| CELEX | 52021IP0083 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 11 mars 2021 |
| 24.11.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 474/91 |
P9_TA(2021)0083
Semestre européen: stratégie annuelle pour une croissance durable 2021
Résolution du Parlement européen du 11 mars 2021 sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: Stratégie annuelle 2021 pour une croissance durable (2021/2004(INI))
(2021/C 474/09)
Le Parlement européen,
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et notamment ses articles 121, 126 et 136, ainsi que son protocole no 12, |
| — | vu le protocole no 1 sur le rôle des parlements nationaux dans l’Union européenne, |
| — | vu le protocole no 2 sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité, |
| — | vu le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (UEM), |
| — | vu le règlement (UE) no 1175/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 modifiant le règlement (CE) no 1466/97 du Conseil relatif au renforcement de la surveillance des positions budgétaires ainsi que de la surveillance et de la coordination des politiques économiques (1), |
| — | vu la directive 2011/85/UE du Conseil du 8 novembre 2011 sur les exigences applicables aux cadres budgétaires des États membres (2), |
| — | vu le règlement (UE) no 1174/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 établissant des mesures d’exécution en vue de remédier aux déséquilibres macroéconomiques excessifs dans la zone euro (3), |
| — | vu le règlement (UE) no 1177/2011 du Conseil du 8 novembre 2011 modifiant le règlement (CE) no 1467/97 visant à accélérer et à clarifier la mise en œuvre de la procédure concernant les déficits excessifs (4), |
| — | vu le règlement (UE) no 1176/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomiques (5), |
| — | vu le règlement (UE) no 1173/2011 du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2011 sur la mise en œuvre efficace de la surveillance budgétaire dans la zone euro (6), |
| — | vu le règlement (UE) no 473/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro (7), |
| — | vu le règlement (UE) no 472/2013 du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2013 relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres de la zone euro connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière (8), |
| — | vu la communication de la Commission du 20 mars 2020 sur l’activation de la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance (COM(2020)0123), |
| — | vu la communication de la Commission du 27 mai 2020 intitulée «L’heure de l’Europe: réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération» (COM(2020)0456), |
| — | vu la communication de la Commission du 27 mai 2020 intitulée «Le budget de l’Union: moteur du plan de relance pour l’Europe» (COM(2020)0442), |
| — | vu la proposition de la Commission du 28 mai 2020 pour un règlement du Conseil portant création d’un instrument de l’Union européenne pour la relance en vue de soutenir la reprise à l’issue de la pandémie de COVID-19 (COM(2020)0441), |
| — | vu les communications de la Commission du 17 septembre 2020 intitulée «Examen annuel de la croissance 2021» (COM(2020)0575) et du 18 novembre 2020 intitulée «Rapport 2021 sur le mécanisme d’alerte» (COM(2020)0745), |
| — | vu le rapport annuel du comité budgétaire européen du 29 octobre 2019, la déclaration du comité budgétaire européen du 24 mars 2020 sur la pandémie de COVID-19 et l’évaluation du comité budgétaire européen du 1er juillet 2020 concernant l’orientation budgétaire appropriée pour la zone euro en 2021, |
| — | vu l’accord interinstitutionnel du 16 décembre 2020 sur la discipline budgétaire, la coopération en matière budgétaire et la bonne gestion financière, ainsi que sur de nouvelles ressources propres, comportant une feuille de route en vue de la mise en place de nouvelles ressources propres (9), |
| — | vu les prévisions économiques européennes de la Commission: Hiver 2021 (document institutionnel 144) (10), |
| — | vu les recommandations du Conseil européen des 10 et 11 décembre 2020 sur le CFP et Next Generation EU, la COVID-19, le changement climatique, la sécurité et les relations extérieures (EUCO 22/20), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission des budgets et de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, |
| — | vu la lettre de la commission du développement régional, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires économiques et monétaires (A9-0036/2021), |
| A. | considérant que le Semestre européen joue un rôle essentiel dans la coordination des politiques économiques, budgétaires et de l’emploi des États membres, que ses objectifs constituent à garantir des finances publiques saines, à prévenir les déséquilibres macroéconomiques excessifs, à soutenir les réformes structurelles et à stimuler l’investissement, et qu’il sert actuellement de cadre pour orienter l’Union et les États membres dans les défis de la reprise sur la base des priorités politiques de l’Union; que, depuis la crise de la dette souveraine de 2008, l’Union est bien plus solide pour affronter les situations de crise, mais que de nouveaux défis à la stabilité macroéconomique apparaissent; |
