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AccueilDroit européen52021DC0405
Acte préparatoire52021DC0405

Acte préparatoire — 52021DC0405

CELEX52021DC0405
TypeActe préparatoire
Datevendredi 9 juillet 2021

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 9.7.2021

COM(2021) 405 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2019 (synthèse)


Rapport sur le suivi des demandes adressées par le Parlement européen dans ses résolutions sur la décharge et par le Conseil dans sa recommandation sur la décharge pour l’exercice 2019

1.Introduction

Le 27 avril 2021, le Parlement européen, sur la base d’une recommandation du Conseil, a donné décharge à la Commission pour l’exercice 2019 à une nette majorité, reconnaissant ainsi que le budget de l’UE a été, dans l’ensemble, dépensé à bon escient et de manière adéquate.

La procédure de décharge 2019 s’est déroulée dans le contexte de la continuation de la pandémie de COVID-19 et parallèlement aux négociations et à l’adoption ultérieure du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 et de NextGenerationEU. Le souci de veiller à ce que chaque euro versé par les contribuables de l’UE soit dépensé à bon escient, dans l’intérêt de tous les citoyens de l’UE, a continué à figurer au premier rang des priorités de l’action de la Commission dans ces circonstances sans précédent.

Dans ce contexte, la Commission adhère aux principaux objectifs exprimés par le Parlement européen et le Conseil dans le cadre de la procédure de décharge 2019:

oassurer un niveau élevé de transparence et de responsabilité quant à la manière dont le budget de l’UE est géré, au moyen d’un cadre de gestion et de contrôle solide;

oprotéger le budget de l’UE: la Commission répond aux allégations ou aux soupçons de détournement ou de mauvaise gestion des fonds de l’UE et prend toutes les mesures nécessaires pour protéger le budget de l’Union, y compris, le cas échéant, par la suspension des paiements, par des corrections financières et par d’autres mesures, telles que le nouveau régime général de conditionnalité pour le budget de l’UE;

oplacer la performance au centre de l’exécution budgétaire: il est tout aussi important que les fonds dépensés répondent effectivement aux défis et produisent les résultats escomptés sur le terrain, se traduisant par des retombées tangibles et des changements positifs dans la vie des citoyens et des bénéficiaires;

odans l’ensemble, trouver un juste équilibre entre un faible niveau d’erreur, des paiements rapides, des contrôles engendrant des coûts et une charge raisonnables pour les autorités publiques et les bénéficiaires et la valeur ajoutée des dépenses de l’UE.

Le présent rapport sur le suivi de la procédure de décharge 2019 fournit, dans le cadre des rapports financiers et sur la responsabilité intégrés, un résumé des mesures prises par la Commission en réponse aux principales demandes formulées par le Parlement européen et le Conseil dans le cadre de la procédure 2019. Lorsque la procédure de décharge 2020 débutera dans le courant de l’année, la Commission présentera des informations plus détaillées et actualisées sur ses mesures de suivi.

2.Transparence et responsabilité

La présentation par la Commission de l'ensemble de rapports financiers et sur la responsabilité intégrés pour l’année 2019 a constitué le point de départ de la procédure de décharge 2019. Elle a été suivie par la présentation du rapport annuel 2019 de la Cour des comptes européenne, qui a rendu une opinion «favorable» sur les comptes annuels de l’UE pour la 13e année consécutive, ainsi qu’une opinion favorable sur le volet des recettes du budget de l’UE. La Cour a toutefois émis une opinion défavorable sur la légalité et la régularité des dépenses sous-jacentes aux comptes, alors qu’elle avait rendu une opinion avec réserve au cours des trois années précédentes. L’un des principaux facteurs a été l’augmentation de la part des dépenses à haut risque, souvent soumises à des règles complexes et principalement fondées sur le remboursement.

Alors que la Cour rend une opinion d’audit annuelle, la Commission, en tant que gestionnaire du budget de l’UE, a mis en place des stratégies de contrôle pluriannuelles destinées à prévenir, à détecter et à corriger les erreurs, même au cours des années suivant l’année du paiement. Elle continue de prendre des mesures pour remédier aux complexités et de veiller à améliorer la prévention et la détection des erreurs au fil du temps pour l’ensemble des programmes. Les estimations des niveaux d’erreur de la Commission pour 2019 se situaient dans la fourchette de la Cour des comptes. À la suite des efforts déployés par la Commission et ses partenaires chargés de la mise en œuvre, la gestion financière du budget de l’UE s’est améliorée au fil du temps et les niveaux d’erreur ont baissé à un point tel qu’ils se sont rapprochés ces dernières années du seuil de signification de 2 %, sauf dans certains domaines d’action spécifiques.

