Avis institutionnel52021AE5532

Avis institutionnel — 52021AE5532

CELEX52021AE5532
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 19 janvier 2022

Texte intégral

12.5.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 194/97


Avis du Comité économique et social européen sur la recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro

[COM(2021) 742 final]

(2022/C 194/14)

Rapporteur:

Juraj SIPKO

Consultation

Commission européenne, 7.1.2022

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section

14.12.2021

Adoption en session plénière

19.1.2022

Session plénière no

566

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

229/2/10

1. Conclusions et recommandations

1.1.

L’évolution économique et sociale que connaissent actuellement les pays de la zone euro s’accompagne d’un degré élevé d’incertitude lié à la propagation incontrôlable et rapide de la COVID-19. Par conséquent, le CESE accueille favorablement le dernier document en date de la Commission européenne consacré à l’évolution des économies des États membres de l’UE et à l’analyse des implications pour le processus de gouvernance (1). Dans le même temps, il souligne l’occasion historique d’adopter de toute urgence et de mettre en œuvre de manière rigoureuse des politiques adéquates, efficaces et efficientes afin de progresser vers une transformation de la société dans son ensemble qui sera complexe, mais que le contexte actuel rend nécessaire.

1.2.

S’agissant des déséquilibres macroéconomiques internes, l’un des principaux défis consiste à parvenir à garantir l’assainissement progressif des finances publiques. Le CESE est d’avis que le cadre législatif en vigueur, à savoir le pacte de stabilité et de croissance existant, ne correspond plus aux conditions actuelles. Il souligne dès lors qu’une révision recevable et acceptable des règles budgétaires (2) du cadre législatif, visant à le simplifier et à en assurer le suivi, s’avère plus que nécessaire.

1.3.

Le CESE attire l’attention sur la pandémie de COVID-19 qui a frappé la plupart des pays alors qu’ils menaient un processus de correction des déséquilibres macroéconomiques. Ladite pandémie y a stoppé la réduction du poids relatif de la dette dans le PIB, alors que les prix de l’immobilier ont connu une accélération, ce qui laisse à penser que, dans l’ensemble, les conditions macroéconomiques se dégradent. En outre, le CESE attire l’attention sur les déséquilibres externes les plus importants qui se manifestent dans le système TARGET2 géré par l’eurosystème (3). Les différences qui existent entre les États membres dans ce domaine sont les plus importantes depuis sa création.

1.4.

Le CESE constate la forte progression de l’inflation depuis le début de l’année 2021. Cette progression, qui intervient après des années de faible inflation, est principalement liée au brutal rebond des prix de l’énergie, alors que ceux-ci avaient atteint des niveaux historiquement bas au cours de la pandémie, à une perturbation des chaînes d’approvisionnement et à une augmentation des coûts de transport. Il estime que le niveau actuellement élevé de l’inflation est le résultat du jeu de facteurs en rapport avec la pandémie et la réouverture des économies, qui sont de nature temporaire. On peut s’attendre à ce que la hausse des prix ralentisse en 2022 et en 2023 et que les taux d’inflation se réduisent pour retrouver leurs valeurs moyennes antérieures.

1.5.

L’achèvement de l’union financière est une condition préalable au bon fonctionnement de l’union monétaire européenne. Malgré les progrès accomplis dans la mise en place de l’union bancaire, le CESE souligne que l’adoption et l’approbation urgente de nouvelles mesures sont plus que nécessaires. La fragmentation des marchés des capitaux dans les États membres ne permet pas aux entreprises d’accéder plus facilement aux ressources financières du marché unique des capitaux au sein de l’union des marchés des capitaux. Par conséquent, des progrès supplémentaires sont nécessaires pour achever l’union des marchés des capitaux.

1.6.

