COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 24.9.2021
COM(2021) 585 final
RAPPORT DE LA COMMISSION
Rapport annuel de la Commission européenne sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer pour l’année 2019
| CELEX | 52021DC0585 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | vendredi 24 septembre 2021 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 24.9.2021
COM(2021) 585 final
RAPPORT DE LA COMMISSION
Rapport annuel de la Commission européenne sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer pour l’année 2019
RAPPORT DE LA COMMISSION
Rapport annuel de la Commission européenne sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer pour l’année 2019
Table des matières
1. INTRODUCTION
2. BASE JURIDIQUE
3. MÉTHODOLOGIE ET INFORMATIONS REÇUES D’ÉTATS MEMBRES
4. LE SECTEUR DES OPÉRATIONS PÉTROLIÈRES ET GAZIÈRES EN MER DANS L’UNION EUROPÉENNE
4.1 Installations et production
4.2 Inspections en mer, enquêtes, mesures d’exécution et cadre réglementaire
5. DONNÉES RELATIVES AUX INCIDENTS ET PERFORMANCES DES OPÉRATIONS EN MER EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ
6. CONCLUSION
1. INTRODUCTION
Faisant suite aux publications antérieures pour les années 2016, 2017 et 2018, le présent rapport de la Commission européenne fournit des données sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer dans l’Union européenne pendant l’année 2019.
La base juridique de ce rapport est la directive 2013/30/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 juin 2013 relative à la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer et modifiant la directive 2004/35/CE 1 (ci-après la «directive sur la sécurité en mer»). Cet acte législatif vise à atteindre un niveau élevé de sécurité pour les opérations pétrolières et gazières en mer, dans l’intérêt: i) des travailleurs; ii) de l’environnement; iii) des plateformes et équipements en mer; et iv) des activités économiques telles que la pêche et le tourisme. La directive, telle que mise en œuvre par les États membres, contribuera à: i) prévenir les accidents majeurs; ii) réduire le nombre d’incidents; et iii) assurer un suivi efficace des accidents et des incidents afin d’en atténuer les conséquences.
Comme dans le cas des rapports antérieurs, l’objet du présent rapport annuel est: i) de fournir des données sur le nombre et le type d’installations dans l’UE; ii) de fournir des informations sur les incidents de sécurité dans ces installations; et iii) d’effectuer une évaluation en ce qui concerne les performances en matière de sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer. À chaque nouveau rapport, l’analyse des tendances va gagner en importance. En outre, les rapports annuels successifs documenteront l’évolution des performances en matière de sécurité des activités pétrolières et gazières en mer des États membres.
Le présent rapport se fonde sur les rapports annuels et les données communiqués par les États membres conformément à la directive sur la sécurité en mer. La Commission a reçu des rapports de la Bulgarie, de la Croatie, de Chypre, du Danemark, de l’Allemagne, de la France, de la Grèce, de l’Irlande, de l’Italie, de la Lettonie, de Malte, des Pays-Bas, de la Pologne, du Portugal, de la Roumanie, de l’Espagne et du Royaume-Uni (qui était encore un État membre en 2019). La plupart des installations sont situées en mer du Nord et dans l’océan Atlantique (366 installations), tandis que 165 installations se trouvent en mer Méditerranée, 9 en mer Noire et 2 en mer Baltique.
En 2019, les autorités compétentes de ces États membres ont inspecté 337 installations en mer relevant de leur juridiction. À la suite de certains incidents, trois États membres (le Royaume-Uni, l’Italie et la Roumanie) ont mené des enquêtes au cours de la période de référence. Le Royaume-Uni a mené 39 enquêtes concernant des problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement et 2 enquêtes concernant des accidents majeurs. L’Italie a effectué 1 enquête concernant un accident majeur (aucune enquête concernant des problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement) et la Roumanie a effectué 1 enquête concernant des problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement.
2. BASE JURIDIQUE
Conformément à l’article 25 de la directive sur la sécurité en mer, la Commission doit publier un rapport annuel sur les incidences en matière de sécurité et d’environnement des opérations pétrolières et gazières en mer, sur la base des informations que les États membres lui ont communiquées. Les États membres sont tenus de soumettre à la Commission un rapport annuel contenant les informations énoncées à l’annexe IX, point 3, de ladite directive.
