Avis institutionnel — 52021AE6449
| CELEX | 52021AE6449 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 23 février 2022 |
Texte intégral
| 18.7.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 275/66 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au statut et au financement des partis politiques européens et des fondations politiques européennes (refonte)
[COM(2021) 734 final — 2021/0375 (COD)]
et la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique
[COM(2021) 731 final — 2021/0381 (COD)]
(2022/C 275/11)
| Rapporteur: | Andris GOBIŅŠ |
| Corapporteur: | Carlos Manuel TRINDADE |
| Consultation | Parlement européen, 13.12.2021 Conseil de l’Union européenne, 15.12.2021 et 21.1.2022 |
| Base juridique | Articles 114 et 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 10.2.2022 |
| Adoption en session plénière | 23.2.2022 |
| Session plénière no | 567 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 222/4/5 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE approuve les objectifs du train de mesures «Renforcer la démocratie et l’intégrité des élections» et souscrit aux motifs justifiant son élaboration. Conscient des graves défis et dangers auxquels sont confrontés les processus démocratiques, il suggère de faire preuve de plus d’ambition dans les règlements et de les mettre en œuvre dès que possible. |
| 1.2. | Il est essentiel de permettre et de promouvoir une participation politique des citoyens en toute connaissance de cause, de veiller à ce que les activités politiques soient accessibles et s’exercent dans la transparence et la bonne foi, et de favoriser un rôle clair et actif de la société civile. À cette fin, le présent avis propose un certain nombre de modifications aux règlements et plusieurs mesures supplémentaires. |
| 1.3. | Le CESE est favorable à l’inclusion, dans le train de mesures, de tous les aspects ayant trait aux campagnes politiques. Il convient de mettre davantage l’accent sur la lutte contre la désinformation, cette dernière ayant une incidence croissante sur les élections et la transparence. La pratique du fact checking (vérification des faits) et l’éducation aux médias ne suffisent pas à elles seules à arrêter le déluge de contenus trompeurs ou conçus pour diviser auxquels les citoyens sont exposés, ni à remédier aux causes profondes de l’attrait que présentent de tels contenus pour certains citoyens. |
1.4. En ce qui concerne la transparence et le ciblage de la publicité à caractère politique, le CESE avance des propositions concrètes d’amélioration (voir section 3.1.):
| i) | recourir à une définition large mais claire de la publicité à caractère politique allant au-delà des activités officiellement rémunérées, et prenant aussi en compte les incidences obtenues au moyen de bots et de trolls et/ou de la manipulation de l’information; |
| ii) | élargir le champ d’application des sanctions en cas d’actes répréhensibles; |
| iii) | élargir la base juridique à toutes les personnes morales et physiques; |
| iv) | limiter les possibilités d’influence d’acteurs de pays tiers; |
| v) | fournir des informations visibles directement (et non via des hyperliens) sur les questions pour lesquelles la transparence est essentielle; |
| vi) | faire en sorte que les informations soient disponibles et transparentes; |
| vii) | veiller à ce que les règles soient les mêmes pour tous; |
| viii) | introduire la possibilité de porter plainte directement auprès des autorités nationales compétentes, et pas seulement auprès de la plateforme en ligne concernée; |
| ix) | rendre les informations accessibles à tous les citoyens sans restrictions; |
| x) | interdire la publicité à caractère politique ciblée fondée sur le suivi et le traitement systématiques d’informations concernant le comportement en ligne ou hors ligne d’une personne; |
| xi) | limiter ou arrêter le recours, dans la publicité à caractère politique, à des techniques de ciblage et d’amplification impliquant le traitement de données à caractère personnel, en raison des risques liés à l’expression limitée du consentement; |
| xii) | interdire totalement le ciblage fondé sur des catégories particulières de données sensibles à caractère personnel; |
| xiii) | assurer une transparence totale en ce qui concerne les techniques de ciblage, même lorsqu’elles ne sont pas directement liées à une campagne donnée; |
| xiv) | envisager des réglementations particulières pour les pays où l’indépendance des médias publics n’est pas dûment garantie. |
1.5. En ce qui concerne la refonte du statut et du financement des partis politiques européens et des fondations politiques européennes, le CESE avance des propositions spécifiques (voir section 3.2.) visant à:
