Avis institutionnel — 52021AE5466
| CELEX | 52021AE5466 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 23 février 2022 |
Texte intégral
| 18.7.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 275/30 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur les missions européennes
[COM(2021) 609 final]
(2022/C 275/05)
| Rapporteur: | Paul RÜBIG |
| Corapporteure: | Małgorzata Anna BOGUSZ |
| Consultation | Commission européenne, 1.12.2021 |
| Base juridique | Article 304 du TFUE |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 3.2.2022 |
| Adoption en session plénière | 23.2.2022 |
| Session plénière no | 567 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 214/1/3 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Si le CESE considère que les cinq missions présentées dans la communication à l’examen sont des priorités majeures pour l’Union européenne, il estime toutefois aussi que les cinq défis et objectifs énumérés ci-après revêtent une grande importance pour celle-ci. |
Les défis et objectifs figurant ci-dessous concernent en effet la mise en place et la réalisation de missions et de mesures devant permettre à l’Union de:
| 1. | rester compétitive à l’échelle mondiale par rapport aux États-Unis et à l’Asie dans les secteurs de la recherche, de la technologie et de l’innovation (RTI); |
| 2. | relever les défis liés au vieillissement de la population européenne; |
| 3. | définir des stratégies pour réussir à intégrer le grand nombre de migrants arrivant dans l’Union; |
| 4. | être mieux préparée aux situations d’urgence; |
| 5. | répondre aux besoins des patients atteints de maladies non transmissibles (MNT) touchés par la pandémie de COVID-19, en particulier ceux qui souffrent de maladies cardiovasculaires. |
| 1.2. | La communication énumère et examine les cinq missions prioritaires suivantes pour l’Union:
|
| 1.3. | Le CESE soutient fermement l’idée d’accroître les moyens d’action de 150 régions européennes de référence en matière de climat. Cette opération nécessitera toutefois un budget considérable en matière de R&D. Aussi le CESE recommande-t-il vivement d’augmenter la part des budgets régionaux de l’Union consacrée à la R&D, qui est actuellement de 5 %, et de la faire passer au minimum à 10 %. |
| 1.4. | Le CESE se félicite que l’Union se concentre sur la lutte contre le cancer, qui constitue l’une des principales problématiques en matière de santé, et souhaite encourager les institutions de l’Union à prendre des mesures similaires en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, qui sont la première cause de mortalité en Europe et dans le monde. |
2. Observations générales
| 2.1. | Les missions de l’Union se réaliseront en créant un nouveau rôle pour la recherche et l’innovation dans le cadre du programme Horizon Europe, combiné à une approche intégrée et coordonnée et à une nouvelle relation avec les citoyens. Elles mobiliseront et impliqueront pleinement des acteurs publics et privés, tels que les États membres de l’Union, les collectivités régionales et locales, les instituts de recherche, les entrepreneurs et les investisseurs publics et privés, toujours dans le but de produire des effets réels et durables. |
| 2.2. | Le CESE tient à souligner l’importance que revêt la compétitivité de l’industrie européenne pour réaliser les missions de l’Union. Il se félicite dès lors que la communication à l’examen fasse référence au programme renouvelé pour la compétitivité industrielle. Dans le même temps, il fait valoir l’importance de prendre en compte son impact sur les citoyens européens et encourage la Commission à relier étroitement les actions menées aux politiques sociales et au socle européen des droits sociaux, en prenant tout particulièrement en considération les besoins particuliers de ceux d’entre eux qui sont âgés et vulnérables. |