Les rapports annuels devant être communiqués par les États membres au titre de l’article 25 doivent contenir au moins les informations suivantes:
a) le nombre, l’ancienneté et l’implantation des installations;
b) le nombre et le type d’inspections et d’enquêtes réalisées, les mesures d’exécution éventuellement prises ou les condamnations éventuelles;
c) les données relatives aux incidents en application du système commun de communication des données requis par l’article 23;
d) toute modification importante du cadre réglementaire relatif aux activités en mer;
e) les résultats obtenus dans le cadre des opérations pétrolières et gazières en mer.
Les États membres doivent publier les informations requises au plus tard le 1er juin de l’année qui suit la période de référence (par exemple, le 1er juin 2020 pour l’année 2019).
Les États membres doivent utiliser un format commun établi par le règlement d’exécution (UE) n° 1112/2014 de la Commission du 13 octobre 2014 2 . Le règlement d’exécution établit un format commun pour: i) le partage d’informations sur les indicateurs des dangers majeurs par les exploitants et les propriétaires d’installations pétrolières et gazières en mer; et ii) la publication par les États membres d’informations sur les indicateurs des dangers majeurs. Un document d’orientation de la Commission 3 daté du 25 novembre 2015 fournit des informations supplémentaires spécifiques sur le règlement d’exécution et explique comment utiliser le format de communication des données.
3. MÉTHODOLOGIE ET INFORMATIONS REÇUES D’ÉTATS MEMBRES
En application de l’annexe IX, point 3, de la directive sur la sécurité en mer, les États membres sont tenus de soumettre certaines informations précisément définies sur les incidents survenus dans leur secteur des opérations pétrolières et gazières en mer, à l’aide des modèles fournis par le règlement d’exécution (UE) n° 1112/2014. Les données soumises doivent inclure des informations sur les installations pétrolières et gazières en mer dans l’UE, telles que le nombre, le type, l’implantation et l’ancienneté. Les rapports des États membres doivent également fournir des informations sur le nombre: i) d’inspections en mer, d’enquêtes et de mesures d’exécution prises; ii) d’incidents par catégorie; et iii) de blessures.
Outre les données concernant les États membres individuellement, la Commission évalue la performance des régions d’exploitation en mer en matière de sécurité. À cette fin, la Commission considère: i) la région «mer du Nord et Atlantique» (Allemagne, Danemark, France, Royaume-Uni, Irlande et Pays-Bas); ii) la région «Méditerranée» (Espagne, Grèce, Croatie, Chypre, Italie et Malte); iii) la région «mer Noire» (Bulgarie et Roumanie); et iv) la région «mer Baltique» (Lettonie et Pologne) 4 .
Pour son rapport annuel concernant l’année 2019, la Commission a utilisé les informations fournies par la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la France, la Grèce, les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Les autres États membres n’ont pas exercé d’activités dans le secteur des opérations pétrolières et gazières en mer ou n’ont pas soumis d’informations pertinentes aux fins du présent rapport.
Tous les États membres ayant effectué des opérations pétrolières et gazières en mer ont déclaré avoir fourni des données complètes sur la totalité des installations.
4. LE SECTEUR DES OPÉRATIONS PÉTROLIÈRES ET GAZIÈRES EN MER DANS L’UNION EUROPÉENNE
4.1 Installations et production
La grande majorité des installations en mer 5 dans les eaux de l’UE sont situées en mer du Nord (voir le tableau 1), plus précisément dans les zones économiques exclusives du Royaume-Uni et des Pays-Bas (environ 32 % et 28 % des installations en mer dans les eaux de l’UE, respectivement). En Méditerranée, l’Italie est l’État membre le plus actif (26 % de l’ensemble des installations dans les eaux de l’Union), suivi de la Croatie. Dans la région de la mer Noire, la Roumanie s’est dotée d’un secteur industriel des opérations pétrolières et gazières en mer, tandis que la Bulgarie a entamé des activités d’exploration d’hydrocarbures en mer, mais elle ne possède qu’une seule installation et produit donc très peu. Selon les rapports transmis par les États membres riverains de la mer Baltique, seule la Pologne dispose d’installations en mer dans cette région. Au total, 542 installations ont été déclarées dans les eaux de l’UE en 2019 6 , soit 14 installations de moins qu’en 2018.
