COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 30.6.2021
COM(2021) 381 final
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil et à la Cour des comptes - Comptes annuels de l’Union européenne pour l’exercice 2020
| CELEX | 52021DC0381 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 30 juin 2021 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 30.6.2021
COM(2021) 381 final
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil et à la Cour des comptes - Comptes annuels de l’Union européenne pour l’exercice 2020
TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS
FAITS MARQUANTS DE L’EXERCICE SUR LE PLAN FINANCIER
NOTE ACCOMPAGNANT LES COMPTES CONSOLIDÉS
ÉTATS FINANCIERS CONSOLIDÉS ET NOTES ANNEXES
BILAN
COMPTE DE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE
TABLEAU DES FLUX DE TRÉSORERIE
ÉTAT DES VARIATIONS DE L’ACTIF NET
ANNEXES AUX ÉTATS FINANCIERS
ÉTATS SUR L’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE ET NOTES ANNEXES
GLOSSAIRE
LISTE DES ABRÉVIATIONS
AVANT-PROPOS
L’année 2020 a été une année extraordinaire à tous points de vue: confrontée aux défis économiques et politiques engendrés par la pandémie de COVID-19, l’Union européenne a dû réagir en adoptant des solutions inédites et en agissant avec une célérité sans précédent. La Commission européenne a œuvré sur tous les fronts pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance, pour soutenir les systèmes de santé nationaux et les entreprises, ainsi que pour favoriser la reprise et la résilience. Nous avons mobilisé tous les moyens à notre disposition pour aider les États membres à coordonner leurs réponses nationales et pour apporter une assistance à ceux qui ont été les plus durement touchés par les crises, en recourant à des instruments tels que l’initiative d'investissement en réaction au coronavirus ou SURE (soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence). Dans le cadre de SURE, un montant de 39,5 milliards d’EUR sur un total de 100 milliards d’EUR a déjà été versé en 2020 aux États membres touchés pour qu'ils puissent faire face aux augmentations soudaines des dépenses publiques liées à la préservation de l’emploi. De nouveaux décaissements importants ont suivi en 2021.
Parallèlement à sa lutte contre la pandémie, l’Union européenne a néanmoins atteint ses objectifs stratégiques, en mettant l’accent sur les jeunes, l’emploi et la croissance, ainsi que sur le changement climatique. Les mesures destinées à soutenir la croissance économique et à réduire les écarts économiques entre les régions ont représenté près de la moitié des fonds engagés. L’UE a procuré des financements à hauteur de 29,7 milliards d’EUR pour les régions moins développées et de 16,4 milliards d’EUR en faveur de la recherche et de l’innovation dans le cadre d’Horizon 2020. En outre, le budget 2020 de l’Union a soutenu l’agriculture et les zones rurales au titre du Fonds européen agricole de garantie et du Fonds européen agricole pour le développement rural avec des engagements s'élevant au total à 59 milliards d’EUR. Le budget 2020 était le dernier budget de l'actuel cadre financier pluriannuel, dont l’exécution budgétaire a représenté un total de 181,7 milliards d’EUR en
engagements contractés – apportant une valeur ajoutée au profit de tous les Européens.
Enfin, 2020 a également été l’année de l’accord sur le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027, qui s’élève à 1 074 milliards d’EUR (aux prix de 2018), auxquels s’ajoutent 750 milliards d’EUR au titre de NextGenerationEU, un instrument temporaire destiné à stimuler la reprise et à orienter la transition vers une Europe plus durable et numérique.
J’ai le plaisir de présenter les comptes annuels de l’Union européenne pour l’exercice 2020. Ces comptes procurent une vue d’ensemble des finances et de l’exécution du budget de l’UE pendant cet exercice, notamment des informations sur les passifs éventuels, les engagements financiers et les autres obligations de l’Union. Faisant partie de l’ensemble intégré de rapports financiers et de rapports sur la responsabilité élaborés par la Commission, les comptes annuels consolidés de l’Union européenne constituent un élément essentiel de notre système perfectionné de responsabilité financière.
Johannes Hahn
Commissaire pour le budget et les ressources humaines
FAITS MARQUANTS DE L’EXERCICE SUR LE PLAN FINANCIER
L’objectif de l’analyse des états financiers, qui a été élaborée sur la base des principes énoncés dans le guide des pratiques recommandées (RPG) 2 de l’IPSASB Financial Statement Discussion and Analysis (Commentaires et analyses des états financiers), est d’aider les lecteurs à comprendre comment les activités opérationnelles, financières et d’investissement de l’UE sont reflétées dans les différents éléments des états financiers consolidés de l’UE. Les informations présentées dans cette section n’ont pas fait l'objet d'un audit.
Des écarts peuvent sembler exister entre certaines données financières des tableaux ci-dessous lorsqu’elles sont additionnées car les chiffres sont arrondis au million d’EUR.
SOMMAIRE
1. PRINCIPAUX CHIFFRES POUR 2020
2. RÉACTION FACE À LA COVID-19
2.1. Faits marquants de la réaction de l’UE face à la COVID-19
2.2. Initiatives d’intervention au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020 et du programme SURE
3. LE BUDGET À LONG TERME DE L’UE POUR LA PÉRIODE 2021-2027 ET NextGenerationEU
4. SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L’UNION EUROPÉENNE
4.1. Contexte
4.2. Part du Royaume-Uni
4.3. Comptes annuels de l’UE: montants dus par le Royaume-Uni et à celui-ci en vertu de l’accord de retrait
5. SYNTHÈSE DE L’EXÉCUTION DU BUDGET
6. INSTRUMENTS FINANCIERS ET GARANTIES BUDGÉTAIRES
6.1. Instruments financiers relevant du budget de l’UE
6.2. Actifs financiers détenus dans des fonds de garantie relatifs aux garanties budgétaires
6.3. Prêts et emprunts correspondants relatifs aux programmes d’assistance financière
6.4. Passif éventuel au budget pour les programmes d’assistance financière
7. ANALYSE DES ÉTATS FINANCIERS
7.1. RECETTES
7.2. DÉPENSES
7.3. ACTIF
7.4. PASSIF
8. L’UE: CADRE POLITIQUE ET FINANCIER, GOUVERNANCE ET OBLIGATION DE RENDRE COMPTE
8.1. CADRE POLITIQUE ET FINANCIER
8.2. GOUVERNANCE ET OBLIGATION DE RENDRE COMPTE
0.PRINCIPAUX CHIFFRES POUR 2020
| Le budget de l’UE en 2020 – Exécution des crédits d’engagement | |
| 181,7 Mrd EUR exécutés pour atteindre les objectifs stratégiques de l’UE: | |
| | |
| voir «États sur l’exécution budgétaire et notes annexes», tableau 4.2 | |
| Réaction de l’UE face à la COVID-19 | SURE – Montants accordés en 2020 | |||
| | | |||
| Instrument | convenus en Mrd EUR | État membre | accordés en Mrd EUR | |
| NextGenerationEU | 750 | Italie | 27,4 | |
| SURE* | 100 | Espagne | 21,3 | |
| Assistance macrofinancière | 3,0 | Pologne | 11,2 | |
| ESI | 2,7 | Belgique | 7,8 | |
| MPCU | 0,3 | Portugal | 5,9 | |
| Total | 856,0 | Roumanie | 4,1 | |
| Grèce | 2,7 | |||
| Autres | 9,9 | |||
| *dont 39,5 milliards d’EUR décaissés en 2020 | Total accordé en 2020 | 90,3 | ||
| voir les points 2.2 et 3 | voir le point 2.2.6 | |||
| États financiers consolidés | ||
| Les états financiers consolidés de l’UE comprennent plus de 50 entités (dont le Parlement européen, le Conseil, la Commission et les agences de l’UE). La Commission européenne est l’entité la plus significative, puisqu’elle représente 98 % du total des actifs des états financiers consolidés. Les comptes de l’UE sont établis selon les normes les plus élevées, à savoir les normes comptables internationales du secteur public (IPSAS). Le respect de ces normes garantit que les comptes procurent aux citoyens des informations financières pertinentes, fiables, comparables et compréhensibles. Ils fournissent des informations sur la situation financière (bilan) de l’UE ainsi que des explications détaillées sur ses actifs, ses passifs, ses engagements financiers et ses obligations. Ils montrent également comment le budget de l’Union a été exécuté au cours de l’année. | ||
| en Mrd EUR | ||
| 2020 | 2019 | |
| ACTIFS | ||
| Actifs financiers | 113,1 | 71,2 |
| Préfinancements | 62,7 | 51,4 |
| Créances | 74,5 | 24,0 |
| Trésorerie et équivalents de trésorerie | 16,7 | 19,7 |
| Immobilisations corporelles et autres actifs | 13,0 | 12,6 |
| Total | 280,0 | 178,9 |
| | | |
| PASSIFS | | |
| Avantages postérieurs à l’emploi | 116,0 | 97,7 |
| Passifs financiers | 95,0 | 54,5 |
| Sommes à payer | 32,4 | 27,2 |
| Charges à payer | 64,6 | 67,2 |
| Autres passifs | 5,4 | 4,8 |
| Total | 313,5 | 251,5 |
| | | |
| ACTIFS NETS | | |
| Réserves | 5,1 | 5,0 |
| Montants à appeler auprès des États membres | (38,5) | (77,6) |
| Total | (33,4) | (72,5) |
| voir «Analyse des états financiers», point 7 | ||
1.RÉACTION FACE À LA COVID-19
1.0.Faits marquants de la réaction de l’UE face à la COVID-19
Depuis l’apparition de la pandémie de COVID-19, la Commission européenne a pris des mesures déterminées pour renforcer les secteurs de la santé publique et atténuer les conséquences socio-économiques dans l’Union européenne. Sur la base du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, la Commission européenne a mobilisé tous les moyens à sa disposition pour aider les États membres à coordonner leurs réactions à l’échelle nationale et a fourni des informations objectives sur la propagation du virus et les efforts efficaces déployés pour la contenir.
Chronologie des actions menées 1
| | 2 avril Réaction face à la COVID-19: la Commission européenne mobilise toutes ses ressources pour protéger les conditions de vie et les moyens de subsistance | ||
| | 14 avril 2,7 milliards d’EUR prélevés sur le budget de l’UE pour soutenir le secteur de la santé | ||
| | 16 avril Présidente von der Leyen: «Le budget européen sera le vaisseau-mère de notre redressement» | ||
| | 22 avril Aide financière de 3 milliards d’EUR en faveur de dix pays de l’élargissement et du voisinage | ||
| | 27 mai L’heure de l’Europe: Plan de relance majeur pour l'Europe, de 2 400 milliards d’EUR, afin de réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération | ||
| | 4 juin La Commission européenne s’engage à verser 300 millions d’EUR à l’Alliance du vaccin | ||
| | 21 juillet Les dirigeants européens parviennent à un accord sur le plan de relance et le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027 | ||
| | 25 août La Commission européenne propose d’accorder un soutien financier de 87,3 milliards d’EUR à 16 États membres au titre de l’instrument SURE | ||
| | 17 septembre La Commission européenne présente les prochaines étapes de la facilité pour la reprise et la résilience dotée de 672,5 milliards d’EUR | ||
| | 22 septembre La Commission européenne se félicite de l’achèvement du système de garanties pour l’instrument SURE, qui fournira jusqu’à 100 milliards d’EUR | ||
| | 7 octobre La Commission européenne va émettre des obligations sociales EU SURE d’un montant maximal de 100 milliards d’EUR | ||
| | 27 octobre La Commission verse une première tranche de 17 milliards d’EUR à l’Italie, à l’Espagne et à la Pologne au titre de l’instrument SURE | ||
| | 10 novembre La Commission européenne salue l’accord de 1 800 milliards d’EUR concernant le budget à long terme de l’UE et l’instrument NextGenerationEU visant à construire une Europe plus verte, plus numérique et plus résiliente | ||
| | 17 novembre La Commission européenne verse 14 milliards d’EUR au titre de l’instrument SURE à neuf États membres | ||
| | 1er décembre La Commission européenne verse 8,5 milliards d’EUR au titre de l’instrument SURE à cinq États membres pour aider à maintenir l’emploi | ||
| | 17 décembre La Commission européenne se félicite de l’adoption du budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027 |
1.1.Initiatives d’intervention au titre du cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020 et du programme SURE
Les interventions menées par l’Union européenne au titre du CFP 2014-2020 pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ont consisté en des actions immédiates telles que le financement de matériel médical d'urgence et l’augmentation des réserves médicales, l'introduction d'une flexibilité accrue dans l’utilisation du soutien financier issu des Fonds structurels et d’investissement européens et l’octroi de prêts à des conditions favorables tant aux États membres qu’aux pays partenaires de l’élargissement et du voisinage. Le montant total des aides directes du budget de l’UE s’est élevé à quelque 70 milliards d’EUR en 2020. Ce montant couvre les engagements qui ont pu être réorientés vers des actions de lutte contre la COVID-19, dont 66 milliards d’EUR proviennent des redéploiements et de la redéfinition des priorités au sein des programmes existants et 4 milliards d’EUR du renforcement budgétaire. Les principales initiatives sont expliquées en détail ci-dessous.
1.1.0.Activation de l’instrument d’aide d’urgence (ESI)
Compte tenu de la gravité de la crise engendrée par la pandémie de COVID-19, ainsi que de l’étendue et de la nature des besoins nécessitant un soutien du budget de l’Union, l’UE a réactivé l’ESI pour une durée de deux ans en vue de financer les dépenses nécessaires pour faire face à la pandémie de COVID-19 pendant la période allant du 1er février 2020 au 31 janvier 2022 [voir le règlement (UE) 2016/369 du Conseil du 15 mars 2016] 2 . Aux fins de la réalisation de cet objectif, le budget 2020 a été modifié 3 . Considérant en outre le virement de crédits nº DEC 13/2020 adopté le 24 juillet 2020, 2,7 milliards d’EUR en crédits d’engagement et 2,6 milliards d’EUR en crédits de paiement ont été alloués à l’instrument ESI pour 2020. Cette réactivation permet ainsi à l’Union de mettre en œuvre des mesures visant à prévenir et atténuer les conséquences graves de la pandémie dans un ou plusieurs États membres et de répondre de manière coordonnée aux besoins liés à la catastrophe engendrée par la COVID-19, en complétant l’aide fournie au moyen d’autres instruments de l’UE. Cet instrument, qui est géré au niveau central par la Commission, se concentre sur les marchés attribués directement et les subventions directes, et est complété, dans certains cas, par des actions mises en œuvre par l’intermédiaire de partenaires tels que des organisations internationales.
En 2020, la Commission a signé des contrats d’achat anticipé avec un certain nombre d'entreprises pharmaceutiques. Les contrats d’achat anticipé contribuent à réduire les risques inhérents aux investissements réalisés par les fabricants dans le développement de vaccins potentiels, ou visent à garantir les livraisons, et à optimiser ainsi les chances de mettre au point, fabriquer et déployer rapidement des vaccins sûrs et efficaces et de faire en sorte que les citoyens de l’UE y aient accès. La Commission a négocié avec les entreprises pharmaceutiques au nom des États membres de l’UE, ce qui a donné lieu à la signature initiale de six accords, suivie d’entretiens exploratoires supplémentaires avec d’autres producteurs de vaccins qui ont commencé en 2020 et sont toujours en cours en 2021. Le premier vaccin à se voir accorder, le 21 décembre 2020, une autorisation de mise sur le marché conditionnelle a été produit par BioNTech/Pfizer. Sa distribution a commencé dans les jours qui ont suivi cette date, à temps pour le lancement des journées européennes de la vaccination, qui se sont déroulées les 27, 28 et 29 décembre 2020. Cette autorisation, qui est approuvée par les États membres, a fait suite à une recommandation scientifique positive de l’Agence européenne des médicaments, fondée sur une évaluation approfondie de l’innocuité, de l’efficacité et de la qualité du vaccin.
Au 31 décembre 2020, la Commission avait conclu des contrats pour 1 965 millions de doses (dont 1 305 millions à titre ferme et 660 millions à titre optionnel).
En 2021, la Commission a conclu des contrats portant sur 2 400 millions de doses supplémentaires (à titre ferme ou optionnel). Toutefois, ces doses seront intégralement payées par les États membres concernés, sans incidence sur le budget de l’Union.
1.1.1.Soutien à la recherche
Le 4 mai 2020, l’UE et ses partenaires ont accueilli une conférence internationale de donateurs qui a permis de lever 9,8 milliards d’EUR de promesses de dons à l’échelle mondiale pour dynamiser la coopération mondiale en matière de recherche sur le coronavirus. Ce montant comprend un engagement de 1,4 milliard d’EUR de la part de la Commission, dont 1 milliard au titre d’Horizon 2020.
L’UE joue un rôle de premier plan dans le soutien et la coordination de la recherche sur les maladies infectieuses, puisque 4,1 milliards d’EUR ont été investis entre 2007 et 2019 au titre du 7e programme-cadre et d’Horizon 2020, avec de nouveaux engagements en 2020, en sus du milliard d’EUR promis pour la recherche sur le coronavirus. Les chiffres actualisés de tous les financements promis et déjà mobilisés au titre d’Horizon 2020 pour contribuer au marathon des donateurs dans le cadre de la réponse mondiale au coronavirus sont disponibles en ligne. 4
En outre, le 3 mars 2020, l'initiative en matière de médicaments innovants (IMI), soutenue par le programme-cadre de recherche et d'innovation Horizon 2020 de la Commission européenne, a lancé un appel à propositions spécial accéléré pour le développement de traitements et d'outils de diagnostics pour lutter contre les infections à coronavirus, avec une contribution de l’UE de 45 millions d’EUR, qui a ensuite été portée à 72 millions d’EUR.
Enfin, le 8 juin 2020, la Commission a octroyé près de 166 millions d’EUR à 36 entreprises par l’intermédiaire du projet pilote d’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI), afin de lutter contre la pandémie de COVID-19.
1.1.2.Renforcement accru du mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU/rescEU)
À titre de mesure complémentaire à l’ESI, le mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU/rescEU) a été renforcé pour permettre la constitution de réserves à une plus grande échelle et une meilleure coordination de la répartition des ressources essentielles dans toute l’Europe [voir la décision d’exécution (UE) 2019/570 de la Commission, telle que modifiée par la décision d’exécution (UE) 2020/414 de la Commission du 19 mars 2020 et par la décision d’exécution (UE) 2020/452 de la Commission du 26 mars 2020]. À cette fin, le budget 2020 a été modifié afin de recevoir des montants supplémentaires de 0,4 milliard d’EUR en crédits d’engagement et de 0,2 milliard d’EUR en crédits de paiement.
Le renforcement du MPCU/rescEU aide les États membres à acquérir certains des équipements nécessaires (notamment des traitements, des équipements médicaux, des équipements de protection individuelle et du matériel de laboratoire), ce qui fait augmenter les volumes tout en complétant et en amplifiant l’éventail des articles prioritaires achetés au titre de l’accord de passation conjointe de marché; il s’agit d’une approche coordonnée renforçant la position des États membres pour négocier avec le secteur la disponibilité et les prix des médicaments.
Les subventions directes rescEU procurent un financement de 100 % issu du budget de l’Union, ce qui comprend le financement intégral du développement de ces capacités et le financement intégral du déploiement des équipements. Les équipements achetés seront entreposés dans un ou plusieurs États membres, tandis que la prise de décision s’organisera au niveau de l’UE, de manière à procurer les fournitures d’urgence au-delà des stocks nationaux. Ils seront mis à la disposition de tous les États membres et seront utilisés en cas d’insuffisance des disponibilités nationales.
1.1.3.Initiative d’investissement en réaction au coronavirus (CRII et CRII Plus)
L’une des premières mesures lancées par l’UE, pour soutenir financièrement les États membres dans leur réponse à la crise, a été la CRII, mise en œuvre par le règlement (UE) 2020/460 du Parlement européen et du Conseil du 30 mars 2020. En mobilisant les fonds non dépensés déjà alloués aux États membres de l’UE, l’initiative a dopé les budgets des États membres et des régions en leur procurant des liquidités immédiates et les a aidés à utiliser le budget de la politique de cohésion pour financer leurs dépenses de soins de santé et des dispositifs de chômage partiel, tout en offrant un soutien au fonds de roulement des petites et moyennes entreprises. Le champ d’application du Fonds de solidarité de l’Union européenne a en outre été élargi de manière à couvrir les urgences de santé publique majeures, permettant ainsi aux États membres de recevoir un soutien au titre de ce Fonds pour les aider à lutter contre la pandémie de COVID-19.
À partir du mois d’avril, la CRII Plus, mise en œuvre par le règlement (UE) 2020/558 du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2020, a permis d’utiliser plus facilement et plus rapidement les Fonds structurels et d’investissement européens existants pour des mesures liées à la crise, et d’augmenter à concurrence de 100 % la contribution de l’UE aux programmes de la politique de cohésion pour les demandes de paiement soumises entre le 1er juillet 2020 et le 30 juin 2021.
En décembre, la Commission a annoncé les résultats de ces deux initiatives pour 2020. Depuis le début de la crise, l’UE a mobilisé des montants considérables pour faire face aux effets de la pandémie. Les petites et moyennes entreprises ont bénéficié de la majeure partie des fonds disponibles, soit plus de 10 milliards d’EUR, ce qui a permis à ces entreprises de rester à flot. Une enveloppe de 3 milliards d’EUR a été allouée aux citoyens, notamment sous la forme de services sociaux destinés aux groupes vulnérables et de programmes d’emploi temporaire pour les travailleurs. Enfin, 7 milliards d’EUR ont été octroyés à l’appui du secteur de la santé, qui sont venus s’ajouter aux 10,2 milliards d’EUR du budget de l’UE déjà alloués à ce secteur pour les années 2014-2020 (on notera que certains chevauchements existent entre les différents groupes de bénéficiaires).
1.1.4.Aide aux pays partenaires de l’élargissement, du voisinage et au-delà
L’UE a déjà mobilisé plus de 38,5 milliards d’EUR pour lutter contre la COVID-19 dans le monde. L’approche de l’équipe d’Europe («Team Europe») combine des ressources de l’UE, de ses États membres et d’institutions financières, notamment la Banque européenne d’investissement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, en vue d’aider les pays partenaires. La moitié du montant de 38,5 milliards d’EUR alloué à la lutte mondiale contre la pandémie de COVID-19 a été décaissée.
En outre, la Commission a conclu dix accords de garantie financière, pour un montant de 990 millions d’EUR, avec des institutions financières partenaires, qui complètent le Fonds européen pour le développement durable, le bras financier du plan d’investissement extérieur. Ces accords devraient générer jusqu’à 10 milliards d’EUR d’investissements, afin de stimuler la reprise économique et de renforcer la résilience des pays du voisinage de l’UE et des pays africains.
Un soutien supplémentaire de 500 millions d’EUR a été apporté à COVAX, l’initiative mondiale d’accès aux vaccins, qui vise à fournir un milliard de doses de vaccin contre la COVID-19 aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes et dans le Pacifique, ainsi que dans le voisinage méridional et oriental de l’Europe. 100 millions d’EUR ont été alloués par la Commission et 400 millions d’EUR par la Banque européenne d’investissement, garantis par le Fonds européen pour le développement durable, pour soutenir la participation des pays à revenu faible ou intermédiaire à la garantie de marché de COVAX. Le 19 février 2021, l’Union européenne a annoncé l’octroi de 500 millions d’EUR supplémentaires en faveur du mécanisme COVAX, et la Commission européenne a annoncé une aide humanitaire de 100 millions d’EUR pour soutenir le déploiement des campagnes de vaccination en Afrique.
Le 25 mai 2020, le Parlement européen et le Conseil ont adopté la décision (UE) 2020/701 relative à l’octroi d’une assistance macrofinancière à dix partenaires de l’élargissement et du voisinage afin que ceux-ci disposent à court terme de la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir mettre en œuvre des mesures destinées à contrer les répercussions économiques de la pandémie de COVID-19, pour un montant total maximal de 3 milliards d’EUR sous forme de prêts. En 2020, un montant total de 1,0 milliard d’EUR a été versé à titre de première tranche à sept pays (Ukraine, Jordanie, Macédoine du Nord, Géorgie, Kosovo, Moldavie et Monténégro). Jusqu’en juin 2021, un montant total de 0,6 milliard d’EUR avait été versé à cinq pays sous la forme d’une première tranche (Albanie et Tunisie) ou d’une deuxième tranche (Macédoine du Nord, Kosovo et Monténégro). En outre, un protocole d’accord a été signé avec la Bosnie-Herzégovine.
1.1.5.Soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) à la suite de la pandémie de COVID-19
Dans le cadre de son train de mesures d’aide d’urgence visant à faire face aux répercussions économiques de la pandémie de COVID-19, l’UE a adopté, le 19 mai 2020, le règlement (UE) 2020/672 du Conseil portant création de l’instrument SURE afin d’aider les travailleurs à conserver leur emploi pendant la crise. SURE est un dispositif temporaire pouvant fournir aux États membres une assistance financière pouvant atteindre 100 milliards d’EUR (des prêts à des conditions favorables). Cet instrument permet aux États membres de demander une assistance financière de l’UE pour les aider à faire face aux augmentations soudaines et très marquées, à partir du 1er février 2020, de leurs dépenses publiques nationales se rapportant à des dispositifs nationaux de chômage partiel et à des mesures similaires, y compris pour les travailleurs indépendants, ou à des mesures liées à la santé, en particulier sur le lieu de travail en réaction à la crise. Pour permettre à l’UE d’apporter l’assistance financière au titre de l’instrument SURE, la Commission est habilitée à emprunter sur les marchés des capitaux ou auprès d’institutions financières au nom de l’Union un montant maximal de 100 milliards d’EUR. Les prêts SURE sont soutenus par le budget de l’Union et par les garanties fournies par les États membres au prorata de leur part dans le RNB de l’UE. Le montant total des garanties s’élève à 25 milliards d’EUR. L'instrument s’achèvera le 31 décembre 2022.
Au 31 décembre 2020, la Commission avait proposé à 18 États membres un soutien financier global de 90,3 milliards d’EUR, dont la totalité a déjà été approuvée par le Conseil. L'essentiel de ce montant, soit 87,3 milliards d’EUR destinés à 16 États membres, avait été proposé dès août 2020. Le montant restant, soit 3 milliards d’EUR destiné à la Hongrie et à l’Irlande, a été proposé respectivement en octobre et en novembre 2020.
À la suite des trois premières émissions d’obligations au titre de l’instrument SURE en octobre et novembre 2020, la Commission a décaissé un total de 39,5 milliards d’EUR en faveur de 15 États membres de l’UE (Belgique, Chypre, Croatie, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Slovénie, voir point 6.3).
La mise en œuvre de SURE s’est poursuivie en 2021. En février et mars 2021, la Commission a proposé d’accorder 230 millions d’EUR à l’Estonie et 3,7 milliards d’EUR supplémentaires à la Belgique, à Chypre, à la Grèce, à la Lettonie, à la Lituanie et à Malte, portant ainsi le volume total relevant de SURE à 94,3 milliards d’EUR. Ces montants supplémentaires ont été approuvés par le Conseil en mars et en avril 2021. Après quatre nouvelles émissions d’obligations en janvier, en mars et en mai 2021, la Commission a décaissé 50,1 milliards d’EUR supplémentaires, portant ainsi le niveau total des décaissements à 89,6 milliards d’EUR.
Toutes les obligations émises au titre de SURE ont été largement sursouscrites, plus de dix fois pour la plupart, et ont attiré une base diversifiée d’investisseurs aussi bien de l’UE que de pays tiers, ce qui a donné lieu à des conditions de prix très favorables. Les obligations émises par l’UE dans le cadre de SURE bénéficient d’un label «obligations sociales» qui garantit aux investisseurs que les fonds mobilisés serviront un véritable objectif social. Les fonds levés sont transférés aux États membres bénéficiaires sous la forme de prêts afin de les aider à couvrir les coûts directement liés au financement de programmes nationaux de chômage partiel et de mesures similaires adoptés en réaction à la pandémie.
2.LE BUDGET À LONG TERME DE L’UE POUR LA PÉRIODE 2021-2027 ET NextGenerationEU
En 2020, l’Union européenne a apporté une réponse sans précédent à la crise de la COVID-19 qui a frappé l’Europe et le monde entier. Cette réaction a pour clé de voûte un plan de relance doté d’une enveloppe de 2 018 milliards d’EUR à prix courants (1 800 milliards d’EUR aux prix de 2018). Elle se compose du budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027, soit 1 211 milliards d’EUR (1 074 milliards d’EUR aux prix de 2018), complété par 807 milliards d’EUR (750 milliards d’EUR aux prix de 2018) au titre de NextGenerationEU, un instrument temporaire destiné à assurer la relance 5 . Ensemble, ces fonds contribueront à réparer les dommages économiques et sociaux causés par la pandémie de COVID-19 et faciliteront la transition vers une Europe moderne et plus durable.
Plus de 50 % du budget à long terme et de NextGenerationEU seront consacrés aux nouvelles priorités. Les fonds viseront à soutenir la recherche et l’innovation, par l’intermédiaire d’Horizon Europe, les transitions climatique et numérique justes, grâce au Fonds pour une transition juste et au programme pour une Europe numérique et la préparation, la reprise et la résilience, par l’intermédiaire de la facilité pour la reprise et la résilience, le mécanisme de protection civile de l’UE, rescEU, et le programme en matière de santé, «L’UE pour la santé» (EU4Health).
Trente pour cent du budget à long terme et de NextGenerationEU seront affectés à la lutte contre le changement climatique, soit la part la plus élevée jamais consacrée par le plus grand budget européen à ce jour.
Vingt pour cent des fonds de NextGenerationEU seront investis dans la transformation numérique de l’UE. Ces fonds aideront l’UE à investir davantage dans le calcul à haute performance, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les compétences numériques avancées et l’utilisation généralisée des technologies numériques dans l’économie et la société.
En 2026 et 2027, 10 % des dépenses annuelles au titre du budget à long terme contribueront à enrayer et à inverser le déclin de la biodiversité.
NextGenerationEU
Les montants mobilisés et dépensés dans le cadre de NextGenerationEU (NGEU) figureront dans les comptes annuels de 2021. La première émission d’obligations, qui a permis de lever 20 milliards d’EUR par l’intermédiaire d’une obligation à dix ans arrivant à échéance en 2031, a eu lieu le 15 juin 2021.
Dotée d’un budget de 806,9 milliards d’EUR, NextGenerationEU contribuera à réparer les dommages économiques et sociaux immédiats causés par la pandémie de COVID-19. Cet instrument contribuera à la construction d’une Europe de l’après-COVID-19 à la fois plus verte, plus numérique, plus résiliente et mieux équipée pour relever les défis présents et à venir.
Une partie des fonds – soit 385,8 milliards d’EUR – servira à accorder des prêts de l’Union aux différents États membres. Ces prêts seront remboursés par les États membres emprunteurs. L’autre partie – à savoir 338,0 milliards d’EUR – sera fournie sous la forme de subventions ou pour activer les garanties budgétaires pour le soutien aux investissements.
La pièce maîtresse de NextGenerationEU est la facilité pour la reprise et la résilience, un instrument ayant vocation à fournir des subventions et des prêts pour soutenir les réformes et les investissements dans les États membres de l’UE, et dont l’enveloppe totale s’élève à 723,8 milliards d’EUR. Les fonds mis à disposition au titre de la facilité pour la reprise et la résilience seront répartis conformément aux plans nationaux pour la reprise et la résilience élaborés par chaque État membre, en coopération avec la Commission et selon une clé de répartition établie d’un commun accord.
En outre, NextGenerationEU renforcera plusieurs programmes existants de l’UE:
• la cohésion, dans le cadre du soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU), pour aider les pays à faire face aux conséquences économiques de la COVID-19 durant les premières années de la reprise;
• le Fonds pour une transition juste, afin de garantir que la transition vers la neutralité climatique bénéficie à tous;
• le développement rural, afin d’apporter encore davantage de soutien aux agriculteurs;
• InvestEU, pour soutenir les efforts d’investissement de nos entreprises;
• rescEU, pour faire en sorte que le mécanisme de protection civile de l’UE puisse faire face aux situations d’urgence de grande ampleur;
• Horizon Europe, afin de garantir la capacité de l’UE de financer davantage d’excellence dans la recherche.