| B. | considérant que l’Union et ses États membres se sont engagés à soutenir les valeurs fondamentales consacrées dans les traités, la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, le socle européen des droits sociaux et l’accord de Paris sur le climat; |
| C. | considérant que les aspects relatifs à l’avenir éventuel du cadre budgétaire de l’Union seront traités lors de la révision du cadre législatif macroéconomique dans le rapport d’initiative du Parlement européen y afférent; que le cadre sera réexaminé et devrait être adapté à la lumière des résultats de ce réexamen; |
| D. | considérant que les aspects liés à l’emploi et à la politique sociale de la stratégie annuelle pour une croissance durable sont traités dans le double rapport intitulé «Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: aspects liés à l’emploi et à la politique sociale dans la stratégie annuelle 2021 pour une croissance durable»; |
| E. | considérant que des niveaux élevés de dette publique peuvent constituer un lourd fardeau pour les générations futures et freiner la reprise; |
| F. | considérant que la pandémie a frappé tous les États membres, provoquant un choc symétrique, mais que l’ampleur de ses effets, les expositions économiques spécifiques et les conditions initiales, ainsi que le rythme et la vigueur de la reprise varieront considérablement; |
| G. | considérant que les périodes favorables doivent être mises à profit pour mettre en œuvre des réformes structurelles, en particulier des mesures visant à réduire les déficits budgétaires, la dette publique et les prêts non performants, et pour se préparer à l’éventualité d’une autre crise économique ou récession; |
| H. | considérant que les femmes ont été touchées de manière disproportionnée par la crise et que les mesures de relance proposées répondent aux défis liés à la crise de la COVID-19 dans le secteur des soins et aux défis spécifiques auxquels les femmes sont confrontées; |
| I. | considérant que les États membres ont adopté d’importantes mesures budgétaires pour faire face à la pandémie (4,2 % du PIB en 2020 et 2,4 % du PIB en 2021); que pour ce qui est de la production, l’économie européenne retrouvera à peine en 2022 ses niveaux d’avant la pandémie; |
| J. | considérant que les plans pour la reprise et la résilience adoptés par les États membres comprendront leur programme national de réformes et d’investissements conçus conformément aux objectifs stratégiques de l’Union, axés notamment sur les transitions écologique et numérique; |
I. Crise de la COVID-19, facilité pour la reprise et la résilience, ajustement temporaire du Semestre européen
| 1. | prend note du fait que le Semestre européen et la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) sont étroitement liés; note que l’évaluation des plans pour la reprise et la résilience se fera sur la base de 11 critères regroupés sous l’angle de la pertinence, de l’efficacité, de l’efficience et de la cohérence; invite la Commission à examiner les plans de manière approfondie afin de s’assurer que la reprise crée une valeur ajoutée européenne, améliore la compétitivité à long terme des États membres et les perspectives de croissance durable, et guide les économies européennes pour qu’elles relèvent les défis et bénéficient des avantages des transitions écologique et numérique, du socle européen des droits sociaux et des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies; |
| 2. | se félicite, par ailleurs, de la première réaction rapide et vigoureuse à la crise dans le domaine de la politique monétaire et budgétaire, tant au niveau de l’Union que des États membres, ainsi que de l’adoption du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et de l’instrument de l’Union pour la relance (Next Generation EU); demande à la Commission et au Conseil d’accélérer la mise en œuvre de la FRR afin que les financements soient rapidement versés; souligne qu’il est indispensable que la dimension sociale et celle du marché unique soient au cœur des transitions climatique et numérique pour que celles-ci soient couronnées de succès; insiste pour que les fonds et les ressources soient alloués aux projets et aux bénéficiaires qui dépensent les ressources de manière responsable, efficace et pour des projets durables et économiquement viables aux retombées maximales; rappelle le rôle que le Parlement européen jouera dans le dialogue pour la reprise et la résilience établi par le règlement FRR, dialogue dans le cadre duquel ses commissions compétentes examineront également le lien entre le Semestre européen et la FRR; |