Les systèmes de contrôle en place donnent à la Commission une connaissance très précise et détaillée du fonctionnement des systèmes, y compris au niveau des autorités nationales et régionales chargées de la gestion partagée, tout en recensant les domaines dans lesquels des améliorations sont encore nécessaires et en prenant des mesures s’il y a lieu. Compte tenu de l’évaluation qualitative par la Commission de l’efficacité du fonctionnement de ces systèmes de contrôle, ainsi que de la capacité de correction pluriannuelle qui a fait que le montant à risque à la clôture (0,7 % en 2019) était inférieur au seuil de signification de 2 %, la Commission considère que les erreurs ne sont pas généralisées et ne touchent pas l’ensemble du budget de l’UE.

Cette année, la Cour a également présenté, outre le rapport annuel qui comprend la déclaration d’assurance annuelle, une partie spécifique du rapport annuel consacrée à la performance du budget de l’UE. Bien que la Cour des comptes estime que la Commission dispose de procédures solides pour établir des rapports sur la performance et que les rapports continuent de s’améliorer et gagnent en équilibre, elle met en évidence certains domaines qui doivent encore être améliorés et que la Commission examinera afin de mieux évaluer et mesurer l’accomplissement des priorités, des politiques et des programmes de l’Union.

La Commission rend compte en détail de toutes ces questions dans ses rapports financiers et sur la responsabilité intégrés, qui décrivent la manière dont l’argent des contribuables de l’UE a été dépensé en 2020 et les mesures prises pour garantir que le budget de l’UE est géré selon les normes les plus élevées. Ces rapports témoignent de l’engagement commun des institutions de l’UE et des États membres à tirer le meilleur parti de chaque euro investi dans le cadre du budget de l’UE.

3.État de droit et valeurs fondamentales

Pour la première fois, l’Union dispose d’un outil spécifique pour protéger son budget contre les violations des principes de l’état de droit grâce au nouveau règlement relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union 1 .

Ce règlement couvre l’ensemble du CFP 2021-2027 et NextGenerationEU, y compris la facilité pour la reprise et la résilience. Il est applicable depuis le 1er janvier 2021 et est exécutoire à partir de cette date. Il s’appliquera à toutes les violations visées portant atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union et aux intérêts financiers de l’Union après cette date. La Commission utilisera la conditionnalité lorsqu’elle estime qu’il n’y a pas d’autre instrument plus efficace pour protéger le budget de l’UE.

La Commission prépare actuellement des lignes directrices pour l’application du règlement. Dans le même temps, elle évalue activement les informations provenant des sources citées dans le règlement afin de déceler d’éventuelles violations des principes de l’état de droit qui seraient pertinentes pour l’application des dispositions du règlement. Les éventuels sujets de préoccupation feront l’objet de discussions avec les États membres dans les meilleurs délais.

Pour ce qui est de la mise en place d’un système de contrôle efficace pour les cas présumés d’accaparement de terres dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), au titre de la gestion partagée, il appartient avant tout aux autorités compétentes des États membres de traiter les plaintes émanant de bénéficiaires individuels. Par conséquent, dans les nouveaux règlements relatifs à la PAC, une disposition imposant aux États membres de mettre en place des systèmes adéquats pour gérer les plaintes relatives à la mise en œuvre des Fonds a été approuvée par les colégislateurs. En outre, les éventuelles violations des droits fondamentaux ou des principes généraux du droit de l’Union commises après l’approbation du plan relevant de la PAC pourraient être traitées par la Commission au moyen des procédures EU Pilot ou des procédures d’infraction existantes.

La Commission surveille les allégations d’accaparement de terres et demande aux États membres de prendre des mesures si nécessaire (par exemple en améliorant le cadastre en Slovaquie). Toutefois, les activités criminelles par nature relèvent principalement de la compétence des forces de police et des procureurs nationaux. En cas d’allégations de fraude, les informations pertinentes sont transmises à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) afin que celui-ci assure un suivi conformément à son mandat. Depuis le 1er juin 2021, il est également possible de faire appel au Parquet européen.

