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AccueilDroit européen52021AE6493
Avis institutionnel52021AE6493

Avis institutionnel — 52021AE6493

CELEX52021AE6493
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 23 mars 2022

Texte intégral

29.7.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 290/40


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (UE) no 575/2013 en ce qui concerne les exigences pour risque de crédit, risque d’ajustement de l’évaluation de crédit, risque opérationnel et risque de marché et le plancher de fonds propres

[COM(2021) 664 final — 2021/0342 (COD)]

(2022/C 290/07)

Rapporteur:

Bogdan PREDA

Consultations

Parlement européen: 17.1.2022

Conseil de l’Union européenne, 20.1.2022

Base juridique

Article 114 et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale»

Adoption en section

3.3.2022

Adoption en session plénière

23.3.2022

Session plénière no

568

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

154/0/1

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le CESE plaide en faveur de stratégies saines, prospectives et équilibrées en matière de fonds propres, qui prévoient une pondération des risques fondée sur les risques réels pour la stabilité, tout en tenant compte de la nécessité de renforcer la compétitivité des banques de l’Union et d’intensifier le financement de la croissance durable. En conséquence, le CESE invite la Commission à examiner plus avant dans quelle mesure ses propositions relèvent les défis susmentionnés.

1.2.

Le CESE se félicite de la mise en œuvre des derniers volets des normes internationales arrêtées par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (ci-après les «normes de Bâle III») (1), tant sur le plan du calendrier que de la teneur, puisque ces dispositifs sont destinés à renforcer la stabilité des marchés financiers dans l’Union et à éviter ainsi que les citoyens européens ne soient exposés à des risques accrus sur ces marchés.

1.3.

Le CESE souligne que la stabilité des marchés financiers constitue un préalable essentiel à la stabilité économique globale, et estime qu’il est primordial de disposer d’une réglementation et d’une surveillance saines du secteur bancaire en vue de contrer la menace que représentent les turbulences et les crises. Si les exigences prudentielles en matière de fonds propres sont déterminantes pour satisfaire à ces prérequis, le CESE appelle les législateurs à s’assurer que les propositions tendent vers un juste équilibre entre deux objectifs complémentaires, à savoir 1) la recherche d’une plus grande résilience des banques de l’Union et 2) la nécessité de garantir la solidité financière et la compétitivité du secteur, notamment sous la forme d’un cadre équilibré en matière d’exigences de fonds propres, afin d’accompagner les banques dans leur rôle de financement de l’économie réelle.

1.4.

Le CESE invite la Commission à évaluer périodiquement l’incidence réelle des propositions, afin de déterminer si leur mise en œuvre contribue à renforcer la stabilité des marchés financiers et la résilience du secteur bancaire, tout en préservant la compétitivité des banques de l’Union. Le CESE reconnaît par ailleurs que cette compétitivité passe aussi par des ratios de fonds propres sains et équilibrés.

1.5.

Le CESE salue vivement les efforts déployés par la Commission pour faire évoluer l’économie de l’Union vers plus de résilience et de respect de l’environnement, notamment en révisant et en évaluant sans cesse les instruments disponibles et envisagés pour stimuler le recours à la finance durable. Le secteur financier peut jouer un rôle déterminant dans la mise en place d’une économie «zéro carbone». Dès lors, le CESE se félicite de l’approche de la Commission consistant à mettre davantage l’accent sur les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ci-après «risques ESG») dans le cadre prudentiel (conformément aux grands axes de travail internationaux et notamment aux normes de Bâle III), y compris grâce à une meilleure prise en compte des risques que la crise climatique fait peser sur les marchés financiers.

1.6.

Le CESE se félicite également des travaux concernant la publication d’informations sur les risques ESG (2) que mène l’Autorité bancaire européenne (ABE), dans le dessein de déterminer correctement les risques environnementaux des banques et de mieux évaluer leur stratégie de financement en faveur de la transition vers une économie «zéro carbone». Le CESE invite également l’ABE à accélérer ses travaux de vérification sur le cadre relatif au premier pilier afin de déterminer s’il répond de manière satisfaisante aux spécificités des risques climatiques. Des politiques de réglementation macroprudentielle, y compris celles qui se fondent sur les fonds propres, peuvent être très utiles pour mieux prendre en compte les risques que la crise climatique fait peser sur les marchés financiers. Par ailleurs, le CESE invite l’ABE à redoubler d’efforts pour remédier aux lacunes existantes en matière de publication d’informations sur les risques ESG au niveau de l’Union, notamment pour ce qui est des actifs liés aux combustibles fossiles et des actifs exposés aux phénomènes chroniques et extrêmes liés au changement climatique, de façon à favoriser une croissance substantielle des stratégies de financement durable des banques.