| 2.3. | Le CESE entend souligner que, si la visée principale des missions européennes est de produire des résultats pour l’Union en donnant à la recherche et à l’innovation une importance nouvelle et accrue, il n’en reste pas moins que la dimension économique (concurrence mondiale, emplois de qualité, etc.) mais aussi la dimension sociale ont également un rôle majeur à jouer dans ces missions. Concernant la dimension sociale, le CESE voudrait souligner, outre l’importance des droits sociaux et la sauvegarde de la sécurité sociale et de conditions de travail équitables pour tous les salariés, l’attention particulière qui doit être portée aux besoins spécifiques des groupes vulnérables dans l’Union (personnes âgées, malades, etc.). |
| 2.4. | Le CESE se félicite vivement que la R&I soit clairement considérée comme l’élément central du document. Il est convaincu que les défis complexes qui se profilent à l’horizon pour l’Union peuvent être relevés en priorité au moyen de la recherche et de l’innovation. |
| 2.5. | Le CESE a adopté un avis intitulé «Un nouvel EER pour la recherche et l’innovation» en mars 2021 (1), un autre sur le «Pacte pour la recherche et l’innovation en Europe» en février 2022 (2), et un troisième sur «Un plan d’action en faveur de la propriété intellectuelle afin de soutenir la reprise et la résilience dans l’Union européenne» (3). Le présent avis doit être lu en rapport étroit avec ces trois avis récents du Comité. |
| 2.6. | Le CESE partage pleinement l’analyse selon laquelle, en raison des défis actuels, «[l]e statu quo n’est plus envisageable». L’Europe a besoin d’un «nouveau type de politique de recherche et d’innovation»: si l’Union se contente de recycler sa «vieille» politique de R&I, elle ne pourra pas relever les énormes défis auxquels elle est confrontée, en l’occurrence la concurrence féroce de l’Asie, comme le CESE l’a très clairement souligné dans son avis intitulé «Un nouvel EER pour la recherche et l’innovation». |
| 2.7. | S’agissant des entreprises, la communication à l’examen indique que les missions européennes mobiliseront et impliqueront pleinement des acteurs publics et privés, tels que les États membres de l’Union, les autorités régionales et locales, les instituts de recherche, les entrepreneurs et les investisseurs publics et privés, les citoyens de l’Union et la société civile, toujours dans le but de produire des effets réels et durables, en tenant compte de l’industrie et des entreprises, en particulier des MPME. |
| 2.8. | S’agissant des technologies de décarbonation de la production d’électricité ainsi que d’autres secteurs à forte intensité de CO2, la compétitivité de l’industrie européenne est un élément décisif pour réaliser la première mission de l’Union intitulée «Adaptation au changement climatique». Si l’Union échoue, elle perdra des millions d’emplois dans ces secteurs. |
| 2.9. | Par ailleurs, le CESE partage entièrement le point de vue selon lequel les missions de l’Union doivent être pleinement compatibles avec les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. |
| 2.10. | Si le CESE considère que les cinq missions sont des priorités majeures pour l’Union européenne, il n’en estime pas moins que les cinq missions et défis supplémentaires énumérés au chapitre 4 sont également très importants pour celle-ci. |
| 2.11. | Le CESE recommande à la Commission européenne d’accorder également la priorité à des missions et mesures qui permettent de créer de nouveaux emplois de qualité, de nouvelles entreprises, de nouveaux revenus, de nouvelles richesses et une qualité de vie élevée pour les citoyens de l’Union, comme le maintien de la compétitivité des produits technologiques européens face à une concurrence mondiale de plus en plus féroce (notamment avec la Chine ou la Corée du Sud). |
| 2.12. | Une part importante des emplois et des richesses de l’Union provient de l’exportation de ses produits technologiques (voitures, machines, matériaux, etc.). Les MPME, les start-up innovantes, les entreprises en phase d’expansion et l’enseignement supérieur sont une autre source non négligeable de nouveaux emplois en Europe. |
3. Observations particulières