Tableau 1. Installations fixes au 1er janvier 2019: Type d’installation, par région et par État membre
| Région/Pays | Type d’installation(*) | |||||
| FMI | NUI | FNP | FPI | Total | ||
| Mer Baltique | 1 | 1 | 0 | 0 | 2 | |
| Pologne | 1 | 1 | 0 | 0 | 2 | |
| Mer Noire | 6 | 3 | 0 | 0 | 9 | |
| Bulgarie | 0 | 1 | 0 | 0 | 1 | |
| Roumanie | 6 | 2 | 0 | 0 | 8 | |
| Méditerranée | 16 | 147 | 0 | 2 | 165 | |
| Croatie | 2 | 18 | 0 | 0 | 20 | |
| Grèce | 1 | 1 | 0 | 0 | 2 | |
| Italie | 12 | 126 | 0 | 2 | 140 | |
| Espagne | 1 | 2 | 0 | 0 | 3 | |
| Mer du Nord et Atlantique | 139 | 204 | 0 | 23 | 366 | |
| Danemark | 10 | 20 | 0 | 0 | 30 | |
| Allemagne | 2 | 0 | 0 | 0 | 2 | |
| Irlande | 1 | 1 | 0 | 0 | 2 | |
| Pays-Bas | 47 | 109 | 0 | 0 | 156 | |
| Royaume-Uni | 79 | 74 | 0 | 23 | 176 | |
| TOTAL | 162 | 355 | 0 | 25 | 542 | |
| (*) FMI – unité fixe avec équipage; FNP – unité fixe non destinée à la production; FPI – unité de production flottante; NUI – unité (normalement) sans équipage. |
En 2019, 11 installations ont été déclarées déclassées dans les eaux de l’UE: 4 au Royaume-Uni, 6 aux Pays-Bas et 1 en Roumanie. Au cours de la même année, l’entrée en service de 2 nouvelles installations fixes a été signalée, 1 aux Pays-Bas et 1 en Pologne.
Plus de la moitié des installations en mer dans les eaux de l’Union sont entrées en service entre 1980 et 2000. Depuis 2010, la construction de nouvelles installations de production a sensiblement chuté dans la région «mer du Nord et Atlantique» (voir tableau 2).
Tableau 2: Nombre d’installations dans les eaux de l’UE, par décennie de mise en service et par région
| Année de construction | Région | ||||
| Mer Baltique | Mer Noire | Méditerranée | Mer du Nord et Atlantique | Total UE | |
| (non disponible 7 ) | 0 | 0 | 0 | 4 | 4 |
| 1960-1969 | 0 | 0 | 7 | 16 | 23 |
| 1970-1979 | 0 | 1 | 14 | 45 | 60 |
| 1980-1989 | 0 | 2 | 53 | 78 | 133 |
| 1990-1999 | 1 | 3 | 42 | 112 | 158 |
| 2000-2009 | 1 | 3 | 40 | 71 | 115 |
| 2010-2019 | 0 | 0 | 9 | 41 | 50 |
| 2020-2029 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Total | 2 | 9 | 165 | 367 | 543 |
La production domestique de pétrole et de gaz de l’UE provient en majeure partie (environ 96 %) de la région «mer du Nord et Atlantique» (tableau 3). Le Royaume-Uni est de loin le contributeur le plus important, suivi des Pays-Bas et du Danemark. L’Italie et la Croatie sont des producteurs actifs en Méditerranée. En mer Noire, seule la Roumanie affiche actuellement une production notable de pétrole et de gaz.