2. Introduction

2.1.

Le présent avis a pour objet les propositions de la Commission européenne concernant 1) un règlement modifiant le règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil (3) en ce qui concerne les exigences pour risque de crédit, risque d’ajustement de l’évaluation de crédit, risque opérationnel et risque de marché et le plancher de fonds propres et 2) une directive modifiant la directive 2013/36/UE du Parlement européen et du Conseil (4) en ce qui concerne les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance, et modifiant la directive 2014/59/UE du Parlement européen et du Conseil.

2.2.

Comme indiqué dans leur exposé des motifs, ces deux actes normatifs trouvent leur justification dans la nécessité de mettre en œuvre les normes de Bâle III, tout en abordant plusieurs questions importantes pour la stabilité financière et le financement régulier de l’économie dans le contexte de la reprise après la crise de la COVID-19. Il s’agit notamment de renforcer le dispositif de fonds propres fondé sur le risque, de mettre davantage l’accent sur les risques ESG dans le cadre prudentiel et d’harmoniser davantage les pouvoirs et outils de surveillance.

3. Observations générales

3.1.

Le CESE souligne que la stabilité des marchés financiers constitue un préalable essentiel à la stabilité économique globale et qu’elle relève donc de l’intérêt public commun. Pour contrer la menace que représentent les turbulences et les crises, il est essentiel de disposer d’une réglementation et d’une surveillance saines du secteur bancaire. Par ailleurs, les exigences prudentielles en matière de fonds propres contribuent à éviter que des fonds publics ne soient utilisés pour sauver des banques en difficulté.

3.2.

Les normes de Bâle III doivent être mises en œuvre de manière scrupuleuse mais équitable, pour profiter aux entreprises et à l’emploi dans l’Union, mais aussi afin de faciliter l’accès à la propriété du logement et de stimuler les économies européennes tournées vers l’exportation, dont dépendent la croissance de tant d’entreprises et l’emploi de tant de citoyens. En outre, ces normes internationales sont mises en œuvre au sein d’un modèle bancaire européen qui, par nature, est plus frileux face au risque et moins tributaire des marchés des capitaux que ceux d’autres pays et territoires.

3.3.

Le CESE accueille favorablement les propositions de la Commission visant à introduire les derniers volets des normes de Bâle III, qui ont pour objectifs de limiter le risque d’arbitrage réglementaire et d’instaurer un environnement de confiance et de prévisibilité pour les investisseurs et les régulateurs. Le CESE convient que l’Union a besoin de règles qui lui permettent de répondre à ses propres défis (à savoir la relance, le climat et le numérique), à ses propres spécificités (le crédit bancaire est de loin le principal circuit de financement de l’économie de l’Union) et à ses propres ambitions (union des marchés des capitaux et pacte vert). Par ailleurs, il est impératif d’éviter que les citoyens et contribuables européens ne soient exposés à des risques accrus de crise des marchés financiers. Il faut donc parvenir à concilier les défis susmentionnés avec la teneur des normes de Bâle III et avec les pouvoirs discrétionnaires qu’elles prévoient. Dès lors, le CESE invite la Commission à évaluer plus avant les traits spécifiques des banques européennes et les conséquences qui en découlent pour ces établissements comme pour l’économie de l’Union, afin de s’assurer que les propositions législatives trouvent un juste équilibre entre la mise en œuvre scrupuleuse des normes de Bâle III, l’exercice des pouvoirs discrétionnaires nationaux qu’elles prévoient et la nécessité de proposer des ajustements pour tenir compte des spécificités tant de l’économie de l’Union que de ses banques.

3.4.

Le CESE fait observer que la mise en œuvre de ces propositions devrait permettre de préserver la stabilité des marchés financiers, sans pour autant entraîner une hausse injustifiée des exigences de fonds propres pour les banques de l’Union, qui dépasserait ce que prévoit l’évaluation de la Commission. Dès lors, le CESE invite la Commission à s’assurer, notamment pour les établissements et banques coopératives de petite envergure, que l’incidence réelle sur les exigences de fonds propres ne soit pas trop lourde et ne nuise pas à leur compétitivité, et à veiller dans le même temps à garantir la stabilité des marchés financiers.

3.5.