3.1. Mission 1 — L’adaptation au changement climatique
| 3.1.1. | Le changement climatique est l’un des défis majeurs du XXIe siècle pour l’humanité. Les responsables politiques devront anticiper les changements qui se profilent pour protéger les secteurs et les groupes les plus vulnérables, y compris sur le terrain de l’emploi. |
| 3.1.2. | La quasi-totalité des mesures du pacte vert se traduiront par une hausse des prix pour les citoyens européens, notamment pour l’électricité, le carburant ou le chauffage domestique. Ces hausses de prix ont des conséquences particulièrement importantes pour des centaines de millions de personnes à bas et moyens revenus dans les États membres de l’Union, et de manière générale pour les personnes vulnérables, dont les revenus sont souvent faibles. Cela signifie que toutes les mesures prévues par le pacte vert ont une incidence sociale significative et qu’elles doivent être traitées avec prudence. Elles doivent accroître la prospérité au lieu de marginaliser ceux qui ont besoin d’un soutien pour faire face au changement. |
| 3.1.3. | Les exemples suivants figurent parmi les nouvelles technologies qui joueront sans aucun doute un rôle très important dans la réduction des émissions de CO2:
|
| 3.1.4. | S’il est aisé d’énumérer ces technologies sur le papier, leur mise en œuvre constitue toutefois indubitablement un énorme défi, compte tenu de l’ampleur que représente leur déploiement dans l’ensemble des 27 États membres de l’Union ainsi qu’à l’échelle planétaire. |
| 3.1.5. | L’un des aspects essentiels de la concurrence mondiale en matière de nouvelles technologies sera la disponibilité d’un nombre important de chercheurs et d’ingénieurs. Il s’agit sans aucun doute d’un énorme défi pour l’Europe. Dans les pays d’Asie, le nombre d’étudiants en physique, en TIC et en ingénierie a considérablement augmenté ces vingt dernières années, alors qu’il a plus ou moins stagné en Europe. Les missions européennes devraient non seulement promouvoir une augmentation des effectifs de ces étudiants, mais l’Union devrait aussi défendre un renversement de la «fuite des cerveaux» qui sévit actuellement, avec le départ de personnes hautement qualifiées, pour au contraire les faire affluer vers elle. |
| 3.1.6. | Le CESE recommande vivement à la Commission de définir des mesures visant à accroître sensiblement les compétences élémentaires et le nombre d’étudiants en physique, en TIC et en ingénierie, ainsi qu’en médecine et en pharmacologie en Europe au cours des vingt prochaines années. Sans ce bassin de matière grise dans le secteur de l’ingénierie, l’Europe restera à la traîne pour toutes les technologies indispensables pour lutter contre le changement climatique. |
3.2. Mission 2 — Le cancer
| 3.2.1. | On observe dans l’Union à 27 une augmentation constante du nombre de cas de cancer. Comme le CESE l’a déjà souligné dans son avis de juin 2021 sur le «Plan européen de lutte contre le cancer» (4), les Vingt-sept doivent unir leur forces pour améliorer le diagnostic, la prise en charge, l’accès à des thérapies personnalisés, les traitements et la prévention. Aussi le CESE se félicite-t-il que la recherche sur la prévention et la guérison du cancer figure parmi les cinq missions de l’Union. |
| 3.2.2. | Le CESE tient à signifier que l’un des défis les plus ardus consistera à réduire les disparités en matière d’accès aux traitements contre le cancer dans les différents pays. Il recommande à cet égard d’accorder une attention particulière aux groupes vulnérables au sein de l’Union. |
| 3.2.3. | Comme le CESE l’a déjà indiqué dans son avis sur le «Plan européen de lutte contre le cancer», l’accès aux thérapies les plus innovantes et la mise en place de campagnes de vaccination qui permettront de réduire le nombre de cancers causés par des infections virales jouent un rôle essentiel à cet égard. |