Tableau 3. Production de pétrole et de gaz en mer dans l’UE en kilotonnes équivalent pétrole (ktep)
| RÉGION | Pays | ktep | % du total UE |
| Mer Baltique | 215,18 | 0,18 % | |
| Pologne | 215,18 | 0,18 % | |
| Mer Noire | 1 260,02 | 1,05 % | |
| Bulgarie | 11,99 | 0,01 % | |
| Roumanie | 1 248,03 | 1,04 % | |
| Méditerranée | 3 423,02 | 2,84 % | |
| Croatie | 361,90 | 0,30 % | |
| Grèce | 172,00 | 0,14 % | |
| Italie | 2 850,00 | 2,37 % | |
| Espagne | 39,12 | 0,03 % | |
| Mer du Nord et Atlantique | 115 442,58 | 95,93 % | |
| Danemark | 7 814,74 | 6,49 % | |
| Allemagne | 837,00 | 0,70 % | |
| Irlande | 239,18 | 0,20 % | |
| Pays-Bas | 10 295,00 | 8,55 % | |
| Royaume-Uni | 96 082,40 | 79,84 % | |
| Total | 120 340,79 | 100,00 % |
Par rapport à l’année précédente, la production totale de pétrole et de gaz dans l’UE a augmenté de 7 %.
4.2 Inspections en mer, enquêtes, mesures d’exécution et cadre réglementaire
Les autorités compétentes des États membres ont régulièrement inspecté les installations en mer relevant de leur juridiction. Le tableau 4 présente le nombre d’inspections en mer effectuées au cours de l’année de référence. Le nombre d’inspections augmente généralement avec le nombre d’installations dans les États membres.
Par rapport à 2018, le nombre d’installations inspectées en 2019 a sensiblement augmenté en Pologne, en Roumanie, en Croatie, en Grèce et aux Pays-Bas (dans ce pays, leur nombre est passé de 28 à 50). Plusieurs États membres ont déclaré davantage de jours de travail passés dans les installations pour la réalisation d’inspections. Cependant, l’Italie a effectué moins d’inspections que l’année précédente.
Tableau 4: Nombre d’inspections en mer par région et par État membre en 2019
| RÉGION | Pays | Inspections | Jours de travail passés sur les installations (temps de déplacement non compris) | Nombre d’installations inspectées |
| Mer Baltique | 4 | 8 | 4 | |
| Pologne | 4 | 8 | 4 | |
| Mer Noire | 23 | 96 | 11 | |
| Roumanie | 23 | 96 | 11 | |
| Méditerranée | 204 | 210 | 84 | |
| Croatie | 9 | 11 | 8 | |
| Chypre | 1 | 4 | 1 | |
| Grèce | 2 | 26 | 3 | |
| Italie | 191 | 168 | 71 | |
| Espagne | 1 | 1 | 1 | |
| Mer du Nord et Atlantique | 366 | 2 553 | 238 | |
| Danemark | 23 | 72 | 19 | |
| France | 1 | 2 | 1 | |
| Allemagne | 5 | 5 | 2 | |
| Irlande | 3 | 28 | 2 | |
| Pays-Bas | 59 | 34 | 50 | |
| Royaume-Uni | 275 | 2 412 | 164 | |
| TOTAL | 597 | 2 866 | 337 |
L’article 18 de la directive sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer confère certains droits et certains pouvoirs aux autorités compétentes des États membres sur les opérations et les installations relevant de leur juridiction. Ces droits et pouvoirs comprennent: i) le droit d’interdire des opérations; et ii) le droit d’imposer que des mesures soient prises afin de garantir à la fois le respect des principes généraux de la gestion des risques et la sécurité des opérations.
Trois États membres ont mené des enquêtes au cours de la période de référence: le Royaume-Uni, l’Italie et la Roumanie. Outre 2 enquêtes concernant des accidents majeurs, le Royaume-Uni a effectué 39 enquêtes concernant des problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement 8 . L’Italie a effectué 1 enquête concernant un accident majeur et la Roumanie a effectué 1 enquête concernant des problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement. Le nombre d’enquêtes effectuées en 2019 (43) a été moindre qu’en 2018 (50). En ce qui concerne les années antérieures, 20 enquêtes avaient été effectuées en 2017 et 23 en 2016.