Enfin, en ce qui concerne le respect de l’état de droit dans le domaine de l’aide extérieure, la Commission est fermement attachée aux valeurs fondamentales que sont les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit, lesquelles constituent des éléments essentiels de tous les partenariats et accords de coopération que l’Union conclut avec des pays tiers. La coopération avec la plupart des pays comprend un soutien à un certain nombre de secteurs essentiels tels que les enquêteurs financiers et les enquêteurs criminels, les procureurs, les avocats et les avoués, les médiateurs, les tribunaux pénaux, les cours suprêmes et les cours des comptes, ainsi qu’un soutien substantiel à la gouvernance démocratique.

Dans plusieurs pays, l’UE soutient l’administration de la justice dans le cadre de ses efforts visant à accroître l’efficacité et l’inclusion (République centrafricaine, Mali, Niger et Mauritanie). Elle a aussi contribué à renforcer l’ensemble de la chaîne, depuis les enquêteurs de la police et de la gendarmerie jusqu’aux procureurs et aux juges, pour lutter contre la criminalité (République démocratique du Congo, Guinée-Bissau). Enfin, l’UE soutient également les organisations de la société civile dans leur rôle d’observateur favorisant la transparence et la responsabilité, ainsi que dans leur rôle d’acteur social capable de fournir une assistance juridique aux personnes défavorisées ou vulnérables (République démocratique du Congo, République centrafricaine, Fidji).

4.Informations sur les bénéficiaires des fonds de l’UE et mise en place d’un système informatique interopérable de suivi et d’établissement de rapports

Des progrès importants ont été accomplis dans les cadres législatifs du règlement portant dispositions communes (RPDC), de la PAC, du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) et de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) en ce qui concerne le type d’informations que les États membres doivent collecter et stocker sur les bénéficiaires des fonds de l’UE, y compris sur les propriétaires des entités juridiques bénéficiaires, et sur les destinataires finaux des fonds de l’UE. Ces données devraient permettre de renforcer les processus de contrôle et d’audit, notamment en ce qui concerne la fraude et les conflits d’intérêts.

La Commission a également présenté des propositions visant à rendre obligatoire l’utilisation d’un outil unique d’exploration de données et de calcul du risque (à des fins de contrôle et d’audit) pour le RPDC, la PAC, la FRR, la réserve d’ajustement au Brexit et le FEM. Le colégislateur n’a toutefois pas donné suite à cette proposition pour le RPDC, la FRR, la réserve d’ajustement au Brexit et le FEM, et l’utilisation de cet outil d’exploration de données et de calcul du risque par les États membres reste donc facultative. En ce qui concerne la PAC, l’accord politique final auquel sont parvenus les colégislateurs prévoit l’utilisation volontaire de l’outil, ainsi qu’une clause de réexamen en 2025, assortie d’éventuelles propositions législatives, sur la base d’un rapport de la Commission évaluant l’utilisation de l’outil unique d’exploration de données et son interopérabilité. La Commission mettra cet outil à la disposition des États membres à partir du 1er janvier 2023 afin de les aider à assurer une protection efficace des intérêts financiers de l’Union. En outre, pour tous les fonds de la PAC, des informations sur les groupes auxquels appartiennent les bénéficiaires seraient collectées par les États membres (et publiées pour des raisons de transparence).

La Commission continuera de mettre à la disposition des États membres un outil d’exploration de données et de calcul du risque à des fins de contrôle et d’audit et, en l’absence d’obligation légale pour les États membres, elle les encouragera vivement à l’utiliser.

La Commission réfléchit actuellement à la manière d’améliorer encore la qualité et l’interopérabilité des données relatives aux bénéficiaires et aux destinataires finaux des financements de l’UE, y compris au moyen d’un outil unique d’exploration de données et de calcul du risque. Elle estime que toute disposition à cet égard devrait d’abord être évaluée dans le contexte de la prochaine révision du règlement financier en tant que règlement général pour l’exécution et le contrôle du budget de l’UE.