| i) | renforcer les normes relatives à l’équilibre entre les hommes et les femmes; |
| ii) | lutter contre la discrimination et promouvoir les droits de l’homme; |
| iii) | limiter, concernant les dons à des partis politiques, ceux en provenance de pays tiers; |
| iv) | fixer un plafond universel de 18 000 EUR par an pour les contributions de citoyens; |
| v) | réglementer le recours à des prestataires de services extérieurs; |
| vi) | limiter la participation des partis européens aux campagnes référendaires nationales; |
| vii) | abaisser le montant maximal des dons anonymes à 1 000 EUR; |
| viii) | laisser en l’état le système de cofinancement des partis politiques européens. |
1.6. Concernant la résilience et le renforcement du rôle de la société civile dans les processus électoraux (aspect développé dans la section 3.3.), il est proposé de:
| i) | donner aux citoyens un véritable droit de parole dans la définition de l’avenir de l’UE, y compris au-delà des élections et en dehors des périodes électorales; |
| ii) | organiser une manifestation annuelle pour échanger les bonnes pratiques et élaborer un plan annuel visant à renforcer la démocratie, la participation et le dialogue civique ainsi que la mise en œuvre de l’article 11 du TUE; |
| iii) | prévoir un instrument financier spécifique pour la réalisation de campagnes impartiales et inclusives incitant à aller voter; |
| iv) | mettre en place un programme de financement pour les journalistes, les chercheurs, les vérificateurs de faits et les organisations de veille; |
| v) | soutenir la coopération entre experts et les travaux sur le financement des campagnes, ainsi que la criminalistique informatique, la lutte contre la désinformation et la cybersécurité; |
| vi) | supprimer les obstacles qui subsistent et garantir une participation inclusive aux élections; |
| vii) | soutenir les citoyens mobiles; |
| viii) | garantir un accès sans entraves aux élections pour les citoyens de l’Union en situation de handicap; |
| ix) | encourager les citoyens à devenir membres d’un parti politique européen, quel qu’il soit; |
| x) | garantir aux citoyens le droit de savoir quels partis politiques de niveau national ont des liens avec les partis européens, ou prévoient d’en tisser; |
| xi) | harmoniser la législation relative aux conditions d’organisation des élections au Parlement européen (âge du droit de vote, date des élections, exigences relatives aux circonscriptions électorales, aux candidats, aux partis politiques et à leur financement) et mettre davantage l’accent sur l’éducation. |
2. Contexte et observations générales
2.1. Contexte de l’avis, y compris la proposition législative à l’examen
| 2.1.1. | Le train de mesures «Renforcer la démocratie et l’intégrité des élections» a été publié par la Commission européenne le 25 novembre 2021. Il avait fait l’objet d’une annonce préalable dans les orientations politiques de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ainsi que dans le plan d’action pour la démocratie européenne, adopté en décembre 2020. Le paquet comprend les éléments suivants, dont le CESE n’a été invité à aborder que les points i et ii dans son avis:
|
2.2. Observations générales
| 2.2.1. | Le CESE souligne ce qui suit:
|
3. Observations particulières
3.1. Modifications suggérées pour la proposition de règlement relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique
| 3.1.1. | Le CESE est favorable à une définition large mais claire de la publicité à caractère politique et suggère de prévoir des actions appropriées sur les différentes manières de faire campagne/d’exercer contre rémunération une influence sur les processus politiques, y compris les incidences obtenues au moyen de bots et de trolls et/ou de la manipulation de l’information. Des problèmes peuvent se poser lorsqu’une définition peu claire donne lieu à une marge de manœuvre excessive ou à des différences de mise en œuvre sur les diverses plateformes. |
| 3.1.2. | Le CESE estime que la liste des sanctions possibles est très limitée dans le texte actuel et suggère d’ajouter un nouveau point à l’article 15, paragraphe 5, qui devrait être libellé comme suit: «(d) prendre des mesures dans le but d’appliquer des sanctions pénales, par exemple en cas de fraude à grande échelle.» Il plaide par ailleurs en faveur de critères européens communs pour les sanctions au niveau national. |