Le CESE a aussi pleinement conscience que les exigences de fonds propres existantes ont joué un rôle déterminant pour renforcer la résilience du système bancaire face aux crises, comme on a encore pu le constater dans le contexte de la COVID-19, puisque le niveau actuel de capitalisation a permis aux banques européennes de traverser cette crise en bonne santé et de continuer à financer et à soutenir l’économie européenne afin qu’elle résiste au choc économique considérable que représente la pandémie. Le CESE souligne également le rôle crucial de la Banque centrale européenne, qui a instauré une politique de soutien très efficace et ainsi favorisé la résilience des banques face à la crise de la COVID-19.

3.6.

Le CESE invite donc la Commission à veiller à ce que les propositions à l’examen viennent renforcer les règles en vigueur, notamment pour ce qui est des exigences de fonds propres, en vue de continuer à prévenir une prise de risque excessive, un effet de levier important et les comportement spéculatifs. Compte tenu de la conjoncture économique et sociale, nombre de risques majeurs doivent encore recevoir un traitement adéquat, dont les risques climatiques ou les prêts non performants (PNP), par exemple. Les exigences de fonds propres devraient être suffisamment élevées pour écarter la menace de faillite et permettre de résister aux turbulences et aux crises sur les marchés financiers, sans pour autant devenir excessives. Dans le même temps, le CESE reconnaît que les banques de l’Union jouent un rôle central pour financer l’économie réelle et soutenir les transitions numérique et durable, produisant ainsi des répercussions indirectes sur l’emploi et le niveau de vie. Ces aspects doivent être pris en compte dans les dispositions réglementaires liées aux exigences de fonds propres.

3.7.

Pour ce qui est des risques ESG, le CESE fait valoir que les marchés financiers peuvent, et devraient, soutenir et intensifier la transition vers une économie plus durable et plus écologique, mais que le secteur bancaire ne saurait opérer à lui seul ce changement à long terme. D’après les dernières analyses de la Cour des comptes européenne (CCE), plus de la moitié des États membres de l’Union continuent de subventionner davantage les combustibles fossiles que les énergies renouvelables (5), tandis que «le soutien de l’UE aux investissements [doit] être mieux aligné sur les principes de la finance durable» (6). En conséquence, le CESE demande que soit assurée une parfaite cohérence entre les stratégies industrielles et les cadres juridiques européens et nationaux concernés, et ce, pour 1) promouvoir les possibilités d’investissement durable afin de guider l’allocation des ressources économiques dans cette direction et 2) supprimer les subventions en faveur des combustibles fossiles et mieux concilier les objectifs climatiques avec les besoins sociaux. Le CESE se réjouit dès lors que les dispositions relatives aux risques ESG soient renforcées dans les propositions législatives, mais demande à la Commission de clarifier l’applicabilité des dispositions concernant les pouvoirs dont disposeront les autorités de surveillance pour réduire «les risques découlant du décalage entre [les] établissements et les objectifs stratégiques concernés de l’Union, ainsi qu’avec les grandes évolutions en matière de transition liées à des facteurs [ESG]», de façon à préciser les modalités d’exercice de tels pouvoirs.

3.8.

Au-delà de la publication d’informations et des tests de résistance climatique, des actions macroprudentielles, y compris des mesures touchant aux fonds propres, peuvent jouer un rôle en permettant que les risques ESG des banques soient dûment pris en compte et en facilitant la répartition des flux de crédit entre les secteurs susceptibles de soutenir la transition vers une économie «zéro carbone». Le CESE recommande donc à l’ABE et à la BCE de hâter leurs travaux consacrés:

i)

au cadre relatif au premier pilier, afin de déterminer dans quelle mesure le cadre réglementaire tient compte de manière adéquate des risques ESG et, le cas échéant, les mesures nécessaires à cet égard; et

ii)

à la définition des modalités et du calendrier appropriés pour les tests de résistance relatifs aux risques ESG.

3.9.

Le CESE salue le mandat confié à la Commission de suivre la mise en œuvre des normes dans d’autres pays et territoires, en vue de garantir la cohérence en matière de calendrier et d’incidence sur les parties prenantes concernées, notamment en ce qui concerne l’augmentation des exigences de fonds propres. Toutefois, le CESE, attirant l’attention sur la mauvaise mise en œuvre de certaines règles au sein de certains pays et territoires, met aussi en garde contre le risque d’une déliquescence des normes réglementaires et craint que l’entrée en vigueur des normes soit de nouveau retardée. Ces éléments pourraient faire peser de graves menaces sur la stabilité mondiale.

4. Observations particulières

4.1.