Pour financer NextGenerationEU, l’UE empruntera sur les marchés, le budget de l’Union servant de garantie. Le remboursement des emprunts réalisés s’étalera sur une longue période, jusqu’en 2058. Cela évitera d’exercer une pression immédiate sur les finances nationales des États membres de l’UE, qui pourront ainsi concentrer leurs efforts sur la reprise.
3.SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L’UNION EUROPÉENNE
3.0.Contexte
Le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne. Les conditions de son départ sont définies dans un accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique, également appelé «accord de retrait» 6 . Dans le cadre de cet accord, le Royaume-Uni a accepté d’honorer toutes les obligations financières contractées lorsqu’il était membre de l’UE. L’accord est entré en vigueur le 31 janvier 2020.
| 31 janvier 2020 Le Royaume-Uni quitte officiellement l’Union et l’accord de retrait entre en vigueur. | |
| 1er février – 31 décembre 2020 Période de transition | |
| 31 mars 2021 Communication des informations financières au Royaume-Uni effectuée par l'UE | |
| 16 avril 2021 Montants à payer communiqués par l’UE au Royaume-Uni | |
| 30 juin 2021 Premiers paiements du Royaume-Uni au titre de l’accord de retrait | |
| 16 septembre 2021 Montants à payer communiqués par l’UE au Royaume-Uni | |
| 31 octobre 2021 Début du deuxième cycle de paiements par le Royaume-Uni |
Au cours de la période de transition, le Royaume-Uni a continué à contribuer au budget de l’UE et à en bénéficier, comme s’il était un État membre. Au terme de la période de transition et conformément à l’accord de retrait, le Royaume-Uni continuera à contribuer au budget de l’Union. De même, le Royaume-Uni continuera à bénéficier des programmes et des dépenses de l’UE antérieurs à 2021 comme s’il était un État membre. Le Royaume-Uni recevra également en retour certaines sommes définies qu’il a versées au budget de l’UE ou des sommes reçues par le budget de l’UE au cours de la période pendant laquelle il était membre.
Ces obligations génèrent des passifs et des créances à recevoir pour l’UE qui doivent être calculés et répercutés dans les comptes annuels de l’UE: les comptes annuels de 2020 font apparaître ces montants pour la première fois, puisqu’il s’agit de l’année au cours de laquelle le Royaume-Uni a quitté l’UE.
Ces comptes annuels comportent donc des explications détaillées sur les futures contributions du Royaume-Uni au budget de l’UE imposées par l’accord de retrait, ainsi que sur les montants dus au Royaume-Uni. Les montants concernés seront payés par le Royaume-Uni sur une longue période.
Le montant net respecte pleinement les trois principes qui sous-tendent le règlement financier prévu dans l’accord de retrait:
• aucun État membre ne devrait payer plus ou recevoir moins en raison du retrait du Royaume-Uni de l’Union;
• le Royaume-Uni devrait payer sa part des engagements pris pendant qu’il était membre de l’Union; et
• le Royaume-Uni ne devrait pas payer davantage ni plus tôt que s’il était resté membre de l’Union. Cela suppose notamment que les montants à verser par le Royaume-Uni le soient en fonction du résultat effectif du budget, c’est-à-dire de l’exécution budgétaire.
L’accord de retrait détaille également les méthodes de calcul des différents montants, comme expliqué ci-dessous.
3.1.Part du Royaume-Uni
Conformément à l’article 139 de l’accord de retrait, la part du Royaume-Uni dans les obligations financières découlant de l’accord de retrait est obtenue en divisant les ressources propres mises à disposition par le Royaume-Uni pour les années 2014 à 2020 par les ressources propres mises à disposition pendant cette période par tous les États membres et le Royaume-Uni. Les ajustements résultant de la compensation des soldes TVA et RNB pour les années 2014 à 2019 sont également inclus. La part du Royaume-Uni obtenue fera l’objet des ajustements finaux prévus à l’article 139 de l’accord de retrait en 2022. La part du Royaume-Uni pour 2021 est utilisée pour les calculs visés à l’article 136, paragraphe 3, points a) et c), et aux articles 140 à 147.
La part du Royaume-Uni obtenue conformément à l’article 139 de l’accord de retrait est de 12,358072326018200 %.
3.2.Comptes annuels de l’UE: montants dus par le Royaume-Uni et à celui-ci en vertu de l’accord de retrait
L’accord de retrait définit les obligations de paiement entre les deux parties, notamment dans les domaines suivants:
• Ressources propres (article 136)
• Engagements restant à liquider (article 140)
• Amendes pour des infractions aux règles de concurrence (article 141)
• Passifs de l’Union (article 142)
• Passifs financiers éventuels et instruments financiers (articles 143 et 144)
• Avoirs nets de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (article 145)
• Investissement de l’Union dans le FEI, Fonds européen d’investissement, (article 146)
• Passifs éventuels liés à des affaires juridiques (article 147).
L’accord de retrait définit également les modalités de traitement annuel de ces obligations. En résumé, l’UE communiquera deux fois par an au Royaume-Uni les montants dus et ce dernier les paiera sur une base mensuelle. La communication sera mise à jour chaque année sur la base des chiffres réels.
Le tableau ci-dessous récapitule les montants dus par le Royaume-Uni à l’UE, ainsi que les montants dus par cette dernière au Royaume-Uni, résultant en une créance globale nette en faveur de l’UE. Tous les calculs ont été effectués dans le strict respect de l’accord de retrait. Ces obligations concernent des engagements antérieurs pris lorsque le Royaume-Uni était un État membre de l’UE et pendant la période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, et expireront dès qu’elles auront été payées ou si l’obligation ne se concrétise pas. Les paiements seront effectués conformément à la procédure prévue à l’article 148 de l’accord de retrait.
| en Mrd EUR | |||||
| Article 140 | Article 142 | Autres | 31.12.2020 | ||
| Dus par le Royaume-Uni | 35,0 | 14,3 | 0,3 | 49,6 | |
| Dus au Royaume-Uni | - | - | (2,1) | (2,1) | |
| Créance nette à recevoir du Royaume-Uni | 35,0 | 14,3 | (1,8) | 47,5 | |
| Estimation du montant à payer par le Royaume-Uni après 2021 | 28,2 | 14,3 | (1,9) | 40,6 | |
| Estimation du montant à payer par le Royaume-Uni en 2021 | 6,8 | 0,0 | 0,0 | 6,8 | |
Le montant global comprend les éléments suivants:
Article 136: ressources propres
L’article 136 définit les dispositions applicables après le 31 décembre 2020 en matière de ressources propres. Le Royaume-Uni a le droit de recevoir sa part des ajustements liés à l’excédent de l’année 2020. Il est également soumis aux ajustements des ressources propres TVA et RNB qui concernent les exercices jusqu’en 2020 – ces ajustements seront calculés annuellement jusqu’au 31 décembre 2028. Des mises à jour de la correction en faveur du Royaume-Uni sont également effectuées.
Le Royaume-Uni est tenu de verser les ressources propres traditionnelles qu’il a perçues après le 28 février 2021, mais qui se rapportent à l’année 2020 et aux exercices antérieurs. Sa part du total des ressources propres traditionnelles mises à disposition par l’Union des Vingt-Sept et par lui-même est ensuite déduite de ce montant. La comptabilité séparée des ressources propres traditionnelles est entièrement liquidée au 31 décembre 2025.
Un montant de 230 millions d’EUR doit être payé par le Royaume-Uni au cours de l’année 2021.
Article 140: engagements restant à liquider («RAL»)
Le «reste à liquider», ou «RAL», représente le volume total des engagements juridiques pris par l’UE envers les bénéficiaires, pour lesquels des paiements seront effectués dans les années à venir. Le RAL est une composante normale de tous les budgets pluriannuels, tels que le budget de l’Union.
Les engagements concernent donc des projets, des programmes, des accords ou des contrats qui ont déjà été engagés, avant le 31 décembre 2020, mais qui ne sont pas encore totalement mis en œuvre, et pour lesquels des paiements doivent encore intervenir. Certains de ces paiements sont destinés à des bénéficiaires britanniques.
Selon l’accord de retrait, le Royaume-Uni doit payer sa part des engagements de l’UE restant à liquider au 31 décembre 2020, date de la fin de la période de transition. Tout engagement, ou partie d’engagement, dont l’annulation est prévue (dégagements) et les montants relatifs aux engagements financés par des recettes affectées, ou aux programmes auxquels le Royaume-Uni ne participe pas (clause de non-participation), sont déduits du montant total.
D’autres ajustements du montant dû par le Royaume-Uni en vertu de cet article sont liés aux corrections financières nettes de la période 2014-2020 ou des périodes de programmation précédentes, ainsi qu’aux ressources propres traditionnelles relatives à 2020 et mises à disposition en janvier-février 2021.
Pour calculer la part du Royaume-Uni dans le RAL, le RAL budgétaire officiel au 31 décembre 2020 a été utilisé comme point de départ (303,2 milliards d’EUR, voir le tableau 4.4 des tableaux d’exécution budgétaire). À la fin de 2020, la part du Royaume-Uni dans le RAL ajusté s’élevait à 36 milliards d’EUR – une fois ajustée pour tenir compte de la prévision des dégagements, la créance en faveur de l’UE à la fin de 2020 s’élevait à 35 milliards d’EUR, dont 6,8 milliards seront payés entre le 30 juin 2021 et le 31 décembre 2021.
Article 141: amendes pour infractions aux règles de concurrence
La Commission européenne applique directement les règles de l’UE en matière de concurrence, en veillant à ce que toutes les entreprises se livrent à une concurrence juste et équitable, fondée sur leurs mérites. Cela peut aboutir à l’imposition d’amendes. Une fois infligées par l’UE, les amendes peuvent être contestées (dans le cadre de procédures judiciaires) par leur destinataire – l’amende n’est pas définitive tant que toutes ces procédures ne sont pas terminées.
L’UE versera au Royaume-Uni, chaque année, sa part de toutes les amendes pour infractions aux règles de concurrence qui ont été décidées par l’Union avant le 31 décembre 2020, une fois que ces amendes seront devenues définitives, c’est-à-dire si l’entité sanctionnée n’introduit pas de recours devant la Cour de justice de l’Union européenne ou si le recours échoue et qu’elle est tenue de payer l’amende.
Dans les comptes annuels, les montants dus au Royaume-Uni à la suite d’amendes sont déduits du montant global dû par le Royaume-Uni. Au 31 décembre 2020, la part du Royaume-Uni dans les amendes impayées est estimée à 1,8 milliard d’EUR. Ce montant sera reversé au Royaume-Uni sur une longue période. Le chiffre se fonde sur les dossiers en suspens au 31 décembre 2020 et il est susceptible d’évoluer, pour tenir compte des montants réels inscrits au budget après que les amendes sont devenues définitives.
Article 142: passifs de l’Union
Le Royaume-Uni s’est engagé à payer sa part des passifs de l’Union encourus jusqu’à la fin de 2020, à l’exception des engagements spécifiques prévus par l’accord de retrait. Le Royaume-Uni paiera donc sa part des obligations auxquelles l’UE est tenue en tant qu’employeur (c’est-à-dire les pensions et l’assurance maladie du personnel retraité), à compter du 31 décembre 2020:
1.les pensions des fonctionnaires de l’UE: le paiement des pensions du personnel de l’UE est couvert par le budget annuel de l’UE. En outre, les fonctionnaires européens paient des cotisations de retraite tout au long de leur carrière professionnelle. Ces cotisations sont inscrites au budget en tant que recettes, diminuant ainsi les contributions nécessaires de la part des États membres pour financer le budget annuel global. Les États membres de l’UE s’engagent à couvrir les coûts des pensions du personnel de l’UE lorsque celui-ci prend sa retraite. Conformément à cet engagement, le Royaume-Uni paiera, à partir de juin 2022, sur plusieurs décennies, sa part des pensions annuelles versées aux fonctionnaires de l’UE jusqu’à l’épuisement de tous les droits à pension acquis par le personnel jusqu’au 31 décembre 2020. Le Royaume-Uni peut décider de s’acquitter de son obligation à tout moment, en payant l’engagement actuariel dû à la fin de cet exercice sur une période de cinq ans;
2.les pensions des députés au Parlement européen, des commissaires européens, des juges de la Cour de justice de l’Union européenne, etc.: le Royaume-Uni paiera sa part de l’engagement actuariel dû au 31 décembre 2020 sur une période de dix ans, à compter d’octobre 2021;
3.le régime commun d'assurance maladie (RCAM): il s’agit du système qui couvre les frais de santé du personnel de l’UE, y compris les retraités. Les fonctionnaires de l’UE, actifs et retraités, cotisent au régime tout au long de leur carrière et pendant leur retraite, tout comme l’UE en tant qu’employeur. Conformément au principe également appliqué au système de retraite des fonctionnaires de l’UE, le Royaume-Uni versera sa part de la contribution budgétaire de l’UE à la couverture médicale du personnel retraité. Ces paiements, qui commenceront en juin 2022, se poursuivront pendant plusieurs décennies, ou jusqu’à ce que toutes ces obligations se soient éteintes. Comme pour les pensions des fonctionnaires, le Royaume-Uni peut choisir de s’acquitter des obligations restant à liquider à tout moment, en payant l’engagement actuariel dû à la fin de cet exercice sur une période de cinq ans.
Les passifs de l’UE relatifs aux obligations susmentionnées en matière d’avantages postérieurs à l’emploi sont calculés à l’aide d’évaluations actuarielles vérifiées et fondées sur les normes internationales. Le montant imputable au Royaume-Uni au 31 décembre 2020 s’élève à 14,3 milliards d’EUR.
Onze millions d’EUR doivent être versés par le Royaume-Uni au cours de l’année 2021 et ne concernent que les régimes de pension spécifiques distincts (par exemple, pour les députés européens). Les montants restants concernant tous les régimes seront versés conformément aux modalités décrites ci-dessus, à partir de 2022.
Articles 143 et 144: instruments financiers et garanties budgétaires
En vertu de ces articles, le Royaume-Uni est tenu de financer les passifs éventuels de l’UE découlant d’opérations antérieures à la date de retrait en rapport avec ses activités d’emprunt, de prêt et de garantie, si ceux-ci se concrétisent et s’ils ne sont pas couverts par la part du Royaume-Uni dans les fonds de garantie existants. L’UE remboursera au Royaume-Uni les montants que ce dernier a déjà versés aux fonds de garantie et qui, en fin de compte, ne se révèlent pas nécessaires.
Ces montants sont essentiellement:
• les montants dus au Royaume-Uni au titre de sa part dans le fonds de garantie du Fonds européen pour le développement durable (FEDD), auquel le Royaume-Uni a déjà contribué par ses paiements budgétaires, mais pour lequel aucune opération n’a été approuvée avant le retrait, et qui ne lui impose donc aucune obligation à couvrir – 93 millions d’EUR doivent être restitués au Royaume-Uni en 2021;
• les montants à payer au Royaume-Uni en rapport avec les instruments financiers – 46 millions d’EUR;
• le Royaume-Uni reste redevable de sa part des passifs éventuels de l’UE (garanties budgétaires – EFSI, MPE, MESF et autres emprunts, etc.) si ceux-ci arrivent à échéance. L’obligation maximale du Royaume-Uni s’élève à 12,9 milliards d’EUR à la fin de l’exercice – voir, pour plus de précisions, la note 4.1 des comptes annuels consolidés de l’UE. Les montants ne sont pas dus par le Royaume-Uni, sauf si l’obligation se concrétise à l’avenir et n’est pas couverte par un fonds de garantie. Cette éventualité est jugée peu probable.
Article 145: Communauté européenne du charbon et de l’acier en liquidation (CECA en liq.)
Le Royaume-Uni a droit à sa part des avoirs nets de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en liquidation au 31 décembre 2020 – cette part lui sera versée sur cinq ans. Le montant total à payer au Royaume-Uni est de 183 millions d’EUR (37 millions d’EUR à rembourser, c’est-à-dire à compenser avec d’autres montants dus en 2021). Cela signifie que, chaque année entre 2021 et 2025, un montant de 37 millions d’EUR sera déduit des montants dus par le Royaume-Uni.
Article 146: investissement dans le FEI
Le Royaume-Uni a droit à sa part de l’investissement que l’UE a réalisé dans le capital libéré du Fonds européen d’investissement (FEI), payable en cinq tranches annuelles égales. Le montant total à payer au Royaume-Uni est de 33 millions d’EUR. Cela signifie que, chaque année entre 2021 et 2025, un montant de 7 millions d’EUR sera déduit des montants dus par le Royaume-Uni.
Article 147: passifs éventuels liés à des affaires juridiques
Chaque année, le Royaume-Uni doit payer sa part des montants versés par le budget de l’UE en relation avec des affaires juridiques concernant des événements survenus avant le 31 décembre 2020. La part du Royaume-Uni dans les affaires juridiques qui nécessiteront probablement des paiements futurs en fin d'exercice est estimée à 46 millions d’EUR, mais le Royaume-Uni ne doit pas la payer tant que les affaires ne sont pas tranchées et qu’un paiement n’est pas d’abord effectué par l’UE.
4.SYNTHÈSE DE L’EXÉCUTION DU BUDGET
Le budget définitif adopté pour 2020 s’élevait à 173,9 milliards d’EUR en crédits d’engagement et à 164,1 milliards d’EUR en crédits de paiement Son exécution a été fortement perturbée par la pandémie de COVID-19 et la crise intersectorielle qui a suivi. Face à la crise, des mesures résolues ont dû être prises pour renforcer les secteurs de la santé publique de l’UE et pour atténuer les conséquences socio-économiques dans l’Union européenne, ainsi que pour fournir une assistance aux pays tiers. Le budget 2020 était le dernier budget exécuté au titre du cadre financier pluriannuel 2014-2020. Son exécution a fait l’objet d’un suivi minutieux et d’une gestion active, ce qui a permis d’assurer la mise en œuvre quasi intégrale de presque tous les programmes.
L’exécution du total des crédits d’engagement en 2020 s’est élevée à 181,7 milliards d’EUR:
·172,9 milliards d’EUR du budget définitif adopté;
·1,1 milliard d’EUR de crédits reportés de 2019;
·7,7 milliards d’EUR de crédits provenant de recettes affectées.
Le total des paiements exécutés en 2020 s’est élevé à 173,3 milliards d’EUR:
·161,8 milliards d’EUR du budget définitif adopté;
·1,6 milliard d’EUR de crédits reportés de 2019;
·9,9 milliards d’EUR de crédits provenant de recettes affectées.
Les niveaux d’exécution en 2020 étaient élevés dans toutes les rubriques. En 2020, l’exécution de tous les types de crédits (budget, crédits reportés de l’exercice précédent et recettes affectées) a atteint 97 % pour les engagements et 94 % pour les paiements. Les taux d’exécution hors recettes affectées ont révélé une exécution intégrale en 2020 (99,5 % pour les crédits d’engagement et 98,5 % pour les crédits de paiement).
La part la plus importante des recettes était constituée par les ressources propres, qui représentaient 91,9 % du total des recettes de 174,3 milliards d’EUR, suivies de 4,7 % pour les contributions et restitutions dans le cadre des accords et programmes de l’Union, qui concernent principalement les recettes issues des corrections financières (Fonds ESI, FEAGA et Feader).
Les engagements restant à liquider (parfois appelés «RAL» – reste à liquider), qui sont les montants engagés mais non encore payés, se chiffraient à 303,2 milliards d’EUR à la fin de l’exercice 2020. Une augmentation par rapport au niveau de 2019 était attendue, en raison de l’écart entre les crédits d’engagement inscrits au budget et les crédits de paiement (9,8 milliards d’EUR) dans le budget définitif adopté et compte tenu du fait qu’une hausse des engagements restant à liquider constitue une évolution normale, puisque les crédits d’engagement augmentent chaque année comme prévu dans le CFP. L’augmentation des engagements restant à liquider par rapport à 2019 a été de 5,5 milliards d’EUR.
Le résultat de l’exécution du budget (excédent) a diminué, passant de 3,2 milliards d’EUR en 2019 à 1,8 milliard d’EUR en 2020:
| en Mio EUR | |||||
| 2020 | 2019 | ||||
| Recettes de l’exercice | 174 306 | 163 918 | |||
| Paiements sur crédits de l'exercice | (171 721) | (157 428) | |||
| Crédits de paiement reportés à l’exercice N+1 | (2 086) | (1 615) | |||
| Annulation de crédits inutilisés reportés de l’exercice N-1 | 78 | 75 | |||
| Évolution des recettes affectées (B)-(A) | 1 398 | (1 736) | |||
| Crédits inutilisés à la fin de l’exercice (A) | 7 694 | 9 092 | |||
| Crédits inutilisés à la fin de l’exercice précédent (B) | 9 092 | 7 356 | |||
| Différences de change de l’exercice | (207) | 4 | |||
| Résultat de l’exécution du budget | 1 768 | 3 217 | |||
5.INSTRUMENTS FINANCIERS ET GARANTIES BUDGÉTAIRES
5.0.Instruments financiers relevant du budget de l’UE
Selon ce mode d’exécution budgétaire, soit les fonds sont déjà versés sur les comptes fiduciaires gérés par les entités responsables et restent disponibles (sous forme de trésorerie et équivalents de trésorerie, de titres de créance ou d’investissements dans des fonds du marché monétaire ou des portefeuilles d’actifs mis en commun) pour couvrir les futurs appels de garantie, soit ils ont été investis en fonds propres. L’importance et le volume des instruments financiers relevant du budget de l’UE au titre de la gestion directe et indirecte ont augmenté ces dernières années. Cette stratégie repose - à la différence de la méthode traditionnelle d’exécution budgétaire consistant à accorder des aides et des subventions - sur le principe fondamental selon lequel, pour chaque euro du budget versé au titre d'instruments financiers, le bénéficiaire final reçoit plus d'un euro de soutien financier, grâce à l’effet de levier. Les instruments financiers relevant du budget de l’UE prennent la forme d’instruments de garantie, de fonds propres et de prêts. Dans le CFP 2021-2027, le recours aux garanties budgétaires devrait augmenter par rapport à l’utilisation d’instruments financiers entièrement financés ou provisionnés à partir du budget de l’Union. En particulier, dans le cadre du programme InvestEU, 26,2 milliards d’EUR de garantie de l’UE seront accordés au groupe BEI et à d’autres institutions financières pour soutenir divers objectifs stratégiques de l’Union au moyen d’opérations de financement et d’investissement.
5.1.Actifs financiers détenus dans des fonds de garantie relatifs aux garanties budgétaires
Selon ce mode d’exécution budgétaire, l’UE fournit des garanties aux contreparties pour lesquelles le financement n’est que partiellement provisionné par des fonds de garantie mis en place par la Commission, créant ainsi un passif éventuel pour le budget de l’UE dans le cas où le provisionnement n’est pas suffisant pour couvrir les appels. L’UE a accordé au groupe BEI des garanties sur des prêts octroyés en dehors de l’UE («mandat de prêt extérieur» ou «MPE») et sur les opérations de dettes et de fonds propres couvertes par la garantie de l’EFSI, ainsi que des garanties sur des opérations couvertes par la garantie FEDD, accordées au groupe BEI et à d’autres institutions financières.
Afin d’atténuer le risque que les appels de garantie du groupe BEI ou d’autres institutions financières pourraient faire peser sur le budget de l’Union, l’UE a créé des fonds de garantie spécifiques financés par le budget. Au 31 décembre 2020, la Commission détenait des actifs financiers dans:
·le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures, à hauteur de 2,8 milliards d’EUR;
·le fonds de garantie de l’EFSI, pour un montant de 8,0 milliards d’EUR; et
·le fonds de garantie FEDD, pour un montant de 0,8 milliard d’EUR.
Le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures est provisionné par le budget de l’UE, de manière à couvrir 9 % de l’encours, en fin d’exercice, des prêts garantis pour les activités de prêt extérieur de la BEI en faveur de pays tiers. Au 31 décembre 2020, la valeur totale des actifs susmentionnée couvrait une exposition des montants décaissés à hauteur de 20,3 milliards d’EUR.
Les activités du fonds de garantie de l’EFSI ont commencé en 2016. Conformément au règlement sur l’EFSI tel que modifié [règlement (UE) 2017/2396], le plafond de la garantie de l’UE au titre de l’EFSI a été porté à 26 milliards d’EUR (alors qu’il était de 16 milliards d’EUR initialement) et la limite pour le fonds de garantie a été ramenée à 35 % (contre 50 % initialement) des obligations de garantie totales de l’Union. Par conséquent, il est désormais à prévoir que le fonds de garantie de l’EFSI atteigne au total 9,1 milliards d’EUR. Les actifs qui composaient le fonds de garantie de l’EFSI au 31 décembre 2020 s’élevaient au total à 8,0 milliards d’EUR, montant qui couvrait une exposition des montants décaissés à hauteur de 18,9 milliards d’EUR.
Conformément au règlement sur le FEDD [règlement (UE) 2017/1601], la garantie FEDD, d’un montant maximal de 1,5 milliard d’EUR (majoré des contributions extérieures), doit être mise à disposition pour soutenir les investissements dans les pays partenaires en Afrique et dans le voisinage européen. L’UE présente la garantie FEDD, dans les annexes aux comptes annuels consolidés (voir la note 4.1.1), comme un passif éventuel. Au 31 décembre 2020, quinze accords de garantie FEDD étaient en vigueur, pour une limite de couverture totale de 1 370 millions d’EUR. Le fonds de garantie FEDD a été créé pour couvrir les éventuels appels de garantie futurs. Le total des contributions versées au fonds au 31 décembre 2020 s’élève à 0,8 milliard d’EUR. Étant donné que la plupart des accords de garantie ont été conclus avec les contreparties en 2020, le programme est en phase de croissance avec 438 millions d’EUR d’opérations garanties signées par les contreparties à la fin de 2020.
À la suite de l’entrée en vigueur du CFP 2021-2027, les actifs nets du fonds de garantie de l’EFSI ont été transférés, au 1er janvier 2021, dans le Fonds commun de provisionnement (FCP) 7 , lequel détient les provisions constituées pour couvrir les passifs financiers qui découlent de garanties budgétaires et de programmes d’assistance financière relevant du CFP 2021-2027. Les actifs du fonds de garantie FEDD et du Fonds de garantie relatif aux actions extérieures devraient être transférés dans le FCP dans le courant de l’année 2021.
5.2.Prêts et emprunts correspondants relatifs aux programmes d’assistance financière
La Commission fournit, en vertu de décisions du Parlement européen et du Conseil, un soutien financier aux États membres et aux pays tiers sous la forme de prêts bilatéraux financés sur les marchés de capitaux et garantis par le budget de l’UE.
En 2020, la Commission, agissant au nom de l’UE, a géré quatre programmes principaux dans le cadre desquels elle peut accorder des prêts:
·le soutien à la balance des paiements (BDP)
·le soutien au mécanisme européen de stabilisation financière (MESF);
·l’assistance macrofinancière (AMF), et
·l’assistance SURE.
Le capital nécessaire pour financer les activités de prêt de l’UE est levé sur les marchés de capitaux ou auprès d’institutions financières. Les activités d’emprunt et de prêt de l’Union européenne liées aux programmes d’assistance financière sont des opérations hors budget. En général, les fonds collectés sont prêtés par des opérations réciproques au pays bénéficiaire, c’est-à-dire avec le même coupon, la même durée et le même montant. Malgré l’application de modalités similaires, le service de la dette des instruments de financement relève de la responsabilité juridique de l’UE, qui s’assure que tous les paiements sont effectués en temps utile et intégralement. La Commission a mis en place des procédures visant à assurer le remboursement des emprunts même en cas de défaut de paiement sur un prêt.
Au 31 décembre 2020, le montant nominal des prêts accordés au titre de l’assistance financière s’élevait à:
| en Mrd EUR | ||||
| Total accordés | Total décaissés à la fin de l’exercice | Total remboursés à la fin de l’exercice | Encours à la fin de l’exercice | |
| SURE | ||||
| Belgique | 7,8 | 2,0 | - | 2,0 |
| Bulgarie | 0,5 | - | - | - |
| Croatie | 1,0 | 0,5 | - | 0,5 |
| Chypre | 0,5 | 0,3 | - | 0,3 |
| Tchéquie | 2,0 | - | - | - |
| Grèce | 2,7 | 2,0 | - | 2,0 |
| Hongrie | 0,5 | 0,2 | - | 0,2 |
| Irlande | 2,5 | - | - | - |
| Italie | 27,4 | 16,5 | - | 16,5 |
| Lettonie | 0,2 | 0,1 | - | 0,1 |
| Lituanie | 0,6 | 0,3 | - | 0,3 |
| Malte | 0,2 | 0,1 | - | 0,1 |
| Pologne | 11,2 | 1,0 | - | 1,0 |
| Portugal | 5,9 | 3,0 | - | 3,0 |
| Roumanie | 4,1 | 3,0 | - | 3,0 |
| Slovaquie | 0,6 | 0,3 | - | 0,3 |
| Slovénie | 1,1 | 0,2 | - | 0,2 |
| Espagne | 21,3 | 10,0 | - | 10,0 |
| 90,3 | 39,5 | - | 39,5 | |
| MESF | ||||
| Irlande | 22,5 | 22,5 | - | 22,5 |
| Portugal | 26,0 | 24,3 | - | 24,3 |
| 48,5 | 46,8 | - | 46,8 | |
| AMF | ||||
| Ukraine | 5,0 | 4,4 | (0,6) | 3,8 |
| Tunisie | 1,4 | 0,8 | - | 0,8 |
| Jordanie | 1,1 | 0,6 | - | 0,6 |
| Autres | 1,5 | 0,8 | (0,2) | 0,6 |
| 9,0 | 6,6 | (0,8) | 5,8 | |
| BDP | ||||
| Lettonie | 3,1 | 2,9 | (2,7) | 0,2 |
| 3,1 | 2,9 | (2,7) | 0,2 | |
| Total | 150,9 | 95,8 | (3,5) | 92,3 |
L’échéancier de remboursement des encours en fin d’exercice est le suivant:
| en Mrd EUR | ||||
| SURE | MESF | AMF | TOTAL | |
| 2021 | - | 9,8 | - | 9,8 |
| 2022 | - | 2,7 | - | 2,7 |
| 2023 | - | 3,5 | 0,1 | 3,6 |
| 2024 | - | 2,6 | 0,6 | 3,2 |
| 2025 | 8,0 | 2,4 | - | 10,4 |
| 2026 | - | 4,0 | 0,1 | 4,1 |
| 2027 | - | 3,0 | 0,2 | 3,2 |
| 2028 | - | 2,3 | 0,2 | 2,5 |
| 2029 | - | 1,4 | 0,9 | 2,3 |
| 2030 | 10,0 | - | 0,1 | 10,1 |
| 2031 | - | 2,2 | 0,9 | 3,1 |
| 2032 | - | 3,0 | 0,1 | 3,1 |
| 2033 | - | 2,1 | 0,5 | 2,6 |
| 2034 | | - | 0,2 | 0,2 |
| 2035 | 8,5 | 2,0 | 1,9 | 12,4 |
| 2036 | - | 1,0 | - | 1,0 |
| 2038 | - | 1,8 | - | 1,8 |
| 2040 | 7,0 | - | - | 7,0 |
| 2042 | - | 3,0 | - | 3,0 |
| 2050 | 6,0 | - | - | 6,0 |
| Total | 39,5 | 46,8 | 5,8 | 92,1 |
| | | | | |
SURE
L’instrument SURE a été créé en 2020 pour fournir une assistance financière aux États membres qui sont confrontés à une grave perturbation économique engendrée par la pandémie de COVID-19, ou qui sont gravement menacés de l’être. Cet instrument complète les mesures nationales prises par les États membres concernés.
Le montant maximal de l’assistance financière ne dépasse pas 100 milliards d’EUR pour l’ensemble des États membres. En 2020, les États membres ont signé des accords de facilité de prêt pour un montant de 85,9 milliards d’EUR et, sur ce montant, 39,5 milliards d’EUR ont été décaissés. La durée des prêts varie entre 5, 10, 15, 20 et 30 ans.