| 3. | souligne que l’objectif de la FRR est de rendre les économies et les sociétés des États membres plus résilientes tout en s’efforçant d’assurer la durabilité concurrentielle, la convergence et la cohésion au sein de l’Union; souligne que l’adhésion au niveau national et la transparence seront des éléments essentiels pour la mise en œuvre rapide et réussie de la FRR ainsi que des plans de relance; estime qu’il est par conséquent essentiel, pour les débats des parlements nationaux, que la Commission coopère avec les autorités nationales et les parties prenantes de manière proactive afin de discuter des projets de plan national à un stade précoce, pour permettre les solutions sur mesure et les réformes spécifiques; |
| 4. | salue la mise en place, par les États membres et les institutions de l’Union, de Next Generation EU afin de faire face à la crise sans précédent provoquée par la COVID-19 et de contribuer à la reprise; relève ainsi que la FRR crée une possibilité unique de réaliser les réformes et les investissements dont l’Union a besoin pour être prête à relever les défis actuels; |
| 5. | estime que les effets symétriques de la COVID-19 ont en fait creusé l’écart socioéconomique entre les États membres de l’Union et leurs régions; |
| 6. | note, en outre, que les échéances du Semestre européen et de la FRR se chevaucheront, ce qui nécessite un ajustement temporaire du processus du Semestre européen en vue d’un lancement correct de la FRR; souligne que la reprise de l’Union offre une occasion unique de fournir des orientations aux États membres sur les domaines où les réformes et les investissements sont les plus nécessaires, afin d’accélérer la transition vers une Union plus durable, plus résiliente et plus inclusive; |
| 7. | se félicite des orientations de la Commission invitant les États membres à prévoir, dans leurs plans pour la reprise et la résilience, des investissements et des réformes dans des domaines phares qui correspondent à l’objectif de l’Union consistant à opérer des transitions climatique et numérique justes; |
| 8. | considère que les quatre dimensions de la durabilité sociale et environnementale, de la productivité, de l’équité et de la stabilité déterminées dans la stratégie annuelle 2020 pour une croissance durable devraient être prises en considération lors de l’élaboration des plans pour la reprise et la résilience des États membres, qui doivent être centrés sur les six piliers définis dans le règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience; réaffirme que, pour garantir la transparence, la Commission communiquera en même temps au Conseil et au Parlement européen les plans nationaux pour la reprise et la résilience élaborés par les États membres; |
| 9. | souligne que le règlement établissant la FRR reconnaît que les femmes ont été particulièrement touchées par la crise de la COVID-19, étant donné qu’elles représentent la majorité du personnel soignant dans l’Union et cumulent tâches familiales non rémunérées et responsabilités professionnelles; |
| 10. | estime que l’adaptation temporaire du cycle de cette année ne saurait prévaloir sur l’objectif et la fonction initiaux du Semestre européen, et qu’elle ne doit pas non plus en entraver l’évolution ultérieure; rappelle que le cycle du Semestre européen est un cadre bien établi permettant aux États membres de l’Union de coordonner leurs politiques budgétaires, économiques, sociales et en matière d’emploi, et qu’après la crise de la COVID-19, un Semestre européen qui fonctionne sera plus nécessaire que jamais pour coordonner ces politiques dans l’ensemble de l’Union; constate cependant que, depuis ses débuts, le Semestre s’est développé et que des questions liées au secteur financier et à la fiscalité, entre autres, y ont été intégrées, ainsi que des objectifs liés aux ODD des Nations unies, de manière à ce que la population de notre planète soit dûment prise en compte dans notre politique économique; relève que, pour renforcer encore plus la résilience sociale et économique, l’Union doit appliquer les principes du socle européen des droits sociaux; rappelle qu’encourager une croissance durable et plus forte de manière durable implique d’encourager des politiques budgétaires responsables, des réformes structurelles, des investissements efficaces, la transformation numérique, la transition écologique et une transition juste; invite les États membres et la Commission à trouver, dans les plans de relance, un juste équilibre entre la stimulation des investissements publics et privés favorisant la croissance et durables, d’une part, et les réformes structurelles, d’autre part; |