Le CESE se félicite particulièrement des propositions suivantes de la Commission, tout en recommandant d’envisager d’y apporter quelques améliorations techniques:

i)

l’application du plancher de fonds propres (PFP): elle devrait se faire au niveau de consolidation le plus élevé pour tous les groupes bancaires avec un mécanisme de redistribution fondé sur les risques (afin de s’assurer d’une capitalisation adéquate des filiales au sein de l’Union européenne), car cela permettrait non seulement de garantir une cohérence à l’échelle internationale, mais aussi d’éviter les effets négatifs liés à une application au niveau des entités;

ii)

les améliorations ciblées concernant les planchers de fonds propres applicables au financement spécialisé (article 495 ter de la proposition de règlement): si ces mesures sont appréciées, il conviendrait néanmoins de les évaluer plus avant dans l’optique d’une plus grande cohérence en matière de planchers, compte tenu des spécificités des sous-catégories de financement spécialisé et sachant que, dans l’approche standard, les seuils de paramètres ne correspondent pas aux risques réels et ne reflètent pas la solidité de ces types de financement;

iii)

le maintien des facteurs supplétifs pour les PME et les infrastructures ainsi que des exemptions en matière d’ajustement de l’évaluation de crédit (articles 501 et 501 bis de la proposition de règlement): ces dispositions sont très opportunes, car elles portent sur des instruments précieux, qui permettent aux banques de continuer à soutenir d’importants segments de l’économie européenne, en particulier dans le contexte de la reprise de l’après-COVID-19. En revanche, le CESE demande à la Commission d’évaluer la possibilité de clarifier et de simplifier davantage les critères applicables aux facteurs supplétifs pour les infrastructures, en vue de stimuler le financement de ces dernières, tout en tenant compte des risques connexes et en préservant la stabilité financière;

iv)

la rationalisation de l’approche par transparence pour le traitement des fonds d’investissement, c’est-à-dire des organismes de placement collectif (OPC): sa conception est, dans le principe, tout à fait judicieuse, mais le CESE estime qu’il faut renforcer la corrélation entre les règles de gouvernance et les limites concernées, pour ce qui est par exemple de recourir à des données fournies par des tiers pour calculer les exigences de fonds propres pour risque de marché des OPC;

v)

le maintien de la pondération de risque de 100 % pour les investissements stratégiques de longue durée en actions que détiennent les banques: cette mesure est nécessaire, mais le CESE estime qu’il convient de l’appliquer de manière équitable à tous les établissements bancaires, qu’ils relèvent d’une approche standard ou d’une démarche fondée sur des modèles internes;

vi)

les mesures visant à inciter les banques à réorienter leurs ressources vers une économie «zéro carbone» et à collaborer avec leur clientèle: ces incitations sont essentielles pour financer la transition écologique. À cet égard, afin d’accélérer et d’accentuer ce nécessaire changement de cap, le CESE tient pour essentiel que l’Union européenne et ses États membres appliquent une modification radicale des mesures d’incitation et de dissuasion destinées à l’économie sous-jacente, telles qu’elles apparaissent dans les politiques industrielles et dans les cadres pertinents. À la lumière de ce qui précède, le CESE demande à la Commission de poursuivre l’examen des dispositions relatives aux facteurs ESG dans les propositions de règlement et de directive sur les exigences de fonds propres.

4.2.

Par ailleurs, le CESE attire l’attention sur un certain nombre de questions qu’il conviendrait de réexaminer dans les propositions. Le CESE souligne, dans ce contexte, que la préservation de la stabilité des marchés financiers relève de l’intérêt public commun et constitue une priorité absolue, et il convient de trouver à cet égard un bon équilibre avec d’autres objectifs politiques, sachant qu’il faut impérativement éviter de mettre en péril la stabilité financière. L’adoption des normes de Bâle III au sein de l’Union ne doit pas nuire à l’objectif qui consiste à renforcer la stabilité des marchés financiers pour mieux affronter à l’avenir les turbulences et les crises économiques. En outre, les mesures proposées devraient dans tous les cas garantir la poursuite du renforcement de la capitalisation des banques tout en confortant également leur compétitivité.

i)

Le CESE recommande de supprimer la conditionnalité reposant sur des notations pour la solution transitoire destinée à réduire l’incidence du plancher de fonds propres sur les entreprises non notées (article 465, paragraphe 3, de la proposition de règlement): cette démarche s’explique par la faible couverture des notations externes pour le marché européen et vise à éviter toute dépendance excessive vis-à-vis des notations externes, conformément aux exigences de la directive sur les agences de notation de crédit.

ii)