MESF
Le MESF a été créé pour octroyer une assistance financière à tous les États membres qui connaissent ou risquent de connaître de graves perturbations économiques ou financières, du fait d’événements exceptionnels échappant à leur contrôle. Il est intervenu pour octroyer une assistance financière, subordonnée à la mise en œuvre de réformes, à l’Irlande et au Portugal entre 2011 et 2014. Ce programme a pris fin et aucun prêt supplémentaire ne peut être demandé. Il reste toutefois en place pour des tâches spécifiques comme l'allongement de la durée des prêts octroyés à l’Irlande et au Portugal et l’octroi de crédits relais. En février 2021, l’Irlande et le Portugal ont demandé l’allongement des durées d’emprunt pour les montants dus en juin 2021 (4,8 milliards d’EUR) et en septembre 2021 (5 milliards d’EUR). En avril 2021, la Commission a emprunté 4,8 milliards d’EUR pour reconduire les prêts dus en juin 2021, qui ont été prolongés de 15 ans.
Aucune nouvelle opération ni aucun remboursement de prêt n’ont eu lieu en 2020.
AMF
Le programme d’assistance macrofinancière (AMF) est une forme de concours financier consenti par l’Union aux pays tiers partenaires qui connaissent une crise de leur balance des paiements. Elle consiste en des subventions ou des prêts à moyen/long terme, voire en une combinaison des deux, et est uniquement destinée aux pays bénéficiant d’un programme de décaissement du FMI.
En 2020, la Commission a adopté une proposition pour un ensemble de mesures d’assistance macrofinancière d’un montant de 3 milliards d’EUR en faveur de dix partenaires de l’élargissement et du voisinage afin de les aider à atténuer les répercussions économiques de la pandémie de COVID-19. La décision a été adoptée par le Parlement européen et le Conseil le 25 mai 2020.
Au total, un montant de 1,7 milliard d’EUR a été décaissé en 2020 au titre du programme AMF.
BDP
Ce programme de soutien s’adresse aux États membres n’appartenant pas à la zone euro qui connaissent ou risquent de connaître des difficultés dans leur balance des paiements. Le soutien consiste en des prêts à moyen terme subordonnés à la mise en œuvre de politiques visant à faire face aux problèmes économiques sous-jacents. En général, l’UE propose ce soutien de la balance des paiements en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres institutions internationales ou pays.
Aucune nouvelle opération ni aucun remboursement de prêt n’ont eu lieu en 2020.
5.3.Passif éventuel au budget pour les programmes d’assistance financière
Les emprunts de l’UE sont des obligations directes et inconditionnelles de l’Union et sont garantis par les États membres (passifs éventuels au budget). Les emprunts contractés pour financer les prêts aux pays tiers sont couverts par le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures. En cas de défaillance d’un pays bénéficiaire, le service de la dette sera prélevé, si possible, du solde de trésorerie disponible de la Commission. Si cela n'était pas possible à ce moment-là, la Commission procéderait au prélèvement des fonds nécessaires auprès des États membres. Les États membres de l’UE sont légalement tenus, conformément à la législation relative aux ressources propres de l’UE [article 14 du règlement (UE, Euratom) nº 609/2014 du Conseil], de mettre à disposition des fonds suffisants pour répondre aux obligations de l’UE. Dès lors, les investisseurs sont uniquement exposés au risque de crédit de l’UE et non à celui du bénéficiaire des prêts financés. Les prêts «back-to-back» garantissent que le budget de l’UE n'est soumis à aucun risque de taux d’intérêt ou de change.
Les prêts accordés aux États membres au titre de l’instrument SURE sont étayés par un système de garanties volontaires des États membres s’élevant à 25 % du montant maximal de l’assistance financière. La contribution de chaque État membre au montant total de la garantie correspond à sa part relative dans le revenu national brut (RNB) total de l’Union européenne, sur la base du budget de l’UE pour 2020.
Pour chaque programme d’un pays, les décisions du Parlement européen, du Conseil et de la Commission déterminent le montant global accordé, le nombre de tranches à verser et l’échéance (moyenne) maximale de l’enveloppe de prêts. La Commission et l’État membre concerné conviennent ensuite des paramètres de prêt/de financement, en particulier de l’échéance des versements. Par ailleurs, toutes les tranches du prêt, hormis la première, sont subordonnées au respect de conditions politiques, dans le contexte d’une aide financière conjointe de l’UE et du FMI. Il s’agit là d’un autre facteur influençant le calendrier des opérations de financement, ce qui implique que le calendrier et les échéances des émissions dépendent de l’activité de prêt correspondante de l’UE. Le financement est libellé exclusivement en euros et les échéances vont de 3 à 30 ans.
6.ANALYSE DES ÉTATS FINANCIERS
6.0.RECETTES
Les recettes consolidées de l’UE comprennent les montants liés aux opérations avec contrepartie directe et aux opérations sans contrepartie directe, ces dernières étant les plus importantes. L’évolution, sur cinq ans, des recettes provenant des principales opérations sans contrepartie directe (comprenant la ressource RNB, les ressources propres traditionnelles, la ressource TVA, les amendes et la récupération de dépenses, et à l’exclusion de l’effet exceptionnel des recettes liées au retrait du Royaume-Uni de l’UE en 2020) est la suivante:
Évolution, sur cinq ans, des recettes provenant des principales opérations sans contrepartie directe (en Mio EUR)
*Hors recettes provenant des opérations sans contrepartie directe liées au retrait du Royaume-Uni de l’UE (47 456 millions d’EUR)
Étant donné que les recettes budgétaires doivent être égales (ou supérieures) aux dépenses budgétaires, l’évolution des recettes indiquée ci-dessus est principalement déterminée par les paiements effectués chaque année.
En 2020, les recettes consolidées se sont établies à 224,0 milliards d’EUR, ce qui représente une hausse considérable, de 63,7 milliards d’EUR ou 39,7 %, par rapport au chiffre de l’exercice précédent (160,3 milliards d’EUR). Le principal déterminant de cette évolution a été l’effet financier du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (47,5 milliards d’EUR). Si l’on tient compte de cet effet exceptionnel, les recettes consolidées de 2020 s’élèvent à 176,5 milliards d’EUR, soit une augmentation de 16,2 milliards d’EUR ou 10,1 % par rapport à l’exercice précédent. Cette augmentation ajustée s’explique essentiellement par les effets suivants:
·les recettes provenant du RNB (revenu national brut), principal élément des produits d’exploitation de l’UE, sont passées de 108,8 milliards d’EUR en 2019 à 125,4 milliards d’EUR en 2020. Cette hausse de 16,6 milliards d’EUR, soit 15,3 %, est principalement due à l’accroissement des besoins en crédits de paiement pour l’année 2020, destinés à renforcer les politiques clés de l’UE, par exemple la stratégie de vaccination contre la COVID-19 (mise en œuvre par l’intermédiaire de l’instrument d’aide d’urgence) et la politique de cohésion (par l’adoption de l’initiative d’investissement+ en réaction au coronavirus);
·les autres recettes provenant des opérations sans contrepartie directe ont évolué à la hausse, passant de 2,1 milliards d’EUR en 2019 à 7,1 milliards d’EUR en 2020. Cette hausse de 5,0 milliards d’EUR est principalement due à la contribution des États membres au Fonds pour l’innovation qui a entamé ses activités en 2020 (2,1 milliards d’EUR), à une augmentation de l’excédent budgétaire repris de l’exercice précédent (3,2 milliards d’EUR en 2020 contre 1,8 milliard d’EUR en 2019) ainsi qu’à une contribution des États membres (à hauteur de 0,8 milliard d’EUR) pour compléter l’instrument d’aide d’urgence (ESI);
·les produits financiers sont passés de 1,8 milliard d’EUR à 3,4 milliards d’EUR entre 2019 et 2020. Cette hausse de 1,6 milliard d’EUR, soit 88,9 %, est principalement due à l’augmentation des intérêts de retard, plus particulièrement pour les cas britanniques en matière de RPT (0,5 milliard d’EUR) et les cas non britanniques (0,5 milliard d’EUR), ainsi qu’aux recettes provenant des primes sur obligations liées à l’instrument SURE (0,7 milliard d’EUR);
·les produits des amendes ont chuté de 4,3 milliards d’EUR en 2019 à 0,5 milliard d’EUR en 2020. Cette baisse de 3,8 milliards d’EUR, soit 88,4 %, est due à la diminution des amendes infligées en 2020, tant en nombre qu’en montant. Alors qu’en 2020, les principales amendes ont représenté un montant total de 0,26 milliard d’EUR (Orbia, Clariant et Celanese), les affaires les plus importantes en 2019 se sont chiffrées à 3,1 milliards d’EUR (Google, deux affaires Forex et MasterCard).
Les évolutions susmentionnées ont été compensées par une diminution des recettes issues des ressources propres traditionnelles, qui sont passées de 21,2 milliards d’EUR en 2019 à 19,6 milliards d’EUR en 2020 (soit un recul de 1,6 milliard d’EUR ou 7,5 %), et d’une baisse des recouvrements financiers, qui sont passés de 2,6 milliards d’EUR en 2019 à 1,4 milliard d’EUR en 2020 (soit un recul de 1,2 milliard d’EUR ou 46,2 %).
6.1.DÉPENSES
Le principal poste de dépenses comptabilisé dans les états financiers consolidés concerne les paiements de transferts au titre de la gestion partagée, dont relèvent les Fonds suivants: i) le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), ii) le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et les autres instruments de développement rural, iii) le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds de cohésion (CF) et iv) le Fonds social européen (FSE). Ces fonds représentaient 109,7 milliards d’EUR, soit 65,9 % du total des dépenses (à hauteur de 166,6 milliards d’EUR) engagées en 2020 (contre 103,9 milliards d’EUR, soit 66,8 %, en 2019). La ventilation des dépenses est présentée dans le graphique ci-dessous:
Pondération relative des principales dépenses exécutées par les États membres (en gestion partagée) pendant l’exercice 2020:
Les dépenses exposées dans le cadre de la gestion directe concernent l’exécution du budget par la Commission, les agences exécutives et des fonds fiduciaires. Dans le cadre de la gestion indirecte, le budget est exécuté par des agences de l’UE, des organes de l’UE, des pays tiers, des organisations internationales et d’autres entités.
L’UE comptabilise certaines obligations de paiement futures comme des dépenses même si elles ne figurent pas encore dans la comptabilité budgétaire de caisse. Des montants significatifs sont inscrits sous les sommes et charges à payer en ce qui concerne l’agriculture et le développement rural ainsi que sous les charges liées aux pensions et avantages du personnel se rapportant aux droits à pension et autres droits postérieurs à l’emploi acquis par les commissaires, les membres des institutions de l’UE et le personnel.
Au total, les dépenses ont augmenté de 7,1 % ou 11,1 milliards d’EUR, passant de 155,5 milliards d’EUR à 166,6 milliards d’EUR par rapport à 2019, ce qui s’explique principalement par les effets suivants:
·les dépenses du FEDER et du FC sont passées de 35,2 milliards d’EUR en 2019 à 41,1 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation de 5,9 milliards d’EUR, soit 16,8 %, est due à une meilleure mise en œuvre des programmes au fil du CFP;
·les dépenses au titre du FSE sont passées de 11,2 milliards d’EUR en 2019 à 13,7 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation de 2,5 milliards d’EUR, soit 22,3 %, est principalement due à une exécution accrue;
·les dépenses exposées dans le cadre de la gestion directe par la Commission sont passées de 18,9 milliards d’EUR en 2019 à 22,1 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation de 3,2 milliards d’EUR, soit 16,9 %, s’explique principalement par les dépenses relatives aux vaccins contre la COVID-19 (1,6 milliard d’EUR) ainsi que par les dépenses engagées au titre des instruments de voisinage et de préadhésion (0,6 milliard d’EUR);
·les dépenses du FEAGA ont diminué de 44,0 milliards d’EUR en 2019, passant à 40,5 milliards d’EUR en 2020. Cette baisse de 3,5 milliards d’EUR, soit 8 %, est principalement due à la diminution de 2,6 milliards d’EUR dans les montants demandés au titre des paiements directs visant à contribuer aux revenus agricoles.
6.2.ACTIF
Les postes les plus importants de l’actif du bilan sont les actifs financiers (autres que la trésorerie et les équivalents de trésorerie), qui constituent 40,4 % des actifs totaux de l’UE, suivis des créances à recevoir et des préfinancements, affichant des pourcentages respectifs de 26,6 % et 22,4 %.
Composition des actifs consolidés de l’UE
Au 31 décembre 2020, le total des actifs s’élevait à 280,0 milliards d’EUR, ce qui représente une hausse de 101,1 milliards d’EUR, soit 56,5 %, par rapport à l’exercice précédent (2019: 178,9 milliards d’EUR ), essentiellement en raison des principales évolutions suivantes:
·les créances à recevoir sont passées de 24,0 milliards d’EUR en 2019 à 74,5 milliards d’EUR en 2020. Cette hausse notable de 50,5 milliards d’EUR résulte principalement du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et de la créance générée par ce retrait (47,5 milliards d’EUR);
·les prêts sont passés de 52,7 milliards d’EUR en 2019 à 93,3 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation substantielle de 40,6 milliards d’EUR, soit 77,0 %, s’explique principalement par l’émission de prêts d’assistance financière au titre de l’instrument SURE (39,5 milliards d’EUR);
·les préfinancements sont passés de 51,4 milliards d’EUR en 2019 à 62,7 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation de 11,3 milliards d’EUR, soit 22,0 %, est principalement due au non-recouvrement, en 2020, des préfinancements annuels de 2019 dans le cadre des mesures liées aux initiatives d’investissement en réaction au coronavirus (6,6 milliards d’EUR) et du préfinancement versé pour la mise au point de vaccins destinés à lutter contre la pandémie de COVID-19 (1 milliard d’EUR).
Le solde de trésorerie, soit 16,7 milliards d’EUR en fin d’exercice, comprend les principaux éléments suivants:
·un montant de 9,4 milliards d’EUR de paiements non encore exécutés à la fin de l’exercice, dont 7,9 milliards d’EUR concernent des recettes affectées. Les recettes affectées comprennent un montant de 1,3 milliard d’EUR de liquidités provenant de la vente de quotas d’émission et récupéré auprès de la BEI après avoir été affecté par les États membres au Fonds pour l’innovation;
·un montant de 2,4 milliards d’EUR relevant d'instruments financiers concernant essentiellement des équivalents de trésorerie gérés par des fiduciaires, pour le compte de la Commission, aux fins de la mise en œuvre de programmes d’instruments financiers spécifiques financés par le budget de l’UE et des montants de trésorerie et d’équivalents de trésorerie détenus dans des fonds de garantie relatifs à des garanties budgétaires. Les liquidités attachées à des instruments financiers et des fonds de garantie ne peuvent être utilisées que dans les programmes correspondants;
·un montant de 1,6 milliard d’EUR appartenant à des agences et des entreprises communes et géré par la trésorerie de la Commission pour le compte de ces entités;
·des liquidités liées à des amendes, d’un montant de 1,5 milliard d’EUR, qui concernent principalement des sommes reçues en rapport avec des amendes infligées par la Commission dans le cadre d’affaires pendantes et, dans une moindre mesure, des amendes définitivement perçues qui seront transférées au budget l’année suivante;
·des liquidités relatives aux autres institutions, agences et organes consolidés s’élevant à 1,4 milliard d’EUR.
Préfinancements
Il est à noter que le niveau des préfinancements est fortement tributaire du cycle du cadre financier pluriannuel: par exemple, au début de la période couverte par le CFP, il est à prévoir que d’importantes avances soient versées aux États membres au titre de la politique de cohésion, et ces montants restent à la disposition des États membres jusqu’à la clôture des programmes. Un préfinancement annuel est également versé, lequel doit être utilisé au cours de l’exercice ou être recouvré l’exercice suivant dans le cadre de la clôture annuelle du cycle des comptes. La Commission met tout en œuvre pour faire en sorte que les montants des préfinancements soient maintenus à un niveau approprié. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre la garantie d'un financement suffisant des projets et la comptabilisation en temps utile des dépenses.
Les préfinancements (à l’exclusion des autres avances aux États membres et des contributions aux fonds fiduciaires Bêkou et Afrique) portés au bilan de l’UE s’élèvent, dans l’ensemble, à 55,5 milliards d’EUR (contre 44,4 milliards d’EUR en 2019), dont la quasi-totalité concerne des activités de la Commission. Environ 58 % des préfinancements de la Commission sont liés à la gestion partagée, ce qui signifie que l’exécution du budget est déléguée aux États membres (la Commission conservant un rôle de surveillance).
Préfinancements de la Commission par mode de gestion
6.3.PASSIF
Les quatre principaux éléments du passif du bilan sont les suivants: i) les charges liées aux obligations au titre du régime de pension et aux autres avantages postérieurs à l’emploi; ii) les emprunts, iii) les sommes à payer à des tiers et iv) les charges à payer.
Composition du passif au bilan consolidé de l’UE
Au 31 décembre 2020, le total du passif s’élevait à 313,5 milliards d’EUR, ce qui représente une hausse de 62,0 milliards d’EUR, soit 24,7 %, par rapport à l’exercice précédent (251,5 milliards d’EUR).
Les principales évolutions étaient liées aux facteurs suivants:
·les pensions et autres avantages postérieurs à l’emploi ont augmenté, passant de 97,7 milliards d’EUR en 2019 à 116,0 milliards d’EUR en 2020. Cette hausse de 18,3 milliards d’EUR, soit 18,7 %, s’explique principalement par la perte actuarielle découlant des hypothèses financières causée par une nouvelle baisse importante du taux d’actualisation;
·les emprunts sont passés de 52,6 milliards d’EUR en 2019 à 93,2 milliards d’EUR en 2020. Cette augmentation de 40,6 milliards d’EUR, soit 77,2 %, résulte principalement de l’émission SURE, d’un montant de 39,5 milliards d’EUR, qui a eu lieu à la fin de 2020;
·les sommes à payer sont passées de 27,2 milliards d’EUR en 2019 à 32,4 milliards d’EUR en 2020. Cette hausse de 5,2 milliards d’EUR, soit 19,1 %, est principalement due aux déclarations de dépenses en instance pour le CFP 2014-2020, qui ont été reçues en toute fin d’année et qui n’ont pas été traitées ou liquidées faute de crédits de paiement.
Total des déclarations de dépenses et des factures reçues et comptabilisées au bilan dans la rubrique des sommes à payer
Actifs nets
Le fait que le passif l’emporte sur l’actif ne signifie pas que les institutions et organes de l’UE sont en difficulté financière. Cela indique plutôt que certaines charges seront financées par les budgets annuels à venir. Conformément aux règles de la comptabilité d’exercice, bon nombre de dépenses sont comptabilisées sur l’exercice en cours, mais il se peut que les montants soient en réalité payés lors de l’exercice suivant ou d’exercices ultérieurs et financés sur des budgets futurs; les recettes y afférentes ne seront comptabilisées qu’à l’avenir. Les montants les plus significatifs à mettre en évidence concernent les activités du FEAGA (dont la majeure partie est généralement payée au premier trimestre de l’exercice suivant) et le passif lié aux avantages du personnel (à payer sur plusieurs décennies). La forte diminution des montants à appeler auprès des États membres, qui passent de 77,6 milliards d’EUR en 2019 à 38,5 milliards d’EUR en 2020, s’explique essentiellement par les recettes résultant des montants nets dus par le Royaume-Uni en vertu de l’accord de retrait signé à la suite de son départ de l’Union en 2020 – voir la note 2.6.1.2 des comptes annuels consolidés de l’UE.
7.L’UE: CADRE POLITIQUE ET FINANCIER, GOUVERNANCE ET OBLIGATION DE RENDRE COMPTE
L’Union européenne (UE) est une union à laquelle les États membres ont attribué des compétences afin d’atteindre des objectifs communs. L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'état de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l'égalité entre les femmes et les hommes.
7.0.CADRE POLITIQUE ET FINANCIER
| Traités de l’UE | Les objectifs et principes généraux qui guident l’Union et les institutions européennes sont définis dans les traités. L’Union européenne et ses institutions n’agissent que dans les limites des compétences qui leur sont attribuées par les traités pour atteindre les objectifs qui y sont établis et doivent, lors de l’exercice de leurs compétences, |
| respecter les principes 8 de subsidiarité et de proportionnalité. L’Union se dote des moyens financiers nécessaires pour atteindre ses objectifs et pour mener à bien ses politiques. La Commission est chargée de promouvoir l’intérêt général de l’Union, ce qui inclut l’exécution du budget et la gestion des programmes, en coopération avec les États membres et conformément au principe de bonne gestion financière. | |
L’Union poursuit les objectifs établis dans les traités à l’aide d’un certain nombre d’outils, dont fait partie le budget de l’UE. Elle peut également, par exemple, proposer un cadre législatif commun et des stratégies politiques conjointes.
| Priorités politiques de la Commission | Les priorités politiques de la Commission sont définies dans les orientations politiques fixées par sa présidente. Sous la direction de cette dernière, Mme von der Leyen, la Commission qui est entrée en fonction le 1er décembre 2019 se concentrera sur les six grandes ambitions suivantes: |
6 GRANDES AMBITIONS
| | Un pacte vert pour l’Europe – Ambitionner d’être le premier continent neutre pour le climat | |
| | Une Europe adaptée à l’ère du numérique – Favoriser une nouvelle génération de technologies donnant aux citoyens les moyens d’agir | |
| | Une économie au service des personnes – Agir en faveur de l’équité sociale et de la prospérité | |
| | Une Europe plus forte sur la scène internationale – Une Europe qui affirme son ambition en renforçant le leadership mondial responsable qui fait sa singularité | |
| | Promotion de notre mode de vie européen – Bâtir une Union de l’égalité dans laquelle nous avons tous un accès égal aux possibilités offertes | |
| | Un nouvel élan pour la démocratie européenne – Nourrir, protéger et renforcer notre démocratie |
| Cadre financier pluriannuel et programmes de dépenses | Les politiques soutenues par le budget de l’Union sont mises en œuvre conformément au cadre financier pluriannuel (CFP) et à la législation sectorielle connexe qui définit les instruments et programmes de dépenses. Ceux-ci traduisent les priorités politiques de l’Union en termes financiers sur une période assez longue pour être efficace et |
| fournir une perspective à long terme cohérente aux bénéficiaires des fonds de l’UE et aux autorités nationales assurant le cofinancement. Des montants annuels maximaux (plafonds) sont fixés pour l’ensemble des dépenses de l’UE et pour les grandes catégories de dépenses (rubriques). La somme des plafonds de toutes ces rubriques correspond au plafond total des crédits d’engagement. Le cadre financier pluriannuel est adopté par le Conseil à l’unanimité de tous les États membres, avec l’approbation du Parlement européen. Le nouveau cadre financier pluriannuel 2021-2027 a été adopté le 17 décembre 2020. | |
| Budget annuel | La Commission élabore le budget annuel, et le Parlement européen et le Conseil l’approuvent normalement à la mi-décembre, conformément à la procédure prévue à l’article 314 du TFUE. Selon le principe d’équilibre budgétaire, le total des recettes doit, pour un exercice financier donné, être égal au total des dépenses (crédits de paiement). |
Les ressources propres, complétées par d’autres recettes, constituent les principales sources de financement de l’UE. Il existe trois types de ressources propres: les ressources propres traditionnelles (principalement les droits de douane), la ressource propre fondée sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la ressource propre fondée sur le revenu national brut (RNB). Les autres recettes découlant des activités de l’UE (par exemple, les amendes pour des infractions aux règles de concurrence) représentent normalement moins de 10 % des recettes totales (abstraction faite de l’effet exceptionnel du retrait du Royaume-Uni de l’UE sur les comptes annuels de 2020). Le montant total des ressources propres nécessaires au financement du budget est déterminé par le total des dépenses, déduction faite des autres recettes.
| Modes de gestion | Le budget de l’Union est exécuté selon trois modes de gestion qui déterminent la manière dont l’argent est versé et géré: |
·Gestion partagée: une grande partie du budget (environ les trois quarts) est gérée, dans le cadre d’un système de gestion partagée, par la Commission en coopération avec les États membres, notamment dans les domaines des fonds structurels et de l’agriculture.
| Règlement financier | Le règlement financier (RF) 9 applicable au budget général est un acte fondamental dans l’architecture réglementaire des finances de l’UE. Il définit en détail les règles financières applicables à l’exécution du budget de l’Union et les rôles des différents acteurs qui contribuent à garantir la bonne utilisation des fonds et la réalisation des objectifs fixés. |
7.1.GOUVERNANCE ET OBLIGATION DE RENDRE COMPTE
7.1.0.Structure institutionnelle
L’Union dispose d’un cadre institutionnel visant à promouvoir ses valeurs, poursuivre ses objectifs, servir ses intérêts, ceux de ses citoyens et ceux des États membres, ainsi qu’à veiller à la cohérence, à l’efficacité et à la continuité de ses politiques et de ses actions. La structure organisationnelle est constituée d’institutions, d’agences et d’autres organes de l’UE, qui sont intégrés dans les comptes consolidés de l’Union pour autant que les critères de consolidation énoncés dans le règlement financier et les règles comptables applicables soient respectés (voir, dans la note 9 des comptes annuels consolidés de l’UE, la liste des entités figurant dans le périmètre de consolidation).
Le Parlement européen exerce, conjointement avec le Conseil, les fonctions législative et budgétaire. La Commission est responsable, sur le plan politique, devant le Parlement européen. Le Conseil exerce également des fonctions d’élaboration et de coordination des politiques dans le cadre des orientations et priorités politiques générales de l’Union fixées par le Conseil européen.
La Commission européenne est le bras exécutif de l’Union européenne. Elle promeut l’intérêt général de l’Union et prend les initiatives appropriées à cette fin. Elle veille à l’application des traités et surveille l’application du droit de l’Union par les États membres, sous le contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne. Elle exerce des fonctions de coordination, d’exécution et de gestion, exécute le budget et gère les programmes.
La Commission exécute le budget, dans une large mesure en coopération avec les États membres 10 . Conjointement, ils font en sorte que les crédits soient utilisés conformément aux principes de la bonne gestion financière. La réglementation détermine les obligations de contrôle et d’audit des États membres lorsqu’ils se partagent l’exécution du budget et les responsabilités qui en découlent. Elle définit aussi les responsabilités et les modalités particulières de chacune des institutions de l’UE en ce qui concerne leurs propres dépenses.
7.1.1.La structure de gouvernance de la Commission
Les dispositifs de gouvernance en place au sein de la Commission et la manière dont ceux-ci permettent à cette dernière de fonctionner en tant qu’institution moderne, tenue de rendre des comptes et privilégiant l’obtention de résultats sont décrits dans la communication C(2020) 4240 final du 24 juin 2020 sur la gouvernance au sein de la Commission européenne.
La Commission exerce ses fonctions sous la direction du collège des commissaires, qui établit les priorités et assume la responsabilité politique générale des travaux de la Commission. En tant que collège, la Commission remplit sa mission sous la conduite politique de son président ou sa présidente, qui présente les objectifs qu’il/elle entend poursuivre, sous la forme d’orientations politiques. Le président décide de l’organisation interne de la Commission afin d’assurer la cohérence, l’efficacité et la collégialité de son action. Le dispositif interne constitue une structure de contrôles rigoureux et d’outils de gestion solides qui permettent au collège de commissaires d’assumer la responsabilité politique des travaux de la Commission 11 .
Le collège délègue l’exécution opérationnelle du budget et la gestion financière aux directeurs généraux et aux chefs de service, qui sont à la tête de la structure administrative de la Commission. Cette approche décentralisée crée une culture administrative qui incite les fonctionnaires à assumer la responsabilité des activités qu’ils exercent et leur impose de fournir des assurances concernant les activités dont ils sont responsables.
7.1.2.La gestion financière de la Commission
Au sein de la Commission, les fonctions et responsabilités en matière de gestion financière sont définies de manière précise (par exemple dans le règlement financier et les règles internes 12 ) et exercées en conséquence. En tant qu’ordonnateurs délégués, les directeurs généraux et les chefs de service de la Commission sont responsables de la bonne gestion financière des ressources de l’Union, du respect des dispositions du règlement financier, de la gestion des risques et de la mise en place d’un cadre de contrôle interne adéquat.
La responsabilité des ordonnateurs s’étend à l’ensemble du processus de gestion, de la détermination des actions à mener pour réaliser les objectifs des politiques fixés par l’institution à la gestion des activités, tant du point de vue opérationnel que sous l’angle de la bonne gestion financière. Des tâches peuvent ensuite être subdéléguées aux directeurs, chefs d’unité ou autres, qui deviennent ainsi ordonnateurs subdélégués. Chaque ordonnateur délégué peut s’appuyer sur un ou deux directeurs chargés de la gestion des risques et du contrôle interne afin de superviser et de suivre la mise en œuvre des systèmes de contrôle interne.
Les services centraux de la Commission fournissent des orientations et des conseils et encouragent les bonnes pratiques, notamment dans le cadre des travaux du conseil d’administration.
Le règlement financier impose à chaque ordonnateur d’établir un rapport annuel d’activités («RAA») détaillant les réalisations, le contrôle interne et les activités de gestion financière au cours de l’année. Ce rapport contient une déclaration aux termes de laquelle les ressources ont été utilisées conformément au principe de bonne gestion financière et des procédures de contrôle sont en place qui offrent les garanties nécessaires quant à la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes. Le rapport annuel sur la gestion et la performance du budget de l’Union constitue le principal instrument au moyen duquel le collège des commissaires assume la responsabilité politique de la gestion financière du budget de l’UE.
Le comptable de la Commission est responsable, au niveau central, de la gestion de la trésorerie, des procédures de recouvrement, de la définition de règles comptables sur la base des normes comptables internationales du secteur public (IPSAS), de la validation des systèmes comptables ainsi que de la préparation des comptes annuels de la Commission et des comptes annuels consolidés de l’Union. En outre, le comptable est tenu de signer les comptes annuels et de déclarer qu’ils présentent une image fidèle, dans tous les aspects significatifs, de la situation financière, des résultats des opérations et des flux de trésorerie de l’Union. Les comptes annuels sont adoptés par le collège des commissaires. Le comptable exerce une fonction indépendante et assume une responsabilité essentielle dans l'information financière au sein de la Commission.
L’auditeur interne de la Commission exerce lui aussi une fonction centralisée et indépendante. Il émet en toute indépendance des conseils, des avis et des recommandations sur la qualité et le fonctionnement des systèmes de contrôle interne mis en place au sein de la Commission, des agences de l’UE et des autres organes autonomes.
Le comité de suivi des audits garantit l’indépendance de l’auditeur interne et contrôle la qualité des travaux d’audit interne. Il surveille également le suivi donné par les services de la Commission aux recommandations d’audit interne et externe, ainsi qu’aux constatations et recommandations de la Cour des comptes européenne relatives à la décharge concernant la fiabilité des comptes annuels consolidés de l’UE. Le rôle consultatif du comité contribue à améliorer globalement l’efficacité et l’efficience de la Commission dans la réalisation de ses objectifs et facilite la supervision, par le collège, des pratiques de la Commission en matière de gouvernance, de gestion des risques et de contrôle interne.
7.1.3.Audit externe et procédure de décharge
Conformément aux principes de bonne gestion financière, les fonds doivent être gérés de manière efficace, efficiente et économique. Il existe un cadre de responsabilité fondé sur des rapports exhaustifs, des audits externes et un contrôle politique, permettant de fournir une assurance raisonnable que les fonds de l’UE sont utilisés de façon appropriée.
Chaque année, la Cour des comptes européenne examine la fiabilité des comptes, la légalité et la régularité des recettes et des dépenses, et s’assure de la bonne gestion financière et des aspects qualitatifs de l’établissement du budget, y compris sous l’angle de la performance. La publication du rapport annuel de la Cour des comptes européenne est le point de départ de la procédure de décharge. Les auditeurs élaborent également des rapports spéciaux sur des dépenses ou des domaines d'action particuliers, ou sur des questions liées au budget ou à la gestion.
Le Parlement européen décide, après une recommandation du Conseil, de donner ou non son approbation définitive, appelée «octroi de décharge», sur la manière dont la Commission a exécuté le budget de l’UE lors d’une année donnée. La procédure de décharge annuelle garantit que la Commission est tenue politiquement responsable de l’exécution du budget de l’Union.