| 11. | estime que l’exercice 2021 du Semestre européen offre une excellente occasion d’améliorer l’adhésion nationale, étant donné que les États membres élaborent des plans sur mesure pour la reprise et la résilience afin de répondre à leurs différents besoins; est convaincu, à cet égard, que la légitimité démocratique doit être garantie et à terme renforcée, y compris le rôle qui revient au Parlement européen dans la mise en œuvre de la facilité, comme prévu dans le règlement établissant la FRR; invite les États membres à mettre en place, en utilisant l’instrument d’appui technique si nécessaire, les capacités administratives et de contrôle nécessaires pour apporter des garanties solides quant à l’utilisation adéquate et efficace des fonds, ainsi que pour assurer une capacité d’absorption élevée; rappelle que les plans pour la reprise et la résilience sont soumis à des exigences transversales de bonne gouvernance économique et à un régime général de règles pour la protection du budget de l’Union; |
II. Perspectives économiques pour l’Union européenne
| 12. | constate avec beaucoup d’inquiétude que les économies de l’Union se trouvent dans une situation extrêmement difficile et que, selon les prévisions économiques de la Commission de l’automne 2021, la diminution du PIB a été sans précédent tant dans la zone euro que dans l’ensemble de l’Union; note que le PIB de l’Union s’est contracté de 6,3 % (6,8 % dans la zone euro) en 2020, alors qu’une reprise économique de 3,7 % (3,8 % dans la zone euro) est prévue en 2021; |
| 13. | souligne que la récession économique sans précédent en 2020 et les mesures prises pour faire face à la pandémie devraient faire passer le ratio de la dette de l’Union par rapport au PIB à un nouveau pic d’environ 93,9 % (101,7 % dans la zone euro) en 2020, avec une nouvelle hausse prévue à environ 94,6 % (102,3 % dans la zone euro) en 2021; souligne que les incertitudes restent fortes et que les perspectives économiques dépendent en grande partie de la rapidité avec laquelle la pandémie peut être surmontée; comprend, en outre, que ces niveaux d’endettement pourront être supportés grâce à une croissance économique suffisante; réaffirme l’importance de la viabilité à long terme de la dette souveraine; note que de nombreux États membres sont entrés dans la crise actuelle dans une position budgétaire faible, laquelle s’est encore aggravée avec la pandémie; |
| 14. | s’inquiète de l’impact particulièrement négatif de la pandémie de COVID-19 sur l’économie de l’Union, en particulier sur les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que sur le marché unique et sa compétitivité, et souligne l’importance de mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe, le socle européen des droits sociaux et les ODD des Nations unies; estime, par conséquent, que la coordination des actions des États membres est, entre autres, un outil essentiel pour atténuer cet impact négatif; est d’avis qu’en l’absence de réponse appropriée de l’Union à la crise actuelle, la zone euro et l’Union dans son ensemble risquent d’accroître leur retard dans la réalisation des objectifs de durabilité environnementale, de compétitivité, de productivité, d’équité et de stabilité macroéconomique; |
| 15. | rappelle qu’il importe de préserver des conditions de concurrence équitables sur le marché unique, tout en tenant compte des caractéristiques physiques des régions insulaires, périphériques et faiblement peuplées de l’Union et de la situation des régions les moins développées de l’Union, condition préalable nécessaire pour favoriser, entre autres, la transformation numérique, la transition écologique, une transition juste, l’innovation, pour accélérer la reprise et stimuler la compétitivité; |
| 16. | demande une meilleure utilisation des finances publiques responsables, des réformes structurelles socialement équilibrées améliorant les perspectives à long terme et des investissements publics et privés de qualité et efficaces, entre autres, pour réaliser les transitions verte et numérique; |
| 17. | demeure préoccupé par l’incidence des mesures de lutte contre la pandémie sur la faible croissance de la productivité dans l’Union et par le ralentissement prononcé de la croissance de la productivité dans la zone euro avant la pandémie; est d’avis qu’il convient de poursuivre une stratégie équilibrée visant à promouvoir une croissance durable et un environnement propice aux investissements, tout en améliorant la viabilité budgétaire; souligne qu’il convient de mettre un accent tout particulier sur les politiques et investissements tournés vers l’avenir, notamment dans les États membres qui disposent d’une marge de manœuvre budgétaire pour investir, et ce afin de promouvoir une croissance durable et solidaire; |
| 18. | se félicite du pacte vert pour l’Europe, dans le cadre de la nouvelle stratégie de croissance pour l’Union qui présente quatre dimensions: l’environnement, la productivité, la stabilité et l’équité, grâce aux technologies numériques et vertes, à un socle industriel innovant et à l’autonomie stratégique; |
III. Politiques budgétaires responsables et durables