Le nombre total de mesures d’exécution en 2019 a été inférieur à celui de 2018. Alors que les États membres ont pris 33 mesures d’exécution en 2018 (toutes prises par le Royaume-Uni), il n’y en a eu que 24 en 2019 (23 par le Royaume-Uni et 1 par les Pays-Bas).
5. DONNÉES RELATIVES AUX INCIDENTS ET PERFORMANCES DES OPÉRATIONS EN MER EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ
Les exploitants/propriétaires d’installations et les autorités compétentes signalent des événements uniques. Toutefois, une ou plusieurs catégories d’incidents peuvent décrire de tels événements: par exemple, deux catégories d’incidents doivent être indiquées pour un même événement, s’il y a eu i) un rejet involontaire de gaz, qui a nécessité ii) l’évacuation du personnel.
Pour 2019, les États membres ont communiqué des informations sur 156 événements à signaler 9 (contre 120 en 2018). Ces événements sont détaillés dans les points ci-dessous.
- Au Royaume-Uni, 126 événements à signaler ont été enregistrés, dont 2 accidents majeurs. Les causes des accidents majeurs n’ont pas été communiquées, ces affaires faisant encore l’objet d’enquêtes au moment de la communication des données.
- Aux Pays-Bas, 18 événements à signaler ont été enregistrés, dont 1 accident majeur. Les causes de l’accident majeur font encore l’objet d’une enquête.
-En Italie, 2 événements à signaler ont été enregistrés, dont 1 accident majeur. Les causes de l’accident majeur n’ont pas été communiquées, l’affaire faisant encore l’objet d’une enquête au moment de sa notification.
-Au Danemark, 6 événements à signaler ont été enregistrés. Il n’y a pas eu d’accident majeur.
-En Roumanie, 4 événements à signaler ont été enregistrés. Il n’y a pas eu d’accident majeur.
Le nombre d’accidents majeurs englobe les incidents risquant très probablement de causer des décès ou des dommages corporels graves, même si cela ne s’est pas avéré être le cas.
La plupart des incidents (43 %) relèvent de la catégorie des rejets involontaires de gaz et/ou de pétrole, tandis que 3,75 % concernaient la perte de contrôle d’un puits (éruption/activation du déflecteur et défaillance d’une barrière de puits) et 2,5 % concernaient des défaillances des éléments critiques pour la sécurité et l’environnement (SECE). Les autres incidents se répartissaient entre les collisions impliquant des navires (0,94 %), la perte d’intégrité structurelle de l’installation 0,63 % et les accidents d’hélicoptère (1 événement, soit 0,31 %). Deux incidents ont nécessité l’évacuation du personnel et, pour la première fois depuis l’instauration de l’établissement des rapports, 1 incident a entraîné une perte de vie humaine.
Tableau 5: Incidents par catégories (annexe IX de la directive sur la sécurité en mer, au niveau de l’UE)
| Catégories (annexe IX) | Total | Pourcentage (du total de la catégorie) | Pourcentage (du total des événements) | |
| (a) | Rejets involontaires — Total | 138 | 100 % | 43,13 % |
| Rejets de pétrole/gaz enflammé — incendies | 4 | 2,90 % | 1,25 % | |
| Rejets de pétrole/gaz enflammé — explosions | 0 | 0,00 % | 0,00 % | |
| Rejets de gaz non enflammé | 76 | 55,07 % | 23,75 % | |
| Rejets de pétrole non enflammé | 52 | 37,68 % | 16,25 % | |
| Rejets de substances dangereuses | 6 | 4,35 % | 1,88 % | |
| (b) | Perte de contrôle de puits — Total | 12 | 100 % | 3,75 % |
| Éruptions | 0 | 0,00 % | 0,00 % | |
| Éruption/activation du déflecteur | 7 | 58,33 % | 2,19 % | |
| Défaillance d’une barrière de puits | 5 | 41,67 % | 1,56 % | |
| (c) | Défaillance de SECE | 8 | 100 % | 2,50 % |
| (d) | Perte d’intégrité structurelle — Total | 2 | 100 % | 0,63 % |
| Perte d’intégrité structurelle | 2 | 100,00 % | 0,63 % | |