En ce qui concerne la répartition des fonds de la PAC, la Commission a systématiquement proposé le plafonnement des paiements directs et la dégressivité, ainsi qu’une aide redistributive complémentaire au revenu et l’application d’un concept d’agriculteur véritable/actif afin de garantir une répartition plus équitable des paiements directs. Les colégislateurs se sont mis d’accord sur un éventuel plafonnement des paiements directs, ainsi que sur des paiements redistributifs obligatoires pour au moins 10 % des enveloppes allouées aux paiements directs des États membres, à moins qu’ils ne puissent démontrer qu’ils parviennent à mieux cibler les paiements directs par d’autres moyens. Le concept d’agriculteur actif dans la PAC a également été approuvé par les colégislateurs.

5.Le système de détection rapide et d’exclusion (EDES)

Le système EDES est encore récent et continue de se développer. Initialement, à partir de 2016, EDES couvrait uniquement la gestion directe et très partiellement la gestion indirecte. Dans le cadre de la dernière révision du règlement financier, EDES a été étendu à l’ensemble de la gestion indirecte et son champ d’application a été étendu.

Le nombre d’exclusions doit également être apprécié au regard du niveau élevé de protection des entités et des personnes, notamment conformément à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et au principe de légalité et de proportionnalité des délits et des peines. En outre, le colégislateur a décidé d’imposer des conditions restrictives à la possibilité de publier des sanctions administratives en réservant cette possibilité aux cas les plus graves, l’objectif étant de renforcer l’effet dissuasif des sanctions, tout en respectant la protection des données à caractère personnel, la confidentialité des enquêtes ou des procédures judiciaires nationales et le principe de proportionnalité.

Dans l’ensemble, EDES parvient à trouver un équilibre positif entre la nécessité de protéger les intérêts financiers de l’UE et celle de garantir les droits de la défense, en exigeant un minimum de preuves étayées (faits établis) vérifiées dans le cadre de l’exercice du droit d’être entendu, et il respecte les implications du principe de l’état de droit.

Jusqu’à présent, les affaires concernant plus de 90 entités ont été soumises à l’instance EDES. Au total, 42 entités ont été sanctionnées et 13 sont toujours en situation d’exclusion.

En ce qui concerne l’amélioration du système d’exclusion, la Commission examinera, dans le cadre d’une prochaine révision du règlement financier et à la lumière des cinq premières années de fonctionnement du système, la possibilité d’étendre son champ d’application et, si possible, d’améliorer la procédure.

6.Orientations sur la prévention des conflits d’intérêts

La Commission prend également des mesures dans ce domaine. L’article 61 du règlement financier, tel que modifié en 2018, s’applique de la même manière à tous les fonds de l’UE à tous les niveaux, lorsque l’exercice impartial et objectif des fonctions d’un acteur financier ou d’une autre personne qui participe à l’exécution budgétaire est compromis pour des motifs familiaux, affectifs, d’affinité politique ou nationale, d’intérêt économique ou pour tout autre intérêt personnel direct ou indirect.

La Commission s’est engagée à accompagner et à guider les États membres dans l’application des nouvelles règles en la matière. Elle a publié en avril 2021 un document d’orientation relatif à la prévention et à la gestion des conflits d’intérêts. Ces orientations s’adressent à la fois aux États membres et aux institutions de l’UE. Elles promeuvent une interprétation uniforme des règles énoncées dans le règlement financier pour tous les modes de gestion et contiennent des exemples concrets et des mesures susceptibles d'être mises en place pour éviter et gérer les situations de conflit d’intérêts. Avant d’être achevé, le document a été communiqué au Parlement européen en août 2020 et présenté aux autorités des États membres pour consultation. La Commission a présenté et continuera de présenter le document dans le cadre d’actions de promotion ciblées auprès des États membres, par l’intermédiaire des autorités des États membres et de leurs réseaux d’experts respectifs en 2021 et au-delà.