| 3.2.4. | Le CESE entend souligner la nécessité d’adopter une approche plus active de la prévention des cancers d’origine professionnelle. Comme il l’a souligné dans son avis sur le «Plan européen de lutte contre le cancer», il demande que davantage de recherches soient consacrées à l’exposition professionnelle aux agents cancérigènes, mutagènes et perturbateurs endocriniens ainsi qu’aux causes des cancers professionnels. |
| 3.2.5. | Le CESE entend souligner que les partenaires sociaux, les groupes de défense des patients et les organisations de la société civile ont un rôle cardinal à jouer en matière de diffusion des bonnes pratiques et de circulation des informations pertinentes, sur les causes du cancer ou encore sur les problèmes touchant spécifiquement, par exemple, les individus en fonction de leur sexe ou les groupes vulnérables. |
3.3. Mission 3 — Restaurer notre océan et notre vie aquatique d’ici à 2030
| 3.3.1. | Une eau propre revêt une importance capitale pour les citoyens, l’agriculture et l’industrie de la pêche de l’Union. Pour cette mission aussi, la recherche et les technologies visant à assurer la propreté de l’eau, y compris l’extraction, l’assainissement et le traitement des eaux usées, revêtent une importance essentielle. |
| 3.3.2. | Par ailleurs, l’accès à une eau propre reste problématique pour nombre de citoyens. Le CESE encourage la Commission à mettre en œuvre juridiquement les droits de l’homme relatifs à l’eau et à l’assainissement. |
3.4. Mission 4 — 100 villes neutres pour le climat et intelligentes d’ici à 2030
| 3.4.1. | Plus de 65 % des habitants de la planète vivent dans de grandes villes, et ce pourcentage ne cesse d’augmenter. Ces grandes villes posent de plus en plus de défis sur le plan des infrastructures (approvisionnement en eau, évacuation des eaux usées, transports, approvisionnement énergétique, etc.) et de la qualité de vie. La résolution de nombre de ces défis passe impérativement par la recherche et des solutions de haute technologie. À l’avenir, il faudra disposer d’un nombre beaucoup plus important d’ingénieurs hautement qualifiés pour planifier l’aménagement de ces villes et villages intelligents aux technologies sophistiquées. |
| 3.4.2. | La proportion de personnes âgées qui vivent en ville connaît une croissance rapide («vieillissement de la société»). Les besoins des personnes âgées et de celles qui sont vulnérables diffèrent de ceux des jeunes: elles requièrent notamment davantage de soins médicaux et d’aide sociale. En raison du changement démographique qui s’opère dans la société, dans un avenir proche, il n’y aura plus suffisamment de jeunes pour fournir l’ensemble de ces services. En d’autres termes, un certain nombre de services destinés aux personnes âgées devront être assurés par des solutions «intelligentes», par exemple des robots. |
| 3.4.3. | Nombre des situations d’urgence observées au cours des dernières années ont révélé que les sociétés modernes étaient relativement vulnérables, ce qui rend d’autant plus importante la «préparation aux situations d’urgence» grâce à la R&D:
|
| 3.4.4. | Le 8 janvier 2021, l’Europe orientale et méridionale a échappé de justesse à une gigantesque coupure d’électricité. La cause profonde de la vulnérabilité grandissante de l’approvisionnement énergétique en Europe est la part croissante des sources d’énergie électrique renouvelables imprévisibles et non planifiables, telles que les éoliennes et l’énergie solaire. L’Europe n’est pas très bien préparée aux coupures d’électricité: en cas de panne généralisée, l’approvisionnement en énergie des ménages et de l’industrie s’interrompt immédiatement, les communications sont coupées en quelques minutes ou en quelques heures et l’approvisionnement en eau potable est rapidement compromis, etc. Rétablir une panne d’électricité majeure n’est pas une tâche aisée. |
3.5. Mission 5 — Un pacte pour des sols sains en Europe