Le CESE suit de près le processus d’aggravation des divergences entre les États membres, mais aussi au sein de chacun d’eux et de la zone euro. Il soutient donc l’adoption d’une combinaison de politiques économiques qui utilisent efficacement les ressources disponibles au niveau national, tant publiques que privées, y compris les ressources financières générées par l’instrument Next Generation EU et par la facilité pour la reprise et la résilience. Une mise en œuvre efficace et prudente de ces ressources financières pourrait aboutir à la suspension et, ultérieurement, à la reprise souhaitée du processus de convergence.

1.7.

Le CESE est préoccupé par l’aggravation progressive de l’instabilité sociale. Étant donné que suite à la crise financière mondiale, on n’a ni adopté ni mis en œuvre des mesures suffisantes pour lutter contre l’aggravation des inégalités et de la pauvreté, la COVID-19 a encore accentué ces inégalités et la progression de la pauvreté. Par conséquent, à l’heure actuelle, l’élaboration et le suivi d’indicateurs appropriés de l’inégalité et de la pauvreté, y compris dans le contexte des objectifs de développement durable, semblent plus que nécessaires.

1.8.

La plus grande menace existentielle pour l’avenir de la vie sur notre planète est la détérioration sans précédent des conditions climatiques. Le CESE demande que des mesures urgentes soient adoptées et mises en œuvre pour lutter contre le changement climatique, y compris l’élaboration d’indicateurs de base pour mesurer les conséquences socio-économiques de la crise. En outre, le Comité souligne que les effets néfastes de la crise climatique auront une incidence majeure sur la stabilité macroéconomique (augmentation des dépenses, hausse des prix due à la sécheresse), mais aussi sur la stabilité financière, en particulier celle du secteur de l’assurance (4), et la stabilité sociale.

1.9.

Le processus technologique évolutif conduit à une adoption rapide de la numérisation et des innovations financières. Le CESE se félicite de la décision de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne de lancer un débat sur l’introduction d’un euro numérique. Cette introduction peut s’avérer profitable aux citoyens et aux entrepreneurs de la zone euro, compte tenu de tous les avantages.

1.10.

Jusqu’à présent, en partie grâce à toutes les mesures adoptées et mises en œuvre au lendemain de la crise financière mondiale, le secteur bancaire de la zone euro semble relativement stable. Le CESE attire l’attention sur d’éventuels problèmes liés à l’insolvabilité, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. L’évolution défavorable de l’insolvabilité des petites et moyennes entreprises peut entraîner une perturbation de la stabilité dans le secteur financier, principalement dans le secteur bancaire. Par conséquent, le CESE demande qu’une plus grande attention soit accordée à la mise en place des mesures nécessaires pour garantir la stabilité du système financier.

1.11.

Le CESE attire l’attention sur l’approche prudente adoptée pour faire face à la crise de la COVID-19 qui n’a pas encore été surmontée et qui se poursuit, mais souligne avant tout la nécessité de se préparer à l’éventualité de nouvelles crises virales. Une politique visant à mettre en place un système immunitaire solide au profit de la population peut créer les conditions d’une réduction des dépenses de santé dans le cadre du processus de contagion, tout en instaurant de meilleures conditions pour la santé de tous les travailleurs participant à la création de valeur au sein de la société.

2. Contexte

2.1.

Par rapport au dernier avis du CESE consacré à la politique économique dans les pays de la zone euro, l’évolution actuelle est caractérisée par un taux d’inflation élevé, principalement lié au prix des matières premières énergétiques, en particulier du pétrole et du gaz naturel.

2.2.

Depuis 2019, les prix de gros du gaz et de l’électricité ont respectivement augmenté en moyenne de 429 % et de 230 % (5). Les hausses des prix de détail restent pour l’heure limitées, et représentent respectivement 14 % et 7 %. Les dernières prévisions à court terme qui ont été publiées indiquent que la hausse des prix de gros pourrait se poursuivre jusqu’au dernier trimestre 2022.

2.3.