En ce qui concerne la situation spécifique de la République tchèque, les services compétents de la Commission ont effectué des audits coordonnés qui portent notamment sur des questions de conflit d’intérêts. La Commission a tenu la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen régulièrement informée de l’état d’avancement des travaux. Compte tenu de l’intérêt public que présentent ces audits, comme en témoignent la demande du Parlement européen visant à rendre public le rapport d’audit final, telle qu'elle figure dans la résolution sur la décharge, et une recommandation de la Médiatrice européenne allant dans le même sens, le rapport d’audit final relatif au Fonds européen de développement régional, au Fonds de cohésion et au Fonds social européen a été rendu public après suppression des données à caractère personnel, des secrets commerciaux et d’autres informations soumises à des obligations de non-divulgation. Cela s’est également justifié par l’accomplissement de toutes les étapes requises par la loi dans les délais prévus pour la procédure contradictoire, dans le respect intégral des droits de la défense de l’entité auditée et sans apporter de modification aux conclusions du rapport d’audit, à l’exception de certaines clarifications.

7.Engagements budgétaires restant à liquider (RAL)

Le Parlement européen et le Conseil ont fait part de leurs préoccupations concernant le niveau des engagements restant à liquider (RAL). Le niveau du RAL à la fin de 2020 a encore augmenté pour atteindre 302,6 milliards d’EUR. L’augmentation du niveau du RAL au cours des dernières années s’explique principalement par la règle de dégagement dans la politique de cohésion (dite «règle N+3»), par l’incidence de l’inflation et par l’augmentation de la taille du budget de l’UE ainsi que de l’écart interdépendant entre les engagements et les paiements.

Pour la période 2021-2027, la Commission a proposé une série de mesures de simplification visant à faciliter et à accélérer la mise en œuvre de la politique de cohésion. Si la plupart de ces mesures ont été retenues dans l’accord politique conclu entre les colégislateurs, la Commission regrette que le retour à la règle de dégagement N+2 n’ait pas été approuvé. À ce stade précoce du nouveau cycle budgétaire, la Commission considère que les effets du maintien de la règle de dégagement N+3, conjugués à l’accord tardif sur la législation régissant la plupart des fonds en gestion partagée et à l’accent mis par les autorités nationales sur la mise en œuvre de NextGenerationEU au cours des prochaines années en raison du calendrier plus restreint de cet instrument, pourraient se traduire par le maintien de la tendance à l’augmentation nominale du RAL au cours du CFP 2021-2027.

La Commission suit activement l’exécution du budget et l’évolution du RAL et tient le Parlement européen et le Conseil régulièrement informés, notamment dans les prévisions à long terme concernant les entrées et les sorties futures du budget de l’UE. Elle établit ses prévisions sur la base d’un large éventail de données disponibles (exécution budgétaire des années précédentes, niveau d’exécution et évolution récente du budget actuel, et besoins futurs présentés dans le projet de budget des années suivantes). En outre, la Commission tient compte des prévisions des États membres concernant la mise en œuvre des Fonds structurels et d’investissement européens, qui constituent le principal déterminant des estimations globales des paiements.

L’adoption du budget relève de la compétence de l’autorité budgétaire, ce qui passe par l’octroi de crédits de paiement suffisants, et l’exécution des fonds en gestion partagée est gérée par les autorités nationales et dépend dans une large mesure des règles fixées par les colégislateurs dans les actes de base concernés. Dans ce contexte, la Commission continuera de coopérer étroitement avec le Parlement européen et le Conseil, ainsi qu’avec les autorités nationales des États membres, afin de continuer à les aider à accélérer la mise en œuvre de leurs programmes.

8.Système de contrôle de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR)

La Commission a mis en place la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) en un temps record, avec une structure de gouvernance spécifique et des processus internes et des stratégies de contrôle adaptés au fait que la FRR est un instrument fondé sur la performance. À l’exception d’un préfinancement initial, les paiements aux États membres sont effectués une fois que des jalons et des cibles prédéfinis ont été atteints. Les paiements ne seront donc pas subordonnés aux coûts réellement supportés par les États membres. Contrairement à la gestion partagée, les États membres sont les bénéficiaires des fonds de l’UE, qui, une fois versés, deviennent fongibles dans les budgets nationaux.

L’article 22, paragraphe 1, du règlement établissant la FRR impose aux États membres l’obligation de «[prendre] toutes les mesures appropriées pour protéger les intérêts financiers de l’Union et veiller à ce que l’utilisation des fonds dans le cadre des mesures soutenues par la facilité respecte le droit de l’Union et le droit national applicables, en particulier en ce qui concerne la prévention, la détection et la correction de la fraude, de la corruption et des conflits d’intérêts», et de prévoir un système de contrôle interne efficace et efficient.