| 3.1.3. | Dans l’état actuel du texte, la base juridique choisie est trop étroite, ce qui signifie que le règlement concerne principalement les services fournis par des acteurs économiques contre rétribution. Il convient d’élargir cette base juridique de sorte que les règles relatives à la publicité à caractère politique s’appliquent à toutes les personnes morales et physiques qui créent et publient de facto des annonces publicitaires à caractère politique. Les règles relatives aux personnes physiques devraient être clarifiées de sorte à ne pas s’appliquer aux personnes qui partagent leurs opinions politiques à titre purement privé. Les effets indirects négatifs sur la société civile ainsi que sur son engagement et sa participation au processus décisionnel devraient être abordés dans le cadre d’un dialogue approfondi avec les organisations concernées. |
| 3.1.4. | Le considérant 14 indique que la publicité «entièrement préparée, placée ou publiée par des prestataires de services établis en dehors de l’Union mais diffusée auprès de particuliers dans l’Union» relève du champ d’application du règlement et est donc, en principe, autorisée. Toutefois, le risque d’ingérence étrangère dans les élections constitue une menace trop grave pour la démocratie dans l’UE. Il convient d’élaborer un ensemble de dispositions spéciales dans le but d’empêcher la diffusion dans l’UE de publicités politiques ou d’autres activités de campagne financées directement ou indirectement par des entités extérieures à l’UE. |
| 3.1.5. | Dans une optique de transparence accrue, il conviendrait de modifier comme suit l’article 7, paragraphe 1, point (c), de la proposition de règlement: maintenir «un avis de transparence permettant de comprendre le contexte plus large de l’annonce publicitaire à caractère politique et ses objectifs», en supprimant la dernière partie du texte: «ou une indication claire de l’endroit où cet avis peut être facilement récupéré». Le considérant 40 devrait être modifié en conséquence. |
| 3.1.6. | Dans un souci de transparence, l’article 7 de la proposition de règlement devrait également prévoir la publication du montant consacré à la publicité, avec l’indication de la campagne correspondante. Il conviendrait aussi de soutenir, en les intégrant dans le règlement, les bonnes pratiques en vigueur dans les États membres, à savoir celles qui exigent en période préélectorale une transparence en ce qui concerne les prix des annonces publicitaires et des services, s’appliquant de la même manière à toutes les forces politiques. Un système de suivi devrait être mis en place à cet effet. |
| 3.1.7. | Le droit des citoyens à recevoir des informations transparentes sur la publicité à caractère politique devrait prévaloir sur la volonté de ne pas imposer de charges administratives aux prestataires de services sous la forme d’obligations en matière de déclaration. En conséquence, l’article 8 (Rapports périodiques sur les services de publicité à caractère politique) de la proposition de règlement devrait s’appliquer à tous les éditeurs de publicité, y compris ceux répertoriés comme micro, petites et moyennes entreprises. À cette fin, il y a lieu de supprimer le paragraphe 2 de l’article 8 («Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux entreprises remplissant les conditions requises au regard de l’article 3, paragraphe 3, de la directive 2013/34/UE»). |
| 3.1.8. | L’article 9 de la proposition de règlement (Signalement d’éventuelles annonces publicitaires à caractère politique illicites) devrait être modifié. Au lieu de laisser aux éditeurs de publicité le soin de traiter les signalements des particuliers avisant qu’une annonce publicitaire donnée qu’ils ont publiée ne respecte pas le règlement, il doit également être possible de porter plainte directement auprès des autorités nationales compétentes. Dans le cas contraire, cela pourrait conduire à des conflits d’intérêts si les éditeurs de publicité devaient hésiter à interrompre une campagne publicitaire donnée par crainte de perdre des recettes. |
| 3.1.9. | Les informations relatives à la publicité à caractère politique doivent être mises gratuitement à la disposition de toutes les entités intéressées. À cette fin, nous estimons qu’il n’est pas justifié de restreindre les catégories de personnes qui peuvent demander des informations aux prestataires de services de publicité politique, comme indiqué à l’article 11, paragraphe 2, de la proposition de règlement. En outre, il convient de supprimer les paragraphes 4 à 7 de cet article. Les informations devraient être facilement accessibles et utilisables. |
| 3.1.10. | Le CESE recommande vivement d’interdire la publicité à caractère politique ciblée fondée sur le suivi et le traitement systématiques d’informations concernant le comportement en ligne ou hors ligne d’une personne. Il importe de rappeler que les données à caractère personnel qui ne sont pas sensibles en soi peuvent, en combinaison avec d’autres données non sensibles à caractère non personnel ou personnel, fournir indirectement des informations sensibles, alors même que la Commission essaie précisément de protéger ce type d’informations. Il conviendrait de prévoir un point distinct sur cette question dans le règlement. |