L’inflation a fortement augmenté depuis le début de l’année, après être restée faible durant des années, et a maintes fois dépassé les prévisions. En novembre, elle atteignait 4,9 % (6). Le facteur clé qui explique cette hausse rapide des prix est la flambée des cours des matières premières, en particulier du pétrole et du gaz, qui sont passés de leurs niveaux historiquement bas à des niveaux antérieurs à la pandémie ou supérieurs à ceux-ci. En outre, les perturbations de la production et de la logistique persistent dans de nombreuses régions du monde, ce qui entraîne une hausse des prix des biens, et ce d’autant plus en période de forte hausse de la demande globale. L’inflation devrait diminuer à partir du début de l’année 2022.

2.4.

En dépit des perspectives encourageantes de reprise de l’économie réelle au premier semestre 2021, on observe à présent que le processus de redressement en cours semble plus compliqué en raison de la propagation rapide de la troisième vague de l’épidémie. La lutte contre la COVID-19 est loin d’être achevée et son impact sur l’économie réelle pourrait durer encore plusieurs années. Les problèmes persistants liés aux prix des intrants énergétiques et à l’indisponibilité de certaines matières premières nécessaires au cycle de production constituent des contraintes majeures, tant pour l’utilisation des capacités de production que pour les projets d’investissement et de consommation.

2.5.

L’utilisation d’instruments financiers dans le cadre de l’instrument Next Generation EU peut avoir une incidence positive sur les performances de l’économie réelle et sur la résolution des problèmes liés à la COVID-19. Dans ce contexte, l’allocation actuelle de fonds par l’intermédiaire de l’instrument REACT-EU, mais aussi de la facilité pour la reprise et la résilience, axée sur la reprise, la résilience et la viabilité des économies individuelles, est considérée comme très opportune.

2.6.

En 2020 a été enregistré le plus fort recul de la croissance économique depuis le début de l’intégration européenne. Cette année, la croissance économique réelle devrait atteindre, dans l’ensemble des États membres de l’UE, environ 5 % et en 2022 elle devrait être de 4,3 %. Pour 2023, on peut espérer une croissance économique réelle de 2,5 % dans les États membres de la zone euro. La croissance économique en 2021 a principalement été stimulée par la consommation des ménages, qui a atteint 3,5 % dans la zone euro au deuxième trimestre.

2.7.

Lors de l’évaluation de l’évolution de la croissance économique, il convient de mettre en évidence les risques existants. Ceux-ci sont liés à un recul des échanges de biens, mais aussi, du côté de la demande, aux incidences sur le processus de production et à l’augmentation des coûts dans l’industrie manufacturière de la zone euro. L’on peut également citer la perturbation des chaînes de valeur mondiales et la dépendance relativement élevée des industries de transformation de la zone euro à l’égard des importations de matières premières et de microprocesseurs.

2.8.

La COVID-19 pèse très lourdement sur les finances publiques. Au lendemain de l’épidémie, les États membres de la zone euro seront confrontés à des défis majeurs pour garantir l’assainissement des finances publiques. En 2020, un déficit de 7,2 % du PIB a été enregistré, aucun État n’ayant connu d’excédent budgétaire. Le déficit devrait légèrement diminuer pour s’établir à 7,1 % du PIB en 2021. Une baisse plus significative peut être attendue en 2022, et devrait se poursuivre en 2023, avec un déficit qui devrait baisser jusqu’à 2,5 %, ce qui représente un taux nettement plus élevé qu’avant la COVID-19 (0,6 % du PIB en 2019).

2.9.

L’évolution du marché du travail reste liée à des problèmes structurels dans les différents pays de la zone euro. Néanmoins, le taux de chômage demeure relativement faible, principalement grâce à la mise en œuvre à grande échelle de programmes de maintien de l’emploi. Dans la plupart des économies de la zone euro, le marché du travail actuel est confronté à une relative pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Malgré des taux de chômage plus faibles que prévu suite à la COVID-19, un certain nombre de défis restent à relever sur le marché du travail en ce qui concerne la requalification nécessaire, en particulier dans le contexte du processus de transition entamé.