La décision concernant la décharge est en outre fondée sur les rapports financiers et sur la responsabilité intégrés de la Commission, les auditions des commissaires devant le Parlement européen et les réponses aux questions écrites adressées à la Commission.
NOTE ACCOMPAGNANT LES COMPTES CONSOLIDÉS
Les comptes annuels consolidés de l’Union européenne relatifs à l’exercice 2020 ont été élaborés sur la base des informations fournies par les institutions et organismes conformément à l’article 246, paragraphe 2, du règlement financier applicable au budget général de l’Union européenne. Je déclare par la présente que lesdits comptes ont été établis conformément au titre XIII dudit règlement financier ainsi qu’aux principes, règles et méthodes comptables exposés dans les notes annexes aux états financiers.
J’ai obtenu des comptables de ces institutions et organes, qui en certifient la fiabilité, toutes les informations nécessaires à la production des comptes décrivant l’actif et le passif de l’Union européenne, ainsi que l’exécution du budget.
Je certifie par la présente que, sur la base de ces informations et des vérifications que j’ai jugées nécessaires pour être en mesure de signer les comptes de la Commission européenne, j’ai obtenu l’assurance raisonnable que les comptes présentent une image fidèle, dans tous les aspects significatifs, de la situation financière, des résultats des opérations et des flux de trésorerie de l’Union européenne.
Rosa ALDEA BUSQUETS
Comptable de la Commission
18 juin 2021
UNION EUROPÉENNE
EXERCICE 2020
ÉTATS FINANCIERS CONSOLIDÉS ET NOTES ANNEXES
Des écarts peuvent sembler exister entre certaines données financières des tableaux ci-dessous lorsqu’elles sont additionnées car les chiffres sont arrondis au million d’euros.
SOMMAIRE
BILAN
COMPTE DE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE
TABLEAU DES FLUX DE TRÉSORERIE
ÉTAT DES VARIATIONS DE L’ACTIF NET
ANNEXES AUX ÉTATS FINANCIERS
1. PRINCIPES COMPTABLES ESSENTIELS
2. NOTES ANNEXES AU BILAN
3. NOTES ANNEXES AU COMPTE DE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE
4. ACTIF ET PASSIF ÉVENTUELS
5. ENGAGEMENTS BUDGÉTAIRES ET JURIDIQUES
6. GESTION DES RISQUES FINANCIERS
7. INFORMATIONS RELATIVES AUX PARTIES LIÉES
8. ÉVÉNEMENTS POSTÉRIEURS À LA DATE DE CLÔTURE
9. PÉRIMÈTRE DE CONSOLIDATION
BILAN
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| ACTIFS NON COURANTS | |||
| Immobilisations incorporelles | 2.1 | 620 | 515 |
| Immobilisations corporelles | 2.2 | 11 682 | 11 380 |
| Investissements comptabilisés selon la méthode de la mise en équivalence | 2.3 | 588 | 591 |
| Actifs financiers | 2.4 | 99 214 | 66 714 |
| Préfinancements | 2.5 | 34 519 | 26 240 |
| Créances à recevoir avec contrepartie directe et créances à recouvrer sans contrepartie directe | 2.6 | 45 813 | 3 607 |
| 192 434 | 109 047 | ||
| ACTIFS COURANTS | |||
| Actifs financiers | 2.4 | 13 881 | 4 514 |
| Préfinancements | 2.5 | 28 229 | 25 206 |
| Créances à recevoir avec contrepartie directe et créances à recouvrer sans contrepartie directe | 2.6 | 28 681 | 20 367 |
| Stocks | 2.7 | 80 | 68 |
| Trésorerie et équivalents de trésorerie | 2.8 | 16 742 | 19 745 |
| 87 613 | 69 900 | ||
| TOTAL DES ACTIFS | 280 047 | 178 947 | |
| PASSIFS NON COURANTS | |||
| Retraites et autres avantages du personnel | 2.9 | (116 020) | (97 659) |
| Provisions | 2.10 | (3 878) | (3 707) |
| Passifs financiers | 2.11 | (84 399) | (53 071) |
| (204 297) | (154 437) | ||
| PASSIFS COURANTS | |||
| Provisions | 2.10 | (1 527) | (1 116) |
| Passifs financiers | 2.11 | (10 649) | (1 446) |
| Sommes à payer | 2.12 | (32 408) | (27 241) |
| Charges à payer et produits à reporter | 2.13 | (64 584) | (67 230) |
| (109 167) | (97 033) | ||
| TOTAL DES PASSIFS | (313 464) | (251 470) | |
| ACTIF NET | (33 418) | (72 523) | |
| Réserves | 2.14 | 5 062 | 5 037 |
| Montants à appeler auprès des États membres* | 2.15 | (38 480) | (77 560) |
| ACTIF NET | (33 418) | (72 523) |
* Le Parlement européen a adopté, le 18 décembre 2020, un budget prévoyant que le paiement des dettes à court terme de l’Union doit être assuré sur des ressources propres à percevoir par les États membres ou à appeler auprès de ceux-ci en 2021. En vertu de l’article 83 du statut [règlement (CEE, Euratom, CECA) nº 259/68 du Conseil du 29 février 1968 tel que modifié], les États membres garantissent collectivement le paiement des prestations de pension.
COMPTE DE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE
| en Mio EUR | |||
| Note | 2020 | 2019 | |
| RECETTES | |||
| Produits des opérations sans contrepartie directe | |||
| Ressources RNB | 3.1 | 125 393 | 108 820 |
| Ressources propres traditionnelles | 3.2 | 19 559 | 21 235 |
| Ressources TVA | 3.3 | 17 858 | 18 128 |
| Amendes | 3.4 | 452 | 4 291 |
| Récupération de dépenses | 3.5 | 1 355 | 2 627 |
| Accord de retrait du Royaume-Uni | 3.6 | 47 456 | – |
| Autres | 3.7 | 7 116 | 2 072 |
| 219 190 | 157 174 | ||
| Produits des opérations avec contrepartie directe | |||
| Produit financier | 3.8 | 3 434 | 1 817 |
| Autres | 3.9 | 1 404 | 1 298 |
| 4 838 | 3 116 | ||
| Recettes totales | 224 028 | 160 289 | |
| DÉPENSES | |||
| Exécution par les États membres | 3.10 | ||
| Fonds européen agricole de garantie | (40 461) | (43 951) | |
| Fonds européen agricole pour le développement rural et autres instruments de développement rural | (14 467) | (13 541) | |
| Fonds européen de développement régional et Fonds de cohésion | (41 118) | (35 178) | |
| Fonds social européen | (13 677) | (11 218) | |
| Autres | (2 701) | (2 608) | |
| Exécution par la Commission, des agences exécutives et des fonds fiduciaires | 3.11 | (22 094) | (18 942) |
| Exécution par d’autres agences et organes de l’UE | 3.12 | (3 530) | (3 131) |
| Exécution par des pays tiers et des organisations internationales | 3.12 | (4 178) | (4 085) |
| Exécution par d’autres entités | 3.12 | (3 257) | (2 875) |
| Coûts du personnel et des pensions | 3.13 | (11 995) | (11 613) |
| Charges financières | 3.14 | (2 188) | (1 491) |
| Autres dépenses | 3.15 | (6 946) | (6 862) |
| Dépenses totales | (166 612) | (155 493) | |
| RÉSULTAT ÉCONOMIQUE DE L’EXERCICE | 57 416 | 4 796 |
TABLEAU DES FLUX DE TRÉSORERIE
| en Mio EUR | ||
| 2020 | 2019 | |
| Résultat économique de l’exercice | 57 416 | 4 796 |
| Activités d’exploitation | ||
| Amortissements | 113 | 107 |
| Dépréciations | 1 047 | 1 022 |
| (Augmentation)/diminution des prêts | (40 624) | 1 255 |
| (Augmentation)/diminution des préfinancements | (11 301) | (1 472) |
| (Augmentation)/diminution des créances à recevoir avec contrepartie directe et des créances à recouvrer sans contrepartie directe | (50 519) | 691 |
| (Augmentation)/diminution des stocks | (12) | 5 |
| Augmentation/(diminution) dans les retraites et autres avantages du personnel | 18 360 | 17 203 |
| Augmentation/(diminution) des provisions | 581 | 693 |
| Augmentation/(diminution) des passifs financiers | 40 531 | (1 389) |
| Augmentation/(diminution) des sommes à payer | 5 166 | (4 985) |
| Augmentation/(diminution) des charges à payer et produits à reporter | (2 645) | 4 041 |
| Excédent budgétaire de l’exercice précédent comptabilisé comme produit hors trésorerie | (3 218) | (1 803) |
| Réévaluation du passif lié aux avantages du personnel (mouvement hors trésorerie ne figurant pas dans le compte de résultat économique) | (15 155) | (14 164) |
| Autres mouvements hors trésorerie | 63 | 111 |
| Activités d’investissement | ||
| (Augmentation)/diminution des immobilisations incorporelles et corporelles | (1 566) | (1 392) |
| (Augmentation)/diminution des investissements comptabilisés selon la méthode de la mise en équivalence | 3 | (1) |
| (Augmentation)/diminution des actifs financiers disponibles à la vente | (1 180) | (2 964) |
| (Augmentation)/diminution des actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat | (62) | (121) |
| FLUX DE TRÉSORERIE NETS | (3 004) | 1 633 |
| Augmentation/(diminution) nette de la trésorerie et des équivalents de trésorerie | (3 004) | 1 633 |
| Trésorerie et équivalents de trésorerie en début d’exercice | 19 745 | 18 113 |
| Trésorerie et équivalents de trésorerie en fin d’exercice | 16 742 | 19 745 |
ÉTAT DES VARIATIONS DE L’ACTIF NET
| en Mio EUR | ||||
| Montants à appeler auprès des États membres Excédent/(déficit) cumulé | Autres réserves | Réserve de juste valeur | Actif net | |
| SOLDE AU 31.12.2018 | (66 424) | 4 730 | 231 | (61 464) |
| Variations de la réserve du Fonds de garantie | (21) | 21 | – | – |
| Variations de la juste valeur | – | – | 160 | 160 |
| Réévaluations des passifs liés aux avantages du personnel | (14 164) | – | – | (14 164) |
| Autres | 56 | (105) | – | (49) |
| Résultat de l’exécution budgétaire 2018 crédité aux États membres | (1 803) | – | – | (1 803) |
| Résultat économique de l’exercice | 4 796 | – | – | 4 796 |
| SOLDE AU 31.12.2019 | (77 560) | 4 646 | 391 | (72 523) |
| Variations de la réserve du Fonds de garantie | (173) | 173 | – | – |
| Variations de la juste valeur | – | – | 105 | 105 |
| Réévaluations des passifs liés aux avantages du personnel | (15 155) | – | – | (15 155) |
| Autres | 210 | (252) | – | (42) |
| Résultat de l’exécution budgétaire 2019 crédité aux États membres | (3 218) | – | – | (3 218) |
| Résultat économique de l’exercice | 57 416 | – | – | 57 416 |
| SOLDE AU 31.12.2020 | (38 480) | 4 566 | 496 | (33 418) |
ANNEXES AUX ÉTATS FINANCIERS
Il convient de noter que, dans les tableaux suivants, les montants qui concernent le Royaume-Uni figurent toujours sous la rubrique «États membres» car, bien que le Royaume-Uni ait quitté l’Union le 1er février 2020, il a continué, pendant la période de transition allant jusqu’au 31 décembre 2020, à entretenir avec l’Union une relation financière équivalente à celle d’un État membre.
1.PRINCIPES COMPTABLES ESSENTIELS
2.BASE LÉGALE ET RÈGLES COMPTABLES
La comptabilité de l’Union européenne est tenue conformément aux dispositions du règlement (UE, Euratom) 2018/1046 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2018 relatif aux règles financières applicables au budget général de l’Union, modifiant les règlements (UE) nº 1296/2013, (UE) nº 1301/2013, (UE) nº 1303/2013, (UE) nº 1304/2013, (UE) nº 1309/2013, (UE) nº 1316/2013, (UE) nº 223/2014, (UE) nº 283/2014 et la décision nº 541/2014/UE, et abrogeant le règlement (UE, Euratom) nº 966/2012 (JO L 193 du 30.7.2018, p. 1), ci-après le «règlement financier» (RF).
En vertu de l’article 80 du règlement financier, l’Union européenne prépare ses états financiers selon les règles de comptabilité d’exercice inspirées des normes comptables admises au niveau international pour le secteur public (IPSAS). Ces règles comptables, arrêtées par le comptable de la Commission, doivent être appliquées par l’ensemble des institutions et organes de l’UE relevant du périmètre de consolidation afin d’assurer la cohérence interne des comptes consolidés de l’UE.
Application des règles comptables nouvelles et modifiées de l’Union européenne
Nouvelles règles comptables de l’UE qui sont en vigueur pour les périodes annuelles ouvertes à partir du 1er janvier 2020
Aucune nouvelle règle comptable de l’UE n’est entrée en vigueur pour les périodes annuelles ouvertes à partir du 1er janvier 2020.
Nouvelles règles comptables de l’UE adoptées, mais qui n'étaient pas encore en vigueur au 31 décembre 2020
Le 17 décembre 2020, le comptable de la Commission européenne a adopté la version révisée de la règle comptable nº 11 de l’UE «Financial Instruments» (Instruments financiers), qui est en vigueur pour les périodes comptables ouvertes à partir du 1er janvier 2021. La version révisée de la règle comptable nº 11, qui a été mise à jour conformément à la nouvelle norme IPSAS 41 «Instruments financiers», définit les principes de l’information financière relative aux actifs et passifs financiers détenus par les entités de l’UE.
Les principaux changements et leurs effets attendus sur les comptes de l’UE de 2021 sont les suivants:
Nouveaux principes de classement et d’évaluation des actifs financiers
La version révisée de la règle comptable nº 11 introduit une approche fondée sur des principes pour le classement des actifs financiers, qui repose sur deux critères: le modèle de gestion qu’une entité applique pour gérer ses actifs financiers et les caractéristiques des flux de trésorerie contractuels de ces actifs. En fonction de ces critères, les actifs financiers sont classés dans les catégories suivantes: actifs financiers au coût amorti (amortised cost – AC), actifs financiers à la juste valeur par le biais de l’actif net/de la situation nette (financial assets at fair value through net assets/equity – FVNA), ou actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat (financial assets at fair value through surplus and deficit – FVSD).
Les actifs financiers dont les conditions contractuelles représentent uniquement le principal et les intérêts sont classés soit comme AC (si la détention de l’actif financier s'inscrit dans un modèle de gestion ayant pour objectif est de détenir des actifs financiers afin d'en percevoir les flux de trésorerie contractuels), soit comme FVNA (si la détention de l’actif financier s'inscrit dans un modèle de gestion dont l’objectif est atteint à la fois par la perception de flux de trésorerie contractuels et par la vente d'actifs financiers). Les actifs financiers qui ne satisfont pas aux critères pour être classés soit comme AC soit comme FVNA, en particulier les actifs financiers pour lesquels les flux de trésorerie contractuels ne représentent pas uniquement le principal et les intérêts ou qui sont détenus dans le cadre d’autres modèles de gestion, sont classés comme FVSD.
Conformément à ces principes, dans les comptes annuels de l’UE pour 2021, tous les investissements en fonds propres qui sont actuellement classés comme «disponibles à la vente» seront reclassés en tant que FVSD. Les titres de créance devraient également être reclassés comme FVSD, étant donné que l’UE gère ces portefeuilles d’actifs et évalue leur performance sur la base de la juste valeur. La réserve de juste valeur correspondante sera libérée dans les actifs nets.
Nouveau modèle de dépréciation
Tandis que le modèle de dépréciation actuel repose sur les pertes subies, la version révisée de la règle comptable nº 11 introduit un modèle de dépréciation prospectif fondé sur les pertes de crédit attendues, en tenant compte de tous les cas de défaillance possibles et de tous les rehaussements de crédit qui font partie intégrante des conditions contractuelles. En ce qui concerne l’horizon temporel applicable, une approche par stade est appliquée: aussi longtemps que le risque de crédit n’augmente pas de façon significative, la provision pour dépréciation est évaluée au montant de la perte de crédit attendue pour les 12 mois à venir (stade 1). En cas de forte augmentation du risque de crédit (stade 2) et pour les actifs financiers dépréciés, la provision pour dépréciation correspond à la perte de crédit attendue pour la durée de vie. Le nouveau modèle de dépréciation s’applique à tous les actifs financiers évalués à l’AC ou à la FVNA, aux engagements de prêt et aux contrats de garantie financière.
Il est à prévoir que le nouveau modèle de dépréciation prospectif donne lieu à la comptabilisation d’une provision pour dépréciation supplémentaire dans les comptes annuels de l’UE pour 2021, notamment en ce qui concerne les prêts d’assistance financière accordés aux pays partenaires dans le cadre des programmes AMF et Euratom.
Comptabilisation des garanties financières
En vertu de l’actuelle règle comptable nº 11, la plupart des garanties financières – en particulier celles fournies sans contrepartie ou pour une contrepartie symbolique – sont comptabilisées conformément aux principes de la règle comptable nº 10 de l’UE «Provisions, contingent liabilities and contingent assets» (Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels), et sont donc soit comptabilisées comme des provisions, soit présentées comme des passifs éventuels en fonction de la probabilité de perte.
La version révisée de la règle comptable nº 11 de l’UE impose l’application des exigences de comptabilisation des garanties financières à tous les contrats de garantie financière, qui doivent être initialement comptabilisés soit à la juste valeur, soit à la perte de crédit attendue pour la durée de vie dans le cas où la juste valeur ne peut être déterminée de manière fiable. Lors de l’évaluation ultérieure, les contrats de garantie financière doivent être évalués soit i) au montant de la correction de valeur pour pertes soit ii) au montant initialement comptabilisé diminué, le cas échéant, du montant cumulé de l’amortissement comptabilisé conformément aux principes de la règle comptable nº 4 de l’UE «Revenue from exchange transactions» (Produits des opérations avec contrepartie directe), le montant le plus élevé étant retenu.
En conséquence, dans les comptes de l’UE pour 2021, les contrats de garantie financière existants devraient être reclassés de la catégorie des provisions financières à celle des passifs liés à une garantie financière, et réévalués à la valeur la plus élevée entre la perte de crédit attendue pour la durée de vie et, le cas échéant, le montant initialement comptabilisé en tant que provisions, diminué de l’amortissement cumulé. Ce changement devrait entraîner une augmentation des passifs financiers au bilan, notamment en ce qui concerne les garanties fournies au groupe BEI dans le cadre du mandat de prêt extérieur.
Les nouvelles exigences sont appliquées de manière rétrospective et sous réserve des dispositions transitoires spécifiques de la version révisée de la règle comptable nº 11 de l’UE. En particulier, aucun retraitement des données comparatives n’est requis. Par conséquent, les incidences de toute réévaluation seront comptabilisées dans les actifs nets à la date d’application initiale de la version révisée de la règle comptable nº 11.
3.PRINCIPES COMPTABLES
Les états financiers ont pour objectif de fournir des informations sur la situation financière, le résultat et les flux de trésorerie d’une entité utiles à tout un éventail d’utilisateurs. Pour l’UE en tant que secteur public, les objectifs sont plus spécifiquement de procurer des informations servant à la prise de décisions et de permettre à l’entité de rendre des comptes quant à l’utilisation des ressources placées sous sa responsabilité. C’est dans ce cadre qu’est établi le présent document.
Les considérations générales (principes comptables) à suivre lors de l’élaboration des états financiers sont exposées dans la règle comptable nº 1 de l’UE «Financial Statements» (États financiers) et sont identiques à celles décrites dans IPSAS 1: image fidèle, comptabilité d’exercice, continuité d'activité, cohérence de la présentation, importance relative, regroupement, compensation et comparabilité des informations.
Les caractéristiques qualitatives des rapports financiers sont les suivantes: pertinence, image fidèle (fiabilité), intelligibilité, diffusion en temps opportun, comparabilité et vérifiabilité.
4.CONSOLIDATION
Périmètre de consolidation
Les états financiers consolidés de l’UE englobent l’ensemble des entités contrôlées, partenariats et entités associées d’importance. La liste exhaustive des entités relevant du périmètre de consolidation, qui comprend désormais 52 entités contrôlées et une associée, se trouve à la note 9. Parmi les entités contrôlées figurent les institutions de l’UE (dont la Commission, mais pas la Banque centrale européenne) et les agences de l’UE (sauf celles relevant de la politique étrangère et de sécurité commune). La Communauté européenne du charbon et de l’acier en liquidation (CECA en liq.) est également considérée comme une entité contrôlée. La seule entité associée à l’UE est le Fonds européen d’investissement (FEI).
Les entités qui relèvent du périmètre de consolidation mais qui ne sont pas significatives pour les états financiers consolidés de l’UE dans leur ensemble ne doivent être ni consolidées ni comptabilisées au moyen de la méthode de la mise en équivalence lorsque cela entraînerait une perte excessive de temps ou d’argent pour l’UE. Ces entités sont désignées sous le nom d’«entités mineures» et sont répertoriées séparément à la note 9. En 2020, huit entités ont été classées comme entités mineures.
Entités contrôlées
Afin de déterminer le périmètre de consolidation, le concept du contrôle est appliqué. Les entités contrôlées sont des entités pour lesquelles l’Union européenne est confrontée ou peut prétendre à des avantages variables de son engagement et a la faculté de modifier la nature ou la quantité de ces avantages grâce au pouvoir dont elle dispose sur l’autre entité. Ce pouvoir doit être actuellement exerçable et porter sur les activités pertinentes de cette entité. Les entités contrôlées sont pleinement consolidées. La consolidation débute à la date du premier contrôle et s’achève au terme desdits contrôles.
Les indicateurs de contrôle les plus communs au sein de l’UE sont: la création de l’entité par des traités constitutifs ou actes de droit dérivé, le financement de l’entité par le budget de l’UE, l’existence de droits de vote au sein des organes directeurs, la vérification des comptes par la Cour des comptes européenne et la décharge par le Parlement européen. Une évaluation individuelle est effectuée au niveau de chaque entité afin de déterminer si un ou tous les critères susmentionnés suffisent à donner lieu au contrôle.
Tous les soldes et transactions réciproques significatifs entre entités contrôlées de l’UE sont éliminés, tandis que les gains et pertes non réalisés liés à de telles transactions, étant non significatifs, n’ont pas été éliminés.
Partenariats
Un partenariat est un accord par lequel l’UE et deux parties ou plus exercent un contrôle conjoint. Le contrôle conjoint est le partage convenu du contrôle exercé sur une opération au moyen d’un accord contraignant, qui n’existe que dans le cas où les décisions concernant les activités pertinentes requièrent le consentement unanime des parties partageant le contrôle. Un partenariat est soit une coentreprise, soit une activité conjointe. Une coentreprise est un partenariat qui est structuré sous forme de véhicule distinct et dans lequel les parties qui exercent un contrôle conjoint sur l’opération ont des droits sur l’actif net de celle-ci. Les participations dans les coentreprises sont comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence (voir la note 1.5.4). Une activité conjointe est un partenariat dans lequel les parties qui exercent un contrôle conjoint sur les opérations ont des droits sur les actifs, et des obligations au titre des passifs, relatifs à l’opération. Les participations aux activités conjointes sont comptabilisées par la prise en compte dans les états financiers de l’UE de ses actifs et passifs, recettes et dépenses, ainsi que sa part des actifs, passifs, recettes et dépenses détenus ou encourus conjointement.
Entités associées
Les entités associées sont des entités sur lesquelles l’UE détient directement ou indirectement une influence notable, mais pas un pouvoir de contrôle exclusif ou conjoint. On parle d’influence notable lorsque l’UE détient, directement ou indirectement, au moins 20 % des droits de vote. Les participations dans les entités associées sont comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence (voir la note 1.5.4).
Entités non consolidées dont les fonds sont gérés par la Commission
Le fonds du régime commun d’assurance maladie pour le personnel de l’UE, le Fonds européen de développement et le Fonds de garantie des participants sont gérés par la Commission au nom de ces entités. Cependant, puisque ces entités ne sont pas contrôlées par l’UE, elles ne sont pas consolidées dans ses états financiers.
5.BASE DE PRÉPARATION
Les états financiers sont présentés chaque année. L’exercice financier débute le 1er janvier et se termine le 31 décembre.
6.Monnaies et base de conversion
Monnaie fonctionnelle et de présentation
Sauf indication contraire, les états financiers sont présentés en millions d’euros, l’euro étant la monnaie fonctionnelle de l’UE.
Transactions et soldes
Les transactions en devises sont converties en euros sur la base des taux de change applicables à la date à laquelle elles sont réalisées. Les gains et pertes de change liés au règlement de transactions en devises et à la reconversion, aux taux de change de fin d’exercice, des actifs et passifs monétaires libellés en devises sont portés au compte de résultat économique. Les écarts de conversion relatifs à des instruments financiers non monétaires classés comme actifs financiers disponibles à la vente sont comptabilisés dans la réserve de juste valeur.
Des méthodes de conversion différentes s’appliquent aux immobilisations corporelles et incorporelles, qui conservent leur valeur en euros au cours en vigueur à la date de leur acquisition.
Les soldes de fin d’exercice des actifs et passifs monétaires libellés en devises étrangères sont convertis en euros sur la base des taux de change de la Banque centrale européenne (BCE) en vigueur au 31 décembre:
Taux de change de l’euro
| Monnaie | 31.12.2020 | 31.12.2019 | Monnaie | 31.12.2020 | 31.12.2019 |
| BGN | 1,9558 | 1,9558 | PLN | 4,5597 | 4,2568 |
| CZK | 26,2420 | 25,4080 | RON | 4,8683 | 4,783 |
| DKK | 7,4409 | 7,4715 | SEK | 10,0343 | 10,4468 |
| GBP | 0,8990 | 0,8508 | CHF | 1,0802 | 1,0854 |
| HRK | 7,5519 | 7,4395 | JPY | 126,4900 | 121,9400 |
| HUF | 363,8900 | 330,5300 | USD | 1,2271 | 1,1234 |
7.Utilisation d’estimations
Conformément aux IPSAS et aux principes comptables généralement admis, les états financiers incluent nécessairement des montants basés sur des estimations et des hypothèses formulées par la direction sur la base des informations les plus fiables dont elle dispose. Les principales estimations portent notamment sur le passif au titre des avantages du personnel, le risque financier sur les créances et les montants indiqués dans les annexes relatives aux instruments financiers, les charges à payer et produits à recevoir, les provisions, le degré de dépréciation des immobilisations corporelles et incorporelles, la valeur nette de réalisation des stocks et les actifs et passifs éventuels. Les résultats réels peuvent s’écarter de ces estimations. Les changements d’estimations sont pris en compte sur l’exercice au cours duquel ils sont connus, si le changement n’affecte que la période, ou ladite période et des périodes à venir, si le changement affecte les deux.
8.BILAN
9.Immobilisations incorporelles
Une immobilisation incorporelle est un actif non monétaire identifiable sans substance physique. Un actif est identifiable s’il est séparable (c’est-à-dire susceptible d’être séparé ou dissocié de l’entité, par exemple en étant vendu, cédé, concédé par licence, loué ou échangé, soit individuellement, soit en même temps qu’un contrat, un actif ou un passif identifiable, peu importe si l’entité entend ou non en arriver là), ou s’il résulte d’accords contraignants (y compris de droits contractuels ou d’autres droits légaux, que ces droits soient ou non cessibles ou séparables de l’entité ou d’autres droits et obligations).
Les immobilisations incorporelles acquises sont comptabilisées au coût historique, diminué des amortissements et pertes de valeurs cumulés. Les immobilisations incorporelles développées au niveau interne sont capitalisées lorsque les critères pertinents des règles comptables de l’UE sont remplis et que les dépenses ne concernent que la phase de développement de l’actif. Les coûts capitalisables comprennent tous les coûts directement attribuables nécessaires pour créer, produire et préparer l’immobilisation afin qu’elle puisse être exploitée de la manière prévue par la direction. Les coûts associés aux activités de recherche, les coûts de développement non capitalisables et les coûts d’entretien sont passés en charges à mesure qu’ils sont encourus.
Les immobilisations incorporelles sont amorties linéairement sur leur durée de vie utile estimée (3 à 11 ans). Celle-ci dépend de leur durée de vie économique spécifique ou de leur durée de vie légale déterminée par un accord.
10.Immobilisations corporelles
Toutes les immobilisations corporelles sont comptabilisées au coût historique diminué des amortissements et des pertes de valeur. Le coût comprend toute dépense directement imputable à l’acquisition, la construction ou la cession d’une immobilisation.
Les coûts ultérieurs sont inclus dans la valeur comptable de l’actif ou comptabilisés comme un actif distinct le cas échéant, uniquement s’il est probable que les avantages économiques ou le potentiel de service futur(s) associé(s) à cet actif iront à l’UE et si le coût de cet actif peut être évalué de façon fiable. Les coûts de réparation et d’entretien sont portés au compte de résultat économique de l’exercice au cours duquel ils sont encourus.
Les terrains ne sont pas amortis, leur durée de vie utile étant considérée comme indéfinie. Les immobilisations en cours ne sont pas amorties, puisqu’elles ne sont pas encore disponibles pour utilisation. L’amortissement des autres actifs est calculé selon la méthode linéaire, de manière à imputer leur coût diminué de leur valeur résiduelle sur leur durée de vie utile estimée, comme suit:
| Catégorie d’actif | Taux d’amortissement linéaire |
| Bâtiments | 4 % à 10 % |
| Actifs spatiaux | 8 % à 25 % |
| Installations de production | 10 % à 25 % |
| Mobilier et véhicules | 10 % à 25 % |
| Matériel informatique | 25 % à 33 % |
| Autres | 10 % à 33 % |
Les plus-values et moins-values de cession sont déterminées en comparant le produit de la cession diminué des frais de cession à la valeur comptable du bien et sont portées au compte de résultat économique.
Contrats de location
Un contrat de location est un accord par lequel le bailleur cède au preneur, pour une période déterminée, le droit d’utilisation d’un actif en échange d’un paiement ou d’une série de paiements. Les contrats de location sont classés soit comme contrats de location-financement, soit comme contrats de location simple.
Les contrats de location-financement sont des contrats de location pour lesquels la quasi-totalité des risques et des avantages inhérents à la propriété sont transférés au preneur. Lors de la conclusion d’un contrat de location-financement, le preneur porte à l’actif de son bilan les actifs acquis au titre du contrat et comptabilise au passif les obligations locatives y afférentes, à compter du début de la période de location. Les actifs et passifs sont comptabilisés à la juste valeur du bien loué ou, si elle est inférieure à cette dernière, à la valeur actualisée des paiements minimaux au titre de la location, déterminée chacune au commencement du contrat de location. Sur la durée du contrat de location, les actifs détenus dans le cadre de contrats de location-financement sont amortis sur la plus courte des deux durées suivantes: la durée du contrat de location ou la durée d’utilité. Les paiements minimaux au titre de la location sont répartis entre la charge financière (l’élément «intérêts») et l’amortissement du solde de la dette (l’élément «capital»). La charge financière est affectée à chaque période couverte par le contrat de location de manière à obtenir un taux d’intérêt périodique constant sur le solde restant dû au passif au titre de chaque période, qui est présenté comme courant ou non courant, selon le cas. Les loyers conditionnels sont comptabilisés comme une charge de la période au cours de laquelle ils sont encourus.
Un contrat de location simple désigne tout contrat de location autre qu’un contrat de location-financement, c’est-à-dire un contrat de location dans le cadre duquel le bailleur conserve la quasi-totalité des risques et des avantages inhérents à la propriété d’un actif. Lors de la conclusion d’un contrat de location simple, le preneur comptabilise en charges, dans le compte de résultat économique, les paiements au titre du contrat et les répartit linéairement sur toute la durée du contrat, sans présenter d’actif loué ni de passif lié au contrat de location dans l’état de la situation financière.