| 3.1.11. | La proposition de règlement autorise le recours, dans la publicité à caractère politique, à des techniques de ciblage et d’amplification impliquant le traitement de données sensibles à caractère personnel «avec le consentement explicite de la personne concernée, ou, dans le cadre de leurs activités légitimes et moyennant les garanties appropriées, par une fondation, une association ou tout autre organisme à but non lucratif et poursuivant une finalité politique, philosophique, religieuse ou syndicale». Toutefois, la notion de «consentement explicite» est très problématique dans ce contexte, étant donné qu’il n’existe aucun moyen de garantir ou de vérifier, avec un degré élevé de fiabilité, que les personnes visées par les techniques de ciblage et d’amplification prennent effectivement le temps de se familiariser avec ces techniques, de comprendre pleinement le risque encouru et de donner un consentement véritablement éclairé. Compte tenu du degré élevé de risque que représente pour la démocratie européenne l’utilisation de techniques de ciblage et d’amplification dans la publicité à caractère politique, ces techniques devraient être totalement interdites lorsqu’elles sont fondées sur des données sensibles. |
| 3.1.12. | La transparence en matière de techniques de ciblage devrait également être assurée de manière visible et claire en ce qui concerne les informations qui ne sont pas directement liées à une campagne donnée. Les informations sur les raisons pour lesquelles une personne voit une publicité donnée doivent être visibles et faciles à utiliser, avec la possibilité de retirer rapidement son consentement éventuel à faire l’objet d’un tel ciblage. |
| 3.1.13. | Il conviendrait d’envisager des réglementations particulières dans les pays où l’indépendance des médias publics n’est pas dûment garantie. En outre, il convient de remédier aux lacunes et aux problèmes causés par l’absence de réglementation de la publicité engagée. |
3.2. Suggestions de modifications à la proposition de règlement relatif au statut et au financement des partis politiques européens et des fondations politiques européennes (refonte)
| 3.2.1. | Il convient de renforcer l’article 4, paragraphe 1, point j), de la proposition de règlement («ses règles internes en matière d’équilibre hommes-femmes»), en fixant des normes minimales concernant l’équilibre entre les hommes et les femmes, telles que des quotas de représentation hommes-femmes pour l’ensemble des membres et pour les postes à responsabilité, et en exigeant le respect de ces normes. |
| 3.2.2. | Le paragraphe 2 de l’article 4 devrait être modifié afin de prévoir que les statuts d’un parti politique européen comprennent également des dispositions sur son approche en matière de lutte contre la discrimination et de promotion des droits de l’homme, conformément aux normes de l’UE. |
| 3.2.3. | Le CESE estime que les contributions ou dons éventuels en provenance de pays tiers qui profitent aux partis politiques ou aux fondations politiques de l’UE peuvent représenter un risque excessif pour l’indépendance des bénéficiaires et, partant, pour le système démocratique. À cette fin, il convient de modifier l’article 23, paragraphes 9 et 10, du projet de règlement, afin de veiller strictement à ce que seules les contributions des partis politiques des pays du Conseil de l’Europe qui n’imposent pas de limitations aux valeurs communes de l’UE et dans lesquels ces valeurs peuvent être librement promues soient autorisées. Une autre modification possible consisterait à réduire sensiblement les montants autorisés de contributions et de dons. Cela devrait également couvrir d’éventuels prêts et autres engagements de nature financière. |
| 3.2.4. | À des fins de transparence, il convient de modifier l’article 23, paragraphe 11, de la proposition de règlement, en supprimant la disposition suivante: «Le plafond prévu au premier alinéa ne s’applique pas lorsque le membre concerné est également député élu au Parlement européen, à un parlement national ou à un parlement régional ou à une assemblée régionale.» Ainsi, le plafond universel pour une contribution de citoyen sera de 18 000 EUR par an et par membre. |
| 3.2.5. | Conformément à ce qui a été dit plus haut, les règles relatives à la publicité à caractère politique devraient s’appliquer pleinement à toutes les situations où des partis politiques européens se livrent à une publicité à caractère politique, et pas seulement aux cas où ils s’appuient sur des prestataires de services extérieurs. L’article 5 de la proposition de règlement devrait être modifié en conséquence. |