2.10.

L’UE et la zone euro en tant qu’ensemble ont enregistré des excédents de la balance des paiements courants, mais les résultats varient sensiblement d’un pays à l’autre. Certains pays continuent à enregistrer d’importants excédents sur les comptes courants de la balance des paiements. Au contraire, les pays où existent d’importants secteurs touristiques transfrontières ont généralement connu une forte augmentation des déficits dans les comptes courants de la balance des paiements ou une diminution de leurs modestes excédents. Cette situation devrait être corrigée progressivement grâce à la reprise des voyages. Lors de l’évaluation du niveau des déséquilibres extérieurs dans les États membres de la zone euro, il est nécessaire de souligner l’augmentation sans précédent des déséquilibres dans le système de paiement TARGET2, qui a atteint cette année son niveau le plus élevé depuis sa création (7).

2.11.

Aujourd’hui, compte tenu de la propagation rapide et incontrôlable du virus, on peut s’attendre à ce que de nouvelles corrections soient apportées aux perspectives d’évolution de la croissance économique qui semblaient relativement prometteuses. L’actuel processus d’introduction de mesures restrictives en raison de l’épidémie peut, dans une large mesure, avoir une incidence négative sur la croissance économique réelle et sur le niveau déjà intenable qu’atteint la dette publique dans certains États membres, notamment en augmentant les inégalités et en augmentant la pauvreté.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE suit avec inquiétude l’évolution économique et sociale actuelle, associée à un degré d’incertitude élevé. L’ampleur de cette incertitude est liée à deux facteurs négatifs: l’accumulation sans précédent de la dette publique et la progression de l’inflation. La hausse des prix à la consommation entraîne une détérioration de la situation sociale des ménages et a une incidence négative sur le niveau de vie. Étant donné que les ratios d’endettement étaient déjà élevés dans certains États membres de la zone euro avant la crise, la détérioration rapide de la situation budgétaire aura pour conséquence que ces États membres de la zone euro devront impérativement prendre et mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire à moyen terme, lorsque les conditions économiques le permettront.

3.2.

Le CESE se félicite du processus de relance de l’économie réelle qui se met progressivement en route. Dans ce contexte, il soutient l’intention d’accroître les investissements tant publics que privés. Il apprécie également que, dans le contexte de la mise en place du cadre complexe de l’instrument Next Generation EU, ces ressources puissent être utilisées efficacement pour soutenir une véritable croissance économique de qualité.

3.3.

Le CESE estime que l’inflation galopante n’aboutira pas à une politique monétaire restrictive de la BCE, étant donné que les moteurs de l’inflation semblent être temporaires et trouvent principalement leur origine du côté de l’offre. Par conséquent, le CESE soutient l’accent mis par la politique économique sur le renforcement de la résilience, de la flexibilité, de l’autonomie et de la fonctionnalité des structures stratégiques afin de pouvoir faire face, à l’avenir, à des chocs symétriques récurrents.

3.4.

Le CESE est favorable à des changements systémiques historiques majeurs avec la transition vers une économie verte, numérique et socialement juste. Malgré la complexité et l’imprévisibilité des nouvelles évolutions dans le contexte de la COVID-19, le CESE soutient le pacte vert pour l’Europe (8) et y voit une opportunité historique pour le développement économique et social durable sur le vieux continent. Dans ce contexte, le CESE approuve l’acceptation et la prise en considération de tous les facteurs importants visant à préserver la vie sur la planète pour les générations présentes et futures.

3.5.