11.Dépréciation d’actifs non financiers
La dépréciation est une perte d’avantages économiques futurs ou de potentiel de service d’un actif, qui peut s’ajouter à la comptabilisation systématique de la perte des avantages économiques futurs de l’actif ou de son potentiel de service via l’amortissement ou la dépréciation (selon le cas). Les actifs qui ont une durée de vie utile indéfinie ne font pas l’objet d’un amortissement/une dépréciation et subissent chaque année un test de dépréciation. Les actifs faisant l’objet d’un amortissement/d’une dépréciation sont soumis à un test de dépréciation lorsqu’il existe un indice à la date de clôture qu’un actif peut avoir subi une perte de valeur. Une perte de valeur est comptabilisée à raison de l’excédent de la valeur comptable de l’actif sur sa valeur (de service) recouvrable. La valeur (de service) recouvrable d’un actif est la valeur la plus élevée entre sa juste valeur, diminuée des coûts de vente, et sa valeur d’utilité.
Les valeurs résiduelles des immobilisations incorporelles et des immobilisations corporelles et leur durée d’utilité sont réexaminées, et au besoin ajustées, au minimum une fois par an. Si les raisons justifiant la comptabilisation de pertes de valeur lors des précédents exercices ne s’appliquent plus, ces pertes de valeur sont alors reprises en conséquence.
12.Investissements comptabilisés selon la méthode de la mise en équivalence
Participations dans des entités associées et coentreprises
Les investissements comptabilisés selon la méthode de la mise en équivalence sont initialement comptabilisés à leur coût, constituant la valeur comptable initiale ensuite augmentée ou diminuée pour comptabiliser les contributions supplémentaires, la quote-part de l’UE dans l’excédent ou le déficit de l’entité détenue, les éventuelles dépréciations et les dividendes. Le coût initial ainsi que tous les mouvements donnent la valeur comptable de l’investissement dans les états financiers à la date du bilan. La quote-part de l’UE dans l’excédent ou le déficit de l’entité détenue est portée au compte de résultat économique, et sa quote-part dans les variations des capitaux propres de l’entité détenue est comptabilisée dans les réserves en actifs nets. Les distributions reçues de l’investissement réduisent la valeur comptable de l’actif.
Si la quote-part de l’UE dans les déficits d’un investissement comptabilisé à l’aide de la méthode de la mise en équivalence est égale ou supérieure à sa participation dans celui-ci, l’Union cesse de comptabiliser sa quote-part dans les pertes ultérieures («pertes non comptabilisées»). Lorsque la quote-part de l’UE est ramenée à zéro, les pertes supplémentaires font l’objet d’une provision, et un passif est comptabilisé, mais seulement dans la mesure où l’Union a contracté une obligation légale ou implicite ou effectué des paiements au nom de l’entité.
S’il y a des indices de dépréciation, les valeurs sont, le cas échéant, réduites à la valeur recouvrable inférieure. La valeur recouvrable est définie conformément à la description fournie dans la note 1.5.3. Si la raison expliquant les pertes de valeur cesse de s’appliquer à une date ultérieure, la perte de valeur est reprise sur la valeur comptable qui aurait été déterminée si aucune perte de valeur n’avait été comptabilisée.
Lorsque l’UE détient 20 % ou plus d’un fonds de capital-risque, elle ne cherche pas à exercer une influence notable. Ces fonds sont donc considérés comme des instruments financiers et classés comme étant disponibles à la vente.
Les entités associées et coentreprises classées comme entités mineures (voir la note 1.3) ne sont pas comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence. Les contributions de l’UE à ces entités sont comptabilisées en charges de l’exercice.
13.Actifs financiers
Classement
L’UE classe ses actifs financiers dans les catégories suivantes: «actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat», «prêts et créances», «placements détenus jusqu’à leur échéance» et «actifs financiers disponibles à la vente». Ce classement est déterminé lors de la comptabilisation initiale et réexaminé à chaque clôture du bilan.
I)Actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat
Un actif financier est classé dans la catégorie «juste valeur par le biais du compte de résultat» s’il a été acquis principalement en vue d’être revendu à court terme ou s’il a été désigné par l’entité comme devant appartenir à cette catégorie. Les dérivés sont également repris dans cette catégorie. Ces actifs sont inscrits au bilan sous la rubrique «actifs courants» s’ils sont destinés à être cédés dans les douze mois qui suivent la date de clôture.
II)Prêts et créances
Les prêts et créances sont des actifs financiers non dérivés assortis de paiements fixes ou déterminables qui ne sont pas cotés sur un marché actif. Ils sont générés lorsque l’UE fournit directement des biens et des services ou accorde directement un prêt à un débiteur sans intention d’utiliser la créance à des fins de transactions, ou dans le cas où l’UE est subrogée dans les droits du prêteur initial à la suite d’un paiement effectué par elle au titre d’un contrat de garantie. Les paiements arrivant à échéance dans les 12 mois suivant la date de clôture sont inscrits au bilan sous «actifs courants». Les paiements dont l’échéance est supérieure à 12 mois suivant la date de clôture sont inscrits au bilan sous «actifs non courants». Les prêts et créances comprennent les dépôts à terme dont l’échéance initiale est supérieure à trois mois.
III)Placements détenus jusqu’à leur échéance
Les placements détenus jusqu’à leur échéance sont des actifs financiers non dérivés, assortis de paiements fixes ou déterminables et d’échéances fixes, que l’UE a l’intention manifeste et la capacité de conserver jusqu’à l’échéance. Au cours de l’exercice considéré, l’UE n’a détenu aucun placement relevant de cette catégorie.
IV)Actifs financiers disponibles à la vente
Les actifs financiers disponibles à la vente sont des instruments non dérivés qui sont désignés comme devant appartenir à cette catégorie ou ne sont classés dans aucune autre catégorie. Ils sont classés comme actifs courants ou non courants selon la durée pendant laquelle l’UE s’attend à les détenir. Les investissements dans des entités qui ne sont ni consolidées ni comptabilisées au moyen de la méthode de la mise en équivalence et les autres participations (opérations de capital-risque, par exemple) sont également classés comme actifs financiers disponibles à la vente.
Comptabilisation et évaluation initiales
Les achats et ventes d’actifs financiers classés comme «à la juste valeur par le biais du compte de résultat», «détenus jusqu’à leur échéance» ou «disponibles à la vente» sont comptabilisés à la date de transaction — la date à laquelle l’UE s’engage à acheter ou vendre l’actif. Les équivalents de trésorerie et les prêts sont comptabilisés lorsque l’argent est déposé dans un établissement financier ou avancé aux emprunteurs. Les instruments financiers sont initialement comptabilisés à la juste valeur. Pour tous les actifs financiers non comptabilisés à la juste valeur par le biais du compte de résultat, des coûts de transaction sont ajoutés à la juste valeur à la date de leur comptabilisation initiale. Les actifs financiers comptabilisés à la juste valeur par le biais du compte de résultat sont initialement comptabilisés à la juste valeur et les coûts de transaction sont passés en charges au compte de résultat économique.
La juste valeur d’un actif financier lors de sa comptabilisation initiale correspond normalement au prix de la transaction (autrement dit, la juste valeur de la contrepartie reçue), à moins que la juste valeur de cet instrument ne soit attestée par comparaison avec d’autres transactions courantes sur le marché pouvant être observées pour le même instrument ou sur la base d’une technique d’évaluation utilisant des variables n'incluant que des données de marché observables (par exemple dans le cas de certains contrats dérivés). Cependant, en cas d’octroi d’un prêt à long terme à taux zéro ou à un taux inférieur aux conditions du marché, sa juste valeur peut être estimée comme la valeur actuelle de l’ensemble des entrées de trésorerie futures, actualisées au taux d’intérêt prévalant sur le marché pour un instrument similaire ayant une notation similaire.
Les prêts sont évalués à leur valeur nominale, considérée comme étant la juste valeur du prêt. Le raisonnement qui sous-tend cette approche est le suivant:
·l’environnement dit «de marché» des activités de prêt de l’UE est très spécifique et différent du marché de capitaux utilisé pour émettre des obligations d’entreprises ou d’État. Comme les prêteurs opérant sur ces marchés ont la possibilité de recourir à des investissements autres, cette possibilité est prise en compte dans les prix de marché. Cependant, cette possibilité de recourir à d’autres investissements n’est pas prévue pour l’UE, qui n’est pas autorisée à placer de l’argent sur les marchés de capitaux; elle peut uniquement emprunter des fonds à des fins de prêts au même taux. Cela signifie que l’UE ne dispose d’aucune autre option de prêt ou d’investissement pour les sommes empruntées. Il n’y a donc pas de coût d’opportunité et, de ce fait, aucune base de comparaison avec les taux du marché. En fait, l’opération de prêt de l’UE représente elle-même le marché. Foncièrement, comme l’«option» du coût d’opportunité n’entre pas en ligne de compte, le prix du marché ne reflète pas fidèlement la substance des opérations de prêt de l’UE. Par conséquent, il n’est pas approprié de déterminer la juste valeur des activités de prêt de l’UE au regard des obligations d’entreprises ou d’État;
·du reste, en l’absence de comparaison possible avec un marché actif ou des opérations similaires, le taux d’intérêt devant être utilisé par l’UE aux fins d’une évaluation équitable de ses opérations de prêt au titre du MESF, de la balance des paiements et d’autres prêts de ce type devrait être le taux d’intérêt facturé;
·à cela s’ajoute que, pour ces prêts, on observe des effets compensatoires entre les prêts et les emprunts en raison de leur caractère réciproque. Ainsi, le taux d’intérêt effectif d’un prêt équivaut au taux d’intérêt effectif des emprunts correspondants. Les coûts de transaction supportés par l’UE et refacturés au bénéficiaire du prêt sont directement portés au compte de résultat économique.
Les instruments financiers sont décomptabilisés lorsque les droits sur les flux de trésorerie qui découlent des investissements ont expiré ou lorsque l’UE a transféré en substance tous les risques et avantages inhérents à la propriété à une autre partie.
Évaluation ultérieure
a)Les actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat sont, par la suite, comptabilisés à leur juste valeur. Les gains et pertes résultant de variations de la juste valeur de la catégorie «instruments financiers à la juste valeur par le biais du résultat» sont portés au compte de résultat économique de l’exercice au cours duquel ils se produisent.
b)Les prêts et créances sont comptabilisés au coût amorti selon la méthode du taux d’intérêt effectif. Dans le cas des prêts octroyés sur des fonds empruntés, le même taux d’intérêt effectif s’applique aux prêts et aux emprunts compte tenu du fait que ces prêts disposent de caractéristiques propres aux «opérations face à face» et que les différences entre le prêt et les conditions et montants de l’emprunt ne sont pas significatives. Les coûts de transaction supportés par l’UE et refacturés au bénéficiaire du prêt sont directement portés au compte de résultat économique.
c)Les placements détenus jusqu’à leur échéance sont comptabilisés au coût amorti selon la méthode du taux d’intérêt effectif. L’UE n’a pas actuellement de placements détenus jusqu’à leur échéance.
d)Les actifs financiers disponibles à la vente sont, par la suite, comptabilisés à leur juste valeur. Les gains et pertes découlant des variations de la juste valeur des actifs financiers disponibles à la vente sont comptabilisés dans la réserve de juste valeur, à l’exception des écarts de conversion sur les actifs monétaires qui sont portés au compte de résultat économique. Lorsque des actifs classés comme actifs financiers disponibles à la vente sont décomptabilisés ou dépréciés, les ajustements cumulés de la juste valeur précédemment comptabilisés dans la réserve de juste valeur sont portés au compte de résultat économique. Les intérêts sur les actifs financiers disponibles à la vente calculés selon la méthode du taux d’intérêt effectif sont portés au compte de résultat économique. Les dividendes sur les instruments de capitaux propres disponibles à la vente sont comptabilisés lorsque le droit de l’Union européenne de recevoir le paiement est établi.
La juste valeur des investissements cotés sur des marchés actifs est basée sur les cours acheteurs actuels. Lorsque le marché d’un actif financier n’est pas actif (ou lorsqu’une valeur mobilière n’est pas cotée ou en cas d’instrument dérivé de gré à gré), l’UE détermine une juste valeur au moyen de techniques d’évaluation. Ces techniques incluent l’utilisation de transactions récentes réalisées dans des conditions de concurrence normale, la référence à d’autres instruments identiques en substance, une analyse des flux de trésorerie actualisés, des modèles de valorisation des options et d’autres techniques d’évaluation communément appliquées par les acteurs du marché.
Les investissements dans des fonds de capital-risque, classés comme actifs financiers disponibles à la vente, qui n’ont pas de cours coté sur un marché actif, sont évalués à la valeur d’inventaire nette imputable, qui est considérée comme équivalente à la juste valeur.
Lorsque la juste valeur d’investissements en instruments de capitaux propres n’ayant pas de cours sur un marché actif ne peut être évaluée de façon fiable, ces investissements sont évalués au coût diminué des pertes de valeur.
Dépréciation d’actifs financiers
Un actif financier est déprécié et une perte est comptabilisée si, et seulement si, il existe un indice objectif de dépréciation résultant d’un ou plusieurs événements qui se sont produits après la comptabilisation initiale de l’actif et cet (ces) événement(s) de perte a (ont) une incidence sur les flux de trésorerie futurs estimés de l’actif financier pouvant être estimé de façon fiable. L’UE détermine à chaque date de clôture s’il existe un indice objectif montrant qu’un actif financier a perdu de la valeur.
a)Actifs comptabilisés au coût amorti
S’il existe des indications objectives d’une perte de valeur sur prêts et créances ou sur des placements détenus jusqu’à l’échéance comptabilisés au coût amorti, le montant de la perte est égal à la différence entre la valeur comptable de l’actif et la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs estimés (hors pertes de crédit futures qui n’ont pas été encourues), actualisée au taux d'intérêt effectif d'origine de l'actif financier. La valeur comptable de cet actif est diminuée et le montant de la perte est comptabilisé dans le compte de résultat économique. Si un prêt ou un placement détenu jusqu’à son échéance est assorti d’un taux d’intérêt variable, le taux d’actualisation à utiliser pour évaluer une éventuelle perte de valeur est le taux d’intérêt effectif actuel déterminé selon le contrat. Le calcul de la valeur actuelle des flux de trésorerie estimés futurs d’un actif financier garanti reflète les flux de trésorerie qui pourraient résulter d’une saisie après déduction des coûts d’obtention et de vente des instruments de garantie, que la saisie soit probable ou non. Si le montant de la perte de valeur diminue au cours d’une période ultérieure, et si cette diminution peut être objectivement liée à un événement survenant après la comptabilisation de la dépréciation, la perte de valeur comptabilisée précédemment est reprise via le compte de résultat économique.
b)Actifs comptabilisés à la juste valeur
Dans le cas des apports en fonds propres classés comme des actifs financiers disponibles à la vente, une baisse importante ou permanente (prolongée) de la juste valeur d’un placement dans un tel instrument en deçà de son coût constitue également une indication objective de dépréciation. Si une telle indication existe pour un actif financier disponible à la vente, la perte cumulée — évaluée comme étant la différence entre le coût d’acquisition et la juste valeur actuelle, déduction faite de toute perte de valeur précédemment portée au compte de résultat économique pour l’actif considéré — est soustraite des réserves et comptabilisée dans le compte de résultat économique. Les pertes de valeur sur instruments de capitaux propres portées au compte de résultat économique ne sont pas reprises via le compte de résultat économique. Si, au cours d’une période ultérieure, la juste valeur d’un instrument d’emprunt considéré comme un actif financier disponible à la vente augmente et si cette augmentation peut objectivement être reliée à un événement survenant après la constatation de la perte de valeur, cette perte de valeur est reprise via le compte de résultat économique.
14.Stocks
Les stocks sont évalués au plus faible du coût et de la valeur nette de réalisation. Le coût est déterminé selon la méthode PEPS (premier entré, premier sorti). Le coût des produits finis et des travaux en cours couvre les matières premières, la main-d’œuvre directe, les autres coûts directement imputables ainsi que les frais généraux de production connexes (sur la base d’une capacité d’exploitation normale). La valeur nette de réalisation est le prix de vente estimé dans le cours normal de l’activité, diminué des coûts pour l’achèvement et la réalisation de la vente. Lorsque les stocks sont détenus en vue d’une distribution gratuite ou quasi gratuite, ils sont évalués au plus faible du coût et du coût de remplacement actuel. Le coût de remplacement actuel correspond au coût que l’UE devrait assumer pour acquérir l’actif à la date de publication des comptes.
15.Préfinancements
Un préfinancement est un paiement destiné à fournir une avance au bénéficiaire, par exemple un fonds de trésorerie. Il peut être fractionné en plusieurs versements sur une période définie dans le contrat, la décision, la convention ou l’acte de base spécifique. Le fonds de trésorerie (ou l’avance) est soit utilisé aux fins pour lesquelles il a été fourni pendant la période définie dans la convention, soit remboursé. Si le bénéficiaire n’engage pas de dépenses éligibles, il est dans l’obligation de restituer le préfinancement à l’UE. Comme l’UE conserve le contrôle du préfinancement et a droit à un remboursement pour la partie non éligible, le montant est présenté comme un actif.
Les préfinancements sont initialement comptabilisés au bilan lorsque les liquidités sont transférées au bénéficiaire. Ils sont évalués au montant de la contrepartie donnée. Au cours des périodes suivantes, les préfinancements sont évalués au montant initialement comptabilisé au bilan, diminué des dépenses éligibles (comprenant si nécessaire des montants estimés) exposées au cours de la période.
Les intérêts sur les préfinancements sont comptabilisés à la date à laquelle ils sont acquis conformément aux dispositions de la convention en question. En fin d’exercice, il est procédé à une estimation des intérêts à recevoir sur la base des informations les plus fiables, laquelle est portée au bilan.
Les autres avances aux États membres qui proviennent du remboursement par l’Union européenne des sommes versées à titre d’avances par les États membres à leurs bénéficiaires (y compris les «instruments financiers en gestion partagée») sont comptabilisées comme actifs et présentées sous la rubrique «Préfinancements». Les autres avances aux États membres sont ensuite évaluées au montant comptabilisé initialement dans le bilan, diminué d’une meilleure estimation des dépenses éligibles encourues par les bénéficiaires finals, calculée sur la base d’hypothèses raisonnables et justifiables.
Les contributions aux fonds fiduciaires de l’UE qui ne sont pas consolidés auprès de la Commission européenne, ou à d’autres entités non consolidées, sont classées comme préfinancements puisqu'elles ont pour but d’octroyer un fonds de trésorerie au fonds fiduciaire pour lui permettre de financer des actions spécifiques définies dans les objectifs du fonds fiduciaire. Les contributions de l’UE aux fonds fiduciaires sont évaluées au montant initial de la contribution de l’UE, diminué des dépenses éligibles, y compris des montants estimés, le cas échéant, encourues par le fonds fiduciaire au cours de la période de référence et affectées à la contribution de l’UE conformément à l’accord sous-jacent.
16.Créances à recevoir avec contrepartie directe et créances à recouvrer sans contrepartie directe
Les règles comptables de l’UE exigent une présentation distincte des opérations avec et sans contrepartie directe. Pour faire la distinction entre les deux catégories, le terme «créances à recevoir» est réservé aux opérations avec contrepartie directe, tandis que le terme «créances à recouvrer» est utilisé pour les opérations sans contrepartie directe, c’est-à-dire lorsque l’Union reçoit une valeur d’une autre entité sans fournir directement en retour une contrepartie de valeur sensiblement équivalente (par exemple, les créances à recouvrer auprès des États membres se rapportant aux ressources propres).
Les créances à recevoir des opérations avec contrepartie directe répondent à la définition des instruments financiers et sont, à ce titre, classées comme prêts et créances et évaluées en conséquence (voir la note 1.5.5). Les informations données dans les annexes relatives aux instruments financiers concernant les créances à recevoir des opérations avec contrepartie directe comprennent les produits à recevoir et les charges à reporter des opérations avec contrepartie directe car ils ne sont pas significatifs. Une dépréciation générale, reposant sur l’expérience passée, est comptabilisée pour les ordres de recouvrement non exécutés qui ne font pas l’objet d’une dépréciation spécifique.
Les créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe sont comptabilisées à la juste valeur à la date d’acquisition (après ajustement pour les intérêts et pénalités) diminuée des dépréciations pour perte de valeur. Une dépréciation pour perte de valeur sur créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe est constatée en présence d’éléments objectifs indiquant que l’UE ne sera pas en mesure de recouvrer tous les montants dus aux échéances initialement prévues des créances en question. Le montant de la dépréciation correspond à la différence entre la valeur comptable de la créance et le montant recouvrable. Le montant de la dépréciation est constaté dans le compte de résultat économique. Une dépréciation générale, reposant sur l’expérience passée, est également comptabilisée pour les ordres de recouvrement non exécutés qui ne font pas l’objet d’une dépréciation spécifique. Voir la note 1.5.14 concernant le traitement des produits à recevoir en fin d’exercice. Les montants exposés et enregistrés comme créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe ne sont pas considérés comme des instruments financiers, car ils ne découlent pas d’un contrat qui donnerait lieu à un passif financier ou à un instrument de capitaux propres. Toutefois, dans les annexes aux états financiers, les créances à recouvrer des opérations sans contrepartie sont, s'il y a lieu, enregistrées avec les créances à recevoir des opérations avec contrepartie.
17.Trésorerie et équivalents de trésorerie
La trésorerie et les équivalents de trésorerie sont des instruments financiers et comprennent l’encaisse, les dépôts bancaires à vue ou à court terme, et d’autres placements à court terme très liquides assortis d’échéances initiales inférieures ou égales à trois mois.
18.Avantages du personnel
L’UE procure au personnel une série d’avantages (régime pécuniaire et sécurité sociale). Aux fins de la comptabilité, ceux-ci doivent être classés en avantages à court terme et en avantages postérieurs à l’emploi.
Avantages du personnel à court terme
Les avantages à court terme sont constitués par les prestations devant être réglées dans les douze mois qui suivent la fin de la période de référence au cours de laquelle les membres du personnel ont rendu le service, comme les salaires, congés annuels et congés maladie rémunérés, et les autres indemnités à court terme. Les avantages à court terme sont comptabilisés en charges lorsque le service correspondant est fourni. Un passif est comptabilisé à hauteur du montant qu’il est prévu de verser si l’UE a une obligation actuelle, légale ou implicite de payer à la suite de services passés fournis par le personnel et que cette obligation peut être estimée de façon fiable.
Avantages postérieurs à l’emploi
L’UE accorde au personnel une série d’avantages postérieurs à l’emploi, notamment des pensions de retraite, d’invalidité et de survie au titre du régime de pension des fonctionnaires européens (PSEO), ainsi qu’une couverture médicale au titre du régime commun d’assurance maladie (RCAM) (voir la note 2.9). Ces prestations sont accordées dans le cadre d’un régime unique, bien que scindé en deux parties, et il convient de traiter ces prestations de manière similaire afin de présenter la situation de manière fidèle et sincère et de rendre compte de la réalité économique:
I.le régime de pension des fonctionnaires européens (PSEO): les prestations octroyées au titre de ce régime reposant sur un financement théorique 13 concernent l’ancienneté, l’invalidité et la survie, ainsi que les allocations familiales, le décès avant le départ à la retraite du personnel travaillant ou ayant travaillé dans les institutions, agences et autres
organes de l’UE ou les survivants à la suite du décès d’un fonctionnaire ou d’un retraité. Les membres du personnel versent, sur leurs traitements, un tiers du coût attendu de ces prestations;
II.le régime commun d'assurance maladie (RCAM): dans le cadre de ce régime, l’UE procure une couverture maladie au personnel de la Commission européenne, des institutions, des agences et autres organes de l’UE par le biais du remboursement des frais médicaux. Les prestations accordées aux «inactifs» de ce régime (retraités, orphelins, etc.) sont considérées comme des avantages postérieurs à l’emploi.
L’UE accorde également des avantages postérieurs à l’emploi aux membres des institutions de l’UE par l’intermédiaire de régimes de retraite distincts. Ceux-ci figurent sous la rubrique «Autres régimes de prestations de retraite». Dans le cadre de ces régimes, l’UE accorde des prestations de retraite aux membres de la Commission, de la Cour de justice et du Tribunal, de la Cour des comptes, du Conseil, du Parlement européen, du Médiateur, du Contrôleur européen de la protection des données et du Tribunal de la fonction publique. L’UE procure aux membres des institutions de l’UE une couverture maladie par l’intermédiaire du RCAM.
Les avantages postérieurs à l’emploi susmentionnés, qui constituent des obligations de l’UE au titre des prestations définies, sont calculés à chaque date de clôture sur la base d’une estimation du montant des avantages accumulés par les membres du personnel pendant la période en cours et les périodes antérieures, moyennant actualisation dudit montant et déduction de la juste valeur des actifs du régime. Le calcul de l’obligation au titre des prestations définies est effectué chaque année selon la méthode des unités de crédit projetées. La valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations définies est déterminée en actualisant les sorties de trésorerie futures estimées sur la base des taux d’intérêt d’obligations d’État libellées dans la monnaie dans laquelle les prestations doivent être versées et dont les échéances avoisinent celles du passif correspondant au titre du régime de pension.
Les avantages postérieurs à l’emploi procurés au personnel de l’UE sont intégrés dans un régime unique comprenant à la fois un régime de pensions (PSEO) et un régime d’assurance maladie (RCAM), le bénéfice du RCAM étant subordonné à l’acquisition du droit à la couverture dans le cadre du PSEO. En vertu de ce régime unique, comme le prévoit le statut, certains droits, comme le droit à une pension différée et réduite au titre du PSEO, sont acquis après 10 années de service. Toutefois, les droits acquis dans le cadre du régime unique pour les années de service ultérieures effectuées par le personnel sont nettement supérieurs aux droits initiaux, tels qu’ils se reflètent dans les droits à pension supplémentaires accumulés chaque année.
Par conséquent, afin de rendre compte de la réalité économique de l’opération sous-jacente conformément à la caractéristique qualitative «image fidèle» de l’information financière, telle qu’elle est décrite à la fois dans la règle comptable nº 1 et dans le cadre conceptuel des IPSAS, le coût du service supporté est comptabilisé sur une base linéaire par rapport à la période de service actif estimée du membre du personnel, à savoir la période comprise entre la date à laquelle les services rendus par ledit membre ont commencé à générer des droits à prestations en vertu du régime (que ceux-ci soient ou non conditionnés par des services ultérieurs) et la date à laquelle les services supplémentaires rendus par le membre du personnel ne généreront pas un montant significatif de droits à prestations supplémentaires en vertu du régime, les futures augmentations de salaires n'étant toutefois pas comptabilisées. Cette approche est appliquée de manière cohérente aux avantages prévus dans le cadre du régime unique.
Les réévaluations du passif net au titre des prestations définies comprennent les écarts actuariels et le rendement des actifs du régime, et sont immédiatement comptabilisées dans les actifs nets.
L’UE comptabilise les charges (produits) d’intérêts net(te)s et les autres dépenses liées aux régimes à prestations définies dans le compte de résultat économique sous la rubrique «Coûts du personnel et des pensions».
Lorsque les prestations fournies sont modifiées ou réduites, la variation dans les prestations qui se rapporte aux services passés ou au profit ou à la perte lié à une réduction est immédiatement portée au compte de résultat économique. Les profits et pertes sur liquidation sont comptabilisés au moment de la liquidation. Le coût des services passés est immédiatement porté au compte de résultat économique, sauf si les changements sont subordonnés au fait que les membres du personnel restent en service pendant une durée déterminée.
19.Provisions
Des provisions sont comptabilisées lorsque l’UE supporte une obligation actuelle, juridique ou implicite, envers des tiers à la suite d’événements passés, qu’il est plus probable qu’improbable qu’une sortie de ressources sera nécessaire pour éteindre cette obligation et que le montant de celle-ci peut être estimé de façon fiable. Aucune provision n’est comptabilisée pour des pertes opérationnelles futures. Le montant de la provision correspond à la meilleure estimation des dépenses attendues que l'on pense nécessaires pour éteindre l’obligation actuelle à la date de clôture. Lorsque la provision comprend un grand nombre d’éléments, l’obligation est estimée en pondérant tous les résultats possibles en fonction de leur probabilité (méthode de la «valeur attendue»).
Les provisions pour les contrats déficitaires sont évaluées à la valeur actuelle la plus faible entre le coût escompté de la résiliation du contrat et le coût net attendu de la continuation du contrat.
20.Passifs financiers
Les passifs financiers sont classés comme passifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat, comme passifs financiers comptabilisés au coût amorti ou comme passifs liés à la garantie financière.
Les emprunts sont composés d’emprunts auprès d’institutions de crédit et de dettes représentées par des titres. Les emprunts sont initialement comptabilisés à leur juste valeur, soit le produit de leur émission (la juste valeur de la contrepartie reçue) déduction faite des coûts de transaction supportés. Ils sont ensuite comptabilisés au coût amorti selon la méthode du taux d’intérêt effectif; toute différence entre le produit des emprunts, déduction faite des coûts de transaction, et leur valeur de remboursement est portée au compte de résultat économique sur la durée de vie des emprunts selon la méthode du taux d’intérêt effectif. Dans le cas des prêts octroyés sur des fonds empruntés, la méthode du taux d’intérêt effectif ne peut être appliquée aux prêts et aux emprunts pour des raisons d’importance relative. Les coûts de transaction supportés par l’UE et refacturés au bénéficiaire du prêt sont directement portés au compte de résultat économique.
Les passifs financiers classés à la juste valeur par le biais du compte de résultat incluent les dérivés lorsque la juste valeur est négative. Leur traitement comptable est identique à celui des actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat (voir la note 1.5.5).
Les passifs liés à la garantie financière sont initialement comptabilisés à la juste valeur, c’est-à-dire à la valeur de la prime perçue. Par la suite, les passifs liés à la garantie financière sont évalués à la valeur la plus élevée des deux montants suivants: la meilleure estimation des dépenses attendues que l’on pense nécessaires pour apurer le passif lié à la garantie financière et le montant comptabilisé initialement, déduction faite, le cas échéant, de l’amortissement cumulé. L’UE comptabilise un passif lié à une garantie financière lorsqu’elle reçoit une contrepartie pour l’octroi de la garantie, c’est-à-dire aux conditions du marché, ou lorsque la juste valeur de la garantie peut être estimée de façon fiable. En l’absence de marché actif pour un contrat de garantie directement équivalent, l’UE inscrit la garantie donnée comme un passif éventuel (voir la note 1.7.2) ou, s’il est plus probable qu’improbable qu’une sortie de ressources sera nécessaire pour éteindre l’obligation, elle comptabilise une provision (voir la note 1.5.11).
Les passifs financiers figurent au bilan parmi les passifs non courants, sauf lorsque l’échéance se situe dans les douze mois qui suivent la date de clôture.
Les fonds fiduciaires de l’UE considérés comme faisant partie des activités opérationnelles de la Commission (par exemple, les fonds fiduciaires Madad et Colombie) sont comptabilisés dans les comptes de cette dernière puis consolidés dans les comptes annuels de l’UE. Par conséquent, les contributions d’autres donateurs aux fonds fiduciaires de l’UE répondent aux critères des recettes conditionnelles tirées d’opérations sans contrepartie directe et elles sont présentées au passif financier jusqu’à ce que les conditions liées aux contributions transférées soient satisfaites, c’est-à-dire jusqu’à ce que les coûts admissibles soient encourus par le fonds fiduciaire. Le fonds fiduciaire est nécessaire pour financer des projets spécifiques et restituer les fonds restants au moment de la liquidation. À la date de clôture, l’encours des charges de contributions est évalué au montant des contributions reçues, diminué des dépenses encourues par le fonds fiduciaire, y compris des montants estimés, le cas échéant. Aux fins de la déclaration, les dépenses nettes sont affectées aux contributions d’autres donateurs au prorata de leurs contributions nettes au 31 décembre. Cette affectation des contributions est purement indicative. Lors de la liquidation du fonds fiduciaire, le conseil d’administration du fonds décidera du partage effectif des ressources restantes.
21.Sommes à payer
Une part importante des sommes à payer par l’UE correspond à des déclarations de dépenses soumises par les bénéficiaires de subventions ou d’autres financements de l’Union européenne, dont le montant n’a pas été acquitté par celle-ci (opérations sans contrepartie directe). Elles sont comptabilisées comme sommes à payer pour les montants réclamés à la réception de la déclaration de dépenses. Après vérification et acceptation des frais éligibles, elles sont évaluées au montant éligible.
Les sommes à payer à la suite de l’achat de biens ou de services sont comptabilisées à la réception de la facture pour le montant initial de celle-ci, et les dépenses éligibles correspondantes sont saisies dans les comptes lorsque les biens ou services sont livrés ou fournis à l’UE et acceptés par celle-ci.