Pour se procurer une assurance, la Commission s’appuiera sur les contrôles des États membres et les complétera, le cas échéant, par ses propres contrôles. Ce cadre de contrôle s’appuie sur les éléments qui suivent.

Évaluation des plans: la Commission est responsable de l’évaluation des plans pour la reprise et la résilience présentés par les États membres en ce qui concerne leur pertinence, leur efficacité, leur efficience et leur cohérence. L’un des critères à appliquer par la Commission consiste à déterminer si les dispositions proposées par l’État membre devraient permettre la prévention, la détection et la correction de la corruption, de la fraude et des conflits d’intérêts lors de l’utilisation des fonds alloués au titre de la facilité, en tenant compte, entre autres, de la solidité des processus et des structures du système de contrôle. Ce critère ne peut être évalué que comme adéquat ou insuffisant. Dans ce dernier cas, la Commission doit conclure que le plan n’est pas conforme aux critères d’évaluation. Toutefois, si la Commission estime qu’il est possible de remédier aux faiblesses détectées dans les systèmes de contrôle, elle proposera d’ajouter les mesures nécessaires pour se conformer à l’article 22 du règlement établissant la FRR, lesquelles devront être mises en œuvre avant que le premier paiement régulier puisse être effectué. Cette évaluation de la Commission est soumise à l’approbation du Conseil.

Au stade du paiement: les États membres peuvent présenter jusqu’à deux fois par an, une fois les jalons et les cibles convenus atteints, une demande dûment justifiée de paiement de la contribution financière et, le cas échéant, du prêt. Conformément à l’article 22, paragraphe 2, du règlement établissant la FRR, l’État membre doit accompagner la demande de paiement d’une déclaration de gestion et d’un résumé des audits. Dans la déclaration de gestion, l’État membre confirme que les fonds ont été utilisés aux fins prévues, qu’ils ont été gérés conformément à toutes les règles applicables et que les informations sont complètes, exactes et fiables. Le résumé des audits indique également les faiblesses décelées et les mesures correctives prises.

La Commission évalue, pour chaque demande de paiement, si les jalons et les cibles ont été atteints de manière satisfaisante. Les audits et contrôles de la Commission visent à prévenir, détecter et corriger les erreurs et irrégularités dans les éléments probants fournis pour déterminer si les jalons et les cibles ont été atteints de manière satisfaisante. La Commission peut demander des informations complémentaires et décider de procéder à des vérifications supplémentaires afin d’obtenir l’assurance complémentaire nécessaire quant au respect des jalons et des cibles avant d’effectuer le paiement.

Si certains jalons et cibles n’ont pas été atteints de manière satisfaisante, la Commission peut suspendre partiellement ou totalement les paiements, conformément à l’article 24, paragraphe 6, du règlement établissant la FRR, puis réduire proportionnellement ceux-ci, conformément à l’article 24, paragraphe 8, dudit règlement, «si l’État membre concerné n’a pas pris les mesures nécessaires dans un délai de six mois à compter de la suspension».

Bonne gestion financière: la Commission procédera à des audits des systèmes de contrôle interne des États membres pendant la durée de vie de l’instrument afin de vérifier si l’État membre respecte les obligations qui lui incombent en vertu de l’article 22 du règlement établissant la FRR, notamment en ce qui concerne la prévention, la détection et la correction des irrégularités graves (fraude, corruption ou conflits d’intérêts) et la prévention du double financement, ainsi que les manquements graves aux obligations découlant des accords de prêt et de financement. En outre, au cours de la mise en œuvre du plan, la Commission effectuera des contrôles et des audits fondés sur les risques en cas de soupçon d’irrégularités graves non corrigées par les États membres (fraude, corruption ou conflits d’intérêts) ou de manquements graves aux obligations découlant de l’accord de prêt ou de financement.

En vertu de l’article 22, paragraphe 5, du règlement établissant la FRR, la Commission aura le droit de réduire proportionnellement le soutien accordé et de recouvrer des montants du soutien non remboursable ou de demander le remboursement anticipé du prêt en cas de fraude, de corruption, de conflit d’intérêts et/ou de manquements graves aux obligations prévues dans l’accord de financement et/ou de prêt (y compris les cas de double financement). Sauf en cas de manquement grave aux obligations contractuelles, la Commission ne pourra recouvrer/réduire/demander le remboursement anticipé que si les États membres n’ont pas corrigé eux-mêmes ces irrégularités graves.