| 19. | constate qu’en dépit des nouvelles menaces pour la stabilité macroéconomique, l’Union économique et monétaire est bien mieux placée pour faire face aux crises qu’elle ne l’était lors de la crise économique et financière de 2008; est convaincu que l’une des principales priorités dans l’immédiat est de promouvoir une reprise économique résiliente et durable, conformément aux objectifs politiques de l’Union, centrée sur les transitions écologique et numérique et sur une transition juste; constate que les moyens de surmonter la crise actuelle sont de nature à nécessiter, aussi longtemps qu’il le faudra, une politique budgétaire expansionniste; |
| 20. | souligne que les États membres qui disposaient de réserves budgétaires ont été en mesure d’engager des programmes de relance budgétaire à un rythme beaucoup plus rapide et sans coûts d’emprunt associés, ce qui a contribué à atténuer les effets socio-économiques négatifs de la pandémie; réaffirme que la reconstitution des réserves budgétaires au fil du temps, de manière socialement responsable, sera importante pour se tenir prêts lors des crises futures; invite toutefois instamment les États membres, la Commission et le Conseil à ne pas répéter les erreurs du passé en réponse à la crise économique; partage l’opinion du comité budgétaire européen selon laquelle un brusque renversement de l’orientation budgétaire n’est pas souhaitable pour la reprise; |
| 21. | note que la Commission a l’intention de proposer des recommandations sur la situation budgétaire des États membres en 2021, comme le prévoit le pacte de stabilité et de croissance; souligne que le cadre de gouvernance économique devrait également tenir compte des réalités économiques actuelles et correspondre aux priorités politiques de l’Union, tout en améliorant le respect des règles budgétaires qu’il convient de simplifier, de clarifier et de rendre pratiques et qui seront révisées puis, en fonction des résultats, adaptées; préconise une stratégie plus pragmatique et souligne la nécessité de veiller à ce que ce cadre soit plus strict en période de conjoncture économique favorable et plus souple dans le cas contraire; |
| 22. | souligne que, sans préjudice de l’issue des discussions sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance, les règles budgétaires et budgétaires actuelles de l’Union offrent la souplesse nécessaire en temps de crise, grâce au recours à la clause dérogatoire générale prévue par le pacte de stabilité et de croissance, et qu’elles permettent à tous les États membres d’adopter l’orientation budgétaire nécessaire pour protéger les économies de l’Union, ce qui montre leur caractère extraordinairement anticyclique; |
| 23. | escompte que la clause dérogatoire générale sera appliquée aussi longtemps que la situation le justifiera afin de soutenir les efforts déployés par les États membres pour surmonter la crise pandémique et renforcer leur compétitivité, ainsi que leur résilience économique et sociale; prend acte de l’avis de la Commission selon lequel, d’après les indications préliminaires actuelles, la clause dérogatoire générale devrait continuer à s’appliquer en 2022 et être désactivée en 2023; invite la Commission à évaluer la désactivation ou le maintien de l’application de la clause dérogatoire générale dans le cadre de son paquet «Semestre européen» sur la base de ses prévisions économiques du printemps 2021; note que la Commission continuera à tenir compte des situations propres à chaque pays après la désactivation de la clause dérogatoire générale; |
| 24. | prend acte de la communication de la Commission sur la réponse apportée à la COVID-19 en matière de politique budgétaire (11) qui expose ses considérations sur la manière de coordonner la conduite de la politique budgétaire au niveau de l’Union, et passe à la phase suivante de l’approche concertée visant à lutter contre la pandémie, à soutenir l’économie, à soutenir une reprise durable et à maintenir la viabilité budgétaire à moyen terme; reconnaît que la clause dérogatoire générale permet aux États membres de s’écarter temporairement de la trajectoire d’ajustement qui doit conduire à la réalisation de l’objectif budgétaire à moyen terme, à condition de ne pas compromettre la viabilité budgétaire à moyen terme et de ne pas en arriver à suspendre les procédures du pacte; prend acte de l’évaluation de la Commission selon laquelle les risques en matière de viabilité ont augmenté en raison des graves répercussions de la crise, ce qui devrait conduire à une croissance et à des trajectoires budgétaires moins favorables à moyen terme; souligne l’appel de la Commission à faire le meilleur usage possible de la clause dérogatoire générale et de Next Generation EU; |
| 25. | invite la Commission à agir avec détermination afin de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ainsi que les problèmes de blanchiment de capitaux, qui drainent les ressources potentielles des budgets nationaux et entravent la capacité des gouvernements à agir, entre autres, pour sortir de la pandémie de COVID-19; |