| Perte de stabilité/flottabilité | 0 | 0,00 % | 0,00 % | |
| Déplacement involontaire | 0 | 0,00 % | 0,00 % | |
| (e) | Collisions impliquant des navires | 3 | 100 % | 0,94 % |
| (f) | Accidents d’hélicoptère | 1 | 100 % | 0,31 % |
| (g) | Accidents mortels (*) | 1 | 100 % | 0,31 % |
| (h) | 5 blessés graves ou plus dans le même accident | 0 | 0,00 % | 0,00 % |
| (i) | Évacuations du personnel | 2 | 100 % | 0,63 % |
| (j) | Accidents environnementaux (**) | 1 | 100 % | 0,31 % |
| Total | 168 | 100 % | ||
| (*) Uniquement en lien avec un accident majeur. (**) Selon les rapports des États membres, ces accidents majeurs ne pouvaient pas être qualifiés d’accidents environnementaux. | ||||
Dans l’UE, le nombre total d’incidents signalés est passé de 42 en 2016 à 59 en 2017, 124 en 2018 puis 168 en 2019. Cette hausse s’explique en grande partie par une augmentation du nombre de «rejets involontaires» de pétrole et de gaz. En revanche, les incidents relevant des catégories «perte de contrôle d’un puits» et «rejet de substances dangereuses» ont diminué entre 2016 et 2019. Fait significatif, les défaillances SECE sont passées de 2 à 8 incidents entre 2016 et 2019. En 2019, les autorités compétentes des États membres ont signalé 3 collisions impliquant des navires, 1 accident d’hélicoptère et 1 accident mortel; or, en 2018, les États membres n’avaient enregistré aucun incident de ce type. Comme en 2018, deux évacuations du personnel de plateformes ont été effectuées en 2019. En 2019, 4 incidents (contre 6 en 2018) ont été classés parmi les accidents majeurs 10 , étant donné qu’ils auraient pu causer des décès ou des dommages corporels graves.
Alors que le nombre d’accidents majeurs a diminué entre 2016 et 2019, comme indiqué ci-dessus, la tendance à la hausse du nombre d’incidents, en particulier de rejets involontaires, s’est maintenue au cours de cette période 11 .
6. CONCLUSION
Avec 543 installations dans l’UE 12 , le nombre d’installations a diminué en 2019 par rapport à l’année précédente (556 en 2018). Toutefois, le niveau global de production de pétrole et de gaz a légèrement augmenté, passant de 112 217 ktep en 2018 à 120 340 ktep en 2019.
La Commission a évalué la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer dans l’UE sur la base des données communiquées par les États membres conformément aux dispositions du règlement d’exécution sur la communication des informations. La précision de l’analyse de la Commission dépend donc des informations soumises par les États membres.
En 2019, les autorités compétentes des États membres ont redoublé d’efforts pour assurer un niveau élevé de sécurité dans les opérations pétrolières et gazières en mer. Ils ont augmenté le nombre d’inspections d’installations, qui est passé de 318 en 2018 à 337 en 2019. Toutefois, le suivi sous la forme de mesures d’exécution a été inférieur en 2019 par rapport au niveau de 2018. Seuls le Royaume-Uni et les Pays-Bas (1 mesure) ont fait état de mesures de suivi prises en 2019. Au Royaume-Uni, le nombre de mesures d’exécution a encore diminué, passant de 34 en 2018 à 23 en 2019.
Alors que, pour l’ensemble des États membres, le nombre d’accidents majeurs dans l’UE est passé de 6 à 4 entre 2018 et 2019, le nombre total d’incidents dans tous les États membres (répartis entre les catégories du tableau 5) est passé de 124 (en 2018) à 168 13 . Pour 2019, un décès, 101 blessés et 45 blessés graves ont été signalés.
En ce qui concerne les évolutions favorables, il est à noter que le nombre d’incidents au Danemark a baissé, passant de 9 incidents signalés en 2018 à 6 en 2019. Cette évolution suit la réduction du nombre d’accidents déjà enregistrée au Danemark entre 2017 et 2018.