| 3.5.1. | Outre l’eau propre, comme indiqué plus haut, des sols sains pour cultiver les ingrédients de base de l’alimentation sont l’une des ressources les plus importantes pour le vivant, y compris les êtres humains et les animaux. La population mondiale est en augmentation: à la fin de ce siècle, il faudra nourrir quelque 10 milliards d’individus de manière durable. L’alimentation et l’agriculture conventionnelles sont l’une des sources majeures des gaz à effet de serre que sont le CO2 et le méthane. Il convient dès lors d’entreprendre une importante quantité de travaux de R&D pour étudier et développer une agriculture neutre pour le climat afin de produire durablement les denrées destinées à nourrir ces 10 milliards de personnes qui peupleront la planète. Actuellement, 10 % environ du budget de l’Union consacré à l’agriculture et à l’élevage est affecté à la recherche et au développement; le CESE recommande de porter ce taux à 20 % au minimum afin d’accroître les activités de R&D relatives aux nouvelles technologies agricoles durables, notamment l’utilisation de la robotique dans les technologies agricoles et l’alimentation. |
4. Cinq missions supplémentaires
| 4.1. | Si le CESE considère que les cinq missions énumérées dans la communication constituent des priorités majeures pour l’Union, il estime toutefois que les cinq défis et missions décrits ci-après sont également très importants. |
4.2. Mission supplémentaire de l’Union no 1 — Rester au niveau des États-Unis et de l’Asie s’agissant de la concurrence mondiale en matière de RTI
| 4.2.1. | Il importe de définir et de réaliser des missions et des mesures visant à éviter que l’Union ne soit à la traîne par rapport à l’Asie, plus particulièrement la Chine et la Corée du Sud, dans les secteurs de la recherche, de la technologie, de l’innovation (RTI) et des brevets. Il est notoire que depuis l’an 2000 environ, l’écart se creuse de plus en plus rapidement dans ce secteur entre l’Union d’une part, et la Chine et la Corée du Sud d’autre part (5). |
| 4.2.2. | Si l’Union continue de se laisser distancer par les États-Unis et l’Asie en matière de RTI, elle perdra des millions d’emplois et des richesses considérables sur le long terme (vingt à cinquante ans). Les vingt-sept États membres de l’Union présentent vraiment de graves points faibles, en particulier dans le secteur des technologies clés génériques (TCG) et des technologies futures et émergentes (FET) telles que l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, l’apprentissage profond, la robotique, le génie génétique, les technologies de la communication (p. ex. la 5G), la fabrication de puces informatiques ou la fabrication de composants essentiels pour la mobilité électrique (p. ex. batteries, piles à combustible et hydrogène). Les nouveaux matériaux ont toujours été, et resteront, un moteur pour l’innovation. C’est le cas par exemple pour les innovations liées au graphène et leur développement industriel, qui recèlent un potentiel considérable en matière de recherche et d’innovation pour l’Europe. |
4.3. Mission supplémentaire de l’Union no 2 — Faire face aux défis du vieillissement de la population européenne
| 4.3.1. | Le vieillissement rapide de la société européenne imposera de nouveaux défis à tous les États membres de l’Union. |
| 4.3.2. | Les besoins des personnes âgées et de celles qui sont vulnérables diffèrent de ceux des jeunes: elles requièrent davantage de médicaments et des médicaments nouveaux (notamment contre les démences ou la maladie d’Alzheimer), plus d’assistance sociale et de soins médicaux, ainsi que des actions de formation et d’éducation spécifiquement conçues pour elles, entre autres. |
| 4.3.3. | La recherche et l’innovation (dans les secteurs médical et pharmaceutique, les sciences sociales, les sciences de l’ingénierie, les parcours de formation spécialisée, etc.) joueront sans aucun doute un rôle majeur pour mieux faire face au vieillissement de la société de l’Union. |
| 4.3.4. | La société dans son ensemble a besoin d’une stratégie européenne ambitieuse en matière de soins. |
4.4. Mission supplémentaire de l’Union no 3 — Stratégies pour réussir à intégrer le grand nombre de migrants arrivant dans l’Union