S’agissant de la disposition transitoire concernant le plancher de fonds propres pour les prêts hypothécaires résidentiels, le CESE invite la Commission à envisager de le remanier à plusieurs égards (rapport prêt/valeur, asymétries entre les méthodologies d’évaluation des risques, sensibilité au risque), afin d’éviter des répercussions indésirables sur l’accès aux prêts hypothécaires résidentiels. Toute modification à cet égard doit cependant également tenir compte de la nécessité d’éviter tout risque de voir apparaître des bulles immobilières.

iii)

Le CESE préconise une nouvelle révision des dispositions relatives à l’approche fondée sur les notations internes (approche NI), pour permettre d’utiliser des échéances réelles plutôt que des échéances fixes, et ainsi refléter le risque réel intrinsèque.

iv)

Il conviendrait de maintenir les facteurs de conversion de crédit (CCF) à 20 % pour les éléments conditionnels liés à des opérations (par exemple, les garanties de bonne fin, les cautions de soumission, les contre-garanties), compte tenu de leur rôle central dans l’économie de l’Union et par souci de cohérence avec les données réelles concernant les cas de défaut du marché concerné.

v)

Les dispositions relatives au marché des capitaux devraient faire l’objet d’une évaluation plus approfondie, afin d’éviter tout risque de répercussions excessives sur les coûts de couverture, de liquidité et de financement des emprunteurs souverains et des entreprises, et de contribuer ainsi à renforcer la capacité des banques d’investissement des entreprises de l’Union à affronter la concurrence sur les marchés européen et international.

vi)

Le CESE recommande de revoir la manière dont la contribution réelle des intérêts minoritaires au capital consolidé est évaluée, car le mode de calcul actuel va à l’encontre des objectifs de l’union des marchés des capitaux en sapant la volonté d’introduire les entreprises en bourse.

4.3.

Le CESE attire l’attention sur les risques inhérents au changement climatique, qui se répercutent déjà sur les banques et risquent de peser lourdement sur leur stabilité financière s’ils ne sont pas correctement gérés tant au niveau réglementaire qu’au sein du secteur bancaire. À cet égard, le CESE se félicite des travaux menés par le Comité de Bâle et les autorités européennes dans le domaine des risques financiers liés au climat, en vue de recenser les éventuelles lacunes du cadre actuel et de déterminer les mesures envisageables pour y remédier. En outre, le CESE invite la Commission à veiller à ce que le principe de double importance relative soit pleinement respecté lorsqu’il s’agit de continuer à élaborer un cadre adéquat pour financer la transition vers une économie plus verte.

4.4.

Le CESE invite la Commission à examiner l’applicabilité du principe de proportionnalité aux banques qui, par leur taille, leur rôle et leur exposition aux risques systémiques, sont dites «de petite taille» (selon la définition d’un établissement de petite taille et non complexe contenue dans le règlement sur les exigences de fonds propres), mais qui doivent tout de même se conformer à des exigences plus lourdes, notamment en matière de fonds propres et de publication d’informations, parce qu’elles appartiennent à un «grand» groupe bancaire. Cependant, toute évaluation du principe de proportionnalité doit tenir compte du fait que les petits établissements appartenant à un grand groupe bancaire disposent de davantage de ressources pour satisfaire aux exigences en matière de fonds propres et de publication d’informations.

Bruxelles, le 23 mars 2022.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Banque des règlements internationaux, Bâle III: dispositif réglementaire international pour les banques.

Les normes de Bâle III sont un ensemble de mesures convenues au niveau international et élaborées par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, en réponse à la crise financière de 2007-2009. Ces dispositions visent à renforcer la réglementation, la surveillance et la gestion des risques des banques. Les normes de Bâle III, comme toutes celles élaborées par le Comité de Bâle, représentent des exigences minimales qui s’appliquent aux banques opérant au niveau international. Les membres de ce comité s’engagent à mettre en œuvre et à appliquer les normes au sein de leur pays ou de leur territoire, dans les délais fixés par ledit comité.

(2) Agence bancaire européenne, Transparency and Pillar 3 («Transparence et 3e pilier», en anglais).

(3) Aussi appelé «règlement sur les exigences de fonds propres» ou «CRR» (Capital Requirements Regulation).

(4) Aussi appelée «directive sur les exigences de fonds propres» ou «CRD» (Capital Requirements Directive).

(5) Cour des comptes européenne, 2022, «Document d’analyse 01/2022 — Taxation de l’énergie, tarification du carbone et subventions à l’énergie».

(6) Cour des comptes européenne, 2021, «Rapport spécial — Finance durable: L’UE doit agir de façon plus cohérente pour réorienter les financements vers les investissements durables».


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