9.Mesurer les performances des programmes de dépenses de l’UE

La Commission est fermement convaincue que le fonctionnement efficace de ses programmes de dépenses est un élément essentiel de la bonne exécution du budget. Déterminer la mesure dans laquelle les programmes de dépenses atteignent leurs objectifs déclarés et font progresser l’Union dans la réalisation de ses priorités (en d’autres termes, mesurer leur performance) est une tâche difficile mais essentielle pour recenser rapidement les problèmes émergents et prendre des mesures correctrices, le cas échéant. En outre, des informations fiables sur la performance peuvent être utiles lorsque de nouvelles priorités nécessitent une réaffectation à mi-parcours des ressources (bien entendu, dans les limites prévues par le cadre juridique).

Le budget de l’UE dispose déjà d’un cadre avancé pour mesurer et évaluer les performances, comme l’a reconnu par exemple l’OCDE. Ce cadre repose sur une logique d’intervention solide, assortie d’objectifs clairement définis et d’indicateurs connexes associés à des objectifs ambitieux mais réalistes.

La Commission a adopté une communication relative au cadre de performance du budget de l’UE au titre du CFP 2021-2027 [COM(2021) 366 final], dans laquelle elle détaille son engagement à améliorer encore ce cadre. Ainsi, dans la perspective du CFP 2021-2027, la Commission a rationalisé l’ensemble d’indicateurs (afin de se concentrer sur les indicateurs les plus pertinents), rendant le cadre plus accessible et réduisant au minimum la charge administrative engendrée par celui-ci. Les indicateurs clés ont également été inclus dans les bases juridiques des différents programmes de dépenses.

Dans un premier temps, la Commission a également publié des fiches récapitulatives pour tous les programmes de dépenses du CFP 2021-2027 (disponibles à l’adresse suivante: https://europa.eu/!MQcbUC), décrivant le fonctionnement des programmes et résumant à la fois le cadre de performance fondé sur des indicateurs pour chaque programme et les méthodologies que la Commission entend utiliser pour fixer des valeurs de référence, des jalons et des cibles pour les indicateurs de performance pertinents.

Comme cela a déjà été fait en 2020, la Commission a publié, en annexe du rapport annuel sur la gestion et la performance, des aperçus du programme et de la performance pour tous les programmes, comprenant notamment une section consacrée à l’évaluation de la performance, y compris à l’évaluation des indicateurs de performance ainsi que de l’influence exercée sur la performance par des facteurs externes pertinents. Pour que ces efforts se poursuivent et portent leurs fruits, il est essentiel que les États membres et les autres partenaires mettent tout en œuvre pour fournir en temps utile des informations de qualité sur la performance.

Les travaux se poursuivent également pour intégrer des objectifs stratégiques transversaux dans la conception et l'exécution du budget de l’UE, y compris pour tenir les engagements pris par la Commission dans le cadre de l’accord interinstitutionnel entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne accompagnant le CFP 2021-2027 (disponible à l’adresse suivante: https://europa.eu/!mwRVHD). Cette intégration des politiques implique, en ce qui concerne les programmes de dépenses, la poursuite d’objectifs transversaux (par exemple, la lutte contre le changement climatique ou la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes) parallèlement à des objectifs spécifiques aux différents programmes (ou sectoriels).

Les principaux objectifs transversaux qui sous-tendent la conception et l'exécution du budget sont les suivants:

oconsacrer au moins 30 % du CFP 2021-2027 et de NextGenerationEU à la lutte contre le changement climatique, contre 20 % au cours de la période précédente;

osoutenir la biodiversité avec 7,5 % des dépenses annuelles en 2024 et 10 % en 2026 et 2027, à l’aide d’une méthode efficace, transparente et complète;

osoutenir les investissements et les réformes dans le domaine de la transformation numérique en consacrant au moins 20 % de la dotation totale de chaque plan national pour la reprise et la résilience aux mesures de transition numérique.

La Commission met au point et/ou améliore des méthodes appropriées pour «suivre» la contribution (au regard des montants dépensés) des différents programmes à la réalisation de ces objectifs, ainsi qu’à l’égalité entre les hommes et les femmes et à la mise en œuvre des objectifs de développement durable des Nations unies, conformément à ses engagements au titre de l’accord interinstitutionnel accompagnant le CFP 2021-2027.