| 4.4.1. | L’Union doit mettre en place des missions et des mesures visant à intégrer ce grand nombre de migrants dans les États membres. Compte tenu du vieillissement rapide de sa société, l’Union a besoin de davantage de personnes jeunes et qualifiées. Aussi doit-elle élaborer des concepts innovants en matière d’éducation et de formation des migrants. La recherche socio-économique peut contribuer à mieux appréhender ce qui est nécessaire pour réussir l’intégration de ces millions de personnes. |
4.5. Mission supplémentaire de l’Union no 4 — Préparation aux situations d’urgence
| 4.5.1. | La préparation aux situations d’urgence passe par l’élaboration et la réalisation de missions et de mesures visant à garantir un approvisionnement énergétique stable et à éviter les coupures d’électricité, tout en décarbonant le système énergétique de l’Union. À cet égard, le lecteur est invité à se référer au paragraphe 3.4.4, qui aborde la question de la préparation aux situations d’urgence, en particulier le problème des coupures d’électricité et des communications. Ici aussi, la recherche et l’innovation, essentiellement en matière d’ingénierie, sont essentielles pour relever ces défis. |
| 4.5.2. | Parmi les autres défis liés aux urgences, on pourra citer les inondations, les sécheresses, les pandémies, mais aussi les situations d’urgence économique, comme le blocage des chaînes d’approvisionnement mondiales (à l’image du blocage du canal de Suez, etc.). |
4.6. Mission supplémentaire de l’Union no 5 — Faire face aux besoins des patients atteints de maladies non transmissibles touchés par la pandémie de COVID-19, en particulier ceux qui souffrent de maladies cardiovasculaires, la première cause de mortalité en Europe et dans le monde
| 4.6.1. | Après la pandémie, il convient de mettre davantage l’accent sur les maladies non transmissibles. Dans l’Union, 60 millions de personnes souffrent de maladies cardiovasculaires, qui sont la première cause de mortalité en Europe. Avant l’apparition de la COVID-19, les maladies cardiovasculaires étaient la cause la plus fréquente de décès évitables dans l’Union. Durant la pandémie de COVID-19, de nombreux patients atteints d’une de ces pathologies ont été diagnostiqués trop tard ou n’ont pas eu le temps de l’être. |
| 4.6.2. | Il nous faut examiner la dimension éthique de la santé dans l’Union et soutenir ainsi la réduction des inégalités dans ce domaine, y compris pour ce qui relève d’une médecine différenciée selon le sexe. Bien qu’elle mette l’accent sur la promotion et la prévention, cette initiative devrait également promouvoir l’amélioration des connaissances et des données, le dépistage, la détection précoce, le diagnostic et la gestion des traitements, ainsi que la qualité de vie des patients. Un autre objectif devrait être d’aider les pays de l’Union à transposer les meilleures pratiques, à élaborer des lignes directrices, à mettre en œuvre des approches innovantes, entre autres démarches, ce qui signifie aussi que l’Union devrait lancer une autre mission européenne pour mettre en place des systèmes de santé plus résilients face aux pandémies en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, en s’inspirant des efforts déployés dans le cadre de la mission relative à la lutte contre le cancer, et s’attaquer en fin de compte aux deux maladies non transmissibles auxquelles la population européenne paie le plus lourd tribut. Il nous faut enfin combattre d’autres maladies également, en particulier celles qui ont un impact fort sur le PIB européen, comme les troubles musculo-squelettiques. |
Bruxelles, le 23 février 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) JO C 220 du 9.6.2021, p. 79.
(2) Avis du Comité économique et social européen sur un pacte pour la recherche et l’innovation en Europe [COM(2021) 407 final — final 2021/230 (NLE)] (JO C 275 du 18.7.2022, p. 24).
(3) JO C 286 du 16.7.2021, p. 59.
(4) JO C 341 du 24.8.2021, p. 76.
(5) Pour de plus amples détails, voir par exemple les rapports STI 2015 et 2017 de l’OCDE.
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