22.Charges à payer/produits à recevoir et charges et produits à reporter
Les transactions et événements sont constatés dans les états financiers de l’exercice auquel ils se rapportent. En fin d’exercice, lorsqu’une facture n’a pas été envoyée alors que le service a été fourni ou les biens livrés par l’UE ou qu’il existe un accord contractuel (par exemple par référence à un traité), le montant correspondant est comptabilisé dans les états financiers en tant que produit à recevoir. Par ailleurs, lorsque, en fin d’exercice, une facture a été envoyée alors que le service n’a pas encore été fourni ou que les biens n’ont pas encore été livrés, le produit correspondant est reporté et sera comptabilisé lors de l’exercice comptable suivant.
Les charges sont également comptabilisées au cours de l’exercice auquel elles se rapportent. À la fin de la période comptable, les charges à payer sont constatées sur la base du montant estimatif des transferts dus au titre de l’exercice. Le calcul des charges à payer est effectué conformément aux lignes directrices opérationnelles et pratiques publiées par la Commission, qui visent à faire en sorte que les états financiers fournissent une image fidèle des phénomènes économiques et autres qu’ils sont censés représenter. Par analogie, si un paiement d’avance a été effectué pour des biens ou services n’ayant pas encore été reçus, la charge correspondante sera reportée et comptabilisée lors de l’exercice comptable suivant.
23.COMPTE DE RÉSULTAT ÉCONOMIQUE
24.Recettes
PRODUITS DES OPÉRATIONS SANS CONTREPARTIE DIRECTE
La grande majorité des recettes de l’UE concerne des opérations sans contrepartie directe, comme indiqué ci-après.
Ressources RNB et ressources TVA
Les recettes sont comptabilisées au titre de la période pour laquelle la Commission lance un appel de fonds aux États membres, demandant leur contribution. Elles sont évaluées à leur «montant appelé». Les ressources TVA et RNB étant déterminées sur la base d’estimations des données relatives à l’exercice budgétaire concerné, elles peuvent être revues au fil des variations jusqu’à ce que les données définitives soient publiées par les États membres. L’effet d’un changement d’estimation doit être inclus dans la détermination de l’excédent ou du déficit net de la période pendant laquelle le changement s’est produit.
Ressources propres traditionnelles
Les créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe et produits correspondants sont comptabilisés lorsque sont reçus les relevés mensuels de la comptabilité «A» (comprenant les droits perçus et les montants dus qui sont garantis et non contestés) des États membres. À la date de clôture, les recettes perçues par les États membres au titre de l’exercice mais encore non versées à la Commission sont évaluées et comptabilisées en produits à recevoir. Les relevés trimestriels de la comptabilité «B» (comprenant les droits ni perçus ni garantis, ainsi que les montants garantis mais contestés par le débiteur) reçus des États membres sont comptabilisés en produits, diminués des frais de perception auxquels ils peuvent prétendre. De plus, une réduction de valeur est constatée pour le montant de l’écart de recouvrement estimé.
Amendes
Les recettes générées par les amendes sont comptabilisées une fois que la décision d’imposer une amende a été arrêtée par l’UE et officiellement notifiée au destinataire. À compter de la notification de la décision de lui imposer une amende, les entreprises disposent d’un délai de deux mois pour:
a)soit accepter la décision et par conséquent payer le montant de l’amende dans le délai imparti, et ce montant est définitivement encaissé par l’UE, soit
b)ne pas accepter la décision et introduire un recours devant la juridiction de l’UE.
Malgré cela, l’amende doit être payée dans le délai imparti de trois mois, le recours n’ayant pas d’effet suspensif (article 278 du TFUE). Les liquidités reçues sont portées en apurement de la créance à recouvrer. Cependant, moyennant l’accord du comptable de la Commission, l’entreprise peut fournir à la place une garantie bancaire pour le montant de l’amende. Dans ce cas, l’amende reste comptabilisée comme une créance à recouvrer. Si aucune liquidité ni garantie n’est reçue et s’il existe des doutes sur la solvabilité de l’entreprise, la créance fait l’objet d’une réduction de valeur.
Si l’entreprise fait appel de la décision et a déjà versé le montant de l’amende à titre provisionnel, celui-ci est enregistré comme un passif éventuel. S’il paraît probable que le Tribunal ne se prononce pas en faveur de l’UE, une provision est comptabilisée pour couvrir ce risque. Si une garantie est fournie en lieu et place du paiement, la valeur de la créance à recouvrer est réduite.
Le total des intérêts reçus par la Commission sur les comptes bancaires où les paiements perçus sont déposés est comptabilisé comme un produit et tout passif éventuel est augmenté en conséquence.
Depuis 2010, les amendes encaissées à titre provisionnel sont gérées par la Commission dans un fonds expressément créé à cet effet (BUFI) et investies dans des instruments financiers.
PRODUITS DES OPÉRATIONS AVEC CONTREPARTIE DIRECTE
Le produit de la vente de biens et de services est comptabilisé lorsque l’acheteur s’est vu transférer les risques et avantages importants inhérents à la propriété des biens. La comptabilisation du produit d’une transaction impliquant la fourniture de services se fait en fonction du degré d’avancement de la transaction à la date de clôture.
Produits et charges d’intérêt
Les produits et charges d’intérêt sont comptabilisés au compte de résultat économique selon la méthode du taux d’intérêt effectif. Cette méthode permet de calculer le coût amorti d’un actif financier ou d’un passif financier et de répartir le produit ou la charge d’intérêt sur la période voulue. Pour calculer le taux d’intérêt effectif, l’UE estime les flux de trésorerie en tenant compte de toutes les conditions contractuelles de l’instrument financier (les options de versement anticipé, par exemple), mais ne tient pas compte des pertes de crédit futures. Ce calcul inclut l’intégralité des commissions et des points de taux d’intérêt payés ou reçus entre les parties au contrat qui font partie intégrante du taux d’intérêt effectif, des coûts de transaction et de toutes les autres primes positives ou négatives.
Dès qu’un actif financier ou un groupe d’actifs financiers similaires a été déprécié à la suite d’une perte de valeur, les produits d’intérêt sont comptabilisés sur la base du taux d’intérêt pour actualiser les flux de trésorerie futurs en vue d’évaluer la perte de valeur.
Dividendes
Les dividendes et distributions similaires sont comptabilisés lorsque le droit de l’actionnaire de percevoir le paiement est établi.
25.Dépenses
Les charges liées à des opérations sans contrepartie directe représentent la majeure partie des charges de l’UE. Elles concernent les transferts à des bénéficiaires et peuvent relever de trois catégories: les créances, les transferts dans le cadre de contrats et les subventions, apports et dons discrétionnaires.
Les transferts sont comptabilisés en charges de l’exercice au cours duquel les événements donnant lieu à transfert se sont produits, pour autant que la nature du transfert considéré soit autorisée par la réglementation (règlement financier, statut ou autre) ou qu’un accord signé autorise le transfert, que le bénéficiaire réponde aux éventuels critères d’éligibilité et que le montant puisse être raisonnablement estimé.
Lorsqu’une demande de paiement ou une déclaration de dépenses satisfaisant aux critères de comptabilisation est reçue, elle est comptabilisée en charges à concurrence du montant éligible. En fin d’exercice, les dépenses éligibles encourues dues aux bénéficiaires mais non encore déclarées sont estimées et comptabilisées en charges à payer.
Les charges liées à des opérations avec contrepartie directe telles que des achats de biens ou de services sont comptabilisées lorsque les fournitures sont livrées et acceptées par l’UE. Elles sont valorisées au montant de leur facture d’origine. En outre, à la date de clôture, les dépenses liées aux services fournis au cours de la période pour lesquels une facture n’a pas encore été reçue ou acceptée sont estimées et portées au compte de résultat économique.
26.ÉLÉMENTS D’ACTIF ET DE PASSIF ÉVENTUELS
27.Actif éventuel
Un actif éventuel est un actif potentiel résultant d’événements passés et dont l’existence ne sera confirmée que par la survenance ou non d’un ou plusieurs événements futurs incertains qui ne sont pas entièrement sous le contrôle de l’UE. Un actif éventuel est enregistré lorsque l’entrée d’avantages économiques ou un potentiel de service est probable.
28.Passif éventuel
Un passif éventuel est une obligation potentielle résultant d’événements passés et dont l’existence ne sera confirmée que par la survenance ou non d’un ou plusieurs événements futurs incertains qui ne sont pas entièrement sous le contrôle de l’UE, ou une obligation actuelle résultant d’événements passés mais non comptabilisée, soit parce qu’il est peu probable qu’une sortie de ressources représentatives d’avantages économiques ou d’un potentiel de service sera nécessaire pour régler l’obligation, soit dans les cas extrêmement rares où aucune estimation fiable ne peut être faite pour le montant de l’obligation. Un passif éventuel donne lieu à une information en annexe, à moins que la probabilité d’une sortie de ressources représentatives d’avantages économiques ou d’un potentiel de service soit faible.
29.TABLEAU DES FLUX DE TRÉSORERIE
Les informations relatives aux flux de trésorerie constituent une base pour évaluer la capacité de l’UE à générer de la trésorerie et des équivalents de trésorerie ainsi que ses besoins en termes d’utilisation de ces flux de trésorerie.
Le tableau des flux de trésorerie est établi à l’aide de la méthode indirecte. Cela signifie que le résultat économique de l’exercice est ajusté des effets des transactions sans effet de trésorerie, des décalages ou régularisations d’entrées ou de sorties de trésorerie opérationnelle passées ou futures et des éléments de produits ou de charges liés aux flux de trésorerie concernant les investissements.
Les flux de trésorerie provenant de transactions en monnaie étrangère sont enregistrés dans la monnaie de présentation des états financiers de l’UE (l’euro), par application au montant en devise du taux de change entre l’euro et la devise à la date de ces flux.
Le tableau des flux de trésorerie présente les flux de trésorerie de l’exercice classés en activités opérationnelles et d’investissement (l’UE n’a pas d’activités de financement).
Les activités opérationnelles correspondent aux activités de l’UE autres que des activités d’investissement. Il s’agit de la majorité des activités effectuées. Les prêts octroyés aux bénéficiaires (et les emprunts connexes, le cas échéant) ne sont pas considérés comme des activités d’investissement (ou de financement), étant donné qu’ils font partie des objectifs généraux et donc des opérations quotidiennes de l’UE.
Les activités d’investissement couvrent l’acquisition et la cession d’immobilisations corporelles et incorporelles ainsi que d’autres placements qui ne sont pas inclus dans les équivalents de trésorerie. Les activités d’investissement n’incluent pas les prêts octroyés aux bénéficiaires. L’objectif est de faire apparaître les véritables investissements effectués par l’UE.
30.NOTES ANNEXES AU BILAN
ACTIFS
31.IMMOBILISATIONS INCORPORELLES
| en Mio EUR | |
| Valeur brute comptable au 31.12.2019 | 1 230 |
| Ajouts | 216 |
| Produits de cessions | (39) |
| Transfert entre catégories d’actifs | 0 |
| Autres changements | 2 |
| Valeur brute comptable au 31.12.2020 | 1 409 |
| Cumul des amortissements au 31.12.2019 | (715) |
| Dotations aux amortissements pour l’exercice | (113) |
| Reprise sur amortissements | 0 |
| Produits de cessions | 38 |
| Transfert entre catégories d’actifs | 0 |
| Autres changements | 0 |
| Cumul des amortissements au 31.12.2020 | (789) |
| Valeur nette comptable au 31.12.2020 | 620 |
| Valeur nette comptable au 31.12.2019 | 515 |
Les montants ci-dessus correspondent essentiellement à des logiciels.
32.IMMOBILISATIONS CORPORELLES
La catégorie des actifs spatiaux recouvre les actifs immobilisés opérationnels liés aux deux programmes spatiaux de l’UE: les systèmes globaux de navigation par satellite (GNSS), à savoir Galileo et le système européen de navigation par recouvrement géostationnaire (EGNOS), et le programme de l’Union pour l’observation et la surveillance de la Terre Copernicus. Les actifs liés aux systèmes spatiaux qui ne sont pas encore opérationnels sont inscrits dans la rubrique «Immobilisations en cours». Les actifs liés aux programmes spatiaux de l’UE sont construits avec l’aide de l’Agence spatiale européenne (ESA).
En ce qui concerne Galileo, aucun nouveau satellite n’est devenu opérationnel en 2020. La constellation comprend 26 satellites. Les actifs immobilisés opérationnels de Galileo, qui comptent à la fois les satellites et les installations au sol, s’élevaient à 2,145 milliards d’EUR, nets de cumul d’amortissements, au 31 décembre 2020 (contre 2,489 milliards d’EUR en 2019). Le restant des immobilisations en cours s’élève à 1,872 milliard d’EUR (contre 1,361 milliard d’EUR en 2019). Le développement du système Galileo se poursuivra jusqu’à ce que le système devienne pleinement opérationnel. La constellation Galileo comptera alors 30 satellites (dont 6 satellites de secours).
En ce qui concerne Copernicus, aucun nouveau satellite n’est devenu opérationnel en 2020. La valeur totale des actifs immobilisés opérationnels de Copernicus s’établit à 877 millions d’EUR (contre 1,153 milliard d’EUR en 2019), nets de cumul d’amortissements. Un montant supplémentaire de 1,894 milliard d’EUR correspondant aux satellites Copernicus est inscrit en tant qu’immobilisations en cours (contre 1,453 milliard d’EUR en 2019). Cette augmentation comprend 266 millions d’EUR pour le satellite 6A, dont l’ESA a transféré la propriété le 21 novembre 2020, date du lancement. Il devrait être déclaré opérationnel à la suite de contrôles au milieu de l’année 2021.
Des immobilisations liées à l’infrastructure au sol d'EGNOS, d’un montant de 24 millions d’EUR (contre 37 millions d’EUR en 2019), figurent également dans la rubrique «Actifs spatiaux». En outre, les immobilisations en cours liées à EGNOS s’élèvent à 273 millions d’EUR (contre 238 millions d’EUR en 2019).
Immobilisations corporelles
| en Mio EUR | ||||||||||
| Terrains et bâtiments | Actifs spatiaux | Installations de production | Mobilier et véhicules | Matériel informatique | Autres | Contrats de location-financement | Immobilisations en cours | Total | ||
| Valeur brute comptable au 31.12.2019 | 5 895 | 5 680 | 542 | 259 | 644 | 325 | 2 638 | 3 653 | 19 635 | |
| Ajouts | 15 | 6 | 27 | 13 | 123 | 12 | 18 | 1 155 | 1 369 | |
| Produits de cessions | (0) | (16) | (16) | (6) | (45) | (20) | (2) | (1) | (106) | |
| Transfert entre catégories d’actifs | 26 | – | 3 | 7 | 5 | 14 | (3) | (52) | 0 | |
| Autres changements | (11) | – | (10) | (0) | 0 | (0) | (0) | (8) | (29) | |
| Valeur brute comptable au 31.12.2020 | 5 924 | 5 670 | 546 | 272 | 727 | 332 | 2 650 | 4 748 | 20 868 | |
| Cumul des amortissements au 31.12.2019 | (3 503) | (2 001) | (457) | (194) | (533) | (255) | (1 313) | (8 255) | ||
| Dotations aux amortissements pour l’exercice | (185) | (635) | (33) | (15) | (67) | (23) | (93) | (1 051) | ||
| Reprise sur amortissements | – | – | – | 0 | 0 | 0 | – | 0 | ||
| Produits de cessions | 0 | 10 | 16 | 6 | 45 | 20 | 1 | 98 | ||
| Transfert entre catégories d’actifs | – | – | 0 | (0) | (2) | 0 | 2 | (0) | ||
| Autres changements | 11 | – | 10 | 0 | 0 | 0 | – | 21 | ||
| Cumul des amortissements au 31.12.2020 | (3 676) | (2 625) | (465) | (203) | (557) | (259) | (1 402) | (9 186) | ||
| VALEUR NETTE COMPTABLE AU 31.12.2020 | 2 249 | 3 045 | 81 | 69 | 170 | 73 | 1 248 | 4 748 | 11 682 | |
| VALEUR NETTE COMPTABLE AU 31.12.2019 | 2 392 | 3 679 | 85 | 65 | 110 | 70 | 1 325 | 3 653 | 11 380 | |
33.INVESTISSEMENTS COMPTABILISÉS SELON LA MÉTHODE DE LA MISE EN ÉQUIVALENCE
La participation de l’Union européenne, représentée par la Commission, au Fonds européen d’investissement (FEI) est traitée comme une participation à une entité associée, au moyen de la méthode de la mise en équivalence. Le FEI est l’institution financière de l’UE spécialisée dans le capital-risque et les garanties aux petites et moyennes entreprises (PME). Située à Luxembourg, elle fonctionne comme un partenariat public-privé, dont les membres sont la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Union européenne et un groupe d’institutions financières. Au 31 décembre 2020, l’UE détenait 29,7 % des participations dans le FEI (comme en 2019) et 29,7 % des droits de vote (comme en 2019). Conformément à ses statuts, le FEI doit affecter au moins 20 % de son résultat net annuel à une réserve statutaire jusqu’à ce que la réserve globale atteigne 10 % du capital souscrit. Cette réserve ne peut être distribuée.
| en Mio EUR | |
| Fonds européen d’investissement | |
| Participations au 31.12.2019 | 591 |
| Contributions | – |
| Dividendes reçus | – |
| Part du résultat net | 38 |
| Part dans l’actif net | (42) |
| Participations au 31.12.2020 | 588 |
Les valeurs comptables suivantes sont imputables à l’UE sur la base de son pourcentage de participation:
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Total du FEI | Total du FEI | |
| Actif | 3 256 | 2 965 |
| Passifs | (1 277) | (975) |
| Recettes | 322 | 337 |
| Dépenses | (194) | (161) |
| Excédent/(déficit) | 129 | 176 |
Le rapprochement des informations financières reprises ci-dessus et de la valeur comptable des participations détenues dans le FEI se présente comme suit:
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Actif net de l’entité associée | 1 979 | 1 990 |
| Participations de la CE dans le FEI | 29,7 % | 29,7 % |
| Valeur comptable | 588 | 591 |
L’UE, représentée par la Commission, a libéré 20 % des actions qu’elle a souscrites dans le capital du FEI au 31 décembre 2020, le montant non appelé s’établissant comme suit:
| en Mio EUR | ||
| Total du capital du FEI | Participation de l’UE | |
| Total du capital par actions | 4 500 | 1 337 |
| Partie libérée | (900) | (267) |
| Partie non appelée | 3 600 | 1 070 |
34.ACTIFS FINANCIERS
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Non courants | |||
| Actifs financiers disponibles à la vente | 2.4.1 | 16 134 | 15 211 |
| Actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat | 2.4.2 | 193 | 134 |
| Prêts | 2.4.3 | 82 887 | 51 368 |
| 99 214 | 66 714 | ||
| Courants | |||
| Actifs financiers disponibles à la vente | 2.4.1 | 3 453 | 3 196 |
| Actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat | 2.4.2 | 6 | 3 |
| Prêts | 2.4.3 | 10 422 | 1 316 |
| 13 881 | 4 514 | ||
| Total | 113 095 | 71 228 |
35.Actifs financiers disponibles à la vente
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Investissements BUFI | 1 598 | 1 863 |
| CECA en liquidation | 1 445 | 1 459 |
| Banque européenne pour la reconstruction et le développement | 188 | 188 |
| Régime de retraite des agents locaux du SEAE | 73 | 75 |
| 3 304 | 3 585 | |
| Fonds de garantie relatifs aux garanties budgétaires: | ||
| Fonds de garantie de l’EFSI | 7 526 | 6 654 |
| Fonds de garantie relatif aux actions extérieures | 2 794 | 2 545 |
| Fonds de garantie FEDD | 692 | 595 |
| 11 012 | 9 794 | |
| Instruments financiers relevant du budget de l’UE: | ||
| Horizon 2020 | 3 097 | 2 455 |
| Mécanisme pour l’interconnexion en Europe | 764 | 699 |
| Mécanismes de fonds propres de l’UE pour les PME | 533 | 507 |
| Fonds européen pour l’Europe du Sud-Est | 163 | 166 |
| Fonds pour une croissance verte | 143 | 70 |
| Mécanisme de financement en matière d’efficacité énergétique | 104 | 105 |
| Mécanisme de financement avec partage des risques | 96 | 597 |
| Opérations de capital-risque | 82 | 112 |
| Autres | 289 | 317 |
| 5 271 | 5 028 | |
| Total | 19 587 | 18 407 |
| Non courants | 16 134 | 15 211 |
| Courants | 3 453 | 3 196 |
Sur ce total de 19,587 milliards d’EUR, l’Union détient des actifs financiers disponibles à la vente sous la forme de:
·titres de créance (des obligations, par exemple) à hauteur de 14,862 milliards d’EUR (contre 14,998 milliards en 2019);
·d’instruments de fonds propres pour un montant de 4,071 milliards d’EUR (contre 2,801 milliards en 2019) et
·d’investissements dans des fonds du marché monétaire (comme le Unitary Fund de la BEI) s’établissant à 654 millions d’EUR (contre 608 millions en 2019).
Investissements BUFI
Les amendes encaissées à titre provisionnel liées à des affaires de concurrence sont affectées à un fonds expressément créé à cet effet (le fonds BUFI – pour Budget Fines) et investies par la Commission dans des instruments d’emprunt classés comme actifs financiers disponibles à la vente.
CECA en liquidation
Pour les montants de la Communauté européenne du charbon et de l’acier en liquidation (CECA en liq.), tous les actifs financiers disponibles à la vente sont des titres de créance libellés en euros et cotés sur un marché actif.
Banque européenne pour la reconstruction et le développement
L’UE détient un investissement financier dans le capital de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dans lequel le nombre d’actions détenues au 31 décembre 2020 était de 90 044 (même nombre qu’en 2019), soit 3 % du total du capital souscrit. L’UE a souscrit un montant total de 900 millions d’EUR dans le capital, dont un montant de 713 millions d’EUR est à ce jour non appelé. En vertu de l’accord portant création de la BERD, les actionnaires sont soumis à certaines restrictions contractuelles; par exemple, les parts ne doivent pas être cédées ou leur rachat est plafonné au maximum du coût d’acquisition initial. L’UE évalue l’investissement dans la BERD à la juste valeur. Le coût d’acquisition initial est considéré comme la meilleure estimation de la juste valeur, compte tenu en particulier des restrictions contractuelles susmentionnées. Bien que les actions de la BERD ne soient pas cotées en Bourse, des opérations récentes ont eu lieu dans les capitaux propres de l’entité détenue (émission d’actions à leur valeur nominale), indiquant que le coût est la meilleure estimation de la juste valeur dans cette situation.
FONDS DE GARANTIE RELATIFS AUX GARANTIES BUDGÉTAIRES
Fonds de garantie de l’EFSI
Conformément au règlement EFSI [règlement (UE) 2015/2017], le fonds de garantie de l’EFSI a été établi pour fournir une réserve de liquidité en cas de pertes éventuelles de la BEI se rapportant à ses opérations de financement et d’investissement admissibles à la garantie de l’UE au titre de l’EFSI en vertu de l’accord sur ce Fonds - voir la note 4.1.1. Le fonds de garantie de l’EFSI est financé par les contributions du budget de l’UE. Il est également alimenté par les revenus des placements du fonds de garantie, les paiements reçus par l’Union en rémunération de la garantie conformément à l’accord EFSI et par les montants recouvrés par la BEI auprès des débiteurs défaillants au titre des précédents appels de garantie. À la fin de 2020, les actifs du fonds de garantie de l’EFSI s’élevaient à 8,028 milliards d’EUR (contre 6,688 milliards d’EUR en 2019), dont 7,526 milliards d’EUR ont été investis dans des actifs financiers disponibles à la vente (contre 6,654 milliards d’EUR en 2019), tandis qu’un montant de 931 millions d’EUR supplémentaires (contre 1,879 milliard en 2019) a été engagé mais n’a pas encore été versé dans le fonds. Inclus dans le RAL budgétaire, il est également présenté en tant qu’engagements restant à liquider non encore passés en charges dans la note 5.1. Le fonds sera progressivement provisionné pour atteindre graduellement 9,1 milliards d’EUR, soit 35 % du total des obligations découlant de la garantie EFSI de l’Union.
Fonds de garantie relatif aux actions extérieures
Le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures couvre les prêts garantis par le budget de l’Union, en particulier les opérations de prêt de la BEI à l’extérieur de l’UE financées par ses propres ressources, les prêts d’assistance macrofinancière (prêts AMF) et les prêts Euratom hors Union européenne – voir la note 4.1.1. Le Fonds, qui est géré par la BEI, vise à couvrir tout prêt défaillant garanti par l’UE. Il est alimenté par les versements du budget de l’UE, par les intérêts produits par les placements financiers des disponibilités du Fonds et par les recouvrements obtenus auprès des débiteurs défaillants, dans la mesure où le Fonds est intervenu en garantie. Le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures doit être maintenu à un montant cible correspondant à 9 % des encours de prêts garantis en fin d’exercice. La différence entre le montant cible et la valeur des actifs du Fonds en fin d’exercice est couverte par le budget de l’UE au cours de l’exercice N+2, tandis que tout excédent est reversé au budget de l’Union. À la fin de 2020, les actifs du Fonds de garantie relatif aux actions extérieures s’élevaient à 2,813 milliards d’EUR (contre 2,590 milliards d’EUR en 2019), dont 2,794 milliards d’EUR ont été investis dans des actifs financiers disponibles à la vente (contre 2,545 milliards d’EUR en 2019).
Fonds de garantie FEDD
Conformément au règlement FEDD [règlement (UE) 2017/1601], le fonds de garantie FEDD a été créé pour constituer une réserve de liquidités à utiliser au cas où il est fait appel à la garantie de l’Union donnée conformément aux accords de garantie FEDD y afférents. Le fonds de garantie FEDD est financé par des contributions issues du budget de l’Union, par des contributions du 11e FED au budget de l’UE ainsi que par des contributions volontaires des États membres et d’autres contributeurs. Le fonds est également alimenté par les revenus des placements, les montants recouvrés auprès des débiteurs défaillants, les recettes et les autres paiements reçus par l’UE conformément aux accords de garantie FEDD. Le fonds de garantie FEDD a été provisionné jusqu’à atteindre 750 millions d’EUR, soit 50 % des obligations totales futures au titre de la garantie FEDD couvertes par le budget de l’UE, et a encore été augmenté par d’autres contributions. À la fin de 2020, les actifs du fonds de garantie FEDD s’élevaient à 804 millions d’EUR (contre 600 millions d’EUR en 2019), dont 692 millions d’EUR ont été investis dans des actifs financiers disponibles à la vente (contre 595 millions d’EUR en 2019).
INSTRUMENTS FINANCIERS RELEVANT DU BUDGET DE L’UE
Horizon 2020
En vertu du règlement de l’Union instituant Horizon 2020 – le programme-cadre pour la recherche et l’innovation (2014-2020), de nouveaux instruments financiers ont été mis en place afin d’améliorer l’accès aux financements d’entités engagées dans la recherche et l’innovation (R&I). Ces instruments sont les suivants:
·le service de garanties et de prêts InnovFin pour la recherche et l’innovation, au titre duquel la Commission partage les risques financiers liés à un portefeuille de nouvelles opérations de financement conclues par la BEI;
·la facilité InnovFin de garantie pour les PME et l’instrument de garantie non plafonnée dans le cadre de l’initiative PME (SIUGI) – mécanismes de garantie gérés par le FEI et offrant des garanties et des contre-garanties aux intermédiaires financiers pour de nouveaux portefeuilles de prêts (au titre du SIUGI, la Commission partage avec les États membres, le FEI et la BEI les risques financiers liés à la garantie donnée);
·le mécanisme de fonds propres InnovFin pour la recherche et l’innovation, qui prévoit des investissements dans des fonds de capital-risque et qui est géré par le FEI et
·le Fonds du CEI (Fonds du Conseil européen de l’innovation), qui fournit des financements sur fonds propres pour accélérer les actions d’innovation et de déploiement sur le marché. Le Fonds du CEI sera principalement financé par des crédits issus du CFP 2021-2027 relevant du programme-cadre Horizon Europe. Cependant, la Commission a engagé des ressources disponibles au titre du programme Horizon 2020 en faveur d'un mécanisme pilote pour l'établissement du Fonds du CEI.
Mécanisme pour l’interconnexion en Europe
Conformément au règlement (UE) nº 2013/1316, l’instrument de prêt du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) a été établi dans le but de faciliter, pour les projets d'infrastructures, l'accès aux financements dans les secteurs des transports, des télécommunications et de l'énergie. Il est géré par la BEI en vertu d’un accord avec l’UE. L’instrument de prêt du MIE s’inscrit dans la continuité de l’instrument de garantie de prêts pour les projets RTE-T (GPTT) et de la phase pilote de l’initiative d’emprunts obligataires pour le financement de projets (PBI). Il propose de partager les risques du financement des emprunts sous forme de dette ou de garanties privilégiée(s) et subordonnée(s) ainsi que d’un soutien aux emprunts obligataires pour le financement de projets. Après le 19 juin 2019, sous l’effet du premier avenant à la convention de délégation avec la BEI, toutes les opérations du MIE déployées par la BEI sont affectées à l’un des deux portefeuilles: un portefeuille d’instruments de dette ou un portefeuille de financement non titrisable, pour lequel est introduite une nouvelle approche de partage des risques fondée sur le portefeuille.
Mécanismes de fonds propres de l’UE pour les PME
Il s’agit d’instruments de fonds propres financés par les programmes COSME, PIC et MAP et l’initiative «Croissance et emploi» qui, sous la gestion fiduciaire du FEI, soutiennent la création et le financement de PME de l’UE en phase de démarrage ou de croissance en investissant dans des fonds de capital-risque spécialisés et appropriés.
Mécanisme de financement avec partage des risques
Dans le cadre du mécanisme de financement avec partage des risques, l’UE procure une garantie à la BEI pour les prêts et garanties que cette dernière accorde à des projets de recherche admissibles. Les actifs disponibles à la vente figurant sous cette rubrique sont utilisés pour provisionner le risque financier de l’UE lié aux appels à la garantie de l’UE que pourrait faire la BEI. Au total, un budget de l’Union d’un montant maximal de 1 milliard d’EUR avait été alloué au MFPR au titre du CFP 2007-2013. Dans le CFP 2014-2020, aucune nouvelle contribution budgétaire n’était prévue pour le MFPR. Étant donné qu'une grande partie des opérations en cours du MFPR a déjà été remboursée à la BEI, en 2019 et 2020, cette dernière a partiellement libéré la garantie de l’UE, ce qui a entraîné une diminution du passif éventuel de l’UE (voir la note 4.1.3). Par la suite, à la fin de 2020, les actifs de l’UE disponibles à la vente étaient nettement inférieurs, car en 2020, la BEI a remboursé à la Commission un montant de 500 millions d’EUR de la contribution de l’UE, qui avait principalement servi à renforcer les instruments financiers de l’UE dans le cadre d’Horizon 2020.
36.Actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat
| en Mio EUR | ||||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |||
| Type de dérivé | Montant notionnel | Juste valeur | Montant notionnel | Juste valeur |
| Contrat de change à terme | 417 | 6 | 393 | 3 |
| Garantie sur portefeuille d’instruments de fonds propres | 3 197 | 193 | 1 439 | 134 |
| Total | 3 614 | 199 | 1 832 | 137 |
| Non courants | 3 197 | 193 | 1 439 | 134 |
| Courants | 417 | 6 | 393 | 3 |
L’UE conclut des contrats de change à terme afin de couvrir le risque de change lié aux titres de créance libellés en USD détenus dans le fonds de garantie de l’EFSI. En vertu de ces contrats, l’UE paie le montant notionnel convenu dans le contrat en devise («branche payeur»), tel qu’il apparaît dans le tableau ci-dessus, et recevra le montant notionnel en EUR («branche receveur») à la date d’échéance. Ces contrats dérivés sont évalués à la juste valeur à la date de clôture et classés en tant qu’actifs financiers ou en tant que passifs financiers à leur juste valeur par le biais du compte de résultat selon que la juste valeur est positive ou négative.