10.Autres aspects

10.1 Perception des recettes et des ressources propres traditionnelles (RPT)

La Commission est déterminée à éviter les pertes de droits de douane. Elle intervient dès que des irrégularités sont constatées et assure un suivi rigoureux des résultats des contrôles afin de garantir le recouvrement intégral des pertes de ressources propres traditionnelles pour le budget de l’Union. Toutefois, la perception des droits de douane relève principalement de la responsabilité des États membres, qui sont tenus financièrement de compenser les pertes de RPT si le non-recouvrement des droits de douane est dû à un manque de diligence de leurs administrations douanières. Par conséquent, la Commission a mis au point une méthode d’estimation des pertes potentielles de RPT en cas de sous-évaluation, considérée comme la principale composante du calcul du manque à gagner en matière de droits de douane.

Dans l’attente de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne dans l’affaire qu'elle a introduite contre le Royaume-Uni (C-213/19), la Commission a récemment notifié aux États membres le calcul préliminaire de leur part dans le total des pertes de RPT. Une stratégie/une méthode similaire sera mise en œuvre pour les pertes de RPT causées par le contournement des droits antidumping et compensateurs sur les panneaux solaires. Les calculs sont achevés et les États membres seront bientôt informés des pertes de RPT qu’ils devront compenser.

Cette application de la législation sur des questions spécifiques relatives à la fraude se poursuivra à l’avenir sur la base du suivi des flux commerciaux et de l’analyse approfondie des données relatives aux importations. La Commission prépare actuellement une description détaillée des tâches, du rôle, du modèle économique et du positionnement des capacités d’analyse conjointes de l’UE afin de renforcer encore l’efficacité et de créer une valeur ajoutée pour la stratégie de gestion des risques et les contrôles douaniers. Des actions proactives telles que le suivi des flux commerciaux et des performances des douanes, l’évaluation des risques axée sur les RPT et les contrôles ciblés des États membres concernés contribueront de manière significative à réduire les pertes de RPT dues à la fraude et à d’autres irrégularités. La Commission tiendra l’autorité de décharge dûment informée en temps utile.

10.2 Renouvellement de l’accord tripartite entre la Commission, la Cour des comptes et la BEI, et pouvoirs d’audit de la Cour sur la BEI

La Commission européenne collabore avec la Cour des comptes européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) sur un nouvel accord tripartite. L’objectif de la révision en cours de l’accord tripartite est de renouveler l’accord conclu le 26 septembre 2016, qui régit la coopération entre la Commission, la Cour des comptes et la BEI en ce qui concerne les audits de la Cour portant sur l’activité de la BEI en matière de gestion des dépenses et des recettes de l’Union.

La Commission fait observer que l’accord tripartite n’a pas pour objet de définir le mandat de la Cour des comptes en ce qui concerne la BEI, qui est défini à l’article 287, paragraphe 3, du TFUE. L’accord tripartite régit les droits d’accès aux informations détenues par la BEI dans le cadre de son activité de gestion des dépenses et des recettes de l’Union.

11.Perspectives

Les négociations sur le CFP 2021-2027, NextGenerationEU et la majorité des programmes de dépenses sous-jacents sont maintenant terminées. La mise en œuvre commencera bientôt sur le terrain. À la croisée des périodes de programmation, et en s’appuyant sur les enseignements acquis, il est de la plus haute importance que les mécanismes nécessaires pour l’avenir soient en place et que toutes les institutions et toutes les parties prenantes continuent d’œuvrer dans la même direction.

La Commission continuera donc de collaborer avec les autres institutions et les États membres pour promouvoir la bonne gestion financière du budget de l’UE. Elle reste déterminée à mettre en œuvre les demandes de l’autorité de décharge et les recommandations de la Cour des comptes en vue d’améliorer encore la gestion financière de l’UE. La Commission continuera à respecter les normes les plus élevées en matière de transparence et de responsabilité afin de veiller à ce que le budget de l’Union soit dépensé conformément aux règles et aux normes les plus élevées en matière de performance et de résultats.

* * *

(1)

Règlement (UE, Euratom) 2020/2092 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2020

relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l’Union.

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