Le CESE appelle à l’adoption et à la mise en œuvre urgentes de mesures visant à réduire progressivement les inégalités et la pauvreté dans les pays membres de la zone euro (9). Dans ce contexte, il estime qu’il est possible d’utiliser tous les outils réels en matière de recettes et de dépenses, y compris la réduction des dépenses contre-productives, la lutte contre la corruption, l’économie souterraine, les opérations opaques, notamment en mettant en œuvre une solution durable, attendue de longue date, pour remédier au problème des paradis fiscaux.

3.6.

Compte tenu de la complexité et de l’imprévisibilité des évolutions actuelles, le CESE convient que les différents États membres adoptent des politiques budgétaires prenant en compte l’état de la reprise, la viabilité budgétaire et la nécessité de réduire les divergences économiques, sociales et territoriales.

3.7.

Le Comité est conscient que la politique budgétaire devrait être suffisamment active et flexible en cas de vagues potentielles de prolifération et de mutation virales. Dans ce contexte, il soutient les dépenses supplémentaires et nécessaires dans le secteur de la santé jusqu’à ce que la situation générale atteigne progressivement la normalité.

3.8.

Face à l’évolution économique et sociale complexe que nous connaissons, le CESE recommande la mise en œuvre d’un dosage cohérent des politiques macroéconomiques. Compte tenu de la stratégie globale de relance, une politique monétaire expansionniste associée à une politique budgétaire expansionniste cohérente peut jouer un rôle important. L’adoption et la mise en œuvre du dosage des politiques macroéconomiques devraient également être coordonnées avec les partenaires sociaux.

3.9.

Le processus technologique évolutif est lié à l’innovation dans le secteur financier. Le CESE se félicite des premières mesures prises par la BCE et la Commission européenne en vue de la création d’un euro numérique (10). Pour l’heure, aucune décision n’a été prise concernant l’instauration d’un euro numérique et les caractéristiques possibles de sa conception. L’on peut espérer que le processus d’introduction de l’euro numérique permettrait aux ménages comme aux entreprises d’effectuer des opérations de paiement et de règlement plus rapides, plus efficaces et moins onéreuses, mais il convient d’en prendre en considération les conséquences, par exemple pour les opérations de compensation. Dans ce contexte, on pourrait également s’attendre à une contribution à la stratégie d’affirmation du rang international de l’euro.

3.10.

Le CESE soutient et se félicite du lancement d’une consultation publique sur la gouvernance des finances publiques. Dans ce contexte, il convient de s’orienter vers: a) l’harmonisation des délais du processus d’assainissement budgétaire; b) la définition de règles pour encadrer d’une part les mesures adoptées sur le long terme afin de surmonter les conséquences de la pandémie, mais surtout les investissements liés à l’économie verte et numérique; c) la simplification des règles institutionnelles et de la gouvernance, par exemple s’agissant de l’application des règles budgétaires. Le CESE attire l’attention sur les différents avis qu’il a consacrés à la gouvernance économique et, en particulier, aux règles budgétaires. Dans son dernier avis (11), à cet égard, le CESE plaide en faveur de l’introduction d’une règle d’or pour les investissements publics en combinaison avec une règle en matière de dépenses, et souligne que tant les parlements nationaux que le Parlement européen doivent jouer un rôle de premier plan dans le futur cadre de gouvernance économique de l’UE. En outre, le CESE plaide en faveur d’une plus grande participation de la société civile au semestre européen, tant au niveau national qu’au niveau de l’UE, et préconise que soient adoptées des lignes directrices pour une période de transition, au cours de laquelle la procédure concernant les déficits excessifs ne devrait pas être déclenchée.

4. Observations particulières

4.1.

Le CESE se félicite de l’approche adoptée par la Commission européenne à l’égard de l’actuelle évolution défavorable des prix de l’énergie, y compris des mesures proposées à court et à moyen terme. Compte tenu de l’imprévisibilité de l’évolution des prix de l’énergie, le CESE appelle de ses vœux des mesures substantielles et systémiques visant à amortir les chocs systémiques imprévus dus à l’environnement extérieur et à créer ainsi les conditions d’une existence durable, stable, résiliente et socialement juste pour tous les habitants de la zone euro.