Afin d’améliorer encore la sécurité, qui est d’un niveau élevé, la Commission coopérera étroitement avec le groupe des autorités pour les opérations en mer de l’Union européenne (EUOAG) au cours de l’année à venir, de façon à faire baisser le nombre d’incidents dans l’UE, notamment en encourageant davantage l’application des meilleures pratiques dans tous les États membres et en aidant les autorités nationales représentées au sein de l’EUOAG.
Même si le Royaume-Uni est devenu un pays tiers, les incidents qui s’y produisent peuvent aussi avoir des conséquences importantes pour les pays de la région. La Commission poursuivra donc sa coopération avec le Royaume-Uni afin de maintenir des niveaux élevés de sécurité et de protection de l’environnement pour toutes les opérations pétrolières et gazières en mer. Elle utilisera notamment les instruments disponibles dans le cadre de l’accord de commerce et de coopération entre l’UE et le Royaume-Uni, ainsi que des conventions internationales pertinentes, pour coopérer et échanger des informations et des bonnes pratiques.
JO L 178 du 28 juin 2013, p. 66.
JO L 302 du 22 octobre 2014, p. 2.
https://euoag.jrc.ec.europa.eu/files/attachments/2015_11_25_implementing_regulation_guidance_document_final.pdf
Les autres États membres baltes n’effectuent pas d’opérations pétrolières et gazières en mer.
Les unités mobiles de forage au large ne font pas partie de l’analyse du point 4.1.
Compte tenu des installations déclassées, les nombres déclarés d’installations ne sont pas tout à fait cohérents avec les chiffres des années précédentes.
Année de construction; l’installation n’a pas été déclarée par l’État membre et la consultation de sources publiques n’a pas permis de trouver l’information.
Les problèmes touchant à la sécurité et à l’environnement ont été signalés par la main-d’œuvre.
Certains événements, par exemple non liés à des opérations, ne doivent pas être signalés.
.
JO L 178 du 28 juin 2013, p. 73: Article 2, paragraphe 1: [on entend par] «accident majeur», dans le cadre d’une installation ou d’infrastructures connectées:
a) un incident impliquant une explosion, un incendie, la perte de contrôle d’un puits, ou une fuite de pétrole ou de gaz ou le rejet de substances dangereuses causant ou risquant très probablement de causer des décès ou des dommages corporels graves;
b) un incident entraînant des dommages graves pour l’installation ou les infrastructures connectées, causant ou risquant très probablement de causer des décès ou des dommages corporels graves;
c) tout autre incident entraînant le décès de cinq personnes ou plus ou causant des blessures graves à cinq personnes ou plus, qui sont présentes sur l’installation en mer où se situe la source du danger ou qui participent à une opération pétrolière ou gazière en mer en rapport avec l’installation ou les infrastructures connectées; ou
d) tout incident environnemental majeur résultant d’incidents visés aux points a), b) et c).
Aux fins de déterminer si un incident constitue un accident majeur au sens des points a), b) ou d), une installation qui est, en règle générale, laissée sans surveillance est réputée faire l’objet d’une surveillance.
Chaque année, le Royaume-Uni a augmenté le nombre d’installations soumises à la notification d’accidents. Toutefois, cette augmentation n’explique que partiellement la tendance à la hausse des chiffres.
Le rapport pour l’année 2019 inclut encore le Royaume-Uni.
Le nombre d’incidents est passé de 25 à 34 dans l’UE (hors Royaume-Uni), cependant le Royaume-Uni a signalé une augmentation de 99 à 134 incidents pour l’année 2019. Plus précisément, le nombre d’incidents est passé de 0 à 6 en Italie, de 14 à 18 aux Pays-Bas et de 0 à 4 en Roumanie. Le Danemark a enregistré une baisse, avec 6 incidents signalés contre 9 en 2018. En 2019, sur les 542 installations fixes que comptait l’UE (Royaume-Uni compris), 176 (32,5 %) relevaient de la juridiction du Royaume-Uni.