| 26. | note que, d’ici fin avril 2021, la Commission a l’intention de réaliser des bilans approfondis évaluant la situation des déséquilibres dans certains États membres; relève par ailleurs que la crise de la COVID-19 aggrave un certain nombre de déséquilibres macroéconomiques actuels; |
| 27. | rappelle qu’il est urgent d’achever et de renforcer l’architecture de l’Union économique et monétaire en parachevant l’union bancaire et l’union des marchés des capitaux, en vue de protéger les citoyens et de réduire la pression exercée sur les finances publiques en cas de chocs extérieurs, de manière à surmonter les déséquilibres sociaux et économiques; |
IV. Réformes structurelles propices à la croissance, équilibrées et durables
| 28. | est conscient que la crise de la COVID-19 ne sera pas résolue par la seule politique budgétaire actuelle; souligne par conséquent l’importance de mettre en œuvre des réformes structurelles sur mesure, propices à la croissance, équilibrées, profondes, durables et socialement justes pour parvenir, entre autres, à une croissance et à des emplois durables et socialement inclusifs qui puissent soutenir efficacement la reprise, ainsi que favoriser la transformation numérique et la transition écologique, les emplois de qualité, la réduction de la pauvreté et les objectifs de développement durable des Nations unies, et qui puissent stimuler la compétitivité et le marché unique, en augmentant la convergence et en favorisant une croissance plus forte et plus durable au sein de l’Union et des États membres; souligne que seules des améliorations structurelles peuvent renforcer le potentiel de croissance à long terme des économies des États membres en particulier; note toutefois que l’efficacité et le succès de l’alignement des mesures des États membres dépendront de la révision du pacte de stabilité et de croissance et, en fonction des résultats de celle-ci, de son adaptation, ainsi que de l’adhésion accrue des États membres à la mise en œuvre des recommandations spécifiques par pays; |
| 29. | invite la Commission à entamer la création d’un indicateur climatique permettant d’évaluer l’écart entre la structure du budget des États membres et un scénario dans lequel chaque budget national serait aligné sur l’accord de Paris; souligne la nécessité que cet indicateur fournisse aux États membres des informations sur leur trajectoire dans le cadre de l’accord de Paris afin que l’Europe puisse devenir le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici 2050; souhaite que l’indicateur climatique serve de référence pour les différentes politiques de l’Union et donc également de guide pour le Semestre européen, sans affaiblir son objectif initial; |
| 30. | est d’avis que le développement des compétences numériques est une condition préalable pour que tous les Européens puissent participer à la société et tirer profit des avantages de la transition numérique; relève que des réformes dans le domaine de l’enseignement, des compétences et de l’apprentissage tout au long de la vie sont nécessaires afin de soutenir la transition du marché du travail, de développer et d’activer des technologies numériques clés ainsi que de construire l’avenir numérique de l’Europe; relève en outre qu’il convient de soutenir l’égalité d’accès transversal aux infrastructures, aux équipements et aux compétences numériques afin d’éviter une fracture numérique; |
| 31. | invite les États membres et la Commission, dans le respect de la viabilité budgétaire et des règles budgétaires saines, à mettre en place un cadre réglementaire et de gouvernance assorti de règles d’investissement ou d’autres mécanismes appropriés, prévisibles et favorables aux investissements publics et privés, conformément aux objectifs à long terme de l’Union, tout en garantissant la capacité des États membres à réagir aux crises futures; |
| 32. | prend acte du fait que la Commission encourage les États membres, dans le cadre de la FRR, à présenter leurs programmes nationaux de réforme et leurs plans pour la reprise et la résilience dans un document intégré unique; |
| 33. | souligne que la FRR, par le soutien financier qu’elle apporte, peut-être une occasion unique d’aider les États membres à relever les défis structurels identifiés dans le cadre du Semestre européen; |
| 34. | rappelle que les réformes structurelles socialement équilibrées et propices à la croissance ne nécessitent pas toujours une marge de manœuvre budgétaire, mais plutôt des efforts sur les plans politique, législatif et administratif; |
| 35. | souligne qu’un suivi et une vigilance continus seront nécessaires, et que les États membres devraient remédier aux déséquilibres émergents au moyen de réformes qui renforcent la résilience économique et sociale et qui favorisent la transformation numérique, la transition écologique et une transition juste; se félicite que la Commission continue à suivre la mise en œuvre par les États membres des réformes proposées dans les recommandations par pays des années précédentes; considère que ce processus devrait tenir compte des perspectives économiques et sociales des États membres; |