| 3.2.6. | Les dispositions de l’article 24 relatives au financement éventuel par les partis politiques européens et les fondations politiques européennes de campagnes référendaires nationales peuvent créer des situations problématiques en raison d’une éventuelle utilisation abusive par des populistes ou des forces radicales ou parce qu’elles donneraient lieu à des allégations d’«ingérence étrangère». Ces risques sont particulièrement élevés dans les petits États membres de l’UE, où il est possible de mener des campagnes impactantes avec relativement peu de financements et sur de courtes périodes, tandis que les procédures concernant la légalité d’un financement par des partis politiques européens ou des fondations politiques européennes peuvent prendre beaucoup de temps. Cette proposition ne devrait donc être mise en œuvre qu’en articulation avec des règles nationales en matière de référendum qui atténuent les risques recensés. En tout état de cause, il serait utile d’organiser des débats publics avec des responsables politiques d’autres États membres de l’UE. |
| 3.2.7. | Dans un souci de transparence, il convient de modifier l’article 36 afin d’y inclure des règles plus strictes en matière de publication des dons de personnes physiques. Le montant maximal de tout don pour lequel le nom du donateur ne doit pas être publié devrait être plafonné à 1 000 EUR. Ce montant sera plus proportionné aux niveaux de revenus relativement faibles ayant cours dans certains États membres de l’UE. |
| 3.2.8. | La Commission propose de modifier l’article 20, paragraphe 4, afin de faire passer le taux de cofinancement pour les partis politiques européens de 10 % à 5 %, et à 0 % l’année des élections au Parlement européen. Le CESE ne soutient pas cette proposition, car même un faible niveau de cofinancement témoigne de l’engagement des partis à l’égard des politiques qu’ils préconisent. Il souligne en outre que tous les flux financiers entre les partis nationaux et européens doivent être transparents. |
3.3. Résilience et aspects particuliers du renforcement du rôle de la société civile dans les processus électoraux
| 3.3.1. | Étant donné que les partis et les réseaux populistes et nationalistes gagnent du terrain en Europe, avec des appuis tant intérieurs qu’extérieurs, le CESE estime que la promotion de la participation des citoyens au processus démocratique européen, comme indiqué dans son avis sur le plan d’action pour la démocratie européenne, est devenue plus cruciale que jamais et devrait être abordée parallèlement à la réglementation des processus électoraux. Il convient de donner aux citoyens un véritable droit de parole dans la définition de l’avenir de l’UE en ce qui concerne les élections (par exemple comme indiqué ci-dessous) mais aussi au-delà des élections et en dehors des périodes électorales (comme indiqué dans l’avis du CESE sur le plan d’action pour la démocratie et dans la feuille de route sur la mise en œuvre de l’article 11 du traité sur l’Union européenne et le plan d’action correspondant (5)). |
| 3.3.2. | Le CESE rappelle avec force sa suggestion de lancer une manifestation annuelle réunissant les plus hauts représentants des institutions européennes et des organisations/associations représentatives de la société civile, ainsi que les partenaires sociaux et des représentants des dialogues sectoriels et des dialogues locaux, régionaux, nationaux et macrorégionaux (transnationaux et de voisinage), en vue d’un échange de bonnes pratiques et de l’élaboration d’un plan annuel visant à renforcer la démocratie, la participation et le dialogue civique ainsi que la mise en œuvre de l’article 11 du TUE. Cette manifestation pourrait par ailleurs créer des synergies avec le train de mesures relatif aux élections. La Commission et le CESE devraient jouer un rôle de premier plan en tant qu’organisateurs de cette manifestation. |
| 3.3.3. | La Commission européenne doit prévoir un instrument financier spécifique pour la réalisation de campagnes impartiales et inclusives incitant à aller voter, menées par la société civile et les médias indépendants et visant à accroître la participation aux élections, en particulier dans la grande majorité des États membres de l’UE où cette participation n’est pas obligatoire. Ces campagnes devraient, en particulier, se concentrer sur le dialogue avec des groupes défavorisés tels que les minorités et les groupes désavantagés en raison de leur statut social ou de leur situation économique, etc. |