4.2.

Le CESE apprécie vivement le lancement d’un débat public sur les modalités futures des règles budgétaires présentées par la Commission européenne. Cette initiative attendue de longue date pourrait déboucher sur des règles simples et faciles à contrôler reflétant la situation qui prévaut au début de la troisième décennie de ce siècle. En outre, le CESE souligne que le processus d’achèvement progressif de l’union budgétaire est également lié à la mise en place de l’ensemble de la structure du système de gestion des finances publiques, y compris la création d’un «ministre des finances».

4.3.

Le CESE suit avec une grande inquiétude l’évolution dans le domaine du climat et de son changement. Dans ce contexte, il se félicite de l’adoption du paquet «Ajustement à l’objectif 55» et notamment du plan cible de l’UE en matière de climat. Il tient pour capital de prendre et d’appliquer des mesures afin d’établir des normes généralement adoptées et acceptées dans le cadre de la lutte contre la crise climatique. Compte tenu du rétrécissement de la marge de manœuvre et du manque de temps pour lutter contre le changement climatique, le CESE demande que l’accent soit mis sur l’adoption de toutes les mesures urgentes pour mener à bien cette lutte. En outre, dans le contexte du changement climatique, il sera nécessaire d’analyser l’incidence sur les évolutions macroéconomiques et leurs conséquences, c’est-à-dire les politiques monétaire et budgétaire, y compris la stabilité financière et sociale.

4.4.

Le CESE souligne la nécessité d’achever l’union financière. Malgré la mise en place progressive de l’architecture de l’union bancaire (12), tous les efforts doivent être mis en œuvre pour la parachever (13). En outre, le CESE souligne la nécessité d’un fonctionnement efficace du marché des capitaux au sein des États membres de l’UE. Dans ce contexte, les efforts devraient être orientés vers la poursuite de l’approfondissement de l’union des marchés des capitaux (14) (15).

4.5.

Le CESE soutient la poursuite des politiques visant à réduire la planification fiscale agressive, à lutter contre l’évasion fiscale et à assurer une fiscalité efficace et équitable, ce qui peut permettre de réduire les inégalités au sein de chacun des États membres ainsi que la pauvreté.

4.6.

Sur la voie d’une transformation historique réussie, le CESE estime qu’il est de la plus haute importance de suivre systématiquement et d’évaluer régulièrement l’efficacité de toutes les mesures adoptées et appliquées dans le cadre des différentes politiques économiques nationales, et de créer ainsi des conditions favorables pour répondre avec agilité à des chocs systémiques dont la nature ne cesse de changer, qu’ils soient internes ou externes et imprévus.

Bruxelles, le 19 janvier 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_21_5321

(2) https://www.ft.com/content/f3377da4-2ec6-4edb-b9b8-6a5af22bc2a2

(3) https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/target_balances/html/index.en.html

(4) https://www.imf.org/en/News/Seminars/Conferences/2021/11/17/9th-statistical-forum-measuring-climate-change

(5) COM(2021) 660 final.

(6) https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/11563351/2-29102021-AP-EN.pdf

(7) https://sdw.ecb.europa.eu/reports.do?node=1000004859

(8) https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr

(9) https://voxeu.org/article/income-inequality-eu-trends-and-policy-implications

(10) https://www.ecb.europa.eu/paym/digital_euro/html/index.fr.html

(11) Avis du CESE sur le thème «Repenser le cadre budgétaire de l’Union européenne pour une reprise durable et une transition juste» (avis d’initiative) (JO C 105 du 4.3.2022, p. 11).

(12) https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2021/html/ecb.sp210318_1~e2126b2dec.en.html

(13) JO C 132 du 24.3.2022, p. 151.

(14) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_21_6251

(15) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_21_6307