Union européenne (26). |
| 7.3. | Le CESE se félicite que la Commission ait pris l’initiative, avec le soutien du réseau européen des migrations, de mettre en place un système informatique de communication des informations et une base de données donnant la possibilité d’obtenir en temps utile des informations régulières et comparables (27). Le réseau européen des migrations peut également être un instrument utile pour organiser des possibilités d’apprentissage mutuel et d’échange de pratiques entre les États membres et les parties prenantes concernées. |
| 7.4. | Le CESE estime que cette base de données doit respecter les dispositions du règlement général sur la protection des données et que les services d’immigration des États membres ne devront avoir la possibilité de l’utiliser ni pour identifier les travailleurs en situation irrégulière, ni pour les renvoyer ensuite dans leur pays d’origine. |
8. Observations particulières sur le renforcement des mesures de lutte contre l’emploi illégal
| 8.1. | Le CESE soutient pleinement les positions et intentions ci-après de la Commission, telles qu’exposées dans la communication à l’examen. |
| 8.1.1. | Pour lutter contre la migration irrégulière, l’Union européenne doit tenir compte de toutes les facettes de ce phénomène au moyen d’une approche globale, comme indiqué dans le nouveau pacte. En plus de s’attaquer aux causes profondes de la migration, de relancer la lutte contre les passeurs en partenariat avec les pays tiers et d’accélérer l’ouverture de voies d’entrée légales sur son territoire, l’Union doit également renforcer son action contre l’emploi illégal en tant qu’il constitue un facteur encourageant la migration irrégulière et une source d’exploitation et d’abus. Pour ce faire, il est nécessaire de parvenir à une mise en œuvre et une application plus efficaces de la directive, laquelle représente l’outil le plus important à notre disposition, dont le potentiel n’est pas encore pleinement exploité (28). |
| 8.1.2. | La Commission entend surveiller en permanence la mise en œuvre de la directive et mettre l’accent sur son exécution effective, tout en apportant un appui aux États membres dans leurs efforts visant à la mettre en œuvre. Dès l’adoption de la communication à l’examen, elle engagera un dialogue avec leurs autorités compétentes afin d’obtenir des informations supplémentaires concernant la mise en œuvre des principales obligations découlant de la directive en ce qui concerne les sanctions, les inspections et la protection des droits des migrants, dans le but de mettre en évidence des solutions envisageables. Le cas échéant, elle engagera des procédures d’infraction (29). |
| 8.1.3. | D’ici la fin de l’année 2022, la Commission mettra en œuvre les mesures figurant dans la communication à l’examen et rendra compte des résultats obtenus dans le prochain rapport de mise en œuvre, prévu pour 2024 au plus tard. La Commission examinera alors s’il est nécessaire de modifier le cadre juridique existant, d’une part en considérant les progrès accomplis grâce aux recommandations de la communication à l’examen et aux efforts renouvelés de mise en œuvre et d’application et, d’autre part, en prenant également en considération l’évolution possible de l’emploi illégal, ainsi qu’une analyse qui déterminera si la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs est encore adaptée pour faire face à ces développements (30). |
Bruxelles, le 23 mars 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Communication COM(2021) 592 final, p. 1.
(2) Voir COM(2021) 592 final, chapitre 1.
(3) Voir COM(2021) 592 final, chapitre 6.
(4) Directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (JO L 168 du 30.6.2009, p. 24).
(5) Communication COM(2021) 592 final, introduction.
(6) Voir COM(2021) 592 final, point 2.3.
(7) Affaire Chowdury et autres c. Grèce. Les conditions de vie et de travail déplorables à Manolada avaient attiré l’attention en 2013, lorsque des contremaîtres des exploitations avaient ouvert le feu, blessant gravement 30 travailleurs bangladais qui réclamaient le paiement des salaires qui leur étaient dus.
(8) Voir COM(2021) 592 final, chapitre 2.
(9) Voir COM(2021) 592 final, point 2.3.
(10) COM(2021) 592 final, points 2.1 et 2.2.
(11) COM(2021) 592 final, point 2.1.
(12) COM(2021) 592 final, point 2.2.
(13) COM(2021) 592 final, point 2.2.
(14) COM(2021) 592 final, chapitre 3.
(15) COM(2021) 592 final, chapitre 3.
(16) COM(2021) 592 final, point 3.2.
(17) COM(2021) 592 final, point 3.2.
(18) COM(2021) 592 final, point 3.2.
(19) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(20) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(21) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(22) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(23) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(24) COM(2021) 592 final, point 4.1.
(25) COM(2021) 592 final, chapitre 5.
(26) COM(2021) 592 final, chapitre 5.
(27) COM(2021) 592 final, chapitre 5.
(28) COM(2021) 592 final, chapitre 6.
(29) COM(2021) 592 final, chapitre 6.
(30) COM(2021) 592 final, chapitre 6.
ANNEXE
La proposition d’amendement suivante, qui a recueilli plus d’un quart des suffrages exprimés, a été rejetée au cours des débats (article 59, paragraphe 3, du règlement intérieur):
AMENDEMENT 5
SOC/705 — Sanctions à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier
Paragraphe 1.7, point i), troisième tiret
Modifier comme suit:
| Avis de section | Amendement | ||||
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Exposé des motifs
L’amendement vise à préciser le rôle des inspecteurs et à souligner que dans le cadre de leurs obligations professionnelles, ils ont la charge de signaler aux autorités la présence de migrants en situation irrégulière qui pourraient se trouver sur les lieux de travail inspecté, tout en reconnaissant que les inspections conjointes peuvent dissuader les travailleurs exploités de faire part de leur situation à cette occasion. Une clarification sur la stratégie des inspecteurs du travail est largement souhaitable.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 48 |
| Voix contre: | 70 |
| Abstentions: | 16 |
Avis institutionnel — 52022AB0046
30/12/2022
Avis institutionnel — 52022AB0045
21/12/2022
Avis institutionnel — 52022AE1932R(01)
21/12/2022
Avis institutionnel — 52023AT40462(01)
20/12/2022