| 3.3.4. | Il convient de mettre en place un programme de financement pour les journalistes, les chercheurs, les vérificateurs de faits et les organisations de veille, ainsi que pour les mesures de suivi et de lutte contre la propagation de la désinformation, qui couvrirait tous les aspects du train de mesures «Renforcer la démocratie et l’intégrité des élections». Il convient de prévoir un financement adéquat pour développer et améliorer les compétences numériques des citoyens et faire éclater les «bulles» populistes ou radicales, y compris celles créées par la désinformation et les autres techniques employées par les acteurs politiques nationaux. |
| 3.3.5. | Le projet de mécanisme conjoint pour la résilience électorale devrait prévoir des financements, un soutien et des outils pour la coopération entre experts et les travaux sur le financement des campagnes. La criminalistique informatique, la lutte contre la désinformation et la cybersécurité des élections sont également essentielles. |
| 3.3.6. | Des efforts supplémentaires devraient être consentis pour supprimer les obstacles qui subsistent et garantir une participation inclusive aux élections. Il convient notamment de redoubler d’efforts pour améliorer la participation démocratique des femmes, des citoyens handicapés, des jeunes citoyens et d’autres groupes. Les obstacles au vote des citoyens mobiles de l’UE qui existent dans certains États membres devraient être supprimés. Il y a lieu de faciliter le vote de ces citoyens dans leur pays de résidence ou, lorsque le droit national et le droit de l’Union le permettent, dans leur pays d’origine, ce qui devrait se traduire par des taux de participation plus élevés pour les citoyens mobiles de l’UE. Il ne faut pas oublier qu’environ 13,5 millions de citoyens de l’Union ne vivent pas dans leur propre État membre. |
| 3.3.7. | Le CESE fait observer que, pour les personnes qui se sont installées dans un autre État membre de l’UE, l’inscription sur les listes électorales devrait être simplifiée et rationalisée, par exemple au moyen d’une plateforme d’inscription commune ou partagée (le cas échéant), accessible dans toutes les langues officielles de l’UE. Il convient également de prévoir un droit de vote des citoyens de l’Union au niveau régional et de mettre en place un service d’assistance pour le vote dans un autre État membre. |
| 3.3.8. | Le CESE souligne qu’il n’existe toujours pas de droit de vote véritable pour des millions de citoyens de l’UE. Son rapport d’information intitulé «La réalité du droit de vote aux élections européennes pour les personnes handicapées» présente les nombreux obstacles juridiques ou techniques auxquels sont confrontés, dans les différents États membres, les citoyens de l’UE handicapés qui, bien que souhaitant réellement voter, ne sont pas en mesure de le faire. Le CESE réitère son appel, formulé dans son avis du 2 décembre 2020 intitulé «La nécessité de garantir la réalité du droit de vote aux élections au Parlement européen pour les personnes handicapées», à mettre en œuvre d’urgence des modifications législatives qui garantiront le droit de vote véritable de tous les citoyens de l’Union dès les élections au Parlement européen de 2024. |
| 3.3.9. | Encourager les citoyens à devenir membres d’un parti politique européen, quel qu’il soit, leur donnerait la possibilité d’influencer directement les débats au niveau de l’UE et d’y contribuer. |
| 3.3.10. | Les citoyens devraient être en mesure de comprendre clairement quels partis politiques de niveau national ont des liens avec les partis européens, ou prévoient d’en tisser. Cet aspect revêt une importance particulière avant les élections. |
| 3.3.11. | Le CESE est favorable à plusieurs propositions exprimées par le deuxième panel de citoyens européens de la conférence sur l’avenir de l’Europe, qui travaille sur les thèmes «Démocratie européenne/Valeurs et droits, état de droit et sécurité» (6), notamment la suggestion d’harmoniser les conditions d’organisation des élections au Parlement européen (âge du droit de vote, date des élections, exigences relatives aux circonscriptions électorales, aux candidats, aux partis politiques et à leur financement) et de mettre davantage l’accent sur l’éducation et les compétences, par exemple en matière de protection des données, de démocratie, ainsi que s’agissant de repérer le populisme et de lutter contre lui. |
Bruxelles, le 23 février 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) COM(2021) 730 final: Protéger l’intégrité des élections et promouvoir la participation démocratique.
(2) COM(2021) 730 final: Protéger l’intégrité des élections et promouvoir la participation démocratique.
(3) Avis du CESE sur le plan d’action pour la démocratie européenne.
(4) Eurobaromètre spécial 507: La démocratie dans l’UE.
(5) Plan d’action pour la mise en œuvre de l’article 11, paragraphes 1 et 2, du traité sur l’Union européenne.
(6) Panel 2 — Panels de citoyens européens — Conférence sur l’avenir de l’Europe.
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