La rubrique «Garantie sur portefeuille d’instruments de fonds propres» comprend les garanties données par l’UE aux institutions financières sur les portefeuilles d’investissements en fonds propres qui sont classées en tant qu’instruments financiers dérivés et comptabilisées dans les actifs financiers ou les passifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat. Le montant total représente principalement la garantie de l’EFSI donnée par l’UE au groupe BEI, les investissements en fonds propres sous-jacents décaissés par la BEI et le FEI s’élevant à 2,223 milliards d’EUR (contre 1,420 milliard d’EUR en 2019). La juste valeur de la garantie de l’UE sur les portefeuilles d’instruments de fonds propres de l’EFSI s’élevait à 164 millions d’EUR (contre 134 millions d’EUR en 2019).
Hiérarchie des justes valeurs des actifs financiers évalués à la juste valeur
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Niveau 1: prix cotés sur des marchés actifs | 15 383 | 15 482 |
| Niveau 2: données observables autres que les prix cotés | 2 712 | 1 543 |
| Niveau 3: techniques d’évaluation utilisant des données qui ne sont pas fondées sur des données de marché observables | 1 691 | 1 518 |
| Total | 19 786 | 18 544 |
Il n’y a pas eu de transfert entre le niveau 1 et le niveau 2 au cours de la période.
Rapprochement des actifs financiers évalués à l’aide de techniques d’évaluation utilisant des données qui ne sont pas fondées sur des données de marché observables (niveau 3)
| en Mio EUR | |
| Solde d’ouverture au 1.1.2020 | 1 518 |
| Achats, ventes, émissions et règlements | 179 |
| Plus-values et moins-values pour la période en produits financiers ou charges financières | 10 |
| Plus-values et moins-values en actifs nets | (17) |
| Transferts vers le niveau 3 | – |
| Transferts depuis le niveau 3 | – |
| Autres | 1 |
| Solde de clôture au 31.12.2020 | 1 691 |
37.Prêts
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Prêts d'assistance financière | 2.4.3.1 | 93 193 | 52 564 |
| Prêts pour les programmes relevant du budget et dépôts à terme | 2.4.3.2 | 116 | 121 |
| Total | 93 309 | 52 684 | |
| Non courants | 82 887 | 51 368 | |
| Courants | 10 422 | 1 316 |
38.Prêts d'assistance financière
| en Mio EUR | ||||||
| MESF | SURE | BDP | AMF | Euratom | Total | |
| Total au 31.12.2019 | 47 394 | – | 201 | 4 754 | 214 | 52 564 |
| Nouveaux prêts | – | 39 500 | – | 1 675 | 100 | 41 275 |
| Remboursements | – | – | – | (617) | (35) | (651) |
| Écarts de change | – | – | – | – | – | – |
| Variations de la valeur comptable | 2 | 3 | 0 | 0 | 0 | 6 |
| Dépréciation | – | – | – | – | – | – |
| Total au 31.12.2020 | 47 396 | 39 503 | 201 | 5 813 | 279 | 93 193 |
| Non courants | 37 050 | 39 500 | 200 | 5 783 | 250 | 82 783 |
| Courants | 10 346 | 3 | 1 | 30 | 29 | 10 410 |
La valeur nominale des prêts d’assistance financière au 31 décembre 2020 s’élève à 92,565 milliards d’EUR (contre 51,941 milliards d’EUR en 2019). La variation observée dans la valeur comptable correspond aux nouveaux intérêts cumulés.
Le mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) permet l’octroi d’une assistance financière à un État membre qui connaît des difficultés, ou qui risque sérieusement d’en rencontrer, en raison d’événements exceptionnels échappant à son contrôle. L’assistance peut consister en un prêt ou une ligne de crédit. Conformément aux conclusions du Conseil Ecofin du 9 mai 2010, le mécanisme est limité à 60 milliards d’EUR. Du point de vue juridique, la limite restreint l’encours des prêts ou lignes de crédit à la marge disponible sous le plafond des ressources propres. Les emprunts relatifs à des prêts accordés dans le cadre du MESF sont garantis par le budget de l’UE. Il n’est pas prévu que le MESF s’engage dans de nouveaux programmes de financement ou conclue de nouvelles conventions de prêt.
Le soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) est le nouvel instrument européen qui contribue à maintenir les personnes en activité et à préserver les emplois touchés par la pandémie de COVID-19. Cet instrument permet aux États membres de demander une assistance financière de l’UE pour les aider à faire face aux augmentations soudaines et très marquées de leurs dépenses publiques nationales se rapportant à des dispositifs nationaux de chômage partiel et à des mesures similaires, y compris pour les travailleurs indépendants, ou à des mesures liées à la santé, en particulier sur le lieu de travail en réaction à la crise. Il peut procurer une assistance financière allant jusqu’à 100 milliards d’EUR sous la forme de prêts aux États membres touchés. Cet instrument est étayé par des garanties, à hauteur de 25 milliards d’EUR, que les États membres ont fournies à la Commission. Conformément au règlement (UE) 2020/672 du Conseil, la Commission peut conclure un accord de prêt avec un État membre uniquement après qu’elle a proposé, et que le Conseil a adopté, une décision d’exécution pour l’assistance financière au titre de SURE. Au 31 décembre 2020, le Conseil avait approuvé une assistance financière de 90 363 millions d’EUR, au titre de laquelle la Commission avait signé des accords de prêt avec les États membres pour un montant de 85 863 millions d’EUR et avait décaissé 39 500 millions d’EUR en faveur des États membres (montants nominaux). Les montants relatifs aux autres accords de prêt signés seront décaissés en 2021. Pour les passifs éventuels liés aux prêts SURE, voir également la note 4.1.2.
Le mécanisme de la balance des paiements (BDP), instrument financier axé sur les politiques, apporte un soutien financier de moyen terme aux États membres de l’UE qui n’ont pas adopté l’euro. Il permet d’accorder des prêts aux États membres qui rencontrent des difficultés, ou qui risquent sérieusement d'en rencontrer, dans leur balance des paiements ou leurs mouvements de capitaux. L’encours maximal des prêts accordé au titre de cet instrument est limité à 50 milliards d’EUR. Les emprunts associés à ces prêts BDP sont garantis par le budget de l’UE.
L’assistance macrofinancière (AMF) est une forme de concours financier consenti par l’Union aux pays partenaires qui connaissent une crise de leur balance des paiements. Elle consiste en des subventions ou des prêts à moyen/long terme, voire en une combinaison appropriée des deux, et complète généralement un financement octroyé dans le cadre d’un programme de réforme et d’ajustement appuyé par le FMI. Ces prêts sont garantis par le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures. Au cours de l’exercice clos le 31 décembre 2020, de nouveaux décaissements de prêts au titre de l’AMF ont été accordés pour un montant total de 1 675 millions d’EUR, soit 1 100 millions d’EUR pour l’Ukraine, 250 millions d’EUR pour la Jordanie et 325 millions d’EUR pour d’autres pays. Pour les passifs éventuels liés aux prêts AMF, voir également la note 4.1.2.
La Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom, représentée par la Commission) prête de l’argent à la fois aux États membres et aux pays tiers, ainsi qu’à leurs entités respectives, afin de financer des projets relatifs à des installations énergétiques. Des garanties de tiers à hauteur de 279 millions d’EUR (contre 214 millions d’EUR en 2019) ont été reçues pour couvrir les prêts Euratom. Pour les passifs éventuels liés aux prêts Euratom, voir la note 4.1.2.
Taux d’intérêt effectifs pour les prêts (exprimés sous forme de fourchettes de taux d’intérêt)
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) | 0,50 % - 3,75 % | 0,50 % - 3,75 % |
| Soutien à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) | 0,00 % - 0,30 % | – |
| Balance des paiements (BDP) | 2,88 % | 2,88 % |
| Assistance macrofinancière (AMF) | 0,00 % - 3,69 % | 0,00 % - 3,82 % |
| Euratom | 0,00 % - 5,76 % | 0,08 % - 5,76 % |
39.Prêts pour les programmes relevant du budget et dépôts à terme
Les prêts pour les programmes relevant du budget comprennent: les prêts accordés à des conditions préférentielles dans le cadre de la coopération avec les pays tiers (par exemple, au titre du programme MEDA – partenariat euro-méditerranéen), ainsi que les prêts accordés dans le cadre du programme de l’UE pour l’emploi et l’innovation sociale et de l’initiative de financement de l’électrification.
Les dépôts à terme comprennent des montants dont l’échéance est supérieure à 3 mois qui ne correspondent pas à la définition des équivalents de trésorerie.
La valeur nominale des prêts pour les programmes relevant du budget et des dépôts à terme s’élève à 768 millions d’EUR (contre 728 millions d’EUR en 2019).
Dépréciation de prêts pour les programmes relevant du budget
| en Mio EUR | ||||||
| 31.12.2019 | Ajouts | Reprises | Dépréciations | Autres | 31.12.2020 | |
| Prêts pour les programmes relevant du budget | 10 | 3 | – | – | – | 13 |
| Prêts subordonnés | 658 | 73 | – | – | (4) | 726 |
| Total | 668 | 76 | – | – | (4) | 739 |
Les prêts subordonnés sont des prêts en défaut qui ont été accordés par la BEI et garantis par le budget de l’UE. Pour ces prêts, les droits ont été cédés à l’UE à la suite du paiement des appels de garantie du Fonds de garantie relatif aux actions extérieures ou du Fonds de garantie de l’EFSI. Ces prêts sont entièrement dépréciés pour un montant de 726 millions d’EUR (contre 658 millions d’EUR en 2019). Les appels de garantie sont en partie couverts par les provisions financières des années précédentes. En vertu des accords en la matière entre l’UE et la BEI, cette dernière engage les procédures de recouvrement au nom de l’UE aux fins de récupérer toute somme due.
40.
PRÉFINANCEMENTS
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Non courants | |||
| Préfinancements | 2.5.1 | 30 574 | 22 135 |
| Autres avances payées aux États membres | 2.5.2 | 3 825 | 4 045 |
| Contribution aux fonds fiduciaires | 119 | 60 | |
| 34 519 | 26 240 | ||
| Courants | |||
| Préfinancements | 2.5.1 | 24 902 | 22 314 |
| Autres avances payées aux États membres | 2.5.2 | 3 327 | 2 892 |
| 28 229 | 25 206 | ||
| Total | 62 748 | 51 446 |
Le niveau des préfinancements dans les différents programmes doit être suffisant pour garantir les fonds nécessaires au bénéficiaire pour lancer et faire avancer le projet, tout en préservant également les intérêts financiers de l’UE et en prenant en considération les contraintes en matière de coût/efficacité et sur les plans juridique et opérationnel.
41.Préfinancements
| en Mio EUR | ||||||
| Valeur brute | Apurement (régularisations) | Valeur nette au 31.12.2020 | Valeur brute | Apurement (régularisations) | Valeur nette au 31.12.2019 | |
| Gestion partagée | ||||||
| Feader et autres instruments de développement rural
| 3 193 | – | 3 193 | 3 193 | – | 3 193 |
| FEDER et FC | 23 074 | (3 846) | 19 229 | 17 985 | (3 540) | 14 444 |
| FSE | 8 222 | (1 348) | 6 874 | 6 830 | (1 530) | 5 301 |
| Autres | 4 192 | (1 520) | 2 672 | 3 549 | (1 463) | 2 086 |
| 38 681 | (6 713) | 31 967 | 31 557 | (6 533) | 25 024 | |
| Gestion directe | ||||||
| Exécution par: | ||||||
| Commission | 17 031 | (10 648) | 6 382 | 12 839 | (8 344) | 4 495 |
| Agences exécutives de l’UE | 18 565 | (10 931) | 7 633 | 16 522 | (10 339) | 6 184 |
| Fonds fiduciaires | 1 121 | (843) | 278 | 858 | (665) | 194 |
| 36 716 | (22 423) | 14 294 | 30 219 | (19 347) | 10 872 | |
| Gestion indirecte | ||||||
| Exécution par: | ||||||
| Autres agences et organes de l’UE | 1 243 | (781) | 462 | 1 162 | (678) | 484 |
| Pays tiers | 1 515 | (1 043) | 471 | 1 491 | (861) | 630 |
| Organisations internationales | 9 068 | (6 020) | 3 048 | 8 289 | (5 317) | 2 972 |
| Autres entités | 11 665 | (6 432) | 5 233 | 10 570 | (6 104) | 4 467 |
| 23 491 | (14 276) | 9 215 | 21 513 | (12 960) | 8 553 | |
| Total | 98 888 | (43 412) | 55 476 | 83 289 | (38 840) | 44 449 |
| Non courants | 30 574 | – | 30 574 | 22 135 | – | 22 135 |
| Courants | 68 314 | (43 412) | 24 902 | 61 154 | (38 840) | 22 314 |
Les préfinancements représentent des fonds versés et donc l’exécution de crédits de paiement. Comme expliqué dans la note 1.5.7, il s’agit d’avances, donc des montants non encore passés en charges. Ainsi, si les préfinancements réduisent les engagements restant à liquider (voir la note 5.1), ils représentent des dépenses restant à accepter et à comptabiliser dans le compte de résultat économique.
En ce qui concerne la gestion partagée, la quasi-totalité des préfinancements se rapporte à la période de programmation 2014-2020. Il existe des préfinancements initiaux qui ne seront pas apurés (c’est-à-dire comptabilisés dans le compte de résultat économique) avant la fin de la période de programmation et qui sont présentés comme des préfinancements non courants.
Dans le domaine de la cohésion, il existe également des préfinancements annuels, qui sont apurés sur une base annuelle et présentés comme des préfinancements courants. Toutefois, en raison de la pandémie de COVID-19 et sur la base des mesures de l’initiative d’investissement en réaction au coronavirus, la part inutilisée des préfinancements annuels de 2019 n’a pas été récupérée en 2020 comme elle l’aurait normalement été. Le montant total, qui correspond à 6,6 milliards d’EUR, figure dans les préfinancements non courants. Le non-recouvrement, en 2020, des préfinancements annuels 2019 est un facteur important qui explique l’augmentation des préfinancements en gestion partagée en fin d’exercice.
Les nouveaux préfinancements versés dans le domaine de la cohésion comprennent les préfinancements annuels 2020 (10 milliards d’EUR), mais aussi les paiements au titre du Fonds de solidarité de l’UE (1,1 milliard d’EUR).
En ce qui concerne la gestion directe, la majeure partie des préfinancements concerne la recherche (principalement Horizon 2020, mis en œuvre par la Commission et les agences exécutives de l’UE) et s’élève à 9,3 milliards d’EUR (contre 7,8 milliards d’EUR en 2019). Cette augmentation est la conséquence des conventions signées en 2020, pour lesquelles des préfinancements ont été versés.
En gestion indirecte, les préfinancements couvrent essentiellement des programmes de politique interne, comme Galileo et EGNOS, mais également des instruments liés aux relations extérieures, comme l’IEV (instrument européen de voisinage), l’ICD (instrument de coopération au développement) et l’IAP (instrument d’aide de préadhésion). La hausse des préfinancements en faveur des organisations internationales concerne principalement les instruments de relations extérieures susmentionnés.
Garanties reçues en rapport avec des préfinancements
Il s’agit de garanties que la Commission exige parfois de la part des bénéficiaires qui ne sont pas des États membres en cas de versement d’avances (préfinancements). Pour ce type de garantie, deux valeurs doivent être indiquées: la valeur «nominale» et la valeur «en cours». Pour la valeur nominale, le fait générateur est lié à l’existence de la garantie. Pour la valeur en cours, le fait générateur de la garantie est le versement du préfinancement effectué au titre de la garantie, qui est ensuite diminué des apurements ultérieurs. Au 31 décembre 2020, la valeur nominale des garanties reçues pour les préfinancements était de 466 millions d’EUR, tandis que la valeur en cours de ces garanties était de 402 millions d’EUR (contre respectivement 492 millions et 406 millions d’EUR en 2019).
Certains préfinancements versés au titre du 7e programme-cadre de recherche et de développement technologique (7e PC) et d’Horizon 2020 sont effectivement couverts par un Fonds de garantie des participants (FGP). Le FGP est un instrument de garantie mutuelle visant à couvrir les risques liés au non-paiement de montants par les bénéficiaires dans le cadre de la mise en œuvre des actions du 7e PC et d’Horizon 2020. Chaque participant à une action indirecte qui reçoit une subvention de l’UE verse 5 % du montant total reçu au capital du FGP.
Au 31 décembre 2020, les préfinancements couverts par le FGP s’élevaient à 2,3 milliards d’EUR (contre 2,1 milliards d’EUR en 2019). L’UE (représentée par la Commission) agit en tant qu’agent exécutif pour les participants du FGP, mais ces derniers en sont les propriétaires.
À la fin de l’exercice, le total des actifs du FGP s’établissait à 2,4 milliards d’EUR (contre 2,2 milliards d’EUR en 2019). Les actifs du FGP comprennent aussi des actifs financiers gérés par la Commission. Le FGP étant une entité distincte, ses actifs ne sont pas consolidés dans les présents comptes annuels.
42.Autres avances payées aux États membres
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Avances payées aux États membres pour les instruments financiers en gestion partagée | 3 520 | 3 304 |
| Programmes d’aide | 3 633 | 3 634 |
| Total | 7 153 | 6 937 |
| Non courantes | 3 825 | 4 045 |
| Courantes | 3 327 | 2 892 |
Avances payées aux États membres pour les instruments financiers en gestion partagée
Dans le cadre des programmes des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI), les paiements des avances peuvent être effectués à partir du budget de l’UE en faveur des États membres afin de leur permettre de contribuer aux instruments financiers (sous la forme de prêts, de garanties ou de prises de participation). Ces instruments financiers sont mis en place et gérés sous la responsabilité des États membres, et non de la Commission. Néanmoins, les fonds inutilisés par ces instruments en fin d’exercice sont la propriété de l’UE (comme tout préfinancement) et sont donc considérés comme un actif inscrit au bilan de l’Union.
Période 2014-2020
Dans le domaine de la politique de cohésion, sur les 10,518 milliards d’EUR versés, il est estimé que 3,452 milliards d’EUR étaient inutilisés au 31 décembre 2020. Ce montant comprend la contribution des États membres à l’initiative PME, instrument dont l’objectif est d’encourager le secteur bancaire à accorder davantage de prêts aux PME (1,238 milliard d’EUR versé à l’exclusion des montants encore au stade du préfinancement, dont on estime que 349 millions d’EUR sont inutilisés).
Pour le développement rural, 66 millions d’EUR demeuraient inutilisés en fin d’exercice.
Période 2007-2013
Tous les montants relatifs à la politique de cohésion sont considérés comme ayant été exécutés ou réaffectés à d’autres mesures, de sorte qu’aucun actif ne subsiste au bilan au 31 décembre 2020. Il convient de noter que l’exécution effective au titre des différents instruments sera contrôlée dans le cadre du processus de clôture des programmes au cours des prochaines années.
Programmes d’aide
Dans le même ordre d’idée que ce qui précède, les montants remboursés correspondant aux avances payées par les États membres pour différents programmes d’aides (aides d’État, mesures de marché du FEAGA ou mesures d’investissement du Feader) et non utilisées à la fin de l’exercice sont comptabilisées à l’actif (avances) du bilan de l’UE. La Commission a estimé la valeur de ces avances en se fondant sur les informations communiquées par les États membres; les montants qui en résultent sont inscrits dans la sous-rubrique «Programmes d’aide» ci-dessus.
Période 2014-2020
Les montants inutilisés en fin d’exercice ont été estimés à 1,887 milliard d’EUR pour la politique de cohésion et à 1,663 milliard d’EUR pour l’agriculture et le développement rural.
Période 2007-2013
Il est estimé qu’un montant de 83 millions d’EUR versé dans le cadre du développement rural est resté inutilisé à la fin de 2020.
43.
CRÉANCES À RECEVOIR AVEC CONTREPARTIE DIRECTE ET CRÉANCES À RECOUVRER SANS CONTREPARTIE DIRECTE
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Non courantes | |||
| Créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe | 2.6.1 | 44 128 | 2 422 |
| Créances à recevoir des opérations avec contrepartie directe | 2.6.2 | 1 685 | 1 185 |
| 45 813 | 3 607 | ||
| Courantes | |||
| Créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe | 2.6.1 | 26 915 | 19 328 |
| Créances à recevoir des opérations avec contrepartie directe | 2.6.2 | 1 766 | 1 038 |
| 28 681 | 20 367 | ||
| Total | 74 493 | 23 974 |
44.Créances à recouvrer des opérations sans contrepartie directe
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Non courantes | |||
| États membres | 2.6.1.1 | 2 237 | 2 422 |
| Accord de retrait du Royaume-Uni | 2.6.1.2 | 40 629 | – |
| Produits à recevoir et charges à reporter | 2.6.1.4 | 1 261 | – |
| Autres créances à recouvrer | 1 | – | |
| 44 128 | 2 422 | ||
| Courantes | |||
| États membres | 2.6.1.1 | 7 213 | 6 180 |
| Accord de retrait du Royaume-Uni | 2.6.1.2 | 6 827 | – |
| Amendes pour infractions aux règles de concurrence | 2.6.1.3 | 11 295 | 11 301 |
| Produits à recevoir et charges à reporter | 2.6.1.4 | 787 | 1 788 |
| Autres créances à recouvrer | 2.6.1.5 | 792 | 59 |
| 26 915 | 19 328 | ||
| Total | 71 043 | 21 750 |
45.Créances à recouvrer auprès des États membres
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Comptabilité A des RPT | 5 297 | 5 478 |
| Comptabilité séparée des RPT | 1 460 | 1 591 |
| Ressources propres à recevoir | 2 188 | 7 |
| Dépréciation | (892) | (931) |
| Autres | – | – |
| Créances à recouvrer au titre des ressources propres | 8 053 | 6 145 |
| Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) | 1 378 | 1 722 |
| Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et autres instruments de développement rural | 720 | 879 |
| Dépréciation | (837) | (822) |
| Créances à recouvrer au titre du FEAGA et du développement rural | 1 260 | 1 779 |
| Recouvrement de préfinancements | 53 | 443 |
| TVA payée et à récupérer | 35 | 44 |
| Autres créances à recouvrer auprès des États membres | 49 | 191 |
| Total | 9 450 | 8 602 |
| Non courantes | 2 237 | 2 422 |
| Courantes | 7 213 | 6 180 |
Le montant le plus élevé inscrit sous «non courantes» se rapporte aux sommes dues par les États membres, notamment 2,1 milliards d’EUR au titre de la procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni (voir explications ci-dessous). Comme les années précédentes, sont également présentés comme non courants les montants relatifs aux décisions d’apurement de conformité non exécutées pour le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). Les montants liés à ces décisions sont recouvrés par tranches annuelles.
L’augmentation des montants courants dus par les États membres s’explique essentiellement par les ressources propres à recevoir se rapportant à des budgets rectificatifs en 2020 – voir ci-dessous.
Créances à recouvrer au titre des ressources propres
La «comptabilité A» se rapporte aux relevés mensuels dans lesquels les États membres communiquent à la Commission les droits constatés, non encore recouvrés, relatifs aux ressources propres traditionnelles (RPT). Les RPT sont essentiellement des droits de douane perçus par les États membres pour le compte de la Commission.
La «comptabilité A» atteint généralement un niveau d’environ 3 milliards d’EUR à la fin de l’exercice. Toutefois, en 2020 et 2019, le solde comprend des montants supplémentaires de RPT liés à la procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni (voir explications ci-dessous) et à d’autres rapports de contrôle des RPT. Étant donné que des intérêts de retard s’élevant à 1,7 milliard d’EUR sont applicables (contre 1,2 milliard d’EUR en 2019), ces montants sont donc eux aussi inscrits dans les présents comptes annuels (voir les notes 2.6.2 et 3.8).
En ce qui concerne la procédure d’infraction, le 8 mars 2018, la Commission a envoyé une lettre de mise en demeure (procédure d’infraction nº 2018/2008) au Royaume-Uni, car celui-ci a omis de mettre à la disposition du budget de l’Union le montant correct de ressources propres traditionnelles, comme l’exige la législation de l’Union. Le Royaume-Uni n’ayant pas fourni de réponse satisfaisante, ni à la lettre de mise en demeure ni à l’avis motivé envoyé le 24 septembre 2018, la Commission a confirmé, le 6 mars 2019, sa décision de saisir la Cour de justice de l’Union européenne et a introduit son recours le 7 mars 2019. L’affaire trouve son origine dans un rapport de l’OLAF de 2017, selon lequel des importateurs au Royaume-Uni avaient éludé des montants élevés de droits de douane en utilisant des fausses factures et des factures fictives et en présentant des déclarations de valeur en douane incorrectes à l’importation. Se fondant sur une méthode élaborée par l’OLAF et le JRC et sur les informations disponibles, la Commission estime que la violation, par le Royaume-Uni, de la législation de l’Union a entraîné, pendant la période comprise entre novembre 2011 et octobre 2017, des pertes pour le budget de l’UE s’élevant à 2,1 milliards d’EUR (montant net, c’est-à-dire après déduction de la retenue opérée, au titre des frais de perception, par le Royaume-Uni sur le montant brut de 2,7 milliards d’EUR). Le Royaume-Uni conteste la méthode appliquée par la Commission pour estimer les pertes susmentionnées. L’audience devant la Cour s'est tenue le 8 décembre 2020. Les prochaines étapes de la procédure sont les conclusions de l’avocat général et l’arrêt de la Cour de justice, dont les dates ne sont pas encore connues. Les procédures pendantes devant la Cour et les informations disponibles à ce jour indiquent qu’il s’agit d’un processus de longue durée. Par conséquent, tant le principal, de 2,1 milliards d’EUR, que les intérêts de retard estimés, soit 1,6 milliard d’EUR, courus jusqu’à la fin de 2020 (contre 1,1 milliard d’EUR d’intérêts courus et comptabilisés jusqu’à la fin de 2019) ont été classés comme actifs à long terme.
En outre, la Commission a intégré dans les comptes une créance de 0,15 milliard d’EUR au titre des droits de douane constatés et des intérêts de retard, qui repose sur les informations les plus récentes disponibles.
La «comptabilité séparée» reprend les droits constatés qui n’ont pas été inscrits dans la «comptabilité A» parce qu'ils n’ont pas été recouvrés par les États membres et qu’aucune garantie n’a été constituée (ou, si une garantie a été fournie, les montants sont contestés). Ces droits font l’objet d’une dépréciation en fonction des informations transmises chaque année par les États membres. Ces montants atteignent généralement un niveau similaire à chaque fin d’exercice, comme indiqué plus haut.
Sous «Ressources propres à recevoir» en 2020 figurent les créances à recouvrer à la suite des budgets rectificatifs nº 8/2020 et nº 9/2020, adoptés respectivement le 24 novembre 2020 et le 15 décembre 2020. Ces montants ont été versés par la plupart des États membres le premier jour ouvrable de janvier 2021. Il n’y avait pas de montant de ce type se rapportant à l’exercice 2019.
Créances à recouvrer au titre du FEAGA et du développement rural
Ce poste comprend principalement les montants dus par les États membres au 31 décembre 2019, tels que déclarés et certifiés par eux au 15 octobre 2019. Il est procédé à une estimation pour les créances à recouvrer nées après cette déclaration et jusqu’au 31 décembre 2019. La Commission estime également la réduction de valeur pour les montants dus par les bénéficiaires dont le recouvrement est improbable. La réalisation de cet ajustement n’implique pas que la Commission renonce au recouvrement futur de ces montants. Une déduction de 20 % est en outre comprise dans cet ajustement et correspond à la retenue que les États membres sont autorisés à opérer pour couvrir leurs frais administratifs.
46.Accord de retrait du Royaume-Uni
| en Mio EUR | ||||
| Article 140 | Article 142 | Autres | 31.12.2020 | |
| Montants dus par le Royaume-Uni | 34 966 | 14 338 | 275 | 49 579 |
| Montants dus au Royaume-Uni | – | – | (2 122) | (2 122) |
| Total | 34 966 | 14 338 | (1 847) | 47 456 |
| Non courants | 28 196 | 14 327 | (1 894) | 40 629 |
| Courants | 6 769 | 11 | 47 | 6 827 |
L’«accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique» (réf. 2019/C 384 I/01) (ci-après l’«accord sur le retrait») signé entre l’UE et le Royaume-Uni prévoit diverses obligations financières incombant aux deux parties. Le montant ci-dessus représente la créance nette à recevoir du Royaume-Uni sur la base de ces obligations à la fin de l’exercice.
Conformément à l’article 139 de l’accord de retrait, la part du Royaume-Uni dans les obligations financières découlant de l’accord de retrait est obtenue en divisant les ressources propres mises à disposition par le Royaume-Uni pour les années 2014 à 2020 par les ressources propres mises à disposition pendant cette période par tous les États membres et le Royaume-Uni. Les ajustements résultant de la compensation des soldes TVA et RNB pour les années 2014 à 2019 sont également inclus. La part du Royaume-Uni obtenue fera l’objet des ajustements finaux prévus à l’article 139 de l’accord de retrait en 2022. La part du Royaume-Uni pour 2021 est utilisée pour les calculs visés à l’article 136, paragraphe 3, points a) et c), et aux articles 140 à 147. La part du Royaume-Uni obtenue conformément à l’article 139 de l’accord de retrait est de 12,358072326018200 %.
Article 140 – Engagements restant à liquider
Le Royaume-Uni s’est engagé à verser à l’UE sa part des engagements budgétaires restant à liquider au 31 décembre 2020, telle qu’ajustée selon les exigences de l’article 140. Les ajustements comprennent la déduction des engagements financés par des recettes affectées dans le budget de l’Union, la déduction des engagements relatifs aux programmes pour lesquels le Royaume-Uni dispose d’une clause de non-participation et la déduction des engagements relatifs aux lignes budgétaires non différenciées pour lesquelles le montant des crédits de paiement est reporté automatiquement et pour lesquelles le Royaume-Uni a déjà contribué en 2020.
Les engagements budgétaires de l’Union provenant de crédits issus de recettes affectées comprennent les contributions des pays tiers (recettes affectées externes) et la réutilisation des montants initialement payés par le budget de l’UE et qui lui sont ensuite reversés (recettes affectées internes). Les différentes règles d’utilisation des recettes affectées externes et internes sont énoncées respectivement à l’article 12, paragraphe 4, point c), et à l’article 12, paragraphe 4, point b), du règlement financier.
Les engagements budgétaires provenant de crédits issus de recettes affectées externes sont exclus des engagements restant à liquider dont le Royaume-Uni est redevable. Pour cette catégorie de recettes affectées, les crédits de paiement destinés à financer les engagements correspondants restent disponibles pour la durée du programme auquel les recettes sont affectées. Par conséquent, aucun financement supplémentaire n’est dû par le Royaume-Uni.
En outre, la majorité des crédits de paiement relatifs aux recettes affectées internes a déjà été utilisée pour financer les engagements budgétaires votés. Par conséquent, seuls les crédits de paiement issus des recettes affectées internes qui sont encore disponibles pour financer une partie des engagements restant à liquider sont également déduits du passif britannique.
La composante la plus importante des recettes affectées internes est le mécanisme de compensation appliqué par les Fonds ESI. Les crédits de paiement issus des recettes affectées internes, auxquels les États membres et le Royaume-Uni ont déjà contribué par le passé, sont utilisés pour payer les engagements budgétaires restant à liquider afin d’optimiser l’utilisation du budget et donc de réduire les contributions des États membres. Il en résulte que les engagements pris sur les recettes affectées internes doivent être financés par des crédits budgétaires futurs. En conséquence, ces engagements restant à liquider demeurent un passif pour le budget de l’UE et pour le Royaume-Uni, à l’instar des autres engagements budgétaires ouverts de l’UE.