V. Investissement
| 36. | souligne que l’Union est confrontée au défi sans précédent de devoir atténuer les conséquences économiques de la pandémie, en tenant compte des stratégies de l’Union visant à consolider durablement la résilience des États membres, et estime que la reprise économique doit être réalisée par le renforcement du marché unique, de la recherche et de l’innovation, conformément au pacte vert pour l’Europe, aux objectifs de développement durable des Nations unies, à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et à la compétitivité, tout en allégeant les contraintes pesant sur les PME et en améliorant leur accès aux capitaux privés; est convaincu que cela nécessite à la fois un niveau accru d’investissements viables sur les plans économique, social, environnemental et numérique à long terme et un renforcement de la convergence et de la cohésion au sein de l’Union et des États membres; |
| 37. | souligne le manque d’investissements, dans la mesure où les projections révèlent la nécessité d’une expansion des investissements; souligne que les investissements publics sont limités, étant donné qu’ils constituent des ressources rares principalement financées par les contribuables; souligne que l’ampleur du retard d’investissement nécessite également des investissements privés et publics importants, qui génèrent un niveau adéquat d’infrastructures, ainsi qu’un environnement pour les entreprises qui soit favorable et propice à ces investissements et prévisible; |
| 38. | souligne que les États membres devraient se concentrer sur des investissements publics et privés ciblés et durables dans des infrastructures conçues pour durer et dans d’autres domaines qui renforcent encore le marché unique, la transition vers une société plus propre, socialement inclusive, durable et numérique, et qui renforcent la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’Union; estime dès lors qu’il convient de donner la priorité aux projets transfrontières et multinationaux; |
| 39. | souligne la nécessité d’adopter des politiques favorables aux investissements, de réduire la charge administrative et de garantir des conditions de concurrence équitables, en particulier pour les PME, qui constituent l’épine dorsale de l’économie de l’Union et de la création d’emplois; estime que tout cela faciliterait la reprise économique et créerait les conditions propices à une croissance durable; |
VI. Un Semestre européen plus démocratique
| 40. | souligne l’importance d’un débat approfondi et d’une participation active des parlements nationaux et du Parlement européen dans le processus du Semestre européen; demande une nouvelle fois que soit renforcé le rôle démocratique du Parlement dans le cadre de la gouvernance économique et invite le Conseil et la Commission à tenir dûment compte des résolutions adoptées par les parlements; invite la Commission à tenir le Parlement européen et le Conseil, en tant que colégislateurs, dûment et équitablement informés de tous les aspects relatifs à l’application du cadre de gouvernance économique de l’Union, y compris les étapes préparatoires; |
| 41. | demande une coordination engagée avec les partenaires sociaux et les autres parties intéressées à l’échelle de l’Union et des États membres, en vue de renforcer la responsabilité démocratique et la transparence; |
| 42. | souligne le rôle important que joue la commission des affaires économiques et monétaires dans les décisions visant à consolider l’obligation de rendre compte devant le Parlement, car l’expérience acquise jusqu’à présent dans l’application du Semestre européen a montré que le dispositif actuel de responsabilité pourrait être renforcé afin d’en améliorer la légitimité et l’efficacité; |
| 43. | rappelle que le Semestre européen est un exercice mixte composé de semestres dits nationaux et européens au cours de l’année; réaffirme l’importance des principes de subsidiarité et de proportionnalité; |
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| 44. | charge son président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO L 306 du 23.11.2011, p. 12.
(2) JO L 306 du 23.11.2011, p. 41.
(3) JO L 306 du 23.11.2011, p. 8.
(4) JO L 306 du 23.11.2011, p. 33.
(5) JO L 306 du 23.11.2011, p. 25.
(6) JO L 306 du 23.11.2011, p. 1.
(7) JO L 140 du 27.5.2013, p. 11.
(8) JO L 140 du 27.5.2013, p. 1.
(9) JO L 433 I du 22.12.2020, p. 28.
(10) https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/economy-finance/ip144_en_1.pdf
(11) Communication de la Commission du 3 mars 2021 intitulée «Un an après le début de la pandémie de COVID-19: la réponse apportée en matière de politique budgétaire» (COM(2021)0105).
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