Le Royaume-Uni n’a pas participé au financement de certains programmes et actions dans le domaine de la justice et des affaires intérieures. Par conséquent, les engagements restants à liquider liés à la non-participation britannique sont exclus du montant global dû. Les autres ajustements comprennent les reports non automatiques de crédits d’engagement de 2020 à 2021 qui viendront augmenter les engagements budgétaires restant à liquider dont le Royaume-Uni est redevable. Le montant de ce RAL ajusté au 31 décembre 2020 est de 294,3 milliards d’EUR, dont la part du Royaume-Uni serait de 36,4 milliards d’EUR. D’autres corrections sont ensuite apportées à ce montant, correspondant à la part du Royaume-Uni dans: les corrections financières nettes de la période 2014-2020 ou des périodes de programmation précédentes qui ont été encaissées en 2021; et les RPT se rapportant à 2020 et mises à disposition en 2021. Le montant dû par le Royaume-Uni au titre de l’article 140 s’établit donc à 36,0 milliards d’EUR. Le montant comptabilisé comme créance à recevoir est fondé sur les prévisions officielles de la Commission tablant sur les dégagements de la totalité du stock de RAL au 31 décembre 2020, ce qui donne une créance totale de 35,0 milliards d’EUR (dont 6,8 milliards d’EUR à payer dans les 12 mois suivant la date de clôture):
| en Mio EUR | |
| 31.12.2020 | |
| Engagements budgétaires restant à liquider au 31.12.2020, tels qu’ils figurent dans les états sur l’exécution budgétaire. | 303 197 |
| Engagements sur des lignes budgétaires non différenciées: montant des crédits de paiement reportés automatiquement | (1 196) |
| Engagements pour lesquels le Royaume-Uni dispose d’une clause de non-participation | (1 826) |
| Engagements financés par des recettes affectées | (4 709) |
| Crédits de paiement disponibles sur les recettes affectées internes | (1 128) |
| Autres ajustements (reports non automatiques de crédits d’engagement) | 10 |
| Engagements budgétaires ajustés au 31.12.2020 sur lesquels la part du Royaume-Uni est appliquée | 294 347 |
| Part du Royaume-Uni dans les engagements budgétaires ajustés | 36 376 |
| Corrections financières nettes liées à la période 2014-2020 ou aux périodes de programmation précédentes | (0) |
| RPT se rapportant à 2020 et mises à la disposition de l’Union en 2021 | (402) |
| Montants dus par le Royaume-Uni au titre de l’article 140 | 35 973 |
| Non-exécution estimée | (1 008) |
| Total | 34 966 |
| Non courants | 28 196 |
| Courants | 6 769 |
Pour de plus amples informations concernant les engagements budgétaires restant à liquider au 31 décembre 2020 – qui constituent le chiffre de départ pour le calcul des montants dus par le Royaume-Uni en vertu de l’article 140 – il convient de consulter les états sur l’exécution budgétaire et les notes annexes, tableau 4.4.
Article 142 – Passifs de l’Union à la fin 2020
Le Royaume-Uni s’est engagé à payer à l’UE sa part des passifs de l’Union à la fin de 2020, à l’exception de ce qui suit: a) les passifs et les actifs correspondants et b) les passifs liés au fonctionnement du budget et à la gestion des ressources propres [y compris les montants déjà couverts par les engagements restant à liquider (voir article 140 ci-dessus)] Le montant le plus important a trait aux obligations de l’UE qui sont postérieures à l’emploi (pensions et assurance maladie) et qui existent au 31 décembre 2020. La part du Royaume-Uni s’élève à 14 338 millions d’EUR à la fin de l’exercice (dont 11 millions d’EUR doivent être payés au cours des 12 mois suivant la date de clôture):
| en Mio EUR | ||||
| Régime de pension des fonctionnaires européens | Régime commun d’assurance maladie | Autres régimes de prestations de retraite | 31.12.2020 | |
| Passif impayé au 31.12.2020 | 100 741 | 12 935 | 2 344 | 116 020 |
| Part du Royaume-Uni | 12 450 | 1599 | 290 | 14 338 |
| Non courant | 12 450 | 1 599 | 279 | 14 327 |
| Courant | – | – | 11 | 11 |
Pour de plus amples informations concernant les engagements en matière d’avantages sociaux, il convient de consulter la note 2.9.
Autres articles
| en Mio EUR | |
| 31.12.2020 | |
| Montants dus par le Royaume-Uni: | |
| Article 136 | 230 |
| Article 147 | 46 |
| 275 | |
| Montants dus au Royaume-Uni: | |
| Article 141 | (1 766) |
| Article 143 | (93) |
| Article 144 | (46) |
| Article 145 | (183) |
| Article 146 | (33) |
| (2 122) | |
| Total | (1 847) |
| Non courants | (1 894) |
| Courants | 47 |
Article 136 – Dispositions applicables en matière de ressources propres
L’article 136 définit les dispositions applicables après le 31 décembre 2020 en matière de ressources propres. Le Royaume-Uni a le droit de recevoir sa part lorsque les ressources propres relatives aux exercices jusqu’à celui de 2020 inclus doivent être mises à disposition, corrigées ou faire l’objet d’ajustements après le 31 décembre 2020. Il recevra en outre sa part des ajustements liés à l’excédent de l’année 2020. Il est également soumis aux ajustements des ressources propres TVA et RNB qui concernent les exercices jusqu’à celui de 2020 inclus. Ces ajustements TVA et RNB seront calculés chaque année jusqu’au 31 décembre 2028. Les calculs actualisés de la correction en faveur du Royaume-Uni pour la période 2017-2019 sont également pris en compte.
Le Royaume-Uni est tenu de payer les ressources propres traditionnelles qu’il a perçues après le 28 février 2021, mais qui se rapportent à l’année 2020 et aux exercices antérieurs. Sa part du total des ressources propres traditionnelles mises à disposition par l’Union des Vingt-Sept et par lui-même est ensuite déduite de ce montant. La comptabilité séparée des ressources propres traditionnelles est entièrement liquidée au 31 décembre 2025.
Le montant de 230 millions d’EUR mentionné ci-dessous doit être payé par le Royaume-Uni au cours de l’année 2021.
| en Mio EUR | |
| Excédent | (219) |
| Correction en faveur du Royaume-Uni | 211 |
| Non-participation | s.o. |
| Ajustements TVA et RNB (relatifs aux exercices 2020 et antérieurs) | 214 |
| Ressources propres traditionnelles nettes du Royaume-Uni après le 28 février 2021 | 23 |
| Total | 230 |
Article 141 – Amendes
Le Royaume-Uni a droit à sa part des amendes décidées avant le 31 décembre 2020 ainsi que de celles décidées par l’Union après le 31 décembre 2020 dans le cadre d’une procédure visée à l’article 92, paragraphe 1, lorsque celles-ci deviennent définitives. Au 31 décembre 2020, le montant des amendes restant à payer concernant le Royaume-Uni était de 14,3 milliards d’EUR. Au total, le Royaume-Uni aurait droit à 1,8 milliard d’EUR (dont 20 millions d’EUR à verser dans les 12 mois suivant la date de clôture).
Article 143 – Passifs financiers éventuels: prêts d’assistance financière, EFSI, FEDD et MPE
En vertu de cet article, le Royaume-Uni est tenu de financer sa part des passifs éventuels de l’UE liés à ses activités d’emprunt, de prêt et de garantie si ceux-ci se matérialisent et s’ils ne sont pas couverts par les fonds de garantie existants – voir la note 4.1 pour les passifs éventuels correspondants. L’UE remboursera au Royaume-Uni les montants que ce dernier a déjà versés aux fonds de garantie et qui ne sont plus nécessaires. Le Royaume-Uni a également le droit de recevoir les remboursements sur des opérations pour lesquelles il partage la responsabilité. Au 31 décembre 2020, le montant à payer au Royaume-Uni, en totalité au cours des 12 prochains mois, était de 93 millions d’EUR. Celui-ci concerne uniquement le FEDD, pour lequel aucune opération n’a été approuvée avant le retrait et qui ne lui impose donc aucune obligation à couvrir.
Article 144 – Instruments financiers
En vertu de cet article, l’UE s’est engagée à restituer au Royaume-Uni sa part des remboursements découlant des opérations financières approuvées avant la date de retrait, ainsi que sa part des décaissements effectués au titre des opérations financières approuvées après la date de retrait. Au 31 décembre 2020, le montant à payer au Royaume-Uni, en totalité au cours des 12 prochains mois, était de 46 millions d’EUR.
Article 145 – Communauté européenne du charbon et de l’acier en liquidation (CECA en liq.)
Le Royaume-Uni a droit à sa part des actifs nets de la CECA en liquidation au 31 décembre 2020, à rembourser en cinq versements le 30 juin de chaque année, à partir de 2021. Les avoirs nets de la CECA en liquidation au 31 décembre 2020 s’élevaient à 1,5 milliard d’EUR, dont la part du Royaume-Uni était de 183 millions d’EUR (37 millions d’EUR devant être remboursés en 2021).
Article 146 – Investissement dans le Fonds européen d’investissement (FEI)
Le Royaume-Uni a droit à sa part de l’investissement de l’UE dans le capital libéré du FEI au 31 décembre 2020, à rembourser en cinq versements le 30 juin de chaque année, à partir de 2021. L’investissement de l’UE dans le capital libéré du FEI au 31 décembre 2020 s’élevait à 267 millions d’EUR (voir la note 2.3), dont la part du Royaume-Uni était de 33 millions d’EUR (7 millions d’EUR devant être remboursés en 2021).
Article 147 – Affaires juridiques
Le Royaume-Uni s’est engagé à contribuer à sa part des paiements de l’UE découlant d’affaires juridiques concernant les intérêts financiers de l’Union qui deviennent exigibles, pour autant que les faits faisant l’objet de ces affaires se soient produits au plus tard le 31 décembre 2020. Compte tenu des provisions et des charges à payer à la fin de l’exercice, ainsi que des paiements réels effectués pour les affaires juridiques en 2021, le montant estimé que le Royaume-Uni devra payer est de 46 millions d’EUR (dont 21 millions d’EUR ont été facturés au Royaume-Uni pour un paiement en 2021).
47.Créances à recouvrer liées aux amendes pour des infractions aux règles de concurrence
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Créances à recouvrer liées aux amendes (montants bruts) | 14 503 | 14 606 |
| Paiements provisionnels | (3 023) | (3 125) |
| Dépréciation | (186) | (180) |
| Total | 11 295 | 11 301 |
| Non courantes | – | – |
| Courantes | 11 295 | 11 301 |
Les paiements provisionnels correspondent principalement aux entrées de trésorerie provenant d’entreprises qui ont toutefois formé un recours ou qui ont encore la possibilité de saisir les juridictions de l’UE d'un recours contre les décisions imposant des amendes. Un passif éventuel est constitué pour le cas où ces montants devraient être remboursés aux entreprises sanctionnées – voir la note 4.1.4.
Les entreprises sanctionnées qui ont introduit un recours ou qui envisagent de le faire ont la possibilité d’effectuer des paiements provisionnels ou de fournir des garanties bancaires à la Commission. Cette dernière a accepté des garanties financières pour un montant de 11,004 milliards d’EUR (contre 11,133 milliards d’EUR en 2019) d’amendes non acquittées à la fin de l’exercice.
Les réductions de valeur dues à une dépréciation sont le reflet d’une évaluation effectuée cas par cas par la Commission sur les montants des amendes non encaissés ou non couverts par une garantie et que celle-ci s’attend à ne pas recouvrer.
Le total des créances à recouvrer liées aux amendes pour des infractions aux règles de concurrence est resté relativement stable entre 2019 et 2020. Cela est dû au fait que les créances à recouvrer nouvellement émises en 2020 sont largement compensées par les montants d'amendes qui ont été définitivement encaissés en 2020.
48.Produits à recevoir et charges à reporter
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Produits à recevoir | 1 755 | 1 502 |
| Charges à reporter relatives aux opérations sans contrepartie directe | 293 | 286 |
| Total | 2 048 | 1 788 |
| Non courants | 1 261 | – |
| Courants | 787 | 1 788 |
Parmi les autres produits à recevoir figure un montant de 1,7 milliard d’EUR (contre 1,4 milliard d’EUR en 2019) que la Commission s’attend à récupérer dans le domaine de la cohésion à la suite de l’examen et de l’acceptation des comptes annuels présentés par les États membres (sur la base de la procédure instaurée pour la période de programmation 2014-2020). Ce montant (1,3 milliard d’EUR) ne devrait pour l'essentiel être récupéré qu'à la clôture des programmes sous-jacents (à la suite des mesures de l’initiative d’investissement en réaction au coronavirus), d'où son classement comme non courant.
49.Autres créances à recouvrer
Le montant total des autres créances à recouvrer comprend une créance de 744 millions d’EUR résultant du transfert, au Fonds pour l’innovation, des fonds NER300 non dépensés et non encore recouvrés auprès de la BEI à la fin de 2020 – voir la note 3.7.
50.Créances à recevoir des opérations avec contrepartie directe
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Non courantes | ||
| Intérêts de retard | 1 641 | 1 137 |
| Autres créances à recevoir | 44 | 48 |
| 1 685 | 1 185 | |
| Courantes | ||
| Clients | 324 | 269 |
| Dépréciation des créances à recevoir de clients | (188) | (153) |
| Charges à reporter relatives aux opérations avec contrepartie directe | 345 | 238 |
| Intérêts de retard | 1 085 | 528 |
| Autres | 200 | 157 |
| 1 766 | 1 038 | |
| Total | 3 450 | 2 223 |
Les intérêts de retard non courants concernent la procédure d’infraction mentionnée à la note 2.6.1.1.
Les autres créances à recevoir courantes concernent principalement des intérêts de retard. La hausse enregistrée entre 2019 et 2020 s’explique par des produits à recevoir supplémentaires découlant des rapports de contrôle des RPT et par une augmentation due aux intérêts courus sur les garanties fournies par les entreprises frappées d’une amende.
51.STOCKS
| en Mio EUR | ||
| 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Matériel scientifique | 59 | 47 |
| Autres | 21 | 21 |
| Total | 80 | 68 |
52.TRÉSORERIE ET ÉQUIVALENTS DE TRÉSORERIE
| en Mio EUR | |||
| Note | 31.12.2020 | 31.12.2019 | |
| Comptes auprès du Trésor et des banques centrales | 11 342 | 15 519 | |
| Comptes courants | 80 | 91 | |
| Régies d’avances | 8 | 7 | |
| Transferts (fonds en transit) | 0 | 0 | |
| Comptes bancaires pour l’exécution du budget | 2.8.1 | 11 430 | 15 617 |
| Liquidités attachées à des instruments financiers | 2.8.2 | 2 446 | 1 567 |
| Liquidités liées à des amendes | 2.8.3 | 1 458 | 1 258 |
| Liquidités liées à d’autres institutions, agences et organes | 1 362 | 1 208 | |
| Liquidités liées à des fonds fiduciaires | 46 | 97 | |
| Total | 16 742 | 19 745 |
53.Comptes bancaires pour l’exécution du budget
Cette rubrique comprend les fonds de la Commission détenus sur des comptes bancaires auprès de chaque État membre et pays AELE (Trésor ou banque centrale), ainsi que sur des comptes à vue dans des banques commerciales, dans des régies d’avances et des comptes de caisse. Le solde de trésorerie à la fin de 2020 est principalement dû aux éléments suivants:
·un montant de 9,4 milliards d’EUR de paiements non encore exécutés à la fin de l’exercice, dont 7,9 milliards d’EUR concernent des recettes affectées. Les recettes affectées comprennent un montant de 1,3 milliard d’EUR de liquidités provenant de la vente de quotas d’émission et récupéré auprès de la BEI après avoir été affecté par les États membres au Fonds pour l’innovation – voir la note 3.7;
·un montant de 1,6 milliard d’EUR provenant de la trésorerie des agences et des entreprises communes – étant donné que la Commission gère la trésorerie pour le compte de ces entités, ces montants figurent dans cette sous-rubrique.
54.Liquidités attachées à des instruments financiers
Les montants relatifs à cette rubrique concernent essentiellement des équivalents de trésorerie gérés par des fiduciaires pour le compte de la Commission aux fins de la mise en œuvre de programmes d’instruments financiers spécifiques financés par le budget de l’UE et des montants de trésorerie et d’équivalents de trésorerie détenus dans des fonds de garantie relatifs à des garanties budgétaires – voir la note 2.4.1. Les liquidités attachées à des instruments financiers et des fonds de garantie ne peuvent être utilisées que par les programmes correspondants; L’augmentation du solde s’explique essentiellement par i) le provisionnement des Fonds de garantie de l’EFSI et du FEDD avec des crédits supplémentaires qui n’étaient pas encore investis en obligations à la fin de 2020 et ii) les paiements en faveur des instruments financiers de l’UE, notamment dans le cadre des programmes COSME et Horizon 2020, qui n’ont pas encore été utilisés pour des appels de garantie ni pour des investissements en capitaux propres.
55.Liquidités liées à des amendes
Il s’agit essentiellement des montants reçus se rapportant à des amendes infligées par la Commission dans le cadre d’affaires encore en cours. Ces montants sont conservés sur des comptes de dépôt spécifiques qui ne sont utilisés à aucune autre fin. Si un recours a été formé ou si les intentions de la partie adverse en la matière ne sont pas connues, le montant sous-jacent est indiqué comme un passif éventuel dans la note 4.1.4. Depuis 2010, toutes les amendes ultérieures encaissées à titre provisionnel sont gérées par la Commission dans le fonds BUFI et investies dans des instruments financiers classés comme disponibles à la vente (voir la note 2.4.1). L’augmentation des liquidités relatives aux amendes à la fin de l’exercice 2020 est due à un solde de trésorerie plus élevé détenu dans le fonds BUFI par rapport à la fin de l’exercice 2019 ainsi qu’aux amendes définitivement perçues à transférer au budget.
PASSIF
56.RETRAITES ET AUTRES AVANTAGES DU PERSONNEL
57.Passifs nets liés aux avantages du personnel
| en Mio EUR | |||||
| Régime de pension des fonctionnaires européens | Autres régimes de prestations de retraite | Régime commun d’assurance maladie | 31.12.2020 Total | 31.12.2019 Total | |
| Obligation au titre des prestations définies | 100 741 | 2 438 | 13 289 | 116 468 | 98 062 |
| Actifs du régime | s.o. | (94) | (354) | (448) | (403) |
| Passifs nets | 100 741 | 2 344 | 12 935 | 116 020 | 97 659 |
L’augmentation du passif total lié aux avantages du personnel est principalement due à une hausse des passifs nets du régime de pension des fonctionnaires européens (PSEO), qui est le plus grand régime en place. Ce passif dans le PSEO a augmenté principalement en raison de la perte actuarielle découlant de changements d’hypothèses financières provoqués par une forte diminution du taux d’actualisation nominal. En outre, comme le taux d’actualisation nominal est ajusté en fonction de l’inflation pour obtenir le taux d’actualisation réel, en 2020, le taux d’actualisation réel a été négatif pour la deuxième année consécutive – autrement dit, tout montant donné dans le futur vaut plus aujourd’hui qu'au moment où il se concrétisera, ce qui augmente considérablement le volume du passif en fin d’exercice. Ce taux d’actualisation plus faible a eu un effet similaire sur les autres régimes.
En outre, les droits acquis au cours de l’exercice pour services rendus sont plus élevés que les prestations versées au cours de l’exercice. En outre, on enregistre une hausse due au coût financier annuel (détricotage de l’actualisation du passif) ainsi que des pertes actuarielles liées à l’expérience.
Régime de pension des fonctionnaires européens
Cette obligation au titre des prestations définies correspond à la valeur actuelle des paiements futurs de l’UE qui devraient être nécessaires pour régler l’obligation résultant des services rendus par les membres du personnel pendant la période considérée et les périodes antérieures. Le régime fonctionne en continu et, à ce titre, tous les paiements devant découler du régime sur une base annuelle sont inscrits chaque année au budget de l’UE.
Conformément à l’article 83 du statut, le paiement des prestations prévues au régime de pension du personnel constitue une dépense dans le budget de l’UE. Le régime repose sur un financement théorique, mais les États membres garantissent le paiement de ces prestations de manière collective. Une contribution obligatoire au régime des pensions, actuellement fixée à 10,1 %, est déduite du traitement de base des membres actifs. Ces contributions sont considérées comme des recettes budgétaires de l’exercice et contribuent au financement des dépenses de l’UE en général, voir également la note 3.7.
Le passif du régime des pensions a été évalué sur la base du nombre d’agents affiliés au PSEO (actifs, retraités, anciens actifs actuellement en invalidité et personnes à charge des agents décédés) au 31 décembre 2020 et des dispositions du statut en vigueur à cette date. Cette évaluation a été effectuée selon la méthodologie de la norme IPSAS 39 (et par conséquent de la règle comptable nº 12 de l’UE).
Autres régimes de prestations de retraite
Cette rubrique comprend les obligations de pension envers les membres et anciens membres de la Commission, de la Cour de justice (et du Tribunal) et de la Cour des comptes, du Conseil, du Médiateur européen, du Contrôleur européen de la protection des données et du Tribunal de la fonction publique européenne. Y figurent également les obligations de pension envers les membres du Parlement européen.
Régime commun d’assurance maladie
Outre les régimes de prestations de retraite susmentionnés, un calcul est effectué pour évaluer le passif que l’UE devra assumer au titre du régime commun d’assurance maladie (RCAM) en ce qui concerne les dépenses de santé qui doivent être payées pendant les périodes postérieures au départ des membres (déduction faite de leur contribution). Comme indiqué dans la note 1.5.10, le calcul de ce passif tient compte de l’ensemble de la période de service actif, garantissant que les régimes de retraite et d’assurance maladie du régime d’avantages postérieurs à l’emploi du personnel soient tous deux pris en considération de manière cohérente. Compte tenu de l’obligation, imposée à la fois par les règles comptables de l’UE et par les IPSAS, de présenter fidèlement la réalité économique de la situation sous-jacente, nous n’avons pas interprété l’IPSAS 39 de manière plus stricte lors de l’affectation des droits à prestations aux périodes de service. Si on considérait le coût des services pour le RCAM sur 10 années pour l’ensemble des fonctionnaires, et non sur la période de service actif du membre du personnel, l’incidence d’une telle approche sur l’obligation au titre des prestations définies en fin d’exercice serait une augmentation de 4,6 milliards d’EUR. Toutefois, comme il a déjà été indiqué, cette approche plus stricte ne serait pas compatible avec la caractéristique qualitative «représentation fidèle» et elle ne serait donc pas considérée comme procurant des informations fiables conformément à la règle comptable nº 1 et au cadre conceptuel des IPSAS. Cette estimation est extrêmement sensible à l’évolution du statut administratif actuel du personnel (en particulier au nombre de membres sous contrat à durée déterminée supposés devenir fonctionnaires à l’avenir).
58.Évolution de la valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations définies pour les avantages du personnel
La valeur actuelle de l’obligation au titre de prestations définies est la valeur actualisée des paiements futurs qui devraient être nécessaires pour régler l’obligation résultant des services rendus par les membres du personnel pendant la période considérée et les périodes antérieures.
Une analyse de l’évolution de l’obligation au titre des prestations définies pour l’exercice en cours est présentée ci-dessous:
| en Mio EUR | ||||
| Régime de pension des fonctionnaires européens | Autres régimes de prestations de retraite | Régime commun d’assurance maladie | Total | |
| Valeur actuelle au 31.12.2019 | 83 842 | 2 149 | 12 071 | 98 062 |
| Comptabilisation dans le compte de résultat économique | ||||
| Coût des services rendus au cours de la période | 3 441 | 97 | 348 | 3 886 |
| Coût financier | 919 | 17 | 145 | 1 081 |
| Coût des services passés | – | – | – | – |
| Comptabilisation dans les actifs nets | ||||
| Réévaluations des passifs liés aux avantages du personnel | ||||
| Écarts actuariels découlant de l’expérience | 2 348 | (7) | (141) | 2 200 |
| Écarts actuariels découlant des hypothèses démographiques | – | (3) | – | (3) |
| Écarts actuariels découlant des hypothèses financières | 11 896 | 259 | 964 | 13 119 |
| Autres | ||||
| Prestations servies | (1 706) | (75) | (97) | (1 878) |
| Valeur actuelle au 31.12.2020 | 100 741 | 2 438 | 13 289 | 116 468 |
Le coût des services rendus au cours de la période désigne l’accroissement de la valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations définies résultant des services rendus par les membres du personnel au cours de l’exercice considéré.
Le coût financier désigne l’accroissement, au cours de la période, de la valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations définies résultant du fait que l’on s’est rapproché de la date de règlement des prestations d’une période.
Les écarts actuariels découlant de l’expérience renvoient aux effets des différences entre ce qui était prévu selon les hypothèses émises l’année dernière pour 2020 et ce qui s’est effectivement produit en 2020.
Des écarts actuariels découlant d’hypothèses actuarielles (des variables démographiques telles que la rotation du personnel et la mortalité et des variables financières telles que les taux d’actualisation et les augmentations salariales prévues) apparaissent lorsque ces hypothèses sont mises à jour pour tenir compte des fluctuations des conditions sous-jacentes.
Les prestations (pensions ou remboursements des frais médicaux, par exemple) sont versées au cours de l’exercice selon les règles du régime. Ces prestations servies conduisent à une diminution de l’obligation au titre des prestations définies.
59.Actifs du régime
| en Mio EUR | |||
| Autres régimes de prestations de retraite | Régime commun d’assurance maladie | Total | |
| Valeur actuelle au 31.12.2019 | 94 | 309 | 403 |
| Évolution nette des actifs du régime | 0 | 45 | 45 |
| Valeur actuelle au 31.12.2020 | 94 | 354 | 448 |
60.Hypothèses actuarielles – avantages du personnel
Les principales hypothèses actuarielles utilisées dans l’évaluation des deux principaux régimes d’avantages du personnel de l’UE sont présentées ci-dessous:
| Régime de pension des fonctionnaires européens | Régime commun d’assurance maladie | |
| 2020 | ||
| Taux d’actualisation nominal | 0,4 % | 0,5 % |
| Taux d’inflation anticipé | 1,2 % | 1,3 % |
| Taux d’actualisation réel | (0,8) % | (0,8) % |
| Taux d’augmentations salariales attendu | 1,8 % | 1,8 % |
| Taux d’évolution des coûts médicaux | s.o. | 2,6 % |
| Âge de la retraite | 63/64/66 | 63/64/66 |
| 2019 | ||
| Taux d’actualisation nominal | 1,1 % | 1,2 % |
| Taux d’inflation anticipé | 1,3 % | 1,3 % |
| Taux d’actualisation réel | (0,2) % | (0,1) % |
| Taux d’augmentations salariales attendu | 1,8 % | 1,8 % |
| Taux d’évolution des coûts médicaux | s.o. | 3,0 % |
| Âge de la retraite | 63/64/66 | 63/64/66 |
Les taux de mortalité pour 2019 et 2020 sont fondés sur la table de mortalité des fonctionnaires européens – EULT 2018.
Le taux d’actualisation nominal est déterminé comme étant la valeur du rendement des obligations à coupon zéro en euros (avec une échéance à 23 ans à partir de décembre 2020 pour le PSEO, et à 27 ans pour le régime commun d’assurance maladie). Le taux d’inflation utilisé est le taux d’inflation anticipé sur la période équivalente. Il doit être déterminé de manière empirique, sur la base de valeurs prospectives exprimées par des obligations indexées sur les marchés financiers européens. Le taux d’actualisation réel est calculé à partir du taux d’actualisation nominal et du taux d’inflation anticipé à long terme.
La diminution du taux d’actualisation réel, c’est-à-dire la différence entre le taux d’actualisation nominal et le taux d’inflation anticipé, a été particulièrement forte en 2019 et s’est poursuivie en 2020. Cette diminution du taux d’actualisation réel est principalement due à la baisse du taux d’actualisation nominal, ce qui correspond à la tendance continue observée globalement sur les marchés financiers. La baisse du taux d’actualisation nominal n’a pas été suffisamment compensée par les modifications de l’hypothèse relative au taux d’inflation. Cela s’est traduit par un net recul du taux d’actualisation réel, qui poursuit donc son évolution négative et contribue à l’importante perte actuarielle découlant des hypothèses financières.
Comme pour le PSEO, l’augmentation du passif du RCAM a été principalement la conséquence du recul continu du taux d’actualisation réel, même si l’effet a été partiellement compensé par l’actualisation de la hausse annuelle présumée des coûts médicaux, qui constitue une hypothèse essentielle dans le contexte des régimes d'assurance maladie. Au cours de l’exercice 2020, l’évolution projetée des coûts médicaux a été calculée sur la base d’une série bien plus longue de données couvrant la période 2005-2019, ce qui a permis une plus grande cohérence avec la durée du régime et une estimation plus précise de l’évolution attendue des coûts médicaux. En raison des circonstances exceptionnelles dues à la pandémie de COVID-19 et afin d’éviter le risque de distorsion de l’estimation, l’année 2020 a été exclue de la série chronologique.
61.Analyses de sensibilité
L’analyse de sensibilité repose sur des simulations qui modifient, toutes choses étant égales par ailleurs, la valeur des hypothèses concernées.
Sensibilité du régime de pension des fonctionnaires européens
Une variation de dix points de base (0,1 %) du taux d’actualisation présumé aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | |
| Obligation au titre des prestations définies | (2 247) | 2 319 | (1 797) | 1 854 |
Une variation de dix points de base (0,1 %) des augmentations salariales prévues aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | |
| Obligation au titre des prestations définies | 2 206 | (2 143) | 1 774 | (1 724) |
Une variation d’une année de l’âge présumé de départ à la retraite aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Augmentation d’une année | Diminution d’une année | Augmentation d’une année | Diminution d’une année | |
| Obligation au titre des prestations définies | (1 104) | 1 417 | (620) | 771 |
Sensibilité du régime commun d’assurance maladie
Une variation de dix points de base des taux d’évolution des coûts médicaux présumés aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | |
| Total du coût des services rendus au cours de la période et du coût financier inclus dans la charge au titre des avantages médicaux postérieurs à l’emploi | 15 | (14) | 8 | (8) |
| Obligation au titre des prestations définies | 397 | (385) | 352 | (341) |
Une variation de dix points de base (0,1 %) du taux d’actualisation présumé aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | |
| Obligation au titre des prestations définies | (348) | 361 | (311) | 322 |
Une variation de dix points de base (0,1 %) des augmentations salariales prévues aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | Hausse de 0,1 % | Baisse de 0,1 % | |
| Obligation au titre des prestations définies | (38) | 37 | (30) | 29 |
Une variation d’une année de l’âge présumé de départ à la retraite aurait les effets suivants:
| en Mio EUR | ||||
| 2020 | 2019 | |||
| Augmentation d’une année | Diminution d’une année | Augmentation d’une année | Diminution d’une année | |
| Obligation au titre des prestations définies | (401) | 421 | (363) | 383 |
62.PROVISIONS
| en Mio EUR | |||||||
| Montant au 31.12.2019 | Provisions supplé-mentaires | Montants inutilisés reversés | Montants utilisés | Transferts entre catégories | Variations de l’estimation | Montant au 31.12.2020 | |
| Contentieux: | |||||||
| Agriculture | 441 | 168 | (4) | (435) | – | – | 170 |
| Autres | 103 | 17 | (3) | (77) | – | (9) | 31 |
| Démantèlement de sites nucléaires | 2 132 | – | – | (30) | – | 325 | 2 426 |
| Financières | 1 938 | 812 | (1) | (225) | – | (2) | 2 523 |
| Autres | 208 | 59 | (13) | (11) | – | 11 | 254 |
| Total | 4 823 | 1 056 | (20) | (778) | – | 324 | 5 405 |
| Non courantes | 3 707 | 743 | (4) | (505) | (393) | 330 | 3 878 |
| Courantes | 1 116 | 313 | (16) | (274) | 393 | (6) | 1 527 |
Les provisions sont des montants estimés de façon fiable, résultant d’événements passés, qui devront probablement être payés sur le budget de l’UE à l'avenir.
Contentieux
Il s’agit de l’estimation des montants susceptibles d’être payés après la fin de l’exercice en ce qui concerne un certain nombre de contentieux en cours. Les montants relatifs à l’agriculture concernent les actions en justice intentées par les États membres contre les décisions d’apurement de conformité pour le FEAGA. Ici, la diminution est due à deux affaires tranchées en 2020.
Démantèlement de sites nucléaires
En 2017, la base de la provision a été mise à jour conformément à la révision 2017 de la stratégie de démantèlement et de gestion des déchets du JRC (Decommissioning and Waste Management – D&WM). La révision de la stratégie, ainsi que du budget nécessaire et des besoins en personnel, a été menée avec le groupe d